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 ( one for the road ) / emerson.

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just a lost boy not ready to be found.

Wes Byrnes

messages : 1510
name : marido @ castiells.
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multinicks : alexandrine, citra, neil, tori, velma.
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Message· · Sujet: ( one for the road ) / emerson. ( one for the road ) / emerson. EmptyJeu 13 Déc - 19:06

emerson & wes.
the mixture hits you hard, don't get that sinking feeling, don't fall apart,
some out of tune guitar, soundtrack to disaster.
@Emerson Moore

Il n’aimait pas l’alcool, encore moins les effets pernicieux de celui sur son organisme, et pourtant, il n’avait fait que boire pendant des heures au point d’en perdre toute notion du temps. Un verre en avait rapidement entrainé un autre, et il avait fini par cesser de compter. Cependant, malgré ses efforts,  l’esprit demeurait étrangement lucide, comme si on lui refusait toute chance de se changer les idées. Un mal pour un bien… Foutaises bien pensantes. Il avait merdé du début jusqu’à la fin, voilà ce qu’il fallait retenir, et à présent, il ne pouvait que contempler ses propres bévues en essayant de trouver ce qui avait dérapé. Mais à force de ressasser tout ça en boucle, Wes se faisait plus mal qu’autre chose, ce n’était jamais bon de rejouer la scène un nombre incalculable de fois. Au mieux, on comprenait l’instant précis où le grain de sable avait enrayé la mécanique, au pire, on regrettait d’avantage ses paroles maladroites. Il eut un soupir désabusé, et paya au gérant ses consommations multiples d’un air nonchalant voire désabusé. Il avait besoin de sortir, de sentir la bise cingler son visage rougi. Mains dans les poches, il remonta la grande rue, la mine patibulaire et l’œil vitreux, de cette lueur indéfinissable. Il commençait à avoir la nausée, mais refusait de retourner chez lui pour se morfondre entre quatre murs décrépis à l’instar des jours précédents. Tout ou presque là-bas, était matière à remembrances, aussi futile soit-il. Malgré une poignée de mois ensemble, et une relation somme toute à ses balbutiements, Felix avait laissé sa trace dans l’appartement. C’était l’écho d’un rire dans le salon, des couvertures défaites auxquelles il n’avait pas touché, ce détail singulier sur lequel ils avaient rigolé ensemble ou encore des affaires personnelles qui trainaient négligemment sur une chaise. Inconsciemment, le garçon s’était étalé partout, et avait chamboulé sa vie, qui ne serait plus tout à fait pareil qu’autrefois. Un vide immense avait pris place dans sa poitrine ; un vide qu’il fallait combler par n’importe quel moyen, car il était quasiment certain, que rien ne retournerait à la normale après ces échanges houleux, où tous deux s’étaient perdus en reproches acerbes. Il n’y avait pas eu de suite et chacun avait fini par se terrer dans un mutisme confondant, qui ne laissait guère présager quoi que ce soit de bon pour l’avenir. Wes pouvait désormais se considérer célibataire, et la simple pensée avait de quoi compresser son estomac d’une douleur horrible. Lasse, il la refoula aussitôt dans un coin.

