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 These are the days and you're living them your way.

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words: they always win
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Bertie Hartsfield

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Message· · Sujet: These are the days and you're living them your way. Mar 16 Oct - 20:05

@Ryan Davenport

you learn that a soul has got to change, so you throw all your cards out the window and carry on, making it up on the way, from the wound you forget by tomorrow

La météo capricieuse de cet automne deux mille dix-huit avait soufflé un vent de panique sur la côte ouest et n’avait pas épargné la petite bourgade de l’Oregon. Les plages avaient été retournées, les bâtiments abîmés, les habitants traumatisés en l’espace de deux soirées. Deux petites soirées qui avaient laissé des traces indélébiles dans chaque partie de la ville. Le petit monde de Bertie n’avait pas réussi à se préserver de la tempête, sa modeste caravane avait essuyé la tempête à une plus grosse échelle encore que les maisons installées plus dans les terres. Toutefois, il ne s’en tirait pas trop mal. Hormis quelques égratignures, de la peinture écorchée et son antenne envolée, aucun dommage grave n’était à déplorer, il n’avait pas eu à payer un lourd tribut pour procéder aux réparations et, lui comme sa tortue, se portaient bien. Il avait été chanceux dans son malheur. Son côté optimiste le persuadait de ce fait, tout du moins, il s’accrochait aux nouvelles qui avaient été plus négatives pour le reste de la ville. Lui, au moins, n’avait pas eu droit à la visite des rats ou des coulées de boue, malgré la position approximative – et un chouïa illégale – de sa demeure atypique. Il était en plein travail de repeinte du contour de la baie arrière lorsque son portable vibra dans la poche de son jean. Un sourire vint illuminer son visage fatigué lorsqu’il prit connaissance d’abord du nom qui s’affichait sur l’écran, puis du contenu du message. Il s’essuya les mains sur ses jambes pour répondre dans la seconde, au risque de se voir voler la place de compagnon de l’après-midi par un autre ami qu’il aurait contacté, présent à la proposition de Ryan. Cet après-midi, ils la passeraient dans leur endroit préféré de la forêt, dans un bras ombragé de la rivière dont le calme n’avait de comparable que le peu de poissons qu’il abritait. Cela convenait pour le mieux au duo qui n’avait rien de spécialistes en la matière, bien au contraire, ils étaient plutôt mauvais dans leur hobby, dont le seul mérite était de leur faire passer le temps et oublier le plus gros de leurs soucis respectifs. « Sors de ma tête, j’étais justement en train de me dire qu’il fallait que je mette mon cerveau en mode off pour plusieurs heures. Tu es le meilleur, » ajouta-t-il dans un deuxième message qu’il envoya dans la seconde suivante. Bertie n’avait pas accumulé une foule d’amis au cours de son existence, il chérissait d’autant plus ceux qui le graciaient de leurs existences.

Deux heures et dix-sept minutes plus tard, précisément, les deux larrons se retrouvaient pour faire la route ensemble jusqu’à leur endroit secret, qui ne l’était pas réellement, mais qui leur était réservé en ce mois d’octobre versatile. Les nuages menaçant ne les impressionnaient guère, contrairement aux autres pêcheurs amateurs qui traînaient parfois dans cette clairière translucide. « T’as supporté la tempête, toi ? Enfin, ton appart’ ? » demanda-t-il, les bras chargés d’un côté d’un haut sac en bandoulière, de l’autre sa main fermée sur l’anse de la glacière. Il n’avait pas eu l’occasion d’aller aux nouvelles, il était resté dans sa bulle durant quelques jours, à n’osciller qu’entre ses besognes et les réparations de sa caravane. Ryan était le premier être humain qu’il côtoyait socialement, en dehors de ses heures de travail, depuis cette fameuse soirée de mi-septembre. Il n’avait pas réalisé le temps qui s’était écoulé depuis lors, s’étant enfermé dans une légère déprime qu’il ne connaissait hélas que trop bien. Seul un individu extérieur pouvait l’en tirer, sauf que personne n’était au courant de ses baisses de moral. Il les gardait enfouies en son sein et ne partageait avec le reste du monde que des sourires de façade et, avec les plus méritants, des éclats de rire temporaires. Installant ses fesses sur un rocher recouvert de mousse, il prépara sa canne à pêche qui semblait avoir vécu malgré la dizaine d’usages qu’il en avait faits jusqu’à présent, et enfonça sa casquette sur son front. Il n’avait pas le look du pêcheur traditionnel, Ryan non plus. Là encore, cueillir des poissons à foisons n’était pas la principale raison de leur rendez-vous mensuel. « Ah, elles sont là, mes précieuses ! » s’exclama-t-il tandis que son ami sortait deux bouteilles de la glacière. Il attrapa sa bière et en fit tinter le goulot contre celle du jeune Davenport. « A notre santé ! » Il n’était pas porté sur l’alcool, toute son enfance avait été passée à lui inculquer le danger qui allait de paire avec cet affreux breuvage, il appréciait toutefois énormément trinquer avec son compagnon de poissons et de boissons. C’était leur petit truc, à eux. Boire en attendant de ferrer un petit quelque chose.

