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 song of the rainy day

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Emerson Moore

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Message· · Sujet: song of the rainy day song of the rainy day EmptyMar 18 Sep 2018 - 19:56

HAMMER + EMERSON
@Hammer Haggard

Cela avait été décidé au dernier moment, malgré les informations qui circulaient depuis plusieurs jours et surtout les dernières heures. Mais les organisateurs avaient sans doute espérer que ce soit une fausse alerte ou du moins un peu trop exagéré par rapport à la réalité. Ils avaient sûrement peur de perdre une sacrée somme d’argent, s’était dit Emerson durant les préparatifs, ou bien ils étaient d’un optimisme irraisonnable. Quelle que soit la raison de cette décision, ils avaient fait bouger les choses avec conviction et il avait fallu un bulletin spécial préconisant de rester chez soi ce samedi soir pour qu’ils daignent enfin revenir sur terre. Le concert avait été annulé et reporté à une date ultérieure encore inconnue et ils avaient pu tout ranger, quelque peu frustrés d’avoir travaillé pour rien et d’en avoir parfaitement conscience. Emerson était sans doute celui qui avait le moins maugréé, comme d’habitude et, sans grande surprise également, c’était lui qui était resté en arrière pour terminer le rangement. Il aimait plutôt bien la solitude qui suivait l’effervescence, elle lui permettait de revenir au calme en douceur quand il avait été bousculé durant tous les préparatifs. Son dernier collègue s’était éclipsé un quart d’heure plus tôt en lui conseillant de ne pas trainer et de rentrer rapidement chez lui et Emerson avait acquiescé, sans penser que l’autre traduirait son hochement de tête comme de la désinvolture. Le jeune homme n’irait pas plus ou moins vite que ce qu’il aurait fait en d’autres circonstances. Il avait ses petits rituels, un ordre précis, il tenait à ce que tout soit bien en ordre, comme lui le voulait et non comme certains se contentaient. Alors il avait rangé les câbles, les instrument, éteint les lumières des pièces où il n’avait plus besoin d’aller et vérifié que toutes les portes étaient verrouillées. Et le temps que tout cela soit fait… la tempête s’était abattue sur Windmont Bay.
Prudent, Emerson ne s’aventura pas dehors. Il observa les bourrasques depuis une fenêtre, leva le nez vers le ciel noir et inquiétant et repéra deux ou trois insensés qui bravaient la nature. Lui, pour le coup, il était bien décidé à rester où il était, même s’il devait y passer la nuit. Et quand le courant se coupa, au bout de deux ou trois heures, il se retrouva dans la salle de spectacle complètement plongée dans l’obscurité, avec l’étrange sensation d’être l’unique survivant ou fantôme d’une maison hantée. Il n’aimait pas spécialement l’étage dans ces conditions et il redescendit au rez-de-chaussée, espérant y trouver une lampe torche pour ne pas avoir à user la batterie de son téléphone. Heureusement, il connaissait les lieux par coeur et il trouva la réserve sans problèmes, où il se dégota une lampe fonctionnelle. Il voulut envoyer un message à quelqu’un, sans trop savoir qui, sûrement Alex, mais il constata que le réseau était mauvais et il ne tenta même pas sa chance, cherchant plutôt quelque chose pour se réchauffer, car l’humidité ambiante avait commencé à investir les lieux et l’air se fit plus froid.
- Peut-être aux vestiaires, dit-il à voix haute, juste pour entendre sa propre voix et non plus seulement le hululement du vent dans les étages supérieurs. Ou mieux ! La salle des costumes!
L’idée saugrenue l’amusa et il se dirigea vers les coulisses et le local où étaient entassés les costumes des diverses pièces qui ponctuaient l’année. Comme pour le reste, il avait la clé et il s’immisça sans mal dans la pièce pour effleurer les étoffes en principe colorées mais qui avaient toutes la même teinte triste et sombre, à cet instant. Ses doigts accrochèrent un manteau aux plumes douces – qu’il savait bleu ou vert – et il l’enfila, instantanément réchauffé par le vêtement. Puis il attrapa un chapeau haut de forme qu’il plaça sur sa tête avant de faire un tour sur lui-même, bien content que personne ne puisse le voir occupé à fureter et à se travestir. Il repartit ensuite en quête d’une activité digne de le distraire et il était au milieu d’un couloir latéral lorsqu’un mouvement à l’extérieur attira son regard. Perplexe, il approcha le nez de la fenêtre et discerna vaguement une haute silhouette qui oscillait sous les coups répétés du vent, comme si un fouet s’abattait sur lui.
Il ne poussa pas la réflexion plus loin, ne se dit pas qu’il ne valait peut-être mieux pas se retrouver dans un lieu désert en compagnie d’un inconnu, surtout par ce temps qui aurait convenu à une scène de film d’horreur, propice au meurtre, mais c’était l’inquiétude qu’il puisse arriver malheur à l’autre qui poussa Emerson à rejoindre la porte qui donnait sur l’arrière du bâtiment. Il en poussa le battant avec l’épaule, impressionné par la force qui le repoussait dans l’autre sens, comme pour chercher à refermer la porte, et il dirigea le faisceau de sa lampe vers la silhouette, tout en s’écriant :
- Hé, par ici!
Il agita la lampe jusqu’à ce qu’il fut certain que l’autre l’avait vu et se poussa juste assez pour le laisser entrer dans le vestibule. Il relâcha ensuite la porte et celle-ci claqua avec un bruit sec, les isolant du brouhaha venteux qui sévissait infatigablement dehors.
- C’est pas un temps à se balader, ça, tenta-t-il de plaisanter en remontant le rai de lumière le long du corps de son interlocuteur, surpris par sa hauteur. On t’a donné trop de soupe quand t’étais gamin? gloussa-t-il, impressionné avant de rabaisser sa lampe pour ne pas aveugler le jeune homme. Pardon. Je parie qu’on te la fait à chaque fois, en plus.
Embarrassé par sa spontanéité, Emerson se racla la gorge et se rappela tout à coup ce qu’il portait et le portrait qu’il devait offrir au nouveau venu. Attrapant son chapeau, il l’ôta vivement et émit un rire encore plus gêné :
- Je m’ennuyais et j’avais froid, se défendit-il comme pour parer la moindre remarque. Et toi, t’as pas froid, trempé comme tu es?
Il dirigea cette fois sa lampe vers le bas, éclairant les pieds et le carrelage sur lequel l’eau gouttait.

