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 eyes without a face (giacomo/dante)

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Dante Fellini

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Message· · Sujet: eyes without a face (giacomo/dante) Sam 2 Fév - 22:34

 
@Giacomo Fellini  & @Dante Fellini
eyes without a face
got no human grace your eyes without a face


03 JANVIER 2019

Il lui avait fallu plusieurs jours pour s’en remettre. Mais voilà qu’il était en chemin. Les mains dans les poches de son bomber, l’Italien marchait d’un pas assurée dans les rues de la petite ville en direction de Crescent Lane, là où semblait habiter son jeune frère Giacomo. Dante était en ville depuis quelques semaines et n’avait pas voulu faire une entrée fracassante, vivotant de ville en ville il avait pris pour habitude de jouer le caméléon, d’observer doucement les habitants d’un endroit pour ensuite s’immiscer doucement dans le quotidien des gens. Il n’avait toujours pas vu son frangin depuis son arrivée. Il voulait lui faire la surprise de débarquer chez lui, mais au final, il s’était ravisé, ayant appris une nouvelle l’ayant fortement bouleversé. Ses souvenirs d’enfance avec Giacomo étaient pourtant joyeux. Il se souvenait de grandes tablées dans le jardin de la demeure Fellini, dans les collines siciliennes. Tous deux habillés d’une chemise blanche, ils étaient assis sous un olivier à contempler le ciel d’un début de soirée d’été depuis les hauteurs, la lumière chaude lui rappelait l’Italie. C’était l’époque où Giacomo était encore à ses côtés, avant qu’il ne parte. Étant le plus grand des deux, Dante avait toujours pour ambition de protéger son petit frère qui lui semblait un peu faible pour affronter la brutalité de la vie, il l’avait défendu de nombreuses fois, de bagarre ou autre situation et l’avait toujours conseillé de façon à ce qu’il se sente le plus heureux. Même si parfois, les conseils qui lui donnaient allaient à l’encontre de ses valeurs. Dante Fellini est un garçon complexe, qui a sa propre vision du monde, une manière d’entreprendre les choses de façon nette et définie, parfois imperméable à toute forme de modernité, mais ses opinions le concernaient. Il réfléchissait assez sur son sort pour analyser les façons de faire des autres. Peut-être est-ce par ego-centrisme ou bien parce que l’effort intellectuel lui était suffisant - certainement un peu des deux. La simplicité de Dante l’avait conformé dans cet unique chemin tout tracé qui lui faisait face et il n’osait prendre des décisions contraires déviant la route que son padre l’encourageait de prendre. Les choix que Giacomo avait faits dans sa vie de jeune adulte lui avaient parfois semblé peu évidents, grotesques ou absurdes. Isolé dans sa minuscule, mais chaleureuse Sicile, l’homme était parfois surpris d’apprendre les nouvelles coutumes du vingt et unième siècle - accentué par un passage religieux qui l’isola un peu plus de la réalité et de l’actualité. Malgré cela, il n’en était pas non plus devenu un demeuré primitif aux idées fascistes bien qu’il ait des affiliations avec la mafia. Il s’agissait simplement d’un grand et beau garçon, éduqué dans une famille italienne typique, qui n’a jamais eu la maturité de développer la curiosité de s’intéresser aux bouleversements sociaux que le monde a connus ces deux dernières décennies. 

