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 will you always catch me when i fall?

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AJ Haggard

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Message· · Sujet: will you always catch me when i fall? Sam 22 Déc - 16:48

HAMMER + AJ
@Hammer Haggard

Les patients du centre avaient mis tout leur coeur à décorer les couloirs pour les fêtes et des guirlandes scintillantes pendaient au plafond, quand ce n’était pas des farandoles de messages positifs pour souhaiter le meilleur pour l’année à venir. AJ, il les avait regardés faire, de son œil goguenard et de son sourire désabusé et quand un infirmier lui avait demandé s’il n’aurait pas été chouette qu’il se joigne aux autres, le gamin Haggard avait gloussé, secoué la tête, croisé les bras et détourné le buste pour ne plus être importuné. Chouette. Ce terme l’horripilait. Il lui donnait l’impression d’être un demeuré qu’il fallait stimuler d’encouragements infantilisants. Et puis, de toute manière, il n’avait jamais été très doué en bricolage, cela demandait trop de concentration et de patience, ce qu’il ne possédait ni l’un ni l’autre. Alors le patient arrivé presque une semaine plus tôt avait observé ses condisciples sans mettre la main à la pâte. A la place, il errait, prenait ses médicaments, résistait au besoin urgent de fuir ces lieux où il était censé guérir de son addiction, alors qu’il savait pertinemment qu’il n’en guérirait jamais vraiment. Il suffirait d’une crise, d’un mal-être si profond pour qu’il replonge. L’ironie de cette situation le faisait sourire, de ce sourire aigre qui trahissait sa pleine conscience de son cas désespéré, mais cette fois, contrairement aux internements précédents, il était venu de son plein gré. De mauvaise grâce mais de son plein gré. C’était ça ou la dérive. C’était ça ou continuer sur cette voie sans issue. C’était ça ou… pas de Wes. Mais est-ce qu’il pouvait seulement encore espérer se racheter auprès du jeune homme après ce qu’il s’était passé ? Wes avait beau prétendre être attaché à lui – l’aimer, bon dieu ! - pouvait-il supporter encore et encore ces sautes d’humeur et d’être traité de la sorte ? Et même s’il était sincère, AJ ne supportait pas de lui infliger cela et il détestait ce sentiment de culpabilité qui lui rongeait l’esprit à longueur de journée. Alors il n’y avait qu’une option et il la subissait depuis plusieurs jours en tournant comme un lion en cage, bien trop focalisé sur les appels lancinants de son corps qui réclamait une dose et qui le rendait agité, impatient, d’une sale humeur, au point qu’en dehors des moments où il fallait s’assurer qu’il allait bien, les infirmiers le laissaient tranquille. En ce soir de Noël, particulièrement, ils semblaient ravis d’aller s’occuper des patients moins récalcitrants alors qu’AJ s’était réfugié dans sa chambre. Chaque fois qu’un aide-soignant passait la tête par la porte, c’était pour constater que le jeune Haggard était assis à la petite table, apparemment pris d’une frénésie d’écriture et ils en avaient sans doute conclu qu’il rédigeait des messages de bons vœux pour ses proches. Un coup d’oeil plus prononcé aurait appris qu’il noircissait des feuilles et des feuilles volantes de mots qui partaient dans tous les sens, comme s’il déversait le contenu de son cerveau allumé entre les lignes bleu clair des pages autrefois vierges.
La porte de la chambre s’ouvrit avec un léger grincement et AJ secoua la main d’un air agacé, pensant qu’il s’agissait encore d’un employé du centre :
- Oui, oui, je ne fais pas de conneries, promis! grommela-t-il avant de lever les yeux, par réflexe ou instinct, pour découvrir qu’il s’agissait de la silhouette immense de son frère. Ah, c’est toi ! Tu n’as pas mieux à faire le soir de Noël ?
Le jeune homme rassembla ses feuilles en un tas désordonné aux coins écornés. Il avait les doigts noircis par son crayon et ses boucles indisciplinées trahissaient un état d’excitation assez avancé.
- Ils s’imaginent que je rédige de jolis poèmes de Noël pour ma famille. S’ils savaient ce que j’écrirais à mon père, ils en deviendraient verts!
Et comme pour prouver son argument, AJ s’empara d’une feuille qu’il brandit et secoua comme s’il s’agissait de la solution à un problème mathématique sur lequel il avait planché comme un fou furieux.
- J’y ai répertorié toutes les insultes déguisées dont notre cher Père m’a déjà fait grâce ! Il y en a des pas mal, en fait, en y regardant de plus près.
S’il avait dû lister les compliments lâchés, même du bout des lèvres, par Haggard senior, AJ se serait évité bien du boulot puisque sa page serait restée vierge. Mais quel plaisir y avait-il à cela ? songea-t-il avec un sourire amer alors qu’il réduisait la feuille froissée à une boule qu’il balança par-dessus son épaule. Attrapant une autre page, indemne celle-là, soigneusement pliée en quatre, AJ demanda :
- Est-ce que tu pourrais lui donner ça ? A Wes ? Je doute que ça change quoi que ce soit mais comme ça il saurait pourquoi j’ai réagi comme ça. J’y raconte tout. Père. Maman. Boston. Tout.
AJ étudia le visage de son frère. Allait-il le dissuader de faire cela ? Allait-il lui dire que c’était une perte de temps ? Ou que ce qui concernait les Haggard ne regardait pas Wes ? Pinçant les lèvres, il soupira et se laissa aller contre le dossier de sa chaise.
- Désolé, j’ai pas de cadeau à t’offrir. L’atelier bricolage ne me branchait pas du tout, conclut-il avec un rictus narquois et un haussement d’épaules, alors que ses doigts s’attaquaient nerveusement à la peau sèche de ses coudes.