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Hammer Haggard

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Message· · Sujet: Re: song of the rainy day song of the rainy day EmptySam 22 Sep 2018 - 21:56

Hammer avait agi avec une impulsivité qui ne lui ressemblait pas, et maintenant, il le regrettait amèrement. Tout ça, c’était la faute d’AJ. Il avait fallu que son anguille de frère lui glisse entre les mains sans qu’il ne s’en aperçoive. C’était au moment de venir le chercher pour lui proposer de commander une pizza (et ainsi d’enterrer la hache de guerre depuis leur dernière altercation) que Hammer s’était aperçu de la disparition de son cadet. C’était aussi à ce moment-là que la première branche frappa contre la fenêtre, faisant trembler le petit appartement que Hammer s’évertuait à garder aussi ordonné et propre que possible (une tâche difficile lorsqu’il vivait avec l’équivalent humain d’une horde de jeunes chiots surexcités). Et c’est aussi à ce moment-là qu’il comprit que la soirée entre frères qu’il avait prévu dans l’espoir de se reconnecter à AJ, tombait à l’eau – littéralement. En quelques minutes à peine, des trombes d’eau se déversèrent dans les rues de Windmont et le vent se mit à gronder, son gémissement glaçant courant le long de la colonne vertébrale de Hammer comme un frisson. Où était AJ, bon sang ? Son premier réflexe avait été de sortir son téléphone. Quelque part, il espérait qu’AJ l’ait prévenu de son absence. Qu’il lui dise au moins où il se rendait. Mais non, rien, et une nouvelle fois, Hammer dut endosser le rôle du rabat-joie et envoya le premier message, qui ne tarda pas à recevoir une réponse des plus cinglantes. Le cœur de Hammer fit un looping. AJ restait peut-être le petit con qu’il avait toujours été, mais au moins, il était en vie. En vie, mais dehors. Et seul.
C’est là qu’Hammer ne prit pas le temps de réfléchir comme il aurait certainement dû le faire, et c’est ainsi qu’il se retrouva dehors, un soir de tempête, complètement trempé de la tête aux pieds, sans veste, sans clés et sans aucune idée de comment il allait bien pouvoir rentrer chez lui.
Les rues de Windmont étaient désertées de ses habitants, qui avaient eu le bon sens de rentrer chez eux tant qu’il était encore temps, et Hammer se maudissait. Il maudissait également AJ, dont il attendait toujours des nouvelles, mais bientôt, même son portable le lâcherait. Il n’avait pas marché lentement, juste assez pour se perdre dans la pénombre, le froid et l’averse, et le vent soufflait trop fort et balançait trop de branches et d’enseignes sur le sol pour qu’il prenne le risque de reprendre le chemin inverse. Fantastique, vraiment. Il passait une super soirée.
Son téléphone vibra dans sa poche et son cœur bondit à nouveau. Etait-ce AJ ? Il ressentit une pointe de déception en constatant que ce n’était pas le cas, mais elle disparut presque aussitôt lorsqu’il comprit que son frère n’était pas seul. Mieux, qu’il était en sécurité avec ce garçon qu’il fréquentait – et par ce verbe, Hammer s’évitait de coller un label à la relation qu’AJ entretenait avec ce dernier.  Il savait bien que les deux garçons ne se contentaient certainement pas de jouer au Scrabble et de boire du thé, mais il ne voulait pas vraiment pousser la réflexion plus loin. Ses doigts engourdis tapotèrent une réponse rapide et il rangea le téléphone dans sa poche pour économiser le peu de battarie qu’il lui restait – malheur du XXIème siècle pour lequel il n’existait pas de solution. Privé de son GPS portatif et de tout contact avec la civilisation, il se contenta de continuer à avancer. Il faisait si sombre qu’il n’avait aucune idée d’où il pouvait bien se trouver et avoir de l’eau plein ses lunettes n’aidait en rien. C’est pourquoi il crut halluciner lorsqu’il perçut à quelques mètres de là, une lumière tremblotante. Il faillit l’ignorer, l’attribuant à son désir insensé de trouver signe de vie, mais lorsqu’il entendit une voix percer la nuit, Hammer ne réfléchit pas plus que lorsqu’il était sorti de chez lui une heure plus tôt. Tant pis s’il se jetait dans la gueule du loup, s’il devait mourir ce soir, il le ferait au moins au sec et il se précipita donc vers la lueur flottante, qui se trouva appartenir à une lampe de poche, elle-même possession d’une étrange silhouette revêtue d’un manteau à plumes et d’un haut-de-forme incongru. Tant pis, se dit-il alors qu’il se faufilait derrière la porte entrouverte. La remarque de l’inconnu le fit pourtant sourire tant elle était incongrue et l’espace d’une seconde, Hammer oublia la panade dans laquelle il s’était fichue tout seul comme un grand. « Seulement neuf fois sur dix. La dixième, c’est quand on me demande s’il fait beau là-haut. Et laisse-moi te dire que ce soir… » Hammer s’ébroua comme il put, secouant la tête et se passant la main dans les cheveux pour en chasser l’excès d’eau qui persistait à ruisseler partout sur son visage et ses épaules. « Il fait moche. » conclut-il en ébauchant une esquisse de sourire. Hammer fit un pas de plus dans le couloir comme pour mettre les bourrasques et la pluie torrentielle encore un peu plus loin derrière lui et joignit nerveusement les mains. « Je suis glacé. » confessa-t-il en frissonnant. Rien ne servait de prétendre le contraire. Il devait avoir les lèvres bleuies de froid et sa peau hérissée trahissait son inconfort. « Sans vouloir abuser, tu penses qu’il pourrait y avoir quelque chose à ma taille dans ton placard ? » Au point où il en était, il acceptait tout, même un tutu, tant que c’était sec. Il avait l’impression d’être trempé jusqu’à l’os et il était à peu près certain de sentir la pneumonie se développer au creux de ses poumons à l’instant même. Son seul salut résidait dans ce petit gars frêle et le tournant inespéré qu’il représentait au beau milieu de cette soirée monumentalement foireuse. « On est où, ici ? » demanda-t-il en levant le nez, observant le long couloir dans lequel ils se trouvaient et qui ne lui apprenait pas grand-chose sur son refuge providentiel, ni sur le bon samaritain qui l’avait recueilli et vers qui il baissa les yeux.

