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 choices have to be made.”

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Message(#) Sujet: choices have to be made.” Mer 25 Nov 2009 - 18:14


choices have to be made,
maât & milla.

MILLA'S OFFICE - MIAMI - AROUNG 3.00PM
JANVIER 2010


Voila deux mois que j’étais installée à Ocean Grove, travaillant quotidiennement à l’agence – me tuant à l’agence. Gérer des models, c’est vraiment galère. Les gérer seule, c’est encore pire. Je comprend maintenant pourquoi personne à l’agence de New-York on m’avait congratulé avec un sourire mi désolé. Ils savaient qu’une jeunette de vingt-quatre ans n’arriveraient à quelque chose qu’en passant sa vie à travailler à la survie d’un bureau qui était voué à l’échec. En fait, c’est ce que j’avais fait. Continuellement pendant ces deux mois, je me suis tuée à la tâche, occupée à décrocher des castings faramineux pour des models qui ne valaient même pas la peine d’être vues sur un catalogue. J’avais impressionné le bureau de New-York mais ils s’étaient vite rendu compte qu’une agence de cette envergure localisée à Miami n’engendrerait jamais les profits qu’ils espéraient. Après des semaines de tergiversations, on m’avait averti que l’agence licencierait bientôt à moins qu’on ne trouve un repreneur externe. C’est là où j’étais intervenue : je connaissais Maât Blythe de vue – il habitait ma rue – et je savais qu’il cherchait à élargir l’entreprise familiale grâce à sa sœur, Victoria, qui était mon assistante. Je l’avais alors contacté et il avait, après quelques pourparlers, accepté.

J’étais à la fois déçue, triste et soulagée que l’agence trouve repreneur. J’aimais mon travail, je vivais de ma passion, dans les premiers temps. Mais ces temps-ci, tout était devenu plus fatigant, et moins passionnant. J’aurais pu me comparer avec un matelot cherchant à combler les fissures d’un navire à la coque trouée. Si j’avais accepté ce poste à Miami, c’était pour enfin avoir ma vie, pas pour la passer à courir après des designers. Et puis, Miami, ce n’était pas New-York. Si le bruit et l’incessant mouvement de la Big Apple m’avaient lassés à la longue, l’immobilise de la mode de Miami m’insupportait. Deux options s’offraient alors à moi : retourner à New-York et me tuer la santé ou rester à Miami et me recycler. Je n’avais évidemment pas eu à réfléchir trop longuement ; je resterais à Miami, je continuerais à vivre à Ocean Grove, là où j’avais enfin un semblant de vie personnelle. Mais que faire de moi ? Monter ma propre agence de modeling ? Me faire employer dans une déjà existante ? Changer totalement de voie – pourquoi pas la création ? Tout ceci constituerait une décision que j’aurais apprendre une fois tous les papiers de la fusion signés.

J’avais envoyé un email à Maât, trois jours auparavant, pour fixer le rendez-vous décisif. Ce matin, je l’avais appelé au siège de sa société pour confirmer le meeting.

« Blythe Event Company bonjour. Lola à votre écoute, que puis-je faire pour vous ?
– Milla Carragher à l’appareil, passez-moi le bureau de Maât Blythe je vous pris.
(…)
– Milla ! Un plaisir de vous avoir au téléphone.
– Bonjour Maât. Je vous appelais pour confirmer notre rendez-vous de cet après-midi.
(…)
– C’est entendu, vos bureaux à quinze heures. A cette après-midi. »


J’avais passé l’après-midi à tourner en rond, à finir de rediriger les dossiers de quelques filles prometteuses que j’avais découvertes vers l’agence de New-York. Quand Bree, la réceptionniste annonça que « Mr Blythe » était arrivé pour son rendez-vous, mon sang ne fit qu’un tour. La fin était proche.

Il prit place dans mon bureau, s’assit après m’avoir serré la main. Je sortis les papiers que m’avaient faxé New-York et attendit qu’ils sortent à son tour ses contrats.


