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 Cause there's nothing you can teach me ◇ Alexander

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Message(#) Sujet: Cause there's nothing you can teach me ◇ Alexander Mer 26 Nov 2014 - 22:15

Irving ne comptait pas les heures qu'il passait derrière son bureau, à éplucher tel ou tel dossier jusqu'à ce que le tout lui semble irréprochable ; pas juste "bon" mais bien "irréprochable". Ça assurait le bon fonctionnement de son agence qui, sans lui, serait forcément perdue. Il avait beau avoir une relative confiance en ses collaborateurs à New York, il n'avait pas cette chance avec ceux qui se trouvaient à Miami. Ce n'était plus la bande d'incapables des débuts (ceux-là, il les avait entre temps virés) mais ils ne tenaient pas la comparaison avec le niveau d'exigence auquel il était habitué. Irving leur pardonnait la retenue des premiers jours, lorsqu'il fallait apprendre le "who's who" de base et le contenu des gros dossiers en cours, mais guère plus. Qu'importe sa réputation au sein de ses employés, il attachait plus d'importance à celle colportée par ses clients; et, à ce niveau là, il n'y avait rien à redire. Il était fiable, il était productif et il était de bon conseil. Voilà. Le reste, il le laissait à ceux qui avaient du temps à perdre ou autre chose en tête que leur réussite personnelle ; les fous...
Cependant, même en étant un bourreau de travail, Irving savait quand il devait s'arrêter. Ce n'était pas toujours de gaité de cœur mais il avait déjà connu un burn out et préférait ne pas en vivre un second. Il lui arrivait donc d'interrompre ses travaux en cours, d'oublier tout ce qui était en attente sur son bureau (ou presque) et de passer à des activités plus futiles. Bien sûr, il n'était pas inconscient et ne risquait pas de mettre en péril la réussite d'une campagne pour aller se rappeler au bon plaisir de femmes de peu de vertu ; ce n'était pas une possibilité à exclure de manière définitive, mais pas ce soir, pas encore.
Pour l'heure, Irving avait quitté son agence après une réunion interminable avec un client ayant aussi peu d'ambition pour son produit que ça frôlait le ridicule. Alors qu'ils abordaient la troisième heure d'indécision et d'incompréhension mutuelle, Irving avait fini par céder et s'engager à fournir un premier jet dans la quinzaine, selon les souhaits qui avaient été exprimés. Son client sembla satisfait, bien évidemment dépassé par le secret dessein du jeune homme qui espérait, preuve à l'appui, lui prouver à quel point l'idée qu'il tentait d'imposer était pathétique. Ce seraient deux semaines de travail inutile, mais il fallait parfois passer par là et, une poignée de mains plus tard, Irving faisait passer sa mauvaise humeur du moment sur sa secrétaire qui cilla à peine ; elle commençait à avoir l'habitude des éclats de Mr Stevenson.
"Soirée au Parkwest. Ça te tente ?" Deux phrases envoyées à la va vite par texto et qui eurent une réponse quasi immédiate ; une réponse qui eut le mérite d'arracher un semblant de sourire à Irving. Il mit un peu d'ordre sur son bureau, répondit aux derniers mails les plus urgents puis rentra chez lui se changer. Ce n'était pas comme s'il disposait d'un grand choix, la majeure partie de sa garde robe étant composée de costumes sombres, mais il faisait la distinction entre ceux qui étaient pour les affaires et ceux qui étaient pour les moments de plaisir. La plupart des gens ne voyaient absolument pas ce qui pouvait les différencier, mais qu'importe.
Il arriva sur place plus tôt que prévu, ce qui signifiait qu'il allait devoir attendre Alexander, une perspective qui n'avait rien de très réjouissant. Bonsoir, Matthew. Il s'appuya contre le comptoir, saluant le barman qu'il commençait à connaître (une conséquence plus qu'un véritable choix) et essaya de déterminer quel genre de faune peuplait le club ce soir. 'soir Irving. Comme d'habitude ? L'intéressa releva cette marque de familiarité qui lui hérissait à chaque fois l'échine mais fit comme si de rien n'était ; ce n'était pas le moment, ni même une cause qu'il pouvait espérer gagner, alors autant abandonner tout de suite. Oui, s'il vous plait. Autour de lui, des filles de tous âges et produisant chez lui un intérêt assez variable, ce qui ne l'empêchait pas d'en trouver quelques unes à son goût. La réciproque semblait également être vraie s'il en croyait les quelques œillades qu'il recevait déjà ; et il n'avait aucune raison de ne pas s'y fier.
