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 N°1591 Lemon street | Curtain's finally closing

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Pamela Auber
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Message(#) Sujet: N°1591 Lemon street | Curtain's finally closing Mer 9 Déc 2009 - 16:59


That was quite a show but
Curtain's finally closing

FEAT PRIDE S BERRINGTON & MICAELA CARECA



7:00 am et Micaela était déjà aux aguets. Elle n’avait fermé l’œil que quelques heures cette nuit et sentait la fatigue peser sur ses épaules sans être capable de fermer l’œil une minute de plus. La Mexicaine était assise à la table de sa cuisine avec un tasse de thé chaude entre les mains, ses yeux étaient vidés de toute expression comme si elle était dans un état second. Depuis la veille, elle ne songeait qu’à Pride. Encore. Toujours. Inlassablement. Mais désormais, il y avait un troisième élément qu’elle était obligée de prendre en compte. Un élément grand, blond, mannequin et nommé Jeylhan. Elle détestait cette pauvre fille sans lui avoir un jour adressé la parole, c’était viscéral. Jamais rien n’avait ressemblé à un contrat de fidélité entre Micaela et le jeune étudiant, ils ne s’étaient même jamais assurés de se revoir, pourtant la brunette se sentait blessée. Comme s’ils avaient passé un pacte silencieux, elle le désirait pour elle seule et avait naïvement espéré qu’il avait quelque part l’intention de changer. Pourtant la jeune femme n’avait jamais formulé le moindre de ses désirs, alors la seule fautive, c’était elle. L’espoir, quelle connerie. Cela vous fait penser avoir du pouvoir sur les gens, ça altère votre vision et influence vos jugements et vous laisse pour unique coupable.
Micaela poussa un long soupir en revenant à elle, posa la tasse sur la table et monta rapidement à l’étage. Trois bons quarts d’heure plus tard, douchée et préparée elle dévala les escaliers à nouveau et sorti de chez elle en claquant la porte derrière elle.
La Mexicaine n’avait aucune idée de ce qu’elle allait lui dire ni de ce qu’elle voulait entendre. Elle ne savait plus qu’une chose : elle devait faire sortir ce qu’elle avait sur le cœur, lui cracher son venin et peu importe ce qu’il pourrait bien en penser. Elle marchait rapidement, les bras croisés sous sa poitrine pour soutenir son buste qui tremblait. Elle aurait pu en vue de la température, mais elle n’avait pas froid, ces nerfs étaient la seule raison. Son estomac était noué, et son cœur s’emballait à chaque fois que l’un de ses pas la rapprochait un peu plus de Pride. Voila bien longtemps que Micaela n’avait pas ressenti les effets du stress. Comme une gamine qui ne sait pas comment s’y prendre ou une enfants qui ne sait pas si elle doit admettre ses erreurs, une partie la brunette regrettait son initiative et souhaitait s’enterrer sous une couette jusqu’à oublier cet homme. Mais était-il simplement possible d’oublier Pride?

Arrivée sous le porche de la maison, elle ferma les yeux et inspira profondément pour calmer les aléas de son cœur en espérant tomber directement sur Pride vu l’heure (trop) matinale. Au pire des cas, elle réveillerait tout le monde, ou au contraire peut-être que Maddie & Clyde avaient déjà pris la direction de l’université. En vue de l’absence de voiture, elle optait pour cette solution là. Il ne restait plus qu’à espérer que pour une raison ou une autre Pride soit encore chez lui. Avec la motivation d’un automate, elle porta sa main jusqu’à la sonnette et appuya deux fois. Elle replaça aussitôt sa main et serra ce qui ressemblait à un écrin rouge entre ses doigts et son buste.
La porte s’ouvrit, et au moment ou elle vit la silhouette de Pride se dessiner, Micaela sentit son cœur soulevé par la colère. Son angoisse, son hésitation ? Parties en fumées. Ses yeux se plissèrent en lui lançant un regard noir avant de prendre la parole alors que lui-même semblait sur le point de s’exprimer. « Reprends ça. » siffla-t-elle sur un ton irritant en plaquant brusquement l’écrin rouge sur son torse. « Quoi que j‘ai pu penser de toi et ce collier, j‘avais tort. » lança-t-elle en retirant sa main une fois qu’il eut posé la sienne sur la boite en velours. Puis elle fit un pas en arrière et secoua légèrement la tête en recroisant ses bras. « Offres le à quelqu’un d’autre. Moi je ne veux plus jouer, j'arrête les frais. » continua-t-elle sur un ton qui perdait de l’agressivité. Puis elle posa ses yeux sur l’écrin avant de jongler vers le visage de Pride. Micaela senti sa colère se changer doucement en un sentiment plus calme, son regard changea radicalement, trahissant la déception qu’elle avait tenté de dissimuler. « Le problème Pride, c’est que tu joues tout le temps. Tu ne peux rien offrir d’autre que des jeux malsains et des désillusions. » termina-t-elle dans un soupir lassé.

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Message(#) Sujet: Re: N°1591 Lemon street | Curtain's finally closing Dim 20 Déc 2009 - 12:37

Le réveil avait sonné trop tôt, bien trop tôt en cette matinée de Décembre, aussi ce fut une main violente qui vint s'abattre sur la maudite petite boite noire osant lui tambouriner les tempes alors que l'heure matinale affichait sept heures. Le jeune étudiant n'avait jamais été du matin, préférant vivre la nuit de ses débauches, mesquineries et surtout conquêtes, il avait toujours eu du mal à ouvrir les yeux bien avant neuf heures. Fort heureusement pour lui donc, les cours de la faculté étaient en cela flexible qu'ils ne commençaient que relativement tardivement, mais c'était tout de même à se demander quand Pride trouvait le temps de dormir. Là n'était pas la question puisqu'en l'instant s'ajoutait un défi primordial pour ses colocataires et amis : éviter la mauvaise humeur de Berrington. Car en plus de n'être guère matinal, ce dernier n'avait que rarement le sourire aux lèvres lorsqu'il levait : cela ne durait en général pas plus d'un quart d'heure, mais mieux valait éviter de lui parler durant ces quinze minutes catastrophiques pour le jeune étudiant et surtout pour les autres. Néanmoins les trois jeunes gens avaient fini par éviter la parade pour ne pas essuyer le mauvais caractère du brun ténébreux au réveil ; Clyde ne parlait que très peu -qu'à cela ne tienne, c'était une qualité-, et quant à la provocante Maddie, Pride l'évitait durant ce quart d'heure vital en allant prendre sa douche tiède. Ainsi on évitait tout homicide involontaire -ou non- dû au sale caractère de Berrington ne supportant guère les matins. Le jeune homme avait beau paraître gentleman, charmeur et séduisant, il n'en demeurait pas moins que l'essence même de son être n'était que violence voire même brutalité. Poussant alors son drap d'un geste sec dévoilant son torse, il toisa sa table de chevet sur laquelle un téléphone n'étant pas le sien y était posé, ouvrit la porte de sa chambre et se pencha que très brièvement par-dessus la rambarde de l'escalier.

