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 Well I'm not trying to alter your opinion | Cybill

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Message(#) Sujet: Well I'm not trying to alter your opinion | Cybill Lun 7 Déc 2009 - 22:19

    Certaines choses dans une vie nécessitent plus de sacrifices que d'autres et l'on en prend généralement conscience qu'une fois directement confronté. Tout ce qui a un rapport à l'art, de près comme de loin, parait ainsi d'une facilité si évidente que l'on n'éprouve rien d'autre qu'une banale et injustifiée jalousie envers ceux qui y consacrent tout leur temps . Après tout, l'art n'est qu'une idée agréablement mise en forme par quelqu'un ayant un minimum de talent, pas de quoi en faire une histoire, n'importe qui y arriverait... Mais qui voit les heures de travail, les heures de doutes et ratures avant de parvenir au chef d'œuvre que l'on ose enfin dévoiler? En ce moment de confrontation, on aimerait que le monde autour de nous puisse lire à l'intérieur de notre cœur et de notre âme pour enfin comprendre tout ce que cela signifie. Il n'y a rien qui ne soit neutre, et ça les gens ont manifestement du mal à le comprendre. Alors il arrive que les choses soient reprises en main par leur créateur, sans que cela ne puisse arranger les choses pour autant.

    Près d'une dizaine de jours s'étaient écoulés depuis que Basil avait reçu cette lettre, cette fameuse lettre qui lui annonçait que son manuscrit ne serait pas édité. Il avait longuement hésité, relisant son roman de part en part ou par feuillets séparés pour s'assurer que tout correspondait à ce qu'il avait voulu dire, vérifiant que tout soit parfait. Les quelques avis qu'il avait demandé avaient tous été positifs, et même celui de son ancien professeur Lucie Random dont il redoutait tant le jugement. Elle était extrêmement franche avec lui, ce qui n'était pas pour lui déplaire, et il savait que la moindre critique qu'elle formulerait serait plus juste que celle de dizaines de lecteurs quelconques auxquels il aurait demandé conseils à travers son blog. Les gens qui le suivaient et qui lisaient ses posts comptaient aux yeux du jeune homme, mais ce n'était pas la même chose que d'avoir les retours d'une professionnelle, surtout qu'elle avait déjà fait tant pour lui. Elle avait été celle qui avait suivi l'évolution de son histoire, et surtout la première personne à qui il avait présenté le résultat. Elle lui avait conseillé quelques retouches par ci par là, et après quelques mois de travail supplémentaire elle lui avait rendu l'ensemble avec un étrange sourire. C'est bon, tu y es. Basil se souvenait le moindre détail de cet instant, où tous deux avaient compris que désormais il n'y avait plus qu'à se lancer pour de bon.
    Basil était sur la bonne voix, il le savait, et il avait tenté sa chance auprès d'une toute jeune maison d'édition d'Ocean Grove. Elle n'avais pas encore beaucoup de titres publiés, il ignorait d'ailleurs si elle en avait déjà où s'il serait le premier, mais il avait fait le pari de la choisir elle. Le premier avantage était sa situation géographique, le bureau de sa directrice se trouvant à environ quinze minutes de bus de chez lui. Et puis il partait lui même de pas grand chose et l'idée d'une maison d'édition qui grandirait en même temps que sa renommée littéraire lui plaisait. Il serait un grand écrivain, il le savait, et s'imaginer comme pilier de ce qui deviendrait un empire dans le milieu de l'édition le remplissait d'une curieuse fierté qu'il n'avait pourtant pas grand chose à voir avec le présent. Mais qu'importe, il rêvait déjà du moment où il atteindrait les sommets et cela le poussait toujours plus en avant.
    Cette lettre fut donc prise comme un douloureux revers, très douloureux. Il s'était attendu à beaucoup de choses, mais pas à un refus. Il croyait en les qualités de son roman, il était impossible qu'il se soit trompé, que Lucie se soit trompée, que les gens à qui il avait demandé un avis se soient trompés... Non. Et pendant une semaine il chercha à comprendre les raisons de cette réponse, se creusant plus la cervelle sur les quelques mots de cette lettre que sur les textes qu'il était sensé étudier en cours. Son orgueil était atteint, et ça ne présageait rien de bon. Il lui fallut ainsi près d'une semaine à remuer les quelques mots imprimés sur cette lettre avant de réaliser qu'il lui faudrait aller voir directement Cybill Colder pour comprendre ce qui avait motivé sa décision: il pourrait essayer de lire entre les lignes aussi longtemps qu'il le voudrait, rien ne remplacerait jamais une discussion en face à face.
    Et en cette fin de première semaine de décembre, il entra dans le bureau de ce qui aurait pu être sa "très chère" maison d'édition, se présenta à la secrétaire installée près de l'entrée et attendit qu'elle l'invite à pénétrer dans le bureau de Mlle Colder. Basil n'était pas nerveux, juste un peu impatient de mettre les choses au clair. Il n'avait pas apprécié ce refus, et encore moins de ne pas avoir pu se justifier. Et puis la secrétaire revint vers lui en lui faisant signe de la suivre, et le conduisit jusqu'à une porte qu'il fixait depuis un petit moment déjà. Il avait deviné que c'était là que devait se cacher le bureau et il avait vu juste. Il sourit très légèrement. Ces petits jeux de paris qu'il aimait tant enfant lui plaisaient aujourd'hui encore, et il ne pouvait s'empêcher de croire que tout irait bien s'il gagnait ses paris.

      Monsieur Lane. Je vous en prie entrez.

    La secrétaire laissa passer le jeune homme puis referma la porte derrière lui. Elle connaissait bien son travail apparemment, n'ayant pas hésité une seule seconde sur la façon dont elle devait faire la choses. Basil tourna alors la tête vers celle qu'il avait tant tenu à voir, assise à quelques mètres de lui. OK, les choses sérieuses commençaient.
    Il se dirigea vers elle d'un pas assuré, affichant un sourire poli qui ne dissimulait tout de même pas le fonde de rancune qu'il avait par rapport au refus qu'elle lui avait imposé. Basil était rancunier envers certaines choses, ses écrits en faisait partie.

      Je crois que nous n'avons pas la même conception des choses mais qu'importe. Mon roman ne vous plait donc pas?

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Message(#) Sujet: Re: Well I'm not trying to alter your opinion | Cybill Mar 8 Déc 2009 - 20:27

Qui a dit qu'être éditrice était facile ? Sûrement pas Cybill. Voilà là environ trois mois qu'elle avait fondé son rêve le plus cher : après avoir signé et remplit mille papiers, après avoir passé des nuits à vérifier que son compte en banque survivrait, elle avait enfin réussi à construire sa maison d'édition qu'elle eut nommé Odor-Page. Oui, car voilà, enfant - et même encore adulte - elle appréciait l'odeur qui s'échappait lorsque l'on faisiat bouger les pages. Il lui arrivait même parfois de choisir un livre en fonction de son odeur. Délice suprême que cette délicate brise parfumée qui s'échappe d'un ouvrage. Un ouvrage simbolisant l'imagination pure, des manuscrits qu'elle avait décidé d'éditer. Un rêve d'enfant qui se réalisait, elle l'avait toujours dit :

- Que fera tu plus grande ? Lui demandait-on.
- Moi, je serais éditrice ! Répondait-elle accrochée à cette belle idée.

