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 « Baby you can drive my car » feat. Alabama

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Message(#) Sujet: « Baby you can drive my car » feat. Alabama Jeu 8 Oct 2009 - 23:42


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Croyez-le ou non, il arrivait que Ned Westwood écoute autre chose que du rock. La musique douce, si elle n’était pas vraiment sa tasse de thé, n’était pas non plus quelque chose qui le rebutait complètement. La preuve, il était installé confortablement au volant de son taxi, écoutant la voix mélodieuse de Katie Melua. C’était une cliente précédente qui le lui avait prêté, une habituée qu’il avait emmené à peu près partout et avec qui il discutait allègrement musique, malgré la différence d’âge notoire entre la quadragénaire et le jeune homme de vingt-six ans. Il fallait le préciser : Ned se contrefichait de l’âge, la couleur, le look ou la classe sociale de ses interlocuteurs. Ce qui l’intéressait plus que tout, c’est ce qui se cachait derrière les traits tirés de l’homme d’affaire chevelu qu’il avait poliment conduit à l’aéroport ; c’était ce que signifiait le sourire énigmatique de l’adolescente rêveuse qu’il avait ramenée du parc vers un quartier calme, probablement après un rendez-vous galant qui avait dû bien se terminer, vu la mine réjouie et heureuse qu’elle affichait ouvertement, à défaut de savoir la camoufler ; il s’interrogeait sur le regard légèrement paumé de ce jeune homme à peine plus âgé que lui, qui croisait les bras en regardant par la fenêtre, comme terrorisé à l’idée d’être repéré. Tant de vies, tant de secrets, tant d’identités auxquelles ils pouvaient associer ce qu’il voulait. Des mœurs un peu étranges, une langue étrangère, une passion peu commune ; il y avait de quoi nourrir l’imagination fertile de notre taximan bavard comme pas deux. Et si, encore une fois, il avait accepté de se prêter au jeu du cd, c’était tout simplement parce qu’il aimait cet échange. Il n’aimerait peut-être pas le style (c’était même probable) mais il ferait l’effort de s’arrêter, de mettre son esprit en mode pause et d’écouter avec objectivité la mélodie qu’on lui proposait. On était loin des hits ultra connus, des accords qui lui donnaient des frissons et des paroles rebelles de Green Day. C’était à l’opposé de la voix grinçante et le style qui partait en vrille de Jeff Buckley mais il devait bien l’avouer, c’était agréable à écouter et il serait probablement resté là, à s’imprégner de l’univers Meluesque si son téléphone portable ne s’était mis à gémir « Holiday », la sonnerie qui n’avait pas quitté le jeune Westwood depuis qu’il l’avait acquise, quelques années auparavant.
Evidemment, il mit quelques secondes à le trouver, baissant le volume et farfouillant dans la tonne de paperasse (ne lui demandez pas à quoi elle pouvait bien servir, il n’en avait pas la moindre idée, elle s’était accumulée ainsi au cours de ces derniers mois) pour enfin trouver l’appareil (un vieux modèle, comme vous pouvez l’imaginer, Ned et la nouveauté, c’était deux mondes à part). Evidemment, c’était tout juste, à une poignée de secondes près, son boss (un type bedonnant et puant la transpiration, une véritable infection) raccrochait et faisait appel à un autre chauffeur. Par chance, ce fut Ned qui hérita de la course suivante et il nota rapidement l’adresse où il devait aller chercher la passagère.

« C’est noté » s’exclama-t-il joyeusement avant de raccrocher, coupant son supérieur en plein milieu de ses recommandations, par la même occasion.

Mais Ned les connaissait, ces fameuses remarques. « Ne sois pas trop bavard » « Coupe ta musique de sauvage » « Et par pitié, nettoie ton foutu taxi ou j’te fais bouffer son contenu ! » Inutiles. Ned n’écoutait guère. Il n’avait jamais écouté que son cœur, non pas par égoïsme mais bien parce que c’était dans sa nature de prendre les choses comme elles venaient, qu’elles soient bonnes ou mauvaises. C’était de l’expérience de gagnée, n’est-ce pas ? Et puis, il savait pertinemment qu’il n’aurait jamais à vraiment nettoyer son véhicule ; il n’y avait qu’à voir l’état du garage où il était censé le ranger la nuit (ce qu’il ne faisait que rarement, pour ainsi dire jamais), c’était pire qu’une porcherie. Non, il préférait garder son taxi avec lui, quel que soit l’état de celui-ci.
Il mit le moteur en route et manœuvra avec une facilité déconcertante pour sortir de l’emplacement où il s’était arrêté pour déjeuner. Il fallait bien l’avouer, Ned Westwood était un bon conducteur, aucun accident à son compteur et si son véhicule avait été égratigné, c’était toujours la faute à un chauffeur bien moins adroit. Il savait pourquoi son boss l’avait envoyé lui sur ce coup-là, c’était tout simplement parce qu’il était dans le quartier, sinon il était certain qu’il aurait préféré appeler un autre de ses chauffeurs. Allez savoir pourquoi, entre Ned et son boss, ce n’était pas le grand amour. Peut-être parce que le jeune homme n’avait pas sa langue dans sa poche. Peut-être aussi, parce qu’il n’écoutait tout simplement pas ce que lui disait son supérieur. Quoi qu’il en soit, c’est lui qui avait hérité de cette adresse et il ne tarda pas à réaliser sa chance puisque, en effet, alors qu’il tournait au coin d’une rue, il aperçut une silhouette presque devenue familière. Un sourire indescriptible se dessina sur les lèvres de Ned tandis qu’il ralentissait pour s’arrêter à hauteur d’une jeune femme qu’il avait déjà prise en voiture et qui, s’il s’en souvenait bien, n’avait pas été très bavarde, au contraire, même. Tant mieux, cela donnerait une occasion à notre taximan de relancer la conversation et, peut-être, parvenir à lui tirer plus de deux mots.
Ni une ni deux, le moteur ronronnant toujours, Ned sortit du taxi et ouvrit galamment la portière arrière. Il ne fallait pas y voir un excès de politesse dans le but d’obtenir quoi que ce soit, cela avait toujours été dans sa nature et son éducation de prôner la bonne attitude et puis, de toute manière, il n’y avait rien de tel qu’une conversation relaxante pour mettre tout le monde d’accord et la politesse jouait un rôle important pour y parvenir.

« Bonjour mademoiselle, vous allez bien ? Où puis-je vous emmener, cette fois ? »

Il n’avait pas pour but de la mettre mal à l’aise en lui faisant comprendre par cette remarque anodine qu’il se souvenait parfaitement de leur dernier tête à tête (qui s’était en fait résumé à un monologue probablement rébarbatif de la part de Ned) ; il voulait simplement lui faire comprendre qu’il comprendrait qu’elle agisse de façon identique à la dernière fois. Toutefois, cela ne l’empêcherait pas de renouveler l’expérience, foi de Westwood !
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Message(#) Sujet: Re: « Baby you can drive my car » feat. Alabama Dim 11 Oct 2009 - 14:16


