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 N°1666. BLYTHE SHELDON HOUSE. | Maât

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Message(#) Sujet: N°1666. BLYTHE SHELDON HOUSE. | Maât Lun 22 Juin 2009 - 15:07



it’s been a long year,
since we last spoke…




    Les rayons du soleil tiède s’étalaient sur les trottoirs immaculés d’Apple Road, illuminant le peu qu’il restait des incendies passés, faisant briller les luxueuses carrosseries de voitures, et laissant les fenêtres des belles villas opulentes étinceler de gaieté. Le soleil rougeoyait au fil des heures, et la température douce de cet été naissant vidait les rues et les maisons de leurs habitants qui profitaient des charmes de la plage ou d’une promenade à l’air frais.

    Just between you and I…

    Parcourant d’un pas lent toute l’avenue, la jeune Tammy Hunkerfield aurait été tellement reconnaissable à sa manière de se vêtir, mais si peu identifiable à la manière dont elle se tenait et à l’expression qu’elle affichait. Si ses talons étaient toujours aussi provocants par leur hauteur, ils ne claquaient pas avec la fierté habituelle dont sa démarche était imprégnée. Si le jean qu’elle portait était un peu trop taille basse et le décolleté de son débardeur auraient paru un peu trop osés comme d’habitude, cette allure n’était pas comme d’habitude sensuelle et vulgaire. Sa taille fine semblait en cet instant brisée par le poids lourds qui avait l’air d’orner ses épaules. Ses yeux étaient fermés, clos, mais les commissures de ses lèvres étaient tristes, si tristes, l’absence de fossette marquant davantage le manque de joie ou d’ironie pure qui avait pour habitude de maquiller son visage. En cet instant, Tammy ne ressemblait guère à Tammy.

    I never believed you.

    Elle marchait le long de la ligne blanche qui séparait les deux routes sans même se soucier de qui pouvait arriver, quelle voiture aurait pu la renverser, ou quelle personne aurait pu lui jeter un œuf en pleine tête, un ballon sur le crâne ou une bombe à eau. Elle risquait peut-être d’être écrasée sous les pneus d’une camionnette d’un traiteur, et son corps serait peut-être retrouvé le soir même, gisant face à son ancien chez-elle ravagé, son visage autrefois séduisant réduit en bouillie par le chauffard imprudent, son corps vidé de son sang et une seule personne tout au plus à son enterrement. Oui, c’était ce que beaucoup auraient voulu qu’il se passe pour Tammy Hunkerfield. Et elle y songea en entendant le lointain klaxon d’une voiture dans une des rues parallèles. Cette pensée la fit sourire cependant, si brièvement qu’on aurait pu en douter. Tammy restait ce qu’elle était : elle se fichait bien de tout cela.

    What did I miss ?

    S’arrêtant avec lenteur, la jeune femme tourna doucement la tête et ouvrit ses yeux. Des yeux aux iris éteintes de ce feu habituel et insolent, aux cavernes noisettes à peine éclairées par la lueur faiblarde de la résignation. Sûrement était-ce la faute de ce qui se trouvait en face d’elle. Le numéro 1666 brillait de mille feux, un rayon lumineux cernant chaque chiffre avec soin comme pour narguer la rouquine qui tourna lentement les talons pour faire face à la demeure.

    I can’t get used to it.

    Oserait-elle y rentrer ? Oserait elle seulement mettre son pied droit, puis le gauche sur le trottoir ? Et cela fait, irait-elle jusqu’à souiller les pavés de l’allée centrale, poser son doigt sur la sonnette qui ne voulait pas d’elle, et guetter vainement qu’une porte s’ouvre alors qu’aucune des habitants de cette maison ne tenait à ce qu’elle puisse parler ou voir l’un d’eux ? Non, non, c’était pure folie. Une … humiliation, le mot écorcha l’esprit à vif de la jeune femme qui poussa un soupir dénué de sentiments, l’anxiété traversant les membres de son corps un à un. Une nouvelle inspiration, et lentement, ses jambes s’animèrent comme un pantin désarticulé pour prendre la direction tant redoutée.

    I'll never get used to it.

