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 Littlest things. James. [TERMINE]

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Message(#) Sujet: Littlest things. James. [TERMINE] Mer 24 Juin 2009 - 19:39

À peine ai-je poussé le battant de la porte, qu'une odeur rassurante de bois envahit mes narines. Oui, oui, allez-y, prenez moi pour une cinglée. Parce que ça ne vous le fait pas, à vous, vous vous permettez de supposer que ceux qui ne sont pas comme vous, ou qui ne vous ressemblent pas sont bizarres. Autant que je le sache, j'ai autant d'yeux, d'oreilles, de bouche, et de pieds que vous. Simplement, parfois, tout le monde a besoin un jour ou l'autre de se ressourcer. Certains vont crier un jour de grand vent au bord d'une falaise (c'est ce qu'a fait le roi Middas, et je vous déconseille fortement de suivre son exemple, vu où ça l'a mené, le pauvre); d'autres décident de regarder un film à l'eau de rose pour se dire qu'il n'est pas aussi stupide que les deux acteurs à la noix; d'autres, enfin, viennent rendre visite à un ancien-nouvel ami.

Oui, que je vous explique un peu. Jamie. James. T. Leigh. Et non, pour votre gouverne, je ne suis pas amoureuse de lui. Pas qu'il ne soit pas beau ou quoi.. rhaa, je m'embrouille encore. Bon, d'accord, il est pas mal. Mais, surtout, il est gentil. Je me suis souvent demandé si ce que j'éprouvais était de l'amour; mais, si amour il y a, il n'est que fraternel. Oui, voilà : j'adore Jamie comme un frère. Psstt.. si vous le croisez, évitez de le surnommer comme ça : je ne suis pas sûre qu'il apprécie. Avouez, Jamie, ça fait petit garçon. James, au contraire, donne l'impression de.. qu'il est adulte. Et encore une fois je m'embrouille dans tout ce que je veux dire. Bref.

Nouvelle devinette : comment se fait-il qu'une jeune adolescente de dix-huit ans vienne ici faire ses devoirs alors que, dans la demeure familiale, se trouvent cent-vingt-sept pièces, dont une bonne cinquantaine vide ? Vous trouvez aussi que cent-vingt-sept pièces n'est pas assez ? Je suis tout à fait d'accord avec vous ! La vraie raison est cependant trop personnelle, trop compliquée et trop secrète pour que l'on s'y attarde dans ce paragraphe de pensées d'adolescente immature.

Dès que j'ai fait un pas dans la pièce, je m'écris (vu que je ne vois pas mon ami) :

"James ! J'ai plein de nouvelles croustillantes à te raconter. Le talon de Justy s'est cassé en plein milieu de l'allée de l'Université. Elle a été destabilisée, et est tombée dans la fontaine. C'était à mourir de rire !"

Je crois lui avoir déjà parlé de cette Justy. Je suppose. C'est une fille qui ne peut s'empêcher d'étaler sa fortune personnelle sous les yeux des autres, et qui est vraiment peste avec.. disons, à peu près tout le monde excepté son chihuahua Jeanninette. Quel nom horrible. Pour info, elle ne s'est heureusement pas fait mal, ni en se tordant la cheville, ni en se faisant arroser. Personne de ma connaissance n'est mort du ridicule, en tout cas. Donc je suppose qu'un peu de repos, et elle sera capable de reprendre son train-train de princesse dès demain. Dieu sait à quel point je ne suis pas médisante envers les autres; alors, quand je peux me permettre de parler du ridicule qu'une personne s'est attirée toute seule, je ne me prive pas.

En attendant, je cherche vainement des yeux James. Il n'est pas dans la boutique; peut-être dans l'arrière-boutique, en train de manier le bois ? Je sais qu'il aime ça. Je pose négligemment mon sac de cours en bandoulière sur une chaise, et je pars à sa recherche. Qu'il est chanceux : s'il n'a pas entendu l'histoire la première fois à cause des portes fermées, je suis tout à fait prête à la lui re-raconter en détails. La scène ne cesse de défiler devant mes yeux, et je sais m'être attirée le regard étonné voir suspicieux (prends-je de la drogue ?) de certains passants sur mon chemin -causé par mes épaules tressaillantes et mon sourire large comme une banane, symptomes de mon fou-rire silencieux.