Dernière édition par Milla Carragher le Mer 2 Déc 2009 - 18:12, édité 1 fois
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Message(#) Sujet: Re: choices have to be made.” Mer 25 Nov 2009 - 19:38

Il était devenu impossible de le cacher : la Blythe Events Compagny - la BEC - perdait progressivement des parts de marché et des pourcentages à la Bourse de Wall Street. Ma mère espérait importer la société initialement familiale en Europe mais avec les temps qui courraient, c'était voué à l'échec. Elle m'avait donc demandé de réagir. C'est ce que j'avais fait.

Au détour d'un petit déjeuner, ma sœur Victoria m'avait apprit qu'elle avait trouvée un emploi comme assistante de Milla Carragher, responsable de la branche Floride d'une société de Mannequinat. Je n'approuvais pas vraiment ce qu'il se passait dans ce milieu, mais je devais avouer que j'étais heureux de voir ma sœur concrétiser son avenir. Après tout, cette opportunité pouvait lui ouvrir de nombreuses portes. Finalement, c'est à moi qu'elle fut bénéfique. Dès les premières semaines, Victoria m'avait confié que sa patronne recherchait repreneur, et elle avait confié à Milla que je cherchais à étendre les activités de la Blythe Events Compagny. C'est ainsi que Milla et moi en étions venus à nous contacter. Les pourparlers avaient été engagés. Je lui avais explique que j’avais l’ambition de reprendre sa filiale, elle m’avait expliqué qu’une fusion serait préférable. Finalement, il avait été convenu que nos deux sociétés fusionneraient mais resterait partiellement indépendante sur le plan juridique. Les contrats avaient été rédigés.

Cela nous avait demandé plus d’un mois de travail mais nous étions finalement parvenus à trouver des arrangements et les contrats nous convenaient tous les deux. Dans quelques minutes, nous deviendrions « collègues ». Je quittais les bureaux de la BEC pour me rendre dans ceux de Milla, dans une autre tour de Miami City.
J’appréciais le professionnalisme dont faisait preuve Milla. Elle semblait juste – quoi que pas beaucoup plus que moi – mais il était certain qu’elle faisait preuve de beaucoup de réfléchi. C’était une femme vraiment appréciable.

Après sous coup de fil, je sortis de mon bureau et sifflais un taxi. Quelques minutes après, je me trouvais dans l’ascenseur pour monter à l’étage du bureau de Milla Carragher. Lorsque les portes s’ouvrirent, la jeune femme m’attendait avec un sourire. « Milla. Enchanté de vous revoir. Vos locaux sont vraiment magnifiques ! » la complimentais-je (le business) tout en tendant la main pour la lui serrer. Je me tenais devant elle, costard-cravate, chemise blanche. Simple mais l’ensemble était bien coupé. Je la présentais aux deux femmes qui se tenaient derrière moi : « Voici Monica et Amanda. Elles font parties du service juridique de la Blythe Event Compagny. J’espère que ça ne posera pas de problème qu’elles assistent à la signature des contrats ? » Non pas que je n’avais pas confiance en Milla mais c’était ainsi que je procédais : je n’avais fait que deux ans d’études de droit, je m’entourais donc toujours de mes deux avocates lorsque je concluais une affaire. Cela valait de soit pour moi.
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Message(#) Sujet: Re: choices have to be made.” Dim 29 Nov 2009 - 21:30