Le vent siffla dans ses boucles blondes et le fit trembler en dépit de son manteau épais. Voilà qu’il avait froid maintenant… Il leva les yeux pour chercher un endroit où se poser, puis se dirigea vers un établissement aux larges fenêtres éclairées. Il s’arrêta un instant, rêveur incompris, pour contempler les lueurs jaunes qui dansaient sur le trottoir, au gré des ombres de ces arbres malmenés par le vent. Ça lui rappelait vaguement cette fameuse nuit, où il s’était senti invincible, capable de défier le monde et l’univers tout entier. C’était si loin et néanmoins si proche… Il rentra à l’intérieur, accueilli par une chaleur tendre et quelques notes de musique volubiles. Wes retira son écharpe, et alla s’installer au comptoir, où il commanda la boisson de l’établissement, un mélange quelconque de différents breuvages. Autour de lui, ils étaient pas mal, eu égard à l’heure précoce de la soirée, mais tous donnaient l’image d’être habitués des lieux. Pour sa part, il connaissait vaguement l’endroit de vue, mais y mettait les pieds pour la première fois seulement. Le nez perdu dans son verre, il avala le liquide sirupeux qui brula sa gorge, et se mit à fixer le vide. Demain serait différent, c’était ce qu’il se disait, en songeant à cette routine qui était la sienne. Les devoirs s’empilaient sur le bureau, et les examens approchaient, le pire était à craindre même si il n’avait pas la tête à ça. Heureusement Noel approchait rapidement et avec un peu de chance, ses songes retors finiraient par s’effacer d’eux-mêmes. Dans son dos, la mélodie repartit de plus belle, accompagnée par une voix masculine assez douce, qui lui donnait l’étrange sensation de déjà-vu. En se retournant sur son siège, il vacilla, faisant tomber la bouteille. Cette dernière se brisa par terre dans un fracas sonore, arrachant à ses voisins des haussements de sourcils intrigués. « Putain… » Il s’empressa de se pencher pour en ramasser les bris, mais s’interrompit en plein geste, alors que les pièces du puzzle s’assemblaient enfin. Le regard glissa sur la silhouette du chanteur qui avait pris possession de l’estrade de fortune. L’intuition fut confirmée ; il s’agissait de Emerson, une connaissance fortuite faite à Halloween, dont il avait gardé un souvenir positif. Immobile, ses doigts collants de bière, il l’écouta, captivé par le timbre tiède. Les prunelles se croisèrent et il fit un petit signe du menton, se laissant bercer par la chanson entrainante.

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Emerson Moore

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Message· · Sujet: Re: ( one for the road ) / emerson. ( one for the road ) / emerson. EmptyDim 16 Déc - 20:28

