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 and now i'm scared (lou)

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Ellie Hartsfield

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Message· · Sujet: and now i'm scared (lou) and now i'm scared (lou) EmptyJeu 11 Oct - 21:48


I'm scared to face another day,
Coz' the fear in me just won't go away,
In an instance, you were gone.

@Lou Hartsfield


Troisième nuit. C’était la troisième nuit d’affilée qu’elle passait sans se réveiller en sursaut, la peau humide de sueur, le cœur battant à tout rompre, les yeux aveuglés par des images d’une autre vie, celle qu’elle aurait aimé oublier, celle qu’elle avait vécu si peu de temps et pourtant celle qui l’avait marqué à jamais bien plus que les 30 premiers années de son existence. Troisième nuit où elle pouvait enfin dormir d’une traite, sans se tourner et sans se retourner dans ce lit confortable qu’elle avait perdu l’habitude de profiter et de partager. Troisième nuit où elle se réveillait lentement avec la lumière du jour, les oiseaux narrant leurs exploits de la nuit à leur fenêtre. Troisième nuit où elle ouvrait en douceur les yeux sur la silhouette massive et protectrice de Lou à ses côtés. Ses yeux papillonnèrent alors qu’elle s’éveillait doucement et découvrait le visage de son époux encore profondément endormi à ses côtés. Un sourire apaisé se dessina lentement sur ses traits alors qu’elle leva la main pour caresser doucement les cheveux de ce dernier, veillant néanmoins à ne pas le réveiller. Il avait autant besoin de sommeil qu’elle. Si ces 5 dernières années n’avaient pas été de tout repos pour la jeune femme, loin s’en faut, elle n’avait pas été des plus apaisées pour Lou non plus. C’est ce qu’elle avait compris progressivement. Elle l’avait lu dans son regard lorsqu’elle avait posé son regard sur lui dans ce couloir informel des bureaux de la CIA. Alors que durant l’intégralité du trajet jusqu’à la mère patrie, elle avait eu l’impression d’être toujours restée sous la chaleur du désert, ce n’est qu’en croisant le regard émeraude de celui qui avait toujours constitué son fil rouge et sa flamme depuis leur première rencontre qu’elle s’était enfin sentie à la maison. Manquant à tout professionnalisme qui la caractérisait tant, elle s’était précipitée dans ses bras, le serrant contre elle, laissant le liquide amer des larmes couler le long de ses joues, s’imprégnant de sa force et de son odeur que jamais elle n’aurait pu penser revoir. Tout avait été mis de côté : leurs disputes avant son départ, la mort de Jonas, les reproches qu’ils s’étaient lancés, les rancoeurs datant d’années en arrière, le silence froid qui s’était installé progressivement entre eux. Tout avait disparu lorsqu’elle l’avait retrouvé. Sans doute était-ce là leur seconde chance et, ce matin, elle ressentait plus que jamais tout l’amour qu’elle éprouvait celui qu’elle avait promis d’aimer et de chérir dans la joie comme dans la pauvreté, dans la richesse et dans la pauvreté, dans la santé et dans la maladie, pour le meilleur et pour le pire. Celui auquel elle avait promis qu’elle ne laisserait rien ni personne les séparer. Celui auquel elle s’était liée, pour toujours, jusqu’à ce que la mort les sépare. Elle avait failli à cette promesse auparavant. C’était sa chance de se rattraper.

