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 Ride with the moon in the dead of night

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a man on fire × a violent desire

Beckett Schaeffer

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Message· · Sujet: Ride with the moon in the dead of night Ride with the moon in the dead of night EmptyDim 4 Nov - 23:07

@Marley Denbrough

Say it once, say it twice, take a chance and roll the dice, ride with the moon in the dead of night...

Son costume était entreposé dans l’armoire de sa chambre depuis plusieurs semaines, il l’avait fait main, n’ayant pas les fonds nécessaires pour acheter les répliques exactes des vêtements du film, mais il l’avait testé et était assez fier du résultat. Les lunettes trouvées pour Harry, surtout, était la cerise sur le gâteau, elles étaient parfaites et lui conféraient un air aussi intelligent que Carlos, l’enfant original du film The Hangover. Il avait enfilé le t-shirt imprimé, le pantalon blanc et était en train d’enfiler une perruque brune légèrement ondulée lorsqu’il entendit Charlotte appeler à l’aide. Une dizaine de minutes plus tard, il était dans le salon, à maintenir le nourrisson fiévreux contre lui, une tache de vomi verdâtre sur la cuisse gauche. « Je t’interdis de prononcer un mot de plus, Cha. Tu as un rencard, moi pas, donc tu vas à cette soirée pendant que Harry et moi resterons ici à nous gaver de sucreries devant des films d’horreur hyper gores, ok ? » Le regard désapprobateur de sa meilleure amie le fit hausser les épaules, elle concéda toutefois sa défaite – sous forme de victoire – et termina de préparer son enveloppe charnelle de Bonnie Parker. Il la conduisit jusqu’à la porte, en petite tenue car son pantalon avait aussitôt été lancé dans le bac à linge sale, et la rassura une énième fois sur le devenir de leur enfant. « Tout ira bien. Sa fièvre était déjà presque tombée quand je l’ai mis au lit. Amuse-toi bien, je t'aime. » Il lui envoya un baiser de loin et s’assura qu’elle prenait la route sans encombre ; il était toujours inquiet quand leurs chemins se séparaient, d’autant plus depuis les récents événements et le cambriolage dont ils avaient été victimes. Il espérait juste que cette ville de fous leur accorderait à tous un répit en cette soirée spéciale, de célébrations et d’amusements. Seul dans la maison, il fit contre mauvaise fortune bon cœur et décida de ressortir un vieux masque, toujours d’actualité, qu’il coupla avec un bleu de travail qu’il avait autrefois utilisé pour effectuer des travaux divers et variés dans les maisons du coin. Le jeune papa était peut-être privé de festivité, il ne serait pas pour autant dispenser de prendre du bon temps.