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Hammer Haggard

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Message· · Sujet: Re: will you always catch me when i fall? Dim 27 Jan - 21:55

Assis dans sa voiture qui se refroidissait de minute en minute, Hammer contemplait son reflet dans le tableau de bord. Sur le siège à côté de lui, ses deux téléphones portables reposaient, parfaitement silencieux. Son père n'avait pas tenté de l'appeler, encore moins de le convaincre de se rendre à New York pour les fêtes. Ça aurait dû être triste, sans doute, mais Hammer était étrangement soulagé. Ça ne faisait que confirmer, quelque part, ce qu'il avait toujours su : Haggard Sr n'avait eu des enfants que par pragmatisme et qu'il traitait ses fils comme il traitait en affaires – avec efficacité. Il ne pouvait pas vendre ses fils à un concurrent, mais il pouvait au moins les abandonner à leur propre sort. Hammer abandonna les téléphones du regard. Il n'y pouvait rien si son père était un psychopathe sans âme. La seule chose à laquelle il pouvait quoi que ce soit, désormais, c'était lui. Et par extension, AJ. C'était pour lui qu'il était là ce soir, sur le parking du centre de rehab dans lequel il l'avait poussé quelques semaines plus tôt et il rassemblait ce qu'il pouvait de courage avant de s'extirper de l'habitacle glacé de son 4x4. Il avait peur, Hammer, peur de ce qu'il allait trouver entre les murs de l'institut qu'il avait choisi sur les conseils d'une amie d'Izzy Salinas – n'était-ce pas là la meilleure source possible ? - et il craignait de ne pas avoir le cran de faire face. Mais si ça n'était pas lui, qui ? Et si ce n'était maintenant, quand ? Il ne pouvait pas laisser son frère passer Noël seul en rehab. Ça, il refusait de le rater. Il avait l'impression d'avoir déjà fait capoter tant de choses entre son frère et lui. Que savait-il de son frère, si ce n'est le portrait qu'on lui avait brossé en filigrane tout au long de ces années lointaines ? Quasiment rien. Il s'était muré dans sa peur, paralysé par l'échec que AJ lui renvoyait en pleine figure. Et aujourd'hui, c'était son frère qui payait pour sa couardise.
Mais à partir de ce soir, c'était terminé. Hammer se redressa, récupéra son sac à dos posé sur la banquette arrière et finit par s'extirper de sa voiture, laissant ses téléphones à l'intérieur. La portière claqua comme pour le faire sursauter et le pousser à avancer, et c'est exactement ce qu'il fit, les jambes un peu tremblantes, nerveux devant cette façade blanche et anonyme. Il pensa brièvement à Izzy, se demandant si elle avait besoin qu'on lui rende visite en ce soir de Noël et regretta un peu de ne pas avoir pris son portable pour au moins lui souhaiter de joyeuses fêtes. Puis il eut un rire incrédule. Qu'est-ce qu'elle aurait bien pu en avoir à faire de lui et de ses vœux ? Il la chassa de son esprit pour se concentrer. Pour maîtriser l'inquiétude, il se mit à compter ses pas, une habitude qu'il gardait de l'enfance lorsque les angoisses reprenaient le dessus. Un pas. Deux pas. Trente-sept en tout pour parvenir jusqu'à la porte d'entrée, puis quinze pour aller jusqu'au bureau d'accueil et demander le numéro de chambre d'AJ. Quarante-huit pas pour l'ascenseur. Et enfin, treize pas jusqu'à la chambre de son frère, dont la porte était légèrement entrouverte.
Pousser la porte. Un pas. Entrer. Un pas.
