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 I moved up to take a place near you | Neal

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Message(#) Sujet: I moved up to take a place near you | Neal Sam 31 Oct 2009 - 22:58

    Il existe toujours deux versions d'une même histoire, une que l'on tient pour vraie et une que l'on se refuse à croire. Et pourtant, sous les différents attraits que chacune comporte, comment déceler le vrai du faux? Comment être sûr que l'on fait le bon choix?
    C'est simple. On ne peux pas.


    Le mois de décembre entamé, l'hiver commençait à s'installer sur Ocean Grove, rendant le quartier plus vivable à mes yeux. Je n'aimais pas le soleil, les étés caniculaires et les gens qui se pressent le long des rues en petite tenue pour se rendre à la plage. Ce n'était pas déplaisant, loin de là, mais pas mon truc. Je préférais largement une bonne averse, surtout si elle pouvait surprendre les vacanciers et leur causer quelques secondes de panique, le temps qu'ils réalisent que ce n'est jamais que de l'eau et que ça n'a jamais fait fondre qui que ce soit. A croire que le soleil ramollissait les cerveaux... Mais désormais ça ne serait plus un problème. Et puis cette année il n'y aurait pas celui de savoir où écrire durant les froides journées d'hiver. L'an dernier je devais squatter le Starbucks, la bibliothèque et les différents bars et cafés de la ville, à la recherche d'un coin chaud et confortable. Il y avait bien la possibilité de rester à la maison, mais la tentation de passer mes journées enroulé dans les couvertures, ne me levant que pour le strict minimum l'aurait emporté. Si je ne m'imposais pas un minimum de principes je m'éparpillais très vite, commençant une chose avant de finir la précédente, allant au cours de mes envies, sans aller voir plus loin que l'instant présent. C'était une des rares choses que j'avais eu envie de changer en moi quand on me l'avait fait remarquer. Non pas pour les autres, mais pour moi parce que c'était d'une logique désarmante. C'était probablement la seule remarque pas entièrement égoïste que Linwood m'avait faite, et c'était la seule habitude que j'avais conservée de lui. La seule chose même en y réfléchissant, puisque tout avait disparu, perdu entre les affres de la mémoires, la volonté de tirer un trait là dessus et les cartons de déménagement. On passe du temps avec des gens, on leur consacre beaucoup, plus que ce l'on devrait parfois, et tout se termine sans laisser la moindre trace. On déteste réaliser que l'on a eu tord, alors l'avouer plus ouvertement... Tout n'est au final qu'un total d'heures et de sentiments, et ça ne pèse pas bien lourd dans la balance. Il n'y a qu'à voir avec quelle facilité on s'en débarrasse pour le savoir. Combien de fois recommençons nous tout à zéro? Ou plutôt combien de fois nous faisons nous la promesse de le faire? C'est bien la preuve que ça ne compte finalement pas tant que ça. Et l'on perd les bonnes habitudes que l'on avait prises, que l'on avait trouvées si géniales quand on nous les avait présentées, mais que l'on abandonne sans aucun remord quand les liens se défont. Tout est si fragile, si éphémère...
    Quoi qu'il en soit, avec ma décision de reprendre les cours je n'aurai pas à me creuser la tête chaque jour à me demander dans quel endroit je serai le mieux, et ce sans trop attirer l'attention des responsables. Je m'étais accordé une année sabbatique et elle était passée bien plus vite que ce que j'aurai pu imaginer. Je m'étais imaginé que ça serait bien assez pour avancer mes écrits et peut être même achever mon roman, mais en le présentant à ma première lectrice, mon ancien professeur Lucie Random, j'en réalisais tous les défauts. Ce n'était pas de la fausse modestie, mais chaque remarque qu'elle me faisait me laissait entrapercevoir toutes ces zones d'ombre que j'avais plus ou moins volontairement refusé de voir. Elle m'avait complimenté sur l'ensemble malgré tout, mais mon orgueil en avait été blessé. Ça faisait mal de se rendre compte que l'on ne dispose pas de tout le talent que l'on aimerait avoir. Alors j'avais revu ma copie, tentant d'améliorer tout ce qui pouvait l'être sans rien dénaturer à l'ensemble. C'était la phase de travail la plus chiante, celle que j'avais espéré de pas avoir à faire, et elle m'avait travaillée pendant des mois. Et je mentirai en disant que je n'avais pas eu envie de laisser tomber pour commencer autre chose. Mes personnages commençaient à me sortir des yeux, et la moindre de mes phrases me paraissait insipide. Allez savoir si tout n'aurait pas brûlé en même temps que les mauvaises herbes si Lucie ne m'avais pas convaincu que ce n'était pas la bonne méthode et que ça n'aurait été que du pur gâchis. Et là encore, elle avait raison. Bilan écriture, proche de zéro.
    Et puis il y avait une seconde raison à cette pause. Je voulais mettre au clair certains détails de mon histoire familiale puisque j'étais précisément venu m'installer à Ocean Grove pour trouver mon père, et si possible renouer avec lui quelles qu'en soient les conséquence; mais durant les premiers mois rien ne s'était passé comme je l'avait espéré. Pas une trace d'Adrian Rowlands, comme s'il avait disparu de la face du monde. Il continuait bien évidement ses interventions télévisuelles ou dans la presse, mais ne mettait pas les pieds à Miami. J'aurai pu me rendre au siège social de la société pour être sûr de le croiser, et même prendre rendez-vous avec lui sous un faux prétexte pour mieux tout lui révéler. Ça aurait sûrement été très touchant. "Adrian, je suis ton fils." "Alors laisse moi te serrer dans mes bras et rattrapons le temps passé. Tu aimes le homard et le golf?". Mais non, je ne m'étais jamais décidé à le faire, persuadé que ça serait plus une erreur qu'autre chose. La seule trace de son existence dont je disposais précisait bien qu'il n'avait pas l'intention de me connaitre, alors pour quelle raison irais-je contre sa volonté pour tout bouleverser dans sa vie. Parce que j'étais le fruit de ses entrailles? La belle affaire... Alors oui, à ce point de l'histoire vous avez le droit de vous demander qu'est-ce que je raconte. Si je quitte mon Angleterre natale pour partir à la recherche de mon père, mais que je me refuse à aller frapper à sa porte, quel intérêt à faire tout ce chemin, à abandonner ma vie pour "ça"? Mais si c'est ce que vous pensez, vous avez loupé un détail. Pas grand chose, et pourtant. Car ce que je me refuse à faire, c'est me révéler à l'Adrian de la communication de la société Rowlands. Vous saisissez la nuance? Je ne dis pas que ça sera plus facile de le faire ici, à Ocean Grove, mais je me dis qu'au moins ici cela se fera à une échelle plus humaine, pas avec des vigiles à chacun de ses cotés, prêts à me sauter à la gorge si je tente la moindre effusion de sentiments, surveillé par le planète entière sous l'œil attentif des caméras de surveillance ou, bien pire, des journalistes. Ça me ferait un beau coup de pub, mais je ne fais pas ça dans ce sens alors tant qu'à faire je préfère éviter les curieux. Et je n'ose pas imaginer la tête de ma mère, découvrant ça tout en préparant son repas, laissant tomber le couteau sur le sol, faisant de malheureuses orphelines de ses carottes oubliées dans la précipitation sur le plan de travail. Alors j'attendais le bon moment, celui où il serait là et où tout deviendrait clair dans mon esprit au moment où je m'approcherai de lui. Chaque jour qui passait était un jour de plus quant à ma préparation. Et puis je me sentais bien ici, je n'avais pas besoin de tout régler au plus vite. J'avais passé deux années sans réelle avancée, et d'une certaine façon elle m'avaient été plus agréables que celles que j'avais abandonnées. Non pas que j'étais malheureux et que mon départ ait une quelconque délivrance, mais ça m'avait permis de mettre fin à certaines situations qui n'auraient pas pu l'être d'une autre manière. Ainsi, si je devais rester ici encore quelque temps avant de parvenir à mes fins ça serait avec tout l'enthousiasme dont je disposais. D'ailleurs, je venais d'ajouter un joker à mon jeu. Neal Rowlands. Comme un ange tombé du ciel il était venu s'assoir à la même table que moi au Starbucks. Et s'il ne s'était pas montré disposé à m'introduire dans le cercle familial, je savais que j'avais maintenant une petite chance supplémentaire de parvenir à mon but. Et aussi mince que soit cette avancée, elle m'avait comblée plus que tout ce que j'avais pu découvrir auparavant.

    Vous l'aurez bien compris, je n'avais pas perdu mon temps. Ce n'était déjà pas mon genre de rester inactif, mais cette fois les événements s'étaient si bien agencés que tout était allé très vite. Et avec la rentrée, tout s'était accéléré encore un peu plus. Il fallait assister aux cours, les travailler une fois mis au propre et surtout lire l'écœurante pile que l'on nous donnait en début de semestre, avec le sourire Colgate des profs et la petite phrase qui faisait plaisir: "vous n'avez rien d'autre à faire de toute façon, alors ça ne devrait pas trop vous poser de problèmes..." Visiblement ils se persuadaient à croire que nous voyions ça comme un bien, et que nous leur en étions reconnaissants. Et pour quelqu'un comme moi qui n'avait plus lu dans la perspective d'un travail depuis un moment, ça s'approchait à de la torture, ni plus ni moins. Je détestais rester assis, parcourant les lignes en réfléchissant sur ce qu'elle cachaient, avec sous-jacente l'idée que tout auteur sème volontaire tout un attirail stylistique à étudier. Parfois j'avais du mal à ne pas aller leur expliquer moi même qu'aucun écrivain ne fonctionne comme ça, que c'était ridicule de tant disséquer un texte, mais c'était un combat que je savais perdu d'avance, et comme je n'aimais pas perdre mon temps je m'y pliais malgré moi, attendant le moment où l'on me remettrait mon diplôme, ultime récompense des efforts que j'aurai fournis. Mais aujourd'hui, j'avais besoin de repos. En me levant j'avais senti que si je ne lisais ne serait-ce qu'une ligne de mon cours de littérature ça allait très mal se passer, alors sans plus attendre j'avais enfilé ce qui me passait sous la main, attrapé ma sacoche et quitté la maison.
    J'inspirai à pleins poumons. C'était le premier jour de réel congé que je m'accordais en presque deux mois et pourtant j'avais l'impression que ça remontait à une éternité, comme un prisonnier qui sort enfin de prison après des décennies d'enfermement. J'avançais le long des rues, donnant des coups de pieds dans les tas de feuilles roussies qui encadraient le bord du trottoir, prenant conscience de tous les détails que je ne voyais habituellement pas lors de mon passage quotidien. J'étais toujours à la bourre, et donc trop pressé pour pouvoir apprécier la valeur de ce que l'on ignore trop souvent. Mes pas me guidaient d'eux même. Je n'avais pas d'idée spéciale quant à ma destination, juste du temps à y consacrer et l'envie de me changer les idées. Combien de personnes pouvaient s'en vanter? Début de semaine, les gens étaient donc soit au travail soit à l'école, il n'y avait quasiment que moi pour déambuler aussi innocemment, et j'aimais ce sentiment. C'était comme posséder tout ce qui se trouvait autour de moi, comme si tout n'était là que dans le seul but d'accompagner mon passage, de rendre mon quotidien plus vrai. Il n'en était rien bien entendu, mais c'était très agréable à imaginer. Et sans avoir le temps de me pencher plus sérieusement sur le paysage qui défilait au fil de mes pas, j'étais arrivé à l'extérieur de la ville et à l'entrée d'un des multiples sentiers menant aux marécages. Les lieux étaient réputés dangereux à cause des alligators et des risque de s'y perdre, mais j'avais toujours eu envie de m'y aventurer un jour. Je n'avais pas spécialement de goût pour tout ce qui était dangereux, mais enfant j'étais fasciné par ce genre de lieux et depuis j'avais toujours conservé le désir d'en voir "pour de vrai" un jour. Je ne savais d'ailleurs pas pourquoi je n'y étais jamais venu avant. Le manque de temps sûrement. Et puis à chaque fois que me venait l'idée de m'y rendre j'étais chez moi, ou occupé à autre chose, alors je ne faisais que remettre à plus tard. Et après plus de 2ans j'y étais enfin.
    Je pris le premier chemin que je vis, m'engageant après avoir vérifié que mes baskets étaient aptes à une marche dans des conditions qui pourraient s'avérer mauvaises. Chaussures: OK. Et la ballade commença. Et là je dois avouer que je fus un peu déçu. Dans mon imaginaire, ou plutôt dans celui de tout petit européen, les marécages devaient être un lieu humide, avec des roseaux qui poussaient de partout, et des tas d'insectes grouillant dans une sorte de boue grisâtre et terne. Et qu'est-ce que je trouvais? De la verdure de toutes part, des fougères ou du moins quelque chose s'y assimilant, de grands arbres aux racines noueuses, et une eau à moitié souillée par le nombre d'algues et mousses. C'était beau, très beau, mais pas ce que je voulais voir. Tous les rêves sont un jours confrontés à la réalité de l'existence, et voilà que l'un des miens tombait en lambeaux. Et soudain je compris pourquoi tout le monde parlait du danger que représentait les alligators, facilement dissimulé dans cette explosion de vert. Heureusement que je n'avais pas l'intention de faire un petit plongeon, je n'était pas insouciant à ce point, et puis je tenais à la vie. Alors la ballade se prolongea mais avec un enthousiasme moindre, alors que je prenais garde à ne pas trop m'approcher de l'eau ce qui n'était vraiment pas compliqué. Ceux qui s'occupaient des lieux semblaient prendre leur ouvrage très à cœur et les petits chemins qu'ils entretenaient pour les promeneurs étaient proches de la perfection. Ils étaient même allés jusqu'à installer un banc en face de ce qui était considéré comme "le plus beau point de vue des marécages" comme l'annonçait l'écriteau. Personnellement je ne voyais pas la différence avec ce que j'avais vu 200m auparavant, mais j'étais tout disposé à les croire. Ils devaient bien avoir une raison pour dire un truc pareil, un arbre particulier, une montagne que l'on aperçevait au loin... Bon à y regarder plus attentivement il semblait que non, mais la contemplation de la nature avec ferveur n'était pas spécialement mon fort non plus, peut être que d'autres y voyaient des choses qui m'échappaient. Assis sur ce petit banc j'arrivais à garder mon attention concentrée sur le paysage quelques minutes, et puis je craquai. Qu'est ce que trois feuilles agitées par le souffle du vent pouvaient être chiantes! J'étais le premier à trouver ça joli, mais en passant, juste comme ça, je ne m'y attardais jamais. Et pourtant je restais à regarder, tentant de me convaincre que ça ne pouvait pas me faire de mal de ne rien faire, guettant la moindre agitation devant mon regard, sans ressentir pour une fois l'envie d'écrire. Et de toute façon je n'aurai pas pu l'incarner puisqu'en partant j'avais laissé mon carnet à la maison. Je savais que cette journée n'allait pas se passer comme elle aurait du.


