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 forget all the shooting stars and all the silver moons

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AJ Haggard

messages : 884
name : Olivia
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Message· · Sujet: forget all the shooting stars and all the silver moons Dim 4 Nov - 15:37

WES + AJ
We've been making shades of purple
out of red and blue @Wes Byrnes
26.10.2018

Il avait dit à Wes que ce serait casual mais maintenant qu’il fallait s’habiller pour le rendez-vous, AJ n’avait pas envie d’enfiler ses fringues habituelles. Il retourna toute son armoire sur son lit, essaya une chemise puis un pull avant de les enlever en grimaçant. En réalité, il aurait bien voulu mettre une pièce en particulier mais il n’avait pas dû la fourrer dans son sac au moment où il avait fui New York pour s’éviter un aller simple pour Boston. Tant pis, ce n’était pas comme s’il considérait cette chemise-là comme un porte-bonheur, de toute manière. Il fut également tenté de remettre la tenue de leur premier soir, toute de bleu, blanc et rouge, mais il craignait d’avoir froid et de ce qu’il en avait compris, le cinéma était au parc et donc en plein air. Dépité, les mains sur les hanches, occupé à analyser les vêtements épars qui jonchaient le sol et le lit, AJ réfléchit en se mordant l’intérieur de la joue. Puis une idée lui vint et il tapa bruyamment dans ses mains avant de filer dans la chambre voisine. À coup sûr, Hammer avait quelque chose qui ne le fasse pas ressembler à un gamin vêtu d’un costume adulte et au moins cela aurait l’avantage de sortir de l’ordinaire puisqu’il n’aurait jamais mis ce vêtement en particulier. Couvert de son jean sombre uniquement, il passa précautionneusement en revue les hauts de son frère, se gardant bien de déranger la garde-robe, au risque de se trahir immédiatement auprès de Hammer. Il n’était pas certain que son frère apprécie qu’il fouille dans ses affaires mais c’était pour la bonne cause, se dit AJ. S’il expliquait à son aîné que c’était pour un rendez-vous – car oui, par miracle, il était parvenu, une fois de plus, à se faire pardonner de Wes – il ne lui en voudrait pas trop… n’est-ce pas ? De toute façon, le temps que le jeune homme se rende compte de l’emprunt, AJ serait déjà en route pour le parc. Il trouva une belle chemise noire et l’enfila délicatement avant de nouer une cravate – elle aussi subtilisée dans les effets personnels du fils prodige – rouge sombre autour de son cou. Et comme il songea que l’adage disait ‘jamais deux sans trois’, il piqua aussi un pull en laine d’une douceur à faire pleurer, qu’il passa avant de fuir les lieux du crime.

Était-ce la singularité du moment – lui, AJ Haggard, avait un rendez-vous galant, un vrai – qui le rendait aussi impatient ? En tout cas, AJ arriva à l’heure à l’endroit fixé et il observa les autres personnes qui venaient se risquer à quelque expérience effrayante en cette nuit froide qui rapprochait un peu plus d’Halloween. Il y avait là quelques couples mais surtout des groupes d’amis et il se demanda si l’idée d’avoir un premier vrai rencard devant des films d’horreur était si bonne. Puis il chassa le doute d’un haussement d’épaules. Ce n’était pas comme s’il comptait réellement regarder ces films qu’il avait probablement déjà vus et revus. Soit il s’en moquerait en parlant tout au long du film – si Wes le laissait faire, car il se pouvait que le jeune homme soit du genre à vouloir regarder un film en silence – soit il n’en verrait rien parce qu’il serait trop concentré sur son voisin, de préférence en activant sa langue pour autre chose que pour animer la discussion. L’image fit sourire l’exilé qui songea qu’avoir un petit ami n’était pas si mal, finalement, si cela voulait dire pouvoir l’embrasser partout et quand il le voulait. Tout à ses pensées, il laissa son regard errer sur la foule qui s’installait sur des couvertures ou dans des petites chaises longues. Il réalisa tout à coup qu’il n’avait pas pensé à amener quoi que ce soit et au moment où il envisageait de rentrer en vitesse pour chercher une couverture, il aperçut Wes et ce fut avec une grimace qu’il accueillit le jeune homme :
- Tu vas dire que je crains déjà mais j’ai oublié d’apporter un truc pour s’asseoir, dit-il. Enfin peut-être qu’ils en proposent quelque part ? Je peux aller voir. Et nous chercher des saletés pour nous goinfrer et prétendre qu’on meurt de trouille devant ces films sans originalité...
Heureusement qu’il avait habitué Wes à sa volubilité, sinon le garçon aurait pu déceler de la nervosité sous ces mots lâchés à un débit impressionnant.
- Mais d’abord… puisque tu as dit que je pouvais..., gloussa AJ avec un petit sourire avant de s’approcher de Wes. Je vais t’embrasser comme un petit ami est censé le faire pour accueillir en bonne et due forme son rendez-vous...
Il passa une main sur la hanche de Wes et l’attira plus près jusqu’à ce que leurs lèvres s’effleurent et il lâcha, dans un ronronnement taquin :
- Bonsoir...
Pour finir par sceller leurs bouches avec un léger grondement satisfait.

