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 if it weren't for the last minute, nothing would get done

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the boy in the bubble.

Parker O'Brien

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Message· · Sujet: if it weren't for the last minute, nothing would get done Dim 23 Sep - 17:20

ALEX + PARKER
@Alexandrine Lyons

Parker avait mal calculé son coup, c’était le moins que l’on puisse dire. Persuadé de pouvoir faire un saut à l’épicerie pour ramener de quoi tenir un siège si la tempête s’éternisait, il était entré dans la boutique d’un pas pressé, plusieurs sacs en toile sous le bras. Toutefois, le temps d’avoir fait le tour des rayons et le ciel s’était considérablement assombri. Le manager du magasin était venu demander poliment aux clients de se presser parce que l’épicerie allait fermer dans les prochaines minutes et la plupart des visiteurs avaient sans doute perçu le ton pressant du commerçant car le temps que Parker finisse de remplir son panier, les allées s’étaient vidées, certains rayons étaient déjà éteints et il ne restait, en dehors de lui, qu’un type qui ronchonnait et une blonde de son âge qui paraissait dans la lune. Le jeune policier attrapa encore une boite ou deux de biscuits au hasard et se dirigea vers la caisse, même si cela lui aurait paru tout aussi possible qu’il se jette dans l’oeil du typhon, tant la rue était désormais inquiétante, balayée par le vent et la pluie, tandis que des passants se précipitaient vers un abri – leur domicile, sans doute.
- Y avait longtemps qu’on n’avait plus eu un chaos pareil, hein? s’exclama le manager avec un rire nerveux, tout en scannant les articles de Parker.
Le jeune homme acquiesça, essayant de se rappeler à quand remontait la dernière tempête mais il était peut-être trop jeune ou inconscient pour avoir perçu l’ampleur de la chose à l’époque. Maintenant qu’il vivait seul et à la perspective de ramener des courses qu’il avait bêtement repoussées autant que possible, la tourmente lui semblait bien plus inquiétante.
- 75,18 dollars, s’il vous plaît.
Parker sortit l’argent et le tendit, l’attention toujours fixée sur le décor extérieur, comme un gamin qui ne peut détourner les yeux d’une scène macabre. Il rangea ensuite ses achats dans les sacs, méthodiquement, comme d’habitude, et attrapa les lanières, s’apprêtant à affronter la tourmente quand quelque chose heurta violemment la vitrine, le faisant sursauter.
- Qu’est-ce que c’était ? s’inquiéta le client grognon.
- Je ferais sans doute mieux de baisser un peu le rideau de fer, se dit le manager en demandant à l’homme de patienter.
Parker assista à l’échange sans un mot et s’approcha de la porte, se demandant s’il était prudent de mettre le nez dehors et s’il devait guetter une accalmie avant de tenter une sortie précipitée. Toutefois, il n’eut pas le temps de pousser la réflexion plus loin : le rideau était à moitié baissé sur une large partie de la baie vitrée quand les néons commencèrent à clignoter, leur faisant lever la tête. La minute d’après, le magasin était plongé dans la nuit, alors qu’il n’était pas vingt-et-une heures. Une série de jurons se répercuta dans l’épicerie et Parker jeta un coup d’oeil autour de lui. C’était l’instant ou jamais. Il fit un pas vers la porte, prêt à courir jusqu’à sa voiture, quand un nouvel objet non identifié – une poubelle, selon lui – s’écrasa contre la porte, faisant voler en éclats le bas de celle-ci. D’instinct, Parker recula et suivit la suggestion du commerçant de se réfugier vers l’arrière du magasin. Le jeune homme contempla la pluie qui s’infiltrait à travers la brèche et il sentit le vent qui lui fouettait les mollets au moment où il tourna les talons et passa entre les caisses enregistreuses pour suivre les quelques retardataires vers l’arrière du magasin. Le bonhomme maugréait toujours et Parker décida de se mettre le plus loin possible de lui, n’ayant aucune envie de subir ses mots grincheux en attendant qu’ils puissent sortir. Il avisa la jeune femme blonde aperçue plus tôt et esquissa un sourire dans sa direction avant de s’asseoir dans un coin.
Quel idiot ! S’il n’avait pas remis à plus tard, encore et encore, sa corvée, il serait bien au chaud dans sa chambre. Au lieu de quoi, il était assis en tailleur, ses deux sacs posés de chaque côté de lui, sur un sol froid et dur. Il attrapa un paquet de biscuits et l’ouvrit, considérant qu’il en avait le droit puisqu’il l’avait payé, et enfourna une poignée dans sa bouche. La situation le rendait nerveux et quand il était nerveux, il avait envie de manger.
- Vous en voulez? finit-il toutefois par proposer à l’inconnue, se disant qu’il n’était peut-être pas poli de s’empiffrer sans proposer.

