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 ROWLANDS' HOUSE | After the calm, the storm comes. (ended)

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Message(#) Sujet: ROWLANDS' HOUSE | After the calm, the storm comes. (ended) Dim 29 Nov 2009 - 10:59


    After the calm, the storm comes.

      STARRING NEAL ROWLANDS & VICTORIA BLYTHE

THE NIGHT, THE HORROR BEGINS.

Sa respiration était haletante et son pouls s’était accéléré. Allongée dans son lit, les yeux clos, elle ne tenait pas en place. Elle avait peur, elle était terrifiée et totalement désespérée. Elle se tournait, se retournait, encore et encore, de brefs soupirs à peine inaudibles sortant de ses lèvres et ses doigts s'agrippant furieusement à ses draps. Il faisait noir. Je ne savais pas où j’étais. Mes yeux plissés, je tentais de distinguer une forme familière ou un simple éclat de lumière. Mais je ne distinguais strictement rien. Comme j’étais curieuse, j’avançais. J’avançais progressivement, tous mes sens en alerte, prêts à m’avertir d’un quelconque danger. Ma main s’avança alors prudemment vers le vide avant de sentir quelque chose. Mes doigts touchèrent avec plus de ferveur la nouvelle découverte avant de se rendre compte que c’était une sorte de rampe en bois. Je m’y agrippais. Instinctivement, je m’y agrippais. Comme si sentir cette rampe me rassurait un minimum. Comme si je me sentais protégé par la simple présence de ce bout de bois. Je me remis à marcher. Progressivement. Lentement. D’un pas incertain. Mon visage grimaça légèrement alors que je n’avais, pour seul son, que mes soupirs retenus ainsi que le bruit de mon cœur qui tapait contre mes tempes. Soudain, mon pied sentit une marche. Puis une autre. Et encore une autre. Je me rendais donc à descendre un escalier. Un escalier grinçant, certainement fait en bois lui aussi. Mes doigts tenaient toujours fermement la rampe, me sentant guider par elle. Mon front se plissa un peu plus, mais mes yeux ne s’habituaient toujours pas à cette obscurité qui devenait de plus en plus pesante. Mes membres frémissaient les uns contre les autres et mon corps semblait se refroidir un peu plus alors que je poursuivis ma longue descente. L’escalier me parut grand et loin, étendu à l’extrême. Comme s’il n’y avait pas de fin. Enfin, mon pied sembla se poser sur le sol même, dans un silence désarmant. Je m’arrêtai un instant, mon regard tournant à droite puis à gauche avant de parcourir le champ vide devant. Trois pas plus tard, la rampe me lâcha. Elle avait prit fin. Elle m’abandonnait, me laissant seule face à l’inconnu. Etrangement, jamais je n’aurai pensé avoir autant d’estime envers une simple rampe. Mais elle m’avait accompagné, aidé et supporté silencieusement durant un long moment. Elle m’avait rassuré, aussi. Maintenant, je me sentais seule. Terriblement seule, secondée d’une peur panique. Plus le temps passait et plus ma lèvre rougissait sous la pression de mes dents. Mais qu’est-ce que je faisais ici ? Pourquoi il faisait aussi noir ? Mes doigts viennent s’entremêler entre eux, en guise de soutien physique. Je tentais vainement de m’apaiser, de me calmer, mais en vain. J’étais paniquée, je ne savais pas quoi faire d’autre à part marcher vers quelque chose que j’ignorais. Mes pieds avançaient tous seuls, sans que je le leur demande. J’agissais par la seule volonté d’en savoir un peu plus. Mais cet aspect inconnu me mettait mal, très mal. Par bonheur, ou par miracle, je l’ignorais, mes yeux tombèrent sur un léger voile de lumière, une lumière douce, chaude et tamisée. Je m’y avançais avec un peu plus de rapidité, une excitation mélangée à la peur me mettant la poudre au feu. J’allais peut-être enfin toucher la fin du parcours, la réponse à mes questionnements et la raison de cette frayeur. Quand je me plaçai sur l’halo de lumière, je tournai la tête. J’eus l’instinct premier de la retourner de nouveau, mes yeux se sentant agressés par cette lumière soudainement forte. Quand mes pupilles furent habituées, je me dirigeai droit vers l’ouverture, poussant alors doucement la porte. Elle s’ouvrit dans un grincement perçant, me faisant grimacer. Enfin, mon sang se glaça quand je vis ce qui m’attendait. Arrivée en haut d’un escalier, la porte se claqua brutalement. Mon regard paniqué le suivait avant de tenter de rebrousser chemin et de sortir, de partir loin d’ici et de ne jamais revenir. Mais la porte était bloquée. J’étais prisonnière. Sa prisonnière. Elle venait à se débattre. De ses points, de ses bras, de ses jambes, de ses ongles, de tout ce qui pouvait l’aider à combattre ce monstre de la nuit. Et pourtant, la seule chose qu’elle semblait combattre, c’était ses draps, qui se retrouvaient un peu plus vers le sol. Ses cris se faisaient de plus en fort, et de plus en plus aigus. Elle se débattait de plus en plus furieusement contre le vide, contre un être invisible, avant de hurler d’un cri puissant. Puis un autre. Son sommeil devenait de plus en plus agité et elle criait, encore et toujours. « Vicky ! » Maât, alerté par les bruits venant du dessus de sa chambre, s’était précipité dans celle de sa sœur avant de fondre sur le lit et de la secouer nerveusement en la prenant par les épaules. « Victoria, réveilles toi ! » Il semblait en panique, avant que la cadette ouvrit brutalement les yeux. Son corps tremblotait de partout, recouvert de spasmes froids. Et pourtant, elle avait chaud, très chaud. « C’était un cauchemar. Un simple cauchemar. » Elle resta un moment allongé, prenant en compte son état, avant de grimacer sous la douleur de ce qu’elle éprouvait. Enfin, elle se blottit contre le torse de son frère, recherchant une sécurité nouvelle qu’il lui manquait alors depuis des mois, de légères larmes perlant au détour de ses yeux. Elle ne répliqua pas mais elle savait que ceci était bien trop vrai pour être un cauchemar. Tout simplement car ce n'était pas un simple cauchemar.

MONDAY, 7th DECEMBER. 8AM15

Victoria plongeait ses doigts dans les racines de ses cheveux, son regard émeraude brillant d’une animosité nouvelle. Voilà longtemps qu’elle n’avait pas senti ses membres se crisper sous une colère vive et persistante. Pourtant, extérieurement, malgré ses phalanges cachées par des mèches de cheveux, la jeune Blythe semblait calme. Mais de l’intérieur, son sang tapait furieusement contre ses tempes. Et, évidemment, c’était lui qui la faisait réagir comme ça, qui la faisait sortir de ses gongs. Cela ne pouvait être que lui. Qui d’autre pourrait réveiller le lion qui dormait alors paisiblement en elle depuis deux longs mois ? Des prénoms tournaient dans sa tête, se mélangeant aux paroles qu’elle avait pu entendre ces derniers temps. Et aujourd’hui semble être le jour où tout semblait vouloir sortir. Elle était à bout. Elle était fatiguée, perturbée, perdue et se sentant plus seule que jamais. Et pourtant, elle ne disait rien. Elle ne se plaignait pas, au contraire. Elle n’avait plus rien à voir avec la peste qu’elle avait été, il y a quelques temps. Elle semblait être calme et posée, attentive et silencieuse, observatrice et nonchalante. Une Victoria qui prenait court tout le joli monde d’Ocean Grove. Contrairement à auparavant, elle ne souhaitait plus qu’on s’occupe d’elle. Au contraire. Si elle pouvait se terrer dans un trou, s’isoler du reste du monde, ne serait-ce que pour oublier les derniers mois écoulés, elle le ferrait. Mais s’occuper de soi-même toute seule ne semblait pas être une tâche facile. Et cela se révélait être beaucoup plus compliqué que prévu. Sentant qu’elle était sur le point de s’arracher les cheveux dans les secondes à suivre, la jeune étudiante tapa brutalement du poing sur son bureau, provoquant ainsi un léger tremblement dessus, dont la boite en ferraille posée dessus qui eut une secousse plus forte. Et c’était sur cette même boite que toute l’attention de la jeune fille était posée. Du genre, boite de chaussures mais en ferraille. Une boite précieuse mais qui ignorait totalement du destin funèbre qui traversait la tête de sa propriétaire. Si elle s’écoutait, la boite serait directement jetée par la fenêtre. Ou à la mer. Le contenu, direction les égouts ou les toilettes. Mais elle allait faire mieux. Elle allait faire bien mieux que cela. S’emparant de la boite, Victoria partit dans un coup de vent de sa chambre. Dégringolant les deux escaliers, elle passa devant Rhys, qui sortait tout juste de la salle de bain, et Maât, portable à l’oreille, arrangeant une dernière fois sa cravate. Nous pouvions dire qu’il était tôt. Juste l’heure pour le courrier d’arrivée ou, encore, le temps d’aller sur son lieu de travail ou d’étude. Mais la cadette de la maison ne dormait que par petits coups, ces derniers temps. Aucun de ses deux frères ne fut surpris de la voir déjà prête, et assez en forme – pour une fois, à sortir. « Bonne journée ! » leur lança-t-elle, tout en attrapant ses clés. La seconde qui suivait, elle était dehors, son sang battant de façon énergique contre ses tempes. La jeune blonde ne fit aucunement attention aux personnes, aussi surprises pouvaient-elles être de la voir dehors, qui la saluaient, marchant d’un pas rapide et décidé, ainsi que déterminé le long d’Apple Road. Nous étions le 7 décembre, un lundi matin sec et frais, typiquement floridien à l’approche de Noël. Les décorations de cette fête qu’attendait tout enfant qui se respectait fleurissaient un peu plus chaque jour. Cependant, la magie liée à cet évènement n’avait pas encore opéré sur la jolie blonde, qui continua sa traversée de la rue. Elle doutait de son absence, étant persuadé qu’elle le trouverait là où elle souhaitait. Enfin, arrivée au 1707 de la rue qu’elle-même habitait, elle se stoppa immédiatement, observant la bâtisse de l’extérieur, avant de franchir le palier et de remonter l’allée rapidement, pour rejoindre la porte, qu’elle se mit à tambouriner tout en hurlant.

VICTORIA : Ouvres ! NEAL ROWLANDS, OUVRE MOI CETTE PORTE TOUTE DE SUITE !

Victoria était en crise. Elle était en proie d’une rage quasiment incontrôlable. Sa boite, toujours tenue par une de ses mains – celle qui ne frappait pas violemment contre la porte, vit son couvercle s’ouvrir alors que la porte s’ouvrait enfin. Qu’importe qui c’était, Neal, son cousin, la fiancée de son cousin, une fille qu’elle ne connaissait pas, le plombier, la femme de ménage, elle s’en foutait royalement. Sa main plongea dans le tas de feuilles et d’objets qu’elle avait tenu à conserver jusqu’à maintenant, pour en attraper suffisamment et les lui jeter brutalement à la figure. Tout y passait. En temps normal, certainement que la jeune fille aurait été prise de remords. Mais là, elle était à mille lieux de compatir, ou même d’avoir de l’estime pour lui. Enfin, s’impatientant, elle retourna entièrement la boite à ses pieds avant de laisser tomber la boite, qui eut un bruit strident et fracassant à son atterrissage. Le sol était éparpillé de tout ce qui pouvait lui faire penser à lui. Tous les souvenirs, leurs cadeaux, leurs dessins, absolument tout était éparpillé là, par terre, à leur pied. Son regard vert flamboyant croisa celui de Neal, un air passablement énervé et dur au visage. Malgré sa fatigue persistante, ses traits semblaient être vifs et tirés chacun d’entre eux par un sentiment de répulsion forte.

VICTORIA : Faisant ce que tu veux. Du vaudou, du feu pour ta cheminée, du papier pour tes toilettes, des cadeaux pour Noël, je m’en fous.

Victoria avait mal. Et cela se voyait suffisamment par la façon qu’elle avait de se crisper, de parler et de s’exciter. Voilà deux mois qu’on ne l’avait pas vu aussi énervée. Deux mois qu’elle n’était pas sortit d’elle-même. Deux mois où elle s’était faite discrète et quasiment inexistante. Deux mois où elle n’était plus que l’ombre d’elle-même, en partie à cause de la personne qui se trouvait en face d’elle. Deux mois où elle n’était plus vraiment la Victoria Blythe que l’on connaissait si bien. Et pourtant, elle était là, à huit heures passées, à tambouriner comme une forcenée contre la porte de Neal Rowlands. Son visage meurtri soutenu un moment le regard du jeune homme, ne pouvant s’empêcher la blesser encore plus, avant de tourner les talons et de rebrousser chemin. Oui, elle avait eut une meilleure idée que la mer ou les toilettes. Le regard de certains habitants sur elle, l’étudiante fronça des sourcils tout en les fusillant des yeux pour les insinuer à s’occuper de leurs affaires. Bien sûr, la chose était un peu ironique vue qu’elle-même était certainement certifiée comme la plus curieuse des fouineuses existantes dans le quartier – voire même l’unique du quartier. Mais sans personne pour entacher un peu cette vie parfaite, ou pour leur compliquer un peu la tâche, certainement que la vie à Ocean Grove serait bien plate. Et c’était sûrement ce qu’il se passait depuis deux mois. Depuis que la jeune fille ne vit plus que pour ses études de criminologie et son travail aux côtés de Milla. Au moins, ça avait le mérite de lui occuper l’esprit utilement et de façon plutôt vaste. Ses dix doigts lui servaient à autre chose et elle avait pu extraire ses problèmes personnels pendant ces opérations. Mais il ne fallait pas non plus croire qu’elle resterait avec des révélations sans rien faire. Victoria avait, dans son jeu, des cartes qu’elle ne pensait pas avoir, au tout début. Elle pensait avoir connu le pire, avoir vécu ce qu’elle pouvait redouter le plus. Mais la vie reste pleine de surprises et de rebondissements. Et il suffisait d’une amitié trop forte, de quelques verres d’alcool ou d’un simple aveu d’un homme brisé pour que les langues se délient et parviennent aux oreilles de la jeune blonde, sans qu’elle n’ait eut besoin de bouger le petit doigt. A croire qu’on lui en disait plus quand elle ne faisait et ne cherchait rien. Et fallait dire qu’elle n’avait pas fait grand-chose, durant les dernières semaines écoulées. Cet état second dans lequel elle était se trouvait être une alarme qui indiquait qu’elle se retirait peu à peu de la route droite. Alarme qu’elle ne semblait pas entendre ou ne pas prendre en compte. Ses nuits étaient mouvementées et hantées, toujours bombardées par le même cauchemar qui la faisait toujours hurler, au grand damne de ses frères. Ses journées se révélaient alors être épuisantes, pour une demoiselle presque à bout de force – ainsi qu’à bout de nerfs. Mais la jeune Blythe ne portait pas son nom de famille pour rien puisque, faiblesse ou non, cela ne l’empêcha pas de donner un coup de pied dans la poubelle de la maison Rowlands, provoquant un peu plus de fracas qu’elle en avait causé jusqu’à maintenant. Certainement que Neal n’apprécierait pas mais au stade où ils se trouvaient être tous les deux, il n’était pas forcément en position de force. Il avait une nouvelle fois trompé sa confiance, dupé sa sincérité pour préférer, à tout ceci, le comportement du parfait lâche. C’était une action que Victoria ne pouvait se résoudre d’accepter. Même s’il était évident qu’elle s’entichait remarquablement de lui, elle avait tout de même une certaine fierté. Et même si elle était sous l’effet de l’alcool, elle n’en restait pas moins en possession quasiment totale de ses faits et gestes. La seule pensée qui pouvait lui traverser l’esprit, serait surement l’interrogation « Pourquoi lui et pas un autre ? » Après tout, même si elle était dure et froide, mauvaise et sifflante, l’étudiante ne pouvait s’empêcher de sentir son cœur se gonfler un peu plus. Par la tristesse, la déchirure, l’amour, l’envie, elle ne savait pas. Peut-être le tout mélangé. Voilà deux mois qu’elle n’avait rien dit. Deux mois qu’il avait tenu sa promesse de se tenir loin d’elle. Deux mois qu’elle n’avait pas cherché à aller à l’encontre de ces paroles. Deux mois qu’elle regardait toujours devant elle quand elle passait le numéro 1707. Deux mois qu’elle n’avait rien dit. Deux mois où elle n’avait pas tenté de plaider sa cause. Rares étaient les personnes au courant de cette petite mésaventure. Même si, le plus attentif aurait pu facilement recoller les morceaux, jamais Victoria n’avait dit mot pour mot ce qu’il s’était passé. Voilà donc deux mois qu’elle ne s’était pas déclarée. Mais aussi deux mois où elle a eut l’impression d’avoir vieilli de dix ans, où elle crut qu’on venait la chercher sans qu’elle le demande. Deux mois où elle s’était tue, où elle n’avait pas protesté, elle n’avait pas geint ni même pleuré. Et bien sûr, deux mois de passivité foutus en l’air par la même et unique personne.



Dernière édition par Victoria Blythe le Lun 14 Déc 2009 - 7:32, édité 10 fois
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Message(#) Sujet: Re: ROWLANDS' HOUSE | After the calm, the storm comes. (ended) Dim 29 Nov 2009 - 16:08


        LIVEJOURNAL


    Neal avait été un homme pleine de vie, heureux. Il était surtout très taquin et a souvent pris la vie en souriant. Il lui semblait bien loin ce temps. Depuis peu, il s’enfermait dans son propre monde, il se recroquevillait sur lui-même, pensant qu’il n’en valait pas davantage la peine. Pourtant, il avait toujours aimé rigoler ou embêter ses amis. Il les défendait aussi dès que l’un d’eux avait un problème quelconque. Aujourd’hui, il était rarement présent pour eux. Et il se laissait pas facilement approcher. Seule sa cousine - Tabitha, de retour à Ocean Grove - se calfeutrait dans ses bras chaud, respirant son odeur, caressant la fine chevelure du jeune homme. Ils avaient traversés tant de chose ensemble, aucun doute il la comprenait bien mieux que n’importe quel membre de sa famille. Il lui était souvent arrivé de la défendre, de la bercer alors qu’elle pleurait. Il arrivait toujours à trouver les paroles pour la calmer, les gestes pour la consoler. Il était comme un grand frère à ses yeux, même si ils avaient le même âge. Elle ne comptait plus le nombre de fois où il avait tabassé des garçons venant l’emmerder, elle s’était simplement reposer sur lui. Et aujourd’hui, c’était lui qui se reposait sur elle. La jeune fille avait mille petites attentions à son égard, et Neal ne lui disait jamais rien. Il ne la contredisait jamais, il ne parlait pas - ou trop peu. Elle se sentait mal pour lui, pourtant, elle ne connaissait pas réellement ce qui s’était passé - car Neal fût toujours mystérieux… Bien plus depuis deux mois.

        FLASH BACK | NOVEMBRE 2009
        Son cousin l‘avait forcé à venir manger quelque chose. Sinon il se laissait mourir de faim. Et il s‘était laissé faire avant de s‘asseoir sur la chaise, le regard dégoûté seulement à cause de la nourriture devant ses yeux. Il se sentait perdu et triste. Il se sentait mal. Il ne voulait pas vivre dans un monde sans elle, il se l‘interdisait. Malgré la méchanceté qu‘il avait eu le soir d‘halloween, il n‘en pensait pas un mot. Il ne voulait pas l‘ignorer ou faire d‘elle, une inconnue. Il voulait encore lui caresser sa douce chevelure, l‘embrasser et la protéger de tous les habitants de la ville. Il voulait être le seul sur qui elle fantasmerait secrètement, le seul avec qui elle passerait ses nuits de folies. Le seul qu’elle conseillerait, et qu’elle rendrait bon. Il voulait devenir un homme bien pour elle, un homme qu’elle aimerait coûte que coûte. Il ne voyait rien contre le fait de mourir pour elle, tant qu‘on ne lui demandait pas de vivre sans elle. Son assiette rempli de nourriture, il la fixait - déglutinant tout juste. Il avait envie de vomir, envie de casser l’assiette et de jeter le contenu à la poubelle. Sa main gauche tenait difficilement sa tête las, un regard perdu dans le vide, alors que sa main droite tenait la fourchette. Il s’amusait avec la nourriture, il s’amusait à brasser de l’air avec sa fourchette. Pourtant, ce n’était pas lui - il a toujours été une personne respectant ce qu’on lui mettait sur table, à l’heure de manger. Mais aujourd’hui, tout était différent à ses yeux. Sa vie était différente et il n’avait pas envie de la passer loin d’elle. Plus envie de se battre contre le néant.
        ‘‘ Neal, je suis désolé, je ne te comprends plus… Son cousin était désespéré. ’’
        Il ne comprenait pas plus pourquoi Neal agissait ainsi. Il savait qu’il avait coupé les ponts avec Victoria Blythe. Il savait aussi combien elle était importante à ses yeux. Il savait qu’il avait renoncé à sa vie dans le Michigan pour elle. Il savait que Neal est fiancé à une femme mais qu’il n’aime que Victoria. Mais il ne comprenait pas pourquoi il avait lâchement rejeté la demoiselle. Pourquoi ne se laissait-il pas enfin aller sentimentalement ?! Pourquoi avait-il coupé les ponts avec tant de gens et qui lui était difficile d’y renoncer ? Parfois, il sortait en soirée, quand on venait le chercher - parce qu’il ne pouvait pas aller contre le gré des vivants. Il était après tout, à moitié mort. Et très amaigri. Il était devenu pâle, bien plus pâle qu’habituellement, il ne sortait en faites plus beaucoup. Il n’allait même plus jeter les poubelles, ou chercher le courrier. Par contre sa chambre était rangé divinement bien - ce qui avait inquiétait ses autres colocataires. Car si Neal n’est pas une personne bordélique, il n’est pas non plus à une chaussette près sur le sol, ou à des dessins sur son bureau. Hors la, il devenait obséder de tout ranger à sa place. Sa chambre était aussi vide que lui, c’était comme si il avait perdu tout goût à ses activités quotidiennes. Malgré le regard insistant de son cousin et au coup de pied donné par ce dernier en dessous de la table, Neal ne réagissait pas. Il n’était même pas sorti de ses songes, il n’avait même pas relever son regard vers lui. Il ne semblait même plus respirer, tant il était silencieux.
        ‘‘ C’était ce que tu voulais non ? T’éloigner d’elle et tu as réussi, alors te laisse pas mourir vieux ! Poursuivait-il face au silence de Neal. ’’
        Il ne connaissait strictement rien à l’histoire. Pourquoi cherchait-il à le réconforter ? Il n’y avait aucun mot, et il ferait mieux de se taire. Pourtant, Neal n’était pas agacé, et il n’avait aucune pensée néfaste pour son cousin. Ses paroles rentraient d’une oreille, et sortaient de l’autre. Cependant, Lincoln lui était bien plus agacé par cette histoire. Au point qu’il se leva et qu’il se mit à côté de Neal, parlant une énième fois.
        ‘‘ Parle moi, s’il te plait… Avoua son cousin, en lui attrapant l’épaule comme pour vouloir le soutenir. ’’
        « Dégage ! Occupe toi de tes affaires, de ta fiancée - j’ai mieux à faire que de t’écouter gémir ! Se plaignit l‘accusé en lui sautant à la gorge. »
        Neal ne manquait pratiquement jamais ses ennemis - ou les gens qui l‘emmerdait. Il avait décrété vouloir rester dans son coin, paisiblement. Il ne faisait de mal à personne, si ce n‘est se détruire à petit feu. Alors diable, pourquoi venait-on tout le temps le déranger ? Il s‘était levé dans une rapidité extrême, lui procurant des fourmillements dans toute sa jambe, tant il était physiquement faible. Mais il avait réussi à plaquer son cousin contre le poteau, en face d‘où se tenait la table. Le relevant à l’aide de son col, son cousin brassait de l‘air avec ses pieds. Il avait eu peur que Neal tente quelque chose, qu‘il réagisse selon ses humeurs noirs. & il le lâcha tout juste quand il entendit la voix de la fiancée de son cousin qui venait de rentrer. Il se sentait seul et affreusement vide. Il savait qu’il avait perdu Victoria - parce que cette nuit la, il s’était mal comporter avec elle. Il lui avait promis de ne plus s’approcher d’elle, et chaque jours qui passaient le rendait méchant et indifférent. Il était devenu comme un mort, il n’avait plus aucun sentiment pour personne. Il passait ses journées à s’asseoir sur une chaise, et il regardait par la fenêtre, l’activité de sa rue. Il voyait les gens rire, parler, s’amuser et ne savait plus en faire de même. Il s’était complètement recroquevillé sur lui-même, isolé du reste du monde et il en perdait peu à peu la raison. Sa seule motivation était de rester loin d’elle, de la surveiller pour qu’il ne lui arrive rien. Et tous les jours, il la voyait passer dans sa voiture sans jeter un seul regard vers sa maison - comme si elle était une parfaite inconnue. Il ne voulait l’approuver, mais cela lui faisait mal. Il en souffrait bien plus qu’il ne le montrait. Alors qu’elle ne l’était pas et qu’elle ne le serait jamais. Il dormait mal, ou peu. Il ne voulait pas fermer ses yeux, alors qu’il était fatigué, éreinté. Il avait même perdu sa passion pour la mécanique. Il se souvenait pourtant que souvent quand il réparait un vélo ou une moto, Victoria n’était jamais loin. Elle le secondait, elle lui permettait de rire, de se changer les idées. Elle était comme sa raison de vivre. Une raison qu’il perdait de jours en jours. De semaines en semaines.

    Neal avait passé pratiquement sa nuit dans son garage - bien qu’il avait repris depuis peu cette activité. C’était surtout pour réparer la moto d’un de ses collègues. Et il n’était pas allé se coucher dans son lit, mais avait préféré la présence de la télévision et s’était assoupi sur le fauteuil du salon. Il avait été réveillé en entendant son cousin qui préparait le petit déjeuner, alors que la lumière s‘infiltrait peu à peu dans la maison. Se levant d’un bond, il ne l’avait même pas calculé, préférant monter en toute rapidité dans sa salle de bain alors que Tabby dormait paisiblement dans la chambre d’à côté. Elle comprenait Neal et n’avait jamais cherché à imposer sa présence, elle savait que si Neal voulait lui parlait, il le ferait de lui-même. Elle était alors rester silencieuse à chacune de ses présences, parfois elle se glissait dans ses bras, remplis d’affection. Il en manquait tellement ses derniers temps. Elle savait qu’il avait de l’amour à revendre ses temps ci, même si il s’enfermait dans son idée de vouloir sortir seul de son pétrin. Elle le connaissait courageux et suffisamment bon pour prendre les bonnes décisions. Pendant que Neal prenait sa douche, son cousin était de retour dans sa chambre - où sa fiancée semblait se réveiller. Sortant de la salle de bain, il s’était juste habillé d’un jean et allait chercher son tee shirt dans sa chambre quand il entendit un hurlement. Son prénom et son nom. ‘‘ Ouvres ! NEAL ROWLANDS, OUVRE MOI CETTE PORTE TOUTE DE SUITE !. ’’ Il n’eut le temps que de prendre son tee shirt, le mettant sur son épaule tout en descendant d’un pas décidé vers la porte. Il comptait répliquer, crier plus fort que la personne, même si il ne savait pas si il en avait la capacité. Il était extrêmement maigre - bien qu’encore musclé, il était largement plus blanc que d’habitude. Ses joues habituellement rosées par la lumière et un sourire ravageur - il laissait place à une mine qui était plus qu’effrayante. Son regard souvent tendre ou noir, suivant l’interlocuteur, était désormais indifférent et face à n’importe qui. Il avait beau se chercher des excuses, rien n’y faisait. En voyant Victoria, aucun son ne sortie de sa bouche, il s’était pourtant apprêtait à parler, à hausser lui-même le ton. Mais seulement un soupire sorti de sa bouche, qui restait sous le choc, entre ouverte. Il arqua les sourcils, passant sa main dans sa chevelure, nerveusement. Il était à la fois surpris et gêné. Et il ne savait quoi dire. Que lui arrivait-elle ? Pour qui se prenait-elle ? Il ne comprenait pas pourquoi elle déboulait d’un seul coup chez lui. A l’instant présent, il aurait presque voulu la laisser entrer pour discuter, pour comprendre. Mais rien que le fait de la regarder, l’empêchait de le lui demandait. C’était comme si il savait la réponse - où comme si il s’en méfiait. Il ne voulait pas s’afficher en public, pas de cette manière, et c’était ce qui l’énervait le plus. Alors que Victoria s’en fichait, pas lui ! Il ne voulait pas qu’elle crie haut et fort ce qu’ils avaient vécus, ce qu’ils avaient partagés, ce qu’il lui avait fais. Car cela ne les regardait pas. C’était la raison pour laquelle, il passa sa tête au dessus de l’épaule de la jeune Victoria, et il jeta un regard noir à quiconque croisant le sien. Serrant fermement ses poings, il était prêt à descendre et à leurs casser la tête, un par un. Il était haineux et semblait avoir retrouvé son état d’esprit. Si depuis deux mois il avait été comme une personne sans vie, indifférent à souhait - au jour d’aujourd’hui, il ne comptait plus que se venger. De quoi, il ne savait pas. Sur qui, il allait le découvrir. Mais la vengeance serait terrible. Peu à peu, il baissa son regard vers la jeune femme et pu constater qu’elle semblait triste et perdue. Elle n’était pas dans son état normal, il pouvait le voir. Peut-être avait-elle passée ses deux derniers mois comme le sien, peut-être regrettait-elle qu’il ne se soit rien passé cette nuit, ou qu’il est tenu autant de temps loin d’elle. Malgré cette pensée, rien ne semblait le calmer : il était anéanti de la voir. Anéanti de la revoir, alors qu’il avait passé les deux mois les plus difficile de sa vie, probablement. Il avait réussi à tenir sa promesse, malgré lui. Pour se réconforter dans cette idée, le jeune homme se disait que ce n’était qu’une question de volonté. Et il comptait y arriver. Les mains dans les poches, le regard perdu, une grimace sur son visage - il écoutait attentivement son ancienne amie alors qu’elle lui jeta la boite et tout leurs souvenirs à ses pieds. Elle était hystérique, folle de rage et elle allait terriblement mal. ‘‘ Faisant ce que tu veux. Du vaudou, du feu pour ta cheminée, du papier pour tes toilettes, des cadeaux pour Noël, je m’en fous. . ’’ Il aurait à cet instant voulu la serrer contre lui, la prendre dans ses bras si protecteur - car il ne supportait pas de la voir réagir si mal. Il ne savait pas ce qui était le plus dur pour lui, d’être comme il avait été pendant deux mois, ou si c’était la voir aujourd’hui dans cet état. Il en était responsable. Pourtant, Neal n’eut aucun geste d’affection, aucune parole douce - comme il avait l’habitude d’avoir en sa compagnie. Il n’était plus le tendre ni le gentil bonhomme qu‘elle avait connu. Il était à ses yeux méconnaissable. Il la regardait de toute sa hauteur, la dominant. La jeune femme fît demi tour, descendant les quelques marches avant de donner un coup de pied dans la poubelle. Pendant ce temps, Neal avait mis son tee shirt et avait trouvé la force de se baisser afin de rassembler toutes les affaires et de les remettre dans la boite, d’où aucun sentiment ne traversa son visage. Si ce n’est une colère grandissante et qu’il sentait monter en lui - alors qu’il s’empêchait d’agir contre elle. Il savait qu’il en souffrirait autant qu’elle, si ce n’était plus. Il s’était arrêté sur cette lettre qu’il lui avait écrite en août deux mille neuf - où il lui avouait qu’il l’aimait mais qu’ils ne pourraient pas aller plus loin, pas pour le moment. Et il ne pouvait pas lui en dire plus, il ne voulait pas. Il en avait déjà trop dit. Si il aurait pu pleurer, il aurait très certainement versé une larme, car cette lettre représentait bien plus à ses yeux qu’elle ne semblait l’être aux yeux de Victoria. Mais en entendant le bruit sourd de la poubelle, il se releva, descendant les marches trois par trois, avant d’atteindre en quelques secondes la jeune femme. Il se tenait droit derrière elle et la dévisageait du regard.