Suivi de deux jeunes femmes dont les visages étaient tâchés de preuves d’assurance montées de toutes pièces – lunettes trop rectangulaires, yeux plissés, sourcils froncés, bouches pincées –, Maât prit rapidement place en face de Milla. Contrairement à Monica et Amanda à qui elle n’avait pas pris la peine de serrer la main, il paraissait vrai. Pas fausse indifférence ou de rides provoquées, le jeune vice-président faisait preuve d’une décontraction et d’une satisfaction non dissimulée qui mis Milla en confiance. Même si elle n’était pas ravie de perdre son indépendance au sein de sa compagnie, elle savait à présent qu’elle avait fait le bon choix en s’associant à la BEC. Si la branche de l’agence tendrait à rapetisser, elle préserverait son âme et ses valeurs – du moins celles qu’elle voulait diffuser. C’était le plus important : ne jamais tomber à terre quand on peut encore marcher à quatre pattes. Du moins, c’était la politique de l’agence IMG mère, celle de New-York, qui, malgré une semi-défaite annoncée ne voulait pas lâcher la réputation qu’elle avait acquérit auprès des professionnels de Miami. En s’associant à la BEC, l’agence dépendrait du bon vouloir de la famille Blythe mais elle profiterait de leurs contrats et de leur argent. Elle survivrait. Les employés aussi. Milla aussi, par conséquent. Mais là survenait un problème : Milla n’était pas sûre de vouloir goûter à nouveau aux joies d’obéir aux ordres d’ex-top models frustrées. Elle ne connaissait pas le genre de personne qu’était la maternelle du clan Blythe mais elle ne savait que trop bien que son indépendance serait bien vite remise en cause. Qu’advienne que pourra, la jeune femme avait décidé de rester à l’agence tant qu’elle n’avait pas trouvé meilleure chaussure à son pied. Elle travaillerait moins, puisqu’elle ne serait plus en charge de tout, elle serait pourvue de plus de moyens – la BEC était une entreprise nationale, y travailler devient bien comporter quelques avantages – et, le plus important, son salaire ne serait pas amoindri. Milla ne démissionnerait pas, surtout que son contrat avec l’IMG model agency stipulait bien qu’elle devait rester à bord du navire pour une période d’au moins encore deux mois.

L’anglaise ne fit pas attention aux formules de politesse de Maât, qui était définitivement un businessman averti, et répondit par la négative quand il lui demanda si elle voyait une objection à la présence des deux avocates. C’était tout à fait logique puisque Maât n’avait pas encore pris connaissance des contrats définitifs qui avaient été rédigés par les bureaux New-Yorkais de l’agence. Milla les avait parcourus le matin même et les connaissait à présent quasiment par cœur. Elle conversa tout de même son exemplaire du contrat sous son coude après avoir tendu le sien à Maât. D’un coup d’œil rapide, elle s’aperçu que les deux avocates avaient l’air circonspectes : elles attendaient sûrement leurs propres exemplaires, pas celui que Maât leur tendrait une fois qu’il aurait lu les deux fameuses pages.

‘‘ Je suppose que vous souhaitez votre propre exemplaire. Je vous tire ça desuite, mesdames. ’’

Une oreille avertie aurait reconnu une pointe de sarcasme derrière l’accent British de la jeune Carragher, certainement pas ces deux Américaines. En quelques clics Milla déclancha l’imprimante high-tech de son bureau et en moins de temps qu’il n’en fallut pour le dire, elle tendit, du bout de ses doigts manucurés de rouge feu, les quatre pages de contrat. Les deux avocates sourirent mincement, Milla, elle, se tourna bien vite vers Maât.

‘‘ Passons aux choses sérieuses, le contrat vous semble-t-il conforme à ce que nous avions dit ? ’’
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Message(#) Sujet: Re: choices have to be made.” Lun 30 Nov 2009 - 21:22

Je fus amusé par la détermination et l'aisance de Milla à l'oral. Elle ne se laissait pas impressionnée par mes sous-fifres de juristes, et je trouvais ça intéressant et encourageant pour la suite. Cette femme avait de la personnalité et de la volonté.
Je suivis Milla un des bureaux pour parler de notre arrangement. Les deux autres femmes me suivèrent mais restèrent debout tandis que moi je pris place dans un des fauteuil après que Milla m'invita à le faire. Toujours un sourire sur les lettres, je déboutonnais ma veste tout en m'asseyant - comme tout homme se devait de le faire - puis je parcourus rapidement le contrat. J'étais minutieux mais je ne connais pas tous les types de clauses contractuelles, voilà pourquoi j'avais avec moi mes juristes d'entreprise.