    Elle était terrifiée par ce qu’il l’attendait. C’était quelque chose qu’elle n’avait jamais fait de toute sa vie. Comme… Comme la représentation théâtrale à l’école primaire où on a la trouille de sa vie d’oublier son texte. Comme une première fois avec son petit ami. Comme son premier examen. Comme son arrivée dans la vie des adultes et du travail. Comme le jour de son mariage, face aux alliances, au curé, et à votre mari qui vous sourit avec insistance et guette votre approbation. Comme à votre accouchement, quand vous ne savez pas ce qui se passera pour vous et pour votre bébé. Comme à votre premier entretien d’embauche. Comme un saut dans le vide, ou à l’élastique. Comme l’hésitation entre se suicider et continuer votre vie dénuée d’intérêt quand vous avez été largué. Comme toutes ces choses si angoissantes de la vie, ces moments parfois si importants qui marquent votre progression et votre évolution personnelle dans la vie. Comme une sorte de jeu de la vie où on ne gagne pas toujours, et où des fois il faut savoir perdre avec le sourire.

    Could I have saved you ?

    Tammy n’avait jamais su ce que perdre signifiait. Elle ne pensait sûrement pas l’apprendre si tôt. A vrai dire, elle aurait préféré que ce mot n’existât jamais. Qu’elle soit débarrassée de cette idée et que plus personne ne remette ça sur le tapis. Mais elle était malheureusement revenue à la réalité brutale. Elle avait dépassé, pour la première fois de sa vie, un stade où elle en avait eu assez. Véritablement assez. Elle n’en pouvait plus, il fallait bien qu’elle souffre quelques instants pour aller mieux. Pour être capable de continuer à avancer malgré ces putains de coups qui vous font si mal que vous serrez les dents et vous retenez les larmes, parce que ca finira par cicatriser. Ca finit toujours par cicatriser.

    Would that’ve betrayed you ?

    Elle y est déjà, et elle ne s’en était même pas rendue compte… Bon sang ce que le temps peut jouer des tours. Ses jambes sont en plomb, la lueur dans ses yeux s’est éteinte et personne n’est là pour la tirer en arrière. Elle est paralysée, presque tétanisée comme une enfant qui a peur de la piqûre qu’elle va avoir, de la baffe qu’elle va se prendre après avoir fait autant de conneries. Il est temps de subir la punition suprême, Hunkerfield. Son index effleure à peine la sonnette que cette dernière retentit avec férocité pour bien remuer le couteau dans la plaie. La jeune femme a vite fait de reculer sa main comme si elle s’était brûlée à force d’avoir trop joué avec le feu. Elle ne regrette pas son geste, mais elle en appréhende les conséquences.

    I wanna burn this film.

    Si c’est Rhys, elle se prendra un poing violent et ca sera fini.
    Si c’est Victoria, ce sera plus douloureux. Il faudra se répandre en répliques venimeuses et cracher tout à la figure de la pauvre fille.
    Si c’est Darla, elle préfèrera encore finir six pieds sous terre que lui parler.
    Si c’est quelqu’un d’autre, elle ne tien pas à s’effondrer devant un voisin quelconque.

    Mais si c’est lui

    Ses jambes sont sous le point de flancher et elle serre ses poings aux jointures blanchies par la violence qu’elle contient, lorsque la porte s’ouvre avec lenteur sans grincer une seule fois. Elle a mal, son cœur cogne beaucoup, beaucoup trop fort dans sa poitrine. Et son visage cependant imperméable et étrangement vide se décide à lutter contre la peur.

    → Bonsoir, Maât… Je … peux te parler ?

    Les derniers mots… Non, tous les mots sont prononcés de telle sorte qu’on croirait à la confession qu’une sorcière qui va être brûlée sur son bûcher et qui avoue ses crimes au dernier moment, affolée et en larmes, d’une voix si basse et si … calme, lointaine de son timbre claironnant et moqueur. Sauf que Tammy ne pleure pas, Tammy n’est pas affolée. Elle est juste glacée par la tournure que prend l’évènement de ce soir.

    → S’il te plaît.
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Message(#) Sujet: Re: N°1666. BLYTHE SHELDON HOUSE. | Maât Ven 26 Juin 2009 - 14:26

      Octobre 2002. Chambre universitaire de Maât et Dallas Flynn, université de Columbia. NY, USA.
      Maât, ton portable sonne ! m'appela la voix de Dallas derrière la porte de la salle de bain de notre chambre universitaire.
      Tu peux lire qui c'est sur l'écran s'il te plait ?
      Y'a marqué "Tammy".
      J'hésitais un instant avant de lui dire :
      Laisse-le sonner.
      Je me regardais dans le miroir, les yeux vides. La poignée de la porte tourna et Dallas apparut à côté de mon reflet.
      Pourquoi tu ne décroches jamais quand c'est elle qui t'appelle ?
      Parce qu'il a des discussions que l'on ne devrait jamais avoir...
      Tu sais, c'est en évitant les secrets qu'on leur donne au contraire de l'importance.
      Il posa mon téléphone portable sur le rebord de la vasque.
      Et il y en a aussi d'autres que l'on devrait au contraire avoir, Maât.