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Dernière édition par AJ Haggard le Dim 6 Jan - 17:06, édité 1 fois
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Wes Byrnes

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Message· · Sujet: Re: forget all the shooting stars and all the silver moons Mar 27 Nov - 20:11

Il avait longuement fixé le message qui s’étirait sur l’écran de ses lettres minuscules, lesquelles formaient des mots mis bout à bout. Que quelque chose d’aussi impersonnel que des caractères numériques sur un téléphone, ait autant de répercussions sur son corps en émoi, le laissait pantois. Pourtant, les propos n’avaient rien d’exaltant, ou de si extraordinaire que ça, mais, c’était leur auteur, qui leur conférait une tonalité particulière. Eussent-ils été proférés par un individu différent, que le cœur serait resté coi, la respiration aveugle de tout tressaillement impromptu, et l’esprit serein. Mais, parce que c’était Felix, il était extatique et joyeux, au point de vouloir le crier sur tous les toits. On venait de lui proposer un rendez-vous, en usant de ces fameux termes qui l’avaient fait frissonner d’une douce chaleur agréable. L’affaire était cependant banale, ils se voyaient régulièrement quand l’envie se faisait ressentir – en l’occurrence assez souvent – mais toujours avec ce sentiment d’incertitude au ventre quant à ce qu’ils étaient. Des amis ? Des amants ? Les deux ? Une case à remplir qui n’avait jusque-là trouvé aucune réponse adéquate, en dépit de l’esprit si binaire du jeune Byrnes. Mais voilà, que cette fois-ci, ils sortiraient en tant que véritable couple. Une officialisation qui arrivait au terme de longues discussions (et périodes compliquées) où l’un s’était inquiété du caractère flou de la relation, quand le second plus prosaïque ne voyait nul inconvénient de son côté. Wes en était conscient, l’effort de son petit ami était considérable et il ne pouvait qu’être reconnaissant de le voir s’essayer à cet exercice inhabituel pour lui ; d’avoir écouté ses requêtes, probablement agaçantes, pour y donner une suite favorable. Pour combien de temps l’effervescence amoureuse durerait-elle ? Il était impossible de mettre un oiseau en cage, sans éprouver une culpabilité amère, de le voir, semaine après semaine, dépérir lentement, car il était fait pour voler à l’air libre, jouir du soleil sur ses plumes, et chanter de jolies notes aigues. En l’occurrence, à vouloir exiger de Felix, qu’il lui rende son affection de la façon, dont lui l’avait exigé, Wes ne devenait-il pas ainsi sa prison ? Il frissonna, quelque peu refroidi par ses pensées saugrenues, et cette vision soudaine, d’être égoïste voire exigeant. Était-ce si déraisonnable de demander à quelqu’un sa loyauté ? Il lui semblait que non, mais il n’était plus sûr de rien à présent que tout se concrétisait finalement. Il soupira ; ses tergiversations irrationnelles l’agaçaient, et alors que la peur s’infiltrait – supplantait – le ravissement précédent, il se prépara à la hâte afin de ne pas arriver en retard. Il délaissa sweatshirt et casquette pour un pull correct sous un blouson en cuir, et fila directement vers le centre-ville sans oublier une couverture sous le coude.