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Ryan Davenport

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Message· · Sujet: Re: These are the days and you're living them your way. Jeu 18 Oct - 14:22

Sa vie professionnelle était en constante ébullition. Etre analyste financier pour un grand groupe new-yorkais exigeait une attention de tous les instants, une concentration intense et ininterrompue, et une haute résistance à la pression. Ajouter à cela ses travaux de recherche à Stanford et ses missions de consultant dans la Silicon Valley – activités pas vraiment plus paisibles en somme – niveau boulot, c’était rarement de tout repos. Ryan ne se plaignait jamais de ce quotidien professionnel intense et haletant – c’était même quelque chose qu’il appréciait, la prévisibilité de cette effervescence constante dans son job – mais celui-ci justifiait des temps morts pour des hobbies d’un calme plat qu’il chérissait tout autant.
La pêche était de ces hobbies.
Aussi, copieusement équipé, se retrouvait-il cet après-midi à arpenter les chemins sinueux de la forêt avec Bertie, son partenaire de pêche attitré bien qu’il ne soit, pas plus que Ryan, un expert en la matière. La température un peu fraîche pour ces activités extérieures, quelques cumulus menaçants au-dessus de leurs têtes, rien ne semblait pouvoir les contrarier dans leur cheminement vers le petit bras de rivière où ils avaient l’habitude d’installer leurs cannes à pêche et le matériel qui allait de paire – épuisettes, appâts en tous genres, seaux destinés à héberger leur récolte sans oublier, bien sûr, la glacière tenant au frais les bières qu’ils écouleraient à leur rythme.
Ryan se renfrogna imperceptiblement lorsque Bertie évoqua la tempête à laquelle Windmont Bay avait été confrontée un mois plus tôt. Le fait est que lorsque la nature s’était déchaînée comme rarement sur sa ville natale, Ryan était à New-York – à près de trois mille miles de distance et un décalage de trois fuseaux horaires. Un déplacement professionnel riche : une multitude de réunions, un grand nouveau projet à construire, des stratégies financières à revoir en urgence. Entre la distance considérable et ces importantes considérations professionnelles, Ryan était tout simplement passé à côté de la nouvelle des intempéries prêtes à s’abattre sur Windmont. Il n’en avait été informé que le lendemain matin, lorsqu’il avait consulté le journal en buvant son café au restaurant de l’hôtel dans lequel il séjournait. Inquiet, il avait recherché sur internet plus d’informations sur le passage de cette tempête sur la côte Ouest des Etats-Unis et c’était seulement là qu’il s’était rendu compte que celle-ci avait balayé et ravagé Windmont Bay, sa ville. Il s’était alors empressé d’appeler ses parents, sa famille et ses amis, impatient et nerveux d’avoir des nouvelles – mais sa panique, arrivée bien après coup, leur avait semblé assez inappropriée car bien tardive. Et si Ryan s’était senti rassuré d’apprendre que ses proches n’avaient connus aucune blessure mais seulement quelques dégâts matériels – notamment sa cousine dont le salon de thé avait souffert quelques dommages – il s’était aussi et surtout senti étreint par un sentiment de culpabilité de ne pas avoir su les siens en danger, sentiment qui ne l’avait pas encore quitté. « J’étais à New-York quand c’est arrivé, » expliqua-t-il sans s’étaler en détails, « Je n’ai réalisé à quel point ça a été violent qu’à mon retour... L’appart’ a été épargné, dieu merci. La toiture de ma future maison en a pris un coup mais rien de dramatique. » Au contraire même, ça lui donnerait un bon prétexte, solide et justifié pour une fois, de prolonger sa cohabitation avec Evey. « Toi ? Ta caravane a tenu le coup ? » interrogea-t-il en retour, devinant sans peine que ce type de logement, plus fragile, était plus sensible de pâtir des conséquences d’une tempête comme celle qui avait secoué la ville.
Les deux compères, arrivés au niveau du bras de rivière où ils avaient leurs habitudes, commencèrent y établir leurs quartiers, dont les premières étapes consistaient, avant même l’installation des cannes à pêche, à trouver un coin de rocher pas trop humide où poser séant et ouvrir la première bière de l’après-midi. Ryan décapsula deux bouteilles, céda l’une des deux à Bertie et tendit la sienne pour trinquer avec lui en faisant s’entrechoquer les deux goulots. « A notre santé ! » répéta-t-il avec un large sourire avant de boire une première gorgée – fraîche, mousseuse, un fin parfum de mangue au milieu des arômes de levure : le goût de l’aventure.
Ryan posa sa bière sur la terre humide et entreprit de sortir et préparer tout le petit matériel qui aurait pu faire passer ces deux novices pour des pêcheurs aguerris. « Avec les fortes précipitations et les crues, la rivière a dû être bien secouée. Ça agite les poissons, je suis persuadé que la pêche sera fructueuse. On a même de bonnes chances de battre notre record de prise. » annonça-t-il avec de faux-airs experts, alors qu’il s’appliquait consciencieusement à ajuster son fil de pêche au niveau de son moulinet. Le record à battre en question ? Deux truites modestes et un large saumon. Rien de très impressionnant ni inatteignable donc. De là à ce qu’ils fassent effectivement mieux cet après-midi, cela restait à voir.
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Message· · Sujet: Re: These are the days and you're living them your way. Dim 4 Nov - 20:40

