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 and men said that the blood of the stars flowed in her veins

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Orlando Seavale

messages : 761
name : Olivia
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Message· · Sujet: and men said that the blood of the stars flowed in her veins Lun 10 Sep - 20:43

MCKENNA + ORLANDO
@McKenna Lindberg

Orlando dormait depuis une semaine dans un hamac – son vieux hamac qui datait de son adolescence et qui avait été remisé dans le poolhouse dès qu’il avait quitté la villa pour Portland. Il avait oublié que sa chambre avait été ‘rénovée’ pour pouvoir installer le studio de madame Seavale (troisième du nom) – pourquoi sa chambre et pas l’une de celles réservées aux invités, Orlando l’ignorait, à moins que ça ne soit fait sciemment, pour qu’il ne se sente plus chez lui à chaque fois qu’il mettait les pieds dans la demeure de son enfance – et avait découvert, non sans irritation notable, que les deux autres étaient désormais occupées par des Lindbergs. À croire que ceux-ci se multipliaient comme des nuisibles et quand il avait demandé où il était censé dormir, McKenna lui avait bien fait comprendre qu’elle ne l’accueillait que contrainte et forcée. Dès lors, le seul héritier mâle de la dynastie s’était retrouvé relégué dans la petite maison qui bordait la piscine et qui n’avait de maison que la forme et quelques meubles. Il pouvait y prendre une douche mais il préférait largement la salle de bain au premier étage de la villa et il s’y glissait dès que l’envie lui en prenait. Parce que, oui, McKenna était peut-être la propriétaire officielle de la résidence des Seavale, mais le jour où Orlando n’y serait plus chez lui n’était pas encore arrivé, malgré les efforts combinés de la veuve pas si éplorée que ça.
Le jeune homme s’étira et étouffa un juron lorsque son coude heurta le mur. Il se redressa difficilement et constata qu’il avait eu beau aimer faire ses siestes dans ce hamac, ce n’était pas des plus confortables lorsqu’il s’agissait d’y passer des nuits entières et il lui faudrait trouver un moyen d’intégrer la maison principale ou de trouver un nouveau logement sous peine d’avoir un dos en compote avant d’avoir atteint la trentaine. Un coup d’œil à la montre lui indiqua qu’il était encore tôt et il compta sur ce réveil matinal pour trouver la salle de bain vide. Attrapant un caleçon propre et un t-shirt, il quitta son lieu d’exil et remonta la pelouse pour rejoindre la villa. Il se glissa à l’intérieur de celle-ci par la porte coulissante qui donnait sur la terrasse et emprunta l’escalier pour rejoindre l’étage supérieur, où régnait un calme étrange, comme si personne ne vivait là – alors qu’Orlando savait qu’ils étaient au moins trois envahisseurs de la côte Est à y ronfler comme des bienheureux. Il se dirigea directement vers la porte du milieu et appuyait sur la poignée quand le battant s’ouvrit subitement, le faisant sursauter. Il s’attendait à trouver un Lindberg – mâle ou femelle, petit ou grand – mais ce fut un visage parfaitement inconnu qu’il découvrit et Orlando fronça les sourcils, ne cherchant même pas à tempérer son expression qui voulait clairement dire c’est qui celui-là? L’autre lui fit un sourire, déclara qu’il avait justement fini, et sortit prestement, une serviette sur l’épaule, uniquement vêtu d’un caleçon, avant d’aller se réfugier dans la chambre de McKenna.
- Ben voyons, grommela Orlando en s’enfermant dans la salle de bain pour prendre une longue douche – durant laquelle il pria pour qu’à sa sortie le plan cul de sa belle-mère se soit volatilisé.
Une vingtaine de minutes plus tard, il émergea de la pièce, les cheveux encore humides, et descendit prendre son petit-déjeuner. Une effluve de parfum masculin lui fit retrousser le nez mais il n’aurait pu dire si c’était le soupirant ou l’un des neveux – l’un ou les autres, de toute manière, il n’en avait pas grand-chose à faire, ça revenait au même. Il se servit un bol de céréales qu’il arrosa de lait puis il alla profiter de la température fraîche sur la terrasse, sachant pertinemment que d’ici quelques semaines, ce ne serait plus possible à cause du comportement facétieux de la météo en Oregon.
Il mâchonnait son petit-déjeuner en fixant l’horizon quand il décela l’arrivée de quelqu’un. Instinctivement, il tourna la tête pour découvrir la plantureuse blonde que son père avait épousée – et pour laquelle il s’était empressé de larguer sa mère. Le jeune homme lui adressa un vague signe de la main et demanda sans détour :
- Alors, pas trop épuisée par ta nuit débridée?
Et s’il pouvait paraître ingrat de s’adresser à elle sur ce ton alors qu’elle avait accepté de l’accueillir, il n’oubliait pas l’éviction systématique de son existence dans la vie de son père – et il s’en fichait de n’avoir pas été proche de ce dernier ça n’entrait pas en ligne de compte ou, du moins, ça n’était pas censé entrer en ligne de compte entre un père et son fils. Mais peut-être qu’il se trompait sur toute la ligne.