      « Tu peux m‘expliquais ?! Fût sa seule réplique, d‘une voix glacial et d‘un regard sombre. »

    Toujours béat, il avait trouvé la force d’avancer jusqu’à elle. Il ne comprenait rien, ne comprenait pas pourquoi elle était aussi énervée et en crise qu’elle pouvait l’être. Qu’avait-il fait ou dit pour la mettre dans cet état ? Que lui avait-on dit plus précisément ? Il lui avait promis de rester loin d’elle, et il avait tenu sa promesse. Il lui avait promis de ne plus recommencer, plus celle de la draguer, la charmer. Et il avait jusqu’ici parfaitement réussi. Trop, à son goût peut-être. Alors qu’est-ce qui n’allait pas cette fois ? A cette phrase, la jeune femme s’était arrêté, elle ne bougeait plus. Violemment, il lui prit le bras afin qu’elle se mette en face de lui. Il ne lui tenait pas la main, et n’avait touché que sa manche, préférant éviter tout contacts. Aussitôt il avait retiré sa main. Elle voulait la guerre, elle voulait qu’ils discutent, qu’il soit franc, alors allons-y pensait-il. Son regard n’était ni taquin, ni comme elle l’avait connu jusqu’ici. Non, il était passablement fatigué, et énervé. Il n’avait envie que d’une chose : que tout s’arrête et qu’elle reprenne sa vie de son côté. Lui du siens. Aussi triste que cela puisse être, ils n’avaient rien à faire ensemble, sa famille semblait au moins avoir réussi quelque chose dans leurs vies : détruire celle de leur fils. Parce qu'ils n'avaient pas compris que la seule qu'il voulait se trouvait devant lui, et qu'il ne voudrait aucune autre femme. Chacun y avaient mis du siens et voila le résultat. Il était aveuglément en colère, éreinté de vivre sous cette tension qu’il avait lui-même créer à petit feu. Mais rien n’avait été intentionnel, il n’avait pas pu s’y empêcher, voila tout. Il ne tolérait pas qu’elle se montre en spectacle, qu’elle s’acharne sur ses biens de cette manière. Autant qu’elle est le cran de le faire sur lui, autant qu’elle le frappe, qu’elle le gifle si elle en a le courage, et non qu’elle s’attaque par faiblesse sur sa poubelle. Relevant les yeux vers Victoria, Neal semblait dans un état second, comme à la fois surpris par le comportement de sa douce, mais aussi tiraillé.

      « Puisque tu veux t‘en prendre à quelqu‘un - et que cette poubelle ne t‘a rien fait ! Dit-il un brin suicidaire, frappe. Tu attends quoi ?! Frappe-moi ! Il était menaçant, prétentieux. »

    Il s‘était approché d‘elle de façon à lui laisser cette opportunité. Elle venait de réveiller le lion qui dormait en lui. Elle venait de l‘irriter au plus au point - en partie parce qu‘il ne comprenait pas pourquoi elle s‘était énervée de cette façon. Parce qu‘elle n‘avait pas à débarqué chez lui et a balancé sa poubelle dans le vide. Parce qu‘elle n‘avait pas à se comporter ainsi avec lui devant les gens. Mais Victoria ne le frappait pas plus que lui ne reculait. Il se vouait corps et âme pourtant à lui faciliter l‘accès, jusqu‘à se rapprocher d‘elle de telle façon de la dominer de taille. Se redressant de tout son buste, Neal n‘avait certainement pas la carrure d‘un minable sportif. Il n‘était pas comme son frère, il était bien plus beau, plus grand, plus musclé. Et surtout plus méchant que lui. Même fatigué et amaigri, il valait de nombreux habitants du quartier à lui seul. Il travaillait son corps bien sur, des années d‘entraînement, tous les jours, parfois plusieurs heures. Et il savait que Victoria ne ferait pas le poids, il savait que c‘était peine perdue pour elle mais il tentait quand même de la provoquer. Essoufflé de colère, sa respiration était haletante, pourtant il ne baissait pas son regard, la fusillant du regard. Mais derrière ce regard dur et froid, il l'aimait encore. Il l'aimait à en mourir !
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Message(#) Sujet: Re: ROWLANDS' HOUSE | After the calm, the storm comes. (ended) Lun 30 Nov 2009 - 13:15


THE DAY, LIVE AS EVERYTHING IS OKAY.

Je n’osais même plus me regarder dans la glace. Je regardais ailleurs quand je me brossais les dents, je ne jugeais plus vraiment si les habits que je mettais étaient coordonnés ou pas. Et les rares fois où je croisais mon propre regard vert terne, mon propre reflet que le miroir me renvoyait, je n’avais qu’une envie : mettre mon poing au creux de cette glace qui me narguait et qui semblait jouer de mon mal être. La dernière fois, j’ai retenu mon poing mais pas ma brosse. Je ne voulais plus me voir, je ne me reconnaissais plus. Je ne me reconnais d’ailleurs toujours pas. J’étais devenue faible, physiquement tout du moins. Je crois que, mentalement, je deviens tout bonnement folle. Mes frères semblent s’inquiéter, mais pas moi. C’était à double tranchant ; je me sentais à la fois bien et mal. Je ne savais plus sur quel pied danser avec mon propre corps. J’étais meurtrie – bien plus que l’on pouvait l’imaginer. J’étais meurtrie par l’unique personne pour qui j’ai l’impression de respirer chaque jour. A nous voir nous rapprocher pour mieux nous séparer des mois durant, j’ai cru que j’allais finir par passer à autre chose. Mais je n’y arrivais pas. En sept mois, je ne l’ai pourtant pas vu énormément. Mais les rares instants passés ensemble, je me sentais revivre. Il était mon oxygène. Et cela n’avait rien d’étonnant de comprendre que je suffoquais sans lui à mes côtés. Mais il m’avait blessé au plus haut point, jugeant qu’il était préférable qu’il se tienne loin de moi. Neal était un mystère pour lequel, et pour une fois, je n’ai pas tenté d’en percer son secret. Étrangement, je n’avais strictement rien tenté qui allait à l’encontre des paroles qu’il m’avait dit. Peut-être parce que j’y croyais. Peut-être parce que je pensais que, finalement, il était sûrement bien mieux sans moi. Déjà, ses parents n’avaient jamais accepté que leur garçon soit aussi proche de moi. La raison m’a toujours échappé. Mais voir le retour des lettres que lui envoyaient me clarifier clairement dans leur façon de voir les choses. Mais sûrement qu’ils ont eut raison de lui et qu’il s’est laissé embobiner par leurs tendres paroles enjoliveuses. Peut-être même que c’était une délivrance, pour lui, de partir. A cette idée, son stylo flancha et elle soupira faiblement. Pourquoi écrivait-elle, déjà ? Parce qu’elle n’avait rien d’autre de mieux à faire que de se confier à un bouquin qu’on lui avait offert, suite à son coma, jugeant que c’était un bon moyen de se vider un peu. Elle était retombée dessus par hasard, et ce n’était que maintenant qu’elle s’était décidée de l’utiliser. N’était-elle donc pas ridicule ? En venir à écrire sur un bout de papier, quelle foutaise ! Croisant les bras, mais sans lâcher son stylo, la jeune blonde nicha sa tête au milieu tout en fermant les yeux. Elle fit tourner son stylo entre ses doigts, encore et encore, alors qu’elle semblait s’assoupir progressivement, sur son bureau, en pleine journée. Quand elle releva la tête, c’était pour avoir les yeux posés sur sa feuille, stylo levé et prêt à repartir. Je suis confuse. Je ne sais plus quoi penser, ni même ressentir. Se détester soi-même était une chose. Une chose qui faisait que l’on voulait se détruire à petit feu, qu’on voulait en finir au plus vite. Cette année, je ne compte plus les fois où j’ai vu ma vie défilée devant mes yeux. Ca en deviendrait presque pathétique et les autres en hurleraient de rire. Et pourtant, à chaque fois, le coup était raté. A chaque fois, je m’en sortais juste avec quelques blessures intérieures qui se fissuraient toujours plus. Et là, j’ai juste l’impression d’être déchirée de toute part. Si je pouvais aller auprès de mon père, je le ferrai. Mais je vais finir par croire que Dieu ne veut pas de ma présence. J’ai dût lui agrandir bien trop les rangs, il souhaite me faire subir mon châtiment. L’étudiante fronça des sourcils tout en relisant ses derniers mots. Depuis quand parlait-elle de dieu à ce stade-là ? Son frère n’avait pas encore assez déteins sur elle à ce stade-là ? Elle se mit à jouer avec le bout de son stylo, en appuyant dessus sans cesse, avant de le mettre entre ses dents et de le mordiller, le regard à présent levé vers le mur, où étaient présent des photos. Elle gosse, sa famille, elle avec Lullaby, elle avec ses frères, ... Elle avait cru bon de supprimer tout ce qui pouvait lui faire rappeler le jeune homme. A tout bien revoir les choses, je crois que la vie me prévoit certainement d’autres surprises – bonnes ou mauvaises – et que c’était ça qui me faisait toujours respirer. Mais à quoi bon continuer à vivre quand on ne s’aimait plus soi-même ? Pourquoi continuer à gaspiller de l’air alors qu’on ne se sentait pas bien dans son propre corps ? Bien sûr, il y a des choses plus importantes dans la vie. La famine, la guerre, la pauvreté, je suis bien au courant. Et pourtant, je ne peux m’empêcher de faire une exception et de tenter, une fois dans mon espérance vitale, de me plaindre un peu. Voilà un long moment que je ne parle plus, que je ne disais plus rien. Je ne fais que regarder, regarder le monde autour de moi, n’y trouvant plus aucun éclat, aucune couleur. Mon moral était en berne et me faisait voir un environnement gris et noir, broussailleux et sombre, terne et sans lumière. A peine si la nourriture avait du goût. D’ailleurs, mes frères avaient vite compris que cela ne servait à rien de me forcer à avaler quoique ce soit. Et pourtant, je les sentais inquiet. Ils rôdaient autour de moi, pensant certainement que je ne remarquerai rien. Mais c’était terriblement faux. Je remarquai beaucoup plus de choses, ces derniers temps, que durant mes dix-huit longues années d’existence. Je développais un certain don pour la prise de vue. De jour en jour, mes yeux voient des choses que je n’avais jamais remarqué auparavant. C’est tout de même bizarre. On aurait pu penser, qu’avec mon coma, j’aurai compris l’importance de la vie. Que je la prendrai comme une chose précieuse, un véritable plaisir. Que j’en aurai savouré chaque instant. Là était le paradoxe ; j’avais compris la raison de l’importance de ma vie. Même si j’adorais mes frères, il n’en restait pas moins le seul à réussir à me faire tenir sur mes deux jambes. Même de loin. Même sans le vouloir. Tout le mal qu’il obtempérait sur moi me réconfortait toujours un peu plus dans mes sentiments. Même si tout me détruisait, il me faisait sentir un minimum vivante, rien que par la douleur que je pouvais ressentir mais que je me butais à ne pas montrer. Il semblait prendre un malin plaisir à torturer mon esprit et mon cœur. Il avait un tel pouvoir sur moi que s’en était presque naturel. Il était l’homme le plus dangereux que j’eus rencontrée tout simplement parce que c’était lui que j’aimais. Elle se mordilla la lèvre inférieure, presque honteuse de faire cet aveu, même à bout de papier. Décidément, s’avouer une telle chose était toujours un moment particulier. Elle griffonnerait presque ce mot-là, ne pouvait à peine s’y résoudre. Et pourtant, la vérité était là, écrite noire sur blanc sur un papier, devant ses yeux. Elle ne pouvait pas aller en contradiction avec ce qu’elle ressentait, cela devenait de plus en plus clair. « Victoria ? Tu pourrais aller chercher deux trois bricoles à l’épicerie ? » Elle tourna brutalement la tête vers sa porte, pour voir celle de son frère qui passait à travers. D’abord soucieuse, elle secoua légèrement la tête tout en replaçant une mèche derrière son oreille. « Oui. Je... J’irai. » Son frère la remercia et referma la porte, laissant sa cadette de nouveau seule face à elle-même. Son regard vert relit le dernier mot, une puis deux puis trois puis dix fois avant qu’elle ne se redresse et ne ferme fortement le cahier. Elle ouvrit un tiroir de son bureau et l’y plongea sous la pile qui s’y trouvait. Il ne fallait pas que ceci tombe entre de mauvaises mains. Jamais.

« Tu peux m‘expliquer ?! » Victoria s’arrêta dans son élan, baissant la tête, le dos tourné au jeune homme. Evidemment qu’il ne pouvait pas comprendre. Elle lui tombait dessus sans alerte, sans annonce présagée. Il est tôt, et elle venait tambouriner à sa porte comme une véritable furibonde, avant de lui balancer leurs souvenirs communs qu’elle avait gardé – dont les lettres qu’elle lui avait envoyé mais dont elle avait toujours reçu en retour, signe qu’elles n’étaient pas parvenues à leur destinataire. Evidemment que Neal lui demandait ce qu’il pensait, ce qu’il lui arrivait. Il voulait des explications et cela aurait pu être compréhensible si elle n’était pas enragée. Si elle n’était pas furieuse contre lui, contre ce quartier et ses bonnes manières, contre celles qui n’hésitent pas à vous mettre un coup de poignard dans le dos, tout en sachant très bien viser le cœur. Oui, Victoria aurait pu être compréhensive mais elle ne l’était pas. Ses poings se crispant un peu plus, ses ongles tiraillaient de plus en plus la peau de sa main, comme si elle voulait avoir mal physiquement. Elle était frustrée qu’il ne comprenne pas, qu’il ne trouve pas lui-même la réponse à sa propre question. Elle aurait aimé qu’il cherche un peu dans son cerveau pour savoir ce qui avait bien pu la chiffonner – et encore, le mot est bien faible. De plus, il était plutôt chanceux. Après tout, elle aurait pu venir bien plus tôt. Mais il fallait attendre que le vase soit entièrement plein et qu’elle perde totalement et complètement pieds ainsi que le contrôle de soi pour venir de nouveau l’affronter. L’étudiante sentit qu’on la tirait en arrière par la manche pour la retourner et elle dégagea son bras aussi rapidement que Neal ôta sa main. Son regard se posa alors sur ce dernier. Il semblait aussi irrité qu’elle et la fureur qu’elle pouvait dégager semblait l’avoir atteint, sans même qu’il puisse comprendre le pourquoi du comment. Qu’on se le dise bien, Neal Rowlands et Victoria Blythe avaient tout de même leur caractère bien à eux. Et c’était certainement pour cela que leur conversation virait rapidement aux règlements de compte. Vu la situation, ce n’était peut-être pas une si mauvaise chose. « Puisque tu veux t‘en prendre à quelqu‘un – et que cette poubelle ne t‘a rien fait ! – frappe. Tu attends quoi ?! Frappe-moi ! » La jeune blonde ne recula aucunement alors qu’il s’avançait. Jamais elle ne l’avait vu aussi énervé contre elle. Mais jamais elle ne s’était aussi emportée face à lui. Ils avaient grandi, mûri et changé. Et c’était leur défi du moment : s’accepter tels qu’ils étaient devenus. Des adultes à en devenir, avec un passé commun creux. Mais Victoria ne pensait pas aux options envisageables dans le futur alors que pour l’instant, la seule chose qu’elle voulait, c’était de tirer un trait définitif sur cette histoire. Il était, certes, effrayant mais elle n’avait jamais eut peur de lui. Même à le voir, là, frémissant sous la colère, elle ne sentait pas une once de peur passée. Intérieurement, elle ne pouvait même que se réjouir. Au moins, cette réaction montrait fortement qu’il n’était pas si insensible à cette affaire que cela.

Ce n’est pas l’envie qui manque.

Cette phrase avait été sifflée entre ses dents, d’une voix profondément mauvaise. Dans l’histoire, c’était certainement Victoria qui avait la plus changé. Quand ils étaient jeunes, il était extrêmement rare qu’elle s’emporte – voire même, jamais. Elle était trop jeune, trop naïve, trop insouciante pour cela. Mais maintenant, l’adolescence était passée et elle pouvait devenir une véritable teigne. Ce que Neal ne pouvait savoir, ayant manqué sept années de sa vie. Oui, l’envie de frapper Neal, de se défouler comme son frère Rhys le lui avait apprit à quelques occasions était tentante, voire même carrément séduisante. Peut-être pourrait-il se rendre compte de tout ce qu’elle pouvait ressentir, tout ce qu’elle pouvait supporter juste pour lui ? Mais non. Il n’en valait pas la peine. D’ailleurs, qu’il la rattrape ne faisait pas partit de son plan de base. Mais, dans le fond, elle ne fut guère surprise qu’il l’est interpelé. Bien sûr, elle aurait pu continuer sa route en faisant la sourde oreille. Mais soit il l’aurait rattrapé, soit il serait venu la voir un moment ou un autre. Cette réaction n’aurait eut, pour seul résultat, que de lui donner satisfaction et raison. Hors, les Blythe n’étaient pas des lâches, eux. Calmes, respectueux, impulsifs mais pas lâches. Il cherchait à la provoquer, cela se sentait. Il tenait absolument à ce qu’elle lève la main sur lui mais elle ne le fit pas. Ses bras restèrent le long de sa silhouette, les yeux toujours rivés dans ceux de Neal. Malgré toute la haine qu’elle pouvait montrer à son égard, à ce moment précis, elle ne pouvait s’empêcher de souligner la perte de couleur du visage du jeune homme. Certes, il était toujours imposant mais il semblait... Il semblait ne pas avoir vu le soleil et de la nourriture depuis des jours. Et elle ne pouvait passer outre des traits fatigués, qu’elle ne pouvait reconnaitre que pour avoir la même chose. Unis dans la douleur mais en déchirement total dans le dialogue. Enfin, la jeune fille fronça des sourcils avant de poser sa main sur l’épaule de Neal, dans le seul but de le faire reculer.

Pour les explications, vas demander à tes grandes copines. Sûrement que ta poupée Barbie blonde de Sullivan ou Alvira sauront te renseigner. Avec une petite gâterie en supplément, puisqu’elles semblent avoir eut plus de chance que moi.

Il n’y avait nul doute que ces indications le mettraient certainement sur la voie. Elle avait enfin une bonne raison de détester Ebony Sullivan – outre le fait qu’elle était la meilleure amie de Shirley. Mais pour Alvira Delvin, jamais elle ne l’aurait cru. A croire que, chez la jeune Blythe, les relations les plus fortes partaient en fumée en un claquement de doigt. Ses yeux verts brillaient enfin d’un éclat nouveau, celui de la frustration, égale à celle que pouvait lui faire ressentir Neal. Pourtant, elle était folle de lui. Après tout, si elle s’en fichait ou si elle ne tenait pas à lui, elle n’aurait jamais prit la peine de se déplacer à une heure aussi matinale pour tenter de montrer qu’elle n’aimait pas son comportement. La jeune Blythe tenait décidément trop à lui pour laisser passer le fait qu’il agissait mal. Certes, la manière dont elle le montrait était peut-être un peu gauchère et pas forcément agréable mais elle ne voyait pas d’autres moyens pour se faire entendre. Et puis, l’heure n’était plus forcément aux sentiments. Ou plutôt, si, mais à ceux qui se montraient négatifs. L’amertume, la colère, l’énervement, l’irritation, l’incompréhension. Tout ceci surmontés par la fatigue qui tiraillait autant l’un que l’autre. Si seulement ils se montraient moins butés et plus ouverts, les choses seraient terriblement plus simples. Mais la simplicité se révélait être une tâche trop difficile à accomplir pour eux. Elle resta un long moment raide et droite, tenant du mieux qu’elle pouvait sur ses deux jambes. Cela se sentait qu’elle n’avait pas passé les mois les plus agréables de sa vie. De toute manière, elle avait passé une année douloureuse, compliquée et terriblement longue. Elle était sur les rotules, à genoux, à bouffer le sable. Elle avait perdu en force. Evidemment, on pourrait facilement la qualifier de faible. Ce qu’elle pouvait concevoir. Mais les circonstances faisaient qu’un moment ou un autre, on finissait inévitablement par flancher et se laisser aller. Juste parce qu’on était à bout. Juste parce qu’on était trop épuisé pour continuer à se battre et à faire croire au monde entier que tout allait bien alors que c’était tout le contraire qui arrivait. Et Victoria était fatiguée, épuisée. Vivre Ocean Grove n’était pas une mince affaire. Mais, au jour d’aujourd’hui, que les gens parlent sur elle, elle n’en avait plus rien à faire. L’étudiante était blasée, atteinte de lassitude extrême envers la vie elle-même. Auparavant, son regard fier et curieux se pavanait dans les rues du quartier avec un sourire malicieux et une démarche assurée. Maintenant, elle sortait le minimum requis – ou, en tout cas, elle restait le moins possible dans le quartier – préférant la solitude de sa chambre que le monde des vivants. Malgré les efforts de ses frères de la faire sortir un peu. En vain. Sa tête restait difficilement droite, n’osant à peine affronter les airs curieux des autres. Cela pouvait être pénible à vivre si elle n’avait pas l’habitude et si elle n’avait pas apprit à vivre avec pour passer outre. Dans un ultime effort, Victoria tourna de nouveau les talons, bien décidée à rentrer chez elle pour s’y calfeutrer jusqu’à la fin de ses jours. Mais Neal ne l’entendit apparemment pas de cette manière, puisqu’il lui attrapa de nouveau et fermement le bras. D’une force étonnante et venue de nulle part, la jeune fille se retourna, tout en sentant son poing s’aplatir sur le visage du jeune homme.

Lâches moi, imbécile !

Quand elle le vit, visage retourné, son poing la tiraillant, Victoria se rendit compte de son geste – ainsi que de ses dires. Elle plissa le front et son regard se fit larmoyant. Par bonheur, aucune larme ne coula. Et pourtant, elle était choquée. Choquée par son propre geste, par sa propre attitude et par sa propre colère. Elle déglutit légèrement tout en reculant d’un pas incertain, son regard baissé vers son poing. Sa respiration était haletante et son visage était divisé par la douleur, autant que par la méchanceté. Pourquoi aurait-elle des remords ? Il ne lui avait pas autorisé de le frapper ? N’était-ce pas ce qu’il voulait ? Ce qu’il cherchait ? Mais jamais elle n’aurait pensé oser un tel geste à son encontre. Jamais. Sa main attrapa son poing, pour se refermer doucement autour, alors que ses yeux se posèrent de nouveau sur Neal. Victoria ne voulait pas imaginer sa réaction. Elle n’avait jamais pensé s’emporter aussi facilement, aussi rapidement. Mais elle était meurtrie. Et un Blythe meurtri, ce n’était jamais très bon pour l’auteur du crime.

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Message(#) Sujet: Re: ROWLANDS' HOUSE | After the calm, the storm comes. (ended) Lun 30 Nov 2009 - 22:32

        FLASH BACK | NOVEMBRE 2009
        Neal n’allait pas très bien d’accord. Tout le monde le savait et certaines personnes - rares - tentaient de lui adresser la parole. C’était tout le temps la même chose : il remettait chacun d’eux en place. Alors à force, les gens ne le regardaient plus, ne lui parlaient plus. Et il s’était isolé. Seul son cousin avait tenté d’y remédier à plusieurs reprises, parce qu’il pensait faire de son mieux pour donner espoir au jeune garçon. Et il n’avait pas compris comment pouvait-il tomber si bas. En effet, c’était la première fois qu’il voyait son cousin dans cet état - si démoralisé & silencieux. Pourtant, il avait grandie avec lui et le connaissait largement mieux que ses propres amis. Il connaissait aussi les parents du jeune homme et savait qu’ils n’avaient pas étés à la hauteur aux yeux de Neal. Il savait tout ça et pourtant il pouvait s’empêcher de le juger. Il ne connaissait pas vraiment Victoria Blythe disons qu'il la connaissait comme n’importe quel habitant de Ocean Grove pouvait la connaître : petite commère et fouineuse du quartier. Alors oui, il ne pouvait s’empêcher de ne pas trop l’aimer, il était un homme rusé & discret, et n’aimait guère avoir la peur qu’on le montre du doigt. Hors avec Victoria, mieux vaut se méfier des apparences, elle est souvent au courant de choses qui malheureusement ne la regarde pas toujours. Et aime en tirer les bénéfices, régler ses comptes sans réfléchir aux conséquences. Neal était à l’heure actuel, à moitié allongé sur le canapé. Une mine ronde montrait qu’il ne faisait plus de sport, qu’il était devenu comme son propre frère, un légume. Ses yeux - habituellement taquin et brillant - étaient devenus terne et fragiles à l’apparition de la lumière. Il n‘arrêtait pas de bâillait, à longueur de journée. N’importe qui pouvait voir que cet homme allait mal. Non seulement de l’intérieur mais surtout ça se voyait extérieurement. Il semblait presque avoir grossi des joues. Tabitha venait de sauter sur le canapé, le remontant en long pour se nicher tout prêt du jeune homme, qui n’avait pas bougé d’un millimètre à son apparition. Il ne lui portait aucun regard d’ailleurs, il semblait fixer la télé. Mais si on lui demandait ce qu’il s’y passait, il n’aurait su y répondre. C’était une série qu’il n’avait jamais vu et où déception et chagrin se rejoignaient apparemment dans chaque épisodes. Cette série était faite pour lui - il s’y voyait. Malgré tout, il n’avait pas retenu les prénoms des personnages ni ce qu’ils disaient. En faites, il s’en fichait éperdument. Comme il se foutait de tout. Mais la jeune demoiselle ne l’entendait pas de ce nom et elle attira tant bien que mal son attention sur lui, tout en attrapant son bras.
        ‘‘ Aller mon amour, fais moi plaisir… Taquine comme jamais, elle avait tiré Neal jusque vers son garage, tournant sur elle-même comme si elle était joyeuse, je veux voir tes mains habiles jouaient de cette voiture. ’’
        Elle semblait excitée de lui faire remonter le moral et avait beaucoup de mots doux en son encontre. Il aurait été à ses yeux l'époux parfait. Si on pouvait dire quelque chose sur Tabby c’était qu’elle savait si prendre. Elle avait réussie à le faire lever du canapé dont il semblait être proche ses dernières semaines, pour l’attirer dans la pièce où il passait la majorité de son temps, avant son changement. Pourtant Neal ne souriait pas plus qu’il n’y a quelques minutes, il semblait plus faire une tête d’enterrement qu’autre chose. Et c’était certainement pas la mine resplendissante de la jeune femme qui l’empêchait de sourire après quasiment un mois de non existence. Elle a toujours été proche de lui, au point de lui faire décrocher n’importe quel sourire, n’importe quel signe positif. Mais ça en devenait inquiétait, trop à son goût songea-t-elle. Et elle n’allait certainement pas abandonnée la partie. Pourtant, elle dirigea Neal jusqu’à côté de l’engin, l’aidant même à poser ses mains sur la voiture. Au contact de la jeune femme, il se recroquevilla sur lui-même, un regard pensif. Ses yeux écarquillés d’une stupeur, fixaient la voiture en face de lui. C’était comme si il se retrouvait une seconde âme pour cette passion. Pourtant les minutes passèrent et il n’avait pas bougé d’un poil, il n’avait rien dit. N’importe qui lui aurait très certainement demandé quel était son problème - comme par exemple son cousin qui manquait d’un tact cruel et osait parler de Victoria comme si rien ne s’était passé. Il parlait d’elle en utilisant un passé que Neal n’aimait pas. Car à ses yeux, elle était toujours présente. Toujours dans son cœur. Mais Tabitha était d’une patiente inouïe - trop pour être vrai. Il ne lui jetait cependant aucun regard, ne dériva pas de la voiture. On ne l’entendait même pas respirer. Prise dans une excitation soudaine, elle se mit à le pousser vers la voiture, lui serrant fermement la main afin de faire plusieurs fois le tour de la bagnole. Elle le tirait, car si il n’imposait pas vraiment de force, il n’y allait pas de lui-même non plus. Le jeune homme fixait toujours autant la voiture, mais semblait peu à peu sourire. Du moins c’était l’impression qu’il donnait. Jusqu’à ce qu’il se mette à tousser, au point de se laisser tomber sur les genoux, au milieu du garage. Tabitha s’affola et s’abaissa à son niveau avant de lui prendre le menton entre ses mains pour lui relever son visage. Elle lui caressait tendrement la joue, d'une douceur dont il ne connaissait plus.
        ‘‘ Depuis combien de temps n’as-tu pas mangé ?! Je parle d‘un vrai repas Neal… La questionna-t-elle. ’’
        ‘‘ Comment tu veux qu‘il te réponde Tabby, railla une autre voix, je suis certaine qu’il ne souvient même pas de son prénom ! C’était la voix de la peste de la maison : la fiancée de Lincoln. ’’
        Neal lui jeta un regard noir sans toutefois répondre. Il ne l’avait jamais aimé, parce qu’elle se sentait supérieur à lui. Elle avait toujours cru qu’elle était bonne, parce qu’elle avait acceptée que Neal vienne s’installer chez eux. Hors, Neal était bien davantage reconnaissant envers son cousin que cette baudruche. Lincoln semblait désespéré des conversations entre elle & Neal, et ils venaient pour récupérer leur voiture. Ce dernier fit un signe de la main aux deux jeunes personnes accroupis sur le sol avant de monter dans sa voiture et de démarrer, pendant que sa copine était allée ouvrir le garage. Si Tabby fût occupée quelques secondes à les regarder, Neal lui n’avait pas quitté du regard le mur en face de lui. S’appuyant contre la voiture, il mit sa tête dans ses bras, continuant de tousser. Il commençait d’ailleurs à avoir un mal de tête. Mais il restait silencieux, et mystérieux. La jeune femme partait peu à peu à ses songes. Pour elle, aucun doute, il avait eu des nouvelles de sa vraie mère, ou encore de sa fiancée. Elle était bien loin de s’imaginer qu’il réagissait ainsi seulement par amour - parce qu’elle savait que Neal ne prêtait jamais son cœur aux femmes. C’était un don Juan après tout, vivant seulement pour une nuit…
        ‘‘ Tu la revue n‘est-ce pas ?! Elle a recroisée ta route hein ?! Sa voix était d’une douceur, qui se voulait rassurante. ’’
        Tabitha ne savait pas si ce qu’elle éprouvait été de la jalousie. Elle ne savait pas si dans le fond, il en souffrait, comme elle en souffrait. Tout comme le jeune homme, elle était promis à un homme, du moins l’avait été. A la seule différence qu’elle en était avec le temps tombé sous le charme. Pas Neal. Si sa phrase fit un écho dans le garage, elle le fit aussi dans la tête de Neal. ‘Revue… revue… revue… Recroisée… recroisée… recroisée…’. Lui jetant un bref regard, il crispa sa main, touchant celle de Tabitha, la serrant. Il hocha négativement la tête, pourtant pas certain de qui elle parlait, mais enfin cela ne lui en valait pas plus d’importance. Il ne comprenait pas de qui elle parlait, impossible qu’elle est devinée, qu’elle sache combien il avait mal, loin de Victoria. Lui qui pensait arriver à vivre sans elle, le fait d’être dans la même ville était encore plus douloureux. C’était comme quand on donne du chocolat à un gourmand mais qu’on lui interdisait d’en manger. Comme si on l’électrocutait à chaque fois que cette personne venait à toucher l’emballage. Plusieurs fois il s’était apprêté à répondre. Mais lui dire quoi ? Ne voyait elle pas les choses d’elle-même ? Et puis pourquoi devait-il se faire encore plus mal…
        « J‘ai froid… Fût sa seule réponse. »
        Tabitha resta tout d‘abord sous le choc de sa réponse. Elle s‘attendait à quelque chose de plus croustillant, quelque chose qui ferait que la conversation n‘était pas finie. Mais Neal en avait décidé autrement et ne compter certainement pas parler de cœur avec elle. Certainement pas parler de Victoria Blythe avec sa cousine. Il se leva sans plus attendre, lâchant la main de la jeune femme avant d‘entrer dans la maison, d'un air las, suivi de Tabitha qui marmonnait quelque chose dans sa barbe. Visiblement irritée qu‘il puisse si facilement détourné la conversation.


