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 life's no piece of cake

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Orlando Seavale

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name : Olivia
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Message· · Sujet: life's no piece of cake life's no piece of cake EmptyVen 4 Jan - 22:26

KATE + ORLANDO
@Kate Duggan

S’il y avait une chose qui lui manquait du temps où il vivait à Portland et mettait le moins possible les pieds à Windmont Bay, c’était bien les douceurs du Marceline’s coffee shop. Orlando avait pourtant testé bon nombre des salons de thé et pâtisseries de la ville mais aucun n’arrivait à la cheville de cet endroit chaleureux où son père l’emmenait chaque été jusqu’à l’adolescence. Ensuite, il y avait eu l’installation définitive dans leur maison de vacances, il y avait eu le divorce de ses parents – et le sien, un peu plus tard – et l’arrivée de sa trop jeune belle-mère. Dès lors, les têtes-à-têtes père-fils avaient perdu de leur fréquence et Orlando avait fini par refuser de poursuivre la tradition. Aujourd’hui, alors qu’il contemplait le comptoir et les chefs-d’œuvre qui y étaient exposés, il regrettait d’avoir été aussi obstiné, d’avoir nourri cette colère envers son père. Ce dernier était mort et Orlando avait le sentiment d’avoir manqué sa chance de lui dire à quel point il l’aimait.
Alors c’était peut-être en mémoire de Josef qu’il était là.
Ou bien d’autre chose, il ne savait plus trop. Il n’était plus sûr de rien et encore moins de ce qu’il fabriquait à Windmont Bay. Les semaines s’étaient écoulées depuis son retour et il avait l’impression de nager en plein marécage de souvenirs, d’espoirs déçus et d’un brouillard complet en ce qui concernait son avenir. Qu’est-ce que je fous encore là? Il se posait la question au moins deux fois par jour et il ne trouvait pas plus de raison de s’en aller. C’était comme s’il était à un carrefour de son existence et que, quelle que soit la direction vers laquelle son regard se portait, il y avait une piste brouillée qui ne lui indiquait pas quelle voie il était censé suivre. Aurait-il dû retourner à Portland ? Se trouver un job dans la branche qu’il avait étudiée ? Sans doute. Ç’aurait été la solution la plus logique, en tout cas, mais quelque chose empêchait Orlando de se lancer. Pourquoi ? Pour qui ? Était-ce un hasard s’il avait appris, juste au moment de faire un choix crucial, que son ex-épouse avait eu un accident qui lui avait coûté la vue ? Parfois, le jeune homme se demandait si les choses n’arrivaient pas pour une raison. Laquelle, dans ce cas-ci, il l’ignorait. A moins qu’il cherche à voir quelque chose qui n’existait pas – après tout, Letty avait l’air de se débrouiller parfaitement sans lui, comme elle l’avait toujours fait…
La voix d’un jeune homme le tira de ses réflexions alors qu’il observait le gâteau préféré de son père – jusqu’à la fin, ce dernier avait feint de le manger avec appétit, même quand il semblait évident à son fils que tout ce que son père mettait en bouche avait l’air d’avoir un goût de cendres – et Orlando constata que c’était bientôt son tour. Un rapide coup d’oeil lui indiqua que l’enseigne était toujours aussi appréciée et il reconnut, quelques têtes plus loin, le visage de Kate Duggan. Un sourire glissa sur les lèvres d’Orlando qui fut ramené à la réalité par la salutation de l’employé.
- J’aimerais un Cappuccino et une part de cheesecake, s’il vous plaît. Et je vais payer d’avance ce que la demoiselle brune prendra.
Orlando tendit deux billets et récupéra sa commande avant d’aller s’installer près de la baie vitrée.
Kate trouverait peut-être la démarche étrange – surtout qu’à part en présence de leur relation commune, ils ne s’étaient jamais vraiment fréquentés – mais Orlando était à un stade où n’importe quelle tentative était bonne pour essayer de se réinsérer dans sa ville d’enfance. Il sirota son café et glissa une première bouchée de la fameuse pâtisserie entre ses lèvres au moment où le jeune homme derrière le comptoir indiquait à Kate que sa commande était déjà réglée. Quand il désigna Orlando et qu’elle se tourna, sans doute surprise, le jeune Seavale s’essuya la bouche et lui adressa un signe amical.
Et il ne restait plus qu’à espérer qu’elle s’approche pour qu’il l’invite à s’asseoir avec lui, si elle avait un peu de temps devant elle.

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Kate Duggan

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Message· · Sujet: Re: life's no piece of cake life's no piece of cake EmptyDim 6 Jan - 23:26