Quand il arriva sur place, il fut surpris de trouver autant de monde. Pour la plupart, il s’agissait d’adolescents en groupe qui déambulaient dans de grands éclats de rire, en se gaussant de leurs costumes parfois très créatifs il fallait le reconnaitre. Wes fit quelques pas pour chercher son compagnon dans la masse, tandis que l’angoisse commençait à serrer son estomac. Il y avait effectivement pas mal de personnes, ce qui signifiait indirectement qu’on pourrait le voir ou les voir pour être tout à fait précis. Or cette perspective l’effrayait plus qu’elle n’aurait dû. Il n’était pas encore tout à fait confortable avec cette idée – malgré une assurance affirmée auprès de son copain -, mais avait fait de nets progrès, c’était incontestable. Au moins, assumait-il aimer les hommes, quand durant toute son adolescence, il avait étouffé ses inclinaisons au plus profond de son être afin que nul ne le sache. Il le repéra un peu en retrait au loin, et le rejoignit d’une foulée rapide, un léger sourire sur son visage anxieux. Néanmoins s’il avait eu des doutes, ils disparaissaient immédiatement  en croisant les traits mutins de l’espiègle diablotin. Presque écarlate (il n’arrivait pas à contrôler ces échauffements intempestifs), il passa ses bras autour de la silhouette longiligne pour la presser contre lui. Par habitude, il n’avait pu s’empêcher de jeter un coup d’œil autour d’eux, préoccupée par ces œillades curieuses qu’on pourrait leur lancer. Il n’y en avait pas, tous étaient indifférents à leur étreinte et il se sentit idiot intérieurement. Il répondit au baiser de Felix avec fougue, trop heureux de retrouver ses lèvres entre les siennes. Le souffle court, il se détacha légèrement, et leurs nez se touchèrent à la même occasion. Il rigola. « Bonsoir. » Répondit-il par mimétisme, étranger à la signification, qu’il avait toutefois deviné par déduction. Son regard coula sur le garçon avec plus d’attention qu’auparavant, réalisant qu’il s’était habille sur son trente et un. Il n’en fut que d’avantage flatté, quoi que gêné de ne pas être aussi bien apprêté que lui. « Tu es très beau. » C’était tout ce qu’il trouva à dire, faute de vocabulaire adéquat ; les mots étaient simples mais terriblement sincères, il avait du mal à croire que Felix, soit son petit ami. Il fit courir ses mains sur le torse, s’émerveillant de la laine délicate sous son toucher instigateur, et caressa de son pouce la gorge frémissante. « Puisque tu as dit que je pouvais aussi, je vais remercier mon rendez-vous d’être là. » Dans un sourire amusé,  il se pencha pour l’embrasser dans un petit gémissement, pour se prouver qu’il était capable de le faire, que tout ça ne l’effrayait plus. La sensation était délicieuse et enivrante ; à regret il s’interrompit en se mordant effrontément la bouche. « Mmh. Sache que j’ai presque tout prévu, j’ai pris une couverture, mais je n’ai pas pensé à prendre de quoi manger. Allons voir ce qu’il y a là-bas. » D’un signe du menton, il désigna les stands en contrebas, et amorça leur marche, sans trop savoir si il devait tenir sa main ou non. Il décida que ce n’était pas nécessaire, restant quand même assez proche, pour sentir leurs épaules se toucher. « Tu as vu le programme ? Je ne sais pas trop ce qu’ils passent ce soir… Je n’ai jamais été très fan des films d’horreur en fait. » Ce qui impliquait sans le développer, qu’il allait probablement se cacher sous sa veste si il était question d’esprits malveillants, ou d’individus possédés. Il préférait nettement les polars ou les machins indépendants sans queue ni tête, sur lesquels il s’arrachait les cheveux durant des heures. Arrivés devant la guérite, il déchiffra le menu d’un air absent – il n’arrivait pas à se concentrer – la situation le rendait fébrile alors qu’ils faisaient la queue. « Je sais pas quoi prendre… Je n’arrive pas à réfléchir. Un truc te tente ? Du popcorn peut être ? » Il y avait à la carte, les bricoles habituelles qu’on trouvait au cinéma, avec quelques denrées inédites pour Halloween. Devant eux, les gens discutaient de la projection à venir, et il tendit l’oreille pour glaner des informations. « Putain, c’est l’exorciste… » Un soupir mécontent fit voler toutes ses boucles blondes. Il l’avait vu plus jeune, à une soirée avec des potes, une expérience qui lui avait valu de faire des cauchemars pendant des mois. Le garçon était un vrai trouillard, même si il avait prétendu le contraire. « Je l’ai déjà vu mais bon... Et toi ? » Lâcha-t-il pour se rattraper dans une vaine tentative de noyer la torpeur à l’aide d’une remarque anodine.

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AJ Haggard

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Message· · Sujet: Re: forget all the shooting stars and all the silver moons Dim 6 Jan - 17:14

