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 N° 1666 AR (F.Blythe) - Pardonne-moi si je fais un faux pas... (end)

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Message(#) Sujet: Re: N° 1666 AR (F.Blythe) - Pardonne-moi si je fais un faux pas... (end) Dim 20 Sep 2009 - 22:45


NEAL : Aujourd’hui c’est un plâtre, on est d‘accord. Et la prochaine fois, ce sera quoi ?! Ah, parlons de ton frère ! Tu veux vraiment qu‘on parle de lui ?!

Sa remarque passa sous silence. Victoria fit la sourde oreille, comme si elle ne l’avait pas entendu. A vrai dire, elle ne voulait tout bonnement pas aborder ces sujets-ci. Elle se sentait bien trop faible pour tenter de lui tenir tête tout en gardant un calme olympien. Alors non, elle ne voulait pas vraiment qu’on parle de Rhys. Tout comme elle ne voulait pas penser au fait que Neal se sentait coupable vis-à-vis de leur accident ou de tout ce qui pourra lui arriver par la suite. Elle sentait ses forces et ses défenses l’abandonnées et le jeune Rowlands dût le percevoir quand elle se retourna vivement alors qu’elle venait de le voir se lever de façon rapide et les traits colériques via la glace. Il s’était rapidement approché d’elle et leurs regards se livraient à une bataille des plus agréables. Le jeune homme lâcha un léger soupir et son visage semblait se détendre un moment, alors que Victoria semblait s’inquiéter de ce qui allait suivre. Parce qu’à vrai dire, elle ne savait plus vraiment sur quel pied danser. Passer du chaud au froid semblait être une spécialité phare chez Neal et elle n’arrivait pas s’y habituer. Tout simplement parce qu’il ne s’était jamais montré de cette façon avec elle. La jeune Blythe avait plus conscience de l’image qu’il voulait transmettre que n’importe qui. A l’époque déjà, elle se moquait bien intérieurement – et aussi parfois avec Neal quand la situation était réellement absurde – de tous ces idiots qui tombaient vainement et aveuglément dans le piège de son fidèle ami. Elle n’avait jamais nourri la même envie de populaire ou de pouvoir comme Neal. Elle était le genre de fille à se contenter de ce qu’elle avait. Et si elle se mettait à faire la capricieuse, c’était pour quelque chose qui en valait la peine. Victoria Blythe n’est pas une fille capricieuse. Egoïste non plus. Légèrement hautaine, peut-être. Mais elle savait faire la part des choses. Et elle n’ignorait pas non plus la valeur qu’avaient ses amis à ses yeux. Lullaby, Alvira ou encore Caleb et Lyann possédaient, sans le vouloir et sans s’en rendre compte, une personne qui veillait sur eux derrière leur dos. Certes, elle n’en avait pas beaucoup. Mais c’était cela qui faisait leur spécificité. Elle ne cherchait pas à se faire plus apprécier par des personnes qui n’en valaient pas la peine. Elle ne voulait pas non plus perdre son temps avec des personnes qui lui mentaient ou qui pourraient se montrer hypocrites envers elle. Elle avait certes de nombreux défauts – l’ironie, le sarcasme, la moquerie, l’intrépidité, l’insolence, la prétention de tout savoir – mais elle n’était pas du genre à planter des coups de couteau dans le dos dans son cercle d’amis. Victoria les respectait assez pour espérer qu’ils ne fassent pas de même en retour. Et pourtant, Neal Rowlands était l’exception qui confirmait la règle. Il était la personne en qui elle avait eut le plus confiance – en dehors de sa famille – et il l’avait blessé au plus haut point en l’espace de quelques minutes. Tout s’était alors effondré, exactement comme un château de cartes sous l’effet du vent. Et c’était sûrement à ses pensées que la jeune blonde ne pouvait plus arrêter l’avalanche de larmes qui roulaient sur ses joues alors que son regard scrutait toujours celui de Neal. Son visage trahissait alors tout simplement ce qu’avait inspiré l’abandon du jeune homme tandis que sur celui de ce dernier semblait se tordre un sourire. Ils restèrent quelques secondes plantés là, à se regarder avant que Neal ne la prenne par la main et la hanche pour l’attirer contre lui. Victoria n’y fit aucune résistance, bien au contraire.

Ces bras qui l’entouraient, cette odeur qui attisait son nez, voilà bien longtemps qu’elle les attendait. Une main rejoignit la nuque du jeune homme tandis que l’autre s’agrippait fermement aux pans de sa veste, le visage posé contre son épaule. Elle se sentait terriblement bien, malgré les circonstances. Et c’était pour cela qu’elle ne se voilait pas la face, qu’elle ne tentait pas de résister à la crise de larmes qui venait de l’engourdir, de la prendre par surprise. Elle avait maudit Neal & pourtant, elle aurait dût se montrer forte. Elle aurait dût comprendre comment réagir, comment se défendre après avoir passé des années auprès de lui. Inconsciemment, elle avait tant apprit de ce jeune garçon qu’après, elle sentait qu’il lui manquait quelqu’un pour l’encourager, ne serait-ce que mentalement, dans ses actions. Elle aurait put et elle aurait dût se montrer digne de lui mais rien. Absolument rien. Victoria s’était montrée comme la proie facile à atteindre, comme la personne la plus influençable du monde et la petite fille seule face au monde. Elle était la pauvre chose dont tout le monde se moquait, moqueries qui l’atteignaient toujours en plein fouet. Jusqu’au jour où le déclic fut et qu’elle commença à se relever. Evidemment, cela avait prit du temps. Beaucoup de temps. Plusieurs épreuves ont fait qu’elle était tombée à plat ventre sur le sol très vite. Mais arrive l’adolescence et sa période de rébellion. Et puis, à vrai dire, voir sa famille et son entourage proche s’inquiéter pour elle a vite commencé à la paniquer. Elle voulait rayer cette fille qui avait sans cesse le besoin d’être entourer, protéger, couver et dorloter comme la plus adorable des princesses. Car c’était cette image qu’elle avait, malgré elle, dans sa tête quand elle se revoyait sur le dos de son frère qui courait dans les rues du quartier, ou dans les bras chatouilleurs de son meilleur ami ou sur les épaules qui la faisaient grandir de son père. Certains réfuteront cette idée et diront qu’elle profitait tout simplement de ce que la vie lui offrait. De ce point de vue là, la vie a alors été très généreuse, jusqu’à ses onze ans. D’autres hocheront tout bonnement la tête, l’air ennuyé ou passablement haineux en son égard. De toute manière, la plupart des gens habitant nouvellement le quartier n’était pas ici au moment des faits. Ils n’étaient pas présents quand elle avait quatre ans et qu’elle s’amusait à jouer dans le bac à chiens – vision ragoûtante, certes, mais Rhys lui répétait que le sable y était mou et agréable. Dans l’unique but de l’enquiquiner, évidemment. Mais c’était Rhys, qui cela pouvait surprendre ? Surtout à peine âgé de huit ans. Alors que Neal avait été toujours là. D’ailleurs, elle ne se rappelait même pas où et comment elle l’avait rencontré. Ils devaient être tellement jeunes que, si on lui disait un jour qu’il était son frère, elle ne serait même pas étonnée. Enfin, façon de parler. Car, évidemment, si un jour on lui apprenait que Neal Rowlands était son frère, cela voudrait certainement dire que son père avait été infidèle à sa mère – Neal ne ressemblait à aucun point physiquement aux Blythe – et les sentiments qu’elle pourrait ressentir se révèleraient être de l’inceste. Mais il semblait être clair que, sur ce côté-là, il n’y avait pas énormément de risque à avoir. La famille Blythe était soudée comme jamais et elle avait toujours vu ses parents comme s’ils s’aimaient depuis le premier jour – chose rare de nos jours. Victoria refusait de croire que ses géniteurs auraient pu se montrer, dans le passé, infidèles. De toute façon, c’était inenvisageable. La question, à peine ouverte, était close. La demoiselle profitait pleinement – et peut-être aussi douloureusement – de cette étreinte surprise offerte par Neal. Fermant les yeux, elle semblait avoir retrouvé son calme. Elle ne semblait même plus énervée contre lui. Il tenait encore à elle. Rien que la façon dont il l’enlaçait, auxquelles ses bras ont retrouvé leur place semblait rassurer Victoria, qui eut presque un léger sourire pour elle-même.

NEAL : Ce n‘était pas dans mon intention. Je n‘ai pas cherché à te blesser mais…mais je ne pouvais pas faire autrement que partir. Alors bien sur je ne pourrais jamais savoir ce que tu as réellement ressentie, vécue, et toute cette peine causée, mais je peux y remédier dès à présent… Rejettes toute la faute sur moi, jettes moi autant de pierres qu‘il faudra, crache tout ton venin mais souviens toi de tout ce que tu me diras, de tout ce que tu feras… Je n‘oublierai jamais rien !

