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 the strongest of men have the softest of hearts

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it's all butterflies and roses

Jax Beauchamp

messages : 3313
name : Olivia
face + © : harris dickinson (@calvaries)
multinicks : zoya + alfie + emerson + parker + aj + orlando + chad
points : 911
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Message· · Sujet: the strongest of men have the softest of hearts Mer 12 Déc - 20:52

ANGEL + JAX
There is no perfect ending to a relationship.
No magic formula. Just a silent scream
as they rip your f*cking heart out.

@Angel Gutierrez

Le retour vers Windmont Bay s’était passé dans un brouillard épais et Jax n’en garda pas beaucoup de souvenirs. Il se demanda même comment il était parvenu à retourner à l’aéroport, comment il avait pu suivre la longue procédure d’embarquement ou même trouver sa place dans l’avion. Il avait crevé la dalle tout le long du vol, de cela il se rappelait parce que son ventre avait douloureusement grondé. Mais il n’était pas certain qu’il aurait pu avaler quoi que ce soit de solide, tant son estomac était noué. La seule chose qui glissait aisément dans son œsophage pour remplir son système digestif était l’alcool qu’il avait trouvé dans son coffre, vestige d’une soirée, un peu avant Halloween, un peu avant que tout ne parte à la dérive.
Il avait retrouvé son camion là où il l’avait garé et était monté dedans, tel un automate. Il avait roulé si souvent bourré que rouler d’un air absent ne semblait pas insurmontable et il arriva sans peine dans la ville où il avait grandi.
Il n’était pas rentré chez lui.
Il avait conduit jusqu’à Crescent Lane et avait tourné un quart d’heure avant de trouver un endroit où se garer.
Puis il avait pris la direction du Good Times at Daveys, où il n’avait plus les mis depuis des semaines et s’était trouvé un tabouret en bout de bar où il s’était installé d’un air las.
C’était il y a plus de trois heures et une bouteille aux trois quarts entamée lui tenait compagnie alors qu’il avait les coudes posés sur le comptoir et la tête soutenue par ses mains calleuses.
Il fixait le néant qu’était son avenir et, lui semblait-il, son existence entière. Qu’allait-il faire maintenant qu’il ne fallait même plus attendre après Bran ? C’était pourtant ce à quoi sa vie était vouée avant qu’il ne percute le tempérament de l’insolent mais voilà, c’était bien là le problème : il y avait un avant et un après Bran et si l’avant lui paraissait désormais lointain et presque oublié, l’après lui paraissait impossible à appréhender. Son quotidien lui avait moins pesé parce qu’il y avait Bran. Sa vie, même si elle n’avait pas fondamentalement changé dans son fonctionnement, s’était vue agrémentée de détails enivrants qui lui permettaient d’aborder les semaines plus sereinement. Mais, à présent, comment était-il supposé retourner à la monotonie de son boulot éreintant ? Il savait qu’il aurait dû appeler Trent et Jack. Eux seraient parvenus à adoucir sa peine, à défaut de pouvoir l’éteindre, mais il ne se sentait pas d’affronter leurs regards, d’avouer qu’il s’était rendu à l’autre bout du pays pour découvrir que Bran ne voulait déjà plus de lui et à ce souvenir, Jax ferma les paupières pour ravaler le ruisseau de larmes qui se heurtait à son incapacité à lâcher complètement prise. Il préférait être complètement abruti par l’alcool que de se noyer dans son chagrin, même si, au fond, cela revenait au même. Reniflant de mépris pour lui-même, il soupira et laissa retomber une main pour attraper la bouteille et se resservir.
Voilà où étaient partis ses derniers dollars, pensa-t-il amèrement en observant le liquide ambré glisser dans son verre.
Voilà ce qu’il restait de sa dignité et d’un amour qui s’était enflammé trop vite pour retomber aussi sec.
J’aurais dû me douter que tout ça, c’était trop beau pour être vrai.
Il reposa la bouteille et attrapa le verre qu’il vida d’une traite. Il y eut un nouvel élan d’ivresse qui l’inonda comme une marée d’eau douce et il pencha la tête en arrière, les yeux clos, comme pour se focaliser sur cette sensation délicieuse qui lui anesthésiait les sens, à défaut de chasser le trublion de son esprit.