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Message· · Sujet: Re: song of the rainy day song of the rainy day EmptyDim 23 Sep 2018 - 20:10

Il ne gouttait pas seulement sur le sol comme s’il avait besoin d’être essoré : il ne portait qu’un t-shirt et son pantalon. Pas de veste, pas de pull, ce qui laissa Emerson quelque peu perplexe. Cela lui évoqua également l’image d’un homme fuyant à toutes jambes, comme un repris de justice qui s’évade et n’a que ses vêtements sur le dos. Instinctivement, Emerson effleura les poignets de l’inconnu avec le rayon de sa lampe mais ils n’étaient pas entravés et il gloussa pour lui-même, songeant que c’était là une idée bien saugrenue. Bien sûr que non, ce n’était pas un évadé. Quant à savoir pourquoi il s’était aventuré dehors dans une tenue aussi inadéquate, ça ne regardait pas Emerson. Peut-être qu’il s’était fait jeté dehors suite à une dispute avec sa copine, imagina le jeune Moore, ou il était sorti chercher quelque chose à sa boite aux lettres et la porte avait claqué dans son dos. Il chassa ses réflexions en secouant la tête. Il avait décidément assisté à trop de réunions du club de théâtre, où ils cherchaient à expliquer chaque incohérence entre les scènes et avait pris le pli de l’appliquer à la vie de tous les jours. Il aurait pu tout aussi bien demander de but en blanc ce que faisait le jeune homme dehors, dans cette tourmente, dans cet accoutrement mais il s’en abstint. Cela ne le regardait pas, point final.
La réponse du géant lui extorqua un sourire en coin et un léger rire et il s’écarta lorsque l’inconnu s’agita, faisant valser des gouttes dans toutes les directions.
- Ouais, on se croirait dans un film apocalyptique, confirma Emerson. Tant qu’il ne se met pas à pleuvoir des requins, ça me va, ajouta-t-il, faisant allusion à l’un de ces films ridicules avec lesquels Hollywood se présentait. - Euh, si, sans doute, mais il vaudrait mieux te trouver de quoi te sécher d’abord. Suis-moi!
Tournant vivement sur lui-même dans un froufrou grotesque, Emerson remit son chapeau et s’avança dans le couloir, revenant sur ses pas. Il s’engagea dans un hall, qu’il traversa avec l’impression d’être un être surnaturel qui guide le héros d’une histoire à travers les dédales d’un monde parallèle dans lequel le protagoniste en question se perdrait sans son aide précieuse.
- Bienvenue à la salle de spectacle de Windmont Bay, répondit Emerson quand l’inconnu lui demanda où ils étaient. D’habitude, je m’occupe des sons et lumières et je devais bosser ce soir mais le concert a été annulé et je me suis retrouvé coincé ici.
Il n’avait pas à se plaindre, au moins était-il au sec, se dit-il. Ils atteignirent une porte qu’Emerson poussa d’un coup d’épaule avant de se trouver dans un nouveau couloir : celui des loges, derrière la scène.
- Viens, il doit bien avoir une serviette quelque part.
Emerson s’aventura dans la première pièce venue, balayant le décor avec sa lampe torche. Les miroirs renvoyèrent un reflet furtif de leurs deux silhouettes et il constata une fois de plus que l’autre était très grand – et lui assez petit, ce qui ne faisait qu’accentuer la différence. Des fleurs étaient accrochées sur le pourtour du miroir principal et des dizaines de flacons et ustensiles de maquillage jonchaient les tablettes devant lesquelles étaient poussés des fauteuils confortables.
- Ah, voilà pour toi! s’exclama Emerson, victorieux, en dénichant une serviette soigneusement pliée sur l’accoudoir d’un canapé deux places, qu’il tendit à l’autre. Maintenant allons vois ce qu’on peut te dégoter dans les costumes.
Le jeune homme était ravi de cette rencontre inopinée qui lui évitait une soirée en solitaire qui lui aurait sûrement parue très longue, surtout si tout était plongé dans le noir. Il mena le jeune homme dans la pièce où il avait pris son chapeau et son manteau excentrique et se glissa entre les porte-vêtements.
- Tu mesures combien ? Et pardon, je ne me suis pas présenté : je m’appelle Emerson. Et toi ?
Glissant l’extrémité de la lampe entre ses lèvres, il entreprit de passer en revue les tenues, se rappelant presque à chaque fois pour quelle pièce elles avaient servies et qui les avaient portées. Il trouva un pantalon extrêmement long, qui ressemblait à un bas de pyjama, et le passa sur son épaule avant de chercher un haut. Il trouva un pull épais qui donnait l’impression d’avoir affaire à un berger et jugea qu’il faudrait bien ça pour réchauffer le jeune homme et lui éviter une maladie pulmonaire.
- Tiens. Le pull est généralement destiné à des personnages au gros ventre mais au moins il ne t’arrivera pas au nombril, comme ça, dit Emerson avec un rire bref. Si tu vois autre chose qui te plaît, tu peux prendre, évidemment. Tant qu’on remet tout en place avant de partir.
Le faisceau de sa lampe effleura le géant et quand Emerson réalisa qu’il allait devoir enlever ses vêtements trempés pour enfiler les bouts de costumes, il se détourna vivement, regardant dans la direction opposée.
- L’ennui, c’est qu’il n’y a pas grand-chose à faire ici, sans électricité. Si au moins le courant revenait, on pourrait aller dans la salle de projection pour voir un vieux film ou mettre la musique à fond pour faire croire qu’il y a une rave party...
Il ne savait pas ce qui le rendait si bavard avec un type qu’il ne connaissait ni d’Eve ni d’Adam mais l’imputa au fait qu’il était en terrain connu et que sans lui, ce dernier ne pourrait se déplacer dans ces lieux plongés dans le noir. À moins que ça soit le soulagement de ne pas passer une soirée entière seul dans un endroit désert, ce qui ne l’avait pas rassuré avant que le fantôme dans la tourmente surgisse.

