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 how do you go back to being strangers with someone who has seen your soul ?

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Jax Beauchamp

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Message· · Sujet: how do you go back to being strangers with someone who has seen your soul ? how do you go back to being strangers with someone who has seen your soul ? EmptyDim 10 Mar 2019 - 12:07

BRAN + JAX
@Brandon Rose
Words that come from the heart are never spoken,
they get caught in the throat and can only be read in ones’s eyes

Avant même d’atteindre le numéro indiqué, Jax sut devant quelle maison il allait immobiliser son camion alourdi par le bois. Une grande demeure – une villa – avec un seul étage mais une superficie si étendue que son pauvre appartement devait bien entrer une dizaine de fois dans cette propriété de riches. Il ne fréquentait jamais ce quartier, l’ouvrier. Pourquoi y aurait-il mis les pieds, en même temps ? Les seules fois où il s’était aventuré dans ce coin de la ville, c’était quand ils s’invitaient à une fête organisée par ces mêmes gamins pleins aux as. Avec Trent et Jack, Jax se sentait un peu moins comme un intrus, avec eux, il pouvait aller n’importe où. Mais le reste du temps, le jeune Beauchamp restait soigneusement sur le territoire qui lui avait été naturellement assigné. Après tout, quand il avait eu le malheur de sortir de cette zone de confort, on n’avait pas manqué de lui rappeler d’où il venait ou qui il était. Après avoir reconduit Bran chez son ami, en décembre dernier, il s’était  juré de ne plus jamais remettre les pieds dans des lieux où il n’était pas le bienvenu. Aujourd’hui, ça ne comptait pas, se jura-t-il alors qu’il remontait la rue principale, observant les façades, redoutant – et espérant inconsciemment – celle vers laquelle il se dirigeait indubitablement. Avec un peu de chance, songea Jax, il allait dépasser l’adresse des Lindberg. Ou Bran n’y vivait plus et était retourné chez lui. Ou. Ou. Ou. Il cessa cependant de se torturer mentalement lorsqu’il parvint à l’adresse de livraison, qui était bel et bien celle du type plus connu pour les fêtes qu’il organisait trop souvent, l’année passée – et qui n’avait étrangement plus rien fait depuis l’été précédent. Jax ne savait pas pourquoi et s’en fichait, en réalité.
Le jeune homme entrevit une haute silhouette – un grand brun qu’il n’avait jamais vu – qui lui faisait signe de se garer dans l’allée latérale et il s’exécuta, manœuvrant pour se garer en marche arrière, de façon à ce que la cargaison puisse être déchargée sans difficultés par les ouvriers qui travaillaient sur le chantier. Il coupa ensuite le moteur et sauta en bas du véhicule. Le résident s’éloignait déjà, sans sembler se soucier de savoir si tout était en ordre et Jax reporta son attention sur la maison dans laquelle il lui semblait n’avoir mis les pieds qu’une seule fois, mais après, peut-être qu’il se trompait, toutes ces constructions lui semblaient identiques, fondées sur une idée particulière du luxe, le genre auquel il n’avait jamais aspiré. Il ne voyait pas ce qu’il aurait fait dans une bâtisse aussi grande, avec tant d’objets inutiles. S’il avait eu le quart de la fortune de ces gens, il l’aurait employée à d’autres fins. Mais à quoi bon se demander ce qu’il ferait d’une somme qu’il n’aurait jamais ? A quoi bon se figurer qu’il pouvait seulement effleurer ce mode de vie ? Ces derniers mois lui avaient rappelé qui il était.
Il fut sorti de ses pensées par un mouvement quand un homme émergea de l’arrière de la villa. D’après sa tenue, c’était le chef de chantier et Jax revint instantanément sur terre. Il serra la main vigoureuse de son collègue et lui fit signer un document.
- Un coup de main ne serait pas de refus. Au moins pour transporter quelques planches dans le jardin. L’un de mes types ne s’est pas pointé.
Jax hésita, il avait compté sur un échange rapide qui le laisserait filer, s’éloigner de cet endroit qui sentait Bran à plein nez et qui lui meurtrissait invariablement le coeur.
- D’accord..., fut-il cependant obligé de répondre.
Il attrapa une paire de gants et suivit l’ouvrier en chef, attrapant des planches qu’il stabilisa sur son épaule avant de se lancer dans un travail à la chaîne qui lui donnait à nouveau l’impression d’être une fourmi insignifiante dans une engrenage bien huilé. La différence, se dit-il avec un léger cynisme, c’était qu’au moins, cette fois, il était à l’extérieur et que même s’il faisait froid, c’était beaucoup moins pénible que l’air chaud et irrespirable de la scierie, où copeaux de bois, sueur masculine et bruits ambiants avaient le don de l’abrutir complètement. Quand il avait eu l’opportunité de postuler à un poste de chauffeur, Jax l’avait surtout saisie parce que c’était une occasion de s’éloigner de Windmont Bay quelques jours par semaine, de s’éloigner de ses souvenirs et de son coeur en charpie mais il y avait également gagné une paix qu’il ne pensait pas espérer autant.
Jax travailla ainsi une bonne demi-heure, en nage sous son bleu de travail qui n’était pas adapté à cette activité qui demandait une endurance et une force physique constante. Il fit des allées et venues entre le camion et l’endroit où les ouvriers avaient rangé le matériel et quand il déposa enfin la dernière planche, il salua ses compagnons et les laissa à leurs tâches pour retourner à la sienne. Il devait encore retourner à l’entrepôt pour une nouvelle livraison. Il referma l’arrière du camion dans un fracas métallique puis se dirigea vers la portière côté passager. Il prit la feuille de route qui était calée dans le vide-poche et jeta un coup d’oeil à sa montre pour noter l’heure de déchargement ainsi que le chiffre indiqué au compteur. Il rangea ensuite le stylo et remit la feuille à sa place puis fit le tour du véhicule pour reprendre sa place côté conducteur.
Mais au moment il émergeait de derrière le camion, il vit Bran et s’arrêta net.
Il n’avait pas manqué le retour du trublion sur Mazebird et n’y avait vu qu’une preuve supplémentaire qu’il était retourné à sa vie d’avant. Avant l’été. Avant le bal de promo. Avant leur premier baiser. Avant le gymnase, un an plus tôt.
Alors Jax le dévisagea encore un instant d’un air indéchiffrable, puis il lui adressa un imperceptible signe de la tête en guise de salutation, et il se dirigea d’un pas raide vers la portière pour reprendre la route.