Dernière édition par Basil Lane le Ven 18 Déc 2009 - 21:39, édité 1 fois
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Message(#) Sujet: Re: I moved up to take a place near you | Neal Dim 6 Déc 2009 - 14:43

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      (c)marilyne(lj)


    Neal avait eu une soirée d’halloween prometteuse. Cependant pour une raison quelconque, il s’était enfuie de la chambre du manoir des Townsend où Victoria s’était réfugiée avec lui. Tous les deux avaient une nouvelle fois craqués, ils s’étaient avidement jeté l’un sur l’autre même si chacun d’eux avaient essayés de résister à l’appel de l’autre. Rien n’avait réussi à faire. Mais on ne sait par quel miracle, Neal préféra arrêter le délice. Il avait réussi à s’éloigner d’elle. Il avait donc finis sa soirée dans un bar, sans trouver d’autres alternatives. Il avait une nouvelle fois tout foiré. Et pourtant, il ne voulait plus y penser, Neal voulait se changer les idées. Aujourd’hui, nous étions début novembre, et Neal restait calfeutré dans sa maison, avec pour seule visite celle de sa cousine, Tabitha. Malgré qu’il soit proche d’elle, il ne lui parlait pas de ce qu’il ressentait. Elle n’avait pas été au courant d’ailleurs de cette histoire à Halloween et ne le sera probablement jamais. C’était la raison pour laquelle, il avait quitté sa maison, alors qu’il n’y était pas sorti depuis plusieurs jours maintenant. Il ne mangeait pas plus non plus - bien qu’il s’était nourri de fruits avant de sortir de chez lui, histoire de ne pas tombé écroulé dès qu’il allait faire son sport quotidien. Il avait beau être déçu en amour, il n’était pas malade au point de faire du sport avec le ventre vide. Ce fût pourquoi, il avait mit autant de temps à manger, il n’avait pas faim voila tout. Et puis il était remonté dans sa chambre pour ranger le rare bordel posé sur son bureau. Pour être honnête, cela faisait depuis plus de trois jours qu’il était entièrement sur sa chambre, à la ranger entièrement, il avait même refais totalement la déco - laissant ce côté sombre qui le rendait probablement mal ses derniers temps. Neal devenait inquiétait, mais qu’importe, personne ne le voyait. Pas encore du moins. Mais le fait de vouloir être seul, de ne pas accepter la présence des autres, lui permettait d’avoir du temps pour lui. Pour réfléchir un peu à tout et à rien. Comme notamment certaines rencontres, plus précisément celle de Basil Lane. Cet homme l’avait laissé sur sa réserve, Neal ne savait pas sur quel pied dansait avec lui. Tant il lui avait posé des questions bien trop indiscrète pour n’être qu’une personne parmi tant d’autre. Autant, Basil n’avait rien voulu savoir et l’avait mené sur des pistes qu’il ne le mènerait à rien. Neal n’aime pas qu’on lui parle de sa famille, qu’on cherche plus sur sa vie. On a tous des secrets à cacher de toute manière, alors pourquoi vouloir découvrir ceux d’un vague inconnu ? Surtout quand on est une tête nouvelle dans le coin ? C’est la raison pour laquelle, le jeune homme s’était empressé de penser que Basil était un concurrent de la société de son père, ou encore ses dignes avocats voulant mettre la main sur la fortune Rowlands. Mais Basil semblait bien trop jeune pour tenir ce rôle, bien qu’il faut toujours se méfier des apparences… Enfin, Neal avait reposé son attention sur la question : qui est réellement ce Lane ? Il n’avait vraisemblablement aucune piste sérieuse. Et avait quitté le jeune homme sur un coup de tête, lors de leur première tête à tête. Peut-être n’était-il finalement qu’un des supposés fils de la vraie mère de Neal ? Il s’apprêtait à devoir leurs faire face depuis un certain temps déjà, si nous supposons qu‘ils existent. Mais physiquement, il n’avait rien à voir. Et même si Basil n’a jamais rien voulu lui dire de concret, Neal savait qu’un secret à Ocean Grove n’en restait jamais un très longtemps… C’était pourquoi il ne paniquait pas et attendait le faux pas du jeune garçon pour n’en tirer que les conclusions. Arrivant sur le lieu, il se gara non loin de la. Il comptait dès à présent faire son footing et rien de mieux que d’être dans un lieu désert pour ça. Surtout dans l’état actuel qu’il était. Il avait légèrement perdu de sa masse corporel, il n’était plus le garçon souriant et qui voyait la vie positivement. Et pourtant, à peine sorti de sa voiture, il s’était mis à courir. Avec lassitude et néanmoins fatigué, il continuait un temps soit peu son sport quotidien : disons juste la course à pied - parce que c’était un sport individuel. Qui plus est, le choix de l’endroit était due pour le coin désert. Au bout d’une vingtaine de minute et sans réellement regarder autour de lui - il connaissait de toute manière cet endroit mieux que personne- une personne s’interposa sur son chemin. ‘‘ Espèce de voyou ! Je t‘ai reconnu… ’’ Brandit l’homme devant lui, en levant un morceau de bois en sa direction. Ce qui arrêta net le jeune Rowlands. Encore un de ses habitants le pourchassant par erreur. Mais Neal reconnut bien vite qui était l’homme. Ce dernier courut en sa direction, en boitant que très légèrement. Reculant d’un pas puis d’un autre, il se voyait mal faire face à l’homme. Surtout étant venu pour être seul. Enfin, il prit la décision de fuir. Courant alors en sens opposé, il aperçu un chemin derrière les touffes de fougère. Il s’y précipita donc, perdant un peu plus de vu, l’homme le suivant, pour finalement mettre sa capuche sur sa tête et filait droit vers le chemin. Y montant, il aperçu le fameux banc où il lui arrivait si souvent de s’asseoir. Sautant au dessus de ce dernier, il se retrouva les fesses assis. Confortablement adossé contre le dossier du banc, il n‘avait pas encore jeté de regard vers Basil mais comme il sentait son regard, il avoua sans même prendre la peine de connaître l‘identité de son interlocuteur.

      « Fais comme si je n’étais pas la… Alors que les cris incessant de l’homme se rapprochaient. »

    Certainement qu’il ne le reconnaîtrait pas. Et puis de toute façon, il s’en fichait bien. Probablement que Basil a entendu les paroles de l’homme, bougonnant - et remarquait également la présence de Neal. Peut-être même, l’avait-il reconnu alors que ce dernier ne lui prêtait aucune attention. Enfin, jusqu’à ce qu’il soit interloqué par la façon étrange qu’il sentait qu’on le fixer. Ce fût pourquoi, il détourna lentement son regard, haussant les sourcils en reconnaissant cet être étrange et pris au dépourvue. A cet instant même, il se souvenait de lui, se souvenait de leurs conversations qui finalement ne lui avais rien apprit de plus. Si ce n’est au contraire, l’ai plus marqué par la façon que Basil avait de ne pas répondre à ses interrogations. Ils restèrent un long moment à se fixer. Aucun d’eux ne parlaient, ce fût pourquoi Neal détourna enfin son visage vers l’étendue d’eau polluée qui se présentait devant ses yeux, en gagnant toute indifférence envers le second garçon présent. Pourquoi semblait-il toujours attiré par l’endroit où était Basil ? C’était à chaque fois la même histoire et même dans un grand bar, où des centaines de chaises étaient présente, il avait du nécessairement aller s’asseoir à sa table.
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Message(#) Sujet: Re: I moved up to take a place near you | Neal Mar 22 Déc 2009 - 23:30

    L'inconnu nous attire, c'est plus fort que nous. Nous aimons découvrir de nouvelles choses, aussi dangereuses soient elles, et quel que soit le prix à payer pour les atteindre. Combien de fois appuyons nous sur l'accélérateur sur une route déserte, se disant tout au fond de nous que ça ne serait vraiment pas de chance si quelqu'un venait en face? Et au bord du falaise, pourquoi se pencher autant pour voir les vagues s'écraser alors que la hauteur nous fait perdre toute notion de distance? Il n'y a rien qui ne soit capable de nous raisonner dans ces moments où l'adrénaline envahit notre corps. On se sent alors vivre, vivant pour de bon, contrairement à tous ces autres jours et l'on poursuit sur cette voie que l'on s'est choisi, inconscients, dévastés, prêt à tout pour une seule bouffée d'air frais. Et plus rien ne compte quand l'extase nous gagne: tout ne se joue qu'entre nous et l'univers.