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Message(#) Sujet: Re: Cause there's nothing you can teach me ◇ Alexander Sam 17 Jan 2015 - 18:26

Si Alexander avait choisi de quitter l’hôpital pour créer sa propre clinique, cela était principalement pour ne pas avoir à supporter, plus encore que nécessaire, une population indigne de sa compagnie. Etre pauvre, sans statut social, Xander savait ce que c’était. Et c’était bien la raison pour laquelle il se permettait d’avoir une idée aussi arrêtée sur ce genre de personnes. D’ordinaire, même si ce n’était assurément pas l’image qu’il renvoyait, il était plutôt quelqu’un d’ouvert à la discussion. Quand il n’était pas à l’aise sur un sujet, il n’hésitait pas à le dire, ou au moins, à faire les recherches nécessaires pour qu’il puisse avoir une discussion éclairée sur le sujet. Mais ayant souffert de la pauvreté lui-même, il ne savait que trop bien comme cette vie était vécue, et à quel point ce genre de population avait tendance à oublier de s’élever des besoins les plus primaires. Il y avait des exceptions, naturellement. A une époque, Alex n’en avait pas fait partie, mais au fil de certaines rencontres, il avait pu constater que tous les individus n’étaient pas ainsi. 99,9% d’entre eux, cependant l’était. Ainsi, avoir sa propre clinique lui permettait de ne pas avoir à fréquenter ce genre d’individus qui avait une tendance certaine à lui faire perdre son temps. Un autre avantage, pas moins négligeable, était que les heures interminables n’avaient plus lieu d’être. Il arrivait parfois, qu’une intervention dure plus longtemps que prévu, ou que des difficultés imprévisibles se révèlent pendant l’opération, mais les complications étaient rares, et les heures supplémentaires tout autant. Ainsi, la journée de Xander se terminait généralement aux alentours de dix-huit ou dix-neuf heures, ce qui lui laissait tout le loisir de faire souper ses enfants avant de les mettre au lit, sauf cas de fatigue extrême de l’un des deux bouts de choux. Cela lui donnait tout le loisir de passer la soirée avec sa femme, d’aller à des événements pour des associations, ou plus simplement de sortir. N’appréciant pas spécialement les soirées passées en compagnie de sa chère épouse, et notamment parce que la conversation était des plus arides entre eux au fil des années, il fut donc ravi de recevoir l’invitation d’Irving, qu’il n’avait pas vu depuis au moins une éternité – leur dernière soirée, il y avait environ deux semaines de cela. Acolyte de sortie, Irving était l’ami idéal en la matière. Célibataire, il acceptait d’oublier les indélicatesses de Alex envers sa femme, et de la saluer et la divertir au cours de soirées lorsqu’il était amené à la rencontrer. Wingmen mutuels l’un de l’autre, l’équipe que formaient les deux comparses était quasiment infaillible  - s’ils ne repartaient pas toujours avec des conquêtes, l’un comme l’autre, ils n’en passaient pas moins une excellente soirée, à discuter de tout et de rien (et à repousser les indésirables). Il avait donc accepté l’invitation, bien évidemment sans prendre le soin de prévenir sa chère et tendre. Devant les protestations de celle-ci, fidèle à lui-même, le (plus si) jeune King avait fait mine de compatir et avait expliqué à celle qu’il avait épousé près de dix ans auparavant qu’Irving souffrait de son célibat ces derniers temps et qu’il ne préférait pas le laisser seul. D’aucuns auraient certainement dit que cela n’avait rien de crédible ; c’était tout le contraire en réalité. Mais l’attention et la générosité d’Alexander King étaient réservées à un nombre de personnes plus que limité. Il quitta donc Jane aux alentours de 21h, promettant de ne pas rentrer trop tard et sachant pertinent que ladite promesse ne serait pas tenue. Mais il enverrait un message à minuit, puis à une heure et ne savait que trop bien comment se faire pardonner. Fermant avec précaution la porte de chez lui, Alexander annonça à Peter qu’ils se dirigeaient en compagnie du Parkest Nightclub, se demandant comment il avait pu en arriver là dans son mariage. Il laissa un profond soupir s’échapper de ses lèvres lorsqu’il monta de la voiture et décida de laisser ce genre de pensées de coté. Cela jurait avec l’ambiance de la soirée.
