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 A punching bag for only solace.

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Tomas Varga

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Message· · Sujet: A punching bag for only solace. Jeu 25 Oct - 19:13

A punching bag for only solace.
@Zoya Ryker

La boxe était un réconfort dont il ne pouvait plus se priver. Tomas se déchainait sur le sac de frappe devant lui, droite, gauche, droite, gauche, levant sa garde pour souffler quelques secondes. Il recula de quelques pas tout en sautillant pour garder le rythme, des yeux noirs fixés sur son adversaire inanimé, avant d’abattre une dernière série de coups de poing et de coup de pieds, s’arrêtant finalement en attrapant le sac entre ses bras. Il resta un long moment dans cette position, reprenant sa respiration en expirant et inspirant par la bouche, serrant de plus en plus le sac entre ses biceps. Il n’avait aucune idée de l’heure qu’il était. Ni de combien de temps il avait boxé. Tout ce qu’il savait, c’était que le soleil était encore haut dans le ciel lorsqu’il était entré dans la salle et que la nuit était maintenant tombée. Il n’y avait plus un bruit autour de lui (Tomas avait pratiquement eu la salle pour lui-même depuis plusieurs heures). Il n’entendait que le bourdonnement irritant des néons au-dessus de sa tête et le grincement de la chaîne qui retenait le punching-ball. Tomas brisa finalement son étreinte dans un geste vif, poussant de toutes ses forces le sac avant de lui asséner un dernier coup de pied pour stopper son mouvement, lâchant un dernier cri d’effort qui résonna dans la salle et qu’il fit durer jusqu’à ce que ses poumons soit totalement vidés d’air. Il ôta un premier gant, retirant le scratch qui entourait son poignet avec ses dents, avant de libérer son autre main. Il jeta ses gants nonchalamment avant de s’asseoir par terre, face au mur recouvert dans toute sa largeur par un miroir à la propreté douteuse. Sueur, poussière, il pouvait même y déceler quelques points rouges qui devaient être du sang.
Tomas fixa son reflet, le visage impassible. Tous ses muscles brûlaient. Toute son énergie était complètement drainée. La rougeur des jointures de ses doigts pouvaient témoigner du temps qu’il avait passé à épuiser toute la frustration et la colère qui embrasaient son cœur et chaque cellule de son corps (bien que sa rage était inépuisable et qu’elle recommencerait à le ronger dans quelques heures). Derrière lui, il pouvait voir le sac de frappe qui vacillait fébrilement au-dessus du sol.
Tomas avait commencé à boxer lorsqu’il avait rencontré Liam, l’ancien navy seal, il y a plusieurs mois de là. L’ancien militaire l’avait initié à la boxe, qui était devenue un exutoire dont il ne pouvait plus se passer, affrontant presque quotidiennement le même sac de frappe, participant quelquefois à des combats sur ring, bien que ces affrontements n’avaient pas la même saveur que ses bagarres de rues. Il n’avait pas tiré un trait sur cette ancienne vie, il n’avait aucune envie de renoncer à ça. Un sac de frappe ne pouvait remplacer le plaisir qu’il ressentait à se défouler contre un corps animé. La rue n’avait aucune règle. La boxe, elle, avait le défaut d’en contenir plusieurs.
Tomas était toujours en train de fixer son reflet. Il tendit une main devant lui, la posa contre le miroir, puis dessina les contours de son visage avec le bout de son index. Il referma le poing et le pressa contre le miroir, là où l’arrête de son nez se reflétait. Il soupira, tirant ses genoux contre son torse, glissant son regard jusqu’à sac de frappe. Il n’avait pas combattu qu’un simple punching-ball, aujourd’hui. C’était les traits de Paul qui étaient apparus. Il s’était battu contre tout ce qu’il avait représenté, et tout ce qu’il représentait encore pour lui aujourd’hui.
Il cligna des yeux. Derrière lui, dans l’encadrement de la porte, son vieil ami apparut soudainement. Tomas s’était redressé, regardant le miroir avec plus d’insistance, avant de cligner à nouveau et de secouer la tête une fraction de secondes. Lorsqu’il rouvrit les yeux, Paul avait disparu. À la place, une rouquine l’observait.
Il tourna la tête.
– Qu’est-ce que tu fous là, toi ?, souffla-t-il, quelque peu étonné.

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Zoya Ryker

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Message· · Sujet: Re: A punching bag for only solace. Dim 4 Nov - 17:02