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McKenna Lindberg

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Message· · Sujet: Re: and men said that the blood of the stars flowed in her veins Dim 16 Sep - 11:50

Mac n’était pas difficile dans le choix de ses amants. Elle n’avait aucune préférence pour la taille, la masse musculaire, l’ethnicité. Même l’âge, tant qu’il demeurait légal, ne la dérangeait pas. Elle n’exigeait même pas d’expertise, se débrouillant très bien toute seule de ce côté-là. Tout ce qu’elle demandait, c’était une présence. Deux bras, deux jambes, un outil en état de marche, et le reste, elle l’activait elle-même. Elle n’attendait plus qu’un homme ne la comprenne, n’anticipe ses besoins ou même ne la prenne en charge. Elle avait fait cette erreur autrefois. Plus jamais.
Alors, la veille, elle avait vu une bouteille de pinot gris chez elle, dans l’un de ces grands verres en forme de ballon qui vidaient une bouteille en moins de temps qu’elle n’en avait besoin pour se donner du courage. Armée d’une ébriété relative, elle était sortie et s’était retrouvée dans l’une de ces petites cargotes windmontaises (windmontoises ?) qui affichaient cette authenticité si recherchée là d’où elle venait, à Los Angeles. Ça sentait le bois humide, le comptoir était collant d’alcool et lorsqu’elle s’assit sur un tabouret en cuir, elle sentit son séant s’enfoncer dans une crevure qui n’avait pas été réparée depuis des lustres. Là, perchée en quasi-équilibre, elle avait enchaîné les scotchs jusqu’à ce qu’un brave soldat se lance à la conquête de ce corps inconnu. Mac n’avait pas été sélective. Elle lui avait jeté un coup d’œil torve, déjà pas mal imbibé et avait haussé les épaules. Ok, il ferait l’affaire. Ils faisaient tous l’affaire, de toutes façons. Ce n’était pas comme si elle prêtait grande attention à leur petite affaire quoi qu’il arrive, et elle ne gardait que peu de souvenirs – parfois, un talisman (une cigarette, une gourmette arrachée dans l’action, une chaussette) s’échouait sur le sol de sa chambre – mais bien souvent, il ne restait aucune trace de ses divertissements passagers. Et c’était tant mieux. Elle n’avait franchement pas besoin que la maison soit plus en bordel qu’elle ne l’était déjà.
Elle ouvrit donc les yeux le matin suivant, la tête lourde, la bouche pâteuse et habitée d’un sentiment général de regret mêlé à une résignation sage, pour découvrir que son étalon avait déserté l’étable. Là où une autre femme se serait offusquée de la fuite, elle en fut au contraire reconnaissante et roula sur le dos, profitant de toute la largeur et du comfort que son nouveau matelas lui procurait. En vérité, toute la chambre était neuve. Après la mort de Josef, elle avait vendu la majorité du mobilier de leur vie commune ; le reste (les meubles d’Orlando, ce qu’il avait pu partager avec ses deux premières épouses, ce bout d’existence dont elle était exclue) avait été remisé dans une unité de stockage dont elle perdait la clé régulièrement. Mac ne regrettait pas sa décision. Elle aimait ça, les nouveaux départs. Il aurait peut-être fallu déménager pour couper le cordon définitivement mais quand elle voyait comme Alfie aimait la maison, elle avait préféré rester. Et puis, elle avait des souvenirs, ici. Plus de bons que de mauvais et ça, ça comptait beaucoup, même pour une dure à cuire comme elle.
Elle gigota, s’étira, laissa son corps reprendre le dessus et finit par se redresser. L’endroit était un bordel sans nom et un regard à la penderie surchargée lui apprit qu’elle n’aurait bientôt plus le choix et qu’il lui faudrait s’attaquer sérieusement à organiser cet espace désordonné qu’elle appelait sa chambre. Elle poussa un soupir et se passa une main sur le visage. Ses doigts lui revinrent poisseux et salis d’une substance noire. Elle avait oublié de se démaquiller hier soir. Avec l’effort du condamné à mort, McKenna se leva, confortable dans sa nudité mais moins à l’aise dans son équilibre interne et manqua de trébucher sur ses chaussures sur le sol. Elle grogna un juron entre ses dents, se traîna jusqu’à la salle de bain et se lança un regard dans l’immense miroir. Elle avait une sale gueule, mais le reste rattrapait et c’est sur cette note optimiste qu’elle décida de rester, procédant à un vigoureux nettoyage. Puis elle enfila un t-shirt et un short qu’elle extirpa de l’armoire prête à exploser, chaussa des pantoufles d’un autre âge et descendit d’un pas encore un peu endormi jusque dans la cuisine, où un malotru avait laissé la bouteille de lait ouverte, bien en évidence sur le comptoir central en marbre.
Sales gosses. Ça pouvait être parfaitement l’un des trois. Alfie n’avait rien dans la tête, Ernie vivait comme un prince anglais qui pensait qu’il avait à disposition une armée de domestiques et Orlando, tel qu’elle le connaissait, l’aurait fait juste pour l’emmerder. Mac ne voulait pas jouer les vieilles réacs mais de son temps, jamais une incivilité pareille ne serait arrivée. Merde, qui les avait élevés, ces gamins-là ?
Tout ça n’empêcha pas qu’après s’être servie, elle oublia aussi de reboucher la bouteille et de la remettre au frigo.
Elle sortit et emprunta le petit chemin qui menait à la terrasse, non loin de la piscine. Elle inspira un grand coup, vivifiée par l’air frais qu’elle adorait, et continua sur une dizaine de pas, qui la menèrent à une table déjà occupée… Par Orlando, tiens, ça n’avait pas manqué. Mac leva les yeux au ciel et posa son bol de céréales sur la table. Elle s’assit et allongea ses longues jambes pour les poser sur une autre chaise. Là parfaitement installée, profitant du soleil matinal, de la vue sur la piscine et les montagnes de l’Oregon, elle prononça ses premiers mots de la journée alors qu’elle sortait un paquet de cigarettes et un briquet de la poche arrière de son short en jean, et s’allumait une clope. « Tu parles. Il n’y est pas allé assez fort.  J’ai quasiment rien senti. » répliqua-t-elle en prenant sa première taffe. Elle jeta un regard en biais à son beau-fils (mais l’était-il encore, maintenant que Josef était mort ?) et esquissa un sourire de connivence. « Et toi ? A l’aise dans ton hamac ? » demanda-t-elle, presque innocente.