Elle aimait à lire ces manuscrits parfois brouillon, parfois si délicat, et chercher parmis tant de titre la perle rare. Elle aimait l'idée de donner une chance, de permettre à de jeunes auteurs de réaliser leur rêve, à eux.
Elle adorait son métier. C'était simple, elle y prenait plus de plaisir que quiconque. Mais, c'était du travail, un incroyable investissement, si bien que le soir, elle tombait comme une masse.


4 décembre 2009 :

Des papiers, tant de papiers... La partie du métier qui la déprimait. Mais il fallait bien le faire, elle ne pouvait déléguer tout le travail à Catherine, la toute jeune secrétaire. C'était sa seule employée, elle n'avait pour l'instant pas les moyens de plus, mais de toute façon c'était les débuts de la maison d'édition et les manuscrits n'affluaient pas. Et pour cause, elle n'avait publié que deux romans qui ne marchaient pas extrêmement bien. Elle cherchait toujours la perle rare. Cette fameuse perle que l'on ne trouve qu'en ouvrant quantité d'huîtres.
Cybill soupira. Cependant, elle s'accrochait à l'idée qu'elle allait y arriver.
Un timide coup retentit.

- Entrez ! Cria la jeune femme.

Catherine poussa légérement la porte.

- Excusez moi de vous déranger en plein travail, mais un certain Basil Lane désire vous voir.

Basil Lane... Cybill tenta de se rapeller qui il était et elle se souvint.
Ce jeune auteur lui avait envoyé son manuscrit. Elle l'avait l'eut avec attention. Il avait un style propre à lui-même et une écriture magnifique. En effet, son roman aurait put faire un tabac mais un problème la chiffonait. Certains propos était voué au scandale, même plus encore la majorité du roman était voué au scandale. Et elle ne pouvait pas se risquer à avoir une mauvaise réputation dans ses débuts, se serait casser son avenir. Elle avait beaucoup réfléchis, oui ce roman l'attirait mais en même temps elle avait peur. Et enfin elle avait pris sa décision et avec quelques regret rédigé sa lettre de refus. Elle avait encore hésité à l'envoyer et s'était décidé.
Basil l'avait sûrement reçut et désirait des explications.

- Faites le entrez Catherine, s'il vous plait.


L'homme en question entra dans le bureau. Il ne ressmeblait pas à se que Cybill s'était fait de lui.

- Je crois que nous n'avons pas la même conception des choses mais qu'importe. Mon roman ne vous plait donc pas?

Une façon un peu brutale d'aborder la chose. Cybill adopta une apprence non-violente.

- Bonjour monsieur Lane. Veuillez vous assoir. Alors, je vais vous epxliquer mon point de vue. A vrai dire, se n'est pas que votre roman ne me plait pas mais... Il faut vous avouer que certains propos sont voués au scandale. Je ne peux me risquer à nuit à ma réputation dans mes si jeunes débuts. Comprenez vous ? Sûrement vous faudra t-il changer uen partie de l'histoire.

Elle n'aimait pas expliquer un refus, elle n'aimait pas blesser les autres, mais elle était bien obligé.
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Message(#) Sujet: Re: Well I'm not trying to alter your opinion | Cybill Jeu 17 Déc 2009 - 20:46

    A peser le pour et le contre de chaque décision, on a généralement l'impression de dominer la situation d'une manière suffisamment objective pour faire un choix juste et éclairé, un choix qui comportera le moins de préjudices possibles pour le restant des choses à venir. On dose chaque élément, ce qu'il apporte à notre existence et ce qu'il lui hôte, jusqu'à ce qu'il ne reste dans la balance plus qu'une réponse. Là alors nous décidons d'agir. Il y a bien des impulsifs, qui se précipitent selon leur esprit du moment, mais la majorité préfère se risquer à de longs calculs avant toute chose. C'est plus rassurant. Et l'on a l'impression d'être totalement maître de cette décision alors que tant de choses nous échappent.

    Basil était entré dans le bureau en n'ayant qu'une seule et unique chose à l'esprit: qu'on lui explique ce refus. Il n'avait pas préparé de discours dans sa tête durant les quelques minutes qui avaient précédé son admission auprès de cette Mlle Colder, ni pendant le trajet en bus, mais il savait où il voulait en venir et était décidé à ne pas dévier de cet objectif. Et pourtant, en passant cette porte il avait eu un moment de doute. Non pas que sa motivation venait à lui manquer, mais le fait d'être là pour défendre son œuvre, pour se défendre lui même, c'était un peu bizarre. Il n'avait jamais réellement eu à se justifier, à démontrer son talent, et ça ne l'amusait pas vraiment d'avoir à le faire. Il s'était toujours imaginé que la première réponse à l'envoi d'un de ses manuscrits serait positive et le lancerait aussitôt parmi tous les cercles littéraires du pays, lui épargnant au passage tout l'aspect désagréable de l'auto-promotion. Mais non, la réalité l'y confrontait, et ça ne l'enchantait encore moins que ce qu'il le pensait, même si cela ne se voyait pas. Aux premiers pas qu'il avait faits dans la pièce, n'importe qui assistant à la scène aurait pensé qu'il savait ce qu'il faisait et qu'il allait se montrer intraitable tout au long de la conversation. Il y avait bien de ça, à la seule différence que son acharnement n'était pas du à une quelconque volonté de convaincre son auditeur mais de s'assurer que tout cela n'était qu'un regrettable malentendu. Car il n'y avait pas d'autre explication à ses yeux.
    Bonjour monsieur Lane. Veuillez vous assoir. Alors, je vais vous expliquer mon point de vue. A vrai dire, se n'est pas que votre roman ne me plait pas mais... Il faut vous avouer que certains propos sont voués au scandale. Je ne peux me risquer à nuit à ma réputation dans mes si jeunes débuts. Comprenez vous ? Sûrement vous faudra t-il changer une partie de l'histoire. Il l'écouta tout en s'asseyant sur le siège qu'elle lui avait indiqué. La formule de politesse! Il savait qu'il oubliait quelque chose, mais emporté par le moment présent il avait complètement oublié cette partie du discours. Ce n'était pas vraiment un oubli grave, mais il voyait que la jeune femme était désormais un peu sur la défensive. Tout juste ce qu'il souhaitait éviter... C'était vraiment raté... Se remémorant ses propres paroles, il écoutait en même temps celles de son auditrice, également occupé à la regarder. Trois choses à la fois, beaucoup d'un coup mais complémentaires les unes par rapport aux autres ce qui ne les rendait pas si difficiles à accomplir simultanément. S'il s'était imaginé Cybill de différentes manières, elle ne correspondait pas à l'image qu'il s'en était faite. Elle était jeune, un peu plus âgée que lui mais probablement pas de beaucoup, élégante, assez jolie. Lui qui pensait plutôt se retrouver face à une vieille femme que l'absence de talent avait poussé à juger celui des autres, il était agréablement surpris. Un peu déçu aussi, d'entendre un tel argument de sa part, mais elle avait apprécié son roman, c'était toujours ça d'acquis,
    Ainsi, son texte était voué au scandale? Intéressant... Basil avait eu un petit sourire amusé en se l'entendant dire, presque étonné que les choses soient prises sous cet angle là. Certes, l'ensemble n'était pas le genre de trucs dégoulinant de mièvrerie et de bons sentiments, loin de là, mais il ne s'était jamais douté qu'on se serve de ça comme d'un reproche. La plupart des grands auteurs avaient choqué dans leur temps aussi, mais il s'était imaginé que ce genre de considération n'était désormais plus valable, à moins de virer vraiment dans le trash absolu ou de s'être trompé dans la ligne éditoriale demandée. En même temps, il préférait ça qu'autre chose, ça lui ferait des choses à raconter à ses petits enfants, lascivement assis autour du lui à proximité d'un bon feu de cheminée en plein cœur de l'hiver.