Arrivé aux alentours de 21h15, il lui fallut moins de cinq minutes pour retrouver Irving – avec le temps, leurs sièges étaient quasiment réservés quand il venait. « Désolé pour le retard, j’ai du négocié avec la Reine mère. » dit-il à son ami pour seul bonjour, sachant pertinemment qu’Irving trouverait cette remarque plus drôle qu’autre chose. Saluant d’un signe de tête le barman, il lui fit signe de lui servir l’habituel avant de s’installer de façon à pouvoir scanner la foule qui commençait à arriver. « Alors, j’ai loupé quelque chose d’intéressant ? »
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Message(#) Sujet: Re: Cause there's nothing you can teach me ◇ Alexander Mer 4 Fév 2015 - 20:49

On ne pouvait pas dire qu'Irving avait une vie sociale très développée, ses amis faisant généralement partie de son entourage professionnel avant de gagner son estime et sa sympathie, allant et venant au gré des mutations et autres promotions. Ce n'était pourtant pas pour lui déplaire puisque cela simplifiait beaucoup des choses ; il n'avait pas à se rappeler de dates d'anniversaire à n'en plus finir et à trouver de nouvelles excuses pour tous les événements auxquels il était invité sans pouvoir venir. Plus jeune, il avait souffert de son isolement avant de réaliser que cela lui convenait plus que la popularité qu'il avait gagnée en fin de lycée : il avait apprécié prendre sa revanche et être à la tête de son petit monde, mais leur contact avait le don de l'irriter. Il y avait toujours un abruti fini pour se croire très spirituel et le coller, un autre pour lui raconter le moindre détail de sa journée, et ainsi de suite. Irving aimait prendre des décisions et les faire appliquer, pas perdre son temps en discussions inutiles. Il savait qu'il lui faudrait faire un effort le jour où il passerait au niveau supérieur de sa carrière, mais dans l'immédiat il bénéficiait d'un bref répit. Il composait avec la présence de Naomi sous son toit, ses collaborateurs au bureau, Alexander lors de leurs sorties régulières ainsi que quelques extras qui n'avaient rien de trop déplaisant, et cela lui convenait parfaitement.
Cependant, si l'on se tenait à la définition la plus stricte de ce que pouvait être un ami, il n'y avait qu'Alexander qui pouvait prétendre au titre. Non pas qu'Irving s'en plaigne ; au contraire, il considérait cela comme un privilège. Rencontrer de nouvelles personnes était l'une des choses les plus faciles au monde, rencontrer les bonnes personnes devenait tout de suite plus compliqué et il ne tenait pas à perdre son temps avec ceux qui ne me méritaient pas. Avec Xander, au moins, il n'y avait aucune ambiguïté : il savait qu'ils partageaient la même conception du monde et que lui consacrer une soirée était l'une des méthodes les plus efficaces pour oublier les contrariétés d'une journée de travail. Autant dire qu'après trois longues heures passées en compagnie d'un client des plus pénibles, il n'avait pas eu envie de grand chose d'autre ; profiter de l'expertise féminine était l'autre alternative à sa disposition, mais ce n'était pas incompatible avec son projet initial, bien au contraire.
Prenant possession de sa place habituelle, il attendit que Matthew vienne l'y servir tout en observant les personnes autour de lui. Des couples, de jeunes employés de bureau qui venaient se détendre après leur journée de travail, et des groupes épars qui n'avaient visiblement pas d'autre intention que de profiter de leur soirée. Bien, c'était parmi eux qu'Irving était le plus susceptible de trouver son bonheur ainsi que celui d'Alexander. A force, il savait quels étaient les goûts de son ami en matière de femme, la réciproque fonctionnant également, et il n'était pas rare que le premier arrivé sur les lieux fasse les repérages qui allaient avec. Bien sûr, Jane ignorait tout du contenu de la soirée de son époux, et Irving se gardait bien d'y faire la moindre allusion. Il était d'ailleurs persuadé que les quelques minutes de retard de Xander ne pourraient qu'être imputables à son épouse, ce qui lui fut confirmé lorsqu'il daigna enfin le rejoindre. Oui, je me doutais qu'elle devait en être responsable. Et laisse-moi deviner, je te sers d'alibi ? C'était si facile de donner le mauvais rôle à Irving et celui-ci s'en acquittait de bonne grâce ; il trouvait presque ça amusant de se faire passer pour le pauvre célibataire en mal d'amour lorsqu'il se retrouvait face à Jane. Elle n'avait pas l'air aussi convaincue que Xander l'aurait voulu mais prenait à chaque fois le temps de lui montrer qu'elle s'intéressait à la question, ne manquant jamais de conclure en lui affirmant qu'il finirait par trouver la perle rare, comme elle avait trouvé Alexander. Cette petite phrase avait le don de faire sourire Irving : si elle savait... Tu présenteras mes hommages à cette chère Jane, elle est bien trop bonne pour toi. Le tout affirmé avec un petit sourire en coin qui laisser croire qu'il n'en pensait rien ; bien au contraire.