Mais depuis quelques jours, Dante était torturé par ses pensées. Accoudé contre un bar, il passait ses journées à se tenir le crâne, ressassant ses idées noires. Tout cela était-il véridique? La manière dont il avait appris cette nouvelle lui restait encore en travers de la gorge et il ne voulait la comprendre, il ne voulait la réaliser. Citra, celle qui lui avait brisé le coeur en mille morceaux, qui l’avait fait rugir de colère et qu’il était enfin prêt aujourd’hui à affronter, lui avait annoncé ceci : Giacomo et elle ont eu une aventure. Comment cela était-il possible, comment Giacomo pouvait-il encore lui répondre normalement au téléphone les fois où ils s’appelaient? Comment allait-il pouvoir le regarder à présent? Son arrivée à Wintmont Bay avait été motivée par ces deux personnes qui faisait brûler une infime lueur à l’intérieur de lui, il de demandait qu’à être heureux en arrivant en Oregon et toutes ses attentes s’étaient effondrées. À quoi bon rester? Fallait-il s’enfuir? Dante n’avait aucune réponse à ses questions pour le moment, mais il savait une chose : que cela serait idiot de s’en aller sans affronter le regard de Giacomo. Oserait-il lui annoncer? La nuit était tombée ce soir-là, et Dante avait englouti les dernières gorgées qu’il restait dans son verre de whisky avant de quitter le bar. Arrivé devant la porte, Dante hésita à appuyer sur la sonnette qui était distinguée d’un petit bout d’autocollant indiquant G. Fellini. La pluie commençant à tomber, il s’abrita au plus près de la porte en attendant de se décider. Il ne savait même pas si son frère était chez lui, mais à cette heure-ci, il n’y avait pas un chat dehors, Dante espérait le trouver, ou peut-être pas. Le moment n’était peut-être pas le bon. À cet instant, une jeune femme sortie de l’immeuble, la porte se referma doucement derrière elle, et Dante instinctivement la bloqua pour y entrer discrètement une fois que la jeune inconnue s’était éloignée. Il monta au premier étage et commença à lire les noms sur les appartements, face à la deuxième prote, il se confronta au nom de son frère - et se décida à toquer. Il ne savait pas quoi lui dire, s’il devait le prendre dans ses bras, lui mettre un poing dans la figure ou s’en aller tout de suite avant qu’il n’ouvre. Avant qu’il n’obtienne de réponse, celle-ci s’ouvrit et Giacomo était là. Dante le regarda avec un regard noir, les mains toujours fourrées à l’intérieur de sa veste. Il ne souriait pas, car lorsqu’il le vit il se mit à l’imaginer avec elle. Comment avait-il pu lui faire ça. Il n’osa le regarder plus longtemps et entra sans y être invité dans l’appartement. — Bravo. Bravissimo. Citra? Il a fallu que… Che cazzo Giacomo!! t’es mon frère. Oui je suis à Wintmont Bay, mais on s’en fout complet. Dante commençait à devenir rouge, il avait besoin d’entendre la version de son frère, s’il réussissait à en placer une…

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Giacomo Fellini

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Message· · Sujet: Re: eyes without a face (giacomo/dante) Mer 13 Fév - 14:16