« Fuck off Maddie, arrête de laisser traîner tes affaires dans ma chambre. »
« Bonjour mon petit Pride comment tu vas ? ... Envoie le moi puisque t'es là. »

Le jeune homme leva son regard sombre au plafond dans un soupir glacé avant de tourner les talons, ignorant les râlements de la jolie brune qui pestait contre Berrington, l'obligeant alors à monter les escaliers pour récupérer son dû. Prenant le chemin de la salle de bain, il s'enferma dans la salle d'eau avant que son regard ambré n'accroche d'un air étrangement préoccupé son reflet lui miroitant un jeune homme à la prestance certaine, le cheveux brun et en bataille, des cernes sous ses rétines noisettes trahissant qu'il était rentré tard après avoir passé une bonne partie de la nuit chez sa petite amie. Cette sensation habitant le creux de son estomac et de son palpitant était étrange ; le jeune homme n'avait jamais trouvé de véritables attaches, sans d'ailleurs en chercher, et aujourd'hui il se sentait lié à une personne qui le regardait avec attention. Comme si depuis trop longtemps, Pride avait fini par se persuader qu'il n'était dans l'histoire de l'humanité que l'escroc ou l'amant, mais pas le type bien que l'on voulait aimer : il avait fini par occulter toutes ses véritables qualités humaines pour d'autres, abandonnant la gentillesse ou les élans du coeur au profit de la sournoiserie, de la ruse, du charme tentateur...

Sorti enfin de sa douche et la mauvaise humeur quotidienne passée, il revêtit quelques vêtements simples d'étudiant pourtant charismatique avant de descendre dans la cuisine déserte. Si les cours du sombre jeune homme commençaient légèrement plus tard, ses deux amis étaient quant à eux déjà partis pour la faculté. Ce fut donc avec nonchalance qu'il se posa avec le journal du jour, l'ouvrant instinctivement sur la page boursière, ainsi qu'une tasse de café qu'il n'eut pas même le temps de toucher qu'on vint sonner à la porte. Fait plutôt étonnant au vu de l'heure trop matinale par ailleurs, faisant arquer légèrement les sourcils du jeune brun de surprise alors qu'il alla ouvrir à la personne osant venir faire du porte à porte à huit heures du matin à peine. Néanmoins la silhouette gracieuse et délicate apparaissant sur le seuil lui était familière, et surtout inattendue ; plus encore la moue de la belle mexicaine était furieuse et furibonde, ne laissant d'ailleurs pas même le temps à Pride d'avancer un mot.

« Mic... »
« Reprends ça. » Le jeune homme fronça les sourcils, son regard ambré et sombre se posant sur l'écrin qu'elle lui avait alors jeté avec fureur, reconnaissant dès lors la boite de velours contenant le collier témoin de leur nuit fiévreuse. Reposant son regard alors glaçant sur le visage sublimement éclairé par la colère de son interlocutrice, Pride ne put rétorquer quoique ce soit, attendant que la tempête ne passe. « Quoi que j‘ai pu penser de toi et ce collier, j‘avais tort. »
« Qu'est-ce qu'il te prend ? » murmura-t-il d'une voix sèche et suave qui néanmoins ne trouva aucune réponse.
« Offres le à quelqu’un d’autre. Moi je ne veux plus jouer, j'arrête les frais. »

Une fois toute la rancoeur que la demoiselle tenait en elle avait explosé, le visage de Micaela, les bras croisés, se radoucit. Son expression changea alors, plus peinée que haineuse, sous le regard noisette de Pride qui n'avait pas encore saisi le motif d'un tel assaut virulente. Détournant alors l'espace d'une demi seconde son visage glacé avant de le reposer sur la belle jeune femme, le brun ténébreux put enfin placer quelques mots, aussi froids pouvaient-ils être.

« Je suis également ravi de te voir en une si belle matinée, mais entre je te prie, je ne voudrais pas être malpoli. » fit-il en se poussant quelque peu, jouant sur la provocation sans pour autant que la demoiselle y réponde.
« Le problème Pride, c’est que tu joues tout le temps. Tu ne peux rien offrir d’autre que des jeux malsains et des désillusions. »
« Non, ce n'est pas ça le problème, Micaela. » rétorqua-t-il en la toisant dans les yeux. « Nous étions deux à jouer, toi et moi. Je ne t'ai pas forcée, tu t'es embarquée de ton plein gré là-dedans. Le problème m'a tout l'air d'être Jeylhan, ce qui ne manque pas de culot de la part d'une femme fiancée. » rajouta-t-il sans un sourire, le regard sérieux et la prestance certaine.
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Message(#) Sujet: Re: N°1591 Lemon street | Curtain's finally closing Ven 25 Déc 2009 - 2:05

L‘ironie et la provocation dont usait Pride n‘affectait pas la jeune Mexicaine qui bouillonnait déjà pour un millier d‘autres raisons, à vrai dire elle y voyait la confirmation de ce qu‘elle pensait. « Non, ce n'est pas ça le problème, Micaela. (…) nous étions deux à jouer, toi et moi. Je ne t'ai pas forcée, tu t'es embarquée de ton plein gré là-dedans. Le problème m'a tout l'air d'être Jeylhan, ce qui ne manque pas de culot de la part d'une femme fiancée. » finit-il par déclarer sérieusement. Micaela sentait la colère parcourir ses veines de plus belle, mais elle se fit violence pour rester calme et n’en laisser rien paraître. Elle avait prit l’habitude de se montrer trop émotive et sensible vis-à-vis de lui. Ses sens, ses émotions et ses envies prenaient les rennes avec une aisance qu’elle se refusait d’accepter à partir de maintenant. Elle souffla donc silencieusement sans lâcher son ancien amant du regard, les yeux furibonds, malgré le contrôle qu’elle tentait d’exercer sur elle-même. Avait-il simplement réfléchi avant de parler? Si elle n’avait pas cédé lorsque son mariage battait de l’aile, pourquoi l’aurait-elle fait maintenant? Un peu de bon sens l’aurait facilement mit sur la piste de ses fausses fiançailles. Soit il ne s’était visiblement pas donné la peine de chercher un peu plus loin que le bout de son nez, soit il prêchait le faux pour savoir le vrai. Dans tous les cas, Micaela n’avait pas l’intention de se justifier, après tout elle n’avait pas changé la donne en pleine partie, elle. « Ne me confonds pas avec les trainées que tu aimes côtoyer. » siffla-t-elle sur un ton mauvais.