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Message· · Sujet: Re: how do you go back to being strangers with someone who has seen your soul ? how do you go back to being strangers with someone who has seen your soul ? EmptyMer 13 Mar 2019 - 23:56

Encore un mètre.
À son poignet, la montre électronique indiquait qu’il avait largement dépassé les cinq kilomètres prévus au départ. Elle clignotait sans cesse, faisant défiler un ‘CONGRATULATIONS’ encourageant qui disparaissait à intervalles réguliers au profit d’un coeur pixellisé qui se gonflait comme un ballon. Bran, lui, il avait plutôt l’impression que son coeur éclatait et pas dans le bon sens du terme, non, c’était plutôt la sensation que son myocarde allait s’extraire de sa cage thoracique pour déchirer sa peau et faire un bond pour s’écraser quelques mètres plus loin sur le bitume encore gelé. Oh, fuck, ça faisait si mal que ça, avant ? Trop fier pour faiblir, Bran redoubla d’ardeur et trottina sur place alors qu’il contemplait, les sourcils frondeurs et les joues cramoisies, la pente qui menait jusqu’à la rue des Lindberg. Une pente aussi bien figurée que métaphorique qu’il attaquait au pas de course, et il ne put s’empêcher de penser à son professeur de littérature à Yale qui n’avait clairement rien compris à ses talents de poète alors qu’il ne laissait aucun répit à ses jambes suppliciées.
Il faisait la course avec ses démons et il gagnait. Il n’aurait pas su dire pourquoi, ni comment il y arrivait ; tout avait changé la nuit du blizzard et tout continuait de changer. Les gens, quelque chose dans l’air et puis surtout, surtout, quelque chose en lui, quelque chose qui faisait qu’il ne fuyait plus le miroir ni les autres. Quelque chose qui faisait qu’il pouvait reconnaître les traits de son visage et ne plus avoir le vertige lorsqu’il se contemplait en ayant l’impression d’observer un étranger en secret. Petit à petit, centimètre de peau par centimètre de peau, il redevenait Bran. Il retrouvait l’azur glacial de ses yeux délavés à force d’avoir pleuré, ses cheveux avaient repoussé en bataille et glissaient en ondulations indomptables sur son front - qu’il refusait de couper, par pure bravade - et son corps retrouvait les allures d’avant, athlétique, souple. Une énergie retrouvée qu’il repoussait jusqu’à ses limites, juste pour voir jusqu’où il pouvait aller, et ça aussi, ça venait d’avant, cette envie d’être le meilleur, le plus fort, et il n’était pas assez idiot pour ne pas l’avoir remarqué.
Oui, il faisait la course avec ses démons mais cette pente-là, celle qui menait à l’allée des Lindberg et le séparait d’un écroulement bien mérité sur le canapé en compagnie d’un café brûlant et de Netflix, il n’était pas sûr qu’elle soit métaphorique, tout compte fait. Parfois, une pente était juste une pente et le démon, c’était juste lui, trop obstiné pour déclarer forfait, trop obsédé par la victoire pour réaliser les dommages collatéraux. De là où il était, il pouvait voir la luxueuse villa des Lindberg. De là, il pouvait taper un sprint. En deux minutes, c’était fait. Il était Brandon Rose. Il avait explosé des records pour moins que ça. Un sourire glissa sur ses lèvres à cette pensée qui surgissait du passé et il l’attrapa au vol, se la placarda sur le coeur et s’élança à la poursuite d’un trophée invisible, se propulsant avec les dernières forces possibles. Courir. Courir pour oublier. Courir pour dépasser. Courir, courir, courir.
Il ne sentit même pas la pente, juste la morsure du froid et sa tête qui tournait furieusement alors qu’il ralentissait pour pénétrer enfin dans l’allée latérale et atteindre son but. Dans sa poitrine son coeur battait si fort qu’il paraissait prêt à imploser. Des étoiles éclatèrent devant ses yeux alors ses tempes devenaient soudain brûlantes et que le reste de son corps était parcouru d’un long frisson. Il se rappela soudainement qu’il ne portait qu’un débardeur et un short, et il lui sembla que la perspective d’une douche brûlante n’avait jamais été aussi séduisante. Passant sa main sur son front, Bran en chassa les cheveux collants de sueur et ce ne fut que lorsqu’il releva les yeux qu’il remarqua le tumulte autour de la maison des Lindberg - et puis Jax.
Surtout Jax, en fait.
Si un jour Bran avait eu un coeur, il sut désormais que ce dernier avait disparu car il fut incapable de comprendre ce qui se passa en lui à la seconde même où il réalisa que son ex-petit ami se trouvait là, à quelques mètres. C’était la mort de l’univers ou peut-être sa naissance, une émotion si intense que Bran vacilla légèrement. C’était peut-être ça, être frappé par la foudre, cette sensation si démesurée qu’il n’était pas sûr que son corps entier puisse la contenir. D’ailleurs, indépendamment de sa propre volonté, il fit quelques pas en direction de l’ouvrier. Il n’aurait pas pu résister même s’il l’avait voulu. Il était aimanté. Magnétisé. Très lointainement, son coeur se remit à battre. La vie reprenait ses droits, toujours.
Bran déglutit péniblement. Il s’était encore approché sans s’en rendre compte, le corps comme mis sur pilote automatique. Lentement, délicatement, ses doigts vinrent effleurer les contours du camion, glissant sur le métal froid. Ils avaient fait l’amour dans un camion du même genre. Ou peut-être bien que c’était ce camion-là. Jax était tout proche.
Le Bran du gymnase n’avait pas hésité une seule seconde, lui, songea-t-il douloureusement alors que d’autres souvenirs, plus récents, tentaient de remonter à la surface, des souvenirs ensanglantés et douloureux qu’il voulait mettre derrière lui, derrière eux.
Avait-il encore une chance avec Jax Beauchamp ? L’ouvrier n’était-il pas lassé de toutes ces circonvolutions, de tous ces oui, de tous ces non, de tous ces zigzags ? N’avait-il pas envie d’une histoire simple, en ligne droite, sur laquelle il pourrait balader tranquillement son camion ? Bran espérait secrètement que ce ne soit pas le cas. Car lui, il ne pourrait jamais donner ça à Jax. Sur la buée du camion, il traça distraitement une moitié de coeur avant de relever les yeux vers celui qu’il aimait toujours pour se confronter à son regard vert-de-gris. « Ça fait un an. » dit-il simplement, sans offrir plus d’explication. Puis il laissa son regard glisser sur la haute silhouette, et brièvement, sans un mot, un sourire de canaille éclaira les prunelles azur. Jax Beauchamp avait besoin d’une douche.