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Angel Gutierrez

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Message· · Sujet: Re: the strongest of men have the softest of hearts Sam 12 Jan - 23:26

When in doubt, go to a bar and drink yourself to death. Angel avait probablement vu ça sur un tee-shirt. À moins qu’il ne l’ait inventé tout seul ? Cette option paraissait en effet plus plausible, lorsqu’on savait qu’il passait la plupart de ses sombres pensées sous la douche bien corsée d’un whisky sans glaçon et que même la porte ouverte du pire bouge l’attirait toujours comme les néons clignotants attiraient de frêles papillons de nuit. Ce soir ne faisait pas exception à la règle : il errait sans but, grelottant sous son blouson de cuir, tirant les canettes vides et les emballages abandonnés comme dans un ballon imaginaire, sifflotant les paroles d’une chanson qu’il croyait avoir entendu au détour d’un feu rouge. Un soir comme un autre, où l’ennui le disputait à la solitude. Rien de nouveau sous le soleil cru des lampadaires.
Rien de nouveau, ni d’étonnant donc, lorsque les pas d’Angel le conduisirent juste devant le Davey’s. Ses jambes connaissaient le chemin par coeur. À quel âge avait-il passé pour la première fois le seuil de cet endroit maudit, où il avait trop souvent bu son salaire et chassé les souvenirs qui suffoquaient sa gorge en provoquant le premier venu - pour une bagarre ou pour une étreinte, ou parfois les deux, sans que l’ordre ne soit véritablement précisé ? Trop jeune, sans doute. Le barman avait rapidement fermé les yeux sur sa fausse carte d’identité. L’alcool s’était alors mis à couler à flot. C’était si facile, de boire. Si simple, de commander un verre, puis deux, puis cinq, de finir par oublier la brûlure pour ne plus sentir que l’ivresse, de se réveiller en pleine nuit sans aucun souvenir si ce n’est quelques égratignures et un mal de crâne qui avait au moins le mérite d’effacer la vision trop aigüe de la réalité. À celle-ci, Angel préférait le flou de la gueule de bois et s’y était perdu tant de fois qu’il n’était pas tout à fait sûr d’avoir retrouvé son chemin. Il avait toujours un pas dans la brume, quelque part.
Planté devant le bar, il considéra donc l’enseigne lumineuse d’un oeil torve, vitreux. Il ne savait même pas pourquoi il se posait la question. Bien sûr qu’il allait entrer.
Il répéta donc le geste qui l’avait mené sur le fil du rasoir : il posa la main sur la porte et la poussa. Il avait franchi ce seuil tellement de fois et pourtant, c’était à chaque fois la même chose : l’air moite, chargé d’alcool ; les tabourets clairsemés, la radio qui crachotait sa musique qui finirait de toute façon noyée sous le flot des cris et des rires ivres. Tout ça avait l’odeur du regret et des mauvaises décisions, le goût amer d’une jeunesse sacrifiée et pourtant, Angel y plongeait la tête la première. Tant pis, une fois de plus, une fois de moins, quelle importance là où il en était ? Aucune, voilà. La seule personne qui aurait pu le retenir n’était pas là et lui avait de toute façon fait comprendre qu’il se fichait bien de ce qui pouvait lui arriver. Alors, oui, vraiment, il le demandait à l’assemblée, quelle importance ?
Sa demande silencieuse ne rencontra bien entendu aucune réponse - personne n’avait vraiment attention à lui ou alors avait soigneusement évité son regard, conscient qu’une silhouette pareille n’apportait que des emmerdes - mais Angel, lui, se permit une étude un peu plus poussée de son public. Là, au comptoir, il reconnaissait quelqu’un. Un garçon surgi du passé.
Ça par exemple. Jax Beauchamp, plus en os qu’en chair - il avait toujours été sec, le fils de cette saleté de jardinier - aggripé au bar comme pour ne pas céder au naufrage. À moins qu’il ne se soit déjà noyé au fond de cette bouteille ? Ni une ni deux, Angel prit l’altruiste décision d’aller vérifier et rejoignit son vieux camarade de lycée. Avec un raclement grinçant, il tira un tabouret et s’installa à côté de Jax, qui semblait complètement à côté de ses pompes. Oh-oh. Il n’aimait pas l’expression hébétée de l’ouvrier, encore moins la bouteille qu’il voyait à ses côtés. Ah non, songea Angel, l’esprit déjà embrumé. Lui, il avait le droit de s’abrutir comme il le voulait, mais pas les autres. Et pas les types biens, comme Jax Beauchamp, qui s’était fait foutre raclée sur raclée. C’était pas juste, les choses comme ça. « C’est ta tournée, Beauchamp ? » Il sourit et sans demander la permission, saisit la bouteille de l’ouvrier pour boire à même le goulot. La liqueur bon marché lui enflamma la gorge et il reposa la bouteille dans un bruit sourd et collant, grimaçant, toussotant, avant de reposer son attention sur celui qui avait été, parfois, le compagnon de ses nuits débridées. « Bon, alors, tu craches le morceau ? » demanda-t-il, le menton dans la paume, les yeux posés sur le mine défaite de son ancien camarade de classe. Il ne fallait même pas avoir les yeux en face des trous pour que constater que Jax était au fond de ses propres bottes.