Le froid lui mordait les mains depuis qu'elle était sortie de chez ses parents, et instantanément, Kate regretta de ne pas avoir fait le choix de prendre sa voiture. Sous couvert d'une excuse écologique, « respectons un peu plus la nature et elle nous le rendra bien », elle avait dissimulé son peu d'envie de se retrouver face à eux, face à Ella qui était de retour en ville pour un temps, apparemment, et face aux questions qui étaient ben trop évidentes à deviner ; tant que, sans même avoir posé un pied chez eux, elle avait déjà joué dans sa tête la conversation qu'ils auraient. Comment est-ce qu'elle allait. Comment est-ce que le travail se passait. Et Anton, dans tout ça, comment ça se déroulait avec lui. Elle avait presque su écrire mentalement le script de leur rencontre au mot près, les soupirs en didascalies. Sa mère lui avait dit qu'elle lui manquait, qu'elle devrait passer plus souvent ; qu'elle, elle n'osait pas tant venir frapper à sa porte, de peur de déranger ou de ne pas l'y trouver, tant elle savait que sa fille se plaisait à vagabonder. Son père l'avait détaillée, à la façon de celui qui ne l'avait pas vue depuis trop longtemps – Noël n'était pourtant pas si loin, ne pouvait-elle s'empêche de penser – et, comme à son habitude, avait finit par occuper la majeure partie de la conversation. Kate, elle, attendait que sonne l'heure convenable pour quitter les lieux. Elle se savait parfois injuste avec eux. Savait qu'ils avaient fait ce qu'ils avaient fait pour des raisons compréhensibles, qu'elle admettait mais n'acceptait pas toujours, préférant alors limiter le temps passer en leur compagnie pour ne pas prendre le risque de laisser le mauvais côté de son caractère remonter à la surface. C'était une relation inique qu'elle entretenait avec ses parents, où les attentes et les ressentis n'étaient jamais les mêmes envers les uns et les autres, où les visites prenaient tantôt une apparence douce, tantôt l'allure de confrontations. Elle avait voulu gagner du temps en s'y rendant, trouver le moyen de tempérer son caractère qu'elle savait parfois difficile, mais maintenant qu'elle sortait de chez eux, le regret commençait à piquer autant que le froid contre ses phalanges. Harbor Row trouvait en son sein, aujourd'hui, au moins un réconfort ; l'odeur qui s'échappait de la porte du Marceline's Coffee Shop, qui s'ouvrait et se fermait au bon gré des passages, attira son regard après avoir capté son attention, et dirigea ses pieds dans sa direction. Sans grande surprise, une petite file de personnes se dessinait entre les murs, contre les vitrines de verre jusqu'à la caisse, mais elle ne s'en formalisa pas, glissant déjà son regard sur ce qu'ils proposaient aujourd'hui alors que son appétit semblait sortir de sa torpeur jusqu'à faire gronder le creux de son ventre, sur lequel elle posa une main distraitement. Les questions de ses parents continuaient de tracer leur chemin dans son esprit sans vouloir en sortir ; elle avait presque eu la sensation que sa mère sentait quelque chose, comme une sorte de sixième sens offert aux femmes après être devenues mères, quelque chose de suffisamment peu précis pour ne pas qu'elle devine de quoi il pouvait s'agir, mais d'assez pointu pour qu'elle ne puisse croire sa fille lorsqu'elle lui affirmait que rien n'avait changé dans son quotidien. C'était idiot, peut-être. La plupart des gens se seraient empressés d'en parler à leurs proches, leurs parents, leurs frères et sœurs. Kate préférait garder pour elle sa grossesse, pas tout à fait sûre d'être prête à assumer la façon dont tout deviendrait encore plus réel à mesure que de plus en plus de personnes apprendraient la nouvelle. Elle avait l'impression de n'être sûre de rien, ou de pas grand-chose, ces derniers temps, et Kate ne s'y retrouvait pas. Ça n'était pas comme ça qu'elle était d'ordinaire et, retenant un soupir lorsque l'employé derrière le comptoir s'adressa à elle, elle releva la tête et lâcha la seule certitude qu'elle semblait parvenir à trouver pour l'instant : un café, et un cupcake. Ses sourcils se froncèrent lorsque le garçon refusa de prendre le billet qu'il lui tendait, lui affirmant que la commande avait déjà été réglée. Tournant la tête pour découvrir le visage du mécène, elle ne chercha pas à cacher l'expression de surprise qui pointa sur ses traits à la vue d'Orlando et du signe qu'il lui adressait. D'un geste un peu distrait, elle tendit la main pour récupérer sa tasse et sa pâtisserie, remercia le garçon d'un signe de tête et s'approcha de la table où Orlando Seavale avait trouvé place malgré l'affluence de personnes. Elle n'attendit aucune autorisation avant de poser, face à lui, sa commande et de tirer la chaise à elle, prenant comme une invitation le paiement de sa commande. « Que me vaut cet honneur ? » Elle s'assit sur le siège, prit ses aises en retirant sa veste pour la laisser retomber mollement sur le dossier, ne défaisant pas son regard du jeune homme. Elle ne le connaissait finalement pas vraiment – en dehors des moments partagés avec Letty, elle n'était pas sûre de lui avoir déjà réellement adressé la parole, ainsi se retrouvait-elle, la curiosité piquée par le geste. « Ça faisait longtemps. » Un demi-sourire prit place sur son visage alors que, glissant ses doigts autour de la tasse, elle la porta à son visage pour souffler sur son café.