NED WESTWOOD && ALABAMA R. CALLAHAN






Une matinée longue l’attendait, elle avait vaguement griffonné sur son petit agenda à la couverture de cuir noir. Des rendez-vous à la pelle, elle ignorait que tant d’artiste attendait ainsi impatiemment qu’on les découvre. Lorsqu’elle entreprit d’ouvrir sa galerie, son premier but était surtout de pouvoir diriger sa propre « boutique » n’étant pas particulièrement douée en pâtisserie ou tout autre type d’activité qui aurait pu laisser entrevoir une chance d’en monter un commerce, elle s’était tourné vers l’hypothèse d’une galerie d’art. ce qui n’était pas surprenant en sommes, la jeune femme étant une passionnée d’art depuis toujours, sous toutes formes. Commençant par prendre ses propres photos qu’elle avait eu la chance d’exposée plusieurs fois, tenant une petite rubrique de critique d’art dans un journal locale et pratiquant la musique en amateur. Alabama était sans conteste une touche à tout dans ce milieu, elle s’y était d’ailleurs fait une petite place. Certes très mince à côté des grands noms du milieu, mais on ne pouvait nier qu’à Miami elle était connue pour ses talents. Avantage qui lui permis de faire fonctionner sa galerie bien plus vite que prévu. Ainsi elle en était très rapidement au second but de sa galerie, découvrir de nouveaux artistes. Et elle ignorait avant l’ouverture, le nombre d’artiste qui s’impatientait, qui était près à tout et même prêt au pire pour arriver à percer dans ce métier.
Chose évidemment très compliquée, pour Alabama ce ne fut qu’un coup de chance, du moins sa silhouette parfaite et son regard perçant, avait visiblement séduit le précédent galeriste, bien qu’il fut frustré du refus de la jeune femme, il ne pouvait déjà plus rien, la machine était en marche. Dans le monde artistique, l’univers est réellement impitoyable, et la jeune femme avait appris à nager avec les requin, pour elle ce ne fut pas si terrible que ça. Mise à part pour son honnêteté, étant une femme droite, avec un très grand sens de la franchise et de l’honnêteté, se fondre dans la masse d’hypocrite fut légèrement plus difficile. Elle passait pour l’artiste cynique, imbuvable, et d’une certaine façon cette réputation lui plaisait. Les artistes la craignaient, bon elle n’était pas pour autant protégée des fous un peu trop prétentieux, pensant que les couleurs balancés au hasard sur une toile serait bientôt une œuvre d’art. Et malheureusement pour elle c’est-ce qu’elle avait devant elle. Un énième rendez-vous au cours de la matinée, et une fois de plus ce fut infructueux, le jeune homme qui se tenait face à elle, affichait un immense sourire non dissimulé, ce qui avait tendance à agacer la jeune galeriste. « Vous vous fichez de moi, n’est-ce pas ? » soudain sa mine joyeuse semblait se décomposer, elle en retira un certain plaisir, qu’elle savait dissimuler sans la moindre difficulté. « vous n’avez pas le moindre talent. J’ignore si ce de l’insolence ou de la naïveté que de m’avoir fait venir ici. Mais lancer des couleurs au hasard sur une toile, n’est en aucun cas un talent. Vous pensiez faire illusion je suppose ? Faire passer un certain message ? Dîtes vous que les grands artistes savent faire ressentir la moindre émotion dans n’importe quel coup de pinceau. Dans votre toile la seule chose que je peux voir, c’est du mensonge et de la bêtise. Et jamais cela n’entrera dans ma galerie. » blanc comme un linge, il ne semblait pas désireux de l’interrompre, encore moins de l’énervée plus qu’elle ne l’était déjà visiblement. Ni une, ni deux elle franchit le seuil de l’appartement. Appartement quelque peu miteux du reste, et pour la énième fois de la journée, elle sortit son téléphone portable, comme d’habitude Adonis l’avait interdit de voiture, elle se retrouvait donc dans l’obligation de prendre un taxi. L’homme qui venait de lui répondre, était tout sauf aimable, il ne semblait pas aimer beaucoup son travail ou peut être avait-il passé une mauvaise journée. Elle attendait ainsi patiemment se demandant la raison de se manque chronique d’amabilité de la part de cet homme, elle s’amusait à penser qu’il n’avait rien pour que le contraire se produise. Un physique plus que disgracieux, une femme qui se satisfaisait dans les bras d’un de ses employés. Elle n’eut que peu de temps pour partir dans ses conclusions plus loufoque les unes que les autres - encore que - le taxi qu’on venait de lui envoyé fut plus que rapide, il était sans doute tout près. Lorsqu’il sortit pour ouvrir galamment la porte côté passager, Alabama le reconnut immédiatement. En artiste plutôt physionomiste, elle savait qu’elle avait déjà rencontré se jeune homme, il fut d’ailleurs très bavard lord de leur dernière rencontre. Même si elle ne le lui avait que très peu rendu, elle appréciait bien plus un chauffeur de taxi bavard semblant apprécier son métier, qu’un homme grognon et ne faisant que très peu cas de son passager. « Bonjour mademoiselle, vous allez bien ? Où puis-je vous emmener, cette fois ? » et visiblement, lui aussi s’en souvenait, vu le ton enjoué qu’il employait, lui laissait penser qu’il ne serait pas moins bavard cette fois-ci, que son côté très réservée ne l’avait pas refroidit le moins du monde. A sa question elle réfléchit un temps, fixant l’agenda encore plein de rendez-vous, elle n’avait nullement envie de continué sa virée si peu fructueuse, elle préférait de loin rejoindre Ocean Grove et s’installer un temps dans le parc, prendre l’air et rien d’autre. Si elle ne souriait pas, ses yeux parlaient pour elle, capable d’être aimable durant un échange de politesse. Bien sur faire la conversation n’était pas encore dans ses objectifs mais qui sait. « Bonjour ; plutôt bien et vous ? Hmm Ocean Grove s’il vous plait, j’en ai marre de la ville pour aujourd’hui. » elle espérait qu’il en aurait eu assez, mais elle en doutait. Et après tout, ce petit moment en voiture en aurait été moins amusant. Même si elle ne comprenait pas vraiment ses grands bavards expressif, elle les admirait quelque part, surement autant qu’ils l’agaçaient.

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Message(#) Sujet: Re: « Baby you can drive my car » feat. Alabama Dim 18 Oct 2009 - 21:17

Il ne fallait pas voir dans son comportement une forme de drague maladroite ou mal formulée. Il était juste quelqu’un de particulièrement ouvert et souriant. Que la jeune passagère soit d’une beauté foudroyante ou d’une laideur sans nom, l’énergie que Ned consacrait à la conversation ne changeait pas. D’ailleurs, c’était une chose qui lui avait souvent porté chance comme son manque de jugement provoquait une sympathie insoupçonnée chez certains clients. Il ne voyait pas l’intérêt de juger une personne sur la façon dont elle s’habillait ou sur les traits dont elle avait hérité à la naissance. On ne pouvait pas tous naître beaux, riches, influents et compagnie. D’ailleurs, ceux qui semblaient rassembler ces qualités n’intéressaient généralement pas notre taximan. Il en avait suffisamment vus dans sa vie pour réellement leur porter un quelconque intérêt. Un intérêt dont ils ne méritaient pas, la plupart du temps. Cependant, on pouvait se méprendre sur cette attitude particulièrement avenante. Si on ignorait qu’il affichait le même sourire pour une déesse grecque ou pour une sorcière de Salem, l’opinion aurait peut-être été différente, en attendant, pour les jeunes femmes au physique avantageux, elles pouvaient s’imaginer qu’elles étaient tombées sur un beau-parleur particulièrement saoulant.
C’était probablement ce qui devait traverser l’esprit de la jeune femme à qui il venait d’ouvrir galamment la porte de son véhicule. Cela lui permettait de ne pas rester cloîtré dans son taxi en attendant que les gens s’installent. De plus, il s’assurait par la même occasion qu’ils n’avaient pas besoin d’aide avec l’un ou l’autre bagage. Pro-activité, c’était ainsi qu’on pouvait définir. Il se rappelait précisément comment s’était déroulé le dernier voyage en compagnie de l’inconnue. Ses tentatives d’ouvrir la conversation n’avaient pas été très fructueuses et s’il n’avait pas réellement abandonné jusqu’à ce qu’ils soient arrivés à destination, il avait tout de même compris qu’elle ne désirait pas discuter alors il s’était tu, tant bien que mal comme on savait que c’était une réelle difficulté pour le jeune homme de vingt-six ans. Cette fois, il essaierait de poursuivre ses efforts. Bien sûr, elle était tout à fait en droit d’exiger un voyage d’un calme total, elle pouvait décréter vouloir aller d’un point A à un point B sans devoir subir les bavardages inutiles de son chauffeur. Et il s’exécuterait sans se vexer le moins du monde, en ayant déjà fait les frais par le passé. Mais si elle n’exprimait pas clairement son envie de silence, il essaierait, vainement ou non, d’ouvrir la porte qui interdisait l’accès à la connaissance. Ce n’était pas de l’acharnement et si on ne pouvait pas appeler ça un besoin vital, c’était un besoin que Ned ressentait depuis sa plus tendre enfance, en tout cas.
Il avait toujours été celui que les enseignants apostrophaient d’un « Mr Westwood, est-il si compliqué de vous taire durant les cours ? Vous aurez toute la récréation pour discuter avec Jonathan » Inutile de préciser qu’il se retenait rarement de répondre avec une franchise désarmante à ce rappel à l’ordre patient. Il n’était pas rare qu’il écope d’une retenue ou d’une punition et le nombre de copies qu’il avait noircies de « Je dois me taire en classe » était incalculable. Il avait hérité de doux surnoms dont il avait oublié aujourd’hui la réelle appellation mais une chose était certaine, bon nombre de ses camarades de classe et de ses instituteurs se rappelaient encore bien de lui (et pas forcément dans un bon sens). Alors peut-être sa cliente actuelle se rappelait-elle également leur dernier tête-à-tête à moins qu’elle prenne tellement le taxi qu’il serait passé à la trappe, relégué aux oubliettes des gens sans intérêt.
Durant le court laps de temps silencieux qui suivit sa question, il attendit et commençait à se dire qu’il ne l’avait pas abordée de la manière le plus adéquate au vu du dernier entretien. Mais elle semblait concentrée sur autre chose, aussi ne se vexa-t-il nullement (il lui en fallait davantage pour se vexer, de toute façon…) et lorsqu’elle répondit enfin à son interrogation (une interrogation tout à fait légitime puisque s’il ne connaissait pas sa destination, il pouvait difficilement la ramener, n’est-ce pas ? Logique…) un sourire indéchiffrable (qui devait exprimer un certain ravissement non simulé) se dessina sur les lèvres de l’intarissable chauffeur.

« Mais je vais très bien, merci. Ocean Grove ? Parfait ! » Il referma la portière dès qu’elle fut installée sur la banquette arrière (dépourvue de déchets, si vous vous posez la question…) et il retourna s’asseoir au volant, démarrant assez rapidement pour se glisser dans la file. Il ne fallut évidemment pas longtemps pour qu’il reprenne la parole, revenant sur un détail de l’unique phrase qu’elle avait prononcée. « Marre de la ville, hein ? Vous avez eu une dure journée ? Des clients mécontents ? Des gens impatients ? Au fait, vous travaillez dans quoi, si je peux me permettre ? »

