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 Let me lie low with you | Victoria

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Message(#) Sujet: Let me lie low with you | Victoria Sam 21 Nov 2009 - 17:22

    Certains jours ne laissent rien paraitre de la suite qu'ils vont avoir. C'est bien simple, on serait prêt à parier sur leur déroulement, sur les personnes que l'on va croiser et les choses que l'on va réussir à effectuer, mais rien ne se passe comme prévu. Tout s'effectue sans aucune logique; les évènements se poursuivent les uns les autres comme ils viennent, sans que l'on ne puisse trouver une raison à tout cela. Tout le monde connait des journées de ce genre, avouez. Et l'on se languit généralement qu'elles se terminent car elles apportent plus de mauvaises surprises que de bonnes. Sauf que... Il arrive que le contraire se produise. Que ce que l'on avait prit pour un mal ne le soit finalement pas, et que, une fois allongé dans son lit, les yeux fixés sur le plafond en attendant que vienne le sommeil, on se dise que le hasard -ou le destin, simple divergence de point de vue- fait bien les choses quand il y met un peu de bonne volonté. Car tout évènement ne tient pas à grand chose quand on y réfléchit bien, ce n'est qu'une histoire de choix et de conséquences. En prenant le parti de prendre une rue plutôt qu'une autre, de monter dans le bus précédant ou de rater le premier cours de la journée, qui sait ce qui peut se passer? Il ne reste donc que l'expérience, en admettant qu'elle soit possible. Et pas de chance, aujourd'hui elle n'était pas au programme. Mais reprenons du début.

    On était en plein milieu de la semaine, mois de novembre, des feuilles mortes sur le goudron et des voitures parfaitement alignées sur leurs places de parking. Quelques gamins en retard qui couraient pour avoir leur bus de ramassage scolaire et d'autres, le nez à la vitre, que leurs parents conduisaient en 4x4 pour ne pas fatiguer les petits jambes enfantines. Des nuages gris dans le ciel et moi qui me demandais si je n'aurai pas mieux fait de prendre mon parapluie en partant. Début de journée, début de matinée, et la fatigue qui se faisait déjà sentir. Ça devait faire deux semaines que je ne dormais pas plus de trois ou quatre heures par nuit, et même si je n'avais jamais été un gros dormeur les nuits blanches commençaient à se faire sentir. Habituellement je marchais vite, plus pour rattraper le temps qui m'avait devancé que par choix, mais là faire le trajet jusqu'à la fac me paraissait être beaucoup plus long que d'habitude. Une fois entre les draps, au lieu de me reposer comme le ferait n'importe qui, j'essayais de comprendre comment tout avait pu s'accélérer autour de moi de cette façon, et comment j'avais pu perdre à ce point tout contrôle sur les évènements. J'avais cru aimer, pensé que j'avais trouvé quelqu'un avec qui j'étais bien, mais une fois de plus tout s'était désintégré en plein vol. Je ne pouvais même pas lui en vouloir d'avoir trouvé quelqu'un d'autre puisque moi aussi j'avais en partie succombé à la tentation de voir ailleurs. Mais des deux côtés je m'étais fait larguer, et l'un comme l'autre étaient douloureux. Avec le temps l'effet de brulure se calmait, près de trois mois après j'avais relevé la tête hors de l'eau, mais une relation d'un an et demi laissait forcément des traces, même si les sentiments avaient peu à peu disparu en faveur d'une douce routine. Quoi qu'il en soit, je continuais d'y repenser, non pas comme on le fait avec nostalgie envers ses ex, mais pour essayer de comprendre comment tout avait foiré. De ce qui s'était passé en Angleterre, j'en avais fait le tour, mais ici... Et même si j'avais à un moment cessé d'y penser, un fantôme supplémentaire m'avait rejoint dans mes longues nuits de veille, ravivant tout ce sur quoi j'avais tiré un trait, et il n'était pas le moins influant de tous. Je me repassais mon dernier rendez-vous avec Parfaite sous tous les angles. J'avais l'imagination facile, et pensais à tout ce qui aurait pu se passer si elle ne s'était pas enfuie, si je lui avait couru après, si elle avait pu m'expliquer... Avec des "si" on pouvait refaire le monde, et avec ces mêmes "si" je pouvais tout reconstruire. Cela peut paraitre exessif de veiller pour des raisons si futiles, et j'étais le premier à le reconnaitre, mais j'avais besoin d'aller au bout des choses, de leur trouver une cohérence, et c'était ce qui me manquait manifestement le plus. Il n'y avait quasiment aucune logique à ma vie sociale. Pas plus qu'à ma vie familiale d'ailleurs, mais le seul fait d'y penser me donnait la migraine alors c'était vite réglé. Ce n'était qu'une fois arrivé au bout de mes limites que je m'endormais enfin pour me réveiller trop rapidement, remerciements à mes voisins qui ne semblaient pas savoir que passé 6h du matin on peut encore fait des choses intéressantes de sa journée.

      Hé Basil! Mr Lanval est pas là aujourd'hui! On a pas cours!


    J'étais arrivé jusqu'à la fac de manière automatique et la voix de Beth venait de me tirer de mon état de somnolence. J'étais venu pour rien? Elle éclata de rire en me voyant si déçu. Toute ma fatigue s'effaça en un soupir. Ce n'était pas le fait d'avoir un prof absent qui me dérangeait, mais à la différence des autres élèves, et de Beth la première, venir à la fac n'était pas une corvée à mes yeux, c'était l'occasion de faire quelque chose d'à peu près intelligent et utile de mes jours. Et face à l'affront que j'avais subi par le refus d'être édité, surtout pour une raison qui me paraissais totalement invalable, j'y voyais une nouvelle chance donnée à mes capacités littéraires. Si m'assoir une vingtaines d'heures par semaine dans un amphi à moitié vide était le prix à payer pour parfaire mon art, j'étais prêt à le payer. Ainsi, ces trois heures de perdues, je les voyais comme un manque définitif, et non comme la possibilité de sortir avec des amis. Beth se faisait un plaisir de prévenir tous les nouveaux arrivants, et je sentais qu'elle ne comptait pas nous laisser partir sans nous proposer quelque chose, histoire que l'on passe un peu de temps tous ensemble. Alors, pendant qu'elle avait le dos tourné je partis en direction de la ville, et plus précisément de la bibliothèque.
    Arrivé sur place, je cherchai un coin de table libre où me poser, moi et mes affaires, et où je serai à peu près tranquille. J'avais des choses à faire et préférais éviter que l'on vienne m'interrompre toutes les cinq minutes parce que je gêne le passage, que le stylo de mon voisin est tombé sous ma chaise... bref vous voyez le genre de trucs. Et sans être particulièrement difficile, le choix était très réduit. La population d'Ocean Grove semblait s'être donnée le mot pour aller à la bibliothèque aujourd'hui puisque entre les étudiants, les classes en visites et les retraités habituels il y avait foule. Parcourant les rayonnages je trouvai finalement une table avec une place de libre et vue sur le jardin extérieur.

      Excusez-moi, cette place est libre?