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Message· · Sujet: Re: song of the rainy day song of the rainy day EmptyDim 4 Nov 2018 - 19:16

Etre à Windmont Bay forçait Hammer à admettre que parfois, il ne pouvait pas tout contrôler. Il ne pouvait pas faire cesser de pleuvoir. Il ne pouvait pas s’élancer à la recherche de Wes et AJ. Il ne pouvait pas claquer des doigts et faire disparaître tous ses problèmes - les addictions de son frère, son sentiment d’inadéquation où qu’il aille, et les casseroles qu’ils se traînaient à eux deux. Il ne pouvait pas tout régler, tout comprendre, tout maîtriser : parfois, il devait accepter qu’il y aurait des soirs où ça n’irait pas. Des soirs où il se retrouverait perdu en pleine nuit, avec un inconnu qui portait un boa à plumes, dans un endroit dont il ignorait absolument tout. Un théâtre, à en croire le lutin qui l’accompagnait. L’annonce laissa Hammer étrangement songeur. Il n’avait jamais trop eu l’occasion de fréquenter ce genre d’endroits. Son père ne l’aurait jamais laissé se perdre dans des distractions futiles comme l’art ou la scène. Les seuls clubs auxquels il avait eu droit, c’était les échecs, le club de sciences et plus tard, être moniteur en camp de colonies de vacances, pour forger le caractère. Thanks, Dad, songea-t-il avec une ironie qui ne parvenait pas à le faire sourire et il chassa l’image du géniteur pour mieux suivre celui qui lui évoquait le génie sorti de la lampe.
Derrière ses lunettes constellées de gouttes d’eau, Hammer ne voyait pas grand-chose. Il devina qu’ils passèrent par des enfilades de couloirs et lorsqu’ils finirent par s’arrêter devant une pièce dont la porte était légèrement entrouverte, Hammer suivit le mouvement et pénétra dans la petite pièce et il accepta la serviette sortie de nulle part avec bonheur. « Merci. » murmura-t-il avant de commencer à se frotter la tête, faisant attention à ses lunettes sans lesquels il ne voyait rien. De ce qu’il aperçut, ils se trouvaient dans une loge bien garnie - et qui aurait être mieux rangée, selon ses critères, mais il s’abstint de toute remarque, ne voulant surtout pas froisser son hôte qui s’évertuait à lui trouver une tenue adéquate, ce qui ne devait pas être une mince affaire. Par réflexe, il se recroquevilla, rentrant son cou dans ses épaules, comme pour se rapetisser, s’excuser d’être si grand, s’excuser de prendre autant de place et il resta là, un peu mal à l’aise, n’osant pas faire un bruit alors que l’autre s’agitait dans un placard qui l’avalait de moitié. L’inconnu finit tout de même par se présenter, la voix un peu étouffée par le fait qu’il était à demi-enfoui sous tout un tas de vêtements et son insouciance désarçonna un peu Hammer, qui se demanda quelle image il offrait là, raide et tendu, et il tâcha de se laisser aller, sans vraiment savoir où tout ça allait le mener puisqu’il ne s’était pas laissé aller depuis… sa naissance ? Il se racla la gorge et fit un pas vers le jeune homme, dans une vaine tentative d’aide. « Hammer. 1m93. Pour tout autre renseignement, il faudra que tu t’adresses à mes avocats, j’en ai peur. » lâcha-t-il avec un sourire contrit, comme s’il s’excusait de son trait d’humour. Mais Emerson ne sembla pas lu en tenir rigueur - dieu merci ! - et se retourna vers lui, Hammer devinant sa mine affable dans la pénombre, pour lui tendre un accoutrement qui l’aurait fait grimacer en temps normal mais qu’il accueillit comme le messie. Il ne le réalisa qu’à l’instant, mais il frissonnait de toutes parts et ses vêtements collaient à son corps tremblant, ne lui offrant aucun réconfort. Contrairement à Emerson qui lui donna les vêtements et eut l’intelligence de se tourner avant même que Hammer n’ait à le demander. « Pas sûr que le boa m’aille aussi bien qu’à toi. Je vais me contenter de ce pull conceptuel. Bon sang, je suis dans un état lamentable. » Avec des gestes précautionneux, un peu gênés, il se défit de ses fringues trempés et les étendit maladroitement sur une chaise. Qu’aurait penser le Hammer de New York s’il l’avait vu ainsi, presque entièrement à poil devant un inconnu ? Sans doute l’aurait-il fustigé. Mais Hammer n’était plus ce garçon-là. Il n’en avait plus la possibilité ni l’envie et c’est maladroitement - mais sans impression de se couvrir de honte - qu’il se vêtit du costume amené par Emerson. Il remua dedans pendant quelques secondes et rit malgré lui, un son rare, étrange dans les circonstances dramatiques qui l’avaient mené jusqu’ici. Car il était peut-être à l’intérieur, au sec, mais qu’en était-il de AJ ? Son frère était-il vraiment à l’abri, comme Wes l’avait prétendu ? Pouvait-il faire confiance à ce gamin pour gérer le feu follet qu’était son frère ? Il n’avait pas d’autre choix pour le moment et il releva les yeux vers Emerson, toujours détourné. « C’est bon, je suis visible et décent. Et d’une élégance rare, grâce à toi. » Il remit maladroitement ses lunettes sur le bout du nez et le visage du garçon lui apparut dans la pénombre, caressé par les faisceaux de la lampe-torche. « Je peux peut-être un coup d’oeil à ton installation électrique. Je ne veux pas t’impressionner ou quoi que ce soit mais j’ai été chef scout. » lâcha-t-il avec un sourire presque embarrassé. Son passé d’éclaireur n’avait rien de glorieux, mais si ça pouvait servir aujourd’hui… « Je suis plutôt bon en bricolage, c’est ce que je veux dire. » balbutia-t-il, les joues un peu rouges. Ah, il devait avoir l’air comique, avec son pull dépareillé, ses lunettes humides, ses cheveux ébouriffés et ses joues cramoisies.

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Message· · Sujet: Re: song of the rainy day song of the rainy day EmptySam 17 Nov 2018 - 12:19