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Message· · Sujet: Re: the strongest of men have the softest of hearts Lun 28 Jan - 20:47

Il décela la présence avant même que la voix ne le force à ouvrir les paupières. Il était bien décidé à ignorer l’intrus, qui qu’il soit. Pas un instant il n’envisagea qu’il puisse s’agir d’Angel et pourtant, la découverte ne l’étonnerait pas davantage. Il n’avait pas envie de discuter, pas envie de revenir à la réalité. Il voulait juste se noyer dans le liquide ambré et en oublier jusqu’à qui il était. À quoi bon être Jax Beauchamp, après tout ? Cela rimait avec malheur, avec solitude, avec amertume, avec regrets. Il aurait donné n’importe quoi, ce soir, pour être quelqu’un d’autre, pour ranger son existence pathétique et ses espoirs dérisoires dans un coin de son esprit et ne plus jamais les en sortir. Il savait que c’était illusoire mais il s’en foutait ce soir.
En attendant, il ne pouvait s’empêcher de se demander si c’était cette noyade que son père avait cherché toute sa vie. Cherchait-il, lui aussi, à oublier, à s’enterrer, à s’anesthésier ? Et presque aussitôt, Jax sut qu’il faisait fausse route. Il pouvait chercher tous les points communs qu’il voulait avec son géniteur, il savait qu’il n’avait jamais été habité – hanté – des mêmes sentiments destructeurs. La haine ne faisait pas partie de lui, même s’il avait profondément détesté son père, même s’il s’était détesté encore plus, persuadé que si son père était si cruel, c’était en grande partie sa faute. Mais cette hargne ne s’était jamais manifestée à l’encontre d’une autre personne. Même Bran, il n’arrivait pas à le maudire, pas vraiment du moins, même s’il s’y efforçait. Il ne parvenait pas à oublier le frisson de dégoût, la lueur affolée, les traits tirés, les mots cruels et injustes, mais il n’en venait pas pour autant au point de haïr le trublion à l’origine de son malheur. Après tout, Bran n’y était pour rien… c’était lui qui avait eu la bêtise d’y croire, même une fraction de seconde. Il ne faisait au final que récolter une chose qui lui pendait au nez depuis des mois. Il ne pouvait s’en prendre qu’à lui-même de n’avoir rien voulu voir venir.
Comme il ne pourrait blâmer personne d’autre quand il se réveillerait avec une migraine le lendemain. Le mal-être général pouvait-il être supplanté par une souffrance physique ? Jax se dit qu’il le découvrirait bien. Après tout, il n’avait jamais bu pour apaiser son coeur, juste son âme. Personne n’était parvenu à s’immiscer jusque-là avant et il constatait que l’expérience du coeur brisé n’était vraiment pas à son goût. Il s’en serait bien passé, tiens, comme il se serait bien passé d’un père tyrannique qui martyrisait femme et enfants, tout comme il se serait bien passé d’avoir été un gamin irréfléchi qui ne propageait que le chagrin autour de lui. Sa mère lui avait-elle pardonné ? Elle ne lui avait jamais fait de reproches mais son chagrin était vif et son regard éteint, son air désincarné, avaient été la punition de l’adolescent, comme si la culpabilité ne le broyait pas suffisamment. Il sut que c’était l’alcool qui parlait, qu’il avait la boisson triste, contrairement à son père qui se métamorphosait en fauve violent quand il avait un verre de trop dans le nez – ce qui arrivait bien trop fréquemment.