Micaela le fixait sans relâche, toujours avec plus d’intensité et de mal à ce contenir. Elle pensait à Jeylhan en essayant de cacher un monstre beaucoup trop gros pour elle : la jalousie. Qu’avait-elle qui justifie ce changement de comportement chez Pride? Elle l’avait croisée de nombreuses fois à Ocean Grove et chacun de ces souvenirs faisait référence à une jeunette terriblement banale. Un de ces mannequins qui n’aurait surement pas pu inventer l’eau chaude, une romantique dégoulinante de manières qui s’accrocherait à lui jusqu’à décider subitement de jouer la forte tête indifférente, fière de prétendre lui avoir montré l’Amour. Était-il à ce point là en manque d’affection et désespéré? Micaela était persuadée que quelque part, elle n’était qu’une expérience, qu’il l’avait choisie pour sa naïveté et la facilité avec la quelle il pourrait la séduire. Elle n’était qu’un choix judicieux et sans danger pour s’essayer à de vrais sentiments, et tout ce cirque ridicule ne saurait durer.

« Alors dis moi, combien de temps tu penses tenir? Combien de fois as-tu serré les poings pour ne pas aller voir ailleurs? Combien de fois t’es tu retenu de vomir quand elle te parlait d’amour et d’avenir? » demanda-t-elle avec malveillance. La mexicaine était confiante quant à ce qu'elle avançait, Pride ne pouvait avoir totalement changé. Ses vieux démons avaient peut-être été refoulé, mais ils ne pouvaient être réduits à un silence total. Si la jeune femme arrivait à contenir sa rancœur pour ne pas exploser, il en était autrement de sa jalousie. Son envie était aussi claire que si elle y avait posé les mots les plus simples. Mais peu importe, elle s’était vendue au moment même où elle avait frappé à sa porte. Elle s’était sentie blessée à un moment, cependant, au fur et à mesure que son incompréhension prenait le pas sur ses premières impressions elle se forçait à se détacher de lui et réprimait l’envie qu’il lui inspirait avec difficulté. Comment avait-elle pu être séduite par un homme qu’elle n‘était même pas sûre d‘apprécier, dont elle ne connaissait rien de plus que les répliques cinglantes et le charisme envoutant? Une partie d‘elle le désirait sien, toujours, c‘était indéniable, mais plus elle pensait à leur relation malsaine, moins elle comprenait ce qui en avait fait le charme au début. L‘attirance qu‘il avait fait naître en elle ne pouvait pas justifier à elle seule l‘attachement et l‘obsession qu‘elle lui vouait. Micaela s‘en voulait sans doute autant qu‘à lui de s‘être embarquée là dedans en accordant autant d‘importance à un partenaire de jeu qui, de toute évidence, n‘avait pas opté pour les mêmes règles qu‘elle.

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Message(#) Sujet: Re: N°1591 Lemon street | Curtain's finally closing Dim 27 Déc 2009 - 10:27

La scène paraissait surréaliste : certes avec un tempérament de feu de la trempe de la belle mexicaine, et du caractère trop fort du jeune homme, ces derniers avaient déjà été embarqués dans quelques disputes auparavant, mais jamais aussi plombées de conséquences visiblement désastreuses. Ce matin il semblait que les deux anciens amants souhaitaient régler leur compte, bien que Pride n'avait alors rien demandé, partant comme un voleur une fois sa relation avec sa petite amie de mannequin établie il n'avait soufflé mot à Micaela de son soudain retournement de comportement, lui qui pourtant n'était pas aisé à apprivoiser : les élans du coeur, que le palpitant soit de feu ou de glace, a parfois des aléas surprenant, et l'imprévisible Pride n'échappait certainement pas à la règle. Sans doute avait-il sous-estimé l'attachement que la princesse mexicaine ressentait envers lui ; en un sens le brun ténébreux avait toujours été persuadé que leur jeu malsain ne concernait presque que lui même, qu'elle ne désirait guère entrer dans la danse, et une fois terminée, qu'elle en ressortirait sans blessure ni regret. Le propre du prédateur, c'était encore qu'il pouvait s'attacher à sa proie d'une obsession folle ; et certes cette forme d'attachement n'avait rien d'une idylle romantique mais elle était pourtant présente, dangereuse et cuisante... Refusant de ressentir l'amertume de la perte de Micaela, il était donc parti avant qu'elle ne lui tourne les talons. Tout aurait pu être plus simple si Berrington n'était pas monstrueusement compliqué...

« Ne me confonds pas avec les trainées que tu aimes côtoyer. »

Il soupira brièvement, refusant de répondre à la provocation en élevant alors la voix, lui dont le timbre restait toujours éternellement suave et bas, semblait ne pas vouloir entrer dans le jeu acide d'une dispute virulente. Pour autant il ressentait en lui la colère piquer son coeur et faisant bouillonner son sang de rage ; pour son intrusion de si bon matin, pour ces paroles acerbes, pour cet écrin qu'elle lui avait déposé vivement entre les mains alors même que le bijou ne lui avait pas été offert sur un coup de tête. Mais il était vrai que la jeune femme ne pouvait voir clair dans l'entière sincérité de l'escroc, qui pourtant lui avait fait ce présent fait de diamants et de lumières illuminant sa peau de miel avec toute la bonne volonté du monde. Il ne s'agissait guère d'un cadeau que le brun ténébreux aurait pu faire pour charmer ou envouter sa proie, mais d'un véritable présent sans arrière-pensées si ce n'était que d'affoler le palpitant de Micaela sur le moment comme le sien propre. Détournant alors le regard, ses yeux sombres se posant sur la maison de sa voisine en espérant sans doute que leur scène de ménage n'était pas assez visible chez n'importe qui même à une heure matinale, Pride reposa finalement ses obsidiennes sur le visage fin de son interlocutrice d'une lueur glaciale.