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Message· · Sujet: Re: how do you go back to being strangers with someone who has seen your soul ? how do you go back to being strangers with someone who has seen your soul ? EmptyDim 17 Mar 2019 - 11:10

Il n’avait pas tourné la page mais il ne voulait pas s’accrocher à quelque chose qui lui avait échappé, qu’il avait pourtant essayé de garder entre ses mains tremblantes. Mais face à la détermination de Brandon Rose, que pouvait-il faire ? Il n’avait aucun pouvoir. Il avait bien vu que l’autre ne céderait pas et quand bien même la douleur de l’abandon était vive et lancinante, Jax n’avait pas vu d’autre issue. Si Bran avait décidé que c’était terminé, qui était-il pour le forcer à changer d’avis ? Malgré les discours contradictoires, malgré les mots lâchés dans un moment de détresse totale, malgré la connexion qu’il avait encore ressentie, à chaque instant, même après des semaines sans se parler. Il n’avait pas tourné la page mais il ne voulait pas non plus se flageller inutilement. Il n’était pas masochiste, sa courte existence lui avait déjà appris qu’il devait chercher la paix, pas la guerre, la sérénité, à défaut de l’amour. Alors si son histoire avec Bran devait avoir trouvé sa fin au mois de novembre, dans une chambre estudiantine, sur le campus de Yale, Jax se ferait une raison. Le temps, il l’avait déjà appris à ses dépends, guérissait tout, ou presque. N’avait-il pas cru, après tout, que jamais il ne se remettrait du chagrin causé par la mort des siens ? Son frère d’abord, puis sa mère. Le décès de son père, évidemment, n’entrait pas dans l’équation. Il ne lui restait que sa sœur et encore, s’il pouvait seulement compter sur elle. Heureusement qu’il avait Trent et Jack, sinon que lui aurait-il resté comme entourage ?
Il y aurait pu avoir Bran, mais après leur dernière rencontre, il avait décidé de faire une croix dessus.
S’y tenir serait toutefois une autre épreuve, surtout quand il se trouvait face au trublion. Car toutes ses résolutions semblaient s’être évanouies dès l’instant où son regard avait accroché celui de Bran. Non. Pire encore. Il avait suffi d’un bref aperçu de la silhouette familière pour qu’il sente son coeur avoir quelques ratés. Il ne put que constater, une pointe lui vrillant le muscle cardiaque, que la chevelure divine avait repoussé, une herbe folle qui reprenait ses droits sur un territoire en friche, retrouvant vie. Sa stature elle-même s’était redressée et il ne faisait aucun doute qu’il avait à nouveau sous les yeux le garçon impétueux d’avant, fort de son assurance et de sa jeunesse inébranlable. Le fin dessin sous la peau laissait douloureusement deviner la vitalité retrouvée, l’énergie qui renaissait de ses cendres et qui ramenait Jax à cette brutale réalité : il n’avait rien pu faire pour aider son ex-petit ami. Bran n’avait plus voulu de lui et il s’était reconstruit seul, dans son coin, s’en sortant mieux sans lui, apparemment. Alors peut-être qu’il n’avait été qu’un caillou dans la chaussure de Bran, peut-être qu’il ne dominait le monde que lorsqu’il n’avait pas un ouvrier accroché à sa cheville. La constatation, si elle était pénible, n’étonna pas Jax. Il n’avait jamais pensé être un élément essentiel à l’existence du jeune Rose, quand la réciproque n’était pas du tout la même. À quoi s’était-il attendu, sincèrement ?
Alors il ne songea qu’à fuir le territoire du gosse de riche, même si techniquement, il n’était pas chez lui. C’était de toute manière un lieu où il était naturel de voir Brandon Rose évoluer, à l’inverse de Jax Beauchamp. L’ouvrier rejoignit la portière du camion en quelques enjambées et l’ouvrit, prêt à bondir à l’intérieur pour disparaître de la vue de son ex-amant. Il repensa à ce qu’ils s’étaient dit, un jour, à propos des endroits qu’ils ne pouvaient fréquenter tous les deux – était-ce dans la chambre de Bran ? - au fait que l’impudent devrait lui donner une carte des lieux qu’il ne pouvait fréquenter, ce à quoi Bran lui avait dit qu’il ferait sans doute exprès de lire la carte à l’envers. À l’époque, sans doute. Plus maintenant.
Lorsqu’il jeta un regard instinctif par-dessus son épaule, toutefois, il découvrit que le garçon s’était approché et le coeur de l’ouvrier ricocha dans sa poitrine. Une main sur la portière, il aurait suffi qu’il monte la marche pour s’installer et la refermer. Une protection illusoire quand il se trouvait face aux yeux d’un océan glacé de Bran. Méfiant mais incapable de bouger, Jax observa les gestes du jeune homme, se demandant quel tour allait prendre leur conversation, cette fois. Allait-il encore jouer le chaud et le froid ? Ou voulait-il lui démontrer qu’il avait définitivement tourné la page, comme l’indiquait son retour aux sources de Mazebird ? Dans ce cas, laissa deviner le regard de Jax, c’était inutile. Il n’avait pas besoin d’une quelconque confirmation, il ne chercherait plus à le faire changer d’avis, ni à comprendre son attitude déstabilisante. L’air impassible, toujours immobile, Jax regarda le dessin sur la vitre. Si en surface, il avait ce masque d’animal suspicieux, incapable de faire confiance, à l’intérieur, c’était le chaos total. Il avait le coeur en bouillie, le souffle court, les muscles tendus, mais ce qui l’acheva, ce fut le moment où Bran releva vers lui ce regard éblouissant dans lequel l’ouvrier s’était trop souvent noyé. Aujourd’hui ne semblait pas déroger à la règle et quand Bran mentionna cette drôle de date anniversaire qui le hantait depuis des jours, Jax ne chercha même pas à savoir ce que cela signifiait pour l’adolescent.
Il n’avait pas pensé qu’il s’en rappellerait, d’autant plus que cette rencontre ne s’était pas terminée de la meilleure des façons. Mais ç’avait été le début de quelque chose pour le garçon taciturne dont la vie tournait en rond, sauf qu’il l’ignorait à l’époque. Et on voit où ça nous a menés, songea-t-il avec amertume, alors qu’un frisson lui parcourait les bras – mais peut-être était-ce simplement la sueur qui refroidissait après l’effort.
Déglutissant, Jax finit par répondre :
- Je sais.
Que pouvait-il dire d’autres ? Il n’avait rien oublié de ces jours heureux qu’ils avaient passés ensemble, tout comme les journées moins glorieuses qu’ils avaient traversées, en confrontations multiples, en déchirures répétées. Avant d’arriver à ce bonheur estival, il y avait eu l’incompréhension mutuelle de l’autre, il y avait eu les provocations, les pas de deux bancals. Et pourtant, l’essentiel qu’en retenait Jax, c’était la peur fugace qui lui avait étreint le coeur au moment où il détournait l’attention de Bran pour mieux lui voler un premier baiser maladroit, c’était l’angoisse qui lui retournait l’estomac après avoir envoyé ce message avorté qui n’était pas arrivé entier à son destinataire, qu’il n’avait pas voulu envoyer en premier lieu, pas consciemment, en tout cas. Il ne voulait garder que l’intensité de ce que Bran lui avait fait ressentir. De ce que Bran continuait à lui faire ressentir, bien malgré lui, avec ce sourire canaille qui lui donnait envie de battre en retraite, qui lui faisait redouter une nouvelle brûlure.
Reprenant ses esprits, Jax hésita une seconde puis lâcha :
- Tu… as l’air d’aller mieux...
Constatation qu’il jugea ridicule et qu’il tâcha d’effacer en ajoutant dans un marmonnement :
- Tu devrais rentrer avant d’attraper une pneumonie.
Il se sentait incapable d’entretenir une conversation légère avec lui. Il ne voulait pas prendre de ses nouvelles, discuter du mauvais temps ou du blizzard qui avait sévi quelques semaines plus tôt. Il n’avait pas la force de prendre cette place dans la vie de Bran : celle de l’ex avec qui on s’efforce d’avoir un bon rapport, mais avec qui les choses ne redeviendront jamais ce qu’elles étaient. Ils n’avaient jamais été amis avant de se dévorer l’un l’autre, il n’y avait donc aucune raison qu’ils s’efforcent de faire bonne figure.
- Je dois retourner travailler, conclut finalement l’ouvrier, sans grande conviction, avant de faire mine de grimper dans l’habitacle du camion.
S’il n’avait pas dû aider les ouvriers du chantier, il serait déjà parti.
Il n’aurait pas croisé Bran.
Il n’aurait pas le coeur qui lui battait les côtes comme un forcené, refusant de s’éloigner de la source de son bonheur passé.