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Alexandrine Lyons

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Message· · Sujet: Re: if it weren't for the last minute, nothing would get done Mar 30 Oct - 20:59

Quand sa mère avait proposé de faire un repas à thématique, elle avait aussitôt sauté sur l’occasion. Les débats avaient été interminables, mangerait-on italien ? français ? mexicain ? Impossible de choisir. Alors, chacun avait voté, à l’exception de Nomi, absente lors de la séance improvisée, et la famille dinerait donc à la française dans la soirée. C’était un pays parmi tant d’autres qui l’avait toujours fait fantasmer, comme bon nombre de rêveurs solitaires. Elle avait puisé au fil de ses lectures, et de ses séances cinématographiques, des références parfois tronquées du pays tricolore, mais qu’à cela ne tienne ! Un jour, elle irait à son tour profiter des rues pavées, de la tour Eiffel et de tous ces musées aux noms subtils. En attendant, elle était de corvée de courses. Une tâche qui ne la dérangeait pas plus que ça, et qu’elle avait accepté avec diligence, trop pressée de déguster la cuisine émérite de son ainée. Deux sacs sous le bras, elle fila aussitôt sur sa bicyclette en direction de la petite épicerie de quartier. Les bourrasques répétées la prirent de surprise – ne faisait-il pas grand soleil encore ce matin ? – et elle mit plus de temps que prévu pour arriver au commerce d’appoint. Sans trop s’attarder, la jeune artiste attacha le vélo et s’engouffra à l’intérieur pour se mettre au chaud. L’endroit était désert, ce qui en soit n’était pas très surprenant, les prix étaient exorbitants malgré la gentillesse du propriétaire. De plus en plus de monde lui préférait de loin les hypermarchés en périphérie, mais le vieux subsistait, en dépannant les habitants catastrophés par un quelconque oubli. Perdue dans les rayonnages, Alexandrine observait tout et rien à la fois. Si elle était venue avec une liste précise, elle était désormais en train de flâner avec un flegme légendaire. La contemplation était toutefois régulièrement troublée par les rafales violentes qui sévissaient dehors et lui donnaient la chair de poule. Au fil des allées, elle remplissait son panier, s’arrêtant ici ou là pour jeter un coup d’œil sur une étiquette saugrenue ou un aliment qui lui paraissait étrange. Elle en fut tirée abruptement par un bruit énorme, qu’elle n’aurait su précisément identifier. Dans ces cas-là, l’esprit partait à tout régime sur des scénarios complètement saugrenus et improbables. La moitié de ses affaires échoua sur le sol, et elle s’empressa de tout ramasser à la va vite, pour se diriger vers l’entrée. Près de la caisse, plusieurs personnes commençaient à s’agiter dans un concerto de voix, où la peur se devinait derrière les trémolos aigus. Le gérant avait entreprit de baisser le store métallique en guise de barricade. Fallait-il sortir pour rentrer au plus vite ? Ou au contraire se calfeutrer dans la salle ? Elle vit un garçon hésiter puis finalement se ranger, en voyant une poubelle briser la porte en mille morceaux. Nouveau sursaut ! La situation empirait à chaque seconde et à présent la pluie s’engouffrait par le trou béant. « Venez Mademoiselle. Dépêchez-vous. » Bon gré mal gré, et carrément à l’ouest, elle suivit son ainé vers le fond, où s’étaient réfugiés les clients de passage. Muée d’un réflexe soudain, elle récupéra son téléphone pour s’enquérir de l’état de ses proches et prévenir qu’elle ne serait pas de retour de sitôt. Malheureusement le réseau était tombé en rade, et le pictogramme ne cessait pas de s’agiter sur l’écran. C’était bien sa vaine. Elle fourra l’objet inutile dans sa poche et observa ses comparses pour les prochaines heures à venir, puisque visiblement, ils étaient coincés ici pour un moment. Elle ne connaissait aucun d’entre eux, mais un des rescapés solitaires venait d’esquisser un sourire à son attention. Par politesse elle le lui rendit, et avisa sa propre bannette pleine de provisions, qu’elle n’avait pas pu payer à cause des chamboulements climatiques. Elle soupira ; tout ça la mettait curieusement en appétit, mais elle n’osait pas toucher la marchandise, par crainte de se faire sermonner – même si avec tout ce raffut, ce larcin n’aurait surement guère inquiété le personnel. Ce fut donc avec diligence qu’elle acquiesça à la demande de son nouvel ami. « Oui, je veux bien, c’est gentil de ta part. » Ses grands yeux bleus le toisèrent avec plus d’intérêt que précédemment, elle aimait bien son visage et ses tâches de rousseurs. Il lui inspirait confiance. « Je m’appelle Alexandrine et toi ? » Ils avaient l’air d’avoir le même âge, autant se tutoyer. Se faisant, elle glissa le long du mur pour s’asseoir sur le sol à ses côtés. « On se croirait dans un roman ou une de ces fictions qu’on voit à la télévision. Nous tous réunis ici, des gens pris au hasard, et qui n’ont rien à voir entre eux. Tu crois au destin toi ? » Elle-même y croyait-elle ? Un peu. Elle était de ceux dont les croyances étaient fluctuantes et incertaines, souvent attachées à des rituels idiots et farfelus. Le tout était inscrit  dans un recueil tout abimé, où elle notait portes bonheur, grigris, et subterfuges factices pour tromper le mauvais sort.

