AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  Connexion  

Partagez
 

 i focus on the pain, the only thing that's real.

Aller en bas 
— i was fireproof.

Brandon Rose

messages : 2311
name : capricorns
face + © : froy — © exordium.
multinicks : angel, hammer.
points : 2781
age : 19.
♡ status : w/ his beautiful boy.
work : college drop-out.
home : his arms.

— boom, butterfly effect.
how we met :
rp status (fr/en) : jax, trent, tomas.

i focus on the pain, the only thing that's real. Empty
Message· · Sujet: i focus on the pain, the only thing that's real. i focus on the pain, the only thing that's real. EmptyVen 21 Déc - 19:56

trent + bran


Bran était de retour à Windmont Bay.
Cela faisait deux jours, peut-être trois. Il ne savait plus très bien. Il tâtonnait à travers l’existence comme s’il avait été perdu au milieu du brouillard. Tout au long du voyage, il avait flotté à l’intérieur de sa propre tête, insensible au reste, ne se réveillant de sa torpeur que pour répondre aux exigences du personnel de l’aéroport. Le reste du temps, il n’était qu’une coquille vide. Ses émotions avaient été mises sous vide et placées au plus profond de son âme, dans un endroit qu’il ne pouvait même plus atteindre. Il les avait si bien cachées qu’elles lui semblaient perdues, et ce n’était peut-être pas plus mal. Qui sait ce qui lui sauterait à la gorge s’il rouvrait la boîte de Pandore ? Qui sait quelle faiblesse s’infiltrerait dans les interstices de son coeur fissuré ? Non, il valait mieux qu’elles restent là où elles étaient, fermement cadenassées, peu à peu englouties par la brume grise qui prenait lentement mais sûrement possession de sa tête. C’était une sorte de coton nuageux, confortable. Il n’avait pas à penser quand le nuage était là. Le nuage prenait toute la place. Il remplissait sa tête d’un vide agréable. Il colmatait les brèches de son coeur défaillant, en ralentissait les battements à défaut de les apaiser. Bran aimait ce nuage. Au moins, quand il était là, il n’avait plus mal.
Mais ce soir, le nuage avait laissé place à une nuit intérieure, sans lune, sans étoiles. Aussi sombre que celle qui s’était abattue sur Windmont Bay et que Bran avait traversé sans but, au volant de sa voiture. Cela faisait plusieurs nuits qu’il était incapable de trouver le sommeil, préférant plutôt se risquer à conduire alors qu’il voyait flou et que ses pensées peinaient à se distinguer les unes des autres. Mais peut-être était-ce justement son but. Peut-être était-ce qu’il désirait, au final, la vue floue, l’esprit ailleurs, le volant qui lui échappait, le virage qu’il manquait. A travers les larmes qui perlaient à ses yeux, au final, c’était peut-être là qu’il voyait le plus clair.
Ses pensées revenaient toujours à Jax. Il repensait sans cesse à leur dernière discussion, là où tout s’était terminé, dans sa petite chambre universitaire. Cette chambre maudite, qu’il ne voulait plus jamais revoir. Elle revenait sans cesse, pourtant, dans ses cauchemars. Il revoyait Jax, le gouffre de douleur qui s’ouvrait sous leurs pieds, le ravin de souffrance dans lequel il les avait précipités. Il fermait les yeux et il rêvait de ces yeux verts, de cette jolie bouche qui l’avait si souvent cajolé, de ces cheveux un peu plus longs dans lesquels il avait eu tant envie de passer la main. Et invariablement, il se mettait à pleurer parce qu’il lui manquait, il lui manquait tellement, son amoureux, Jax Beauchamp, ce garçon si dur qui avait su être si doux avec lui, il lui manquait comme jamais personne ne lui avait manqué… C’était à lui que Bran pensait alors qu’il s’engageait sur l’autoroute qui s’éloignait de Windmont pour serpenter au milieu des terres de l’Oregon, sauvages et imprévisibles. Il connaissait par coeur, pour avoir pris ces chemins des centaines de fois, lorsqu’il s’agissait d’aller s’amuser autre part, chez des amis qui habitaient plus loin ou tout simplement d’aller se perdre au milieu de la nature, loin des regards indiscrets et sévères des adultes. Ça lui paraissait si loin, tout ça. C’était presque comme si ça n’avait jamais existé. D’ailleurs, c’était le cas. Tout ça, c’était les souvenirs de quelqu’un d’autre, les souvenirs d’un garçon qui n’existait plus, qu’il avait enterré là-bas, à Yale.
A cette pensée, Bran appuya sur l’accélérateur. La BMW de la tante d’Alfie ronronna et il sentit le pic de vitesse le plaquer légèrement contre le siège.
Accélérer.
Relâcher la pression de ses mains sur le volant.
Fermer les yeux.
Il inspira puis relâcha la pression.
Une seconde. Une seconde, c’est tout ce qu’il fallut pour que la voiture lui échappe. Aussitôt, quelque chose en lui cliqua. L’instinct de survie, de préservation, il ne le saurait jamais mais il réagrippa le volant et martyrisa les freins. Le véhicule dérapa sur le bitume, les pneus crissant de protestation après leurs quelques instants de roue libre et Bran contrôla à peine l’arrêt total de la voiture, tâchant de limiter les dégâts sur plusieurs dizaines de mètres. Le coeur cognant si fort qu’il en avait envie de vomir, il se rangea sur le bas-côté de la route, les membres tremblants et sortit - s’extirpa, plutôt - de la voiture pour tituber à l’air frais d’une nuit de décembre humide et silencieuse, ou presque. En contrebas, à une cinquantaine de mètres, une rivière dévalait à gros bouillons. Préférant ignorer ce qui se serait passé s’il avait totalement perdu le contrôle du véhicule, Bran s’approcha du rebord de la falaise et se plia en deux, les mains sur les genoux, le sang battant à ses tempes. La tête lui tourna et il ferma les yeux. Le monde devint complètement noir puis soudain, sous ses paupières se faufila un jet de lumière. Il entendit un bruit de portière et des pas; Quelqu’un avait sans doute été témoin de sa perte de contrôle - au sens propre comme au figuré - et venait s’assurer de son bien-être.Well, guess what, il n’avait besoin de personne. Il voulait rester là, fermer les yeux et prier pour que le matin suivant ne vienne jamais. « Allez-vous-en ! Dégagez ! » rugit-il à travers ses pleurs, la rage le disputant au désespoir. Sa voix n’était pourtant plus qu’un filet, un miaulement pathétique qui peinait à s’extraire de sa gorge  sacrifiée. « Je veux être seul. » hoqueta-t-il, les larmes dévalant ses joues creusées, le regard rivé vers l’abîme. Être seul pour ne pas avoir de témoins à ce malheur fou qui rongeait tout.