    La jeune fille qui y était assise leva les yeux vers moi et acquiesça. Alors que je m'asseyais et sortais les premières affaires de mon sac, intérieurement, je me mis à sourire. Finalement, cette histoire de prof absent ne serait peut être pas si mauvaise que ça. Je connaissais cette fille, même si je pensais que ce n'était pas réciproque; et j'avais depuis quelques temps la tentation de lui parler, car il me semblait qu'elle était celle qui pourrait m'apporter quelques réponses concernant une certaine personne.

      Victoria, c'est ça? Victoria Blythe?

    Et là, soit elle se mettait à flipper et j'étais mal, soit la curiosité l'emportait. Et vu ce que j'avais entendu dire à son sujet, je penchais plus du côté de la seconde possibilité.
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Message(#) Sujet: Re: Let me lie low with you | Victoria Dim 29 Nov 2009 - 18:27


    he make me disarray.

      STARRING BASIL LANE & VICTORIA BLYTHE

THURSDAY, 26th NOVEMBRE. 9AM.

Victoria, c’est Milla. Alors, tu as les informations nécessaires ?
Evidemment. Ils comptent apparemment investir sérieusement dans les grandes marques de produits de luxe, notamment le cosmétique et les produits de beauté – ce qui n’est pas étonnant. Le PDG souhaite une campagne de publicité révolutionnaire et efficace, autant aux Etats-Unis qu’en Europe et en Asie. Je devrai en savoir un peu plus ce soir, normalement.
Bon travail. Voilà qui est utile à savoir. Tu ne peux pas passer à mon bureau, rapidement, pour parler de tout ceci plus en détails ?
J’aurai bien aimé mais j’ai un dossier à rendre pour la semaine prochaine en droit. Je peux essayer de passer en fin de matinée, mais je ne te promets rien.
Très bien. J'espère que tu pourras venir faire un saut au bureau. Bonne matinée, Victoria.

La jeune fille hocha la tête, même si son interlocutrice ne pouvait la voir, avant de raccrocher. Elle fit glisser son portable sur le siège passager, où trainait son sac, avant de reposer son coude contre l’encadrement de la fenêtre, tout en posant sa tête contre sa main. La journée avait à peine commencé et elle en avait déjà plus qu’assez. Victoria lâcha un léger bâillement, signe qu’elle n’avait encore guère dormi la nuit passée. Elle deviendrait bientôt une habituée des nuits blanches, à ce rythme là. La circulation était dense et c’était péniblement qu’elle arriva enfin à la bibliothèque de la ville. L’étudiante gara sa voiture sur le parking de la bibliothèque. Cela n’avait strictement rien de surprenant de voir que ce dernier était plutôt vide, à huit heures passés, un jeudi matin. Après tout, les étudiants avaient cours, ou bien, ils préféraient se prélasser dans leur lit. Le mois de novembre n’était jamais très motivant pour étudier, autant par la fraicheur, que le vent venant de l’océan ou la pluie. Victoria, elle, elle n’avait juste pas cours. Et quand bien même, elle aurait préféré rejoindre sa patronne plutôt que d’aller à la bibliothèque, les études passaient en priorité sur le travail. Encore et toujours. Par chance, Milla était compréhensive et ne l’appelait qu’en cas de grande urgence. La jeune blonde attrapa son sac sans grand enthousiasme tout en ouvrant la portière et s’extraire de la voiture. Quelques minutes après, elle passait le seuil de l’antre de calme et de travail, tout en saluant d’un geste de la tête, et par pure politesse, les personnes qui étaient derrière leur bureau, à surveiller sagement que les règles d’or du lieu étaient respectées. Victoria navigua un moment entre les tables, les chaises, les rares personnes qu’elle pouvait croiser, et les rayons dans le seul et unique but de trouver une place assez reculée de l’entrée, endroit détesté par tout élève se respectant. Les va-et-vient des personnes étaient particulièrement pénibles à subir, surtout quand on était réellement en train de travailler et que des petits groupes de bavards arrivaient, en oubliant de baisser un ton quand ils débarquaient. Enfin, elle trouva son bonheur dans un angle très bien situé, où elle avait une pleine vue sur le jardin qui était aux pieds de la bibliothèque. Pour un 26 novembre, il faisait exactement le temps d’un mois trop pluvieux. Les nuages étaient lourds et gris, tandis que l’océan, que l’on pouvait apercevoir au loin, semblait s’agiter, en même temps que les arbres, un peu plus dépossédés de leurs feuilles. L’hiver approchait à grand pas et cela se ressentait. Aussi bien par le temps lui-même – quoiqu’aujourd’hui était un peu exceptionnel, puisqu’il faisait rarement froid à Miami – que par les décorations de Noël qui se profilaient à l’horizon. On pouvait déjà voir les gens qui s’arrêtaient d’un air innocent devant les vitrines déjà décorées pour l’occasion. Victoria ne comprenait plus toute cette frivolité autour de Noël. Il fallait dire qu’elle allait certainement passer le 25 décembre le plus désastreux de sa petite vie. Après tout, rien que par l’absence pesant de son père, la fête était déjà gâchée. Son père, son cher et tendre père, disparu dans un banal accident de voiture en début d’année. On ne pouvait pas songer à une fin plus désarmante qu’incompréhensible – d’autant plus que Douglas Blythe était un conducteur prudent. Cependant, même si elle n’avait jamais suspecté la moindre cause derrière cette accident, sa fille avait apprit quelque chose dont elle se serait, pour une fois, bien passée de savoir. Et c’était cette explication qui la détruisait à petit feu, comprenant ainsi que tout était de sa faute. Autant l’accident de voiture de son père que la prise d’otages. Cela ne vous mettait pas forcément de la joie dans le cœur lors du bilan et que vous vous rendez compte que vous avez tué des personnes. Certes, inconsciemment. Certes, sans le savoir. Mais le résultat était le même. Même si elle n’avait jamais porté Deborah Penright dans son cœur, ce n’était pas une raison suffisante pour essuyer la blessure causée par cette prise de conscience. Être Victoria Blythe était plus qu’un fardeau et la concernée s’en rendait un peu plus compte chaque jour. Elle qui ne souhaitait que découvrir les secrets cachés, elle en récoltait beaucoup plus que prévu. Et pourtant, elle ne semblait pas vouloir s’arrêter, même si ça la blessait toujours un peu plus. L’étudiante secoua alors la tête d’un geste las, détachant son regard du paysage gris, pour le baisser vers son sac qu’elle avait posé – enfin, jeté serait un terme plus approprié – sur la table. Sortant tout le matériel nécessaire, elle s’en alla chercher quelques bouquins dont elle avait besoin pour répondre à la question qui devait faire, au minimum, cinq pages. Autrement dit, un véritable plaisir.