Je sentis le coup de poignard en plein milieu de la poitrine. J’avais réussi à me calmer. Il avait réussi à calmer ses fichues larmes que je ne pouvais m’empêcher de couler par sa faute. J’essuyais rapidement mes joues alors qu’il s’était brutalement détaché de moi. Quelques secondes encore auparavant, il me caressait les cheveux comme j’adorais. Il me faisait croire qu’il pouvait arranger le tir qu’avait prit notre relation – assez bancale, soi dit en passant. Effectivement, il se peut que j’espère beaucoup trop. On m’a toujours dit que j’étais assez rêveuse, de toute façon. Mes rêves me retenaient au monde parfait que j’avais créé et dont personne n’avait connaissance. Je ne démontrai pas cette rêverie par l’art, que ce soit le dessin, la musique, l’écriture ou tout autre forme d’expression. Je gardais tout dans ma tête pour être sûr qu’on ne vienne pas empiéter, un jour, sur mon univers féérique. Peut-être ai-je aussi peur qu’on se moque de moi, comme le faisait parfois Rhys quand je tenais une sorte de journal intime auparavant. Mais aussi je ressentais d’avoir un espace rien qu’à moi, une bulle où je pouvais m’isoler sans l’ombre d’un remord. Quand on vit avec deux frères, vous pouvez vite vous sentir compressé, croyez-moi. Il se trouve que j’ai tout de même eut de la chance puisque je possédais une chambre rien qu’à moi depuis toute petite. Toujours cette pièce située dans l’aile gauche – du point de vue de l’entrée, face à l’escalier – et au deuxième étage de la maison. Cette chambre en avait connu bien plus que les paires d’yeux de mes compères les plus proches. Elle avait été témoin de toutes mes crises, de joie, de pleurs, de rage, de jalousie, d’envie de vengeance. Elle avait été ma plus fidèle amie, celle qui ne répétait jamais rien à personne et qui ne me trahira jamais. Cette chambre, c’était là où je pouvais m’enfermer des heures et des heures sans éprouver le besoin urgent de sortir. Il m’est déjà arrivé – et il m’arrive encore souvent – de rester de longs moments accoudée à la fenêtre ou assise en tailleur sur le lit, avec pour compagnon mon ordinateur portable et ma peluche, dans un silence apaisant. L’avantage de ma chambre était aussi le fait qu’elle plombait une bonne partie de ma rue. Et pour une fille comme moi, ce n’était pas négligeable. Cette chambre avait été aussi témoin de ma relation avec Neal. Les fous rires, les engueulades, les bouderies, les réconciliations, absolument tous. Ou presque. Car il était tout de même rare qu’on restait enfermé entre quatre murs. Mais ma chambre n’était pas témoin du coup que je venais de recevoir. Je n’arrivais plus à suivre. Je n’arrivais plus à le suivre. Il était changeant. Trop changeant pour ma part. Il me faisait totalement perdre la tête et cela, dans tous les sens du terme. Changer brutalement de comportement me dépassait totalement. Me repousser et me regarder de la sorte, encore plus. Mes yeux s’agrandirent, signe d’incompréhension. Pourquoi cherchait-il toujours à s’énerver, à se tendre et s’irriter de cette façon ? Et pourquoi, malgré ce comportement, je n’arrivais pas à lui en vouloir ? Mon visage devait sembler se décomposer alors que je la baissais. Non pas par le regard que Neal me lançait – aussi dur et provoquant que jamais – mais par pur réflexion. Je réfléchissais à ce que j’allais bien pouvoir dire ou faire sans le brusquer ou le braquer plus qu’il ne l’était. Quand mes yeux se relevèrent pour croiser les siens, il s’était éloigné de moi. Bien trop éloigné, à mon goût. Maintenant que j’avais repris goût à un certain espoir, je voulais le savoir près de moi, contre moi et avec moi. Certains me traiteraient de vieille folle. Comment pourrait-on espérer que Neal Rowlands s’attache aussi durement que je le croyais à une fille ? Surtout Victoria Blythe ? Disons que c’était ma folie à moi. J’étais prête à lui pardonner tous les maux qu’il a pu causer avec, pour unique retour, la promesse qu’il resterait avec moi. Oui, c’était certainement très égoïste de penser cela. Mais le garçon qu’il avait été manquait cruellement à la petite fille qui sommeillait en moi. Et l’adolescente que j’étais avait la furieuse envie de passer l’éternité avec ce jeune homme qu’elle semblait redécouvrir.

FLASH BACK (janvier 2005)

Victoria entrait dans sa chambre, tout essoufflée, le dos posté contre la porte qu’elle venait de claquer. Mais un large sourire vint se poster sur ses lèvres ; elle avait gagné sa propre course haut la main. Ses frères, cousins et cousines ainsi qu’amis ne pouvaient strictement rien contre elle. La jeune fille fêtait dignement ses quatorze hivers, en ce 3 janvier. L’entourage le plus proche de la famille Blythe, notamment de Victoria, était réuni comme tous les ans. Et comme tous les ans, sa rapidité et son agilité ne lui faisaient aucun défaut.

Vicky, allez, ouvre, on sait que t’as gagné ! grogna Liza, une de ses cousines, en tambourinant contre la porte de ses poings.
C’est qui la plus forte ?
VICTORIAAAAA ! OUVRE ! se mit à hurler Julian, le frère de cette dernière, tout en accompagnant sa sœur dans le martelage de poings.
J’ai pas entendu. C’est qui la plus forte ?

Elle se plaisait de les faire tourner en bourrique, de les entendre grincer des dents et ronchonner. C’est que les Blythe pouvaient avoir un très fichu mauvais caractère, quand ils s’y mettaient. Et, alors que la foule s’impatientait de plus en plus de l’autre côté de la porte, Victoria eut un rire moqueur. C’était elle, la reine de la journée, n’est-ce pas ? Si ses disciples ne se calmaient pas, ils seront envoyés au cachot un par un, leur crie-t-elle. Après quoi, quelques minutes après, on pouvait l’entendre crier de ne pas toucher telle chose, d’aller voir ailleurs si elle y était ou de ranger cet objet illico presto. La tornade familiale était arrivée jusque dans sa chambre, malgré le fait que quelques garçons avaient préféré migré dans la chambre de ses frères.

Hey, Vicky… C’est quoi, ça ?

L’interpellée, chargée d’apprendre à Kristina de ranger sa poupée correctement une fois l’amusement fini, leva la tête vers Thomas, qui tenait entre ses doigts un bracelet que l’on trouve régulièrement dans les pochettes surprises. La jeune fille fronça des sourcils, abandonnant sa cousine avec son jouet, pour se diriger vers son cousin, qui jouait avec l’objet tout en ayant un air curieux. Victoria le lui prit des mains, sans brusquerie, tout en haussant brièvement les épaules, l'air de signaler que ça n'avait pas d'importance.

Un bracelet, ça se voit pas ? Idiot.

Thomas lui tira la langue, retournant à la recherche de nouveaux trésors quelque part dans le bureau de sa cousine. Cette dernière regarda un moment le bracelet, le visage ayant perdu de quelque peu de son enthousiasme avant de croiser le regard de Liza, suspicieux, et de glisser l’objet dans sa poche. Elle n’avait plus qu’une hâte ; que tout le monde parte et la laisse en tête-à-tête avec son passé. Un passé qu’elle avait réussi à panser. Ce ne fut que deux heures après que tout le monde avait débarrassé le planché. Elle s’isola dans sa chambre après avoir aidé sa famille à ranger et nettoyer un peu la maison ainsi que le jardin. Assise dans son lit, elle sortit le bracelet de sa poche et l’observa, se rappelant très bien de l’instant où Neal lui avait offert ce bracelet. C’était le dernier cadeau qu’il ne lui avait jamais fait, celui qu’il lui avait offert quelques jours avant son départ. Comme s’il avait pressentit la tournure des choses. Ce bracelet, voilà quelques temps seulement qu’il n’était plus à son poignet. Il n’y avait que quelques temps qu’elle semblait penser s’être totalement remise du départ de Neal et des autres tracas qui lui étaient arrivés par la suite. Évidemment, la vague de nostalgie prit le dessus mais elle arrivait à contrôler ses spasmes et crises de larmes, à présent. Dans un soupir pour se donner du courage, la demoiselle se dirigea vers son armoire pour y extraire, dans la doublure qu’elle avait faite du bas, une petite boite en carton. S’asseyant au pied de son armoire, le dos sur l’encadrement, Victoria fit une rapide vue globale de ce qu’il y avait dedans ; babioles en tout genre mais très bien conservées, trouvailles, photos, feuilles de dessins, beaucoup. Tout ce qui était en rapport matériellement avec Neal se trouvait dans cette boite, cachée dans la doublure de son placard. La jeune Blythe tripota alors un instant le bracelet, l’observant une dernière fois avant de le ranger à son tour, auprès de tout ce qu’elle avait pu récolter durant les mois précédents. Le couvercle refermé ; Victoria poussa un léger soupir. La page Neal Rowlands était tournée, et pour de bon, osait-elle espérer.

VICTORIA : A quoi cela servirait ? Je ne cherche pas à te descendre plus bas que terre. Je… J’ignore ce que j’ai dit, ce soir-là, mais je me doute bien que ça ne devait pas être très positif. Et en avril, j’étais sous le choc. L’oubli sera impossible mais le pardon peut être envisageable.

C’était maintenant au tour de Victoria de se rapprocher. Elle soutenait le regard de Neal. Un regard qui aurait pu inciter quiconque à rebrousser chemin ou/et à baisser la tête. Seulement, la demoiselle se raccrochait. Une seule étreinte et elle semblait avoir oublié tout ce qu’il s’était passé avant. Cependant, elle pensait chaque mot prononcé. La jeune Blythe pouvait paraitre être ailleurs mais se nourrissait soudainement bien plus d’espoirs qu’en sept années. Arrivée à sa hauteur, elle passa sa main sur la joue du jeune homme, comme si, à ce contact, ce regard et cette aura négatifs allaient disparaitre. Le contact avec sa peau lui fit des légers électrochocs mais sa main parcourut ensuite la commissure de la mâchoire avant de se diriger vers son cou.

VICTORIA : Neal… S’il te plait. sa voix était basse et son regard suppliant, comme pour tenter de percer cette carapace dans laquelle il s'était subitement enfermé. enfin, dans un léger soupir, elle baissa la tête en même temps que sa main.

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Message(#) Sujet: Re: N° 1666 AR (F.Blythe) - Pardonne-moi si je fais un faux pas... (end) Sam 17 Oct 2009 - 18:41

    Le jeune homme était réaliste, il ne se voilait pas la face et savait que le geste qu’il aura risque d’avoir des conséquences. Déjà droit et debout devant elle, il avait reculer avec prudence, se dégageant de l’étreinte qu’elle lui avait fais. Bien qu’à la base, il avait voulu un rapprochement mais au final, il avait préféré se dégager - comme si il avait trop peur de s’attacher, trop peur de souffrir par la suite. Il mourrait d’envie de la prendre une nouvelle fois dans ses bras, mais arrivait à s’échapper de cette pensée. C’était une gourmandise que le jeune homme préférait oublier. En quelque sorte, c’était comme si une personne avait des bonbons mais qu’ils s’interdisaient d’en manger car il prenait en compte le poison qui pourrait y avoir dans ses derniers. Une chose absurde, personne ne veut l’empoisonner - et pourtant, il a toujours été d’une méfiance sans faille. Victoria ne semblait pas très bien comprendre pourquoi il réagissait ainsi - et pour être honnête, il ne comprenait pas lui-même. Il savait simplement qu’il était interdit de penser à certains choses, interdit de faire d’autres choses - mais qu’il avait un besoin irrévocable de le faire ou de le penser ! L’interdiction a toujours provoqué chez lui une attirance fatale. Mais aussi, de sérieux problèmes et pourtant, les erreurs semblent se répéter sans qu’il ne s’en rende compte avant de les faire. Neal prend plaisir à se foutre dans des situations impossible, face à des gens qu’il est censé aimé mais qu’il rejette par peur de souffrir, de s’attacher, d’aimer tout simplement. D’une nature sauvage, il n’a pas besoin de s’attacher, il n’a pas besoin de se plier aux règles. Et pourtant, il en souffre plus que si il s’y résoudrait, simplement. Elle semblait touchée par les paroles du jeune homme mais pour lui, elle était une faiblesse dont il ne pouvait pas prendre le risque. Pour elle d’abord - elle serait confrontée à être en rapport à des types voulant simplement coucher avec elle, lui piquer l’honneur de sa famille, le siens et son argent. Sans citer de noms, il avait déjà quelques visages en tête. Il ne voulait pas prendre le risque pour lui non plus, il avait parfaitement conscience des gens voulant sa place, voulant sa défaite ! En dernier lieu, il ne pouvait pas pour eux deux : sachant que les personnes connaissant ce point faible mettraient un terme à son couple avec Victoria - chose qu’il ne supporterait probablement pas. Alors si il devait prendre lui-même la décision de ne pas blesser autant de personne, de ne pas en satisfaire d’autres - il voulait être à l’origine de cette décision - aussi dure soit-elle !