Il avait fait des études, il ne fallait pas croire. Ce n’était pas un cancre supplémentaire qui avait fini avec comme seule perspective d’avenir et de carrière le volant d’un taxi, à tourner en rond à longueur de journée. Il ne se plaignait pas du job ; il gagnait sa croûte et, en plus, il avait l’opportunité de voir du monde, que demander de plus ? S’il n’avait pas eu de tels problèmes d’argent, il serait peut-être avocat à l’heure qu’il est. Il avait arrêté au bout de sa deuxième année, par flemme et parce que les résultats ne suivaient pas. De plus, il avait une soif d’aventures qu’il voulait assouvir. Lorsqu’il avait exposé son projet de faire le tour des Etats-Unis, évidemment, ça n’avait pas du tout plu aux Westwood qui avaient essayé vainement de le ramener à la raison mais Ned était bien décidé à partir, à quitter le nid familial et à voler de ses propres ailes. Il était parti un dimanche matin, alors que le reste de la famille s’était rendue à la messe dominicale. Il n’avait qu’un sac en toile où quelques affaires avaient été glissées à la hâte et il avait pris le volant, roulant droit devant lui sans réfléchir à une destination précise. Il devait certainement avoir vu la plupart des coins qui valaient la peine d’être vu, durant les quatre années d’errance qu’avait duré son périple avant qu’il ne s’arrête pour un temps indéterminé à Ocean Grove. Si la route lui manquait parfois, son irrégularité, son imprévisibilité, il aimait également le fait de s’être posé quelque part, de revoir certains visages et d’avoir créé des amitiés, une chose que les voyages ne lui avaient malheureusement jamais permis. Alors peut-être qu’il repartirait un jour, oui, un matin, il quitterait la compagnie de taxis qui l’employait et il s’en irait vers un horizon lointain. En attendant, il profitait de la chance qui lui était offerte d’avoir un repas quotidiennement, d’avoir un ami sur lequel il pouvait compter en cas de pépin et sur la vie en général, telle qu’elle lui était donnée de vivre au jour le jour.
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Message(#) Sujet: Re: « Baby you can drive my car » feat. Alabama Lun 19 Oct 2009 - 15:40



    « Mais je vais très bien, merci. Ocean Grove ? Parfait ! »


Sa question était presque rhétorique, une forme de politesse simplement, car il était évident que le jeune allait bien, peut être allait-il toujours bien. En soit la mine qu’il affichait, le sourire qui venait éclairé son visage, et l’entrain qu’il développait de manière infatigable, témoignait d’une grande énergie et bonne humeur. Une énergie qu’elle ne pouvait qu’admirer. Pour le nombre de fois qu’elle avait pris le taxi ces derniers temps, elle côtoyait régulièrement les chauffeurs de taxi, les genre varié, mais dans la majorité, ils étaient bourru, peu aimable, la mine renfrogné. Un voyage qui ne s’annonçait guère plaisant. Car oui la jeune fille n’était pas bavarde, mais voyager en compagnie de chauffeur aussi aimable que peut l’être Alceste, le misanthrope. Ainsi voir cette joie de vivre sur le visage du jeune homme était quelque part plaisant, et intriguant. Elle s’était toujours demandé qu’elle plaisir pouvait-on ressentir à conduire des personnes, le plus souvent aussi fermé qu’elle, d’un point a, à un point b. de parcours les mêmes route tout les jours. Ce chauffeur ne semblait pas mécontent de son sort bien au contraire, et c’était un point positif dans la balance.

    « Marre de la ville, hein ? Vous avez eu une dure journée ? Des clients mécontents ? Des gens impatients ? Au fait, vous travaillez dans quoi, si je peux me permettre ? »


Elle ne pu retenir le sourire qui fendait désormais son visage, loin d’être moqueuse, c’était sans doute l’ironie de la situation qui l’a faisait sourire. Après tout, n’était-il pas entré dans l’inconscient collectif, que les personnes dotées du gêne du bavard, n’était autre que les femmes. La situation était pour le moins amusante en un sens, elle ne s’était pas attendu à moins venant de sa part. elle se souvenait parfaitement de lui, elle avait pour l’habitude de se rappeler de chaque visage, de chaque personne qui avait pu croiser sa route. Un talent de physionomiste, qu’elle tenait de sa mère, un souvenir auquel elle tient fortement. Ainsi la mine joyeuse du chauffeur, lui avait instantanément rappeler son précédent voyage à bord de ce modeste taxi. Elle n’avait pas été des plus bavardes comme à son habitude, ce qui ne le faisait pas reculer. Elle se demandait d’ailleurs si c’était seulement pour le plaisir de parler, de faire des rencontres, ou par un désir intrusif malsain, que de connaître la vie de tout ceux qui croisent sa route. Il ne semblait pour autant pas déséquilibré, mais les apparences peuvent être trompeuses. Méfiante comme à son habitude, elle ne voulait pas trop en dire, mais après tout, il avait un coté intriguant, faisait-il ça avec tout ces clients ? Elle ne pouvait-être la seule à bénéficié d’un tel traitement. Pourquoi ne pouvait-il s’empêcher de poser tant de question. Elle avait décidé d’aiguiller la conversation complètement différemment, peut être en oublierait-il ses interrogations à son égard, la machine serait ainsi renverser. Et cette fois-ci, ce serait le chauffeur qui serait percé à jour.

    «  Je me souviens de vous, vous savez. Et je me demande comment vous faites pour parler autant. D’autant que je ne suis pas souvent réceptive, et vous ne laissez pas tombé. Les réponses que vous attendez vous intéressent-elles réellement ? Ou est-ce simplement par curiosité, pour passer le temps parce que vous, vous ennuyez dans ce taxi ? »


Son ton n’était nullement agressif ou moqueur, au contraire. Son léger sourire ne l’avait pas quitté, contente de pouvoir ainsi renverser la vapeur, demeurant aimable. après tout elle n’était pas qu’une jeune femme froide et distante. Elle avait été bavarde elle aussi, elle savait encore comment tout cela pouvait bien fonctionner. Et elle voulait connaître son effet, savoir si il serait déstabilisé par un tel changement, si être la cible des questions s’avérerait être gênant pour lui. Bien sur si il posait une fois de plus ses questions elle y répondrait, avouer qu’elle était galeriste, et qu’elle avait eu envie de tué une dizaine d’artiste depuis ce matin, n’était pas gênant. Mais elle voulait en apprendre plus, sur ce joyeux chauffeur de taxi.


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Message(#) Sujet: Re: « Baby you can drive my car » feat. Alabama Jeu 29 Oct 2009 - 0:32

Le retournement de situation avait été aussi soudain qu’imprévu. Evidemment, si Ned y avait prêté plus d’attention, il aurait pu déceler ou en tout cas deviner la manœuvre derrière ce retour inattendu, cette remarque qui ne manquait pas de pertinence. Il n’était pas stupide, ni distrait, d’ailleurs, bien que sa tendance à digresser tende à donner cette impression et s’il s’était rendu compte que sa charmante cliente cherchait simplement à recentrer la conversation sur autre chose que sa personne, il n’en montra rien. Il pouvait comprendre que les gens n’aiment pas se dévoiler à autrui avec autant de facilité que lui-même. Ce n’était pas de l’égocentrisme, ce n’était pas un monsieur « moi je, moi je », bien au contraire, il parlait plus souvent de ce qu’il avait lu, appris ou interrogeait ses interlocuteurs pour apprendre à les connaitre. Ce n’était pas de la curiosité malsaine, c’était un simple moyen d’élargir son réseau social et, jusque là, ça lui avait plutôt bien réussi, d’ailleurs. Aussi, lorsqu’elle parvint malicieusement à tourner la situation en sa faveur, Ned accepta la tournure avec bonhommie et sourit au reflet que lui renvoyait le rétroviseur.
Il ne cherchait généralement pas à analyser le comportement de ses interlocuteurs. A quoi bon s’évertuer à comprendre des signaux qui variaient d’une personne à l’autre ? La plupart des gens se méprenaient sur les réactions de leurs semblables et cela menaient tout droit aux quiproquos et malaises qui auraient pu être évités si les choses avaient été prises avec naturel et sans arrière-pensées. A quoi bon, en effet, chercher à identifier la pensée de l’autre ? Vais-je lui plaire ? Est-ce que ma réponse va lui déplaire ? Tant d’interrogations qui avaient l’art de briser une chose unique à chaque échange. Ned ne se posait pas de questions. Il n’était pas naïf pour autant. On aurait pu le croire peu réceptifs aux stimuli extérieurs mais ça aurait été mal cerner le personnage. En réalité, Ned se contentait de prendre les gens comme ils étaient, ne cherchait en aucun cas à les changer et ne les jugeait pas, la plupart du temps. Si quelqu’un était désagréable, et il bien, il ne s’en froisserait pas pour autant, préférant se dire que cette personne avait eu une journée difficile ou était en proie à un stress généré par une responsabilité particulièrement pesante. Après tout, à lui aussi, il arrivait d’être mécontent. La plupart du temps, c’était dû à quelque chose de précis (son boss constamment sur son dos, par exemple) mais il pouvait tout aussi bien s’être levé du mauvais pied. Heureusement pour les gens qu’il devait fréquenter à longueur de journée, il était plutôt rare d’être confronté à un Ned de mauvaise foi et peu avenant. Son sourire primait sur tout le reste. Une chance pour lui, il était plutôt rare qu’on lui reproche ses bavardages excessifs.

« Je me souviens de vous, vous savez. »

Ned haussa les sourcils, surpris par le ton de la remarque. Il ne savait pas trop si c’était une bonne chose de son point de vue à elle mais lui, il n’irait certainement pas s’en plaindre. C’était toujours plus facile de discuter avec des gens qui vous connaissaient un minimum qu’avec des étrangers (quoique dans le cas de Ned, ça ne fasse pas grande différence, en fait). Il décida de se sentir honoré par la confession et il hocha la tête en se penchant pour tourner la manivelle et ouvrir un peu la fenêtre (oui, Ned avait encore l’ancien système, ce n’était pas trop pour lui, la technologie et puis, de toute manière, il n’en avait pas les moyens). Il écouta la suite et aurait pu se sentir légèrement vexé. Elle pouvait vraiment sembler hautaine, si on était du genre susceptible ou rapidement touché mais heureusement pour lui, Ned était généralement assez indifférent au mépris ou quelle que soit la forme de la réaction adverse.