      Je comprends, mais je refuse. J'imagine que vous comprenez très bien pourquoi aussi.

    Il se pencha un peu en avant, comme si ce qu'il allait dire était une confidence. Il n'y avait de secret pourtant à ce qu'il voulait dire, mais c'était aussi une façon de montrer à la jeune femme qu'il était sérieux. Il ne s'était pas réveillé un matin en se disant qu'être écrivain pouvait ne pas être un trop mauvais moyen d'occuper ses jours. Il n'avait pas déterré son vieux journal intime en se disant que ce qu'il y avait à l'intérieur mériterait le prix Nobel de littérature. Non, il avait pensé du temps pour parvenir au résultat qu'il avait présenté, et il était très sérieux quand au contenu. Et bien évidement, il était hors de question qu'il modifie quoi que ce soit.

      Je suis sûr de la moindre phrase de ce roman. Modifiez-en ne serait-ce qu'une seule et tout le reste s'écroule. Et c'est précisément parce que certains propos sont voués au scandale, comme vous le dites, qu'il mérite d'avoir une chance. La chance qu'il mérite. Je comprends que ça vous rebute, mais au point de le refuser, alors qu'il vous a plu?

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Message(#) Sujet: Re: Well I'm not trying to alter your opinion | Cybill Dim 20 Déc 2009 - 20:42

Il est tellement compliqué de soutenir quelque chose que l'on sait tout de même vrai. A force de récrier cette vérité on commence à douter, et là un véritable problème se pose. Alors on ne sait plus que penser et nos paroles s'embrouille, si bien que celui en face de nous sait qu'il a gagné.
Mais lorsque baisser les bras signifie une quelconque perte, il nous est impossible de les relacher.

Cybill était dans une situation désagréable. Elle n'aimait pas cela. Elle n'aimait pas soutenir un refus si net et si pointu, elle n'aimait faire du mal à autrui. Mais que faire d'autre ? Quel homme buté ce Basil tout de même ! Ne pouvait-il donc pas comprendre quelle réputation son roman pourrait entraîner à la jeune maison d'édition ? Naif. Oui, il était naif et croyait que son roman était des meilleurs. Certes, et elle le lui avait expliqué, son manuscrit était écrit merveuilleusement bien, certe il y avait passé un interminable temps (comme tout écrivain d'ailleurs), certes il ne voulait pas l'avoir fait pour rien, mais il faut savoir admettre ses erreurs et les corriger. Bien, il ne voulait rien changer à son roman ? Tant pis, qu'il l'envoit à une autre maison d'édition, il verrait bien ce qu'on lui répondra. Ou bien sinon, et cela ravirait Cybill, il pourrait tout aussi bien écrire un nouveau eoman prenant en compte toute les remarques qu'elle lui donnerait et alors, Cybill l'éditerait avec un immense plaisir. Une perle cet homme, dommage qu'il ne comprenne pas son erreur...
La jeune éditrice observa véritablement l'écrivain pour la première. Il est vrai que c'était exactement l'idée qu'elle se faisiat d'un artiste : cette barbe à moitié rasée, ses cheveux soyeux mais en bataille, ce regard profond mais doté d'une pointe coléreuse, ses sourcils qui se froncent comme pour montrer que la raison leur revenait. Elle se surprit à penser qu'elle aimerait tant le voir sourire, ce dernier devait être magnifique sur pareil visage... Mais la seule expression qui s'épanouissait sur la figure de basil était imprégnée de colère et de contrariété. Comment appaiser cette homme ? Comment faire disparaître cette ride qui barrait son front ?
Basil énonça :

- Je comprends, mais je refuse. J'imagine que vous comprenez très bien pourquoi aussi

Il se pencha un peu plus vers Cybill qui put sentir son haleine fraiche. Quel homme ! Ne comprendrait-il jamais ?

- Je suis sûr de la moindre phrase de ce roman. Modifiez-en ne serait-ce qu'une seule et tout le reste s'écroule. Et c'est précisément parce que certains propos sont voués au scandale, comme vous le dites, qu'il mérite d'avoir une chance. La chance qu'il mérite. Je comprends que ça vous rebute, mais au point de le refuser, alors qu'il vous a plu?

Il était décidément trop sûr de lui... L'éditrice pensa un moment à changer sa décision, pourquoi ne pas risquer juste un... Non ! Elle se ressaisit.

- Qui est donc l'expert ici, monsieur ? Je sais très bien se que je dois faire ou pas, allons ! Vous ne voulez rien changer à votre roman ? Je ne vous y obligerais en rien, cela n'est pas mon travail. Voilà ma proposition : je sais bien que la colère vous gagne peu à peu, mais écoutez moi : pourquoi ne pas écrire un nouveau roman en tenant compte de ce que je vous ai dis - attention au propos scandaleux - avec le talent que vous avez il est presque sûr que je l'éditerai. S'il vous plait, essayez de vous mettre à ma place Mr. Lane, je ne peux pas faire tout et n'importe quoi ! Je refuse bien des manuscrit (Oui, c'était faux, en ce moment les manuscrit n'affluaient et elles ne pouvaient en conséquents en refuser une grande quantité, puisqu'elle n'en avait aps une grande quantité...), et aucun auteur ne rechigne.

Elle avait dit cela d'une voix la plus calme possible.
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Message(#) Sujet: Re: Well I'm not trying to alter your opinion | Cybill Sam 26 Déc 2009 - 23:38

    Il n'y a rien de pire que de réaliser que l'on fait fausse route quand on est persuadé du contraire. On s'entête, on énonce tous les arguments inimaginables, on crie un peu, et d'un coup on comprend. On comprend que la personne qui a raison ce n'est pas nous. Que ce que l'on fait est vain. Et idiot. Et que l'on a peut être plus à perdre qu'à gagner en continuant sur cette voie. Un instant d'hésitation. Léger, très léger, pour ne pas montrer que l'on doute. Changer d'avis reviendrait à se ridiculiser. Perdurer à se ridiculiser. Quoi que l'on fasse on est perdant. Alors on choisit ce qui est le moins risqué et qui touche le moins notre égo.

