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 i'm gon' be there to catch you. — bertie.

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Georgie Keily

messages : 646
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Message· · Sujet: i'm gon' be there to catch you. — bertie. Dim 21 Oct - 15:32



when life leaves you high and dry
i'll be at your door tonight if you need help.
(phillip phillips)
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octobre 9th, 3:26pm
@Bertie Hartsfield

Sa jambe l’avait encore réveillé trop tôt ce matin. Une énième nuit écourtée par cette foutue réalité qui ne tardait jamais à la rattraper, même lorsqu’elle tentait d’en oublier les aléas en plongeant aux creux d’un réconfortant sommeil. Cauchemars ou douleurs lancinantes, Georgie avait de quoi rouvrir les yeux pour constater les dégâts malgré elle. Ses mains se portent alors à son genou d’où s’étirait une longue cicatrice synonyme des trois opérations qu’elle avait subit pour pouvoir espérer remarcher un jour. Les médecins n’étaient pas très optimistes, mais voir la jeune femme claudiquer à l’aide d’une béquille était plus que ce qu’ils espéraient. Bien sûr, têtue comme une mule, la blondinette ne comptait pas s’arrêter là et n’avait pas l’intention de demeurer secrétaire indéfiniment. Elle était, évidement, reconnaissante que son cousin lui propose un travail pour la dépanner, connaissant assez bien le phénomène. Véritable lion en cage, Georgie était incapable de resté inactive. Pourtant sa véritable vocation était ailleurs et ne pourrait se résoudre à y renoncer pour un stupide accident. Ce fameux accident.. à force de se le répéter, peut être finirait-elle par y croire aussi. Mais certains de ses bleus et égratignures ne collaient pas avec sa version des faits, elle en avait conscience, le personnel médical, ses collègues et proches. Ça se savait, à demi-mot, un secret de polichinelle, une boite de pandore que l’on n’osait pas ouvrir, craignant l’ouragan qui s’abattrait si elle osait enfin admettre sa réalité. Se bercer d’illusions avait été son remède étant enfant, se réfugier dans ses bandes dessinés admirant les super-héros de ces mondes imaginaires. Aujourd’hui n’était pas si différent d’hier, à ceci près qu’elle n’était plus seule. Son regard se perdit dans la pièce plongée dans la pénombre, pour y apercevoir le visage serein de son homme endormi. Les reflets de la lune filtrant à travers la fenêtre venait éclairer son visage. Tentée de se blottir contre lui pour retrouver le sommeil, Georgie abandonna pourtant l’idée tant sa jambe la faisait souffrir. Tant pis, songea-t-elle, tandis qu’elle s’extirpait du lit. Depuis deux ans, son premier reflex était toujours le même. Se rendre dans la chambre de sa petite fille, passer quelques minutes à la regarder dormir avant de déposer un baiser sur son front et repousser la porte derrière elle pour laisser son petit ange profiter de ses rêves innocents. Il n’était que quatre heures du matin, et sa journée commençait déjà.
Il y avait quelques avantages à commencer sa journée si tôt, ses tâches quotidiennes effectuées, le réfrigérateur plein, sa matinée de travail achevée. Elle avait tout le reste de son après-midi à consacrer à sa petite Lily-Jean. Des moments précieux pour cette jeune maman qui découvrait la maternité à tâtons. Sa propre mère décédée en couche, devenir mère revenait à plonger dans un océan immense et sombre avec seulement un pauvre tuba pour se guider. Toutefois, elle espérait pouvoir prétendre être une assez bonne mère. Le petite blondinette sagement assise dans sa poussette aura tout le loisir de lui faire la liste de ses griefs dans une quinzaine d’années. Assise sur un banc au Redwoods Park, Georgie attendait son ami qui avait promit de les rejoindre pour une petite balade en famille. « Encore un peu de patience, tonton Bertie ne devrait plus tarder. » rassura-t-elle ainsi sa fille en agitant son doudou devant elle avant de le lui rendre. L’avantage de revenir à Windmont Bay était bel et bien là, retrouver sa famille et elle n’irait pas sous-entendre par là, son père ou ses grands-parents. Ça non. Si elle ne leur souhaitait aucun mal, elle se passait aisément de leurs présences. Sa véritable famille, Georgie se l’était constituée au fil des années. Et l’un des premiers à en avoir fait parti, c’était lui, Bertie. Son regard s’illumina en voyant son ami s’élancer vers elles, ce grand sourire toujours aussi craquant au coin des lèvres. Il avait donné une autre dimension au terme ‘d’âme soeur’. Leur relation ne souffrait d’aucune ambiguïté, il était son meilleur ami, son grand frère (ou son petit frère lorsqu’elle revêtait son costume de maman ours pour le protéger). Revenir à Windmont Bay lui permettait de réaliser que malgré les remous, les obstacles et difficultés de la vie, en dépit de tout ce qui pouvait changer, une seule restait immuable. Eux. « Faire attendre une petite fille et une handicapée, t’as pas honte. » mutine, la jeune femme préférait utiliser son handicape et s’en moquer elle-même, un peu comme une arme, un mécanisme de défense. Attaquer avant de l’être. Péniblement, la blonde s’était levée, prenant appuie sur sa canne et la poussette qu’elle avait réussit à trainer jusque là. « Moi d’abord. » lança-t-elle en voyant son ami se diriger vers la fillette. Sa plus belle moue mutine de sortie, Georgie comptait bien obtenir gain de cause et la primeur sur un câlin.