En quittant l’Etat de Washington, une décennie plus tôt, Bertie ne s’était pas imaginé subir des événements météorologiques aussi violents. Il n’avait jamais fait de recherches approfondis sur le climat de l’Oregon, toutefois ses premières années à Windmont Bay avaient été plutôt calmes, ce qui avait rendu la tempête automnale d’autant plus agressive et choquante. Aussi tragiques les répercussions avaient-elle été – une disparition avait été déplorée – la catastrophe avait eu pour elle de préserver la jeunesse locale, trop souvent sollicitée à cause des enlèvements. Lorsque l’annonce d’un mort suite au passage du cataclysme était tombée, Hartsfield avait imaginé quelques secondes qu’il s’agissait du kidnappeur : son karma l’avait enfin rattrapé et le faisait désormais pourrir sur le bas-côté d’une route. L’identité de la personne décédée n’avait, en effet, jamais été dévoilée publiquement et, depuis, tous les enfants de Windmont Bay semblaient à l’abri d’une attaque impromptue. Le hasard n’était pas quelque chose en quoi Bertie croyait, il préférait user de son imagination débordante pour se faire des films qui ne rejoignaient, hélas dans ce cas-là, quasiment jamais la réalité. « Ah merde, je suis désolé pour ton toit... Si tu as besoin d’un coup de main pour tout retaper, n’hésite pas. » Il était doué avec ses mains, ayant touché à beaucoup de types de travaux, et il n’était jamais le dernier pour rendre service. A l’évidence, Ryan devait employer des gens compétents, dont c’était le métier, pour la construction de sa maison, et il se sentit stupide d’avoir proposé. « Enfin, je veux dire... Non, c’est bête, » se reprit-il dans un rire gêné avant de se racler la gorge.  « C’est une miraculée mais elle n’a subi presque aucun dommage, j’ai eu beaucoup de chance de ce côté là ! » La taille et le poids de son domicile ne jouaient pourtant pas en sa faveur, elle aurait dû être soufflée comme la maison de paille dans le conte des Trois Petits Cochons. Mais non. Il avait eu une chance de cocu, heureusement qu’il n’était pas véritablement, et encore moins officiellement, en couple.