Installée à la table, entourée de pile de livres, une main tenant son front, tandis que l’autre faisait tapoter son crayon sur le papier. Elle connaissait pourtant son cours par cœur. Mais impossible de mettre les mots dans le bon ordre pour y comprendre quelque chose et former une phrase. Un soupir sortit de ses lèvres alors qu’elle se redressait vainement sur sa chaise, comme pour se donner un énième courage depuis sa venue ici. C’était sûrement cela qui lui manquait toujours un peu plus : le courage. Le courage qui menait à la force. Seulement, la jeune blonde se sentait aussi impuissante que faible. Facile à atteindre et à détruire. Une Victoria Blythe comme on en n’avait pas vu depuis longtemps. Elle passa sa main à sa nuque, opérant de petites opérations de détente en tournant légèrement la tête, avant de commencer à écrire quelque chose. Mais à peine son crayon se posa sur le papier qu’une fois vint la déranger. « Excusez-moi, cette place est libre? » L’étudiante leva les yeux, l’air agacé d’être dérangée dans un élan de légère motivation, avant de secouer la tête le plus rapidement possible pour retourner à ce qu’elle voulait faire. L’inconnu s’installa à sa diagonale, respectant son silence, ce que Victoria ne pu que remercier mentalement. « Victoria, c'est ça ? Victoria Blythe ? » Elle se stoppa d’écrire, son regard ne quittant pas la feuille des yeux. Elle avait crié victoire trop tôt. Comment se faisait-il qu’il connaissait son nom ? Enfin, en somme, ça ne devrait pas la surprendre plus que cela mais tout de même. Même si sa famille était réputée, elle ne se faisait pas à l’idée qu’on pouvait la connaitre elle et non l’inverse. Alors, elle leva ses yeux verts vers l’inconnu, qui la regardait, en quête d’une réponse.

C’est moi-même. A qui ai-je l’honneur ?

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Message(#) Sujet: Re: Let me lie low with you | Victoria Lun 14 Déc 2009 - 22:03

    A bien y réfléchir, les seules choses que l'on rate réellement sont celles que l'on se refuse à accomplir. Il n'y a peut être rien de pire que de savoir ce que l'on doit faire et de tenter d'en détourner le regard, que ce soit par crainte ou pas désintérêt. Au final, ce n'est que de la lâcheté, une façon de fuir pour s'éviter une souffrance que l'on s'imagine offerte en bonus. Mais qui a dit que les choses devaient se passer comme ça? Il ne faudrait pas rebrousser chemin juste parce que l'on s'imagine ne pas être à la hauteur -on l'est tous- mais au contraire apprendre à encaisser les coups sans perdre son temps à en donner en retour. Tout n'est qu'une histoire de jeu. Soit on s'y essaye et l'on tente de prendre en main ce que l'on a déployé à tort et à travers, soit on abandonne le plus tôt possible pour ne pas faire de dégâts supplémentaires. La plupart des gens sont lâches, et ce n'est même pas un jugement de valeur, mais il arrive qu'une figure s'élève pour noyer toutes les autres et tente de réaliser ce qu'elle s'imagine être sa destinée. Appelez-la inconsciente ou folle, ça ne serait pas totalement faux, mais elle est peut être aussi la plus lucide d'entre tous, celle qui pourra affirmer sans hésitation qu'elle a été vécu, dans tout ce que cela implique de désillusions, de démesure et de décadence. Mais ne vous trompez pas, il n'y a rien d'extraordinaire à cela, il suffit de suivre la voie que l'on s'est fixé et d'y être fidèle, quel qu'en soit le prix...

    J'avoue, j'avais eu la très forte tentation de retourner chez moi en apprenant que ma journée de cours était tombée à l'eau. La matinée avait mal commencé, j'étais fatigué sous tous les plans et ne rêvais de rien d'autre qu'une bonne cure de sommeil, ou à la rigueur d'un lavage de cerveau mais c'était le genre d'opération que je préférais éviter le plus longtemps possible. Je n'avais pas grand chose à faire et une flemme monumentale de me trouver une occupation intelligente. Je savais que je n'étais pas réellement de bonne compagnie depuis quelques temps, la tentative de Beth de m'inclure dans ses projets de sorties le montrait bien, mais ce que j'avais à régler ne regardait que moi. J'avais eu la chance de tomber dans une classe avec des gens vraiment adorables, du genre susceptible de m'écouter si j'en avais envie sans trop se montrer insistants, mais j'avais appris à me débrouiller par moi même et leur avis, aussi utile soit-il, ne m'intéressait pas vraiment. Je passais de bons moments en leur compagnie, il rendait les heures moins longues, mais notre relation avait des limites assez nettes. Avec un peu de bonne volonté j'aurai probablement pu m'en faire m'en faire de vrais "amis", mais ce n'était pas alors ma priorité et ils semblaient le comprendre. Ils ne devaient probablement pas comprendre les raisons qui me faisaient me montrer si distant d'eux, mais qu'importe. J'avais déjà assez de choses à faire, s'il fallait en plus que je m'amuse à les justifier aux yeux des autres autant tout abandonner tout de suite. Je n'étais pas fait pour m'expliquer. Mes actes le faisaient pour moi, aussi étrange soient-ils.
    Et là, en face de moi, une part du puzzle que j'avais tant de fois hésité à aborder. Victoria Blythe dans toute sa majesté. Même pour quelqu'un d'aussi peu passionné de la vie d'Ocean Grove que moi, "Blythe" avait un sens. C'était une des familles les plus influentes de la ville, une des plus célèbres aussi, et leur petite dernière avait la particularité d'être proche d'une personne dont l'existence m'intéressait assez depuis que je l'avais rencontrée. J'étais curieux de nature et Neal Rowlands m'intriguait tout particulièrement. Je l'avais vu cinq minutes, dix peut être, mais ça avait été suffisant pour que je comprenne que c'était à travers lui que j'avais peut être une chance de parvenir à ce que je voulais. Oserai-je dire que depuis je faisais l'effort de me trouver aussi souvent que possible au Starbucks, au même horaire que cette fois où je l'avais vu, au cas où il y reviendrait? Apparemment oui. Six mois auparavant je ne savais même pas qu'il existait, ou alors si peu, et maintenant il pouvait s'enorgueillir d'avoir été au centre de mes pensées un bon nombre de fois. Je pensais à beaucoup de choses au cours d'une journée, des trucs importants comme leur contraire, mais pas vraiment aux gens que je connaissais, exception faite de ceux qui avaient une raison de me hanter, et ça ne faisait pas tant que ça. J'avais tendance à me lasser assez vite des gens, les délaissant s'ils m'avaient déçu, alors conserver en moi un intérêt constant relevait de l'exploit. Combien étaient-il à y arriver? Moins d'une dizaine à coup sûr, donc les trois premiers se trouvaient à un océan de distance de moi, et Neal faisait partie des élus. S'il avait la possibilité de réaliser la chance qu'il avait... Non, il valait mieux qu'il ne s'en doute pas, pas avant que je lui ai tout expliqué. Et quel lien avec Miss Blythe alors? Disons que j'avais eu un coup de chance moi aussi.
    Alors que j'étais étudiant en lettres, j'avais pris l'habitude d'assister à divers autres cours de sections différentes, essayant de nourrir ma curiosité et de combler les lacunes que possédaient mes textes, ne pouvant tout savoir sur tous les sujets. Et parmi toute la liste, je m'étais mis à squatter un de criminologie dont l'intitulé m'avait paru particulièrement intéressant. Je n'avais pas vraiment l'intention d'écrire du policier, mais quelques notions ne pouvaient pas me faire de mal. Et quelques heures par semaine je m'immergeais dans un amphi plein d'inconnus et de têtes que je n'avais jamais vu ailleurs, sauf une. Le hasard avait voulu qu'un jour j'entre en même temps qu'une jolie blonde, et ait tout le loisir de la regarder alors qu'elle me souriait pour l'avoir laissée passer. Visiblement elle ne se souvenait pas de ce moment, et je la comprenais. Car si je ne l'avais pas vue auparavant en compagnie de Neal à cette soirée d'Halloween, aurai-je fait attention à elle? Probablement pas. Mais ce soir là, alors que j'attendais l'arrivée de personnes que je connaissais en sirotant un verre d'une boisson inconnue, je les avais vu ensemble. Lui était un peu dur à reconnaitre, habilement grimé en loup-garou, mais elle, son déguisement d'ange ne posait pas de problème pour d'éventuelles retrouvailles. Alors du coin de l'œil je les avais regardé, me demandant quel genre de relation ils pouvaient avoir, qui était cette fille pour lui. Et en les voyant monter l'escalier au pied duquel je m'étais assis, j'avais compris. Ce très cher Neal. Elle était monté la première, sans un regard en arrière, sans prêter attention aux gens qui regardaient cette fille tout de blanc vêtue avancer au milieu de la foule, sans prêter attention à cet individu assis à même les marches, ce qui m'arrangeait un peu. Neal l'avait suivie, quelques pas derrière elle, sans me voir, sans me reconnaître. Même les personnes dont j'étais proche avaient du mal à le faire, alors de sa part ça ne m'étonnait pas. J'avais mis du temps à me maquiller, tentant de dissimuler la moindre parcelle de ma peau derrière une épaisse couche de fond de teint bleu et de glisser tous mes cheveux sous un postiche de crâne chauve. Je ne me serais jamais douté que choisir Docteur Manhattan relèverait d'autant de travail, mais au moins ça avait payé et je ne m'étais pas senti trop bête au milieu de cette foule de vampires et de démons dont le manque d'originalité était plus que flagrant. Ils voulaient tous se ressembler? Soit, mais ce n'était pas mon cas. Et non seulement j'avais pu m'amuser tout au long de cette soirée même si les propositions quant à savoir en quoi j'étais avaient le don de me désespérer par moment, mais j'avais pu découvrir incognito quelque chose qui m'avait fort intéressé. Inutile de préciser que de voir cette même jeune fille en cours m'avait bien arrangé. Et découvrir son identité n'avait pas été bien difficile, il arrive que l'on ait des voisins de tables bien informés et plus disposés à papoter sur leurs camarades qu'à écouter le cours pour lequel il se sont déplacés.