_________________

-- baby i'm yours.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur En ligne
i feel so scattered

Trent Stevenson

messages : 853
face + © : xavier, sparkle
multinicks : tomas, norrie
points : 1110
age : twenty-three
♡ status : falling for two girls
home : with scott and avery, crescent lane.

— boom, butterfly effect.
how we met :
rp status (fr/en) : bran (s1), tc (w. jax), iris, avery.

i focus on the pain, the only thing that's real. Empty
Message· · Sujet: Re: i focus on the pain, the only thing that's real. i focus on the pain, the only thing that's real. EmptyMar 25 Déc - 12:11

Il conduisait la vieille jeep wrangler de son père, tapant la mesure sur le volant abimé par le temps et les mains l’ayant manié. C’était dans cette voiture qu’il avait grimpé pour la première fois, à quatre ou cinq ans, imitant son père – qu’il voyait comme son plus grand héros – pendant de longues minutes avant d’appuyer de toutes ses forces ses bras menus sur le klaxon, Richard arrivant en trombe pour stopper le vacarme alors que Trent était pris d’un fou rire enfantin. C’était dans cette voiture qu’il avait appris à conduire, son père suant à grosses gouttes et proclamant que son fils ne réussirait jamais à obtenir son permis, l’adolescent s’énervant et accusant Richard d’être le pire professeur d’Oregon, peut-être même du pays, voire du monde. Trent aimait autant la vieille wrangler autant qu’il la détestait. Elle était à lui, maintenant. Un cadeau de Noël, avant l’heure. Richard l’avait embusqué en bas de l’immeuble où il vivait avec Scott, faisant cliqueter les clés au bout de son index. Elle est à toi, avait-il dit, avant d’ajouter un joyeux Noël qui l’avait laissé perplexe. T’essaies juste de t’en débarrasser ?, avait-il répondu, une remarque malveillante conçue pour montrer à son père qu’il était toujours mu par une rancœur, dont il ne connaissait plus la réelle cause ni l’ampleur exact (mais qu’il refusait d’appeler un caprice).
Les voitures de Richard regorgeaient d’antiques albums de country et Trent avait trouvé dans la boîte à gants celui qui avait rythmé son enfance – le préféré de sa mère, le plaisir coupable de son père, celui dont il avait connu, fut un temps par cœur, les paroles de chacune des pistes. Trent était persuadé que son père avait fait exprès de laisser tous ces albums. Pour quelles raisons, il n’en était pas sûr : pour s’en débarrasser réellement, ou pour montrer à son fils qu’il l’aimait ? La première  était la favorite de Trent, même si la seconde trottait au fond de sa tête. Dolly Parton le submergeait d’une vague de nostalgie mais semblait l’irradier de bonheur en même temps. Il se revoyait à l’arrière de la jeep, chantant Jolene presque aussi bien que Dolly de sa voix encore fluette, Jolene, Jolene, Jolene, Jolene, I’m begging of you please don’t take my man, sa mère et son père l’accompagnant, Gunner gigotant dans son siège bébé et tentant de participer à sa façon en marmonnant des mots dont il était le seul à comprendre la signification. Il entendait sa mère chanter le refrain de Jolene. Elle n’avait aucune idée qu’un jour ces mots résonneraient pour elle.
Trent passait les chansons qu’il appréciait le moins, s’arrêtant sur celles qui lui apportaient le plus de souvenirs, chantant les couplets dont il se souvenait encore avec sa voix un peu plus profonde et beaucoup moins fluette que celle qu’il avait lorsqu’il était encore gosse et sur la banquette arrière. Quand les premières notes de Islands in the stream résonnèrent, ses yeux s’écarquillèrent et un sourire vint se dessiner sur ses lèvres entrouvertes de surprise. Il ne l’avait pas entendu depuis si longtemps. Il avait presque oublié la chanson préférée de ses parents. C’était sa préférée, à lui aussi, elle vibrait en lui d’une façon particulière qu’il ne pouvait expliquer. Il fredonnait, se trompant sur chaque mot tout en suivant une voiture luxueuse avec sa wrangler bruyante, jusqu’à ce que les paroles lui reviennent petit à petit. Il était seul et le ridicule ne le menaçait en rien. Une bouteille d’eau dans une main en guise de micro improvisé, l’autre sur le volant, il était à la fois Dolly puis Kenny, à la fois son père et sa mère, I can’t live without you if the love was gone, everything is nothin’ if you got ... Il se trompa et appuya sur le bouton retour arrière, relançant la piste depuis le début et recommençant le premier couplet.
Alors qu’il chantait les ah-ah qui ponctuaient les derniers paroles du couplet, la voiture devant lui s’emballa. Il lâcha la bouteille d’eau qui vint atterrir à ses pieds et empoigna le volant. Tout se passa bien trop vite pour qu’il puisse réfléchir à quoi faire. Il n’y avait que l’instinct qui répondait. Il appuya sur le frein en regardant la voiture déraper, avant que le conducteur ne parvienne à stopper le véhicule. Derrière, à quelques mètres, Trent s’était arrêté et essaya de reprendre ses esprits, alors que Dolly gémissait encore et que sa voix lui devenait soudain désagréable à souhait. Il aurait pu percuter la bmw par l’arrière s’il n’avait pas été à une distance raisonnable.
Il ouvrit la fenêtre pour prendre l’air, voyant devant lui que le conducteur s’était extirpé de l’habitacle et qu’il s’approchait de la falaise. La silhouette – la carrure lui révéla que c’était un homme – se détachait de l’obscurité sous la lumière de ses phares, avant qu’il ne disparaisse et qu’il ne soit baigné que par le faible éclat de la lune. Il sortit de la voiture et s’approcha de l’homme, qui l’accueillit avec une voix pleine de rage, mais fébrile et encombrée de ce que Trent comprit comme des sanglots.
Dans la nuit, derrière eux, Dolly et Kenny chantaient gaiement leur amour :
No more will you cry
Baby, I will hurt you never
We start and end as one, in love forever
We can ride it together, ah-ah
Makin' love with each other, ah-ah
Islands in the stream
That is what we are
No one in-between
How can we be wrong
Sail away with me to another world
And we rely on each other, ah-ah
From one lover to another, ah-ah
.
Trent s’avança un peu plus.
– Vous vous êtes fait mal ? J’ai bien cru que vous alliez finir en contrebas. Vous m’avez foutu la trouille …, dit-il en jetant un coup d’œil vers la rivière qui serpentait, osant un nouveau pas vers la silhouette qui n’était pas plus celle d’un homme que celle d’un jeune garçon, ne prenant pas en compte l’invitation de l’inconnu. Celle de déguerpir sur le champ. Il n’allait pas laisser l’homme seul.
– Venez vous asseoir par là, plutôt, dit-il. La falaise lui semblait bien trop proche à son goût. Il tendit le bras, prêt à poser sa main sur l’épaule du garçon pour le guider loin du danger.