Dernière édition par Liv Rundgren le Sam 26 Déc 2009 - 17:26, édité 1 fois
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Message(#) Sujet: Re: Littlest things. James. [TERMINE] Jeu 25 Juin 2009 - 3:57

    Depuis notre plus tendre enfance, nous avons quelque chose qui nous rassure, qui nous aide à réfléchir, à comprendre. Pour les petits, la plupart du temps, il s'agit d'un doudou, et, plus on grandit, plus on commence à s'ouvrir au monde, à trouver des passes temps. Pour certains, c'est le shopping, l'argent, le sexe, l'écriture, la musique ou tout simplement le travail. Cette dernière proposition est pratique lorsqu'on veut arrêter de penser. Arrêter de se posé des questions.

    Je me souviens que lorsqu'Alvira m'a quitté il y a deux ans, je me suis noyé sous le travail, sous les commandes. Comme elle était partie de l'île, je pouvais aller et venir sans avoir peur de la croisée, et cela m'avait fait du bien. Je réfléchissais sans vraiment réfléchir, je ne me posais plus ces questions stupide que toute personne amoureuse se pose à la fin d'une relation : est-ce ma faute? Si c'est le cas pourquoi ne m'a-t-elle rien dit? J'aurai pu arranger les choses. Aurai-je du la retenir? Pleurer? Supplier? Toutes ces questions ridicules, je me les posais suffisamment la nuit, je n'avais pas besoin qu'elles me hantent au travail aussi. Malheureusement, pour que cela marche, il faut, soit être drogué au travail, soit aimé ce que l'on fait. C'est mon cas.

    Il fait chaud aujourd'hui, très chaud, mais je ne sens, ni n'entend rien. Ni les gouttes qui perlent mon front et coulent le long de ma tempe, ni le vent que l'on ne sent presque pas du ventilateur, ni l'odeur du vernis que j'ai posé sur un meuble fini, ni la porte qui claque lorsque Liv entre dans l'atelier.

    A genoux et une main sur l'un des pieds d'un meuble asiatique, je le sens s'effriter sous mes doigts. Les seules sensations que j'éprouve sont celles de mon travail. Je regarde mon index, le bois était complètement mort. Je ne sais pas qui a construit ce meuble, ni avec quel bois, mais je sais une chose, c'est que le bois était déjà remplie de termites lors de la construction. Avec un soupir, je bombe le meuble et tout les autres alentours d'un produit anti-termites et maudit silencieusement ce client qui me l'avait apporté. Il faut croire que pour les riches, l'éducation ne compte pas. Ne leur a-t-on jamais appris qu'un meuble qui laisse des copeaux de bois sur le sol, est en train de se faire bouffé à mort? Une main sur le nez et la bouche, je sors de l'arrière boutique, et alors que je fermais la porte derrière moi, je manquai de cogner Liv de plein fouet. Surpris, je pose mes mains sur ses épaules afin de l'empêcher de tomber.

    -Eh, désolé je t'ai pas entendu rentrer.

    Je passe une main dans ses cheveux et entre dans la boutique où plusieurs meubles finis attendaient que les propriétaires viennent les chercher. L'une des plus belles pièces sur lesquelles j'ai pu travailler était entreposé dans un coin et j'eus un serrement au coeur en la voyant. Il s'agissait de l'un des premiers meubles que j'ai eu a réparé en arrivant ici. Le propriétaire n'est jamais venu le chercher. Pourtant, je sais qu'il a reçu le message, je lui ai fait passer en personne.

    Avec un soupir je me dirige vers le lavabo et me lave les mains rapidement. Je ne pouvais pas toucher quelque chose en bois avec des termites sur les doigts.