      Basil Lane, généralement assis trois, non quatre rang derrière toi en étude des processus sociaux de la criminalité.


    C'était absolument vrai, même l'indication de ma place l'était. Bon j'avais un peu douté sur le moment mais ce n'était vraiment qu'un détail et qui ne comptait pas vraiment en plus. Elle devait être habituée à ce qu'on l'aborde pour lui poser la question, voulant s'assurer que c'était bien elle, la célèbre Victoria Blythe, de la célèbre famille Blythe. Mais moi ce n'était pas ça que je voulais savoir. La pauvre, je venais la déranger en plein travail pour lui parler d'autre chose que d'elle même, je n'aurai pas aimé être à sa place. Je n'aimais déjà pas être interrompu quand j'étais plongé dans une quelconque activité, alors si en plus on venait le faire pour me parler de je ne sais qui je l'aurai très mal pris. Mais vu comme elle et Neal semblaient proches, j'avais peut être une chance qu'elle se mette à sourire en pensant à tout l'amour qu'elle pouvait avoir pour son cher et tendre. Je détestais ce genre de comportement qu'avaient certaines filles, mais dans ce cas ça m'aurait bien arrangé. Tu sais Victoria, si tu te comportais comme un de ces filles transies d'amour qui ne peuvent s'empêcher de glousser en parlant de leur copain je ne t'en voudrais pas. Je t'imagine assez mal le faire, mais ça me ferait bien plaisir que tu me racontes certains trucs. Allez, prions une dernière fois avant de se jeter à l'eau.

      C'est marrant, vous répondez de la même façon Neal et toi. Vous êtes vraiment bien assortis.

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Message(#) Sujet: Re: Let me lie low with you | Victoria Jeu 24 Déc 2009 - 14:30