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Dernière édition par Jax Beauchamp le Mar 26 Mar 2019 - 11:29, édité 1 fois
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Brandon Rose

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Message· · Sujet: Re: how do you go back to being strangers with someone who has seen your soul ? how do you go back to being strangers with someone who has seen your soul ? EmptySam 23 Mar 2019 - 21:53

Je t’aime, Jax.
Cette évidence, tout son corps la répétait en boucle. C’était son coeur qui ratait battement sur battement, le sang qui affluait à ses tempes et parsemait ses joues de coquelicots rouge sang, ses doigts qui le picotaient - comme cette fois-là, au diner, et qu’il n’avait pas osé - et qui réclamaient le contact avec la joue de Jax, ou son cou, ou sa bouche. Et puis il n’y avait pas que son corps qui psalmodiait ; c’était son esprit aussi, à vif, à la fois cotonneux et tournant à plein régime pour essayer de trouver quelque chose à dire ; et surtout, surtout, c’était ses yeux. Ses yeux qui disaient tout ce qu’il y avait à dire, des mots et des mot d’excuse, des mots d’amour chantés en silence, déposés partout sur le corps de Jax comme des offrandes, des mots qui pouvaient tout expliquer. Est-ce que Jax pouvait les lire, toutes ces explications ? Est-ce qu’il savait encore lire dans les yeux de Bran ? Le voulait-il seulement ? Lisait-il les yeux d’un autre, à présent ? Quelque chose en Bran se chiffonna, de la même manière qu’on froisse un prospectus ou un journal dont on n’a plus besoin et il réalisa qu’il n’avait même pas réfléchi à cette éventualité. Après tout, cinq mois s’étaient écoulés depuis leur rupture. Jax aurait eu tous les droits d’aller panser ses blessures auprès d’un garçon qui, lui, ne disait pas je t’aime comme on donne une gifle.
Je sais.
Bran baissa les yeux et dansa d’un pied sur l’autre, le sourire canaille désormais tout à fait disparu. Lui aussi, il savait. Il y pensait, tout le temps, et il n’y avait que lorsqu’il poussait son corps à ses limites que Jax disparaissait tout à fait de son esprit. Et encore. Est-ce que ce n’était pas pour lui qu’il cherchait à retracer les lignes de son propre corps, pour lui encore qu’il voulait tailler à vif dans le marbre de sa chair ? Pour redevenir celui que Jax avait aimé, celui qu’il avait touché et béni de ses mains rugueuses ? Jax ne le quittait jamais. Il avait été en lui et il n’en était jamais reparti. Jax était à l’intime de lui, dans tout ce qu’il possédait de plus secret et de plus organique. L’essence de Jax Beauchamp s’était mêlée à la sienne et il voulait se noyer à sa source. Tu… as l’air d’aller mieux… L’air, seulement, aurait voulu répliquer Bran dans un sourire qui n’y croyait pas. Oui, il allait mieux, mais était-ce vraiment une victoire lorsqu’il réalisait le gouffre vertigineux creusé entre eux ?
Il aurait voulu prendre le beau et grave visage entre ses mains, le parsemer de baisers comme il l’avait fait avant, pendant l’été. Il aurait voulu glisser ses lèvres dans ce cou réchauffé par l’effort, lui murmurer tous ses secrets, lui chuchoter des choses interdites connues d’eux seuls.
Lui dire qu’il était là, maintenant, qu’il ne repartirait plus jamais.
Lui dire qu’ils pouvaient tout reprendre, au kilomètre zéro ou à celui auquel ils s’étaient arrêtés, s’il était d’accord.
Lui dire qu’il n’avait jamais cessé d’être amoureux de lui, qu’il ne pourrait jamais ne pas être amoureux de lui, qu’eux deux c’était pour la vie, pour l’univers, pour l’éternité.
Ils étaient Jax et Bran et ces choses-là, ça ne s’expliquait pas.
Alors quand Jax marmonna des banalités tristes à pleurer et commença à s’éloigner, Bran sut qu’il ne pouvait pas le laisser faire. Il ne pouvait plus faire la bêtise de laisser Jax partir loin de lui, sans rien faire pour le retenir. Tant pis pour la peur, tant pis pour les démons qui l’attendaient au tournant, tapis dans l’ombre, qui n’attendaient qu’une embuscade pour le faire plonger avec eux.
Penser au gymnase. Et au diner.
Et à ce premier baiser, et à tous les autres qui avaient suivi.
À la douceur de cette première fois, au miel et au sel, à l’alchimie parfaite de leurs deux corps, à l’urgence de leurs étreintes, à l’amour qui s’évaporait de chacune des pores de leurs peaux à chaque fois qu’ils se touchaient, qu’ils se regardaient, qu’ils se parlaient. Comme à chaque fois qu’ils entraient dans le périmètre de l’autre, le monde s’effaçait au profit du leur, un endroit qu’ils cachaient à l’intérieur de leur coeur et qui ne fleurissait que lorsqu’ils étaient tous les deux. Et à cet instant précis, Bran sentait son myocarde fou redonner naissance à ce jardin qui sentait la rose et la sciure de bois. « Attends ! » s’exclama-t-il sans presque le réaliser. Non, il ne le laisserait pas repartir, pas sans s’être battu pour lui. Un pas après l’autre, Bran rejoignit l’ouvrier, posant une main sur la portière. Tant pis s’il outrepassait ses droits. Ce ne serait pas la première fois qu’il jouerait les princes capricieux. Le coeur battant comme un fou, Bran leva les yeux vers Jax. « Attends. » répéta-t-il alors qu’il se trouvait face à Jax et que sa présence entre lui et la portière du camion empêchait l’ouvrier de repartir. Attends-moi. Leurs regards croisèrent le fer et Bran se sentit soudain projeté au gymnase, un an plus tôt. Regard d’acier contre regard de pierre. Il se sentit chavirer. « Je… » Sa main se raidit sur la portière. Tous ses muscles se tendirent.
Dis-lui. « Je le pensais, ce que je t’ai dit la dernière fois. Dans ton camion. » lâcha-t-il, fébrile. Maintenant qu’il avait ouvert la porte, tout se bousculait au seuil de ses lèvres. Alors il fallait trier, synthétiser tout cet amour qui ne demandait qu’à ressortir, affamé d’avoir été privé si longtemps de l’objet de toute son affection. Est-ce que c’était étrange ou même pathétique de se déclarer à nouveau comme ça, dans l’allée latérale des Lindberg ? Après ces mois de brouillard, Bran avait décidé qu’il n’y avait pas de lieu ni de temps pour l’amour. La vie reprenait ses doigts au beau milieu de leur jardin et une fleur amoureuse s’épanouissait à la place de son coeur. « Et ce sera toujours vrai. Quoi qu’il arrive. » affirma-t-il soudain, féroce, fauve. Pour toujours, il liait son coeur à celui de Jax Beauchamp. Qu’importe la distance, les aléas de la vie, les obstacles, il était sien, à corps et à coeur. Il darda sur son ex-petit ami un regard brûlant, alimenté par le brasier qui s’était ravivé comme au premier jour.
Et parce qu’il ne pouvait plus s’en empêcher, parce que tout son corps le réclamait et que c’était la seule chose qui restait à faire, Bran embrassa Jax.
Hissé sur la pointe des pieds, il avait lâché la portière pour venir encadrer le visage de son amant entre ses mains. Il retrouvait ses doigts la douceur de la peau et contre ses lèvres, la perfection de cette bouche salée. Il emprisonna la lèvre inférieure de Jax et la malmena pour un pas de deux exquis. Tout son corps lui sembla parcouru d’un frisson doré et tiède et il aurait voulu rester pour toujours perdu dans ce baiser. Cinq mois qu’il ne l’avait pas touché, qu’il ne s’était pas lové dans l’étreinte rassurante de Jax Beauchamp. Il lui avait tant manqué, son amoureux. À bout de souffle, il consentit enfin à cesser les hostilités mais resta encore quelques secondes tout contre lui, le temps d’une dernière confession. « Même si tu veux plus de moi, même si tu trouves quelqu’un d’autre, même si tu penses que je suis fou… Je suis à toi jusqu’à la fin. » souffla-t-il, front posé contre celui de Jax, lui rappelant brièvement la façon dont ils s’étaient retrouvés, enfin, après son bal de promo. Il s’autorisa encore une frêle caresse sur la joue de Jax puis s’écarta, gauche, maladroit mais incapable de regretter son geste. « Voilà… Tu peux aller travailler maintenant. » lâcha-t-il d’une voix rauque avant de se mordre la lèvre. Comme pour goûter ce qui était peut-être son dernier baiser avec Jax Beauchamp.

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Message· · Sujet: Re: how do you go back to being strangers with someone who has seen your soul ? how do you go back to being strangers with someone who has seen your soul ? EmptyMar 26 Mar 2019 - 12:40