    -Alors ta journée? Tu veux un verre d'eau?
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Message(#) Sujet: Re: Littlest things. James. [TERMINE] Jeu 25 Juin 2009 - 9:56

Spoiler:
 

James me rentre presque dedans, littéralement. Heureusement, il a le réflexe de poser ses mains sur mes épaules afin que je ne sois pas trop destabilisée par le mouvement. Je lui souris en retour -je ne peux pas m'en empêcher. Ca fait environ deux jours que je ne l'ai pas revu, et j'ai l'impression que c'était il y a trois mois; heureusement, il me tourne le dos, et ne peut pas remarquer mon expres​sion(expression qu'ont toutes les personnes lorsqu'elles se trouvent avec des amis de confiance). Pour le coup, en entrant dans la boutique j'étais complètement excitée, voir survoltée; lorsqu'il m'expliqua qu'il ne m'avait pas entendu rentrer, la douceur de ses gestes.. une impression d'appaisement finit par s'emparer de moi, si bien que, en le voyant admirer l'une de ses premières pièces, je ne pus me retenir de souffler :

"Royston n'est toujours pas venu le chercher."

Il s'agissait plus d'une évidence que d'une question; car, dès le jour où je suis entrée pour la première fois dans la boutique de James (ça fait déjà plusieurs mois aujourd'hui), ce meuble m'avait frappé l'oeil. La finesse des courbes, le lissé du bois m'avaient donné l'impression que James prenait grand soin de tout ce qui se trouvait ici. De moi aussi, finalement. Parce que, dites moi, vous en connaissez beaucoup vous des ébénistes venant vous saluer en vous demandant comment s'est passé votre journée ? En vous proposant un verre d'eau ?

"J'veux bien s'il te plait. J'étais tellement excitée en venant ici que j'ai marché comme une malade dans la rue."

Et, en effet, mon souffle était encore rapide, irrégulier. Je souris à James.

"Ma journée, ma journée.. " Tout en prononçant ces mots, je me dirige vers mon sac d'école. Je l'ouvre. "Bon. J'sais pas si ça va te plaire, mais pendant la pause déjeuner, avec des amies, on s'est dirigées vers Crandon Park Beach. Tu sais, y'a toujours une dizaine d'étalages le long de la mer, pour acheter des glaces, beignets, pelles et seaux.."

Je sors un papier craft. On peut voir dépasser du papier à bulles. Je le tends à James.

"Faut dire que je ne connais pas vraiment tes goûts. Et comme tu ne m'en as parlé qu'une fois -j'suis même pas sûre d'avoir bien compris que tu as bien passé ton enfance sur un bateau. Bref. J'suis tombée sur ça, et j'me suis dit que ça t'intéresserait peut-être."

À l'intérieur se trouvait un bateau en bouteille; un voilier, plus précisément. Il y avait un tas d'autres bateaux en bouteille sur l'étalage, mais la plupart avaient des mats cassés, ou bien ne ressemblaient pas à des bateaux à mon oeil de pécheuse lambda (très très lambda car, pour le coup, je n'ai jamais fait de pèche). Je sais bien que Jamie n'aurait aucune difficulté à réparer amoureusement tous ces petits détails; loin de moi l'idée de remettre en question son don. Mais c'est un peu comme si vous offriez un ballon dégonflé à un enfant; vous ne lui dites pas : "Je t'ai offert un ballon, va t'amuser à le gonfler." Bien sur que non; ce serait complètement stupide.

J'espère, par conséquent, seulement qu'il va apprécier. Enfin, je lâche négligemment :

"J'ai eu un B+ en littérature scandinave. Apparemment, si j'ai un bon style d'écriture, ce n'est pas pour autant que je dois en profiter pour inventer mes propres récits mythologiques. Peuh. On nous a servi des frites, à la cantine. Et, ah oui, Justy s'est tapé la honte devant toute l'école."
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Message(#) Sujet: Re: Littlest things. James. [TERMINE] Jeu 25 Juin 2009 - 22:14

Spoiler:
 

    "Royston n'est toujours pas venu le chercher."

    Je ne réponds pas. La réponse est évidente, je me demande si je ne devrais pas lui demander s'il désir le mettre en vente. Peut-être que j'arriverai à me payer les réparations de mon bateau avec lui.
    Enfin bon...