Il avala une longue rasade de la bière fraîche, dont les bulles désaltérantes firent picoter de manière agréable sa gorge encore trop peu habituée. C’était plaisant, de partager un moment aussi simple avec un ami qui l’était tout autant. Il était peut-être naïf, Bertie ne donnait pas pour autant sa confiance au premier venu ; avec Ryan, toutefois, les rapports s’étaient construits facilement et rapidement. Il ne lisait aucun faux-semblant, aucune tromperie dans son allure ou dans ses attitudes. Le jeune Davenport était un bon gars, tout simplement, et même s’ils ne se comprenaient pas tout le temps – il avait plutôt du mal avec ses envolées lyriques un peu trop scientifiques, même s’il les écoutait toujours avec entrain – ils avaient développé une amitié forte, l’un conscient de pouvoir compter sur l’autre même sans avoir conclu un pacte de sang lors de leur adolescence. Il pouffa de rire à la suite de sa remarque à propos du courant qui serait en leur faveur. « Si on arrive à quatre prises, on pourra au moins avoir chacun de quoi manger ce soir, » ajouta-t-il avec humour, toujours bon perdant lorsqu’il s’agissait de leurs parties de pêche. Ni l’un ni l’autre n’avait grandi avec une canne à la main, ils avaient tout appris ensemble, sur le terrain, et faisaient de leur mieux dans la limite de leurs capacités. Au moins, ils avaient pour eux d’être patients et discrets, ce qui était l’atout non négligeable qui leur permettait d’attraper quelques poissons. Bière installée dans l’herbe près de son siège rocailleux, il termina la préparation de son attirail et jeta un premier sa ligne à l’eau, le « plop » caractéristique de l’entrée de l’hameçon dans la surface translucide lui tirant un sourire amusé, comme à chaque fois. Il attendit que Ryan en eut fait de même pour prendre place sur son rocher, dans la plus grande précaution pour ne pas risquer de glisser et se retrouver le nez dans l’eau glaciale de ce mois d’octobre. Il laissa passer une dizaine de minutes de silence, le regard rivé sur le bout de sa ligne, avant de se redresser, son dos commençant à lui tirer de manière désagréable. « Bon... Sinon, comment va la vie ? Le travail se passe bien ? » Il esquissa un sourire embarrassé en pensant à une autre question, comme si s’intéresser à la vie sentimentale du mathématicien n’était pas autorisé. Ils ne se cachaient pas grand-chose, pas par souci d’honnêteté transparente, mais plutôt parce qu’ils estimaient – en tout cas du côté de Bertie – n’avoir rien d’intéressant à dissimuler.

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Ryan Davenport

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Message· · Sujet: Re: These are the days and you're living them your way. Lun 26 Nov - 16:10