C’était l’ennui qui la poussait surtout à fuir le domicile mais pas seulement. Oliver avait parlé de contrôler sa colère mais elle n’en voyait pas l’utilité ou, plutôt, elle avait tellement l’impression d’être constamment en colère que ça ne changerait rien. Elle en voulait au monde entier : sa sœur, ses camarades de classe, ce type qui s’en prenait à la jeunesse de Windmont Bay et emprisonnait celle qui restait dans des règles étouffantes. Zoya n’en pouvait plus de cette ambiance et n’aspirait qu’à partir jouer les ermites dans la forêt. Là, au moins, loin de l’humanité, peut-être qu’elle arriverait à apaiser son âme en feu.  Inej pouvait bien lui ordonner ce qu’elle voulait, cela ne signifiait pas qu’elle allait obéir. Que pouvait-elle faire, après tout ? L’attacher à son lit ? L’enfermer dans sa chambre ? Mettre des barreaux à ses fenêtres ? Elle ne pouvait pas constamment la surveiller et si elle comptait sur la confiance qu’elle espérait avoir en elle, c’était raté. Zoya se fichait pas mal d’être indigne de confiance, elle voulait juste respirer. Et si la priver de sortie jusqu’à ses cent ans pouvait soulager Inej de sa responsabilité d’aînée, qu’elle se cache derrière cette autorité factice, tiens, Zoya n’irait pas – plus – la confronter, vu la façon  dont leur dernière discussion s’était terminée. Désormais, c’était le silence que la jeune Ryker opposait à toute manœuvre de sa sœur. Puis quand un opportunité de s’échapper se présentait, Zoya la saisissait, comme ce soir.
Elle déambulait dans les rues depuis une demi-heure, sans but. Elle ne pouvait plus tenter de faire sortir Oliver de chez lui, vu ce qui lui était arrivé, et ses ressources étaient donc considérablement réduites. Elle n’avait pas d’autre ami assez timbré pour la suivre dans ses idées folles et être seule ne la dérangeait pas mais quand elle aperçut le filet de lumière qui s’échappait d’une fenêtre haut perchée, Zoya se dirigea vers celle-ci comme un papillon vers une lumière céleste qui le cramerait sur place. Elle grimpa sur une poubelle avec son agilité toute féline et approcha son visage de la vitre pour découvrir la salle déserte qui était abondamment éclairée. Du moins la crut-elle déserte jusqu’à ce qu’un sac suspendu au plafond oscille sous les coups qui lui étaient donnés. L’adolescente se déplaça de deux pas sur la droite pour observer la silhouette qui s’activait de l’autre côté du sac, en petits sauts nerveux que le jeune homme ponctuait de coups secs, armé de ses points et ses pieds. La danse envoûtante de l’inconnu rappela à Zoya la conversation qu’elle avait eue avec son meilleur ami quelques semaines plus tôt et une idée germa aussitôt dans son esprit. Sans plus attendre, elle sauta de son perchoir et chercha l’entrée de la bâtisse, manquant de cette façon le cri poussé par le sportif – qui l’aurait sans doute fait sursauter mais ne l’aurait pas empêché d’aller en quête du contact pour autant.
Zoya longea les murs jusqu’à ce qu’elle trouve le sas d’entrée qu’elle poussa sans effort pour s’immiscer dans ce qui était à l’évidence une salle de sport. L’endroit était quasiment désert, bien qu’elle décèle des bruits métalliques au bout d’un couloir – celui où des machines de musculation devaient se trouver – et elle calcula où devait se situer la salle qu’elle avait espionnée un instant plus tôt. Elle opta pour un autre couloir, plus silencieux, et se dirigea vers la porte ouverte qui, par chance, était exactement celle qu’elle cherchait. Instinctivement, la jeune Ryker chercha la silhouette du boxeur mais ne le vit pas immédiatement. Quand elle le repéra enfin, il était assis par terre, observant son reflet dans le miroir, recroquevillé sur lui-même et si elle ne se manifesta pas, ce fut uniquement parce qu’il paraissait concentré ou perdu dans un monde parallèle dont il ne valait mieux pas l’extraire.
Finalement, le regard du jeune homme se darda sur elle via le reflet du miroir et Zoya sentit bien malgré elle son coeur se mettre à battre plus vite. Elle s’appuya contre le chambranle, les bras croisés et attendit qu’il s’adresse à elle pour réagir :
- J’ai vu de la lumière, répondit-elle simplement, haussant une épaule avant de se détacher de la porte pour faire un pas dans la salle. Je me demandais si on donnait des cours de self-defense dans cette salle ? Ou quelque chose qui y ressemble ?
Elle ne chercha pas à expliquer sa demande très précise, tout comme elle ne demanda pas si lui donnait des cours de self-defense. À en juger par sa technique, elle pensait pourtant qu’il savait y faire.

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Tomas Varga

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Message· · Sujet: Re: A punching bag for only solace. Dim 18 Nov - 12:44