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Orlando Seavale

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Message· · Sujet: Re: life's no piece of cake life's no piece of cake EmptyLun 14 Jan - 19:53

Pendant un instant, Orlando se demanda si Letty désapprouverait son approche. Peut-être qu’elle ne verrait pas d’un bon œil qu’il discute avec sa famille. Après tout, il en avait été évincé, ce n’était pas pour qu’il aille faire ami-ami avec sa cousine. Mais Letty n’était pas là et il y avait un moment qu’il ne savait plus ce qui se passait dans sa tête – s’il l’avait seulement un jour su. Il avait, après tout, après coup, passé des semaines à analyser leur relation. Qu’est-ce qui clochait ? Qu’est-ce qui avait précipité leur union vers l’échec ? Était-il le seul fautif ? Avait-elle regretté sa décision ? Ses sentiments avaient forcément changé, mais à partir de quel moment ? Il avait eu beau ressasser les événements, leurs discussions houleuses, leurs silences électriques, il n’avait pas décelé l’origine de leur éloignement. Mais ç’avait toujours été le problème, non ? avait-il songé avec amertume. Son incapacité à prévoir, à entrevoir, à ressentir le malaise. Il avait mis des œillères, avait refusé d’admettre que se marier si jeune avait peut-être été leur première erreur. Alors, dans ce cas, s’ils ne s’étaient pas dit oui, s’ils n’avaient pas échangé ces vœux auxquels Orlando croyait pourtant de tout son coeur au moment de les dire, auraient-ils tenu le coup ? Était-ce le poids de leur mariage qui avait causé leur perte ? Ou avaient-il été destiné à se perdre peu à peu ? Tant de questions et si peu de réponses. Une de plus, une de moins, qu’est-ce que cela changeait ?
Peut-être que Letty n’apprécierait pas. Ou peut-être qu’elle verrait en cette approche, une tentative maladroite de la récupérer. Lui-même ignorait totalement ce qu’il espérait en jetant un pont entre Kate et lui. L’idée lui avait semblé bonne, sur le moment, et puis il avait toujours apprécié la jeune femme, malgré leurs liens lointains et presque illusoires. Alors qu’importe s’ils échangeaient de simples banalités ou s’ils se mettaient à évoquer leur relation commune, Orlando voulait juste retrouver quelque chose qui le rattache à cette ville.
Les bras croisés sur la table, il observa l’avancée de Kate et fut content – et un peu soulagé, aussi – de la voir prendre place face à lui. Les yeux chocolat glissèrent vers la tasse fumante et la pâtisserie et un sourire vint écorner ses lèvres avant qu’il les pince et arque les sourcils, comme s’il était étonné par sa question pourtant parfaitement logique :
- Je me sentais d’humeur généreuse, dit-il avec un haussement d’épaules. Et puis je ne savais pas trop comment t’aborder sinon...
La confession ne lui procura aucune honte, à peine un sourire un brin narquois et il hocha la tête, confirmant son assertion :
- Quatre ans, au moins, j’imagine...
Les années filaient et, pourtant, il avait l’impression que c’était hier. Il n’y avait nul besoin de mentionner le divorce, Kate avait sûrement fait le lien, même si cela ne la touchait pas vraiment, ou de très loin. De son côté, il ne savait absolument rien d’elle, il le réalisa à ce moment-là et en éprouva une certaine gêne. Il fallait décidément qu’il soit culotté pour s’inviter dans sa vie quand ils n’avaient été que des vagues connaissances, même pas des potes, encore moins des amis. À coup sûr, la jeune femme devait dès lors trouver sa démarche étrange et Orlando se racla la gorge en cherchant un moyen de ne pas instaurer plus d’embarras.
- J’ai l’impression de ne plus reconnaître personne, confessa-t-il, avec une pointe de cynisme. Je ne suis pourtant pas parti si longtemps que ça mais c’est comme s’il ne restait plus grand-monde de mon entourage. Enfin… c’est peut-être que je suis le dernier survivant de ma promo. Ils sont tous partis et moi je reviens au bercail. À quoi je m’attendais?
La question n’appelait pas vraiment de réponse et il noya le silence avec une gorgée de sa boisson. Il n’avait aucunement eu dans l’idée de s’apitoyer sur son sort et s’il avait voulu chercher de la compassion, il n’aurait certainement pas été la chercher auprès de la cousine de son ex-épouse. Mais la situation était plutôt simple : il était paumé, ne trouvait plus ses marques dans cette ville qui l’avait accueilli chaque été puis à temps plein à partir du milieu de l’adolescence, et il se raccrochait aux quelques visages qui le ramenaient au passé. C’était sans doute idiot de se réfugier dans les souvenirs plutôt que d’essayer de s’inscrire à nouveau dans la vie de Windmont Bay mais à défaut d’avoir une vision claire de son avenir, il tentait de recoller les morceaux du puzzle de son existence morcelée.
- Et toi ? Qu’est-ce que tu deviens ? Ça ne te gêne pas, au moins, ce que j’ai fait ? Je ne voudrais surtout pas créer de malaise inutile.
Orlando grimaça. Peut-être qu’avec cette remarque, il allait précisément faire naître quelque chose qui n’existait pas auparavant, mais il n’avait jamais été du genre à cacher ce qu’il ressentait. À tort ou à raison. Il avait toujours préféré l’honnêteté mais peut-être qu’il aurait mieux valu qu’il apprenne à faire la part des choses et à ne pas jeter la moindre de ses émotions aux autres. N’était-ce pas, après tout, ce qui avait fait fuir Letty en premier lieu ? Ce besoin constant d’elle, cette incapacité à mener sa propre barque, à toujours agir en fonction d’elle. Ça, il l’avait bien compris, à force, mais de là à l’accepter vraiment, il y avait une marge.