Ça ne devait pas être si compliqué, puisque des millions de gens le faisaient. Voilà ce que se disait AJ depuis qu’ils avaient convenu de ce rendez-vous. Pourtant, il avait constamment l’impression que s’il fallait que quelqu’un échoue à ce pas de deux, ce serait bien lui. Qu’est-ce qu’il y connaissait, lui, en relations sereines, en couples merveilleux ? Ce n’étaient pas les modèles qui pullulaient dans le milieu dont il était issu. Après tout, les gens riches préféraient se marier entre eux, histoire que ça rapporte quelque chose aux uns et aux autres. Une sorte de marché qui profitait à chacun. Des mariages d’amour, par contre, c’était plus rare et même s’ils débutaient sous les meilleurs auspices, venait toujours un moment où les liens se desserraient et où l’un ou l’autre – ou les deux – montraient des signes de fatigue. Mais pas devant tout le monde, ça non ! Devant les yeux curieux, il fallait savoir sourire, s’effleurer, offrir un tableau parfait mais AJ voyait les frémissements des lèvres qui trahissaient le dégoût, ou la façon dont madame se détournait stratégiquement pour feindre de ne pas avoir remarqué sur son cher et tendre l’invitait à les rejoindre, lui et l’un de ses associés. Était-ce parce qu’il soupçonnait que ses parents ne se soient jamais aimés qu’AJ semblait si sensible à ces détails ? Ou simplement parce que personne ne s’intéressait à lui et qu’il avait donc tout le loisir d’observer ses semblables dans leur danse endiablée où mensonges et pouvoirs se heurtaient sans merci ? Du côté de se parents, donc, il ne fallait pas chercher une quelconque lumière. Et du côté de son frère, qui avait pourtant été fiancé ? Là non plus, rien de très réjouissant à noter : sa dulcinée s’était fait la malle peu avant de convoler. AJ avait beau chercher parmi toutes ses connaissances, un couple qui fonctionne, qui donne de l’espoir, qui n’ait pas l’air de s’embourber dans une routine accablante, il n’en trouvait aucun. À croire que l’amour était une chimère, une flamme qu’on agitait devant les yeux des gens pour les faire jouer à un jeu auquel ils seraient forcément perdants. Mais tant qu’on assurait la lignée, hein… Pas de chance pour Haggard senior, ce n’était pas auprès de ses fils qu’il semblait en bonne voie de trouver le digne héritier de sa fortune. L’aîné étant retourné à la case célibataire et devant tout recommencer à zéro et l’autre s’adonnant aux plaisirs d’un amour flamboyant qui ne donnerait jamais de fruits vu son partenaire. Mais pour ça aurait-il encore fallu que le Père souhaite qu’AJ ait une descendance et le gamin en apparence écervelé n’était pas assez fou pour croire une telle chose.
- T’es sacrément sexy quand tu portes du cuir, souffla AJ en passant la main sur la manche du blouson avant d’émettre un petit sifflement appréciateur.
Non pas qu’il ait besoin du moindre artifice, faillit bien ajouter le jeune Haggard avant de retenir sa remarque sur le bout de sa langue. Pas sûr, en effet, que le blondinet apprécie les insinuations de ce genre en lieu public. Déjà qu’AJ lui avait fait passer un sale quart d’heure en plein cours, à le tripoter et à se faire remarquer par le vénérable professeur. À ce souvenir, AJ eut un petit sourire amusé. Il n’était peut-être pas fier de sa manœuvre mais, en attendant, c’était ce cheminement qui avait mené à l’éclosion de ce premier rencard, alors pouvait-il s’en plaindre ?
- Merci. Tu as vu, j’ai même pêché une cravate!
AJ porta la main au nœud et fit mine de s’assurer qu’il était bien fait avant de poser les doigts sur ceux de Wes. Le geste lui parut quelque peu incongru, probablement parce qu’il trahissait plus d’intimité que certains gestes plus impudiques mais il aimait la proximité de leurs longues silhouettes, serrées l’une contre l’autre. Il n’avait aucune envie de se détacher du jeune homme originaire de Windmont Bay dont il savourait la chaleur à travers leurs vêtements.
Il accueillit le deuxième baiser avec un sourire et fut tenté de glisser une main sur les fesses de son petit ami mais, à nouveau, s’abstint par mesure de sécurité. Mieux ne valait pas pousser le bouchon trop loin, surtout en sachant que Wes débutait dans l’art des démonstrations affectives en public. Pourtant, à bien y regarder, AJ trouvait qu’il ne s’en sortait pas mal du tout et quand il se mordit la lèvre, le cadet Haggard ne put s’empêcher de glisser la main sur la joue de son amant pour caresser du pouce la lèvre malmenée. Si, pour la troisième fois, il réprima l’envie de dire quelque chose d’inapproprié, AJ fut certain que son sourire en disait assez et il s’écarta d’un pas pour éviter que son corps parte à la dérive. Il devait prouver à Wes qu’il savait se tenir.
- Pas de problèmes, je me charge de ces cochonneries qu’on va s’enfiler! lui assura AJ en lui emboîtant le pas et en sortant son portefeuille pour voir la somme qu’il avait sur lui. Oh, non, je n’ai pas regardé. Pour être honnête, je m’en fiche un peu de ce qu’ils diffusent ce soir, c’est pas vraiment pour l’hémoglobine que je suis venu.
Ils parvinrent à un stand et AJ détailla rapidement les sucreries proposées. Il n’était pas sûr que faire virer son sang en barbe à papa soit la meilleure des idées mais il ne voulait pas passer à côté de cette première expérience de rendez-vous et il haussa les épaules.
- On a qu’à prendre plusieurs trucs, suggéra AJ comme si c’était tout naturel. Et ? Quoi ? Tu as peuuuuur?
AJ glissa une main sous le pull de Wes pour appliquer sa paume froide et le faire sursauter.
- Ne t’inquiètes pas. Je mettrai ma main sur tes yeux quand ça fiche les jetons!
Il gloussait comme un gamin qui est fier de sa farce mais ça ne l’empêcha pas de reprendre son sérieux lorsque ce fut à leur tour et il commanda un grand paquet de pop-corn, un sachet de bonbons colorés et des marshmallows enrobés de chocolat. Il fourra le seau de pop-corn dans les mains de Wes puis l’invita à le suivre d’un coup de menton.
Trouver une place parmi les gens déjà installés ne fut pas simple mais AJ finit par décréter qu’ils pourraient s’asseoir entre les racines d’un grand chêne et il étendit d’une main maladroite la couverture de Wes avant d’y déposer leurs victuailles.
- Si monsieur le trouillard veut bien se donner la peine, le taquina AJ en esquissant une révérence.
Il croisa les chevilles et se laissa glisser au sol, veillant toutefois à ce que la couverture remonte le long du tronc – s’il abîmait le pull de son frère, il allait finir en petits morceaux avant même d’être ramené à leur père – il passa un bras autour des épaules de Wes et se cala confortablement contre lui avant d’émettre un long soupir.
- Tu veux voir comment on va procéder?
Le ton espiègle, il fit glisser sa main vers la joue de Wes puis posa sa paume sur les paupières du jeune homme. Puis il baissa la voix jusqu’à ce qu’elle soit réduite à un simple murmure :
- Comme ça tu n’auras qu’à attendre que je l’enlève pour regarder à nouveau. Tu peux aussi mettre un bras comme ça, si ça te rassure, dit-il en prenant le bras gauche de Wes pour le passer sur son ventre. Ouvre la bouche.
Il piocha dans le sachet de bonbon et en sortit une sorte de fraise dont il caressa la lèvre inférieure de Wes avant de la fourrer dans sa propre bouche et d’embrasser celle de son petit ami. AJ étouffa un petit rire, ravi de sa plaisanterie et il libéra la vue de Wes pour pouvoir plonger son regard malicieux dans le sien.
- En vrai, si jamais tu préfères partir, tu le dis. Je ne suis pas un adepte des films d’horreur au point de râler si on se barre en plein milieu de l’Exorciste.