Poussant un soupir, elle se détourna et posa son regard sur la silhouette des arbres qu’elle devinait derrière les rideaux épais. La tempête était passée, de la manière la plus terrible et étrange qui soit. La ville, à l’instar de la jeune femme, commençait à peine à se remettre de ses émotions et à panser ses plaies béantes. Son sentiment d’apaisement ne la quitta pas lorsqu’elle se leva doucement du lit, sortant de la chambre avec d’infinies précautions afin de ne pas réveiller son époux dont elle piqua une des chemises pour se couvrir davantage. Elle frissonna légèrement en descendant les escaliers et attrapa au passage des chaussons qu’elle enfila afin de se prémunir du froid glacial qui régnait en dehors du lit et des bras de Lou. Se dirigeant dans la cuisine en chantonnant, elle alluma la radio, la voix d’Ellie Goulding emplissant avec douceur la pièce alors qu’elle commençait à préparer le petit déjeuner qu’elle apporterait au lit. Elle avait le temps ce matin et c’était la moindre des choses qu’elle pouvait faire pour Lou. Il l’avait attendu pendant qu’elle s’était perdue. Il n’avait jamais perdu espoir lorsque la nuit noire l’avait entouré de ses bras mortels. Rapidement, l’odeur de pain grillé vint remplir de son délicat fumée la maison qui reprenait progressivement vie alors que le soleil se levait progressivement et réchauffait de ses timides rayons les lieux. Elle promena son regard sur l’extérieur, observant la lisière de la forêt toute proche frissonner sous les caresses du vent matinal. Son attention fut cependant attirée par le bruit strident de la théière et elle se rapprocha de cette dernière afin de la saisir. Dans un geste qu’elle ne maîtrisa pas, sans doute par manque d’attention, sans doute parce que tout se passait trop bien depuis quelques jours, elle lui échappa des mains et déversa son contenu brûlant ses jambes nues. Elle cria de douleur et ferma les yeux en tentant de se soustraire à cette souffrance. A sa grande surprise, elle put reculer, ses bras et ses jambes n’étant pas entravés comme habituellement. La peur envahissant ses grands yeux humides, elle se recroquevilla dans un coin de la cuisine se passant les mains dans les cheveux, se faisant la plus petite possible pour que les coups ne l’atteignent pas, pour qu’ils aient du mal à la saisir et l’amener là où ils voulaient, pour qu’ils ne puissent pas la toucher là où ils voulaient la toucher. « Raja’. Raja’. Raja’. La tawdhini. La tawdhini. La tawdhini. » répéta-t-elle comme une litanie alors que la douleur à ses jambes continuait de battre. « La ‘aerif shayyana. » (*)




(*) S’il vous plaît. S’il vous plaît. S’il vous plait. Ne me faites pas mal. Ne me faites pas mal. Ne me faites pas mal. Je ne sais rien.

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Lou Hartsfield

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Message· · Sujet: Re: and now i'm scared (lou) and now i'm scared (lou) EmptyVen 19 Oct - 11:56

Comment récupérer une vie normale ? Comment retrouver un semblant d’équilibre au quotidien ? Comment se remettre de tels événements atroces ? Cette poignée de questions ne cessaient de tourner et tourner encore dans sa boîte crânienne, perpétuellement les mêmes interrogations, toujours laissées sans réponse. Existait-il seulement une solution efficace à tous leurs problèmes ? Pouvaient-ils humainement se sortir la tête de l’eau de manière mutuelle ? Rien n’était moins sûr. Le doute était permis. Tout ce qu’ils avaient jadis connu n’était plus. L’agitation de leur vie n’avait jamais représenté un quelconque obstacle à leur bonheur ou leur épanouissement, le couple était personnellement entraîné à supporter des situations déplaisantes et à encaisser des coups aussi bien déloyaux que mortels. Aujourd’hui, la situation était différente. Cela faisait désormais cinq ans que Lou avait rendu son tablier et menait une vie semblable à celle de Monsieur tout le monde. Il était un peu rouillé et le manque évident d’entraînement intensif se répercutait maintenant sur sa santé physique continuellement en chute libre. Même si sa condition générale demeurait plus élevée que celle d’un homme lambda, il pouvait aisément sentir que ses forces l’abandonnaient progressivement, tout comme l’espoir de connaître à nouveau les joies d’un jour meilleur. Véritable pantin désarticulé et sans le moindre pouvoir de décision, le bûcheron observait distraitement, à la fenêtre de sa maison, sa vie défiler sous ses yeux, jour après jour, sans qu’aucun changement ne se fasse ressentir. Il n’y avait hélas plus grand-chose à espérer ou à désirer, sa funeste destinée était à présent de subir son existence, probablement dans le but caché de racheter ses fautes passées. Le mal s’était plus d’une fois répandu autour de lui, aussi bien durant son enfance qu’à l’âge adulte, il lui faudrait très certainement plus d’une vie pour réparer l’ensemble des erreurs commises. Au vu du caractère impossible et impensable de cet objectif, il était naturellement plus logique d’abandonner cette mission suicide dès ses balbutiements. Des efforts avaient été fournis, vainement certes, il était temps de rendre les armes et de mettre un terme à ce combat voué à l’échec. Le retour de sa femme parmi la civilisation américaine était supposé l’aider à remonter la pente qu’il ne cessait de dévaler malgré lui dans le mauvais sens, bloqué dans une spirale infernale qui le contraignait à revivre inlassablement les mêmes journées et les mêmes émotions.