« La jalousie te va si mal. »

Un mensonge en vérité, Pride refusait de voir la vérité en face, voilant son visage d'un air trop froid et bloquant son coeur pour lui éviter quelques soubresauts désagréables. Mais ces mots sonnant creux et faux n'étaient en rien révélateurs de ce qu'il pensait : sans doute était-il presque soulagé de la voir troublée et piquée d'une jalousie dissimulée, peut-être avait-il pensé leur relation malsaine fonctionnant comme à sens unique à tel point qu'il n'avait pas envisagé cette scène de couple, et très certainement avait-il ressenti lui-même beaucoup de frustration en imaginant la demoiselle fiancée à un autre quand enfin il pouvait l'avoir pour lui. Pride avait fini par se rendre à l'évidence : son obsession lui filait entre les doigts tandis que leur jeu devenait pour lui bien trop sérieux. Il s'était attaché, s'était surpris à ressentir les affres amoureux et l'acidité de la jalousie lui rongeant le myocarde quand enfin il comprit qu'il ne pourrait jamais l'avoir, et avait décidé par une opération facile mais délicate de s'arracher le coeur. Et à la douleur, s'était ajoutée la honte de la douleur : il n'en avait dit mot par arrogance, finissant par s'éclipser de la vie de la princesse mexicaine pour s'amouracher d'une autre, du moins il s'en était persuadé.

« Alors dis moi, combien de temps tu penses tenir? Combien de fois as-tu serré les poings pour ne pas aller voir ailleurs? Combien de fois t’es tu retenu de vomir quand elle te parlait d’amour et d’avenir? »

Le brun ténébreux plongea son obsidienne dans les prunelles glaçantes de son interlocutrice, bien décidé à en découdre. L'un comme l'autre semblaient alors sur les nerfs, rongés par une jalousie dévastatrice qui les faisait alors sortir les armes dans la volonté de blesser l'autre. La colère froide semblait s'infiltrer dans ses veines tel du venin venant plomber son être de glace, il sentait son coeur s'alarmer d'un tel empoisonnement malsain qui pourtant commençait lentement à le ronger de l'intérieur. Ne pas imploser pour ne pas exploser, telle était sa volonté : l'impulsivité de Pride était telle qu'il aurait été capable de lâcher quelques mots trop révélateurs de ses sentiments ; jardin secret si bien gardé que l'on était venu se demander si ce monstre d'égotisme avait un coeur. Certes Micaela n'avait pour autant pas tort, un fait dont Pride se serait bien passé : il avait bien failli tromper sa jolie mannequin pour une barmaid, peinait à murmurer un "je t'aime" qui ne venait jamais, et se hâtait d'esquiver certaines conversations trop tournées vers l'avenir. La peur de se voir marié, père de famille et au volant d'une Mercédès lustrée comme tous ses voisins à la vie d'apparence plate et terne le bloquait à outrance ; on n'avait pas idée d'enfermer dans ce genre de vie un homme trop épris de sa liberté. Et pourtant, cette solitude pesant sur son âme avait fini par dominer sa crainte : il ne désirait pas cette vie, pas plus qu'il ne désirait être confronté à une dérilection du coeur. S'il l'avait choisie, c'était aussi parce que le brun ténébreux traversait une période creuse rongée par les doutes et la jalousie : un acte cruel et égoïste envers Jeylhan, et qui pourtant à long terme avait fait en sorte que Pride s'y était grandement attaché. Desserrant alors la mâchoire, sa voix suave et grave siffla d'un timbre lent faisant frémir le vent frais de ce mois de Décembre.

« Si tu n'avais pas été aussi heureuse avec ton sénateur, c'est toi que j'aurais choisie. » siffla-t-il d'un ton méprisant, ne saisissant pas sur l'instant la révélation tranchante de ses aveux. « Elle était là le jour où j'en avais le plus besoin, elle est la seule à me regarder comme un être qui lui est cher.... Je tiens à elle. » finit-il par dire d'une voix moins sèche et teintée d'une sincérité non feinte avant de reprendre non sans détourner son regard de Micaela. « Mais ne t'en fais pas, tu n'auras pas à supporter cet horrible calvaire encore longtemps. Je repars dans quelques mois pour la Californie, et je doute qu'on me revoit dans les parages. »

Un aveu qui n'aurait pas dû s'échapper de ses lèvres, surtout lorsque l'on savait que la version donnée à Jeylhan avait été tout autre : pour cette dernière, il repartait à Harvard. Pour Micaela, Pride avait fait preuve de sincérité sans vraiment le vouloir, prêt alors à tourner les talons.
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Message(#) Sujet: Re: N°1591 Lemon street | Curtain's finally closing Dim 27 Déc 2009 - 17:34

« La jalousie te va si mal. » Micaela réprima un rire sarcastique et passa nerveusement sa langue sur ses lèvres. Qu’avait-elle à dire qui puisse être valable face à ça? Rien, il avait raison. Ce n’est pas tant l’allusion au fait que la jalousie ne lui aille pas qui toucha la Mexicaine, fait le fait que ce soit si évident. Les secondes passaient lentement, et chacune qui venait de s’écouler faisait augmenter le colère qu’elle éprouvait. Seulement c’était vers elle-même que se dirigeaient ses mauvaises pensées. S’attacher à la mauvaise personne, et être encore là, à essayer de comprendre même une fois les yeux ouverts … Cette situation lui était amèrement familière. Après tout, être au pas de sa porte de si bon matin avec le cœur au bout des lèvres était la preuve d’une affection encore trop présente pour se ficher de lui et l’oublier en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire. Malheureusement, la haine était une si proche cousine de l’amour qu’il était parfois ardu de les distinguer. L’un provoquait l’autre, et quand ce n’était pas l’inverse, ils se mêlaient pour rendre toute indifférence impossible.
Attachement et rancœur se disputaient la vedette, la bataille faisait rage à l’intérieur d’elle en affectant son regard, ses propos, ses sens et quelque autre comportement qui pourrait trahir son malaise. La belle poussa un long soupir lassé, remontant l’un de ses bras enlacés autour de son buste sur son épaule.
« Si tu n'avais pas été aussi heureuse avec ton sénateur, c'est toi que j'aurais choisie. » Suite à ces paroles, les yeux de Micaela s’illuminèrent de surprise. Et alors qu’elle s’était surprise à entrouvrir la bouche pour répondre machinalement, aucun mot ne daigna résonner. Elle avait été désarmée par sa sincérité, déroutée et abasourdie. Elle ne voyait pas l’intérêt de dire ça maintenant. S’il avait manqué toutes chances d’être honnête et vrai par le passé, quand ça comptait vraiment, pourquoi l’était-il maintenant quand cela ne pouvait attirer de peine et regrets? La jeune femme baissa soudainement le regard et détailla longuement le sol. Elle avait peur de ce que ces yeux auraient pu avouer à Pride. « Elle était là le jour où j'en avais le plus besoin, elle est la seule à me regarder comme un être qui lui est cher.... Je tiens à elle. » Ces sourcils commencèrent à se froncer et, forte de la nouvelle sensation qu’avaient procuré ses nouvelles paroles, elle releva le regard pour le poser à nouveau sur lui. Micaela afficha alors une moue contrariée, déçue de l’excuse qu’il avait trouvé. Pensait-il qu’il était le seul à s’être un jour ou une période seul ? Tout le monde s’était déjà trouvé dans cette situation désagréable, mais tout le monde ne choisissait pas la facilité et l’égoïsme pour en venir à bout. « Mais ne t'en fais pas, tu n'auras pas à supporter cet horrible calvaire encore longtemps. Je repars dans quelques mois pour la Californie, et je doute qu'on me revoit dans les parages. » Vraiment? Micaela détestait ce genre de raisonnement. C’était comme tenter de culpabiliser les autres pour racheter ses propres erreurs.
Quelques secondes auparavant, elle avait été étonnée de ces propos dans un sens plus ou moins positif, ou du moins elle n’en avait retenu que l’aveu discret de ses motivations, mais maintenant qu’elle repassait le film de ses paroles dans sa tête, elle trouvait chacune de ses phrases lâches au possible.