Il laissa Alexander s'installer et jeter un premier coup d’œil autour d'eux, lui permettant ainsi de se faire lui-même son opinion sur la faune du jour. Pas encore, je pense que tu es arrivé juste à temps... Et il conclut en levant son verre en direction d'un groupe de filles (femmes ? oh elles avaient l'air encore fraîches) à quelques mètres d'eux.
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Message(#) Sujet: Re: Cause there's nothing you can teach me ◇ Alexander Lun 30 Mar 2015 - 22:42

Alexander offrit un sourire victorieux au jeune homme lorsque celui-ci lui demanda s’il lui servait d’alibi. A vrai dire, après tout ce temps, ils savaient l’un et l’autre de ce qui se déroulaient,  puisque c’était la même rengaine chaque semaine. A peu de choses près, cela aurait pu être deux adolescents entre de se plaindre de leur attitude de leur mère. Pourtant, Xander n’était pas réellement à plaindre dès lors que Jane demandait simplement d’être un minimum au courant de ses faits et gestes. Mais il ne savait que trop que son attitude n’avait rien de louable, et plutôt même, tout de reprochable mais qu’y pouvait-il ? A quoi bon s’efforcer à rester sage si c’était pour que lui soit aussi malheureux et que Jane en pâtisse ? Au moins, l’un des deux y trouvait son compte et Jane ne semblait pas mécontente pour autant. Ce n’était pas comme si Alex lui refusait toute affection – il aimait encore sa femme, simplement différemment. Elle était une amie, une compagne de chemin mais certainement pas la femme qu’il aimait. Non pas que quelqu’un soit venue la remplacer, Alexandre était simplement passé à autre chose. Jane était comblée, et Alex était résolu. D’une certaine façon, les choses étaient pour le mieux, surtout pour les enfants qui n’avaient pas à pâtir de ce que les parents traversaient. Mary et Charles profitaient de leurs deux parents, et ainsi tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes. Alex laissa échapper un petit rire lorsqu’Irving ne manqua pas de préciser que Jane était trop bonne pour Alex. « Tu restes célibataire parce que c’est elle ta femme idéale, c’est ça ? Je te la prête si tu veux ! » le railla-t-il son ami. Il n’y avait aucun doute entre les deux individus que Irving était un bien trop bon ami pour agir de la sorte, et Alex bien trop possessif pour être sérieux dans sa proposition. C’était d’ailleurs là tout le paradoxe : le chirurgien avait beau ne pas hésiter à soulever d’autres jupons que celui de son épouse, celle-ci n’en était pas moins sienne, quoiqu’il fasse. Si quiconque osait jamais toucher sa femme… Pour l’heure, cependant, la question ne se posait pas et toutes les pensées d’Alexander était rivées vers la soirée qu’il allait passer. Il n’espérait pas, contrairement à Irving au vu de son regard presque déjà amoureux, terminer la soirée avec une jeune femme, mais si le destin en mettait une sur son chemin, il n’allait pas non plus se mettre en travers de son chemin… « Tu as si faim que ça, mon lapin ? » continua-t-il de taquiner son ami, « tu vois, ça a des avantages d’être un homme marié, quoiqu’on en dise. »  Non pas qu’il ait tant l’occasion de consommer son mariage, mais cela lui arrivait tout de même. Mais Alexandre n’était pas non plus du genre à profiter de sa femme dans ces circonstances, les rares fois où ils s’adonnaient à un peu d’exercice physique ensemble, c’était avant tout par tendresse. « Tu as trouvé ta cible ? Besoin d’un wingman, ou tu y vas solo ce soir ? » demanda-t-il, sans moquerie cette fois. D’une fois à l’autre, Irving et lui avaient pris l’habitude d’inverser les rôles de jouer tantôt le wingman de l’un ou de l’autre, ou de ne pas passer plus de cinq minutes ensemble et à se perdre dans la boite, jusqu’à ce l’un signale qu’une pot de colle/fille déplaisante s’était intéressée à leur cas. En d’autres mots, ils étaient rodés, et pas qu’un peu ! « J’ai l’impression que tu as tapé dans l’œil de la rousse. Je suis sûre qu’elle meurt d’envie que tu lui racontes comment tu pourrais faire une publicité pour ses jambes ou son visage. » Même si son principal attrait résidait plus au niveau du buste si vous deviez demander l’avis d’Alexandre. Xander manqua cependant quelques secondes de la réponse d’Irving – si seulement il l’avait commencé, en tout cas – croyant apercevoir une infirmière de l’autre coté du bar. La brunette, si elle faisait peut être partie de la profession, n’était absolument pas celle qu’il aurait espérer en tout cas. Quelque peu déçu, il porta à nouveau son attention sur son ami, entamant le verre que la serveuse venait de lui amener.