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Message· · Sujet: Re: if it weren't for the last minute, nothing would get done Sam 17 Nov - 18:06

En soi, il n’y avait rien de dramatique à rester coincer-là, même s’ils devaient rester enfermés jusqu’à ce que la tempête soit passée, ils n’en mourraient pas. Mieux, quel meilleur endroit qu’une épicerie pour tenir un siège ? S’ils avaient faim, ils iraient piocher dans les rayons quelque chose de comestible et si ce n’était pas un bon repas chaud réconfortant, cela aurait au moins l’avantage de leur remplir l’estomac. Personne n’attendait Parker, personne ne s’inquiéterait sans doute de l’endroit où il se trouvait. Il avait bien deux colocataires mais chacun vivait sa vie et il y avait longtemps qu’il avait appris à ne pas se demander où les filles disparaissaient. En ne le voyant pas rentrer, elles en concluraient sûrement qu’il s’était réfugié quelque part et puis voilà. Il ne manquerait à personne non plus, songea-t-il avec une certaine amertume qu’il ravala d’un soupir las. Il aurait aimé avoir une famille – ou au moins quelqu’un – qui se soucie de lui, qui l’attende quelque part, qui soit content de le voir. Quelqu’un à qui il pourrait envoyer un simple message pour prévenir qu’il était coincé à l’épicerie du coin et rentrerait dès que possible. Quelqu’un qui lui répondrait d’être prudent et d’appeler si besoin. Était-ce trop demander ? Ou devait-il se faire à l’idée que son existence serait celle-là jusqu’à la fin de ses jours ? Il avait cru qu’en trouvant sa voie, en réussissant l’école de police, en obtenant son badge, il découvrirait la satisfaction d’une chose accomplie mais sa réussite n’avait qu’à peine comblé le vide qu’il ressentait et qui se faisait d’autant plus sentir à cet instant, sur ce sol froid et impersonnel. Il observa alors ses compagnons d’infortune et se demanda si quelqu’un les attendait et s’inquiétait pour eux ou s’ils étaient des âmes esseulées comme lui. À coup sûr, le bonhomme ronchon en était une, se dit Parker, peut-être un peu injustement. Finirait-il un jour aigri comme lui ? Cette pensée le fit frissonner d’horreur et il la chassa comme il put mais c’était à croire que la tourmente avait l’art d’éveiller toutes ses craintes les plus enfouies parce qu’il porta ensuite son regard sur l’épicier et l’image ne lui plut pas davantage. Ne restait alors que la jeune femme de son âge et il espéra qu’elle, au moins, avait une famille. Puis ses lèvres s’arquèrent vers le bas. Bien sûr qu’elle avait une famille, des amis, un petit ami. Elle avait l’air d’un ange tombé du ciel, il était impossible qu’elle soit seule au monde. C’était comme si elle attirait la lumière malgré elle et Parker détourna la tête, non pas parce qu’il en avait marre de la dévisager mais parce qu’il ne voulait pas la mettre mal à l’aise avec son regard insistant. Parker l’imita en sortant son téléphone, non pas pour vérifier s’il avait un message trahissant la moindre inquiétude – même si au fond de lui, il en avait tout de même espéré un – mais pour donner l’illusion de s’occuper. À quoi bon fixer un écran à moitié vide, toutefois ? se demanda-t-il en rangeant presque aussitôt l’appareil qui accentuait sa solitude. Proposer de partager un repas de fortune lui semblait donc l’autre meilleure alternative car s’ils devaient partager cet espace, autant le faire en discutant, ce qui ferait sans doute passer le temps plus vite – du moins Parker l’espérait. L’inconnue accepta sa proposition et il tendit le bras pour qu’elle puisse se servir mais quand elle l’observa plus attentivement, comme si elle ne le remarquait vraiment que maintenant qu’il avait brisé le silence et s’était adressé à elle, le jeune policier sentit une certaine gêne l’envahir. Prêt à se murer à nouveau dans un silence embarrassant, il en fut toutefois détourné quand elle se présenta :
- Pa—Parker O’Brien, souffla-t-il avant de grimacer.
Qui se présentait de son nom en entier quand le prénom suffisait ? En bégayant, qui plus est. Il songea qu’elle avait un bien étrange prénom mais se garda bien de commenter à voix haute. Il reprit une poignée de biscuits et les glissa un à un entre ses lèvres. Alexandrine s’installa à côté de lui et il la regarda un instant avant de détourner les yeux pour se concentrer sur son paquet de biscuits. Ce qu’elle dit ensuite le laissa perplexe et il prit le temps de considérer sa question avant de secouer faiblement la tête, presque désolé de ne pas y croire, à ce fichu destin. Parce que s’il y en avait un, il se demandait bien quel était le sien.
- Non, pas vraiment. Toi oui ?
Elle avait l’air d’être du genre à y croire, il ne savait pas pourquoi il en venait à cette conclusion. Peut-être à cause de l’air rêveur qu’il l’avait vu arborer tout à l’heure, lorsqu’elle errait entre les rayons comme une fée à la beauté éthérée.
- Et puis, qu’est-ce que ça veut dire, le destin ? Que c’est écrit quelque part ? Qu’il y a une raison aux événements qui nous arrivent?
Dans ce cas, il devait avoir fait beaucoup de mal dans une vie antérieure pour que le karma s’acharne sur lui. Mais cela, il s’abstint de le dire à la demoiselle.