Retour au présent.
    Bonsoir, Maât… Je … peux te parler ?
    Tammy... ?
    S’il te plaît.
    Je... Oui, bien sûr... Je me dégageais de l'entrée pour l'inviter à pénétrer dans ma maison. Je t'en pris, rentre.
    Et c'est ainsi que Tammy Hunkerfield entra chez moi, l'intérieur de cette maison qu'elle n'avait pas vu depuis des années et des années. C'était étrange de la voir ici, droite mais si fléchie, grave mais le visage si provoquant. Tammy était une contradiction vivante que je me plaisais à observer du coin de l'œil.

    Les premières notes d'un piano me ramena à la réalité : avant qu'elle n'arrive, j'étais en train de regarder un film français que l'on m'avait conseillé. Un genre de comédie policière, "8 femmes". Mon visage et celui de la première femme que j'eu aimé se tournèrent vers la télévision pour observer une des actrices chanter :
        Au bout du téléphone il y a votre voix et il y a des mots que je ne dirai pas. Tous ces mots qui font peur quand ils ne font pas rire, qui sont dans trop de films, de chansons et de livres. Je voudrais vous les dire et je voudrais les vivre. Je ne le ferai pas, je veux, je ne peux pas. Je suis seule à crever, et je sais où vous êtes. J'arrive, attendez-moi, nous allons nous connaître. Préparez votre temps, pour vous j'ai tout le mien. Je voudrais arriver, je reste, je déteste. Je n'arriverai pas, je veux, je ne peux pas. Je devrais vous parler, je devrais arriver ou je devrais dormir. J'ai peur que tu sois sourd, j'ai peur que tu sois lâche, j'ai peur d'être indiscrète. Je ne peux pas vous dire que je t'aime... peut être.
        Mais si tu crois un jour que tu m'aimes, Ne le considère pas comme un problème Et cours, cours jusqu'à perdre haleine, Viens me retrouver. Si tu crois un jour que tu m'aimes, n'attends pas un jour, pas une semaine car tu ne sais pas où la vie t'emmène. Viens me retrouver. Si le dégoût de la vie vient en toi, si la paresse de la vie s'installe en toi, pense à moi, pense à moi. Mais si tu crois un jour que tu m'aimes, Ne le considère pas comme un problème Et cours, cours jusqu'à perdre haleine, Viens me retrouver. Si tu crois un jour que tu m'aimes, n'attends pas un jour, pas une semaine car tu ne sais pas où la vie t'emmène. Viens me retrouver. Si le dégoût de la vie vient en toi, si la paresse de la vie s'installe en toi, pense à moi... pense à moi... Mais si tu...
    J'attrapais la télécommande pour appuyer sur pause mais restait le regard tourner vers l'écran de télévision. Je ne savais pas pourquoi mais j'avais l'impression de me trouver dans un état second. L'arrivée de Tammy était trop imprévue, notre dernière conversation m'avait laissé trop d'amertume et pourtant je souhaitais entendre ce qu'elle avait à me dire.

    Désolé, je ne voulais pas arrêter le film au milieu de cette scène... Je me tournais vers elle, un léger sourire poli sur les lèvres. Tu as dit que tu voulais me parler ?
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Message(#) Sujet: Re: N°1666. BLYTHE SHELDON HOUSE. | Maât Dim 5 Juil 2009 - 15:20

    Rien n'avait changé. Oh si, bien sûr, la disposition des meubles parofis ne correspondait guère à ses souvenirs. Il manquait certaines odeurs caractéristiques : un gâteau qui avait été cuit pour le frère et la soeur de Maât, des bouquets fraîchement placés sur les meubles de l'entrée, des cadres dépoussiérés dont les photos avaient été remplacées, et qui arboraient maintenant des visages plus récents, plus durs ou plus heureux ... Différents de toute cette époque qu'elle avait connu, touché du bout des doigts sans s'en emparer. Tammy se rendit à cet instant précis compte qu'elle avait eu sa chance et qu'elle l'avait abandonnée. Volontairement ou pas, certes, mais là était la réalité. Ce qui l'enfonça d'autant plus fort dans cette mélasse d'amertume dans laquelle elle venait de plonger. Immergée dans son propre dégoût qui pour une fois pouvait s'exprimer, elle se savait incapable de reculer. Plus vite tout cela serait fini, mieux ce serait.