« C’est faux, tu ne m’aurais pas choisie. C’est trop facile de dire ça maintenant Pride, et on sait tous les deux qu’au fond, ce n’est pas vrai. » commença-t-elle amèrement. « Cette fille, ce n’est pas un danger pour ton cœur parce que tu arrives à t’en arranger, tu sais ce qu’elle ressent pour toi. C’est pour ça que tu l’as choisie à elle et que l‘as laissé être là pour toi. » affirma-t-elle avec une pointe de déception. « Moi, tu me fuis. Alors oui je suis heureuse avec mon sénateur, lui au moins il à le mérite de ne pas être lâche, il prend des risques, il sait ce qu‘il veut. » Elle haussa les épaules, laissant s’envoler toute traces de colère ou de rancœur. « Si tu veux partir, soit. C’est ton problème même si tu le regretteras. Mais au moins, ne dis pas que j‘en serai contente pour te rassurer. » termina-t-elle calmement.

Micaela leva les yeux au ciel en contenant tant bien que mal l’émotion qui affluait dans son cœur. Elle ne voulait pas se battre, pas pour quelqu’un d’aussi instable. Ces derniers jours avaient étaient bien trop intenses pour qu’elle soit en mesure de se lancer à nouveau dans une bataille de sentiments.

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Message(#) Sujet: Re: N°1591 Lemon street | Curtain's finally closing Dim 27 Déc 2009 - 21:46

Prêt déjà à faire demi-tour, à la laisser sur le palier ; prêt une nouvelle fois à fuir ses sentiments et tourner le dos à ce qu'il ne comprenait pas ni même à ce qu'il ne voulait pas comprendre, le jeune homme commença à tourner les talons pour refermer la porte derrière lui. La colère au ventre, le doute agitant sa frénésie du sang, la fronde en couronne et l'arrogance en étendard... Il n'y avait sans doute pas plus égoïste que Berrington, pas plus craintif des sentiments trop forts non plus : s'il se hâtait chaque fois d'éviter le sujet, c'était simplement parce qu'il craignait de perdre sa liberté. Lui l'enfant du ghetto né sans chaînes ni barrières sinon celles des préjugés que les bourgeois et les plus riches pouvaient porter sur eux, brillant étudiant sillonnant les Etats-Unis à bord d'une voiture décapotable pour mieux sentir l'outrecuidance du vent sur leurs visages d'escroc à fière allure, avait simplement peur de s'engager pour une relation durable. Et sans doute était-ce pour cela que tout lui avait paru soudain plus facile avec Jeylhan : il avait vu en elle un regard neuf et différent, au moment où il en avait le plus eu besoin, sachant dès lors pertinemment que quelques mois plus tard il serait parti, sans elle. Là était toute la cruauté perfide de Pride, sans qu'il ne le veuille néanmoins : il s'amourachait d'une demoiselle, s'investissait dans une relation durable qu'il savait néanmoins condamnée puisqu'il se devait de partir dans quelques mois. La Californie, le Mexique, ou pourquoi pas quitter le pays, qu'importait, mais c'était là un choix fait par l'escroc et ses acolytes depuis longtemps. Jamais, il n'aurait eu l'envie d'arracher Micaela à son bonheur pour l'emmener avec lui, quand bien même dans le fond il aurait eu l'audace de l'enlever néanmoins, il ne pouvait prétendre à la rendre moitié plus heureuse que ce qu'il pouvait penser qu'elle était... Les affres sentimentaux conduisaient fatalement à l'autel du sacrifice, et c'en était un qu'il semblait vouloir faire de bon coeur. Ne voulant pas voir plus loin que son nez, le jeune homme s'était arrêté à la liaison que Micaela avait avec le sénateur que Pride connaissait pourtant, sans chercher plus loin, se contentant d'une amourette pour palier un manque et laisser filer le temps plus vite, jusqu'à ce qu'il ne déserte les lieux. Partant comme un voleur. Comme toujours. Ce fut néanmoins la voix de Micaela, moins que ses premiers mots cependant, qui stoppèrent alors Pride dans son élan, prêt à rentrer chez lui.

« C’est faux... fit-elle alors que le jeune homme fronça les sourcils. «... tu ne m’aurais pas choisie. C’est trop facile de dire ça maintenant Pride, et on sait tous les deux qu’au fond, ce n’est pas vrai. »
« Cela n'a rien à voir avec la facilité. Pour ma part je suis ce qu'il y a de plus sincère, pour une fois. » murmura-t-il alors d'une voix un peu trop sèche, la coupant alors sans même qu'elle n'y fasse vraiment attention.
« Cette fille, ce n’est pas un danger pour ton cœur parce que tu arrives à t’en arranger, tu sais ce qu’elle ressent pour toi. C’est pour ça que tu l’as choisie à elle et que l‘as laissé être là pour toi. Moi, tu me fuis. Alors oui je suis heureuse avec mon sénateur, lui au moins il à le mérite de ne pas être lâche, il prend des risques, il sait ce qu‘il veut... Si tu veux partir, soit. C’est ton problème même si tu le regretteras. Mais au moins, ne dis pas que j‘en serai contente pour te rassurer. »