    ‘‘ Ce n’est pas l’envie qui manque. ’’ Le jeune homme n’avait sûrement pas compris à quel point elle aurait aimée le frapper. Pour lui, c’était une chose inconcevable qu’il la frappe, alors il pensait que c’était réciproque. Qu’elle n’oserait pas. Voila la raison pour laquelle, il la provoquait encore plus sèchement, se rapprochant à chaque fois un peu plus d’elle en lui criant de le frapper. Il semblait avoir retrouvé vie, grâce à la jeune femme - pourtant ce n'était pas forcément agréable à le constater. On ne savait jamais ce qu'il pouvait trotter dans sa tête. C’était une demande que rare auraient refusés - y compris Victoria Blythe. Frapper Neal était sûrement une excitation supplémentaire face à beaucoup d'habitants. Mais pourtant, elle restait aussi molle que ce qu’il avait été durant ses dernière semaines. Elle ne bougeait pas, le regardant comme si elle n’avait pas peur. Elle devait bien trop le connaître pour avoir crainte de lui. Et pourtant, elle devait se méfier, il n’était peut-être plus le même, il n’était peut-être plus cet enfant respectueux envers elle. Il avait très certainement changé, à en voir leurs rencontres, ça en était certain ! Elles étaient à chaque fois mouvementées. Toujours pris à court, il tentait de réagir le plus sereinement possible, mais parfois il avait échoué. Comme apparemment le fait de ne pas être allé jusqu’au bout cette nuit la. D’ailleurs, Victoria le lui fit rappeler, ce qui valu au jeune homme une grimace. ‘‘ Pour les explications, vas demander à tes grandes copines. Sûrement que ta poupée Barbie blonde de Sullivan ou Alvira sauront te renseigner. Avec une petite gâterie en supplément, puisqu’elles semblent avoir eut plus de chance que moi. ’’ Neal eut un moment de recul face à cette annonce. Comment avait-elle pu être au courant ? Qui aurait vendu la mèche ? En soit, cela ne lui faisait pas grand-chose - ou c’était du moins ce qu’il montrait. Après tout, ils n’avaient jamais été mariés - ou pire être sorti avec elle - alors pourquoi pensait-elle qu’il lui serait fidèle ?! Comment pouvait-elle penser un seul instant que Neal Rowlands - le protecteur des femmes - puisse rejeter la gente féminine croisant sa route pour ses jolies yeux verts ? C’était à ses yeux impensable, il aimait bien trop les femmes pour les refouler. Et il n’avait aucune garantie que Victoria l’attendait, aucune lettres, aucun signes. Certes; tout le monde pourrait penser que Neal était le seul fautive à son départ - et quelque part ce n’est pas faux, mais il faudrait aussi qu’elle se mette dans sa tête un petit peu. Et puis beaucoup diraient que c’est du gâchie de passer à côté d’une si belle bête.

      « Alors c‘est ça que tu veux ?! C‘était juste ça que tu attends de moi ?! Grogna-t'il, serrant les poings, il semblait tout comprendre désormais, tu préfères quel endroit ? Sur le canapé, dans ma voiture, sur le lit ou sur place ? Il ne savait même plus ce qu'il disait, tant sa rage était au maximum. »

    Il était à bout de nerf. Il ne comprenait pas pourquoi elle lui balançait ce genre de chose, maintenant alors que cela faisait plus de deux mois qu’il n’avait rien fais, deux mois sans coucher avec une seule femme. Mais ça bien sur, elle l’ignorait. Ou elle faisait exprès de l’ignorer. Peut-être qu’elle ne méritait même pas qu’il lui réponde. Victoria devait connaître sa réputation, elle ne pouvait nier - fouineuse comme personne. Et elle se permettait de faire ce genre de réflexion alors qu’au fond elle savait qu’il allait voir à droite et à gauche. C’est un homme, et il a des défauts. Si encore se faire plaisir, et faire plaisir aux femmes était un défaut. A croire qu’elle n’avait jamais couchée avec personne. A croire qu’elle n’était pas passée sous le cliché de Esteban Carson et de Duncan Thomas, en sous vêtement. Il était fou de rage, seulement à s’imaginer la jeune femme dans un lit avec soit disant un ami. Car oui, c’était tel que Esteban s’était fais passé. Un homme - crétin et andouille de service - qui se permettait de coucher avec les deux copines de ses deux meilleurs amis. Il avait essayé de raisonner Heaven qui n’avait pas voulu lui dire la vérité. Pourtant son silence avait parlé pour elle. Il était terriblement jaloux qu’Esteban est profité de son absence pour se faufiler dans les draps de mademoiselle Blythe. Et pour cette unique raison, il lui en voudrait à vie. Aussi contradictoire que cela puisse être, il n’en voulait pas à la jeune femme, il connaissait suffisamment son ancien ami pour savoir qu’il était prêt à tout pour obtenir ce qu’il désirait - on a souvent dit qu’il était comme Neal ou que Neal était comme lui. Qu’importe, il n’avait certainement pas dis son dernier mot. Neal avait forcé la jeune femme à le suivre, il l’avait tenue par le bras et avait remonté avec elle, une partie de l’allée et les quelques marches. Au moment où il s’apprêtait à ouvrir la porte de la maison pour l’obliger à y rentrer et à finir ce qu’ils avaient commencés lors de la nuit d’halloween - la jeune femme se débattit. Victoria s‘apprêtait à repartir, elle voulait descendre les marches, quand il rattrapa son bras comme pour l‘obliger à rester avec lui. Elle voulait qu‘ils couchent ensemble non ? Telle était sa demande, alors pourquoi partait-elle avant ? Sans qu‘il s‘y attende, elle se retourna violemment vers lui avant de se recevoir un coup de poing. Portant sa main à sa bouche, tout son corps était tendu, prêt à sauter sur proie. ‘‘ Lâches moi, imbécile ! . ’’ Elle n’avait eu le temps que de se reculer d’un pas, alors qu’il tenait fermement le mur pour tenter de se maîtriser. Ses deux mains contre le mur, sa tête entre, touchait également la paroi. Sa respiration était devenue saccadée et bruyante. Il ferma un instant les yeux. Quelques gouttes de sang tombèrent sur le sol, alors qu'elle avait pris ses distances, sentant le danger. Elle n'avait pas peur mais savait qu'il fallait se méfier de lui. Qu'il s'emportait vite, tout comme elle. Et qu'il ne réfléchissait pas toujours à ses actes, ou c'était parfois trop tard. Aucun doute que si ça n’avait pas été Victoria, il aurait renvoyé le coup, il se serait défendu bien mieux que cela. Elle ne devait pas le reconnaître et les rares passants non plus. Pourtant si l’un d’entre eux montaient les marches, Neal savait que cette personne s’en prendrait plein la vue, pour pas un rond. Il savait que d’une certaine façon, il se vengerait sur cette personne, même si elle n'avait rien fait. Mais il ne pouvait pas s’en prendre à Victoria. Il ne le voulait pas. Il l’aimait bien trop et cet amour dépassait la haine et l’abandon qu’il éprouvait à l’heure actuel. Il aurait tant voulu qu’elle descende désormais les marches, qu’elle s’en aille et que plus jamais elle ne croise sa route. Il aimerait rentrer chez lui, faire ses valises et partir. Partir où sa voiture l’emmènerait. Partir où personne ne le connaissait et ne le jugeait. Partir pour ne plus jamais revenir… Fuir, encore et toujours - il semblait ne faire que ça de bien. Mais si c’était son désir, il était réaliste et savait qu’il n’en avait pas le droit. Il ne pensait même pas à Victoria, non il pensait à Linc’ ou encore à Tabby. Goldie et Panamee aussi. Alors il voulait affronter la vérité, il voulait affronter sa vérité. Au point qu’il se laissa s’appuyer contre le mur, le lâchant. La tête en arrière, il fixait Victoria d’un regard mauvais. Il ne savait plus quoi penser d’elle, il ne comprenait pas son geste. Détournant son regard vers la caisse où était déposés tous ses objets, il eut pourtant un faible sourire. C’était du moins l’impression que ça donnait, il avait bien trop de souvenirs avec elle pour détruire une amitié. Pourtant pouvait-on appelé ça une amitié ? Pouvait-on dire qu’ils s’aimaient encore ? Qu’ils s’aimaient trop peut-être ? Était-il possible d’aimer une personne à en perdre la raison ? Neal n’en savait rien. Le jeune homme soupira une dernière fois, avant de reposer son regard noir sur la jeune femme, se crispant alors avant de lui rétorquer d’une voix haineuse et jalouse. Il n'abandonnait pas sa première idée : satisfaire les besoins physique de la jeune femme - même si il savait qu'il n'en aurait pas la force. Qu'il était devenu trop faible pour tenter un quelconque sport, et surtout celui-la.

      « A moins que tu préfères qu’on le fasse là où tu l’as fais avec Esteban ?! Siffla-t-il entre sa mâchoire, à voix basse pourtant Victoria l'avait à coup sur entendu. »

    Victoria avait voulu lancer Neal dans un débat - sur une piste bien trop importante pour qu’il laisse de côté ce qu’elle avait dit. Cette idée l‘avait tracassée bien plus qu‘il ne l‘avait montré. C‘était d‘ailleurs la raison pour laquelle il était apparu dans le champs de vision du jeune homme, lui bousillant au passage sa bagnole. Pas malin pour un garagiste, Neal pouvait le concevoir. Mais à ses yeux, Esteban l‘avait cherché. Et trouvait ! Le jeune homme s‘était suffisamment reculer pour ne rien tenter qui lui serait dramatique. Il n‘avait pas levé la main sur elle, ni ne l‘avait menacé. Elle avait ses raisons, il avait les siennes. Des raisons que l’autre ignore. Un passé douloureux, des secrets à partager. Et surtout ils avaient changés, ils ne se reconnaissaient plus. Et il s‘était renfrogné sur lui-même. Si le coup de poing avait eu pour effet de le surprendre et de lui vider quelques gouttelettes de sang, il ne lui avait procurer aucun mal. Il se sentait d‘ailleurs aussi mal que quelques secondes plus tôt, et certainement pas à cause du coup de poing. Ses yeux flamboyaient d‘une lueur rare. A la fois avide de vengeance et de jalousie. Il était absolument rancunier et borné. Il aurait tant aimé ne jamais avoir cette conversation avec elle, car elle n’aurait jamais de fin. Victoria lui reprocherait d’être si à l’aise avec les autres femmes. Elle lui reprocherait d’être proche de certaines femmes qu’il ne connaît pas, alors qu’il ne lui dit pas toujours ce qu’il a sur le cœur. Tout simplement parce qu’il a peur d’être à nouveau abandonné, et à voir le comportement qu’il avait en ce moment - il savait qu’il ne supporterait pas qu’elle le rejette. Alors il avait préféré prendre les devants et partir de lui-même. Quitte à se faire détester, quitte à louper la chance de sa vie, il ne pouvait concevoir de se faire une nouvelle fois avoir. Il savait exactement ce qu‘avais fais la jeune femme avec son ami, alors inutile qu‘elle se cherche des excuses. Elle ne valait pas mieux que Neal ! Et elle n‘avait pas eu idée de la colère qui avait plongé Neal dans une détresse aveuglante - au point de devenir complètement fou. Il avait voulu régler ses comptes avec Esteban. Duncan aussi. & aujourd'hui, c'était à elle de payer !
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Message(#) Sujet: Re: ROWLANDS' HOUSE | After the calm, the storm comes. (ended) Mar 1 Déc 2009 - 20:37


LOVE IS THE BIGGEST WAR OF A LIFE.

Assise sur le rebord de sa fenêtre, les pieds se balançant légèrement dans le vide, une jeune fille écrivait. Ses cheveux blonds virevoltaient faiblement aux maigres attaques du vent, alors que son stylo ne semblait ne plus pouvoir s’arrêter. Je n’arrive pas à dormir. Encore une fois de plus. Rien que l’idée de fermer les yeux m’angoisse terriblement. Pourtant, j’étais fatiguée. Il était de moins en moins rare à ce que je m’assoupisse, n’importe où et n’importe quand. Dans le salon, en cours, dans les magasins, sur une chaise, en pleine après-midi ou le matin. Je ne me sentais en insécurité, ce qui me rendait complètement folle. A fermer les yeux, je devenais déjà paranoïaque et je semblais le voir partout. Je sens sa présence en permanence. Ses yeux qui m’espionnaient, scrutant le moindre de mes souvenirs pour vérifier que je ne faisais pas un pas de travers. Malgré le fait que je l’ai vu à des kilomètres d’ici, j’étais terrifiée de le savoir dans le quartier. Et puis, il n’y avait pas que cela. Je devais aussi supporter les joies qu’étaient celles d’accorder à une personne bien trop d’importance. Aimer, c’était une destruction mutuelle assurée. C’était une douce douleur ressentit parce qu’on aime. Je savais que je n’étais pas faite pour ce genre de choses. Aimer. Tout le monde l’utilise à tord et à travers, lui faisant perdre toujours un peu plus de sa valeur initiale. Je n’ai rarement dit ce mot-là à quelqu’un. A vrai dire, aussi loin que peuvent remonter mes souvenirs, seul mon père avait eut ce privilège. Je ne prenais pas ces choses-là de façon légère. C’était un sujet sérieux et qui méritait réflexion. Seulement, là, dans mon cas personnel, la réflexion était déjà faite. Je devais juste apprendre à l’accepter. Seulement, ce n’était pas une chose facile que d’aimer Neal Rowlands et je m’en rendais toujours un peu plus compte à chaque fois. Dans le fond, peut-être que j’aimais aussi cette complexité qui rendait notre relation beaucoup plus piquante et passionnante. Peut-être trop, même. Il arrivait à me faire tenir en haleine, à m’émouvoir au plus au point, à m’enflammer au moindre regard. Mais il avait aussi le chic de me mettre sans dessus dessous, à me remettre en question et à m’énerver. A force d’attirer la complexité, on en tirait de l’incompréhension. L’incompréhension qui faisait de nous des inconnus. Elle soupira faiblement, avant de regarder par-dessus bord. Elle pouvait aisément voir le tronc de l’arbre qui longeait la maison Blythe. Personne ne semblait déranger le calme de cette nuit fraiche de décembre. Comment pouvait-on devenir inexistants l’un envers l’autre après ce qu’on a vécu ? Si je possédais une machine à remonter le temps, pour sur que j’irai modifier quelque chose. Mais ne dit-on pas que changer le passé peut avoir de graves conséquences pour le présent ou le futur ? De toute façon, il n’existe pas de machines à remontée le temps. Je devais apprendre à trainer avec ce fichu malaise qui semblait vouloir me casser un peu plus chaque jour. Je l’aimais à en mourir, en à devenir folle, à en perdre la raison. Il m’avait fait des espérances que je n’avais jamais osé imaginer. Il m’avait dit des choses que je ne pensais pas entendre un jour de ses lèvres. Elle se mordilla la sienne, le regard partant de le vague. Nostalgie de cette fête remontant à la surface, elle sentit son cœur grossir jusqu’à la faire doucement renifler. Elle ôta rapidement l’humidité de sa joue en même temps que celle de sa feuille, tout en secouant la tête d’un air désespéré. J’ai franchement l’air ridicule. Ridicule et pathétique. Stupide et idiote. Je ne me suis jamais sentie aussi inutile et désarmée que maintenant. Quand je pense que je disais à Alvira de ne pas se mettre dans des états pas croyables pour un simple garçon. Si seulement j’avais su. Si seulement j’avais su que ça allait me tomber dessus, sur la tête, sans prévenir et sans douceur. Il était exactement tout ce que je voulais, tout ce que je désirais. Maintenant qu’il était revenu, je ne pouvais plus concevoir le reste de ma vie sans lui. Mais il semblait ne pas avoir le même point de vue que moi. Malgré l’alcool que j’avais ingurgité, je me rappelai mot pour mot de ses dernières paroles assassines qu’il avait prononcé juste avant de disparaitre. De s’effacer de ma vie. Il avait un don pour passer du chaud au froid et vice-versa. C’est évident. Et, même si ça ne me plaisait pas forcément, dans un sens, je ne pouvais qu’être un peu plus attisée. Il me semblait qu’il faisait tout pour me repousser mais c’était l’exact contraire qui se passait. Plus le temps passait et plus j’étais attirée par lui. Passer devant sa maison en gardant la tête froide et droite était certainement la chose la plus difficile que j’eus à faire ces dernières semaines. Je savais qu’à la moindre faiblesse, je serai capable de craquer. En bien ou en mal, je l’ignore, mais je pourrai facilement craquer. Il me rendait faible, basse et insignifiante. Juste parce que ce que l’estime que j’avais pour lui était bien plus grande que celle que j’avais pour moi-même. Cette année, j’avais tout fait de travers jusqu’à me faire détester. J’étais certainement ma plus grande haine, ma plus grande ennemie. Je me détestais tellement que j’en venais à me faire mal physiquement. Je semblais perdre qui j’étais, retombant dans le néant de ma personnalité. Je ne me reconnaissais de moins en moins – mais m’étais-je déjà connue réellement ? Ou tout ceci n’était que façade et apparence ? Je l’ignorais moi-même. Alors cela n’avait rien d’étonnant que Neal était au stade supérieur – et de loin – dans mon estime, malgré tout ce que je pouvais endurer en partie à cause de lui. Elle n’eut plus le courage d’en rajouter plus. Elle était lessivée et sa main, pour les quelques lignes qu’elle avait marqué, semblait ne plus répondre à l’appel, faisant de sa page un ramassé de ratures. Elle posa alors carnet et stylo à l’intérieur de sa chambre avant de s’installer plus confortablement sur le rebord, le dos contre l’encadrement et les pieds posés de l’autre côté, ses jambes se repliant légèrement sur sa poitrine pour lui fournir un peu de chaleur. Non, elle n’avait pas peur du vide. On lui avait apprit à ne jamais craindre le vide. Mais, à ce compte ci, elle aurait largement préféré qu’on la mette en garde sur les côtés négatifs et ravageurs que peut avoir le simple fait ''d’aimer''.

Notice me. Take my hand. Why are we. Strangers when. Our love is strong. Why carry on without me ? And Everytime I try to fly. I fall without my wings. I feel so small. I guess I need you baby.

« Alors c‘est ça que tu veux ?! C‘était juste ça que tu attends de moi ?! Tu préfères quel endroit ? Sur le canapé, dans ma voiture, sur le lit ou sur place ? » Victoria n’eut aucune réaction. Elle était ennuyée, embêtée et irritée qu’il le prenne de la sorte. Ne comprenait-il donc rien ? Absolument rien ? Évidemment, elle-même n’était pas assez stupide pour penser qu’il aurait fait le vœu d’abstinence juste pour ses beaux yeux. Après tout, ce n’était pas comme s’ils étaient mariés, ou même qu’ils sortaient ensemble, n’est-ce pas ? Mais c’était certainement tout comme. Elle n’avait pas besoin de sortir avec lui pour être déjà blessée – une énième fois de plus – dans son orgueil, dans son amour propre et, surtout, à l’importance qu’elle lui accordait. Il était partit, elle avait tenté de garder contact, ses parents ont coupé à court. Certainement que Neal a pu se sentir aussi abandonné qu’elle avait pu l’être, désespéré et déçu de voir qu’elle ne tentait rien pour avoir de ses nouvelles. Et pourtant, elle n’était pas la fautive de l’histoire. Les seuls coupables, c’était les parents Rowlands. C’était eux, plus que n’importe qui, qui s’étaient imposés à travers leur chemin. Eux qui avaient créé le plus d’embûches. Et eux qui avaient réussi leur but : séparer les deux jeunes gens. Cela était douloureux. Pénible. Mais le résultat restait le même, quoiqu’ils disent ou fassent. Jamais Victoria n’avait compris pourquoi les parents de Neal ne l’aimaient pas. Non pas qu’elle était l’être le plus parfait du monde mais elle ne voyait pas le mal qu’elle pouvait faire à Neal, puisque ce dernier s’était toujours montré plus adorable envers elle qu’avec n’importe qui. Enfin, jusqu’à aujourd’hui. Le jeune homme avait tenté de la rattraper de nouveau. Et ce qu’il récolta fut un coup impulsif, non calculé ni prévu. Aussi, l’étudiante fut surprise par son propre geste. Elle ne l’avait pas voulu. Elle n’avait pas voulu le frapper. Tout le monde sauf lui. Même si elle se doutait bien que le jeune homme n’allait pas forcément hurlé de douleur, le geste en lui-même était impardonnable. Victoria semblait avoir reçu un seau d’eau glacée sur la tête. Mais son regard se durcit un peu plus alors qu’elle le levait sur Neal. Il l’avait cherché. Il l’avait provoqué. Et c’était ce qu’il avait voulu. Pourquoi semblait-il être encore plus énervé ? Ne s’y était-il pas attendu ? Il était vrai que jamais, ou presque jamais, la blonde avait frappé, durant leurs années passées ensemble. A quelques rares exceptions près, elle ne prenait jamais part aux batailles physiques, préférant laisser ce domaine à son ami, qui semblait bien plus dans son élément. Et c’était pour cela qu’elle plissa le front tout en reculant une nouvelle fois, son dos rencontrant une poutre qui appartenait au porche. Elle se laissa aller contre, tentant de reprendre une respiration singulière et, par la même occasion, de se calmer. Il fallait qu’elle se calme. Elle devait se calmer sinon, ses paroles et ses gestes dépasseraient encore sa raison et risquerait de s’en mordre furieusement les doigts, juste après. Elle n’avait pas voulu lui faire du mal. Elle n’était pas venue pour cela. Alors elle le regardait tout de même avec une certaine appréhension. Ses mains étaient derrière son dos, agrippées à la poutre de façon tenace. Victoria sentait qu’elle faiblissait un peu plus. Autant physiquement qu’émotionnellement. Dieu qu’elle ne pensait ne jamais avoir à faire face à ce genre de situation. En général, les disputes ne la contrariaient pas. La plupart du temps, elle les provoquait, même. Mais là, elle avait attisé une flamme dont elle ne s’était pas attendue. Neal avait eut une réaction plus vive qu’elle ne l’aurait pensé et elle-même laissait bien supposer que son geste avait été démesuré. Mais elle mettait cet écart sur son sang. Exactement comme Maât et Scott. L’étudiante se mordilla légèrement la lèvre, observant le dos du jeune homme, avant de se redresser légèrement quand il se retourna. Ses prunelles sombres respiraient la méchanceté, autant que celles de la jeune blonde pouvaient être vides. Se montrer aussi énervée était en totale contradiction avec son envie. Et, quitte à choisir, elle préférait laisse voir une impassibilité certaine plutôt que de la pitié. Jamais elle n’avait levé la main sur lui, exactement comme lui. Le connaissant, la jeune Blythe aurait très bien pu avoir peur mais Neal pouvait se montrer aussi désagréable aussi froid aussi odieux qu’il le souhait mais elle ne le haïssait pas assez pour avoir peur de lui. Elle s’était toujours sentie en sécurité avec lui. Pourquoi cela changerait ? Parce qu’il était aussi furieux qu’elle. Parce qu’elle venait de le frapper. Parce que le mélange fatigue et colère n’était jamais un excellent mélange. Et cela, la jeune fille le remarquait encore plus qu’à l’accoutume. « A moins que tu préfères qu’on le fasse là où tu l’as fais avec Esteban ?! » Victoria fronça les sourcils, signalant qu’elle n’avait pas compris le rapprochement. Il était toujours dans l’idée qu’elle ne voulait que de lui en partenaire sexuel ? Si seulement ça ne pouvait être que cela, les choses seraient beaucoup plus simples. Mais cela confirma ses doutes : Neal n’avait toujours rien compris. Exactement comme lors de son retour. Sept mois s’étaient écoulés et il ne semblait pas avoir plus compris. Seulement, la donne changeait et c’était à la jeune fille de ne plus rien comprendre. Une moue agacée s’installa alors sur son visage.

On l'a fait à tellement d'endroits que le choix est vaste.

And Everytime I see you in my dreams. I see your face, it's haunting me. I guess I need you baby. I make believe. That you are here. It's the only way. I see clear. What have I done. You seem to move on easy.

Elle avait roulé des yeux et sa voix était purement et simplement ironique. Esteban était un coureur de jupons, cela n’étonnerait pas donc Neal. Mais elle était blessée qu’il puisse penser qu’elle s’était laissée avoir par un type comme Carson. Elle ne pensait pas qu’il penserait d’elle. Il la connaissait trop bien pour cela. Enfin, peut-être que c’était toute la différence. Il ne la connaissait plus. Tout bonnement parce que la joyeuse petite fille qu’elle avait été était partit loin, très loin, en même temps que lui. Mais il pensait sérieusement qu’elle avait couché avec Esteban Carson ? D’où lui venait donc cette idée ? Rien que de voir sa tête dans la sienne, une grimace s’arracha de ses lèvres et elle se sentit se crisper de nouveau. Non seulement, la traversée à l’esprit de coucher avec lui était juste répugnante mais que Neal puisse croire une telle bêtise, c’était inconcevable. La jeune Blythe connaissait le jeune Carson depuis qu’elle était jeune – et pour cause, c’était un ancien ami à Neal. Il serait la dernière personne avec qui elle aurait envie de penser une voire plusieurs nuits. Et même s’il était le dernier mâle de la planète, elle préférait plutôt se terrer dans un trou ou mettre fin à ses jours plutôt que de le savoir la toucher. Une légère brise traversa l’espace ouvert. Il faisait réellement moche. Ce n’était pas pour aider à améliorer son moral déjà morose et en berne. Victoria eut un léger soupir sec avant de claquer de la langue et de reposer son attention sur Neal, attention qui s’était un peu perdue ces dernières secondes. Ils se faisaient face à une distance plus que respectables. Et pourtant, chacun pouvait sentir l’animosité de l’autre sans aucun souci. Ils étaient plongés dans le même gouffre mais ils étaient trop fiers, aussi bien l’un que l’autre, pour se laisser démonter. Ils semblaient démontrer une force incroyable alors qu’ils n’avaient jamais été plus au bout du rouleau que cela. Evidemment, l’étudiante ignorait totalement le fait que Neal avait passé deux mois aussi durs qu’elle. Au point d’en faire à peine que le minimum vital requis. Dans un sens, elle s’en voulait. Elle s’en voulait de l’avoir laissé filer plusieurs fois, maintenant. Elle s’en voulait de ne pas s’être montée plus tenace, plus attachée à lui. Mais elle refusait de porter l’exclusivité du chapeau. Neal avait aussi sa part de sa responsabilité, dans cette histoire. La jeune blonde ne comprenait pas cette habitude qu’il avait de toujours partir, de toujours lui glisser des mains. A chaque fois, elle avait l’impression de manquer quelque chose ou d’avoir fait ou dit une chose de travers. Elle avait beau retourner le problème dans tous les sens, elle n’arrivait pas à mettre la main sur la solution. Et ce n’était certainement pas maintenant qu’elle allait la trouver. Victoria se redressa entièrement tout en lâchant la poutre.

Sérieusement, tu penses que j’étais assez désespérée pour aller me jeter dans les bras de Carson ? Vérifies tes sources et tes informations avant de dire des conneries pareilles !

I may have made it rain. Please forgive me. My weakness caused you pain. And this song is my sorry. At night I pray. That soon your face. Will fade away.