      « A quoi cela servirait ? Je ne cherche pas à te descendre plus bas que terre. Je… J’ignore ce que j’ai dit, ce soir-là, mais je me doute bien que ça ne devait pas être très positif. Et en avril, j’étais sous le choc. Il avait relever la tête aux paroles de la jeune fille, l’oubli sera impossible mais le pardon peut être envisageable. Neal baissa la tête. »

    ‘‘ Pourquoi me faire ça, aujourd’hui et maintenant ? Pourquoi faire en sorte que je sois à la fois affolé et perdu ? Pourquoi encore elle ?! J’aurai eu besoin de crier, d’hurler qu’elle ne devait plus s’attacher, plus se méprendre : j’étais le méchant dans l’histoire. Je ne voulais pas la rejetée, je l’aime bien trop pour ça, mais soyons un instant honnête, nous sommes trop différents pour nous entendre, bien trop pour s’unir - alors je devais m‘éloigner d‘elle. Union - qu’est-ce que ce mot signifie ? Est-ce la fin d’une liberté bien trop attendue ? Je ne pourrais jamais me faire à cette idée, c’était inconcevable à mes yeux. Et pourtant, elle était devant moi, aussi belle qu’autrefois. Mon poux s’était accéléré à chacune de ses paroles, pour finir probablement par s’arrêter seulement au fait de savoir qu’un jour, on pourrait retrouver cette alchimie. Son amitié a toujours été très fort à mes yeux - tellement fort que je n’ai jamais pu me mettre en tête que cette histoire se finisse ainsi. Aussi cruelle que cette idée m’apparaissait, je n’ai jamais réussi à la barrer de ma vie. Elle était ma chouchoute, ma protégée. Je l’aimais pour son éternel optimiste quand j’étais défaitiste. Je l’aimais pour sa joie de vivre quand j’allais au plus mal. J’aimais son calme quand je sentais en moi, les nerfs montaient. Elle était à sa façon, un ange gardien - mon ange. Malgré tout ses poings communs, on était différent. L’opposé même. Dans le fond, je ne sais même pas ce qui m’avait poussé à venir ici ?! Ou plutôt revenir - car malgré ce qu’elle pense, ce n’est pas la première fois depuis avril que je viens dans les parages. Mais l’avouer signifiait qu’elle était importante pour moi - chose que je refusais. Car si Victoria avait souffert par ma faute autrefois, au jour d’aujourd’hui, j’en souffrirais davantage. Sûrement plus qu’elle, même. Alors je suis égoïste - ça doit être ça; mais je n’ai pas envie de souffrir. Pas par amour, plus par amour. Mes poings étaient serrés, je dévisageais mes mains de mon regard noir habituel - je n’arrivais pas à la desserrer malgré mes tentatives. Dans ses circonstances, j’arrivais à me détester. Comment arrivais-je à la faire souffrir autant ? Comment en avais-je la force et la nécessité ? Et pourquoi, elle ne me fuyait pas, comme les autres habitants ? Pourquoi trouvait-elle en moi ce réconfort que je n’arrivais pas - à mes yeux du moins - à lui fournir ? Avec le temps, je me dis que Duncan Thomas me connaît bien plus que moi - je suis comme il l’a dit : comme mon père ! J’ai beau le haïr, le mépriser plus que mon ombre, je lui ressemble peut-être plus que j'aimerais. Les chiens ne font pas des chats ! Je suis aussi imbus de ma personne qu’il peut l’être, aussi égoïste, aussi méchant et bagarreur. Aussi rancunier, solitaire et méprisant. & ma froideur l’égale ! Et pourtant j’ai l’ultime conviction qu’une chose me différencie de lui : l’amour que je porte pour une femme. Chose que finalement il n’a jamais trouvé dans un monde où chacun veut tirer son propre joker pour se sortir de l'embrume. ’’

      « Neal… S’il te plait. »

    Neal la regardait de ses yeux sombre, scrutant le moindre geste de la part de Victoria, comme si il voulait les éviter. A mesure qu’elle s’était rapprochée, il avait choisi l’esquive. Reculant d’un pas, puis d’un autre - il s’était retrouvé bien vite piégé par son choix de fuite. Il se savait assez fort pour supporter la perte de l’amour, mais pas pour souffrir. Alors sa seule alternative était de ne pas se laisser piéger par ses yeux doux et ses belles paroles. Tout d’abord, crispant sa mâchoire et serrant ses poings fermement, il aurait voulu faire demi tour, partir de cette maison qui semblait lui rappelait de trop vague souvenirs comme si il recherchait à les revivre. Cette maison le hantait tout simplement. Au delà de ça, Victoria osa un dernier pas en sa direction, ce qui ne pu empêcher à Neal de faire apparaître sur ses lèvres, un fin sourire. Rien ne signifiait qu’il faisait une trêve ou qu’il renonçait - mais l’obstination de Vicky ne l’étonnait guère, au point qu‘il lui reconnaissait ce courage de ne jamais abandonner. Avec tout le mal qu’il lui avait fait, avec toutes ses années - elle était prête à effacer le noir de l’ardoise. Elle était prête à lui redonner une nouvelle chance, et si ça le faisait brusquement fuir, ça ne pouvait que le toucher aussi. Si bien qu’il se laissa approcher tandis qu'il ne s'en était pas totalement rendu compte, elle le regardait de ses yeux tendre. Et Neal, qui possédait si souvent une carapace en acier se senti plus ou moins défaillir. Comme blesser par l’un des missiles de la jeune femme, malgré la barrière qu’il tentait de construire entre eux. Au fond il savait mieux que quiconque que cette barrière si elle existe, était transparente et le restera ! Pourtant, Victoria ne devait pas franchir la limite - au risque de perdre. Lui-même n’était pas capable de pardonner aux autres, mais avait toujours voulu qu’elle le fasse. C’était, en y repensant, une chose égoïste. Il s’en rendait compte, sans que forcément elle ne le sache.

        Flash back 2001
        « Vicky descend, tu as de la visite ! Maât avait ouvert la porte d‘entrée, cependant qu‘il se doutait de l‘identité de la personne qui venait de sonner. »
        Neal Rowlands se tenait devant la porte, appuyé contre la rambarde, il attendait qu’on lui ouvre. Il était rare qu’il n’entre pas de lui-même, les voisins le voyait souvent escalader pour arriver plus vite dans la chambre de son amie, et c’ était toujours la même histoire. Il faisait gronder par cette dernière, car elle avait peur qu’il tombe, alors qu’il était sans doute bien trop agile pour ça. C’était son point de vu, du moins - et les voisins ne semblaient pas plus surprit que ça, ou perturbé - qui bien souvent continuer le petit trin trin habituel. Sauf Madame Roes, une vieille dame venant régulièrement garder les enfants du voisin. Une fois, alors que Neal s’amusait comme à son habitude d’escalader l’arbre lui permettant d’arriver dans la chambre de Victoria en un rien de temps - la vieille dame détourna la tête et aperçu le clown dans l’arbre. Prise de panique, elle hurla en direction de Neal tout en marchant le plus vite qu’elle pouvait vers l’arbre et sans même qu’il n’eut le temps de contredire ou d’en rire; elle avait appelée les pompiers, catastrophée. Ses derniers étaient alors venus quelques minutes après, prêt sans doute à devoir monter dans l’arbre pour sauver le petit garçon, quand ils ne voyaient plus personne. Il vînt même sonner à la porte des Blythe pour leur demander si ils avaient eu vent d’un gamin escaladant l’arbre de leurs propriétés, jusqu’à faire le rapprochement avec Neal. Cette fois ci, il avait eu chaud !
        « J‘arr… Au même moment qu‘elle ouvrit la porte pour rejoindre le rez-de-chaussée, elle vu brandir devant elle Neal. »
        Le jeune garçon avait réussit à se faufiler entre la porte et le frère de Victoria, répondant tout juste à ce dernier d’un signe de tête avant de monter les escaliers, deux marches par deux marches. Il avait complètement ignorer Rhys mais ce que ce dernier ignore, c’est que Neal l’avait bien vu. Et par conséquent, il était bel et bien passé devant lui sans rien lui dire - même pas il ne lui avait jeté un regard. Après tout Neal n’était pas venu pour lui, alors pourquoi perdre son temps avec Rhys ? Désormais dans la chambre de sa jeune amie, il paraissait fière d’être rentré comme tout garçon normal et de ne pas se faire jeter par cette dernière - bien que cela ne durera probablement pas !
        « Que faisais-tu à l‘instant même où j‘étais en train de sonner à ta porte ? Pivotant la tête vers son bureau éclairé et ses livres ouverts : elle révisait ?! »
        Neal ne pu s‘empêcher de soupirer bruyamment, que lui prenait-elle pour qu‘un samedi après midi, en pleine chaleur et où le soleil brillait - elle s’enferme pour réviser ! Heureusement qu’il était arrivé à tant, pensait-il, alors qu’il rattrapa de justesse Victoria qui allait pour s’assoire sur son siège. Tout ça ne va plus chère miss Blythe, et serrant son étreinte, il voulait qu‘elle vienne avec lui. La jeune fille se mit à crier tout en attrapant le coin de son bureau pour prendre appui et arriva à y prendre un de ses bouquins d‘école avant de lâcher prise et de faire face au jeune homme. Tenant le livre derrière son dos, elle arborait un sourire victorieux tout en le fixant, alors que le jeune homme venait de comprendre la mascarade. Un sourire apparaissait sur son visage alors que son regard se voulait d‘une extrême tendresse - presque annonciateur d‘une connerie qui lui passait par la tête. Avant de se rapprocher d‘elle pour se retrouver contre elle, et y placer une de ses mains sur le fameux bouquin où Victoria s’amusait à le faire esquiver. Une façon comme d‘une autre de lui montrer qu‘elle avait, à son tour comprit son manège.
        « Tu ne peux rien contre moi, Neal Rowlands ! »
        Elle avait beau vouloir faire sa sérieuse, elle n‘arrivait pas à garder son calme face à la mimique de Neal, qui faisait tout pour la faire craquer. Et même à onze ans, il connaissait les points faible de la jeune fille et s‘y amusait régulièrement avec. Coup bas ou non, de toute manière Victoria aimait le faire aussi, alors il n‘éprouvait aucune culpabilité, mais plutôt un désir de continuer et de toujours frapper plus fort. L‘entraînant sur le lit, il la laissa tomber de tout son poids plume sur ce dernier avant de se laisser tomber à côté, la fixant. Ce qui était marrant - chose que Neal ne pouvait pas louper, était qu‘elle avait jusque la, garder en main l‘emprise qu‘elle avait sur son livre. Et elle le serrait contre elle, comme si elle savait que le jeune garçon allait une nouvelle fois contre attaquer. Déportant sa main sur ce bouquin, elle ne l‘avait pas déplacé mais le tenait encore plus fermement. Alors pour la taquiner, il avança son visage sur celui de Victoria, sourire au lèvre avant, victorieux - il ferma ses yeux et dirigea sa bouche sur celle de la jeune fille. Elle dégagea l‘étreinte qu‘elle avait eu sur le livre et Neal ne perdit pas une seconde pour récupérer le livre et le balancer à travers la pièce - où il atterrit dans un bac où quelques feuilles étaient à l‘intérieur. Victoria se dégagea à son tour des lèvres de son ami, ne se sentant pas la force de continuer. Sans savoir réellement ce qu‘il avait fais, son cœur battait la chamade. Il en avait déjà embrassé, il était même réputé pour embrasser de nombreuses femmes, aimant avoir un nombre supérieur à son ami Duncan Thomas - mais jamais, il n‘avait été si gêné de le faire. Se relevant, il était à moitié couché et sentait le regard de Vicky sur lui - elle était allongée à ses côtés sur le lit et semblait aussi dérangé par ce baiser qu‘il pouvait l‘être. Se reprenant après quelques minutes de doute, il tira la jeune fille par le bras, comme si il s‘empêchait de toucher sa main ou de la prendre, comme à chaque fois, par la taille. Ils descendirent tout deux, dans un silence renforcé jusqu‘en bas de la maison, avant qu‘elle se laisse tirer par Neal, en dehors de la maison. Malgré les évènements, ils arrivaient à faire comme si rien ne s‘était passé, assez gêné tout de même selon la posture qu‘il prenait l‘un pour l‘autre. Mais la bataille d‘eau semblait faire oublier cet incident…