Il fallait réapprendre à cohabiter avec l’autre. Il fallait à nouveau apprivoiser cet individu devenu étranger après cinq longues années d’absence totale. Ce n’était évident pour personne, l’un comme l’autre peinait cruellement à essayer d’effacer cette période chaotique de leur existence mais les événements étaient bien trop marquants pour pouvoir être balayés aussi rapidement. Cela faisait désormais six mois qu’Ellie l’avait rejoint dans cette maison qu’il avait bâti à la seule force de ses bras et d’une motivation inébranlable. La présence de son épouse dans la bâtisse apportait aux lieux une touche de féminité non négligeable, avant son retour les environs étaient baignés d’une lueur sombre et dérangeante. Bertie aussi avait contribué au bien-être et à la personnalisation de la demeure en mettant la main à la pâte pour des travaux de finition, ainsi Lou pouvait conserver un peu de sa douceur naturelle et tenter de s’en imprégner pour sa propre survie. Jusqu’alors profondément endormi et étalé sur une bonne partie du lit conjugal, il fut violemment réveillé par des cris émanant d’une autre pièce. « Ellie ? » appela-t-il inutilement en se redressant. Il observa quelques secondes la place vide à ses côtés et fronça les sourcils avant de se remettre debout tandis que des bruissements de voix retentissaient dans la cuisine. « Qu’est-ce qui se passe... » grogna-t-il d’une voix bourrue et quelque peu assoupie alors qu’il se dirigeait vers les lieux du crime. Si ses yeux ne l’aperçurent pas immédiatement, ses oreilles en revanche distinguèrent les mots arabes prononcés par sa femme qu’il découvrit recroquevillée au sol dans une position de soumission. « Ellie... » dit-il avec un peu plus de douceur. « C’est moi, Lou. » Ses yeux sombres examinèrent rapidement la scène laissée en suspens dans le but de comprendre ce qui s’était produit, de l’eau jonchait le carrelage non loin d’une théière à moitié vide. « Personne ne va te faire de mal. » Il lui glissa une mèche rousse derrière l’oreille puis se remit aussitôt debout pour aller mouiller un linge propre avec de l’eau froide. Il revint à ses côtés et s’agenouilla devant elle pour examiner l’état de sa jambe, fort heureusement la brûlure était mineure. « Je vais passer ce linge humide sur ta jambe, » la prévint-il afin d’éviter une réaction excessive de sa part. Mêlant le geste à la parole, il commença à nettoyer sa blessure avec délicatesse pour ne pas lui faire mal et lui laisser le temps de récupérer ses esprits, une fois la brûlure refroidie, il pourra lui appliquer une pommade antibiotique pour éviter toute forme d’infection. « Tout va bien se passer, tu es en sécurité maintenant. »