Du chemin avait été parcouru depuis ses premiers pas sur le continent américain. Le manque d’assurance, l’hésitation constante, la crainte permanente, toutes ces petites choses qui avaient longuement malmené son quotidien avaient disparu pour laisser place à une existence plus légère. Désormais sa vie ne se résumait plus à vivre caché, loin des regards insistants et désapprobateurs de sa famille, Giacomo avait découvert une certaine liberté à laquelle il avait très rapidement pris goût. Se libérer du poids imposant que représentait le jugement des autres constituait une réelle délivrance pour lui, bien plus plaisante encore que la réalisation de son rêve premier, devenir un danseur de ballet, intégrer une compagnie et pouvoir vivre de sa passion. Son arrivée à Windmont Bay était synonyme de soulagement, pour la toute première fois il avait le sentiment d’être maître de son destin, pour commencer, la gestion de son argent ne passait plus par Dante, il ne devait rendre de comptes à personne, il ne se considérait plus comme un gamin assisté que les adultes n’autorisaient pas à prendre ses propos décisions. L’Italie, pourtant chère à son cœur, était maintenant bien loin derrière lui, il n’envisageait aucunement de retourner vivre là-bas, bien que conscient qu’une telle décision pouvait faire souffrir davantage sa mère. Son mode de vie, ses choix, ses goûts, ses préférences, tout ce qui le définissait personnellement représentait un frein à son avenir au sein de la famille Fellini. Peu importait sa capacité à fournir des efforts, colossaux dans le cas présent, la sentence était malheureusement tombée avant même le déroulement de son procès. Déconnecté des siens et de la Sicile depuis quatre longues années, un récent événement était venu bousculer ses certitudes et convictions. Dante Fellini avait foulé le sol américain et errait désormais quelque part dans la petite bourgade, probablement en mode furtif. Il n’avait pas été informé de sa venue et cela ne présageait rien de bon. Il le savait capable de frapper à tout instant, sans crier gare, vicieusement tel le serpent qu’il était. L’aura mystérieuse qui enveloppait son grand frère l’avait toujours déstabilisé et mis, d’une certaine manière, mal à l’aise. Bien qu’ils partageaient le même sang, Giacomo conservait, et cultivait même, cette crainte de l’autre, car il était bien souvent compliqué d’anticiper les actions de son aîné. Chaque fois que ses yeux azur croisait son regard perçant, la même image lui traversait l’esprit ; le calme avant la tempête. Sans s’en rendre compte, ou peut-être était-ce volontaire, –  venant d’elle, cela ne l’étonnerait pas vraiment – Citra avait ouvert une brèche qui permettait d’entrevoir la défense ennemie, ses mots, piquants et tranchants, faisaient l’effet d’une bombe à retardement. Cette mégère s’était donnée le droit de bouleverser leur vie à tous les trois, sans aucune autre raison que la bassesse pure et simple, en aucun cas ses actions ne pouvaient être motivées par une quelconque forme de sentiments, si cette dernière était physiquement apte à éprouver la moindre émotion. A quoi bon mettre en avant la vérité ? Pourquoi maintenant ? Cherchait-elle à se repentir ? Avait-elle aussi peu d’estime pour les Fellini, tous membres confondus ? Etait-elle née malintentionnée ? Avait-elle déjà oublié ses propres actes, plus que discutables ? Une flopée de questions lui tourmentait le corps et l’esprit depuis ces trois messages reçus en décembre, aujourd’hui il semblait avoir baissé sa garde, l’erreur à ne surtout pas commettre, Dante devait probablement l’avoir senti car il avait choisi spécifiquement ce jour pour se présenter à son domicile. Plusieurs coups furent assénés sur sa porte alors qu’il n’attendait aucune visite. Vêtu d’un simple t-shirt et d’un bas de jogging, il alla ouvrir sans grande conviction, déjà prêt à congédier sa voisine un peu trop envahissante à son goût. Si la présence de son frère ne l’aurait pas dérangé en temps normal, étonné tout au plus, ce soir les choses étaient différentes. Le regard sombre dont il le gratifia était suffisamment éloquent et explicite, il n’était vraisemblablement pas là pour partager une étreinte fraternelle. « Dante ? » souffla-t-il d’une voix un peu trop aiguë. Estomaqué, le regard stupéfait, il observa la silhouette qui venait de s’inviter à entrer chez lui. Des insultes italiennes traversèrent ses lèvres dans des marmonnements incompréhensibles tandis qu’il refermait la porte derrière eux. « Ce n’est pas ce que tu crois… » se justifia-t-il inutilement avant de réaliser qu’il s’agissait d’une phrase bateau généralement servie par toute personne jugée coupable. « Si… Enfin non. » Son discours était décousu, à l’image de sa réflexion qui ne fonctionnait plus correctement. « Je suis désolé, mon frère, » dit-il en reculant d’un pas puis d’un second, par simple précaution. S’écraser devant lui semblait être la solution la plus sage à cette seconde, tout comme jouer la carte de la famille, même s’il était clairement un peu trop tard pour cela. « Vous n’étiez plus en couple et puis… » Et puis quoi ? Rien ne justifiait de coucher avec l’ancienne compagne de son frère. « C’est elle, c’est de sa faute. Tu es bien placé pour savoir à quel point elle peut se montrer manipulatrice. » Lâche ? Peut-être bien. Dans tous les cas, il avait toujours été considéré comme tel par les siens, autant continuer de nourrir l’illusion.

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Message· · Sujet: Re: eyes without a face (giacomo/dante) Mar 26 Fév - 17:26