« J’aime bien discuter » avoua-t-il en haussant les épaules d’un air désinvolte avant d’avouer. « C’est vrai que ça fait passer le temps mais c’est plus agréable de voyager en parlant plutôt que le silence complet. Enfin, après, ce n’est que mon point de vue. Y a pas besoin d’avoir un sujet particulier, il s’agit simplement de passer un bon moment… » Il se tut un instant, jeta un coup d’œil dans le rétroviseur puis ajouta. « J’imagine que ça ne vous intéresse pas de faire la conversation, ce que je peux comprendre. Vous voulez que je mette de la musique ? J’ai tout un stock… Pour l’anecdote qui peut vous servir, c’est probablement le seul moyen de me faire taire… »

Il plaisantait, évidemment. Il ne suffisait pas de lui faire écouter de la musique pour qu’il cesse de caqueter mais, effectivement, en un sens, les mélodies avaient l’art de le déconcentrer. Il lui arrivait de rester silencieux mais cela n’arrivait que pour de très rares artistes, ceux qu’il adulait depuis son adolescence, lorsqu’il faisait le mur de la maison familiale pour rejoindre ses amis en ville pour des concerts improvisés. Il avait souvent regretté de ne pas être plus habile à la guitare. Son domaine, c’était le piano, du moins, lorsqu’on l’y avait forcé, mais il ne s’était jamais vraiment suffisamment concentré sur un autre instrument pour être assez doué. Dommage, au lieu de parler, peut-être que ça lui aurait été utile, en attendant, il était plutôt heureux de son sort, malgré les apparences et le jugement qu’elle pouvait porter sur sa condition de chauffeur de taxi, parce que, oui, pourquoi aller s’imaginer qu’il s’ennuyait dans son taxi ? Il bougeait toute la journée, avait l’opportunité de rencontrer des gens d’horizons très divers et avait eu l’occasion à plusieurs reprises d’évoquer des souvenirs de ses voyages. Non, vraiment, il ne comprenait pas qu’elle lui pose cette question. Avait-elle eu l’impression qu’il tentait de s’immiscer dans sa vie ? Loin de là l’idée de Ned. Il n’était pas un incruste, lorsqu’il discutait avec les gens, ce n’était certainement pas dans le but d’obtenir quelque chose en retour sinon une simple réponse. Jamais il ne lui serait venu à l’esprit d’user de ses connaissances pour parvenir à obtenir quoi que ce soit. Ce n’était pas dans son tempérament et si la charmante demoiselle lui avait laissé l’occasion de le lui démontrer, elle serait peut-être bien moins méfiante à son égard, en attendant, il ne voulait en aucun cas l’irriter et il se concentra sur la route, se faufilant de justesse entre les véhicules. Ned n’était pas seulement bavard, il était aussi actif et prenait son boulot à cœur, comme bien d’autre chose dans sa vie décalée.
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Message(#) Sujet: Re: « Baby you can drive my car » feat. Alabama Jeu 29 Oct 2009 - 20:46



Elle n’avait plus fait spontanément la conversation à quelqu’un depuis pas mal de temps maintenant. Elle s’était construit un petit monde, une bulle autour d’elle, un mur infranchissable la séparait du reste des être humains. Elle ne voulait pas parler d’elle, elle voulait simplement être une autre personne, montrer seulement ce qu’elle avait pu faire depuis qu’elle était arrivé ici. D’une certaine façon elle détestait Ocean Grove et la moitié de ses habitants. Lorsqu’elle était arrivé dans ce quartier chic, elle sortait des rues, elle n’avait vécu que dans les rues. Jusqu’à ses quatorze ans d’abord lorsqu’elle vivait à Chicago, elle n’avait pas réellement eu l’occasion d’apprendre à se débrouiller seul ayant une protection tout le temps autour d’elle, grâce à Pride qui manifestement la haïssait maintenant, bien qu’elle ne pouvait pas nier que son ami d’enfance lui manquait. Et à l’âge de seize ans ensuite, où elle enchainait les auto-stoppeurs, les différentes manières de payer, elle avait découvert un tout autre monde, où elle se sentait incroyablement seule. Arrivée à Miami elle ignorait encore qu’elle finirait par y vivre telle une goss de riche. Recueillit par la propriétaire plus que gentil, d’un bar de la ville, elle avait apprit à vivre d’une toute autre façon. Mais elle avait toujours le même regard qui pesait sur elle, elle n’avait pas caché sa provenance en arrivant, une grosse erreur sans doute. Elle faisait tâche dans ce quartier. Et aujourd’hui si elle vivait seule et par ses propres moyens ce n’était pas grâce à un compte frisant des sommes astronomique au compteur. Les fins de mois étaient dure depuis qu’elle avait ouvert sa galerie, certes l’établissement était rentable, mais entre sa maison à entretenir, la galerie sans parler d’elle, elle était bien heureuse d’avoir une colocataire pour l’épauler dans les quelques difficultés financières qu’elle pouvait rencontrer. Ainsi à ses yeux, il n’y avait rien d’intéressant qu’elle pourrait apprendre aux autres, elle n’était pas le genre de fille pétillante pleine de vie, avec des tonnes de souvenirs dans ses bagages. Elle était plutôt du genre névrosée, torturée et les souvenirs qu’elle avait transporté avec elle, n’était en aucun cas des souvenirs qu’elle était en mesure d’évoquer futilement. Il était bien mieux pour tout le monde qu’ils ignorent tout d’elle, se contenter du minimum était donc l’idéale, c’était ainsi qu’elle avait décidé de voir les choses. Pour justifier cette baisse de sociabilité.

Lorsqu’elle s’était adressé au jeune homme, elle n’avait nullement l’intention de se montrer irrespectueuse, pourtant bien conscience que sa façon d’engager sa question avait été quelque peu maladroite, cependant elle l’écouta avec attention. « J’aime bien discuter (…) C’est vrai que ça fait passer le temps mais c’est plus agréable de voyager en parlant plutôt que le silence complet. Enfin, après, ce n’est que mon point de vue. Y a pas besoin d’avoir un sujet particulier, il s’agit simplement de passer un bon moment… (…) J’imagine que ça ne vous intéresse pas de faire la conversation, ce que je peux comprendre. Vous voulez que je mette de la musique ? J’ai tout un stock… Pour l’anecdote qui peut vous servir, c’est probablement le seul moyen de me faire taire… » c’est vrai qu’à choisir elle aurait préféré le silence, arrivé chez elle, sans avoir à faire la conversation, elle n’en avait pas réellement besoin pour passer le temps. Mais en revanche elle ne voulait pas paraître grossière ou pire encore snobe. Elle détestait l’idée, à s’imaginer snober quelqu’un elle s’en répugnait. Elle qui avait tant détestait l’attitude de certain envers elle, la regardant de haut comme si elle n’était qu’un être complètement négligeable. Si elle n’était pas bavarde, elle était au moins respectueuse, et elle avait compris, du moins pour ce qu’elle croyait, qu’elle avait un peu offusqué ce joyeux chauffeur de taxi, comme elle aimait le surnommer à présent. Reprenant un ton plus doux, et affichant un léger sourire, mais néanmoins sincère elle reprit. « ce n’était pas une réflexion, je ne suis pas bavarde vous l’avez-vous-même remarqué, je tentais juste de tourner la conversation à mon avantage si l’on pouvait le dire ainsi. » elle marqua une pause, se disant qu’il était sans doute tant qu’elle réponde à sa question. Se réinstallant confortablement dans son siège, elle reprit « je suis galeriste, pour être franche j’ai pas eu une très bonne journée, je ne pensais pas qu’il y avait autant d’artiste. Tous persuadé d’être les plus talentueux d’ailleurs, ils m’ont fatigués. » admit-elle en souriant. Elle n’avait qu’une hâte rentrer chez elle, prendre une bonne douche et s’installer confortablement dans son canapé une bonne tasse de café chaud à la main. Elle se souvint ensuite de sa proposition de mettre de la musique, étant une grande fan de musique elle ne pouvait décemment pas refuser une telle offre, loin de vouloir le faire taire en acquiesçant à ça proposition, elle répondit enfin, en fixant la route qui défilait sous ses yeux. « ce n’est pas du tout pour vous faire taire, après tout d’une certaine façon, c’est à moi de me plier au règle de ce taxi. » dit-elle en souriant et lui adressant un regard furtif avant de reprendre. « mais je suis d’accord pour un peu de musique, mettez ce que vous préférez. »


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Message(#) Sujet: Re: « Baby you can drive my car » feat. Alabama Mer 4 Nov 2009 - 23:32