    Ses pas la guidèrent bien malgré elle dans le salon - elle savait et supposait qu'il était toujours à cet usage, du moins que la pièce était encore un salon - et ses yeux se posèrent naturellement sur le petit écran, qui affichait un film français apparemment, qui lui rappelait de vagues souvenirs. Les paroles, à défaut de la faire plier, lui envoyèrent comme un uppercut supplémentaire en pleine poitrine. Ses yeux vissés sur l'écran échappaient cependant au supplice de la voix féminine qui fredonnait l'exacte représentation de choses qui ne faisaient que la rendre plus mal, plus sinistre et fragilisée. Dans un soupir de préparation intense et mentale, la rouquine finit par lâcher dans un trouble confus.

    ▬ Oui ... Je ... Rhys et Victoria ne sont pas là, n'est-ce pas ?

    C'était déjà mal parti. A peine essayait-elle d'aborder le sujet fatidique qu'elle était incapable de se lancer. Bon sang Tammy, ressaisis-toi. Tu ne peux pas, tu ne dois pas t'effondrer. Sois stoïque, fière, imperturbable. Sincère mais jamais brisée, jamais malheureuse. Tu ne peux pas faire la femme brisée, tu n'as jamais su ce que c'était et tu es trop forte pour pouvoir t'avouer touchée par qui que ce soit.

    Alors vas-y, lance-toi.

    Et elle se lança, la bouche sèche et le regard à la fois vague et nostalgique, si dur mais si étrange, troublant de par cette teinte d'honnêteté qu'elle n'avait jamais eu auparavant. Sa voix vacillait parfois sur certains mots qu'elle avait du mal à dire, comme s'il lui en coûtait de parler du passé. Mais elle ne bégayait pas, ne pleurait pas, non, elle ne fit que parler et dire sans -presque- hésiter ce qu'elle avait à dire.

    ▬ Je pense qu'il faut qu'on parle de ... De ce qui s'est passé après ton départ. Je ne suis pas là pour t'accuser, ok ? Elle leva la main pour l'empêcher de protester et de la mettre dehors. Il se méprenait, elle ne relancerait pas les hostilités ce soir. Je veux juste mettre les choses à plat. Parce que la vérité c'est que j'ai été dévastée par ton acceptation à Columbia. Je pensais ... Je pensais qu'il resterait encore un peu de temps, pour au moins réparer les pots cassés. Mais je n'étais pas en état de me réjouir pour toi, tu allais partir et moi j'allais rester là, seule, comme une conne, à ressasser toute cette merde que j'ai faite et qui est la cause de tout ce qui s'est passé. Je sais ce que j'ai fait, je sais que c'était mal et je ne te demande pas de me ... pardonner. Le poids de ses épaules s'était allégé sans qu'elle s'en soit départie à la prononciation de ce verbe.Mais ne crois pas que je t'ai quitté avec plaisir. Bien au contraire.

    Ses derniers mots mourrurent sur ses lèvres alors que son regard était rivé sur l'écran de la télévision, fixe et figé.
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Message(#) Sujet: Re: N°1666. BLYTHE SHELDON HOUSE. | Maât Dim 26 Juil 2009 - 15:34

    MaâtTu as dit que tu voulais me parler ?
    TammyOui ... Je ... Rhys et Victoria ne sont pas là, n'est-ce pas ?
    MaâtNon. Je ne sais pas du tout où ils sont, ils vivent leurs vies. Mais en tout cas, non, ils ne sont pas là.

    J'attendis qu'elle aille droit au but. Ce n'était pas qu'elle me dérangeait, mais c'était Tammy Hunkerfield et c'est pourquoi je savais que sa présence allait m'offrir quelque chose d'inattendu comme tout ce qu'elle faisait toujours. Et puis cette attitude fragile ne lui ressemblait pas et me déstabilisait. Que lui arrivait-elle ?