Il aurait pu envisager de terribles issues à se retrouver seul avec un inconnu dans un endroit plongé dans l’obscurité, où il pouvait être aussi dangereux d’être à l’intérieur qu’à l’extérieur. Face à un type d’une telle taille et carrure, quelles chances avait-il, en effet ? Mais il s’était toujours senti en sécurité entre les murs de la salle de spectacle. C’était là qu’il avait eu pour la première fois l’impression de trouver sa place, là qu’il avait accepté un rôle clé, là qu’il pouvait évoluer à sa guise. Sa responsabilité consistait à rester dans l’ombre et à s’assurer que tout suivait son cours sans le moindre accroc. Nul besoin d’interagir avec une foule de gens, il devait juste coordonner les tâches avec ses collègues et ils formaient une sacrée bonne équipe, comme il avait pu le constater lors des moments forts et intenses où leur concentration totale était requise. Même au coeur de la bataille, Emerson s’était toujours senti utile, au bon endroit au bon moment, maillon d’une chaîne solide qui faisait fonctionner la machine. Alors, non, même ce soir, alors que tous les éléments pouvaient se combiner pour qu’il soit la victime idéale d’un mauvais thriller, le jeune homme se sentait en confiance et en terrain connu, raison supplémentaire, sans doute, qui lui permettait de se sentir aussi à l’aise avec l’étranger.
En même temps, songea Emerson en souriant intérieurement, le gars l’avait vu affublé d’un manteau extravagant, on ne pouvait pas faire pire comme première impression et il décida dès lors de ne pas s’en faire. Ce soir était un soir étrange, du début à la fin, et il s’en accommoderait, comme il s’était accommodé de beaucoup de choses dans sa courte existence. Et puis, il fallait bien qu’il l’avoue : ne pas se retrouver complètement seul ce soir, par ce temps, avait quelque chose de rassurant, même si cela donnait l’impression qu’ils étaient les seules âmes qui vivent encore dans cet univers chaotique. Pendant un instant, Emerson se demanda s’il trouvait la situation aussi bizarre que lui puis il conclut que, certainement, le jeune homme ne se réfugiait pas tous les jours dans un vieux bâtiment obscure où il était accueilli par une demi-portion au plumage chatoyant.
Un sourire vint arquer les lèvres d’Emerson à la réponse du géant – dénommé Hammer, donc, mesurant presque deux mètres – et il secoua la tête :
- Je pense que ça ira, ça me suffit pour l’instant, Hammer, 1m93.
Il offrit les vêtements à son invité et se détourna, lui laissant l’intimité pour troquer ses vêtements trempés contre l’accoutrement de fortune. Si Hammer avait été un comédien, il aurait sans doute fallu refaire la moitié des costumes pour qu’ils soient à sa taille, pensa Emerson en jouant avec les plumes douces de son manteau qui lui donnait l’impression d’être un oiseau extrêmement rare.
- Il va beaucoup mieux à la nana qui le porte d’habitude, crois-moi, répliqua Emerson avec un petit rire en songeant à la comédienne aux cheveux d’un blond soyeux qui l’enfilait comme une reine et pouvait se pavaner sur scène avec sans paraître ridicule, ce qui serait son cas s’il devait défiler devant une salle comble.
Hammer émit un rire et Emerson fut tenté de se retourner mais il hésita et s’en abstint finalement, levant le nez pour fixer le plafond qu’il ne voyait pas du tout, avant de balayer le mur d’en face avec le faisceau de sa lampe. Il réalisa à quel point il était étrange d’évoluer dans un endroit connu dans l’obscurité, comme s’il le découvrait sous un nouveau jour – ou une nouvelle nuit, en l’occurrence. Cette pièce, contrairement à la salle de spectacle, étant en général parfaitement illuminée et les comédiens y échangeaient des plaisanteries et des bavardages légers pour se détendre avant de monter sur scène ou après en être descendus.
Emerson finit par revenir à son acolyte quand celui-ci lui donna la permission et il lâcha un petit rire en passant en revue l’accoutrement du jeune homme.
- Je parie que tu es l’une de ces personnes à qui tout peut aller, même les fripes les plus affreuses. C’est parfaitement injuste, pour ta gouverne, déclara Emerson, sans la moindre once de mensonge. Chef scout ? Rien que ça !
Il était à peu près certain d’avoir affaire à un citadin qui ne connaissait de la nature que son expérience en tant que chef scout. Il n’avait sûrement pas grandi dans une ferme, perdu dans le lointain Wyoming, au milieu des chevaux et des corvées physiques. Mais ce n’était pas le moment d’entrer dans un débat et Emerson ne tenait pas à évoquer son propre passé, alors il haussa les épaules et lui fit un signe de tête pour l’inviter à le suivre.
Ils reprirent leurs pérégrinations dans l’infrastructure désertée et Emerson le mena derrière la scène, dans le local où les disjoncteurs se trouvaient.
- C’est là, dit-il en entrant dans la pièce exiguë. J’imagine que ce sera plus simple si je continue à tenir la lampe mais c’est un peu étroit.
Emerson se poussa contre le mur et pointa la lumière sur le puzzle compliqué du circuit électrique.
- Si le problème ne vient pas de là, on devrait sans doute s’enfoncer dans le labyrinthe du sous-sol mais je t’avoue que cette perspective ne m’enchante pas, lui confia Emerson, qu’un léger frisson fit trembler en pensant aux couloirs humides et sombres en toutes circonstances.
Il ne s’y aventurait lui-même que contraint et forcé, non pas qu’il soit vraiment effrayé mais il était soudainement pris d’une crise de claustrophobie lorsqu’il devait évoluer en sous-sol.

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Hammer Haggard

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Message· · Sujet: Re: song of the rainy day song of the rainy day EmptyMar 29 Jan 2019 - 0:01