Cela ne faisait que quelques semaines qu’Emerson avait bravé sa peur de se trouver seul sur scène mais il trouvait la chose chaque fois un peu plus aisée. Comme s’il était fait pour la lumière autant que l’ombre, comme si la scène l’attirait comme un aimant. La première fois qu’il était monté sur la petite estrade de ce bar discret, vivotant à l’ombre d’ancêtres comme le Good Times at Daveys, cela avait été en quelques sortes le fruit du hasard car ce n’était pas la première fois qu’il se rendait là pour écouter les quelques musiciens qui s’y produisaient, offrant des versions acoustiques de musiques très diverses. Longtemps, le jeune homme les avait admirés d’oser s’offrir à un public tantôt attentif, tantôt distrait, de grimper à la suite d’un chanteur doué pour jouer à leur tour les quelques accords qu’ils connaissaient, mais Emerson avait rapidement constaté que les gens étaient cléments, même avec les débutants, qu’ils souriaient parfois aux maladresses de certains mais ne manquaient pas d’applaudir à la fin de chaque prestation. Il avait découvert que plusieurs artistes avaient pris l’habitude de venir partager leurs talents et qu’il y avait de nombreux habitués à venir nourrir le doux brouhaha de la salle principale. L’enseigne ne payait peut-être pas de mine mais elle avait un côté chaleureux qui avait poussé Emerson à y revenir, seul ou avec ses collègues, juste pour pouvoir s’immerger dans un autre type d’ambiance, loin des lumières aveuglantes et des baffles gigantesques de la salle de spectacle. Et puis il y avait eu ce soir où il y avait eu un problème et la personne qui gérait le matériel son n’avait pas pu venir. Emerson avait proposé son aide spontanément et au moment où le premier musicien grimpait sur scène, il l’avait invité à se joindre à lui. D’abord, le jeune homme avait décliné nerveusement mais quand l’autre s’était mis à inviter les clients à l’encourager, Emerson n’avait pas osé refuser. Pour la première fois de sa vie ou presque, il s’était glissé sous le doux halo du spot principal et avait pu constaté que les visages ne devenaient plus que des ombres, que les silhouettes se fondaient les unes dans les autres et une fois qu’il avait eu une guitare entre les mains, il s’était lentement détendu. Ce premier soir, il n’avait pas ouvert la bouche, se contentant de jouer des airs de classiques indémodables puis, peu à peu, soir après soir, il s’était mis à jouer avec les uns et les autres, préférant tout de même le confort de la batterie en retrait.
Combien de temps aurait-il continué comme ça s’il n’y avait pas eu ce fameux soir où une jeune femme avait voulu s’essayer au micro mais avait été prise d’un trac tel qu’elle en avait été tétanisée. Malgré les quelques applaudissements, elle était restée devant le micro, les yeux arrondis de peur, alors que le guitariste avait commencé à jouer le morceau. Pris d’un élan qui l’avait lui-même surpris, Emerson s’était avancé près d’elle et avait entamé la chanson, comme pour lui montrer qu’il n’y avait rien à craindre. Tout cela alors que son coeur menaçait de s’échapper d’entre ses lèvres, emporté par sa voix douce et posée. Au bout de quelques phrases, la demoiselle avait fini par libérer son joli timbre et Emerson avait davantage passé le reste de la chanson à l’écouter qu’à l’accompagner. Depuis, il était l’un des premiers à s’avancer sur la scène, comme s’il chauffait la salle ou encourageait les chanteurs et musiciens en herbe à lui succéder et ce soir, il s’était assis au piano, son deuxième refuge après la batterie, pour entamer une reprise d’un morceau qui l’avait longtemps hanté. Ses doigts s’étaient naturellement placés sur les touches et il avait entamé le morceau, concentré sur ses mains plutôt que sur les regards rivés sur lui.
- There is a swelling storm... and I'm caught up in the middle of it all… and it takes control of the person that I thought I was… the boy I used to know
Il ferma les yeux et se perdit dans les paroles et la mélodie, ayant subitement l’impression d’être seul au monde. Impression qui s’échappa au son d’un verre – ou d’une bouteille en l’occurrence – brisé. Les paupières d’Emerson se rouvrirent pour se concentrer sur l’endroit d’où provenait le son mais il ne perdit pas le fil de son texte, bien qu’il reconnut le garçon qu’il avait rencontré le soir de la fête d’Halloween où tout le monde avait été malade.
- It comes and goes in waves… it always does… It always does. We watch as our young hearts fade into the flood, into the flood...
L’attention du jeune homme se porta sur lui et Emerson en conclut qu’il se souvenait également de leur rencontre, ce qui le poussa à esquisser un sourire discret avant de reprendre son sérieux pour continuer et terminer la chanson. Les dernières notes moururent et un léger silence fit danser l’air avant que les paumes se mettent à applaudir. Emerson les remercia brièvement, toujours aussi intimidé, même s’il prenait de plus en plus de plaisir à chaque prestation, avant d’abandonner son siège et la scène.
Il rejoignit Wes et vint s’accouder au comptoir :
- Hé, Wes, c’est ça ? Tu veux une autre bière? demanda-t-il en donnant un coup de menton vers les vestiges de la bouteille. Les toilettes sont au fond si tu veux te laver les mains. Je peux commander un truc en attendant, si tu veux?
Emerson aurait bien sûr pu partir du principe que le jeune homme n’était pas seul et attendait simplement quelqu’un mais quelque chose (l’instinct ou un pressentiment) lui laissa penser le contraire.
- Est-ce que ça va?