« Basil Lane, généralement assis trois, non quatre rang derrière toi en étude des processus sociaux de la criminalité. » Victoria arque un sourcil. Elle n’avait jamais prit le temps réel d’observer les personnes qui avaient cours avec elle. Et, pour dire, elle s’en fichait un peu. Peut-être que cela était dût à l’exclusion quasi-totale qu’elle avait subi au lycée. L’étudiante avait apprit à se servir de sa tête et non passer son temps en cours à discuter. Aussi, ces derniers temps, nous ne pouvions pas vraiment dire qu’elle était extrêmement dans l’esprit à savoir qui prenait place dans les cours de processus sociaux de la criminalité au troisième ou quatrième rang derrière elle. Cette information mit un petit instant avant d’atteindre les signaux de son cerveau, tant que ce dernier semblait à la ramasse complet. Une page lui semblait impossible à atteindre, alors qu’elle devrait entamer déjà la deuxième page dans une grande effervescence. Elle avait toujours sût ce qu’elle voulait faire. Et ce qu’elle voulait faire, elle le tenait entre ses doigts. Elle croyait qu’elle allait pouvoir avoir ce dont elle avait toujours rêvé aussi facilement qu’elle est arrivée en tête de sa promotion. Victoria n’avait jamais très bien compris pourquoi ses frères avaient toujours été dérivés de leur rêve ultime tellement que tout lui semblait si simple. Mais plus elle avançait dans le temps et plus elle se rendait compte que, effectivement, ce n’était pas si facile que cela de s’accrocher à son rêve. C’était même carrément fatiguant. La blondinette se faisait violence pour ne pas s’assoupir en plein milieu des cours, mais elle ne pourrait s’empêcher de ne pas sauter dans sa voiture pour filer vers la faculté, le soleil à peine levé, ne serait-ce que pour éviter ses frères et leurs éventuelles interrogations quant à l’état de leur cadette. Victoria avait toujours aimé travaillé. Bien sûr, elle pourrait très bien claquer ses ambitions d’étudiante et devenir le bras droit de Milla à temps plein. Dire que cette idée ne lui avait pas traversé l’esprit serait mentir. Après tout, même si elle adorait étudier, elle n’était jamais aussi à l’aise que sur le terrain. Elle avait un entrain évident et un second degré assez haut placé pour pouvoir aborder les gens de façon totalement sournoise et sans arrière pensée. C’était peut-être, voire sûrement des qualités qui avaient été apprécié par la directrice de la branche de models de Miami. De toute façon, et sans aucune prétention, personne ne pourrait faire ce que Milla lui demandait aussi bien que Victoria. Si son père et son frère aîné avaient été plus branché droit et justice, la cadette semblait être dans les mêmes graines. Seulement, elle ne voulait pas devenir avocate, notaire ou quoique ce soit. Bien trop ennuyant. Mais, finalement, être une sorte d’espionne pour le compte d’une haute entreprise, c’était une idée qui la charmait pas trop mal. Être en tailleur, avec une tonne de dossiers sur le bureau et les étagères, sans oublier le contact de personne qui passent leur temps à se plaindre, non merci, pas pour elle. Certainement que ses nerfs ne supporteraient pas les civilités de ce genre de personnes. Victoria esquissa donc brièvement la tête à son interlocuteur avant de repencher sur son devoir. Elle ne voyait pas exactement quoi répliquer puisqu’elle ne se souvenait pas de l’avoir croisé. Peut-être brièvement mais sa boite à souvenirs semblait être très restreinte. Inutile donc d’aller chercher trop loin, elle savait qu’elle ne trouverait pas. Et puis, les précisions du jeune homme semblaient tellement pertinentes qu’elle ne pouvait remettre en doute sa parole. Soit. Et puis, qu’on vienne la voir ne serait pas énormément étonnant. Si seulement elle était habituée. Ce Basil ne semblait pas forcément être le genre de personnes qui allait à la rencontre des gens comme cela. Alors oui, cette interpellation lui semblait étrange. Mais non, pour une fois, elle ne cherchera pas plus loin que le bout de son nez. Ses informations étaient restreintes et elle s’en fichait bien. La demoiselle semblait vouloir reprendre là où elle avait été interrompue quand le jeune homme reprit la parole. Elle tira un léger soupir agacé mais sans lever la tête vers lui. « C'est marrant, vous répondez de la même façon Neal et toi. Vous êtes vraiment bien assortis. » Instinctivement, ses doigts se resserrèrent autour de son crayon, ses phalanges devenant rouges sous l’effet de la pression. Son regard se durcit mais, évidemment, le jeune imprudent ne pouvait pas s’en rendre compte. Nous y voilà donc. Victoria aurait même plus rire tellement qu’elle trouvait la situation absurde. Où était le piège ? La caméra cachée ? Les regards qui espionnent ? L’étudiante sillonnait les environs du regard mais, à sa vision d’humaine, absolument rien ne lui semblait suspect. Tout était calme, tranquille et studieux. Comme un jeudi matin dans une bibliothèque municipale. Alors elle posa ses deux pupilles sur le jeune homme, regard qui semblait passablement froid, avec une expression de visage aussi impassible que dure.

Je crois que ce n’est pas vraiment le lieu propice pour ce genre de conversation.

Sa voix était aussi claire que son envie de détourner le sujet. Victoria voulait tout simplement que chacun reprenne ses activités avant cette brève intervention qui manquait légèrement de subtilité et, surtout, d’informations. Si elle tentait vainement à faire ce fichu devoir maintenant, au lieu de rester enfermée dans sa chambre, c’était en grosse partie pour ne pas avoir à penser à lui. Pourquoi était-ce donc si compliqué d’échapper aux pensées d’un seul être quand des centaines vous entouraient ? La jeune fille cligna une dernière froid des yeux en direction de Basil, regard qui lançait des éclairs et se montrait d’une noirceur incroyable, avant de prendre le premier livre en tête de la pile qu’elle avait faite et de l’ouvrir, tout en se redressant contre son dossier de chaise, l’air passablement embêté. Oui, cette conversation non commencée lui déplaisait déjà et, pour sûr, elle ne tiendra pas longtemps le fil si ce garçon continuait sur sa lancée. Mon Dieu, si elle avait su, la bibliothèque aurait dût se passer de sa présence en cette matinée de novembre.

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Message(#) Sujet: Re: Let me lie low with you | Victoria Dim 3 Jan 2010 - 10:55

    Il arrive des batailles où l'on n'a pas d'autre choix que de se jeter à corps perdu dans la mêlée. On sait qu'on va y perdre beaucoup, plus peut être que ce que l'on arrivera à sauver, mais il n'y a pas vraiment d'autre possibilité. On compte jusqu'à trois dans sa tête et on se lance avant d'avoir le temps de se demander si notre comportement n'est pas complètement stupide. Et il vaut mieux ne pas y penser, on y perdrait encore plus: notre égo est quelque chose de très susceptible quand on le titille d'un peu trop près.

    Je voyais que je la dérangeais et qu'elle n'avait pas envie de me parler. Elle m'écoutait gentiment, à priori en se forçant, retournant à ses affaires dès que je m'arrêtai. Elle était un auditoire sans réaction, de ceux qui sont difficiles à intéresser et à conserver, mais par expérience je savais que c'était aussi de ceux parmi les plus incontrôlables, capable de sauter à la gorge de quelqu'un pour un mot de travers. Métaphoriquement parlant bien sûr, sinon les rues du monde entier ne seraient composées que de psychopathes en délire. C'était ainsi que je me représentais Victoria. Comme quelqu'un de très attentif, très posé, mais capable de réactions brusques si on s'approchait d'un peu trop près des barrières qu'elle imposait aux autres. Le genre de fille avec qui il vaut mieux être en bon terme même si le danger n'était pas ce que l'on pourrait qualifier de mortel non plus; juste une fille qui sait se défendre en cas de besoin, avec suffisamment de répondant pour faire taire quelqu'un qui la gonflerait. Depuis la soirée d'Halloween j'avais eu plusieurs fois l'occasion de l'observer en cours, et c'était ce que j'en avais déduit, même si en 2h par semaine, avec des dizaines de têtes entre nous et aucune discussion il était difficile de se faire un avis véritablement objectif. Sa réputation? Je ne m'étais même pas penché dessus. Ou alors si peu. Ça tournait autour de sa famille de manière assez globale, sur leur réussite, les malheurs qu'ils avaient rencontrés récemment... des évènements tristes, mais qui ne m'intéressaient pas vraiment. Sans vouloir passer pour un insensible, tout cela ne me touchait guère. C'était comme regarder un film ou une série, avec des personnages que l'on plaint et que l'on oublie cinq minutes après pour aller se réchauffer le repas du soir. On parle beaucoup, mais pour ne pas dire grand chose. Les gens parlaient des Blythe comme de héros de fiction, comme si leur vie était trop extraordinaire pour être réelle. Et c'était précisément la réalité qui m'intéressait. La réalité de Victoria comme amie, ou plus, de Neal Rowlands.
    Je crois que ce n’est pas vraiment le lieu propice pour ce genre de conversation. Son ton était sans appel, la phrase aussi. Non bien sûr, une bibliothèque n'est jamais un lieu propice pour une conversation. Pour chercher des documents sur un pays quasiment oublié de la part du reste de l'humanité ou se choisir un bon vieux classique à regarder oui, pour papoter entre amis et refaire le monde non. A moins de vouloir voir la bibliothécaire en chef vous faire ses gros yeux qui effraient tout le monde, mais passé l'âge de 4ans personne ne s'en amuse. Et oui, chez les petits c'est un regard méchant, et chez les grands c'est la porte, directement. Là-dessus, Victoria avait entièrement raison. Et comme pour me prouver qu'elle avait mieux à faire que de discuter avec moi, elle me lança un regard foudroyant et attrapa le premier livre au sommet de la pile qui se trouvait en face d'elle et l'ouvrit à une page déjà marquée. Elle était sérieuse à en faire peur, c'était impressionnant. Mais disons que l'effet aurait été encore plus dramatique si son livre avait été pris à l'endroit. Pas étonnant qu'elle ait l'air si perplexe en parcourant la double page des yeux, si elle comptait le lire à l'envers il allait lui en falloir de la concentration. Je la laissais faire tout en achevant de sortir mes affaires, vérifiant si elle faisait un quelconque mouvement du coin de l'œil, mais durant les quelques secondes qui me furent nécessaires à mon installation, ses yeux ne bougèrent pas d'un millimètre. Vraiment très forte la Victoria si elle savait lire à l'envers ET sans bouger les yeux. J'en aurais presque été admiratif si je n'avais pas été là avec autre chose en tête.