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Orlando Seavale

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Message· · Sujet: Re: and men said that the blood of the stars flowed in her veins Ven 28 Sep - 21:43

Il n’avait aucune intention de lui faire la conversation, en vérité. Il allait terminer son bol de céréales, tout à son aise, et puis il irait vaquer à ses occupations. Occupations qui ne variaient pas beaucoup depuis qu’il avait décidé, sur un coup de tête, de prendre une année sabbatique. Décision qui avait été quelque peu influencée par la découverte de ce qui était arrivé à Letty, il ne se leurrait pas. Malgré les années, son affection pour la jeune femme n’avait pas faibli et apprendre qu’elle avait eu un terrible accident et qu’elle avait perdu la vue lui avait fait un sacré choc. Suffisant, en tout cas, pour lui donner envie de tout laisser en plan et de réinvestir un lieu qu’il avait fui ces sept dernières années. Il doutait qu’il ait fait là un choix très judicieux mais en attendant de retomber sur ses pattes, il lui fallait bien baisser la tête et accepter son sort : celui d’invité – d’indésirable – chez lui. Alors, quand il quittait la villa pour errer dans Windmont Bay, en quête d’une illumination sur ce qu’il était censé faire de lui-même, il laissait le champ libre à McKenna pour inviter qui elle voulait.
Orlando n’avait rien à dire, de toute manière, ce n’était plus chez lui. Plus vraiment du moins. Les souvenirs hantaient toujours ces lieux mais ceux où il se voyait passer les étés à Windmont Bay en compagnie de ses parents avaient peu à peu été supplantés par d’autres, où McKenna apparaissait invariablement. Leur cohabitation, elle n’était que temporaire, l’un et l’autre le savaient, et ils n’avaient jamais fait le moindre effort pour s’entendre du vivant du père d’Orlando, pourquoi cela aurait-il changé maintenant qu’il était six pieds sous terre ? Ce n’était même pas le fait que son père ait largué sa mère pour épouser une nana de la moitié de son âge qui agaçait Orlando. Après tout, sa mère n’avait pas attendu longtemps pour se trouver un nouvel époux, elle aussi, celui-là riche et jeune et plein d’avenir. Au fond, elle y avait peut-être même gagné en divorçant de Josef Seavale, contrairement à ce dernier, à n’en pas douter. Orlando avait vaguement conscience du statut social et du patrimoine Lindberg à New York mais McKenna n’y avait jamais vraiment fait allusion et il n’avait jamais demandé. Quant à son passé, il ne s’y était jamais intéressé. Elle avait pris le rôle de belle-mère et il avait endossé le rôle de l’adolescent ingrat à la perfection. Ce qu’il reprochait à son père, c’était d’avoir épousé une nana comme McKenna, tellement opposée au style de sa mère. 
Une nana qui avait eu le don de mettre ses hormones de gamin en ébullition.
Avec le temps, il s’y était fait, forcément, et d’autres choses avaient occupé son esprit. Sa relation avec Letty, par exemple. Il ignorait ce que McKenna en savait puisqu’il avait lui-même toujours refusé d’aborder le sujet avec son père. D’ailleurs, il se demandait souvent et sur beaucoup de points, ce que la jeune femme savait ou pensait mais il n’était jamais resté assez longtemps seul avec elle pour le découvrir. Et il n’avait pas spécialement envie que cela change. Être jugé ne le dérangeait pas parce qu’il se foutait de ce que pensaient les gens. Être jugé par McKenna, par contre… L’inverse, toutefois, ne le gênait nullement. Elle le cherchait, après tout, à ramener des types rencontrés dans des bars qui pourraient aisément piquer ce qui leur plaisait dans la maison. Il n’y avait qu’à voir comment le mec de ce matin avait évolué comme s’il était chez lui. Qui ne lui disait pas qu’il n’était pas parti avec un vase, un tableau ou un bibelot coûteux ? En réalité, le jeune Seavale n’aurait même pas dû s’en soucier puisque tout lui semblait étranger dans cette demeure, à part les murs et le jardin, mais il ne pouvait s’empêcher de trouver incroyable qu’elle se laisse aller à de telles dérives.
Tout comme il ne put s’empêcher de laisser courir son regard sur les longues jambes étendues avant de le détourner pour se concentrer sur son bol à moitié entamé. Il était hors de questions qu’il laisse des images lui traverser l’esprit – ce qui n’avait pourtant pas manqué d’arriver ces derniers jours, quand il avait eu le malheur de croiser sa belle-mère au détour d’un couloir. Mais dans l’ensemble, il était parvenu à esquiver toute rencontre impromptue, investissant les lieux quand tous dormaient pour les quitter dès qu’il entendait une porte qui s’ouvrait, un pas dans l’escalier ou un téléphone qui se mettait à sonner. Il avait toutefois conscience que cette rumba ne durerait qu’un temps et il semblait que ce matin soit celui où il n’avait pu échapper à un tête-à-tête avec la veuve noire.
- Classe, répliqua-t-il, cynique, en secouant la tête. 
Il enfourna une cuiller de céréales pour éviter un autre commentaire désobligeant et décida qu’il valait sans doute mieux ignorer McKenna. Il aurait pu tout aussi bien se lever et aller manger ailleurs mais ç’aurait été une forme de retraite et il n’avait aucune intention de s’effacer devant elle. Il posa sa cuiller dans son bol et leva un majeur sans la regarder. Elle ne connaissait sûrement rien au langage des signes mais celui-là était plutôt éloquent. 
- Ne t’inquiètes pas, je ne vais pas rester dans tes pattes bien longtemps. Juste le temps de trouver un appart’ et tu ne me reverras plus, dit-il en faisant tourner le lait dans son bol d'un geste mécanique, attendant encore une poignée de secondes avant de lui adresser un regard et de le détourner à nouveau.
C’était comme s’il craignait une brûlure s’il fixait trop longtemps McKenna. Comme s’il regardait le soleil, aurait-il pu dire, si l’image n’avait pas fait naître un sourire narquois sur ses lèvres. Elle était dangereuse et elle le savait. Elle avait ce pouvoir magnétique qui n’avait pas manqué d’hypnotiser son père – et lui-même, par la même occasion. Il songea que s’il n’y avait pas eu l’accident, Letty, son inquiétude, sa décision hâtive, il ne serait pas revenu à Windmont Bay.
Il ne serait jamais revenu ici, comme un prince exilé de sa terre natale, confronté à une réalité amère : on lui avait tout pris et il s’en fichait complètement.