    Assis, les yeux fixés sur un roseau quasi immobile, je découvrais à quel point je détestais rester sans rien faire. Je ne m'ennuyais pas, mais l'envie de faire quelque chose était plus forte à chaque minute qui passait. Regarder les bulles d'air remonter à la surface de l'eau c'était intriguant une fois, peut être deux, mais guère plus. J'étais capable de rester immobile des heures durant, le regard fixé droit devant moi mais à condition qu'il y ait du mouvement. Je n'aimais pas vraiment la compagnie des foules autour de moi, mais elles me fascinaient presque autant qu'elles me repoussaient. Regarder les gens déambuler, avancer l'esprit occupé par autre chose que ce que le chemin leur montre, trahis par le peu d'expressions encore visibles sur leurs visages. L'Angleterre et les États-Unis se rejoignaient sur ce point: où que l'on se trouve, les amas humains sont toujours les mêmes. Plus ou moins bruyants, plus ou moins compacts et agaçants, mais toujours similaires. Mais là, il n'y avait rien de tout ça. Rien pour me m'occuper non plus. On dit que l'on se distrait pour ne pas avoir à penser à notre sort et à la fatalité qui pèse sur notre existence, et je ne pouvais qu'acquiescer. Ça n'allait pas de soi comme constatation mais il fallait se rendre à l'évidence, je n'étais que plus productif quand j'agissais en pure fuite du monde et de mes problèmes. Je me refusais à en parler à qui que ce soit et même d'y penser alors il fallait m'occuper. Et c'est ainsi que j'étais monté pour la première fois sur un ring de boxe, poussé par ma mère à me trouver une activité susceptible de me canaliser un peu. J'avais 16ans, je perdais pieds et j'avais enjambé les cordes sans trop réfléchir à autre chose que cette envie de cogner qui m'avait progressivement gagné en entrant dans la salle. J'y aurai passé la nuit si l'entraineur de m'avais pas arrêté. Les coups s'étaient enchainés jusqu'à ce que je ne sente plus mes mains à travers les gants, et j'avais continué encore et encore, m'épuisant sur un punching-ball, saignant à chaque coup un peu plus mes jointures qui perdaient toute sensibilité. Je ne faisais pas attention à la douleur ni aux gens autour de moi qui me lançaient des regards inquiets. Ils savaient ce que c'était, ils étaient passé par là eux aussi, et ils savaient qu'il n'y avait pas de meilleure solution que de me laisser m'épuiser par moi même, même s'ils ne pouvaient s'empêcher de trouver ça un peu dut. Est-ce que j'aurais pu devenir le meilleur de ma catégorie si je n'avais pas eu cette volonté de tout oublier au profit d'une seule et même chose, cette envie de cogner? Non... J'étais intransigeant envers moi même et ne laissais pas plus de chance à mes adversaires. J'étais là avec un but et je voulais aller jusqu'au bout. Il parait que j'avais impressionné un recruteur lors d'un tournoi, mais mon entraineur avait refusé pour moi. "Trop impulsif. Il vous filera entre les doigts sans que vous ne vous en rendiez compte. Ce gamin se fout d'être votre champion, il fait ça que pour lui." Je n'avais même pas pu lui en vouloir en l'apprenant. Il avait entièrement raison. Je ne cherchais ni la gloire ni la reconnaissance d'inconnus dans une arène, juste à faire ce que je voulais. J'étais passé par des championnat uniquement parce que c'était la voie la plus courte pour qu'on me laisse m'entrainer sans m'interrompre tout le temps. Un simple refus m'aurait valu des heures d'explications et de justifications alors qu'accepter revenait à ne recevoir que de simples encouragement au vol. On ne parle pas avec un champion, ça le déconcentre. Béni soit le fanatisme que l'on voue aux sportifs. Eux seuls ont droit à un peu de tranquillité alors que l'on harcèle sans cesse les artistes. Pour avoir été dans les deux situations, je ne pouvais que le déplorer. Est-ce que l'on vient discuter avec quelqu'un en train de faire son jogging? Non. Et qu'est-ce que l'on fait avec quelqu'un en train d'écrire? On vient lui demander ce qu'il fait. Pareil avec un peintre. Pareil avec un sculpteur. Pareil avec un musicien. Tout acte de création attise la curiosité, et si elle tue le chat elle ne coupe malheureusement pas la langue.
    Mais mes pensées s'arrêtèrent là, coupées par un cri soudain. "Attends que je t'attrape! Tu vas voir!" Je me retournais en direction de cette voix sans que je ne distingue qui que ce soit. Je n'allais pas me mettre à avoir des hallucinations en pleine journée? J'étais fatigué, je manquais de sommeil, mais quand même... Je devais me reprendre, ne pas me laisser gagner par un délire qui me détruisait. Chaque soir il revenait, chaque soir il augmentait son emprise sur moi. Je connaissais la solution pour m'en débarrasser, mais j'en étais incapable. Les meilleures choses que l'on puisse faire nous paraissent parfois hors de notre portée, et c'était le cas de celle-ci. Jamais je n'aurai été capable de me rendre jusque chez Parfaite, jamais je n'aurai été capable d'aller lui demander des explications, quel que soit le prix que cela me coutait alors. De deux maux, le moindre et le plus grand. Soit j'attendais que les choses se tassent -ou qu'elles atteignent un niveau critique-, soit je me prenais les pieds dans le tapis et l'entrainait dans ma chute en même temps. De deux maux le moindre et le plus grand, c'était bien ça.
    Mais j'avais négligé une variable, celle qui faisait que je ne délirais pas. J'étais en train de me demander si arrêter mes rendez-vous avec Lyann avait vraiment été une bonne idée vu mon état actuel quand quelqu'un s'assit à côté de moi. Je tournais la tête, étonné qu'un lieu aussi calme abrite finalement tant de monde, ne découvrant qu'un jeune homme à moitié camouflé sous sa capuche. Fais comme si je n’étais pas la… Je haussais les épaules. S'il avait des problèmes ça ne me regardait pas, il n'avait pas à s'en faire, je ne risquais pas de m'en mêler. Mais à peine allais-je retourner à ma scrutation vaine et ennuyeuse de ce marécage que je réalisai que je connaissais cette personne. Oui, je l'avais suffisamment observée durant le peu de temps que nous avions passé ensemble pour en être certain. Neal Rowlands.
    L'expression de Neal au moment où il me reconnut et qu'il garda par la suite était amusante. J'aurai volontiers éclaté de rire si je ne m'étais pas douté qu'il le prendrait mal et me planterait là, préférant encore reprendre sa course poursuite que de rester là à me voir rigoler. On aurait dit qu'il ne comprenait pas ce que je pouvais bien faire assis ici, comme si ma seule présence tenait d'une quelconque raison surnaturelle. Et oui, moi aussi je m'aventure au delà du Starbucks des fois, impressionnant n'est-ce pas? J'essayais de calmer cette envie de sourire, me doutant que ce n'était probablement pas le genre de réaction qu'il apprécierait non plus, quand un type assez âgé passa devant nous sans même nous regarder, balançant à bout de bras un morceau de bois qu'il aurait mieux fait d'utiliser comme canne vu son boitement. Tiens donc. Ainsi mon frère en était réduit à se faire poursuivre par de petits vieux... pas très glorieux comme comportement! Et j'espérais que le jeu en valait vraiment le coup pour qu'il se soit abaissé à ça. Le vieux marcha encore quelques mètres et tourna brusquement vers la gauche toujours sans prêter attention à nous, rejoignant un des nombreux sentiers en grommelant, et puis une portière de voiture claqua avant un bruit de moteur. Victoire pour Neal donc? Et quelle victoire! Je me retournai vers lui, lui qui n'avait visiblement pas bougé d'un millimètre depuis la dernière fois où je l'avais regardé. Et moi qui me trouvais une certaine fixité, j'avais visiblement sous les yeux un maître en la matière... à moins que ça ne soit de famille.

      Je vous impressionne à ce point? C'est flatteur...

    Je levai légèrement les yeux en l'air pour lui montrer que je ne disais pas ça sérieusement. Je ne savais pas à quoi m'attendre avec lui alors il valait mieux prendre des précautions, mêmes inutiles. J'avais ruiné ma première chance, je ne voulais pas laisser passer celle-là.
    J'avais paniqué, pris de court par quelque chose que je préparais pourtant depuis des mois, me laissant gagné par l'euphorie du moment. Et puis je m'étais attendu à rencontrer directement Adrian, mon père, plutôt qu'un membre de sa famille, de ma famille. Honnêtement, j'avais préféré me dire que cette partie de la révélation serait effectuée par mon géniteur. Toutes les fois où j'avais essayé de m'imaginer comme je pourrais me présenter à eux je m'étais senti particulièrement bête, comme si tous ce que je pouvais trouver à dire devenait ridicule du fait même que c'était moi qui les prononçais. Et puis ça aurait probablement marqué assez mal si je m'étais mis à bégayer, et je sentais que j'en aurai été capable. Mais c'était Neal que j'avais rencontré en premier, ou plutôt sur lui que j'avais mis le grappin en premier. J'avais entendu le nom de "Rowlands" alors qu'un serveur prenait sa commande et sans même réfléchir à ce que je faisais je m'étais jeté sur lui. En y repensant, je comprenais tout à fait qu'il se soit méfié. On m'aurait fait un truc pareil que serait parti bien avant lui. Je n'aimais pas être dérangé, surtout pour que l'on me pose des questions aussi indiscrètes que les miennes. J'aurai peut être fait un effort suivant la personne, on trouve tous une certaine patience quand notre interlocuteur se révèle particulièrement plaisant, mais sur le principe j'aurais probablement opté pour la version courte. Comme quoi, j'avais un peu de chance en ne me retrouvant pas face à moi même.
    Et sans lui laisser le temps de me répondre, si c'était pour m'entendre dire que je ne l'impressionnais pas je m'y attendais, je continuai.

      Bien. Si vous le permettez, j'aimerai finir notre petite discussion de l'autre jour puisqu'elle s'est interrompue un peu... brusquement on va dire.

    Deux possibilités. Soit il comprenait que je ne m'amusais pas à la harceler pour un quelconque intérêt condamnable vis à vis de lui ou de sa société et j'avais gagné quelques minutes supplémentaires, soit il me prenait pour un illuminé, un concurrent, un amoureux transi ou je ne sais quoi d'autre et j'étais cuit. Et j'avais beau être un peu à cheval dans les deux catégories, j'osais espérer qu'il prendrait en compte la première et la choisirait. Tout mais pas la fuite. Tout mais pas avoir à recommencer pour la énième fois des recherches pour atteindre ce but qui prenait plaisir à s'éloigner quand je pensais l'atteindre. Même si au bout de la quête ne m'attendait qu'une cruelle déception. Qu'importe, au fond de l'inconnu pour trouver du nouveau.
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Message(#) Sujet: Re: I moved up to take a place near you | Neal Sam 26 Déc 2009 - 10:36

    Neal avait beau fixer Basil d’un regard mauvais et à la fois imperturbable, il n’en restait pas moins méfiant envers son interlocuteur. Pour tout avouer, il ne lui prêtait aucune attention particulière. Il gardait des yeux ronds comme si il venait de voir un fantôme ou tout autres créatures. En faites, il ne voyait aucun reproche à ce que Basil soit présent au même endroit qu’il était lui-même, et tant qu’il resterait silencieux, Neal ne s’en plaindrait pas. Toutefois, il avait l’impression d’être poussé, comme si il était destiné à le connaître. Une chose absurde que le jeune homme avait mainte fois tenter d’effacer de son esprit. En vain ! Il ne cherchait pas à en savoir plus sur lui, même si une part de lui aimerait probablement découvrir ce que pourrait cacher un homme de son genre. D’un point de vu extérieur, Basil semblait tout à fait banale. Peut-être solitaire et généreux sous apparence. Il ne semblait pas avoir une grande confiance en lui-même, ni même de connaître son passé. Et ça Neal pouvait le déduire à sa façon de se tenir. Rien qu’en voyant la main de Basil tremblait légèrement sous la pression du stylo. Et puis peu à peu, son regard était entre deux ondes : fuir mais fixer sa proie. Il semblait embarrassé et torturé. On pourrait tout à fait croire que Basil est un homme droit et protecteur. Peut-être même une bonne personne comme on les appelle. Et pourtant, il semblait être attiré autant que Neal par découvrir ce qui se cache sous une apparence tranquille. Curieux, il semble avoir la prétention d’arriver à percer le mystère, seulement avec ses grands airs et son assurance mal disproportionné. Inévitablement, il manque d’assurance, qu’il cache pour ne pas paraître faible aux yeux des inconnus. Neal se fie souvent à son instinct, malgré qu’il ne lui donne pas toujours raison. Ceci étant, il est un homme d’une grande observation, toujours à l’affût d’un mouvement ou d’une parole. Il analyse et en déduit le comportement de son interlocuteur afin d’en savoir toujours plus. ‘‘ Je vous impressionne à ce point ? C'est flatteur... ’’ Neal fixait toujours devant lui, l’horizon. Il n’avait certainement pas tourné son regard vers celui de Basil qui semblait vouloir faire de l’humeur. Chose qui ne fit ni sourire, et encore moins rire le jeune homme à la statut droite. Il connaissait parfaitement ce genre d‘ironie pour en être, un habitué. Cependant il n’était pas bon aujourd’hui, à ses yeux d’en faire. Pas avec Basil du moins. Il restait comme de marbre, aussi silencieux qu’une tombe. Cette façon d’agir avait tendance à faire fuir les gens, un peu comme si on ne voulait pas en savoir plus sur lui, tans sa froideur avait une place trop importante à ses côtés. Pourtant, les rares personnes qui ont tentés d’en savoir plus, de percer sa carapace n’ont jamais été - ou presque - déçu par ce bout de bonhomme. Et tout le monde pourrait comprendre ce caractère dédaigneux voir hautain quand on fait parti d’une famille aussi importante et riche que la sienne. Où règne bien souvent la vengeance et le dérisoire. Neal a toujours grandit dans la peur des autres, dans une jalousie quasi malsaine où il ne fallait prêter aucune attention aux autres. Une enfance où on ne pouvait avoir confiance qu’en dieu et toutes ses imbécillités à ses yeux. Il a toujours eu une énorme méfiance envers ses rapaces d’argent. Heureusement d’ailleurs que son père ne se laissait pas autant berner que sa belle mère par les catholiques, ils auraient étés à coup sur dépouillés, aucun doute la dessus ! Et sans même laisser à Neal, un moment pour répondre, Basil rétorqua aussitôt. ‘‘ Bien. Si vous le permettez, j'aimerai finir notre petite discussion de l'autre jour puisqu'elle s'est interrompue un peu... brusquement on va dire. ’’ Neal détourna son regard vers Basil, d’un air lassé, à la limite du blasé. Que voulait-il savoir à la fin ? Comptait-il avoir des réponses sans même que Neal n’ai les siennes ? Était-il assez bête pour croire à ça un instant, quand on sait comment il a été élevé ? Le jeune homme ne put pourtant s’empêcher de se crisper légèrement sur le banc, ne voulant absolument pas en dire davantage sur sa famille. Il ne voulait plus rentrer en contact avec eux, hors Basil semblait y tenir. Il lui devait donc une explication, parce qu’il était évident que Neal ne témoignerait pas sans preuve. Sans savoir !