_________________

Hate to say that I love you
Hate to say that I need you
Hate to say that I want you
But I do
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
— i was fireproof.

Brandon Rose

messages : 2311
name : capricorns
face + © : froy — © exordium.
multinicks : angel, hammer.
points : 2781
age : 19.
♡ status : w/ his beautiful boy.
work : college drop-out.
home : his arms.

— boom, butterfly effect.
how we met :
rp status (fr/en) : jax, trent, tomas.

i focus on the pain, the only thing that's real. Empty
Message· · Sujet: Re: i focus on the pain, the only thing that's real. i focus on the pain, the only thing that's real. EmptyJeu 3 Jan - 10:18

Plus il regardait en contrebas et plus l’envie de s’y jeter lui paraissait séduisante. Il n’avait que quelques pas à faire. Il s’en remettrait à la gravité, à la chance et au hasard. Il voulait abandonner tout pouvoir de décision, toute raison ; il voulait simplement fermer les yeux et ne plus réfléchir. C’était tout ce qu’il demandait : une minute de répit, puis la certitude du silence.
Une minute. Un pas. Un saut. Ce n’était pas compliqué. C’était même d’une simplicité enfantine et Bran se demandait pourquoi il n’y avait pas pensé plus tôt. C’était évident. Il pouvait en terminer, de cette douleur qui lui bouffait le ventre et l’empêchait de réfléchir. Il pouvait guérir ! C’était portée de main. Il suffisait juste de trouver un peu de courage au fond de soi. Son coeur lourd comme une enclume ferait le reste : il plongerait, la tête la première, et coulerait à pic. La rivière l’accueillerait au fond de son lit et il se laisserait alors recouvrir par l’eau. Le courant le polirait comme une pierre et il se laisserait alors entraîner parmi les autres, jusqu’à se faire jeter dans l’océan. Et là, il disparaîtrait tout à fait, dilué dans l’immensité pacifique. Plus personne n’entendrait parler de lui. Il ne serait plus un poids, plus un échec. Il ne serait rien.
C’était une si belle perspective que ses larmes redoublèrent.
(Il ignora la douleur provoquée par les hoquets. L’asphyxie était bienvenue : elle coupait toute sensation qui menaçait de monter vers son cerveau et qui aurait pu lui rappeler qu’il était en vie.)
Plié en deux, les yeux brouillés de larmes, il était néanmoins conscient de la présence à ses côtés mais refusait de relever les yeux. S’il ne relevait pas les yeux, ce n’était pas réel.
C’était ce qu’il s’était dit, quand ça s’était passé.
Malheureusement, l’intrus semblait insensible à ses suppliques inaudibles et Bran perçut ce qu’il crut être un mouvement en sa direction. Tout son corps réagit à la manière d’un animal acculé et il se tendit comme la corde d’un arc, se tournant soudain vers celui qui osait troubler son désespoir d’une sollicitude qu’il ne méritait pas. Sauvage, Bran montra les dents et jeta un regard fauve au dompteur malhabile. « T’es sourd ou quoi ? Laisse-moi tranquille ! » feula-t-il d’une voix aiguë. Il avait, comme par réflexe, cessé de pleurer mais son visage était toujours marqué de traces humides et il s’essuya les joues d’un coup de manche nerveux, tremblant de tous ses membres et le visage agité de tics. Depuis combien de temps n’avait-il pas dormi ? Ou mangé ?
Décidé à mettre le plus de distance possible entre lui et ce malvenu, Bran recula d’un pas et prit enfin la mesure de son adversaire. C’était un garçon, ça, il l’avait déjà compris à sa voix. Un peu plus grand, un peu plus âgé que lui, avec des cheveux bruns et bouclés. Une sensation étrange le parcourut. Il aurait voulu tourner les talons, remonter dans la voiture pour se foutre en l’air quelques dizaines de mètres plus bas sur la route, mais il ne pouvait pas. Ses pieds restaient fermement ancrées sur le sol et son regard restait rivé sur l’inconnu qui ne l’était pas tant que ça. Sa mémoire abîmé mit quelques minutes à replacer le visage, mais désormais, Bran en était certain. Il le connaissait. Plus que ça : il se souvenait du sentiment que ces yeux convoquaient.
De la jalousie.
De la jalousie, complètement irrationnelle, capricieuse et mal placée.
Il tituba. Son coeur palpita faiblement. « T’es son pote. » lâcha-t-il, abasourdi, tétanisé. Stupidement, il jeta un regard vers la voiture, comme si Jax allait en sortir. Mais non, juste une rengaine naïve qui s’échappait de l’auto-radio. « C’est toi, le mec sur mazebird… » continua Bran. Il devait probablement l’impression de complètement divaguer et ce n’était pas loin de la vérité. Il ne savait absolument pas où il allait. Etait-ce un signe ? L’univers lui envoyait-il Trent (il se souvenait brusquement de son prénom) pour le prévenir ? Et si oui, quel était le message ? Incapable d’y croire, Bran se prit le visage entre les mains et tituba à nouveau. Non. Non, il se refusait à croire que l’univers soit aussi cruel avec lui. Et pourtant, c’était bien Trent devant lui. Trent qui portait Jax dans son ombre.
Les jambes de Bran se dérobèrent sous lui et il sentit ses genoux heurter le sol. Il ignora la douleur. Il était avalé tout entier par une souffrance d’un genre différent, une souffrance qui se repaissait de ses erreurs et de ses regrets, les rendant plus amers encore. Qu’est-ce qu’il n’aurait pas donné pour retourner en arrière… Qu’est-ce qu’il n’aurait pas donné pour être Dolly et que Jax soit Kenny !
No more will you cry
Baby, I will hurt you never
We start and end as one, in love forever
We can ride it together, ah-ah…