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McKenna Lindberg

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Message· · Sujet: Re: and men said that the blood of the stars flowed in her veins Ven 28 Sep - 23:52

Elle s’était souvent assise, aux côtés d’un autre Seavale. Elle voyait un peu de Josef chez Orlando. La soie noire de leurs cheveux, les yeux en amande, la même manière insupportable de ne rien ranger derrière eux – à moins que cela ne soit là l’apanage de la gente masculine toute entière. Oui, l’avoir ici, entre ces murs (leurs murs, à Alfie, Ernie, Orlando et elle-même) était un peu étrange, comme si elle avait accepté qu’un étrange fantôme vienne hanter les couloirs de la maison. Parfois, lorsqu’Orlando lui tournait le dos et qu’elle le surprenait, en t-shirt et en short, elle était saisie et quelque chose se nouait en elle, quelque chose de froid qui disparaissait aussitôt dès que son beau-fils se retournait et qu’elle découvrait son visage dénué de rides. Il était le fantôme d’un fantôme, la projection d’un souvenir déformé. Le visage de Josef avait été déformé, aussi, sur la fin. Il avait si mal qu’il en contractait la mâchoire et en oubliait de desserrer les dents. Un mort-vivant, voilà ce qu’il avait été sur la fin, et Mac ne savait plus quoi faire pour ne plus y penser.
Oui, elle s’était souvent assise ici, sur cette terrasse. Josef lisait le journal en silence tandis qu’elle fumait sa première cigarette du matin, habitude qu’il réprouvait d’un mutisme sévère et dont elle se fichait éperdument. A bien des égards, il avait plus été un père qu’un époux pendant toutes ces années. Toujours à rouspéter contre ses mauvaises habitudes, à réduire les somnifères, à lui confisquer ses clopes, à insister à ce qu’elle ne boive pas après dix-huit heures. Il avait des habitudes de vieux monsieur grincheux et pourtant, il s’était montré si ouvert, si surprenant, si intimement proche d’elle sans jamais dépasser une limite tacite. Il ne l’avait jamais touchée, après tout. Où il trouvait son plaisir, Mac n’en avait aucune idée. Elle ne posait pas de question. Elle ne l’aurait jamais mis en doute. Sauf sur la fin, lorsqu’il avait commencé à doucement partir de l’autre côté du rivage et qu’elle n’avait pas pu le rattraper. Au contraire. Elle avait poussé la barque dans le royaume des morts, ou presque.
Orlando était-il venu ici pour la hanter expressément ? Prenait-il plaisir à errer dans ces couloirs dépossédés de leurs ornements, parce que la maîtresse de maison cherchait à tout prix à effacer la trace de son mari défunt ? Elle ne savait plus sur quel pied danser, ni avec la mort de Josef, ni avec Orlando. Foutus Seavale. Quand ils étaient là, elle ne les supportait pas. Et quand ils ne l’étaient pas, c’était encore pire.
Sa cigarette entre les lèvres, Mac tourna les yeux vers Orlando et se retrouva confrontée à un majeur éloquent. Elle n’avait pas besoin d’être bilingue en langage des signes pour comprendre toute la portée de ce geste dont elle désapprouvait la vulgarité – Josef avait déteint sur elle, décidément – et leva les yeux au ciel. Ils en étaient donc là ? Expirant la fumée avec humeur, elle écouta les récriminations de son beau-fils et maugréa une plainte inintelligible. Sérieusement ? Orlando la décevait. Elle s’était attendue à plus de combativité de sa part. Où était passé l’adolescent désagréable et qui ne faisait rien pour le cacher dont elle se rappelait si bien ? « C’est bon, t’as fini les doléances passives-agressives ? » lâcha-t-elle, acide, entre deux taffes de sa cigarette qui rougeoyait à force d’être malmenée. McKenna expira brusquement en levant la tête et poussa ce qui s’apparentait à un soupir, mais à cette heure-ci et avec aussi peu de nutriments dans le sang, ça aurait pu être tout aussi bien un grognement. « Tu sais très bien que tu peux rester autant de temps que tu le veux. Tu es chez toi ici, Orlando. » lâcha-t-elle, presque à contre-cœur. Mais comment aurait-elle pu le jeter dehors (et ce n’était pas l’envie qui manquait) ? Il était le fils de Josef. C’était une évidence. Qu’elle le veuille ou non, ils étaient de la même famille. Ou alors, en tout cas, ils étaient liés, d’un fil rouge qu’on ne pouvait pas si aisément couper. « Si ça peut te faire plaisir, je dirais à Ernie de bouger ses fesses de princesse et d’aller partager la chambre d’Alfie. Tu prendras la sienne, ça lui apprendra à partager. » Vu que j’ai transformé ta chambre en studio, mais ça, elle ne l’ajouta pas. Ce n’était pas qu’elle avait honte – merde, elle était chez elle après tout – mais à sa place, comment aurait-elle réagi si elle était revenue dans la maison de son enfance pour découvrir qu’elle avait été oubliée, remplacée, modifiée jusqu’à la moindre fibre de sa chambre d’enfant ? Mac ne pouvait pas vraiment le dire. En quinze ans, elle n’était retournée à New York que trois fois. Elle n’avait jamais eu d’endroit à elle, de chambre à elle, à Los Angeles. L’intimité, c’était Josef qui le lui avait enseigné et il avait toujours respecté la sienne avec la plus grande parcimonie.
Elle s’étira, échouant à dénouer les muscles endoloris de son dos et tourna la tête vers Orlando. A nouveau, la soie noire de ses boucles, ses yeux en amande, il y avait quelque chose chez lui qui, inexplicablement, la faisait sourire de ce vague rictus espiègle et elle en oublia temporairement le réveil difficile et la bouteille de lait sur le comptoir de la cuisine. « Un appart, mmh ? Tu t’installes là pour un bout de temps, on dirait. » fit-elle remarquer, l’air de rien. Pourquoi donc Orlando revenait-il dans cette ville perdue quand il aurait pu faire le tour du monde et continuer de gaspiller avec joie l’argent de ses parents ? L’illumination la frappa aussi clairement qu’un éclair avait une fois réduit en cendres le cèdre qui autrefois se dressait sur cette même terrasse. « Ooooh, laisse-moi deviner. Il y a une fille quelque part. » ronronna-t-il avec un petit rire de chatte satisfaite, et en adressant un clin d’œil à son beau-fils, Mac alluma sa seconde cigarette de la journée.