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Message· · Sujet: Re: and now i'm scared (lou) and now i'm scared (lou) EmptyDim 28 Oct - 14:31

La voix qui résonna à ses côtés aurait dû la calmer. Dès que Lou avait posé doucement la main sur elle, tentant d’apaiser la blessure qu’elle s’était infligée seule involontaire, la jeune femme aurait dû se calmer. Sans doute aurait-elle dû cesser de trembler en sentant la présence rassurante de celui qui avait tout abandonné pour elle et pour lequel elle avait pris le plus grand des risques. Malgré ce qu’on avait pu penser de leur couple à l’époque et au travers des épreuves et des tragédies qu’ils avaient l’un et l’autre, ensemble ou séparément, traversé, il tenait bon. Bien sûr, la chose n’avait pas été aisée. Subir le regard et les commentaires des autres lorsqu’il avait rompu ses fiançailles avec sa sœur cadette pour la demander en mariage, elle, quelques mois plus tard. Bien sûr, ils avaient dû enterrer leur propre enfant, chose qui n’était pas dans l’état naturel des choses et qui avait causé une crise sans précédent dans leur couple, poussant la rouquine à accepter une mission périlleuse dont elle reviendrait profondément changée. Evidemment, des années passées loin de l’autre, dans la peau d’une personne qu’elle n’était pas mais qu’elle avait finie par devenir, avaient creusé toujours plus le fossé qui existait entre eux. Mais leur histoire était de celle qui défiait la logique. A l’instar de Wallis et de son roi, ils avaient trop perdu dans la bataille pour baisser les bras une fois que leur histoire ne s’essouffle. Il leur fallait perdurer, il leur fallait montrer ce qu’ils étaient l’un sur l’autre. Et tant bien que mal, ils se redécouvraient. Ils s’aimaient à nouveau, timidement, avec complexité et secrets biens gardés. Ils essayaient du moins et parvenaient malgré tout à maintenir le bateau à flot. Alors oui, l’ancien agent de la CIA aurait dû sans le moindre doute s’apaiser au contact de sa moitié, de celui qui avait fait d’elle ce qu’elle était au final, de celui qu’elle avait juré d’aimer jusqu’à ce que la mort les sépare. L’officiant de cérémonie aurait sans doute dû préciser quelle serait la mort qui pouvait les séparer. Les termes du contrat étaient bien trop petits. Sauf que contrairement à ce qui aurait dû naturellement se passer, les mots, la présence, les gestes de tendresse de Lou ne firent que la pousser davantage dans sa peur panique.

Elle jeta un coup d’œil effrayé et humide de larmes, douleur et peur mêlée, par-dessus son épaule, tentant de se soustraire à l’emprise de l’homme qui se trouvait face à elle. Il était massif, large et elle savait pertinemment qu’en dépit de ses classes et de ses entraînements, elle ne ferait pas le poids contre lui s’il décidait de faire d’elle ce qu’il entendait. Elle n’était pas assez forte pour lui faire face ; du moins, elle ne l’était plus. La privation de nourriture et de sommeil avaient non seulement entamé sa santé morale mais également anéanti sa santé physique. Par le passé, elle avait tenté de résister à de multiples reprises, de montrer à l’ennemi qu’elle n’était pas femme à faillir et que s’il voulait la briser entièrement, il allait lui falloir s’y reprendre à plusieurs reprises. Elle tenait du mieux qu’elle pouvait mais certaines journées étaient plus compliquées que d’autre. Aujourd’hui était l’une de ces journées. Elle retira vivement sa jambe afin de la soustraire au linge utilisé par l’inconnu. Elle reconnu la langue qu’il utilisa si elle ne le reconnu pas. Ce n’était pas l’un de ses geôliers habituels. Il semblait vouloir l’aider et soulager les souffrances causées par ses compères. Mais elle s’était laissée bernée bien trop de fois par le passé et elle savait désormais que tout geste de gentillesse, d’attention et de soin se payait au centuple par la suite. Elle ne pouvait pas lui faire confiance même si son corps et son esprit le voulaient désespérément. Sans doute tentait-il de la tromper lui également. Si elle se relaxait ne serai-ce qu’un peu, il en profiterait pour la saisir la cheville, la tirer violemment de sa cachette et faire d’elle ce qu’il entendait. Ce n’était pas la première fois, ce ne serait sans doute pas la dernière fois non plus. Alors, elle lutta contre son instinct et resta sur la défensive. Elle préférait sentir la douleur battante qui irradiait de sa jambe meurtrie plutôt que de se laisser attendrir et piégée une fois de plus. S’il voulait la frapper, elle ne tendrait pas la joue en premier.