    Il y a des jours où on aimerai être quelqu'un d'autre, quelque chose d'autre. Un animal peut-être, ou un végétal, peut importe du moment que l'on ne souffre pas de la complexité de l'être humain. Il n'y a pas à savoir ce que l'on veut devenir plus tard, pas de problèmes, pas d'histoire de coeur, rien. Juste l'instinct de survie. A cet instant précis, en regardant le verre se remplir, j'aimerai être une goutte d'eau. Elle survit malgré tous les obstacles. A chaque changement, elle reste de l'eau. Il n'y pas de vie ou de mort avec elle. Il n'y a pas de reproduction, pas d'histoire d'amour. Il y a juste la vie.

    Le verre d'eau rempli, je le tend à Liv et m'en verse un à mon tour. En regardant la bouteille se vider doucement pour aller dans mon verre, je me demande pourquoi je pense sans arrêt à elle depuis que je l'ai vue? Pourquoi je la vois à la place de ses bulles? C'est un peu comme dans le guide du zizi sexuel, les spermatozoïdes ont la tête de Titeuf, les ovules celle de Nadia. Pour moi les bulles ont la tête d'Alvira. Cela me rappelle les premiers jours après que je l'ai rencontré. Je la voyais partout, puis après la rupture, c'était pareil.

    Je range la bouteille d'eau dans la frigidaire quasiment vide et commence à boire tandis qu'elle commence à me raconter un peu ce qu'il s'était passé aujourd'hui pour elle. C'est bizarre. Généralement, lorsque je travail je n'aime pas tellement la compagnie, et pourtant, avec Liv, mes journées ne seraient pas comblées. Ses aventures à l'université m'amusent au plus haut point. Elle est la seule que j'accepte pendant mes heures de travail, parce qu'elle me permet de me détendre et m'aide même de temps à autre. Je jette un coup d'œil à son sac lorsqu'elle en sort quelque chose, et je souris. Bientôt elle devra travailler. Au moins, on sera deux. Et qui sait, peut-être pourrais-je l'aider? Je sais que je n'ai pas fait d'études, mais cela ne veut pas dire que je ne le souhaite pas. Seulement l'argent me manque, et je ne peux pas avoir de bourses puisque je gagne trop pour cela.

    "Ma journée, ma journée.. Bon. J'sais pas si ça va te plaire, mais pendant la pause déjeuner, avec des amies, on s'est dirigées vers Crandon Park Beach. Tu sais, y'a toujours une dizaine d'étalages le long de la mer, pour acheter des glaces, beignets, pelles et seaux.."

    Je fronce les sourcils lorsqu'elle me dit qu'elle s'était éloignée du campus, puisse hausse les épaules. C'était pendant l'heure du déjeuner, j'espère seulement qu'elle n'est pas arrivée en retard à ses cours de l'après-midi si je vais devoir la surveiller. Je suis conscient que les études c'est éprouvant, et chiant, mais je ne veux pas qu'elle rate sa chance. Son avenir est en jeu et j'aimerai qu'elle gagne celui là.

    Lorsqu'elle me tend quelque chose emballé dans du papier craft, mes sourcils se froncent à nouveau. Je pose le verre sur la table et prend le cadeau dans mes mains. Je n'aime pas tellement les cadeaux, mais je sais qu'elle aime en faire, alors je l'accepte sans rien dire et avec un sourire aux lèvres. Lorsque je l'ouvre et que je vois le bateau, je suis sûr que je ressemble à un petit garçon qui découvre son train électronique offert pour Noël.

    "Faut dire que je ne connais pas vraiment tes goûts. Et comme tu ne m'en as parlé qu'une fois -j'suis même pas sûre d'avoir bien compris que tu as bien passé ton enfance sur un bateau. Bref. J'suis tombée sur ça, et j'me suis dit que ça t'intéresserait peut-être."
    -Fallait pas, vraiment.