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Message· · Sujet: Re: life's no piece of cake life's no piece of cake EmptySam 26 Jan - 21:55

Trouver Olrando Seavale face à elle ne faisait pas partie de ce à quoi elle s'était attendue aujourd'hui, malgré les scénarios qu'elle avait pu dresser dans son esprit depuis ce matin et qui, presque tous, tournaient autour de a rencontre avec ses parents et sa sœur pour le déjeuner. Mais lui, ça faisait bien longtemps qu'elle ne s'attendait plus à croiser son chemin, s'il fallait être honnête. Dans ses souvenirs, il ne foulait même plus les pavés de Windmont Bay, s'occupant elle ne savait comment, elle ne savait où, alors qu'elle avait perdu l'habitude de croiser sa silhouette au détour d'une rue ou d'une autre. Si elle l'avait apprécié à l'époque où elle avait pu le connaître, si elle gardait de lui une impression agréable quant à ce qu'il était, elle n'avait pas porté plus d'importance que ça à ce qu'il avait décidé de faire de sa vie une fois le divorce avec Letty prononcé, le laissant alors reprendre cette place presque d'étranger qu'il avait pu avoir avant d'épouser la cousine de l'irlandaise. Se faire inviter par lui aurait pu lui paraître un peu plus incongru encore, si seulement elle avait eu une logique semblable à celle de la plus grande partie des gens qu'elle pouvait rencontrer. Mais Kate n'éprouvait que rarement une gêne quelconque et, dans son geste, elle n'y voyait finalement rien de mal ou de susceptible de créer un malaise, raison pour laquelle elle parvenait à simplement se laisser tomber sur la chaise face à la sienne, sa commande posée devant elle et ses yeux rivés dans ceux du garçon, qui avait bien changé depuis la dernière fois qu'elle l'avait vu. Laissant entendre un léger rire, elle glissa le doigt sur le bord de son café en observant Orlando, secoua un peu la tête. « Bonjour aurait pu suffire, en soi, mais qui suis-je pour cracher sur une invitation comme celle-là. Merci, du coup. » Elle leva un peu sa boisson vers lui pour appuyer le remerciement qu'elle lui offrit, la reposa sur la table en attendant qu'elle refroidisse légèrement. Sans grand mal, elle imaginait la voix mécontente d'Anton face à son choix de boisson, et une petite leçon de morale qui aurait pu pointer le bout de son nez sur les méfaits de la consommation de caféine pendant la grossesse – à laquelle elle aurait répondu, un sourire fier d'elle au coin des lèvres, qu'elle avait vérifié les doses maximales à ne pas atteindre dans son « état ». L'idée la perturbait toujours, et elle ne parvenait pas à s'y faire. Alors, décidée à ne pas laisser ses tourments reprendre le dessus une nouvelle fois, elle porta toute son attention sur son vis-à-vis, esquissa un léger sourire en acquiesçant. « Quelque chose comme ça, oui. » Elle n'avait pas compté le nombre d'années écoulées depuis la rupture entre Letty et lui ; elle n'arrivait déjà pas à tenir le compte de celles qui se déroulaient entre deux événements de sa vie. Quatre ans. Suffisamment de temps pour que beaucoup de choses puissent changer dans une existence, finalement. Rapidement, elle se repassa en mémoire les siennes, marquées par une présence d'abord nouvelle, jusqu'à devenir familière et nécessaire, et pourtant entrecoupée auprès d'elle. Quatre ans qu'elle avait rencontré Anton, et tout autant qu'ils avaient passé à se trouver puis à se perdre, se retrouver et s'éloigner à nouveau, lui laissant l'angoisse d'un possible nouvel éloignement à venir dans les prochaines semaines, qui lui tordait légèrement le ventre. Perdue dans ses pensées, elle fut ramenée sur Terre par le raclement de gorge d'Orlando et reporta toute son attention sur lui, portant finalement sa tasse à ses lèvres. « Tout le monde n'est pas parti pourtant, ou pas nécessairement définitivement. T'as les deux exemples à notre table : j'ai pas quitté Windmont, et toi tu as fini par y revenir. » Soupirant légèrement, elle s'humecta les lèvres, la langue échaudée par sa boisson, avant de secouer doucement la tête. « Et puis, dis-toi que parfois c'est mieux de ne plus voir certaines personnes, parce que c'est encore pire de se rendre compte qu'on ne les reconnaît plus alors qu'elles étaient sous nos yeux pendant tout ce temps. » Cette fois, elle n'avait pas d'exemple à donner. Réfléchissant un instant à son carnet d'adresses personnel, elle chercha quelqu'un qu'elle pouvait viser par cette remarque sans nécessairement y arriver, à moins de comparer ses propos au cas de Gale, à l'époque où ils étaient encore ensemble. Elle balaya rapidement l'idée, cependant, et pouffa un peu. « Il en faut beaucoup pour me gêner. » Constant que tout à chacun pouvait faire assez rapidement après avoir rencontré la brune ; peu de choses parvenaient à provoquer ce genre d'émotions en elle, quand l'inverse s'avérer plus souvent vrai, à sa façon de fare  comme chez elle peu importe où elle pouvait se trouver. Pour le reste, elle se contenta de hausser les épaules. « Je sais pas de quand date la dernière update que tu as pu avoir sur ma vie. Je suis pompier, pour le reste je ne crois pas que grand-chose a changé depuis la dernière fois qu'on s'est parlés. » Elle ne savait pas s'il fallait s'étendre sur son histoire avec Anton, ne voulait pas évoquer sa grossesse, jugeant qu'il était encore trop tôt pour ça. « Et toi, alors ? Où est-ce que tu étais passé pendant tout ce temps, qu'est-ce que tu as fait ? » Commençant à piquer sur son cupcake des petits bouts avec ses ongles, elle le regarda en attente d'une réponse, sincèrement intéressé à l'idée d'en savoir plus sur celui qui avait su faire tourner la tête de sa cousine.