C’était terminé. Il rendait les armes. Il était dévasté, à bout. Il n’en pouvait plus. « Jax… » gémit-il, incapable de se contrôler. C’était comme se prendre une gifle de la part d’une main qui aurait porté des bagues en barbelé : non seulement le contact le brûlait, mais en plus, il s’accrochait, s’enfonçait dans sa peau et plus il cherchait à s’extirper, plus les blessures devenaient profondes.

_________________

-- baby i'm yours.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur En ligne
i feel so scattered

Trent Stevenson

messages : 853
face + © : xavier, sparkle
multinicks : tomas, norrie
points : 1110
age : twenty-three
♡ status : falling for two girls
home : with scott and avery, crescent lane.

— boom, butterfly effect.
how we met :
rp status (fr/en) : bran (s1), tc (w. jax), iris, avery.

i focus on the pain, the only thing that's real. Empty
Message· · Sujet: Re: i focus on the pain, the only thing that's real. i focus on the pain, the only thing that's real. EmptyLun 28 Jan - 16:54

Il n’allait pas se tirer d’ici, même si le garçon lui montrait qu’il n’était pas le bienvenu. Même si le garçon se comportait comme un enfant sauvage qui n’avait jamais vu d’homme avant lui. Même s’il avait l’impression que le garçon allait lui sauter à la gorge et la lui lacérer s’il ne le laissait pas tranquille. Il ne savait pas vraiment quoi mais il savait que quelque chose n’allait pas et l’état et la proximité du gamin avec la falaise ne le rassurait pas. Il ne voulait pas remonter dans sa jeep et entendre demain à la radio qu’un gosse s’était tué en se jetant dans le vide. Il ne voulait pas avoir ça sur la conscience.
– J’t’entends pas de là, tu devrais t’rapprocher un peu. Il l’avait parfaitement entendu. Il essayait simplement de trouver un moyen de mettre autant d’espace possible entre le garçon et le précipice. La peur commençait à se distiller dans son sang. Il aurait aimé appeler son père et lui demander quoi faire, il aurait aimé appeler Scott et lui dire de rappliquer direct pour les sortir de cette situation.
Les yeux du gamin l’avaient harponné. Il le fixait, maintenant, il le dévisageait et Trent pouvait sentir le regard du garçon tenter de percer à travers chaque couche de sa peau. Peut-être qu’il était en train de le sonder, d’estimer s’il était quelqu’un de confiance, s’il pouvait se perdre dans ses bras plutôt que de se laisser tomber en contrebas. Ou peut-être qu’il était simplement figé. Paralysé. Peut-être qu’il avait réalisé ce qu’il avait voulu faire, si sauter était vraiment ce qu’il avait espéré faire. C’était un garçon. Un gamin. Il ne lui donnait pas plus de dix-huit ans. La lumière de la nuit lui révélait un visage ravagé, par les larmes, par la rage, par le désespoir, par une dizaine d’autres sentiments certainement. Trent fit un pas en avant. Les poings refermés et plongés dans ses poches, pour avoir l’air le plus naturel possible, si jamais ça pouvait aider. Il tremblait. Peut-être le froid, peut-être la peur, peut-être l’adrénaline, sans doute les trois.
Derrière lui, Dolly et Kenny geignaient leur amour.
C’était un gamin. Rien de plus. Il le dévisageait encore plus intensément. Trent fronça les sourcils, son regard essayant de déjouer l’obscurité pour tenter de reconnaître des traits familiers. Il lui disait quelque chose. Vaguement. Comme la majorité des gamins de Windmont Bay. La ville n'était pas assez grande pour qu'elle soit peuplée de parfaits inconnus. La voix du garçon, lourde, tranchant avec les notes aiguës d’il y a quelques minutes, perça le silence. T’es son pote. Ces quelques mots semblèrent effrayer le garçon. Trent ne savait pas quoi en faire. Il plongeait, de plus en plus chaque seconde, dans un état de perplexité à mesure que les traits du gamin se révélaient à la lumière de la lune mais échappaient encore à sa mémoire. C’est toi le mec sur mazebird…. Il haussa les épaules. Il ne savait pas ce qu’il devait répondre. S’il devait répondre.
Le garçon tituba une nouvelle fois et enfouit son visage dans ses mains. Ses genoux percutèrent le sol lorsqu’il perdit l’équilibre. Il savait que c’était le bon moment. Une voix intérieure lui intima l’ordre de se rapprocha et il le fit instinctivement, se glissant rapidement derrière le garçon et se penchant en avant pour poser ses mains sur ses épaules. Il ne sentait aucune résistance. Son corps semblait pliable. Son corps avait baissé les bras. Lorsqu’il tenta de le soulever, pour le remettre sur pieds et l’emmener loin du rebords de la falaise, le gamin laissa échapper un prénom de ses lèvres.
Jax.
C’était la clef qui lui manquait pour soulever le mystère.
Il se rappela, soudainement, que la dernière fois où il avait vu les traits de Brandon Rose, c’était lorsqu’il avait posé les yeux sur sa photographie, déchirée, dans la chambre de Jax.
– Oh merde…, susurra-t-il en forçant Bran à se mettre sur ses pieds. Il fit glisser le bras du garçon autour de ses épaules, pour qu’il prenne appui et se repose sur lui, et l’attrapa par la taille. Allez, viens. Ils firent quelques pas. Difficiles. Leurs démarches étaient saccadées. Ils comblèrent la distance entre là où Bran était tombé à genoux et la jeep de Trent en plus de temps qu’il ne l’aurait fallu. Tant bien que mal, alors que Dolly chantait maintenant en solo, il posa Bran contre la carrosserie de la jeep et ouvrit la portière passager.
– Tu devrais t’asseoir… Il regarda autour de lui. Quelles étaient les chances qu’ils se rencontrent, pour la première fois, dans ces circonstances ? Il pensait ne jamais le voir, maintenant que lui et Jax … Jax.
– Tu veux que je l’appelle ?, demanda-t-il, maladroitement, prenant soin toutefois de ne pas prononcer le prénom de son meilleur ami. Ou que j’appelle quelqu’un d’autre ? Je te laisserai pas repartir au volant de ta voiture…