    Tout le monde dit ça lorsqu'un cadeau est offert, généralement par politesse, mais dans mon cas, je le pense. Elle n'a pas besoin de m'offrir quoi que ce soit. Son amitié me suffit amplement. Ça ne veut pas dire que je refuse le cadeau. Je ne suis pas fou, je n'aime peut-être pas ça, mais j'aime l'objet offert. Ça me suffit. Alors je l'enlace. Un câlin amical, pour la remercier. Je sais que je suis dégoulinant de sueur, mais il m'est difficile de me contrôler. Je suis comme un gamin à cet instant. Avec une banane en guise de sourire.

    "J'ai eu un B+ en littérature scandinave. Apparemment, si j'ai un bon style d'écriture, ce n'est pas pour autant que je dois en profiter pour inventer mes propres récits mythologiques. Peuh. On nous a servi des frites, à la cantine. Et, ah oui, Justy s'est tapé la honte devant toute l'école."

    L'histoire du B+ m'amuse et je dois me retenir de rire. Pourquoi est-ce que cela ne m'étonne pas?

    -Au moins les frites, c'est bon. Pour une fois que ce n'est pas une espèce de pâté verte dégoûtante. Raconte l'histoire de Justy.

    Depuis que Liv m'a parlé d'elle, je veux tout entendre. Elle est tout ce que je déteste le plus chez les riches, et j'aime lorsqu'il y a des histoires sur elle qui me permettent de me moquer d'elle. A cet instant alors, je me dis que finalement, il n'y a pas que des mauvais côtés à être humain.
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Message(#) Sujet: Re: Littlest things. James. [TERMINE] Ven 26 Juin 2009 - 12:49

Je bois une gorgée d'eau du verre que m'a donné James. Ca fait du bien; sortie tout droit du réfrigérateur, elle est particulièrement désaltérante. De plus, cet instant de pause me permet de me rendre compte que James semble avoir eu une journée éprouvante. Il semble en tout cas perdu dans ses pensées, jusqu'à ce que je lui tende le bateau en bouteille. Son froncement de sourcils m'arrache un sourire. J'ai envie de lui dire de ne pas s'inquiéter autant pour moi : la plage n'est qu'à une dizaine de minutes de l'Université en bus; et nous avons surveillé l'heure bien scrupuleusement avec Pia afin de ne pas être en retard à notre cours de Littérature française.

Parce que, quoi que j'en dise, quelques soient les plaintes que je formule à voix haute (et Dieu sait qu'elles sont nombreuses U.U), je suis tout à fait consciente de ma chance. Avoir accès à l'une des plus réputées universités de Miami; le rêve de tout étudiant floridien. Cependant je me tais, parce que je ne veux pas gâcher ce moment en rentrant dans ce genre de détails.

Mais ce qui me fait sourire, au plus profond de moi, est de remarquer que James réagit comme un grand frère à mon égard. Et ça, je n'aurais jamais pu le prévoir lors de son arrivée en ville, alors que je lui avais commandé une petite bricole pour Rebecca (qui est, pour les incultes, ma grand-mère maternelle).

Il prend le cadeau, le découvre. Ses yeux pétillent. On dirait vraiment un petit garçon. Et je sais, à voir l'expression de son visage, qu'il pense sincèrement les mots qu'il finit par me dire. Ce n'est pas comme si je l'achetais, puisque nous avons déjà crée un lien fort l'un l'autre; ne vous est-il néanmoins jamais arrivé, en vous promenant entre les étals d'un marché, de vous stopper devant un objet précis en vous disant : "James" (ou, plus généralement, en pensant à une personne particulière) ? C'est ce qui s'est passé ce midi pour moi. Je n'aime pas acheter des cadeaux banals, sans y réfléchir préalablement.

Par exemple, il est hors de question qu'une heure avant un anniversaire je me précipite dans une librairie en achetant le premier best-seller qui me passe sous la main -pas pour les personnes auxquelles je suis liée, en tout cas.
Il me serre dans ses bras, comme un frère. Il pue la transpiration -évitons de s'attarder sur ces descriptions aussi insignifiantes : moi qui n'ai ni frère ni soeur, je ne vais pas aller cracher sur une relation fraternelle aussi importante à mes yeux que celle qui me lie à James pour une stupide odeur corporelle. Et, comme je déteste faire dans le sentimentalisme, je lui souris en retour tout en évitant de m'attarder dessus.