Armé d’un couteau de cuisine menaçant, la haute silhouette de Michael Myers répondait à chaque coup frappé contre la porte de la maison. Il avait barré le bouton de la sonnette avec un petit mot gentil, pour éviter de réveiller Harry qui, jusqu’à présent, profitait d’un bon sommeil réparateur. De nombreux cris étaient récoltés par son costume d’Halloween – littéralement, de la fête et du film du même nom – et le regard vide que lançait son masque aux pauvres petites âmes déguisées qui osaient toquer chez les Lancaster-Schaeffer. Il n’avait pas besoin de parler, dans un premier temps, l’obscurité et le blanc du déguisement faisaient tout le travail, mais il n’hésitait pas à faire tomber le masque pour rassurer les esprits les plus échaudés ; l’idée de se retrouver emmené au poste pour motif de « costume d’Halloween trop efficace » ne l’alléchait guère. Son stock de bonbons diminua au cours de la soirée, jusqu’à ce que vingt-deux heure sonne, et que les demandeurs se fassent de moins en moins nombreux. Logique, les enfants devaient être sur le chemin de leurs lits et les adolescents sur celui de leurs soirées pas très légales dans lesquelles de l’alcool serait entrée en douce. Il était passé par là, il savait. Le couteau posée sur sa cuisse, la main plongée dans un paquet de bonbons posé juste à côté du visage dégoulinant du tueur en série, il était plongé dans un vieux film d’horreur en noir et blanc pris en cours de route mais qui avait fini par le passionner. Ce fut donc avec un râle de mécontentement qu’il se remit debout en entendant quatre nouveaux coups contre la porte. « Il n’y a plus rien, j’ai tout mangé, » maugréa-t-il en enfilant le masque pour la énième fois de la soirée. Il éteignit les lumières dans l’entrée et se dirigea lentement, sans bruit, devant la lourde porte d’entrée qu’il ouvrit, avec la même lenteur qui permit de laisser entendre le craquement du bois fatigué. Le couteau de cuisine levé devant lui, il inspira et expira plus fort, pour que le bruit de son souffle contre le masque effraie les intrus. Qui n’étaient qu’un seul intrus, en réalité. Oubliant les artifices qu’il portait sur le visage et dans la main, il tendit les bras vers le nouveau venu dans l’objectif de le saluer d’une étreinte chaleureuse. Il accompagna sa tentative de bienvenue par un appel de son prénom qui ressortit plutôt comme un « Mrrghey » guttural, monstrueux et inaudible, à cause du barrage de latex devant ses lèvres. Il était absolument ravi de voir le doux, bien que grimé et dépressif, visage de Marley, sauf que la tête qu’il lui offrait était fermée et dénuée de toute forme d’expression.

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Marley Denbrough

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Message· · Sujet: Re: Ride with the moon in the dead of night Ride with the moon in the dead of night EmptyMar 6 Nov - 18:12

Son choix de costume n’était, cette année, pas anodin. Derrière l’idée de revêtir les traits et habits d’un Victor Frankenstein imaginé par ses soins se dissimulait une réflexion hautement réfléchie. Dans un premier temps, il avait longuement hésité à adopter un déguisement plus ressemblant et incontestablement plus en adéquation avec la personne qu’il était au fond de lui ; le monstre de Frankenstein. Cette décision aurait sans nul doute été appréciée et acclamée par sa sœur jumelle, Marnie, mais pris d’un subit moment de lucidité, il s’était finalement rétracté et avait opté pour ce brillant scientifique aux méthodes radicales, probablement pour rester un minimum dans le thème. Qui mieux que lui, après tout, pour interpréter un tel rôle ? Il ne s’agissait pas d’un rôle de composition pour lui, bien au contraire, il était personnellement dessiné pour incarner ce personnage qui ressemblait, dès lors, en tout point à son interprète. Mais bien incapable de parvenir à une telle prouesse artistique, il s’était résigné à arborer un visage plus humain, non sans l’aide d’une amie et collègue qui avait pris le temps de le maquiller de manière plutôt convaincante. Son corps était suffisamment recouvert de cicatrices, vestiges d’une vie passée mais révélatrices de son identité, pour envisager de s’infliger de nouvelles plaies béantes qui, bien que factices, avaient toutefois le pouvoir de le faire sombrer davantage en ces temps de dépression pour le jeune infirmier. Halloween appelait à la fête et une ambiance macabre, pourtant il espérait retrouver un semblant de lumière en cette journée si spéciale. Ce soleil métaphorique était vraisemblablement personnifié sous les doux traits de Beckett Schaeffer, cette somptueuse planète blonde autour de laquelle il n’avait qu’une hâte, graviter. Bee possédait ce côté envoûtant, captivant, ensorcelant, particulièrement prononcé chez lui. Il partageait incontestablement des points communs avec ce personnage de fiction que l’on retrouvait dans le dessin animé le livre de la jungle de Walt Disney, Kaa. Tout comme pour ce python, l’hypnose n’avait aucun secret pour lui. Il l’avait, à l’époque, attiré à lui dans l’unique but d’en faire sa proie mais pour une raison qui lui échappait encore il s’était rapidement lassé de lui et ce avant même de pouvoir en faire son casse-croûte, le laissant là, abandonné à son triste sort, sans même avoir pu récupérer cette liberté qui lui revenait pourtant. Depuis, Marley se sentait comme pris au piège, bloqué et retenu par des chaînes invisibles qui lui entravaient les membres supérieurs et inférieurs. Son jeune bourreau avait beau prétendre le contraire, il était depuis de nombreuses semaines prisonnier de l’affection qu’il lui portait. Désormais la situation semblait s’améliorer, du moins elle donnait l’impression d’être sur la bonne voie, ce qui était un fardeau hier ne l’était plus aujourd’hui.