Ah, c'est toi ! Oui, c'est moi, répondit-il en pensée, et j'te laisserai plus jamais, mais dans sa retenue tout haggardienne, Hammer ne dit rien de ces mots-là et se contenta de hausser un sourcil interrogateur, barrant son visage grave d'une ébauche de sourire. Il ne voulait pas traiter AJ en animal sauvage mais à le voir assis à son petit bureau, agité de tics nerveux, les yeux enflammés, il ne pouvait s'empêcher de voir un fauve en cage. Pour une période de frénésie comme celle-ci, combien de moments où il gisait au fond de son lit, complètement apathique ? L'amertume gagna Hammer à cette pensée et il la fit taire, déposant son sac aux pieds de la table et s'asseyant en face de son frère. « Et je devrais être où, selon toi ? Bien sûr que je suis là, idiot. » répliqua-t-il dans sa barbe. C'est AJ, se répétait-il pour s'en persuader, c'est AJ, il le fait exprès, et pourtant, le sous-entendu de son frère le blessait plus qu'il n'aurait sans doute dû l'être. Bien sûr qu'il était là. Bien sûr qu'il allait venir ici tenir compagnie à son frère pour qu'il ne soit pas seul le soir de Noël comme il avait pu l'être auparavant. Car combien de fois Hammer avait-il passé les fêtes à l'université ou au bureau, le plus loin possible de ses parents éteints et de son petit frère trop intense ? Combien de fois avait-il fui pour se réfugier dans le silence rassurant de sa chambre d'étudiant ou la solitude apaisante de son cube en open-space, prétendant qu'il était trop accablé de travail pour faire une apparition dans la demeure familiale, sans réfléchir à celui qu'il laissait derrière ? Trop, voilà la réponse qu'il ne cherchait pas à compter véritablement,  et ce soir, il espérait se racheter.
Ou tout au moins, essayer.
Patient, il considéra la feuille d'insultes et ne put s'empêcher de sourire devant une telle créativité. Haggard Sr avait-il les oreilles qui sifflaient ? Sans doute non, bien trop occupé à se faire cirer les pompes par ses actionnaires et à se délecter de décider quel département entier il allait bien pouvoir mettre à la porte avant la fin d'années. « Père a toujours été inventif quand il s'agissait d'exprimer la  déception que lui inspirent ses idiots de fils, c'est sûr. » C'était dans des moments comme celui-ci que Hammer réalisait à quel point son frère et lui n'avaient rien hérité de cet homme qui avait pourtant tout essayé pour les modeler à son image. Qui aurait pu croire que les fils d'un homme aussi puissant passeraient un jour leur Noël dans la petite chambre d'un centre de désintoxication ? Hammer avait envie de se dire que c'était mieux ainsi, mais ça aurait été occulter l'addiction de son frère. Pourtant, lorsqu'il le regardait, il avait presque l'air d'un gamin normal. Presque, seulement, car il savait désormais et son frère ne pouvait plus lui cacher la fébrilité, les sursauts, les sautes d'humeur. Pas plus qu'il ne pouvait dissimuler la vulnérabilité lorsqu'il prononça le nom de Wes. Pris de court, Hammer baissa les yeux sur la lettre que lui tendait AJ. « Bien sûr. Je la mettrai dans sa boîte aux lettres. » finit-il par répondre d'une voix douce en saisissant la précieuse missive. Avec précaution, il la glissa dans son sac et en profita pour sortir ses propres offrandes qu'il déposa sur la table. Tant pis si son frère n'avait rien. Il s'en était douté, de toutes façons. « Ce n'est pas grave. » lâcha-t-il en haussant les épaules. Mon cadeau, c'est toi, en vie. « AJ. » Avec douceur, mais fermeté, Hammer attrapa le poignet qu'il trouva trop mince entre ses doigts et ramena la main d'AJ sur la table. « Moi, j'ai un cadeau pour toi. Tiens. » Il poussa un large paquet rectangulaire vers son cadet – en passant devant une boutique du centre-ville, il avait vu ce grand carnet à dessins et cette palette de crayons et de feutres. Son cœur battait, non, cognait dans sa poitrine. Avec son frère, il ne pouvait jamais être sûr de rien. « Je te fais grâce de l'attente des douze coups de minuit. Joyeux Noël. » murmura-t-il avec un sourire timide.