Il ne savait pas vraiment s’il pouvait appeler ça une passion, mais la boxe n’était pas qu’un prétexte pour se défouler contre un sac de frappe, non. La boxe était devenue une composante essentielle de sa vie ici, à Windmont ; combattre comblait tout ce que sa nouvelle vie ici ne lui apportait pas. À Portland, quand il errait dans les rues, il n’avait pas besoin d’un ring pour faire siffler ses poings, ses rixes étaient fortuites, enclenchées par un mot savamment décoché pour créer l’étincelle qui aveuglait et emplissait ses adversaires aléatoires de la rage nécessaire pour lui offrir un combat acharné. Il se battait également avec ses amis, sans raison particulière, pour tuer l’ennui, pour se prouver quelque chose. Pour s’amuser, aussi. Ils n’avaient pas grand chose à portée de mains pour passer le temps, alors ils occupaient leurs journées en se jaugeant et en se mesurant l’un à l’autre, lorsqu’ils n’étaient pas en train de commettre de petits délits qui les submergeaient d’une dose d’adrénaline délectable. Ici, à Windmont, Tomas n’était plus le gamin de Portland (il n’avait plus ses amis, qui n’en étaient pas vraiment, mais rien que prononcer le mot, « ami », était suffisant pour le réconforter, à l’époque, pour le convaincre qu’il n’était pas seul, même s’il se sentait perdu, lui qui était envahi par des attractions et des désirs qui ne lui semblaient pas la norme de la rue). Il connaissait ses forces et ses faiblesses, maintenant, il connaissait ses armes et ses failles : il n’avait plus besoin de se chercher à travers des combats de rue. Aujourd’hui, il voulait simplement se prouver que ses poings pouvaient encore être efficaces. Il n’a pas renoncé à la bagarre dans des ruelles sombres. Il ne sait pas vraiment s’il pouvait tirer un trait sur ces combats impromptus dont la saveur était totalement différente des combats de boxe, planifiés et sans réel surprise. Dans la rue, ses poings étaient bruts, ses jointures se fendaient contre des arcades, celles de ses adversaires s’enfonçaient dans sa mâchoire, sur ses belles pommettes saillantes … Mais il avait promis à Scott d’arrêter. Il avait promis à sa mère d’arrêter. Et à sa grand-mère. Et à Kate, aussi, elle qui répondait toujours présente pour s’occuper des blessures de Tomas. Il se demandait bien ce qu’il avait fait pour mériter qu’autant de personnes s’inquiètent pour lui. Peut-être rien de spécial. Peut-être que Scott, que sa mère, sa grand-mère, que toutes les personnes qui pensent tenir à lui, Miles, Kate, Liam, peut-être qu’ils n’étaient mus que par un sentiment de pitié. Il ne savait pas trop quoi penser d’autre. Se dire qu’ils avaient tous pitié de lui, c’était facile, c’était rapide. Ça contribuait à le plonger dans cet état de morosité dans lequel il était persuadé être condamné.
La boxe, c’était le compromis : il pouvait continuer à se battre, mais en respectant des règles savantes, pas celles de la rue, souvent sanglantes. Sa mère, sa grand-mère, tous les autres ne pouvaient pas essayer de l’en dissuader. Il ne faisait plus rien de mal, puisqu’il se battait sur un ring, et non pas dans une ruelle sombre. Le plaisir était différent. Mais l’essentiel était là. Il se battait, et il aimait ça.
Tomas se leva, continuant pendant quelques secondes de jauger l’adolescente du regard. Qu’est-ce qu’il l’amenait là ? Il n’y avait aucune animosité dans les mots qu’il avait choisis pour lui poser sa question. Qu’est-ce que tu fous là, toi ? Qu’est-ce qu’elle cherchait à combattre ? Pour Tomas, la réponse à cette question était simple, même s’il n’en était pas entièrement conscient. Il cherchait à se battre contre lui-même, si cela avait du sens. Chaque adversaire prenait ses traits, ou ceux de Paul, ce qui était assez logique (Paul n’était-il pas une partie de lui-même ?). Même ce vulgaire sac de frappe était personnifié. C’était ce qui lui apportait toute la force nécessaire pour se battre, c’était là sa façon de suivre sa propre thérapie, et non pas celle qu’on cherchait à le pousser à accepter, celle qui l’aurait amené à s’allonger et à ouvrir son torse pour que son cœur soit à vif et que toutes ses émotions contraires, tous ses sentiments, ses peurs, ses névroses se déversent dans un flot de parole. Ça, Tomas en serait incapable. Il ne savait pas utiliser sa langue, il n’était pas sûr d’avoir les mots. Mais se battre, ça, Tomas en était amplement capable.
Il tourna les talons pour faire face à l’adolescente, se penchant vers le sol pour attraper les gants qu’il avait jetés et les enfiler à nouveau, tout en écoutant la réponse que la jeune fille lui donnait. Il sourit, l’espace d’une seconde.
– T’as qu’une leçon à retenir : vise l’entrejambe, dit-il en arquant un sourcil avant de scratcher son second gant en utilisant ses dents. Il attrapa le sac de frappe qu’il cala sous son bras gauche, restant immobile un instant pour observer la petite rouquine qui semblait avoir autant de fougue que lui lorsqu’il avait eu son âge. Quel âge avait-elle, d’ailleurs ? Douze ? Treize ? Quinze, peut-être. Elle avait encore des traits de chérubin et il n’était pas sûr que ceux-ci la quittent un jour.
– T’en as besoin ?, demanda-t-il, avant de préciser sa question en fronçant les sourcils. J’veux dire, pourquoi tu veux des cours de self-defense ? Est-ce qu’elle avait peur d’être la suivante sur la liste du kidnappeur ? Quelle résistance pourrait-elle bien apporter face à un adversaire dix fois plus imposant qu’elle ?
– J’ai aucune idée si on en donne, ici. P’t’être que tu devrais apprendre à courir vite, dit-il, tentant un trait d’humour.

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Zoya Ryker

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Message· · Sujet: Re: A punching bag for only solace. Lun 19 Nov - 15:49