      « Regarde-nous ! Dit-il en montrant Victoria et en se montrant d’un signe de tête, une séparation de sept ans et tout semble aller de travers… Avait-il dit avec un ton sombre, je ne veux plus te voir souffrir par ma faute, je ne veux pas que tout se termine comme la dernière fois ! S’approchant d’elle, il lui toucha la paume de sa main tout en la fixant & pourtant… Sa phrase laissait en suspend, attendait une fin. Mais aucune ne vînt à sa bouche. »


    Il était triste. Et cette peine pourrait se lire sur son visage. Non, seulement Victoria saurait la ressentir - comme si elle la vivait de son côté - n‘étais-ce finalement pas la réalité ? Il n‘était pas triste de la revoir, ni de revivre cette sensation qu‘elle seule pouvait lui procurer. Mais plutôt déçu de si bien connaître un futur qu‘il avait voulu rayer de sa vie, à tout jamais ! Si encore ils trouvaient la forcer de s‘allier, de s‘unir - si elle trouvait le besoin de lui pardonner, si il trouvait la force de baisser les armes, auront-ils la possibilité de vivre l‘histoire à deux ? Comme quand ils n‘étaient que des petits enfants ? Cette image semblait pourtant être loin de ses pensées, même si un jour, il pourrait l‘envisager. Il se tenait droit mais paraissait encore quelque peu réserver. Il n‘osait pas vraiment se laisser faire mais ne trouvait pas la force de résister. Il aurait voulu reculer une nouvelle fois, mais il était comme coincé, et ses jambes ne répondaient pas. Et puis soyons honnête, il avait attendu ce moment depuis des mois, des années même. Mais devant le fait accomplie, il semblait hésitant. La jeune fille s’était approchée de lui à son insu. Elle risquait bien plus qu’elle ne le pensait - mais rien ne semblait la ralentir. Pas même le regard hautain du jeune homme, qui voulait profiter de cette occasion pour renouer avec sa seule amie d’enfance. Quand Victoria déposa sa main sur la joue du jeune homme, il ne bougeait pas, se laissant faire - ses armes ne lui serviraient à rien de toute manière - il était aussi désarmé: qu’elle inoffensive ! Des images brouillaient sa vue, il avait l’impression de redevenir petit, de revivre certains passages de l’enfance - comme si les flash lui permettait de mieux saisir la chance qu’il avait en ce jour. Une chance qu’il saurait et devrait regretter si il ne la saisissait pas. A cours de souffle, d’idées, il fixait la jeune femme de son regard moins sombre qu’auparavant. Et pourtant il doutait toujours autant. Il douterait encore, surtout après le geste qu’il avait en tête. Approchant sa main du visage de la jeune Blythe, il la posa sur le menton de cette dernière avant de lui relever le visage. Il baissa la tête pour croiser son regard, un sourire au coin des lèvres - qui se voulait rassurant, d‘une telle intensité dans le regard qu‘ils pourraient mettre mal à l‘aise, quiconque entrant dans le salon à cet instant même. C’était exactement ce style de rapprochement qu’ils avaient quand ils n’étaient que gosse. Neal se rapprocha de la jeune femme, remontant à son tour sa main sur la joue de celle-ci, avant de caresser tendrement le bout de ses lèvres. Ils n’étaient plus qu’à quelques millimètres d’eux, rapprochant considérablement leurs deux visages l’un de l’autre - et pourtant aucun ne déviait le regard, profitant des rares secondes qui leurs étaient offertes. Dans un geste, complètement absurde pour certains; inévitable pour d’autres - il rapprocha ses lèvres du visage de Victoria tout en effleurant cette dernière du bout des doigts, sensation qui le faisait frémir. Au contact de sa lèvre sur celle de la jeune femme, que sera sa réaction ? Victoria Blythe oserait-elle repousser Neal Rowlands ? Et pourtant, il restait moins d‘une fraction de seconde pour qu‘ils retrouvent leurs bouches, l‘une sur l‘autre…
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Message(#) Sujet: Re: N° 1666 AR (F.Blythe) - Pardonne-moi si je fais un faux pas... (end) Dim 25 Oct 2009 - 14:07


NEAL : Regarde-nous ! Une séparation de sept ans et tout semble aller de travers… Je ne veux plus te voir souffrir par ma faute, je ne veux pas que tout se termine comme la dernière fois ! & pourtant…

Victoria resta silencieuse et tête baissée face à ces paroles. Elle ne voulait pas entendre cela. Ce n’était pas ce qu’elle avait espéré qu’il lui dise. A vrai dire, à cet instant, elle ne savait pas trop ce qu’elle espérait. Neal n’était pas un garçon comme les autres, ça, elle l’avait bien compris. Mais elle plus qu’une autre peut comprendre cette différence. Peut-être parce que ses membres, son sang et son pouls s’accéléraient dès qu’il apparaissait dans son champ de vision ? La jeune fille se mordilla discrètement la lèvre face à cette constation. A tout bien y penser, elle n’avait jamais connu un amour démesuré envers un garçon, même ses anciens petits-amis. Peut-être parce que le sien était déjà destiné à quelqu’un ? A voir la réaction de Victoria suite au rapprochement massif de Neal, il n’y avait aucun doute que cette personne était déjà toute trouvée. Certains diront que c’était évident. Quand ils étaient gosses, déjà, le doute planait considérablement sur leur relation. Ils avaient toujours eut un taux d’affection et de tendresse entre eux assez élevé. Dans le fond, certainement qu’ils étaient déjà épris l’un à l’autre sans même s’en rendre compte. Les autres avaient compris tout cela il y a bien longtemps. Mais les deux concernés étaient bien trop jeunes. Cette séparation avait eut l’effet de se remettre en question, comme une pause dans leur amitié, jusqu’à l’oubli certain. Mais c’était sans compter sur ce retour qui avait suscité autant d’émois que le départ. Là, la jeune Blythe s’est vite sentie dépassée par les évènements, jusqu’à ne plus savoir ce que Neal devrait représenter pour elle. Son meilleur ami d’enfance ? Son partenaire de jeux ? Son confident ? Ou un simple ami ? Elle aurait aimé le classer dans la dernière catégorie pour ne plus avoir à écouter ce pêle-mêle de sentiments qui sévissait à l’intérieur. Tout aurait été tellement plus simple si elle avait réussi à le considérer comme un simple ami de nouveau retrouvé. Elle aurait eut beaucoup moins de tracas et l’esprit plus léger. Mais non. Les choses compliquées étaient irrévocablement plus attirantes. Quitte même à se brûler les doigts, à se noyer et à y laisser une partie de son âme. Oui, Victoria ne savait pas dans quoi elle se lançait. Elle ignorait absolument tout de ce qui pourrait suivre quand Neal sortira de cette maison. Elle qui pensait avoir réussi son travail sur elle-même pour exorciser son esprit de sa personne et de son environnement, elle avait bien tord. C’était comme un boomerang ; faites-le partir aussi loin que vous le souhaitez, il reviendra vers vous quoiqu’il arrive. Si seulement tout ceci aurait pu se trouver n’être qu’un jeu, tout serait drôlement moins torturant pour les nerfs. Victoria se posait toujours trop de questions. Elle culpabilisait aussi assez rapidement. Mais ne s’abaissait jamais à s’excuser. C’était contre nature. Toutes les bonnes intentions, qui pouvaient se trouver en elle, n’étaient jamais ou rarement de sortie. Elle intériorisait plus qu’elle en parlait. Jusqu’au jour où la goutte de trop tombe dans le verre et fait tout déborder. Le problème était qu’elle était une Blythe. Et une Blythe extériosait guère dans de la dentelle. Mais au jour d’aujourd’hui, la jeune fille ne semblait pas vouloir s’énerver. A vrai dire, elle n’en avait ni l’envie, ni la force. Ce coma avait engourdit tous ses sens, sans oublier ce fichu plâtre qui la grattait. Aussi fut-il pour cela qu’elle ne chercha pas à se liguer contre Neal, à trouver des arguments plus poignants ou à se batailler avec lui pour avoir le dernier mot et réussir à imposer son idée. Elle était bien trop fatiguée pour cela. Et puis, ce qu’elle voulait certainement le plus était certainement qu’il la prenne de nouveau dans ses bras. Rien que sa présence lui suffisait. Exactement quand ils étaient mômes.