Un dialogue de sourds, voilà où menait leur conversation dans laquelle ni l'un ni l'autre ne voulait ouvrir son esprit pour accueillir les paroles défensives de son interlocuteur. Sans doute ne comprenait-elle pas la portée puissante et sincère venant du palpitant de l'escroc, pas plus que lui semblait vouloir lire entre les lignes de la perfide jalousie : ils se parlaient sans s'écouter, laissant libre court à leurs paroles acerbes comme pour se soulager d'un mal acide leur rongeant les sangs mais qui, jamais, ne règlerait le problème. En se livrant ainsi à leur bataille de ping pong verbale et en déversant toute leur rancoeur, ils ne se prêtaient qu'à un jeu qui les apaiserait une nuit pour finalement ne régler le problème qu'en surface. Aussi Pride n'eut même pas l'envie de répliquer sur la totalité de la tirade de Micaela ; pour lui, la demoiselle avait tort. Ne serait-ce que pour Jeylhan, sans pour autant être dans le faux complet en ce qui concernait sa fuite... Mais concernant les risques à prendre, il trouvait la demoiselle pleine de culot pour oser lui dire qu'il n'en prenait jamais : n'était-ce pas lui qui était venu flirter avec la femme mariée qu'elle était, poussant le jeu jusqu'au vice et à s'en brûler les ailes ? Pire encore, lui qui était un inconditionnel du black jack et de la sournoise escroquerie passait ainsi son temps à prendre de multiples risques , toute sa vie n'était basée que sur ces derniers. A défaut de fulminer de rage, il eut alors un sourire amusé et narquois, lorsqu'enfin il murmura d'un air provocant :

« Je crois bien que tu me sous-estimes Micaela. Pour ce qui est de Gabriel, je te crois sur parole. » Le jeune homme marqua une pause, le sourire aux lèvres et le regard noir mais pétillant dardant les prunelles satinées de la Mexicaine, il était évident, au son de sa voix, qu'il subsistait entre Gabriel et Pride un secret bien gardé, qu'il ne dissimulerait pas néanmoins. « ... Mais tous les risques ne sont pas bons à prendre, ton fiancé le sait tout autant que moi... Oh tiens donc... » fit-il en voyant alors le regard étonné de la belle demoiselle malgré la prestance de cette dernière. « Il semblerait que certains vilains secrets ont été gardés et n'ont pas été évoqués avec Mrs Mc Allister... » Pride marqua une pause, le regard soudain plus froid, conscient qu'il jouait avec le feu car ne souhaitant pas non plus que cette étrange affaire planant autour du sénateur et de lui-même ne soit dévoilée au grand jour... Néanmoins ayant la provocation dans le sang, il n'avait pu rester muet et se douter de toute évidence que Gabriel saurait faire un démenti adéquat. Les sénateurs demeuraient de bons rhétoriciens avides de fausses promesses, après tout. « Ne joue pas à ça avec moi Micaela, n'essaie pas de te vendre une fausse conscience. Tu as perdu d'avance. » susurra-t-il alors, mauvais, impertinent et glaçant.

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Message(#) Sujet: Re: N°1591 Lemon street | Curtain's finally closing Lun 28 Déc 2009 - 0:12

Micaela ne cherchait plus à se défendre de son idylle avec Gabriel, si Pride y croyait tant, s’il se plaisait à ne voir que la vérité dans cette histoire alors ainsi soit-il. Elle ne ferait aucun effort à essayer de lui faire comprendre le contraire. De toutes manières lui non plus ne semblait pas près à écouter avec attention ou lire entre les lignes. C’était tellement plus simple d’attaquer tête baissée, là où ça fait mal. La jeune femme n’était pas étrangère à cette stratégie sanguine non plus, les propos de Pride pénétraient dans son esprit et leur sens s’arrêtait à sa première impression, ou mieux, à ses ressentis. Mais quelque part, elle était affectée par l’idée que Pride se faisait d’elle. Elle avait une tonne de défauts, mais l’infidélité n’en faisait pas partie. Elle s’était jurée de ne pas devenir comme ça, comme beaucoup trop de gens de nos jours. Alors sans doute qu’elle avait accordé ses propres convictions à Pride et qu’elle était la cause de cette situation. Elle avait espéré trop de lui, pensant naïvement qu’elle était, elle aussi, l’objet d’un désir exclusif.
« Je crois bien que tu me sous-estimes Micaela. Pour ce qui est de Gabriel, je te crois sur parole. » Le ton qu’avait employé Pride piqua la curiosité de la Mexicaine qui fronça les sourcils, pendue à ses lèvres. Elle ne sorti pas un mot en attendant qu’il finisse par continuer, et donner la suite des informations qu’il avait décidé de dévoiler. Bien entendu, elle savait que le tout serait vague et qu’elle ne tirerait pas plus de détails que ce qu’il déciderait de lui faire savoir. Le tout, habillement dressé pour que ça joue en sa faveur., comme toujours. « ... Mais tous les risques ne sont pas bons à prendre, ton fiancé le sait tout autant que moi... Oh tiens donc... (…) Il semblerait que certains vilains secrets ont été gardés et n'ont pas été évoqués avec Mrs Mc Allister... » En effet, elle n’avait pas la moindre idée de ce dont il pouvait bien parler, et l’air beaucoup trop satisfait de Pride la faisait bouillonner. Dieu qu’il était agaçant comme personne. Elle ne cacha pas sa surprise, ni son ignorance mais se garda bien de lui poser une quelconque question. Il se serait fait bien trop plaisir à ne pas répondre et se jouer du mystère autour de Gabriel pour faire plier Micaela. Alors elle haussa les épaules et lui lança un regard noir, plein de reproches. « Ne joue pas à ça avec moi Micaela, n'essaie pas de te vendre une fausse conscience. Tu as perdu d'avance. » termina-t-il dans une attitude plus odieuse que jamais. La mâchoire de la jeune femme se crispa et elle secoua discrètement la tête.

C’était tout lui, excellant dans son art. Si elle n’avait pas était sa cible, sans doute aurait-elle était admirative devant le contrôle qu’il exerçait sur ces émotions et l’habilité avec la quelle il entaillait la confiance de Micaela du bout de ses mots. Mais elle ne voulait pas tomber dans son jeu, il voulait la faire vaguer dans des eaux troubles pour semer de doute dans son esprit et ainsi attirer l’attention sur un problème tout à fait différent de celui de base. Elle l’observa longuement, sur le pas de sa porte, la dominant de toute sa hauteur, lui rappelant qu’il pouvait lui tourner les talons à tout moment, que sa présence ici était due à son bon vouloir. « C’est-ce que je disais tu vois. » commença-t-elle en se rapprochant légèrement de lui. « On parlait de toi, ou de nous -en supposant qu’il y en ait eu un qui tienne, et d’un coup tu tournes discrètement la discussion vers Gabriel, et ses secrets. » dit-elle sans se laisser miner. En imaginant qu’il ne soit pas stupide -chose dont elle était persuadée, il devait avoir comprit qu’elle ne parlait de prendre des risques quotidiens, mais de se mouiller quant à ces sentiments, de ne pas être honnête uniquement lorsque la partie est terminée. Alors venir parler de son fiancé ainsi ne prenait aucun sens aux yeux de Micaela. Certes, cela lui permettrait sans doute de servir sa cause en déroutant la jeune femme à coup de doutes, mais cela ne ferait pas avancer leur situation, à eux deux. « Remettre en question la confiance que je lui accorde ne changera rien, ca te donne juste une occasion de fuir, encore. » termina-t-elle sur un ton plein de reproches.