      « Admettons, que je sois d‘humeur à répondre à vos éventuelles questions… Dit-il d‘un air absent, le serez-vous à votre tour, face aux miennes ? »

    Le vouvoiement lui permettait de prendre ses distances. De montrer à Basil qu’ils n’étaient ni amis, ni proches. Neal n’a jamais été mal à l’aise avec cette forme de dialogue - ayant été un habitué durant de longues années. Sa belle mère était vraiment bizarre concernant ses manies et différentes attitudes. D’une certaine façon, elle l’avait préparé à vivre ce genre de chose. Qui plus est, ce dernier l’avait également vouvoyer, c’était donc pour la forme et un certain respect. Neal venait de reposer son regard sur Basil, à la fin de sa phrase. C’était une évidence qu’il se posait des questions. Tout d’abord parce qu’il ne connaissait pas Basil et que d’une certaine manière, il se demandait jusqu’où irait cet homme pour connaître certaines réponses. Lors de la dernière entrevue, ça s’était on peut le dire, assez mal passé. Basil avait cru être tombé sur une personne compréhensible, qui répondrait apparemment à ses attentes sans devoir fournir le moindre effort. C’était mal connaître Neal. Ce fût pourquoi, devant le silence de Basil; le jeune homme s’était levé et était parti. Il n’avait pas de temps à perdre à vouloir mettre des bâtons dans les roues de la société de son père. Bien que cette idée lui soit déjà venu en tête plusieurs fois. Il espérait mieux, il espérait être une autre personne. Et cet acte lui était impensable, tant surtout parce qu’il ne connaissait pas suffisamment Basil. Éventuellement, Neal pourrait vouloir faire un effort. Simplement pour ne pas devoir le regretter par la suite et qui sait, peut-être que Basil avait des choses à lui apprendre. D’une nature curieuse et aussi pour pouvoir s’en servir au gré de son nouveau collègue - si un jour, il aurait l’occasion - Neal voulait en savoir plus. Il était avide de comprendre et de pouvoir aider l’autre si jamais il avait la possibilité d’en apprendre toujours plus. Oublions son côté ‘bisexuel’ ou de concurrent, et tentons de percer le mystère au mieux… C’était du moins dans cet esprit que son regard était captivé par celui de Basil. Telle une lueur dans les yeux, même si la méfiance était de mise…

      « Je vous le répète, qui êtes-vous à part Basil Lane ? Borné, il reposait à nouveau sa question. »

    La dernière fois qu’il lui avait posé la question, Basil avait prétexté que la réponse n’avait aucune valeur, puisque Neal ne le croirait pas. Le jeune homme n’avait pas chercher à se défendre ou à envenimer la chose. Il partait simplement dans le principe même qu’il ne le reverrait plus, alors pourquoi vouloir lui faire sortir les vers du nez ? Il s’était apparemment planté en beauté ! Il s‘était souvenu de son nom ainsi que de son prénom. Et le jeune homme pourrait avoir l‘honneur de le remarquer. Honneur si on peut dire ça ainsi. Parce que d‘une certaine manière, ça ne l‘était pas. Pas du bon côté du moins. Cela pourrait d‘un côté le réconforté, de l‘autre - Neal a une assez bonne mémoire. Du moins pour les visages et les noms croisant son chemin. Il n’avait donc pas eu besoin d’écrire son nom sur une feuille de papier afin de s’en souvenir, comme de garder son dessin pour se souvenir de ce visage. Pour autant, aujourd‘hui ce n‘était pas qu‘une bonne chose, car cela signifie que Neal se pose un tas de questions au point d‘être troublé par la présence de cet individu. Et ça signifie également qu‘il fera tout pour découvrir qui est cet homme. A savoir si il cache - ou non - des choses sur son passé, son histoire. Et bien évidemment que si Basil ne lui a rien dis sur sa vraie identité, c‘était qu‘au fond, il semble vouloir se reprocher quelque chose. Et ça Neal le voit forcément. Fourrant ses mains dans ses poches, il détourna son regard pour fixer les alentours, attendant la réponse de Basil. Il était évident que si ce dernier voulait avoir une réponse ou du moins, discuter avec Neal, il devait tout d‘abord lui répondre. Autrement il se buterait à un silence sans faille. Étant un silencieux, il ne lui était pas difficile de ne pas l‘ouvrir. Et il semblerait que Lane l‘ai très tôt remarqué.
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Message(#) Sujet: Re: I moved up to take a place near you | Neal Lun 4 Jan 2010 - 21:55

    Parfois, même la situation la plus coincée se défait d'elle même, sans que l'on ne comprenne pourquoi les choses avaient bloqué jusque là. C'est inexplicable. On fait des efforts, on se débat contre des démons invincibles, et d'un coup il n'y a plus rien en dehors de soi et d'une solution, et tout parait désespérément évident. Un coup de pouce suffit parfois. Un mot, un geste, et l'on emprunte un nouvelle voie. Et si seulement les choses pouvaient être aussi facile plus souvent, la vie serait peut être enfin agréable; à moins que cela ne contribue justement à son charme.

    Quand nous nous étions trouvé assis à cette terrasse du Starbucks, je n'avais jamais imaginé discuter de mon histoire familiale avec mon frère. Je m'était préparé à beaucoup de choses mais pas à ça, et ça s'était vu. Il aurait vraiment fallut être aveugle et distrait pour ne pas voir que je cherchais à gagner du temps, à maitriser une discussion sur laquelle je n'avais aucune emprise. Je mettais du temps à réfléchir, et je me répétais à l'intérieur que c'était important, qu'il fallait que je me débrouille bien, que je réussisse ce pour quoi j'étais venu. C'était complètement idiot. Car au lieu de jouer franc jeu avec lui, j'avais tenté de jouer un personnage qui n'était pas vraiment moi. Je n'étais pas du genre à tourner autour du pot inutilement, à dire une chose et puis son contraire, et c'est pourtant ce que j'avais fait avec lui. Je ne pouvais même pas lui en vouloir d'être parti brusquement puisque j'aurai fait exactement la même chose. Je n'aimais pas les gens qui s'amusent à faire des mystères, surtout si je les connais pas. Lui ne me connaissait pas, il était donc tout à fait dans son bon droit. Mais là, les choses étaient différentes. J'avais compris quel genre de conneries j'avais faites la première fois et j'étais décidé à ne plus retomber dans le même pièce de l'insupportable inconnu. Et puis je prenais les choses de manière plus détendue, ayant réalisé qu'après tout je ne jouais pas toute ma vie dans une seule discussion. Franchement, se rendre malade pour un type qui n'avait même pas eu la délicatesse de se renseigner à mon sujet, convaincu que me verser un joli petit chèque chaque moi suffirait, ça n'en valait pas la peine. C'était mon père, mais c'était tout. Et puis j'avais aussi autre chose en tête que la simple volonté de discuter avec Neal d'Adrian. Oui ça m'intéressait, je voulais mettre au clair les choses avec lui, mais je l'aurai rencontré quelques jours plus tôt ou quelques jours plus tard que ça n'aurait pas changé grand chose à mes yeux.
    Admettons, que je sois d‘humeur à répondre à vos éventuelles questions…le serez-vous à votre tour, face aux miennes ? C'était une question tout à fait légitime, et j'étais presque soulagé que ça soit par ça qu'il commence. Je n'étais pas en position de lui imposer quoi que ce soit, et je préférais donc qu'il commence lui par une question. Je hochais la tête pour toute réponse. Bien sûr que je lui répondrai. Je n'allais pas lui faire le même numéro deux fois de suite, cette fois je lui devais bien ça.
    Je vous le répète, qui êtes-vous à part Basil Lane ? Puisqu'il avait compris que j'étais prêt à m'expliquer, il n'avait pas hésité à son tour à aller droit au but. C'est vrai que je n'avais pas réellement répondu à cette question la première fois. J'avais sorti je ne sais qu'elle idiotie, lui disant que ce n'était pas important peut être... Oui, un truc de ce genre, comme quoi de toute façon il ne me croirait et qu'il valait mieux éviter de perdre notre temps à ça. Sur le coup ça m'avait paru être une bonne idée, mais maintenant je me disais que c'était surtout très bête. On ne dit pas ça à quelqu'un avec qui on veut avoir une discussion saine, à moins d'être maso ou dérangé, et comme ce n'était pas vraiment mon cas j'aurai pu m'abstenir. Il y avait des jours où je me disais qu'être moi ce n'était pas forcément une réussite.
    J'avais tellement de choses à lui dire, tellement que je ne savais même pas par quoi commencer. Enfin si, j'avais les idées suffisamment claires pour savoir comment j'allais devoir me débrouiller mais l'instant était quand même solennel. Lyann était la seule personne avec qui j'avais parlé de mon lien avec Adrian Rowlands, et avec elle les choses étaient un peu spéciales, même si au moment où je lui avais tout raconté elle n'était alors que ma psy. Je lui avait tout raconté sans réellement me demander si j'avais raison, mais je sentais que c'était en partie à cause de ça que quelque chose clochait en moi, alors elle avait appris ce qui constituait mes desseins cachés. Même les gens dont j'étais les plus proches à Londres en ignorait tout, et sans réellement la connaitre je lui avais tout expliqué, le moindre détail, comme si je sentais qu'il fallait passer par là. je l'avais fait en prenant mon temps, et nous étions revenu dessus à de nombreuses reprises. Et même une fois que nous étions devenu amant, elle avait continué à m'en parler de temps en temps, curieuse de savoir comment les choses évoluaient de mon côté. Et quand effectivement il y avait eu du nouveau, c'était dans son bureau que je m'étais précipité, oubliant tout le reste face à plaisir de lui annoncer ce qui était pour moi la découverte suprême de mois de recherches.
    Et là je devais recommencer mes explications, mais pour une portée complètement différente. On n'était pas là pour chercher à comprendre pourquoi je pouvais si mal dormir, ni pour le simple plaisir que pouvait trouver Neal à être en ma compagnie. Je n'avais pas peur. Ce n'était pas l'extase non plus, le summum du bien être, mais j'avais cessé de m'inquiéter inutilement. J'avalais une dernière fois ma salive et me lançai. Tout allait bien se passer, il n'y avait pas à s'en faire.

      J'ai de très bonnes raisons de croire que je suis le fils d'Adrian Rowlands, et par conséquent d'être votre... demi-frère...?

    Voilà, c'était dit. Tout ça pour ça. Des hésitations pendant des heures pour une phrase aussi bête, mais l'essentiel était dit. Effectivement, j'avais de très bonnes raisons de le penser, je n'aurai rien tenter sur une simple supposition venue de je ne sais où... Voyant ma mère entasser tout ce qui était administratif dans un coin au lieu de tout traiter en temps voulu, un jour j'avais craqué, prenant la décision de m'en occuper. J'étais encore au lycée et n'y connaissais strictement rien, mais d'une certaine façon j'étais plus responsable sur ce genre de trucs. J'avais donc tout repris, tout rangé de manière logique, essayant de faire le tri dans la montagne de papiers qu'elle conservait. Et c'était en vidant un tiroir que j'étais tombé sur cette lettre. Je l'avais lue des dizaines de fois avant de me décider à la reposer. Je la connaissais par cœur aujourd'hui encore. Je connaissais le moindre mouvement de stylo sur la feuille. J'en avais alors fait une photocopie, préférant en avoir une trace plutôt que de retourner la voir dans ce tiroir à chaque fois. Elle était d'ailleurs la seule chose que je n'aie pas rangé, ça m'aurait paru trop suspect même si ma mère pouvait très bien avoir oublié jusqu'à son existence. Elle ne se souciait pas de ce qui était matériel, et pour en connaitre les conséquences elle avait du estimer que ce n'était pas bien important. Et en lisant cette lettre j'avais compris beaucoup de choses sur mon enfance, sur ce père que je n'avais jamais connu et dont j'ignorai tout, jusqu'au nom. La fin était d'ailleurs suffisamment explicite pour lever tous les doutes:
    "... ce n'est pas parce que je refuse d'être le père de cet enfant que je n'en assumerai pas les conséquences, tu peux me croire, aussi je t'enverrai une pension tous les mois pour qu'il ne manque de rien. Je fais cela à la seule condition que tu ne lui révèle jamais mon identité et que tu ne prennes plus jamais contact avec moi. Le cas échéant, j'estimerai que cette pension ne lui est plus aussi utile et je cesserai de l'envoyer.
    Prends bien soin de toi, et de lui.
    "

    Je me tournai vers ma sacoche toujours posé contre le banc et l'ouvrit d'un geste rapide pour en sortir la lettre. Elle était toujours glissée sous le rabat de mon agenda, "au cas où", toute chiffonnée à force d'être rangée et dérangée, pliée et repliée, lu, relue et rerelue. J'y jetai un rapide coup d'œil, comme pour m'assurer que c'était bien ça, et la tendit à Neal.