Si Inej l’avait vue s’aventurer dans cette salle, à coup sûr elle aurait pété un câble. Mais Zoya ne s’embarrassait pas de telles considérations et suivait généralement ses idées. Celles-ci n’étaient pas toujours très bonnes – certaines lui apportaient pas mal d’ennuis, même – mais elle n’avait jamais regretté d’avoir suivi son instinct. Et ce soir, son instinct lui dictait d’entrer dans cette salle, non pour y chercher un quelconque refuge mais une opportunité de mettre en œuvre ce dont Oliver et elle avaient discuté. Quelle merveilleuse idée, après tout, que de chercher un moyen de se défendre par soi-même, sans constamment compter sur les autres, non ? Zoya détestait en tout cas être dépendante de qui que ce soit mais elle n’était pas assez butée que pour nier l’être vis-à-vis de certaines personnes. Sa sœur la première, évidemment, mais pas seulement. En un sens, elle dépendait aussi de l’amitié d’Oliver. S’il s’était fait kidnapper, ce jour-là, s’il avait disparu, comme tous les autres, son sort tout aussi mystérieux que toutes les précédentes victimes, elle savait qu’elle serait devenue folle. Était-ce de l’égoïsme ? Parfaitement et la rouquine n’en avait même pas honte. Elle n’avait jamais eu de meilleur ami jusqu’à ce qu’elle rencontre le jeune Winters. Lorsqu’elle avait appris ce qu’il s’était passé, elle avait senti son sang se glacer et ses cheveux se hérisser et les quelques jours qu’il avait passés chez lui, manquant l’école, avaient été une terrible illustration de ce qu’était la vie sans Oliver Winters : une horreur. Ils avaient beau être si différents – si opposés, même – Zoya voulait croire que leur amitié était indestructible et les récents événements avaient fait naître une sorte d’instinct de protection chez elle. Elle trouverait le moyen de le rassurer, de lui montrer que cela n’arriverait plus et que même si ça arrivait, il saurait terrasser le voleur d’enfants ! Il pourrait même devenir le héros et apparaître sur toutes les chaînes du pays, qui sait ? Bon, elle s’emballait, elle le savait, et comme il ne lui fallait pas grand-chose pour monter sur ses grands chevaux et refaire le monde à sa sauce…
Il n’avait donc pas fallu à Zoya beaucoup de réflexions pour mettre en œuvre son idée et elle ne songea pas au fait qu’aller à la rencontre d’un parfait inconnu qui prenait apparemment plaisir à frapper un sac suspendu au plafond n’était peut-être pas la meilleure des décisions. Elle, en le voyant se trémousser et abattre ses poings avec violence, elle n’avait pensé qu’à ce qu’il pourrait sûrement apprendre à deux adolescents – l’un traumatisé par ce qui lui était arrivé, l’autre toujours prête à se lancer dans des péripéties invraisemblables. Aussi, quand le jeune homme se leva, il ne lui vint pas à l’esprit de reculer, de prendre la mesure de leurs différences (de taille, de poids, de force). Elle ne voyait que l’objectif, écrit en grandes lettres lumineuses, juste au-dessus de la tête du boxeur. Pendant qu’il se penchait pour récupérer ses gants abandonnés, Zoya s’approcha d’un pas légèrement dansant, presque félin, on aurait pu croire qu’elle minaudait si cela lui avait seulement traversé l’esprit mais elle n’avait rien en tête sinon convaincre cet étrange garçon de lui livrer ses secrets et d’apprendre à Oliver à rendre les coups. Elle, elle était persuadée de se débattre comme un beau diable si on tentait de l’attraper. Elle mordrait, elle grifferait, elle hurlerait à s’en casser la voix, mais elle avait comme la sensation qu’Oliver serait plutôt du genre à rester tétanisé et à ne penser à crier à l’aide que lorsqu’il serait trop tard, comme cela avait failli être le cas. Alors s’il pouvait apprendre les bases, frapper au bon endroit, tordre un bras, ne serait-ce pas utile, non seulement pour se défendre d’un kidnappeur récidiviste mais dans n’importe quelle situation qui nécessite de faire preuve d’un peu de violence ?
- Bien sûr, Einstein, mais quand le type arrive dans ton dos et que tu ne peux pas viser l’entrejambe, tu fais quoi? soupira-t-elle en levant les yeux au ciel, se fichant pas mal de vexer son interlocuteur avec le sobriquet narquois.
Elle haussa les épaules et fit mine de faire le tour du propriétaire, étudiant les objets variés, les tapis au sol, les gants, le sac, le miroir, les bancs où les mecs comme le boxeur devaient s’asseoir pour se préparer à frapper leur sac chéri. Elle ne reporta son attention sur l’autre occupant de la pièce que lorsqu’il l’interrogea et elle le toisa un instant avant de faire claquer sa langue d’un air impatient :
- Hello ? Je suis l’une des cibles phares du fou furieux du coin. Mais ce n’est pas le problème, savoir se défendre vient à point dans de nombreuses situations, tu ne veux pas que je me mette à te les énumérer, si ? Ou tu as besoin d’un bon argument pour envisager de me montrer quelques trucs?
Effrontée comme à son habitude, elle était revenue vers lui et elle posa les poings sur les hanches :
- Écoute, mon meilleur ami a failli être kidnappé il y a moins de deux mois et il y a de quoi être traumatisé. Moi, je n’ai pas peur, je lui ferais passer un sale quart d’heure à ce type, s’il essayait de m’attraper mais je veux apprendre des clés de bras ou des coups qui feraient bien mal, tu vois le genre ? Qu’est-ce qui te fait rire, au juste ? Que je sois une fille ? Tu crois que je ne suis pas capable de me défendre ? Que je n’ai qu’à prendre mes jambes à mon cou en hurlant comme une hystérique ? T’es macho à ce point?
Zoya y allait sans doute un peu fort mais ce qu’elle interprétait comme de la condescendance chez le jeune homme avait tendance à l’irriter. Elle en avait marre de ne pas être prise au sérieux tout ça parce qu’elle était une fille.
- Mais très bien, puisque Monsieur n’a que des conseils débiles dans ce genre à donner, je vais aller voir ailleurs, grogna-t-elle en tournant les talons avec ce qu’elle espérait un peu de dignité, pour reprendre le chemin de la sortie.

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Message· · Sujet: Re: A punching bag for only solace. Dim 9 Déc - 18:30