Alors que la colère montait en lui, Dante jeta un bref coup d’œil à l’appartement de son frère qu’il n’avait jamais visité auparavant. Depuis qu’il avait pris la décision de son indépendance, il avait toujours soutenu son petit frère à voler de ses propres ailes. Encourageant et volontaire, il l’avait aidé à s’en sortir, à s’émanciper de la famiglia. Mais la déception l’avait envahi depuis qu’il avait appris que son petit frère, son petit protégé avait couché avec celle qui hantait ses nuits depuis de nombreuses années. Le regard du jeune Giacomo était désemparé. Tandis qu’il fermait la porte derrière lui afin d’éviter d’alerter son voisinage, l’aîné se tenait debout au milieu de la pièce principale. L’allure de Dante était turbulente, agitée, il tentait de comprendre. L’expression de ses sentiments était un peu confuse, il n’arrivait pas vraiment à dire à son frère ce qu’il avait sur le coeur, mais ses pensées se traduisaient sur son attitude. — T’es mon frère justement Giacomo, mon frère. Disait-il d’une voix ahurie, en tapant ses doigts contre ses tempes. Face aux instants de silence et aux explications décousues, Dante tournait sur lui même, tentant de trouver des réponses tout en observant là où avait atterri son frère. La décoration lui était inconnue, étrangement, il ne le reconnaissait pas dans l’observation de cet appartement. Il se retourna alors vers son frère. — J’arrive pas à croire que tu as pu me… Il avait l’impression de ne plus le connaître du tout. Qui était-il? Il semblait avoir beaucoup changé depuis ses années où les deux frangins se chamaillaient aux dîners d’été dans les grands jardins de Sicile. Il avait perdu son allure de gosse fragile, il avait quelques marques sur le visage, des marques du temps. À cet instant, Dante eut envie de faire une pause et de le serrer fort dans ses bras, son frère lui avait tant manqué. Il voulait rattraper le temps perdu, le temps qu’ils avaient passé éloigner l’un de l’autre. Toute une partie de sa vie semblait lui échapper, progressivement le puzzle Giacomo se déconstruisait. Que savait-il de lui au final? Leurs échanges téléphoniques n’étaient pas des plus étoffés à l’époque où il vivait à New York, Dante ne savait même pas vraiment comment son frère avait atterri ici dans l’Oregon. Alors que le plus jeune des deux continua ses explications, Dante reprit ses esprits et s’empressa de le couper dans sa version des faits. — Et puis quoi? Non on est plus en couple depuis bien longtemps. Quoi? Ça te fait plaisir qu’on ne soit plus ensemble? Tu attendais que ça? Lui avait-il mis à l’envers? L’esprit de Dante commença à voir de plus en plus noir. Si ça se trouve, Giacomo et Citra étaient de mèche, elle l’aurait quitté pour lui, lui aurait fait autant de mal pour ensuite s’enfuir avec le frangin et s’échapper le plus vite possible de Palerme comme deux voleurs espérantos grappiller le moindre centime. Dante se tenait la mâchoire de la main droite pour éviter de hurler de colère. Les paroles de Giacomo ne lui convenaient pas, ses nerfs ne s’apaisaient pas au fil de cette discussion. La veine énorme qui avait l’habitude d’apparaître sur son front, lorsque la colère lui montait, était belle et bien là, installée. — De sa faute? Tu crois pas que tu as ta part de responsabilité là dedans? Elle t’a droguée pour coucher avec elle peut-être? Tout ça semblait grotesque. Même si Dante détestait Citra aussi fort qu’il l’aimait encore, il n’envisageait pas cette éventualité qu’elle ait pu droguer son frère dans le but de lui faire du mal. L’italien avait côtoyé la cruauté et la violence assez longtemps pour évaluer les personnes qui seraient le plus à même de torturer ainsi les esprits des autres. Et cette perception, il ne l’avait pas du tout eue concernant Citra. Peut-être avait-il été aveuglé par sa beauté, hypnotisé par ses danses, envoûté par son odeur. Il se sentait bête et perdu. Tous ses mauvais souvenirs d’abandon reprenaient place dans son esprit, des années après alors qu’il pensait s’être remis de cette trahison. — Il me faut à boire. Dante se tue. Il avança alors vers le canapé et s’avachit dedans, portant toujours sa grosse veste en cuir, comme une carapace, une armure. Lorsque Giacomo amena sur la table basse de quoi apaiser tout ça, Dante but son verre cul sec. Nerveusement, il passait sa main sur sa barbe mal rasée, laissant entendre la rigidité de sa peau. Mâchoire serrée, il tenait toujours son verre dans les mains, il fixa soudainement son frère. — Raconte-moi tout. Je veux savoir. Il posa son verre sur la table et le rempli à nouveau. — Je veux savoir depuis combien de temps tu me caches ce mensonge.

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