Malgré l’annulation – à la dernière minute – de Beckett, il souhaita faire un minimum honneur au travail de sa collègue effectué sur lui et prit le chemin de la fête organisée tout près du moulin. Cependant le comportement étrange de certaines personnes le dissuada grandement de rester plus de quelques minutes sur place. Des gens se tenaient courbés, d’autres gémissaient de douleur tandis que certains se plaignaient de nausées et maux d’estomac. Ce n’était définitivement pas l’ambiance qu’il avait imaginé retrouver en se rendant à cette soirée d’Halloween. La proposition du grand blondinet lui revint alors en mémoire et il lui sembla bien plus attrayant et judicieux d’aller de ce pas grignoter chez lui les bonbons qu’il avait spécialement achetés pour l’occasion plutôt que rester ici et risquer de tomber malade à son tour. Pour un individu qui côtoyait la maladie au quotidien, la perspective de devenir lui aussi un patient n’était guère alléchante. Ravi et enchanté à l’idée de pouvoir passer quelques heures en compagnie de celui qu’il pouvait désormais se targuer d’appeler son – fraîchement – petit ami, Marley se rendit joyeusement au domicile des Lancaster-Schaeffer, le volume de la radio levé, un sourire idiot étirant ses lèvres charnues, désireux, en somme, de le retrouver, à l’image d’un enfant attendant impatiemment l’ouverture des cadeaux le matin de Noël. Ne s’étant pas concerté au préalable avec le jeune papa concernant le costume qu’il porterait pour l’occasion, si costume il devait y avoir, ce fut tout naturellement qu’il toqua à la porte, plusieurs coups légers et mesurés car il se doutait que Harry devait dormir à cette heure-ci. La surprise, non plutôt l’effroi dont il fut victime lorsque le propriétaire des lieux se manifesta le cloua littéralement sur place. L’air grave et la mine déconfite, il crut d’abord s’être trompé de numéro, les sons que lâchait l’inconnu le confortèrent dans son erreur. Il n’était pas à la bonne adresse. Par réflexe, il leva son bras dans un geste rapide et asséna un coup vif à sa main avec le côté de son poignet pour le faire lâcher l’arme qu’il tenait et avec laquelle il le menaçait ouvertement. « Non mais ça ne va pas bien ?! C’est quoi votre problème au juste ? Vous accueillez les enfants du quartier de cette manière aussi ? » meugla-t-il d’une voix ferme bien que l’homme le dépassait de plusieurs centimètres. Il réalisa néanmoins sa méprise quand Beckett révéla sa véritable identité, ce qui lui valut d’exprimer un profond soupir de soulagement. « Tu es un grand malade, tu le sais ça ? » pouffa-t-il en esquissant un large sourire qui découvrait ses dents inégales. « Ne me fais plus jamais ça… Je ne suis pas cardiaque mais après ce soir, je pense le devenir. » Il tendit sa main droite et effleura le bleu de travail qu’il portait et tira légèrement dessus pour l’attirer de son côté de la porte. « Tu m’as promis des bonbons… »

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Message· · Sujet: Re: Ride with the moon in the dead of night Ride with the moon in the dead of night EmptyMar 1 Jan - 19:08