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Message(#) Sujet: Re: Cause there's nothing you can teach me ◇ Alexander Mar 28 Avr 2015 - 0:24

    De ses soirées avec Alexander, Irving n'attendait qu'une seule chose, à savoir passer un bon moment. Il ne lui demandait pas de faire de grandes conversations métaphysiques, ni même de se montrer drôle et charmant, juste d'être lui et de prouver par la même occasion que tous les habitants de cette ville n'étaient pas des causes perdues. Irving le savait d'une certaine façon, mais il lui arrivait d'en douter après des journées particulièrement pénibles à son agence, où tous les incapables à son service semblaient s'être donné le mot pour lui faire perdre la raison. Il les regardait faire, les écoutait les uns après les autres, et ne comprenait pas. Comment des gens réputés aussi brillants comme eux pouvaient arriver à le décevoir, jour après jour, avec la même force ? Il lui arriver de se demander s'ils ne le faisaient pas exprès, si leur incompétence n'était pas juste là pour tester ses limites, mais c'était trop gros pour qu'il y croie réellement. Au lieu de ça il serrait les dents et reprenait chaque détail jusqu'à ce qu'il lui convienne davantage, le seul moyen à ses yeux pour ne pas ternir la réputation de son agence. Il savait que, d'ici peu, il lui faudrait en confier les rennes à quelqu'un d'autre ; c'était d'ailleurs ce qui le pousser à être si exigeant. Pour l'heure, il était à la tête de l'affaire et avait un œil sur tous les gros dossiers qui passaient entre les mains plus ou moins agiles de ses employés, mais il voulait être sûr de pouvoir partir la tête haute, sûr de ne pas voir l'agence s'effondrer dans la foulée. Bien sûr, c'était un choix personnel et mûrement réfléchi ; la phase deux de son plan de carrière. Il avait réussi dans la publicité, s'était fait un nom et une réputation, et désormais il s'attaquait à la politique. Ses deux activités lui demandaient du temps, beaucoup plus que ce que beaucoup de gens n'auraient supportés, mais il se sentait prêt à poursuivre sur cette voie. La pression était parfois trop grande, mais c'était à ce moment-là qu'Alexander entrait en jeu. Irving pouvait sortir sans lui, et il ne s'en privait pas, mais la compagnie d'un ami était parfois nécessaire pour oublier les errances d'une journée de travail. Boire un verre. Flirter avec plus ou moins de conviction. Évoquer la famille King et la satisfaction qu'elle procurait à Xander. On aurait pu croire qu'Irving en était jaloux, mais il n'en était rien. S'il l'avait voulu, il aurait pu épouser Evey et lui faire un ou deux enfants dans la foulée, mais il savait qu'elle l'aurait plus encombré qu'autre chose. Une femme comme Jane était une perle rare, et Xander avait de la chance de l'avoir trouvée ; plus encore de l'avoir gardée. Ne dis pas de bêtises. Je ne vais quand même pas me servir dans tes restes. Et il leva un verre en direction de son ami, tout sourire. Si Jane avait été là, elle n'aurait probablement pas apprécié la comparaison ; autant profiter de son absence. Son refus, s'il manquait quelques peu de politesse, était pourtant susceptible de rassurer Xander, Irving ne le savait que trop bien, comme il savait que la proposition qui lui avait été faite n'avait rien de sérieuse. Et, même si elle l'avait été, il n'aurait pas eu d'autre choix que de refuser. Après tout, quitte à prendre une épouse, autant ne pas s'encombrer de toute l'histoire qui va avec, y compris des enfants d'un précédent mariage. Pour l'heure, bien sûr, ce genre de question ne se posait pas, ce qui ne l'empêchait pas d'observer avec délectation quelques jeunes femmes assises autour d'eux. Son attention fut cependant distraite par Xander qui se permettait des familiarités avec lesquelles Irving était mal à l'aise. Ah oui ? Parce que sauter la même femme jour après jour c'est un avantage ? Je trouve ça d'un ennui... Il aurait volontiers rebondi sur le "mon lapin" mais ne