La voix, enfin, le tira du tumulte chaotique de ses pensées et les traits maternels disparurent pour laisser place au décor qu’il connaissait par coeur. Jax entrevit son reflet dans le miroir derrière le comptoir et il referma les paupières comme si cette vue était insoutenable. Il ne rouvrit les yeux que pour jeter un coup d’oeil à son voisin qui s’était emparé de la bouteille entamée sans demander la permission. Jax s’en foutait. Son regard vitreux observa le goulot qui se pressait contre les lèvres de l’intrus, le liquide qui glissait vers la bouche de ce dernier et y disparaissait, la pomme d’Adam qui dansait à chaque gorgée. Angel toussa et Jax détourna à nouveau les yeux. Il connaissait l’énergumène, il était imprévisible, l’ouvrier ne savait jamais ce qu’il avait dans la tête et s’ils avaient été sur la même longueur par le passé, il savait qu’ils ne le seraient pas ce soir. S’il avait été assez naïf ou buté, il se serait convaincu qu’il fallait y voir un signe, un moyen de lui faire oublier Brandon Rose. Il était à peu près sûr qu’Angel serait à la hauteur, avec son âme damnée et son corps de démon, mais cette simple image étouffait Jax et il se frotta le nez, comme s’il cherchait à masquer sa mine de déterré de l’oeil acéré de son compagnon débridé.
En vain.
Les mots d’Angel – question ou affirmation ?  – lui arrachèrent un son indéfinissable, entre grondement rauque et gloussement dépité, et Jax attrapa à son tour la bouteille pour boire au goulot. Il soupira et reposa son butin avant de demander, cynique :
- Quoi, t’es psy, maintenant?
Ils n’avaient jamais été du genre confidents, pourquoi cela aurait-il commencé ce soir ? Ils n’étaient bons qu’à noyer leur solitude, qu’à feindre qu’ils n’étaient pas maudits en partageant quelques instants intimes. Ils n’étaient pas amis.
Jax se détourna du comptoir et, tout en fouillant ses poches, déclara d’une voix rugueuse :
- Si c’est un coup dans une ruelle que tu cherches, t’as frappé à la mauvaise porte.
Il continua à se tâter le corps et finit par lâcher un soupir grinçant, avant de se tourner vers son acolyte :
- J’ai laissé mes clopes dans mon camion. T’en as une ?
L’ouvrier avait subitement envie de prendre l’air et il amorça un mouvement pour se détacher de son point d’ancrage des dernières heures puis se ravisa, récupérant son breuvage. Il l’avait payé, non ? Il n’allait certainement pas le laisser pourrir sur le comptoir, même s’il avait choisi une marque bon marché au goût à peine acceptable. Il esquissa un sourire à l’autre trouble-fête, l’air de dire tu croyais quand même pas que j’allais te la laisser? et embarqua sa bouteille. Il marcha vers la sortie d’un pas mal assuré qui trahissait son état d’ébriété, non sans jeter un coup d’oeil à Angel.
Finalement, il n’avait pas envie de rester tout seul et il invita l’autre à le suivre en brandissant maladroitement sa bouteille.
Puis il poussa la porte et sortit. L’air piquant de novembre lui fouetta le visage et il alla s’asseoir sur l’un des appuis de fenêtre du bar qui avait accueilli beaucoup de leurs déboires. Ce soir ne dérogeait pas à la règle.