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Bertie Hartsfield

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Message· · Sujet: Re: i'm gon' be there to catch you. — bertie. Mar 6 Nov - 19:04

« Il faut que je finisse plus tôt cet après-midi... » Sa voix, d’habitude plutôt teintée d’un penchant geignard, était ce matin assurée. Il n’allait pas accepter un refus de la part de son supérieur hiérarchique aujourd’hui. Lorsqu’il lui fut réclamée la raison de sa demande tardive, Bertie serra les poings d’agacement et secoua la tête. Il était frustré d’être assis alors qu’il n’avait qu’une envie : marcher en rond dans le bureau de cet imbécile qui ne comprenait rien, tourner en rond jusqu’à le rendre malade comme lui était en train de le faire. « J’ai posé ma demi-journée en début de semaine dernière, tu m’avais dit que c’était bon, que tu n’avais pas le temps de me signer mon papier mais que ça serait fait. Je ne t’accuse pas d’être sénile mais si tu ne t’en souviens pas, c’est ton problème, pas le mien. Je quitterai le travail plus tôt, tu pourras retenir ma demi-journée sur mon salaire. » Il se remit debout, prêt à quitter la pièce tel un prince, mais se ravisa une fois parvenu à la porte. Il revint sur ses pas et grimaça devant son patron. « Non, ne le retiens pas sur ma paie... J’avais prévenu, c’est des récupérations de toutes les heures que j’ai faites pour arranger les collègues. Je n’ai jamais rien demandé, je ne suis jamais malade et tout le monde sait qu’on peut compter sur moi. J’ai vraiment besoin de mon après-midi... » Quelques pleurnicheries plus tard, et la promesse de récupérer ses heures – ce qu’aucun autre surveillant n’était appelé à faire, l’injustice – accompagnée d’un compromis concernant son heure de départ, Bertie sortait du bureau de son responsable en bondissant légèrement, extatique à l’idée de passer du temps avec sa meilleure amie. Il aurait pu repousser leur rendez-vous, Georgie ne lui en aurait pas tenu rigueur, toutefois il n’avait aucune envie de privilégier son travail par rapport à elle. Rien ni personne n’était plus important que Georgie Keily dans la vie du jeune Hartsfield. Il existait, quelque part à Windmont Bay, un tronc d’arbre gravé qui devait attester de cette vérité générale. Il décompta les minutes, l’œil porté sur les élèves du campus moins averti qu’à l’accoutumée, et sautilla jusqu’à la sortie de l’établissement. Le Windmont Bay Campus n’était pas situé tout à côté de leur lieu de rendez-vous, cependant il mit à profit ses longues jambes athlétiques pour effacer le plus vite possible la distance qui le séparait de ses deux têtes blondes préférées.