voulait pas être plus blessant et risquer de gâcher leur soirée ; la journée avait été suffisamment pénible, inutile d'en rajouter une couche. Et, avalant d'un trait le reste de son verre, il se redressa avant de passer une dernière fois en revue les troupes. Je vais me débrouiller, ne t'en fais pas. Il se leva et tapota gentiment l'épaule de Xander, sa façon de le remercier pour sa proposition. Avec le temps, leur petit numéro s'était rôdé et Irving savait qu'il pouvait compter sur son ami en cas de difficulté ou de baisse de régime ; et inversement. Et il lui jeta un sourire carnassier à l'évocation de cette fameuse rousse qu'il avait bien évidemment déjà remarquée et qu'il s'apprêtait à rejoindre. Pourtant, après seulement deux petites minutes et demi en sa compagnie, il la salua et retourna auprès de Xander. Celui-ci n'avait pas bougé et attendit le debriefing. Tu ne l'as pas vue de près et je ne fais toujours pas dans la charité. Il fit signe à Matthew de les resservir et desserra sa cravate avec un long soupir. Par contre je lui ai donné ta carte, je me suis dit que ça pourrait l'intéresser. Elle a du croire que je parlais pour ses seins mais je te laisserai lui faire le topo. Un rictus lui étira les lèvres même s'il était plus déçu qu'autre chose. Ce n'était pas le fait d'avoir tenté un coup pour rien qui l'embêtait, plus celui d'avoir attiré inutilement l'attention sur lui. Il savait que la plupart des femmes présentes n'attendaient qu'une chose, se faire aborder, et elles devaient déjà être en train de se demander ce qui avait pu se passer avec la rousse. Il s'était montré charmant et courtois malgré l'effet de surprise, autant dire qu'il n'avait rien à se reprocher, mais il espérait que cela ne gâcherait pas ses chances pour la suite ; à ce petit jeu, c'était parfois quitte ou double. Et sinon, toi ? Tu comptes faire de la figuration ? C'est pas ton genre... Ce n'était le genre ni de l'un, ni de l'autre, n'en déplaise à une certaine Jane...
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Message(#) Sujet: Re: Cause there's nothing you can teach me ◇ Alexander Dim 16 Aoû 2015 - 22:34

Alexander laissa un rire s’échapper de ses lèvres en entendant Irving lui parler de ses restes pour parler de sa femme. Il ne relève pas, parce qu’il n’y a rien à relever. Ce n’est qu’une boutade entre amis, rien de plus. Alexander n’accorde désormais plus asse d’importance à sa femme pour se soucier du fait qu’elle soit qualifiée de reste, ou non. Il y a quelques années de cela, non seulement n’aurait-il jamais envisagé de proposer de prêter sa femme, mais surtout n’aurait-il pas tolérer qu’on la qualifie ainsi. Malgré les apparences, Xander avait réellement et sincèrement aimé sa femme. Ce n’était plus le cas, ce qui ne manquait jamais de le faire souffrir quand il savait combien elle avait pu être importante dans sa vie. Mais c’était fini, désormais. C’était ainsi. Il se faisait une raison comme il le pouvait (comprendre : en se tapant des dizaines de nanas qui ne signifiaient et ne signifieraient jamais rien à ses yeux). Il ne résista pas cependant à l’envie de dire à Irving combien il avait tort en estimant qu’il s’ennuierait en étant avec la même femme tous les soirs. Sur le plan physique, c’était un tort incroyable : plus l’on était à l’aise avec une personne, plus l’on découvrait de choses et plus l’on osait. Plus on la connaissait également et plus le sexe en devenait meilleur. Mais il y avait aussi, et évidemment surtout, le coté émotionnel, qui prenait le dessus. L’on ne s’ennuyait jamais en compagnie de l’être aimé, quoiqu’on en dise. Certains pouvaient croire que l’on finissait par se lasser mais c’était tout l’inverse. Faire l’amour avec l’être aimé, il n’y avait tout simplement aucun réel mot pour le décrire. C’était tout simplement hors du commun. Alexander en était encore à son premier verre quand Irving alla rencontrer la jeune femme sur laquelle il venait d’échanger quelques mots. Le