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Angel Gutierrez

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Message· · Sujet: Re: the strongest of men have the softest of hearts Dim 24 Fév - 15:05

Angel n’avait pas prévu de partir à la chasse des souvenirs ce soir. Il s’étonnait même qu’il puisse en avoir car en compagnie de Jax, la soirée ne se terminait jamais vraiment sobre. C’était leur lot, à eux, les garçons de poussière. Boire, jusqu’à plus soif, boire jusqu’à aller au-delà de l’ivresse, là où tout devenait d’une triste clarté : ils venaient de rien et n’allaient nulle part. Fumer de la mauvaise weed, piquer une bouteille dans une station-service, partir en trombe. Recommencer le week-end suivant, sans but. Un cercle pas forcément infernal, puisqu’ils le traçaient à deux, avant de se perdre dans des étreintes qui les heurtaient plus qu’elles ne les réconfortaient. C’était leur lot.
Et puis ils avaient grandi. Angel était parti au-delà des mers faire une guerre inutile, il était revenu, il avait bu toute sa pension, il avait rencontré Parker et Jax… Eh bien, il ne savait pas du tout ce que Jax avait fait pendant tout ce temps. Depuis combien de temps ne l’avait-il pas vu ? À quand remontait leur dernière véritable rencontre ? Angel aurait été bien incapable de le dire et encore moins maintenant qu’il avait bu sur un estomac complètement vide. Non, il ne savait pas du tout ce qu’était devenu Jax, quel genre d’homme cette existence avait fait de lui. Il se souvenait d’un garçon en colère, mais aussi d’un bon coeur.
Ce qui était rare ici.
Jax lui ravit la bouteille et l’imita. Angel l’observa, tâchant de récolter un indice sur ce visage toujours si fermé. Il était difficile à lire, Jax Beauchamp, même dans ses bons jours et aujourd’hui, well, c’était clairement pas le cas. Quoi, t’es psy, maintenant ? Angel eut un rire qui s’apparentait plus à un reniflement étranglé et il se leva. Ouais, c’est ça, il était psy, psy de comptoir et il écoutait les poivrots lui débiter toutes leurs histoires, merveilleuses et pathétiques, épiques et dramatiques, il écoutait toutes leurs excuses, celles qu’il se racontait à lui-aussi quand il se retrouvait la tête plongée dans le caniveau. Alors, il allait écouter celles de Jax aussi. Pas question de le laisser s’en tirer à si bon compte. Si c’est un coup dans une ruelle que tu cherches, t’as frappé à la mauvaise porte. À nouveau, Angel rit, cette fois de bon coeur. « T’inquiète pas. J’ai trouvé de quoi m’occuper de ce côte-là. » Il avait failli dire ‘j’ai un mec maintenant’ mais ce n’était pas tout à fait la vérité et ça lui faisait un peu mal, peut-être pour ça qu’il avait sifflé un quart de la bouteille de Jax. Qu’importe. Il ne voulait pas penser à lui ce soir, déjà parce qu’il le faisait le reste du temps et que de toutes façons, songer au policier n’allait en rien l’aider à comprendre ce qui se passait dans la tête de Jax Beauchamp. Même si, à en juger par la démarche et la mine défaite, Angel n’avait pas besoin d’être un prix Nobel pour deviner que Beauchamp se coltinait un sacré bagage.
Sans un mot, il suivit Jax dehors. Ça les rajeunissait pas, tout ça. Ils auraient pu être transportés cinq ans en arrière qu’Angel ne s’en serait même pas rendu compte. Toujours les mêmes garçons paumés, toujours le même avenir bouché, toujours la même solitude qu’ils trompaient comme ils pouvaient. Plus ou moins bien, avec plus ou moins de succès, selon les soirs. Et aujourd’hui, tout semblait encore plus incertain.
La nuit lui picota les joues il en eut un peu le tournis. Une seconde, il crut avoir perdu la trace de l’ouvrier mais du mouvement attira son regard et il constata que les bonnes habitudes ne se perdaient pas. Jax s’était installé à l’un de leurs spots habituels et Angel esquissa un sourire délavé, le rejoignant en quelques pas. Généralement, c’était à ce moment-là qu’ils arrêtaient de parler (parler de quoi, de toutes façons ?) et qu’ils commençaient à se rouler des pelles maladroites pour terminer dans le camion de Jax.
Ça semblait si lointain, tout à coup.
Avec des gestes lents, mesurés, Angel tâta les poches arrières de son jean et en tira un paquet de cigarette aplati et écorné. Puis il fouilla dans son blouson et finit par trouver un briquet volé un peu plus tôt. Il alluma une première clope qu’il s’empala de caler entre ses lèvres, puis releva les yeux vers Jax.
Il lui souffla la fumée au visage. Ça le ferait dessouler, tiens.
Il ne rangea pas le paquet de cigarettes ni le briquet. À la place, il les présenta à Jax, comme une offrande. Et c’était bien ce qu’ils étaient, à une condition. « Une clope contre tes pensées, Beauchamp. » Ce n’était pas une question. Jax le connaissait assez bien pour savoir qu’il n’aimait pas être désobéi, et même le fils buté d’un jardinier savait qu’il ne devait pas s’y risquer.