Si les voisins avaient entendu, ça ne serait pas étonnant. Tout son énervement reprenait le dessus, la faisant presque trembler de spasmes non-voulus. Ses yeux lançaient des éclairs, pour bien appuyer ses paroles. Cette conversation tournait en pur règlement de compte. Chose qui n’avait pas été forcément voulue par la jeune fille. Surtout qu’elle ne se sentait pas à l’aise, ni même à son avantage. Victoria avait l’impression d’épuiser une source d’énergie incroyable rien que pour pouvoir s’adresser de façon claire et puissante au jeune homme. Elle voulait qu’il tente de comprendre. Elle voulait qu’il ne la voit pas comme toutes les autres, comme toutes ses filles avec qui lui, il a pu coucher. Elle voulait qu’il la voit comme avant, différente. La jeune Blythe s’y prenait un peu maladroitement mais elle ne souhaitait pas qu’il la voit comme une trainée. Peut-être espérait-elle juste un peu trop. Mais elle ne doutait pas quant au fait qu’elle tenait à lui, quoiqu’il fasse, dise ou pense. Enfin, Victoria se détacha complètement de la poutre pour s’avancer de nouveau vers Neal, soutenant son regard.

Et puis, ça ne t'ai pas venu à l'esprit que je tenais bien trop à toi pour te savoir en Carson numéro deux ? Tu le dénigres, mais dans le fond, t'es pareil ! Quand je pense qu’Hailey m’avait mise en garde... Quelle conne, alors !

I fall without my wings. I feel so small. I guess I need you baby. And Everytime I see you in my dreams. I see your face, you're haunting me. I guess I need you baby.

Étrangement, sa voix était devenue calme. On pouvait noter la retenue qu’elle avait dans ses paroles. Le traiter de Carson était certainement une insulte dont il pouvait avoir l’habitude. Mais elle venait d’avouer clairement qu’il avait toujours une place confortable au sein de la jeune fille. Cette dernière s’était retournée, lui présentant alors son dos, alors qu’elle adressait la dernière phrase plus à elle-même qu’à Neal. Enfin, elle la ponctua en tapant brutalement sur la poutre – qui n’avait rien demandé non plus. Main qui finit par former un poing qu’elle plaqua contre sa bouche, exactement comme si elle se retenait de hurler. Ou même de pleurer. Bien sûr que oui, qu’elle pourrait pleurer. Pour lui, elle était capable de tout et n’importe quoi. Surtout du n’importe quoi. Ce coup de poing n’était toujours pas passé et c’était certainement par l’ombre de ce geste qui planait au dessus de sa tête qu’elle tentait vainement de se canaliser. Elle ne voulait plus de ça. Pas de violence. Il était peut-être un salaud fini, un lâche et un fuyeur mais il ne méritait pas cela. Victoria devait certainement être plus blessée par ce geste que Neal lui-même. Son regard vert observa sans grand intérêt devant elle, là où elle pouvait aisément voir les voitures passées, les visages qui se tournaient vers eux, ainsi que les nuages gris qui alourdissaient un peu plus l’atmosphère et l’air frais qui commençait à la prendre de partout, la faisait légèrement trembloté, en plus de ses muscles sous l’effet de l’évènement. L’étudiante se mordilla la lèvre d’un air douloureux, préférant partager et montrer son malaise aux brefs passants plutôt qu’à Neal. D’ailleurs, elle s’entêtait à vouloir lui tourner le dos. Son cœur battait à tout rompre, dans sa poitrine et à ses tempes, l’affolant toujours un peu plus. Mais de l’extérieur, Victoria apparaissait comme calme et réussissant à se canaliser. Se canaliser dans son envie de hurler toujours plus fort que lui mais aussi se canaliser dans son désir crucial de retoucher ces lèvres, cette peau, ce corps, ces cheveux qui faisaient la perfection de celui qu’elle aimait.

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Message(#) Sujet: Re: ROWLANDS' HOUSE | After the calm, the storm comes. (ended) Jeu 3 Déc 2009 - 18:30

    Il n‘y avait aucun doute sur le fait que Neal se cherchait des excuses de la haïr. Car il lui était bien plus facile à ses yeux de la détester que de l‘aimer. Alors, le moindre prétexte pour la maudire lui paraissait satisfaisant. Au point de ne pas savoir si il avait raison ou tord. Mais il se voyait mal faire marche arrière. Il ne la haïssait pas directement elle, mais plutôt l’amour qu’il portait pour la jeune femme. Jamais, mais réellement jamais, il ne s’était laissé apprivoisé. Il avait toujours su éviter de tomber amoureux des autres filles, inconsciemment peut-être parce qu’il avait déjà rencontré le Vrai Amour. Pourtant, il a eu une multitude de conquêtes, toutes plus belles les unes que les autres. Plus riches aussi. Plus élégantes. Mais forcément plus snobinardes et hautaines. Et Neal ne recherchait que la simplicité, une jolie simplicité entre deux êtres. Une personne qu’il protégeait coûte que coûte, une femme de trempe - avec un minimum de caractère. Mais qui était proche de ses valeurs : la franchise, l’obstination, la gaieté et la gentillesse. Certes, Neal avait de nombreux défauts, on n’aurait d’ailleurs jamais assez de doigts pour pouvoir les compter. Et pourtant, il était une personne complètement différente que les à priori qui laissait voir. Il avait toujours été un autre garçon face à Victoria - et se montrait peut-être trop hautain et solitaire envers les autres. En faites, il n’a jamais su la cause de ce fossé profond qu’il le séparait du reste de la population. Étais-ce une forme de jalousie, d’orgueil ou de cupidité ? Il avait tout pour être heureux - surtout l’argent et l’indépendance qu’on lui a laissé dès le plus jeune âge - et pourtant, il semblait toujours être en quête de chercher son passé, de se construire, comme si lui-même ne se connaissait pas. Parfois même, il arrivait à se détester, comme quand il n’arrivait pas à décrire correctement ses sentiments pour Victoria. Ce n’était pas de la peur - quoi qu’en faites, il n’en sait rien. Mais il recherche cependant le pourquoi, ailleurs - certain qu’il n’a peur de rien ! & pour être honnête, rare sont les personnes à le connaître, seulement en partie. On devine son caractère au moindre regard noir et méprisant. On devine ses étendues réussite en matière de bagarre lors de ses légères altercations, qui sans ça ne serait plus Neal Rowlands. Tous les habitants savent son caractère de feu, son penchant pour la séduction - sans toutefois allait plus loin bien qu’exception - et son altruisme à enterrer quiconque s’entêterait à vouloir le battre dans son domaine. Mais malgré tout ça, il garde un profond mystère qui fait de lui, certainement une personne redoutée.

    ‘‘ On l'a fait à tellement d'endroits que le choix est vaste. ’’ Neal n’aurait voulu faire qu’une chose, se terrer dans un coin et se laisser pourrir. Qu‘on ne vienne plus le déranger, lui parler. Il aimerait en devenir violent car les gens l‘entourant ne comprenait que cette forme pour le laisser en paix. Si le jeune homme n‘haussait pas le ton, qu‘il ne frappait pas - on venait tout le temps lui parler ou lui demander des conseils. Comme si il était une assistante sociale. Comme si il s‘attachait aux intentions des autres, et à leurs problèmes. Le seul pour qui il prenait aisément goût, était très certainement quand il s‘agissait de Victoria Blythe. Petit, il larguait tout le monde pour aller la rejoindre. Même si ce qu‘elle avait à lui dire n‘était pas important. Seulement sa présence lui suffisait, ainsi que son rire et sa bonne humeur. Il l‘avait toujours fais passer avant n‘importe qui. Même ses membres de sa famille, son cousin Lincoln compris. Ce qui avait le don d‘énerver Dakota Wayhne ou encore Esteban Carson - qui s‘estimaient apparemment plus importants à ses yeux. Si seulement ils savaient combien il se foutait d’eux… Aussi méchant que cela puisse paraître. Leurs problèmes ne valaient jamais ceux de la jeune fille, et il n‘était pas son confident pour rien, après tout… Et peut-être, qu‘inconsciemment, il avait peur qu‘elle se retourne vers Lullaby Walkers - sa pire ennemie. Peut-être craignait-il de se faire piquer la place pour un simple malentendu, à cause de personnes qui ne valaient rien à ses yeux - ou peu. Malgré ça, dans cette situation il était rester calme. Bien sur qu‘il avait compris que Victoria était ironique - bien sur qu‘il avait écoutait ce qu‘elle avait dis. Mais il s‘était enfermé dans ce qu‘il savait déjà, à savoir qu‘elle l‘avait trompé pour un autre. D'une nature obstinée, il avait tendance à s'accrocher à ses propres opinions même si on lui démontrait par A+B qu'il avait tord. Pire, qu’elle est couchée avec l’un de ses pires ennemis à plusieurs reprises et apparemment - d’après Esteban - qu’elle était consentante. Aussi incompréhensible que cela puisse paraître, il était touché. Et s‘en voulait. Il n‘avait su quoi répondre, tant il avait du mal à le croire. Tant elle le blessait à nouveau. Mais il ne voulait pas lui avouer, se l‘avouer. Victoria affrontait désormais un mur de glace. Si il aurait voulu réagir différemment, il n‘y arrivait pas. Et il fit un pas en arrière, prêt à lui tourner le dos. Prêt à fuir une nouvelle fois. Déplaçant sa main tremblante de rage jusqu‘à la poignée de la porte qui le mènerait probablement à ne pas affronter la stricte et décevante réalité, il fût néanmoins stoppé. ‘‘ Sérieusement, tu penses que j’étais assez désespérée pour aller me jeter dans les bras de Carson ? Vérifies tes sources et tes informations avant de dire des conneries pareilles ! ’’

      « Si je ressemble autant à Carson, que fais-tu en ma compagnie ? & mes sources proviennent de photos. Une jeune femme - tout à fait resplendissante et souriante - à moitié dénudée, avait-il répondu dans une rancoeur indémesurée. »

    Il aurait même pu lui apporter la preuve si ses mains arrêtaient ses tremblements involontaires. Mais elles étaient dans ses poches, il ne voulait pas lui montrait qu'il était dans une rage passagère. Si d’un côté Victoria prenait ses paroles pour des compliments, en lui sous entendant qu’il la trouvait belle et dès plus heureuse, sans lui. De l’autre côté, cela montrait une vérité qu’il ne pouvait que lui faire mal : le fait qu’elle est tournée la page, le fait qu’elle est continuée à vivre loin de lui. Bien sur, elle aurait été probablement stupide d’en mourir, de se laisser crever un peu plus chaque jours attendant son heure loin du garçon dont elle était le plus proche. Mais quelque part, cela lui aurait prouvé qu’il avait encore une place importante à ses yeux. Avait-il besoin de ça pour se raccrocher ? Sans doute que oui ! Si d’un côté, il pouvait se sentir heureux qu’elle n’en soit pas morte, qu’elle soit presque la même qu’autrefois. Il ne pouvait s’empêcher de penser que peut-être loin de lui, elle était plus heureuse. Que peut-être qu’il ne lui emmenait que du mauvais, tel un insecte. Voila ses pensées actuelles. Peut-être même qu’Esteban lui fournissait bien plus de chose que lui. Peut-être que… Il se tuait sous ces formes d’hypothèse comme si cela lui permettait de pouvoir plus facilement tourner une page. Et si ils devaient passer par la pour se rapprocher davantage, le ferait-il de son plein grés ? Oserait-il avoir si mal seulement pour retrouver leurs coordinations d‘autrefois ? ‘‘ Et puis, ça ne t'ai pas venu à l'esprit que je tenais bien trop à toi pour te savoir en Carson numéro deux ? Tu le dénigres, mais dans le fond, t'es pareil ! Quand je pense qu’Hailey m’avait mise en garde... Quelle conne, alors ! ’’ Si il y avait eu un écho possible dans ce lieu, il aurait pu aisément entendre le prénom de l’une de ses ennemies du moment : Hailey. Y avait-il plusieurs filles s’appelant ainsi à Ocean Grove ? Il aurait espéré que oui, il aurait voulu y croire. Pourtant même avec son plus loin souvenir, il n’en connaissait qu’une. L’unique qui le mettait si souvent hors de lui. Si au début, la relation qu’il entretenait avec elle lui semblait amicale et quelque peu agréable - ne trouvant pas le mérite de trouver beaucoup de filles le repoussant, il avait prit ça pour un jeu. Mais le jeu n’avait plus de fin et Hailey se montrait bien plus désagréable qu’amusée. Certainement qu’elle n’a jamais aimé le jeune homme, comme lui par exemple n’a jamais aimé celui qui semblait faire craquer son petit cœur de peste. Bien sur qu’il sait qu’Hailey aime Rhys. Que Rhys aime Hailey. C’est pourquoi il aime s’en prendre aux deux, ainsi pas de jaloux. Après tout quand on est un couple, il faut savoir partager non ? Et Neal le leurs permettaient aisément ! Il en avait oublié tout le reste de la phrase, il avait comme zappé l’insulte, sans qui normalement n’aurait jamais du passer au travers. Se faire insulter sous la forme d’une ressemblance quelconque avec Duncan lui aurait été sans doute plus agréable. Mais Esteban représentait réellement le type d’homme qu’il ne supportait pas. C’était pire que de la vermine ce genre de mec et Neal connaissait suffisamment son nouveau ennemi pour savoir de quoi il parlait. Ils étaient à quelque chose prêt identiques, sauf à un détail prêt : la limite imposée. Esteban n’en avait aucune, que Neal avait au moins ce mérite de savoir se mettre au repos quelque temps pour attaquer de plus belle, par la suite. & puis notons qu’il n’était pas prêt à monter de petits coup bas ne lui rapportant aucune satisfaction, il voyait en grand - comparé à Carson. S’adossant sur le mur, il avait lâché la poignée. Il s’imaginait le visage de cette peste de Caldwell.

      « Hailey Caldwell ?! Répéta-t-il en dévisageant la jeune femme, laisse tomber, ça ne m‘intéresse même pas de le savoir ! »

    Bien sur que ça l'intéressait. Juste pour avoir une bonne raison de lui en vouloir à vie - bien qu'il n'est besoin réellement de ça. Il savait surtout que Victoria ne lui avait aucunement adressé la parole. Il savait combien elle était attachée à Rhys, son frère. Et ce fût la seule et unique raison qui a fait qu’ils soient restés autant de temps sans se battre. Neal ne rêvait qu’une seule chose : lui montrer sa vraie nature. Il était peut-être dans le fond jaloux de lui, rêvant lui aussi de ressemble à cet ennemi - apprécié de pratiquement tout le monde. Beaucoup veulent lui ressembler et les quelques personnes le critiquant en était finalement que jaloux de cette popularité. Rhys était un homme droit et réglo - protecteur et souvent hautain. Peut-être aussi qu’il lui trouvait une forme de reconnaissance d’avoir protéger sa jeune sœur pendant sa disparition. Peut-être même et ce fût seulement depuis cet année qu’il s’en ai rendu compte - mais les choses entre eux auraient probablement évoluer différemment si Rhys avait été au courant qu’il partait. Il aurait du se confier à lui, il aurait du essayer du moins. La seule chose qu’il était arrivé à faire était de se confier à Goldie - pire ennemie de Victoria. Oui, Neal ne semblait pas savoir si prendre. Alors que Victoria n’était pas très loin de lui, il ne la regardait plus. Il avait peur de son regard, peur qu’elle ne comprenne pas, qu’elle le rejette. Il préférait sans doute qu’elle parte ou qu’elle reste silencieuse. Il détourna la tête au moment où il entendit la pluie tombé sur le porche. Et il aperçu les gouttes tombaient, s’y laissant bercer, il était toujours appuyé sur le mur. Les mains dans les poches, il regardait au loin, il semblait être dans ses pensées. Il semblait s’être calmé, pourtant il avait toujours cette mine fatiguée.

      « Tu ferais mieux de retourner voir ta nouvelle meilleure amie… Ajouta-t-il sans tourner le regard vers elle, et de me laisser m‘enterrer ici à petit feu, avait-il finis par dire à voix basse. »

    Si Victoria aurait pu voir quelque chose, c’était son mal être. Le plus inconnu des inconnus aurait pu le constater. Pourtant, il tentait de ne pas le montrer. Il ne voulait certainement pas qu’elle pense qu’il soit devenu faible ou qu’il soit à la même hauteur que tout ses autres mecs qui ont croisés sa route. Parce qu’il ne la croyait pas. Après tout, elle est une belle et pétillante jeune femme - alors quel homme ne voudrait pas d’elle ? Qui oserait seulement penser qu’elle n’était pas à la hauteur que n’importe quelle autre femme ? Pour lui, aucun doute : elle avait presque tous les hommes à ses pieds. Pour lui, aucun doute : elle avait su les amadouer. Pour lui, aucun doute : elle avait couchée avec les plus beaux et adorables d’entre eux. Pour lui, aucun doute : tout était terminé entre eux… Elle avait osé levé la main sur lui - d’accord, il l’avait provoqué, mais n’étais-ce qu’un malentendu ? - jamais avant, elle n’aurait osé le faire. Alors oui, il y avait quelque chose qui avait changé en l’un d’entre eux, peut-être les deux qui sait. Pourtant il ne montrait pas sa peine ou son deuil. Seulement, il attendait qu’elle le laisse seul, afin qu’il commence son long périple, qui lui permettrait cette fois, de ne plus vivre cet enfer. Probablement que la pluie et ce temps pourri jouer sur ses humeurs noirs. Il n’aurait voulu que d’une chose : prendre sa voiture et roulait à une vitesse encore jamais exploité. Être à plus de deux cent kilomètres heure et voir si son destin est enfin à ses côté. Voila la pensée qui lui traversait l’esprit et il eut un faible sourire. A cette idée, il n’avait envie que d’une chose, rejoindre son garage et partir. Pour toujours cette fois. Mais partir en vivant de sa passion qu’on semble avoir perdu, n’étais-ce pas la, une fin heureuse ? Vivre pour sa passion et mourir à cause d’elle n’étais-ce pas ce que tout le monde attend ? Tant qu’on vit ses derniers instants avec le sourire, tout lui importait peu. Pourtant ce n’était qu’une pensée comme une autre qui lui traversait l’esprit. Il ne voulait pas mourir pour une fille, par amour ou encore à cause d’une bagarre. Non il voyait les choses différemment grâce à Victoria. Et tourner la page lui était avantageux bien qu’il ne pourrait y arriver.

      « Plus rien ne te retiens ici, Victoria Blythe ! Conclut-il, indifférent en observant la pluie tomber. »

    Il avait mal. Très mal. Mais jamais il ne saurait l’avouer. Extérieurement, il jouait parfaitement le jeu. Tel un acteur, il s’était mis dans la peau d’un homme froid et indifférent. Peut-être même que cet homme avait tous les défauts de la terre, comme l’obstination, la solitude, la fierté. Peut-être même qu’il était rancunier et qu’il ne pouvait s’empêcher de faire passer son ego avant le bonheur de celle qu’il aimait. Peut-être avait-il une forme de violence qu’il tentait de cacher en devenant alcoolo. La solitude l’avait enfermé dans une pièce calfeutrée où il ne pouvait en sortir. Parce qu’il ne cherchait même pas à fuir. Quelque part en lui, il y trouvait un réconfort malsain. C’était comme si souffrir lui plaisait, il se sentait vivre à travers ce malheur quotidien. Mais si cet homme était une personne particulièrement hostile et méchant - ce n’était que pour se protéger. Il avait une certaine peur de l’inconnue - qui n’en a pas ? - il ne voulait croire qu’aux choses censées et existantes. Voila pourquoi, même si ses parents étaient de forts croyants et qu’il avait toujours été forcé à aller avec eux, petit dans une église. Aussitôt qu’il a pu se débarrasser de ça, il l’a fait sans hésitation. Cet homme n’était autre que Neal Rowlands. Il avait le dos tourné à la jeune femme, lui aussi. Et il ne la voyait donc pas. Il s’était désintéressé de la pluie comme il arrivait toujours à se désintéresser de tout. Même de sa passion. Pourtant, hésitant il s’avança jusqu’à la rampe. Sous la pluie, il restait immobile, alors que l’eau tombait sur ses vêtements. C’était comme prendre une douche glacé mais plus rien aujourd’hui n’arrivait à le déstabiliser. Sauf Victoria Blythe. Elle ne le voyait pas, malgré qu’elle est entendu le jeune homme avancer, elle n’avait détourné son regard vers lui. Et Neal restait en silence sous la pluie, pendant peut-être une minute, voir deux, peut-être trois - il n’en savait rien tant il avait perdu la notion du temps. Comme la plupart des autres notions en faites. Enfin il recula d’un pas, puis d’un autre et machinalement il s’avança jusque vers sa porte. Victoria le regardait enfin, il sentait son regard et elle grimaçait. Peut-être - enfin à coup sur - elle n’avait compris son geste. Il ne le comprenait pas lui-même. Posant sa main sur la poignée, il ne lui avait jeté aucun regard comme si elle n’existait plus. Du moins il tentait de se le faire croire, sans toutefois y parvenir. Malgré qu’il lui avait dis qu’elle pouvait partir, qu’elle pouvait le laisser seul - elle était rester. Et une chose complexe, c’est qu’il ne la mettrait jamais à la rue, même si de la sentir si proche de lui le rendait plus nerveux. La porte ouverte, il s’apprêter à y rentrer…
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Message(#) Sujet: Re: ROWLANDS' HOUSE | After the calm, the storm comes. (ended) Ven 4 Déc 2009 - 20:58


THURDAY, 3rd NOVEMBER. 3PM.

Hey, Victoria ! Dis donc, t'en as fait quoi, de ton cavalier d'Halloween ?
Est-ce que ça te regarde, Beth ?
Oh, allez Vicky. Tu peux tout m'dire, tu le sais bien.
& ben justement, ça tombe bien, j'ai pas envie d'en parler. Ni même de parler tout court.
Je vois. Ça s'est pas très bien passé, c'est ça ? (...) Tu sais, Victoria, si ça c'est pas bien passé, y a aucune honte à avoir, hein. Ça peut arriver à tout le monde. Moi, par exemple, quand j'étais à Pa...
Beth, pour l'amour de Dieu, fermes-là et fiches moi la paix. Je suis vraiment pas d'humeur à écouter tes histoires venant d'Europe. Et encore moins de leçons de psychologie ou de morales.
J'essaye juste de savoir ce que t'as ! Ça fait trois jours que tu ressembles plus à rien. Je suis là pour t'aider, Vicky.
Merci de te proposer mais j'ai pas besoin d'aide.

Il y a des jours, comme cela, où je me maudirai bien. Envoyer sur les roses Beth n’était pas mon principal but. Je pouvais dire que je ne le faisais pas exprès mais je doute qu’on me croirait. J’étais juste devenue une espèce de coquille où il était interdit de frapper sur la carrosserie. Je voulais qu’on me laisse seule, qu’on me fiche la paix, qu’on ne m’aide pas. Je voulais qu’on ne me dicte pas la conduite à avoir, ni même ce que je devais penser ou faire au risque de me voir mordre. J’étais profondément mauvaise. Et cela, juste trois jours après Halloween. J’étais d’une humeur exécrable, un rien donnait envie de me morfondre ou de m’énervait au plus au point. Chaque tâche de la vie quotidienne me semblait, pour le moins, insurmontable. Je me renfermais malgré moi dans une bulle où il n’y avait que vide, creux, inconnu, ennui, lassitude et grisaille. Habitante fidèle de Miami, je devrai pourtant être une fille du soleil, de la chaleur. Mais là, je grelottais à même mes pulls. J’étais pris de spasmes brûlants et pourtant, j’avais terriblement froid. J’étais gelée de partout, mais surtout dans l’esprit. Je marchais alors d’un pas rapide vers ma voiture, décrétant que Beth n’avait pas mérité le plaisir que je la raccompagne jusqu’à chez elle, profitant ainsi du confort de mon engin, de son réchauffement et de sa radio. Je voulais bien lui faire comprendre que je n’étais pas à son service, que je n’avais pas besoin d’une quelconque aide venant d’une tierce personne. Que mes frères s’inquiètent et tentent de savoir ce qu’il se passe, d’accord. J’étais déjà blasée dès que j’en voyais un des deux s’approcher mais je gardais mon calme, répondant d’un air vague et limité avant d’aller me réfugier dans ma chambre. Malheureusement pour les autres, j’étais beaucoup indulgente avec eux. J’étais sauvage, voulant protéger mon propre terrain, mon propre jardin secret, ma propre vie. C’était trop facile d’écouter. De dire qu’on pouvait nous aider. Mais se confier et croire à ces paroles, c’était beaucoup plus difficile que ce que l’on pensait. Surtout pour une fille comme moi, qui pouvait avoir de sacrés problèmes quand il s’agit de se confier. Contrairement à certains, je n’avais pas pour habitude de mettre la musique quand je rentrais dans ma voiture. Le simple fait d’entendre le moteur ronronnait me réchauffait un peu le cœur, tout en me permettant de me vider un peu l’esprit. La solitude, je m’y faisais de jour en jour. J’ai assez supporté la solitude pour qu’elle m’accepte enfin sans me poser de contraintes. Et qu’on avait ce besoin irréversible d’être seule, d’avoir le droit à quelques instants de solitude, on finissait par rejeter toute personne tentant la communication avec vous. La solitude vous prenait par minute, par heure et enfin par jour. Je ne jette aucun regard à mon amie, qui semblait téléphoner un de ses nouveaux amis, certainement, en guise de rescousse, alors que je me lançais sur la route. Oui, il y a des jours, comme cela, où je me maudirai bien. Mais il y a aussi des jours où je maudirai la population entière, surtout et sauf l’auteur du crime.

« Si je ressemble autant à Carson, que fais-tu en ma compagnie ? & mes sources proviennent de photos. Une jeune femme - tout à fait resplendissante et souriante - à moitié dénudée. » Victoria baissa la tête, sans savoir comment réagir. Elle voulait juste lui faire comprendre qu’il ne devait pas devenir Esteban Carson. Qu’elle ne voulait pas perdre ce qui faisait de lui une personne hors du commun. Devenir Esteban Carson serait la chose la plus pathétique à faire. Bien sûr, il était connu et reconnu pour avoir un plaisir de la chair plus grand que n’importe quoi d’autre – même si Victoria pouvait noter aussi une tendre affection quant à la bière. Mais des types comme Esteban Carson, il y en avait à tous les coins de rue. Evidemment, elle savait que Neal n’était pas un modèle de vertu, ni totalement innocent. Il n’était pas blanc comme neige, il avait aussi ses défauts, ses faiblesses, ses lacunes et certainement un jardin privé qu’il prenait soin de conserver. Et puis, par-dessus tout, c’était un homme. L’étudiante n’ignorait pas le penchant des hommes quand il s’agissait de se faire plaisir. Neal n’était pas une exception, déjà à leur époque. Il avait toujours été un garçon charmeur. Elle l’avait toujours vu comme cela, tellement longtemps qu’il lui semblait que ça paraissait naturel, chez lui. Ce n’était pas le cas d’Esteban Carson. Et, aussi stupide que cela pouvait être, la jeune fille ne voulait pas que Neal est une réputation similaire à cet idiot. D’abord, parce que le jeune Rowlands n’était pas comme ça. Elle l’avait assez connu pour savoir qu’il était un minimum respectueux envers les filles. Il méritait mieux qu’une réputation de coureur de jupons. Ce n’était peut-être pas son but à lui, de se nettoyer de toute trace noire, mais Victoria ne pourrait le supporter. Les mauvaises langues pouvaient se montrer tellement mauvaises, tellement faciles à délier, ici, à Ocean Grove, que les étiquettes étaient vite collées. Mais ça, Neal le savait assez. Cependant, elle ne pouvait s’empêcher de vouloir hurler contre ces personnes qui ne savaient rien, qui ne connaissaient rien et qui parlaient pour ne rien dire. Ces personnes qui n’avaient rien d’autre à faire que de parler des autres au lieu de faire face à leurs propres soucis. Victoria s’était rendue compte qu’on en découvrait tout autant sans aller pêcher aux informations. Et ses oreilles trainantes sans le vouloir, elle avait pu entendre des réflexions qui n’avaient fait que la mettre en rogne un peu plus. Dieu qu’elle prendrait un malin plaisir de riposter, de clouer leur bec, de défendre le jeune homme sans qu’il ne le lui ait demandé. La jeune Blythe ne pouvait s’en empêcher ; c’était plus fort qu’elle. Elle avait toujours ce besoin irrévocable de défendre ceux qu’elle aimait. Mais qu’elle réagisse de façon foudroyante à quelques réflexions aurait donné encore plus matières à parler à ses langues de pie. Alors, elle tentait de conserver son calme, de les ignorer et de continuer sa route, même si cela n’était pas si facile à faire. Enfin, si elle s’entêtait à ne pas vouloir le voir comme un vulgaire de coureur de jupons, c’était aussi parce qu’elle ne voulait pas souffrir plus qu’elle ne l’était. Se l’imaginer dans les bras d’une autre était assez pénible sans, en plus, rajouter le fait que les voisins en rajoutent une couche et qu’elle se fasse des films juste à l’effondrer un peu plus. Peut-être que c’était égoïste mais elle n’avait pas envie de sombrer plus qu’elle ne l’était. Même si elle semblait ne pas se rendre compte de son état, c’était bien tout le contraire qui arrivait. Victoria avait prit cette habitude de faire ce bilan quotidien, le soir, quand elle n’arrivait ou ne voulait pas dormir. C’était sûrement un moyen comme un autre de tenter de régler les problèmes. Mais elle n’y arrivait pas. Elle avait beau réfléchir, écrire, méditer, penser, rien n’y faisait. Elle restait toujours devant ce mur vide, sans aucune porte de secours à l’horizon. La plupart du temps, elle ressemblait plus à une espèce de loque qu’à une jeune étudiante. Par bonheur, elle n’avait pas énormément d’amis, à la faculté. Ce qui était plutôt appréciable comme vous n’avez qu’une envie : celle de rester seule. Elle se plaisait à rester en haut des amphithéâtres, fatiguée comme jamais et tentant vainement de suivre le cours. Mais c’était peine perdue. Tout ce qu’elle était capable de faire, c’était de gribouiller des symboles sur sa feuille ou de tout simplement s’endormir. Ce comportement aurait pu l’alarmer quant à ses études. Elle qui avait l’air toujours à cheval sur ça, à toujours rendre les devoirs à temps – voire même en avance, à en apprendre toujours plus et à déballer son savoir jusqu’au bout, au risque d’agacer ses camarades. Cependant, depuis deux mois, tout ceci lui passait au-dessus de la tête. Victoria se laissait tout simplement aller. Peut-être avait-elle trop confiance en ses capacités naturelles – entre autre, la rapidité de compréhension et d’apprentissage. Peut-être qu’elle se surestimait sur ce plan là. Si seulement elle pouvait avoir plus confiance en elle sur d’autres domaines. Avec Neal, par exemple. Lui, il semblait assez sûr de ses paroles, ne laissant pas place au hasard ou à l’hésitation. Il avait certainement cette assurance qu’elle ne possédait pas – ou à moins qu’il cachait fortement bien son jeu. Mais ce ne serait pas étonnant ; elle savait que Neal avait toujours été droit et carré dans ses idéaux, ses objectifs. Il dégageait une assurance à en faire rager plus d’un. Certains pourraient même ne pas comprendre comment il faisait pour se regarder dans la glace, tous les matins. Mais Victoria n’oubliait pas qu’elle l’avait aussi connu dans des moments de faiblesse. Ces moments étaient rares mais c’était ce qui permettait à l’étudiante d’être une des rares du quartier à ne pas le voir comme une bête de foire ou un type qui joue de ses poings avec une méchanceté sans faille. Elle ne l’avait jamais vu sous cet angle-là, de toute façon. Qu’importe ce qu’on a pu lui dire, ce qu’on a pu lui faire croire. Dans sa tête, Neal avait toujours été là pour elle, toujours à l’aider, à la conseiller, à l’écouter, à la supporter. Bien sûr qu’elle l’avait maudit. Bien sûr qu’elle l’avait détesté. Mais tout ceci n’avait été que façade. Certainement que c’était causé par la tendresse qu’elle avait vis-à-vis de lui. Il n’y avait pas d’autres explications.