Victoria n’était pas assez idiote pour penser que Neal n’avait pas eut de relation entre temps. Après tout, ils n’avaient pas fait vœu d’abstinence et elle-même avait vécu des relations sans grand espoir pour un futur commun. Elle savait que Neal était le genre de garçon à aimer les filles. Plus petits, déjà, il était un sacré dragueur. Victoria n’avait jamais été comme ça. Elle avait toujours préféré se concentrer sur son entourage et ses études. Ils n’avaient pas les mêmes objectifs, ni la même vision des choses. Et pourtant, cela ne les empêchait pas d’être liés et reliés comme les deux doigts d’une même main. Aussi ressent-elle la tristesse qu’il y avait sur les traits du jeune homme. Elle ne savait pas pourquoi il tentait tant à la repousser. Comme s’il cherchait à trouver des excuses pour l’éloigner de lui, en se rendant coupable et responsable de tout et en tentant de lui démontrer qu’apparemment, ils n’avaient rien à faire ensemble. Victoria trouvait cela injuste. Pourquoi d’autres avaient le droit de le toucher sans qu’il se braque alors que les autres ne le connaissent tout bonnement pas ? Elle se renfrogna légèrement face à cette pensée. Elle n’avait jamais aimé les filles qui pouvaient tourner autour de Neal. C’était légitime comme pensée. Neal était tellement facile à charmer que cela l’exaspérait au plus haut point. Surtout qu’il ne faisait pas d’efforts pour la ménager, bien au contraire. Il s’amusait à la charrier, à l’amuser, à l’agacer, à l’énerver en allant vers d’autres. Elle avait été une jeune enfant souriante et pleine de vie mais aussi terriblement jalouse et possessive. Outre sa famille, elle l’était entièrement envers le garçon. Et certaines savaient comment jouer de leur pouvoir de séduction quand elles n’aimaient pas la jeune Blythe et qu’elles avaient envie de l’énerver à l’extrême. Maintenant, peut-être, aussi. Mais elle ne savait pas. A vrai dire, elle ne savait plus grand-chose de lui. Et pourtant, elle n’a jamais eut autant envie de renouer avec son plus ancien ami que maintenant. Elle avait été toujours là pour lui, il n’avait pas le droit de vouloir créer des barrières entre eux. La jeune fille continua à garder son silence, le regard levé vers Neal et une de ses mains plongée dans la sienne. Emprise à laquelle elle s’attacha fermement, ses doigts passant autour de ceux du jeune homme. Ce dernier avait levé la main sur son visage pour le lui relever avant de la glisser sur sa joue. Autant dire que le contact froid sur sa peau n’eut guère l’effet de la refroidir mais plutôt le contraire. Victoria était juste tétanisée, n’osant plus bouger, de peur de rompre l’élan de tendresse soudain de Neal. Elle frémit doublement quand il passa ses doigts sur ses lèvres, tremblotantes légèrement, comme si elle avait compris la suite des évènements. Le silence installé, ils n’avaient plus qu’à écouter leur cœur et à se laisser guider.

♦ FLASH BACK
A V R I L 2 0 0 2

(...) et donc, tu multiplies le tout par 100. Victoria lève la tête vers son ami. Neal, tu m’écoutes ?

Ce dernier avait dévié son regard certainement depuis un moment, plus occupé à contempler ce qu’il se passait aux alentours plutôt que de tenter de comprendre ce que lui expliquait sa jeune amie. Victoria Blythe était assez réputée pour être une élève brillante, à l’instar de Neal Rowlands qui faisait un peu désiré. Le garçon avait des tendances plus perturbatrices que studieuses, ce qui ne manquait pas d’agacer la plupart de ses professeurs. Et parce qu’elle se considérait comment assez sympathique et patiente, la blondinette avait accepté de l’aider à faire ses devoirs de maths. Même s’il était à un niveau supérieur à elle, Victoria n’avait pas d’once de difficulté à comprendre ce qu’elle lisait. Et quand bien même, elle était sa plus proche amie et donc, la plus susceptible de capter son attention, Neal partait ailleurs, son regard sombre plongé vers l’extérieur, un léger sourire aux lèvres.

Neal ! » cria-t-elle en lui claquant les doigts devant les yeux. il semblait guère surpris par ce brusque retour à la réalité et releva tout simplement la tête et les yeux vers elle, un léger sourire taquin aux lèvres.
Oui ?
C’est pas drôle ! Tu pourrais au moins m’écouter quand je te parle.
Mais je t’écoute, là, non ?

La jeune Blythe soupira un moment avant de voir ce qui semblait tant attirer l’attention de son ami, à l’extérieur de cette maudite fenêtre. Amanda Pread, une brune du même niveau que Neal, avait ses yeux amandes tournés vers leur direction – enfin, plus celle de Neal, naturellement. Elle détourna cependant le regard quand Victoria apparut dans son champ de vision, ce qui exaspéra cette dernière. Du haut de ses onze ans, elle avait très bien compris le manège de Neal et Amanda, notamment de la jeune brune qui avait capté l’attention du garçon. Se redressant, la blondinette fusilla du regard son ami. Déjà qu’elle ne supportait pas forcément qu’il attire des convoitises féminines, elle ne supportait encore moins cette façon d’être alors qu’elle l’aidait à travailler.

Je disais que – Arrête. dit-elle d’une voix calme alors que le jeune Rowlands avait décrété de vouloir l’embêter au plus haut point. cependant, le ton monta quand elle vit que sa phrase n’avait aucun impact. Bon sang, Neal, mais c’est pas vrai !
Qu’est-ce que j’ai fait ?

Son expression sérieuse, surprise et innocente ne collait absolument pas à la situation du moment. Victoria avait tapé sur la table en signe d’agacement suprême face à l’extrême niaiserie et enfantillage dont Neal faisait preuve en voulant, par exemple, refermer le livre alors qu’elle tenait vainement de lui faire entrer dans le crâne la technique des pourcentages. Finalement, elle n’était peut-être pas si calme que ça, face à lui. Par ailleurs, elle sentait déjà l’irritation prendre le dessus. Et dire qu’ils n’avaient quasiment rien fait ! Dans un dernier essoufflement de courage, Victoria ouvrit brutalement le livre.

N’y penses même pas ! s’écria-t-elle, alors que la main de Neal tentait une nouvelle approche. Donc. Tu peux pas me dire clairement ce que tu comprends pas ?
Ce que je comprend pas ? Tout. Je sais même pas de quoi ça parle. déclara fièrement, et avec ironie, le garçon. son amie eut un soupir tout en passant sa main dans ses cheveux.
Si tu m’avais écouté, tu saurais de quoi on parle. On reprend du début. Pour faire un pourcentage, tu dois toujours mul – elle frappa instantanément la main de Neal, qui avait décrété de vouloir embêter sa chevelure blonde. – tiplier par 100. Lâches mes cheveux, Neal ! T’es vraiment insupportable. Tu peux pas te concentrer deux minutes ?
Mais Vicky, pourquoi rester entre quatre murs à faire des trucs dont je comprendrai jamais rien alors qu’il y a mieux à faire dehors ?
Comme par exemple, aller avec Amanda ? Et ben, te gênes pas, cours la rejoindre. Elle semblait vouloir attendre que toi. Mais viens pas pleurer si tu rates tes examens finaux. Et ne penses même plus à venir me demander de t’aider.

Victoria lâchait prise. Le sceau était plein. Voilà une demi-heure qu’ils étaient sur cette même page de cours et Neal n’avait certainement dût strictement retenir. Mais elle était tellement énervée qu’elle souhaitait presque à ce qu’il se plante royalement à ses examens de fin d’année. Ce n’était pas comme si elle attendait la lune, mais juste un minimum de concentration. Patience envolée, la jeune blonde se leva tout en poussant brutalement la chaise de son pied et en attrapant sa veste accrochée dessus. Qu’il se plante, elle s’en fiche. Il l’avait cherché.

Tu vas faire quoi ?
Comme tu l’as dit, il y a mieux à faire dehors. Alors je sors.
Vicky, t’es vraiment pas drôle.

Neal roula des yeux avant de suivre du regard la concernée qui, joignant le geste à la parole, sortait de la salle de classe mise à la disposition des élèves pour les révisions ou travaux du soir. Cette dernière, les mains plongées dans ses poches, attrapa son sac de cours, non loin de la porte, et passa le seuil de la porte, claquant cette dernière de façon qui ne laissait aucun doute sur son humeur du moment. La jeune blonde traversa le couloir puis la porte principale de l’établissement avant de sentir l’air frais lui caresser le visage. N’oubliant pas de lancer un regard noir à Amanda, qui se trouvait non loin avec deux copines et qui semblait avoir levé la tête vers sa direction, Victoria parcourut la cour et rejoignit l’arrêt du bus. Il n’avait plus qu’à prier que le bus jaune arrive le plus vite possible. S’installant sur le banc en attendant, elle se renfrogna sur elle-même, le visage bougon et semblant envoyer balader toute personne osant la regarder de par sa simple expression faciale. Quelques secondes s’écroulèrent et Neal apparut dans son champ de vision – aussi fut-il pour cela que Victoria détourna rapidement la tête.

Tu fais la tête ? aucune réponse. Oh, allez Vicky, tu vas pas bouder pour si peu, quand même. dit-il, en s’approchant et en s’installant à son côté droit. la jeune fille se décala.
Vas-t-en. Laisses moi tranquille.

Victoria buta à garder son intérêt sur les voitures qui passaient au rond point à sa gauche. Elle ne voulait pas lui parler, un point, c’est tout. Il pouvait dire que ce n’était pas important, pour elle, ça l’était. Les études, les cours, ça avait toujours été son truc. Elle n’y passait pas tout son temps, évidemment – & Neal ou Lully, deux glandeurs de cours de fortune, se chargeaient bien de l’occuper – mais elle y accordait tout de même une période assez importante. Et de voir que le garçon ne s’y intéressait pas alors qu’il lui avait lui-même demandé de l’aide, même dans un cerveau de onze ans, ça ne se faisait pas. Neal resta silencieux pendant un moment, décidé à ne pas bouger d’où il était.