Lorsque des perturbations météorologiques comme celles qui s’étaient récemment abattues sur Windmont Bay menaçaient la ville, Ryan avait généralement tendance à combiner son esprit pragmatique (notant les heures annoncées comme les plus critiques, identifiant les lieux les plus sûrs et prévoyant toute une organisation en conséquence) à une réelle inquiétude pour ses proches (qu’il mettait en garde à de multiples reprises, qu’il incitait à se réfugier dans les lieux adaptés repérés et à qui il rappelait les consignes élémentaires de sécurité avant l’arrivée des tempêtes, puis qu’il tentait inlassablement de contacter pour s’assurer qu’ils allaient bien pendant les tempêtes). Cette fois-ci cependant, à des kilomètres et des kilomètres de là, Ryan avait complètement manqué l’annonce des sérieuses dégradations météorologiques qui allaient traverser Windmont. Les appels à ses parents, sa cousine et ses amis étaient arrivés trop tard et avaient fait naître dans son ventre un sentiment de culpabilité à peine apaisé par le soulagement de savoir qu’aucun de ses proches n’avaient été blessé, même légèrement. Quant aux dégâts matériels, il ne leur apportait que peu d’égards, simplement désolé que sa cousine ait vu son salon de thé souffrir de plus sérieux dommages, et une fois encore soulagé que rien de très grave ne soit à déplorer. Concernant la toiture de sa maison, Ryan ne se faisait pas non plus trop de soucis : il savait que son architecte avait engagé toute une batterie d’ouvriers pour s’y atteler, et ce n’était pas comme s’il se trouvait sans toit au-dessus de la tête – il avait toujours Evey qui acceptait de l’héberger sans trop rechigner.
Ayant déjà des professionnels au travail pour la réparation du toit, il n’était même pas venu à l’idée à Ryan de s’atteler lui-même à la tâche, ni par conséquent d’avoir recours à l’aide précieuse d’un ami comme Bertie qui était toujours doué à ce genre de choses – il était néanmoins sincèrement reconnaissant à son ami d’offrir ses services. « C’est sympa de proposer, vraiment. Mais j’ai une armée d’ouvriers déjà sur le coup. Je les laisse gérer – si j’étais aussi doué avec un marteau et des ardoises qu’avec les équations tangentielles, ça se saurait. » Blague de matheux. Il sourit d'un air rieur, mais d'un signe de tête signifia à Bertie qu'il était sincèrement touché de sa proposition. « Ok. Tant mieux. » répondit ensuite Ryan sur un ton plus sérieux, rassuré à nouveau d’apprendre que la caravane de Bertie n’avait pas été trop amochée – et s’il y eut facilement trouvé des explications physiques, rationnelles et scientifiques s’il s’était penché sur la question, Ryan ne s’interrogea pas davantage et accepta comme Bertie l’idée que c’était un petit miracle dont il fallait se réjouir.
La conversation allant bon train, les deux compères avaient déjà rejoint les quartiers où ils avaient leurs habitudes pour pêcher et il leur fallut à peine quelques instants de plus pour y prendre leurs aises, ouvrir les premières bières de l’après-midi et s’affairer à installer le matériel.
Une personne extérieure aurait pu s’amuser, se moquer de leur entêtement à pratiquer ce hobby pour lequel ils ne témoignaient aucun talent. Mais Ryan appréciait la pêche comme hobby reposant autant que ces moments entre amis, le rituel, le murmure ininterrompu de la forêt de et la rivière. Par ailleurs son instinct (qui en matière le trompait souvent) demeurait néanmoins foncièrement positif et lui soufflait que la pêche du jour serait fructueuse, comme il l’expliqua à Bertie de façon détaillée en prétextant les phénomènes de cru qu’avait dû subir la rivière. « Ouais. Ce serait pas mal. » dit-il en méditant la réponse de son ami qui affirmait que réaliser quatre prises, en plus d’afficher un nouveau record, leur constituerait à chacun le repas du soir.
Une perspective ambitieuse mais pas impossible, songea Ryan en finissant la préparation de son moulinet et arrangeant son premier appât avant d’effectuer son lancer. Il s'écoula ainsi quelques minutes pendant lesquelles chacun resta concentré sur la ligne, patient, attendant que les poissons mordent à l'hameçon.
Mais avant que ceux-ci ne se fassent entendre, Bertie brisa le silence le premier en demandant à Ryan comment il allait. Celui-ci hocha lentement la tête et but une nouvelle gorgée de sa bouteille de bière. « Eh bien ça va. Mon déménagement est donc remis à ultérieurement – mais ce n’est pas un problème, rien qui presse. » commença-t-il, réfléchissant à ce qu’il pouvait avoir d’intéressant à raconter. Son quotidien, systématiquement réglé comme du papier à musique, laissait globalement peu de place au hasard et aux surprises, et de fait aux anecdotes à raconter. Il y avait néanmoins un point de son quotidien, et de sa vie sentimentale plus précisément, que Ryan aurait pu – dû – aborder, mais qu’il évita d’autant plus facilement que Bertie l’interrogea plutôt concernant sa vie professionnelle – sur laquelle, du reste, il avait tendance à être intarissable. « Et niveau boulot, tout va bien aussi. Figure-toi que je vais donner une conférence lors d’un congrès scientifique à Portland d’ici une semaine. J’hésite encore à aborder nos derniers travaux sur le vingt-quatrième problème de Hilbert ou à me cantonner aux ordres de Keisler... T’en penses quoi ? » Disserter des choses mathématiques et demander son avis à Bertie aurait pu paraître incongru – et pourtant, cela semblait parfaitement normal et naturel à Ryan. S’il avait parfaitement conscience que la plupart du temps Bertie ne devait pas saisir un seul mot de ce qu’il racontait quand il se mettait à discourir passionnément de maths et théorèmes, il l’écoutait cependant toujours consciencieusement et avec un intérêt réel ou du moins parfaitement feint, de fait Ryan avait pris l’habitude de partager avec lui certains de ses questionnements voire de lui demander son avis. « Dans tous les cas, l'hypothèse du continu c’est un sujet populaire qui marche toujours et j’aurai probablement un public de matheux et scientifiques plutôt réceptif – donc ça devrait être mon petit moment de gloire. » poursuivit-il avec un large sourire de passionné qu’il était. « Et toi, comment ça va ? Quoi de neuf ? » l’interrogea-t-il à son tour, son regard faisant la navette entre le profil de Bertie et l’extrémité de sa ligne (déplorablement immobile pour l'heure) au milieu de la rivière.
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Message· · Sujet: Re: These are the days and you're living them your way. Mer 23 Jan - 10:22