      Tenez. Ce n'est pas l'original mais vous reconnaitrez peut être son écriture...

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Message(#) Sujet: Re: I moved up to take a place near you | Neal Mar 5 Jan 2010 - 22:15

    Basil se tenait à côté du jeune homme, silencieux et discret. Mais ce dernier n’était pas en mesure de réellement comprendre les facteurs entraînant la lourdeur de l’atmosphère. C’était comme si il présageait quelque chose de mauvais, de lourd sans pour autant n’apercevoir les nuages. Ce n’était sans doute qu’un pressentiment, et Neal était loin de prévoir ses choses la. Habituellement, il préférait écouter la voix des sages, celle des femmes ! C’était la raison pour laquelle, dans le fond il ne s’inquiétait pas tant que ça. Peut-être même que ce pressentiment vient surtout du fait que son interlocuteur reste mystérieux à ses yeux. Et ça, pour connaître Neal Rowlands, c’est insupportable ! Ce fût pourquoi, il détourna le regard vers Basil un court instant, mais sans rien dire. Il le laisserait de toute manière, parler en premier, c’était évident. Pourtant Basil hésitait, il semblait chercher ses mots, ou être irrité. Du moins, Neal n’arrivait pas à prévoir ce qu’il était en train de lui préparer. Enfin, le regard de Basil devint plus clair, comme si il avait compris que Neal lui donnait une permission. Mais laquelle Neal l’ignorait… ‘‘ J'ai de très bonnes raisons de croire que je suis le fils d'Adrian Rowlands, et par conséquent d'être votre... demi-frère...? ’’ Neal qui ne le regardait plus, était perdu dans la contemplation des roseaux qui l’entourait, il n’écoutait que vaguement ce que Basil disait. Néanmoins il n’avait écouté que quelques morceaux de la phrase, comme le fait qu’il parle encore d’Adrian Rowlands. Mais la, encore une nouvelle chose apparu : le fait d’être demi frère. La réaction de Neal, fût tout d’abord de rire nerveusement, alors qu’il tentait de cacher cet amusement soudain par une toux rauque. Voyant que Basil ne semblait pas plaisanté, il ne pu s’empêché de dévisager les alentours, comme à la recherche de caméra, ou n’importe quel autre moyen de faire une blague absolument pas marrante. Au bout de quelques secondes, Neal tourna son visage vers son interlocuteur, montrant un regard d’appréhension et de doute. Une moue interrogative vint sur ses lèvres, alors que Basil cherchait quelque chose dans son sac. Neal en profita pour se reculer de quelques centimètres, toujours assis sur le banc, il venait de croiser ses bras. Basil était sérieux quand il pensait que Adrian soit son réel père ? C’était ce qu’il avait dis déjà lors de cette première rencontre et il avait poursuivi dans cette voie aujourd‘hui, malgré que Neal lui avait précisé qu’il n’était pas le fils de cet homme. Têtu ce Basil non ?!

      « Je ne sais pas si c‘était censé être marrant… Commença-t-il par dire avant de poursuivre, moins hésitant, mais je ne suis pas le fils d‘Adrian Rowlands ! »

    Comme étant une révélation, Basil poursuivait dans son élan à la recherche d‘un papier ou d‘un quelconque objet. Neal le laissait entièrement faire, sans ajouter plus. Mais il se demandait réellement si ils parlaient la même langue. Le jeune homme pouvait parfaitement comprendre que ce soit difficile de renoncer à une idée préconçue, pourtant elle était vrai. Il avait certes un lien familial avec Adrian. Certes, cet homme était bien plus qu’un membre de sa famille. Mais ce n’était pas son père, pas celui ayant transmis ses gênes. Mais c’était l’un des seuls le soutenant malgré tout. Difficile à croire quand on regarde de plus prêt sa vie. ‘‘ Tenez. Ce n'est pas l'original mais vous reconnaîtrez peut être son écriture… ’’ Dans un élan d’hésitation, Neal observait cette feuille que son ‘demi-frère’ lui tendait, comme si cette dernière avait la peste. Il aurait bien eu la curiosité de voir ce qu’il y avait à l’intérieur, mais il avait peut-être peur de découvrir des choses qui ne voudrait finalement jamais savoir. Il ne voulait pas forcément remettre en doute les paroles de Basil. Mais soyons honnête, les paroles d’un inconnu ne pourront jamais concurrencés les paroles d’un homme que Neal a souvent apprécié, pour son audace et ses passions. Peut-être aussi en avait-il trop; mais Adrian a toujours soutenu ce dernier dans l’art de dessiner ou encore pour l’automobile - venant lui-même demander de l’aide à son neveu quand il avait un problème avec sa voiture. Parfois même, il connaissait la réponse, mais Neal l’a toujours accusé de le féliciter en trop - chose qu’il ne s’est jamais plaint, même si il n’en pensait pas moins pour lui. Et la, cette magnifique image, travaillé sur plusieurs années était détruite par un brave inconnu ? Ce château de carte sombrait par une simple rébellion d’un des sujets ? Malgré moi, ma main finit quand même par prendre la lettre en question avant de poser un regard dubitatif sur elle.

    ‘ Qui était-il pour se permettre de ruiner ma vision des choses ? Moi qui a toujours eu cette confiance envers Adrian. Jamais, ce dernier ne m’a prouvé qu’il ne devait pas l’avoir. C’était le seul qui m’offrait des cadeaux à noël, voila pourquoi je n’aime pas spécialement cette fête. Ce n’était pas tant les cadeaux le problème, mais le fait que Andreï - mon frère, soit pour une soirée, parmi d’autres, le ‘chouchou’. C’était en soit normal, il était dans sa vraie famille. A l’époque je ne le savais pas, mais dans le fond tout le monde était au courant : je n’étais pas le fils de mes deux parents. Néanmoins, il fût évident que personne n’ai eu le courage de me l’avouer. Aujourd’hui, je ne connais pas la réponse. Avait-il peur que je fugue ou encore que je me révolte ? Comme si j’avais besoin de ça, pour me révolter ! Je suppose que c’est mon père ayant interdit à ma belle-mère de dire quoi que ce soit. Il était évident que j’avais une place important dans l’entreprise familiale - j’étais celui qui devait la reprendre. Mon père m’a souvent préféré à Andreï pour confier se genre de tâche. Parce qu’il n’était qu’un fainéant, et qu’il aimait trop se montrer. En quelque sorte, Andreï a besoin de mérite, de se sentir valoriser quitte à piétiner sur les uns et les autres, quitte à se sacrifier. Il n’était pas à la hauteur de poursuivre une société comme celle-ci, même si il est l’un des pions le plus solidaire de notre père. ’

      « Comment… Comment est-ce… possible ? Enfin comment avez-vous eu ça ? Et en tournant son visage pour éviter le regard de son interlocuteur, il ajouta, Adrian Rowlands s‘est toujours comporté comme un père pour moi - pour combler le manque du ‘vrai’. Mais il n’est que, techniquement mon oncle. Et vous comprendrez sûrement mon incompréhension. »

    Admettons que Adrian soit le père de ce garçon, Neal son neveu. Signifiait-il qu’ils étaient donc… Cousins ? Difficile à croire, mais soit ! Pour être honnête, Neal se foutait bien de savoir si Basil le comprendrait… Ou non. A l‘heure actuel, il tentait simplement de se convaincre que tout cela n‘était que du pipeau, quelque chose d‘inventé de toute pièce. Mais la lettre parlait pour lui. Il reposa malgré tout son regard sur la lettre, comme pour être bien certain de l‘écriture, des mots utilisés. Il la rendit quelques instants après à Basil, il ne voulait certainement pas la garder avec lui mais regardait malgré tout le jeune homme d‘un regard mystérieux et hésitant. Bien même si il disait la vérité, pourquoi le lui avoir avouer ? Pourquoi avoir attendu autant de temps ? Peut-être parce qu‘il n‘est au courant de cette histoire que depuis peu de temps, Neal imaginait. Mais tout de même, ce cher Basil n‘attendait-il finalement pas quelque chose de lui ?
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Message(#) Sujet: Re: I moved up to take a place near you | Neal Mer 6 Jan 2010 - 22:09

    je ne m'étais jamais fait de fausses illusions sur ce que je pourrai trouver dans cette sorte de quête qu'était devenue la recherche de mon père. D'ailleurs, je n'avais jamais réellement pensé à lui jusqu'à ce que je découvre cette lettre. Enfant, j'avais d'abord eu le mari de ma mère comme figure paternelle à la maison. Je savais que je n'étais pas son fils, et lui le savait probablement encore plus que moi, et même si je l'appelais "Joe" et non pas "papa" c'était tout comme à mes yeux. Il jouait avec moi, me portait sur son dos quand j'en avais marre de marcher dans les rues bondées de Londres et m'achetait toujours des bonbons quand nous sortions que tous les deux l'après-midi. J'étais juste le gamin de sa femme, et s'ils n'avaient plus vraiment une relation du type époux/épouse ils continuaient à bien s'entendre et à s'estimer mutuellement, se voyant juste comme des amis liés par un morceau de papier là où les autres se contentent de petits gestes au quotidien. Et puis il avait quitté ma vie. J'avais 5ans. Cela faisait des années qu'ils restaient ensemble sans raison valable, et un jour il réalisa qu'il avait envie de construire quelque chose de nouveau, de fonder une vraie famille avec quelqu'un qu'il aimait et qui l'aimait en retour. Il nous avait présentée sa nouvelle compagne peu après avoir annoncé qu'il voulait divorcer, et la seule chose dont je me souvienne c'est d'une grande fille habillée en rouge qui me pinçait les joues à chaque fois que nous nous croisions entre les cartons de déménagement. J'étais un peu triste de le perdre, mais me rendait déjà compte que ce n'était pas si grave. J'aurai su que je ne le reverrai plus jamais que j'aurai eu plus de mal à l'accepter, mais quand il m'avait promis qu'il reviendrait me voir je m'étais convaincu que ce n'était pas si important qu'il vive avec nous ou pas. Il n'était pas mon père, alors peut être que j'aurai quelqu'un d'autre pour le remplacer...
    Mais par la suite, les choses devinrent plus compliquées. Officiellement célibataire, les gens se gênaient encore moins pour draguer ma mère, et elle sortait avec des hommes presque à la chaine, se contentant d'un diner avec la plupart, tirant le plaisir jusqu'à partager leur vie pendant quelques mois avec certains privilégiés. Aucun n'était mon véritable père, mais tous l'étaient un peu. Ils voulaient plaire à ma mère, et comme son bonheur passait par moi ils me gâtaient. Cinéma, match de foot, cadeaux en tous genres... ils avaient généralement les moyens de se le permettre et n'hésitaient pas. Sur une personne plus âgée on aurait probablement parlé de corruption, mais sur un enfant de 7-8ans ça paraissait presque normal. Et moi j'adorais ça. Ma mère n'aurait pas contrôlé un minimum la situation que j'aurai pu virer gamin pourri-gâté qui ne pense qu'à lui, mais elle faisait attention. Nous étions tous les deux comblés, de deux façons différentes mais qui se correspondaient au final, et nous en venions presque à discuter de la valeur de ses amants quand tôt le matin nous étions tous les deux réveillés et seuls à la maison. Il n'y avait rien de malsain à ça, et au contraire j'avais l'impression d'être pleinement son fils dans ces moments-là, quand nous dissertions ensemble de son chéri du moment alors que les premières lueurs du jour filtraient à travers les volets de sa chambre.