Victoria, s’il te plait. Regardes moi, au moins. supplia-t-il tout en prenant sa main. la jeune fille retira immédiatement cette emprise.
Fiches moi la paix, Neal ! Tu m’énerves. Tu agis comme un gamin alors assumes-en les conséquences.
Mais tu me connais assez pour savoir que je suis pas le garçon le plus attentif du monde !
Oui mais tu aurais au moins pu essayer ! pas désespéré ni découragé pour un rond, Neal prit de nouveau la main de son amie tout en comblant l’espace qu’elle avait créé entre eux.
Regardes moi, Vicky. S’il te plait. J’aime pas quand t’es énervée. prise d’un courage venant de nul de part, Victoria consentit enfin à céder à la pression des doigts de son ami sur son menton.
Et moi, j’aime pas quand tu te fiches de moi. maugréa-t-elle.
On ne dit pas qui aime bien châtie bien ? répondit-il, d’un ton taquin, réussissant à faire lâcher un léger sourire à la blondinette. Ah ah, tu souris ! Donc tu fais plus la tête. s’exclama-t-il en suite, le visage victorieux.
Tu veux pas venir dormir à la maison, ce soir ?

Qui a dit que les plus grandes et sincères amitiés ne pouvaient pas aussi être ébranlées le temps d’un instant ?

E N D I N G


Il me prit au dépourvu le plus total. Il avait presque réussi à me faire comprendre qu’il ne voulait plus s’approcher de moi. Qu’il ne voulait plus me faire du mal, qu’il pensait que c’était mieux pour nous deux de s’éloigner. Mais pouvons-nous réellement rester loin l’un de l’autre longtemps ? Pour ma part, ça en deviendrait deux fois plus difficile maintenant que la brèche était ouverte. Ses lèvres sur les miennes, voilà bien longtemps que je l’avais attendu. Je ne semblais guère réagir au premier abord. Il faut dire que j’étais passablement choquée du culot qu’il avait eut. Mais rapidement, ma main libre trouva le trajet vers ses cheveux, alors que la pression de mes doigts sur les siens se faisait sentir. Il était clair comme l’eau sous roche qu’il m’avait eut. Je savais que c’était lui, à présent. J’ai toujours su qu’il avait été le seul à avoir réussi à capturer mon pauvre cœur de gamine mais je ne m’en étais pas rendue compte. Il s’en était juste mal servi. Le cœur de l’adolescente que je suis devenue battait comme un dingue dans ma poitrine, au fur et à mesure que je semblais reprendre contrôle de mon être et, ainsi, de mes lèvres. J’accentuais mon emprise sur les siennes, tout en le rapprochant encore plus de ma personne. Il n’était plus le petit garçon que j’avais connu et pourtant, j’avais l’impression d’être la gamine de onze ans qui vient de retrouver son plus proche ami. Seulement, j’avais dix-huit ans bien tassé et il m’avait attiré dans ses filets aussi facilement qu’un chien vers son os. Je ne me suis pas comportée comme la personne la plus forte au monde – peut-être serait-ce parce que je ne le suis pas ? Après tout, je ne contrôle pas tout, je ne me méfie pas assez et je ne suis pas un de ces personnages de bandes-dessinées avec des supers pouvoirs. J’étais simplement Victoria Blythe. Et il fallait bien se rendre à l’évidence qu’il y avait plus fort que moi. Mais je pouvais plaider ma cause ; je suis sortie du coma il y a trois jours à peine. Mais cela suffit-il à justifier cette passion folle qui me prend de partout alors qu’il était près de moi ? Il était clair que je ne pouvais guère grand-chose contre lui. Mais pourquoi je n’arrivais pas le contrer, à lui résister un minimum ? Peut-être parce que cela avait bien trop duré. Peut-être parce que je n’étais pas en état de lutter. Peut-être parce que, au fond de moi, je savais très bien ce que je voulais. Je le voulais lui, tout simplement. Près de moi, à côté de moi, maintenant et à jamais. Bien sûr, c’était totalement fantaisiste et complètement idyllique. Je sais que de nombreuses personnes pourraient se mettre en travers de notre route. Mais je commençais à reprendre foi en lui, comme en nous deux. Aussi limpide que cela était, je voulais Neal Rowlands pour moi, et moi seule.

Victoria s’était détachée de lui avec regret. Ce baiser était certainement la meilleure chose qui lui soit arrivé ces derniers mois. D’une passion inégalée, elle en avait vite perdu tous ses sens – et son esprit, par la même occasion. C’était tout bonnement exquis. Geste instinctivement, la jeune Blythe passa sa langue sur ses lèvres alors qu’elle baissait la tête, sa main glissant vers la nuque du jeune homme. Il y avait huit ans, Victoria n’avait que dix ans quand elle avait esquivé ce même geste. Elle ne savait pas forcément ce que c’était, elle était jeune, bien trop jeune pour comprendre et ce n’était pas forcément dans ses activités les plus courantes. Neal Rowlands lui avait volé son premier baiser à l’âge de dix ans pour une histoire de bouquin. Avec le recul, si elle ne l’avait pas repoussé, aurait-il continué ? Rien n’était moins sûr. Cependant, des années après – ainsi que d’expérience et de maturité gagnés – il semblerait que la tournure des choses est différente. A dix ans, Victoria ne s’y était pas attendue. Et à dix-huit ans, même si elle ne semblait attendre que cela, elle fut aussi surprise. Mais agréablement surprise. La jeune fille releva sa main et celle de Neal, toujours collées, son regard émeraude plongé dans la contemplation de ce couple de doigts, comme si elle était plongée dans ses pensées. Ce qui était le cas. Comment lui faire comprendre qu’il n’avait pas à se brusquer, à se faire porter le chapeau, à remuer le couteau dans la plaie ? Elle ne voulait pas qu’il ressasse tous les mauvais souvenirs qu’ils avaient pu avoir. Elle ne voulait pas lui apporter malheurs et préjudices mais juste être à ses côtés, l’aider et l’épauler. Redevenir comme avant, ou presque. Victoria releva la tête vers lui, un léger sourire flânant sur ses lèvres alors que sa main parcourait sa nuque puis trouva place sur la joue de Neal.

VICTORIA : Je peux me faire renverser dès que je sors dans la rue. Je peux avoir un banal accident dès que je conduis. La vie est un perpétuel danger. Tu n’es pas responsable de tout. Je suis en un seul morceau, c’est le principal, non ? elle s’interrompit un moment, le regard dans le vague, avant de plonger son regard dans celui du jeune homme, l’air douloureux. Je ne veux pas te perdre une seconde fois, Neal.

Toujours aussi proches, Victoria avait parlé à voix basse, presque timidement. La première fois qu’il était partit, elle n’avait rien pu faire. Qu’elle soit d’accord ou non, il avait plié bagages et était partit en moins de temps qu’il fallait le dire. Cependant, pour la deuxième fois, son but était à bout de doigts et elle ne laisserait personne le contrer. Elle avait apprit de la première fois et ne voulait pas retenter une deuxième fois la même chose. Victoria Blythe était éperdument amoureuse de Neal Rowlands et, au jour d’aujourd’hui, c’était bien la seule chose qui comptait.

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Message(#) Sujet: Re: N° 1666 AR (F.Blythe) - Pardonne-moi si je fais un faux pas... (end) Dim 1 Nov 2009 - 16:26

    Le moment fatidique était arrivé - il l’avait attendu depuis un long moment et avait réussi à l’avoir un jour durant l’année deux mille un. Mais ce n’était pas prévu, et il l’avait regretté par la suite. Il aurait imaginé son premier baiser avec Victoria différemment que seulement pour obtenir un de ses désirs. Sauf qu’il est connu pour toujours avoir ce qu’il voulait, même contre le gré des autres - et sa belle ne déroge pas à cette règle. En arrivant à ocean grove, il n’avait jamais pensé que cette histoire se serait déroulé ainsi. Pour tout avouer, il espérait qu’elle lui pardonne mais il comprenait qu’elle soit hésitante. N’aurait pas t’il été pareil à sa place ? Ma foi, probablement qu’oui ! Il aurait été même peut-être pire. Mais en y songeant, il ne s’était jamais réellement fait une idée particulière sur la façon dont-ils se reverraient. Laissant le plus souvent son esprit vagabonder entre son désir et l’impensable. Il avait déplacé sa main sur la joue de la jeune femme quand ses lèvres vînt effleurer celles de Victoria. A ce contact, le jeune homme ferma les yeux, se rapprochant bien davantage contre elle, alors que son autre main - autrefois caressant les cheveux de la jeune femme pour descendre vers le dos de celle-ci - saisi l’une des deux mains de la jeune Blythe. Les doigts mêlés entre eux, il rouvrit les yeux, déposant à nouveau un tendre baiser sur ses lèvres. Pourtant, il aurait voulu y résister - jusque la il avait si bien réussi, mais c’était à chaque fois, un combat plus difficile à mener. Et il se demandait pourquoi n’avait-il pas goûté à ses lèvres bien plus tôt. Il sentit la main de Victoria dans sa chevelure, et sans le vouloir, il se revoyait gosse quand elle lui massait la tête. C’était une chose que le jeune homme adorait qu’elle lui fasse, un moyen pour qu’il se détende & Victoria avait un réel don pour ça ! Bien qu’il aurait pu tenter de s’éloigner d’elle, son esprit était bien trop emmêlé pour qu’il réfléchisse à un échappatoire - se laissant tout simplement dominer par le gosse qu’il avait été en compagnie de la jeune Blythe. Quelque part en lui, cette sensation de n’avoir pas perdu cette partie de lui le réconforter et lui permettrait probablement d’affronter la peine qu’il aurait - loin d’elle, dans les jours à venir. Car si devant elle, il ne pouvait pas freiner ses ardeurs, d’un autre côté il savait qu’en se tenant le plus loin possible, il y arriverait ! C’est comme quand on aime manger quelque chose, ne plus en acheter nous permet de ne pas succomber à la tentation.

      « Je peux me faire renverser dès que je sors dans la rue. Je peux avoir un banal accident dès que je conduis. La vie est un perpétuel danger. Tu n’es pas responsable de tout. Je suis en un seul morceau, c’est le principal, non ? Dit-elle en déplaçant sa main sur la joue du jeune homme. Il frissonna de plaisir.
      Alors tâche de rester en vie. Je ne supporterais aucun accident… Renchérit-il à la fois protecteur et sur la défensif. »

    Aussi fou que cela soit, il était sincère. Bien évidemment c’était probablement quelque chose de dur à comprendre. Neal Rowlands n’a jamais été une personne qui s’inquiétait pour les autres, et même voir des personnes mourir devant ses yeux ne l’a jamais repoussé. Il a toujours eu cette partie sombre en lui que peu de personnes ne connaissent réellement. C’est pour laquelle, durant des bagarres quelconques, il n’a pas peur d’aller trop loin, de tenter l’impensable. On dit qu’il vaut mieux se méfier de l’eau qui dort - des personnes restant en retrait et qui sont prêt au combat dès que l’adversaire flanche - peut-être que ses gens n’ont pas tord. Aucun des deux ne semblaient vouloir se détacher l’un de l’autre - pourtant chaque gestes étaient d’une tendresse exemplaire, des regards prenants et qui semblaient se chercher.