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Message· · Sujet: Re: forget all the shooting stars and all the silver moons Mar 19 Fév - 20:58

Après tout ce qui s’était passé entre eux, ça lui faisait presque bizarre de connaitre une accalmie relative. Il n’était pas naïf, ni stupide au point de s’imaginer que tout allait bien, néanmoins, c’était un bon début et ils avaient le mérite d’essayer. Au moins, si tout fichait le camp par la suite, il n’aurait pas de regrets. C’était la théorie, celle que tous se refilaient de bouche à oreille histoire de justifier un passage à l’acte, qu’il soit amical, amoureux, ou complètement différent. Parce qu’on avait tenté le coup, forcément, on ne pouvait pas avoir de remords derrière. Seulement voilà, rien n’était jamais aussi simple, surtout quand il était question de sentiments sincères. Il y avait un gouffre immense entre ces conseils passe-partout et la réalité. Pour l’instant cependant, Wes était bien loin de toutes ces considérations qu’il avait réussi à étouffer dans un coin nébuleux de sa tête, préférant se focaliser sur ce qui allait venir dans le prochain quart d’heure. Or il était extrêmement anxieux, et pour cause, c’était son premier rencard officielen compagnie de Felix, son petit ami. Le mot roula sur sa langue avec appréciation, le faisant rougir ostensiblement. S’ils se fréquentaient depuis plusieurs mois désormais et se voyaient assidument, leur relation prenait à ce jour une tournure plus cérémonieuse. Une demande de sa part, probablement idiote mais à laquelle il tenait pour une raison qui lui échappait. Il aimait que les choses soient carrées et transparentes, faciles à mettre dans une case définie. Plus tard, il apprendrait à son insu, que tout ne pouvait pas fonctionner ainsi, et qu’à trop vouloir faire rentrer un triangle dans un rond, il finirait perdant. L’œil alerte repéra la tignasse familière indomptable dans la masse exaltée – nombreux étaient ceux en costumes - par les festivités nocturnes. De son côté, il devait admettre être quelque peu frileux, mais la perspective de retrouver Felix, gommait ses appréhensions. Il le rejoignit rapidement, un air énigmatique perdu sur le bord des lèvres. Le voir si apprêté pour l’occasion lui fit plaisir, et il ne se priva pas d’en faire l’éloge entre plusieurs baisers affamés. « C’est un vieux truc, je trouvais que ça faisait pas mal… » Un piètre mensonge, puisqu’il avait cherché pendant des plombes dans son placard, ce qui pourrait l’affaire ce rendez-vous improvisé. À force de tergiverser, il avait fini par opter pour le plus confortable à défaut de prendre des fringues habillées qui accentueraient sa gêne maladive indécrottable. Il avait d’ailleurs craint que Felix ne soit déçu, ce qui était absolument idiot comme pensée, car ils n’étaient pas de parfaits étrangers qui brisaient enfin la barrière du virtuel : ils étaient habitués à se parler, et se voir beaucoup moins vêtus que ça. Pourtant, la timidité des débuts, persistait à lui broyer l’estomac à chaque opportunité. Il effleura la cravate savamment nouée, et se fendit d’un sourire espiègle, lorsque les doigts se rencontrèrent en une caresse légère, étrangement intime en de pareilles circonstances. Wes l’embrassa dans un soupir ravi, le bassin pressé contre le sien. Au doux contact de son pouce sur ses lèvres – qu’il dû se réfréner de lécher -, il frissonna, non sans jeter un coup d’œil inquiet aux alentours. Mais personne ne les dévisageait, ni paraissait se soucier de leur existence ; il en fut bêtement rassuré. De ce point de vue-là, il avait encore des progrès à faire.    