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Message· · Sujet: Re: the strongest of men have the softest of hearts Mar 26 Fév - 13:59

Il était éreinté mais n’avait aucune envie de dormir ou, plutôt, n’était pas certain d’y parvenir. Il avait l’esprit trop tourmenté, obsédé par les derniers mots que Bran lui avait lancés, par la dernière image qu’il avait laissée dans son sillage, avant d’abandonner la chambre. Il n’avait pratiquement pas dormi depuis leur échange, il avait quitté la pièce comme un robot, traversé le couloir comme un voleur, descendu les escaliers comme un homme mortellement blessé et avait erré sur le campus comme un zombie. Il n’avait même pas pris la peine de s’enregistrer au petit hôtel qu’il avait réservé, il était juste parti en quête d’un bar et il s’y était saoulé la gueule jusqu’à ce qu’on le chasse, jusqu’à ce que l’aube arrive et ensuite, il avait encore erré, le temps que vienne l’heure de retourner à l’aéroport. Il était reparti la queue entre les jambes, vaincu, torpillé, lui qui avait cru qu’au moment de reprendre la route, il se sentirait mieux, revigoré, convaincu qu’il décompterait les jours jusqu’au retour de Bran à Thanksgiving ou sa prochaine visite. Mais il n’y aurait pas de Thanksgiving, ni même de Friendsgiving, comme l’avait suggéré Trent. Il n’y aurait rien de tout cela. Dans l’avion, il avait somnolé, la tête prise dans un étau, la gorge enrouée, le cœur en vrac. A sa descente, dans l’Oregon, il avait eu envie de vomir et s’était penché à côté de sa voiture pour dégueuler de la bile, son estomac n’ayant rien à remettre d’autre. Et puis il était revenu à Windmont Bay et il s’était retrouvé face à un dilemme qui n’en était pas un : rentrer chez lui et cuver ? Ou aller droit au Davey’s pour prolonger sa déliquescence jusqu’à l’oubli total, jusqu’à l’anesthésie salvatrice, jusqu’à ce que Bran échappe à ses pensées comme il s’était échappé de sa chambre, en trombe, avec violence.
Visiblement, ce n’était pas au programme de la soirée.
Bran ne le quitterait pas de sitôt. Il était ancré en lui, tatoué sur son cœur malmené, enchainé au moindre souvenir heureux de ces derniers mois. Et Angel… Angel était un fantôme qui hantait la mémoire mais qui n’était pas associé à un souvenir particulièrement heureux, ni malheureux. Avec lui, au moins, il n’était pas question de pleurer un amour perdu, des baisers pailletés. Ceux d’Angel relevaient davantage de la morsure, d’un élan sauvage, d’un empressement animal. Il y avait l’urgence du temps qui est compté, l’insouciance du lendemain. A l’époque, ils se fichaient pas mal de ce dont serait fait le jour d’après. Désormais…  Jax ne voyait pas au-delà de la minute suivante. Et encore. Il avait bien entendu la réponse amusée de son compagnon de jeunesse. Il n’avait pas relevé, il ne tenait pas à savoir quelle personne (garçon ou fille, Jax croyait se souvenir qu’Angel était bien plus ouvert que lui à ce niveau-là) distrayait le voyou. Tant mieux pour lui s’il s’amusait, Jax espérait qu’il n’aurait pas à souffrir comme il souffrait lui-même à cet instant précis.
Jax glissa un regard vers Angel quand celui-ci s’approcha en se tâtant les poches. Il n’en continua pas moins à boire à la bouteille, se fichant bien de ne pas avoir le sac en papier réglementaire pour cacher ce qu’ils consommaient. Il avait toujours trouvé cette pratique ridicule et hypocrite. Comme si les passants ne savaient pas ce qui se cachait dans le sachet ? Le simple fait d’avoir une bouteille emballée trahissait déjà le contenu. Et puis ils étaient près d’un bar et il était tard, personne ne se souciait des deux garçons paumés qui tanguaient l’un près de l’autre, pour la première fois sans arrière-pensée, sans se dire que dans moins d’une heure, ils batailleraient dans un habitacle trop étroit pour leurs grands corps, qui ne faciliterait pas l’effeuillage empressé et maladroit qui menait vers les étoiles. Ce soir, de toute manière, Jax en était sûr, il n’y avait pas d’étoiles dans le ciel.
La fumée de la cigarette fraichement allumée lui caressa le visage et Jax grimaça en détournant la tête. Il étouffa une légère toux dans le creux de son coude et reporta son attention sur le trouble-fête, en se demandant s’il cherchait la bagarre. A la place, il y avait le paquet abimé et le briquet, tendus dans sa direction.
Une clope contre tes pensées, Beauchamp.
L’ouvrier lui décocha une œillade méfiante et soupira en posant sa bouteille sur le rebord pour attraper le paquet et le briquet. Il coinça une cigarette entre ses lèvres et batailla quelques secondes avec la roulette, la main placée en paravent pour que la brise nocturne ne ruine pas ses efforts. Puis il inspira longuement et souffla avec lassitude en rendant ses biens au jeune Gutierrez :
- Tu l’auras voulu…, dit-il, la voix rauque, en portant son attention sur une voiture garée en face. La vie craint. L’amour, c’est de la merde avec un joli ruban. Je n’irai jamais nulle part, je suis coincé dans ce foutu job, dans cette foutue vie. La seule chose bien qui soit arrivée dernièrement, c’est que mon père ait crevé pendant la tempête. Et… c’est tout.
Jax haussa les épaules et tira une nouvelle fois sur sa clope. Cela ne résumait-il pas à merveille son existence pathétique ?
- T’as mieux ? demanda-t-il, plus par automatisme que parce qu’il voulait réellement savoir.
Après tout, la vie d’Angel n’était pas mieux, elle était peut-être même encore un peu plus pourrie que la sienne, même s’il doutait que cela puisse être possible, à cet instant précis.