Elle soupira en songeant au départ qu’il lui avait annoncé quelques secondes plus tôt. Cette idée pinça son cœur et son regard fut piqué d’une pointe d’incompréhension l’espace d’un instant. Malgré la rancœur qu’elle éprouvait à son égard, elle n’avait pas souhaité une seule fois qu’il parte. Ceci dit, elle n’essaierait pas de le retenir, elle s’était faite à l’idée qu’il n’était pas de ces gens avec qui l’on peut s’imaginer dans le futur, peu importe la nature de la relation.

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Message(#) Sujet: Re: N°1591 Lemon street | Curtain's finally closing Ven 8 Jan 2010 - 23:45

Il ne comprenait pas ce que la belle jeune femme revendiquait secrètement, portée dans un semi-mutisme. Comment aurait-il pu après tout, ignorant qu'elle n'avait désiré qu'un état exclusif entre eux, quand elle-même était fiancée... Comment aurait-il pu savoir que Micaela avait désiré cette relation unique, transcendante et irremplaçable, autant que lui-même avait pu l'entrevoir. A ses yeux, il pratiquait "l'infidélité" au sein de leur propre jeu, n'hésitant pas à voir d'autres demoiselles, autant qu'elle-même partageait les draps d'autres jeunes hommes, et de son fiancé en particulier. Ainsi le ténébreux brun avait beau être un génie, il n'avait guère perçu ce que Micaela était venue lui reprocher. Trop pris dans son propre jeu, à la vouloir pour lui et à la conquérir, Pride n'avait pas pris en compte cette dimension plus humaine de leur relation, qui n'était pas que charnelle. Entre eux, depuis leur rencontre, s'était établie une séduction réciproque, difficile à mesurer et pourtant véridique et passionnelle : il l'avait voulue et désirée, même mariée Micaela avait été pour lui une obsession. Encore aujourd'hui sans doute, mais trop buté et trop porté par son arrogance agaçante, Pride n'avait voulu voir plus loin, persuadé que la belle Mexicaine ne sortirait pas des limites qu'ils s'étaient tacitement imposées : devenir dépendants l'un de l'autre. En somme le jeune homme n'avait jamais pensé que l'arrivée de Jeylhan dans sa vie aurait pu troubler autant la princesse métissée ; le propre d'un égocentrique, c'est qu'il pense à lui même avant d'anticiper ou même de prendre en compte les réactions des autres. Même très attaché à Micaela qu'il avait désirée avec ferveur, il n'avait jamais vraiment pensé à elle, à son bien être, à ses éventuelles réactions, en se mettant en couple avec un mannequin. De toute évidence pour lui, leur histoire n'avait pas d'avenir, même en le souhaitant ardemment leur idylle ne pouvait sortir du cercle vicieux et trop fermé de leur jeu malsain ; Pride s'était arrêté à la bague qu'elle portait au doigt, et s'était acommodé d'une amourette pourtant réelle pour ne pas tomber dans son propre piège. Car s'imaginer dépendant d'une demoiselle déjà fiancée, sans un retour quelconque, lui aurait entaillé l'âme autant que son égo démesuré, aussi le jeune homme avait décidé de prendre les devants, ignorant que les conséquences auraient été ce genre de dispute sur le pallier même de chez lui. Et comme à son habitude donc, Pride joua sur les mots, les syllabes, le ton sensuel et tranchant de sa propre voix. D'un regard, d'un geste, d'une simple parole, il retournait la situation à son compte pour mieux s'en défaire et s'en tirer victorieux. C'est ainsi que, emporté dans un élan malhabile, il en vint à en dévoiler un peu plus que ce qu'il n'aurait dû, dans une réplique portant atteinte autant à Gabriel qu'à lui-même. Fort heureusement néanmoins, Micaela ne demeurait pas dupe et refusait de se laisser emporter dans son retournement de situation.

« C’est-ce que je disais tu vois. On parlait de toi, ou de nous -en supposant qu’il y en ait eu un qui tienne, et d’un coup tu tournes discrètement la discussion vers Gabriel, et ses secrets. »

Pride ne répondit pas, détournant son regard froid dans un crispement de la mâchoire raidie par la colère, il fixa un point invisible à l'horizon, sentant son myocarde battre trop fortement pour prétendre à un calme absolu. Peut-être était-ce parce qu'elle disait vrai qu'il se sentait bafoué et emporté, peut-être également parce que, finalement, la demoiselle le connaissait trop bien pour se laisser destabiliser par ses mots. De la sincérité d'un aveu touchant, à la semi mise en lumière d'un potentiel secret nébuleux qu'il avait évoqué, rien ne semblait distraire Micaela de son but principal : demander des explications. Et plus la jeune femme s'y employait, plus Pride commençait à comprendre ce qu'elle était venue revendiquer : le statut d'exclusivité qu'aurait pu emprunter leur relation ambiguë. Par le biais de mots teintés de reproches tels que de l'affubler de joueur sans coeur, le jeune homme commençait à percevoir les réprimandes en filigrane que Micaela lui renvoyait en pleine figure : elle n'avait pas voulu d'un jeu, elle avait souhaité plus... Et lui également par ailleurs, sans qu'elle ne le sache ni même le sente, puisque malgré tout Berrington était allé voir ailleurs entre temps. Sans doute avait-elle raison depuis le début : la vie pour lui n'était qu'un vaste terrain de jeux, à tord. Lancer les dés, se confectionner des marionnettes, surmonter des défis, gagner un coeur ou une âme... N'avait-il pas vu un peu trop ce côté joueur de leur relation, délaissant alors les sentiments qu'il avait pour elle ?