S’il était jeune et dynamique, avec un quotidien bien rempli – voire un peu trop, depuis quelques semaines – et un carnet d’adresses long comme le bras, Beckett n’en restait pas moins un récent papa, avec toutes les problématiques de sommeil que cela engendrait. Depuis qu’il avait perdu son job dans une petite boutique du centre-ville, à cause d’un employeur trop susceptible qui n’avait pas réalisé l’importance d’aider son prochain même en plein milieu de sa journée de travail, il avait mis les bouchées doubles dans ses fonctions d’escort pour palier à la perte de son salaire « officiel », mais cela lui laissait par la même occasion plus de temps pour s’occuper du petit durant la semaine. Même s’il se serrait la ceinture, ces économies de baby-sitting, ajoutées aux quelques dollars qu’il se faisait mensuellement sur la sous-location de son appartement, les aidaient à maintenir la tête hors de l’eau. En outre, cela lui permettait de s’améliorer et de s’épanouir chaque jour un peu plus dans son rôle de père de famille, même si cette tâche n’était pas toujours facile. Parfois, il se mettait à rêvasser sur son existence telle qu’elle était avant la naissance de Harry ; mais il était en général bien vite rappelé à l’ordre par le rire cristallin du nourrisson et de ses gazouillis d’enfant. Il avait honte de se perdre dans de tels fantasmes, surtout que le pauvre gosse n’y était pour rien dans tous les chamboulements qu’il avait créés dans la vie de ses parents. La frustration de ce soir d’Halloween, par exemple, avait été emportée par l’air angélique de son fils tandis qu’il s’était endormi dans son berceau près du canapé. Rien, en théorie, n’aurait pu améliorer cette nuit particulière, sauf que c’était sans compter sur l’arrivée, pas si surprenante que cela, de celui qui avait, pour l’instant officieusement, chamboulé son quotidien. Déstabilisé par la réaction virulente du trentenaire, Beckett recula d’un pas lorsque son couteau tomba au sol dans un bruit métallique, et il s’arracha quelques cheveux quand il se débarrassa de son masque pour rassurer son beau. « Désolé, » souffla-t-il en retenant un rire moqueur. « Loin de moi l’idée de vouloir attenter à tes jours... »

Il avança d’un pas sous l’appel de Marley et engloba aussitôt son cou d’une main. Il se passa la langue sur les lèvres sans détourner son regard de celui hypnotisant de son interlocuteur. « C’est vrai, et comme promis, je t’ai gardé le paquet qui n’est pas fait pour les enfants, » murmura-t-il à son oreille avant de se pencher pour l’embrasser sur la joue, non sans jeter un regard aux alentours. La honte n’était pas un sentiment familier pour le grand blond, et ce ne serait jamais une émotion qui pourrait qualifier sa relation avec le jeune Denbrough, toutefois il connaissait la vitesse à laquelle galopaient les ragots dans cette ville, et c’était la dernière chose qu’il souhaitait pour eux. Ils avaient déjà surmonté bien des difficultés avant de trouver ce semblant d’équilibre qui leur permettait de se fréquenter sans trop se prendre le bec. Il y avait encore du travail au niveau du travail de Beckett qui ne satisfaisait pas le moins du monde l’infirmier, mais chaque chose en son temps. « Je sais que ce n’est pas le but du costume, mais laisse-moi te dire que tu es incroyablement sexy habillé comme un savant fou dépressif de l’époque... victorienne ? » C’était beaucoup d’informations mais les détails étaient bien présents et visibles, malgré l’obscurité. Il glissa ses doigts autour de sa taille et recula pour l’entraîner avec lui à l’intérieur. Sitôt la porte refermée derrière eux, il prit son visage à pleines mains pour l’embrasser avec toute l’ardeur qui allait avec le manque et l’envie. Il avait mangé beaucoup de bonbons devant son film, son taux de sucre dans le sang était plus haut que d’habitude, et cela ressortait d’autant plus depuis ces dernières minutes. « Je parlais évidemment de mes testicules quand je parlais de bonbons, mais il m’en reste des vrais, si ça te dit... » Il se sépara des lèvres charnues de son compagnon et le prit par la main pour l’entraîner dans la pièce à vivre. Il récupéra un petit paquet de friandises et lui lança avant de se laisser tomber dans le canapé, dont les coussins avaient encore la forme de ses fesses imprimée à cause des heures passées sur eux. Il tapota la place libre à ses côtés pour inviter Marley, même si ce dernier n'avait guère besoin de cela pour se sentir chez lui ici.