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Message· · Sujet: Re: if it weren't for the last minute, nothing would get done Dim 2 Déc - 13:47

Le pictogramme redoublait ses mouvements colériques sur l’écran de son téléphone, comme si il eut hurlé son désespoir à sa façon. Elle considéra un instant les petits points mis bout à bout, et fut surprise de les voir disparaitre une seule seconde pour laisser place à un message de sa sœur. Profitant de cette fenêtre relativement courte, elle lui répondit rapidement, et rangea l’objet dans sa poche encombrée de tout un tas de bricolas. Tout le monde semble-t-il était sauf, à l’exception de sa mère, qui était introuvable. Pour autant, Alexandrine ne se faisait pas trop de soucis, intimement convaincue que celle-ci devait être dans une situation similaire à la sienne, autrement dit, victime de la technologie décidément défaillante à la moindre déconvenue. Pour une fois que le problème n’était la conséquence d’une de ses maladresses… Elle eut un petit soupir équivoque, puis s’intéressa à ces alentours qu’elle avait délaissés à l’instant précis où le gérant l’avait poussé à rejoindre le fond de la supérette pour se protéger. On ne voyait plus très bien le paysage extérieur à cause des grilles métalliques, mais à leur niveau, la luminosité faiblissait minute après minute, tandis que tous fixaient le vide d’un regard morne. Pourquoi tant de défaitisme songea-t-elle. Ils n’étaient pas morts, ils étaient à l’abri des tumultes venteux, et disposaient de nourriture à foison. Certes, cela ne vaudrait pas le repas promis par son ainée, mais c’était toujours mieux que rien en attendant de retrouver le réconfort de la maisonnée. D’ailleurs son ventre venait tout juste de se mettre à grogner pour faire connaitre ses désidératas. Une mélodie pas forcément agréable à l’oreille et qui n’avait visiblement pas échappé à son voisin dont elle réalisait seulement la présence. L’œil bleu détailla ce dernier d’une curiosité candide, s’attachant ici ou là de détails superflus, pour arriver au constat suivant : elle ne le connaissait pas. Ou du moins, n’en avait-elle pas la moindre réminiscence. C’était le genre de choses qui lui arrivait régulièrement, quelqu’un l’interpellait dans la rue, et elle se retrouvait là, indécise, cherchant désespérément un prénom qui ne venait pas. Quand il se présenta à son tour, elle sut que son intuition, était la bonne, ce garçon était bel et bien un connu. Alexandrine se pencha pour prendre un seul et unique petit gâteau, même si elle aurait voulu dévorer la boite entière. Par politesse, elle n’abusa pas de la gentillesse de son camarade de fortune, tout autant affamé qu’elle à en juger par les miettes éparses sur sa veste au tissus râpeux. « Enchantée, Parker O’Brien. » Elle se fendit d’un sourire amical, puis s’installa sur le sol glacial en repliant ses jambes dans une drôle de position, digne d’une contorsionniste. Autour d’eux, les rares clients continuaient d’aller et venir, le portable à la main, et le teint soucieux. Toujours un peu dans les nuages, elle leur accorda une considération relative, et retourna au mystérieux jeune homme aux traits qui lui rappelaient un vague souvenir qu’elle ne s’expliquait pas. Peut-être était-il le reflet exact d’un de ces portraits du musée où elle se rendait souvent, ou peut-être était-ce une mimique qui lui rappelait celle d’un acteur célèbre du septième art. Elle en éprouva aussitôt une sympathie naturelle, et engagea la conversation par une de ces questions loufoques qui lui passait par la tête. « Oh moi je ne sais pas trop si j’y crois. Parfois oui parfois non, ça dépends des périodes. Je n’ai pas vraiment d’avis tranché dessus. » Elle hausa mollement les épaules, et l’écouta poursuivre sur sa lancée. Le destin était en effet un terme galvaudé, que tous usaient à torts et à travers, quand la malchance – ou le bonheur – pointait le bout de son nez. Elle ne pouvait qu’être on ne peut plus d’accord avec Parker, même si, tantôt elle ses vieux travers ressurgissaient. « C’est surtout un mot derrière lequel se cacher, mais si tout était prévisible ou écrit à l’avance comme tu dis, je crois que les choses seraient bien tristes. Si on part de ce principe là, ça veut même dire que j’étais destinée à être abandonnée par mes parents. » Elle n’avait jamais eu de mal à aborder le sujet avec les autres, ni n’avait eu de ressentiment particulier à cet égard ; c’était ainsi et voilà tout. Maintenant sa famille était les Lyons, et elle en était particulièrement ravie, malgré une sœur capricieuse. « Pourtant je peux pas m’empêcher de penser à ça, quand on se retrouve dans la situation d’aujourd’hui… C’est tellement incongru, qu’on veut à tout prix mettre un mot dessus. » Elle eut un rire amusé comme ces enfants trop enthousiasmes, et continua, sa main s’amusant de l’ourlet défait de son manteau. « Bon, et puisqu’on a toute la soirée devant nous, autant apprendre à nous connaitre non ? Que fais-tu dans la vie Parker O’Brien ? » Elle avait bien une idée en la matière mais était certaine que ce n’était pas la bonne, une fois n’est pas coutume, elle rêvassait plus qu’il ne fallait.

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Message· · Sujet: Re: if it weren't for the last minute, nothing would get done Dim 13 Jan - 18:05