A première vue, on pouvait mal s’imaginer un Ned en colère, agressif ou insolent et, à vrai dire, cela reflétait plutôt la réalité : Ned Westwood était quelqu’un de fondamentalement gentil et positif. Nulle naïveté derrière ce sourire légèrement enfantin, il s’agissait simplement d’un personnage agaçant ou attachant, selon le point de vue et s’il s’avérait que son interlocuteur n’était pas d’humeur à l’écouter bavarder, eh bien, Ned accueillait les réflexions railleuses ou irritées avec un certain flegme. Il s’abstenait de hausser les épaules, le genre de choses qui faisaient enrager davantage quelqu’un qui était déjà initialement à fleur de peau. Un hochement de la tête suffisait généralement à faire comprendre qu’il avait saisi le message et qu’il s’efforcerait de se taire par la suite. Pour certains, cela n’était pas suffisant et les rafales de reproches pleuvaient sur les épaules du chauffeur sans que cela ne semble réellement l’affecter. A quoi bon se prendre la tête avec des gens qu’il ne reverrait pas par la suite ? Voilà quel était son mode de pensée. Cela pouvait sembler je-m’en-foutiste mais à vrai dire, c’était plus une façon de se protéger qu’autre chose. En effet, s’il devait s’en faire à chaque fois qu’il était confronté à l’hostilité, bonjour la santé mentale à la fin de la journée. Or, Ned avait besoin d’avoir son esprit libre de toute contrariété lorsque la nuit tombait. Il n’aimait pas être oppressé par des pensées négatives, il était bien plus productif lorsqu’il avait l’esprit léger.
La cliente n’avait pas été agressive pour un sou, mais elle ne semblait pas commode non plus. Ned ne voulait pas l’ennuyer davantage qu’il ne le faisait déjà mais il aurait toutefois aimé pouvoir contourner la palissade qui semblait la protéger des autres. Était-ce dans son comportement habituel ou était-ce réservé aux gars comme lui ? Il n’en avait aucune idée et, à vrai dire, ne se posait pas la question. La paranoïa ne faisait pas partie de sa liste de défauts. Il en avait bien d’autres, évidents ou non, mais ceux-là n’en faisaient pas partie, fort heureusement. Il savait combien la vie pouvait être dure, combien certaines personnes étaient sujettes au malheur et combien les réactions face à l’adversité pouvaient être diverses. Peut-être qu’il devrait être plus réactif dans certaines situations car il était évident qu’il se laissait bien trop aller à un train de vie instable et risqué. D’un jour à l’autre, son boss ronchon pouvait se lasser de ses péripéties à Ocean Grove et, à ce moment-là, Ned serait bien ennuyé. Il n’avait ni diplôme ni lettres de référence, c’était donc souvent un coup de chance s’il parvenait à obtenir un emploi. En soit, celui-ci, il n’avait eu aucun mal à l’avoir, vu la réputation de la compagnie de taxi…
Le véhicule ralentit à un carrefour et Ned observa les voitures avoisinantes, repérant non loin de là une silhouette familière ; un adolescent dont la jambe avait été brisée en plusieurs endroits afin d’apitoyer les automobilistes à l’arrêt, probablement. Même ici, c’était fréquent. Chaque ville qu’il avait traversé avait son lot de monstruosités, les environs de la ville où il avait élu domicile pour un temps indéterminé n’échappait pas à cette tendance. Il était plongé dans une semi-méditation, bien décidé à laisser en paix sa jolie cliente lorsque celle-ci brisa d’elle-même le silence.
« Ce n’était pas une réflexion » dit-elle, ce qui fit dévier le regard métallique du chauffeur qui observa le reflet de la jeune femme dans son rétroviseur central. Elle esquissait un sourire et, d’emblée, il la trouva encore plus ravissante, c’était dommage qu’elle arbore cette mine complètement fermée qui parvenait sûrement à ses fins, la plupart du temps, à savoir, refroidir toute tentative d’approche. Était-ce les hommes qu’elle tentait de faire fuir ou était-ce réservé à n’importe quel interlocuteur, quel que soit son sexe ? « Je tentais juste de tourner la conversation à mon avantage (…) » Ned acquiesça avec lenteur, comprenant le geste, même s’il n’en connaissait pas la raison. Si elle voulait la tourner dans ce sens-là, pourquoi pas, cela lui convenait parfaitement, il n’était pas compliqué pour un sou.
Elle lui révéla être galeriste et, visiblement, c’était un métier bien plus pesant qu’il n’y paraissait. Le mot en lui-même avait une douce consonance mais le jeune chauffeur n’avait aucune idée de ce que cela impliquait réellement. Toutefois, avant d’imposer une nouvelle rafale de questions à sa victime, il la laissa poursuivre. Maintenant qu’elle parlait spontanément, il n’allait certainement pas risquer de l’interrompre et lorsqu’elle lui avoua être d’accord pour un peu de musique (sans intentions de le faire taire, hein…), il esquissa un sourire entendu.
Sa collection se trouvait être éparpillée un peu partout dans le véhicule (jusque dans le coffre même, comment les albums étaient arrivés là, il n’en avait aucune idée, par contre). Son top vingt, par contre, se trouvait être sa seule raison de vivre (ou presque) et il l’avait soigneusement glissée à l’arrière de son pare-soleil qu’il abaissa rapidement, jetant un coup d’œil à la petite collection. Puisqu’elle avait précisé qu’il pouvait mettre ce qu’il préférait, il opta pour Green Day, ce qui pouvait sembler bateau mais qui était réellement son must, son number one, le genre d’album qu’il pouvait écouter à longueur de journée sans se lasser. La musique se mit doucement en route et bientôt, un sourire béat étira les lèvres de Ned.
Le feu passa au vert et il démarra, juste à temps pour éviter de voir le pauvre garçon difforme s’approcher pour mendier. Une fois reparti, il baissa légèrement le volume et interrogea la demoiselle installée à l’arrière :

« J’veux pas paraître trop curieux mais… en quoi ça consiste, exactement, être galeriste ? J’imagine que ça a pas dû être facile d’y arriver ? »

Cela ressemblait à une question mais cela sonnait plus comme une affirmation. Il était sincèrement impressionné par la prestance qui se dégageait de ce bout de femme.
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Message(#) Sujet: Re: « Baby you can drive my car » feat. Alabama Mar 17 Nov 2009 - 13:48



Sans doute devait elle être admettre que discuter n’était pas une corvée telle qu’elle l’imaginait. Depuis des années maintenant elle n’avait laissé l’occasion qu’à peu de personne d’entrer dans sa vie. Elle n’avait pas le mode d’emploi pour éviter quelques rencontres désagréables malheureusement, bien que méfiante, elle se faisait avoir parfois comme tout un chacun. Bien que souvent son apparence dure et fière en effrayait beaucoup, ou suscitait le défit, ce qui avait une tendance à l’agacer. Elle avait donc décidé de prendre le taureau par les cornes, échappant à toutes conversations elle était à l’abri de mauvaises rencontres. Mais la solitude était plus que pesante, elle ne s’était pas attendu à se retrouver si seule, bien sur elle l’avait voulu après tout, et il restait quelques personnes autour d’elle, mais peu. Elle s’apercevait tristement que malgré sa jeunesse, elle était réellement seule et vide. Si elle s’était volontairement coupé du monde, elle ne s’était surement pas préparé à vivre ainsi, elle ne se sentait pas pour autant la plus à plaindre, au contraire sur bien des points elle était fière d’elle quelque part. Mais si elle était si seule c’était surement contradictoire avec ce qu’elle souhaitait réellement. En réalité elle ne voulait que vivre normalement elle ne rêvait de rien d’autre, même une routine de mère au foyer lui semblait être plaisante. Se lever préparer le petit déjeuner, amener les enfants chez la nounou, dire au revoir à son compagnon partir à son travail. Des petites choses simples de la vie, dont bien des femmes se plaignent, et pourtant Alabama ne demanderait pas mieux. Bien qu’elle soit encore jeune, elle avait cette sensation que la vie était trop courte, qu’elle n’aurait pas tout son temps pour avoir ce qu’elle pouvait bien souhaiter. Certes la vie était courte, mais peu de personne vive en réalisant cela et pourtant en s’obstinant à vivre à l’intérieur d’une bulle hermétique. Elle n’agissait pas ainsi complètement volontairement, disons qu’il s’agissait surement d’un mécanisme de défense, tout le monde a peur de souffrir, peur que l’on découvre qui l’on peut être réellement, peur d’être abandonné. Mais tout le monde réagis différemment face à ces cas de figure, il fallait croire que la peur de la jeune femme l’empêchait de vivre malgré son envie indiscutable de profiter au maximum.

Elle devait admettre que baisser quelque peu sa garde n’était pas pour autant désagréable, le jeune homme était plutôt de bonne compagnie, il parlait avec une grande facilité et aisance, il s’adaptait à son interlocuteur. Il savait réellement comment se comporter en société, ou tout du moins il faisait les efforts nécessaire, à l’opposé de la jeune femme. Et pourtant il n’était pas désagréable avec elle, ce qui l’étonnait encore, vu le peu de réceptivité qu’elle avait manifesté, elle s’était attendu à le voir bougonner et pourtant il demeurait souriant et aimable. On pouvait difficilement le trouver de mauvaise compagnie, d’autant que c’était essentiellement elle le problème la plus part du temps. De plus elle avait reconnu en lui un amateur de musique, elle n’y connaissait pas tout mais elle était plutôt calé en la matière, quelque soit le style on pouvait dire qu’elle avait toujours un avis sur la question, elle était quelque part impatiente de voir vers quoi il allait s’orienter. Green Day, elle n’en était pas une grande fan, mais cela s’écoutait avec plaisance, même si elle ne se précipiterai pas chez son disquaire pour avoir le dernier album en date. Elle se laissait donc porter par la musique, contente de voir qu’il avait malgré tout de bon goût, elle ne rentrerait pas chez elle, avec une musique pénible tournant en boucle dans sa tête. « J’veux pas paraître trop curieux mais… en quoi ça consiste, exactement, être galeriste ? J’imagine que ça a pas dû être facile d’y arriver ? » parler de son métier était sans doute l’une des choses contre lesquelles elle rechignait le moins. Sur ce terrain elle ne se livrait pas vraiment, elle était plutôt à l’aise lorsque la conversation tournait ainsi. C’était donc sans y voir le moindre inconvénient qu’elle répondit au jeune homme. « dénicher de belles ouvres, permettre à un artiste de s’exposer de commencer à se frayer un chemin dans le milieu, on peut parfois faire la transition entre l’artiste et son futur agent. Ça peut parfois être assez compliqué, beaucoup bataille pour voir une toile exposée. » elle marqua une pause, se souvenant qu’elle-même n’avait pas réellement eut de la chance du premier coup, que les batailles furent rudes avant qu’elle-même parvienne à exposer ses photos. « Je dois admettre que ce n’était pas simple, se faire un nom dans le milieu artistique n’est jamais chose facile, et sans ça, ma galerie ne tournerait pas, j’ai donc du me faire connaître avant. Et la moindre erreur est fatale on a rarement de seconde chance, alors c’est assez prenant parfois. » mais elle n’aimait pas parler trop d’elle, bien qu’elle n’était pas non plus en pleine introspection, la conversation tournait beaucoup trop autour d’elle, et elle ne voulait pas passé pour l’une de ses filles prétentieuse et nombriliste. De plus il éveillait un peu sa curiosité, vu son enthousiasme, sa sociabilité, cette aisance auprès des gens, elle se demandait ce qui avait pu le conduire à devenir chauffeur de taxi, alors qu’il avait tant de qualité lui permettant de s’intégrer facilement dans un métier plus « humain » que celui-ci. « et vous comment êtes vous arrivez à une telle carrière ? C’était voulu ? » si c’était bien le cas, cela l’intriguait que plus encore, qu’est-ce qui peu pousser une personne à passer son temps à transporter des gens qui resterait pour la plus part des clients bavards ou mécontents.