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Marley Denbrough

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Message· · Sujet: Re: Ride with the moon in the dead of night Ride with the moon in the dead of night EmptyVen 15 Fév - 11:08

Passer cette soirée en compagnie de Beckett Schaeffer lui réchauffait le cœur plus qu’il ne l’avait imaginé en quittant son domicile un peu plus tôt. Cette période de l’année était généralement synonyme de bonne humeur et d’amusement mais comme bien souvent, Marley rendait ces festivités déprimantes et sinistre, à l’image de sa personnalité tourmentée. Cependant, et malgré la complexité de sa situation, il essayait tant bien que mal de fournir des efforts, d’aller de l’avant, non pas pour lui mais pour son compagnon dont le regard bleuté s’avérait plus éloquent que tous les longs discours. « Oh, j’ai mon propre paquet ? » souffla-t-il d’une voix faussement étonnée. Du haut de son petit mètre soixante-dix, si toutefois il l’atteignait, il était contraint de lever légèrement la tête pour pouvoir contempler la magnifique œuvre d’art que représentait le visage du grand blond, une valeur sûre qui méritait amplement de se tordre le cou pour l’admirer. La béatitude qu’il affichait continuellement lorsqu’il se perdait dans la contemplation de ses traits devait probablement lui donnait un air idiot – assumé – mélangé à un masque d’extase qu’il était bien incapable de dissimuler. « Sexy ? » reprit-il en grimaçant, forcé de sortir de cet état végétatif et contemplatif. Il n’y avait rien d’attirant ou séduisant dans le costume qu’il portait mais il comprenait la démarche du jeune papa, toujours enclin à complimenter son entourage dans un unique but bienveillant. Il ne pouvait lui ôter cette douce qualité qu’il possédait, capacité qui lui était totalement étrangère. Son long passage à vide des dernières semaines se lisait dans son regard fatigué et se traduisait par une impressionnante perte de poids, il ne se sentait pas beau, c’était tout le contraire, aujourd’hui comme hier, depuis toujours. Malgré cette vérité avérée, Beckett persistait à vouloir le faire changer d’avis en essayant de lui transmettre, vainement, la vision qui s’offrait à lui, d’inverser les rôles pour qu’il puisse voir à travers des yeux qui n’étaient pas les siens. Autant dire que le chemin à parcourir était encore long, il ne suffirait probablement pas d’une seule vie pour faire admettre à Marley qu’il était, en effet, charmant. Son corps frêle attestait de son manque flagrant d’appétit et pourtant, la manière dont il dévorait du regard son hôte prouvait qu’une lueur d’espoir demeurait présente, là, quelque part, la faim était toujours au rendez-vous, une gourmandise certes non alimentaire. Le maître des lieux les conduisit tous deux à l’intérieur où une tranquillité, bienvenue, les accueillit. S’ensuivit un échange salivaire passionné qui prit fin un peu trop rapidement à son goût, raison pour laquelle sa main droite resta fermement accrochée à sa taille. « Merci pour cette petite précision, » pouffa-t-il en esquissant un large