Jax regardait Bran et tout ce à quoi son esprit étourdi songeait, c’était à quel point tout lui avait paru gris et sans saveur depuis leur rupture – et même depuis qu’ils s’étaient quittés à l’aéroport, sauf qu’à ce moment-là, l’ouvrier embaumait encore l’espoir en l’avenir. Il avait vécu ces derniers mois dans une sorte de mode automatique : se lever, aller travailler, retrouver ses meilleurs amis, attendre, attendre, attendre. Un circuit qu’il connaissait pourtant par cœur mais qui avait déraillé à partir du moment où un grain de sable était venu se glisser dans ce rouage bien huilé. Comment était-il censé revenir en arrière, revenir à l’ennui mortel de son existence désœuvrée quand il avait goûté à la félicité d’être avec Brandon Rose ? C’était pathétique mais Jax s’en foutait. Il ressentait tout à une puissance décuplée et l’absence avait été une morsure qui lui rongeait le cœur à longueur de journée. Même les fêtes et leurs décorations colorées n’étaient pas parvenues à égayer le quotidien du jeune Beauchamp qui trainait son âme en peine partout où il allait. Ce n’était que ces dernières semaines qu’il avait commencé à refaire lentement surface, parvenant tant bien que mal à ranger son désarroi et sa douleur pour se concentrer sur autre chose. Depuis le blizzard, l’ouvrier avait même l’impression de respirer presque normalement.
Et voilà que tous ses efforts pour remiser le trublion au rang de doux souvenir lui éclataient à la figure et faisaient vrombir son cœur.
Parce qu’il lui semblait évident, maintenant, que rien n’avait changé, que tout le poussait toujours vers son jeune ex-amant et qu’il éprouvait toujours ce manque dévorant de lui, de son contact, d’entendre sa voix, de s’imbiber de son assurance, de se perdre dans un univers qui leur appartenait, un monde où Jax Beauchamp était parfaitement heureux. Il n’avait pas l’impression d’en demander trop, pourtant, il se serait volontiers contenté d’une vie rythmée comme elle l’avait été durant l’été. Mais sans doute était-ce là aussi trop demandé ?
S’éloigner au plus vite – fuir Bran – se révélait alors sa seule option, même s’il savait qu’il n’échapperait jamais à la présence solaire du jeune homme. C’était l’une des raisons qui l’avait poussé à postuler pour un autre job au sein de la scierie. Loin d’être une promotion, cette mutation transversale avait eu des airs de providence, opportunité qui tombait à point et qui lui permettait d’errer sur les routes, loin de Windmont Bay, loin du royaume de Brandon Rose. Un mécanisme de défense illusoire, Jax le savait, mais faute d’alternative, quel choix avait-il ? Il était voué à croiser la route de l’impudent, à un moment ou un autre. Il faudrait sans doute qu’il s’y habitue – et il s’y habituerait, n’est-ce pas ? Un jour ou l’autre, tomber nez-à-nez avec Bran ne serait plus aussi douloureux, ne lui donnerait plus la sensation d’être écartelé. Il voulait y croire, il devait y croire s’il ne voulait pas sombrer dans un désespoir sans fond. Pas un instant il ne lui avait traversé l’esprit que la guérison viendrait en rencontrant un autre garçon, parce qu’il ne voyait pas comment quelqu’un pourrait songer à se mesurer à ce bonheur incandescent qu’avait été leur amour estival. Parce que personne n’avait réussi à s’imprimer dans son cœur avant Bran et qu’il lui semblait dès lors encore plus inconcevable que cela se produise après Bran.
Attends.
L’appel provoqua un feu d’artifice dans le cœur de Jax qui se figea, portant sur l’autre un regard teinté d’appréhension – mais aussi d’espoir, un espoir fou qui refusait de se laisser abattre, qui ne se laisserait pas enterrer si facilement. L’ouvrier n’ouvrit pas la bouche, n’esquissa plus le moindre geste, se contentant de fixer Bran, attendant qu’il prenne la parole – parce que lui, il ne savait plus quoi lui dire. Le jeune homme nota la façon dont Bran s’était glissé entre lui et sa porte de sortie et il déglutit, le cœur battant lourdement et menaçant d’exploser à tout instant. Avait-il seulement tambouriné à ce point le soir du bal de promo ? Jax ne s’en souvenait plus, mais c’était sans doute parce que son esprit était paralysé par le changement d’atmosphère, et non parce qu’il avait oublié cette sensation qui l’avait tenu éveillé durant des jours après leurs retrouvailles. Etaient-ils au seuil d’un nouveau tournant ou Bran cherchait-il simplement à lui dire qu’il était désolé ? Si c’était le cas, Jax avait envie de lui assurer que ce n’était pas nécessaire, qu’il n’avait pas besoin d’excuses, parce que cela ne panserait de toute façon pas ses plaies béantes.
Jax fronça légèrement les sourcils, incapable de détourner les yeux de Bran dont il devinait la tension, comme si l’urgence le forçait à agir. Il ne s’attendait pas à la suite – il croyait sincèrement qu’il ne se souviendrait de rien de ce soir-là, ce soir où Jack et Jax l’avaient ramassé dans un état déplorable qui avait encore plus esquinté le cœur déjà déchiré de l’ouvrier – et le jeune Beauchamp ne parvint pas à dissimuler son trouble.
- Arrête, le conjura Jax en reculant légèrement.
N’en avait-il pas assez de le torturer ? Combien de temps allait-il jouer à ce jeu malsain ? S’amusait-il du pouvoir qu’il avait toujours sur son ancien amant ? Jax avait le souffle court et son effort précédent n’y était pour rien. Un frisson lui hérissa la peau et il déglutit nerveusement. Il avait l’impression d’être une proie acculée qui voit la mort fondre sur lui sans pouvoir lui échapper. L’ouvrier ne comprenait plus rien. Pourquoi Bran continuait-il à être si injuste, à lui faire miroiter des choses ? Ne voyait-il pas qu’à chaque déclaration qu’il l’obligeait à écouter sans pouvoir espérer un retour à ce qu’ils avaient été, c’était une brûlure supplémentaire qu’il lui infligeait ? Tétanisé, Jax ne put que le contempler, muet, les mots coincés en un nœud inextricable dans sa gorge. Pourquoi tu me fais ça ? fut-il sur le point de gronder, mais la bouche de Bran contre la sienne coupa court à toute révolte.
Il ne comprit pas immédiatement ce qu’il se passait. C’était trop irréel pour que Jax accepte ce baiser, ce contact chaud et familier qui l’avait enivré tout l’été. Et pourtant ses sens ne lui mentaient pas. C’était bien le parfum délicat, même mêlé à la sueur, de Bran, c’était bien l’impétuosité de ses lèvres, c’était bien la douceur de ses paumes qui s’était refermée sur ses joues. C’était bien son souffle chaud qui s’immisçait dans sa bouche, comme s’il cherchait à lui redonner vie. Et cela fonctionna car même si Jax l’avait voulu, il n’aurait pu résister au besoin de répondre à ces lèvres tendres, à chercher la caresse de sa langue, à retrouver le goût de Bran. Les mains rugueuses glissèrent instinctivement sur les poignets, vers les coudes, pour s’y accrocher comme s’il allait perdre l’équilibre. N’était-ce pas précisément ce qui lui arrivait ? Il fut à bout de souffle en l’espace de quelques secondes et quand Bran s’écarta, Jax était trop étourdi pour chercher à l’empêcher de s’éloigner – ce que le jeune Rose ne chercha même pas à faire.
Jax ne rouvrit pas les yeux pour autant, il vacillait encore sous le choc de ce retour aux sources et avait l’impression que le sol n’était plus stable sous ses pieds. Puis la voix de Bran lui torpilla le cœur et il releva la tête, retrouvant la vue par la même occasion, pour dévisager le jeune homme d’un air incrédule.
- Même si je ne veux plus de toi ? demanda-t-il, la voix rauque, comme s’il n’avait jamais rien entendu de plus absurde.
Et peut-être qu’il aurait mieux valu qu’il trouve quelqu’un d’autre, peut-être qu’il avait menti à Angel lorsqu’il lui avait dit de ne jamais tomber amoureux, que ça n’était bien que le temps que ça durait. Ça n’était pas bien. Ça s’immisçait dans chacune de vos cellules et ça ne vous laissait jamais en paix. Raison pour laquelle il ne résista pas longtemps au désir impérieux de combler à nouveau la distance entre eux. Qu’importe l’endroit, le fait qu’un ouvrier puisse émerger du jardin et les apercevoir, tout cela était devenu secondaire – tertiaire, lointain, tout au bout de la liste des considérations du jeune homme. A la place, il se retrouva à pousser Bran vers le camion, le coinçant inconsciemment entre la portière qui s’était refermée sous la pression de sa main et lui. Tout son corps, électrisé, revigoré, oublia la fatigue et l’angoisse pour noyer le jeune Rose sous ses baisers affamés.  
- Tu me manques, souffla-t-il entre deux inspirations. Tu me manques tellement.
Il aurait voulu dire tu m’as manqué mais cela aurait signifié qu’il pensait que les pièces du puzzle s’étaient remboitées, que leur histoire avait retrouvé sa course naturelle. Mais il n’était jamais sûr de rien avec Bran. Au fond de lui, la crainte persistait : et si, le voyant toujours aussi facile à récupérer, Bran se lassait et changeait d’avis ? Alors il parla au présent.
Ne plus faire de plans sur la comète.
Ne plus se leurrer.
Pour ne plus s’effondrer au prochain abandon.