    Basil n'en voulait pas à Mlle Colder d'avoir eu un avis si tranché, ni d'avoir été si franche envers lui. Même s'il n'était pas d'accord avec elle, il préférait ça à une hypocrisie flagrante qui n'aurait pas d'autre but que de dissimuler une opinion qu'elle aurait été incapable de reconnaitre. Là ça faisait mal à entendre, mais c'était vrai. Elle n'avait pas cherché à l'épargner, à lui faire des compliments pour l'amadouer ou à lui raconter de belles histoires pour qu'il n'en fasse pas à son tour. On voyait qu'elle faisait vraiment son métier par passion et non pas juste par hasard. Ce n'était pas un bureaucrate qui venait à l'édition par un quelconque concours de circonstance, mais quelqu'un qui aimait lire et qui voulait faire partager ses découvertes avec le reste du monde. Du moins, c'était ainsi qu'il se la représentait. Dans une figure très noble, presque idéalisée du monde des livres, presque plus dangereux que n'importe quel autre.
    Qui est donc l'expert ici, monsieur ? Je sais très bien se que je dois faire ou pas, allons ! Vous ne voulez rien changer à votre roman ? Je ne vous y obligerais en rien, cela n'est pas mon travail. Voilà ma proposition : je sais bien que la colère vous gagne peu à peu, mais écoutez moi : pourquoi ne pas écrire un nouveau roman en tenant compte de ce que je vous ai dis - attention au propos scandaleux - avec le talent que vous avez il est presque sûr que je l'éditerai. S'il vous plait, essayez de vous mettre à ma place Mr. Lane, je ne peux pas faire tout et n'importe quoi ! Je refuse bien des manuscrit, et aucun auteur ne rechigne. En l'écoutant, il s'était peu à peu reculé jusqu'à se caler contre le dossier de son fauteuil. Des mots ressortaient de ce qu'elle lui disait. "Je ne vous obligerais en rien." Et "avec le talent que vous avez." Ce n'était rien mais ça faisait plaisir à entendre. En revanche, le je sais bien que la colère vous gagne lui plaisait moins. Il n'était pas en colère. Il en donnait l'impression? Vraiment? Il savait qu'il avait tendance à s'emporter en parlant, à s'extasier pour quelque chose qu'il ne connaissait pas deux secondes auparavant ou à manifester un enthousiasme un peu trip fort, mais si cette tendance était prise pour de la colère, il le regrettait. Il se foutait qu'elle ne soit pas d'accord avec lui. Ce n'était pas ça le problème. Ce qu'il regrettait c'était qu'elle s'enfonce dans ce qu'elle pensait être le bon choix pour sa maison d'édition. Il n'avait pas véritable conseil à lui donner, mais il était persuadé que ce qu'elle faisait était une erreur. Et lui avait eut la naïveté de penser qu'Odor-Page conviendrait pour sa première publication...

      Je n'écrirais rien en remplacement. Ce n'est pas quelque chose que l'on marchande vous savez. Je vous ai présenté mon roman tel que je l'avais imaginé et le modifier, ou l'échanger ça serait me trahir.

    Il avait parlé très calmement, refoulant tout ce qui aurait pu témoigner d'une quelconque violence ou émotion radicale en lui. Il se lassait de devoir sans cesse recommencer les mêmes choses, les mêmes explications. Pourquoi fallait-il que les choses soient si compliquées? Il voulait écrire, que les gens le lisent et échangent avec lui. Son blog avait été un bon compromis là dessus, lui permettant de créer un lien sans avoir à supporter une foule penchée au dessus de son épaule à chaque instant. C'était un public difficile, jamais entièrement conquis, et qui ne mâchait pas ses mots. Et il fallait le contenter à chaque fois, régulièrement, allant aussi loin que possible dans la perfection. Mais ce public n'était pas contraignant non plus. Ce n'était quasiment que du plaisir qui était en jeu. Il n'y avait pas à lui expliquer pourquoi son texte valait mieux que celui d'un autre, en quoi ce qu'il faisait était bon à prendre. Ça se faisait naturellement. Et là il se retrouvait à marchander quelque chose qui n'avait pas lieu d'être, de démontrer quelque chose qui n'en avait pas besoin. C'était fatiguant. Épuisant même, ça rajouté au reste. S'il avait hésité à se rendre chez Mlle Colder c'était aussi pour ça. Parce que ce refus n'était qu'un événement de plus à rajouter à la liste de ses ratés ces derniers temps. C'était bien facile, la moindre petite chose foirait magistralement, et il n'avait rien à quoi se raccrocher en attendant que ça passe. Rien à part ses écrits, et la plupart de ses espoirs avait été emportés par les flots en une simple lettre. Il croyait au destin, et s'il avait été assez étonné sur le moment, en y repensant il se disait que ça faisait partie d'un ensemble de faits dont il n'arrivait pas à se défaire. Il soupira.

      C'était prévisible... Je n'aurai pas du... pas aussi vite...

    Depuis tout petit, il avait toujours aimé approcher les choses jusqu'à leur extrémité. Le bord d'une falaise, le bord de la route, le bord de la fenêtre. C'était dangereux, mais terriblement excitant. Et il n'avait pas pu s'en empêcher cette fois encore. Les choses tombaient les unes après les autres dans le vide, et il continuait à s'en approcher. Son intéret pour les cours. La raison de sa présence à Ocean Grove. Lyann. Parfaite. Son roman. Plouf! Tout à l'eau sans possibilité de les repêcher sans se jeter à l'eau à son tour.
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Message(#) Sujet: Re: Well I'm not trying to alter your opinion | Cybill Mer 6 Jan 2010 - 20:53

Basil Lane avait ce regard déçu qui avait toujours fait du mal à Cybill. Ce regard qui vous accuse, celui que vous ne supportez pas, ou plutôt qu'une âme aussi sensible que celle de la jeune éditrice ne supporte pas. Elle tentait de se concentrer tout en évitant les pupilles de l'homme assis devant elle. Elle savait se qu'elle devait penser mais elle tendait à changer ses positions pour enfin revenir à se qu'elle pensait au début.
Était-elle vraiment faite pour ce métier finalement ? Elle n'avait pas penser à cette facette, à cette douloureuse facette, pour elle... Une personne plus solide aurait passé "l'épreuve" haut la main. Elle se refusait pourtant à se dire qu'elle s'était trompé de carrière. Qu'elle s'était trompé de... Vie. Allons reprends toi Cybill ! Tu n'as plus l'âge de douter de tes propres décisions, ne te fait pas manipuler !
Elle inspira une grande bouffée alors que l'auteur disait :

- Je n'écrirais rien en remplacement. Ce n'est pas quelque chose que l'on marchande vous savez. Je vous ai présenté mon roman tel que je l'avais imaginé et le modifier, ou l'échanger ça serait me trahir.

Elle s'attendait évidemment à cette réponse.

- Je comprends, monsieur. C'est votre choix. J'espère que vous ne le regretterez pas néanmoins. Mais sachez que la porte de cette maison d'édition vous sera toujours ouverte.

Le regard de Basil se perdit dans le vide comme s'il réfléchissait durement ou qu'il se posait des question. Il soupira, et quel soupir...

- C'était prévisible... Je n'aurai pas du... pas aussi vite...

Il semblait si triste et en même temps si... nostalgique. Que pouvait-il regretter ? D'avoir demandé l'édition de son roman aussi... Vite ? Allons, il n'y avait pas de temps pour faire éditer un roman lorsqu'on le sait finis.
Cybill ne savait plus que penser.

- Pas aussi vite ? Que voulez vous dire par cela, monsieur Lane ?

Spoiler:
 
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Message(#) Sujet: Re: Well I'm not trying to alter your opinion | Cybill Sam 9 Jan 2010 - 23:19

    Il est parfois plus évident de parler à des inconnus de ce qui nous pèse tant, plutôt qu'à des gens qui nous sont proches. Avec un inconnu, on n'a pas à craindre un quelconque jugement. Même si ce que l'on nous dit est pertinent, ça n'en reste pas moins quelqu'un que l'on n'a jamais vu auparavant et que l'on ne reverra plus jamais, alors pourquoi s'en soucier? On parle, on vide son sac, et c'est déjà beaucoup. Une oreille attentive suffit en fait, mais les gens aiment donner leur avis, alors il faut parfois faire un petit effort et faire ce plaisir, comme en guise de remerciement.

    Je comprends, monsieur. C'est votre choix. J'espère que vous ne le regretterez pas néanmoins. Mais sachez que la porte de cette maison d'édition vous sera toujours ouverte. Il hocha la tête, montrant qu'il avait bien compris, même si dans un coin de son esprit il savait qu'il ne lui enverrait plus rien. Il ne regretterait pas son choix de garder son roman tel quel, c'était un point sur lequel il était intransigeant, elle n'avait pas de souci à ce faire là dessus. Quant à ces prochains romans, ou même à celui-ci, ils trouveraient preneurs ailleurs, là où ses textes seraient appréciés à leur juste valeur et surtout acceptés. Les compliments ça va un temps, mais il y a un moment où l'on a besoin d'autre chose, et en l'occurrence Basil avait désormais besoin d'autre chose. Il voulait entrer dans une librairie et voir de belles piles bien faites de ses bouquins. Et puis de petits bandeaux rouges où il serait écrit en gros caractères blancs "Basil Lane". Et puis des gens qui s'en approcheraient, en prendrait un sans hésiter avant de se diriger vers la caisse, ou au contraire attirés par le titre, la couverture ou n'importe quoi d'autre, parcourir le résumé des yeux avant de voir leur regard s'illuminer: voilà ce qu'il désirait. Et des gens qui l'aborderaient dans un lieu quelconque, admiratifs et un peu intimidés de rencontrer leur idole. On a tous des rêves de célébrités, et Basil n'en était pas dépourvu.
    Il avait des rêves plein la tête, plus ou moins réalisables, plus ou moins idiots, et qui tous étaient en train de s'émietter, comme si quelqu'un trouvait un malin plaisir à le tester. Voilà ce qu'il aimait, ce qu'il désirait, et si on le lui enlevait? Le destin s'amusait sur son dos, et Basil ne trouvait pas ça très drôle, et les nuits blanches qui s'additionnaient non plus. Il réfléchissait trop, et ça allait le perdre.
    - Pas aussi vite ? Que voulez vous dire par cela, monsieur Lane ? Basil réalisa alors qu'il avait parlé à haute voix. Il soupira une nouvelle fois.

      Que ça ne m'étonne même pas plus que ça cette histoire. J'aurai du attendre que tout se tasse un peu avant de jouer avec le destin, mais j'ai voulu tenter, et comme tout le reste...

    Il eut un léger rire, rire jaune, presque moqueur, mais tourné contre lui. Tout le reste avait échoué. Et au lieu de repartir sur de nouvelles bases, et surtout de meilleures bases, il s'était enfoncé un peu plus encore, comme pour voir jusqu'où les choses pouvaient aller. Tout ce à quoi il tenait lui était enlevé, et il ne comprenait pas vraiment pourquoi. Avec Lyann si, ça ne pouvait pas en être autrement, mais leur situation avait été tellement particulière que quoi qu'il se passe il ne pouvait que comprendre. Ça ne l'avait pas enchanté d'admettre que c'était terminé entre eux, mais c'était d'une certaine façon la meilleure solution. Ils n'avaient aucun avenir ensemble, tous deux le savaient, alors que séparés ils pouvaient avoir la chance de reconstruire quelque chose de nouveau. Lyann semblait d'ailleurs être sur la bonne voir pour y arriver d'ailleurs... Et cela aurait pu être le cas pour Basil si... Si les choses n'avaient pas prit la tournure qu'elles avaient eu. Il n'avait même pas été capable de la rattraper, de lui demander des explications, et il avait perdu Parfaite inutilement. Il ne savait pas exactement ce qu'il ressentait pour elle, ni de quelle façon il envisageait la suite de leur relation, mais la seule chose dont il était sûr était qu'il ne voulait pas la perdre.
    Il leva la tête vers Cybill, et la fixa. Puisqu'il n'avait pas pu parler avec Parfaite, et puisqu'il se voyait pas en parler avec une de ses amies proches, ça allait tomber sur elle.

      Si vous dites "Je t'aime" à quelqu'un, et que vous vous enfuyez après, qu'est-ce que ça veut dire?

    Il avait parlé d'une voix dénuée de toute colère, bien au contraire. Il ne s'était pas demandé si poser une question de ce genre n'était pas déplacé, il l'avait juste posée. S'il n'avait pour l'instant vécu que dans des relations amoureuses un peu compliquées, ce genre de situation ne s'était encore jamais présenté et il ne savait pas comment la prendre. Et Cybill était en l'occurrence la seule à lui permettre d'y voir un peu plus clair.
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Message(#) Sujet: Re: Well I'm not trying to alter your opinion | Cybill Lun 11 Jan 2010 - 15:16

    Le regard de Basil était comme vide. Il semblait être ailleurs que dans le bureau de Cybill. Ses pensées s'enfuyait et il se perdait dans le passé avec une triste expression de nostalgie ancrée sur le visage.

    - Que ça ne m'étonne même pas plus que ça cette histoire. J'aurai du attendre que tout se tasse un peu avant de jouer avec le destin, mais j'ai voulu tenter, et comme tout le reste... Répondit-il.

    A présent, Cybill commençait à douter qu'il parlait encore de son roman. Il semblait revenir sur des événements passés... *Mais qu'est-ce qu'il me raconte ?* pensa t-elle intérieurement.
    Basil eut un petit rire jaune, presque moqueur. Pareil à un gémissement, à un appel au secours.
    Puis, il s'adonna à vraiment la regarder. Ou plutot, il la fixa. Cybill se sentait mal à l'aise d'être ainsi dévisagée.

    - Si vous dites "Je t'aime" à quelqu'un, et que vous vous enfuyez après, qu'est-ce que ça veut dire?

    Sur le coup Cybill fut très surprise. *Mais qu'est-ce qu'il lui prends ? Pourquoi il me demande ça à MOI ?* Puis, en le regardant à nouveau, elle se rendit compte qu'il était en pleine détresse et qu'il avait besoin qu'on le "prenne par la main". Manque de bol, c'était tombé sur elle.
    Donc, il lui parlait d'un événement vécus, semblait-il, elle ne s'était pas trompé.
    Néanmoins, elle se força à lui répondre le plus clairement possible et sans mentir :

    - Je ne dirais pas une preuve de lâcheté. Mais peut-être un amour trop dur à porter... Nos épaules sont parfois trop minces ou trop fragiles. S'il n'est pas trop tard, je conseillerai à cet homme d'aller voir l'élue de son coeur et lui demander de le pardonner, et lui expliquer pourquoi il a eut ce mouvement de recul. C'est parfois compliqué, j'en convient, mais c'est la seule solution pour ne pas le regretter toute sa vie. La peur est un sentiment humain parfaitement comprehensible. Basil...


    Mais qu'est-ce qu'elle racontait elle aussi. Elle était partie dans un raisonnement de psy sans ne vraiment sans rendre compte. Et elle l'avait apellé Basil.
    Elle se mordit la lèvre.
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Message(#) Sujet: Re: Well I'm not trying to alter your opinion | Cybill Lun 11 Jan 2010 - 20:40

    La situation n'était pas claire dans l'esprit de Basil, et la multitude de questions qui s'y trouvaient avaient besoin de réponses. Ce n'était rien de très compliqué, d'existentiel ou de vital, mais c'était tout de même important. Pour lui ça l'était. Il ne voulait pas baisser les bras et abandonner, se dire que finalement peut être que les choses devaient se passer ainsi, il ne l'avait même pas pensé une seule fois. Elle comptait à ses yeux, et il se refusait à la perdre. Bon, il n'avait pas trouvé la force ou l'envie d'aller jusqu'à elle, mais l'intention était là, tout au fond de lui, mais là quand même.
    - Je ne dirais pas une preuve de lâcheté. Mais peut-être un amour trop dur à porter... Nos épaules sont parfois trop minces ou trop fragiles. S'il n'est pas trop tard, je conseillerai à cet homme d'aller voir l'élue de son cœur et lui demander de le pardonner, et lui expliquer pourquoi il a eut ce mouvement de recul. C'est parfois compliqué, j'en convient, mais c'est la seule solution pour ne pas le regretter toute sa vie. La peur est un sentiment humain parfaitement compréhensible. Basil... Il l'écouta attentivement, sans dire un mot. Il n'avait aucune raison de penser que son avis était pertinent et lui serait utile, mais en même temps cela aurait malpoli de ne pas le faire alors que c'était lui qui lui avait demandé conseil et, qui sait, peut être lui permettrait-elle d'y voir plus clair? Le début lui convenait, il lui semblait juste, résumant assez bien ce qui s'était passé... sauf que la suite n'était pas bonne, ou plutôt partait sur de fausses bases. Je conseillerai à cet homme d'aller voir l'élue de son cœur. Il ne pu s'empêcher de sourire. Ce n'était pas de lui qu'il parlait, il était précisément dans le cas contraire, celui de la personne qui avait eu droit à une déclaration et une fuite. Et c'était précisément ce mouvement de recul comme elle le disait si bien qu'il ne s'expliquait pas. Avait-elle honte de ses sentiments? Avait-elle peur de sa réaction? Regrettait-elle ce qu'elle avait dit? Il y avait des milliers d'hypothèses et il les avait quasiment toutes essayées, et quasiment toutes pouvaient aller. Il nageait en plein dedans, s'emmêlant à chaque fois un peu plus. La peur était plus qu'un sentiment humain, c'était l'essence même de l'être humain.
    Et puis elle avait terminé son explication en l'appelant par son prénom. Il ne réalisa même pas, trop préoccupé par ce qui avait été dit auparavant. Et puis être appelé "Basil" lui arrivait tellement souvent qu'il n'y prêtait même pas attention, ça ne le choquait pas que ce soit elle qui l'ait dit, même dans ce contexte.
      Ça serait si facile comme ça, sauf que ce n'est pas de moi que l'on parle... Enfin si, sauf que c'est moi qui suis resté alors qu'elle s'enfuyait.

    La situation était vraiment ironique. Non seulement on pensait que c'était lui qui s'était enfui, comme s'il n'y avait qu'un mec pour avoir ce genre de comportement, mais en plus celle qui lui avait fait le coup était tellement imprévisible qu'il était incapable de dire ce que cela pouvait signifier. Et inutile d'en parler avec qui que ce soit qui la connaitrait, vu la réputation de cette chère Parfaite on lui aurait répondu qu'il ferait mieux de passer à autre chose. C'était une façon d'agir chez les gens qu'il ne supportait pas, cette manie de juger sans savoir, et surtout de ne pas vouloir admettre que quelqu'un pouvait changer. Au moins il n'aurait pas ce problème avec Cybill: ne sachant pas qui était en cause en dehors de Basil, elle ne pourrait que donner son avis de manière générale, sur le comportement d'une fille sans savoir qui elle était, ni ce que l'on racontait d'elle.
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Message(#) Sujet: Re: Well I'm not trying to alter your opinion | Cybill Ven 15 Jan 2010 - 20:53

    Tout en écoutant les mots de Cybill, Basil souriait. Il semblait rire intérieurement.
    Avait-elle dit quelque chose de... Hum, marrant ? Ce serait-elle trompé ?
    Il répondit alors :

    - Ça serait si facile comme ça, sauf que ce n'est pas de moi que l'on parle... Enfin si, sauf que c'est moi qui suis resté alors qu'elle s'enfuyait.

    Mince. Cybill étoucha un petit rire. Elle s'était emballé et avait dit... n'importe quoi. Basil devait bien s'amuser. Mais, après tout, le ridicule ne tue pas ! Pourtant, ses joues rosirent légérement comme à chaque fois lorsqu'elle se sentait ridicule.
    Alors, ce n'était pas de lui qu'il parlait mais de... Elle ? Qui donc d'ailleurs, elle n'osait le demander. La situation devait être très compliqué pour Basil. Cet homme, qui paraissait si dur en façade un roc doté d'une armure, lui montrait sa véritable facette. Pourquoi à elle ? Elle n'en savait rien. On voyait néanmoins qu'il avait envie de parler.

    - Oh ! Excusez moi ! Je me suis... Hum... Emporté dirons-nous. Dans ce cas, la situation est, il est vrai, plus compliqué. Vous n'êtes donc pas maître de cette situation. Mais peut-être pouvez-vous... Comment dire... Donner un petit coup de pouce ? Enfin, tout dépend. Habite elle à Ocean Grove ?

    On aurait dis une de ces grandes amies qui donnaient des conseils d'amis pour de grands amis. Alors que Basil et Cybill n'étaient rien de tout cela. C'était étrange...
    Soudain, l'éditrice se rendit compte que ça dernière phrase était peut-être un peu déplacée.

    - Oh ! Cette question est peut-être indiscréte. Excusez-moi !

    Voilà là deux fois qu'elle s'excusait en une ou deux minutes.
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Message(#) Sujet: Re: Well I'm not trying to alter your opinion | Cybill Ven 15 Jan 2010 - 23:30

    Attentif aux réactions de son interlocutrice, Basil la vit légèrement rougir, comme si le fait d'avoir confondu les deux personnes en question l'avait gênée. Décidément, l'image qu'il s'était faite de Cybill Colder ne correspondant vraiment pas à la réalité... Ce n'était pas plus mal, mais étonnant de voir la distance entre ce qu'il avait imaginé et ce qu'elle était réellement. Et il lui parlait, racontant quelque chose qu'il n'avait encore raconté à personne, persuadé que la situation s'arrangerait d'elle même avant de s'empirer, mais chaque jour qui s'achevait le forçait à admettre que ce n'était pas le cas. Et avec l'arrivée de la nuit l'insomnie le rejoignait, et lui faisait revivre encore et encore cette dernière entrevue qu'ils avaient eu au parc. Comment un simple rendez-vous, tout ce qu'il y avait de plus banal en plus, avait-il pu prendre des proportions pareilles? Il ne se l'expliquait pas, les conséquences lui accaparant suffisamment l'esprit pour qu'il n'ait pas en plus à penser à d'autres détails. Tout était lié bien sûr, mais il fallait quand même faire un choix, et il l'avait fait.
    Oh ! Excusez moi ! Je me suis... Hum... Emporté dirons-nous. Dans ce cas, la situation est, il est vrai, plus compliqué. Vous n'êtes donc pas maître de cette situation. Mais peut-être pouvez-vous... Comment dire... Donner un petit coup de pouce ? Enfin, tout dépend. Habite elle à Ocean Grove ? Il soupira. Il avait évidement déjà pensé à aller chez elle, mais il se voyait sonnant à la porte, attendant qu'on lui ouvre, mais après c'était le noir total. Quand elle sera là, sous ses yeux pour de vrai, que pouvait-il lui dire? Comment commencer la conversation? Et rester en silence à attendre qu'elle dise quelque chose la première était probablement encore plus risqué. A moins que ça ne soit l'hypothèse de se retrouver nez à nez avec son frère, le fameux Tyler, qu'il n'avait encore jamais rencontré mais qu'il pensait pas très enthousiaste à rencontrer Basil. Quoi qu'il en soit, il ne s'y était donc jamais décidé, espérant qu'elle ferait la démarche de venir jusqu'à lui, même si pour l'instant ça avait été une attente totalement vaine.
    Oh ! Cette question est peut-être indiscrète. Excusez-moi ! Pour être honnête, quand elle lui parlait il se répondait d'abord en lui même, les questions qu'elle lui posait étant proches de celles qu'il se posait tout seul, alors cette question ne lui avait pas paru particulièrement déplacé. Et puis il ne pouvait en vouloir à personne d'autre que lui pour aborder un terrain aussi glissant, il n'y avait eu que lui pour s'y lancer. Il soupira une nouvelle fois avant de se forcer à sourire.

      Pas de mal. Elle habite bien à Ocean Grove, mais il est hors de question que j'aille chez elle demander des explications, j'en suis incapable.

    D'une certaine façon, il préférait rester dans le doute et les tourments que cela apportait que l'idée d'aller réclamer des explications. C'était tout à fait légitime, mais il n'arrivait pas se décider à le faire. Il s'était convaincu à plusieurs reprises que c'était la meilleure chose à faire, s'était promis de le faire le lendemain, dès son réveil, mais les quelques heures de sommeil qu'il parvenait à gagner lui enlevaient toute volonté. Et le matin, il recommençait à se dire qu'il ne pouvait pas le faire, et à réfléchir à une autre tactique. Les choses prenaient une tournure vraiment pathétique quand il y réfléchissait, et pourtant il continuait à s'y enfoncer, comme s'il attendait de véritablement toucher le fond pour rebondir.
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Message(#) Sujet: Re: Well I'm not trying to alter your opinion | Cybill Sam 16 Jan 2010 - 10:52

    Alors que le sourire de Basil s'effaçait pour une moue songeuse, Cybill tentait de réfléchir. Primo, elle parlait de la vie privée d'un inconnu avec ce même inconnu. Secondo, elle s'efforçait de n'y voir aucun mal. Troisièmement, il fallait bien qu'elle l'aide à trouver une solution. Elle s'était jeté une sorte de défi.
    Sa bouche se tordit comme à chaque fois qu'elle réfléchissait.
    Basil soupira et afficha un sourire qu'elle savait forcé.

    - Pas de mal. Elle habite bien à Ocean Grove, mais il est hors de question que j'aille chez elle demander des explications, j'en suis incapable.

    La peur. Oui, Basil Lane avait peur ! Peur sûrement de la réaction de cette "Elle".
    Ah, que les histoires d'amours sont compliquées ! Elle n'en avait pourtant pas vécue beaucoup. Les hommes l'avaient déçus, et elle n'était pas prête à recommencer une nouvelle relation. Elle savait bien pourtant qu'il fallait que cela arrive un jour si elle ne voulait pas finir vieille fille.
    Mais elle n'arrivait à oublier l'événement boulversant qu'elle avait vécut il a un an de là. Dès qu'elle y pensait les larmes venaient à ses yeux, si bien qu'elle se força à ne plus y penser. Ce n'était pas à elle de pleurer. Ce n'était pas de elle qu'on parlait et elle savait bien qu'elle n'étalerait pas sa vie privée devant Basil.
    Elle se reconcentra sur le problème de l'écrivain et se demanda si la brusquerie lui serait bénéfique. Cela ne lui perdait rien d'essayer.

    - Il faut que vous vous repreniez, commença t-elle, surmonter votre peur ! Peut-être qu'elle vous attends elle aussi, qu'elle attends que vous fassiez le premier pas, qu'elle s'en veut, qu'elle a des remords. Et puis, comme cela vous serez fixé, non ?

    Elle observa la réaction de Basil.


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Message(#) Sujet: Re: Well I'm not trying to alter your opinion | Cybill Dim 17 Jan 2010 - 11:14

    Au fond, qu'attendait-il de cette discussion? Il n'en avait aucune idée. En fait, il parlait plus pour lui même qu'en direction de son interlocutrice, comme s'il essayait de mettre ses pensées au clair, de les réorganiser d'une manière différente. Que ce soit elle ou une autre personne lui était indifférent. Elle ne serait probablement pas enchantée de le savoir, de toute façon elle n'avait aucune raison de le savoir, mais Basil n'avait pas l'impression d'avoir une véritable discussion avec quelqu'un de très bien placé pour l'aider. Une impression, comme ça, sans réelle raison, mais son comportement lui faisait penser qu'elle n'était pas très à l'aise sur ce sujet. Elle mettait de la bonne volonté à lui répondre, c'était indéniable, mais comme si elle cherchait quelque chose en même temps qu'elle lui donnait son point de vue.
    Quoi qu'il en soit, c'était donc Cybill Colder à qui il parlait? Très bien, mais ça aurait aussi bien pu être n'importe qui d'autre. Seul comptait le fait de parler, et de sortir ce qu'il avait sur le cœur. C'était du pur égoïsme, surtout qu'il l'aurait très mal pris si elle manifesté peu d'intérêt à ce qu'il lui disait, mais en ce moment tout ne tournait qu'autour de lui et de sa petite personne. Il se remémorait ce qui s'était passé cet après-midi là et la seule chose à laquelle il pensait était ce que cela changeait pour lui. Il n'avait pas vraiment réfléchi à l'état dans lequel pouvait se trouvait Parfaite, à ce qu'elle pouvait endurer de son côté, il n'y avait que lui et ses incertitudes. Ah ils étaient beaux tous les deux, chacun enfermé dans son entêtement et dans des justifications inexplicables...
    Il faut que vous vous repreniez, surmonter votre peur ! Peut-être qu'elle vous attends elle aussi, qu'elle attends que vous fassiez le premier pas, qu'elle s'en veut, qu'elle a des remords. Et puis, comme cela vous serez fixé, non ? Si jusque là Cybill avait été plutôt compatissante avec lui, con ton changea brusquement, comme si elle en avait marre de l'entendre se lamenter. Pour lui c'était évident, si elle se montrait si différente tout à coup ce n'était pas essayer de lui faire envisager les choses sous un autre angle, mais parce qu'elle avait autre chose de mieux à faire que de l'écouter. D'ailleurs, pourquoi est-ce qu'il lui racontait tout ça aussi? Ce n'était pas son amie, il ne la connaissait même pas, et il se retrouvait à parler sentiments avec elle. C'était le monde à l'envers! Et puis en plus elle se trompait, ce n'était pas par peur qu'il n'y allait pas, mais à cause de quelque chose de plus... compliqué. C'était comme pour son roman, il y avait des choses sur lesquelles il ne pouvait pas se permettre un quelconque laisser aller. Et si elle ne l'avait pas compris une première fois, il n'y avait pas de raison qu'elle le comprenne pour la seconde.
    Il se leva de son siège et resta debout face à elle.