La réponse de Ryan n’avait rien d’étonnant, il s’y était attendu car il le connaissait bien, depuis le temps. Il esquissa un sourire poli et rassuré de savoir que tout était déjà pris en main pour remettre en état la future demeure du mathématicien, toutefois une ombre passa sur son visage tandis qu’il se mettait à rêvasser d’une existence au sein de laquelle il n’aurait pas à s’en faire financièrement. Il n’était pas un intellectuel, il n’avait malheureusement pas pu compter sur des facilités à l’école ou sur une rentrée d’argent conséquente susceptible de le faire intégrer une université, publique ou prestigieuse, et il ne pouvait dès lors pas prétendre se faire de l’argent grâce à un travail important. Il était contraint de faire attention, et il avait appris très tôt à rendre service aux autres, sans demander rémunération, simplement parce qu’il savait ce que c’était d’avoir besoin d’un coup de main. Même si, pourtant, il n’avait pas le souvenir d’avoir été un jour celui qui appelait à l’aide, il était celui qui tendait sa paume pour relever son prochain. Il retint un soupir, réalisant que c’était sans doute pour cela qu’il était si fatigué de son existence, qu’il ressentait parfois le besoin de tout plaquer pour s’isoler dans un coin, de ne pas être tenté de s’offrir corps et âme à des personnes qui n’étaient très certainement pas disposées à en faire de même pour lui. Il était incapable de s’en empêcher, il était altruiste, loyal, généreux, c’était dans son sang. Il laissa échapper un rire nasal lorsque le jeune Davenport fit une allusion – encore une ! – à un terme scientifique qui lui passait bien au-dessus de la tête. « Ouais, grave, » commenta-t-il comme s’il avait compris la blague, ce qui n’était pas le cas. Mais il appréciait cette particularité de Ryan, même s’il ne comprenait pas toujours tout, il se sentait valorisé de ne pas être pris pour un débile à qui l’on n’osait pas dire certaines choses. C’était simple, évident et sympathique, à l’image de leur relation qui se maintenait sur des bases saines. Du moins, c’était ce que Bertie croyait encore ce jour-là, dans son ignorance caractéristique et caractérisée.