Ils remontèrent alors vers les stands, afin de prendre des bricoles à grignoter devant leur séance de cinéma en plein air. Les yeux plissés, il tenta de déchiffrer la carte aux lignes minuscules, tout en épiant volontairement la conversation de ceux qui les devançaient. « Mmh oui. » Répondit-il d’un ton monotone, sans vraiment l’écouter. Il était ailleurs, trop occupé à deviner quel serait le film qu’on diffuserait dans une poignée de minutes. En apprenant le titre, il grimaça de désespoir. Non seulement, détestait-il celui-ci, mais en plus de ça, il gardait de terribles souvenirs de son unique visionnage adolescent. Le genre de truc con qui restait gravé dans l’esprit et qui empêchait de dormir un sacré bout de temps, ou peut être que c’était juste lui en définitive. Personne dans la bande, n’avait osé en reparler le lendemain, comme si une quelconque discussion eut été capable de raviver les esprits. Tout perdu qu’il était dans sa réflexion, il lui fallut plusieurs minutes pour capter qu’un truc glacial venait de se faufiler sous sa veste et contre sa peau. Le cœur s’emballa instantanément dans la poitrine et il fit un bond immense sur le côté. « Aaaah !! C’est quoi ça… ???! » Se pouvait-il que… ? Il tapota prestement sur le tissu pour éloigner l’intrus invisible et toisa Felix avec inquiétude. L’allure goguenarde de son compagnon étouffa immédiatement ses angoisses : visiblement ce n’était rien qu’une main baladeuse indiscrète. Renfrogné, il se pinça les lèvres. « Mmh ce n’est pas drôle, et non je n’ai pas peur mfff. » Il ne savait pas qui il voulait convaincre de sa voix fluette, ni pourquoi il désirait à tout prix garder sa fierté, quand c’était évident que la panique l’accaparait tout entier. D’un geste agacé, il récupéra les friandises, et suivit Felix en trainant des pieds, la mine boudeuse. La foule s’était déjà callées dans les meilleurs coins (ils étaient bon derniers niveau timing), mais son acolyte leur trouva finalement un chêne susceptible de les accueillir au milieu de ses racines. Une fois la couverture à terre, on l’invita à s’installer dans une révérence digne de ce nom. « Je ne suis pas un trouillard. » Il secoua la tête dans un marmonnement inaudible et glissa vers le sol, en posant les victuailles de manière à ce qu’elles soient accessibles facilement. Il dû s’y reprendre à plusieurs reprises pour trouver la position adéquate, puis se nicha dans l’étreinte du garçon blotti contre lui. La scène en rappelait une autre, quelques mois auparavant dans des circonstances différentes, qui, les avaient rapprochés d’une façon singulière. Ils n’en avaient jamais reparlé directement, mais souvent, les images revenaient au fil des rêveries. Le souffle tiède dans le creux de son oreille le chatouilla, et il bougea pour voir le profil gracieux de son voisin. Aussitôt fait, on l’aveugla d’une paume délicate, le plongeant dans un entredeux sinon intriguant, ostensiblement excitant. Il le laissa prendre son bras, et savoura la chaleur de son ventre auquel il s’accrocha comme un marin en pleine mer. L’ordre murmuré fut consenti dans la foulée, avant que l’être ne se crispe sous la texture râpeuse contre la chair sensible. Très vite l’inconfort disparut dans un baiser sucré, où il devina le gout d’un bonbon à la fraise. Il eut un sourire envieux, et cligna des paupières en recouvrant la vue. « Je pense que cette technique est excellente, et je n’hésiterais pas à la quémander si j’ai effectivement peur. » Ce qui ne tarderait pas à arriver - si sa mémoire ne lui jouait pas des tours – puisque l’écran s’était allumé tandis que le public réclamait le silence. « De toute façon même si tu râlais, je sais comment te faire taire. » Il poussa son épaule, tout en faisant courir négligemment ses doigts le corps tassé de Felix, des gestes anodins dont il ne se lassait pas. Il se redressa toutefois pour prendre du pop-corn, qu’il lui tendit également. « Je me demande combien de personnes vont crier, je sais que mes potes avaient flippé à l’époque. On passait notre temps libre à louer des machins sans avoir l’âge, histoire de se dire qu’on était enfin adultes. Ils faisaient ça pour épater les filles. » Il revoyait ce mec aux cheveux délavés – le prénom était oublié –, avec qui il faisait du lacrosse, toujours prompt aux plaisanteries graveleuses. Avec le recul, il ne comprenait pas ce qui l’avait poussé à frayer ces personnes, pour lesquelles il n’avait guère eu d’affinité, hormis appartenir au même lycée. « J’ai l’impression que c’était hier… Mmh mais maintenant je suis là, avec toi, c’est nettement mieux. » Il reprit une bouchée de sucreries, et, indifférent à la pellicule qui commençait sous ses yeux, il roula sur le bord pour se mettre au-dessus de son petit ami. La pénombre les protégeait du reste du monde, et il ne pouvait résister aux sentiments que le diablotin lui inspirait. « Si toi tu as peur en revanche, j’aurais qu’à me mettre comme ça. » S’amusa-t-il en référence aux paroles précédentes, alors que ses mains remontaient sur le torse pour grimper dans la masse d’ébène. « Juste comme ça. » Qu’il poursuivit, un peu de rouge aux joues, en venant cueillir sa bouche dans un souffle bienheureux. Leurs langues se taquinèrent pour mieux se complaire, et il le mordilla en s’écartant, malicieux. Wes appuya son front sur le sien. « Avec un peu de chance, je vais finir par aimer l’exorciste. » Il eut un rire franc, puis retourna à sa place, les genoux relevés et piocha dans le sac de gourmandises acidulées. « N’empêche c’est toujours les mêmes codes ce genre de films… Enfin là au moins ce n’est pas le cliché de la blonde qui meurt en premier dans d’atroces circonstances. Vous aviez des soirées comme ça à New York ? » Il supposait que oui, si Windmont en était capable, les grandes villes l’étaient forcément. À chaque fois que Felix mentionnait sa vie là-bas, il essayait de s’y projeter avec envie voire jalousie. Il se retourna, appuyant son menton sur l’épaule, le regard encré au sien. « Je suis content d’être là.. » Qu’il finit par rajouter tout bas comme une confession pudique, avant de reprendre le visionnage, qui ne l’intéressait plus des masses.