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Message(#) Sujet: Re: « Baby you can drive my car » feat. Alabama Mer 25 Nov 2009 - 0:17

La question avait le mérite d’être directe. C’était légitime. En effet, qui irait penser qu’il s’agissait là d’un choix du jeune homme ? Qui pourrait oser affirmer avoir toujours voulu être taximan ? Ce n’était pas une vocation, encore moins une profession que l’on faisait par choix bien que dans ce cas-ci, Ned n’aie pas non plus été forcé d’en arriver là alors oui, il s’agissait d’une sorte de choix. Une échappatoire, plutôt, dirait-il même. Une façon de se détourner de la vie qui l’attendait et qui lui tournerait le dos, tôt ou tard, mais qui semblait toujours lui faire de l’œil, même des années après sa fraude, sa trahison. Il avait encore reçu une lettre, quelques jours plutôt. Provenance : New York. Sujet : une soirée organisée dans le but de réunir des anciens étudiants. C’était ridicule mais c’était le genre de bout de papier qui lui donnait le sentiment d’avoir dix ans de plus. Loin de ses vingt-six jeunes années. Il ne s’imaginait pas à l’âge de trente-six. Il ne savait déjà pas où il serait d’ici quatre ans alors dans dix… On aurait pu penser qu’il s’agissait d’une bien piètre porte de sortie. Ned, lui, ne s’en plaignait aucunement. Alors, bien sûr, il n’irait pas se vanter partout d’être devenu le chauffeur attitré des ronchons d’Ocean Grove, mais cette occupation avait l’avantage de lui éviter de rester derrière un écran d’ordinateur, dans un fauteuil de bureau inconfortable. Ce n’était vraiment pas pour le jeune Westwood. C’était un choix de carrière comme un autre, après tout. Certains n’aspiraient qu’à tapoter sur un clavier, lui, il ne se sentait bien qu’au volant d’un véhicule avec la possibilité de décrocher quand il le souhaitait pour aller faire une petite marche du côté d’un parc ou même sur le bord d’une route, cela suffisait amplement pour ressourcer l’esprit tourmenté du jeune new yorkais.
Car oui, contrairement aux apparences, et malgré son tempérament positif et souriant, il arrivait que le jeune chauffeur passe lui aussi par des phases plus sombres. Il se faisait alors plus taiseux sans devenir impoli, perdu dans des pensées lointaines ou non. Ce n’était pas tant sa vie d’avant qu’il avait cherché à éviter mais bien le jeune homme qu’il était devenu en grandissant, celui qu’il était encore aujourd’hui. Il avait enfoui une grande part de ses problèmes dans un coin de sa tête, un moyen de faire la distinction entre sa vie privée et la vie publique. Oui, c’était pour cela qu’il avait choisi l’option taxi. Afin d’échapper à des tourments inutiles…
Elle avait enfin daigné répondre à l’une de ses questions sans chercher à l’en détourner et cette constatation combla Ned. Il ne s’agissait peut-être que d’un détail mais c’était suffisant pour lui mettre du baume au cœur. Ainsi, avec un peu d’insistance (sans trop exagérer pour autant), elle avait bien voulu ouvrir une petite part de son monde. Cela restait encore très vague, très en surface mais après tout, elle n’était « qu’une » cliente, et il se voyait mal s’immiscer dans sa vie privée. Toutefois, les quelques confessions intéressèrent fortement le jeune chauffeur, dans le bon sens du terme. Il ne fallait rien y voir de malsain, il trouvait juste qu’elle avait l’air intéressante, même si elle cherchait à se cacher derrière cette bulle protectrice. Elle avait probablement ses raisons, il ne la blâmerait pas. C’était simplement… dommage, oui. Elle avait parlé avec une telle facilité, une telle aisance mais surtout, une telle spontanéité, que Ned devina que son job devait vraiment lui tenir à cœur. Elle en parlait avec sérieux et il se surprit à imaginer la jeune femme au centre d’une telle toile, dominant son petit monde avec une poigne de fer et un œil critique. Elle savait ce qu’elle voulait et rien que pour ce fait là, une certaine admiration était née dans le regard du jeune homme. Lui, il n’avait jamais eu une âme d’artiste mais il était certain qu’il n’aurait pas été sûr de vouloir être jugé pour quelque chose qu’il aimait. Quand bien même il était nul dans son domaine, s’il aimait ce qu’il faisait, il se sentirait anéanti qu’on lui brise tous ses espoirs. Aussi, il n’était pas certain qu’il aurait eu l’audace d’exposer son âme à quiconque, préférant la préserver, quitte à ce qu’elle ne soit jamais reconnue, plutôt que de se faire descendre en flèche. Il n’avait pas ce courage là. A vrai dire, il réalisait qu’il n’avait pas le courage comme qualité, il préférait la fuite à l’affrontement, c’était à cela que se résumait sa vie depuis son départ. Fuir, fuir, toujours fuir un fantôme. Un fantôme de lui-même.

« Et vous, comment êtes-vous arrivé à une telle carrière ? C’était voulu ? » Ned émit un petit rire et se gratta le sommet du crâne, amusé par la tournure de la question et cherchant surtout les mots adéquats. En effet, comme expliquer un tel choix de vie ? « Je ne sais pas si on peut appeler ça une carrière » avoua-t-il en remerciant un conducteur qui le laissa passer. « Mais oui, on peut dire que c’était voulu. J’ai vu l’annonce et je me suis dit « Pourquoi pas ? » J’aime conduire, me sentir assez libre de mes mouvements et ce job semblait idéal à l’époque. Je n’avais pas prévu de le garder aussi longtemps, c’était plutôt histoire de me dépanner en attendant de trouver mieux et puis… je ne sais pas. Je n’ai plus réellement cherché ailleurs et aucune opportunité ne s’est présentée alors… me voilà. »

Il lâcha son volant une demi-seconde, haussant les épaules, l’air de dire « que voulez-vous, quand on a aucune ambition dans la vie… » puis jeta un coup d’œil dans son rétroviseur, observant un instant sa cliente avant de demander, plus sérieusement :

« Vous êtes d’ici, au fait ? »

Il ignorait pourquoi il posait cette question. Elle lui était simplement venue à l’esprit. Comme si le fait qu’elle soit originaire d’ailleurs changerait quelque chose. En réalité, la seule chose que ça changerait, c’est qu’ils auraient un point commun illusoire parce qu’il fallait bien l’avouer, jusque là, Ned n’avait rien vu de semblable entre leurs deux personnalités. Non pas que ça importe, mais son côté optimiste et joyeux ressortait et il aurait voulu pouvoir trouver quelque chose qui les rapproche. Il n’irait pas lui sortir « vous voyez, on n’est pas si différents, tous les deux ». Ce serait un simple jeu car, plus que tout, Ned était un petit joueur, il adorait ce genre de détails et ne s’en cachait pas.
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Message(#) Sujet: Re: « Baby you can drive my car » feat. Alabama Mar 8 Déc 2009 - 11:14