      Il parait que prendre un livre dans le bon sens facilite sa compréhension. Enfin je dis ça... je ne voudrais pas te déranger plus.

    Voilà, je n'avais pas pu m'en empêcher. C'était assez idiot comme réflexion, j'étais obligé de l'admettre, mais vu la situation je n'avais pas beaucoup d'autres possibilités. Soit je n'entêtais à parler de Neal et elle se braquais, soit je m'excusais et Dieu seul sait si ça aurait servi à grand chose, soit je détournais la conversation. Et c'était cette possibilité qui me paraissait la moins pire des trois. Sans grande conviction, c'est vrai, surtout que je sentais que faire de l'humour n'allait pas servir à grand chose, mais au moins ça permettrait peut être d'embrayer sur autre chose. Je ne m'attendais pas à ce qu'elle devienne ma nouvelle meilleure amie, je ne le lui demandais absolument pas d'ailleurs, la seule chose que je voulais c'était essayer de ne pas me mettre à dos dès le début quelqu'un en qui j'attendais beaucoup.
    Je n'avais pas d'idée précise de ce que j'attendais d'elle. Pas de confessions bien sûr. Ça m'aurait arrangé, mais je la voyais mal s'appuyer sur mon épaule pour m'ouvrir son âme et me dévoiler tout ce qui faisait qu'elle et Neal étaient ensemble, que ce soit en tant que couple ou juste de connaissance. Je ne savais pas ce que je cherchais. Disons qu'en la voyant je m'étais dit qu'il fallait que je tente quelque chose, que j'essaye avec elle ce qui avait raté avec Neal. Ce n'était pas elle qui allait me conduire jusqu'à mon père, ou alors ça serait vraiment de la révélation surprise, mais d'une certaine façon elle pouvait peut être m'aider à me rattraper. C'était aussi pour ça que j'avais emprunté la voie du mensonge avec elle. Je n'avais aucune opinion quant à savoir s'ils étaient bien assortis ou non puisque pour le peu que je les avais vus je n'avais pas pu m'en faire une idée. Et Neal et elle ne m'avaient absolument pas répondu de la même façon quand je les avais abordés. Tous deux réticents, c'est vrai, mais comme n'importe qui d'autre l'aurait fait. Mais dire qu'ils agissaient de façon similaire, c'était mettre Neal dans la conversation, même si cela ne me semblait pas être une idée très brillante maintenant que je l'avais dévoilée. J'en avais déduit qu'ils étaient ensemble, et là voilà qui me jetait un regard meurtrier pour la simple évocation de son nom. J'aurai loupé un épisode? Possible, je ne m'étais pas vraiment penché sur leur relation, passé cette soirée d'Halloween où j'en avais déduit qu'ils formaient un couple. Quelle raison de monter aux chambre rien que tous les deux sinon? Mais visiblement c'était surtout le fait d'avoir à parler de lui qui la gênait. Bon, moi je la dérangeait en l'empêchant de travailler avec mes questions idiotes, mais ça avait juste l'air de la gonfler, pas de la perturber. Neal était perturbant à ses yeux apparemment. Et je commençais à me dire qu'une fois de plus j'aurais peut être mieux fait de ne pas trop en dire dès le début pour ne pas tout foirer si vite. Ça devenait vraiment une habitude chez moi en ce moment: avec qui que ce soit, tout tournait court et je n'avais aucune idée de comment me rattraper...
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Message(#) Sujet: Re: Let me lie low with you | Victoria Ven 15 Jan 2010 - 17:33