_________________

Hate to say that I love you
Hate to say that I need you
Hate to say that I want you
But I do
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
— i was fireproof.

Brandon Rose

messages : 2311
name : capricorns
face + © : froy — © exordium.
multinicks : angel, hammer.
points : 2781
age : 19.
♡ status : w/ his beautiful boy.
work : college drop-out.
home : his arms.

— boom, butterfly effect.
how we met :
rp status (fr/en) : jax, trent, tomas.

i focus on the pain, the only thing that's real. Empty
Message· · Sujet: Re: i focus on the pain, the only thing that's real. i focus on the pain, the only thing that's real. EmptySam 23 Fév - 23:08

Il abandonnait le combat. Tout ce qu’il avait tenté de repousser au cours de ces derniers mois de torture, il le laissait le submerger, l’engloutir. Il se noyait et il inspirait le plus fort possible pour que l’asphyxie soit la plus rapide possible. Il ne voulait pas continuer quand chaque respiration était douloureuse, quand chaque mouvement lui coûtait un effort qu’il ne souhaitait plus reproduire. À quoi bon, de toutes façons ? Il avait joué au jeu de la vie et il avait perdu. Il s’était cru intouchable. Il croyait encore être le garçon d’airain, l’invaincu, un Achille sans talon. Comme il s’était trompé. Comme il regrettait son orgueil, son ego malmené, son caprice d’enfant gâté. Oui, il regrettait tout, tout, tout, et surtout cette fois-là, dans sa chambre face à Jax. Il avait été si lâche.
Mais il avait eu si peur.
Et encore aujourd’hui, alors qu’il tremblait de tout son être, les genoux écorchés sur le sol cahoteux, il était encore terrifié. Terrifié de ce que son amant pourrait bien penser de lui s’il lui disait la vérité de ce qui s’était passé, ce soir-là, pendant cette fête à laquelle il n’aurait jamais voulu aller. Terrifié du regard qui changerait, c’était sûr, Jax ne l’aimerait plus comment avant, comment le pourrait-il ? Il était souillé. Ecorné. Terni. Il n’était plus le garçon d’or. Il n’y avait plus rien d’ensoleillé en lui. Il n’était qu’une ombre.
Faire le deuil de Jax était encore pire que faire le sien. En le quittant, Bran n’avait pas mesuré à quel point l’ouvrier s’était infiltré dans tous les interstices douloureux et coupants de sa vie pour les recouvrir de sa tendresse. Il n’avait pas réfléchi à quel point Jax allait lui manquer ; il savait juste que ça allait faire mal et il s’était dit qu’après tout, ce serait sa punition. Mais il n’avait pas prévu cette douleur-là, cette gifle gantée de fil barbelé, ce coup de poing en plein ventre, ce désespoir qui lui bouffait les tempes. Quand il avait repoussé son amant, il l’avait poussé à se retirer comme une marée : Bran se sentait comme une plage après la tempête, sale, jonché d’ordures, crevé de trous et de branches. Il ne restait rien de cet océan de douceur qui l’avait recouvert pendant ces quelques mois d’amour fou.
Alors il ployait. Tant pis s’il se ridiculisait devant Trent, tant pis s’il saccageait son image de golden boy : il s’en fichait. Il laissait la douleur éclater comme un orage et il pleurait à nouveau. C’est à peine s’il sentit les bras de Trent le recouvrir. Il ne réalisa même pas que l’ami de Jax le traînait sur plusieurs mètres pour l’éloigner du vide. Et pourtant, ce n’était pas l’envie de s’y jeter qui lui manquait.
Un bruit de portière, étrangement anodin, bizarrement normal, lui fit relever les yeux et c’est là que Bran comprit qu’il tenait à peu près debout. Par quel miracle, il n’en savait rien et il leva des yeux désemparés sur Trent qui lui proposa de s’installer. Mais Bran n’avait pas la force de bouger pour le moment et il se contenta de fixer le garçon, fébrile, tremblant. Il lui en voulait presque de l’avoir éloigné du bord, de s’être arrêté. Pourquoi ne pouvait-il donc pas le laisser tranquille ?  Il ne lui avait rien demandé ! Une rage naquit en Bran, presque aussitôt éteinte par l’objet même de sa colère. Tu veux que j’appelle ? La furie se retrouva alors remplacée par la terreur et il bondit. « Non ! » Le cri était sorti de son coeur, farouche, déterminé, désespéré. Il secoua la tête, suppliant Trent du regard. Non, ne pas appeler Jax, surtout pas. Il ne pouvait pas l’affronter, pas maintenant… Jamais. Bran se mordit violemment la lèvre inférieure et baissa les yeux, de honte, de désarroi. « Je… Je peux pas. » lâcha-t-il. Il n’avait plus de voix, juste un filet disloqué, déchiré. « Je… je veux pas qu’il me voit… comme ça. » Comme ça, aussi faible, aussi laid, aussi loin que possible du garçon dont Jax était tombé amoureux. Frissonnant, il passa la manche de son pull sur ses joues humides et continua de fixer obstinément le sol, les mains plaquées sur la carrosserie comme pour s’assurer une prise sur le réel. A tout moment, il sentait qu’il pouvait basculer vers cet état d’entre-deux, où il ne savait plus trop bien qui il était, ni ce qu’il faisait là. À travers les larmes qui perlaient sur ses cils, il voyait flou.
Il n’osait pas relever les yeux sur Trent. Il avait trop honte : déjà, d’avoir été jaloux de lui lorsqu’il savait très bien que ce n’était là qu’une manifestation du manque de Jax ; et maintenant, que l’ami le plus proche de Jax puisse le voir dans un tel état de vulnérabilité. Bran eut un reniflement pitoyable. Il n’osait pas imaginer la réaction de son ancien amant si Trent lui décrivait la scène. « Lui dis rien… s’il te plaît. » murmura-t-il. Il ne voulait pas imaginer Jax déclarer qu’il l’avait bien mérité. Il ne voulait pas imaginer Jax tout court : ça faisait trop mal de se remémorer son beau visage trop sérieux, ses yeux vert tendre, son sourire gêné. Ça faisait trop mal de réaliser ce qu’on avait perdu et ce qu’on ne retrouverait jamais. À cette pensée, Bran fut traversé d’une nouvelle crise de sanglots. « Je… Je voulais pas que… Que ça se passe comme ça. » hoqueta-t-il, la voix étranglée, les yeux brouillés. Il ne savait même plus de quoi il parlait, au final. Sa première rencontre avec Trent ? Ou tout le reste ?