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AJ Haggard

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Message· · Sujet: Re: forget all the shooting stars and all the silver moons Dim 10 Mar - 19:53

Il n’avait jamais prêté attention au bonheur que représentait le contact d’un autre corps contre le sien, dans un geste aussi innocent qu’une étreinte, à moins que ça soit parce qu’il n’avait jamais éprouvé cette sérénité. Les fois où il s’était trouvé pressé contre quelqu’un d’autre, c’était quand il était vautré au milieu de corps entremêlés, suite à une soirée endiablée et débridée. Alors les membres étaient enchevêtrés et cela n’avait pas d’importance à qui appartenait ce bras ou cette jambe, ce n’était qu’un contact accidentel, sans valeur, qui s’évanouirait dès qu’ils retrouvaient leurs esprits et retournaient chacun à leur vie bancale. Il n’avait jamais éprouvé cette félicité de tenir quelqu’un contre lui – à part Amélie, mais Amélie, ce n’était pas comme avec Wes. Amélie, c’était la douceur maternelle, la sécurité bienveillante, la confiance totale, l’absence claire et nette de sensualité dans ses gestes. Avec Wes, il se sentait également en confiance et en sécurité, mais il y avait ce petit trouble au creux de son estomac quand il sentait la chaleur émaner de son petit ami pour pénétrer ses vêtements, il y avait cette envie de refermer ses bras autour de lui et de ne plus le laisser s’échapper. Ce désir instinctif de vouloir rester comme ça jusqu’à la fin des temps parce qu’il se sentait pour la première fois bien avec lui-même.
Ce serait éphémère, il le savait. Il y aurait d’autres moments comme celui-ci mais il y aurait également des dérapages incontrôlables, des paroles maladroites, des gestes incompris. Il ne voulait toutefois pas y songer, pas ce soir, pas alors qu’il se vautrait allègrement dans le charme de cette soirée d’automne qui aurait pu être romantique s’il n’y avait pas le thème horrifique de la séance à laquelle ils allaient assister. Il avait trop pris l’habitude de vivre à cent à l’heure, comme  s’il redoutait que le moindre arrêt signerait la fin de sa courte existence – ce qui était parfaitement ridicule, il le savait, puisque c’était précisément son train de vie infernal qui lui faisait brûler la bougie par les deux bouts et qui risquait de rapprocher sa fin de façon affolante. Wes lui apprendrait peut-être à respirer, enfin, car c’était bien l’impression qu’avait AJ : celle d’évoluer en apnée. Mais depuis qu’il était arrivé – par dieu sait quel stratagème du destin – à Windmont Bay,  le gamin Haggard était confronté aux incertitudes de son mode de vie, forcé de constater qu’il courait à perdre haleine sans pour autant aller nulle part. Alors était-ce la raison de ce refuge qu’était l’étreinte d’un garçon aussi différent de lui ? Étaient-ce leurs différences qui faisaient leurs forces ou s’agissait-il d’une chimère ? Wes allait-il finir comme un dommage collatéral d’une lubie d’un fugueur en déroute ? AJ espérait que non mais il savait comment il était, il savait qu’il était ingérable et que ceux qui tenaient à lui étaient les premières victimes, corps mal en point qui jonchaient son sillage. Non pas qu’il y ait eu des masses de martyrs mais cela suffisait amplement au frère d’Hammer.
À ce moment précis, cependant, cette inquiétude fut noyée dans un gloussement ironique alors que Wes persistait à prétendre ne pas avoir peur.
- D’accord, mais ne t’inquiètes pas, je ne me moquerai pas si tu as effectivement peur. Pas trop longtemps, en tout cas.
Mais ça ne lui déplairait pas que son compagnon ait peur, qu’il puisse plaquer sa paume contre ses paupières et l’embrasser d’un air canaille. Le film ne l’intéressait aucunement, seule l’occasion de passer un moment privilégié avec Wes l’intéressait.
- Ah oui ? Comment? le taquina AJ avec un sourire plein de sous-entendu.
Il était sourd au sshhh qui s’élevaient des différents groupes voisins, il n’avait d’yeux que pour son amant et quand celui-ci lui tendit le seau de pop-corn, AJ plongea la main dedans sans cérémonie et porta une poignée entière à ses lèvres. La gourmandise était certes un vilain défaut mais comme il en était plein, un de plus ou un de moins, qu’est-ce que cela faisait ?