Lui jetant un regard noir, elle replia sa jambe douloureuse contre elle, quitte à souffrir davantage, et referma les bras autour de son corps. Si elle ne parviendrait pas à se protéger entièrement si l’inconnu avait décidé de jouer avec elle, à tout le moins, elle ne lui faciliterait pas la tâche. Sa respiration se fit aussi haletante que les battements de son cœur étaient effrénés. En sécurité maintenant ? Elle ne l’avait jamais été malgré tout ce qu’on avait pu tenter de lui faire croire durant ces précédentes semaines. On l’avait changé de place en place, d’une cave sombre malodorante à une autre cave sombre malodorante. D’un geôlier pervers à un geôlier cruel. Des questions à n’en plus finir à des séances de torture basculant toujours plus dans l’horreur. Et à chaque fois, on lui affirmait qu’elle serait désormais en sécurité, que tout allait bien se passer et qu’il fallait leur faire confiance. Non. Même si l’homme face à elle avait un visage avenant et le regard doux, même si ses gestes étaient tendres et attentionnés, même si sa peau n’était pas assombrie pas les rayons vengeurs du soleil et la morsure du sable. Non, les plus doux étaient les pires. Elle déglutit péniblement, vrillant son regard dans celui de son geôlier, et ouvrit finalement la bouche restant sur la réserve : « Où est Omar ? » C’était tout ce qui importait pour elle. Cela faisait des jours qu’elle ne l’avait pas vu. Elle commençait à s’inquiéter pour lui. Elle espérait qu’ils avaient été transférés ensemble. « Dites-moi où est Omar. » Sa voix se teinta de colère et de désespoir. Elle avait tellement peur pour lui. En définitive, peu lui importait qu’elle ne soit blessée, qu’elle ne soit violée, qu’elle ne soit torturée à mort. Elle voulait juste être rassurée sur le sort d’Omar. C’était tout ce qui comptait à ses yeux. Le reste n’était que superficiel. Les yeux injectés de larmes qui commençaient à s’égrener sur ses joues glaciales alors qu’elle s’était juré de ne pas craquer, elle finit par lui hurler dessus, le repoussant violemment : « Où est mon mari ?! »

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Message· · Sujet: Re: and now i'm scared (lou) and now i'm scared (lou) EmptyMer 24 Avr - 10:38