_________________

-- baby i'm yours.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur En ligne
i feel so scattered

Trent Stevenson

messages : 853
face + © : xavier, sparkle
multinicks : tomas, norrie
points : 1110
age : twenty-three
♡ status : falling for two girls
home : with scott and avery, crescent lane.

— boom, butterfly effect.
how we met :
rp status (fr/en) : bran (s1), tc (w. jax), iris, avery.

i focus on the pain, the only thing that's real. Empty
Message· · Sujet: Re: i focus on the pain, the only thing that's real. i focus on the pain, the only thing that's real. EmptyLun 25 Fév - 14:48

Les mots d’Iris continuaient à le hanter.
You can't know until you actually fall in love.
Il ne savait pas ce qu’il se passait dans la tête de Bran. Il ne pouvait qu’imaginer ce qu’il se passait. Il réalisait seulement maintenant que ce que traversait Jax n’avait rien de banal. Ce n’était pas qu’une amourette d’été. Ce n’était pas qu’une rupture qui occupait l’esprit quelques jours avant de se dissiper et de se transformer en souvenir risible. Une petite virée entre amis n’apporterait aucune solution à Jax. Une virée entre amis. C’était tout ce qu’il avait fait pour Jax. C’était tout ce qu’il pouvait faire pour Jax. Pour lui, aussi. Il avait eu besoin de s’assurer que les choses n’avaient pas changées entre eux. C’était égoïste. Ou peut-être pas. Il n’en était pas sûr. Il n’était plus sûr de grand chose, ces derniers temps.
Les mots d’Iris résonnaient dans chaque situation, ils ne lui accordaient aucun répit depuis qu’elle les lui avaient glissés ; ils étaient vrais, comme ils étaient faux. Ils étaient vrais, bien qu’il ne s’en rendait seulement compte lorsqu’il en entendait l’écho et qu’ils le remettaient face à la réalité. Ils étaient faux. Ils ne pouvaient aussi qu’être faux : Trent détestait toute forme de critique. À chaque fois, il se sentait comme un animal sauvage forcé à se croupir dans le coin d’une pièce. Quand ses faiblesses étaient mises en lumière, Trent devenait hostile.
Il ne pouvait rien faire pour lutter contre le flot de ses propres émotions, déclenché par celles qui s’étaient emparées de Bran, de son corps, de son esprit, de sa raison, de lui tout entier. Il ne pouvait pas rester de marbre face à une situation comme celle-ci. Il sentait son coeur s'accélérer et sa gorge se nouer. Il ne craquerait pas. Ses yeux iraient jusqu’à briller, des larmes menaceraient de se déverser, mais il ne craquerait pas. Son empathie, dont il devait assurément tenir de sa mère, était une faiblesse à ses yeux. Il ne supportait pas se laisser, lui-même, dépasser par ses émotions. Il préférait pleurer, seul, dans un coin, il préférait s’isoler pour souffrir loin des regards et loin des jugements.
Il n’osait imaginer ce que ressentait Bran, dans l’état qui était le sien, à devoir supporter sa présence. Il se sentait mal à l’aise, d’avoir fait irruption dans sa vie aussi soudainement. Cette rencontre était écrite depuis longtemps. Bran et Trent étaient destinés à se croiser de la sorte. Deux inconnus qui n’étaient pas totalement étrangers l’un pour l’autre. Trent croyait à cette invention que l’on appelle le destin. Il ne pouvait plus laisser Bran, maintenant, pas avant d’être persuadé que le garçon n’allait rien faire d’irréversible. Il prendrait tout le temps nécessaire. Même si toute la nuit n’était pas suffisante. Il le devait bien à Jax.
Bran le fixait et Trent soutenait son regard dans lequel il lisait toute la souffrance qui était en train de consumer le garçon. Lorsqu’il avait observé l’état de Jax, lorsque Jax lui avait dit qu’ils avaient rompu, lorsqu’il avait vu la douleur dans les gestes et dans les yeux de son meilleur ami, Trent aurait voulu résoudre la situation en enfonçant chaque jointure de ses doigts dans le beau visage de Brandon. Mais, maintenant qu’il avait le garçon devant lui, les perspectives avaient changé. Jax n’était pas le seul à la dérive. Bran aussi l’était. Pire, il donnait l’impression d’avoir cédé aux eaux tortueuses sur lesquelles il se trouvait. De s’être laissé aspiré par les fonds ténébreux. Bran paraissait vidé. Une feuille flétrie, piétinée, malmenée par le vent.
Trent n’avait aucune idée de ce qu’il se passait entre Jax et Bran. Il se doutait simplement que ni l’un ni l’autre ne savait dans quels états ils étaient réellement. Appeler Jax lui semblait la seule solution, mais Bran réagit comme un animal menacé. Désespéré.
– Okay. Okay. Je l’appelle pas.
Il ne l’appellerait pas. Pas maintenant. Pas si cela effrayait Bran. Il leva les yeux vers les étoiles, réfléchissant une seconde à ce qu’il pouvait bien dire, à ce qu’il pouvait faire pour aider, mais il était désemparé. Il soupira lentement et reposa son regard sur le garçon. Tout ce dont il avait besoin, pensa-t-il alors, c’était d’avoir quelqu’un avec lui. L’empêcher de contempler le vide. L’empêcher de couler davantage. Bran n’avait besoin que d’une main tendue, à ce moment. Il ne savait pas si la sienne était la plus apte à l’aider. Mais Trent était là. Et c’était tout ce qui comptait dans le moment présent.
Il combla les quelques pas qui le séparaient de Bran et posa la main sur son épaule, l’attirant vers lui pour le prendre dans ses bras et l’étreindre amicalement.
– Je lui dirai rien, lui répondit-il alors qu’il le serrait contre lui tout en lui frottant le haut du dos. C’était tout le réconfort qu’il pouvait lui apporter — il n’était pas sûr que les mots qui suivraient l’aideraient beaucoup. Prendre Bran dans ses bras alors qu’il avait juré de se venger du mal qu’il avait fait à Jax ? Il réprima un sourire, avant de le laisser s’emparer de ses lèvres. Bran ne pouvait pas le voir. Il ne pouvait pas non plus voir la larme qui s’échappa du coin de ses yeux et qui coula le long de sa mâchoire. Il soupira à nouveau.
Il garda Bran contre lui quelques secondes encore. Le garçon n’avait pas la force de se
– Je sais qu’on se connait pas mais je suis là. Tu peux me parler.
Il posa ses mains sur ses épaules et recula en arrière, plongeant son regard dans celui de Bran. Trent lui disait simplement qu’il était là. Que Bran avait une épaule sur laquelle se reposer, pendant les prochaines heures. Qu’il ferait ce qu’il peut pour l’aider. Pour les aider. Lui et Jax. Mais que lui aussi, il allait avoir besoin d’aide.
– Qu’est-ce qu’il s’est passé ?