    J'avais tout déballé, c'était fait, et pas si difficile finalement. Je m'étais une fois de plus pris la tête pour quelque chose qui n'en valait pas autant la peine. C'était important et à la fois si futile, et je ne savais même pas ce que j'attendais, et de lui, et d'une probable rencontre.Pour être honnête, je ne savais même pas exactement pourquoi je tenais tant à le voir. Il ne m'avait jamais manqué, je n'avais jamais vraiment pensé à lui, et d'un coup, PAF, il avait été le centre de mes pensées. Comme quoi je transférais toujours un problème sur un autre.
    Je ne sais pas si c‘était censé être marrant… mais je ne suis pas le fils d‘Adrian Rowlands ! Neal avait d'abord eu un léger rire, qu'il tenta de camoufler par une fausse quinte de toux en voyant que je ne riais pas. Probable qu'il s'imaginait que je ne m'en rendrais pas compte, mais je faisais tellement attention à tout ce qui se passait que je ne pouvais pas le louper. Il n'était pas le fils d'Adrian. Les mots stagnèrent dans mon esprit. Pourquoi? Ou est-ce que les choses s'étaient embrouillées? Où est-ce que j'avais raté un truc? Il lu la feuille que je lui tendais avec un empressement qui me rappelait celui que j'avais eu une fois que j'avais compris de quoi il s'agissait. Comment… Comment est-ce… possible ? Enfin comment avez-vous eu ça? Adrian Rowlands s‘est toujours comporté comme un père pour moi - pour combler le manque du ‘vrai’. Mais il n’est que, techniquement mon oncle. Et vous comprendrez sûrement mon incompréhension. Il commença sa phrase en me regardant, et puis détourna le regard, comme gêné de ce qui était en train de se passer, et je l'étais un peu moi aussi. Le Neal que j'avais rencontré au Starbucks était un jeune homme plein d'assurance, qui semblait suffisamment solide pour encaisser quoi que ce soit sans sourciller, un roc infaillible sur lequel on sait que l'on peut compter. Et d'un coup cette image se brisait. Je ne m'étais jamais douté que cette annonce pourrait le perturber, surtout à ce point, et encore moins qu'il me le montre. Moi je l'étais pour pas grand chose, mais lui?! A moins que je me sois fais une idée trop rapide de lui, obnubilé par l'idée qu'il était mon frère pour le voir tel qu'il était vraiment. Ça devait être ça.

      C'est la seule trace que j'ai de lui. Il l'a envoyée à ma mère quand elle lui a appris qu'elle était enceinte et qu'elle allait garder le bébé. Ça a été ça seule réponse. Ça et quelques chiffres sur mon compte en banque tous les mois.

    Un léger rire. Même des années après, je trouvais sa réaction très ironique. Il voulait se garantir une quelconque tranquillité de cette façon et c'était ce qui l'avait trahi. Il devait être persuadé que l'argent réglait tout à travers le monde, annihilant même ce qui pouvait exister de plus fort, mais il m'avait sous-estimé. Je me foutais de l'argent. Je me foutais de ces quelques centaines de dollars qu'il me versait chaque mois. Bien sur ils m'avaient été utiles, après tout ils me payaient mon loyer depuis mon arrivée et me permettaient de vivre assez confortablement, mais j'aurai à faire une croix dessus que ça ne me dérangerait pas plus que ça. Je n'avais pas une famille à faire vivre, et vu le peu de dépenses que j'avais en dehors de tout ce qui était "obligatoire", ça ne changerait pas grand chose à ma vie. Honnêtement, c'était ce qui avait le moins pesé dans la balance quand je me demandais si j'avais envie de le rencontrer.
    Son comportement m'étonnais donc aujourd'hui en entendant ce que Neal me racontait de lui. Alors qu'il était son oncle, il s'en était occupé comme s'il avait été son fils. Et moi, qui était son propre fils, il n'avait même pas pris la peine d'être présent. Il y avait vraiment quelque chose de bizarre. Encore un qui devait vouloir faire passer sa réputation, voire peut être un peu sa vie de famille avant le reste. C'est sûr qu'avoir un gosse d'une aventure quand on est quelqu'un à un poste aussi prestigieux ça marque vraiment mal.

      Écoutez, je sais très bien que ce que je vous dis doit vous paraitre dingue, mais c'est pourtant vrai. Je... Désolé pour l'autre jour si je me suis montré si insistant, mais c'est vraiment important pour moi...

    Si Adrian avait été quasi inexistant à mes yeux pendant longtemps, il avait peu à peu gagné mon intérêt. J'avais l'impression de l'avoir toujours vu à la télé faire les annonces relatives à la société, mais à partir du moment où j'avais appris que j'étais son fils j'avais fait plus attention. Il m'avait fallut près d'un mois après la découverte de la lettre pour apprendre son identité. Et à partir de ce moment-là j'avais fait fait un peu plus attention à lui. Quand j'entendais son nom à la télé j'avais du mal à ne pas tourner la tête, même si parfois il n'était que cité dans un reportage. C'était devenu une habitude, une mauvaise habitude, que je ne devais pas trop montrer pour que ma mère ne se doute pas de quelque chose. Après tout, elle ne devait rien me dire et était persuadée que les choses en étaient toujours là de mon côté. Je me doutais bien que ça ne l'aurait pas dérangé plus que ça que je l'ai découvert, mais les choses s'étaient agencées d'une façon telle qu'il était trop tard pour tout mettre sur le tapis. Et ma situation de l'époque jouait un peu en ma faveur pour faire diversion, puisque tout ce qui pouvait passer pour un quelconque intérêt extérieur était pris comme un début de sortie de crise de sa part. Bien sûr, il n'y aurait pas eu cette histoire juste auparavant que je n'aurai pas soulevé ciel et terre pour retrouver mon père, mais au moins ça me servait d'alibi par la suite.
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Message(#) Sujet: Re: I moved up to take a place near you | Neal Jeu 7 Jan 2010 - 21:20

    Il n‘y avait aucun doute la dessus, Neal était plus que réticent à cette annonce. Pourtant, au départ il avait voulu chercher à comprendre, connaître, savoir. Il pensait que peut-être Basil connaissait les réponses. Il pensait que Basil soit un minimum intelligent pour venir le voir, et avoir des choses censés à dire. Il n‘était pas commun de voir un inconnu débarquait dans votre vie, et d‘entendre cette annonce. Pourtant, cela n‘avait pas tellement choqué le jeune homme. Peut-être avait-il été un minimum curieux et surpris. Mais il n‘était pas choqué. Après tout sa famille est connue, admirée pour certains, détesté pour d‘autres. De brave citoyens pour les restant, sans chercher à en savoir plus qu‘ils n‘en savent. Ces derniers sont très certainement les plus intelligents dans l‘histoire. Mais on était rarement venu le voir pour lui dire qu‘on appartenait à sa propre et indigne famille. Probablement d’ailleurs que la personne l’aurait caché, en sachant l’énorme fossé qui s’était créer entre sa famille la plus proche et lui-même. Mais Basil semblait l’ignorer, puisque lui-même appartenait à celle-ci mais contrairement à eux, il ne se cachait pas. Peut-être même qu’il ne connaissait rien des Rowlands, ou des choses tellement banales, que rien ne lui avait tapé dans l’œil. Il semblait pourtant en connaître plus qu’il ne voulait le paraître… ‘‘ C'est la seule trace que j'ai de lui. Il l'a envoyée à ma mère quand elle lui a appris qu'elle était enceinte et qu'elle allait garder le bébé. Ça a été ça seule réponse. Ça et quelques chiffres sur mon compte en banque tous les mois ’’ Neal haussa les épaules à la fin de la phrase de son ‘nouveau’ cousin. Cela ne le surprenait pas tant que ça. Bien que venant de son oncle, cela pourrait. Après tout, il était un Rowlands, et qui ne connaît pas la réputation des membres de sa famille ? Qui ne connaît pas les divers sortilèges lançaient sur la population afin de fermer les yeux sur la routine de la famille ? Lors de gala, de fêtes promotionnelles, ou encore commerciales - c’était fréquent qu’ils se retrouvent à flirter avec une nouvelle femme - éventuellement des gamines tout juste majeurs, et encore - qui était tout autant consentante. Aucunes ne semblaient avoir un ego, ne serait-ce minime, pour remballer cet homme à l’allure imposante et ce charisme indéniable. Mais attiraient par l’argent et le gain, toutes craquaient. C’était pitoyable, presque anodin et ennuyeux pour le garçon qu’il était. Il était, néanmoins rangé dans le même sac que son père, sa réputation d’arrogant et de fouille merde le classait dignement au sommet de la tête de sa famille. Sous ses airs angélique, attentif et de curieux se cache un être absolument démoniaque, ne reculant jamais devant sa proie. Peut-être avait-il ce quelque chose en plus par rapport à ses femmes qui couchaient avec sa famille : de l’ego - une fierté masculine. Il ne pouvait donc faire autrement que de résister à sa famille, de leurs montrer qu’il existe, sans pour autant agir sans réfléchir. Neal a longtemps profité de la situation, il ne disait trop rien sur ce qu’il pensait, mais il préférait attendre le bon moment avant d’agir. Agissant alors comme ‘‘une main de fer dans un gant de velours’’. Voila une expression qui le qualifierait parfaitement, s’opposant alors aux derniers vœux de ses propres parents. Et voulant, tout seul, accomplir ses tâches et son rêve. La passion éternelle qui aiguillait ses sens…

    Aussi certain que cela était, Neal comprenait la démarche de Basil, pourtant il ne pouvait s‘empêché de se demander ce que le jeune homme attendait concrètement de lui. Nous vivons dans un monde, où rien n‘est jamais gratuit. Alors, même si c‘était Neal qui détenait des informations capitales pour son interlocuteur; pourquoi celui-ci était venu à sa rencontre ? Le message de son père n‘avait pas été si clair que ça ? Malgré qu‘il ne voulait ni reprendre contact ni même lui écrire; Basil voulait continué à espérer ? L‘obstination peut coûter cher, et Basil ne le comprend peut-être pas. Sauf que Neal n‘était pas l‘une de ses personnes qui pourrait lui venir en aide. Il pourrait, mais il ne le voulait pas. Qu‘est-ce qu‘il y gagnerait au finale ? De la reconnaissance et un nouveau copain ? Ce n‘était pas ce qu‘il cherchait ! ‘‘ Écoutez, je sais très bien que ce que je vous dis doit vous paraître dingue, mais c'est pourtant vrai. Je... Désolé pour l'autre jour si je me suis montré si insistant, mais c'est vraiment important pour moi… ’’ Neal gardait ce visage rivé sur les alentours, prenant soin de garder une certaine distance. Se répétant la scène inlassablement, quelque chose clochait. Comme le fait de lui avoir parler de son propre père. Neal Rowlands, qui se justifierait ? Qui rechercherait une pitoyable excuse pour se faire plaindre ? Non ce n’était pas lui. Basil a au moins raison sur un aspect de son l’identification. Neal est un homme droit, fier et certainement dur. Peut-être froid et légèrement arrogant - comme beaucoup de son âge. Il pense que tout lui ai due et que personne ne peut lui résister. Il a longtemps mûrit cette image de garçon immature, profitant des avantages d’une famille riche et détruite pour tirer son épingle du jeu. Son père espérait tant de lui, qu’il a du être déçu en apprenant la stricte vérité : l’idée qu’Andreï devienne le futur patron de la société. Neal y a toujours eu une place importante et pendant que beaucoup d’élèves étaient en cours, Neal était l’un des futurs gérants qui devait encore faire des preuves. Mais tous était enchanté de voir une jeunesse, aussi beau que talentueux dans la société. Un homme de valeur, passionné et envoûtant. Combien étaient-il à parier que leurs filles sortiraient avec ce jeune homme, aux grandes prouesses ? Il avait déménagé dans le Michigan, avait arrêté les cours, et il était mannequin afin que son nom soit sur les plus grands magasines de mode. En contrepartie, on lui fichait la paix. Le reste du temps, il pouvait être indépendant, libre et mener sa barque comme bon lui semblait. C’était le compromis trouvé avec son père. Sauf qu’à la différence, Neal ne se voyait le nouveau ‘patron’.