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Message· · Sujet: Re: how do you go back to being strangers with someone who has seen your soul ? how do you go back to being strangers with someone who has seen your soul ? EmptySam 30 Mar 2019 - 10:08

Pendant quelques secondes, Bran crut que c’était la fin. Que c’était fini, the end, full stop, point final. Qu’il n’y avait plus rien à faire, si ce n’est regarder leur histoire mourir devant eux une nouvelle fois comme si la première rupture, à Yale, dans cette petite chambre désormais abandonnée, n’avait été qu’une grotesque répétition du grand final. Ça n’avait aucun sens, songeait Bran, sonné, paralysé, incapable de détacher les yeux de Jax, un peu comme lorsqu’on regarde le feu s’étendre ou un accident en bord de route sans pouvoir y faire quoi que ce soit. Non, leur rupture, s’il devait y en avoir une, elle aurait dû se dérouler dans les cris et les larmes, dans un décor de cinéma. Elle aurait dû être à leur image : intense et solaire, magnifique et tragique. Ils ne méritaient pas ces adieux vides et froids, dans la petite allée latérale de la maison des Lindberg.
Il avait le goût de Jax sur sa bouche, sur le bout de sa langue ; la force de ses bras et de ses mains s’était imprimée aux endroits qu’ils avaient caressés brièvement. Des sensations qui rappelaient à Bran la première fois qu’ils s’étaient embrassés, puis la première fois qu’ils s’étaient touchés, vraiment, l’un et l’autre, l’un en l’autre. Ça aussi, c’était la dernière fois ? Lui qui avait cru qu’il ne pourrait plus jamais toucher personne après ce qui lui était arrivé, il voulait soudain se jeter contre ce grand corps robuste et ferme qui avait accueilli tant de fois ses caprices et ses longues nuits étourdies. Alors, ça y est, plus jamais ? Plus jamais de réveil aux côtés de Jax Beauchamp, blotti sous la couette ? Plus jamais il ne pourrait prendre la liberté de laisser ses doigts caresser légèrement les contours de ce visage trop sérieux pour tenter de le faire sourire ? Plus jamais il ne pourrait l’embrasser dans le cou, à cet endroit précis qui le faisait tant frissonner ? Il avait envie de pleurer. Pourquoi avait-il fallu qu’il soit si bête, qu’il ait si peur ? Bran sentit ses yeux se mouiller et il détourna la tête. Même si je ne veux plus de toi ? Malgré lui, Bran revint vers Jax, le regard brillant de grosses larmes. Il fronça les sourcils, durcit la mâchoire. Oui, même s’il ne voulait plus de lui. Qu’est-ce qu’il allait y faire, Jax Beauchamp, hein ? Rien du tout, voilà. Il allait laisser Brandon Rose l’aimer de loin, parce qu’il était hors de question de donner cette abondance d’amour à quelqu’un d’autre. Non, son coeur-fleur, il le réservait à Jax Beauchamp seulement. C’était sous ses mains qu’il avait éclos et il refusait de fleurir autrement. Et tout ça, il était bien décidé à le dire à Jax, prêt à se battre s’il le fallait pour que l’ouvrier lui laisse au moins ça de leur histoire, mais il n’en eut pas le temps.
Parce que Jax l’embrassait, tout à coup.
Et soudain, c’était le printemps dans le corps de Bran.
Sans réfléchir, il agrippa le bleu de travail entre ses mains pour se rapprocher de l’ouvrier et sentir toute la fermeté de son corps contre le sien. Son dos heurta le camion mais il n’opposa aucune résistance. En fait, il n’aurait même pas pu essayer : à la seconde où Jax avait posé les mains sur lui, Bran lui avait fait don de son corps. Il lui appartenait, sans restrictions. Sans compromis.
Tu me manques. Tu me manques tellement.
Les larmes, en suspens depuis tout à l’heure, se mirent à dévaler sur les joues de Bran sans qu’il ne puisse les en empêcher. C’était des larmes d’épuisement, des larmes de joie, des larmes de dévastation, tout ça à la fois, et il les laissa couler librement alors qu’il embrassait toujours Jax. Il savait que ça voulait dire, cet emploi du présent, et l’espoir le disputait à la peur, mais surtout, surtout, ses larmes étaient d’amour fou et il ne savait pas comment les retenir. « Pardon. Pardon. » hoqueta-t-il en déposant des baisers erratiques sur les lèvres, le coin des lèvres, les paupières, le bout du nez, tout, tout ce qu’il pouvait toucher, caresser, goûter.
Pardon, pour toi, pour nous.
Pardon d’avoir eu peur.
Doucement, Bran repoussa Jax, juste assez pour pouvoir essuyer ses larmes et contempler le garçon qu’il aimait toujours. « Je suis là. Je ne pars plus. » murmura-t-il, la gorge nouée, les tempes brûlantes, le corps mis au supplice par leur soudaine proximité. Il prenait conscience de sa vigueur retrouvée, de tout son corps qui se mettait à ressentir les choses comme avant, du peu de barrières qu’il y avait entre eux à cet instant. Ses mains, posées sur le torse de Jax, caressaient le tissu du bleu de travail mais elles semblaient brûler à l’idée de savoir que la peau si souvent recouverte de baisers était là, juste en dessous. Jax était là. Chaud, vivant, présent. Bran osait à peine y croire.
Je suis là.
Pour toujours.