« Hailey Caldwell ?! Laisse tomber, ça ne m‘intéresse même pas de le savoir ! » Victoria arqua un sourcil, malgré le fait que Neal ne pouvait le voir. A vrai dire, elle ne savait même pas pourquoi elle était surprise qu’il réagisse de la sorte. Quoiqu’un peu alcoolisée, la jeune Blythe se souvient exactement de sa soirée avec Hailey, au Parkwest. Le même soir où Hailey a cru bon de vouloir cracher tout son venin sur le jeune Rowlands. Exactement comment d’autres avaient fait auparavant, il y a sept ans de cela. Victoria avait pu alors prendre connaissance de l’animosité que son amie – considérée maintenant comme proche et importante à ses yeux – avait vis-à-vis de celui qu’elle semblait tenir plus que n’importe qui d’autre. Mais peut-être qu’elle doutait encore quant à l’approche de Neal envers Hailey. Maintenant, elle était fixée. Et ça lui faisait encore un peu plus mal. Un peu comme quand Rhys a croisé le trajet du jeune homme, juste après qu’elle-même l’ait revu. C’était un fichu cercle vicieux où chacun tentait de dénigrer l’autre pour gagner en estime. La jeune blonde se sentait comme prise entre deux feux. Et même si Rhys lui avait accordé une sorte de bénédiction, il y a trois mois de cela, elle savait qu’il n’allait pas forcément voir d’un bon œil si sa sœur se remettait à fréquenter Neal. Elle se doutait aussi qu’elle ne pourra jamais faire tenir ces trois personnes dans une même pièce, au risque de voir se dérouler une guerre prochaine de piques et de paroles assassines. Mais elle ne comptait pas faire une croix sur l’un pour être avec l’autre. Elle avait la liberté de faire ce qu’elle voulait et avec qui. Peut-être que Rhys, Neal ou Hailey n’aimeraient guère les choses mais elle s’en fichait. La jeune blonde tenait bien trop aux trois pour se laisser désabuser par quelques quiproquos qui ne la concernaient pas – ou pas forcément. Victoria laissa retomber son poing formé qui était sur sa bouche d’un geste las tout en posant mollement sa tête sur la poutre du porche, ne se décidant pas à se retourner. Elle ignorait si c’était par pure lâcheté ou si c’était pour éviter de voir Neal comme elle ne veut pas le voir. Irrité, agacé, énervé et tendu. Même si elle l’avait déjà vu comme cela – voire même pire – Victoria n’a jamais été habituée à ce qu’il se comporte de la sorte envers elle. Mais comment pouvait rester de marbre alors qu’elle lui montrait clairement qu’elle avait changé ? Enfin de compte, pour la première fois en sept ans, elle se rendit compte des changements qu’elle avait obtempéré sans vraiment sans rendre compte. Cela ne serait pas étonnant que Neal ne la reconnaisse plus.

« Tu ferais mieux de retourner voir ta nouvelle meilleure amie… Et de me laisser m‘enterrer ici à petit feu. » L’étudiante eut un haut de cœur. Elle n’avait certainement pas mesuré les conséquences de sa venue ici. Peut-être parce que, dans son plan de base, elle n’avait pas prévu que Neal la retienne. Peut-être parce qu’elle n’avait pas pensé qu’elle le piquerait autant à vif, en même temps qu’elle-même. Mais, dans un sens, certainement qu’elle avait espéré qu’il la retienne. C’était une façon pour elle de se rassurer, de voir que quoiqu’elle fasse, quoiqu’elle dise, il réagira. Comme si une once de réaction lui permettait d’assurer qu’il tenait toujours à elle. Après tout, après ce qu’ils avaient vécu le soir d’Halloween, elle pouvait avoir une espèce d’espoir qui n’attendait que satisfaction. Aussi, c’était pour ça que la jeune blonde sentit son cœur au bord des lèvres. La façon dont il avait murmuré cette phrase, elle n’avait même pas besoin de se retourner pour savoir qu’il pouvait être mal à l’idée qu’il avait pu être remplacé. Naturellement, quand il est partit, la jeune demoiselle s’est d’abord renfermée sur elle. Evidemment, elle avait Lullaby pour la soutenir. Mais leur trois années d’écart s’étaient plus soulignés à cette période que n’importe quand. Victoria refusant tout bonnement les diverses activités, la jeune Walkers a légèrement baissé les bras durant un moment, laissant ainsi sa meilleure amie seule. Mais finalement, c’était pour mieux revenir à la charge et ne pas lâcher prise, cette fois-ci. Mais les rapports qu’elle avait avec Lullaby et ceux avec Neal n’étaient radicalement pas pareilles. Avec Lully, elle avait plus l’impression d’être la plus mature, plus posée que son amie. Alors qu’avec Neal, elle n’hésitait absolument pas à geindre pour de faux, rien que pour avoir le plaisir de voir la mine inquiète ou désespérée du garçon et pouvoir être un peu plus blottit contre lui en guise de pseudo réconciliation. C’était clairement la nuit et le jour. Aussi, avec Hailey, ce n’était pas forcément pareil. Victoria ignorait si elle élevait la jeune femme au statut de meilleures amies – après tout, même si on avait l’impression qu’elles se connaissent depuis une éternité, elles ne se sont rencontrées qu’il y a environ six mois. La jeune Blythe ne pouvait pas dire qu’elle était sa meilleure amie. Importante, irremplaçable, unique dans son genre mais pas meilleure amie. Leur relation était bien trop naissante, bien trop nouvelle pour qu’elle puisse mettre ce terme-là. Enfin, Victoria trouvait cela injuste, dans son fort intérieur, que Neal plaide le rôle de victime. Elle avait l’impression nette qu’il essayait de la faire culpabilisé, de la rendre coupable d’un crime qu’elle n’avait pas commis. Juste histoire à ce qu’elle se renfrogne un peu plus. Pensait-il l’éloigner un peu plus de lui en agissant ainsi ? Limite s’il ne réussissait pas. Mais elle tenu bon. Malgré une partie d’elle-même qui lui criait de partir, elle ne le fit pas. Elle n’en avait pas envie. Victoria en avait plus qu’assez de tourner en rond, de ne pas trouver de réponses à ses interrogations, d’être sans cesse dans le doute et de se voir à chaque fois déçue. Ses yeux se levèrent vers le ciel, où de la pluie venait de s’y extraire pour tomber à même sur sa tête. S’étant légèrement avancée, la jeune fille ne fit cependant rien pour améliorer son cas. L’avantage de la pluie était certainement que les gens ne trainaient guère longtemps devant chez eux. Rapidement, des bruits de claquement de porte ou de grincement de pneus se firent entendre, laissant place à une quasi désertification des environs. « Plus rien ne te retiens ici, Victoria Blythe ! » Victoria ne bougea toujours pas. Statique sur place, le visage dénudé d’expression, elle n’en méditait pas moins sur les paroles du jeune homme. Ses lèvres restaient aussi closes que son corps, vide d’actions. Elle avait entendu quelques pas s’approcher puis la passer sans qu’elle ne dévie son regard sur le palier de la maison d’en face. L’étudiante était droite et raide, et ne bougea pas plus quand Neal emprunta alors le chemin inverse après avoir profité un peu de cette eau fraiche venant du ciel. Enfin, comme prise par une réaction soudaine, Victoria eut un air soucieux, limite paniqué, avant de se retourner vivement.

Si. Toi.

Sa voix était précipitée pour le peu de mots qu’elle avait prononcé, tandis qu’elle avait reculé d’une marche. On aurait aussi presque dit qu’elle venait d’annoncer une évidence. La jeune fille ne voulait pas qu’il parte. Pas maintenant. Même si leur conversation n’était pas forcément des plus agréables, Victoria tenait à ce qu’il reste. Elle observa longuement le dos du jeune homme, la respiration saccadée, comme si prononcer ces deux et simples mots avaient été un véritable effort pour elle. Ce qui était vrai. Même si elle les avait prononcé de façon spontanée et précipitée, ce n’était qu’un moyen pour le retenir. Et cela semblait avoir fonctionné. Neal ne retourna pas plus, et Victoria devina qu’il attendait à ce qu’elle en dise plus. Elle déglutit légèrement, une pression au cœur et un nœud à l’estomac. Voilà qu’elle se retrouvait sous la flotte à méditer à ses prochaines paroles à envoyer à Neal Rowlands. Tout ceci pour tenter d’attraper encore quelques minutes en sa compagnie. Alors que, il n’y a encore pas si longtemps, elle le fuyait comme la peste. Mais peut-être que sa dose de patience et de compréhension envers les promesses de Neal commençait sérieusement à diminuer. Et là, nous pouvions même assurer qu’elle était égale à zéro. Elle resta un moment en bas de l’escalier, ses cheveux et ses vêtements commençant sérieusement à prendre l’eau. Elle pouvait attraper une angine juste après qu’elle s’en fichait. Enfin, Victoria remonta lentement les marches, les mains liées entre elles.

Ecoutes, Neal... J’ignore ce qu’on a pu te faire croire. J’ignore ce que tu penses. J’ignore même jusqu’à l’existence de ces photos.

Elle avait parlé de façon calme et claire, et pourtant, sa voix avait quelques défaillances. Elle s’arrêta à mi-chemin, comme pour tenter de voir si Neal allait réagir, se retourner ou/et se mettre à parler. Mais rien ne se fit. Tout comme elle quelques secondes auparavant, il restait de dos. L’étudiante se mordilla légèrement la lèvre, ne se sentant absolument dans son élément. Déjà, avec Gabriel d’une part et Dakota de l’autre, elle n’avait pas été à son aise. Avec les deux autres, elle s’était sentie cruellement gênée et plutôt mal. Mais là, ce n’était ni le sénateur ni le jeune Wayhne. C’était Neal. Et c’était certainement encore plus flippant, encore plus étrange, encore plus bizarre et encore plus effrayant que tous les hommes de la ville réunis. A lui seul, il arrivait à la mettre dans des états pas possibles. Elle se croyait forte mais elle avait juste l’impression d’être misérable, à ses yeux. D’être encore cette gamine qu’elle avait été. Et même si elle aurait aimé rester comme cette enfant, Victoria voulait aussi lui démontrer qu’elle avait changé, et cela, que ça lui plaise ou non. Bien sûr, retomber dans l’enfance à ses côtés serait une chose quasiment naturelle. Et certainement qu’elle ne ferrait pas attention. Mais elle ne voulait pas qu’il l’abandonne, qu’il la lâche au moindre comportement, au moindre geste qu’elle pouvait avoir et qu’il n’approuverait pas. Le visage légèrement tiré par des traits de nostalgie et parsemé de gouttelettes d’eau, l’étudiante reprit son trajet pour ensuite se retrouver dos à la porte, droite comme un piquet, et les yeux dans ceux de Neal.

Mais... elle prit une légère inspiration. Si tu tombes, je tomberai avec toi.

« Comme si cela n’était pas déjà fait » pensa-t-elle amèrement. Victoria dériva le regard, comme si cet aveu lui avait prit des difficultés à être prononcer. Ce qui était le cas. La jeune blonde avait exercé un véritable effort sur elle pour dire cela, tout en le regardant. Pour le coup, elle ne savait plus où se mettre. Si seulement elle était partie quand elle en avait eut l’occasion. Mais non. Il fallait qu’elle pousse le bouchon plus loin, qu’elle actionne un peu plus le couteau dans la plaie et qu’elle se foute elle-même dans des situations inconfortables. Victoria fourra alors ses mains dans ses poches, se sentait pire qu’inutile que stupide, l’air renfrogné. Non pas envers Neal mais tout simplement envers elle-même. Enfin, l’étudiante tenta un dernier regard sur Neal. Un regard qui, elle l’espérait, la ferait passer pour autre chose qu’une idiote finie.

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Message(#) Sujet: Re: ROWLANDS' HOUSE | After the calm, the storm comes. (ended) Sam 5 Déc 2009 - 17:58

    Oui bien évidemment qu’il était jaloux. Il a souvent été bien trop protecteur envers elle pour la laisser faire ‘amie amie’ avec une peste. Bien sur qu’il n’avait jamais aimé Hailey. Et si il aurait pu tirer son coup avec elle, il se serait conduit comme avec n’importe quelle autre femme et l’aurait larguée aussitôt. D’ailleurs avec le recul, il voudrait presque la remercier de n’avoir jamais flanché, parce qu’il l’aurait regretter. Vous l’avez compris, cette femme est à ses yeux le démon en personne, celle sur qui, il refoule ses moindres humeurs noirs. Celle qui se fait passer pour la bête noire à ses yeux. Et il ne remercierais jamais assez Goldie de participer à ce genre de coup bas que tout deux s’amusent à exploiter sur la ‘pauvre’ Caldwell. Il pourrait presque avoir des remords si elle ne s’était pas montrée si peste en son égard. Et rien ne serait pour arranger les choses dans le futur. Il en appréciait d’ailleurs presque cette haine qui s’était accumulée entre eux deux. Et il arrivait fréquemment qu’il en rigolait avec Goldie alors qu’ils tentaient de se mettre en situation si un jour Victoria l’invitait chez elle et que la présence de l’autre gourdasse y était. Il s’imaginait aussi une bagarre avec Rhys - qui ne supportera probablement pas les illuminations de Neal. Ce qui le rendait encore plus insistant et peut-être aussi prétentieux qu’il n’y paraissait. Neal aime provoquer, aime se faire remarquer, aime se battre et chercher son adversaire sur n’importe quel terrain qu’il soit. Et si Rhys et Hailey s’estiment plus fort parce qu’ils sont deux - ce n’est certainement pas ça qui arrêtera le beau brun dans sa démarche. Mais il n’était pas assez stupide pour demander à Victoria de choisir - il savait de toute façon qu’elle ne choisirait probablement pas. Histoire juste de s’affirmer un peu plus et de faire chier son petit monde. Et puis, il était prêt à accepter Rhys dans sa famille, ou plutôt de se faire accepter dans celle des Blythe. Mais certainement pas Hailey, après tout elle était autant une pièce rattachée que Neal, elle avait donc plutôt intérêt de se la fermer si elle ne voulait pas un tout nouveau jolie portrait gratuit !

        FLASH BACK | NOVEMBRE 2009
        C’était un jour comme un autre - un jour de plus loin du bout en train. Et Neal voyait de plus en plus la brume se rapprochait, n’arrivant plus à identifier le bien du mal. Elle avait réussie à le rendre distant, voir muet en l’espace de quelques heures - juste le temps de se mettre en tête qu’il l’avait larguée. Il était parti avec son masque en main, laissant claquer la porte du manoir derrière son passage sans avoir une once de remord. Parce que ce soir là, tout lui semblait logique. Au point qu’au jour d’aujourd’hui, il ne savait même plus si il avait eu raison de la repousser. Couché sur son lit, il était pensif. A quoi pouvait bien penser cet homme ? A ce qui se serait passé cette nuit, si ils seraient allés jusqu’au bout. Était-il possible de concevoir qu’il est une seconde chance alors qu‘il en avait eu déjà la possibilité ? Pourquoi s’était il précipité dehors alors qu’il aurait pu - et du - rester ?! Beaucoup de questions qui le perturbaient, très peu de réponses - pour ainsi dire aucune. Il ne s’en voulait pas tant que ça, il n’en trouvait pas la force de toute manière. Et puis il n’est pas un homme qui a des tendances à regretter. Mais tout lui semblait différent. Et flou. Il avait beau se retourner plusieurs fois la scène devant ses yeux, il ne s’imaginait pas devoir lui faire face le lendemain, après avoir profité d’elle. Il n’a jamais été un homme comme ça. Et si la demoiselle était saoule, lui l’était généralement aussi. Mais il n’imposait pas de coucher avec une femme - n’importe laquelle qu’elle soit ! - si elle avait trop bu et pas lui. Il avait cette impression de voir une ombre constamment avec lui, mais n’arrivait jamais à percevoir ses formes, ou à entendre sa voix. Juste il l’apercevait au loin et elle disparaissait dès qu’il n’était plus seul. Hors, ses derniers temps, il était pratiquement dans son coin, à réfléchir, à se lamenter. Peut-être étais-ce pour cette raison qu’il s’en était rendu compte, et pourtant, il n’était pas contraint à vouloir la fuir ou à avoir peur. A ce moment même, il avait dessiner le portrait de Victoria couchée sur le lit avec à ses côtés et se tenant d‘une droiture tracée à la perfection, une silhouette d‘un homme - lui semblait-il - avec comme seule parole, qu‘il promettait de ne plus s‘approcher d‘elle. Et c’était à peu de choses prêt ce qu’il lui avait dis ce soir là. La porte de sa chambre s’ouvrit timidement, alors que la silhouette de Tabitha apparue. Cette fois-ci, c’était une vraie forme, et pas son imagination qui le faisait totalement déliré. Haute comme trois pommes, elle dépassait Neal d’une tête, alors qu’il était encore assis sur son lit. La jeune femme se laissa tomber à ses côtés, le poussant fermement, d’un air taquin. Ses yeux étaient d’une extrême douceur et sa main vînt entourer celle du jeune homme, le réconfortant. Elle avait des mains froides et Neal en avait déduit qu’elle venait de dehors. Les siennes étaient chaudes et réchauffer celles de la jeune femme inconsciemment. Elle ressentait sa peine et son malheur. Pourtant elle était persuadée que la seule lui causant son malheur n’était autre que sa fiancée : Adonia Salvator. Et elle était à mille lieux de connaître la vérité. Et elle ne la connaîtras probablement bien trop tard pour pouvoir tenter quoi que ce soit. La jeune femme s’était calfeutrée contre Neal, avec un album photo en possession. Malgré qu’il soit ailleurs, il jetait de bref coup d’œil à cet album, retraçant quelques rares bonhommes de leurs familles, ainsi que la tendre enfance de la jeune Tabitha. Enfin une voix masculine - celle de Lincoln - retentit dans les escaliers, et il semblait les appeler. Ils se levèrent d’un bond, pourtant Neal n’était pas très entrain mais qu’importe. Ils avaient - tous les quatre avec Nuala - décidaient de se rendre sur la plage.
        « T’es t’il arrivé de douté ? Neal grimaça alors que ses mains jouaient sur son pantalon, tel si il était nerveux, non attends, j’ai mal formuler ma question. Réellement douté, au point de regretter ? »
        Assis sur le sable, il avait retiré ses chaussures et laissait ses pieds vagabonder sur le sable. Ses mains derrière son dos le soutenait, alors que son regard se perdait dans l’infinité d’eau qui se tenait devant leurs yeux, d’un bleu profond. Il avait soupiré probablement trois fois avant de finir sa phrase, probablement incertain et hésitant à parler. Seul avec Tabby, elle le connaissait après tout suffisamment pour pouvoir lui répondre. Et pourtant, elle-même n’en savait rien. Côté amour, elle avait tout foirée. Leurs passées les rapprochaient plus que quiconque pourrait s’imaginer. A la différence qu’elle était tombée amoureuse du garçon qu’elle semblait avoir repoussé durant des mois. Cet homme avait été le promis de la jeune femme, alors que Neal avait renoncé à sa famille pour ne pas se retrouver dans la même situation que Lincoln. Finalement elle s’attachait peut-être trop vite aux gens l’entourant. C’était ce qu’en avait déduis Neal, l’intouchable. Et pourtant… Il y avait bien évidemment quelques rares personnes sur la plage, notamment des gamins jouant au volley non loin d’eux ou encore ce couple de retraités paisible en regardant les mômes jouaient. Peut-être se souvenaient-ils eux même de leurs enfances comme si c’était hier. Avant que Tabby ne prenne la parole, Neal poursuivit - autant qu’il s’enfonce encore plus !
        « Je ne sais pas si on peut revenir en arrière. Et je ne sais pas si elle m‘en laissera la possibilité… »
        ‘‘ Je ne peux pas te répondre, Neal. Je ne pense pas être bien placé pour donner ce genre de conseil mais du peu que je la connaisse, elle te pardonnera certainement… Elle posa sa main sur celle du jeune homme en le fixant, avec un sourire au coin des lèvres. ’’
        A cet instant, Neal fronça ses sourcils. Elle parlait étrangement comme si elle connaissait la personne, comme si elle l’avait déjà aperçu. Peut-être qu’il lui avait montré, ou peut-être qu’elle avait entendu son prénom quand il dormait. Pourtant, il n’en baissa néanmoins pas la garde. Il se leva alors et commençait à partir, quand il se retourna vers Tabitha qui avait les yeux rivés sur l’océan.
        « Tabby… La jeune femme releva son regard vers lui, avant qu’il poursuive, je ne parlais pas d‘Adonia. »
        Et il se retourna une dernière fois, regardant en face de lui. Ses pas n’avaient plus vraiment de valeurs à ses yeux, tant qu’il faisait autre chose que de s’asseoir. Ce fût pour cette raison qu’il s’était levé précipitamment, alors que Lincoln rejoignait la voiture avec sa fiancée, pendant que Tabitha activa le pas pour rattraper Neal. Sur tout le long du trajet jusqu’à la voiture, ils étaient restés silencieux. Et Neal avait apprécié qu’elle ne rajoute rien à ce qu’il lui avait confié, il savait qu’elle était une personne de confiance. Mais n’empêche que la dernière phrase de son cousin lui trottait dans son cerveau et oui, elle pouvait le dire : elle était curieuse de savoir de qui il pouvait parler. Quelle genre de femme arriverait à faire craquer Neal Rowlands et le rendre dans cet état monstrueux ? Plutôt une grande brune, maigre à en couper le souffle, sportive et intellectuelle ? Ou alors une petite blonde, avide de curiosité et de fraîcheur ? Ou encore une rouquine avec de longs cheveux soyeux, extrêmement rigolote et extravertie, qui n’aurait pas sa langue dans sa poche ? Tabby pour être honnête n’en savait rien, mais elle avait beaucoup d’imagination, - au point d’en faire le tri pendant le long parcours jusqu’à la maison. Lincoln et Nuala la fiancée avaient préférés discutés dans leurs coins. Alors que Neal était reparti à pied sur la plage - préférant faire un dernier petit tour avant de rentrer chez lui. Il s’arrêta un court instant, en restant immobile, il fixait la mer et se laisser bercer par le bruit des vagues. Il laissait ses cheveux volaient dans le vent, les mains dans les poches. Le soleil lui tapait à peine sur sa peau, lui donnant un minimum de couleur sans toutefois l’agresser. Et il remonta tout le long des rochers, pour rejoindre les dunes - où un arbre l’attendait. Leurs arbres, celui ayant vécu une partie de l’histoire. Il s’était d’ailleurs figé en le fixant, inconsciemment bien sur qu’il en gardait des souvenirs. Et puis ce n’était pas n’importe quel arbre, Victoria & lui-même n’avaient pas gravés leurs initiales sur le premier venu. Non c’était celui qui était au fin fond, un arbre qui semblait abandonné de toute population. Ils avaient toujours étés tranquille quand ils y étaient. Et ils pouvaient restés des heures à parler, se chamailler, rire. Si cet arbre avait des oreilles, et une bouche - il pourrait en raconter des belles et des pas mûres. Et pourtant, Neal s’était toujours senti en sécurité, ici même. Il s’approcha lentement, pour se laisser glisser le long de l’arbre - recroquevillé sur lui-même. Le visage entre ses bras, ses genoux appuyé sur son ventre - son esprit était aussi vide que son cœur. Et il ne comptait pas les minutes qu’il était resté dans cette position, à se blâmer pour chacun de ses gestes.


    ‘‘ Si. Toi ’’ Neal ne releva pas son regard vers elle, toutefois il laissa sa main retombait contre lui. Il n’était pas tant surpris que ça, finalement. Mais il ne savait pas quoi dire. Bien sur qu’il le savait, bien sur qu’elle gardait malgré tout une place importante à ses yeux. Mais il ne savait pas comment si prendre pour le lui avouer. Il avait probablement peur d’utiliser les mauvais mots et que l’effet la fasse plus reculer qu’autre chose. Il n’était probablement pas prêt à lui fournir l’amour qu’elle attendait d’un homme, peut-être ne serait-il jamais prêt. Il n’en savait rien. Il était doux et affectueux, un homme comme beaucoup de femmes aimerait - mais il lui manquait le naturel et l’insouciance. Se conduire ainsi avec une autre femme lui aurait été possible à coup sur - même si cela n’avait jamais traversé son esprit. Mais avec Victoria il voyait les choses différemment, il voyait les choses en grand. Dos tourné, il avait fixé la poignée et s’apprêtait à l’ouvrir. Pour peut-être refermer la porte à tout jamais. N’étais-ce finalement pas ce qui serait le meilleur à faire ? Enterrer sa tête dans n’importe quel objet, ou n’importe quelle histoire comme une autruche le ferait ? Avoir la capacité de devenir un caméléon n’était finalement pas une si mauvaise chose, on pouvait ainsi s’immiscer dans la vie des autres, pour éviter de regarder la sienne. On était juste spectateur. Seulement ce n’était pas Neal Rowlands, ça ! Il s’arrêta de marcher malgré tout, l’écoutant même si il ne lui faisait pas face. Sa main gauche se crispa bien davantage alors que la droite tenait la poignée qu’il ouvrait lentement. Il était tôt le matin et probablement que la maison était encore au repos. Enfin, il n’en savait strictement rien. Mais il longerait les murs pour passer inaperçu. Il ne dirait rien, ne respirerais que très lentement pour n’éveiller aucun soupçon et s’enfermerait dans sa chambre - refusant tout bonnement les futurs sorties, prétextant qu’il est malade. C’était ce qu’il avait de mieux à faire. Il laisserait des tonnes de dessins en guise d’un unique pardon. En guise de faux témoignages. ‘‘ Écoutes, Neal... J’ignore ce qu’on a pu te faire croire. J’ignore ce que tu penses. J’ignore même jusqu’à l’existence de ces photos. ’’ Que lui avait-on dis ? La stricte vérité. Ce qu‘il s‘était tue d‘ignorer pendant toutes ses années. Victoria n‘était qu‘une femme après tout, et comme sa mère - elle semblait lui ressembler. Neal avait peut-être tord de penser à un tel truc, qu’elle oserait trahir sa confiance, il n‘était de toute manière pas la victime dans l‘histoire. Mais se battre sans raison ne lui était plus possible. Se battre contre un mur lui était désormais invivable. Pourtant, la porte ouverte, il lâcha la poignée et sa main retomba avec lassitude contre son corps inerte. Il savait qu‘il avait bien mieux à faire que de rester sur la pas de la porte. Toutefois, il ne trouve aucune raison de bouger. Peut-être voulait-il en savoir plus, peut-être qu‘au fond, il ne voulait pas la laisser partir. Peut-être qu‘il l‘aimait trop pour tirer une croix définitive sur Victoria. ‘‘ Mais... Si tu tombes, je tomberai avec toi. ’’ Il était toujours près d’elle, alors qu’elle s’était dangereusement approchée. Elle se tenait droite devant lui et lui avait barré la route. Il n’avait rien vu venir et ne s’était pas même retourné vers elle quand il n’était que de dos. Il aurait presque voulu lui montrer la preuve de ses photos, peut-être pour qu’elle comprenne à son tour. Peut-être aussi pour qu’elle ouvre les yeux sur Carson et qu’elle ne lui prête plus aucune attention. Peut-être étais-ce qu’elle faisait, Neal n’en savait strictement rien. Pourtant, il devait de la mettre en garde, il se devait de la protéger. Et il ne laisserait jamais personne lui faire le moindre mal - et certainement pas Esteban Carson !

      « Je ne te laisserai jamais tombée, Victoria, avait-il poursuivi d‘une voix grave et douce. »

    Il avait parlé comme si c’était une évidence. A ses yeux, ça l’était. Il préférait lui-même tomber, emmener avec lui n’importe qui d’autre - mais très certainement pas elle. Alors peut-être que couper les ponts lui permettait d’être certain qu’ils ne tombera jamais avec elle. Peut-être même qu’il redoutait ce qu’il était devenu - et qu’en aucun cas il aimerait lui montrer cette faiblesse - si rare chez lui. Pas même dans le Michigan, il s’était senti si seul, peut-être parce qu’il avait gardé le sourire extérieurement, pour au moins ne pas perdre la bataille face à sa famille. Surtout Andreï qui voulait le voir détruit, alors il avait été obligé de se battre jusqu’au bout, obligé d’être heureux dans un monde où il avait perdu foi. Mais surtout cette peine était différente. Cette fois-ci, elle concernait directement Victoria. Aujourd’hui même, il avait goûté au vrai bonheur qu’on lui retira bien vite. Probablement le plus dur était de se dire, qu’il se l’était retiré. Neal avait été probablement bête cette nuit la, et pourtant malgré tout, il n’y trouvait qu’un réconfort : celui d’avoir enfin prit conscience qu’il ne devait plus chercher ailleurs. Il ne trouvait aucun besoin à aller voir ailleurs, à goûter à d’autres plaisirs. Il savait parfaitement que c’était le meilleur depuis de nombreuses années, qu’il s’était paru revivre dans un monde où il existait déjà. Et si à chaque fois, il ressentait cette flamme soudaine - il ne pourrait demander mieux. Il avait eu l’impression que tout ce qu’il avait vécu auparavant n’avais plus de valeurs à ses yeux. Et qu’il ne devait plus laisser passer sa chance. Ce fût la raison pour laquelle il poussa Victoria à l’intérieur de la maison.