Parker ne se considérait pas comme un rêveur, loin de là, même. Il avait aspiré à des choses, ça oui, mais il n’avait jamais vraiment pu se laisser aller à rêver d’un ailleurs, d’un avenir. Trop terre à terre, sans soute. Était-ce la faute à sa jeunesse dans les foyers ? À quoi d’autre, sinon ? Mais ce serait désespérant de penser que tous les gosses issus du système étaient incapables de rêver à mieux, à une vie meilleure, différente de celle qu’on leur avait offerte à la naissance ou dans les premières années de leur existence. Iris était-elle une rêveuse ? se demanda subitement le jeune homme. Était-elle heureuse ? Avait-elle rêvé de ce statut de femme mariée ? Avait-elle vu en son époux l’homme qu’il lui fallait ? Elle avait semblé comblée par son nouveau mode de vie, avait songé Parker lorsqu’il l’avait découverte dans sa jolie maison, avec ses beaux meubles et une famille pour l’entourer. Mais pouvait-il se fier à cet extérieur ? Il savait, par expérience, que ce qu’on voyait n’était pas forcément la réalité. Après tout, combien de fois n’avait-il pas dû jouer la comédie quand on annonçait la venue d’un inspecteur du système ? Des rôles attribués, des menaces muettes, des regards qui laissaient deviner un avertissement. C’était un revenu, pour certaines de ces familles d’accueil et risquer de le leur faire perdre était un danger auquel les enfants ne se frottaient pas. Qui sait si le prochain foyer ne serait pas pire ? Ici, on avait un lit confortable, un lit à soi, parfois une chambre qu’on ne partageait qu’avec un autre gamin. Là, c’était le repas chaud assuré tous les soirs – un vrai, pas l’un de ces éternels seaux d’ailes de poulet frit dont Parker avait désormais une sainte horreur. Parfois, il avait l’impression d’être défaitiste de nature, pessimiste au plus profond de ses cellules, ce qui l’empêchait d’apercevoir le bonheur quand celui-ci se profilait à l’horizon. Il ne donnait pas envie aux gens de s’adresser à lui. Quand ce n’était pas un souci évident de participer à une simple conversation, c’était son regard méfiant ou son visage fermé qui déviaient les autres vers des interlocuteurs différents. Il s’était à peine amélioré avec son entrée dans la police mais même là il voyait le gouffre qu’il y avait entre sa propre capacité à parler aux gens et celle de certains de ses collègues. Il se sentait inadapté, maladroit, gênant et dès que l’une de ses sensations l’envahissait, il n’y avait plus moyen de se sortir de la spirale infernale et il s’enfonçait dans son malaise, sans autre espoir que celui d’échapper à l’interaction qui le tétanisait.