Derrière ses mèches rousses et sa bouille immature, la petite cachait un caractère qui le décontenança pendant quelques secondes. Il était surpris. Ses deux lèvres se retroussèrent et il sourit à la gamine, incrédule, mais amusé. Elle lui ressemblait, quand il avait son âge. Il était pareil qu'elle. À douze ou treize ans – elle n'avait sûrement pas plus —, Tomas n'avait d'un ange que la gueule. Une gueule d'ange. C'est comme ça que sa mère l'appelait, jusqu'à ce qu'il lui demande d'arrêter d'utiliser ce surnom. — Ma gueule. Il avait tout fait, gamin, pour qu'elle croit et qu'elle continue à croire qu'il était un ange, même si elle devait se douter que les égratignures sur ses phalanges et les bleus sur son corps n'apparaissaient pas comme par magie. Pour sa mère, il avait toujours été son petit ange, sa gueule d'ange, sa gueule, son petit dernier, celui qu'elle devait réussir et celui pour qui elle irait se tuer au travail pour lui offrir un meilleur avenir que celui qu'elle a donné à son premier fils. Il ne lui disait pas ce qu'il faisait dans les rues. Il avait un pacte secret avec son frère : lui non plus ne devait rien raconter à maman, en échange, il ne raconterait rien de ses petits deals. C'était du donnant-donnant, et ça lui allait amplement. Il laissait ses sourires et ses jolies phrases, toutes polies, tromper sa mère et les autres adultes. Et une fois libre de ses gestes, libre de ses paroles, libre d'errer dans les rues de Portland, Tomas redevenait le petit ange déchu, celui qui flirtait avec les démons de la nuit, celui qui provoquait des bagarres qu'il ne pouvait pas gagner.
Il souriait encore, mais ses lèvres commençaient à trembler.
Il se souvenait encore.
Il lui arrivait de suivre son frère sans qu'il le sache, ou du moins, en pensant que son frère ne l'avait pas remarqué. Liam ne ressemblait pas à un ange mais il était probablement plus proche d'en être un que Tomas. C'est vrai, de main en main il glissait des petits sachets d'herbe, beaucoup trop de sachets, beaucoup trop de substance, trop pour être légal ; il aurait pu dealer des substances bien plus dangereuses, mais Liam ne voulait pas toucher à ces merdes. Et il ne voulait pas que Tomas touche à ces merdes. Mais Liam n'avait que le bien de Tomas et de leur mère en tête. C'était tout ce qu'il l'intéressait. Tout l'argent qu'il récoltait allait pour sa mère, pour qu'elle paie les factures, pour qu'elle paie le loyer, et avec ce qu'il lui restait, il remplissait le frigo que Tomas s'employait à vider, sans vraiment connaître le sacrifice de son frère. Il lui arrivait de suivre son frère, en essayant d'être un peu plus comme lui, d'être cool comme lui, d'avoir autant d'amis que lui. Mais ce n'était pas si facile. C'est Liam qui lui a appris à se battre. À se battre comme il faut, avant de lui faire promettre de ne plus jamais se bagarrer inutilement dans la rue. Tomas avait lever la main droite et il avait dit — Juré. Mais bien sûr, il avait menti. Il n'avait pas les talents de Liam. Tout ce qu'il savait faire, c'était se faire des ennemis.
Et aujourd'hui, il était là. À taper dans un punching ball qui ne pouvait pas rendre ses coups, mais qui était suffisant pour se défouler. Si son frère le voyait il serait peut-être fier de lui. Il serait peut-être fier, parce qu'il verrait son petit frère s'entraîner à la boxe, comme il le lui avait dit, il y a longtemps ( enfile des gants de boxe et monte sur un ring si t'veux t'battre, bordel), il ne verrait pas le petit frère qui continue à se battre quelque fois à la sortie des bars. Il serait fier un instant, le temps de voir que son frère a toujours la même gueule d'ange, qu'il a écouté un de ses conseils, ... jusqu'à ce qu'il vienne gratter la surface et qu'il comprenne que Tomas n'est qu'une supercherie. Il l'avait probablement déjà remarqué.
Il était toujours en train de sourire, les lèvres un rien tremblotantes, et lorsqu'il cligna des yeux il remarqua que la petite avait tourné les talons et qu'elle filait.
Il lui lança un de ses gants, qui l'atteignit dans le dos.
— Attends, reste-là, lâcha-t-il, contournant le punching ball pour s'approcher de quelques pas de la rouquine. Je rigolais ..., continua-t-il en baissant les yeux vers le gant qui lui restait entre les mains. Tomas, il connaissait les clefs de bras. Il connaissait les coups qui faisaient le plus de mal. Mais ça ne l'avait pas servi à se sortir des griffes de son ravisseur, des griffes de Paul. Le problème, c'est qu'il n'avait jamais eu peur de lui.
— Tout le monde a peur. C'est une bonne chose, d'avoir peur. T'es toute petite. Tu crois que toi tu feras peur à quelqu'un ? Même si tu cries bien fort et que tu montres tes dents j'en suis sûr qu'tu ferais même pas peur à un raton-laveur. Il pensa à Spoonor et à Connoon et il ne put s'empêcher de sourire encore une fois, avant de se concentrer à nouveau et de défaire le scratch du gant de boxe qu'il tenait entre les doigts. Donc ouais la meilleure des choses que t'peux faire c'est apprendre à courir vite, dit-il en haussant les épaules tout en regardant à nouveau le gant de boxe.
Il soupira.
— Viens, on va voir c'que tu vaux. Enfile les gants. Sont un peu humides. Mais ça devrait pas t'faire peur, hein ?
Il lui tendit le deuxième le gant.

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Message· · Sujet: Re: A punching bag for only solace. Mar 1 Jan - 21:23