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Message· · Sujet: Re: and men said that the blood of the stars flowed in her veins Dim 14 Oct - 17:23

Orlando avait souvent fait comme s’il ne voyait rien, comme si le nouveau couple de son père ne l’intéressait aucunement. Adolescent en colère et en rébellion contre son aîné, il avait tout fait pour montrer à quel point il désapprouvait cette union. Il avait joué le dédain, l’irrévérence, le cynisme et, enfin, la fuite. Mais il avait aussi observé, du coin de l’oeil, quand ils se pensaient seuls et il avait pu voir à quel point son père aimait McKenna. Il la couvait d’un regard parfois trop paternel à son goût mais Orlando avait mis cela sur le compte de sa jalousie. Il avait vu les gestes discrets, les attentions imperceptibles, la douceur de leurs têtes-à-têtes, la paix qu’il semblait avoir trouvé aux côtés de la nouvelle venue – une paix qu’il n’avait jamais constatée auprès de sa propre mère. Sa mère, elle se montrait parfois acide, faisait preuve d’impatience, exigeait plus d’argent que d’affection. Elle s’était intégrée à cette vie aisée et avait pris possession du moindre de ses aspects. Lui, il était né dedans, il n’avait jamais connu autre chose mais il avait pu déceler les caprices maternels, les choses qu’elle prenait pour acquises, parce que c’était comme ça et puis voilà. Josef, il concédait chaque demande, d’un sourire distrait – amoureux, avait pensé Orlando, jusqu’à ce qu’il découvre à quoi ressemblait un véritable sourire amoureux chez son père et que cela n’avait rien à envier à ce qu’il arborait du temps de sa seconde épouse. Il en avait éprouvé une certaine jalousie, le garçon qui voyait débarqué cette déesse aux formes affolantes et qui ravissait l’attention de Josef dès qu’elle apparaissait dans son champ de vision. Mais il ignorait si c’était le fait qu’elle détourne son père de lui ou qu’elle ne lui accorde pas le dixième de l’intérêt qu’elle donnait à Seavale senior. Et en même temps, à quoi s’attendait-il ? Elle avait épousé son père, pas lui, et elle attendait sûrement quelque chose de lui – la sécurité, le bien-être, le confort. C’était ce qu’il s’était mis en tête, le garçon buté qui avait fini par fuir sa maison pour ne pas avoir à assister leurs regards attendris, à leur complicité sans faille. D’autant plus qu’ils lui donnaient le sentiment d’être le pique-assiette, le personnage de trop dans leur pièce de théâtre pleine de bonheur et d’insouciance. Un sentiment qu’il avait réussi à oublier en se focalisant sur sa propre existence mais qui revenait, doucereux, lui hanter le coeur maintenant qu’il était à nouveau la cinquième roue du carrosse et qu’il n’avait plus aucun allié entre ces murs.
- Non, répliqua-t-il simplement d’un haussement d’épaules boudeur, sans la regarder.