Des atrocités, le monde actuel en connaissait, en avait connu et en connaîtrait probablement encore. Certains individus revenaient marqués de la guerre, épuisés par des missions qui s’éternisaient, découragés par des efforts vains, affaiblis par l’éloignement géographique de leurs proches, traumatisés par la barbarie humaine. Bon nombre de soldats regagnaient leurs domiciles changés, incapables de retrouver un quotidien stable et heureux. Étrangement, ce n’étaient pas ses obligations militaires qui avaient le plus affecté Lou, le plus gros de ses fardeaux remontaient à son enfance ou encore ses années de mariage ; des événements personnels poignants qui l’avaient davantage touché que les nombreuses tueries auxquelles il avait pu assister et même participé. Cette condition de mercenaire se situait désormais à des années-lumière de son existence actuelle, il ne voulait plus en entendre parler, il ne souhaitait plus aborder le sujet, son seul désir était de retrouver sa vie, tout simplement, redevenir le maître de son destin une bonne fois pour toute. Des galères, Ellie et lui en avaient traversé une quantité impressionnante, des horreurs qui continuaient à les hanter de jour comme de nuit, mais chacun tournoyait autour de ses craintes respectives, à sa manière, sans toutefois parvenir à se relever de cette énième chute. C’était d’ailleurs là toute la beauté de leur couple, une connexion indéniable, une uniformité dans la douleur, une ressemblance extérieure effrayante car dans les faits, tout les éloignait, la nature de leurs tourments différait. Ils s’aimaient, s’apprivoisaient, se détestaient, se comprenaient et se repoussaient, chaque jour qui passait était différent du précédent et du suivant. Prétendre que tout allait bien représentait un art sophistiqué qu’il fallait entretenir au quotidien, un dur labeur que le bûcheron tentait tant bien que mal de réaliser, derrière des sourires polis adressés aux rares personnes qu’il était amené à croiser. Ce n’était pas tous les jours évident, même si feindre une attitude était toujours plus simple face à un inconnu, en revanche, il lui arrivait parfois de ne pas se sentir capable de faire semblant, notamment devant sa femme, il ne ressentait alors ni l’envie ni la force de faire des efforts. Dans des moments comme celui-ci, il ne souhaitait pas prendre la peine de masquer les apparences. Ce réveil en fanfare ne lui donnait le goût que d’une seule et unique chose : boire. La journée débutait tout juste pour les Hartsfield et pourtant, cette dernière s’annonçait déjà pénible. Il se devait néanmoins d’être fort pour sa compagne, bien que sa patience avait clairement des limites restreintes. Lorsque la jolie rouquine retrouvera ses esprits, il sera alors autorisé à se livrer à ses propres dérives, chacun devant respecter le tour de l’autre ; un accord mutuel qui semblait porter ses fruits, même s’ils n’étaient aucunement à l’abri d’un débordement.

« Je suis là, » murmura-t-il d’une voix abattue en réalisant qu’Ellie n’était pas décidée à sortir de son état second, de son mauvais rêve. « C’est moi, Lou. » Il inspira profondément en la regardant dans les yeux. « C’est moi ton mari. » Pas cet Omar, ni même un autre individu dont le prénom aurait été inventé de toutes pièces. La découvrir ainsi était un déchirement pour lui autant que cela le désespérait. Avait-il perdu son rôle de leader dans le cœur de sa belle ? L’avait-elle définitivement oublié ? Lors de moments de lucidité, elle prétendait le contraire, mais ne s’agissait-il pas de paroles en l’air destinées à le rassurer et prononcées pour lui faire plaisir ? Il ne savait plus quoi penser de ce qu’ils avaient ou de ce qu’ils semblaient posséder, si toutefois ils partageaient encore quelque chose. « Dis-moi ce que je dois faire, » dit-il alors dans un petit soupir tandis qu’il laissait son postérieur retomber sur ses mollets. « Je suis fatigué, Ellie. » Il lui parlait mais il n’était pour autant pas certain qu’elle comprenait ses mots. Elle n’était pas sa prisonnière, sa liberté était réelle, si l’envie lui venait de passer la porte de cette maison pour ne jamais plus y revenir, c’était son droit. Il ne pouvait décemment pas la retenir, tout comme il serait contraint d’accepter un divorce si tel était son désir. « Je vais ramasser tout ça, ensuite on retournera se coucher. » Il avait l’impression de s’adresser à une personne sourde, le dialogue était rompu et l’échange se faisait désormais à sens unique, aussi bien pour elle que pour lui. Il se remit debout une nouvelle fois et ramassa la théière abîmée avant d’essuyer les dégâts commis par son épouse, toujours recroquevillée au sol. La tâche ne lui prit que quelques minutes et il revint aussitôt à ses côtés pour l’assister et essayer de la remettre sur pieds. Il ne s’y prenait probablement pas de la bonne manière mais las d’entendre toujours la même histoire, il fit preuve d’un manque de patience flagrant. « Allez, lève-toi, » souffla-t-il en l’attrapant sous les aisselles pour la relever en même temps que lui, dans un même mouvement. Il n’était certes pas brusque avec elle mais la douceur ne faisait visiblement pas non plus partie du voyage.