Elle savait qu’elle se laissait trop souvent emporter par ses émotions à fleur de peau mais la frustration était un mal qui la rongeait depuis plusieurs mois maintenant et chaque contrariété la mettait dans tous ses états. Alors, de quel droit ce type qui ne savait rien d’elle se fichait-il d’elle ? Si ce n’était pas son âge qu’on lui rappelait pour souligner son impuissance, c’était son genre qu’on lui balançait à la figure comme si c’était un argument valable. Elle en avait assez et menaçait d’exploser si on continuait à vouloir l’enfermer dans une case trop petite pour la contenir. Zoya rêvait de liberté, d’indépendance, de confiance – même si, pour cette dernière, elle ne faisait pas grand-chose pour la mériter. Quand cesserait-on de la traiter en être faible ou emprisonné dans sa jeunesse ? Pourquoi fallait-il que l’adolescence soit si longue ? Elle aurait voulu voler de ses propres ailes, ne pas avoir à suivre des cours soporifiques. Elle voulait voir le monde, faire ce qu’elle voulait. Au lieu de quoi, elle subissait son existence et n’était pas le moins du monde utile lorsque son meilleur ami se faisait agresser. Aussi, elle n’avait vraiment pas besoin que cet escogriffe lui rappelle sa condition ou sa jeunesse. Elle voulait lui lancer un MERDE! bien senti ou lui hurler d’arrêter de sourire bêtement mais elle réprima l’envie, décidant qu’elle la garderait plus tard. Les cris d’impuissance qui grondaient en elle, elle les réservait à la solitude des bois, quand personne n’était là pour l’entendre s’époumoner, à injurier le monde entier et personne en particulier. Elle aurait pourtant voulu pouvoir évacuer cette fureur qui la hérissait, elle aurait voulu avoir quelqu’un sur qui abattre ce trop plein d’émotions qui l’étouffait. Alors peut-être qu’il y avait une part d’égoïsme dans sa recherche d’un exutoire et que voir ce garçon s’acharner sur un sac lui avait donné l’idée que ce serait la solution dont elle avait besoin pour apaiser son sentiment d'impuissance et sa colère.
Mais visiblement, ce n’était pas une option et il était évident qu’elle était vexée quand elle tourna les talons pour abandonner le jeune homme à sa plaisanterie ridicule. Elle n’en avait même rien à faire qu’il comprenne qu’il l’avait blessée en se moquant d’elle. Peut-être qu’elle avait un ego surdimensionné, surtout pour sa taille, mais en attendant, il était fragile et elle ne supportait pas de ne pas être prise au sérieux, ce qui arrivait malheureusement trop souvent. Régulièrement même. Mais que faudrait-il donc qu’elle fasse pour qu’on cesse de la traiter en enfant ? maugréa-t-elle intérieurement, les poings serrés et les yeux enflammés. Alors, quand quelque chose la heurta dans le dos, elle fit volte-face et fusilla son interlocuteur du regard. Quoi ? Tu n’en as pas eu assez, tu veux vraiment me foutre en rogne? semblait-elle dire alors qu’elle serrait les mâchoires, consciente de la teinte que prenaient ses joues, sous le coup de l’indignation.
- Ouais, ben t’es pas drôle. Tu peux tout de suite oublier la carrière d’humoriste, grogna-t-elle en croisant les bras sur sa poitrine.
Si elle savait qu’elle avait l’air d’une gamine capricieuse, à cet instant précis ? A coup sûr. Mais elle n’en avait strictement rien à faire, après tout, elle ne connaissait le jeune homme ni d’Eve ni d’Adam et ce que pensaient les inconnus d’elle ne la touchait pas.
La réflexion du boxeur lui fit rouler les yeux et elle émit un soupir impatient. D’où sortait ce raton-laveur, maintenant ? eut-elle envie de lui répliquer mais elle se retint, ce n’était pas le coeur du sujet qui les opposait.
- Et dans le cas où je cours et qu’il me rattrape, je fais quoi, hein? insista-t-elle, butée, les dents serrées et les prunelles brûlantes.
Elle n’aimait pas les réponses faciles de son interlocuteur. Elle voulait apprendre, elle voulait pouvoir se dire qu’elle casserait la gueule du prochain connard qui s’en prendrait à eux, les adolescents de Windmont Bay. Mais elle attendait sans doute trop d’un garçon solitaire qui ne savait s’en prendre qu’à un objet inanimé qui ne pouvait lui rendre les coups.
Méfiante, les sourcils et le nez froncés dans une attitude défiante, elle jaugea le gant tendu. Elle aurait très bien pu lui dire d’aller se faire foutre et filer en quelques secondes mais maintenant qu’elle avait obtenu une ouverture, aussi petite soit-elle, elle devait saisir sa chance. Finalement, elle soupira longuement et accepta l’offre. Elle enfonça la main dans l’un des gants et celui-ci était bien trop grand pour sa main menue mais elle s’en fichait.
- Tu m’mets l’autre? demanda-t-elle, plus pour le tester qu’autre chose.
L’air toujours aussi peu amène et douée d’une mauvaise foi sans limite, Zoya le dévisagea sérieusement puis frappa les gants l’un contre l’autre, comme pour évaluer la sensation que cela faisait. L’intérieur était chaud et moite mais pas désagréable et elle se recula, un sourire perçant son humeur rebelle :
- Qu’est-ce que je frappe ? Le sac ou toi?
Zoya donna un grand coup dans le sac mais celui-ci ne bougea pas autant qu’elle l’avait espéré et elle sentit la vibration du choc lui traverser le bras. Trop fière pour laisser apparaître sa déception, elle secoua le bras pour se débarrasser de la sensation et donna un autre coup, avec la main gauche, cette fois. Pourquoi cela semblait-il si simple quand elle observait le sportif ?
- T’as peur de quoi, toi? demanda-t-elle en décochant un regard en coin au jeune homme, sans savoir pourquoi elle posait une telle question.
Pour détourner l’attention de sa faiblesse évidente ou pour tenter de trouver une faille dans le sourire de l’autre ? Un peu des deux, sans doute.

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Tomas Varga

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Message· · Sujet: Re: A punching bag for only solace. Dim 10 Fév - 16:14