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Message· · Sujet: Re: life's no piece of cake life's no piece of cake EmptyMer 27 Fév - 12:20

Malgré son statut d’enfant unique, Orlando n’avait jamais eu de mal à s’intégrer, à se faire une place parmi les autres. Il avait vu des gamins incapables de partager, où tout devait tourner autour d’eux, et les avait toujours contemplés avec effarement. Au contraire, lui n’aspirait qu’à se fondre dans la masse, à se créer des liens solides qui lui feraient oublier la solitude qu’était sa vie globalement gouvernée par des adultes. Lorsqu’il avait perdu son ouïe, suite à une infection, il avait redouté être relégué au second plan, d’être vu comme le garçon devenu sourd, et peut-être que cela aurait été le cas mais son père l’avait très vite inscrit dans une école pour malentendant, afin qu’il s’adapte à sa nouvelle vie, à ce nouvel environnement qui lui avait été imposé. Plus jamais il n’entendrait comme les autres et, en un sens, Orlando avait fini par considérer cela comme une richesse. Il s’était fait des amis qui, comme lui, étaient confrontés aux mêmes difficultés et ils avaient dépassé les obstacles. Aujourd’hui, sa condition avait plus d’un atout, notamment celui d’avoir pour ami un gamin de onze ans, espiègle et attendrissant, pour lequel être un modèle. C’était, à ce jour, son seul réconfort : avoir Cody Siringo comme interlocuteur volubile et infatigable lui permettait de mettre quelques instants de côté la sensation de ne plus appartenir à la ville où il avait grandi. Il ne doutait pas qu’il allait finir par s’y faire, par devenir à nouveau un membre à part entière de la communauté s’il restait. Il avait simplement cru que ce serait plus simple et plus rapide.
- Je ne fais jamais les choses à moitié…, plaisanta-t-il avec un demi-sourire et un haussement d’épaules.
Après tout, n’avait-il pas épousé la cousine de son interlocutrice, simplement parce qu’il était follement amoureux et qu’il n’avait aucunement envie d’attendre plus longtemps ? Cela ne leur avait rien apporté, au final, si ce n’est une douleur plus vive, des tracas plus conséquents. Il n’était pas certain de vouloir repasser par ces procédures administratives dans le futur, il était vacciné contre la mariage, non pas à cause de Letty ou de la façon dont les choses s’étaient terminées entre eux mais parce qu’il avait dû signer la fin de leur amour et de leur passion. Chaque fois qu’il repensait à ce jour où le divorce avait été officiellement prononcé, une pointe lui vrillait le cœur.
Cela ne l’empêcha toutefois pas d’émettre un rire à la réponse de Kate et il se mordit la lèvre inférieure en se concentrant sur sa part de cheesecake. Le bord de la fourchette s’enfonça doucement dans le fromage et il porta la première bouchée à ses lèvres. Quatre ans… Ce n’était rien et une éternité à la fois. Où serait-il d’ici quatre ans ? Aurait-il trouvé un job où il s’épanouissait ? Serait-il parvenu à tourner la page Letty Harper ? Quoi qu’il fasse, son esprit semblait obnubilé par ce chapitre doux-amer dont il ne savait trop que faire. Sans doute, depuis le temps, aurait-il dû être passé à autre chose mais Orlando n’avait jamais aimé les échecs et ce n’était pas le premier de son existence à lui hanter le cœur. Ni le dernier, sûrement.
- On dirait que tu parles d’expérience, dit-il avec une légère ironie, sans chercher toutefois à la pousser à la confession.
Ils n’étaient pas très proches avant, ne l’étaient pas davantage aujourd’hui, même si Orlando devait admettre que cela faisait du bien de lui reparler. Peut-être que, justement, le fait qu’ils n’aient pas été réellement amis mais de très bonnes connaissances facilitait leurs retrouvailles. Avec elle, pas de rancœur, pas de bagage, pas de souvenirs douloureux. Cela ne signifierait probablement rien à la fin de leur tête-à-tête, quand ils auraient chacun terminé leurs consommations et retourneraient à leurs vies respectives, mais en attendant, Orlando avait moins l’impression d’être un fantôme solitaire errant en ville. Kate, au moins, le voyait. Kate, au moins, ne s’embarrassait pas de grand-chose et la voir chasser sa gêne avec un petit rire le rassura et le réconforta.
- Tant mieux alors.
Il porta une nouvelle fois sa fourchette à ses lèvres et haussa légèrement les sourcils, à l’évidence impressionné par son statut de combattante du feu.
- Pompier, vraiment ? Ça doit être physique, comme job ! Tu ne te fais pas trop chambrer ? Sans vouloir te vexer, tu n’as pas la carrure que l’on s’attend à voir chez un pompier… Mais peut-être que je ne suis qu’un idiot aveuglé par les clichés, commenta-t-il, se moquant ouvertement de lui-même – encore une chose qu’il n’avait jamais eu de mal à faire.
Kate lui retourna la question et Orlando inspira profondément avant d’exhaler lentement :
- Moi… J’ai repris des études après le divorce. D’abord uniquement parce que je ne voyais pas d’autre moyen d’essayer d’oublier Letty qu’en me noyant dans autre chose, commença-t-il avec un sourire gondolé avant de laisser un léger rictus se dessiner. Et parce que mon père n’aurait de toute manière pas accepté que je zone chez lui comme une âme en peine… Après, j’ai fini par y prendre goût et j’ai terminé mes études à Portland. Et maintenant… Retour à la case départ.
Orlando haussa les épaules d’un air désabusé et demanda :
- Tu crois que c’est un problème propre à notre génération ? J’ai l’impression qu’on est tous, ou presque, des paumés incapables de se décider sur leur avenir. Enfin, pas toi, je ne t’inclus pas dans le lot. Mais je vois les chiots errants que sont les neveux de ma belle-mère, ou même la famille de ma meilleure amie et j’ai l’impression que plus personne ne sait rester en place, que tout le monde aspire à autre chose, sans savoir quoi.
Le jeune homme se tut puis laissa une grimace froisser ses traits :
- Tu peux me dire d’arrêter de psychanalyser les jeunes d’aujourd’hui, je ne t’en voudrai pas.
Il n’avait aucune envie d’ennuyer Kate avec ses doutes et ses peurs, sa confusion et son errance professionnelle et sentimentale. Mais de quoi étaient-ils supposés parler quand ils se connaissaient si peu et ne s’étaient plus vus depuis une éternité ?