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Message· · Sujet: Re: ( one for the road ) / emerson. ( one for the road ) / emerson. EmptyLun 4 Mar - 20:13

Le verre éclaté sur le sol avait tout l’air d’un mauvais présage. N’importe quel amateur d’ésotérisme aurait pu trouver mille explications dans la forme que prenaient les bris à travers la mousse suintante. Avenir terrible, malchance amoureuse, perte d’argent, tout était bon pour arnaquer le premier naïf un peu trop crédule. Lui, ce qu’il voyait, c’était sa vie, faite de bric et de broc, pas fichue de tenir de façon pérenne, et véritable dédale de péripéties à n’en plus finir. Le père au firmament, l’homosexualité refoulée, l’alcoolisme du premier susnommé, la tromperie, la découverte d’une sœur qu’on n’attendait pas, et puis un amour inattendu qu’on avait arraché sans vergogne. Il grimaça, les larmes aux yeux et la bouche pleine d’amertume. Il se foutait bien de ce que Felix avait pu dire sur la sincérité de ses sentiments, ou de ses intentions… Il l’avait aimé – il l’aimait toujours – son petit ami pouvait bien tordre ses mots pour le transformer à sa guise, jamais il ne réussirait à atteindre cette partie de lui. Fut-ce la dernière chose qui resterait d’eux, il la garderait précieusement à l’abri. Du bout de sa semelle usée, il effleura les morceaux éparpillés, indifférent à l’agitation environnante, comme pris d’une rêverie soudaine où les cauchemars se mêlaient à une réalité qu’on ne voulait plus voir dans son entièreté. Ainsi les miettes et les reflux de bière roulèrent sous le caoutchouc, pour constituer une ligne discrète. Il ne releva les yeux qu’en entendant la voix chaude aux accents chantant qui filait sur une mélodie inconnue. Ça lui disait vaguement quelque chose, tant les trémolos appuyés que les notes elles-mêmes. L’œil vitreux chercha un port où s’amarrer, et tomba sur la silhouette longiligne sur la petite scène. Ils étaient plusieurs là-haut, mais il ne voyait que le garçon imperturbable, qui continuait d’enchainer refrains et couplets tout emmitouflée d’une aura énigmatique. Il se mordit les lèvres, conscient que quelque chose lui échappait, sans trop savoir quoi avec exactitude. Impatient, il se mit à chercher. Il lui fallut un certain temps  pour que l’esprit embrumé ne retrouve le nom, et quand enfin l’information pointa sur le bout de sa langue, il ne la lâcha pas. Fasciné par le spectacle envoutant, qui l’avait pris au piège de ses griffes, il s’appuya contre le bar, bercé par l’artiste auquel il rendit un sourire maladroit. Quand celui-ci termina, il copia ses voisins en applaudissant prestement. De rares éclats s’enfoncèrent dans la chair tendre de sa paume, le faisant grimacer d’une douleur maligne. Il s’essuya les mains sur son pull pour en ôter le principal, et sursauta en voyant Emerson approcher à pas de loup. Égaré dans ses bêtises gauches, il ne l’avait pas vu arriver. « Oui je… Une bière c’est bien, c’est…  merci je reviens. » Il s’esquiva sur le côté pour filer vers les toilettes, en prenant soin de rien renverser de supplémentaire sur son passage aux pas horriblement collant.