Il ne savait pas comment se comporter avec elle, après tout. Ils n’avaient jamais eu à se côtoyer, malgré leur cohabitation forcée. Ils avaient gardé un périmètre de sécurité au centre duquel se trouvait le père d’Orlando. Mais jamais ils ne s’aventuraient sur le territoire de l’autre et maintenant qu’il n’y avait plus Josef pour jouer les tampons, ils étaient deux étrangers sur le qui-vive, conscients de l’importance qu’avait eu l’adversaire dans le coeur du défunt mais incapable de l’accepter, sans doute. De son côté à lui, en tout cas, c’était comme ça. Il n’avait jamais pu accepter cette femme dans sa vie, ni avant ni aujourd’hui – même si c’était pour des raisons différentes, maintenant qu’il n’y avait plus la barrière du patriarche pour instaurer un respect forcé ou un silence buté.
- Ah bon ? Doesn’t feel like it, lâcha-t-il avec sa mauvaise foi coutumière, continuant à avaler ses céréales en espérant avoir bientôt fini le bol pour pouvoir s’éclipser et revenir à sa solitude revêche. Pour me les mettre à dos ? Non merci. C’est déjà assez pénible d’être à un contre trois sans que tes neveux commencent à me faire la gueule.
Un contre trois, comme s’il y avait une bataille intestine qui faisait rage alors qu’en réalité ils passaient la plupart du temps à s’ignorer mutuellement. Mais c’était bien le sentiment qu’il avait : un Seavale contre trois Lindberg. McKenna avait beau avoir épousé un Seavale, elle ne lui apparaissait pas comme telle. Elle était et resterait une Lindberg, d’autant plus maintenant qu’elle n’avait même plus ce mari. Et puis il venait d’en avoir la preuve : c’était la chambre d’Ernie qu’on lui donnerait, comme s’il était l’invité, comme si sa chambre ne lui avait pas été dérobée.
Et Josef ? Manquait-il à McKenna ? ne put s’empêcher de se demander Orlando avec une pointe de tristesse, comme à chaque fois qu’il songeait à son père. Regrettait-elle sa présence ou appréciait-elle sa nouvelle vie de veuve, déliée de tout serment ?
Il ne put s’interroger longuement puisque, déjà, elle changeait de sujet – plus ou moins. Il s’arrêta de mâcher et la regarda un instant, perplexe, avant d’avaler sa bouchée. Il se passa la langue sur les dents et fronça légèrement les sourcils avant de répondre :
- Je ne sais pas. Je verrai bien.
Il ne mentait pas. Il n’avait aucun plan précis, juste ce besoin viscéral de s’ancrer à cet endroit connu, à cette fille qui avait partagé sa vie, qu’il avait appelé sa femme, l’espace de quelques mois. Et qu’il avait perdue. Comme tout le reste de ce qui avait été la base de son existence. Il avait désormais l’impression de ne plus avoir quoi ce que soit à quoi se raccrocher. Tous ses repères s’étaient envolés. Alors c’était peut-être cela qu’il était venu chercher à Windmont Bay : un lieu, une personne, qui ne lui donne pas l’impression d’être un exilé. Son père était mort, sa femme avait demandé le divorce et sa mère… elle vivait sa vie à Portland, sans vraiment se soucier de lui.
- Non, il n’y a personne, maugréa-t-il, car à ce moment-là il n’avait pas encore eu l’occasion de parler à Letty.
Le sourire que McKenna arbora l’irrita et il secoua la tête. Et même s’il y avait une raison féminine à sa présence en ville, en quoi cela la regardait-il ? Cela, toutefois, il s’abstint de le lui faire remarquer, conscient qu’elle trouverait un moyen de se moquer de lui.

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McKenna Lindberg

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Message· · Sujet: Re: and men said that the blood of the stars flowed in her veins Ven 28 Déc - 11:31