Le sourire de la demoiselle le rassura toutefois et il en esquissa un à son tour, plus embarrassé et intimidé. Il serait sans doute retourné à son mutisme habituel si elle n’avait pas posé cette question étrange, presque d’ordre philosophique, à laquelle Parker n’avait même jamais songé et qui tournait maintenant dans son esprit comme un moteur à plein régime, le ramenant à sa jeunesse et au pourquoi de son incapacité à croire qu’il puisse exister une chose telle que le destin.
Parker reporta son attention sur elle alors qu’elle divulguait son opinion à son tour et il émit un mmh songeur en hochant la tête. C’était logique mais il ne savait pas trop quoi ajouter. Il pressentit la crise de tétanie qui gèlerait son esprit et l’empêcherait d’agir comme un garçon normal. À coup sûr, elle allait se demander quel était son problème puis s’en irait parce qu’il n’y avait aucune raison qu’elle s’attarde auprès de lui, qu’elle ne connaissait ni d’Eve ni d’Adam. Toutefois, la suite de la conversation le laissa hébété et son regard revint s’accrocher au visage de la demoiselle, les sourcils légèrement froncés, comme s’il n’était pas sûr d’avoir bien entendu.
- Tu—tu as été abandonnée par tes parents ? Tu as aussi été en foyer d’accueil?
Aussi trahissant qu’il en venait lui-même, avec toutes les séquelles que cela supposait. Lui, c’était suite au décès de sa mère qu’il avait échoué parmi tous les gosses dont on ne voulait pas. Quant à son père, il ignorait totalement qui il était. Peut-être était-il mort, lui aussi. Ou c’était un gars de passage. Il ne voulait pas se laisser absorber par ces questions qui l’avaient hanté, enfant, mais il ne put s’empêcher de repenser à toutes ces nuits passées à s’interroger sur le sort de son géniteur. Comme la plupart des enfants sans racines, Parker avait imaginé toutes sortes de choses à propos de ses parents et surtout son père. Sa mère, il préférait y penser le moins possible. Après tout, c’était un peu sa faute s’il était comme il était : un adulte incomplet et terriblement seul.
- C’est juste une tempête, pourtant… C’est juste le hasard si on se retrouve coincés ici..., objecta doucement Parker.
Il ne voyait pas en quoi le destin pouvait avoir une responsabilité dans ce qui se passait ce soir. La tempête était une catastrophe naturelle, rien de plus, et ils faisaient leurs courses, ils auraient pu se retrouver avec n’importe qui. Peut-être qu’en un autre lieu, plus incongru, il aurait mieux compris ce qu’elle voulait dire.
- Oh… je suis policier. Je—j’ai été affecté à Windmont Bay il y a quelques mois. Enfin, je suis né ici donc ça ne change pas grand-chose.
Il n’irait pas se plaindre d’être coincé ici, ni confier qu’il avait rêvé d’être envoyé bien loin de sa ville natale. Alexandrine n’en avait sûrement rien à faire.
- Et toi ?
C’était plus facile de retourner la question plutôt que de réfléchir à une question de son propre cru et il conclut son interrogation en tendant à nouveau le paquet de biscuits à son interlocutrice.

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