- Et toi, tu faisais ça pour épater qui? lui demanda AJ en glissant les doigts – ceux qui n’étaient pas pleins de miettes de pop-corn – dans les boucles douces de Wes.
Il avait bien noté le « ils » qui le dissociait du reste de ses amis, comme pour souligner que les filles ne l’intéressaient aucunement. Se doutait-il que son petit ami n’était pas aussi sélectif ? AJ ne s’était jamais défini en fonction de sa sexualité. On pouvait appeler cela comme on voulait – bisexualité, pansexualité ou que savait-il encore – lui n’avait jamais pris la peine de chercher une étiquette. Il courait vers le plaisir, il ne se posait pas davantage de questions et s’il s’avérait qu’il s’était entiché d’un garçon, cela ne changeait rien au passé. À ce stade, il ne savait pas s’il était amoureux de Wes, mais il lui plaisait et il était follement attiré par lui et sa moue renfrognée. Il n’avait été vraiment amoureux qu’une fois avant et il n’était pas pressé de tomber dans cet état de dépendance totale qui l’avait laissé sur les rotules, même s’il avait parfaitement conscience que Wes n’était pas l’autre – il n’arrivait même plus à prononcer son prénom – et que leur histoire n’avait rien en commun avec celle qui l’avait longtemps hanté.
- Oh la la, quelle pression, j’ai intérêt à être à la hauteur!
L’écran géant disparut derrière Wes qui s’était redressé pour le surplomber, prétextant que s’il avait peur à son tour, ce serait le moyen du jeune Byrnes pour le rassurer. Sauf que tout ce que ça inspirait à AJ, c’était une pulsation plus rapide du sang dans ses veines qui se traduisait de bien des façons. Comme une lueur fébrile dans ses yeux clairs, une envie soudaine d’arrimer ses mains aux hanches du trouble-fête ou un inconfort dans son pantalon trop serré.
- Tu ferais mieux de descendre de là, inconscient, ou je vais devenir indécent…, dit-il avec un ronronnement qui trahissait son trouble.
Il accepta cependant le baiser sans se faire prier et émit un soupir étouffé contre sa bouche. La plaisanterie de Wes le fit rire à moitié et quand ce dernier retourna à sa place, AJ expira lentement, les yeux clos, pour calmer son corps affolé. Il écouta à peine les bavardages de son voisin, se demandant plutôt comment il pouvait retourner à une conversation si triviale après avoir allumé son petit ami.
- J’imagine qu’il y en avait, mais ce n’était pas vraiment le genre de soirée auxquelles j’allais, répondit-il en rabattant un coin de la couverture sur son ventre et ses cuisses.
Avec qui serait-il allé ? Il ne côtoyait que des gens comme lui, qui se défonçaient à longueur de journée et qui ne cherchaient aucunement à créer de liens profonds. Ce genre d’événements, c’était bon pour les gens attachés à des traditions.
- Mais c’est cool, ça fait du bien de découvrir d’autres choses, ajouta-t-il, ayant plus ou moins compris que Wes ressentait parfois un complexe d’infériorité vis-à-vis de sa ville qui n’était en rien comparable à l’effervescence de New York.
Mais en même temps, existait-il seulement une ville qui puisse rivaliser ?
AJ tâcha de se concentrer sur l’écran mais c’était comme s’il voyait flou, les silhouettes bougeaient sans qu’il parvienne à s’intéresser à ce qu’elles faisaient.
- Dis, souffla-t-il sur un ton conspirateur. Tu trouves ça tordu si je te dis que j’ai envie de te toucher ?
Il déglutit, quelque peu gêné à l’idée que Wes le prenne pour un pervers.
- C’est pas l’idée de voir une nana se faire exorciser, je te rassure. Mais en me grimpant dessus, tu as enclenché un truc irréversible.
Heureusement qu’Hammer ne l’entendait pas et, presque aussitôt, il eut une moue dégoûtée : pourquoi songeait-il à son frère dans un instant pareil ?
- Tu l’as déjà fait dans un lieu public ? La cabane de la plage, ça ne compte pas, il n’y avait personne.
AJ adressa un sourire reptilien à son petit ami.
- Tu n’as qu’un mot à dire et on oublie l’Exorciste, ronronna-t-il en saisissant le poignet de Wes pour approcher sa main de son corps en ébullition, à l’abri des regards sous la couverture, tandis que du bout des dents et de la langue, il venait taquiner le lobe de l’oreille de son amant.

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