Ça n’aurait pas étonné Mac, qu’Orlando revienne pour une mystérieuse dulcinée qu’il aurait laissée derrière lui. Après tout, il était beau garçon et il y avait autour de lui ce charme impossible du briseur de coeurs. Ugh, ils se seraient rencontrés à Los Angeles et il aurait eu quelques années de plus, nul doute qu’elle aurait plongé la tête la première pour ces jolis yeux noisette et ce sourire de canaille qu’elle voyait si rarement se peindre sur les lèvres du jeune homme - lorsqu’il était en sa présence, en tout cas. Hold up, était-ce là une pensée qu’une belle-mère était censée avoir ? Elle mâchonna l’extrémité de sa cigarette. Elle n’avait jamais vraiment eu l’occasion de se poser la question, ni d’exercer ses compétences pseudo-maternelles. Orlando maniait l’art de la fuite avec un talent certain et bizarrement, il avait toujours eu quelque chose à faire lorsque Mac était dans les parages. Et puis, il avait fini par ne plus jamais venir, préférant sans doute ruminer sa haine de ses vieux en silence. Mac ne pouvait pas le blâmer. Elle s’était bien barrée de chez elle à quinze ans, sans un regard, sans un merci. Allez hop, je pars à l’aventure, c’était sympa. Elle avait cette capacité à mettre les gens derrière elle sans états d’âme.
Bizarrement, ça ne lui avait jamais attiré beaucoup d’amis.
Et encore moins, l’amitié ou tout du moins, la cordialité de son beau-fils.
Mac le reconnaissait volontiers : elle ne s’était jamais vraiment intéressée au fils de son mari. C’était un ado bougon, cynique et moqueur, exactement le genre de gamine qu’elle avait été et elle savait donc parfaitement qu’il n’y avait aucun moyen de raisonner avec ce genre d’énergumène. Et quand il avait grandi pour devenir un jeune homme dilettante, plus proche du courant d’air que de l’homme, elle l’avait tout simplement rangé au placard. Elle avait même fini par juger que puisqu’il était si souvent absent, elle pouvait s’octroyer sa chambre et en faire un studio. Il n’y verrait pas d’inconvénient, non ? Après tout, il était parti…
Aujourd’hui, Mac réalisait son erreur. Peut-être parce qu’elle n’était pas mère, elle ne comprenait pas cette vérité absolue : on finit toujours par rentrer au bercail, un jour ou l’autre. Le retour d’Orlando la poussait alors à s’interroger : elle aussi, un jour, ferait-elle son grand retour chez les Lindberg, là-bas, sur la côte est ? Avec Alfie sous un bras et Ernie sous l’autre ?
Ou bien serait-elle seule, pour affronter ses erreurs ?
Comme Orlando.
Il pouvait bien mentir comme il voulait, elle le sentait à des kilomètres, il y avait quelque chose. Mais ça n’était pas son rôle de savoir quoi, de savoir qui. Ils n’avaient pas ce genre de relations, ils ne l’avaient jamais eu, il ne servait à rien de forcer une complicité dont ils savaient tous les deux qu’elle n’était pas là. La seule chose qui les liait, c’était Josef. Et il n’était plus là.
Le sourire de Mac s’effaça lentement alors qu’elle se laissait absorber par toutes ces pensées. Elle n’avait pas prévu de se faire assaillir par tant de considérations dès le matin et elle se sentait déjà fatiguée du duel silencieux qui semblait se préparer. Elle ne voulait pas se battre contre Orlando. Contre Alfie, pourquoi pas, contre Ernie, c’était certain. Mais pas contre Orlando. Elle devait bien ça à Josef.
Elle poussa un faible soupir et se redressa sur sa chaise pour s’étirer et dénouer ses muscles contractés. L’étalon de la nuit précédente ne lui avait pas laissé un souvenir impérissable et elle se demandait ce qu’ils avaient bien pu tenter comme position pour qu’elle ait aussi mal au dos. Une question qu’elle éluderait d’un cachet noyé d’un verre de whisky, mais pour le moment, elle voulait voir les idées claires et elle se tourna donc vers son beau-fils lorsqu’elle eut terminé son yoga rudimentaire, sa cigarette toujours entre ses lèvres. « Comme tu veux. Si tu la mets enceinte, tu sais où venir en tout cas… » lâcha-t-elle avec un cynisme qui imitait sciemment celui d’Orlando. Elle ne pensait pas Orlando insouciant à ce point, mais il était joli garçon et un accident était si vite arrivé… Elle eut un petit sourire satisfait et écrasa sa cigarette dans le cendrier de la table de jardin. Elle n’en ralluma pas d’autre, pas maintenant. Elle essayait plus ou moins de réguler sa consommation - pour Josef, qui avait tant tenté de la faire arrêter. « Tu te trompes, tu sais. » finit-elle par lâcher. Quelques secondes de silence, durant lesquelles elle essaya de rassembler ses pensées. « Tu n’es pas à un contre trois, ici. » Il lui rirait certainement au nez, mais tant pis, au moins, elle lui disait la vérité, elle lui devait au moins bien ça. « Pense ce que tu veux, Orlando, mais crois-moi quand je te dis que tu es le bienvenu ici. » Mac avait l’impression de se répéter, mais elle ne trouvait pas les mots. Frustrée, elle se passa la main dans les cheveux, regardant vers le ciel comme s’il allait lui apporter la réponse mais elle savait d’expérience que c’était peine perdue d’aller chercher de ce côté-là.
Finalement, elle reposa les yeux vers Orlando et le considéra intensément pendant quelques instants. Ça aussi, c’était une habitude qui ne lui avait pas attiré que des amis. T’es trop bizarre, Mac, combien de fois avait-elle entendu la rengaine ? « Ce que je veux dire, c’est qu’on n’est plus obligés de jouer nos rôles. Je ne suis plus la méchante belle-mère et tu n’es plus le sale gamin qui signait des horreurs devant moi en pensant que j’allais rester planter là à ne pas comprendre ce qui se racontait sur moi. » A ces derniers mots, elle sourit. Oh, elle n’avait pas appris grand-chose, juste le minimum et puis Josef cédait souvent lorsqu’elle lui demandait de traduire les conversations dont elle pressentait qu’elles étaient à son propos. Et pour faire bonne mesure, elle leva les mains devant elle et gratifia Orlando de ses maigres notions en langue des signes. [ Petit con. ]

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Orlando Seavale

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Message· · Sujet: Re: and men said that the blood of the stars flowed in her veins Sam 29 Déc - 20:48