    TammyJe pense qu'il faut qu'on parle de ... De ce qui s'est passé après ton départ. Je ne suis pas là pour t'accuser, ok ?
    Je m'apprêtais à la couper pour l'envoyer sur les roses mais elle leva la main, signe de la laisser poursuivre. Je ne comptais pas y concéder. Mais en une fraction de seconde, je vis dans ses yeux cette lueur : la nécessité que notre querelle vieille de huit ans prenne enfin fin. Elle faisait les démarches pour qu'il en soit ainsi. Je ne pouvais m'y opposer. Elle avait raison : il était temps que nous y mettions un terme.
    TammyJe veux juste mettre les choses à plat. Parce que la vérité c'est que j'ai été dévastée par ton acceptation à Columbia. Je pensais ... Je pensais qu'il resterait encore un peu de temps, pour au moins réparer les pots cassés. Mais je n'étais pas en état de me réjouir pour toi, tu allais partir et moi j'allais rester là, seule, comme une conne, à ressasser toute cette merde que j'ai faite et qui est la cause de tout ce qui s'est passé. Je sais ce que j'ai fait, je sais que c'était mal et je ne te demande pas de me ... pardonner. Le poids de ses épaules s'était allégé sans qu'elle s'en soit départie à la prononciation de ce verbe.Mais ne crois pas que je t'ai quitté avec plaisir. Bien au contraire.

    Lui pardonner ? En étais-je capable ?


REVELATION DU SECRET TAMMY/MAÂT
Pourquoi ont-ils rompu en juin 2000, après un an de relation ?
Pourquoi depuis ce jour, Maât refuse de lui pardonner ?
Pourquoi Tammy Hunkerfield, qui pouvait être si douce, est-elle
devenue aussi froide et mesquine ?

Tammy et Maât commencèrent leur relation en juin 2000 alors que Maât n'avait même pas dix-sept ans, Tammy en avait quize. C'était un très beau couple et malgré, comme dans toute relation, quelques prises de tête, même les adutes s'accordaient à dire que pour des adolescents les deux jeunes faisaient preuve d'une grande maturité l'un envers l'autre. Certes parfois précosse (notamment sur le plan sexuel, après tout Tammy n'avait que seize ans au moment de leur première fois) mais certains parents du quartier les voyaient déjà finir leur vie ensemble, aller dans la même université.
Il n'en fut pas ainsi. En juin 2001, soit un an-pille de relation, un drame se produisit.
      Juin 2001. 20h33. Conversation téléphonique entre Maât et Tammy. Ocean Grove, Miami, Floride, USA.
      QUOI ?!
      S'il te plait ne me pique pas de crise Tammy. Ce n'est qu'une soirée.
      C'est la cinquième consécutives que tu annules parce que tu dois garder ton petit frère et ta petit sœur ! Ça fait deux semaines qu'on ne s'est pas vu, trois semaines qu'on a pas couché ensemble !
      Attends tu me piques une crise pour une histoire de cul ?
      Je te pique une crise parce que je m'inquiète pour notre couple.
      J'ai même pas 18 ans Tammy. Ce n'est pas comme si on était mariés borbel.
      Bah ouais mais ça ne veut pas dire non plus que je dois supporter toutes ces soirées entre-amoureux annulées à la dernière minute parce que tu dois garder Victoria ou Rhys, ou parce que ta petite soeur a la chiasse !
      Okay c'est bon, cette conversation est terminée.
      Mais t'en pis c'est pas grave, amuse-toi bien à changer des couches.
      Victoria a dix ans et Rhys quinze. Ils ne portent plus de couches...
      Vas te faire foutre !
      Okay je raccroche.
      MAÂT JE TE PRÉVIENS SI TU RACCROCHES JE TE PIQUE UNE SI BELLE CRISE QUE TU T'EN SOUVIENDRAS TOUTE TA PUTAIN DE VIE !
      ET BAH VAS-Y PIQUE MOI UNE CRISE J'EN AI RIEN A FOUTRE !
      TU VAS ME LE PAYER !
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Message(#) Sujet: Re: N°1666. BLYTHE SHELDON HOUSE. | Maât Dim 2 Aoû 2009 - 0:06

    Suite à l’appel téléphonique…

    Elle raccroche, visiblement excédée, et balance le portable dans un geste trahissant sa perte de patience. Le cellulaire atterrit avec bruit au sol, la batterie sautant hors de l’emplacement pour glisser sous la table.