« Il parait que prendre un livre dans le bon sens facilite sa compréhension. Enfin je dis ça... je ne voudrais pas te déranger plus. » Victoria était en train de perdre patience. Il fallait dire qu’elle perdait patience très rapidement, ces derniers temps. Aussi était la raison pour laquelle elle préférait éviter la population, pour l’instant. Plus elle s’isolait et mieux elle se portait. C’était une question de bien-être. Enfin, façon de parler. Dans l’état dans lequel elle était, on ne pouvait pas forcément dire qu’elle faisait preuve d’un bien-être incroyable. La jeune blonde était à la limite de se laisser aller pour de bon, ce qui, en soit, était totalement pathétique, je vous l’accorde. Elle était plutôt du genre à clamer haut et fort son indépendance ainsi que la force morale qu’elle se donnait d’avoir. Mais tout n’était qu’une apparence. Ces fichues apparences que la cadette Blythe n’aimait pas. Ces apparences qu’elle tentait en vain de les faire chanceler, de les ébranler pour mieux les détruire et faire tomber les masques. Ce n’était pas forcément une tâche de grande estime que de s’amuser à s’immiscer dans la vie des gens. Mais c’était une façon comme une autre de se voir comme, finalement, quelqu’un de pas si mauvais que cela. Si les êtres que l’on croit les plus parfaits, sans reproche, avec leur maison impeccable, leur sourire chaleureux et l’herbe coupé proportionnellement partout, venaient à voir leur petit monde s’écrouler et que la vérité était, en somme, beaucoup moins belle et irréprochable qu’ils pouvaient le montrer, cela ne pouvait qu’être une manière de se rassurer, de se rappeler qu’on était tous des êtres humains, avec nos forces et nos faiblesses. Seulement, Victoria était tellement obnubilée par la motivation de tout savoir sur tout le monde, à découvrir là où ça faisait mal d’attaquer, la corde sensible, le sujet tabou, qu’elle en avait presque oublié qu’elle-même possédait aussi des terrains boueux où il n’était guère bon de s’aventurer. Pas étonnant que maintenant, elle avait la simple impression d’être le fessier dans la merde. Plutôt abrupte comme façon de penser mais, au moins, le cœur y était. Victoria n’avait plus aucune estime pour elle-même tellement qu’elle se trouvait incroyablement lâche et fausse. Elle avait critiqué et s’était moquée ouvertement de toutes ces personnes qui l’entouraient mais, dans le fond, elle n’était pas mieux. Peut-être même qu’elle était pire. Pire que tous les autres. Elle s’était voilée la face, elle n’avait pas fait front à ses problèmes, s’enfermant dans un stupide jeu qui semblait tant l’amuser. N’est-ce donc pas regrettable de voir la fille de Douglas Blythe et Eleonor Sheldon finir de la sorte ? Finir en une sorte d’épave, de coque vide qui n’arrivait ou qui ne voulait pas fermer l’œil de la nuit, c’était assez déplorable pour une demoiselle qui semblait avoir une ligne quasiment toute tracée. Et elle y pensait. Très souvent, elle culpabilisait vis-à-vis de ses parents. Son comportement était tellement loin de ce qu’ils lui avaient éduqué que son père devait certainement se retourner dans sa tombe. Et même en ayant ceci en connaissance de cause, au lieu que ce soit une raison qui la booste à se sentir mieux, limite si ça ne lui passait finalement pas au-dessus de la tête. La jolie blonde était lasse de tout, cela se sentait et cela se voyait. Elle n’avait pas besoin de parler, de dire que quelque chose n’allait pas ; son visage tiré et cerné parlait pour elle. Evidemment, elle pourrait faire comme beaucoup font. Autrement dit, se plonger dans les apparences et faire comme si tout allait bien. Mais même mentir lui semblait être devenu une épreuve insurmontable. Victoria manquait de force pour tout, que ce soit sur le plan scolaire, familial ou amical. Et puis, de toute façon, elle n’avait pas envie de jouer. Ses sarcasmes et son répondant étaient dans le placard pour laisser place à des pics secs et froids, impassibles et crus. Un regard noir et l’interlocuteur partait sans demander son reste. Cependant, celui auquel elle avait à faire, ce matin, était assez plus tenace que les autres. Comme s’il tenait vraiment à ce qu’elle se détende et qu’elle lui parle comme on parle à un ami. La bonne blague. Déjà, ça n’avait jamais été le genre de comportement dit « normal » de Victoria. Mais là, il était clair que son humeur, déjà bien morose, n’était pas à prendre avec légèreté. La phrase prononcée par le dénommé Lane la fit crisper des doigts sur les bordures du livre, qu’elle tenait fermement mais qu’elle ne lisait pas réellement. Et, pour cause, il était à l’envers. Mais c’était un détail que la jeune blonde n’avait pas forcément remarqué, bien trop plongée dans des pensées qu’elle n’aurait pas aimé avoir à ce moment précis. Un soupire s’échappa de ses lèvres quand elle constata que son perturbateur n’avait pas tord, malheureusement. Ce léger souci la renfrogna un peu plus alors qu’elle semblait se tasser dans son siège tout en tournant le livre dans le bon sens. Enfin, après quelques secondes de suspens, Victoria referma brutalement le livre, le posa sur la table et ramena son buste contre le rebord, les bras croisés sur le bouquin et la tête penchée en avant. « Bon, je vais tenter d’être clair. Je ne te connais pas et je ne veux même pas en savoir plus sur toi. Je me doute bien qu’il y a une raison pour que tu viennes me voir mais je suis pas vraiment d’humeur à taper la discussion alors que j’ai un fichu travail à faire. Tu vas donc bien tranquillement retourner à tes activités et me laisser poursuivre les miennes. C'est capté, maintenant ? » Son ton était ponctué d’une froideur et d’un ton sec sans égal. Pas besoin d’être expert en la matière pour comprendre que la jeune fille était plutôt irritée ; son visage avait ses traits tirés et tous, sans exception, accentuaient un peu plus la dureté de ses paroles. Elle ne voulait pas être gentille, souriante, polie ou tout autre chose. Tout ce qu’elle souhaitait, c’était qu’on lui fiche la paix pour qu’elle puisse au moins sortir de cette bibliothèque avec deux feuilles remplies, au minimum. Basil Lane n’était donc certainement pas le bienvenu à l’heure actuelle. II suffit d’appuyer, volontairement ou non, au point sensible et c’était une réaction piquante qui vous attendait en retour. De toute façon, l’inconnu – qui n’en était plus vraiment un – n’avait pas dût comprendre le risque de ses actes en venant l’aborder. D’apparence totalement calme, personne n’ignorait que Victoria pourrait se montrer d’une agressivité incroyable – surtout pour une fille. Mais pour une Blythe, non, ce n’était pas si étonnant que cela, finalement. L’impulsivité était un trait de famille, c’était leur façon à eux de s’exprimer quand quelque chose n’allait pas. Et là, quelque chose n’allait pas. Et Lane pouvait certainement très bien le comprendre. En tout cas, Victoria lui envoya tous les signaux pour lui faciliter la tâche. Regard noir, lèvres serrées avec un comportement pincé avant d’être totalement désintéressée – en espérant que cette fois-ci soit la bonne. Reprenant son livre, qu’elle installa droit devant elle, la jeune blonde feuilleta sans grand intérêt les pages, dans le but de recherche quelque chose qui pourrait l’aider à la mettre sur la route.

Il y a des jours, comme ça, où on se dit qu'on aurait mieux fait de rester chez soi.

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Message(#) Sujet: Re: Let me lie low with you | Victoria Lun 18 Jan 2010 - 23:36

    Je n'avais pas sorti beaucoup d'affaires de mon sac, juste mon vieux cahier qui me servait de brouillon pour tout ce qui me passait par la tête et quelques stylos pour faire comme si j'étais véritablement venu pour travailler. Ça avait été mon intention, mais pas très longtemps. A partir du moment où je m'étais assis et avais réalisé qui était en face de moi, tout ce qui était scolaire était sorti de mon esprit. J'avais cherché une place libre, et il avait fallu qu'elle soit près d'elle, comme si mes pas l'avaient fait exprès. Bien sur, ils n'avaient pas une volonté propre, mais ça faisait comme si. Ou alors j'avais un peu plus de chance aujourd'hui. Si la journée avait mal commencé, l'avoir en chair et en os, si proche et si approchable, compensait le reste. Il n'y avait plus de fatigue, plus de flemme, juste l'envie d'y croire, de se dire que les choses pourraient peut être s'arranger. Neal m'intéressait, sa famille plus précisément, et je n'avais pas réussi à me débrouiller en étant seul avec lui. Tant pis. Et puis, à la soirée d'Halloween, j'avais découvert que j'avais peut être une chance de l'atteindre, et d'atteindre par la suite Adrian, en passant par la jeune fille qui l'accompagnait. Ils étaient là, ensemble, comme s'ils se connaissaient depuis toujours et savaient précisément que faire du temps qu'ils avaient à passer ensemble. A les voir monter l'escalier sur lequel je m'étais assis c'était l'impression que j'avais eu: ils pouvaient ne pas marcher côte à côte, ils pouvaient ne pas rester collé l'un à l'autre, il y avait quelque chose entre eux, c'était indéniable. Je ne les avais vu que quelques instants, mais ça me paraissait évident. Il y avait comme une osmose qui se produisait entre leurs deux personnes, et quelque chose me disait que ça devait faire des merveilles! On a tendance à sous-estimer les capacité des gens autour de nous, et leur valeur, mais chez eux...