_________________

Hate to say that I love you
Hate to say that I need you
Hate to say that I want you
But I do
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
— i was fireproof.

Brandon Rose

messages : 2311
name : capricorns
face + © : froy — © exordium.
multinicks : angel, hammer.
points : 2781
age : 19.
♡ status : w/ his beautiful boy.
work : college drop-out.
home : his arms.

— boom, butterfly effect.
how we met :
rp status (fr/en) : jax, trent, tomas.

i focus on the pain, the only thing that's real. Empty
Message· · Sujet: Re: i focus on the pain, the only thing that's real. i focus on the pain, the only thing that's real. EmptySam 23 Mar - 11:06

(attention, ce post traite d'un sujet dur. tw: agression sexuelle)

Lorsqu’il sentit la main de Trent sur son épaule, Bran ne se déroba pas. Ou plutôt, il ne parvint pas à s’écarter comme il l’aurait voulu. Il était trop englouti de souffrance pour réaliser qu’il laissait quelqu’un le toucher et lorsque Trent le prit véritablement dans ses bras, comme l’aurait fait un grand frère, Bran se laissa couler dans l’étreinte bienveillante. Jamais il n’en avait eu plus besoin qu’à cet instant et c’était peut-être le destin qui les avait réunis là, sur cette route. Là, contre Trent, pour la première fois depuis des mois, il se sentait en sécurité. Le rythme affolé de son coeur se calma, tout comme ses pleurs. Bientôt, on n’entendit plus que sa respiration contre le pull de Trent, apaisée par les mots pleins de sollicitude de l’autre garçon. Des mots simples, qui faisaient du bien. Et puis cette question, celle que Bran devait affronter.
Qu’est-ce qu’il s’est passé ?
Cette question, elle était posée à tant d’autres que lui. Qu’est-ce qu’il s’est passé ? Ce n’était pas tant répondre à cette question qui y était difficile que tout ce qui venait après et que Bran craignait.
Tu es un garçon, ça n’arrive pas aux garçons.
Tu es sûr que c’est vraiment arrivé ? Tu étais ivre, après tout.
C’était un malentendu, ils ne t’ont pas vraiment agressé.
C’est un peu ta faute aussi, tu as vu comme tu étais ?
Allons, ce n’était pas si terrible, t’as vraiment senti quelque chose ?
Qu’est-ce que tu portais ? Rires.
C’est impossible. Ils sont si gentils !
Mais enfin, c’est un prêtre… Tu es sûr de ce que tu dis ? C’est très grave.
Tu veux vraiment ruiner leurs vies ? Pour vingt minutes d’action ?
They’re fine young men !
Mais enfin, vous êtes amis, non ?
Tu l’as cherché, non, après tout, vous avez été plan cul pendant des années…
Ne ruinons pas leurs carrières. Tu as vu leurs résultats sportifs ?
Qu’est-ce que les gens vont dire ?
Pourquoi tu ne t’es pas débattu ?
Arrête de faire du scandale. C’est du passé.
C’est arrivé il y a quinze ans, comment pourrait-elle s’en rappeler ?
C’est sa parole contre la sienne.
Tu aurais dû crier.
Rapist sentenced to three months in jail, gets out after one. (California, USA)
Oh, tu sais, on peut pas les croire… Elles font ça pour être célèbres.
Elle ment, c’est pour être payée.
Il est trop moche pour que ça lui arrive. Il devrait plutôt être reconnaissant !
Un juge dit à la victime « qu’elle aurait dû fermer les cuisses ». (Canada)
Ça s’est passé il y a si longtemps… Ça ne sert à rien… Je m’en souviens à peine.
Grab them by the pussy.
Mais il y avait d’autres phrases, aussi et il le savait, malgré sa peur. Des phrases moins nombreuses. Parfois, ce n’était même pas des paroles, juste des gestes : un regard qui savait, une main qui se posait sur une autre et la pressait comme dire : je suis là. C’était des groupes de parole et des manifestations. I can’t keep quiet. C’était des chansons, des dessins, des poèmes, des tatouages. C’était des procès, parfois longs, parfois coûteux, parfois injustes. Et en chaque essai, chaque pas l’un après l’autre, chaque réveil, chaque jour vécu comme un doigt d’honneur, une victoire.
#TimesUp
Je ne suis pas une victime. Je suis un survivant.
Je suis une victime et j’exige réparation.
Tu n’as pas à être seul(e), tu sais ?
Moi aussi, ça m’est arrivé. Je suis là.
Silent no more.
#MeToo.
Les bras de Trent étaient forts et le protégeaient. Ils l’avaient accueilli sans réserve.