      « C‘est un peu le désordre. Tu m‘excuseras ce matin tu es arrivée comme une petite furie, j‘ai pas eu le temps de ranger les dernières affaires… Ajouta-t-il un brin souriant et taquin, en rentrant dans sa chambre, tiens, les v‘la. dit-il en lui lançant une enveloppe. »

    Il s’était dirigé jusque vers sa table de chevet, à la tête de son lit pour en extirper une enveloppe dans le tiroir. Elle n’était jamais très loin de lui, en faites. Il aurait pu - peut-être du ? - les jeter. Ses photos ont-elles réellement une valeur à ses yeux ? De savoir qu’elles provenaient de l’appareil photo de Carson, pas vraiment ! Et pourtant, il ne s’était pas résolu à les jeter. Il n’y était pas arrivé. Mais il estimait qu’il avait rendu son compte, en lui cassant sa voiture. Certes, il lui en voulait toujours, il lui en voudrait à vie mais pourtant il était passé à autre chose. En attendant la seconde bataille. Ils étaient après tout à égalité mais il y aura seulement un gagnant. Et en attendant, il ignorait complètement son ancien ami, comme si il n’existait pas. Et connaissant Esteban, ça l’embêtait plus qu’autre chose. Un peu le désordre ? Victoria pouvait bien sur en rire, pourtant Neal était d’un sérieux à rendre évidente sa phrase. Le lit était parfaitement bien fais et seul quelques dessins traînaient sur son bureau - dont celui retraçant Victoria couchée sur le lit et Neal se tenant droit devant elle, d’un air blafard. Il avait parfaitement illustré la situation qu’ils avaient vécus cette nuit d’Halloween - où on pouvait voir un dessins morose, remplis de tristesse. Si il avait perdu goût à la vie, il avait toujours ce don merveilleux de savoir si bien représenté ses personnages sur feuilles. C’était un bon dessinateur, voila tout. Une passion qui le suit depuis très jeune. Aucun CD ne traînaient, ou vêtement, DVD. Le ménage avait fais la veille, peut-être même le matin même tant aucune poussière n’était visible. Alors qu’il lâcha la main de la jeune femme, il s’était involontairement rapprochée d’elle. Ne se tenant qu’à quelques millimètres. A vrai dire, il ne se rendait pas tellement compte de son geste, ni de quoi que ce soit. Passant de la chaleur au froid, de l’énervement aux sourires. Il s’était peut-être fais prendre au piège. Victoria se mordilla la lèvre, alors qu’il fixa le regard verdâtre de son amie, passant son bras autour de son épaule. Si seulement il réalisait ce qu’il faisait, il s’éloignerait. Mais il semblait bien trop aimer souffrir pour ça. Baissant sa tête vers elle, soufflant de l’air chaud sur le visage de sa jeune amie, la porte s’ouvrit rapidement. Neal sursauta, en même temps que Victoria, avant de tourner son regard vers la personne en question, ne s’empêchant pas d’envoyer un regard noir. Pour finalement apercevoir Tabby, qui sous l’effet du choc fit un petit signe discret avant de refermer silencieusement la porte. A cet instant, il l’aurait maudit. Pourtant, tout deux reprirent leurs distances comme si rien ne s’était passé entre eux.

      « Ne fais pas attention, lui dit-il tout en se retournant entièrement vers Victoria, c‘est Tabitha Johnstone. Ma cousine, habitant ici depuis pas très longtemps. »

    Sa voix se voulait rassurante et à la fois pressée comme si il voulait changer de sujet de conversation. Neal avait souvent été dérangé ses derniers temps, car toute sa famille le savait assez mal et il trouvait un réconfort malsain à vouloir lui redonner envie de vivre. C’était pourquoi le jeune homme n’était jamais seul très longtemps même si c’était ce qu’il demandait. Entre Lincoln et Tabitha, il était convenu qu’ils restent un maximum de temps avec lui, quitte à se faire envoyer sur les roses. C’était du moins ce qu’avait pensé les premiers jours, son grand cousin. Mais pour une fois, il s’était trompé sur son compte. Et nullement, Neal le les envoyait chier. Au contraire, il avait courageusement supporté leurs présences. C’était pour eux à la fois excitant et inquiétant. De voir Neal Rowlands si peu bagarreur, indifférent à tout. Jamais, il n’avait cherché à défendre quiconque alors qu’en général, il était le premier à défendre ses rares amis. Même un jour, Nuala était venue se confier à Neal. Elle était rentrée forcément timidement dans cette chambre et avait pu constater qu’elle n’avait jamais été aussi bien rangé et propre que ce jour là. Elle lui avait confié en rigolant. Peut-être changeait-elle d’avis à son sujet ? Et si cela l’aurait fortement dérangé il y a quelques semaines, il voyait désormais la vie différemment. Ou peut-être, justement - ne la voyait-il plus ? Aller savoir… La jeune femme n’avait jamais été très à l’aise avec la compagnie de Neal, sans savoir pourquoi. Il ne lui avait jamais rien fais, tout comme elle ne lui avait jamais fais quelque chose aussi - mais c’était physique, ils ne s’aimaient pas. Si souvent, ils avaient étés habitués à s’envoyer des pics, que d’être désormais confronté à se parler sans hausser le ton, sans remballer son adversaire lui était impensable. Et pourtant la jeune femme avoua tout en souriant, presque gênée de devoir lui faire la remarque. ‘‘ J‘espère que tu ne comptes pas rester encore longtemps dans ce trou noir, Neal. J‘espère juste que tu retrouveras ta force et ton franc parlé ! ’’ Comme à son habitude, il avait les yeux rivés sur son lit. Pensif et complètement indifférent. Il n‘avait pas même souri ou hausser les épaules. En temps normal, il lui aurait renvoyer une bourrade, ou lui aurais simplement demandé de quitter sa chambre, sur un ton agacé. Prêt à lui envoyer la première pantoufle lui venant à disposition. Mais rien. Aucune réaction de sa part. Elle s‘était sentie affreusement gênée et frustrée. Ses doigts étaient enlacées nerveusement. Et son regard fixa le jeune homme sans réaction. Elle était peut-être déçu dans le fond. Mais il n‘a jamais pu se voir cette jeune femme, alors pourquoi prétendrait-elle qu‘il retrouve son sourire seulement avec sa présence ? Elle se leva sans bruit, le laissant dans un silence quasi fréquent chez lui. Attrapant la poignée de la porte dans sa main, elle se retourna une dernière fois vers Neal, avant de poursuivre.‘‘ Sinon, avec qui vais-je me déchirer ? ’’ Et Nuala était définitivement sortie de la chambre du jeune homme, quelque peu déçue. Pourtant, elle se doutait qu’il n’allait pas lui en dire plus. Qu’il n’allait ni rire, ni la remercier. Ni même lui jeter un regard ou la prendre dans ses bras. Rien de tout cela - finalement rien du tout. Et elle se disait que c’était peut-être mieux comme ça.

      « Victoria, c‘est à moi de me confier maintenant. J‘ai.. Osa-t-il demander, hésitant, j‘ai été stupide ce soir la, laisse-moi te donner ma version. Il baissa la tête, prit une respiration pour relever son regard vers celui de la demoiselle, je t‘ai simplement repoussée parce qu‘aucune fille ne m‘avait procuré ce sentiment instable, parce que c‘était la première fois que je vivais une telle passion. Et que tu avais bu - et moi non - je ne voulais pas avoir ça sur la conscience. »

    Il avait invitée la jeune femme à s’asseoir sur son lit, et s’était à son tour laisser tomber dessus. Mais ils étaient suffisamment loin l’un de l’autre pour que Neal puisse se confier plus facilement. C’était lui-même qui avait pris cette sage décision. Il aurait presque pu fermer sa chambre à clé pour ne pas être dérangé, mais à quoi bon ?! Si ils voulaient savoir, ils se posteront à coup sur derrière la porte pour connaître chaque détails. Surtout sachant les dernières situations que venait de vivre le jeune homme. Bien évidemment qu’il aurait pu éviter de se poser des questions, cette nuit la. Et couché avec elle sans y trouver aucun remord. Comme il le faisait si bien avec toutes les autres femmes et depuis de nombreuses années. Mais cela lui paraissait trop facile et il avait peur de tout gâcher avec la jeune femme. A y réfléchir, même sans coucher avec elle - il avait tout gâcher. Comme quoi, les femmes ne savent pas où elles ont mal !

      « Je ne veux pas coucher avec le sentiment de profiter des faiblesses des femmes. Surtout envers toi, Victoria. Il s’était posté vers la fenêtre et il regardait à travers la glace »

    Sa voix avait été d’une douceur infinie, et il avait enfin finis son aveu. Pourquoi avait-il osé le dire si directement ? Peut-être parce qu’il ne supportait pas qu’elle lui en veuille. Surtout quand il avait des explications à rendre. Surtout quand ça partait de son point de vu, d’un bon sentiment. Mais tout ce qu’il avait dis, il y croyait dur comme fer. Bien sur qu’il n’aurait pas profité d’elle, puisqu’elle était consentante. Et parce qu’elle le serait encore aujourd’hui probablement. Mais il n’aurait jamais réussi à se regarder dans une glace si il lui aurait fais le moindre mal. Peut-être s’était-il mal comporter, et Neal semblait avoir encore un long chemin d’apprentissage concernant une vie de couple, ou ne serait-ce seulement de sortir ‘officiellement’ avec une fille plus d‘une journée. Mais il voulait apprendre pour Victoria. Il voulait savoir, en connaître toujours avidement plus. Ses mains s’étaient camouflées dans ses poches, et sa respiration était profonde. Il n’avait jamais eu besoin de s’apitoyer sur son sort concernant ses éventuelles histoires d’amour : il y avait toujours au moins une fille pour coucher avec lui, durant un soir. Enfin, sans se retourner vers elle, il osa la regarder à travers la glace - où reflétait vaguement la silhouette de son amie.
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Message(#) Sujet: Re: ROWLANDS' HOUSE | After the calm, the storm comes. (ended) Dim 6 Déc 2009 - 22:04


WRITTEN IN 1999.

Grand-père a toujours voulu que les Blythe ne soient pas très démonstratifs quand il s’agissait de sentiments. Ainsi, je n’ai jamais vu mes grands-parents se tenir par la main. Mes parents, eux, étaient le contraire même de ce manque de sentiment. Je les espionnais souvent, quand ils étaient dans la cuisine, quand Papa tenait les hanches de Maman et qu’ils fredonnaient tous les deux devant le plat du soir qu’ils préparaient. Les repas avaient toujours eut un goût tendre, d’amour et d’affection. Mes parents s’aiment et nous aussi. Quand je voyais les gestes tendres qu’avaient Papa et Maman, je me dis que c’est beau. Ils sont beaux, tous les deux. Ils sont beaux parce qu’ils s’aiment. Je n’avais pas l’impression de leur gâcher leur plaisir en les regardant discrètement. Je voulais juste, moi aussi, un jour, connaitre la même chose que mes parents. Ils étaient le couple idéal. Uni, aimant, solidaire et parfait. Même moi, je le voyais qu’ils étaient faits l’un pour l’autre. Moi aussi, je veux qu’on est fait quelqu’un pour moi. Mais Maman m’a dit qu’il fallait être patiente. Elle, elle m’a dit qu’elle avait pas rencontré Papa avant ses vingt ans. Vingt ans... Je trouve cela loin, moi. Il me fait encore attendre douze ans avant de voir qui a été créé pour moi ? « Malheureusement, ma puce, ça peut être aussi plus long. Mais ça peut aussi être plus court. » m’avait-elle dit, tout en caressant mes cheveux. Ça m’inquiétait. Et si je n’étais faite pour personne ? Si personne n’était fait pour moi ? Je serai comme la tante Jil ? Vieille fille, seule, ne vivant qu’avec des canards et des coqs ? Je ne voulais pas rester seule toute ma vie. Je voulais avoir la même chose que mes parents. Je voulais qu’on me prenne aussi dans les bras, plus tard, qu’on me chuchote dans l’oreille – malheureusement, je sais pas encore ce que chuchotent mes parents. Papa a sourit et m’a dit « Tu as bien le temps d’y penser, ma chérie. » Et il était retourné à la lecture de son journal. Mais le temps paraissait long. Très long. Mais je n’avais rien d’autre à faire qu’attendre. Grand-père a toujours voulu que l’on soit minimaliste dans nos affections. Je comprenais mieux pourquoi Maât ou Rhys préféraient m’embêter plutôt que de me réconforter dans les moments où j’en aurai bien besoin. Mais bon, je n’avais pas besoin d’eux en guise de réconfort. Il y avait mon père et Neal, pour cela. Neal, c’est celui qui fait ce que mes frères devraient faire, normalement. Enfin, je pense. Il me défend, il me rassure, il me console et il me guide. Bon, il m’embête lui aussi. Mais je ne lui en veux pas parce que je fais la même chose. Il est certainement, et de loin, mon plus grand ami. Je suis sûre que, quand on sera des petits vieux, on s’amusera encore comme maintenant. Mais bon. Pour ça aussi, j’ai le temps d’y penser.

WRITTEN IN 2009

Je viens de relire mes écrits d’il y a dix ans. C’est assez drôle de voir que certaines choses ont changé et d’autres non. Moi, par exemple et en premier lieu. J’étais exactement devenue ce que notre grand-père voulait. Un simple mur sans vie à l’approche de sentiments. Malgré moi, il avait eut raison de moi. Je comprenais aussi mieux pourquoi j’avais tant de mal à dire ces trois mots difficiles. Et aussi, pourquoi je pouvais être mal à l’aise ou furax à l’idée de voir des couples amoureusement enlacés dans la rue, se nettoyant la bouche de façon répugnante. Oui, mon grand-père avait réussi son compte. Celui de ne rien montrer. Mais il ne nous avait jamais dit de ne pas en avoir – même si, avec le recul, je suppose qu’il aurait aimé qu’on en prenne de la graine. Mais il devait sûrement oublier qu’on était tous des êtres humains, et non des machines. On avait tout un cœur, une tête et de quoi respirer. Mais l’avantage de l’enseignement du grand-père avait été au moins, de ne pas se sentir trop déboussolé à l’arrivée d’instants intenses. J’avais ainsi acquis une capacité étonnante à me renfermer sur moi-même dès que je sentais le vent se lever. C’était quasiment instantané. Je ne pouvais m’en empêcher. J’avais grandi comme ça, je ne pouvais rien y changer. Et pourtant, dans le fond, ça m’était de plus en plus difficile de supporter cette carapace. Parfois, j’aimerai pouvoir me lâcher, dire ce que je pense à la personne concernée. Mais j’étais morte de trouille. Morte de trouille que ce ne soit pas réciproque, morte de trouille d’être ridicule, morte de trouille que ce soit aussi réciproque. Dans tous les cas, ça me terrifiait totalement. Je vois que j’avais toujours un certain espoir quant à l’amour. Ma foi, je pense que ce sujet est plus d’actualité que jamais, à l’heure actuelle. On nous avait toujours dit, voire même soupçonné d’être plus que des amis proches. A l’époque, je le voyais toujours comme mon ange gardien. Maintenant, je me rends compte que ces personnes n’avaient pas eut tord. Et qu’ils avaient tous mieux compris que nous deux. Et cela, depuis le début. Mais on était bien trop jeune. J’étais prise dans une spirale infernale. J’étais prise dans de grands tourments et uniquement à cause de mon grand-père. Que Dieu te maudisse, Archibald Blythe.

« Je ne te laisserai jamais tombée, Victoria. » Pourtant, aux yeux de la concernée, il l’avait fait, plus d’une fois. De façon inconsciente ou non, il l’avait fait tomber. Il l’avait lâché à maintes et maintes reprises, jusqu’à la mener à bout de force. Bien sûr, la douleur qu’elle avait ressentie lors de la perte de son père n’était pas comparable à celle subit suite au départ de Neal, la première fois. Mais le jeune Rowlands n’avait strictement rien fait pour arranger les choses. J‘ai appris pour ton père &… je suis désolé d‘avoir été absent. Elle était aussi désolée que lui. Après tout, elle n’avait pas eut grand monde autour d’elle pour tenter de la soutenir, de l’apaiser ou tout simplement de l’assister suite à ce choc brutal. Neal l’avait déjà lâché. Et aussi était-elle un peu septique quant à cette phrase. Elle tentait de prendre un minimum de recul, de faire parler sa rationalité plutôt que son côté un peu rêveur qui finissait toujours par lui faire un brutal atterrissage sur terre. Victoria ne démontrait peut-être qu’une certaine maturité, elle n’en restait pas moins une personne qui avait besoin, par moment, de s’échapper ailleurs pour tenter de rêvasser tranquillement d’un monde meilleur, d’un monde personnalisé et où tout irait parfaitement bien. Voire même trop bien. Même dans ses rêves secrets, la jeune Blythe ne pouvait s’empêcher de voir un nuage noir s’annoncer. C’était plus fort qu’elle, elle provoquait les problèmes. Avec ses défauts, elle en faisait craquer plus d’un et par le simple pouvoir de la parole. Et c’était une des grandes différences entre les deux jeunes personnes qui se faisaient face. Si Neal avait plus tendance de montrer une véritable âme de guerrier, Victoria était largement plus subtile et comptait souvent sur sa répartie ainsi que sa position de force pour régler ses problèmes. Mais ni l’un ni l’autre n’attaquait sans prendre connaissance du terrain. Victoria pouvait se montrer très sérieuse, très assidue dans ce domaine. Ne serait-ce que pour une simple broutille, elle serait capable de tenter le diable en personne. C’était certainement pour cela que Milla l’avait engagé. Avoir une personne comme Victoria à ses côtés, prête à se mouiller le maillot pour quelques services d’information, c’était toujours plus agréable et rassurant. Et tant que ceci est fait par une personne qui se montrait passionnée et motivée, c’était d’autant plus bénéfique pour tout le monde. La jeune fille ne put tout de même s’empêcher d’avoir été atteinte. Parallèlement, c’était certainement la meilleure chose qu’elle avait pu entendre durant ces deux derniers mois. La seule chose qui lui permettait, malgré le doute, de souffler un peu. Alors Victoria baissa les yeux, regardant leurs pieds avec un intérêt soudain, ne sachant pas exactement quoi répliquer. Mais elle n’eut pas à tenter de réfléchir excessivement longtemps puisqu’elle sentit qu’on la poussait doucement mais avec une certaine impatience à l’intérieur de la demeure. Son regard émeraude sillonna alors chaque coin et recoin qu’elle pouvait apercevoir du hall d’entrée. Mettre les pieds dans une maison inconnue alors que son habitant vous était carrément familier, c’était assez étrange. A l’époque, déjà, elle n’était pas entrée beaucoup de fois chez Neal, ce dernier préférant éviter les confrontations avec ses parents ou, pire, les railleries de son frère. Il avait toujours voulu la préserver loin de sa famille, aussi loin que possible et, à l’époque, la fillette n’avait rien dit. Mais à force de n’en savoir que trop peu sur la famille Rowlands, elle n’en restait pas moins aussi dépourvu. Mais elle n’eut pas le temps d’en découvrir d’avantages dans cette nouvelle demeure qu’elle voyait Neal emprunter l’escalier pour monter à l’étage. Couloirs, passage de portes, brefs regards sur les décorations sur les meubles et les murs avant d’arriver à destination. « C‘est un peu le désordre. Tu m‘excuseras ce matin tu es arrivée comme une petite furie, j‘ai pas eu le temps de ranger les dernières affaires… » Victoria ferma la porte derrière elle alors que Neal s’élançait déjà vers sa table de chevet.

On doit pas avoir la même notion du mot désordre. dit-elle, tout en fourrant ses mains dans poches.

« Tiens, les v‘la. » La tête entrée dans les épaules, elle observait non sans intérêt cette chambre, dont elle s’attendait à voir un certain désordre, selon ses propres mots. Seulement, elle n’avait jamais connu une chambre aussi bien rangée – enfin, peut-être si, celle de Maât. Mais cette apparence impeccable ne contrastait que trop avec le caractère du jeune homme. L’étudiante s’avança lentement, presque timidement, vers le centre de la pièce alors que Neal lui tendait une enveloppe, se rapprochant de nouveau d’elle. Elle se mit à garder subitement son regard sur l’écriture de l’adresse inscrite sur le papier, comme si elle hésitait à l’ouvrir. Elle n’avait réellement aucune idée du rapport Esteban/photos et elle avait presque peur de savoir qu’elle aurait pu perdre la mémoire le temps d’une soirée et lui laisser alors tout le bénéfice de profiter d’elle. Ses deux mains tenant fermement les preuves de sa, supposée, culpabilité, alors que son regard se leva vers Neal, qui s’était rapproché encore plus. Juste assez pour que leurs souffles se mélangent et qu’elle sentit son cœur s’activer comme un fou dans sa cage thoracique. Victoria ne bougea pas, le laissant venir à elle. Mais la porte s’ouvrant, les deux jeunes gens tournèrent la tête en même temps, pour voir le visage d’une jeune fille passée à travers l’objet. Victoria fronça des sourcils en la voyant avant de baisser la tête vers l’enveloppe alors que la porte se refermait presque instantanément. L’étudiante s’était aussi reculée d’un léger pas incertain. On aurait dit qu’ils venaient de se faire prendre, la main dans le sac aux sucreries appétissantes. Pourtant, Neal avait rompit le silence, comme si rien ne s’était passé. « Ne fais pas attention, c‘est Tabitha Johnstone. Ma cousine, habitant ici depuis pas très longtemps. » Alors qu’elle sentait son regard sur lui, Victoria avait reposé le sien sur l’enveloppe, s’amusant brièvement à la tourner et retourner entre ses doigts. Effectivement, cette Tabitha ne devait pas habiter ici depuis très longtemps. L’étudiante était bien connue pour être assez avenante envers les nouveaux venus, les nouvelles têtes du quartier. Quand bien même elle pouvait avoir une certaine réputation auprès des anciens de la ville, les nouveaux, eux, n’avaient jamais le temps d’en prendre connaissance que la jeune blonde leur soutirait déjà les informations de bases, le B.A.BA. Seulement, ces deux derniers mois, c’était plutôt silence radio. Elle n’avait plus cette foi, ni cette envie d’aller voir ses nouveaux voisins, ses futures victimes, ses nouvelles proies. Elle se réfugiait purement et simplement chez elle, en abandonnant cette activité dont elle prenait tant de plaisir à faire. Maintenant, elle n’y trouvait plus d’intérêt. Surtout après goûter à un terrain plus grand grâce à son travail à côté de Milla. Quand on vous envoie jouer les espionnes de luxe ou les couvertures de charme dans des grandes entreprises concurrentes, le quartier d’Ocean Grove vous paraissait purement et simplement ridicule. Et puis, quel intérêt trouvait-elle, finalement, à chercher et découvrir le secret des autres ? A part assouvir sa curiosité, qui pouvait devenir presque malsaine, que cela lui rapportait ? Pas grand-chose, au final. Le seul côté positif était certainement le fait qu’elle avait acquis un assez bon savoir et savoir-faire quand il s’agissait de recherches privées. Si elle n’avait pas été comme cela depuis quelques années maintenant, certainement qu’elle n’aurait jamais trouvé son travail auprès de Milla et serait certainement encore en train d’essuyer les tables du Blue Lagoon Bar. Elle avait eut un long apprentissage d’elle-même, qu’elle avait toujours prit comme une distraction. Mais elle n’avait trouvé aucun plaisir à cette distraction, ces deux derniers mois. De toute façon, elle n’avait même plus le goût de la nourriture, avait des difficultés à dormir ainsi qu’à se concentrer en cours. Certainement que, s’il n’y avait eut que Neal en cause, la jeune fille aurait pu remonter la pente plus facilement. Malheureusement, le jeune homme était loin d’être la seule cause à ce que ses frères avaient qualifié de dépression. Victoria trouvait le mot un peu fort, d’ailleurs. Peut-être qu’elle ne s’en rendait pas forcément compte. Après tout, c’était comme si un ivrogne criait sur tous les toits qu’il était un alcoolique. Non, quand on était mal, on le sentait mais on ne le voyait pas forcément. & on ne l’avouait pas vraiment non plus. Parce que l’être humain était ainsi douté d’une certaine fierté, la dose variant selon les personnes, et qu’il était impossible pour lui de s’avouer vaincu. Enfin, à quelques exceptions près. « Victoria, c‘est à moi de me confier maintenant. » La concernée leva alors les yeux de son nouvel amusement soudain pour les poser sur Neal, alors qu’il semblait l’inviter à s’asseoir à ses côtés. Elle hésita un moment avant d’obtempérer et de le rejoindre. Victoria ne lâcha pas l’enveloppe, mais son regard était, pour une fois, totalement concentré sur Neal. Elle-même n’avait pas forcément imaginé qu’il parlerait aussi rapidement. Elle savait qu’elle s’était énervée, qu’elle s’était emportée et que ça ne l’avait pas laissé de marbre. Elle l’avait bien remarqué. Mais jamais elle n’aurait pensé qu’il puisse se « confier » aussi rapidement, aussi instantanément. Assise au bord du lit, le dos droit, ses mains étaient posées tranquillement sur ses cuisses et ses oreilles, prêtes à entendre ce qu’il avait à dire. « J‘ai...J‘ai été stupide ce soir-là, laisse-moi te donner ma version. Je t‘ai simplement repoussée parce qu‘aucune fille ne m‘avait procuré ce sentiment instable, parce que c‘était la première fois que je vivais une telle passion. Et que tu avais bu - et moi non - je ne voulais pas avoir ça sur la conscience. » Pouvait-elle encore continuer à le blâmer ? Alors qu’un homme à l’esprit banal aurait pu tout simplement sauté sur l’occasion, Neal avait préféré prendre ses distances. Et, Victoria en conclut que ça n’avait peut-être pas été aussi facile pour lui qu’elle ne le pensait. Elle ne savait pas quoi dire. Ses lèvres restèrent l’une contre l’autre, sentant son regard fuir la personne assise à ses côtés. Si elle était plutôt courageuse, dans ce genre de moment, elle se retrouvait toujours lâche et sans moyen. Comme si on lui coupait de l’herbe sous les pieds, qu’on la prenait au dépourvu. Et Neal la prenait au dépourvu. Il avait ce don pour la prendre toujours à court, de toute façon. Il était imprévisible, ce qui faisait que Victoria ne savait pas trop sur quel pied marcher. Elle réagissait exactement comme avec Gabriel ou Dakota. Elle se mettait à agir de façon guère rassurée, bredouillant des paroles qui tentaient vainement de ressembler à une phrase ou bien de se loger dans un mutisme inconfortable. Et c’était cette dernière option qui était de rigueur à l’instant présent. La jolie blonde resta silencieuse, son regard semblant regarder tout et rien à la fois. Il était attentif à chaque détail mais en même temps, embrumé par les pensées affolantes qu’elle avait. Neal s’était enfin levé, la sortant de sa transe, pour passer devant elle et rejoindre la fenêtre. « Je ne veux pas coucher avec le sentiment de profiter des faiblesses des femmes. Surtout envers toi, Victoria. » Il ne la regardait plus. Et pourtant, l’étudiante avait plongé de nouveau toute son attention sur lui. Elle observait son dos d’un air absent, méditant une fois de plus. Plus les minutes passaient et plus elle avait l’impression de s’être trompée. Elle avait toujours eut cette impression d’avoir manquée quelque chose, d’avoir fait ou dit quelque chose qui ne fallait pas. La demoiselle était toujours interrogative, mais elle avait toujours vu Neal comme le coupable, et pas le contraire. Mais maintenant, Victoria avait plus l’impression d’être fautive qu’autre chose. Le jeune Rowlands avait certainement pensé bien faire mais tout le contraire était arrivé. Enfin, la jeune Blythe reporta son attention sur lui, ou plutôt, sur la façade dorsale qu’il lui présentait.

Je sais que je ne suis pas une grande résistante à l’alcool. admit-elle, en baisant la tête dans un léger sourire presque amusé envers sa propre phrase, avant de la relever et de reprendre un teint plus sérieux. Mais j’étais consciente, Neal. Consciente et consentante.

Elle avait bien insisté sur le dernier mot, comme si elle voulait que c’était celui là qu’il devait retenir et pas un autre. Après tout, c’était tout de même le plus important pour lui à savoir. Même durant ces périodes idiotes où elle ne faisait – ou presque – que boire, Victoria n’avait jamais montré de grands talents de résistance extrême, comme pour le faire Rhys, par exemple – qui semblait avoir eut de la bière à la place du lait dans son biberon. Elle se rappelait parfaitement bien de ce soir-là, quand il l’avait laissé. Un peu plus et elle pourra ressentir le même déchirement qu’elle avait eut à ce moment là. Mais pour tenter de contrer cette mauvaise onde, Victoria se ventila légèrement avec l’enveloppe avant de taper brusquement le rebord sur ses doigts tout en se levant. Comme si c’était une manière pour elle de chasser ses mauvaises pensées et de se donner un minimum de courage – quelque chose qui semblait lui faire cruellement défaut, ces derniers temps. Elle n’avait eut le courage en rien, pas même d’affronter ses frères. Ni ses amis. Et encore moins Neal. Bien sûr, l’envie de frapper à sa porte pour des explications avaient été intense. Evidemment. Mais à chaque fois, elle ne faisait rien d’autre que de fuir cette allée, ce palier, cette porte qui lui faisaient peur. Pendant deux mois, elle avait voulu rester dans l’ignorance. Préférant maugréer de façon à avoir toujours raison sans avoir à réfléchir qu’elle pouvait avoir tord. Et c’était là tout le souci. Victoria avait toujours tout vu sous son propre angle, son propre objectif, avec personne pour la contrer, pour la raisonner ou pour faire pencher son point de vue. Mais il semblerait qu’elle n’est eut besoin de personne pour finalement craquer et hurler. Pour de bon et à la bonne personne. Et peut-être que sa venue n’avait pas que du mauvais, au final. Ils auraient même dût avoir cette conversation depuis le départ. Les choses auraient été tellement plus faciles s’ils avaient tenté de communiquer autrement qu’en criant pour ensuite mieux fuir l’autre. Debout, la jolie blonde porta de nouveau son attention sur l’enveloppe, qui était retourné là où le cachet avait été déchiré. D’un geste curieux, elle extrait les deux photos qu’il y avait apparemment dedans. Elle eut un soupir las en les portant au niveau des yeux, tout en fronçant des sourcils.

Tu peux m’dire qui t’as donné ça ?