Là-dedans, outre être terriblement exigu ça sentait horriblement mauvais alors il se dépêcha de se décrotter les menottes. À l’aide d’un mouchoir qu’il plaça sous le robinet, il nettoya la plaie bénigne, faites de points minuscules, qui n’étaient pas sans ressembler aux étoiles dans un ciel d’encre. Quand ce fut terminé, il se passa un peu d’eau sur la figure, histoire de se donner un coup de fouet. Il rejoignit Emerson, d’un air déboussolé et retrouva son coin près du comptoir. « Merci beaucoup. » Il désigna la bière du menton, avant d’en prendre une lampée, mais le liquide était âpre dans sa gorge et arracha un gargouillis contrarié à son estomac noué. « C’est cool de se croiser après Halloween, c’était une sacré histoire tout ça. Les petits toasts au gout étrange… » Wes se fendit d’un sourire, au souvenir de cette soirée pas si lointaine, qui avait eu des retombées on ne peut plus étranges. Il avait cru lire un truc à ce sujet dans le journal le lendemain de la fête : l’eau avait été empoisonnée par quelqu’un ; l’enquête suivait son chemin. Pour sa part, il se rappelait surtout des crampes horribles qui avaient succédé la dégustation de mets à l’allure répugnante. D’ailleurs, s’il ne se trompait pas, son nouvel ami avait plutôt bien rigolé de son désarroi au combien expressif. Mais ce n’était pas méchant, il en avait la certitude, Emerson donnait l’impression d’être un mec simple et honnête, le genre de personne sur qui compter en cas de pépin. Il était comme lui en définitive, perdu dans la masse. « Tu… Ça fait longtemps que tu chantes ici ? C’était beau ce que t’as fait, ça m’a… Les paroles elles étaient... ça m’a …  pris de court. » Il haussa les épaules pour tromper sa gêne et poursuivit. « Je ne viens jamais dans ce bar, c’est la première fois. Je sors pas souvent d’habitude, j’ai un peu de mal avec l’alcool. » Ce qui pouvait paraitre complètement hypocrite, eu égard à sa mine rougie et ce qu’il tenait entre ses doigts. Pourtant, c’était la vérité, il se tenait un maximum à distance des substances alcooliques, par peur viscérale de finir comme son père. Aujourd’hui était une exception particulière, un moyen stupide de noyer ses pensées ténébreuses lorsqu’en définitive, il ne faisait que les ressasser en boucle. « Je veux pas te retenir hein, je vais rester un peu là et rentrer chez moi. » Le plus tard si possible, afin de ne pas se retrouver seul trop rapidement entre ces quatre murs, qui lui faisaient horreur maintenant que l’autre s’était envolé.

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Message· · Sujet: Re: ( one for the road ) / emerson. ( one for the road ) / emerson. EmptyMar 12 Mar - 14:09