trentenaire l’observa avec attention sans se préoccuper plus que de mesure de ce qu’il se passait autour de lui. Si le chirurgien avait bel et bien l’intention de trouver quelqu’un avec qui profiter de la nuit, il préférait avant tout libérer les tensions de sa journée. Le reste viendrait naturellement en temps et en heure. Quand bien même cela ne serait pas le cas, le jeune homme n’était plus adolescent et savait que rentrer seul une nuit n’était pas la fin du monde. A fortiori quand il rentrait forcément auprès de sa femme. Il ne fut cependant pas bien longtemps pour qu’Irving le rejoigne. Un sourire aussi embêté qu’amusé se dessina sur ses lèvres, en entendant le débriefing d’Irving. Si Alexander pouvait comprendre que la demoiselle ne soit pas à son goût, Irving avait toujours cette façon si franche de parler des gens qu’elle pouvait parfois en être cruelle. King était quelqu’un de superficiel, c’était indéniable. Mais l’un dans l’autre, il se montrait rarement particulièrement dur sur le physique des gens. Il n’était guère mieux, quand c’était sur les origines sociales des gens qu’il se basait. Irving comme Alexander avait un don particulier pour juger les gens sur des points sur lesquels il n’avait aucune influence : que ce soit le physique ou la classe sociale, il était aussi réducteur que peu intelligent que de classer les gens sur ces critères. Pourtant, cela gênait Alexander. Pourquoi ? C’était difficile à expliquer. Peut être était-ce parce qu’en tant que chirurgien plastique, il avait l’habitude de fréquenter des gens qui n’appréciaient pas leur physique – à tort ou à raison. Si son métier pouvait paraître superficiel, il ne l’était pas. Sans aller jusqu’à parler de la chirurgie réparatrice, la chirurgie plastique n’était pas quelque chose de superficiel. La souffrance qui habitait quatre-vingt-dix pour cent des gens qui avaient recours à la chirurgie esthétique était bien réelle et n’avait rien de superficielle, contrairement à ce que certains pouvaient croire. « Ne sois pas si dur. Tu es loin d’être parfait, Irving. » répondit-il un peu sèchement. Alexander avait beau être un vrai salopard quand il s’y mettait, il se montrait particulièrement sensible à ce genre de critique. Principalement parce qu’il y était confronté au quotidien. Il aurait probablement eu le même jugement sur lui-même s’il avait travaillé pour des gens venant d’un milieu défavorisé, et savait donc qu’il était injuste de le reprocher à son ami. Pour cette raison, il enchaina rapidement avec un petit rire et en lançant une remarque du même acabit que son ami, bien que légèrement plus soft. « Mais je ne manquerai pas de lui expliquer que son nez est un peu trop de travers, et qu’elle pourrait travailler sur sa cellulite, c’est parfait. » Il finit son verre d’une traite et fit au même moment que son ami signe au serveur de lui apporter un deuxième verre. Secouant légèrement la tête, Alexander s’amusa de la remarque de son ami : « Evidemment que non. Mais tu sais pertinemment que je n’ai pas besoin de venir aux femmes. Elles viennent à moi. » Se penchant légèrement vers son ami, il alla même jusqu’à confesser : « Deux tabourets à ta droite. La blonde essaie de se motiver à m’aborder tandis que la brune lui conseille de ne pas y aller. » Il se redressa au moment où Matthew leur apportait leur verre. « Dans dix minutes, c’est la blonde viendra me voir avec la brune pour te tenir compagnie. » Il avala une gorgée de son verre et finit son explication : « La brune chercha, nécessairement, à obtenir mon attention, même si elle estime avoir clairement vu dans notre jeu à tous les deux. Et elle n’a pas tort. » expliqua-t-il, amusé. Il ne fallait pourtant pas y voir un jugement quelconque quand il sait pertinemment que Irving et lui aurait pu s’adonner au même jeu. Alexander trouvait ça tout simplement particulièrement amusant de pouvoir comme les techniques de drague, filles et garçons confondus, étaient universelles.