      « Dingue ? Oh ce n‘est pas comme si vous étiez un nouveau frère… Dit-il dans un rire sec qui fît toutefois penser à de l‘hypocrisie sans en être directement, mais dîtes moi, Monsieur Lane. Que puis-je faire pour vous ? Neal venait de reposer son regard sur lui, sans hausser le ton, néanmoins son regard était insistant, je ne pense pas que votre arrivée à Ocean Grove soit un pur hasard… Vous n‘espérez pas le rencontré au moins ?! »

    Comment ne pas tomber les pieds dans le plat quand on fait une de ses chutes ? Neal semblait pourtant parfaitement sérieux, même si dans le fond, il devinait que Basil était la devant lui, pour lui demander cette faveur. Il ne fallait pas sortir de l’enna pour s‘en rendre compte. A la place de Basil, il ne savait pas si il aurait fais la même chose. Être à la recherche d‘un père qui ne vous aime pas et qui ne semble pas prêt à vous voir, doit être difficilement gérable. Lui-même connaît ce problème avec sa mère biologique et lui a, fermement claqué la porte au nez. Dire qu‘il n‘a aucune once de remord ou de regret serait mentir. Mais cela change finalement rien. Neal n‘avait pas été prêt à faire le premier pas ce jour la, et pour être honnête, il ne pense toujours pas l’être ! Le pardon ne lui est pas facilement acceptable. Alors, il pouvait comprendre la démarche de Basil, sans toutefois l‘approuver. Mais ce n‘était sans doute pas ses oignons ! Regardant d‘un ton calme et posé, son interlocuteur, il attendait forcément une franchise de sa part
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Message(#) Sujet: Re: I moved up to take a place near you | Neal Ven 8 Jan 2010 - 11:07

    Nous avons tous quelque chose à fuir, que ce soit une personne, une situation, un endroit... et quand j'étais parti de Londres c'était en partie pour ça. Ou à cause de ça. Je fuyais, lâchement, laissant sur place des choses que je voulais oublier, me disant que ça serait peut être plus facile comme ça. J'avais trouvé cette lettre et avec une elle une nouvelle possibilité, quelque chose à me raccrocher même si j'avais pas vraiment d'espoir quant à sa réalisation. Mais qu'importe, je préférais ça au reste. Ça à leurs regards qui se voulaient compatissants, comme s'ils pouvaient comprendre. Ils auraient pu, si seulement je m'étais décidé à leur raconter ne serait-ce que la moitié de ce qui s'était passé. De cette soirée, personne n'en avait eu écho, et c'était très bien comme ça. Il n'y avait que les conséquences, et franchement je ne regrettais rien. Je ne savais pas lequel de nous deux passait pour la victime vis à vis de l'autre, et ça n'avait pas d'importance. Plus rien n'avait eu d'importance à partir du moment où je m'étais mis en tête de retrouver ce Adrian Rowlands. Je n'avais que de très faibles chances de le retrouver, de le croiser, et de pouvoir me présenter à lui, mais je voulais tenter. L'impossible ne me faisait pas peur. Et puis le temps passant je m'étais demandé si j'avais vraiment eu raison de venir. Plus les mois passaient et plus je me demandais ce que je faisais ici. J'avais prit le prétexte de m'inscrire dans une université réputée auprès de ma mère et de mes amis, mais j'imagine qu'aucun de l'avait vraiment cru. S'ils me connaissaient aussi bien qu'ils le disaient, ils devaient savoir que je ne recherchais pas le prestige. Je voulais juste suivre ma voie, celle qui me semblait être la meilleure, et où qu'elle soit. Ils avaient donc accepté ma décision de partir en silence, m'encourageant quand j'étais encore avec eux, devant eux, et en discutant entre eux dès que j'avais le dos tourné. Ils n'étaient pas discrets. "Tu te crois qu'il part réellement pour ses études?" "Tu rigoles? C'est clair que c'est pas pour ça..." "C'est ce que je pensais aussi..." Je ne leur faisais même pas de cachotteries, disons juste qu'il y avait des choses que j'avais à faire seul, et leur en parlé aurait quelque peu compromis mes plans, et je n'y tenais pas. Et la veille de mon départ, avant mon dernier repas avec ma mère qui m'avait invité au restaurant pour marquer le coup, je leur avais dit au-revoir à chacun. Ils s'étaient tous débrouillés pour être là, qu'on passe cet après-midi avec moi. Nous étions cinq, pas très nombreux mais les choses commençaient quand même à devenir difficile à gérer. Ils m'avaient souhaité bonne chance, me demandant de les tenir informés de ma nouvelle vie. J'avais promis et puis avec la distance... Ce n'était pas par mauvaise volonté, mais il y a certaines choses qui ne passent pas par mail, et il y a certaines personnes qui ne s'arrangent pas avec l'éloignement. J'étais parti en fuyant, lâchement, et peut être y avais-je encore plus perdu que ce que je croyais.

    Dingue ? Oh ce n‘est pas comme si vous étiez un nouveau frère… mais dîtes moi, Monsieur Lane. Que puis-je faire pour vous ? Je ne pense pas que votre arrivée à Ocean Grove soit un pur hasard… Vous n‘espérez pas le rencontrer au moins ?! Il avait bien deviné que le hasard ne m'avait pas poussé jusque ici. Et même si j'habitais à Ocean Grove depuis maintenant plus de deux ans, je conservais encore un fond d'accent bien britannique. Les premiers temps les gens n'arrêtaient pas de me le faire remarquer, me regardant avec une sorte de curiosité fascinée. Il suffisait que je dise un mot pour qu'on s'exclame "Mais vous êtes anglais!" A force ça m'avait gonflé, mais je refusais à le perdre juste pour avoir la paix. Et puis je savais qu'il diminuerait de lui même à force de côtoyer les habitants du Nouveau Continent, et vu le peu de réflexions auxquelles j'avais droit j'en avait déduit que je passais désormais inaperçu. Une petite trace de temps en temps peut être, on m'avait dit une fois qu'il était plus marqué quand je parlais avec (emphase) de quelque chose mais je n'en avais jamais eu la preuve.
    La façon de prendre les choses de Neal était vraiment déconcertante, mais admirable aussi. Je me serai attendu à des protestations, à ce qu'il le nie ou mette court à la conversation en partant une fois de plus, mais il semblait d'ores et déjà me croire. Peut être que la famille Rowlands n'était pas aussi lisse que ce qu'on nous le laissait croire, ou que ce que j'avais voulu en croire. J'avais volontairement écarté tout ce qui était "people" comme informations alors j'avais pu m'en faire une fausse idée. Après tout, toute famille à des secrets alors si ceux des Rowlands ne concernait que des enfants cachés qui apparaissaient au grand jour ce n'était pas si terrible. Quoi qu'il en soit, si moi je me rendais compte à quel point j'avais été loin de la réalité, Neal semblait au contraire avoir réussi à me cerner. Mon attitude n'était pas extraordinaire non plus, et je présume que la plupart des gens qui cherchent l'un de leur parents ont le même comportement. Personne ne s'amuserait à collecter des informations sur un parent inconnu pour le simple plaisir d'en faire un joli dossier, ça aurait été ridicule. Enfin, pour moi, ça aurait été ridicule. Mais je n'avais pas vraiment d'idée précise de ce que j'attendais de lui. De l'aide? Qu'il me le présente? Car oui, je souhaitais le rencontrer. Il avait été clair dans sa lettre, je l'avais très bien compris, mais j'en avais envie quand même. J'étais curieux de le voir tel qu'il était réellement, de voir quelle serait sa réaction. Neal, pour le peu qu'il m'avait dit de lui, et de manière détournée en plus, me laissait penser qu'il pourrait être quelqu'un de bien. Je ne cherchais pas à rattraper toutes ses années sans lui, et encore moins à entrer dans une des plus importantes familles du pays juste pour l'honneur d'en faire partie, mais j'avais envie de voir ce que ça pourrait donner. Enfin, honnêtement j'étais incapable d'expliquer pourquoi je tenais tant à ce que nous soyons présentés. Ça me paraissait juste évident...

      J'ignore ce que vous pourrez faire pour moi, mais effectivement, je voudrais le rencontrer.

    Je n'idolâtrais pas Adrian Rowlands, je ne le considérais pas comme un modèle ou comme quelqu'un que j'aurai aimé être dans une autre vie. Je ne souhaitais pas m'immiscer dans son existence s'il ne le voulait pas, tout comme je ne souhaitais pas participer aux éventuelles réunions familiales. Je ne recherchais pas un statut officiel ni une quelconque reconnaissance de la part du restant des membres de la famille, juste le voir lui. Discuter une heure ou deux, comprendre quel genre de personne il était vraiment, et puis reprendre le cours normal des choses, aussi étrange qu'elles puissent être ensuite. Je n'avais pas l'intention de faire de scandale, de ce point de vue là il pouvait être tranquille. Je ne comptais pas le faire chanter, échanger mon silence contre une jolie petite mallette pleine de billets verts ou une quelconque autre chose à valeur marchande. Je voulais juste le confronté à ce qu'il avait engendré. Il ne pouvait pas compter que sur l'argent, et je ne pouvais pas me contenter d'une simple lettre. Je ne savais peut être pas exactement ce que je voulais de sa part, mais je savais précisément ce que je voulais pas: continuer à rester dans l'inconnu.

      J'avoue que c'est pour ça que je vous ai abordé l'autre jour, je ne pouvais pas laisser filer cette chance, aussi infime qu'elle soit.

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Message(#) Sujet: Re: I moved up to take a place near you | Neal Sam 16 Jan 2010 - 19:29

    C’était une chose évidente. On cherche tous à fuir quelque chose, comme certaines personnes, voir sa propre personne pour certains. On ne pouvait pas dire que le jeune homme soit une personne qui regrette facilement. Il ne trouve pas de raisons apparentes pour vouloir fuir sa propre ville, sa propre vie. Enfin, quand il était qu’un gosse bien sur. Certes, il avait ses moments d’insouciances, son mauvais caractère ne jouait pas en sa faveur. Mais il savait se faire respecter, il savait imposer ses propres règles. Ils étaient trois, ils se serraient les coudes. Neal était peut-être le plus jeune mais il n’était pas le dernier pour agir. Malgré qu’il passait son temps à observer, à chercher une faille - celle le menant à la victoire. Il savait aussi que d’une manière comme d’une autre, il se retournerait contre ses deux garçons, qu’on appelait autrefois, les mousquetaires. Ils avaient beau être ses meilleurs amis masculins, s’entendrent à merveille avec eux - ils ne restaient pas moins deux garçons parmi tant d’autres ! Il faut dire qu’avec Esteban, cela n’a jamais été l’amour fou, même si Duncan permettait la solidification de cette ‘pseudo amitié’. Néanmoins, Neal en gardait un bon souvenir. Même si la vie fait qu’on change radicalement notre façon de pensée, et de voir la vie - il les avait autrefois apprécié. Mais en aucun cas, il ne regrettait cette amitié, en aucun cas il trouvait des remords à avoir permis cette dissolution. Au contraire, chaque excuse est bonne pour rendre visite à Esteban et pour vouloir le blesser toujours plus dans son ego. C’était une compétition, Neal a toujours vu son amitié avec lui comme superficiel. ‘‘ J'ignore ce que vous pourrez faire pour moi, mais effectivement, je voudrais le rencontrer. ’’ Neal finissait par sourire légèrement face à la phrase de Basil. C’était une chose qui était loin de le surprendre, tant cette réponse était tellement basique après ce qui s’est passé. D’après Neal, on agit pas de la sorte juste par plaisir ou par ennuis. Non, Basil devait être un garçon qui ne s’ennuyait pas, du moins Neal ne pouvait que l’espérait pour lui. Alors forcément, Basil attendait quelque chose de lui. Il s’était fais à cette image. Juste, il ne voyait pas très clairement les choses. Pourquoi tout faire pour revoir Adrian ? C’était pour lui inconcevable de se rabaisser ainsi, alors qu’on sait que notre interlocuteur s’en fout complètement. Pire, qu’il nous rejette. Vous allez de suite penser que Neal est fier, et que son ego parle pour lui. Et vous n’aurez bien sur pas totalement tord. Mais voila, Neal ne conçoit pas de s’apitoyer envers une personne qui n’en vaut pas la peine. Pour sur, Adrian est un homme droit et bien. Un homme de compassion et possédant un cœur, bien sur. Mais seulement envers certaines personnes. Il ne pouvait pas être cet homme irréprochable sur chaque points en étant arrivé la, où il est actuellement. Seul les hommes de poigne s’en sortent, les autres ne sont que des bourriquets permettant aux plus grands d’avancés. Inconsciemment, Neal était comme ça; mais il ne s’en rendait pas compte. Ou ne voulait-il pas être comparé à son propre père, dont il avait de nombreuses fois complotés sa mort en l’imaginant. D’ailleurs, il n’était pas sur que ça lui ferait du mal si on venait le lui annoncer. Pour sur, il en sourirait - au pire rigolerait, et on finirait par l’accuser… ! ‘‘ J'avoue que c'est pour ça que je vous ai abordé l'autre jour, je ne pouvais pas laisser filer cette chance, aussi infime qu'elle soit. ’’ Le jeune homme se surprenait de rester si calme. Il était certainement assez distant, peut-être remettait-il en cause la réelle venue de Basil, pourtant il ne se montrait ni hautain ni froid. Il arriverait à l’accepter, c’était une chose évidente. Même si pour l’instant, il s’en méfiait plus qu’autre chose. Enfin, Neal pouvait lui reconnaître un certain courage. A sa place, il n’était pas certain qu’il aurait agit de la sorte. Vouloir contacté une personne vous ayant lâchement abandonné et ne voulant pas reprendre contact avec vous, le dépasser plus qu’autre chose. D’une seconde manière, il n’était pas à la place de Basil, même si abandonné par sa mère, il vivait à quelque chose prêt la même histoire. Sauf qu’il n’a jamais cherché à la voir, et lui a dignement claqué la porte au nez quand elle apparue, il y a quelques mois devant chez lui. Il pouvait donc confirmer qu’il ne comprenait pas réellement le geste du nouveau membre de sa famille, même si cela avait un certain charme. Très certainement que Basil l’aiderait à prendre sur lui.