Dès l’instant où son pied se posa à l’intérieur du parc, il se mit en quête des demoiselles, même s’il n’avait guère besoin de faire d’effort pour ce faire. En effet, il lui était quasiment inutile de faire usage de ses yeux quand il était question des Keily, il lui suffisait en général de faire appel à son instinct. Il les repéra enfin, l’une installée sur un banc, l’autre confortable dans sa poussette, et les rejoignit en trottinant, de sa démarche altière qui le faisait curieusement ressembler à un faon ou à un autre animal des bois. Il aurait préféré avoir l’allure d’un grand cerf, mais il n’avait pas le bénéfice du choix. « L’attente est toujours proportionnelle au bonheur qu’elle prépare, » assura-t-il avec des étoiles plein les yeux tandis qu’il posait ces derniers sur l’enfant qui lui rendit un gazouillement amusé. Il pouffa de rire et ouvrit ses grands bras pour y accueillir la maman capricieuse. Il la serra très fort contre lui, toujours avec précaution pour ne pas risquer de la faire basculer ou trébucher. Il déposa une pluie de bisous dans son cuir chevelu puis sur son front, avant de se redresser et d’imposer un éloignement suffisant entre leurs deux visages pour pouvoir la regarder. C’était la créature la plus adorable qu’il connaissait. Il gratifia sa joue d’un gros baiser bruyant, pour satisfaire la belle une dernière fois, puis porta son attention sur la poussette. Il en sortit avec précaution Lily-Jean pour la prendre à bras et la faire passer à son tour par la case bisous et câlins. « Comment va la plus belle de tout l’Oregon, que dis-je, de tous les Etats-Unis ? » Il frotta son nez au sien avant de capter le regard de Georgie. Il leva les yeux au ciel en se retournant vers elle. « Tu es la plus belle de tout l’univers, toi, arrête de faire ta jalouse ! » Il remua un peu ses bras pour bercer la gamine qui se mit à rire. Tout était tellement facile avec elle, c’était l’enfant la plus gentille qu’il lui avait été donné de côtoyer. Certes, il n’en connaissait pas des dizaines, mais elle avait le don d’accentuer son envie d’en avoir un, lui aussi, un bébé Hartsfield pour peupler Windmont Bay. Mais cela ne serait pas, car cela ne pouvait pas être. « Désolé pour mon retard, j’ai été pris au boulot, ils ne voulaient pas me libérer, comme d’habitude... » Il était loin d’être indispensable, il était toutefois le plus influençable et naïf, donc ils en profitaient. « Ça va, toi ? » demanda-t-il à Georgie après un rapide coup d’œil en direction de sa jambe blessée.

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Message· · Sujet: Re: i'm gon' be there to catch you. — bertie. Sam 15 Déc - 6:58