Il s’approcha d’elle. Il attrapa la main de la rouquine et enfonça le dernier gant, serrant le scratch autour de son poignet en prenant soin de vérifier qu’il était assez bien serré. Il évitait son regard. Il ne savait pas vraiment pourquoi il faisait ça. Peut-être qu’elle lui faisait penser à lui, il y a quelques années, lorsqu’il s’est pointé ici pour la première fois. Lui était perdu. Lui n’avait pas grand chose à faire de ses journées à part ressasser le passé et essayer de le réécrire en rêvant, jour et nuit, à un dénouement plus heureux. Il n’avait pas grand chose à faire que de se battre une fois le soleil disparu derrière l’horizon, pour se prouver qu’il pouvait encore combattre, qu’il avait encore la force de continuer, même s’il n’avait aucune idée vers où, vers quoi il voulait avancer. Nulle part. Certainement. Il n’avait pas plus d’idée aujourd’hui. Son futur n’était qu’une série d’équations à plusieurs inconnus. Il en était incapable de le présager.
Peut-être qu’elle lui faisait penser à lui. Il ne cherchait pas à apprendre, pas comme elle, mais il cherchait un sens à sa vie, ici, à Windmont Bay, et ce sens, il l’avait trouvé à travers la boxe. Liam avait raison. Taper dans un sac de frappe était libérateur. Taper dans un sac de frappe lui avait ouvert la possibilité de trouver un semblant de paix intérieur. Il ne savait pas comment. Il ne savait pas si c’était vraiment ce qu’il ressentait. Peut-être qu’il se défoulait simplement, et que cette sensation de légèreté qui suivait chacune de ses sessions n’était que de l’épuisement. Rien d’autre. Peut-être que c’était sa façon de remettre en cause les paroles de Liam (parce que Tomas ne pouvait admettre que les autres avaient raison à son sujet).
C’était leur seul point commun, entre lui et la gamine. S’être pointé ici, avoir l’air perdu, avoir l’air d’avoir besoin d’aide sans l’avouer, sans oser se l’avouer, montrer les dents et bomber le torse. Elle, elle semblait vouloir comment se battre pour aider ses amis, comme celui qu’elle avait invoqué il y a quelques minutes. Lui, il se battait contre lui-même, il se battait contre ce qu’il était hier et ce qu’il était aujourd’hui, il se battait contre tout.
Il vérifia qu’elle avait bien scratcher le premier gant, parce qu’il se doutait bien que cela ne lui plairait pas, mais aussi parce qu’il était impossible de boxer avec un gant mal enfilé.
– Dans ce cas là vise-bien, dit-il en pointant son index vers l’entrejambe. Ce n’était pas une nouvelle tentative d’être drôle (il ne cherchait pas à l’être, il avait simplement cherché à la décourager de boxer, aujourd’hui, du moins, elle pouvait revenir un autre jour, un jour où il ne serait pas là – Liam pourrait certainement s’occuper d’elle).
Il appuya sur les deux gants de la gamine pour tester sa résistance et se retourna vers la sac qu’il contourna. Il jeta un œil sur l’horloge. Il lui accordait une quinze de minutes, maximum. Après ça, qu’elle ne compte plus sur lui. Quinze minutes, c’était assez pour qu’elle s’amuse, et c’était tout ce qu’il comptait perdre avec elle.
– Le sac, trancha-t-il en lui lançant un regard amusé, qu’il effaça rapidement en un clignement. Il souffla entre ses lèvres. Elle avait bien plus d’assurance qu’il en avait, s’il devait se montrer honnête. Il donna un petit coup dans le sac, pour lui donner le feu vert. Il ne put s’empêcher de pouffer lorsqu’elle asséna son premier coup dans la cible. Il ne se moquait pas, même si elle penserait probablement l’inverse. La plupart des réactions de Tomas étaient innocentes. Elle avait au moins visé juste, on ne pouvait lui enlever ça.
Il arqua un sourcil. – Là ? Tout de suite ? Peur de quoi ? De toi !, dit-il, laissant sa main planer entre eux et  la faisant doucement trembler. Il sourit. Elle trouvera la réplique parfaite. La gamine avait bien plus de répartie que lui lorsqu’il avait son âge. Que lui aujourd’hui, d’ailleurs. Il n’était pas du genre à s’approcher très près des gamins, à chaque fois qu’il avait le malheur d’en croiser (lors de rares réunions de famille, où des cousins oubliés refaisaient surface avec des gamins dans les jambes). Ceux de la trempe de la rouquine lui rendait particulièrement anxieux. Sauvage, intelligent, la langue acérée, la personnalité solaire. Il ne savait jamais quoi dire, ni quoi faire, face à ce genre de gamins. Mais il était dans son monde. Il était sur son territoire. Elle était sur son territoire.
– Peur que tu te fasses mal. Il contourna à nouveau le sac pour se poster à côté d’elle. Déjà, quand tu commences à boxer, échauffe-toi. Étire tes mains, tes bras, ton dos, tes jambes, déroule ta nuque, cours un peu. Je cours en venant ici, moi. Ou fait de la corde à sautée. Boxe jamais à froid. Et puis commence doucement. Ça sert à rien de frapper fort. Le but c’est pas d’arracher le sac.
Il ferma son poing et lui montra les jointures saillantes de son index et de son majeur.
– Frappe avec ça, pas avec les autres doigts, ou tu vas t’faire mal. Après, y a pas que les poings qui sont importants. Il posa le bout de son index sur l’épaule de la gamine et la poussa légèrement, tout juste assez pour lui faire perdre quelques secondes l’équilibre. Écarte tes pieds, et plante les biens dans le sol.
Il se plaisait à jouer le professeur. Il ne se l’avouerait jamais. Il n’y réfléchissait pas vraiment. Il se contentait de corriger la posture et l’équilibre de la rouquine et à lui donner des conseils qu’elle était libre de suivre ou non. Quinze minutes. C’était le temps qui lui consacrerait. Pas plus.
– Quand tu boxes pas tourne autour du sac, en sautillant, légèrement. Essaye ça, dit-il en faisant face au sac. Il frappa, du droit, avec son coude, puis du gauche. Deux secondes entre chaque coup, tu souffles bien et dès que tu te sens fatiguée tu arrêtes. Ça sert à rien d’en faire trop. T’es qu’une débutante, conclut-il, sans que ce soit une insulte, ni une réflexion dosée pour la provoquer. Ce n’était qu’un fait qu’il constatait.
Il se recula de quelques mètres et croisa les bras, faisant un signe de menton vers le sac pour lui dire de commencer.

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Zoya Ryker

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Message· · Sujet: Re: A punching bag for only solace. Lun 4 Mar - 12:18