Il ne connaissait pas vraiment Wes, il ne pouvait dès lors savoir si la moue méfiante qu’il avait arborée quand ils s’étaient rencontrés était son tempérament habituel ou un moment de réserve dû à la singularité de l’activité à laquelle ils s’étaient adonnée. Ils se rappelaient sûrement tous les deux la façon dont s’était terminée la soirée. Pourtant quelque chose lui disait que le garçon n’était pas au top de sa forme. Peut-être que c’était à cause de la maladresse apparente qui donnait à Wes un air fébrile. A moins que ça soit quelque chose de plus profond qu’Emerson ressentait, pour une raison ou une autre. Il ne pouvait pas se douter des tourments du jeune Byrnes. Comment imaginer la figure paternelle de ce dernier, même si lui-même n’avait pas eu un père tendre ? Comment deviner le mal-être qui l’avait longtemps étreint ? Et pourtant, si Emerson avait découvert tout ce qui hantait son compagnon, il aurait certainement pu être une oreille attentive. Il savait la douleur d’être reclus dans un endroit sombre de son esprit, sans lumière, sans air. Il savait la solitude de se sentir incompris. Il savait que s’ouvrir au monde n’était pas chose aisée mais quelqu’un – Sami – lui avait rappelé que ce n’était pas en restant dans son coin, à se méfier du reste du monde, qu’il allait pouvoir éprouver la sérénité tant espérée, ni accessoirement rencontrer quelqu’un avec qui partager sa vie. Il ne pouvait pas déceler non plus que c’était une partie de ce qui rendait malheureux le garçon aux boucles de blé. Peut-être que s’il l’avait davantage connu, il aurait pressenti le chagrin, la solitude, l’incompréhension, la colère. A la place, il hocha simplement la tête en regardant le garçon s’éloigner.
Tourné vers le comptoir, il attira le regard du barman et commanda deux bières. Les deux bouteilles furent posées devant lui et il décida d’attendre le retour de Wes pour prendre sa première gorgée. Sous sa chaussure, il sentit les bouts de verre et il baissa les yeux pour les pousser du pied plus près du comptoir, là où ils seraient moins gênants. Il ne releva la tête qu’en entendant la voix du jeune Byrnes, déjà revenu des toilettes.
- Pas de problème. Avec plaisir.
Il se sentait un peu nul dans ses formules mais il manquait de pratique avec de presque inconnus, il lui fallait reprendre ses marques, réapprendre à ne pas se retrancher dans le silence ou dans la crainte d’être analysé. Il n’y avait pas un panneau aux lettres lumineuses pour signaler qu’il était introverti, pour dévoiler que ses papiers n’étaient pas en accord avec son genre. Wes ne le savait pas et sans doute que Wes s’en ficherait complètement.
Emerson but au goulot et acquiesça quand son compagnon reprit la parole, rassuré de le voir faire également un effort.
- J’ai cru comprendre que ce n’était pas eux les responsables de cette cascade de vomi…, répondit Emerson avec un sourire en coin. Moi je les avais trouvés bons, en tout cas !
Mais peut-être était-ce un coup de chance, peut-être qu’il aurait pu tomber sur bien pire. La question ne se posait plus, de toute manière, et il s’adossa au comptoir pour observer la personne qui lui avait succédé sur scène, se demandant quel morceau elle allait jouer. Il reporta cependant rapidement son attention sur Wes, qui le complimentait pour sa performance. Rougissant légèrement d’embarras, Emerson but une autre gorgée avant de répondre :
- Non, pas vraiment. Deux ou trois semaines, tout au plus. Je venais souvent écouter mais je ne montais jamais sur scène, confia-t-il avec un léger haussement d’épaules. Puis le hasard a fait que…
Il acquiesça cependant aux balbutiements de son interlocuteur :
- Dean Lewis est un magicien, confirma-t-il. Chacune de ses chansons me touche d’une façon ou d’une autre. C’est plutôt rare. J’ai l’impression qu’il n’y a rien à jeter dans son répertoire.
Emerson songea que s’il avait l’occasion de voir l’artiste en concert, il n’hésiterait pas une seule seconde.
- Je comprends. Je ne suis pas un grand buveur non plus, lui assura Emerson avec un clin d’œil amical. Tu devrais venir, même sans boire d’alcool, je veux dire. Rien que pour écouter les musiciens et les chanteurs qui se produisent. Ils ont tous un petit quelque chose à eux.
Il ne cherchait aucunement à faire la publicité pour le bar mais il trouvait sincèrement que l’ambiance y était chaleureuse et posée. On ne dansait pas constamment sur les tables mais au moins on s’y sentait rapidement à l’aise. C’était presque le second lieu préféré d’Emerson à Windmont Bay.
La dernière remarque de Wes fit cependant naitre quelques soupçons et le jeune Moore reporta sur lui un regard plus attentif, cette fois. Il le dévisagea, la mine sérieuse, puis esquissa une ombre de sourire :
- Je n’attends personne. Je pensais faire pareil, rester un peu puis rentrer. On peut se tenir compagnie, si tu veux ? Je ne veux pas m’imposer mais j’ai l’impression que tu en aurais bien besoin… Je me trompe ?
Le jeune homme pinça les lèvres puis osa s’aventurer un peu plus loin, prudemment toutefois, d’une voix lente :
- Je sais qu’on ne se connait pas mais si jamais tu as besoin de parler, je suis là.
Il savait à quel point ouvrir son cœur pouvait faire du bien. Il en avait fait l’expérience quelques semaines plus tôt, lorsqu’il avait parlé avec Sami de ce qui le tourmentait. Si la chose n’était pas vraiment résolue, cette discussion lui avait au moins permis de relativiser et de reprendre courage.