      « Je ne veux pas te perdre une seconde fois, Neal. chuchota t’elle en fixant le jeune Rowlands. »

    Neal ne pu rien répondre à cette phrase, profitant juste de la douceur de cette scène. Il avait été évident que Victoria avait souffert de son départ - et au fond, lui aussi. Mais malgré cette peine que pouvait s’infliger les deux jeunes adolescents, Neal ne trouvait pas le moyen d’en vouloir aux personnes concernées pour l’avoir empêché de vivre comme il l’entendait. Il avait été jeune, d’accord - mais aurait pu très bien se rebeller à cet âge. Comme il savait si bien se rebeller contre les membres de ‘sa’ famille. Bien évidemment, tout prenait une ampleur démesurée - et il ne s’attendait pas à ce qu’il avait trouvé dans le Michigan. Mais quelque part en lui, il avait été heureux d’être délivré de cette ville : bien qu’aujourd’hui, il soit davantage plus à même d’en être prisonnier. C’est son choix, toute façon ! Il aurait très bien pu vouloir s’enfuir du Muskegon pour rejoindre une ville moins populaire que Miami, et reconstruire sa vie, avec une histoire qui ferait rêvait tous les habitants de son petit village. L’homme des cavernes aurait pu abattre d’autres sentiers - mais comme un retour à l’honneur, il n’avait pourtant pas hésiter une seule seconde à faire son retour à ocean grove. Comme si il était en recherche de la souffrance. D’autant plus que si sa famille viendrait à le rechercher, c’est bien ici même qu’ils viendraient en premier. N’est-ce pas se jeter dans la gueule du loup ? Comme pour l‘amour - le cœur a ses raisons que la raison ignore.

        Flash back 2000
        J‘avais seulement dix ans, et je m‘amusais déjà à faire tourner en bourrique toute les filles de l‘école, qui me le rendait si bien. Malgré mon attitude plutôt solitaire et dur, je me laissais souvent avoir par des yeux aussi innocents que ceux des demoiselles. Pas si innocent quand j‘y repense. Notons par exemple cette Erika Sanders. C‘est une personne que j‘ai su apprivoiser malgré moi, elle est douce, fragile mais se la joue méchante et terriblement obstinée. J‘étais en heure de colle - une chose habituelle - pour elle aussi. Et je sentais, comme hypnotisée - son regard posé sur moi. Je sais bien que rare sont les personnes l‘appréciant, je sais que les filles la jalouse autant qu‘elle, elle les détestent. Mais avec un peu de recul, j‘ai finis par l‘apprécier. On se ressemble je crois beaucoup. Et je sais qu‘en général je n‘aime pas les gens me ressemblant, mais avec elle c‘est différent. Nous avons le même âge et avec mes souvenirs de gamin, je sais que nous avons pratiquement passés chaque années dans la même classe. Et pourtant nous n‘avons jamais pris le temps de parler, ou de se connaître. On restait - en classe - à l‘écart l‘un de l‘autre, comme à l‘écart des autres groupes. Elle ne souriait jamais et moi je préférais faire le pitre - c‘était notre seule différence. Je la connaissais bien plus qu’elle n’en savait sur moi, mon don d’observateur a toujours joué en ma faveur. Elle aussi, elle observait - je la voyais du coin de l’œil. Mais je pense qu’elle n’a jamais trouvé le courage de s’ouvrir aux autres par manque de confiance en elle, car finalement elle n’était pas si méchante qu’elle voulait le montrer. Comme on dit, elle crie mais ne mord pas ! Quoi que… Elle aurait pu être une de ses filles avec qui je ne me serais pas gêné pour la remettre en place ou avec qui je n‘aurais jamais trouvé de scrupule à sortir avec elle pour la jeter comme un déchet - comme toutes les autres, à l‘exception d‘une. Et pourtant, nous ne sommes jamais sorti ensemble - peut-être à mon désarrois, je ne sais pas. J‘ai toujours aimé connaître la vie palpitante de mes camarades comme si je vivais en eux autant qu‘en moi. Et en découvrir plus sur elle ne m‘aurait pas dérangé, bien que je montrais le contraire. Mais si elle a été l‘une des filles avec qui il ne s‘est jamais rien passé, indirectement c’était tout le contraire. Tous les matins étaient une routine - mais dont je n‘aurais jamais rien changé - j‘allais chercher Victoria Blythe chez elle et nous faisions la route ensemble - à l‘exception prêt quand l‘un de nous deux étaient malades. Et c’était l’unique exception - bien qu’il m’arrivait de rester chez elle, quand elle était fatiguée. Nous étions le six février et je venais de quitter ma belle et douce pour la retrouver quelques minutes plus tard chez elle - juste le temps de déposer mes affaires et accessoirement de signaler à mes parents - qui s‘en foutaient que je n‘étais malheureusement pour eux, pas mort ! C‘était ma provocation de la journée, comme j‘en étais habitué - parfois même, j‘allais jusqu’à en faire deux dans la même journée. Ce qui exaspérait ma belle mère au plus au point qui n’avait de yeux que pour ‘son’ vrai fils. Victoria avait voulu m‘attendre mais je lui avais demandé de rentrer chez elle pour qu‘elle dépose ses affaires et que je la rejoindrais. En jetant mon sac à travers ma chambre, je n‘étais pas certain qu‘elle m‘est écouté, alors j’y jetais un vague coup d‘œil mais n‘y trouva personne à part une vieille du quartier, qui nous tapait souvent (les deux autres mousquetaires et moi-même) avec sa canne sur notre tête dès qu‘on tentait de l‘approcher parce que soit disant, nous n‘étions que des voyous. Descendant les marches quatre par quatre, je manquais presque de rater la dernière - heureusement que personne ne m‘avait vu faire. Prenant au vol, un paquet de biscuit, mon frère Andrei était au salon en train de se pavaner devant la télévision où il regardait un match de baseball. Ma belle-mère étendait le linge pendant que mon père… Je ne savais même pas où il était parti ! Si peu qu‘ils ne m’avaient même pas vu repartir, je pris mon vélo et pédalait du mieux que je pouvais, remontant la rue d‘apple road pour arriver jusqu‘au mille six cent soixante six. Un sourire me venait à chaque fois que je voyais ce chiffre, tel des frissons me parcourant le dos. Une sensation que finalement, j‘aimais trop. Il m‘arrivait souvent avec Victoria de raconter des choses effrayantes. Et ça marchait à chaque fois : elle se renfrognait malgré elle, tandis qu‘elle savait que je le faisais exprès pour l‘avoir encore plus près de moi. Mais même si elle tentait de lutter, elle ne pouvait s‘empêcher de me toucher - comme si, par ma présence elle se sentait protégée. Et c‘était le cas - seulement contre une armée de démons ou de vampires, je ne suis pas certain que mes talents fonctionnent aussi bien que sur de pathétiques humains. Parce qu‘avouons les choses, les autres garçons ont souvent - pour ne pas dire presque à chaque fois - peur de mes capacités. Ainsi rare ont tentés quelque chose avec Victoria devant moi et pour ceux qui auraient tentés derrière mon dos, ils doivent désormais faire plus ample attention à la demoiselle qu‘il drague. La retrouvant, nous avons passé le reste de la soirée ensemble, à rire et à se titiller comme on sait si bien le faire. Mais de retour chez moi, j‘ai constaté une présence anormale dans mon sac, comme semble t‘il une enveloppe - hors je n‘ai pas eu le souvenir de l‘avoir mis dans mon sac ce matin même. Fronçant les sourcils, je l‘ouvris avec un enthousiasme absent. C‘était une lettre anonyme mais clairement direct :
        Spoiler:
         

        Je détournais mon regard instinctivement vers la fenêtre, comme si la personne aurait pu être présente, mais le bruit du vent était seulement présent, avec un chat près d‘un arbre. Finissant de préparer mes affaires, je tentais de m‘endormir, en vain. Repassant ma journée pour savoir exactement ce que j‘avais fait, qui aurais-je pu rencontrer ? Et si c‘était une blague de Victoria Blythe ? Le lendemain matin, je jetais une nouvelle fois mon regard à travers la fenêtre de ma chambre, par précaution. Toujours une rue déserte, si ce n’est quelques habitants venant prendre le courrier ou le journal matinal. Avant de descendre pour me préparer le petit déjeuner. Je m’étais déjà préparé et j’avais bien dix minutes d’avances par rapport à d’habitude. Je m’arrêtais en court de route devant la télévision allumée : mon frère dormait sur le canapé, en ayant laissé la télé allumée. Je l’aurais bien pris à coup de télécommande si j’aurais pu en avoir l’occasion, mais le seul fait qu’il puisse se réveiller et vouloir me causer, m’a très légèrement dissuader de le faire. Pourtant l’occasion était bien trop belle, et c’était la raison pour laquelle je décidais de sortir, histoire que je ne cède pas à cette tentation et me retrouver coller à un procès par ma belle mère pour avoir oser taper son cher fils à coup de télécommande alors qu’il glandait sur le canapé, comme tous les jours. Mais en refermant la porte, je pu enfin voir qui était à l’origine de cette lettre. Je ne doutais pourtant pas que ce soit une des plaisanteries de Victoria ou d’un des mousquetaires. Mais apparemment, je m’étais trompé. Elle m’attendait, sur le trottoir d’en face - tournée en direction de ma maison. Elle arborait une mine joyeuse - malgré ses habitudes de dépressive, et elle était accompagnée d’une jolie robe bleu. Je m’avançais donc vers elle, sourire aux lèvres, quand non loin de nous; je vis une silhouette que je connaissais si bien et qui, parce qu’elle voyait que je lui tournais pratiquement le dos, m’appeler. Mais j’arrivais à faire abstraction de ses cris pour me concentrer sur cette jeune fille : Erika Sanders. Pourquoi avait-elle eu besoin un sept février d’être accompagnée ? Une réponse que j’ai eu bien trop tard : c’était le jour de son anniversaire. Faisant la route avec elle, il fallait dire que je ne me retournais pas pour voir si d’autres camarades étaient à nos trousses, je préférais de loin profiter de cette occasion pour peut-être faire plus ample connaissance. Malgré mes quelques réticences du début, elle s’avérait être une fille curieuse et rigolote. Et de toute la matinée, je n’avais pas réellement fais attention aux autres filles, me préoccupant que d’Erika, ce qui semblait énervait certaines filles. Il était l’heure de manger, quand je me dirigeais vers mon casier afin de déposer mes affaires. La porte de celui-ci se referma violemment, alors que Victoria s’interposant entre cette dernière - la porte du casier - et moi-même, levant la tête en ma direction :