Parfois, Orlando peinait à se rappeler la vie avant le divorce de ses parents, avant l’apparition de McKenna Lindberg. Il était pourtant déjà adolescent lorsqu’ils s’étaient séparés et lorsque la sirène s’était installée chez eux. Ce n’était pas le premier bouleversement de son existence, à moins que ça soit la proximité temporelle avec un autre chapitre qu’il avait dû tourner trop vite à son goût. À croire que les femmes avaient toujours eu un pouvoir particulier sur sa vie. Sa mère, sa première relation sérieuse, McKenna puis Letty… A chaque fois, il avait vu son quotidien chamboulé par la présence d’une femme. A l’époque où la nouvelle – et dernière – épouse de son père était apparue, il n’y avait pas encore eu de mariage foireux mais il y avait eu des désirs réprimés, des illusions pulvérisées. À quoi son père pensait-il en ramenant sa jeune femme dans la villa familiale ? Orlando se l’était souvent demandé. N’aurait-il pas dû chercher à lui épargner cette nouveauté pour lui permettre de reprendre un cours de vie normal ? N’avait-il pas craint l’attrait certain qu’une demoiselle comme celle-là ferait immanquablement naître chez un adolescent aux hormones en ébullition ? A moins que Josef n’ait pensé à rien de cela, qu’il était trop amoureux pour se soucier de cela, trop impatient de partager son lit avec sa nouvelle conquête. Orlando savait ce que cela faisait d’éprouver ce besoin de l’autre, cette irrésistible envie de passer chaque minute avec elle et aussi furieux et vexé était-il d’avoir vu sa mère remplacée si facilement, il n’avait pu nier le pouvoir que pouvait avoir la jeune Lindberg. Où qu’elle aille, elle aimantait forcément le regard. Un sourire et les hommes devaient être à ses pieds. C’était cette conscience qu’Orlando avait combattue avec tant de ferveur, quitte à paraître entêté. Il voulait lui montrer, à cette princesse venue de nulle part, que le monde entier ne bavait pas devant elle et qu’il était le premier à lui nier ce pouvoir. Sauf qu’il avait été touché en plein coeur, comme son vieux, et que cette constatation l’avait renvoyé à sa condition de gamin rêveur et passionné qui serait condamné à vivre l’amour à distance, en l’observant à travers des lunettes grossissantes.
Ses erreurs de jugement avec Letty venaient-elles de là ? Avait-il démarré sur un mauvais pied sa relation avec l’adolescente parce qu’il voulait se prouver quelque chose ? Mais quoi ? Qu’il était capable d’avoir quelqu’un, lui aussi ? Qu’il n’était pas voué à subir les affres de l’amour mais à les vivre pleinement ? Il détestait envisager son mariage sous cet angle mais ne pouvait ignorer que c’était sa propension à envahir l’espace personnel de Letty qui l’avait détournée de lui. Il n’avait pas de passion à lui, il n’avait pas de hobby, il ne vivait que pour elle et cela avait dû lui faire peur. Dommage qu’il ait fallu un divorce et des mois de silence pour qu’il prenne conscience de ses travers. Travers qui lui étaient maintenant renvoyés en pleine figure alors qu’il se trouvait à nouveau face à McKenna.
Le mouvement dans l’angle de son champ de vision lui fit tourner les yeux et il contempla sa belle-mère – devait-il toujours la considérer ainsi, d’ailleurs, maintenant que le mari et père n’était plus de ce monde ? Bien sûr, elle était sa veuve, cela ne changeait pas grand-chose – d’un œil suspicieux.
- Pourquoi ? L’un de tes amants est un faiseur d’ange ? demanda-t-il, railleur, avant d’ajouter. Ou tu t’es empressée de te débarrasser d’un petit Seavale trop encombrant ?
C’était trop facile, trop cruel, et il regretta immédiatement ses paroles. Son humeur n’excusait en rien ses propos et il signa un bref [Désolé] avant de fourrer une dernière cuiller de céréales dans sa bouche pour empêcher toute autre sortie virulente et injuste et sa culpabilité fut décuplée par ce que McKenna lui dit ensuite. Se rembrunissant, le jeune homme détourna les yeux et contempla le jardin d’un œil absent. Il sentait le regard de la jeune femme posé sur lui et avait l’impression de brûler sous celui-ci. Il capta toutefois son geste qui lui arracha un semblant de sourire.
- Peut-être que ce n’était pas mon but. Que tu ne comprennes pas les horreurs que je disais à mon père. Mais je savais qu’il aurait détesté que je m’en prenne directement à toi. Il préférait faire rempart. On pouvait voir à son cou à quel point je le décevais ou l’emmerdais, ça montait comme un thermomètre.
Orlando illustra ses propos en élevant sa main plus ou moins haut.
- Mais je savais aussi que je pouvais dire ce que je voulais, il encaissait mais jamais il ne t’aurait éloignée. Je n’avais qu’à m’y faire, voilà ce qu’il me sortait.
Combien de fois le père et le fils n’avaient-ils pas eu cette discussion houleuse dès que McKenna était partie dieu sait où ? A chaque fois, son père finissait pas le supplier d’arrêter son cirque, lui assurait qu’il gagnerait à laisser une chance à sa femme mais Orlando était trop buté pour l’écouter et la fin, ils la connaissaient tous : le gamin s’était arrangé pour revenir le moins possible, le père s’était éteint et l’épouse délaissée… Orlando n’avait aucune idée de comment elle avait vécu cette perte et il ne put s’empêcher de jeter un regard vers elle.
- Comment vous étiez-vous rencontrés?
Cette question, il aurait pu la poser un millier de fois mais il était autrefois bien trop en colère et fier pour faire ce pas vers la compréhension. À moins qu’il ait redouté la réponse qui lui aurait appris si son père avait trompé sa mère ou s’il avait attendu de demander le divorce pour s’abandonner à cette nouvelle histoire qui l’avait fait revivre – même Orlando s’en était rendu compte.
[J’espère que ça ne dégouline pas de romantisme], ajouta-t-il avec un léger sourire, remisant McKenna à son statut d’entendante.
- Je n’aurais pas supporté que tu connaisses la langue des signes. C’était la seule chose qui me restait de mon univers avec mon père. C’était ce que j’avais l’impression à l’époque en tout cas… Appelle ça de la jalousie ou ce que tu veux...

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