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AJ Haggard

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Message· · Sujet: Re: will you always catch me when i fall? Mar 5 Fév - 14:56

Même s’il avait voulu feindre que tout allait bien, AJ n’y serait pas parvenu, il le savait. Il était agité de tics nerveux : si ce n’était pas sa jambe qui tressautait, c’étaient ses mains qui s’envolaient, son regard qui s’échappait, ses genoux qui cognaient contre le dessous de la table. Il n’avait même pas pris la peine de faire un effort de tenue, il s’était contenté d’enfiler un jean, des chaussettes dépareillées, une chemise à carreaux rouges et blancs. Son visage portait les marques d’un manque de sommeil et des traces sombres trahissaient les moments où il s’était distraitement gratté le visage. Il aurait bien aimé fumer mais cela signifiait sortir dans l’espace fumeurs et il n’avait pas envie de discuter avec ses compagnons d’infortune. Il n’avait aucune envie d’être ici et savait parfaitement qu’officiellement rien ne l’y retenait prisonnier. Il aurait pu se lever, signer sa sortie, disparaitre dans la nuit tombante. Mais s’il faisait cela, ce ne serait qu’un retour à la case départ et il avait fait le plus dur, non ? Il avait admis avoir un problème. Ah ! Comme si c’était la partie la plus pénible du processus. C’était un bon début, certes, mais cela n’effaçait pas les semaines à venir et ce qu’elles impliquaient. Il ne savait pas ce qui l’angoissait le plus : le sevrage, le retour sur les rails ou l’idée que tout cela puisse être fait en vain. Quelle importance cela avait, après tout, si Wes ne voulait plus le revoir ? Pourquoi traverser l’Enfer si ce n’était pas pour récolter un petit bout de Paradis au bout du chemin ? Oh, il savait ce que lui dirait Hammer – Hammer the Wise. Qu’il fallait qu’il le fasse pour lui-même avant tout, que cela ne servait à rien de le faire s’il n’y croyait pas en premier. Mais comment pourrait-il jamais y croire quand il savait que c’était un effort constant ? Qu’il n’aurait jamais aucun répit ? S’il n’avait pas quelqu’un pour le pousser à affronter ses démons, pourquoi se fatiguerait-il inutilement ? Il était prêt à faire ce sacrifice pour Wes – et pour Hammer, aussi, qu’il voulait libérer de son rôle de protecteur.
Hammer qui était là et AJ ne put ignorer le léger bruissement que sa vue provoqua dans son cœur. Malgré sa frénésie et sa volonté de faire comme s'il se fichait de passer Noël seul dans un centre de désintoxication, il avait conscience que la présence de son frère lui importait et un léger sourire vint écorner ses lèvres, indéchiffrable. Il eut envie de lui dire qu’il était bête. Qu’il aurait dû être ailleurs, n’importe où plutôt que dans cet endroit déprimant avec son timbré de frangin. Mais il n’avait pas envie qu’il tourne les talons, agacé par un tel accueil. A la place, il le noya de babillages à propos de leur démon commun, de mots qu’il avait déversés sur des feuilles innocentes, d’une lettre adressée à un amant délaissé et malmené.
- Je ne sais pas. T’as pas une dulcinée quelque part que tu pourrais embrasser sous le gui ?
C’était traitre de sa part, surtout en sachant comment la dernière relation sérieuse de Hammer s’était terminée. Ils n’avaient jamais su comment communiquer, discuter de choses simples était un concept qui leur échappait complètement. Que savait-il de la vie de son frère en dehors du temps qu’il consacrait à prendre soin des autres ? N’était-il pas question d’une nana à surveiller comme un bodyguard et qui était la raison de sa venue à Windmont Bay ?
Regrettant ses mots ironiques, AJ se mâchouilla la lèvre inférieure et haussa les épaules, s’excusant muettement.