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Message· · Sujet: Re: and now i'm scared (lou) and now i'm scared (lou) EmptySam 18 Mai - 19:58

Ellie Hartsfield n’avait pas toujours été cette femme fragile et tremblante qui se trouvait désormais recroquevillée dans sa cuisine, incapable de reconnaître les traits d’un époux pour lequel elle avait dû se battre et faire accepter à nouveau par sa famille. Il n’était guère aisé de faire admettre à sa famille qu’on avait piqué le fiancé de sa sœur, quant bien même cette sœur n’était pas la favorite de la cellule familiale. Il n’était pas davantage aisé de terminer dans les 10 premiers du concours d’entrée au FBI lui permettant de choisir une spécialité et un département qui lui correspondait alors. Il ne l’était pas plus de devoir enterrer un enfant qu’ils avaient attendu durant 9 mois et qu’ils avaient à peine eu le temps de connaître avant qu’il ne rejoigne les étoiles. Ce n’était après tout pas l’ordre naturel des choses que des parents enterrent leur propre enfant. Il n’était pas plus aisé de savoir se faire sa place au Moyen-Orient et de ne pas perdre pied dans un pays à la latitude et à la culture aussi opposée à elle. Tout cela n’était guère aisé. A l’inverse, il était facile de se perdre dans les méandres de ses souvenirs pour échapper aux tortures et aux sévices que l’ennemi intime pouvait lui faire subir. Il était diablement aisé de ne plus savoir distinguer la réalité du mensonger, de voir les frontières devenir de plus en plus floues au fur et à mesure des instants qui s’écoulaient. Plus encore lorsqu’elle avait perdu tout repère. Etait-ce le jour ou la nuit ? Il faisait toujours sombre dans cette cave humide. Etait-ce l’hiver ou l’été ? La température restait identique ici bas quel que soit la saison. Etait-ce un ami ou un ennemi ? Les mots qui cajolaient pouvaient aussi bien être des mots d’exécution. Rien d’étonnant à ce qu’elle perde pied. Le psychologue du FBI l’avait prévenu. Elle souffrirait de syndrome post-traumatique.  Des cauchemars l’assaillaient et certains souvenirs pouvaient se déclencher à n’importe qu’el moment, la traumatisant et empêchant son cerveau de réagir normalement. Ses réflexes pouvaient disparaître d’un moment à l’autre. Il ne fallait pas s’inquiéter. Le temps serait son unique allié, conjugué à l’amour des siens et de ses proches. Mais combien de temps ? Il lui avait été impossible de répondre à la question de la rouquine. Chacun réagissait différemment. Ellie n’avait pas le temps. Elle n’avait jamais eu le temps et ne l’aurait sans doute plus jamais. Ce dernier semblait s’égrenait comme le sable dans les paumes de ses mains. Elle avait beau tenter de le retenir, rien n’y faisait. Et Lou qui avait été son roc, qui le demeurait envers et contre eux-mêmes commençait à se fissurer. Elle l’aimait pourtant, plus que tout. Mais que pouvait l’amour enlisé sous des couches de sable ?