Qu’est-ce qu’il s’est passé ? La question résonnait dans sa tête, elle bourdonnait depuis des mois. On la lui avait posé de nombreuses fois mais jamais il n’avait réussi à laisser les mots franchir la forteresse de ses lèvres closes. Alors pourquoi les sentait-il venir ce soir ? Pourquoi face à Trent, qu’il ne connaissait pas ? C’était peut-être justement parce que c’était un inconnu.  Doucement, il se libéra des bras de Trent et déglutit péniblement. Il tremblait, de peur, de fébrilité,  d’excitation. C’était peut-être plus facile de se livrer, et lorsque Bran ouvrit la bouche, les joues encore humides de larmes, il se sentait étrangement serein, galvanisé par une force qui lui venait du fond de ses entrailles. « C’était en novembre, pendant… pendant la soirée de bizutage de la fraternité Delta Kappa Epsilon. » Son père y avait été membre et il était entendu que Bran suivrait les traces de ces hommes dont la conception de la masculinité se résumait à porter des pantalons chino et à faire du golf. « Je ne voulais pas y aller à la base… Mais… Je… J’étais en colère, je me sentais tellement seul et Jax était tellement loin, je voulais… juste… penser à autre chose. » À cette pensée, un goût amer envahit sa bouche et il baissa les yeux, effaçant les larmes d’un mouvement du bras. Il voulait juste oublier, pendant quelques heures, qu’il était loin de son petit ami et que ce dernier lui manquait cruellement. Alors il avait pris son invitation posée sur son bureau, s’était habillé comme la circonstance l’exigeait - chino beige et chemise de belle facture - et avait rejoint ceux qui deviendraient ses futurs brothers. « Ensuite, je… Je ne sais pas, c’est tellement flou. » Avait-on mis quelque chose dans son verre dès le début ? L’avait-on pris pour cible dès son arrivée sur le campus, parce qu’il était seul, isolé ? Les prédateurs l’avaient-ils guetté, tapis dans l’ombre ou s’étaient-ils décidés sur le coup, lorsqu’ils l’avaient vu franchir le seuil de leur élégante maison ? Avait-ce une importance ? « Il y avait beaucoup d’alcool ce soir-là et… Je sais pas, j’ai commencé à me sentir mal et ces… ces deux garçons sont venus m’aider et… » Il se souvenait vaguement de deux paires de bras puissants le soulever pour le monter à l’étage et l’allonger sur un lit. En revanche, ce qui le hantait toujours aussi clairement, c’était son incapacité à bouger. Il ne pouvait pas faire un seul mouvement, même pas lever le bras. Sa bouche était pâteuse, son regard si flou. Et pourtant, il voyait, il sentait qu’on le déshabillait à la va-vite, il entendait des rires et des grognements, le flash d’un appareil photo, et puis soudain, il avait mal, partout, et c’était à ce moment que son esprit avait cessé le combat. Trou noir. Les mécanismes de défense s’étaient activés comme des remparts sortis de nulle part. « Je… Je ne sais pas combien de temps ça a duré. Quand je me suis réveillé au matin, j’étais seul… Ils n’avaient même pas pris la peine de me rhabiller. » Il ne pouvait pas oublier ce sentiment de saleté, cette sensation misérable ce matin-là dans cette chambre silencieuse et vide, l’envie de vomir, l’envie de mourir, le sentiment de culpabilité qui l’avait submergé. C’était sa faute. Il était rentré dans sa chambre, avait mis ses vêtements à la poubelle. Le reste n’était qu’un brouillard. « Je… J’ai pas pu rester. Je me suis enfui. J’ai rien dit. Je suis revenu ici à Windmont Bay. Et maintenant… » Et maintenant ? Il devait vivre avec ça pour le reste de sa vie ? Il devait faire le deuil de celui qu’il avait été et chercher qui il serait. Mais il ne savait pas par où commencer, ni comment faire.
Bran leva les yeux vers Trent et réalisa qu’il s’était remis à pleurer, de grosses larmes douces et silencieuses qui creusaient des sillons sur sa peau. Il renifla et les essuya une énième fois. Il ne se sentait pas vraiment mieux maintenant que tout ça était sorti de lui. Il avait l’impression qu’au lieu d’avoir allégé son fardeau, en parler avec Trent le doublait car désormais, ils étaient deux à subir ce secret. « Je… je suis désolé, je… Tu vois pourquoi je peux plus être avec Jax, maintenant ? » Comment pourrait-il vouloir d’un garçon brisé comme il l’était désormais ? Bran se passa la main sur le visage et poussa un soupir secoué d’un sanglot. « Je devrais peut-être rentrer… » Il était épuisé, tout à coup.

_________________

-- baby i'm yours.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur En ligne
Contenu sponsorisé




i focus on the pain, the only thing that's real. Empty
Message· · Sujet: Re: i focus on the pain, the only thing that's real. i focus on the pain, the only thing that's real. Empty

Revenir en haut Aller en bas
 
i focus on the pain, the only thing that's real.
Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» [Elémentaliste] Focus pour Emrold
» Crise du Pain !!!!
» [RP] Boulangerie chez Lina et Arnoldo "L'amour du pain"
» Elena || Life is about pain and suffering
» The funny thing about a strong woman is that she doesn't need you... She wants you. And if you start slacking she'll be content without you. ~ Kanon.

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
F I L T H Y S E C R E T :: vagabond :: butterfly effect :: season 1-
Sauter vers: