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 alea jacta est // filip.

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Céleste Brezlas

messages : 159
name : colloque sentimental / léa.
face + © : rose (Lempika, SIAL, brel, PANDO, little liars)
points : 205
age : vingt-trois ans, déjà abîmée par la vie.
♡ status : fiancée à l'interdit, le coeur battant toujours pour ses souvenirs.
work : ancienne camgirl, aujourd'hui femme de ménage dans un bar dans l'optique de reprendre ses études d'astronomie.
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Message· · Sujet: alea jacta est // filip. Mer 16 Jan - 18:09

Elle avait l'impression de pénétrer dans une autre dimension. Les langues se déliaient, les lèvres se mouvaient, mais le sens de leurs paroles restait flou. Lorsque ses pas avaient foulé le bitume de cette ville pour la première fois, elle avait eu un dépaysement certain. Les rues n'avaient plus la même odeur depuis qu'elle avait quitté son enfer. Un blues au premier abord. Leander lui disait que c'était normal, elle qui avait passé la plus grande partie de sa vie dans le même coin de verdure. Cette herbe verte qu'elle avait tant de fois écrasées de ses grands sabots crasseux. L'air pur des prairies de son enfance, avec ses cheveux lui fouettant le visage à chaque foulée. La brise lui manquait. Le visage bridé par le froid, elle aimait tracer des obliques dans la terre, près de chez elle. Souvent, à l'heure du couché, elle s'anime de sentiments nouveaux en racontant des histoires à Sigrid. Les aventures se passent souvent en norvège, le décor qu'elle anime lui paraît souvent plus lumineux que les faubourgs dans lesquels elle est passée durant la journée. Sa fille, le visage recouvert par un linge doux, rit en voyant sa maternelle s'animer ainsi, en lui proclamant des aventures sans queue ni tête. Les princesses n'épousent pas toujours le prince à la fin de l'histoire, et deviennent même des chevaliers lorsque le coeur lui en dit.
Mais pour que cet idylle se poursuive, et qu'elle n'ait pas à s'accabler de la descente aux enfers de son enfant, il lui fallait trouver de quoi subvenir à ses besoins primaires. Leander ne devait pas tout régler, ni être la seule tête de revenu du ménage. Céleste en avait conscience. Elle avait donc entreprit de trouver un emploi, au plus vite. L'absence de diplôme sur son curriculum vitae faisait d'elle un objet d'étude assez restreint. Peu d'employeurs souhaitaient accueillir une femme n'ayant pas terminer ses études. Ses notes excellentes et sa brillante intelligence n'y changeait rien. Il lui fallait passer par des métiers triviaux avant d'accéder à un poste à responsabilité. D'ici là, la belle aurait repris ses études afin de réaliser son rêve d'apprivoiser les étoiles. Elle en était capable, et envieuse de cracher son ascension au visage de ses parents. Elle se ferait seule. Sans l'aide de son nom. Sans prétendre à un avenir reposant sur les acquis de ces gens en qui elle ne pose plus aucun espoir.

Elle avait confié Sigrid à Leander, assez excitée à l'idée de redémarrer un chapitre dans la vie active. Les lumières de la ville l'avaient guidée jusqu'au bar, à quelques kilomètres seulement de son appartement. L'odeur d'alcool emplissait l'air, comme omniprésent dans le petit établissement. Elle s'y ferait. Quelques clients étaient répartis dans les coins de la pièce, buvant et riant. Il régnait dans la salle quelque chose d'accueillant. Pourtant, la belle avait du mal à prendre son courage à deux mains et aller se présenter auprès du patron afin de commencer son service. Debout à l'entrée, figée d'inquiétude, elle attendait un miracle. Quelques regards se tournaient vers elle, des regards qu'elle avait du mal à décrypter. Doucement, ses pas l'emmènent jusqu'à la table de certains clients où un homme semble plongé dans son travail. Il prend en note les consommations, certainement. Elle se sent coupable de le déranger. Sa timidité, exacerbée par la peur. Elle se contente alors de se racler la gorge afin d'attirer son attention, sans porter attention aux hommes de la table la regardant.
— Mh mh. Excusez-moi, j'ai rendez-vous. J'aimerais parler au patron de l'établissement, s'il vous plaît ?
Elle fait une pause, essayant de trouver les mots justes. Son accent est mauvais, elle le sait. Elle espérait que le serveur ne se moquerait pas d'elle, il paraît que certains trouvaient cela mignon. Elle, en avait honte.    

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Filip Storberget

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Message· · Sujet: Re: alea jacta est // filip. Jeu 17 Jan - 21:08

Un coup de poing en pleine tête n’aurait pas eu plus d’effet. Et pourtant, il en avait eu de nombreux par le passé, mais toujours physique et jamais d’une telle intensité. Si on mettait de côté ses petites aventures avec Leander et quelques autres. La journée avait pourtant bien commencé, c’était ce que le norvégien avait décidé en se levant le matin même, en dépit du planning chargé qui s’étirait en perspective. Cours le matin, révisions le midi, cours l’après-midi et travail le soir. Après les dégâts subis par le Saddle Peak Lodge et le temps des réparations, il avait trouvé un autre emploi à temps partiel dans un bar. La tenue était moins formelle, l’ambiance y était moins guindé mais les pourboires y étaient moins importants, raison pour laquelle il avait doublé ses heures de travail. Objectivement parlant, il aurait pu s’éviter ce genre de corvées et se concentrer sur ses études qui lui prenaient déjà beaucoup d’énergie. Néanmoins, il avait pris son indépendance et, n’en déplaise à Théa, il ne se voyait pas refaire machine arrière en retournant vivre chez ses parents. Il voulait montrer qu’il pouvait s’en sortir, se payer son loyer et bien s’intégrer dans la société. Même si son pays natal lui manquait de temps à autre et qu’il était parfois saisi d’une vague de nostalgie, il aimait son pays d’adoption, la liberté qui soufflait dans chaque coin de rue, l’exubérance qui se faisait l’écho de sa propre folie, l’impression de pouvoir tout faire avec un minimum de volonté. Contre toute attente, les choses avaient bien tourné pour lui, malgré un faux départ qui aurait pu lui être fatal, et il entendait à ce qu’elle reste en l’état. Sans s’être fait de plan de carrière sur le long terme, comme certains de ses camarades de fac, il avait déjà des idées : terminer ses études, devenir biologiste marin et traverser les océans, installer son port d’attache à Windmont Bay, savoir répondre toujours présent pour Georgie, traumatiser les garçons qui s’approchaient d’un peu trop près de sa cadette et pourquoi pas avoir un chez-lui. Même s’il adorait ses colocataires, il n’était pas aisé de vivre tous les jours avec deux blondinettes, parole de blondinet. Alors oui, il avait eu de bonnes vibrations en se levant ce matin, décidant que cette journée serait bonne et s’écoulerait de la manière la plus douce possible jusqu’à ce qu’il se glisse dans ses draps, ou de ceux d’un ou une autre, le soir même et ne se laisse bercer par Morphée. Rien dans ses perspectives de la journée ne l’avait cependant préparé à ça.

L’accent d’abord l’interpella. La jeune femme qui s’adressait à lui pendant qu’il était en train de prendre la commande de clients cherchait ses mots et semblait buter sur ces derniers. Mais sa manière de prononcer les voyelles lui donna l’impression d’une madeleine de Proust, de revenir au pays quelques secondes. La seule qui parlait ainsi à Windmont Bay était sa sœur cadette et il dut bien reconnaître que le hasard était curieux pour que deux norvégiens tombent l’un sur l’autre dans cette ville côtière loin de tout. Mais la réflexion se fit bien vite dans son esprit. A la vitesse de la lumière, il associa cet accent à une voix, presqu’un chant qui se réverbérait dans ses souvenirs augmentant sa pression artérielle et accélérant son rythme cardiaque sans qu’il puisse faire quoi que ce soit si ce n’est cesser de respirer, n’osant lever ses yeux de son carnet. La curiosité était peut être un vilain défaut mais fut salutaire lorsqu’il finit par se détacher de ses notes, ayant terminé de les prendre, et posa son regard océan sur une silhouette qu’il ne pensait jamais revoir, qu’il n’avait jamais oublié. A l’instar des dessins animés qui avaient bercés son enfance, sa mâchoire se détacha, s’ouvrant en grand, alors qu’il en fit tomber son crayon au sol. Quelles étaient les probabilités que son premier amour, celui qu’on n’oublie jamais vraiment, puisse se retrouver à quelques centimètres de lui après des années sans nouvelles et à des milliers de kilomètres de chez eux ? Quelles étaient les probabilités pour qu’elle pénètre à ce moment précis dans ce bar et s’adresse expressément à lui ? Il n’arrivait pas à y croire. Il ne pouvait y croire. Il s’agissait nécessairement d’un rêve. La journée avait été un peu trop idyllique et en réalité il demeurait toujours dans son lit. Dans quelques instants, Leslie allait passer devant sa chambre en conversation téléphonique sans se préoccuper qu’il dormait encore ou les notes de musique du groupe préféré de Dee allaient parvenir sourdement à travers les murs de sa chambre et le tirer de son sommeil. Il se pinça et grimaça sous la douleur : non, il était bien réveillé. Il tenta de se persuader alors que c’était un sosie qui ressemblait trait pour trait, avait la même voix et le même parfum que son premier amour. Mais qui tentait-il de tromper ? Il ne pouvait pas se tromper lui-même tant il l’avait aimé, tant il avait parcouru ses traits fins et délicats de ses longs doigts, tant il avait embrassé ses lèvres fines et ses yeux émeraude, tant il avait imprimé en traits de feu son visage dans son esprit. « Céleste ? » Il leva une main hésitante sur son visage, lui caressant doucement la joue et lorsque sa peau entra en collision avec la sienne, il n’eut plus la moindre hésitation. C’était bien elle. Dans le même mouvement, un large sourire illumina ses traits et il la prit joyeusement dans ses bras, respirant à plein poumons ce parfum qui lui rappelait certains des meilleurs moments de son existence. Finalement, il se détacha, lui laissant reprendre un peu d’air avant de ramasser son stylo et de l’interroger, le regard pétillant de joie : « Qu’est ce que tu fais là ? » Son instinct au réveil avait été bon : c’était une bonne journée.

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Céleste Brezlas

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Message· · Sujet: Re: alea jacta est // filip. Lun 21 Jan - 13:47

Elle ne sait pas ce qui l'attend en franchissant le seuil de l'établissement. Peu habituée à sympathiser avec son prochain, ni même à s'adresser à eux, elle appréhende de se retrouver dans une salle bondée. Comment allait-elle s'en sortir si un individu quelconque venait à s'adresser à elle pour une raison ou une autre ? Et si elle ne savait que lui répondre ? Elle ne comprenait pas totalement la langue qui bordait ses journées depuis quelques mois. Elle espérait que ses collègues de travail seraient compréhensifs à son égard. Elle n'avait jamais fait de travail manuel, plutôt douée pour apprendre, calculer, étudier et en sortir des théories dignes des plus grands scientifiques. Son unique travail a été de se dévêtir devant des hommes payant pour la voir. Face à son écran, une caméra plaquée vers son visage, son corps, son intimité. Ainsi dévoilée, elle se sent d'autant plus à la merci des autres. Acculée. L'incapacité de se former dans une ville ou rien ne lui correspond.
Une fois dans la brasserie, l'effet de terreur s'estompe légèrement. Les lieux n'ont pas l'air si effrayants, au final. Pourtant, c'est le corps tétanisé que la belle appréhende l'espace. Elle se dirige vers la première personne pouvant lui venir en aide -un serveur- afin de ne pas se dégonfler et partir à toutes jambes. Sans savoir à quel point ce choix était judicieux. Sans savoir qu'ainsi, prenant les devants de ses lèvres fragiles, c'est au ciel qu'elle s'adresse. L'homme se retourne, la regarde, comme pour l'inspecter sous toutes les coutures. Gênée, revenue à l'époque de ses séances de webcam, elle se recroqueville sur elle-même. Le regard baissé, les yeux vagues, anéantie par la timidité malgré son caractère bien trempé. Un escargot rentrant dans sa maisonnette. Jusqu'à ce qu'il prononce son prénom. Céleste. Ça raisonne en elle, ça percute ses sens. Elle relève les yeux, sent la caresse de ses doigts sur sa joue et ne comprend qu'après avoir examiné la frimousse blonde. Quelque chose se fissure en elle, comme un sentiment longtemps enfoui, et laissé à l'abandon. Filip. Pip. Celui qui lui avait fait découvrir l'amour et les aléas qui s'ensuivent. Elle est perturbée, comme coincée dans un autre espace temps. Elle ne réagit pas, même lorsqu'il la prend contre lui. Ses paupières se ferment seulement par automatisme, comme pour apprécier son odeur et le contact de son corps contre le sien. Ses bras, menus, doux, sensibles, se referment autour de lui. Elle profite de cet instant qu'elle ne pensait plus revivre. Son organisme s'en voit chamboulé. Des maux au ventre, des idées brouillées, elle aurait besoin de s'asseoir. Elle garde pourtant toute sa contenance afin qu'il ne s'en rende pas compte.
— Je ...
Il ne savait rien de sa descente aux enfers, de sa relation avec leander, de l'arrêt brutal de ses études, de son incapacité à aller mieux. Il ne connaissait pas la nouvelle céleste, et la belle avait peur de la lui présenter, de peur qu'elle ne lui plaise pas. Elle le regarde récupérer son stylo, et esquisse un sourire mêlant joie et quiétude.
— Je viens travailler. Il y a un poste vacant pour faire le ménage, ça me dépannera le temps de trouver mieux.
Elle esquisse un léger sourire voulant dire : non, je ne suis pas astronaute. Une légère tristesse passe dans ses yeux alors qu'elle revient le prendre dans ses bras, l'étreinte n'ayant pas été assez longue à son goût.
— Je suis si heureuse de te revoir. Tu vis ici ?
Elle ne le lâche plus, attendant qu'il se retire de lui-même. Elle, aurait pu passer la journée ainsi, à se remémorer la belle époque. Entourée par son odeur. Eblouie par son aura.  