-Au moins les frites, c'est bon. Pour une fois que ce n'est pas une espèce de pâté verte dégoûtante. Raconte l'histoire de Justy.

Je lève un sourcil amusé en entendant la première partie de sa phrase, et je ne peux m'empêcher de lui répliquer malicieusement :

"Tu parles par expérience ?" Je balaie ma question de la main. "C'est vrai que je devrais m'avouer chanceuse; je me souviens qu'à la Nouvelle-Orléans, ce qu'ils nous mettaient dans nos assiettes ressemblait à de la viande. Là, au moins, ils nous font manger de la nourriture équilibrée."

À l'évocation de Justy McCraden, mon sourire s'élargit considérablement. Les trois quarts des étudiants ont vu la scène par le biais de Youtube. J'ai eu la chance d'y assister en live. Par conséquent, lorsqu'il me demande l'histoire, je ne me fais pas prier pour la répéter :

"A la pause de seize heures Justy s'est dirigée vers la sortie. Elle marchait tranquillement, quand tout à coup son talon s'est cassé. Elle a été déséquilibrée; et, comme son vernis à ongles n'était pas encore tout à fait sec, elle n'a pas voulu se raccrocher au rebord de la fontaine. Et, pouf, elle est tombée dedans. C'était tellement.. surprenant, que je n'ai pas pu m'empêcher d'éclater de rire."

Comme la totalité des élèves présents. À vrai dire, ce n'était pas vraiment de la méchanceté à proprement parler; c'était un mélange de surprise mêlé à une petite part de moquerie : McCraden ne cesse de se croire supérieure à nous dans tous les domaines. Ce genre de petits incidents, humains, et qui auraient pu arriver à n'importe qui, permettent de la faire descendre d'un échelon de son pied d'estale.

Estimant que j'ai assez étalé ma journée pour l'instant, je lui retourne la question.

"Et toi ? Comment s'est passé ta journée ? Pas trop fatigué ?"

Au même titre que James qui semble apprécier ma compagnie à celle des autres durant son travail, je ne serais pas comblée si notre relation n'était pas à double sens : et si James, à titre de grand frère, prend le temps de me demander comment je vais, il me semble naturel (au plus haut point) d'en faire de même.
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Message(#) Sujet: Re: Littlest things. James. [TERMINE] Mar 1 Déc 2009 - 16:01

    Depuis que j'avais quitté mes parents à 13 ans, je n'avais jamais vraiment eu de famille. Pour sûr, j'habitais avec mes cousins et nous nous entendions plutôt bien, à merveille même, mais ma famille de sang n'avait jamais été quelque chose sur laquelle je comptais. Nous étions là l'un pour l'autre uniquement parce que nous étions liés par le sang et rien d'autre. Kevin et moi étions amis, mais cela n'avait jamais été aller plus loin, depuis qu'il est parti, nous ne nous sommes jamais plus reparler. Quant à Deborah, Deborah n'est plus, elle ne compte donc pas vraiment à présent. Je n'adresse plus non plus la parole à mon paternel, je ne sais même pas s'il est encore en vie et je m'en fous. Ma mère... je sais simplement qu'elle a quitté mon père peut après mon départ. Depuis, plus aucune nouvelle, je m'en fiche un peu pour être honnête, je n'ai jamais été réellement proche d'elle. Alors, lorsque j'avais la chance de rencontrer quelqu'un avec qui j'étais proche, dont je me sentais proche, je la prenais. C'est ce que j'ai fait avec Alvira. C'était une petite soeur. Puis une amie et puis bien plus que ça. Mais rien ne dur n'est-ce pas ? Tout est éphémère. Elle m'a quitté. Je suis parti. Liv est devenue l'une des seules personnes au monde à avoir de l'importance pour moi, que je considère comme ma famille. Il est donc normal que j'agisse comme tel avec elle. Et puis, avec elle au moins, je sais que rien de plus ne se passera. Contrairement à Alvira.
    C'est donc avec un sourire et non pas un froncement de sourcils comme cela aurait pu être le cas avec quelqu'un d'autre que j'écoute sa réponse à ma remarque sur les frites.