« Remettre en question la confiance que je lui accorde ne changera rien, ca te donne juste une occasion de fuir, encore. »
« D'accord ! » fit-il d'une voix soudain lasse, sèche et tranchante, reportant son regard ambré et glaçant sur Micaela. « Ce n'était qu'un jeu. Je n'ai jamais eu de sentiments pour toi et en toute probabilité je n'en aurais jamais. Et je te fuis pour une raison que j'ignore... Peut-être parce que maintenant que j'ai eu ce que je voulais, je ne veux simplement plus te voir. Est-ce que ma réponse est suffisante pour que tu me foutes la paix ? »

Son regard de plomb s'ancrait dans les prunelles satinées de Micaela, d'une oeillade froide et dure autant que son visage ou sa voix pourtant basse. Ces mensonges, plus mesquins que le poison, lui rongeaient le coeur et les poumons d'une douleur insupportable. Pourquoi faire endurer à la belle Mexicaine tant de griefs qu'il ne croyait pas, lui qui sentait son palpitant s'agiter en sa présence, lui qui pensait à elle bien trop souvent, lui qui avait jalousé et maudit ce fiancé osant froisser les mêmes draps que Micaela. La colère, la frustration, la jalousie... Autant d'affres terribles qui poussèrent Pride à se montrer si cru, blessant et violent dans ses paroles quand il n'en pensait pas un mot. De toute évidence, le jeune homme allait bientôt quitter Ocean Groove pour ne plus jamais revenir, aussi il valait mieux pour elle qu'elle ne se rappelle de lui comme un salaud, plutôt que comme un homme amoureux lui ayant déchiré le coeur. Sacrifice pour sacrifice, le geste amoureux peut parfois s'avérer tortionnaire.
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Message(#) Sujet: Re: N°1591 Lemon street | Curtain's finally closing Sam 9 Jan 2010 - 3:20


« Ce n'était qu'un jeu. Je n'ai jamais eu de sentiments pour toi et en toute probabilité je n'en aurais jamais. Et je te fuis pour une raison que j'ignore... Peut-être parce que maintenant que j'ai eu ce que je voulais, je ne veux simplement plus te voir. Est-ce que ma réponse est suffisante pour que tu me foutes la paix ? » Le sang de Micaela se glaça, laissant derrière lui la désagréable sensation de picotements parcourant ses veines. C’était ce qu’elle était venue chercher, au fond c’était la seule réponse qu’elle avait envisagé mais entendre ces mots sortir de la bouche de Pride avait un effet dévastateur sur la Mexicaine. Comme si chacun d’eux avait entaillé son cœur et son âme, elle se sentait brusquement impuissante et vulnérable. Pourtant elle avait tenté de s’y préparer et se pensait capable d’anesthésier son cœur face à lui, en vérité il n’en était rien. Son pouls accéléra considérablement, et son souffle se coupa pendant quelques secondes terriblement longues. Une fois reprise, sa respiration était anormalement courte, irrégulière alors que son esprit s’était vidé de tout raisonnement. Sa dernière déclaration avait choqué Micaela au sens propre du terme, elle avait écouté chaque sons, chaque syllabe, chacune de ses attaques et pourtant son visage n’affichait pas la moindre trace de réaction. Si rien ne voulait transparaître à l’extérieur, il était évident qu’à l’intérieur Micaela se sentait atrocement mal. Ses yeux se fermèrent sans qu’elle n’ai l’intention de le faire, à vrai dire son corps semblait agir de son propre chef, comme s’il s’était détaché de son esprit trop absent.
Puis, une vague d’émotions brûlantes naquît en son cœur pour submerger l’ensemble de ses membres. Ses épaules crispées lui parurent extrêmement lourdes, comme portant un fardeaux trop écrasant pour elles. Son corps avait déjà encaissé l’annonce tranchante de Pride, mais maintenant c’était sa tête qui comprenait douloureusement la signification de ses paroles. Le malaise physique qui s’était installé laissa place à une douleur plus vive et intense mais sur la quelle elle n’aurait pu mettre de mots. C’était une sensation étrange qui s’installait dans sa poitrine pour y peser chaque seconde un peu plus, gênant d’abord son cœur ébranlé puis ses poumons et enfin sa respiration, une nouvelle fois. Micaela prit conscience qu’elle avait les yeux fermés, et au lieu de les rouvrir elle les plissa un peu plus en se mordant la lèvre inférieur pour attirer son attention sur une douleur autre que celle causée par Pride. Maintenant qu’elle recouvrait l’usage de ses pensées, qu’elle se sentait malheureusement revenir à elle, elle se devait de sauver les apparences et d’épargner le l’estime et la fierté qu’il n’avait pas brisées. Elle redressa son buste en appréhendant le moment où elle devrait rouvrir les yeux pour croiser le regard glaçant de Pride. Pour la première fois, elle ne se sentait pas capable de lui faire face, elle se sentait nue et fragile, déséquilibrée. Alors, avec toute la déception et la souffrance qu’elle apprivoisait elle releva lentement le regard vers lui. Ses yeux bruns étaient voilés d’une tristesse palpable et affichaient une moue déstabilisée.

La jeune Mexicaine croisa silencieusement les bras sous son buste pour se soutenir, sans avoir la moindre idée de ce qu’elle pourrait lui répondre. Un silence pareil à celui qui surplombe un champ de bataille abandonné s’installa entre les deux adultes. Micaela avait conscience qu’elle s’affichait vaincue en le laissant durer, mais elle n’avait pas l’intention de reprendre les armes. Elle lui laissait la victoire de bonne foi, consciente qu’elle n’était plus en mesure de prétendre se mesurer à lui. Il avait été plus fort et habile qu’elle, il avait joué sur un terrain qu’elle avait volontairement occulté et qui, de toutes évidences, était la raison de son succès. La brunette se décida finalement à ouvrir la bouche, mais avant qu’elle n’ait eu le temps d’en faire sortir le moindre mot, elle sentit ses yeux de border de larmes. « Il ne manquait plus que ça » pensa-t-elle amèrement. En prenant une profonde respiration, elle ravala chacune de ces traitresses qui n’avait pas encore perlé sur ses joues. Sa vision n’était plus très nette et elle n’avait plus qu’une hâte : s’éclipser pour ne pas céder devant lui. Elle serra donc les poings, et en lui adressant un dernier regard rempli de reproches et de souffrance elle mit fin à la guerre qui les unissait. « Ce n’était qu’un jeu … Alors j’imagine que tu as gagné. » Elle haussa les épaules pour tenter vainement de se désintéresser. Ses yeux toujours plantés dans les siens attendirent naïvement pendant quelques secondes qu’il se reprenne et change d’explication, puis elle riva son regard sur le sol, désillusionnée. Puis elle entama de faire demi-tour et alors qu’elle s’éloignait rapidement de chez Pride, elle songea longuement à la fin de leur relation. Il y avait un gagnant et une perdante, comme dans chaque jeu. Finalement, leur relation se terminait comme elle avait commencé et elle se sentait la femme la plus idiote du monde d’avoir un jour rêvé à une autre fin.


ENDED

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