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Message· · Sujet: Re: life's no piece of cake life's no piece of cake EmptyVen 26 Avr - 1:45

Il y avait des rencontres que l'on faisait et auxquelles rien ne semblait nous prédestiner. Parfois elles n'avaient pas de grande influence sur notre existence, parfois, au contraire, elles en changeaient toute sa portée. Kate ne savait pas vraiment où la mèneraient ses retrouvailles avec Orlando aujourd'hui même si, suivant une question de logique qu'elle pensait presque imparable si l'on s'en tenait uniquement à des faits terre-à-terres, la première option lui semblait la plus envisageable. Elle n'arriverait sans doute pas à s'imaginer quel changement intense et fort il parviendrait à créer dans sa vie, mais pour autant ça ne l'empêchait pas de déjà porter toute son attention – ou presque – à la personne qui se tenait face à elle, après autant d'années d'absence, et dont elle semblait ne plus rien savoir ; « sembler », ou plutôt savait. Un léger rire lui échappa et elle secoua doucement la tête à sa remarque, avant de hausser légèrement des épaules. « Partisan du 'go big or go home', ou ?... » Son sourcil arqué et son regard appuyé sur lui, elle afficha un rictus taquin et lui revint alors en mémoire le plus fort souvenir qui était accolé au garçon dont elle partageait la table. Elle se rappelait encore de l'expression de Letty, venue lui annoncer ses fiançailles avec Orlando, et de sa propre surprise quand tout ça lui était parvenu aux oreilles – et aux yeux –, rapidement balayée par cette envie de soutenir sa cadette par tous les moyens possibles ; si tel était son choix, alors se sentait-elle prête, à l'époque, à le respecter et à soutenir sa cousine, puisqu'à quoi bon avoir une famille si c'est pour renier les choses qui rendent les autres heureux. Alors effectivement, elle avait envie d'approuver les paroles du brun, qui ne semblait pas être de ceux capables de faire dans la demi-mesure. Et, pour Kate Duggan, il s'agissait là d'une qualité à tous les égards, tant la passion et la détermination des uns et des autres parvenaient à les faire se glisser dans ses petits papiers, parce qu'une part d'elle s'y reconnaissait fortement. Finalement, dans un haussement d'épaules, elle hésita un instant à balayer la remarque suivante qu'il lui offrit, avant de se contenter d'un simple : « qui peut se vanter de n'avoir jamais eu une expérience comme ça avec quelqu'un ? » générique, mais qu'elle imaginait efficace malgré tout. C'était le genre de choses universelles, que tout à chacun venait à expérimenter à un moment donné de sa vie, cette façon de regarder les gens qui l'entourent changer, sans que ça ne soit nécessairement pour un meilleur côté de ce qu'ils étaient. Il n'y avait pas vraiment d'aveu à faire derrière ça, ou de ragot à colporter (quelque chose lui soufflait qu'il n'était probablement pas intéressé par ce genre d'échange de toute façon), simplement un constat un peu pessimiste quoi que réaliste de ce à quoi il était possible de s'attendre à un instant « t » comme à un autre. Son café porté à ses lèvres, elle les y trempa doucement sans détourner son regard de celui qu'elle réapprenait à connaître dans ce début de conversation déjà connoté d'une certaine dose de sérieux. Dotée d'une curiosité qu'on ne pouvait remettre en cause, elle avait envie d'en savoir plus, d'avoir un aperçu de ce qui avait fait sa vie pendant cette période d'absence, sans que ça ne soit malsain ni, l'espérait-elle un peu, jugé comme étant déplacé, puisque tel n'était pas son but. Dans un nouveau rire léger, elle secoua la tête. « Tu n'es sans doute, au moins un peu, qu'un idiot aveuglé par les clichés : une carrure d'apparence chétive ne l'est pas forcément. Mais je peux concevoir cette vision des choses, et je ne t'en veux donc pas. Sache, par contre, que je m'en sors très bien dans mon boulot. » Un petit clin d'œil, voulu complice, lancé dans sa direction, et elle ouvrit à nouveau ses oreilles, son attention donnée à son interlocuteur pour écouter son résumé concis des quatre dernières années qu'il avait pu vivre. « Qu'est-ce que tu as fait, comme études ? Et est-ce que ça a marché ? Pour que tu oublies Letty. Les ruptures ne sont pas toujours la porte à une page que l'on tourne, et cette fois je parle d'expérience. » Elle leva sa tasse comme si elle portait un toast, un air à moitié amusé sur les traits. Elle était reconnaissante de cette vérité-là : si chaque rupture menait forcément à une page tournée et l'oubli complet des sentiments éprouvés pour quelqu'un d'autre, probablement n'en serait-elle pas au même point aujourd'hui, et ils n'auraient jamais essayé aussi souvent de se donner une chance, Anton et elle. Malgré la douleur éprouvée parfois au cours de leur relation, ces quatre dernières années, elle ne regrettait rien. Pas vraiment. « Puis, si ça peut te rassurer, tu n'es pas vraiment de retour à la case départ, on y est jamais réellement quand on y réfléchit, puisqu'on n'est jamais réellement la même personne non plus. » Un bref instant, elle roula des yeux contre elle-même pour philosopher de la sorte. Arquant un sourcil en l'écoutant dans un intérêt en rien mimé, elle pouffa un peu. « Non, tu peux continuer, c'est pas un problème. Autrement, je ne sais pas si c'est vraiment un problème générationnel, ou juste la mise en lumière à notre époque de quelque chose qui a toujours existé. Mais peut-être que tu as raison, on a plus de possibilités qui s'ouvrent à nous aujourd'hui qu'il y a quelques décennies de ça, et donc plus de facilité à se perdre parmi l'éventail de choix qui s'offrent à nous, ce qui fait qu'une grosse partie se retrouve paumée dans tout ça. Un océan de possibilités dans lequel il fait si bon de se noyer, on dirait. » Elle marqua une pause, réfléchit un instant. « Tu t'inclus dedans, à cause de ton retour à Windmont ? T'as quoi, 23 ans ? 24 ? C'est pas comme si tu n'avais plus l'opportunité de trouver ton chemin, si c'est ça qui t'inquiète, et tu peux toujours trouver cette 'autre chose' à laquelle tu aspires. » Ah, est-ce que c'était les prémices d'un instinct maternel surdéveloppé du à sa grossesse, ou juste l'étendue dans laquelle il existait déjà ? Probablement la seconde option ; il lui était déjà arrivé de tenir ce genre de discours pour quelqu'un d'autre. Cependant, tout en continuant de grignoter sa pâtisserie, elle attendit la réponse qu'il pourrait lui donner, se sentant clairement intriguée par la réponse qu'il allait lui offrir.