D’aussi loin qu’elle s’en souvienne, Georgie avait toujours fait de son possible pour satisfaire les exigences de son père. Être la fille qu’il pourrait être fier de présenter sans jamais y parvenir malgré tout ses efforts. Peu féminine ou beaucoup trop. Elle n’avait rien de la petite fille modèle qui admirait son père affublée de sa petite jupette et couettes adorables. Pas non plus le second fils dont il aurait rêvé pour pouvoir le modeler en un digne représentant de sa lignée. Non, sa cadette n’était qu’un fardeau de plus pour ce bon patriote. La réminiscence d’un passé qu’il avait effacé comme il pouvait effacer tant d’autres choses. Pourtant elle était là à le lui rappeler chaque jour. Une épine dans le pied, un nuisible dans cette vie à l’image de l’homme. Une vie de violence, brutale et intransigeante. Pas de place à l’erreur même si celle-ci revêtait l’apparence d’une petite blondinette. Faible. Un mot comme un reproche qu’il ne cessait de répéter, de rabâcher incessant, lourd et aussi violent que les poings qu’il abattait sur sa progéniture. La fureur au fond de ses prunelles grises dévoilant la noirceur d’un coeur putride, noircit par sa haine des autres. Non, la gamine ne s’était jamais accordée au tableau de famille. Elle était si loin et opposée aux idées conformistes et arriérées de son paternel, et quelle qu'aient été ses tentatives pour tenter de concilier celle qu’elle était avec celle que son père voulait voir, jamais cela n’avait été si suffisant. Ni pour ses grands-parents, et encore bien plus pour lui. À bien des égards, Georgie faisait honte au nom Keily et leur héritage, c’était ce qu’il n’avait de cesse de lui répéter avec plus ou moins d’agressivité. Howard Keily avait le don d’être un homme percutant lorsqu’il voulait se faire entendre et hausser le ton n’était en loin son seul recours. La belle avait fuit, c’était il y a dix ans et s’en souvenait encore comme si c’était hier. Cette conversation qu’elle avait surprise, les coups qui avaient suivit. C’était assez. Les premiers jours furent difficiles, un simple petit sac à dos, un squat dans le lycée, du chapardage de quelques barres chocolatés et des douches dans les vestiaires. Ce n’était pas le grand luxe, mais cela lui permettait d’assister à ses cours et maintenir des apparences quasi intacts, au contraire de son visage tuméfié. Une belle raison qui poussait son père à se faire discret et ne pas chercher à la ramener, tandis qu’elle préférait répandre des histoires toutes plus absurdes les unes que les autres pour dissimuler son quotidien. C’était une simple petite annonce, un recherche de colocataire qu’elle avait vu au comptoir de la supérette. Une idée ou une tentative inespérée, il fallait qu’elle essaie. Bertie avait ainsi fait irruption dans sa vie (ou n’était-ce pas plutôt l’inverse?), une rencontre inattendue qui avait su rendre sa vie plus douce. Pendant seize ans la jolie blonde cru savoir ce qu’était une famille, ce que cela représentait ou ce qu’elle devait en attendre ou non. Il la connaissait à peine et l’avait pourtant protégé comme il le pouvait, l’avait aidé et soutenu et n’a jamais cessé de le faire depuis. Il était son rayon de soleil, cette famille qu’on fini un jour par choisir, son âme soeur sans pour autant le moindre attachement romantique. Elle avait en lui une confiance aveugle et totale. Une tendresse infinie pour ce regard mélancolique qui l’avait touché en plein coeur dix ans en arrière. Son meilleur ami, sa moitié, si elle avait eut un frère jumeau ça n’aurait pu être que lui. Lorsqu’elle souhaiter se réfugier dans les bras de quelqu’un ou simplement partager des éclats de rire le visage de Bertie était le premier à lui venir en tête. Alors bien sur qu’elle aurait attendu, aussi longtemps qu’il avait fallut. « Alors clairement ce n’était pas assez! On recommence, demi-tour, t’es en avance. » suggéra-t-elle amusée avant de se glisser dans les bras du jeune homme. Passer un moment avec lui c’était comme revenir à la maison après de long mois d’absence. Réconfortant, chaleureux. Si quelqu’un lui avait un jour donné la sensation d’avoir sa place quelque part, c’était lui.
Ses grands yeux écarquillés de surprise tandis qu’il offrait le plus beau compliment à sa fille (très objectivement mérité bien sur) avant qu’il ne répare l’affront. « Je ne suis pas jalouse, seulement, je ne voudrais pas qu’elle chope la grosse tête. Puis je me dévoue gracieusement pour être son modèle en tant que beauté suprême de l’univers. » ajouta-t-elle, un mince sourire étirant ses lèvres avant de successivement déposer un baiser sur la joue de Bertie puis sa petite fille. « Judicieux, je ne t’aurais pas laissé partir non plus, mais je vais t’apprendre à les envoyer balader. Ou alors je te file ma béquille, arme dissuasive très puissante ! » si face à son père, la jeune femme avait toujours eu cette tendance à se replier sur elle-même ou fuir, face aux autres, Georgie était une véritable force de la nature. Bien sur, contrairement à Bertie, lorsqu’elle était encore en mesure d’exercer comme pompier, elle ne comptait pas ses heures et oubliaient même de prendre ses congés tant elle était passionnée par son métier. En revanche, depuis qu’elle était coincée avec cette attèle, cette jambe raide et sa béquille, la belle s’ennuyait à mourir. Forcée de prendre un petit boulot pour ne pas tourner en rond chez elle, devenir projectionniste dans le petit cinéma de la ville, n’avait rien de très exaltant pour autant. « Très bien, ne t’inquiète pas pour moi. Je propose qu’on parle plutôt de toi d’ailleurs, qu’est-ce que tu en penses Lily? » s’empressa-t-elle ainsi d’interroger sa fille qui répondit d’un très large sourire. « Tu vois, elle est d’accord avec moi, tonton Bertie mérite toute notre attention. » Depuis toujours de nombreuses années, Bertie avait prit soin d’elle, lui avait offert un foyer et les repères dont elle manquait. Si elle n’avait jamais loupé une occasion de lui rendre la pareille, elle aurait toujours cette sensation de trop peu, qu’elle ne pourrait jamais en faire assez. « Quoi de nouveau dans la vie de Bertie Hartsfield? » relança-t-elle une nouvelle fois.