Etait-il né imbécile ? Avait-il un problème au niveau de la connexion de ses neurones ? Pourquoi fallait-il qu’il soit si social awkward, même dans les pires situations, surtout dans les pires situations ? Hammer avait cessé de se poser la question. Son passé de chef scout n’était qu’un badge de plus qu’il épinglait à son étendard de weirdo assumé. Et puis, ça aurait pu être pire, non ? Chef scout, ça n’était pas si terrible. Et ça se révélait même parfois utile (si l’on exceptait les photos de lui, déjà trop grand pour son uniforme), comme maintenant ! Rester dans le noir, avec pour seule source de lumière cette petite lampe-torche ne lui disait rien qui vaille. Il n’aimait pas particulièrement l’obscurité et encore moins ce qui se cachait entre ses pans.
Heureusement pour lui et ses peurs d’enfants, Emerson lui fit signe de le suivre - après lui avoir assuré qu’il était certain de sa fière allure, ce que Hammer ne croyait pas une seule seconde - et ils avancèrent encore un peu plus dans les entrailles du théâtre. Tout n’était qu’humidité, obscurité et bruits peu rassurants, mais Hammer avait vu pire - il avait une fois géré Izzy Salinas en sortie de boîte une nuit de pleine lune, il était donc objectivement prêt à affronter à peu n’importe quoi - et c’est avec une assurance renouvelée en sa masculinité et ses talents de bricoleur qu’il se planta devant la porte du local à disjoncteurs, qui s’ouvrit en grinçant, laissant apparaître le circuit électrique. Rangée dans un coin, une boîte à outils prenait la poussière et Hammer pencha légèrement la tête pour mieux voir dans quoi il se lançait. Alors qu’il s’accroupissait devant le circuit, la remarque d’Emerson le fit brièvement sourire et il détourna les yeux un instant pour essayer d’apercevoir le visage dépité de son compagnon. « Je vais tout faire pour nous éviter le sous-sol. Parole de scout ! » Et pour rassurer Emerson, il lui adressa même un petit salut militaire, le même qu’il avait l’habitude de faire des années auparavant lorsqu’il se présentait, porte après porte, pour récolter de fonds, la cause pour laquelle il se battait restant toujours vaguement nébuleuse.
Sans attendre, Hammer se mit au travail. Le plus tôt il réglait le problème, le plus vite il faisait revenir la lumière dans le théâtre - et accessoirement, le chauffage. Il n’en prenait conscience que maintenant, mais même avec ses vêtements secs, il grelottait de froid. « Voyons voir si j’ai de bons restes. » murmura-t-il en tirant la boîte à outils vers lui. Il se sentait un peu ridicule à endosser le rôle du bricoleur du dimanche devant cet inconnu, mais qu’importe : ce n’était pas la première fois - et ni la dernière, si on tenait compte de son pedigree - qu’il prenait le risque de griller sa couverture et de révéler qu’il était aussi smooth que du verre pilé. Il farfouilla dans la boîte à outils et en tira un tournevis dont il se servit pour écarter les fils emmêlés. Retraçant la pelote de noeuds du bout de son outil, il finit par parvenir au boîtier qui abritait les plombs et y glissa la main pour actionner l’antique poignée. « Haha ! À nous deux ! » s’exclama Hammer, triomphant. Il referma les doigts autour du plastique poisseux et abaissa le mécanisme. Un horrible craquement se fit entendre, lui faisant craindre que non content d’avoir réduit à néant leur chance de retrouver la lumière il avait aussi fait éclater le crâne d’un animal mort, mais au bout de longues secondes, des bruits de néon se mirent à bourdonner. Halogène par halogène, la lumière revint, vacillante, crue, mais bien là, jetant une lueur jaunie sur le théâtre et ses deux seuls fantômes du moment. Hammer jeta le tournevis dans la boîte à outils et se tourna vers Emerson. « Pas besoin de jouer les explorateurs au sous-sol, finalement. Je te l’avais dit : scout un jour, scout toujours. » Il se redressa avec un sourire et put enfin découvrir à qui il avait réellement affaire : un garçon aux cheveux de jais, dont les yeux clairs tranchaient avec le reste. Emmitouflé dans son boa, il semblait encore plus frêle que Hammer ne se l’était imaginé mais là encore, son opinion de géant l’empêchait d’avoir une opinion éclairée sur le propos. À la place, l’aîné Haggard esquissa un sourire un peu hésitant et déplia ses lunettes pour les remettre sur le bout de son nez. Ça n’était pas beaucoup mieux - en fait, c’était pire, car ses lunettes étaient ébréchées et constellées de gouttes d’eau - mais au moins, ça lui permettait de ne rester planter comme un piquet et à sourire bêtement. « Hmm, ça… ça tient toujours, ton offre de regarder un film ? » Hammer se passa une main nerveuse dans ses cheveux humides, inconscient qu’il venait de les hérisser en pics de hérisson sur le haut de son crâne. Il prenait peu à peu conscience de l’étrangeté de la situation, lui, coincé avec ce garçon dans ce vieux théâtre bringuebalant qui sentait la poussière et l’humidité. Il n’était pas mal à l’aise, pourtant. Il se sentait plutôt en apesanteur. Comme si ce moment n’appartenait ni au temps, ni à l’espace, une sensation qu’il rapprochait des longues heures d’attendre en aéroport ou dans les gares. Bizarre, vraiment. Un coup de tonnerre particulièrement puissant le rappela soudain à la réalité et il baissa à nouveau les yeux vers son compagnon d’infortune. « Parce que je crois que j’ai fait assez de bricolage pour aujourd’hui. » conclut-il en se mordant la lèvre, secoué d’un petit rire incrédule.

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Emerson Moore

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Message· · Sujet: Re: song of the rainy day song of the rainy day EmptyMer 6 Fév 2019 - 15:05