- Arrête. Je peux te faire la même chose avec les éloges qu’il peut faire à ton sujet. Combien de fois ne t’a-t-il pas brandi comme un étendard pour prouver à quel point j’étais un raté qui lui faisait honte.
Mais alors même que ces mots cyniques lui échappaient, AJ réalisa que chaque fois que son père avait usé de son frère pour le remettre à sa place, Hammer n’était pas là. Qui savait la façon dont il procédait avec son autre héritier ? AJ avait toujours eu l’impression que leur père encensait Hammer mais peut-être que c’était un moyen de les diviser, de les monter l’un contre l’autre, de les empêcher de se liguer contre lui. Tout ce temps, AJ avait envié Hammer, jalousé sa prestance, son indépendance, sa distance. Il n’avait pas cherché à le connaitre vraiment et cette constatation fit remonter un arrière-goût de bile dans son œsophage.
Dès lors, il s’attendait à ce que Hammer trouve un prétexte pour qu’il n’offre pas sa missive désespérée qui dévoilait bien trop les travers des Haggard, une famille aussi dysfonctionnelle qu’elle était puissante et riche. Le gamin fut bien incapable de dissimuler sa surprise et il retint un instant le papier entre ses doigts avant de le libérer pour le confier à Hammer.
- Eh bien… je ne m’attendais pas à ce que ça soit si simple. Je croyais même que tu allais refuser, confessa-t-il d’un air incrédule. Tu ne vas même pas la lire pour t’assurer que je ne dis pas des conneries ?
Il dévisagea son frère, chercha un signe de trahison à venir mais fut incapable d’en trouver un. Nerveux, il fit craquer ses phalanges et observa les gestes de son ainé. Son regard cilla légèrement à l’entente de son prénom mais il ne fit pas de réflexion, épargnant à l’autre Haggard le même cirque que la fois où il l’avait trouvé dans la cabane, près de la plage. Il sursauta au contact de la paume fraiche de Hammer sur son poignet et releva vers lui un regard un peu méfiant, mais surtout reconnaissant.
- Je n’ai pourtant pas été sage, cette année…, plaisanta faiblement AJ, plus ému qu’il ne voulait le laisser transparaitre.
Mais peut-être qu’il n’était pas si doué, ce soir, pour feindre qu’il se foutait du monde.
Lentement, il défit l’emballage et découvrit le grand carnet à dessins et la palette colorée. Du bout des doigts, il en suivit le contour et émit un rire étouffé.
- Qu’est-ce que c’est ? L’un de ces machins à mandala pour apaiser les âmes tourmentées ? ne put-il s’empêcher de commenter avant d’ajouter : Merci, Hamster. C’est génial.
AJ feuilleta son cadeau, à court de mots. Cela lui arrivait de plus en plus souvent, d’être pris au dépourvu, de manquer de répondant, d’être tétanisé face à l’attention désintéressée dont il était auréolé. Il n’avait rien fait pour mériter leur patience.
- Est-ce que euhm… est-ce que tu l’as vu ? Wes ? Est-ce qu’il va bien ?
Il se sentait un peu coupable d’avoir à le demander, d’avoir à ennuyer Hammer avec ses histoires mais il avait besoin de savoir. Il ne pensait qu’à ça depuis qu’il avait intégré cette chambre où il se sentait extrêmement seul.
- Comment envisages-tu les choses ? Pour les prochains mois, je veux dire ? Je sais que je devrais me concentrer sur la cure qui m’attend…
Mais pour la première fois dans sa vie, AJ ne se contentait pas de la vie au jour le jour, sans se soucier réellement de demain. Il ne demandait pas un plan détaillé – ce que Hammer aurait certainement été capable de lui fournir – mais il voulait avoir une vague idée de ce qui les attendait les prochains mois.
Eux. Hammer et lui. Son frère et lui.
Une chance de réparer leur relation bancale, AJ l’espérait.

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