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Message· · Sujet: Re: i'm gon' be there to catch you. — bertie. Ven 8 Fév - 12:04

Plus qu’une ancre vers laquelle il revenait toujours, Georgie était un phare dans la nuit noire, au beau milieu d’un océan déchaîné qui le poussait de plus en plus loin. Elle était la famille qui lui avait été enlevée – qui s’était enlevé toute seule, au demeurant – et les mois passés loin d’elle avaient été un déchirement que sa maigre fierté n’avait pu quantifier. C’était la raison pour laquelle il refusait d’empiéter sur les moments prévus avec les deux têtes blondes, il souhaitait les savourer tant qu’il le pouvait, sans savoir si un jour quelqu’un n’entrerait pas à nouveau dans la vie de sa meilleure amie pour l’attirer loin de lui. « Beauté suprême ? Quelqu’un a été jusque-là ? » la taquina-t-il en réponse à l’arrogance humoristique dont elle faisait preuve. Il n’était pas sans savoir que la jeune Keily n’était pas la femme pleine d’assurance et de confiance en elle qu’elle aurait mérité d’être, la faute à un passif au moins aussi lourd que le sien, même si à une différente échelle. Quand il réalisait ce par quoi son amie était passée dans les premiers instants de sa vie, il en venait à effectuer un travail de remise en question à propos de sa propre existence, qui ne lui semblait tout à coup plus si terne, alors que la violence dont il avait été gratifié était plus sournoise mais pas moins injuste. Tous deux possédaient des cicatrices tant visibles qu’émotionnelles, cela expliquait sans doute la raison de leur rapprochement facile, qui tombait sous le coup de l’évidence. Ils avaient été faits pour se rencontrer, leurs chemins s’étaient croisés pour qu’ils se soutiennent mutuellement, pour que chacun réalise que la vie n’était pas qu’une accumulation de merdes – qu’il s’agisse des événements qui leur tombaient sur le coin du nez ou des personnes rencontrées – chaque jour méritait qu’on lui laissât sa chance car des êtres lumineux et résolument bons habitaient cette bonne vieille planète bleue. Bertie n’était pas homme à pêcher les compliments, mais ceux qui sortaient de la bouche de Georgie, de manière naturelle, comme si elle ne se rendait même pas compte des douceurs qu’elle envoyait à son attention, le touchaient à chaque fois en plein cœur et le faisait se sentir… aimé, tout simplement. « Je ne dirais pas non pour la béquille ! Même si je suis persuadé que j’arriverais à me blesser pour de vrai avec, et que je finirais par en avoir besoin pour de vrai. » Il était assez maladroit pour ça, ce qui était étrange étant donné tout ce dont il était capable avec ses mains.

« Je déteste quand vous vous liguez contre moi, les Keily, ce n’est pas juste ! » Il leur tira la langue tour à tour avant de redéposer la petite dans sa poussette. Il offrit son bras à Georgie et se mit en marche pour profiter du reste du parc. « Je ne sais pas par quoi commencer… Niveau boulot, ça va. » Même si ce n’était pas la grande joie. Il aimait bien s’occuper, et ses deux travail ne manquaient pas de remplir ses journées, mais ce n’était pas forcément les jobs de ses rêves. Pas qu’il en avait un en tête, cependant. « Niveau famille, on va dire que ça va aussi, même si ça me fait toujours bizarre de me promener dans la rue en me disant que je peux croiser mon frère à n’importe quel moment… » Lou avait fait plusieurs pas dans sa direction, avec une main tendue pour le ramener dans le clan Hartsfield, toutefois Bertie n’était pas préparé à une telle chose. Il manquait encore le déclic qui pourrait déclencher un début de pardon. Il ignorait totalement s’il était d’ailleurs capable de leur trouver des excuses pour revenir vers eux ; le mal fait avait été trop grand, le trou laissé dans son cœur encore plus béant. « Et… voilà… » Il grimaça en omettant sciemment de mener la conversation vers sa vie sentimentale, qui était à un stade encore étrange dont il ne voulait pas discuter, même avec sa meilleure amie. « Oh, si, j’ai reçu un SMS d’Ania il y a peu, et ça m’a un peu tué, » ajouta-t-il en rigolant jaune. « Il faut que je te montre ça ! » Il quitta momentanément la poignée de la poussette pour sortir son téléphone de sa poche arrière et exhiba les photos de son ex petite amie, en robe de mariée. « Tu te rends compte de l’affront ?! » Il n’était pas homme à se plaindre, surtout pas des femmes de sa vie à l’autre femme de sa vie, mais l’occasion était trop belle de pouvoir un peu plaisanter de ses malheurs. Et si cela pouvait l'empêcher de rebondir sur cette histoire de famille, il était gagnant.

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Message· · Sujet: Re: i'm gon' be there to catch you. — bertie.

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