Armée de ces gants, Zoya avait l’impression d’être une superhéroïne qui donnerait des coups de poing d’une force phénoménale. Alliée à sa souplesse de chat sauvage, ce nouveau pouvoir la rendrait invincible. Si seulement. Car l’idée l’avait à peine effleurée que Zoya sut qu’elle était trop vieille – l’ironie – pour se réfugier dans ces fantasmes enfantins. Elle n’était pas plus puissante qu’un autre, elle n’était qu’une adolescente noyée dans la masse qui ne se démarquait que par son attitude provocatrice et irresponsable. Si elle avait pu presser le bouton forward, elle aurait sauté quelques années pour être adulte, enfin, et faire ce que bon lui semblait, sans avoir à s’expliquer. Là aussi, elle fantasmait sûrement la liberté du monde adulte, elle en avait conscience – ne voyait-elle pas à quel point Inej devait batailler pour payer les factures, pour qu’elles aient un toit au-dessus de leur tête ou à manger dans leur assiette ? – mais elle ne pouvait s’empêcher d’aspirer à cette vie de choix indépendants. Quand elle serait grande, elle irait où elle voudrait, grimper l’Everest ou s’enfoncer dans une forêt tropicale. Elle se créerait des souvenirs, elle refuserait de s’enliser dans un quotidien ennuyeux où tous les jours se ressemblaient. Et, oui, peut-être qu’elle finirait par faire la une des journaux pour avoir été mordue par un serpent ou fait une chute vertigineuse mais au moins aurait-elle vécu sa vie comme elle l’entendait, à fond, sans regrets. En attendant, il n’était pas certain que pouvoir casser le nez à un agresseur changerait sa vie mais Zoya était prête à faire n’importe quoi pour ne pas avoir l’impression de vivre deux fois la même journée.
Lorsqu’elle l’entendit glousser, elle dut se mordre la langue pour ne pas lui demander pourquoi il se fichait d’elle et préféra faire comme si elle n’avait pas entendu. Elle était vite de mauvaise humeur mais n’aimait pas le rester trop longtemps – cela avait quelque chose d’épuisant d’être en colère contre le monde et il valait mieux qu’elle garde ses forces pour des causes plus importantes. Toutefois, lorsqu’il répondit sur le ton de la plaisanterie, elle plissa les paupières d’un air menaçant :
- Fais gaffe, y a certaines choses que je sais en effet très bien viser…
Elle aurait bien agrémenté sa réplique d’un majeur fièrement dressé – Inej n’était pas là pour la voir, après tout – mais ses doigts étaient recroquevillés et elle ne put que lui adresser un geste impatient en soupirant. Zoya n’avait jamais aimé attendre, il lui fallait toujours tout immédiatement. Même l’art de combattre et de frapper un sac, elle aurait voulu qu’il coule instantanément dans ses veines. Mais les coups qu’elle venait de donner lui avaient rappelé que la vie n’était jamais aussi simple.
Méfiante et butée, l’adolescente observa les mouvements du garçon qui avait eu la malchance de croiser sa route aujourd’hui. Ses yeux clairs glissèrent vers son visage qu’elle détailla, une lueur féroce, féline, dans le regard. Ce qu’il lui racontait ne l’arrangeait pas puisque cela signifiait ôter les gants et recommencer à zéro. Elle n’avait pas envie de s’échauffer, de perdre du temps inutilement. Elle voulait frapper, lui montrer qu’elle n’était ni trop faible ni trop jeune, qu’il lui laisse une chance d’apprendre, qu’il accepte de leur montrer, à Oliver et elle, les rudiments du self defense. Il y avait sûrement des petites choses, des techniques basiques qu’ils puissent intégrer pour ne plus se sentir aussi vulnérable. Oliver, surtout, que Zoya ne supportait pas de voir si désemparé. Elle voulait que son meilleur ami reprenne confiance en lui, qu’il n’attache pas autant d’importance aux regards que leurs camarades portaient sur lui. Peut-être que la boxe n’était pas la solution miracle mais c’était tout ce qui était venu à l’esprit de l’enfant rebelle qui ne se laisserait pas démonter à cause de moqueries.
Le jeune homme – elle réalisa qu’elle n’avait aucune idée de son prénom, il demeurait un parfait inconnu – lui montra son poing et Zoya ferma le sien, constatant sans mal la différence entre ses doigts fins, son poignet délicat, son bras fragile et les membres musclés et puissants de son interlocuteur.
- Y a les coups de boule, aussi ? demanda-t-elle, avec la naïveté qui trahissait son âge. J’ai la tête dure ! assura-t-elle alors qu’elle n’avait jamais donné un coup de tête de sa vie.
Les écorchures, les os cassés, les brûlures, les chutes, tout ça elle connaissait, mais heurter un corps étranger, c’était une autre affaire.
Elle fut déséquilibrée par la pression, ayant momentanément oublié de surveiller le boxeur et elle recula d’un pas, fronçant les sourcils d’un air courroucé.
- Hé !
Il ne faisait peut-être pas allusion à un coup de tête, finalement, mais à l’équilibre et Zoya, sans vraiment s’en rendre compte, obéit et emmagasina les informations. Elle écarta les pieds et assura son équilibre en pliant légèrement les genoux, se donnant l’impression d’être une combattante chevronnée, mais quand il frappa dans le sac, elle vit le gouffre entre se croire fort et l’être pour de vrai.
Déstabilisée, elle laissa retomber ses bras le long de son corps et se redressa. Tout à coup, elle mesurait le travail qui était attendu, la patience dont il faudrait faire preuve et qu’elle était à peu près certaine de ne pas posséder. Toute hostilité avait abandonné ses traits et elle en était réduite à observer ce garçon dont le monde était entré en collision avec le sien.  Elle ne reprit ses esprits que lorsqu’il s’écarta et lui fit signe d’appliquer les consignes qu’il venait de lui donner. La détermination vint à nouveau durcir les traits de l’adolescente qui releva les gants à hauteur de son visage, planta les pieds dans le sol et reporta son attention sur le sac qui se balançait doucement suite aux coups du boxeur. Zoya prit une profonde inspiration et expira lentement avant de se mettre à tourner comme il le lui avait conseillé, assénant un coup, se concentrant, abattant son gant, reculant, recommençant. Au bout d’une minute, elle s’arrêta, à bout de souffle et se frotta le front avec l’avant-bras.
- Pffff, c’est plus dur que ça n’y parait, ce machin ! lâcha-t-elle. C’est autre chose que de grimper aux arbres ou de lancer des trucs du haut d’une falaise…
Un sourire vint pour la première fois effleurer les lèvres de la jeune Ryker, laissant deviner l’autodérision dont elle savait faire preuve, quand elle ne laissait pas son ego prendre toute la place.
- Mais j’aime bien ! Je veux apprendre, pour de vrai. Je m’en fiche si on dit que c’est un sport de mec. Je veux pouvoir me défendre comme je l’entends.
Elle espérait qu’Oliver la suivrait dans cette nouvelle folle aventure, parce que ce serait bien plus drôle avec lui, mais s’il refusait, cela ne l’arrêterait pas. La seule chose qui pourrait contrecarrer ses plans pourrait être qu’Inej ne veuille pas payer pour les cours. Mais même dans ce cas, Zoya se débrouillerait pour payer. Quand elle avait quelque chose dans la tête, elle ne l’avait pas ailleurs, après tout. C’était du moins ce que ses professeurs avaient toujours déclaré à son sujet – et elle n’avait jamais su déterminer si c’était une bonne chose ou non.

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