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Message(#) Sujet: Re: Cause there's nothing you can teach me ◇ Alexander Dim 17 Jan 2016 - 0:09

Le temps n'avait pas d'emprise sur eux, et Irving ne voyait aucune raison pour que cela change. Alexander et lui se connaissaient depuis suffisamment longtemps, et avaient dissimulé suffisamment de fautes communes, pour que peu de choses puissent représenter une réelle menace à leur amitié. Il y avait bien évidemment des failles, certaines non négligeables, mais elles étaient encore trop abstraites pour se rappeler à eux, et Irving était convaincu qu'il n'y avait aucune raison pour que cela change. Il avait conscience qu'il lui faudrait modifier certaines de ses habitudes lorsqu'il se lancerait pleinement en politique mais, d'ici là, il lui restait quelques mois et tout autant de doux moments en perspectives ; s'il lui faudrait un jour donner le change en se trouvant une fausse petite amie des plus respectables, ce jour n'était pas encore arrivé, Dieu merci. Je n'ai jamais prétendu être parfait, juste réaliste. Il savait qu'il avait été dur concernant la rouquine qui, il devait bien le reconnaître, était loin d'être repoussante. Elle n'était probablement pas la plus jolie fille dans la pièce mais il avait déjà connu et affronté bien pire, il devait au moins lui reconnaître ça. Qu'Alexander prenne sa défense ne l'avait d'ailleurs pas étonné, tant son ami se sentait obligé de trouver des excuses à chaque pauvre âme qui n'avait pas la chance d'avoir un corps à la hauteur de ses attentes ; il appréciait cette tolérance chez lui, même si elle ne tenait jamais bien longtemps. Tu vois que tu me comprends. Merci. Il n'avait pas vraiment besoin de la confirmation d'Alexander pour être convaincu qu'il avait raison depuis le début, mais c'était toujours agréable de se sentir soutenu. Une part en Irving était d'ailleurs constamment à la recherche d'une forme d'approbation de la part de ses pairs, même s'il se refusait à l'admettre. Il tirait une immense fierté de sa réussite professionnelle, la plaçant au dessus de tout ce qu'il avait pu réaliser au cours de sa vie, et se sentait toujours aussi transporté lorsqu'il regardait l'un ou l'autre des trophées qu'il avait remporté. Lorsqu'il lui arrivait de douter, il lui suffisait d'aller les voir pour retrouver la motivation et l'enthousiasme des débuts, époque bénie où il ne doutait de rien et se sentait prêt à conquérir le monde ; ce qui prouvait d'ailleurs qu'il n'avait pas tant changé que ça. Ces prix lui rappelaient qu'il avait été le meilleur dans une catégorie donnée, un fait qui ne demandait qu'à être reproduit, encore et encore. Son ego prenait parfois des proportions gigantesques mais il estimait ça normal : quiconque ayant de l'ambition se doit de croire en lui, et même un peu plus. Dans ce domaine, il n'était d'ailleurs pas le seul à s'auto-congratuler, comme le lui prouva la réponse d'Alexander. Il se pencha vers lui pour mieux se délecter de son raisonnement, tournant très légèrement la tête pour voir de qui il lui parlait. Une brune et une blonde, effectivement, prenant un air trop occupé pour laisser croire qu'elles n'étaient pas en train de parler d'eux, elles aussi. Il remercia vaguement Matthew lorsque celui-ci posa leurs verres sur la table et écouta la suite de l'explication même s'il en connaissait bien évidemment l'issue. Et j'imagine que, là, ce sera à moi de captiver l'attention de cette chère demoiselle brune pour que la blonde ait l'occasion de t'aborder ? Il se retourna vers elles, cette fois-ci de manière plus appuyée, et leur envoya un sourire qu'elles ne purent éviter. Le contact était désormais établi et le plus intéressant restait à venir. Je pense que l'on n'aura pas à attendre dix minutes, elles sont prêtes. Il repoussa son verre du bout des doigts, le plaçant ainsi bien au milieu de la table et fixa Alexander. Personne n'est dupe, c'est bien pour ça que c'est aussi facile. Et il sourit en voyant les deux jeunes femmes s'approcher de leur table, comme Xander l'avait annoncé, bien qu'avec un peu d'avance ; et, par chance, la brune était nettement plus intéressante que la précédente rouquine.


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Message(#) Sujet: Re: Cause there's nothing you can teach me ◇ Alexander

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Cause there's nothing you can teach me ◇ Alexander

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