sourire. Seules les âneries de Beckett le faisaient autant rire, il ignorait d’ailleurs encore à ce jour comment il parvenait à le détendre aussi facilement. L’innocence de son expression suffisait à lui passer toutes ses bêtises qui, de toute manière, étaient commises avec un naturel attachant. « Il t’en reste des vrais ? » demanda-t-il en écarquillant les yeux. « Des testicules ? » ajouta-t-il avec amusement comme s’il ne comprenait pas ses propos. « Je pensais que… » commença-t-il avant de se mordre la joue. « Je pensais qu’il ne t’en restait plus qu’une, » reprit-il dans un murmure après avoir regardé autour de lui, comme si Harry pouvait l’entendre. « Mes souvenirs sont tellement mauvais… Ça mérite vérification. » Il entremêla ses doigts au sien durant le court trajet qui les conduisit jusqu’au salon et récupéra le sachet de bonbons de sa main libre. « Tout à l’heure donc, » conclut-il en référence à ses dernières paroles, avant de prendre place à ses côtés. Il ramena sa jambe pliée sur le canapé, ouvrit le petit paquet de friandises puis il posa son coude contre le haut du dossier derrière la tête de Beckett afin de pouvoir accéder à sa chevelure blonde avec laquelle il joua dans de longues caresses. Le haut de son corps était tourné vers son compagnon et, bien qu’il faisait semblant de s’intéresser au programme à la télévision, son attention la plus totale était dirigée sur le visage du jeune homme qu’il contemplait et analysait dans les moindres détails. Son cœur s’affolait toujours un peu plus quand il était dans les parages, pour des motifs positifs comme négatifs, un affrontement intérieur permanent se réalisait chaque jour en lui. Son attachement pour cet homme était réel et sincère, c’était sans doute pour cela que les choses lui tenaient autant à cœur. Il avait beau mettre de côté ses problèmes, leurs problèmes, son esprit vif ne cessait de cogiter et ne pouvait s’empêcher de repenser à sa profession, aux corps qu’il était amené à explorer, notamment cette clientèle féminine. Schaeffer était sa perte comme il était son salut. Marley avait toujours activement milité auprès de la communauté LGBT et pourtant, leur relation le contraignait à agir d’une manière tout sauf honorable, qui ne lui ressemblait pourtant pas. Il n’éprouvait aucune haine pour les hommes aimant les femmes, et il avait pleinement conscience de l’hypocrisie d’une telle réflexion mais lorsqu’il était question de sa propre vie privée, les choses prenaient une proportion différente, une autre dimension, une profondeur poussée à son paroxysme quand Bee entrait dans l’équation. Il ignorait d’où pouvait bien provenir cette forme inacceptable d’intolérance, seulement sa rigidité prenait parfois le dessus au point de le faire réagir avec agressivité, le jeune escort – qui était aussi son unique et principale proie – pouvait en témoigner. « Tu me prêteras des vêtements pour la nuit ? » s’enquit-il après de longues minutes de silence afin de rompre ce tourment intérieur inutile. Question tout aussi inutile s’il ne comptait pas l’inviter à passer la nuit ici.