"Passons aux choses sérieuses, le contrat vous semble-t-il conforme à ce que nous avions dit ?"
"Il me semble en règle en effet" confirmais-je. "Hmm. Attendez. À un détail prêt" Je venais de voir une clause qui ne me plaisait pas du tout. Je tendais la main derrière moi : tout de suite, une de mes avocates me posa un surligneur jaune dans la main. Je surlignais sur la feuille la clause puis la tendait à Milla. "C'est un contrat de fusion. Je veux avoir mon mot à dire sur vos mannequins. Elles seront liées à la BEC, il est hors de question que je signe un contrat qui engendrerait une personnification de mon entreprise par des anorexiques camées" Mon franc parler devait déranger Milla. D'ailleurs une des "frigides" derrière moi fit claquer sa langue, me signifiant directement qu'il fallait que je fasse attention à mon langage.

Ma mère, Eleanor Blythe-Sheldon et présidente de la BEC, n'approuvait pas cette fusion. Elle estimait que l'image de l'entreprise sera d'avantage améliorée par une fusion avec un célébre vignoble ou une agence de voyage. Elle n'avait pas tord, mais je n'étais pas d'accord pour autant. Je trouvais qu'une agence de mannequins aussi réputée que la IMG pourrait être bénéfique. Surtout que j'aspirais à étendre la politique de communication de la Blythe Events Compagny par le biais de spots publicitaires. Mais quoi qu'il en soit, je n'étais pas non pus stupide et je voyais déjà les gros titres parlant d'une étoile de mannequinat camée, retrouvée ivre dans la backroom d'une boite de nuit branchée. Ce qui pourrait sérieusement faire couler les parts de marché de mon entreprise à Wall Street.
Si Milla Gallagher me refusait ce droit de vue sur ses mannequins, notre arrangement ne tiendrait plus et je tournerais les talons pour rentrer dans mes locaux. Certes, j'avais terriblement besoin d'une fusion, sinon la BEC se dirigeait vers la faillite. Mais je savais par mes informateurs - et notamment Victoria - que celle de Milla en avait encore plus besoin que moi. Il ne pourrait pas me refuser cette modification de clause.
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Message(#) Sujet: Re: choices have to be made.” Mar 1 Déc 2009 - 21:14

Le contrat ayant été rédigé par l’IMG agency, la BEC – et par conséquent Maât – ne pouvait être d’accord sur toute la ligne. Sur ce point là, le jeune entrepreneur avait eu de l’intuition en amenant ses deux sous-fifres ; elles lui éviteraient de laisser passer un élément important. Alors que « Monica & Amanda » lisaient avec attention leurs précieux contrats – Milla remarqua en les observant qu’elles avaient toutes deux appliqué un vernis de couleur taupe identique sur leurs ongles, double faute de goût – c’est Maât qui dénicha une clause qui ne lui convenait pas. De façon très théâtrale, limite risible, il tendit son bras en arrière et son assistante de droite fit claquer un surligneur jaune dans la paume de sa main. Avec le petit stylo, Maât surligna la phrase qui le contrariait et fit passer la feuille devant lui, à Milla. Celle-ci la parcourue du regard et leva rapidement la tête, quand Maât prit la parole, d’une façon peut convenable pour un chef d’entreprise. Le langage cru qu’il employa fit sourire la jeune anglaise. Elle ne fut pas choquée, loin de là, elle était plutôt agréablement surprise. De par la présence des deux avocates de la compagnie, elle avait commencé à penser que Maât Blythe n’était qu’un chef d’entreprise comme les autres. Même si elle ne partageait pas sa vision des choses, Milla était d’accord avec Maât – après tout, ce n’était pas elle qui avait rédigé le contrat. Ayant elle-même été model pendant un temps, elle avait goûté aux « joies » des rails de coke revivifiant et à cette capacité extrême de réguler son poids. A l’époque la jeune femme avait su exactement dans quoi elle était en train de s’embarquer, elle savait que tout ce monde irréel pouvait la détruire. Mais elle en avait eu besoin pour devenir qui elle voulait devenir. Elle voulait s’échapper pour de bon de l’esprit la fille de Liverpool qui devait rester dans sa chambre pour faire ses devoirs sans aucune échappatoire possible. En sniffant de la coke, en jouant avec sa vie, elle avait testé ses limites et appris la valeur de la vie. Pour autant, aujourd’hui, à vingt-quatre ans, Milla ne cautionnait pas l’usage de drogue au sein de son entreprise. Elle faisait comme toutes les autres responsables d’agence : elle fermait les yeux, elle ne cherchait pas les preuves. Evidemment, quand il lui arrivait de trouver une de ses filles à genoux dans les toilettes lors d’un shooting, elle la renvoyait chez elle immédiatement. Mais en attendant, Maât la titillait.