« Ce n’est pas comme si tu étais à la rue. Et si tu l’étais, tu pourrais compter sur ma modeste demeure pour t’accueillir, même si on se retrouverait plutôt à l’étroit, » assura-t-il avec franchise et bon cœur. Il n’avait qu’un lit, qu’il était entièrement disposé à prêter à quiconque en aurait besoin. Mais Ryan avait sa cousine, et son foyer devait être bien plus accueillant. Quelle chance cela devait être d’avoir une famille, songea-t-il dans un soupir nostalgique. La sienne l’avait abandonné depuis très longtemps, même si c’était lui qui leur avait tourné le dos. Il n’était pas sûr, d’ailleurs, de pouvoir appeler la relation qu’il avait avec ses parents et son frère « une famille », mais là n’était pas le sujet. Ce dernier tournait désormais autour du travail de Ryan, et Bertie dut lui accorder sa pleine attention – délaissant ainsi sa ligne qui flottait paresseusement sur la surface du lac – pour ne pas être trop perdu par son discours. Il répéta à voix basse les deux noms prononcés par son ami, comme si cela allait l’aider à identifier les personnalités dont il était question, mais rien ne lui venait, même dans les tréfonds de sa mémoire estudiantine. Ce n’était clairement pas au programme des lycéens américains. Heureusement, Ryan enchaîna suffisamment rapidement pour ne pas lui laisser l’occasion de répondre à sa question, plus rhétorique que réellement posée. « Ouais, carrément, le continu, il n’y a que ça de vrai, » rigola-t-il en hochant la tête pour approuver les propos de son compagnon de pêche. Il était fier d’être ami avec quelqu’un d’aussi important que Ryan, qui donnait des conférences, pour qui des centaines – des milliers ? il n’arrivait pas à se créer mentalement l’image d’un tel événement – se déplacer pour le simple plaisir de l’écouter. Ce devait être un sentiment extraordinaire. « Oh moi, tu sais… La routine… J’ai trouvé une nouvelle manière plus efficace de faire la vaisselle donc ça me permet de rêvasser un peu plus quand je bosse chez Mickey’s. » Son intonation était sérieuse, mais il ponctua sa réponse d’un rire amusé, signe qu’il plaisantait. Ou du moins essayait. Il marqua un silence durant lequel il se concentra sur le bout de plastique qui flottait à quelques mètres d’eux, puis son esprit divagua et un sourire idiot se dessina sur son visage. « J’ai rencontré quelqu’un, » murmura-t-il. « Une fille. » La précision n’était pas importante. « C’est encore tout nouveau et nous n’avons pas encore mis de mots sur ce que nous partageons mais… Je suis bien avec elle. C’est simple avec elle, et elle a des yeux magnifiques. » Le reste l’était tout autant, mais il ne voulait pas passer pour l’amoureux transi. Ryan l’avait connu quand il était en couple avec Ania, il avait été témoin de leur relation quasi fusionnelle, comme de la déchéance dans laquelle Hartsfield avait été plongé après leur rupture. Il lui avait fallu du temps pour se reconstruire, pour essayer de l’oublier. Et il y parvenait enfin. Grâce à Saga.

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Message· · Sujet: Re: These are the days and you're living them your way. Mar 5 Fév - 22:04