Sa voix était brutalement sombre et mauvaise. Ces deux clichés, c’était juste une espèce de violation personnelle. Ce qui était, en somme, légèrement ironique quand on sait ce qu’est l’activité principale et prédominante de la jeune fille en question qui se regardait de façon crispée sur les photos. Pourquoi cherchait-on à leur mettre des bâtons entre les roues ? Si ces fichues photos étaient la source du quelconque malaise que Neal avait pu avoir envers elle, certainement qu’elle n’allait pas rester sans rien dire. Sinon, ça serait mal la connaitre. Qu’on parle derrière son dos était une chose. Mais qu’on piétine sur elle, qu’on la traine dans la boue et qu’on la dénigre aux yeux de Neal était une autre chose. Ce dernier semblait être sûr de ses paroles et cette preuve. Seulement, tout n’était que foutaises, mensonges et balivernes. C’était juste un truc pour le faire sortir de ses gongs, certainement. Et pour l’instant, la personne qui était prête à aller frapper, c’était Victoria. C’était assez étrange de ressentir une telle violence soudaine, et presque inexplicable, après deux mois de vide, de néant, d’impassibilité. Elle put aisément remarquer ses doigts trembloter légèrement sous l’effet du choc avant qu’une de ses mains, celle qui tenait l’enveloppe, se renfermait brutalement sur cette dernière, réduisant l’emballage en une boule de papier. Ses yeux cherchèrent une poubelle, située à côté du bureau. Elle s’y approcha, jeta son déchet et releva la tête vers le contenu du bureau. Sa main tenant toujours les photos, l’autre se dirigea instantanément vers le dessin posé comme en évidence sur le bois. Comme si on tenait à ce qu’elle le voit. En premier lieu, Victoria pouvait admirer que le coup de crayon de Neal ne l’avait apparemment pas quitté. Un peu comme elle avec le piano, même si elle a mit du temps avant de s’y remettre pour de bon. Encore maintenant, elle n’en pratiquait que pour profiter du plaisir de jouer, et non pour apprendre de nouveaux accords ou de nouveaux morceaux. Elle fut frappée par la précision des traits noirs du crayon. Comme si Neal avait réussi à enregistrer au détail près tout ce qui avait été présent avec eux lors de cette nuit-là. Et tellement que la ressemblance était frappante, l’étudiante eut le ventre noué. Toujours le dessin entre les mains, elle se retourna pour se caler contre le rebord du bureau, un sourire au coin des lèvres.

Tu as toujours ce don pour le dessin, à ce que je vois. elle eut un soupir bref, plongée dans une sorte de nostalgie. Je n’ai pas couché avec lui, Neal. Jamais.

Sa voix était basse, presque un chuchotement, comme si elle ne voulait pas que d’autres entendent. Cependant, Victoria voulait qu’il la croit. Elle ne voulait pas qu’il la voit comme les autres godiches, qui avaient pu trouver à cet être aussi insupportable que méprisable un charme certain qui les avaient menés directement dans le lit de Carson. Tout simplement parce que c’était loin ce qu’elle pouvait être. Certainement que ça faisait bien des mois qu’elle n’avait pas goûté au plaisir de la chair. Mais elle ne s’en plaignait pas forcément. Tout simplement parce que le seul qu’elle désirait était le propriétaire des lieux où elle se trouvait. La jeune Blythe leva les yeux vers Neal, lui lançant presque un regard de détresse. Elle semblait le supplier de la croire. Après tout, c’était sa parole contre celle de Carson, elle en était persuadée. Victoria le mettait au défi de ne pas la croire. Elle ne lui avait jamais menti – ou quasiment jamais. Malgré les confidences qu’ils avaient pu se faire autrefois, les années avaient défilées et maintenant, ils avaient tout à apprendre de l’autre. Mais pour sûr que chacun possédait ses propres parts d’ombre que ni l’un ni l’autre ne souhaitent partager pour l’instant.

Il a jamais réussi à m’avoir. Je suis pas une de ses pucelles dévergondées qu’il a pu rencontrer.

La jeune fille eut un sourire pour elle-même, les yeux fixant le sol, bercée dans une douce nostalgie. Sa voix était légère, lointaine et un brin moqueuse, aussi. A la voir, à l’entendre, on pouvait presque croire qu’elle était fière d’elle. Comme une petite fille qui vient déclarer sa bonne note à ses parents. Ce qui était un peu le cas. Victoria devait une des rares de ce quartier à ne pas encore connaitre l’anatomie complète de Carson. Et rien qu’à cette idée, son visage se crispait pour former une grimace de dégout. Mais elle était assez abattue de devoir le dire à Neal. Comme s’il ne pouvait pas le savoir de lui-même. Le sentir, même. La jeune fille baissa une nouvelle fois les yeux vers le dessin, souriant faiblement à son portrait, avant de le reposer doucement sur le bureau. Toujours calée contre le bureau, Victoria regarda les photos qu’elle avait en sa possession, tout en secouant la tête d’un air las, désespéré et blasé.

Je ne sais même pas où il a eut ça. Déjà que je suis pas photogénique, alors avec lui en guise de photographe...

Sa phrase finit par un suspens, laissant ainsi le soin à Neal d’interpréter comme il souhaitait ce qu’elle venait de dire. De toute façon, elle n’était plus exactement à une phrase ou à une accusation près, à ce stade-là. Si elle s’écoutait, certainement que Victoria se serrait mise à déchirer dans une rage démesurée ses deux papiers glacés qui avaient, apparemment, été une des causes de son mal-être durant deux mois. Mais s’acharner sur ces pauvres photos ne serviraient certainement à rien. Autant aller à la source même. Une idée qui n’échapperait certainement pas à l’esprit de la jeune fille. Cette dernière tendit alors la main vers Neal, photos à bout de doigts, tandis que l’autre était posée sur le bureau..

Si tu veux les garder.



Dernière édition par Victoria Blythe le Dim 13 Déc 2009 - 18:08, édité 21 fois
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Message(#) Sujet: Re: ROWLANDS' HOUSE | After the calm, the storm comes. (ended) Ven 11 Déc 2009 - 23:43

    Il était évident qu’il n’avait pas su la remettre en place quand il aurait du. Peut-être l’aimait-il trop pour ça ? Il osait affronter avec elle des choses qu’il n’oserait même pas le quart avec les autres. Il était à la fois patient, doux et affectueux. Sans oublier protecteur et ambitieux. Tout ça dans un seul corps face à une unique personne. Au yeux des autres, il était le démon, la voix du mal. Infidèle, arrogant et provocateur. Méchant et ironique. On pourrait avoir l’impression que Neal a deux visages et qu’il s’amuse à jongler entre ses deux personnages aux traits opposés. Pourtant, il n’a pas l’impression d’être manipulateur, ni même mesquin. Il le fait, naturellement et c’est sûrement ce qu’il lui vaut ses attributifs répugnants. Enfin pas à ses yeux, puisqu’il prend un malin plaisir à continuer de les garder - toujours en rajoutant des actions supplémentaires à ceux déjà présents. Comme pour toujours faire parler un peu plus de lui, notamment ses nombreuses bagarres : Rhys, Duncan, Esteban, Dakota… Mais Victoria connaît depuis fort longtemps l’identité du jeune homme et elle fût la première à vouloir calmer ses ardeurs de mâles. Parfois, elle y arrivait. Parfois, elle y mettait plus de temps, mais jamais elle ne renonçait. Et Neal était attiré par elle bien davantage en le sachant. Pour être honnête, il ne sait même pas de quelle façon ils se sont rencontrés : le contexte, le lieu, les gens autour. Il y a eu un tout probablement. Ils ont le même âge - à un an près -, ils sont nés dans la même ville et habitent dans la même rue depuis dix neuf ans, donc ça aide forcément au contact. Peut-être même que leurs parents respectifs se croisaient et se disait déjà un bonjour à l’époque. Comme peut-être pas. Et ce n’est même pas par le biais de ses frères - car Neal n’en connaît qu’un sur les deux, et celui qu’il connaît : c’est justement grâce à Victoria. Mais le jeune Rowlands était bien trop jeune pour se rendre compte qu’il allait côtoyer Victoria Blythe : sa future confidente et pour qui son cœur bat… Mais au fil du temps, ils ont apprit à se connaître, apprit à s’apprécier. Et Victoria fût la seule à savoir l’apprivoiser, malgré les nombreuses tentatives de la gente féminine !

        FLASH BACK | JANVIER 1998
        Un levé difficile pour le jeune homme, puisque son frère était apparu à l’improviste avec un aspirateur en main. Voulant, semble t’il faire le ménage dans cette chambre. Neal bougonna quelques mots incompris par son vieux frère, qui possédait un sourire ironique au coin des lèvres avant de voir Neal descendre au rez-de-chaussée, l‘air complètement dans le chou. Andreï cherchait des coups, ça en était certain ! Mais Neal restait de marbre, ce qui énervait encore bien davantage l’aîné qui ne voulait cependant pas le reconnaître. La bonne chose dans cette histoire c’est qu’au moins il pourra vite retrouver Victoria. Toute la journée, il l‘avait d’ailleurs passé avec la jeune fille. Tout d‘abord, ils avaient du aller à l‘épicerie et acheter du pain. Pourtant aujourd‘hui c‘était un jour particulier pour elle, puisqu‘on était le trois janvier. Et par conséquent c‘est la date de son anniversaire. Hors, Neal est resté toute une matinée avec elle, sans même le lui souhaiter - une chose probablement horrible pour elle. Et il sentait la bouderie de mademoiselle Blythe arrivée. Alors qu‘ils avaient mangés respectivement chez eux, ils avaient prévu de se donner rendez-vous au parc. Chose faîte Neal arriva le premier et prit place sur un banc, peut-être que Victoria espérait qu‘il y pense enfin. Mais quand elle fût arrivée - en retard, sûrement qu‘elle l‘avait fais exprès - Neal restait passible devant les gens les entourant. Alors que Victoria croisa les bras en se laissant tomber sur le banc.
        « De peu et tu ratais le banc, dit-il d‘un ton léger en la regardant de coin. Tu boudes ?! S‘empressa-t-il de rajouter en rigolant. »
        Sûrement qu‘elle ne trouvera pas ça drôle et qu‘elle lui en voudra pendant quelques minutes mais il trouvait ça tellement marrant. Il reporta à nouveau son attention autour d‘eux, sans même que Victoria ne réponde ou ne s’approche de lui. Intérieurement, elle devait le maudire. Le maudire d‘oublier son anniversaire. Le maudire de ne pas lui souhaiter alors que d‘autres le faisaient devant lui. Il tourna cependant son regard une dernière fois vers elle, avant de s‘apercevoir que ce silence lui pesait bien plus qu‘habitude. Et d‘un air taquin, il prit son sérieux et se retourna vers Victoria tout en pointant du doigt quelque chose sous l‘œil de la jeune fille.
        « Ooooh. Mais qu‘est-ce que tu as ? Dit-il en touchant sa peau, comme effrayé. »
        Il savait si bien jouer au con quand il s‘y mettait. La première réaction de Victoria fût de lever les yeux au ciel, comme agacé qu‘il veuille toujours se faire remarquer. Serrant ses bras bien davantage contre elle, un soupire se fit entendre alors qu‘elle sentait le futur diagnostic du jeune homme. Il n‘osait à peine touché sa peau mais lui faisait des signes que quelque chose clochait. Au bout de quelques secondes, elle porta sa main à l‘endroit cité par Neal, à moitié inquiète qu‘il persiste tant… Et dans un rire et un sérieux inégalable, il ajouta en sa direction :
        « C‘est qu‘une ride ! »
        Qui disait que c‘était marrant ? Personne sauf Neal. Et si cette phrase fût tendance à raidir la jeune fille, ne vous inquiétez pas pour lui, il en a bien rigolé. Si peu qu‘il due finalement s‘arrêter en voyant la mine bien plus boudeuse de sa jeune amie, qui s‘était renfrognée sur elle-même. Et elle regardait autour d‘elle, comme si elle était prête à se lever pour le laisser en plan. Ce qui plaisait bien plus au jeune homme, c‘était sûrement qu‘elle réagissait au quart de tour, ne lui laissant que la satisfaction de la voir bouder à cause de lui. Et le jeune homme adorait ça, c‘était certain. La jeune fille se leva précipitamment quand une main saisit son bras, la poussant en arrière. Malgré ses fortes tentatives de résister, elle ne faisait pas le poids. De nouveau assise sur le banc, elle aperçu Neal en faire de même, tout en lui tendant une boîte. S’empressant de l’ouvrir, elle avait retrouvée le sourire tel une gamine attendant noël. Mais elle jeta tout de même un regard vers le jeune garçon avant d’ouvrir son cadeau. Le premier emballage fût retiré. Le second aussi. Puis le troisième, et enfin un dernier. Elle plissa les yeux quand elle vît une boîte… Vide.
        « Ta surprise t‘attends ce soir… Finissait-il par dire en prenant une mine angélique mi taquine, alors que Victoria lui tira la langue, en guise de réconfort. »
        Finalement la soirée fût sympathique. Ils l‘avaient passés devant un film avec des bonbons. Quand au cadeau, c‘était une place offerte à Disney land paris, pendant un week-end. Où Victoria s‘emmènerait avec Neal, Andrei et ses parents. Tout avait été clair pour le jeune homme, Victoria et lui d‘un côté - les trois autres de l‘autre.

    ‘‘ On doit pas avoir la même notion du mot désordre. ’’ Le jeune ne répondit strictement rien, il ne lui avait jeté d‘ailleurs pas un seul regard, préférant chercher l‘enveloppe. Il était vrai qu‘une pièce si bien rangée n‘était pas lui. Pas normalement. A cet instant même, elle devait se demandé si il n‘était pas devenu une personne ordonnée presque maniaque - ce qui était complètement faux. D’ailleurs rien que d’entendre maniaque, cela avait tendance à lui fournir des frissons, bon sang qu’il n’aimait pas spécialement ce genre de personnes. Il se foutait bien de savoir si ses affaires sont convenablement rangés ou sont en bazars. C‘est bien un truc qui lui passait au dessus de la tête. Ce fût pourquoi il jeta un regard autour de lui avec un soupire. En faites, il n’avait rien trouver de mieux à faire que de refaire la décoration, de changer certains meubles de place ou encore de ranger soigneusement des affaires qu’habituellement il jeté au dessus de son lit. Il avait eu l’impression de ne plus être existant, et de n’avoir que pour seule motivation : une chambre clean, une vie bien organisée. Chose qui aujourd’hui, lui paraissait assez frustrant. Surtout si Nuala comptait s’y habituée. Tout en balayant sa chambre d’un regard protecteur - presque reconnaissant de l’avoir vu dans un état aussi lamentable, il reposa ses yeux sur la jeune femme quand elle s’approcha de lui pour prendre la fameuse enveloppe. Il y trouvait presque un mal être pour elle, mais son regard était dur et d’une infinie tristesse. Une chose était sur, il était certain que ses lettres reflétaient la stricte réalité des choses. Du moins, il avait voulu se faire à cette idée, pour peut-être ne pas être déçu quand il l’apprendra de la bouche de Victoria. Et d’une manière comme d’une autre, il s’y était fais. Il n’avait certainement pas gardé la lettre avec ses photos pour son plaisir ou sa satisfaction personnelle - tant se souvenir lui faisait bien plus de mal que le coupable avait voulu lui en faire. Malgré tous ses défauts, malgré toutes ses fuites - il ne l’avait jamais trompé. Il n’avait jamais couché avec une autre femme quand il était avec une autre. Ou peut-être avait-il trompé Adonia Salvator - sa ‘fiancée’ - mais peut-on la surnommée réellement de fiancée ? A vrai dire, il n’a jamais voulu d’elle ni de son amour. Et à ses yeux c’était pas comme si il la trompait réellement, Il ne s’est jamais considéré en couple avec la jeune femme. Mais à part elle, où éventuellement le doute agit, il n’a jamais trompé aucune femme. Et Victoria ne déroge pas à cette règle. ‘‘ Je sais que je ne suis pas une grande résistante à l’alcool. Mais j’étais consciente, Neal. Consciente et consentante. ’’ Comme si cela aurait suffit à le faire déculpabiliser. Enfin, il était content d’avoir mis un terme ce soir la à leurs baisers. D’une part pour se prouver qu’il pouvait le faire; deuxièmement par respect pour Victoria. Bien sur qu’elle était consentante et il ne pouvait le nier. Lui aussi l’était. Mais cela aurait servi à quoi ? Le lendemain aurait été probablement dur aussi bien pour l’un que pour l’autre. Malgré le regard pesant de la jeune Blythe, il n’approuvait aucunement ses paroles. Et si il était à mener à revivre cette expérience, il ferait tout pour refaire la même erreur - puisque pour lui, ça n’en était pas. Bien sur qu’il regrettait que cela soit arrivé à ce stade, d’avoir due être confronté à cette vie noire pendant deux mois. Mais d’un autre côté, il ne pouvait pas se permettre de se donner corps et âme. Il se l’interdisait, aussi difficile que cela soit à comprendre. & à vivre. Victoria devait l‘accepter comme tel ! ‘‘ Tu peux m’dire qui t’as donné ça ? ’’ Le jeune homme se trouvait toujours face à la fenêtre, regardant dans la rue, les rares agitations. Pour ainsi dire quasi nulle vu l’heure qu’il était. Il avait l’habitude de se lever tôt - sauf si la veille, il était passé dans un bar - pour savoir que les habitants, le matin dormaient. Il faisait probablement parti des exceptions qui se levaient tôt pour faire du sport ou encore aller faire ses courses. En l’occurrence ici, ni pour l’un ni pour l’autre. Laissant tomber sa tête contre la fenêtre, son front touchait avec instabilité le rebord de la vitre. Les images étaient encore vaguement embrouillées devant ses yeux, tant il n’avait jamais réellement eu le nom des coupables. Mais en sentant la réaction de la jeune femme, il ne pouvait que regretter de les lui avoir montrés. Pourtant, si Victoria les avaient entre les mains ce n’était pas pour rien. Puisqu’il avait gardé ses photos uniquement pour lui prouver l’existence de ses dernières, uniquement pour qu’elle le croit. Et qu’elle le comprenne mieux.

      « Je l‘ai trouvé anonymement dans ma boîte aux lettres, mais je ne doute pas des coupables… Avoua-t‘il, intrigué dans ses pensées. »

    Aux yeux de Neal, c’était une évidence. Et en cherchant ne serait-ce qu’un petit peu, Victoria avait la possibilité de connaître les deux noms. Mais jamais Neal ne parlait d’eux - il ne voulait plus. On avait pris un malin plaisir à les prendre, et à les lui envoyer. Ce coup était parfaitement prémédité, puisqu’il n’y avait même pas de nom ou une personne qui pourrait éventuellement aller voir pour lui en coller une. Il n’avait pu s’en prendre que lâchement à sa boîte aux lettres, qu’il a du changer après cet incident. Pourtant, il avait l’impression à l’heure actuelle d’avoir les yeux qui lui brûlaient, tant il était énervé et contrarié par ses photos. C’était peut-être quelque chose d’anodine et pour être honnête, Neal avait connu pire. Oui mais la, on touchait directement à un point sensible - à son point faible. Et ça, il ne pouvait le supporter, même si Victoria n‘était pas censé le savoir. Il avait tout d’abord cherché du regard l’agitation autour de lui, comme si le coupable était encore dans sa trajectoire, mais il n’avait pu que constater les quelques chats ou quelques personnes âgées non loin de chez lui. Des gens incompatible à l’intelligence que Victoria lui soit un point sensible. Il avait alors quelques noms en suspend, comme Lullaby Walkers ou Hailey Caldwell mais il ne jugeait cependant l’utilité qu’elles auraient à faire ce genre de chose. Elles y gagneraient quoi au change ? Et puis éventuellement Rhys Blythe, mais il aurait au moins eu la décence de mettre le nom de l’envoyeur. Enfin, c’était ce qu’espérait Neal. C’était d’après ses calculs, forcément un homme faible, une personne ayant peur de lui, ou pas assez intelligent pour garder ses arrières. Forcément deux noms lui étaient venus à l’esprit : Duncan Thomas et Esteban Carson. Et il était finalement allé voir le second pour lui rendre son compte. Et vous voulez un peu d’honnêteté ? Neal n’a jamais autant pris son pied dans une bagarre que ce jour la. Tout le mépris et l’impuissance de lui dire enfin ce qu’il vaut lui était sorti sans difficulté - presque trop facilement d’ailleurs. A voir les traits fin et doux du jeune Rowlands frappant dans la vitre de la décapotable du jeune homme, prendre place et bien marcher sur les sièges en cuirs de la voiture lui avait été d’une aisance particulière. Et pourtant rien n‘était comparable à la vengeance qu‘il voulait lui fournir. Car oui, rien n‘est jamais finis… ‘‘ Tu as toujours ce don pour le dessin, à ce que je vois. ’’ Elle l’avait instantanément fais sortir de ses pensées. Pourtant, il semblait encore assez loin d’elle niveau esprit. Comme si il s’était évadé durant quelques secondes - peut-être minutes. Aussi, son visage blême et fatigué y aidait forcément. Mais il la remercia d’un signe de tête.

      « Je me souviens Vicky, que je lui ai rendu son coup ! Chuchota-t-il en relevant sa tête, tu n‘as plus rien à craindre, il ne te fera plus aucun mal. »

    Le jeune homme avait tourné la tête vers elle, et se déplaça à grande vitesse pour arriver à ses côtés. Alors qu’elle s’était appuyée contre son bureau. Il en serrait les poings tant il voulait échapper à cette image de détresse qu’elle avait dans son regard. Elle ne devait pas être énervée - pas pour Carson. Elle devait réussi à se calmer, pour réussir à le calmer. Ils étaient probablement aussi fatigué l‘un que l‘autre. ‘‘ Je n’ai pas couché avec lui, Neal. Jamais. Il a jamais réussi à m’avoir. Je suis pas une de ses pucelles dévergondées qu’il a pu rencontrer. ’’ Il lui posa son doigt sur sa bouche, un fin sourire était apparu. Malgré ses doutes persistant, il voulait la croire. Il en avait besoin. Il savait aussi que beaucoup avait toujours voulu les séparer et certainement Esteban en premier avec Rhys et Hailey. Sans compter Lullaby. Et pour cette unique raison, il ne laisserait personne s’immiscer entre eux. La seconde raison étant qu’il était de toute manière éperdument amoureux d’elle, alors pourquoi vouloir toujours ralentir ? Fuir ? Il avait certainement besoin d’affronter sa peur et ses craintes, même si il ne savait pas comment s’y prendre. Même si il avait peur de tout gâcher.

      « Je… Je te crois Victoria. & je resterais à tes côtés… Chchota-t‘il à l‘oreille de Victoria. »

    Fronça-t-il les yeux en ne la quittant plus du regard. Ils avaient beau essayer de le dissuader de tourner une nouvelle fois la page, de s’abattre sur eux telle la foudre - jamais quiconque ne pourrait les séparer. Plus après ce qu’ils avaient vécus, pas après ce qu’ils étaient censés vivre. A ses yeux, aucun doute, elle était la seule. L’unique. Il se battrait jusqu’à son dernier souffle pour la protéger, pour l’aimer. Et rien que pour cette unique raison, ils resteront ensemble, avec ou sans l’accord de Carson et des autres réunis. Il aurait très bien pu fuir son regard, préférant plutôt admirer le paysage qu’il connaissait que trop par sa fenêtre, ou encore fixait inconsciemment le dessin qu’elle tenait en main. Mais au lieu de ça, il se tenait droit devant elle, la regardant. ‘‘ Je ne sais même pas où il a eut ça. Déjà que je suis pas photogénique, alors avec lui en guise de photographe... Si tu veux les garder. ’’

      « Tu ne feras rien n‘est-ce pas ? la questionna-t-il pourtant certain de connaître la réponse, rien, sans m‘avertir… »

    Il savait qu’elle ferait quelque chose. Passant sa main sur la joue de la jeune fille, il caressa cette dernière tout en déposant un chaud baiser sur son front, comme si il cherchait à la dissuader, à la rassurer. Il était certain que rien n’était finis et que Victoria saura encore faire parler d’elle. Tout comme Neal. Il semblerait que Carson choisisse très mal ses ennemis, comme Neal le lui a dit lors de leurs dernières entrevues. Pourtant, il cherchait à se rassurer, alors qu’il savait pertinemment qu’il perdait son temps. Mais peut-être avait-il espoir d’y arriver. Enfin il proposa probablement quelque chose de plus acceptable en demandant de l’avertir avant qu’elle ne fasse une bêtise. Après tout, il le connaissait peut-être mieux qu’elle - il en était certain - et il était également plus vieux, d’un an d’accord, que la jeune Victoria. Alors c’était à lui de la protéger…

      « Si je t‘invite à rester la matinée chez moi, pour continuer ta nuit, accepteras-tu ? Ajouta-t-il avec un regard insistant, tu pourras même te changer avec les habits de Thabita. Je te vois fatiguée. Moi aussi. Et le lit est assez grand pour accueillir deux personnes. »

    Sa voix était loin d'être hésitante, au contraire. La pluie s’était arrêter de tomber, mais le tonnerre grondait toujours à certain moment. Le jeune homme adorait le bruit, même si aujourd’hui, ce n’était pas vraiment le moment. Enfin il jeta un coup d’œil à la jeune femme, qui avait ses habits humides. A vrai dire, Neal n‘avait certainement pas envie de lui laisser le choix. Tant parce qu‘elle ne pourrait pas rentrer chez elle sans qu‘il soit certain qu‘elle ne s‘écroule pas sur le sol. Tant il avait encore besoin de sa présence. Il voulait simplement essayer de dormir avec un esprit tranquille. A savoir si il serait autant en paix que ça à savoir Victoria couchait à ses côtés - mais peu importe.
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Message(#) Sujet: Re: ROWLANDS' HOUSE | After the calm, the storm comes. (ended) Sam 12 Déc 2009 - 22:56


♦ FLASH BACK.
NOVEMBER 2009

Elle souriait passivement. Elle souriait parce qu’on le lui demandait. Elle souriait parce que c’était ce qu’on attendait d’elle. Mais certainement que le cœur n’y était pas. Ce soir-là, exceptionnellement, sa mère l’avait convié à un des banquets qu’elle avait soigneusement organisé dans le cadre de son travail. Il n’y avait aucun doute que la génitrice avait eut des échos de ses deux garçons sur l’état de la cadette. Et peut-être que madame Blythe pensait que cette soirée serait bénéfique pour son unique fille. Mais cette dernière n’y était allée qu’en trainant des pieds. Elle n’avait jamais été réjouit de participer à ces évènements. Toute la jet set et la haute bourgeoisie de Miami s’était donnée rendez-vous, semblait-il. Tout comme la horde de photographes. Voir mère et fille réunies pour une photo officielle, voilà longtemps que cela n’était pas arrivé. La plus jeune souriait, marchait, regardait et disait ce qu’on lui disait. En temps normal, elle aurait sûrement protesté. Mais là, elle n’avait certainement pas l’envie de protester, ni même de s’éterniser sur le sujet. Alors, elle faisait ce qu’on attendait d’elle pour que le temps passe plus vite. Elle regardait le monde d’un œil qui se voulait nouveau, calme et patient. Après tout, il était hors de question de montre un quelconque malaise devant les caméras. Mais elle ne s’était jamais aussi agacée, aussi vieille et aussi ennuyée qu’à ce moment-ci. Ce monde, ce n’était pas le sien et ça ne le sera jamais. Son monde était ailleurs, tout comme son esprit. Et pourtant, Victoria Blythe remontait l’allée où crépitaient les flashs avec une agilité et un professionnalisme sans égal. Elle avait été habituée tôt et jeune à ce genre d’évènement. Souvent, elle jouait les semeurs de trouble avec ses frères. Parfois, elle rêvassait de plans aussi irréalisables qu’incongrus avec son meilleur ami. Mais ce soir, elle était seule et sans roue de secours. Personne pour tenter de lui adoucir les idées, personne pour lui faire dériver ses pensées, personne pour la faire un peu sourire et rire. Mais rien ne semblait pouvoir entacher ce renfermement soudain et imprévisible dont la jeune fille avait fait preuve. Elle était dotée d’une fragilité certaine, à outrance qui la faisait rapidement dériver. Et elle n’avait de cesse de dériver, ces derniers temps. Disparue subitement pendant quelques jours, Victoria avait suscité l’inquiétude et l’angoisse auprès de sa famille – après tout, que pouvait-elle bien faire, seule dans la nature ? Mais ce n’était pas vraiment considéré comme un problème auprès de la concernée. Pour elle, c’était normale. Et elle se considérait maintenant comme assez grande pour partir quand elle en avait décidé où elle voulait sans devoir prévenir. Posant sa main sur sa hanche pour recevoir un dernier flash lumineux qui eut fait d’éblouir ses prunelles vertes ternes, la jeune blonde poussa un simple soupire de désarroi avant que sa mère ne la dirige doucement vers la salle où tout allait se jouer.

Quelques heures après, Victoria poussait avec soulagement les portes qui la menaient droit à l’extérieur. Sa mère, venant d’interpréter le malaise de sa fille, avait enfin donné son feu vert pour laisser cette dernière partir. Évidemment, officieusement, madame Blythe n’ignorait pas l’antipathie qu’éprouvait sa cadette dans ce genre de réception. Mais elle avait au moins pu noter que les dires de ses fils se révélaient fondés et réels. La jeune fille avait été plongée dans un mutisme incroyable, ne prenant la parole que quand elle le jugeait utile et agissant telle une automate, en secouant la tête ou en souriant d’un air respectueux. Mais elle étouffait. Les heures lui sont passées comme une éternité. Et sa liberté, c’était le bruit de l’extérieur, la fraicheur de la nuit, l’obscurité relevé par les jeux de lumière du centre ville. Victoria respira profondément avant de s’engager dans les rues actives de Miami, à pied, laissant le soin à sa mère de garder la voiture qu’elles avaient emprunté pour venir. Elle ne savait pas vraiment où elle allait, ce qu’elle comptait faire à une heure pareille. Évidemment, l’idée de la maison lui vient rapidement à l’esprit. Mais c’était sans compter sur son regard qui capta alors l’Océan et ses vagues silencieuses. L’avantage de Miami était certainement son climat. En effet, malgré la douce brise qui flottait, le temps était agréable. Et sans l’ombre d’une hésitation, la jeune fille s’engagea sur le sable fin, où elle en profita pour délaisser ses chaussures au profit de ses pieds qui souffraient silencieusement. Il n’y avait pas énormément de monde, sur la plage. Cependant, elle n’était pas déserte. Un groupe d’amis s’amusait près de l’eau, éclatant de rire, respirant la joie et l’insouciance. Ou peut-être que ce n’était qu’une couverture pour eux aussi ? Victoria l’ignorait et se décida de détacher ses yeux de ce tableau quasiment idyllique. A vrai dire, jamais elle n’avait connu le fait de vivre dans une bande. Elle était loin d’avoir eut une bande d’amis avec qui elle s’amusait. Peut-être qu’elle les enviait, dans le fond. Mais cette envie partit vite quand elle vit un arbre qu’elle ne connaissait que trop bien. Elle eut un léger flottement aux lèvres ; c’était leur arbre. Elle s’y approcha avec une grande lenteur et pour cause. La dernière fois qu’elle était revenue ici, c’était pour toujours mieux le maudire. En juin 2009. Et elle n’y était jamais retournée. Sans gène, Victoria s’approcha instinctivement du tronc, où elle posa une main dessus. Si cet arbre était vivant, alors là se trouverait son cœur. Serait-il semblable au sein ? Décimé, détruit, brisé ? Ou, au contraire, il respirerait l’espoir et la vitalité ? La jeune fille baissa la tête quand elle se rendit compte que ce sera une question jamais résolue. Ses doigts parcoururent doucement le bois avant qu’un creux se fasse, attirant l’attention de l’étudiante. N&V. Ses dents attrapèrent sa lèvre inférieure alors qu’elle caressait d’un geste tendre la première lettre. C’était elle-même qui les avait gravés. Avec l’aide de Neal, lui servant alors de courte échelle. Et elle avait tenté de perpétrer ces lettres encore plus après son départ. Ce qui rendait l’inscription réellement incrustée dans la matière. Victoria sentit son visage se tendre avant de se laisser glisser contre l’arbre. Prise d’une fatigue certaine, la jeune fille ne tarda pas à s’endormir, passant une nuit presque calme.