    Victoria tourna le livre dans le bon sens avec un air exaspéré. Elle le fixa, et puis le referma brusquement. Le bruit qu'il fit contre la table résonna dans la bibliothèque. Mes yeux se posèrent sur lui, comme si ce son produit était obscène dans un tel lieu, et que je n'en revenais pas qu'il ait osé. Lui, un si gentil livre, si tranquille... on ne se méfie jamais assez des livres de législation, vraiment. Mais mon regard ne resta pas longtemps sur lui puisque celle qui le manipulait avec si peu de ménagement le dissimula, croisant les bras sur sa couverture. Je la regardai à son tour, comprenant à son expression que ce qu'elle allait me dire n'était pas pour rigoler. J'avais déjà du mal à l'imaginer sourire, et je me serai même demandé si cela lui arrivait si je ne l'avais prise en flagrant délit à la soirée de Penny Townsend, mais là je pouvais faire une croix sur toute tentative d'arrangement de la situation. Ça m'apprendrait à me comporter comme un idiot. Car oui, je n'avais vraiment pas été très malin, je devais le reconnaitre. Me dire que je pouvais avoir une chance de lui parler, et d'apprendre certains détails importants, m'avait fait perdre de vue l'essentiel, le fait que je risquais de perdre gros si je foirais en cours de route. Et Bingo! aussitôt dit, aussitôt fait, comme à ce qui devenait une habitude en ce moment, j'avais foiré ça aussi. Applaudissement du public, palme d'or et prix du public. Basil Lane était officiellement arrivé au fond de sa connerie. Enfin, le "fond" c'était vite dit, mais en ce moment j'atteignais vraiment des sommets, sans vouloir faire de mauvais jeu de mots.
    Bon, je vais tenter d’être clair. Je ne te connais pas et je ne veux même pas en savoir plus sur toi. Je me doute bien qu’il y a une raison pour que tu viennes me voir mais je suis pas vraiment d’humeur à taper la discussion alors que j’ai un fichu travail à faire. Tu vas donc bien tranquillement retourner à tes activités et me laisser poursuivre les miennes. C'est capté, maintenant ? Son ton était sec, froid, sans appel. J'avais espéré pendant quelques instants que ma plaisanterie au sujet du livre à l'envers aurait un peu radouci l'atmosphère, mais c'était le contraire qui se produisait. Elle me fixa pendant encore plusieurs secondes, comme pour s'assurer que j'avais bien compris le message et repris son livre, à l'endroit cette fois, et se plongea dans sa lecture. Elle tournait les pages brusquement, manquant presque de les arracher en même temps, mais je me gardais bien de tout commentaire. Visiblement, ce n'était pas le jour pour parler avec elle. Je ne la connaissais pas, mais le peu que j'avais vu d'elle ne m'avait pas fait penser qu'elle était une fille asociale ou intouchable, réfugiée tout en haut de la tour de verre de la famille Blythe. Ca ne devait juste pas être le bon jour, et moi, avec mes manières de petit curieux qui se mêle de tout, j'avais tenté de discuter avec elle dans un moment qui n'était pas fait pour.
    Je réfléchissais sur ce que je pouvais bien faire. Il semblait impossible de retenter quoi que ce soit avec elle vu l'état des choses, alors soit je restais ici à bosser dans mon coin, soit je quittais les lieux. Mais pour aller où? Et faire quoi? Aucune idée... J'attrapais le premier stylo sur la table et le fit tourner entre mes doigts, mouvement habituel quand je réfléchissais. Par la fenêtre, un avion fuyait dans le ciel et je me surpris à penser que je n'étais pas rentré à Londres depuis longtemps. Pourquoi est-ce que j'y pensais, pourquoi maintenant? Ah... Probablement parce que j'étais en train de me dire que je ne gagnerai rien en restant ici. Pour mon père, c'était mal parti. La seule personne pouvait m'aider à accéder jusqu'à lui, Neal, ne préfèrerait probablement pas avoir de nouveau affaire à moi. Et avec la seule personne, à ma connaissance, pouvant me conduire jusqu'à Neal, j'avais grillé toutes mes possibilités. Et pour mon livre, j'allais devoir me prendre en main pour demander quelques explications. Quant à Lyann.... Et quant à Parfaite... Je soupirai. Je me battais contre des moulins à vents, m'attaquant à des chimères qui s'éloignaient de moi à chaque fois que je croyais les approcher enfin. Je commençais à vraiment me demander si je ne ferai pas mieux de tout laisser sur place pour rentrer en Angleterre. J'avais été lâche de partir, je pouvait l'être en y revenant, les choses retrouveraient leur équilibre. Non non non, je ne devais pas commencer à le laisser aller, ou plutôt je ne devais pas me laisser aller un peu plus. Je ne devais pas baisser les bras, pas laisser les choses m'emporter sans tenter de reprendre le contrôle sur elle. Voilà, j'avais raté des opportunités, j'avais foiré un certain nombre de choses, mais je ne devais pas me laisser abattre et renoncer!
    Et tandis que je m'encourageais tout seul à prendre un nouveau départ, l'écran de mon portable s'alluma tout à coup. Je l'avais posé sur la table en arrivant, coupant la sonnerie pour ne pas déranger les autres personnes autour de moi, mais me laissant une chance de voir si l'on cherchait à me joindre. Je me jetai dessus, sans faire attention à ne pas faire trembler la table en même temps. Victoria me faisait la gueule? Elle aurait une raison de plus de la faire. Un nouveau message. La pensée que c'était peut être Parfaite me traversa l'esprit à une vitesse fulgurante. Oui, peut être que c'était elle. Peut être que le destin s'était décidé à compenser les choses, et à me donner enfin des nouvelles de sa part après ma pitoyable entrevue avec Miss Blythe... Mais non, il ne s'agissait que de Beth. BASIL T'ES OU??? On va au cine, tu viens ac ns??? Je n'étais même pas déçu, trop habitué à ce que ça ne soit pas elle et ne prit même pas le temps de réfléchir. Je n'avais pas su que faire entre rester et partir, et voilà que la réponse venait d'elle même. Je suis déjà en ville, je vs rejoint devant le cine. Le temps que le message parte et que je reçois l'accusé de réception, j'avais rangé mes affaires et m'étais levé. Et tandis que je poussais la chaise sous le bureau, Victoria daigna lever une dernière fois les yeux de son livre.

      Je pars, tu peux retourner à ton travail, je t'embêterai plus.

    Elle me regarda avec un air étrange, que je ne parvenais pas à expliquer. Bah, ça n'avait pas d'importance. Je n'étais pas appelé à lui reparler à l'avenir, alors qu'elle se fasse l'idée de moi qu'elle voulait, je m'en foutais.
    J'attrapai mon sac et le passai autour de mon cou. Sans lui accorder un dernier regard pour la route je m'éloignais d'elle, passant entre les tables de la bibliothèque à grands pas.
    Il y a des jours comme ça, où tout nous est indifférent.
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Message(#) Sujet: Re: Let me lie low with you | Victoria Mar 19 Jan 2010 - 7:54


ENDED
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Let me lie low with you | Victoria

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