Milla le regarda fixement pendant un instant, sérieuse, avant d’esquisser une moue mi-amusée.

‘‘ J’imagine que votre remarque est pertinente. Vous avez le droit de choisir qui va représenter votre entreprise mais je compte sur vous pour mettre en place vos systèmes de contrôle. Quand je suis dans une salle de cast, je regarde le potentiel de la fille, pas son mode d’alimentation. ’’

A l’instar de mon (futur) collègue, le ton de Milla avait pu paraître tranchant, son accent anglais renforçant son intonation sur les consonnes. Mais ce qu’elle avait dit n’avait rien de méchant : c’était la simple vérité. Elle ne m’opposerait pas à la présence de contrôle anti-drogue et à la mise en place d’un poids limite pour leurs models, mais elle ne serait pas celle qui les mettrait en vigueur. Ayant grandi dans le milieu de la mode, ces types de vie extrême ne choquaient presque plus la jeune femme qu’était Milla. Mais, ouverte d’esprit, elle concevait tout à fait les problèmes d’éthique qu’ils pouvaient poser.

L’Anglaise acquiesça alors et tandis un stylo rouge à Maât avec grâce, un sourire toujours collé à ses lèvres.

‘‘ Faite votre proposition, patron. Si je la trouve raisonnable, je signe le contrat. ’’

Le franc-parler, il n’y avait que ça de vrai. Après tout, Milla ne voulait pas s’éterniser dans ce bureau maintenant qu’elle ne serait plus exclusivement en charge de l’agence. Elle voulait en finir au plus vite afin de voir les modifications que la fusion apporterait. Les nouveaux partenaires, les nouveaux contrats, les nouveaux collègues…
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Message(#) Sujet: Re: choices have to be made.” Mer 2 Déc 2009 - 10:52



Pendant un instant, je me fis la remarque que l'accent British de ma future collègue lui donnait un air sévère et autoritaire. Une femme qui ne se laisse pas faire, qui a de l'ambition et qui sait ce qu'elle veut. J'aimais ça. J'avais déjà remarqué sa ténacité lors de nos deux ou trois vidéoconférences mais maintenant que j'étais en face d'elle, je ne pouvais ignorer cet indéniable trait de sa personnalité.

"Faites votre proposition, patron. Si je la trouve raisonnable, je signe le contrat."
"Maât. Restons sur Maât. Je n'ai pas pour habitude d'appeler une jolie jeune femme avec un "vous" impersonnelle. Qui plus est, nous sommes destinées à passer beaucoup de temps ensemble n'est-ce pas ?" Un sourire se dessina sur mes lèvres.

Je détestais que l'on impose par les mots un système de hiérarchie avec moi, je préférais que cela se place progressivement par les actes et les attitudes, plutôt que par des annotations de langage tels que "boss", "chef" ou encore "patron".
De plus, que les choses soient claires - je n'étais pas en train de la draguer. Bien que Milla était une femme aux nombreux atouts et incroyablement attirante, j'avais franchement autre chose en tête. Qui plus est, je n'avais pas pour habitude de lier travail et plaisir. Je n'étais - presque - jamais sorti avec une (ou un) collègue.