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Message· · Sujet: Re: Ride with the moon in the dead of night Ride with the moon in the dead of night EmptyMar 19 Mar - 9:54

Halloween était une célébration intéressante pour quiconque n’était pas un rabat-joie fini. Il n’avait pas cru, au départ, que Marley jouerait le jeu, surtout après s’être vu poser un lapin à la dernière minute, mais il était ravi de constater qu’il s’était trompé sur son compte. Certes, l’habit était teinté d’une aura dépressive comme le jeune Denbrough savait si bien le faire, mais l’effort était là, et il était très apprécié par le blondinet, qui n’avait cependant qu’une hâte : lui faire enlever ses nombreuses couches de vêtements pour profiter totalement d’une soirée libre de la maîtresse de maison. « Touché, » éclata-t-il de rire quand il l’attaqua sur sa virilité, qu’il ne connaissait pourtant que trop bien, et il balança son masque sur la petite commode installée dans l’entrée. Il n’en aurait plus besoin pour le restant de la soirée/nuit. Il vérifia rapidement que Harry était confortablement endormi, puis prit place dans le canapé. Un bras protecteur passa autour des épaules de Marley, à qui il adressait des sourires amusés à chaque fois qu’il sentait son regard perçant sur lui, et il tâcha de se focaliser sur la fin du film, duquel il avait perdu un peu le fil mais qui ne demandait, fort heureusement, pas une concentration trop intense. Il aurait, de toute manière, été incapable d’offrir sa pleine attention à l’écran du téléviseur, car l’individu installé contre lui en captait une trop grande partie. « Non, » répondit-il dans un murmure. Il laissa passer quelques secondes de silence, pour embêter et faire cogiter le trentenaire, puis il tourna un visage moqueur dans sa direction. « Tu n’auras pas besoin de vêtements, je te tiendrai chaud, » promit-il d’une voix doucereuse tandis qu’il fit ses adieux au programme télévisé pour se perdre dans le cou et la gorge de Marley, qu’il tapissa de baisers. C’était la première fois qu’il invitait Marley chez Charlotte, même si l’infirmier connaissait déjà les lieux, et il y avait un certain tabou excitant juxtaposé à cette situation particulière. Bee était comme un adolescent qui faisait rentrer en douce son béguin du moment pendant que ses parents étaient partis en week-end. Il y avait dans la discrétion requise par l’instant, un interdit qu’il comptait bien dépassé ce soir. « Est-ce que ça te dit de monter voir ma chambre ? » Sa proposition était faite à demi-mot, non sans humour, et déjà il se remettait debout pour tendre la main au Docteur Frankenstein.

Le jeune papa s’occupa d’abord d’installer son fils dans la chambre de Charlotte, il le couvrit de sa couverture et de baisers barbus, alluma le baby-phone pour installer l’autre moitié de l’appareil sur sa table de chevet. Il s’arrêta un instant, pour peser le côté étrange de la situation, mais balaya ses doutes d’un revers de la main. Ce n’était pas parce qu’il était père de famille qu’il devait mettre de côté sa libido. Charlotte n’avait pas ce genre de problème, pour raisons personnelles, cependant lui avait le droit de profiter de son petit ami même s’il était en charge du nourrisson. Il était doté de deux oreilles, l’une serait pour Harry, l’autre pour Marley. Même si, au final, ce n’était guère de cet organe qu’il aurait besoin pour s’occuper de ce dernier. Michael Meyers improvisa un striptease devant le scientifique fou, se débarrassant de la manière la plus sensuelle possible – qui n’était pas très efficace, au demeurant – de sa combinaison, et les deux apprentis psychopathes partagèrent un moment privilégié tandis que la chasse aux bonbons battait toujours son plein dans les rues animées de Windmont Bay. « Je suis content que tu sois venu, ce soir, » murmura-t-il à l’oreille de l’infirmier, ses doigts parcourant la peau douce de son épaule, tandis que ses petits yeux endormis scrutaient son visage dans la pénombre. Lorsque la température de Harry avait grimpé, en début d’après-midi, il n’aurait jamais cru passer une soirée d’Halloween aussi intéressante, et il était ravi de savoir que, parfois, le destin lui réservait des jolis tours. « Tu peux rester tant que tu voudras, ma chambre ferme à clé. » Il ne voulait pas que Marley se sente dissimulé. Beckett n’avait encore annoncé à personne qu’il fréquentait Denbrough. Ses proches avaient quasiment tous des antécédents avec ce dernier et, pour de multiples raisons, Schaeffer ne se sentait pas complètement à l’aise à l’idée d’avoir à justifier son coup de cœur. Il ne remettait pas en cause ses sentiments, il était maladroit dans sa manière de l’exprimer et de le partager au reste du monde. Dans sa tête, et peut-être à tort, leur relation n’appartenait qu’à eux. Il se tira hors des draps le temps de se rafraîchir et de s’assurer que Harry dormait toujours à poings fermés, puis retourna auprès de son joli scientifique au maquillage balayé par la sueur. « Bonne nuit, Docteur. »

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