C’est moi ton mari. La jolie rouquine fonça les sourcils en hochant négativement la tête. Pourquoi lui mentait-il ? Elle connaissait son mari. Il ne s’appelait pas Lou et Omar n’avait pas d’yeux bleus. Il avait les cheveux très noirs, la peau de la couleur su sable, des yeux marron chaleureux. Et s’il la regardait de la même manière que l’inconnu, elle aurait su le reconnaître s’il était en face de lui. Elle s’était néanmoins calmée. De manière incompréhensible, la voix de l’inconnu la calmait et au fond d’elle, un espoir aussi infime soit-il, une impression de confiance qui semblait hurler en elle mais sans parvenir totalement à ce qu’elle l’entende. Peut être était-ce dans le ton de sa voix, un ton que n’avait jamais pris jusqu’alors ses geôliers. Ou peut être à raison de la pureté de l’azur du regard qu’il portait sur elle. Elle reporta son attention sur lui, scrutant ses traits, les déchiffrant et tentant de deviner les intentions malines qui pouvaient se dissimuler derrière des paroles se voulant apaisantes. S’il disait vrai ? Prise d’un doute, elle promena son regard alentours et fut surprise de voir la luminosité de la pièce. La cuisine équipée était moderne, du moins d’après les standards du Moyen Orient. Elle pouvait deviner un ciel gris que découpaient les fenêtres et les feuilles des arbres à l’extérieur continuaient de lutter contre l’automne qui glissait progressivement sur elles. Elle reporta son attention sur son interlocuteur et son cœur sembla s’apaiser, battant au même rythme que sa respiration, suspendu aux lèvres de cet inconnu. Lou, Lou. Ca lui disait quelque chose. Quelque chose qui avait à voir avec la forêt, avec quelque chose de sombre et de brun. De doux également. Elle ne parvenait pas encore à remettre le doigt dessus mais elle s’était calmée, le visage ravagée par les larmes qui séchaient devant la fatigue manifeste qui avait envahi chaque particule du corps de l’homme face à elle. Elle tenta de se dérober lorsqu’il la saisit par les aisselles pour la relever en même temps que lui. Elle voulut lutter, glissant sa main contre son torse avec l’idée de le repousser, la panique s’emparant à nouveau d’elle. Mais sentir le rythme cardiaque du trentenaire dans le creux de sa paume la coupa en plein vol. Ours. Lou. Réalisant alors qui elle avait en face d’elle, revenant à la réalité partagée avec celui qui était son véritable époux, de cœur et de papier, elle le prit dans ses bras, ses mains se posant sur sa nuque. « Je suis désolée. » murmura-t-elle alors que ses larmes reprenaient de plus belle. Elle s’en voulait tellement de lui faire traverser ça. Il ne le méritait pas, ayant déjà beaucoup à gérer. « Je suis désolée. » Ses mains remontèrent dans la tignasse brune de son époux tandis qu’elle glissait son nez dans son cou, le serrant fort contre elle, voulant le sentir contre elle, tel le roc qu’il était, faisant fi des fissures qui étaient apparues dans ce dernier. « Je suis en vrac. » Elle redressa la tête pour regarder dans les yeux de Lou, les retrouvant enfin. Pourquoi les choses ne pouvaient elles être simples ? Pourquoi fallait-il toujours que quelque chose se dresse entre eux ? Comme s’ils étaient maudits ? « Pardonne-moi. Je suis désolée, Lou. » Elle voulait tout lui dire. Lui dire combien elle l’aimait, combien il était tout pour elle, combien elle ne le méritait pas. Mais rien ne sortit d’autre que des sanglots. Elle n’était pas fragile. Elle était forte. Mais en cet instant précis, elle était une poupée de porcelaine dont la céramique avait été brisée mainte et mainte fois de sorte qu’elle ne se reconnaissait plus elle-même. « Je comprendrais tu sais. » Elle ne voulait pas envisager cette possibilité mais elle voulait qu'il soit heureux. « Si j'étais trop en vrac et que tu... » Elle fut incapable de terminer.

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nos cris font tomber les murs d’une vie qu’on se plaît à pousser les limites des corps, ceux qui partagent nos ébats, nos pensées. on s’éprend de douleurs mais on est attirés par notre malheur. on détruit ensemble mais peux-tu m’attendre ?
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