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Orlando Seavale

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Message· · Sujet: Re: life's no piece of cake life's no piece of cake EmptyMer 1 Mai - 15:45

Orlando se souvenait à quel point il fuyait les conversations sérieuses avec son père. Dès qu’il voyait ses traits se figer, ses sourcils se froncer légèrement, sa bouche prendre un pli singulier, Orlando cherchait l’issue la plus proche (généralement en prétextant avoir rendez-vous avec ses amis) et se volatilisait. Les sujets épineux – le divorce d’avec sa mère, la nouvelle organisation familiale, la gestion du scandale à Portland, l’installation permanente à Windmont Bay, l’arrivée de McKenna et pire que tout : ce qu’il était censé éprouver vis-à-vis de tous ces bouleversements qui étaient survenus, de manière plus ou moins rapprochés au cours des années de son adolescence – les éloignaient, son père et lui, Orlando s’en était persuadé lorsqu’il avait quinze ou seize ans, mais, à présent, plus âgé, plus mature, il se demandait juste si le souci n’était pas leur communication en générale. Ils n’avaient jamais rien fait comme les autres pères et fils, du moins ce que dans l’imaginaire d’une jeune Seavale, ils auraient dû faire : des parties de base-ball, des soirées devant des matches de football, à commenter les stratégies choisies, une bière à la main, une compétition de golf, quand le temps les y invitait. À la place, Josef et lui ne s’étaient jamais vraiment compris et Orlando ne savait pas si c’était simplement parce que son père n’était pas fait pour engendrer un rejeton ou s’il était trop vieux au moment où Orlando était venu au monde, pour assumer le rôle avec la vigueur nécessaire. Orlando ne cherchait généralement pas à analyser la situation au-delà de ces quelques éléments éparses. Il aurait sans doute fallu quelques années de thérapies pour discerner le rouage complexe de la mécanique Seavale, songeait Orlando, et maintenant il était trop tard pour essayer de rattraper le passé. Son père était mort et Orlando avait parfois l’impression d’être orphelin, tant sa relation avec sa mère était distante. Elle s’intéressait peu à ce qu’il faisait et lui, il n’avait pas la patience de côtoyer la nouvelle famille de ce côté-là. Au fond, et c’était l’ironie de la situation : sa seule famille se trouvait désormais être McKenna Lindberg.
L’autre ironie, c’était que s’il ne s’était pas précipité dans le mariage avec Letty et, surtout, s’il ne l’avait pas laissé se détériorer pour finir par s’éteindre brutalement, la jeune femme à qui il faisait face aurait pu aussi se glisser dans cette case familiale élastique, qui pouvait se rétrécir au strict minimum – deux individus vaguement liés – ou s’étendre à toutes sortes de gens – la famille des autres, par extension. Mais ils n’en étaient plus là et Orlando ne cherchait même plus à savoir pourquoi et comment tout cela s’était produit. C’était la vie, se disait-il avec une certaine lassitude. Ça n’était jamais un long fleuve tranquille.
- On pourrait le croire, comme ça, hein? répliqua-t-il, le rictus aux lèvres. Ou on peut voir ça autrement : le gars ne sait pas comment faire les choses simplement.
Bonjour aurait suffi, oui, songea-t-il. Mais peut-être que bonjour ne l’aurait pas incitée à se joindre à lui. Elle aurait aussi pu se contenter d’un sourire poli avant d’aller voir ailleurs, histoire de ne pas être importuné par le grand dadais qui avait malmené le coeur de sa cousine. Ils en étaient là, cependant, à couvert de fausses confessions, à parler de leurs occupations respectives, à débattre de maux de société. À ne pas trop se mouiller, en somme, puisqu’ils n’étaient finalement pas grand-chose pour l’autre et, en même temps, Orlando ne pouvait la nier, cette sensation agréable qui lui échauffait la poitrine. Ça lui faisait bien, de discuter, tout simplement, de ne plus fuir les sujets épineux et les interlocuteurs comme il avait pu le faire durant son adolescence.