Durant son enfance, la jeune femme ne s’était jamais révélée être un bourreau de travail, disons qu’elle n’en avait pas toujours besoin. Loin, très loin d’être une surdouée, elle avait surtout une facilitée déconcertante de concentration et d’apprentissage. Retenant toutes ses leçons à la première écoute, du moment qu’elle comprenait rien n’était plus simple. Une faculté d’écoute qui lui valait d’être l’une des meilleures de sa classe en langue par exemple. Ses professeurs, eux désespéraient face à tant de facilité, il est vrai qu’elle ne se décarcassait pas pour un sous, ce qui remettait en cause certainement leur manière d’enseigner. Ces professeurs qui dictent sans même attendre que l’ensemble des élèves comprennent le cours, se retrouve dans une mauvaise posture lorsqu’ils remarquent qu’après tout peut être que si tous comprenait, ils réussiraient. Mais il est bien connu que le système éducatif est à revoir, ça en a toujours été ainsi après tout. Alabama ne s’était donc jamais préoccupée de son avenir, il fallait dire qu’elle n’en avait pas réellement eu le temps aussi, mais ce n’était pas réellement de sa faute. Son quotidien à Chicago était déjà bien trop mouvementé pour qu’elle ait le temps de se poser et de penser à quoique ce soit. Certes comme beaucoup elle avait eu des rêves de goss, s’étant imaginée pendant des années devenir vétérinaire, mais lorsque son chien « Bounty » nom ridicule il faut en convenir, est décédé, elle revit rapidement son projet d’avenir, se tournant alors vers une carrière, bien qu’ironique n’en demeurait pas moins alléchante, de pirate. Pendant des années lorsqu’on lui posait la question, elle répondait sans cesse qu’elle voguerait sur les flots, pillant pour vivre, ne respectant que ses propres règles, avec la mer comme alliée. Oui ce n’était qu’un rêve et surtout une belle métaphore, venant d’une fillette prise au piège dans un monde hostile. Ô oui elle rêvait comme beaucoup d’ailleurs, elle s’était même inventé un monde tout ce qu’il y a de plus irréel et parfait à ses yeux. Un grand et magnifique bateau, des canons à en faire tressaillir le plus terrible des pirates, son meilleur ami à la bar et qu’importe ce qu’il adviendrait, il les sortirait toujours d’affaire. Bien évidemment dans la tête d’une petite fille cela transcrivait aussi bien la réalité affligeante qui faisait le quotidien des deux enfants, aussi bien qu’un rêve d’être libre de faire ce qu’elle souhaitait en compagnie de son soutient de toujours. Mais la vie n’a pas toujours les mêmes projets pour nous. Si elle n’avait jamais été contrainte de penser à son avenir, elle du s’y mettre et plus que rapidement, lorsqu’elle finit seule dans les rues. Des mois qui ne furent pas de tout repos il fallait l’admettre, et qui l’avait poussé à des choses qu’elle n’aurait jamais envisagé auparavant. Néanmoins une petite idée germait dans un coin de sa tête, l’œil malicieux de la jeune femme avait repéré une voie qu’elle pourrait emprunter, se frayant un chemin, certes ça ne serait pas simple, mais elle en était capable. L’art était dans ses gênes, son père était un artiste bohème rêvant de liberté, de découvrir le monde et de se libérer des chaines invisibles que nous mettaient la société et ses règles idiotes. Laissant son épouse assurer les revenus de la famille, avec son maigre salaire d’hôtesse de caisse. Certes Alabama avait ainsi apprit l’art, peignant, photographiant jouant de multiples instruments, de moments si privilégiés en compagnie de son paternel. S’il n’était plus de ce monde à présent, elle pouvait au moins lui faire honneur, comment aurait-il réagit s’il avait apprit, qu’elle s’était vendu, qu’elle avait volé, pour un peu de nourriture ? Certainement pas très bien, c’est ainsi alors qu’elle avait emprunté cette voie plus que bouchée, du monde artistique. Sa détermination, et son charisme, appuyant ainsi son talent naturel, lui avait permis de percée et heureusement pour elle. Elle n’était pas réellement ambitieuse, elle aurait préféré que l’art reste une passion garder l’esprit de son défunt père. Mais les règles malheureusement, elle n’avait pas le choix de les contourner, il lui fallait un travail, personne ne subviendrait à ses besoins à présent. Elle était seulement déterminée, et effrayée, elle avait passé sa vie dans les rues, elle ne voulait qu’une chose que ça s’arrête. Certainement que dans un coin de sa tête, elle rêvait encore de ce grand bateau, de cette liberté qu’elle n’avait encore jamais atteint. Quelque part ce jeune homme lui ressemblait, il ne s’entêtait pas dans des études bien trop longues, il vivait au jour le jour, du moins c’est ce qu’elle crut ressentir dans ses paroles. « Je ne sais pas si on peut appeler ça une carrière (…) Mais oui, on peut dire que c’était voulu. J’ai vu l’annonce et je me suis dit « Pourquoi pas ? » J’aime conduire, me sentir assez libre de mes mouvements et ce job semblait idéal à l’époque. Je n’avais pas prévu de le garder aussi longtemps, c’était plutôt histoire de me dépanner en attendant de trouver mieux et puis… je ne sais pas. Je n’ai plus réellement cherché ailleurs et aucune opportunité ne s’est présentée alors… me voilà.  » contrairement à ce que l’on pourrait pensé, elle ne le jugeait pas, certes elle avait presque toujours ce côté hautain et presque méprisent, mais ce n’était qu’une façade, elle ne méprisait que peu de personne en réalité, elle était plutôt douce et compatissante de nature. Seulement dans la rue, une fois seule, elle avait du se forger une carapace elle n’avait eu nul autre choix. Mais pourtant elle avait fait l’effort avec lui, pour que quelques instants elle lui paraisse plus agréable qu’habituellement. Elle ne voulait pas l’offenser après tout elle n’avait strictement rien contre lui, il s’agissait d’une question comme une autre, dont la réponse l’intéressait réellement. Elle aimait savoir comment beaucoup sont arrivé à de tels choix de vie, elle savait d’expérience que le destin pouvait choisir à votre place. Ainsi d’apprendre qu’il prenait ce qui venait de mieux, qu’il y allait sans trop se poser de question, attira son attention, elle ignorait s’il s’agissait d’un côté changeant, ou bien aventurier venant de lui, mais elle trouvait ça courageux. Changer si souvent, ne pas être complètement sur de ce que l’on fera demain, tout simplement, parce qu’une meilleure occasion pourrait se présenter, avait quelque chose de spéciale. Et elle admirait ça chez lui. « Vous êtes d’ici, au fait ? » même si elle n’aimait pas que l’on soit trop curieux en vers elle, elle avait compris que toutes les questions venant de lui, n’avait rien de malsaines au contraire, il s’intéressait à la réponse et pas pour des raisons plus que discutables, mais simplement, parce qu’il n’ignorait pas les personnes qu’il transportait à bord de son taxi, tout simplement parce qu’il avait de la considération pour les autres. Une chose de plus qu’elle appréciait chez le jeune homme. « Non pas du tout, je suis de Chicago en réalité, et vous ? Je suppose que vous avez pas mal vagabondé. » un petit sourire se dessina sur ses lèvres, laissant entrevoir ses dents d’un blanc éclatant. Elle l’avait surement déjà catalogué, comme quelqu’un d’aventurier, elle se trompait peut être, et après tout ce n’était pas ça l’important. Elle parlait tranquillement, elle prenait même du plaisir à faire la conversation, ce qui ne lui était pas arrivée depuis longtemps déjà.


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Message(#) Sujet: Re: « Baby you can drive my car » feat. Alabama Jeu 31 Déc 2009 - 18:27

Le jour de son départ (ou plutôt, le soir de son départ) était bien ancré dans sa mémoire. Il se rappelait chaque seconde comme si la soirée s’était passée la veille. Et ce souvenir n’était dû qu’à une chose : le regard dévasté que sa mère lui avait lancé lorsqu’elle l’avait surpris sur le pas de la porte, un sac de voyage à la main, s’apprêtant à fuir la demeure familiale comme un voleur. En réalité, il avait craint ce moment, celui où il décèlerait dans le regard de sa mère la déception qu’il provoquait. Il ne voulait pas suivre le chemin qu’on avait tracé pour lui. Si sa sœur voulait se limiter à ce fin sentier, c’était son droit, lui, il voulait maîtriser pleinement sa vie, son destin, rencontrer une personne qu’il apprécierait, aimerait, épouserait, quel que soit son statut social ou la richesse de sa famille. Contrairement à ses parents, il n’était pas porté sur cette valeur qu’était l’argent, du moins, pas comme eux l’entendaient. Il se contrefichait d’avoir affaire à une milliardaire ou à une nana sans le sou, ce n’était pas cela qui définissait une personne, si ? Bien sûr que non, ce n’était même pas une question à poser. Il avait d’ailleurs compris très tôt que plus les gens avaient de l’argent, plus ils se permettaient de traiter les autres comme des moins que rien, comme si leur compte en banque leur donnait le droit d’humilier autrui. Eh bien, lui, Ned Westwood, originaire de New York, il ne laisserait pas son éducation lui dicter sa vie, il était maître de son destin et ça, personne ne pourrait jamais le lui ôter, qu’il vive dans un palace ou dans un foyer pour sans abri !
Ce fameux soir, il avait bu plus que de coutume, il faut bien l’avouer. Il avait bu dans sa voiture, puis sur un banc, la tête perdue dans une contemplation rêveuse, loin de tous ses tracas quotidiens, loin du poids que représentait sa vie de famille, le regard que portaient ses parents sur lui et ses amis. A vrai dire, le seul regard qu’il appréciait, c’était celui de sa frangine, lorsqu’elle était installée à table, lors du dîner, face à lui. Il provoquait inutilement ses parents, les courrouçant en remettant en cause leur mode de pensée. Son père, calme de nature, s’énervait intérieurement, son teint livide se transformant lentement mais sûrement, en rouge tomate. La fureur était la cause d’un fameux remue-ménage intérieur mais c’était la seule façon qu’avait Ned de voir son père réagir d’une quelconque manière. S’il ne le poussait pas à bout de la sorte, il restait impassible, écoutant sa femme geindre au sujet de leur aîné. Et la cadette, elle, ne pipait mot, ravalant ses fous rire alors que Ned peinait à garder un masque sérieux lorsqu’il voyait sa mère s’affoler, écarter les bras dans des gestes solennels, comme si cela allait exorciser son garçon. Elle roulait des yeux et finissait par quitter la table, « bouleversée » comme elle aimait à le crier dans les couloirs de leur maison, une bâtisse bien trop grande pour eux quatre. C’en avait été trop, il avait imité sa mère, abandonnant son plat à moitié entamé pour s’évader de ces lieux et le soir, en rentrant, sa décision était prise.
Il avait attendu que tout le monde soit allé se coucher pour quitter les draps de son lit moelleux. Il avait fourré des vêtements dans son sac de voyage en silence, muet, et avait quitté sa chambre sur la pointe des pieds, se glissant à l’étage inférieur pour quitter définitivement ce toit qui l’avait hébergé si longtemps. Ce n’était qu’au moment où il y avait eu un déclic sonore que la voix de sa mère s’était élevée, le suppliant de rester. Il s’était contenté de se tourner pour lui jeter un regard qui reflétait son air désolé. Il l’était, sincèrement, même si elle ne le crut pas, ce soir-là. Il lui avait soufflé d’un ton à peine audible un « à bientôt, mère » et il avait quitté New York pour de bon.
Pourquoi Ocean Grove ? Qu’avait-il vu en cette ville qui lui donne envie de s’établir là pour quelques mois, voire plus ? Jusque-là, son mode de vie de vagabond l’avait poussé à ne rester qu’un minimum de temps ici ou là. Comme s’il craignait qu’en restant trop longtemps à un même endroit, où le retrouverait. Mais le pistait-on, seulement ? Bien sûr que non. Sa mère avait renoncé à l’idée de le forcer à rentrer, de le suivre, de connaître ses moindres faits et gestes. Elle avait des nouvelles via sa sœur, voilà tout, elle avait dû s’y faire, de toute façon. Lui, il avait élu domicile ici, pour un temps indéterminé. Ce n’était pas qu’il s’y était fait un large cercle d’amis qu’il rechignait à laisser derrière lui. Il n’avait pas rencontré une jeune femme qui le suppliait de rester, d’emménager avec elle. Rien de tout cela. Il sentait simplement qu’au fond, quelque chose le retenait là, sans qu’il ne sache réellement quoi. Du moins, pour l’instant.
Il avait senti qu’elle n’était pas très encline à se dévoiler, pour de bonnes ou mauvaises raisons et c’était son droit, après tout, mais il se sentait honoré de voir qu’elle avait suffisamment baissé sa garde que pour discuter plus librement avec lui. Un léger sourire vint faire frémir ses lèvres mais il le retint de justesse, il n’aurait pas voulu qu’elle se méprenne sur ses interrogations ou ce qu’il faisait de ces informations. C’était simplement dans le but de faire la conversation, jamais il ne parlait de ses clients avec d’autres, comme s’il était sous serment, comme les médecins étaient soumis au secret médical, lui-même avec son propre secret de taximan et il s’y tenait sans grande difficulté. Quel intérêt aurait-il trouvé à parler sur le dos des gens, de toute façon, ce n’était pas dans son tempérament, bien qu’il ait vu sa mère à l’œuvre et connaisse les ficelles pour ne pas se faire pincer. Il n’était pas comme ça, un point c’est tout.
Elle était de Chicago, elle l’interrogea en retour et lui avoua supposer qu’il avait pas mal vagabondé. L’idée qu’elle l’analyse amusa un peu Ned qui sourit plus franchement, comprenant qu’il ne s’agissait plus d’un moyen de détourner la conversation d’elle pour la ramener sur lui mais bien d’un réel échange, entre deux adultes normaux. Dommage qu’il ait fallu une bonne partie du trajet pour en arriver là, peut-être que la prochaine fois qu’il la croiserait, il faudrait qu’il recommence à zéro… ou bien elle aurait compris qu’il n’était pas un mauvais bougre et qu’elle pouvait donc lui parler sans craindre qu’il se moque ou utilise des informations à son désavantage.