        « J‘espère que tu en as profité aujourd‘hui… Lâcha-t-elle, jalousie quant tu nous tiens ! »
        «  Nous ne somme pas mariés Victoria. Sans même détourner mon regard sur elle. »
        « Non mais on avait une habitude & j‘y tenais ! Renchérit-elle, presque agressive. »
        (…)
        « Neal, je peux connaître la raison pour laquelle tu m‘as ignorée devant elle ? »
        « Non… »
        « Neal Rowlands ! S‘impatientait-elle. »
        «  Oui ? Dis-je en détournant enfin le regard vers elle, incrédule. Il n‘y en a pas ! »

        La conversation semblait close, et aussitôt je la repoussais en refermant le casier sans poser mes affaires à l’intérieur. Pourtant, malgré tout elle n‘avait rien fais de mal, n‘avait rien dis qui aurait pu m‘enfermer dans ma bulle. Mais je n’étais pas décidé à parler, c‘était tout. Mais j‘aimais compliquer les situations plus qu‘elles ne l‘étaient déjà. Et j‘ai trouvé l‘idée de la lettre assez intéressante; au point que je n‘ai finalement pas décliner l‘invitation. Je savais que Victoria finirait par comprendre, même si en retour; la jeune demoiselle est rentrée avec son frère Rhys, sans m‘avertir. Une chose pas très étonnante et que j‘ai su prendre - pour une fois - au second degrés. Je savais bien qu‘elle me préparerait quelque chose. Et tant qu‘elle avait une personne - un garçon en l‘occurrence qui sache se battre - ça ne me posait aucun souci. Si peu que j‘aurais presque pu être jaloux de son frère, mais à quoi bon - cette situation s‘était passée ainsi par ma faute non ?! De voir son meilleur ami restait avec une fille aussi méprisante que peux l‘être Erika Sanders, le voir rire et discuter avec elle ne pouvait que l‘avoir très légèrement refroidie non ?!


      « Tu ne me perdras pas… En guise de réponse à sa dernière phrase, il la fixa un instant en lui relevant les mèches devant ses yeux. »

    Et pourtant, en était il sur ? Bien sur que non, nous connaissons autant Neal que lui - et il vit sur cette comète instable qui le rend bien souvent indéchiffrable. Il fait parti d’un monde que rare ne comprenne et ses impulsions le pousse à agir régulièrement sans préavis. Un jour il va bien, le lendemain il s’en va sans explications. Et il avait conscience que les gens s’en lassaient, et pourtant à chaque fois; il ne voyait pas d’autres opportunités. Si il avait eu le choix, il aurait - mais encore rien n’est certain - fait le bon choix. Et au final, qu’il fasse ce choix ou le mauvais, qu’est-ce qui importait ? Il voulait lui promettre la lune - et elle le méritait - mais était-il certain de pouvoir la décrocher ? Ce qu’il voulait surtout pas, c’était de la faire une énième fois souffrir - lui l’indifférent. Toujours si proche d’elle, il prenait enfin conscience de ses actes - mais il savait qu’il était allé bien trop loin, désormais ils en souffriraient l’un autant que l’autre, ce fût pourquoi, il l’observait du coin de l’œil, alors qu’elle semblait ne pas vouloir se détacher de lui, elle le tenait comme jamais elle ne l’avait fais auparavant et la réponse dite par la jeune Victoria, laissait prévoir qu’elle avait peur de le perdre à nouveau. Et elle avait raison d’avoir cette crainte

      « Je ne suis pas très sur de tout ça… Je suis désolé de ne pas savoir, de ne pas pouvoir mieux m’y prendre, se confiait-il son corps tremblant, & je ne doute pas que tu rencontreras une personne bien mieux que moi - si ce n‘est déjà fait - en attendant je ne… ‘‘peux plus’’ Sa phrase était restée une nouvelle fois en suspend alors que son regard fixait le vide. »

    Ses quelques mots étaient dure à prononcer, mais il avait réussi à les chuchoter. Proche d‘elle, Victoria sentait son souffle sur elle, et pourtant d‘un geste brusque, il recula et stoppa la main de Victoria tandis qu‘elle cherchait à le retenir. Si il se comportait à nouveau brusquement avec elle c’était parce qu’il avait en image la réputation que deux de ses anciens camarades avaient tentés de lui faire passer : à première vu, ils auraient eu une aventure avec elle, aussi bien l’un que l’autre. Peut-être avaient-ils couchés avec elle par la même occasion, Neal n’en savait rien mais le fait que tout ça soit de son unique faute, le mettait hors de lui. Hors c’était bel et bien ce qu’ils avaient voulu lui faire passer : l’erreur de Neal fût sa fuite au point de n’avoir pas su protéger Victoria des regards pervers de ses soit disant amis. Si il était resté près d’elle, Esteban & Duncan auraient gardés leurs distances, comme autrefois. Mais pris de rancœur et pour se venger, ils avaient apparemment tenu à faire une surprise à Neal en couchant avec elle, Neal en tremblait désormais de rage. Ses tremblements devenaient de plus en plus terrifiant, alors qu’il semblait maudire certaines personnes mais s’était reculé, gardant la distance avec elle, mettant touchant sa joue bouillante de sa main libre comme pour tenter de se calmer. Sa phrase était sous entendu, peut-être le comprendrait-elle pas; et pourtant lui se comprenait. Elle avait bien trop comprit ce qui allait se passer. Il prendrait suffisamment de recule pour ne plus se laisser approcher, s‘enfermant à nouveau dans sa carapace - un air triste et méprisant à souhait. Parce qu‘à ses yeux, l‘amour n‘existe pas et qu‘il n‘en a pas besoin pour vivre. Non, ça le fait plus souffrir qu’autre chose, à l’heure actuelle. Son indépendance compte bien trop à ses yeux pour qu‘il y tire un trait. Il était peut-être trop égoïste et pourtant, il n‘avait - jusque la - absolument pas changer d‘avis. En se rapprochant d‘elle, il irait à la perte de leur amour il en était certain. On le tiendrait comme on tire les ficelles d‘un pantin - parce que beaucoup de gens sont capables du pire pour lui faire faire tout et n‘importe quoi - juste pour le voir accepter la défaite. Sauf qu‘ils n‘ont pas comprit une chose : Neal Rowlands sera toujours le gagnant dans l‘histoire, et ce quoi qu‘il arrive ! Alors il se tiendra à l‘avenir loin de toutes ses faiblesses : de son unique point faible ! Il venait de baisser son regard sur les mains de la jeune femme, qu‘il gardait cependant en main, la serrant malgré lui. Lui montrant alors que si il la repoussait ce n‘était pas parce qu‘il ne l‘aimait pas - mais plutôt qu‘il ne voyait pas d‘autres alternatives que celle la. Bien sur, Victoria l‘attirait, aussi bien physiquement que mentalement - elle était sans qu‘il s‘en rende compte, la femme rêvée pour lui - la seule arrivant à calmer ses angoisses - et quand je dis la seule, c‘est réellement la seule ! Mais sa réputation et sa liberté semblent être bien trop important à ses yeux, même âgé de dix neuf ans - et logiquement responsable. Pourtant malgré le silence s‘installant entre eux, il avait gardé sa main dans la sienne, perdu dans ses pensées et ses tremblements semblaient s‘être arrêtés. Pourtant Victoria ne trouvait pas la force de compléter la distance les séparant, car elle savait qu’il s’enfuirait sans hésiter. Du moins c‘était l‘impression que ça donnait d‘un point de vu externe. Quand à lui, il était en pleine dispute intérieurement, à savoir lâcher - ou non - la main de la jeune Blythe et partir en courant, ne se retournant pas. Il cherchait à se convaincre que c‘était la seule issue de secours, ce qu‘il devait faire si il voulait le moins souffrir. Mais pourtant il savait que la souffrance serait pire. Ses doigts s‘étaient crispés et il avait relever son regard vers elle - un regard tendre mais à la fois la maudissant. Oui, il maudissait ce sentiment qu‘il avait envers elle mais ne pouvait s‘empêcher de se le procurer. Comme si c‘était une drogue, un fruit défendu. Après tout, elle est l‘unique demoiselle à lui procurer ce bien fou, qu‘il ne comprenait pas pourquoi il s‘en rendait compte que maintenant. Enfin, si tout était clair dans sa tête, ses jambes lui dictaient de partir. Il recula à nouveau d‘un pas, sentant le regard de la jeune fille sur lui, même si il ne la regardait désormais plus. Sa main était tombée mollement contre son corps quand il avait lâché celle de Victoria. Il savait qu‘il regretterait son geste, mais il le regretterait probablement de ne pas l‘avoir fait. Neal Rowlands n‘avait pas le droit à l‘erreur - et avait encore moins le droit d‘exposer au danger celle qu‘il aimait. Pourtant il était certain qu‘elle risquait en sa compagnie un trop gros danger. Il était dans la même position qu‘un prisonnier quand il s‘échappait d‘une prison : le retour chez sa propre famille est une évidence - et pourtant cette erreur est à ne pas faire, car les policiers l‘y attendent. En l‘occurrence ce n‘est pas les flics ses ennemis mais qu‘importe… Tandis que sa tête s’agitait négativement, il recula jusqu‘à arriver dans le couloir de la maison. Il ne lui avait pas tourné le dos, mais était parti en sens inverse, cependant il ne l‘avait pas directement regardé dans les yeux. Arrivé dans le couloir, il prit ses affaires, enfilant la capuche de sa veste jogging sur la tête; saisissant la lettre dans ses mains, il la laissa tombé sur le plancher avant de sortir de la maison. La porte se claqua violemment, signe pour Victoria qu’il était parti. Et à peine fût-il arrivé à l’extérieur, qu’il se mit à courir, descendant les quelques marches pour partir le plus vite de cette maison. La laissant une nouvelle fois affronter la stricte réalité des choses : un amour impossible !
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Message(#) Sujet: Re: N° 1666 AR (F.Blythe) - Pardonne-moi si je fais un faux pas... (end) Dim 1 Nov 2009 - 21:50


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N° 1666 AR (F.Blythe) - Pardonne-moi si je fais un faux pas... (end)

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