    "Tu parles par expérience ?" Comme elle, j'ignore la question, "C'est vrai que je devrais m'avouer chanceuse; je me souviens qu'à la Nouvelle-Orléans, ce qu'ils nous mettaient dans nos assiettes ressemblaient à de la viande. Là, au moins, ils nous font manger de la nourriture équilibrée."

    Je n'ai pas été énormément à l'école, mais en quinze ans, je pense avoir eu assez d'expérience pour savoir de quoi elle parle. Les cuisiniers ne se cassent généralement pas la tête pour nourrir les élèves et se fichent complètement de nous empoisonner ou non, mais si j'en crois ce qu'elle dit, alors l'université de la ville doit être l'une des seules à bien nourrir les étudiants. Mais ce qui m'intéresse le plus vient après.
    "A la pause de seize heures Justy s'est dirigée vers la sortie. Elle marchait tranquillement, quand tout à coup son talon s'est cassé. Elle a été déséquilibrée; et, comme son vernis à ongles n'était pas encore tout à fait sec, elle n'a pas voulu se raccrocher au rebord de la fontaine. Et, pouf, elle est tombée dedans. C'était tellement.. surprenant, que je n'ai pas pu m'empêcher d'éclater de rire."
    C'est à mon tour d'éclater de rire. J'imagine très bien la scène, comme si j'y avais assisté. Je n'ai jamais vu Justy, je ne la verrai sans doutes jamais et je ne m'en porterai pas plus mal et pourtant la caricature de l'adolescente riche et snob que je m'en suis faite, me satisfait.

    "Et toi ? Comment s'est passé ta journée ? Pas trop fatigué ?"

    Je pose le cadeau de Liv sur la table à côté de moi et prends une grande inspiration. J'attendais cette question et pourtant je n'étais pas vraiment pressé d'y répondre. Depuis quelques jours, mes journées passent et se ressemblent toutes. Pas d'originalité. Seulement cette même routine qui d'habitude me rend heureux mais, qui en ce moment m'énervait et me poussait à quitter le quartier, peut-être même le pays. Je sais pourtant que je n'en ferai rien. Pour Liv déjà, je sais qu'elle a besoin d'une figure fraternelle, amicale, pour Alvira, et pour moi. Depuis des années que j'attendais, que j'espérais la revoir, je n'allais pas repartir avant de lui avoir parlé sérieusement.

    -La routine tu sais, dis-je après un silence plus ou moins pesant. Rien d'aussi croustillant que toi malheureusement.

    Je ne mens pas. Rien ne se passe dans ma vie. Si on écarte l'épisode Alvira Devlin, dont je n'étais pas près de lui parler, je n'ai absolument rien à dire sur cette journée, si ce n'est qu'elle était ennuyante à mourir avant que Liv n'entre dans l'atelier.
    Je passe dans l'arrière boutique rapidement et change de t-shirt, celui que j'avais avant étant trempé de sueur et taché de vernis à bois. Lorsque j'entre à nouveau dans l'atelier, je m'installe sur une chaise et en tire une par la même occasion pour que Liv s'assoit aussi.

    -La réparation du bateau avance un peu. Tu pourras passer au port quand tu veux.

    Je ne sais plus si je lui ai parlé de mon bateau, je pense que oui, après tout, elle sait que je n'ai pas assez d'argent pour me payer un billet d'avion ni une voiture, il a donc bien fallu que je vienne d'une manière ou d'une autre.
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Message(#) Sujet: Re: Littlest things. James. [TERMINE] Sam 26 Déc 2009 - 17:24

Je lui demande comment il va, et il met un certain temps avant de me répondre. C'est vrai, sur le coup, je suis un peu surprise. Pour tout dire, je n'ai aucune difficulté à parler de tout et de rien avec James, excepté le sujet "parents" sur lequel une grande croix rouge barre le passage. Et comme Jamie est toujours souriant et à l'aise quand il se trouve avec moi, je suis incapable de l'imaginer triste ou déprimé comme il est actuellement. En plus, je suis une adolescente : toute à mon histoire, à mes propres préoccupations (égoïstes mais humaines) je me rends soudain compte de l'étrangeté de ce silence -qui devient de plus en plus pesant au fur et à mesure que j'attends la réponse.
Et enfin, je perçois une réponse lasse. Oui, la routine du quotidien. Mais puisqu'il m'a enfin répondu, je laisse cet incident troublant de côté, et n'y prête plus du tout d'importance.