L’obscurité n’avait jamais été un monde qui effrayait Emerson. En réalité, il avait l’impression d’y évoluer avec plus d’aisance qu’à la lumière du jour, au vu de tous. C’était sans doute pour cela qu’il s’était d’emblée senti à l’aise dans les coulisses, à l’abri des feux des projecteurs. Il ne savait pas s’il devait y voir un lien avec ce qu’il cachait aux autres depuis si longtemps – son frère et ses parents, en fait – ou si cela faisait simplement partie de son tempérament. Avait-il toujours aimé se réfugier dans l’ombre quand il vivait dans le Wyoming ? Aussi loin que remonte sa mémoire, les instants qu’il préférait étaient ceux passés autour d’un feu de camp, au fin fond de la forêt ou sur les berges d’une rivière, à la nuit tombée, quand le ciel se parait de couleurs extravagantes et que les flammes diffusaient des lumières dansantes sur les visages qui les cernaient. A moins que ça soit simplement le privilège de pouvoir trainer avec Cameron et ses amis. Qui savait ? Et à quoi bon analyser la chose alors que cela lui semblait désormais si lointain.
Une autre ville. Une autre vie.
Hammer sembla soudainement rapetisser mais c’était uniquement parce qu’il s’accroupissait et Emerson suivit son mouvement avec le faisceau de la lampe. Le garçon ne put s’empêcher de se mordiller l’intérieur de la joue en détaillant son compagnon d’infortune. Même Cameron, qui pourtant n’était pas à classer dans les nains, aurait paru petit à côté de Hammer et cela fit retrousser les lèvres du jeune Moore. Penser à son frère le faisait rarement sourire mais, dans ce cas-ci, il ne put s’en empêcher. Emerson se demanda si cette caractéristique était un handicap pour le bricoleur ou si tout paraissait accessoire, vu de là-haut. L’œil perdu dans le vague, Emerson dut battre des paupières en réalisant qu’il fixait son interlocuteur alors que ce dernier avait reporté son attention sur lui.
- Bon, si c’est un Scout qui le dit, plaisanta-t-il avec un petit rire embarrassé, espérant que l’autre n’avait pas remarqué l’attention dont il était l’objet.
Le jeune homme croisa tant bien que mal les bras et n’émit plus la moindre réflexion, pour ne pas déconcentrer Hammer. Au bout de quelques secondes, ce dernier abaissa une sorte de poignée et quelque chose, dans le lointain, sembla se réanimer. Attentif, Emerson leva le nez et guetta un rayon de lumière. Il y eut d’abord un éclair suivi d’un grondement puis un grésillement annonça le retour de l’électricité. L’obscurité battit en retraite et, peu à peu, Hammer se dévoila dans toute sa splendeur, ce qui prouva à Emerson qu’il avait eu raison : même affublé de frusques ridicules, il était auréolé d’une certaine classe. Ce qui ne fit que le renvoyer à son accoutrement burlesque.
- Tu viens de sauver notre soirée, concéda Emerson, conscient de la chaleur qui grimpa lentement le long de son cou jusqu’à atteindre ses joues pour les teinter d’un rose embarrassant.
Le garçon se gratta la joue, gêné d’être à son tour détaillé et il se demanda un instant ce que Hammer voyait. Un gars chétif, sans aucun doute. Un gars pelotonné dans un manteau coloré qui ne ressemblait en rien à ce qu’il avait l’habitude de porter, lui qui préférait le camouflage, les vêtements passe partout. Encore une façon plus ou moins consciente de se cacher, à l’évidence.