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Message· · Sujet: Re: the strongest of men have the softest of hearts Hier à 18:25

Il l’attendait sincèrement, cette réponse de la part de Jax. Il voulait comprendre ce qui se passait dans la tête de l’ouvrier, ce qui causait cet abandon total. Là, assis, prostré sur le caniveau, Jax n’avait pas bien l’air différent de lui lors de ses périodes les plus sombres et Angel n’aimait pas franchement l’image que son ancien friend with benefits (ou plutôt, étranger with benefits, car de Jax, il ne connaissait que ce que l’ouvrier avait bien voulu montrer) lui renvoyait. Un doute surgit dans son esprit et il se retourna brièvement pour scruter la ruelle d’un regard méfiant. Et si jamais un flic avait débarqué à l’instant ? Et par flic, bien sûr, il ne voulait pas dire n’importe quel flic, il voulait dire Parker mais il ne se l’avouait pas totalement. Juste à demi-mot, comme ça, floutant le visage de son joli policier mais pas assez pour qu’il ne puisse pas le reconnaître. Qu’en dirait-il, Parker, s’il le trouvait là en compagnie d’un autre garçon pas vraiment plus fréquentable qu’il ne l’était, un autre garçon visiblement ivre ? Angel ne se voyait pas expliquer la relation qu’il avait entretenu avec l’ouvrier. Il n’aurait pas dit quelques mots qu’il connaissait déjà la réaction du policier : le silence, le dégoût, le mépris. La jalousie ? Non, il ne fallait pas rêver.
Mais non, aucun flic, aucune présence dans cette ruelle sombre où venaient se vautrer les âmes brisées comme les leurs. Parker était loin, peut-être en service ce soir. Angel ne le savait pas. Il se surprit à le regretter.
Mais en posant les yeux sur Jax, il savait aussi qu’il ne pourrait pas abandonner son ancien compagnon de beuverie à sa solitude malheureuse. Troquant un regret pour un autre, il fourra ses mains dans ses poches et rentra son cou dans sa veste, observant le grand corps replié sur lui-même se dérouler doucement pour attraper la clope et le briquet. Un mince sourire fendilla les lèvres d’Angel. Un premier pas avait été fait ; d’autres suivraient-ils ?
La cigarette eut un effet auquel il ne s’attendait pourtant pas et il ne put s’empêcher de hausser les sourcils lorsque Jax se mit à ouvrir son coeur et à les inonder tous les deux de cette rancoeur. Angel la connaissait bien, cette colère ; il l’avait longtemps éprouvé à l’encontre de Windmont Bay, il l’éprouvait toujours, mais jamais il ne l’avait entendu être verbalisée et encore moins par Jax Beauchamp qui maniait les mots comme un jongleur aurait manié des pierres brûlantes : en essayant de s’en débarrasser, le plus vite possible. Silencieux, Angel ne cilla pas, même pas lorsque Jax mentionna la mort de son père. Tant mieux, songea-t-il sans éprouver une pointe de honte. Beauchamp senior était une ordure. Il avait suffisamment arpenté le corps de Jax pour le savoir ; combien de fois avait-il fait semblant de ne pas voir les bleus, les écorchures et les marques dont il ne voulait même pas connaître la provenance sur la peau blême de son camarade ? Alors il attendit simplement la fin du coup d’éclat et lorsqu’elle vint, il haussa simplement les épaules comme pour marquer son assentiment.