"À chaque fois qu'un de vos models sera déployé au plan national ou international en tant que représentation de la BEC, je veux avoir un droit de regard sur elle avant toute signature définitive de son contrat. Et si j'estime qu'un de vos models, même au plan local cette fois, peut constituer une menace pour l'image de nos deux entreprises prochainement liées, je veux avoir un droit de vote sur son cas"

J'entendais par là que je voulais pouvoir briser son contrat si elle représentait un danger.
Je trouvais cette proposition juste et honnête. Mes deux bouledogues de juristes ne grognaient pas derrière moi, il semblait donc que je n'avais pas dit de conneries.
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Message(#) Sujet: Re: choices have to be made.” Dim 13 Déc 2009 - 20:42


A la première remarque de Maât, celle qui concernait leur moyen de dénomination respectif, Milla sourit légèrement. Les patrons voulaient toujours avoir cette sorte de proximité avec leurs – futurs – subalternes, le jeune Blythe ne dérogeait pas à la règle. Cependant, si Milla les trouvait ridicules dans leurs discours digne de la déclaration des droits de l’homme « blablabla, vous êtes aussi qualifiées que moi, blabla, nos idées seront aussi importantes que les miennes (…) mais voyons, laissons le vouvoiement au placard ! », Maât dérogeait à la règle. La jeune Anglaise prit sa requête comme une marque de respect, comme la marque de sa volonté à jouer un jeu égal, même si à partir de quelques semaines, ça serait lui qui signerait ses chèques de paie, et non plus l’agence de NY. Il n’avait rien d’hautain, rien de suffisant. Il était juste un jeune entrepreneur à la recherche du profit.

‘‘ Vous avez raison, laissons tomber les « vous ». C’est toujours plus agréable. ’’

Il n’avait pas tord sur le fait qu’elle et lui passerait beaucoup de temps ensemble, désormais, le tutoiement s’annonçait alors plus que justifié.

Les deux entrepreneurs enchaînèrent ensuite par l’objet de leur discussion : les modifications à apporter au contrat. Maât énonça ses souhaits : « À chaque fois qu'un de vos models sera déployé au plan national ou international en tant que représentation de la BEC, je veux avoir un droit de regard sur elle avant toute signature définitive de son contrat. Et si j'estime qu'un de vos models, même au plan local cette fois, peut constituer une menace pour l'image de nos deux entreprises prochainement liées, je veux avoir un droit de vote sur son cas. » Milla le laissa poursuivre son discours en hochant la tête de temps à autres. Si elle ne voyait pas en quelle mesure une fille plus osseuse qu’une autre menacerait l’image d’une compagnie d’évènementiel, il n’était pas dans ses intérêts de protester. De plus, aussi loin qu’elle se souvienne, elle n’avait engagé aucune anorexique, le problème ne se poserait alors que quand de nouveaux castings seraient organisés. Cette clause du contrat impliquait intrinsèquement une supervision de chacun des castings par l’Anglaise : aucune de ses subalternes ne s’encombrerait de la question d’une fille trop maigre. Qu’il en soit ainsi, elle délèguerait plus ses réunions auprès des chefs d’entreprise locaux. Quel dommage. C’était si agréable de les entendre se plaindre… Finalement, ne plus avoir l’IMG Agency pour boss se révèlerait positif : Milla délèguerait toute les tâches de son choix – les plus ennuyeuses évidemment. Ce n’était pas dans l’éthique IMG-ienne que d’envoyer les sous-fifres auprès des entreprises mais à New-York, ils avaient le luxe de choisir avec qui travailler, chose légèrement différente à Miami où les entreprises à la recherche de models étaient bien plus rares…

‘‘ C’est d’accord. Que Monica ou … Rachel rédige ça selon vos termes. ’’

Non-intentionnellement, Milla confondu le prénom d’une des juristes – celle de droite à en voir sa tête – mais ne s’en excusa pas, se contentant de se lever et de décaler le fauteuil à roulettes sur lequel elle était précédemment assise. La juriste que gauche – Rachel-ou-allez-savoir-qui-d’autre était encore trop vexée – compris alors le message et tapa son texte avec une rapidité effrayante. Milla s’assit sur le rebord de son bureau en attendant que la jeune femme vérifie les autres points du contrats et imprime le tout.
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