MUSIC
DIAM'S - PAR AMOUR

« Je l‘ai trouvé anonymement dans ma boîte aux lettres, mais je ne doute pas des coupables… » Victoria non plus. Offrant la place du point de vue extérieur, l’étudiante n’avait pas besoin de faire travailler très longtemps son cerveau pour aboutir au cœur même du problème. Son mensonge de toute pièce, Esteban Carson avait tenté de le concrétiser et de le rendre aussi réel que possible pour que Neal y croit dur comme fer. Et, aussi, malheureux que cela soit, ce dernier était tombé en plein dans le panneau. Carson était vraiment plus idiot qu’elle ne le pensait. Comment pouvait-il penser que l’on ne le désignerait pas en suspect premier ? Il était le fautif parfait, sous tous les plans. Pensant tout maitriser jusqu’au jour où. Et ce semblant de perfection ou de confiance en lui ne lui allait terriblement pas car il était pire que tous les prétentieux qu’elle avait pu croiser. Surtout qu’elle était la preuve vivante qui déjouait totalement son plan. Mais peut-être que penser Neal plutôt furieux – Victoria n’imaginait cependant pas la dose réelle d’énervement dont avait fait preuve le jeune homme suite à cette lettre – durant quelques instants avaient dût réjouir Carson. D’autant plus que la demoiselle avait eut vent de la bagarre engendrée à l’hôtel le plus réputé de Miami, ou plutôt à son parking. « Je me souviens Vicky, que je lui ai rendu son coup ! Tu n‘as plus rien à craindre, il ne te fera plus aucun mal. » La jeune fille avait gardé la tête baissée sur les photos, tandis que Neal avait abandonné sa place près de la fenêtre, où frappait encore quelques gouttes persistantes d’une pluie calmante sous les grondements du tonnerre et les luminations des éclairs. Elle ne la releva que quand le jeune homme l’incita à ne plus rien dire, en posant son doigt contre ses lèvres. Elle fronça brièvement des sourcils alors qu’il souriait. Victoria n’était pas étonnée des paroles de Neal. Pourquoi l’être ? Elle avait l’impression de revenir en arrière, quand il agissait encore que pour son bien-être à elle. Cependant, à cette époque, la fillette ne savait pas se défendre et laissait bien vite le plaisir à son ami de se charger de lui sauver un peu son honneur. Mais, au jour d’aujourd’hui, qu’Esteban Carson se remette à lui offrir un coup bas bien prononcé et il en payera le prix de ses propres mains. A elle. Elle avait durcit, forgé. Elle s’était remise en cause énormément, allant même jusqu’à ne plus savoir où étaient postées les limites à ne pas franchir. Peut-être qu’elle se croyait invincible. Invincible mais terriblement à portée de main. Il était tellement facile de l’ébranler, ces derniers temps, qu’un rien la fait hurler intérieurement. Extérieurement, elle faisait preuve d’un grand sang froid. Sauf ce jour-ci. En ce 7 décembre, rien n’avait prévu à ce qu’elle arrive en furie chez Neal. Elle avait, une fois de plus, passé une nuit agitée et c’était, par conséquence, réveillée en même temps que le soleil. Elle n’avait jamais été une grande dormeuse, de toute manière. Et puis, ce n’était pas comme si elle n’avait pas l’habitude. Les autres habitants de la maison 1666 Apple Road prenaient aussi l’habitude de se relier pour tenter de la calmer, quand son lit ressemble à un véritable champ de bataille et que ses cris perçaient les murs. Etrangement, jamais ses frères n’eurent l’idée d’aborder le sujet avec elle, laissant couler. Peut-être s’attendaient-ils à ce qu’elle le leur dise sans qu’ils n’aient besoin de poser la question ? C’était peine perdue. Jamais Victoria ne racontera, ne divulguera la source de ses nuits agitées. Parce qu’elle savait à quoi tout ceci rimait. Et cela la terrifiait bien trop pour pouvoir en parler. De plus, elle n’avait pas envie d’avoir ses frères à dos tout le temps. Alors elle s’enfermait dans sa chambre, à trainasser sur son lit en regardant le plafond d’un air absent. Ou en décidant de changer une énième fois la disposition de ses habits dans son armoire. Ou bien en s’asseyant sur le rebord de la fenêtre, à regarder de façon vague l’horizon. Ou, en cas d’extrême effort, elle passait le temps à écrire. Elle n’avait aucune idée du but de ces écrits mais au moins, ça lui fournissait une trace écrite de ce qu’elle avait pu vivre. Par peur mais aussi par amour. Jamais elle n’aurait pensé en arriver jusque là par amour. Certainement qu’elle aurait rigolé au nez à la pauvre personne qui serait venue lui dire cela. Mais finalement, ça lui paraissait plutôt logique. Et c’était d’autant plus étrange de s’en rendre compte devant le fait accompli. Victoria n’avait pas eut besoin de réfléchir très longtemps que cette seule explication s’était imposée à elle. Et puis, comment expliquer à chaque fois ce pincement, ce frisson et ces légers tremblements quand il s’approchait d’elle ? La jeune Blythe n’avait pas énormément aimé, et pour cause, elle n’en avait toujours aimé qu’un seul. Elle n’avait jamais été confronté à ce que cela pouvait être d’être amoureuse et c’était d’autant plus nouveau qu’intriguant mais aussi un peu terrifiant que de se retrouver amoureuse. Mais pour l’instant, elle semblait être à dix mille lieux de se demander s’ils se dirigeaient vers la bonne direction ou pas. Elle s’en fichait. On leur avait tellement mis de bâtons dans les roues, essayant de la dissuader de l’oublier que, finalement, elle était ravie de ne s’être fier qu’à elle-même. Malgré les essais, les messages, les conseils, les mises en garde de Lullaby, Rhys, Hailey ou d’autres, elle ne pouvait se résoudre de ne pas silencieusement remercier Neal d’avoir répondu à son appel et d’avoir prouvé aux autres qu’ils avaient tous faux. « Je… Je te crois Victoria. & je resterais à tes côtés. » Fermant les yeux, Victoria se répéta encore et encore les mots qu’elle venait d’entendre, comme une douce mélodie. C’était le genre de choses qu’elle avait besoin d’entendre. Et encore plus venant de sa bouche. Un frisson parcouru son échine alors qu’elle sentait son souffle contre le sien, les eux toujours closes, profitant tout simplement de l’instant. Ses doigts abandonnèrent les photos sur le bureau, prise à court. La jeune fille resta silencieuse mais pouvait sentir son cœur se gonfler un peu plus. Elle ouvrit les yeux alors que Neal n’avait de cesse de la scruter des siens, portant sa main sur sa joue. « Tu ne feras rien n‘est-ce pas ? Rien, sans m‘avertir… » Victoria eut un bref sourire face à sa demande avant de lâcher un bref soupir quand il embrassa son front. Ils passaient d’une colère puissante à une tendresse incroyable en un rien de temps. Et c’était ce qui lui avait manqué. Il lui avait manqué. Il était ce qu’elle avait besoin en ce moment. La jeune fille se laissa doucement bercer par cette main qui lui donnait une respiration lente et un bien être fou avant d’aller la recouvrir de la sienne et entremêler ses doigts avec ceux du jeune homme tout en lui adressant un léger sourire amusé.

Tu crois que mon supposé futur coup droit mérite d’être mis en spectacle ? Et puis, je suis plutôt sage, comme fille, tu sais. Cependant, je ne pense pas pouvoir laisser passer ça sans rien dire.

C’était plus fort qu’elle. Il fallait qu’elle place une petite ironie quelque part. C’était bien la première fois en deux mois qu’elle disait quelque chose en le pensant sincèrement. Victoria laissa glisser leurs mains le long de son cou sans décrocher du regard celui de Neal. « Si je t‘invite à rester la matinée chez moi, pour continuer ta nuit, accepteras-tu ? Tu pourras même te changer avec les habits de Thabita. Je te vois fatiguée. Moi aussi. Et le lit est assez grand pour accueillir deux personnes. » Victoria arque un sourcil, l’air subitement soucieux, avant de voir l’insistance de Neal dans son regard. Semblait-elle avoir le choix ? La jeune fille secoue alors légèrement la tête, ne pouvant refuser une telle proposition. Ca serait juste indécent et incompréhensible. Elle avait passé ses derniers mois à ne penser qu’à lui, préférant imaginer la vision de perfection qu’il lui avait laissé voir le trente-et-un octobre plutôt que de laisser se submerger par de sombres pensées. Même si, dans tous les cas, elle en souffrait. Cependant, la jeune fille se sentait toujours bien en repensant à cette scène, quand bien même cela ne durait que quelques minutes, avant qu’elle ne craque et ne balance un oreiller à travers sa chambre. Elle avait terriblement souffert. Mais elle bénissait presque cette souffrance encourue de lui offrir un apaisement inégalable. Effectivement, elle était épuisée. Victoria ne pouvait nier que Neal pouvait être une bonne solution pour apaiser ses nuits agitées.

Malgré que sa proposition inclue des vêtements secs, la jeune fille ne semblait pas pressée d’échapper au blocage dont elle était prisonnière. Cette dernière glissa d’ailleurs ses bras autour du jeune homme avant d’aller nicher sa tête au creux du cou de Neal. Il n’était pas non plus totalement sec mais elle s’en fichait. Le sentir contre elle était la chose la plus importante qui soit pour l’instant. Elle avait besoin de lui, de sa présence, de son esprit, de tout. Victoria respira tranquillement l’odeur qui titillait son nez de façon exquise tout comme elle écoutait et sentait le bruit et les mouvements de respiration du jeune homme. Elle le retrouvait. Enfin, elle semblait retrouver son meilleur ami, son confident, son âme-sœur, son ange gardien. Neal Rowlands était son élément vital. Pour de vrai. Elle avait subi bien trop sans lui, à cause de lui et grâce à lui que tenter une séparation immédiate n’était pas envisageable. La jeune fille releva la tête tout en reculant légèrement, un voile interrogatif aux yeux.

Promets-moi que tu ne partiras pas. Ni maintenant, ni durant les quatre-vingt prochaines années. légère pause avant de froncer du nez. Minimum.

Une légère moue de réflexion prit place sur son visage avant de prononcer son dernier mot. Elle démontrait clairement qu’elle ne voulait pas qu’il la quitte. Ni maintenant ni jamais. Victoria semblait avoir subitement retrouvé une certaine confiance en lui – cette même confiance qui avait toujours sût lui nourrir l’espoir de le revoir durant sept longues années. A ce stade-là, nous pouvions largement assurer qu’elle semblait être capable à tout pour lui. Pour l’instant, elle ne le savait pas. Mais elle savait qu’elle était capable du pire sans lui. Neal était peut-être vu comme une personne odieuse, hautaine, prétentieuse et bourrée de tous les défauts du monde. Mais, malgré ce qu’elle avait enduré par sa faute, Victoria n’arrivait pas à se ranger de leur avis. Certainement que leur passé en commun, ainsi que leur lien l’avait toujours emmené vers une image propre de celui qui la faisait maintenant frissonner en un simple regard. La jolie blonde rapprocha alors son visage de celui du jeune homme pour prendre assaut de ses lèvres, ces lèvres si tentantes, si parfaites. La jeune fille sentit des picotements en bas du ventre quand elles rentrèrent en contact, d’une volupté incroyable. Doux, timide, lent, titillant, telle était la façon de Victoria d’attiser, de tenter d’apprivoiser les lèvres charnues du jeune homme avant d’insister un peu plus. Elle l’attira un peu plus contre elle, tandis qu’une de ses mains, les deux étant toujours nouées au niveau du haut du dos du jeune homme, se mit à parcourir nuque, cou, omoplate, épaule avant de descendre, sans se presser, vers le torse de Neal. La demoiselle se mit à faire des petits cercles dessus, alors qu’elle continuait à l’embrasser. Le monde pouvait arrêter de tourner, la porte pouvait s’ouvrir de nouveau qu’elle ne se décrocherait pas de lui. Elle ne le voulait pas. Il était comme l’unique souffle qui pouvait redonner un sens à sa vie. Victoria se sentit rapidement fiévreuse, se montrant de plus en plus désireuse dans son baiser et dans ses gestes avant de devoir s’arrêter, par manque d’oxygène certain. Elle garda les yeux fermés tout en pressant son front contre le sien. Respirations saccadées se mélangeant, elle eut un doigt qui caressa tendrement la courbe de la mâchoire de Neal pour mieux rejoindre une de ses lèvres.

On a sept ans à rattraper, n’est-ce pas ?

Sa main se dirigea alors dans ses cheveux, à moitié trempés, alors qu’elle l’embrassait furtivement sur le coin des lèvres puis sur la joue. Victoria avait terriblement besoin de ces nouvelles marques d’affection. Pour sûr, elle venait de passer deux mois démoralisateurs, seule et vide. Ce n’était pas étonnant qu’elle avait ce sentiment de devoir le toucher, le caresser, l’embrasser. Ne serait-ce que pour réaliser que ce n’était pas un futur cauchemar, que le coup terrible allait arriver. Elle n’avait pas une grande confiance de nouveau envers le monde extérieur mais elle était prête à se vouer corps et âme à lui. Parce que Neal était la seule personne qui lui donnait inconsciemment une bonne raison pour continuer à respirer. Et que ce n’était que maintenant qu’elle s’en rendait compte.

Et crois-moi, tu ne te débarrasseras jamais plus de moi. chuchota-t-elle, en souriant faiblement.

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Message(#) Sujet: Re: ROWLANDS' HOUSE | After the calm, the storm comes. (ended) Dim 13 Déc 2009 - 21:40

    Plus rien n’avait réellement de valeur à ses yeux. Comment avait-il pu ne serait-ce que respirer dans un monde, où Victoria l’ignorait ? Il ne le savait pas. Il ne comprenait même pas ce qu’il s’était passé il y a vingt minutes de cela. Elle était apparue comme une folle furieuse, osant lever la main sur lui alors qu’il était quasi prêt à la ‘violer’ puisque telle était son vœu. Et comme par enchantement, ils s’étaient aussi bien l’un que l’autre calmer. Se tenant droit à ses côtés, il ne cessait de la fixer. Il était évident qu’il regrettait de ne pas avoir plus tôt prit sa crainte entre ses deux mains pour se rendre chez la jeune femme. Peut-être aurait-il pu ainsi vivre ses moments depuis plus longtemps. Comme peut-être aurait-il gâché sa chance de renouer le contact. C’était la raison pour laquelle, il n’avait pas préféré s’y rendre. Alors il gâchait peut-être les jours suivants en espérant que la chance tourne en sa faveur. Il avait toujours eu cette facilité à cacher ses sentiments, à ne pas montrer aux autres ce qui saurait le blesser. Mais si autrefois, il paraissait hautain, c’était justement pour ne pas se faire piéger dans son propre jeu. Il était évident que Victoria l’avait manquée. Combien de fois avait-il pu rêver qu’il la prenait dans ses bras et qu’il guérissait ses blessures par de simples mots et un regard ? Malheureusement dans la vie, ça n’était pas toujours si facile. Et un mot en entraînant un autre, on arrivait si facilement à blesser et humilier. Chose qu’il n’avait jamais souhaiter, mais telle était la vision d’un ego puissant et d’une fierté sans faille. Peut-être craignait-il aussi qu’elle le rejette, qu’elle le considère comme ses autres personnes. Peut-être ouvrirait-elle un jour les yeux un matin en voyant les choses différemment. Peut-être arriverait-elle à l’effacer de sa vie sans peine. Pour toutes ses choses la, il avait préféré laisser le destin faire son travail. Relevant sa main sur la joue de la jeune femme, il la caressait si doucement, qu’il se laissait bercer par sa propre main. La peau de Victoria était si délicate qu’il y prenait goût.

    ‘‘ Tu crois que mon supposé futur coup droit mérite d’être mis en spectacle ? Et puis, je suis plutôt sage, comme fille, tu sais. Cependant, je ne pense pas pouvoir laisser passer ça sans rien dire. ’’ Neal grimaça en la regardant. Malgré qu’il resserra l’étreinte autour de la main de Victoria, il ne pouvait s’empêcher de penser qu’elle ne devait rien faire. Mais ne supportant pas l’image qu’on puisse lui faire du mal, il tenait quand même à ce qu’elle l’informe. Et il irait lui-même régler ses comptes. Après tout, il a toujours agit ainsi en sa compagnie, et ce n’était certainement pas à vingt ans qu’il changerait. Néanmoins savoir que Victoria pouvait se mettre en danger, ne le rassurait pas du tout. Même si elle est devenue plus forte et moins fragile. Il ne voulait pas qu’elle se batte - limite contre une autre femme, bien que cette image l’exaspéré au plus au point. Il avait toujours vu Victoria respirant la douceur et la fragilité. La gentillesse et la paix. C’était donc compréhensible qu’il est du mal à l’imaginer d’un coup, violente et imbus d’elle-même. C’était même inconcevable. Alors imaginer de suite, ce qu’il pourrait penser si elle venait à affronter Esteban Carson ou même Duncan Thomas. En tout cas ce jour la, personne ne devra se mettre au travers de son chemin, ni ne devra répliquer - parce qu’il serait capable du pire pour sauver sa dulcinée.

      « Je ne demande qu‘à le voir… Dit-il en lui tirant la langue, avant de reprendre - enfin ce côté sage bien sur. Pour ton coup droit, je préfèrerais m‘abstenir… »

    Il s’imaginait assez mal être devant une scène où Victoria se ferait attaquer sans rien dire. C’était à ses yeux inconcevable, pourtant il savait qu’elle finirait un jour par retrouver sur son chemin Esteban et que d’une certaine façon, elle fera tout pour se venger. C’était l’idée même qu’avait eu Neal à l’encontre de ses photos. Alors le fait qu’elle se retrouve devant ses images, ne pouvait la faire réagir que de la même manière - étant l’une des intéressées. Pourtant il avait ce besoin avide de la savoir en sécurité. Et pour cela, elle ne devait pas attaquer Esteban, car à son tour, il en surenchérira. Boule de neige, Neal voyait la bagarre comme son nez en plein milieu de son visage. Mais n’est-ce pas ce que Carson recherchait ? Ce que Duncan avait également voulu ?

      « C‘est presque inutile que je te le dise, mais si un jour tu as un problème, parle-moi en, avant de faire une bêtise. Les femmes ne sont pas faites pour se battre ni lever les poings… Dit-il en souriant rien qu‘à l‘image de la voir lever le siens, & ça ne vaut pas que pour cette fois-ci, pas que pour Carson. Mais pour tout le monde, Victoria. Tout le monde, la rassura-t-il en prenant sa main. »

    Pour être honnête, il ne savait pas si il cherchait à la sécurisée, ou si il se rassurait plutôt lui-même. Peut-être les deux qui sait. C’était une façon comme une autre de lui montrer qu’elle était, à ses yeux bien plus importante que le monde entier réunit. Et bien sur ça l’était pour de vrai. Jamais quiconque ne devait s’attaquer à elle si on ne voulait pas se retrouver Neal à dos. Et inversement probablement. Quoi qu’il en soit, le respect et la valeur étant quelque chose d’importants à ses yeux, il était évident que la place de Victoria n’était pas de défendre Neal. Ni de se battre pour lui. Il savait parfaitement régler lui-même ce genre de problèmes, osant bien plus qu’on ne pourrait imaginer. Il n’avait certainement pas peur de frapper une tierce personne - même si autrefois c’était un ami, pour les yeux de mademoiselle Blythe. Et ceux ne le comprenant pas, ne comprendront jamais ce couple ! Le rapprochement entre eux s‘était fait tout naturellement. Alors que dans la matinée même, ils se déchiraient. Lui-même ne comprenait plus grand-chose, excepté qu‘il soit fou amoureux d‘elle. Quand elle l‘embrassait, il ne pouvait s‘empêcher de fermer les yeux, et d‘adorer ça. Il ne pouvait s‘empêcher de se foutre du monde entier et que de ne voir plus que par elle. ‘‘ Promets-moi que tu ne partiras pas. Ni maintenant, ni durant les quatre-vingt prochaines années. Minimum. ’’ Il lui passa sa main derrière son dos tout en prolongeant les baisers, avides de ses derniers. Il n’avait pas embrassé depuis cette fameuse nuit, il n’avait touché aucune femme depuis cette nuit aussi. Et il se rendait compte que cela lui avait tout de même manqué. Même si il n’avait jamais voulu l’admettre ! Pour être plus précis, ce n’est pas les baisers, les caresses, les regards ou les rires de n’importe quelle femme qui lui ont manqués. Mais plutôt la tendresse et l’amour de Victoria. Relevant sa main, il caressa la joue de la jeune femme de toute sa main avant de remonter tout le long jusqu’à sa chevelure. Comme quand on récompensait un animal, multiplier au niveau tendresse. Enfin, il tira le visage de Victoria contre son torse, où elle s’appuyait contre lui, alors que Neal lui répondit.

      « Alors attends… Une mine réfléchie sur son visage sans qu‘elle ne puisse le voir, ça me ferait du 100 ans ?! Ajouta-t‘il fier de son calcul.Pour tes beaux yeux j‘irai même jusqu‘à 110 ans si tu me promets d‘en faire de même… »

    Cent dix ans, ou plus à vrai dire. Bien qu‘il ne savait pas de quoi était fait demain, alors autant en profiter aujourd‘hui. C‘était pourquoi, il arrivait à dépasser sa crainte. Seulement pour elle. Victoria lui donnait espoir et une envie de s‘améliorer. Il voulait pour elle, être un nouveau garçon, être une personne qu‘elle serait fière d‘aimer. Dont elle n‘aurait jamais honte ni qu‘elle repousserait. Et qui saurait lui faire retrouver le sourire, à qui elle arriverait à se confier dès lors qu‘elle ne serait pas dans un état normal. Une personne en qui elle voue une confiance et une franchise inconsidérable. Il se voulait pour ses multiples raisons - doux, attentionné, charmeur, rigolo et gentleman. Toujours prêt à la taquiner, toujours prêt à l‘aimer plus. ‘‘ On a sept ans à rattraper, n’est-ce pas ? ’’ Neal ne pu s’empêcher de la fixer une nouvelle fois, souriant encore et toujours. Lui montrant qu’il approuvait ses dires, qu’elle avait une nouvelle fois raison. Sept ans, pourtant semblaient à la fois long et court. Long loin d’elle, court près d’elle. Et dire que c’était le temps qui s’était écoulé les séparant. Il préférait ne plus y penser, laisser le passé au passé. & ne vivant plus que le présent.

      « Sept ans, plus les intérêts ! »

    Victoria ne l’aidait en rien. Il aurait éventuellement voulu se coucher, mais elle continuait ses doux baisers. Il en frissonnait toujours. Il arriva tout de même à reculer, emportant avec lui la jeune femme pour finalement vouloir rejoindre son lit. Mais elle s’arrêta en le tirant vers elle. Neal fronça les sourcils, se laissant toutefois faire, tant il avait été en manque de ses gestes et de cette demoiselle. Il l’avait paisiblement entouré de ses bras, qui se voulaient d’une douceur et d’une protection sans faille. Il savait de toute manière comment la faire chavirer - tout comme elle, en passant. Bien évidemment, qu’ils avaient sept ans à rattraper et qu’ils ne rattraperont jamais. Il avait malgré lui, finis par apprendre ce détail douloureux. C’était pourquoi, il ne voulait plus perdre une minute de plus et ne plus satisfaire ses tendres et nombreux ennemis, tout comme sa famille et son imbécile de frère. ‘‘ Et crois-moi, tu ne te débarrasseras jamais plus de moi. ’’ Plus jamais, non. Il souria tendrement en continuant de la serrer contre lui avant de lui chuchoter à son oreille, avec un air de misérable sur son visage.

      « Mais dans quelle galère je me suis encore mis ! Dit-il, un pincement aux lèvres, tout en l‘embrassant furtivement alors qu‘elle lui tira la langue. »

    Lui offrant un de ses sourires les plus marquants, il passa sa main sur le front de la jeune fille, remettant ainsi toute ses petites mèches en arrière, puisant son regard dans les yeux verts de sa copine. Pourtant, il était heureux qu’elle ne veuille pas le laisser. Elle aurait très bien pu vouloir rentrer chez elle. Mais à côté de ça, elle l’embrassait, elle continuait ses caresses pour finalement laisser sa main contre le torse de son ami. Il avait fermé les yeux, tout en resserrant l’étreinte. L’installant sur le bureau, ses mains avaient enveloppés le visage de la jeune femme dont elle n’avait pas interrompue le baiser échanger. Assise, il s’approcha d’elle un pas en avant - une main derrière son dos, le lui caressant. Alors que son autre main effleurait la joue de Victoria. Sa bouche qui autrefois goûtait à ses baisers, descendit le long du cou de la jeune femme, y laissant quelques bécots par ci et la. Alors qu’elle se laissait faire en resserrant toujours un peu plus l’étreinte, sentant une légère odeur fruitée à son tour.

      « Il faut que tu te changes maintenant… Aller monte ! Neal se retourna, présentant son dos à la jeune femme, n‘ai pas peur, monte je te dis… »

    Quelle idée avait-il encore derrière la tête celui-la ! Elle le savait fort et musclé donc elle n’était pas inquiète de savoir si il avait la capacité de pouvoir la porter. Ceci dit, elle était assez hésitante tout de même. Qu’avait-il dans son crâne pour insister autant ? Ils semblaient redevenir comme deux enfants, ayant grandis. Enfin, elle osa poser une de ses jambes sur un des deux côtés de Neal, pendant que ses bras entourent le cou du jeune Rowlands. Tandis qu’il la maintenait fortement, la seconde jambe de la jeune femme lâcha le bureau et vînt entourer complètement la silhouette du jeune homme, alors qu’elle se mit à rire. Neal s’empressa de faire quelques pas en avant tout en bousculant la jeune femme sur son dos et en rigola de même. Tournant sur lui-même, Victoria resserra ses bras comme si elle avait peur de lâcher prise, alors que Neal la tenait de son côté fermement. Enfin, il s’avança vers sa salle de bain ‘personnelle’ et lâcha délicatement la jeune femme qui finit par atterrir sur ses jambes sans grande difficulté, mais en bougonnant malgré tout. Lui souriant, il se retourna vers elle entourant la main de la jeune femme de la sienne avant de l’embrasser furtivement sur la joue, en guise du jeu du chat et de la souris avant de partir chercher quelques affaires chez Tabitha. La porte était déjà ouverte et la jeune femme semblait faire son ménage avec l’ordinateur d’allumer. Neal se dirigea vers son armoire, alors qu’elle se retourna sèchement vers lui, en lui lançant un regard assez vague, se demandant probablement ce qu’il faisait. Elle lui lançait quelques éclairs en soupirant. « Je te le revaudrais, ma Tabby. » Et il quitta la chambre en se dirigeant vers la jeune femme et en l’embrassant sur le front en guise de remerciement. Elle devait très certainement se douter pour qui ça allait être. Neal repartit donc avec une chemise de nuit avant de rentrer à nouveau dans sa chambre. Victoria en avait profiter pour regarder par la fenêtre en croisant les bras. Alors que Neal arriva par derrière elle et l’entoura de ses bras protecteur avant de l’embrasser délicatement sur la joue - le regard de Victoria semblait être perdu dans l’horizon. La tirant avec lui, il saisit la chemise de nuit, qu’il avait auparavant jetée sur son lit, avant d’emmener sa confidente à nouveau dans la salle de bain. Il déposa le vêtement sur le rebord de la chaise et lâcha la main de Victoria.

      « Je te laisse te changer. Prends une douche si tu le souhaites. Tu n‘auras qu‘à poser tes affaires humide ici, dit-il en lui montrant le porte linge accrocher au mur. »

    Malgré tout, il sortit une serviette de bain et un gant. Avant que la porte ne se referme sous sa pression. Pendant ce temps, il prépara le lit et descendit dans la cuisine chercher de quoi manger et boire - déposa le tout sur la table de chevet du côté de la jeune femme. Il avait d’ailleurs laisser sa lumière allumait. Enfin, il s‘allongea sur le lit et ferma les yeux tout en ayant refermer les volets. Quand Victoria ouvrit la porte, elle ne pu que sourire en voyant le gros bébé dormir. Elle éteignit la lumière de la salle de bain et se déplaça silencieusement pour déposer ses dernières affaires sur le bureau avant de prendre place sur le lit. Se recouvrant, elle n‘avait qu‘envie de l‘embrasser encore et encore - mais elle se mordilla la lèvre. Se retournant, elle bu une gorgée de jus d‘orange avant d‘éteindre la lumière et de s‘allongée, exténuée. Quand elle sentit quelqu‘un la tirait, elle se laissa toutefois faire, en se calant tout prêt de son corps. Elle sentit une main caressait sa chevelure, alors qu‘une autre enveloppait déjà l‘une de ses mains. Et ils s‘endormirent sans plus attendre.
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Message(#) Sujet: Re: ROWLANDS' HOUSE | After the calm, the storm comes. (ended) Dim 13 Déc 2009 - 22:03


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Message(#) Sujet: Re: ROWLANDS' HOUSE | After the calm, the storm comes. (ended)

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ROWLANDS' HOUSE | After the calm, the storm comes. (ended)

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