« New York » lui apprit-il avant d’ajouter, en jetant un petit coup d’œil dans le rétroviseur. « Et… en effet, j’ai pas mal voyagé avant d’arriver ici. Je ne sais pas pourquoi je ne suis pas encore reparti, d’ailleurs. Je ne reste jamais aussi longtemps à un même endroit, il doit y avoir quelque chose de magique à Ocean Grove.. »

Le temps qui les séparait de l’arrivée n’était plus qu’une question de minutes et une légère piqûre de regret picora le cœur du jeune New Yorkais. Le trajet lui avait paru très court et cela, pour une seule et unique raison : il avait apprécié la compagnie de la jeune femme.
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Message(#) Sujet: Re: « Baby you can drive my car » feat. Alabama Mer 6 Jan 2010 - 15:30



Depuis son arrivée à Miami, Aly avait rencontré pas mal de personne différente, des personnalités vraiment surprenantes parfois, en bien ou en mal du reste. Mais elle n’avait jamais autant croisé de monde et fuit également. Si elle avait croisé le regard de beaucoup de ces gens, elle ne prit que rarement le temps de faire la conversation, d’apprendre à les connaître ou même de se dévoiler. Elle pensait à sa propre sécurité, il était difficile de comprendre sa façon de penser, de comprendre pourquoi s’éloigner de tout cercle social pourrait la protéger. Bien sur elle avait ses petits secrets, un passé qu’elle ne voudrait pas forcement partager avec le ou la première venue. Mais était-ce réellement une raison pour ne nouer de lien avec qui que ce soit ? Surement pas, elle avait pourtant essayé. Au début il fallait avouer que non, seule dans une ville où elle ne connaissait personne, où il lui était facile de se perdre, vivant dans les rues, dormant à la belle étoile, ce n’était pas le cadre idéale pour rencontrer des gens fiables. Du moins tel était son point de vue. Mais le temps avait passé, par quelques concours de circonstances, et par chance également, elle était tombée sur quelques bonnes âmes, des personnes qui l’aidèrent à ce sortir de sa galère. Elle n’avait pas été dans l’obligation de parler d’elle, de parler de ce qu’elle avait vécu, de ce qui l’avait conduit dans la rue. Même si d’une certaine façon elle a toujours eu cette sensation d’en faire partie, seulement elle ne s’était jamais retrouvé seule. Apprendre sur le tas n’était pourtant pas simple, mais elle avait réussit jusqu’à ce qu’on lui tende la main. Chose pas facile à accepter, l’orgueil peut parfois se trouver être un obstacle redoutable. Heureusement que certaines personnes pouvaient être si acharnées qu’il était difficile de leur résister bien longtemps. Même si sa propre obstination lui avait joué bien des tours, cette fois et heureusement, elle était tombée sur plus fort qu’elle. Ce qu’elle apprit rapidement c’était cette différence qu’il pouvait subsister entre des personnes de milieu différent. Cette injustice, mais surtout cette discrimination, longtemps elle ne s’était pas sentit à la hauteur face aux adolescents arrogants, plein de suffisance, et aux richesses non dissimulées, qu’elle côtoyait tout les jours au lycée. Et pour dire elle allait jusqu’à les mépriser, auparavant ce n’était pas le cas, elle n’avait rien contre eux, personne ne choisissait son milieu, mais l’on choisissait quel genre de personne on voulait devenir. Si elle s’était souvent disputée avec son ami pour lui faire comprendre qu’il n’était pas obligé de suivre toutes les conneries tout ça parce qu’il vivait la plus part du temps dehors. C’était bien parce qu’elle espérait quelques part changer les mentalités. Mais ce n’était clairement pas une chose facile et elle l’avait apprit à ses dépends. Elle ne fut pas toujours cette femme hautaine, méprisante, éloignant toute personnes volontairement, elle ne l’était d’ailleurs toujours pas, il ne s’agissait que d’une façade, un mur qu’elle s’était construit pour pouvoir avoir la paix. Ne pas être importunée par des personnes qui ne valaient pas la peine qu’elle leur accorde son attention. Il ne s’agissait pas la de prétention, seulement elle fut blessée de si nombreuses fois par le comportement des autres, tout ça parce qu’ils possédaient des richesses qu’elle ne pourrait avoir, tout ça pour une chose si bête. Qu’elle préférait ne pas s’en soucier, oublier leur présence. A force elle s’était résignée à ne plus faire confiance à qui que ce soit, c’était certes très réducteur mais elle pensait réellement que cela pourrait être salvateur pour elle. Mais cette conversation lui donnait une autre perception des choses, elle n’était certainement pas encline à se dévoiler à qui que ce soit, mais était ce une raison pour éviter continuellement les conversations ? Apparemment pas, elle regrettait presque d’avoir été si dure avec le taxi-man à leur première rencontre, peut être que la conversation aurait été encore plus riche cette fois-ci. Peut être aurait-elle du laissé tomber quelques barrières plus tôt pour pouvoir discuter plus longuement. « New York (…) Et… en effet, j’ai pas mal voyagé avant d’arriver ici. Je ne sais pas pourquoi je ne suis pas encore reparti, d’ailleurs. Je ne reste jamais aussi longtemps à un même endroit, il doit y avoir quelque chose de magique à Ocean Grove.. » elle ne pouvait que partager son point de vue, une raison de plus qui lui prouvait qu’elle avait tord d’agir de manière aussi peut sociable avec les autres. Ocean Grove était sans nulle doute très attractif, elle n’aimait pas les quartiers chics et pourtant elle s’y sentait bien, même adolescente, alors qu’elle haïssait les trois quart, des habitants du quartier, elle n’imaginait qu’une chose dans le futur. Vivre ici avec sa petite famille. Oh elle avait en partie réussit, elle y vivait, oui mais seule … « Je comprends ce que vous voulez dire, c’est vrai qu’on a du mal à s’imaginer quitter cet endroit. » elle esquissa faiblement un sourire, léger mais pas moins sincère, cela lui changeait de ces habituels rictus tout aussi faux les uns que les autres. Néanmoins, elle fut prise d’un petit pincement au cœur, lorsqu’elle réalisa qu’ils étaient déjà arrivée à destination. Rare étaient les moments où l’instant était si agréable qu’il était définitivement trop cours. Alors qu’elle se penchait vers son sac pour en retirer ce qu’elle lui devait pour cette course, elle s’adressa à lui, après tout rare était les chauffeurs de taxi si agréable qu’on aimerait presque payer pour un tour de pâté de maison supplémentaire pour espérer voir le moment se rallonger ne serait ce qu’un peu. Tandis qu‘elle lui tendait ce qu‘elle lui devait, elle lui fit une petite confession. « Tenez, j’espère qu’à mon prochain appel c’est encore vous qui répondrez, à bientôt j’espère. » affichant un dernier sourire, elle sortit enfin du véhicule pour rejoindre sa maison, satisfaite d’avoir exceptionnellement décidé d’être plus sociable …



♠ THE END

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