- Je n’en doute pas. C’est juste que..., commença-t-il, hésitant un instant, alors qu’un sourire un peu railleur lui écornait les lèvres. Imaginons qu’un feu se propage, que je sois coincé dans une pièce à je ne sais quel étage et que ma sauveuse apparaisse par la fenêtre. Il vous arrive de porter des gens, n’est-ce pas ? Tu te vois me trimballer sur ton épaule ? Enfin, j’imagine qu’on vous apprend toutes sortes de manipulations pour faciliter les transports mais quand même…
Mais au fond, peut-être que ce type de sauvetage était réservé aux caméras des séries télévisées, qu’en savait-il, lui qui n’avait jamais assisté au moindre incendie ?
- Oh, je n’ai pas été très inventif, j’ai fait sciences politiques, uniquement parce que j’étais plutôt doué pour le sujet mais, au fond, ce n’est pas vraiment ce qui me passionne. Je préférerais trouver quelque chose de plus terre-à-terre, de plus… humain.
Il ne se doutait pas qu’il trouverait, quelques mois plus tard, un poste à la clinique vétérinaire de Windmont Bay, ce qui n’avait rien avec le diplôme qu’il avait en poche. Ce ne serait peut-être qu’un bout de papier pour expliquer son occupation pendant cinq années de son existence. À nouveau, il se dit que son père n’était plus là pour remettre en cause chacune de ses décisions et savoir qu’il ne pouvait plus le décevoir avait quelque chose de rassurant, d’apaisant, même s’il aurait clairement préféré qu’on lui rende son père et son regard résigné.
- Honnêtement, je pensais que oui. Mais il a suffi que j’entende parler de l’accident pour que tous mes efforts s’envolent comme s’ils n’avaient jamais existé...
L’aveu lui extorqua une sorte de rire moqueur.
- Si tu veux élaborer, je suis toute ouïe, ajouta-t-il en penchant légèrement la tête. Quand on rompt, on est censé tourner la page, non ? A moins qu’il y ait une chance de réparer les choses?
Là, invariablement, une part égoïste – et puérile – de lui-même souhaita que Kate lui souffle un brin d’espoir, que, peut-être, d’une certaine façon, elle savait qu’il avait encore une chance avec Letty. Mais il savait qu’elle parlait d’une expérience personnelle et se dit que si elle l’évoquait, même à demi-mots, c’était qu’elle n’était pas entièrement réfractaire à l’idée d’en parler. Peut-être se trompait-il, cependant, il ne connaissait finalement pas vraiment le caractère de la jeune Duggan.
- C’est vrai, tu as raison. Évidemment. On n’est jamais la même personne à l’arrivée, même si le décor n’a pas changé.
Mais même le décor avait changé, alors pourquoi avait-il cette impression de faire du sur place ? Pourquoi regardait-il tout d’un œil désabusé quand il aurait pu auréoler l’avenir de toutes les possibilités dont il regorgeait ? Rien ne le forçait à rester, rien ne le forçait à partir, il pouvait faire ce qu’il voulait, au rythme qu’il voulait. Il avait cette chance, contrairement à d’autres, de ne pas avoir à se soucier de renflouer son compte en banque, de ce qu’il allait mettre dans son assiette ou comment avoir un toit au-dessus de sa tête. Pour un temps, du moins. De quoi se plaignait-il, au juste ?
- Vingt-quatre, je sais, je sais, j’ai la vie devant moi, pourquoi je m’angoisse inutilement ?
Il semblait mener l’interrogatoire dans les deux sens et il haussa les épaules, complétant son argument :
- Je crois que c’est l’absence de but qui me tétanise. J’ai toujours eu quelque chose pour m’occuper l’esprit et là, j’ai l’impression d’être à un carrefour et de ne pas savoir quelle route prendre et si je me trompe, de ne pouvoir retourner en arrière et… et je ne t’ai pas piégée avec mon appât pour t’embêter avec ces histoires.
Il lui adressa une grimace embarrassée et fourra une bouchée de cheesecake dans sa bouche, comme pour se bâillonner et arrêter d’assommer la jeune femme avec ses angoisses de jeune adulte en déroute. Il évita ainsi de revenir à Letty et à la question qui le hantait depuis le jour où ils avaient signé les papiers du divorce : où en seraient-ils s’ils avaient fonctionné, au lieu de se séparer ?

_________________

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