      « Bien, je suppose que je peux faire quelque chose mais… Avoua t‘il, en réfléchissant, je lui en parlerais avant, si vous n‘y voyez pas d‘inconvénient ! »

    En faites, que ça lui pose un problème ou non, c’était du pareil au même. Il attendait quelque chose de Neal, il devait donc se plier à ses propres règles. Cela pourrait certainement l’étonner d’agir comme ça, habituellement, il l’aurait envoyé baladé. Ou lui aurait dis, de consulter un centre psychiatrique. Sauf que Neal voulait en savoir plus sur lui, il voulait en connaître davantage, tant cette lettre lui paraissait bizarre. Et trop vrai pour être une fausse copie. D’une autre manière, il ne pouvait pas prendre la responsabilité de dire qu’il était d’accord pour cette rencontre. Mais il avait besoin de prendre peut-être du recul pour arriver à accepter un nouveau membre dans sa famille, déjà nombreuse. Il s’attendait pourtant à découvrir du jour au lendemain de nombreux frères, ou demi - du côté de sa mère. Puisqu’elle semblait avoir une réputation de jambes en l’air ! A savoir si ils ont connus le même sort que le siens : celui d’être abandonné. Ils n’ont peut-être pas eu la même chance que Neal, et n’ont pas étés élevés par le père. Même si le sien n’est pas une référence, c’est toujours mieux que d’être élevé par des inconnus, pouvait-il penser.

      « Vous n‘aurez qu‘à passer au 1707 apple road à l‘occasion, et me demander au cas où vous ne tomberez pas sur moi… Continuait-il de dire, au revoir monsieur Lane… Ce fût un plaisir de faire votre rencontre. »

    Malgré le fait de savoir qu’il était son cousin, il continuait à le vouvoyer, ce qui pourrait paraître étrange - et ça l’était. Mais pourtant, Neal ne releva pas forcément cette remarque, il songeait plutôt à quitter le lieu assez rapidement. Certes, Basil n’était pas quelqu’un de dérangeant et pourtant, Neal préfère sa solitude… Il finit par se lever en ayant regrouper toutes ses affaires. Pendant qu‘il était en train de parler, il jeta un regard à Basil, en souriant péniblement, alors qu‘il détourna son regard, les mains dans les poches. Tournant les talons, il laissa planter Basil en plein milieu du décor, qui n‘eut comme surprise que de se retrouver seul. C‘était évident qu‘il saurait contacté Neal en cas de besoin. Il n‘aurait qu‘à l‘écouter et se rendre chez ce dernier. Au pire il fera la rencontre De Tabitha et de Lincoln - qui sont également ses cousins. En attendant des nouvelles de cet homme, Neal poursuivait son chemin sans se retourner.
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Message(#) Sujet: Re: I moved up to take a place near you | Neal Dim 17 Jan 2010 - 23:29

    A force de rêver les choses et de leur imaginer des possibilités par milliers, j'avais peu à peu perdu contact avec la réalité. Je m'étais attendu à devoir me justifier, prouver que ce que je disais était vrai, mais il n'en était rien. Je m'étais attendu à voir jaillir des bâtons sur le bas côté pour bloquer les roues de ma volonté en marche, et rien de tout ça. C'était tout à coup clair, limpide, comme s'il n'y avait rien d'extraordinaire ou de surprenant à la situation. Honnêtement, je ne comprenais pas Neal. Il avait accepté ce que je lui dévoilais sans réellement en être étonné, trahissant un soupçon de surprise uniquement à la lecture de la lettre, comme si c'était le fait que ce soit Adrian mon père qui était en cause. Je préférais ça plutôt qu'il me plante là en me considérant comme un fou, ou qu'il me balance son poing à la figure pour venir l'embêter avec mes délires, mais quand même. Je ne le connaissais pas et ne connaissais pas son histoire, mais le comportement de cette famille me paraissait vraiment étrange. La mienne n'était pas dans ce que l'on pourrait appeler la norme non plus, mais quoi que l'on m'apprenne j'aurai été un peu plus surpris que ça. Je n'aimais pas spécialement avoir à parler avec les gens que je rencontrais de ma famille, soit parce qu'ils y trouvaient les raisons de mon comportement actuel ou essayaient d'y trouver les signes de ce que j'allais faire du restant de mes jours, à moins que je ne me retrouve à donner des explications sur ce qui avait été ma jeunesse et mon enfance devant des gens dont l'avidité n'avait rien d'objective. Cela aurait été juste de bêtes questions que ça ne m'aurait pas dérangé, mais il y avait souvent un fond de curiosité malsaine, à tenter de découvrir de quelconques vérités derrière les planches du placard. Pourquoi ma mère, bien que mariée, sortait avec autant d'hommes par exemple. Et ne parlons pas de ma grand-mère, dont la décision de limiter ses contacts avec sa fille à la célébration de Noël tant qu'elle n'en aurait pas fini avec ses "manières de débauchée" comme elle le disait si bien passionnait les foules... Que voulez-vous, dès qu'il y a un fond de scabreux, les gens déploient tout leur intérêt. C'était si facile parfois que ça en devenait presque un jeu. Et je n'aurais pas pris les choses autant à cœur que, peut être, parler de ma famille n'aurait pas été si gênant mes yeux... mais voilà, je n'aimais pas m'exposer au jugement et à l'avis des autres. Ce n'était pas d'eux que je voulais avoir à parler, mais uniquement de moi. Après tout, mes origines n'étaient "que" mes origines. Je ne les aurai changé pour rien au monde, mais je ne comprenais pas tout à fait que l'on y trouve plus d'intérêt qu'à ce que j'étais devenu aujourd'hui. Pourquoi fallait-il toujours parler encore et encore du passé? Alors oui, d'une certaine façon je lui courais après en courant après Adrian, mais c'était pour rétablir les pièces d'un puzzle qui ne regardait que moi, pas pour de malheureuses apparences qui avaient besoin d'être redorées. Je n'avais pas besoin de lui pour ça. Mais en revanche, pour atteindre Adrian j'avais besoin de Neal.

    Je le vis sourire pour la première fois. Comment dire... ça me rassurait. Ce n'était pas un sourire moqueur, juste l'expression de ses pensées, et je compris que c'était presque gagné. Bien, je suppose que je peux faire quelque chose mais… je lui en parlerais avant, si vous n‘y voyez pas d‘inconvénient ![.i] C'était gagné! Je souris à mon tour, enchanté, ravi, et tout ce que l'on peut ajouter d'autre du même genre. Je n'avais pas fait tout ça pour rien. Et je ne rêvais pas, ce n'étais pas un mirage, pas le fruit de mon imagination, pas une hypothèse de plus couchée sur papier. C'était vrai. C'était inespéré aussi. Qui aurait dit qu'une situation aussi compliquée pourrait s'arranger dans un lieu aussi repoussant que des marécages? Personne, on est bien d'accord. J'étais incapable de réfléchir, comme si quelque chose tournait en boucle dans ma tête, un vieux disque enrayé que l'on n'arrive pas à stopper, un même refrain encore et encore pour me dire que c'était bon. Je touchais du doigt mon but, j'avais réussi, j'avais réussi ça! Plus rien ne comptait. Un doute en chassait un autre, et là tout avait disparu, cédant la place à une euphorie que je maitrisais de mon mieux. Je souriais, voilà probablement la seule chose qu'il pouvait voir, même s'il devait se douter du reste. Je n'avais pas de réaction hors du commun, et s'il avait compris pour le reste il devait bien comprendre pour ça aussi. Je hochai la tête pour signifier mon accord. Comment pouvais-je voir un inconvénient à ce qu'il parle d'abord à Adrian? Je préférai qu'il ne lui dise pas tout de mes intentions, mais je me doutais qu'il ne le ferai pas. Là aussi, rien ne me le garantissais, mais je le sentais. Il n'avait pas l'air d'être du genre à dire des choses à la légère, ni à s'engager dans de longues et lourdes explications. Il devait me laisser ce plaisir... Mais ça ne me dérangeait pas. Je n'appréhendais même pas. Si j'avais eu un peu de mal à m'expliquer envers Neal, pour Adrian j'étais au point. Et puis quand bien même je perdrais mes moyens face à lui, je tenais quand même à tenter le coup. J'avais passé du temps en prévision du moment où je le rencontrerais, et si ce moment arrivait enfin je ne pouvais qu'en être content. Un peu stressé peut être, mais si peu... En fait je me sentais comme dans un état second, comme si je planais. Depuis quand est-ce que ça ne m'étais pas arrivé? Je ne m'en rappelais même plus... C'était comme si d'un coup mon corps était devenu léger, si léger que j'aurai pu m'envoler sans problème. Je n'aurai pas été si sûr de ce qui s'était passé que je me serais demandé si je n'avais fumé ou si quelque chose dans l'air provoquait cela. Mais ce n'était peut être que le poids d'une inquiétude parmi tant d'autre qui disparaissait enfin, et dont je ne réalisais que maintenant l'emprise sur mon corps.
    [i]Vous n‘aurez qu‘à passer au 1707 apple road à l‘occasion, et me demander au cas où vous ne tomberez pas sur moi… Au revoir monsieur Lane… Ce fût un plaisir de faire votre rencontre.
    Je souris légèrement plus si cela était possible. Encore un peu et j'allais ressembler au Joker, c'était malin. Mais il me donnait son adresse, sans se douter que je la connaissais déjà. Elle était épinglée au dessus de mon bureau avec mes autres papiers importants, et à chaque fois que je la regardais elle me redonnait courage. Ce n'était pas grand chose, juste quatre petits chiffres à côté d'un nom de rue, et pourtant ils me rappelaient que l'issue était peut être plus proche que cela semblait. Mais le fait qu'il me la donne de lui même, et surtout qu'il m'invite à y passer surpassait tout ce que je savais déjà. J'y irai, c'était sûr. Et je m'imaginais déjà rencontrer les autres membres de sa famille puisque l'on m'avait dit qu'il vivait sous le même toit que l'un de ses cousins. Après tout, même si ça ne nous faisait qu'un lien de parenté assez éloigné, j'avais tout à coup envie de les rencontrer à leur tour. Au départ ce n'était que pour Adrian, mais quelque chose évoluait en moi, quelque chose me disait de continuer plus loin. Même sans avoir de véritable statut à leur yeux, même sans compter, j'avais désormais envie de les voir, de mettre un nom sur un visage, et un aperçu de ce qu'était leur vie à eux, eux du côté des Rowlands.
    Neal se leva alors et partit, sous mon regard encore émerveillé. Enfin non, pas émerveillé au sens où il brillait de petites étoiles, comme chez un gamin qui ouvre un cadeau, mais émerveillé comme lorsqu'on réalise la chance que l'on a. Il ne pas baisser les bras, au risque de tout perdre. Et là, un petit miracle, et tout s'était arrangé.

      Ce fut un plaisir pour moi aussi... et merci pour tout. J'apprécie, vraiment.

    J'avais l'impression de me répéter, mais je ne savais pas comment faire passer le message autrement. Je lui étais reconnaissant pour son aide, et je ne savais même le lui dire autrement que par quelques mots qui tournaient en boucle entre mes lèvres. A moins que je ne les ai pas prononcé explicitement, mais il avait du s'en douter. Je n'en revenais qu'à moitié d'ailleurs de ce qu'il avait accepté de faire pour moi. Rien de l'y obligeait, et pourtant il avait accepté sans demander plus d'explications que celle que je lui avait données au départ. Comment y avait-il de chance que les choses se passent comme ça? Et d'un coup je vis qu'il s'était suffisamment éloigné de moi alors que j'avais oublié un truc, et ajoutai:

      Au revoir... Neal.

    Je le vis légèrement ralentir en m'entendait avant de repartir de son pas déterminé. Loin de moi, je souris pour de bon. Un vrai sourire de Joker, qui aurait probablement effrayé le moindre promeneur qui serait passé devant moi. Je levai la tête au ciel et lâchai un long soupir. Ce que c'était bon quand les choses se passaient si bien! Je me sentais léger, complètement apaisé, comme si le fait que cette situation là s'arrange suspendait les autres en même temps. Je ne pensais plus à tout ce qui m'attendais. Il pouvait arriver n'importe quoi maintenant, j'étais prêt à affronter le monde, et même à le conquérir. Je me sentais bien, magnifiquement bien, comme si tous les nuages avaient quitté l'horizon en même temps. J'inspirai un air nouveau, et il pouvait arriver la suite de ma destinée, j'étais prêt à l'affronter. Basil Lane était de nouveau d'attaque. Et je souris à la suite des événements à venir, me levant à mon tour et quittant ce petit banc de pierre, loin, plus loin des alligators et des dangers verts à chacun de mes pas.
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Message(#) Sujet: Re: I moved up to take a place near you | Neal Mar 19 Jan 2010 - 21:01

        END
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Message(#) Sujet: Re: I moved up to take a place near you | Neal

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I moved up to take a place near you | Neal

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