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Message· · Sujet: Re: ( one for the road ) / emerson. ( one for the road ) / emerson. EmptyDim 19 Mai - 20:43

Il n’était pas de ces gens, si prompts à s’épancher sur leurs problèmes et s’émouvoir auprès du premier venu. Il était discret, préférant de loin tout garder pour lui jusqu’à atteindre la fêlure ultime, celle qui le ferait irrémédiablement craquer. C’était son caractère, et il n’était pas prêt d’en changer : malgré toute sa bonne volonté, il possédait l’essence même d’un solitaire taciturne, facilement enclin au dénigrement personnel rarement objectif. Pourtant, il en avait des accointances, ou des proches, qui, régulièrement s’empressaient de prendre de ses nouvelles, comme on le faisait tantôt pour soulager sa conscience ou avec bienveillance. Mais à tous sans exception, il mentait, omettait les détails importants pour ne pas les déranger, ou tomber dans cet état d’apitoiement qui lui faisait tant horreur chez certains. De toute façon, les mots venaient rarement dans la bouche pour exprimer clairement ces humeurs changeantes qui  étaient les siennes. Le silence était donc la règle d’or absolue en la matière, en dépit, de sursauts ponctuels, où il se confiait (principalement) à sa meilleure amie. Tout juste des bribes, rien de bien juteux, car sa vie était morne voir insipide : il ne se passait pas grand-chose d’extraordinaire. La débauche d’un père compliqué, des problèmes d’acceptation de soi, et une scolarité en roue libre, voilà ce qui le préoccupait en général. Sauf que l’ordre naturel auquel il était si farouchement attaché, avait été incroyablement bouleversé ces derniers mois, par l’arrivée brutale d’une personne dans son quotidien. Personne, qui, avait filé dans un tourbillon aussi rapidement qu’elle avait débarqué en fichant tout sens dessus ni dessous. C’était d’ailleurs la justification de sa présence dans ce bar, à observer d’un œil las, des prestations musicales d’amateurs qu’il enviait pour des raisons obscures. Ils avaient un talent, un truc auquel se raccrocher, quand, le monde semblait avoir tout bâclé en ce qui le concerne. Wes eut un soupir prostré, et plongea le nez dans la bière offerte, au gout triste et amer. Pouvait-il parler de tout ça à Emerson ? Il l’ignorait, ou redoutait l’ennui qu’une telle conversation engendrerait chez ce parfait inconnu, qui avait surement des projets plus passionnant que de se taper les élucubrations d’un garçon morose. Il reprit une seconde gorgée de sa boisson, essayant de faire un effort pour ne pas plomber l’ambiance et la connexion infime qui les liait depuis cette soirée étrange d’Halloween. Il gardait un souvenir positif de l’évènement, même si son estomac aurait probablement réfuté le contraire. « Je crois que t’es le seul à avoir aimé ça. Je suis rentré chez moi avec une boule au ventre… » Il rigola de bon cœur, quoi qu’un peu affable à cause de la fatigue et de ce qui le rongeait atome par atome. Il se rappelait avoir couru aux toilettes, persuadé d’avoir été empoisonné par les petits fours douteux concocté pour l’occasion effrayante. Au final, plus de peur que de mal en ce qui le concernait. La presse avait dès le lendemain dévoilé la supercherie, sur cette incroyable histoire d’eau polluée, qui avait été le sujet par excellence des ragots entre les habitants. Y compris pour sa voisine de pallier, une vieille dame un peu sourde, pour laquelle il lui arrivait tantôt d’aller faire les courses afin de la soulager de ce fardeau.