      Oh bien sûr, c'est si facile de donner des conseils. Mais en parlant de peur, ce n'était pas vous tout à l'heure, au sujet de mon roman, hum?

    Ce n'était pas pareil bien sûr, mais pour lui les deux choses se mêlaient. Sa vie et son œuvre étaient étroitement liées, alors ce qui touchait à l'un touchait également à l'autre. Il n'était venu ici que pour parler "art", et la discussion avait dérivé. Soit. Mais il ne fallait quand même oublier la raison de sa venue. Il comprenait le refus, mais il lui restait quand même entre la gorge. Ça et le reste, tout était véritablement lié en lui.
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Message(#) Sujet: Re: Well I'm not trying to alter your opinion | Cybill Lun 18 Jan 2010 - 19:06

    Alors que l'expression de Basil changeait pour laisser paraître un homme en colère, Cybill se demanda si elle n'y était pas allé trop fort... Oui, elle n'y était pas allé avec beaucoup de tact mais ce qu'elle a dit n'était donc pas vrai ?
    Hum... A paremment non, puisque Basil se leva de sa chaise et resta debout devant elle tout en criant :

    - Oh bien sûr, c'est si facile de donner des conseils. Mais en parlant de peur, ce n'était pas vous tout à l'heure, au sujet de mon roman, hum?

    Non mais Cybill rêvait complet là ! Elle l'aidait, lui donnait des conseils et comme il l'a remercié ? En lui aboyant dessus ! A présent, l'éditrice n'était plus du tout calme. Il se moquait d'elle ! Elle se leva à son tour et le regarda droit dans les yeux.

    - Vous vous moquez de moi, monsieur Lane ?! Je vous donne des conseils, je perds de mon temps et vous, que faites vous ? Vous me criez dessus ! Et puis, au sujet de votre roman, cela n'a absolument aucun rapport, je tiens une maison d'édition moi monsieur ! Je ne epux aps la diriger n'importe comment !

    Voilà ! Elle s'était énervé un bon coup, il était temps de mettre fin à cette plaisanterie.

    - Il regrettable que notre entrevue est tourné ainsi, mais à présent, Mr. Lane, la porte est par ici.

    Elle avait déjà perdu assez de temps.
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Message(#) Sujet: Re: Well I'm not trying to alter your opinion | Cybill Mar 19 Jan 2010 - 9:59

    Il avait peut être eu une réaction exagérée, peut être. Mais il ne supportait pas qu'on lui donne des conseils, surtout quand il n'en avait pas demandé. Ce qu'il voulait, c'était une explication logique au comportement de Parfaite, quelque chose qui pourrait lui permettre de comprendre pourquoi elle avait agit ainsi, et ce qu'elle attendait de lui maintenant... Cybill avait bien commencé, bon elle s'était trompé de personne en route mais ça n'était vraiment qu'un détail, et voilà qu'elle tentait de le convaincre de faire quelque chose qu'elle ne faisait pas pour elle même. Faites ce que je dis, pas ce que je fais. Elle se leva à son tour, et sur un ton similaire à celui de Basil, s'adressa à lui: Vous vous moquez de moi, monsieur Lane ?! Je vous donne des conseils, je perds de mon temps et vous, que faites vous ? Vous me criez dessus ! Et puis, au sujet de votre roman, cela n'a absolument aucun rapport, je tiens une maison d'édition moi monsieur ! Je ne peux pas la diriger n'importe comment ! Il soupira, exaspéré. Elle ne comprenait donc pas? Et c'était elle qui parlait de perdre son temps? Il n'était pas mieux avancé... ou plutôt si, car il savait maintenant que plus jamais il ne ferait appel à Odor Page pour un de ses romans. Il avait longuement hésité avant de se décider pour cette maison d'édition, mais désormais il pourrait tirer un joli trait rouge sur son nom et passer à une autre. Il avait eu des idées de réussite où tous deux connaitraient la gloire en parallèle, mais puisque Mlle Colder prenait les choses de cette façon il ne regrettait rien. Enfin si quand même, de s'être montré en spectacle devant quelqu'un qui visiblement ne le méritait pas. Il avait jeté ses dernières forces dans une explication de ce qui n'avait plus rien de clair en lui, et au final ça ne lui avait rien apporté de plus. Et il détestait cette impression. D'avoir gâché son temps, d'avoir gâché quelque chose de précieux, quelque chose qui comptait trop à ses yeux pour être jeté sur la place publique, presque comme s'il s'était vendu lui même dans cette entrevue. Il en avait décidément trop dit.
    Il est regrettable que notre entrevue ait tourné ainsi, mais à présent, Mr. Lane, la porte est par ici. Toujours debout, elle accompagna la parole d'un geste de le main, désignant cette porte par laquelle il était passé quelques minutes auparavant. L'entrevue n'avait même pas été bien longue, et pourtant il lui semblait qu'elle n'avait que trop duré. Basil fit le tour du fauteuil où il s'était assis et la regarda une dernière fois. Elle était énervée et cela se voyait. Et comme un gamin qui joue avec le feu, il lui fit un sourire en disant d'une manière qui laissait voir tout le sarcasme caché derrière les mots:

      Je connais le chemin, inutile de me raccompagner.

    Il ouvrit alors la porte et traversa le hall jusqu'à la sortie du bâtiment. La secrétaire, penchée sur son bureau eut à peine le temps de dire un léger "au revoir" auquel il répondit sans se retourner. Elle avait probablement entendu que le ton était monté dans le bureau, et honnêtement il n'avait pas spécialement envie de faire des politesses à tout le monde. Ce n'était pas de sa faute à elle, elle ne faisait que son travail et n'avait rien à voir avec les décisions de sa patronne, mais ça allait lui tomber dessus aussi, inévitablement. Basil ne serait probablement le seul à réagir de la sorte.
    Une fois à l'extérieur, il soupira une fois de plus, avec cette impression qu'il n'avait fait que ça de sa journée. Ça et perdre son temps. Et il traversa la route pour rentrer chez lui, à pied pour se calmer, sachant qu'il ne supporterait pas de se retrouver coincé dans un bus avec des dizaines d'inconnus. Il en avait eu sa dose aujourd'hui.
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