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Message· · Sujet: Re: alea jacta est // filip. Sam 26 Jan - 18:47

Il avait lu quelque part que l’on n’oubliait jamais son premier amour. Que ce qu’on avait ressenti un jour pour ce dernier ne se terminait pas à l’époque et ne se terminait toujours pas à l’instant présent. Que ce premier amour continuait de vous hanter jusqu’à vos vieux jours, jusqu’à ce que l’un et l’autre soit grabataire dans une maison de retraite en Floride où on leur servait toujours les jours de la purée d’à peu près tous les légumes du monde et où l’un devait raconter chaque jour que Dieu faisait leur histoire d’amour à l’autre parce que ce dernier était atteint de la terrible maladie d’Alzheimer. Bon d’accord, il ne l’avait pas vraiment lu quelque part mais c’était la leçon qu’il en avait tiré d’un visionnage quasi mensuel de The Notebook. Jetez-lui la pierre mais regarder ce genre de livre était le pendant de vivre avec deux filles dans la vingtaine comme colocataires. Le fait que le DVD lui appartenait, de base, ne changeait rien à l’affaire. Et le prétexte de voir le beau Ryan Gosling sous la pluie offrait une bien piètre excuse à sa prétendue virilité mais réelle. Il fallait être honnête : rien n’était plus sexy qu’un Ryan Gosling sous la pluie. Ou peut être Georgie sous la pluie. Ou peut être Céleste devant lui. Son cœur battait tellement fort en cet instant précis qu’il ne savait plus où il était, quand il était, qui il était. Son regard se promenant sur le visage et les traits de la jeune femme tant aimée, il avait l’impression de revenir des années auparavant. Lorsque tout était plus simple, plus facile et qu’ils pouvaient s’aimer sans les entraves que la vie avait lentement tissées non seulement autour d’eux mais surtout entre eux. Une foule de regrets envahit sa silhouette dégingandée. Il aurait aimé que les choses se passent différemment entre eux. Qui savait ce qui aurait pu advenir de leur histoire si les évènements qui avaient émaillés leur histoire tant réciproque que commune avaient différé même légèrement. S’il avait plu ce soir là et que leur rendez-vous avait été interrompu. S’il avait décidé de partir en vacances avec ses parents plutôt que de participer à ce camp. S’il avait osé se dresser face aux adultes et les avait tous envoyer bouler, persuadé de savait ce qui était bon pour lui et pour elle. Mais on ne pouvait pas changer le cours d’un passé, même avec des si. Il avait fait ces choix. Il s’était laissé dicter sa conduite par les adultes. Il était parti à ce camp d’été. Il y avait eu une belle nuit étoilée ce soir-là. Et Céleste se trouvait aujourd’hui, à des milliers de kilomètres de leur chez eux, face à lui dans ce restaurant. Céleste qui était encore plus belle que dans son souvenir. Céleste qui faisait naître en lui des sentiments dont il ne parvenait pas à définir l’origine : est-ce qu’il l’aimait toujours comme au premier jour malgré les années qui les avaient séparés ou étaient-ce des fantômes de sentiments qui s’emparaient de lui comme des habitudes dont on ne savait se défaire ? Est-ce qu’il se sentait coupable de l’avoir abandonné et de ne pas même lui avoir dire au revoir ou est-ce qu’il acceptait qu’ils avaient construit leur chemin loin de l’autre ? Il lui adressa un sourire chaleureux et bienveillant. Il ferait le tri plus tard, lorsqu’il serait au calme chez lui. Il ne voulait pas gâcher un seul moment de leurs retrouvailles. Il en avait tant rêvé. Il l’avait tant imaginé.