Voyant Emerson jeter un coup d’œil sur le côté, il s’intéressa à son tour à la scène où quelqu’un venait de prendre la relève de son camarade. Une fille commençait à s’installer là-bas, pendant que les spectateurs patientaient dans une atmosphère agréable. À croire qu’il était le seul à broyer du noir – ou du moins à le montrer de façon si ostentatoire. Il se demanda un instant ce que ça se faisait d’être là-haut, à la merci des uns et des autres, à l’instar de ces jeux romains destinés à amuser un public redoutable. Il frissonna. Jamais n’aurait-il pu se livrer à un tel exercice, la pression devait être terrible, et il ne pouvait qu’admirer ceux qui s’y osaient, assez courageux pour braver leurs craintes quand elles étaient là. « Pourquoi ? Parce que tu avais le trac ? » Suggéra-t-il curieux de comprendre, comment le déclic avait-il pu s’opérer chez Emerson. Était-ce un simple coup de tête ? Ou le fruit d’une réflexion poussée ? Il avait le sentiment que ça pouvait l’aider de se raccrocher à ces expériences qui ne lui appartenaient pas. Une sorte de modèle à copier, facile à suivre en cas de pépin, pour celui qui détestait sortir des cases préconçues. « Je ne connaissais pas du tout. Faudra que j’écoute ça un de ces quatre. » Il eut un sourire sincère, déjà curieux de découvrir ce chanteur méconnu à son répertoire assez éclectique au demeurant. Toujours avec son casque fiché sur les oreilles, il arpentait le dédale de la fac, en passant du classique au rap, jusqu’au rock. « J’essayerais, je ne passe pas trop souvent dans le coin. J’ai tendance à filer directement chez moi le soir, mais l’ambiance a l’air cool. » Il hocha le menton, zieutant à nouveau les parages. On était à l’opposé des boites de nuit, où ses potes d’antan trainaient en permanence, pour danser sur des notes inaudibles en agitant la tête dans tous les sens. Ici, on pouvait discuter tout en continuant de parler, ce qui était un véritable luxe dans ce monde où le bruit était omniprésent en permanence. « Quoi ? » Répondit-il plus brusquement qu’escompté à la remarque d’Emerson, à qui son malaise n’avait pas échappé – et comment, il portait ses faits d’arme sur chaque parcelle de sa peau, à l’instar de cette sempiternelle moue boudeuse. « Pardon je… Ouais ça me fait du bien de me vider un peu la tête. Merci. » Le ton se fit plus doux, Wes était reconnaissant de l’avoir retrouvé au hasard de ses pérégrinations erratiques. La démarche de Emerson avait l’air honnête, pas poussée par une pitié soudaine, et il en était soulagé, se refusant d’être le fardeau de qui que ce soit, même pour quelques secondes éphémères. « Non enfin… J’aime pas trop parler de moi en général, je ne sais pas c’est juste que… » Il se surprit à rougir ardemment, complexé par des maux qui en définitive étaient ceux de tous un tas de personne au quotidien, mais qui, pour l’instant l’accaparaient. « J’étais... Je me suis disputé avec mon… avec mon petit ami. » C’était la première fois que l’expression franchissait ses lèvres depuis le début de sa relation en dents de scie. Certes l’employait-il, en la compagnie du principal intéressé, et peut être l’avait-il usé auprès de Leslie cependant il le conservait habituellement en son for intérieur, tel un secret précieux. Pour autant, Emerson avait l’air d’être un peu comme lui, et guère amène à la moquerie, du moins il l’espérait, il n’était pas prêt d’encaisser une énième déception pour la soirée. « C’est fini et je… » Il haussa mollement les épaules plus pour chasser l’amertume étouffante que par dépit. Ce qui était arrivé n’était en définitive que la suite logique d’évidences criantes. « J’ai déconné, je me suis trop attaché et je pensais pas souffrir autant. Tu vois ce que je veux dire ? Sur le moment j’avais envie de hurler, maintenant je crois que j’encaisse juste le contrecoup. Parfois malgré tous nos efforts, les choses ne tournent pas comme on voudrait j’imagine... » Ce qui était ni vrai ni faux, en réalité il oscillait entre divers états d’âme.

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