- Oh ! Ou—oui, bien sûr ! Suis-moi !
Soulagé de cette diversion sans laquelle il serait sûrement resté là à contempler Hammer d’un air hypnotisé, Emerson se faufila hors de la pièce. Il écarta un lourd rideau de velours et se retrouva sur cette scène qu’il contemplait presque chaque soir et qu’il ne foulait qu’en de très rares occasions. Il la traversa avec l’impression de défiler dans sa tenue extravagante, puis il descendit les quelques marches, non sans jeter un coup d’œil par-dessus son épaule pour s’assurer qu’il ne semait pas son invité surprise.
- C’est par là !
Il désigna une porte à droite et la poussa. Là aussi les lumières étaient revenues et la chaleur y reviendrait bien plus facilement, vu la taille de la pièce. Il maintint la porte ouverte jusqu’à ce que Hammer prenne le relais et s’avança dans la petite salle de projection où quelques sièges semblables à ceux qui occupaient la salle de théâtre étaient alignés devant un écran. Un vieux projecteur trônait derrière les sièges et Emerson s’approcha des caisses qui contenaient les bobines :
- Installe-toi et dis-moi ce que tu aimerais voir. On a… de la romance, de l’horreur, du mystère… Que du noir et blanc ou presque…
Le jeune homme entreprit de déchiffrer les titres qui étaient inscrits sur de vieilles étiquettes et les cita à voix haute :
- Eraserhead, Citizen Kane, To Kill a Mockinbird, On the Waterfront, Paths of Glory, Modern Times, que des nouveautés ! The best years of our lives ! J’ai vu ce film au moins trois fois ! Je te laisse réfléchir à ce choix cornélien et je vais aller nous chercher de quoi grignoter !
Et sans même laisser à Hammer le temps de répondre, Emerson disparut par une porte du fond. Maintenant que les lumières étaient revenues, il se déplaça avec plus d’aisance et rejoignit en quelques enjambées l’endroit où étaient stockées les friandises en tous genres.
- C’est pour la bonne cause, se défendit-il en jetant un œil au portrait d’un chanteur qui était accroché au mur. Je remplacerai tout, promis !
Emerson gloussa pour lui-même et remplit les poches de son manteau à plumes en plus d’utiliser son pull comme une poche de kangourou. Il revint ensuite sur ses pas et retrouva la salle de projection. Faisant attention à ne pas renverser, il s’approcha d’un siège libre à côté de Hammer et y déversa son butin.
- Tadam ! Alors tu as choisi ? s’enquit-il en saisissant un sachet de cacahuètes qu’il retourna pour s’en remplir la paume avant de les grignoter une à une. Je peux te poser une question un peu indiscrète mais qui m’intrigue… ? Qu’est-ce que tu fabriquais dehors sans veste ? Tu n’étais pas au courant de ce qui allait nous tomber sur la tête ?
Il espérait que ça n’allait pas vexer Hammer. Après tout, cela ne le regardait pas, mais à le voir, trempé comme il l’était et trop peu vêtu pour affronter la tempête, il ne pouvait s’empêcher d’y repenser.

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