Je me suis toujours fait la remarque que James était souriant lorsque je me trouvais avec lui pour ne pas m'importuner à cause de ses soucis, alors que je n'attends que de pouvoir l'aider s'il en a le besoin. Parce qu'il m'apprécie beaucoup. De toutes manières, James est un garçon essentiellement solitaire; moi qui sors beaucoup dans Miami, je ne le croise que très rarement ; il est soit à sa boutique, soit au port. A se demander comment j'ai fait pour me lier d'amitié avec lui.

Il passe brusquement dans l'arrière-boutique. Je l'entends trifouiller quelques instants, et j'en profite pour me relever et aller jeter un coup d'oeil aux dernières réparations dont il s'est chargé. James a un véritable talent pour faire du neuf avec du beau.
Tenez, par exemple, cette vieille penderie. Il y a environ un mois, Lors Urdening l'a envoyé pour réparation, il s'agissait d'un meuble qu'il avait obtenu de la grand-mère de sa deuxième femme.. mais peu importe. Elle était rongée de partout, des lambris de bois projettaient de se détacher de l'ensemble... J'avais suivi sa réparation, puisque je venais voir James au moins une fois par semaine, si ce n'était plus lorsque l'occasion se présentait. Et voilà, un mois plus tard, cette merveille : une magnifique penderie. James avait comblé les trous, assaini le bois, l'avait vernis, et avait même été jusqu'à perfectionner son ouvrage en reproduisant sur le nouveau bois les motifs de l'ancien pour permettre au meuble de garder toute son authenticité.
J'essayais depuis un certain nombre de temps de proposer ses services dès que l'on parlait de meuble à réparer.

Il revient avec un nouveau tee-shirt, tout beau tout propre, et s'installe sur une chaise.

-La réparation du bateau avance un peu. Tu pourras passer au port quand tu veux.
"J'en serais ravie."

Si, il m'a déjà parlé de son bateau. Enfin, il ne s'est bien entendu pas attardé longtemps dessus -il ne faut pas en demander trop à James pour ce genre de choses. Cependant, il m'a raconté sa traversée par bribes ; jamais tout d'un coup. Ce fut ensuite à moi de compléter le puzzle en assemblant une par une les pièces, à force de patience; et il manque encore beaucoup de trous, je peux vous l'assurer !

Je reviens vers la chaise que James m'a préparée, et m'y asseois. Quand soudain, je sens quelque chose vibrer dans mon sac. Je fronce les sourcils, et sors mon portable de la petite pochette intérieure. Rebecca. Que me veut-elle ? Avec un sourire d'excuse, je décroche.

"Allo, oui ? .. Comment ça, vous m'attendez à la maison ? Je croyais que tu l'avais décallé ! ... Hum. ... Très bien, je rentre. .. Oui, à tout de suite."

Je racroche et regarde James d'un air ahuri, avant de lui expliquer :

"Rebecca veut prendre mes mesures pour ma robe de bal des débutantes.. qui se passe en juillet prochain !" Je secoue la tête en reprenant une figure normale. "Elle est complètement folle. Promets-moi de me secouer un bon coup si je décide un jour de préparer une soirée mondaine deux ans à l'avance."

Je me relève enfin, et prends mes affaires. Puis je souris à James, mi-malicieux mi-d'excuse.

"Il faut que j'y aille, elle est capable de piquer une colère et de m'interdire de sortie. Or, j'ai bien l'intention de revenir te voir dans le courant de la semaine prochaine, si tu n'y vois pas d'inconvénient !"

Je claque un smack bruyant sur la joue de James (le dernier avant bien longtemps), puis je pousse la porte d'entrée. Sans me retourner, je lance un dernier "Au revoir !!" puis je prends la route du retour.
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Littlest things. James. [TERMINE]

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