« Pas vraiment. » répondit-il. Non, clairement, il n’avait rien à offrir de mieux à l’ouvrier. Sa vie était aussi merdique, tournait tout autant en rond. Il n’allait pas mentir à Jax, pas quand il était d’accord sur la plupart des points que l’ouvrier venait d’énoncer. C’était vrai : ils faisaient partie de cette jeunesse désenchantée, en marge du reste de l’existence. Le monde tournait et eux restaient sur le banc de touche, retenus en arrière par leurs circonstances mais aussi par leurs choix et parfois, les deux se mélangeaient. Tout ça, Jax le savait déjà alors pourquoi le lui répéter ? Pourquoi lui mentir en essayant de le convaincre du contraire ? Angel savait que l’ouvrier lui rirait au nez. S’il y avait bien une chose dont les gars comme eux n’avaient pas peur, c’était de la vérité crue, qu’on leur balançait au visage jour après jour. Pauvres. Bêtes. Bons à rien. Ils le savaient déjà, alors à quoi bon ressasser ?
Les mains fourrés dans les poches de son blouson usé, Angel se mâchonna la lèvre tout en fixant Jax. Honnêtement, il était désolé pour lui. Il le voyait bien, qu’il avait mal, qu’il souffrait comme jamais. « Tu m’apprends rien, Beauchamp. » lâcha-t-il sans s’émouvoir cependant et il fit un pas vers lui, puis deux, pour finir par s’asseoir aux côtés de l’ouvrier. Il chaparda la bouteille de whisky et en but une nouvelle rasade, observant Jax du coin de l’oeil, avant de lui donner un coup de coude amical. « Tu dois vraiment être mordu pour que ce mec commence à te faire philosopher comme ça. J’pensais pas que tu savais aligner tant de mots. » Parce que c’était ça, le problème, non ? L’emploi de ce mot si incongru - amour - n’était pas tombé dans l’oreille d’un sourd et Angel, sans même posséder la moitié de ses neurones certainement disparus quelque part entre le champ de bataille et derrière le comptoir du Davey’s avait bien compris que Jax Beauchamp souffrait d’un authentique coeur brisé. Ça lui pendait au nez, de toutes façons : depuis toujours, Jax était ce type au coeur trop bon, trop grand, trop sincère. Il allait au désastre, c’était couru d’avance. « Il a besoin qu’on lui mette une baffe ? J’y vais, moi, si tu veux. En souvenir du bon vieux temps. » Ça coûtait rien de proposer ; et puis, il était sérieux. Non, vraiment, si Jax voulait qu’on foute une raclée à celui qui lui avait piétiné le palpitant, Angel proposait ses services sans hésiter.

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