    Pourquoi Maât lui fait-il ça maintenant ?! Elle avait tout prévu. Ils auraient pu manger chez elle en tête à tête en amoureux, ses parents n'étaient pas là. Les plats mijotaient dans le four, la table était mise, une pluie de bougies s'était abattue dans le salon pour créer un halo tamisé et romantique à souhait. Elle avait même mis sa plus jolie tenue, avait passé l'après-midi au téléphone pour discuter avec Jhordan, une très bonne amie, pour savoir ce qui aurait le plus séduit son petit ami. Tout était prêt, elle n’avait attendu plus que lui, persuadée jusqu’au dernier moment que cette soirée serait parfaite.

    Elle était fin prête, et il annulait tout à la dernière moment.
    Comme à chaque fois, maintenant, de toute manière.

    L’amertume vint ronger Tammy un instant. Le premier réflexe de la rouquine aurait été d'envoyer valser la nappe et la vaisselle soigneusement nettoyée et placée sur la table dans le décor de petites lumières, ce qui aurait répandu la cire sur le sol, enflammé les rideaux et brûlé toute la maison à petit feu. Elle serait peut-être restée au beau milieu de ce carnage, se laissant mourir par amour pour son Maât, et il serait écrit sur sa tombe de marbre blanc « Beloved daughter, perfect girlfriend, wife of my life ». Bien sûr, dans l’instant, c’était son premier scénario-délire qui lui venait en tête. Et il ‘nétait que trop glorifiant pour elle, trop insultant pour lui, et trop tragique.

    Et à la réflexion, Tammy n'avait pas envie d'entendre sa mère hurler parce qu'elle n'avait qu'à se "trouver un petit copain qui lui posait pas des lapins", ni parce qu’elle avait détruit la maison à cause d’un « non ». L'idée la fit davantage enrager intérieurement, et elle coupa le four net, attrapant la casserole pour vider son contenu intégral dans la poubelle. Balançant son tablier et soufflant toutes les bougies une par une, l'adolescente s'arrêta en sentant ses joues s'empourprer, son souffle lui manquer et ses yeux se brouiller de larmes qu'elle retint. Elle détestait se disputer avec Maât, surtout au téléphone. D’habitude, elle le rappelait cinq secondes après –ou parfois c’était lui- et l’un et l’autre se confondaient en excuses avant de se dire qu’ils s’aimaient, de jouer à « qui raccroche » et d’entendre le « biiip » fatidique qui signalait que l’un n’avait plus de batterie. Mais ils ne criaient jamais à ce point. Non, ce soir, c’était la première fois que Tammy se sentait aussi mal après une dispute.

    Peut-ête était-ce mauvais signe. Peut-être …

    Tentant de conserver son sang-froid comme si elle pensait que des caméras invisibles auraient pu dévoiler son côté petite amie qui fait les choses à fond et qui finalement se retrouve seule, Tammy alla récupérer son portable pour interrompre ses plus noires pensées, attrapant au passage la batterie qu’elle replaça correctement. Aucun appel manqué, pas de message de Maât. Replaçant le cellulaire dans sa poche, Tammy se frotta légèrement le visage, effaçant une partie de son maquillage qui lui restait à présent sur les doigts. Génial. Elle n’avait plus qu’à se démaquiller, se laver les mains, se brosser les dents et … Au dodo, mon dieu, elle n’avait envie que ça, de se comporter comme une gamine qui a cinq ans et qui a fait un mauvais cauchemar.

    Il fallait qu'elle se change les idées. Rester seule chez elle ne pouvait pas être pire dans cette situation, et la fatigue n’était dûe qu’au coup de blues soudain que l’absence de son petit ami lui imposait, rien de plus. Prendre la voiture tiens, et aller boire un verre dans ce bar cool où elle avait travaillé l'été dernier pour s'amuser. Ca la soulagerait, la détendrait. Elle ne draguerait pas, non, ne ferait pas de bêtise, mais l’alcool la rendrait joyeuse et la transporterait pendant un temps loin de tout ça. Ca n’était pas grave, elle se détachait juste de sa vie pour un soir en faisant la folle. Après tout, quelques gouttes d'alcool ... Ne pouvaient pas faire de mal, n'est-ce pas ?

    Quelques gouttes, non. Mais cinq ou six verres, apparemment, si.


    Elle regarde le sol en silence, les souvenirs défilant dans sa mémoire tandis qu’elle attend. Elle attend qu’il réagisse, mais n’ose pas confronter ses yeux à ses iris, comme si elle avait … peur ?
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