S’agissant de mathématiques (comme de tout autre domaine scientifique en somme), Ryan avait tendance à vite devenir intarissable. En général (et quoi que cela ne l’encourageât pas vraiment à se taire ou à changer de sujet), il savait dire quand son discours ennuyait profondément son interlocuteur – et c’était souvent le cas. Bertie à la différence, bien qu’il n’y comprit pas plus qu’un autre, ne témoignait d’aucun signe de désintérêt quand Ryan entrait dans des considérations mathématiques – au contraire même il hochait vivement la tête, répétait les noms des théoriciens et les termes les plus complexes, et émettait parfois un avis, se joignant même à quelques occasions à des débats qui sans aucun doute le dépassaient. Il était toujours à l’écoute, d’une rare bonté et loyal à tous les égards, et Ryan chérissait la simplicité de cette amitié faite de conversations improbables et d’après-midis pêche au bord de la rivière.
Il médita un instant la réponse de Bertie à ses questions somme toute assez rhétoriques, puis à son tour témoigna d’une attention toute particulière à la réponse que lui fit son ami quand il lui demanda comment il allait. Ryan ne dissimula pas à Bertie son sourire alors qu’il imaginait celui-ci rêvasser dans les cuisines de chez Michey’s pendant ses heures de travail. « Faudra que tu m’expliques à l’occasion – Evey se plaint toujours de devoir repasser derrière moi quand c’est mon tour de vaisselle. » plaisanta également Ryan en pouffant avant de retrouver son sérieux pour écouter avec attention les confessions de Bertie concernant sa vie amoureuse.
Ryan laissa son ami parler et lui confier les détails qu’il était prêt à partager avec lui et il sentit quelque part dans son ventre comme une diffusion de chaleur – la joie sincère de voir son copain de pêche heureux de lui faire partager la nouvelle de sa récente relation – relation qui semblait le combler et lui redonner un sourire plein d’espoir. « En voilà une bonne nouvelle ! » commenta-t-il quand Bertie s’arrêta. Il lui décocha un sourire, émit un petit sifflement typiquement masculin qu’il ne se serait sans doute pas permis dans un autre contexte et revint faire tinter sa bouteille de bière contre celle de son ami pour célébrer la nouvelle. « C’est génial ! Je suis content pour toi ! » s'exclama Ryan, sincère dans son enthousiasme. Il hocha lentement la tête sans se départir de son sourire en coin et vida le fond de bière qui restait au fond de sa bouteille.
Pragmatique, Ryan réalisait assez bien que se présentait là une occasion en or – le moment idéal pour révéler à Bertie ce qu’il s’appliquait si soigneusement à lui dissimuler depuis de trop longues semaines : lui avouer qu’il fréquentait Ania, son ex-petite-amie. Le moment privilégié en tête-à-tête sans aucunes autres oreilles indiscrètes qui trainaient (et sans arme ni objet contondant à proximité dans l’optique où Bertie accepterait mal la nouvelle), la sérénité de la forêt et son silence religieux qui appelait à la confession, l’aveu assez personnel que Bertie lui-même venait de lui faire : tout semblait propice à faire acte d’honnêteté.
Tout, sauf le courage, qui décidément manquait cruellement à Ryan, bien incapable de se résoudre à dire la vérité à Bertie. Il savait bien aussi, pourtant, qu’une telle occasion ne se représenterait pas tout de suite et qu’il valait sans doute mieux que Bertie l’apprenne maintenant et de sa bouche que de celle d’une commère comme cette vipère d’Agnès Baker (bien que les nouvelles qu’elle colportait n’étaient pas toujours bien renseignées, Ryan le savait de source sûre) ou dans d’autres circonstances fortuites. Cela étant, la lâcheté du mathématicien l’emporta sur ce que lui soufflait la raison.
Il ouvrit la bouche sans trop savoir ce qu’il allait trouver à répondre pour se défausser quand la chance lui sourit – sa ligne se mit soudain à s’agiter et Ryan dut agripper férocement la canne à pêche pour que celle-ci ne lui échappe pas des mains. « Bon sang ! » s’exclama-t-il en bondissant sur ses pieds, son esprit soulagé écartant sur le champ, pas si inconsciemment, les considérations sur les révélations qu’il aurait dû faire à Bertie.
La (maigre) expérience acquise au gré de ces après-midis entre hommes au bord de la rivière porta étonnamment ses fruits : habile et réactif, Ryan parvint à faire remonter jusqu’à lui la prise plutôt coriace qui s’était accrochée au bout de sa ligne, une truite assez charnue qu’il fit tomber dans un seau en plastique et qu’il regarda de haut d’un air pas peu fier en reprenant son souffle.
« Vise un peu ça, » dit-il avec fierté et entrain en montrant le contenu du seau à son partenaire de pêche, et observant un instant le poisson d’un œil reconnaissant – tant pour le bon repas qu’il constituerait au dîner, que pour l’heureuse porte de sortie qu’il lui avait offert pour esquiver une conversation qu’il était bienheureux de remettre à plus tard.
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