« Oh. » fut sa réaction surprise lorsqu’elle lui indiqua la raison de sa venue. Il ne s’y attendait pas. Elle cherchait un emploi, entendait s’installer. Il était heureux de l’apprendre. Egoïstement sans doute. « Oui, c’est vrai. Il cherche quelqu’un. Le patron est absent pour le moment. Il devrait revenir dans une demi-heure. » Il se mordilla la lèvre inférieure, fronçant légèrement les sourcils tandis qu’il avait milles questions à lui poser. Il resserra ses bras autour d’elle lorsqu’elle le prit à nouveau contre elle, appréciant le contact, retrouvant des mécanismes qu’il n’avait jamais totalement oublié. Ses doigts glissèrent dans ses longs cheveux soyeux alors qu’il respirait à plein poumons son parfum. Il avait changé évidemment depuis le temps. Elle avait elle-même changé mais les sensations qu’il éprouvait quand elle le tenait dans ses bras demeuraient les mêmes. Son odeur demeurait la même. La facilité avec laquelle leurs corps se serraient l’un contre l’autre était la même. Céleste avait changé, à son instar, mais elle demeurait sa Céleste. Il resta ainsi à la serrer durant de précieuses secondes, déposant un doux baiser contre sa tempe, ne souhaitant pas mettre fin à son étreinte. « Oui, on a emménagé avec mes parents et Thea. » Un rire sortit de ses lèvres en pensant à sa sœur cadette. « Elle va sauter au plafond quand elle va savoir que tu es en ville. Elle a tellement changé : je ne suis pas sûr que tu la reconnaisses. » Finalement, il se détacha de ses bras et lui adressa un large sourire, sa main glissant le long de son bras pour enrouler ses doigts autour de ceux de la jeune femme sur lesquels il déposa un baiser. « Attends, je vais juste finir de servir ces messieurs et je reviens. Assieds-toi. » Il l’incita à le suivre, la tenant toujours par la main, afin qu’elle s’installe au bar alors qu’il effectuait les préparations et encaissait les rares clients présents. C’était son jour de chance. Elle lui avait tellement manqué qu’il ne revenait pas de la revoir ici. Il était tellement heureux. Il indiqua au cuisinier qu’il prenait sa pause, de toute manière il n’y avait quasi personne, et revint s’installer face à la jeune femme. « Pardon. » De quoi s’excusait-il ? De l’avoir fait attendre ? D’avoir rompu avec elle et de l’avoir laissé seule ? D’être parti comme un voleur ? De ne pas avoir cherché à la recontacter, se contentant de cartes impersonnelles ? Est-ce que les parents de Céleste avaient même transmis ces dernières à leur fille ? Vu combien il portait Pip dans leur cœur, il craignait que non. Il entrelaça ses doigts avec ceux de Céleste, un geste naturel pour lui lorsqu’il s’agissait de son ancien amour. La seule qu’il ait aimé, ou presque. « Alors ? Que deviens-tu ? Comment tu vas ? Comment vont tes parents ? » Il se mordit la lèvre inférieure, la gorge serrée et le cœur palpitant prêt à bondir hors de sa poitrine. « Comment va Sigrid ? »

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