Doucement, ses mains remontèrent, effleurèrent le cou, vinrent encadrer la mâchoire. À nouveau, Bran se hissa sur la pointe des pieds pour sceller sa bouche à celle de Jax. Il prit son temps, explora du bout de la langue, comme s’il cherchait à fondre contre lui. À ne faire plus qu’un. Ses mains remontèrent encore pour glisser dans les cheveux de Jax. Il inspira l’odeur de l’ouvrier, sentit son ventre se découvrir et se coller au tissu rêche du bleu de travail et se détacha doucement, juste un petit peu, à peine. Plus jamais il ne voulait être si loin de lui.
Bran regarda autour de lui et glissa sa main dans celle de Jax. L’innocence du contact lui procura d’un frisson d’une tendresse infinie. « Viens avec moi. » souffla-t-il, les yeux encore un peu rouges et les joues cramoisies, tout étourdi encore de leurs baisers. Il resserra sa prise autour des doigts de Jax et l’entraîna à sa suite. Ils passèrent par une porte-fenêtre qui donnait sur le salon, le traversèrent sans encombre, de même que pour les escaliers et le palier. Et de toutes façons, même s’ils avaient été repérés, Bran n’aurait pas rebroussé chemin. Plus jamais il ne ferait cette erreur et c’est avec cette certitude accrochée au coeur qu’il poussa la porte de sa chambre pour les mettre à l’abri. Le lit était défait, ses affaires éparpillées un peu partout ; elle était loin, sa chambre d’étudiant triste et grise. Ici, la vie avait repris, désordonnée et réelle.
Du regard, Bran balaya cet endroit qui était devenu son refuge au cours des derniers mois puis revint vers Jax, resté derrière, entre lui et la porte. Comment lui expliquer ? Comment lui dire ? Il devait être aussi perdu que Bran l’était, peut-être même plus et pourtant, jamais Bran n’avait été aussi sûr de lui à cet instant. C’était leur chance, leur envol qu’ils tenaient là, pour être libres à nouveau. Il revint vers l’ouvrier, lui encercla la taille de ses bras quémandeurs et se blottit contre lui. « Il m’est arrivé quelque chose. » confia-t-il contre la peau de Jax. À ces mots, tout son corps se raidit, comme en parler allait faire revenir les démons qui le hantaient. Mais être proche de Jax le protégeait, comme si l’ouvrier était une forteresse et qu’il était à l’abri derrière ses murs. « Mais je veux pas en parler maintenant. » souffla-t-il, les yeux toujours baissés. Il s’écarta à peine pour attraper le bas de son débardeur et l’ôter avec lenteur, un peu hésitant. Il n’était pas tout à fait redevenu le garçon d’avant. Est-ce qu’il plairait tout de même à Jax ? « Maintenant, je… je voudrais être avec toi. » La confession lui échappa et il releva les yeux vers Jax tandis que ses doigts lui caressaient le creux de la gorge.
Être avec toi.
Pour toujours.


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Message· · Sujet: Re: how do you go back to being strangers with someone who has seen your soul ? how do you go back to being strangers with someone who has seen your soul ? EmptyMar 2 Avr 2019 - 14:57

Jusqu’à Bran, Jax n’y croyait pas à cette chimère que le monde appelait amour. C’était une illusion que les gens s’agitaient devant les yeux pour s’éblouir, pour croire qu’il y avait quelque chose de valable qui les attendait quelque part, que leur existence ne se résumait pas à travailler au quotidien, à économiser en vue d’une retraite que certains n’auraient même pas le loisir d’atteindre. Ils s’y raccrochaient pour ne pas sombrer dans la solitude et l’ouvrier avait refusé de tomber dans le panneau. Il était seul. Il n’avait besoin de personne. Il se nourrissait amplement de son amitié avec ses deux meilleurs amis. Il n’irait pas chercher un bonheur mensonger ailleurs. A quoi ça aurait servi si ce n’est à lui meurtrir l’âme, comme s’il était n’était déjà pas suffisant qu’il ait écopé d’une jeunesse aussi pourrie.
Bran, il n’avait été qu’une attraction supplémentaire. La seule différence, avait pensé Jax, c’est qu’il n’approcherait jamais un garçon comme le jeune Rose. Lui, il était habitué aux mecs comme lui, un peu esquintés par la vie, un peu troubles, un peu paumés. Ils ne brillaient pas au soleil, ils investissaient l’ombre et se séparaient dès qu’ils s’étaient repus l’un de l’autre, sans chercher à se revoir, sans chercher à approfondir la liaison. Pourquoi se serait-il laissé éblouir par une caricature de gosse de riche ? Pourquoi se serait-il laissé aller à rêver de la peau de pêche qu’il devinait sous les vêtements ? Pourquoi aurait-il plongé dans un océan d’eau douce qui pouvait geler d’une minute à l’autre ? Et pourtant, chaque rencontre – chaque confrontation – avait rogné la réticence de l’ouvrier. Au point de lui faire perdre pied. Au point de le pousser à l’audace de tenter quelque chose auprès du trublion.
Le reste, ça n’avait été que cascades et montagnes russes dont Jax ne s’était même pas encore remis et dans lesquelles il aurait pourtant à nouveau sauté à pieds joints si Bran lui en offrait l’opportunité.
Jusqu’à Bran, Jax ne croyait pas qu’il soit fait pour être amoureux. Et puis il y était tombé.
Droit dans ce fichu panneau.
Ou marécage. Car à cet instant, la réalité paraissait bien plus un marécage à l’ouvrier qu’autre chose. Il voulait foncer à travers tout, quitte à s’embourber une nouvelle fois dans une incompréhension totale, quitte à couler encore et encore, sans retrouver son souffle.
Mais embrasser Bran après ces mois de manque, ces mois d’inquiétude, de solitude, ça ne lui donnait pas l’impression de couler. Au contraire, l’air s’infiltrait partout en lui, redonnait vie à son corps terrassé, lui faisait oublier la douleur, la fatigue, l’abandon, la rupture. Il était peut-être con, à pouvoir pardonner à l’impudent, simplement parce que ce dernier avait apposé ses baisers enfiévrés sur ses plaies ouvertes, mais il s’en fichait, le jeune Beauchamp. Il n’aurait jamais assez de cette sensation qui s’insinuait en lui, qui rendait ses couleurs à un ciel terne et nuageux, qui remettait tout en place, qui guérissait instantanément. Il avait l’impression de n’avoir jamais autant vécu que durant l’été qu’ils avaient traversé dans les bras l’un de l’autre et il n’aspirait qu’à retrouver cette douceur, cette chaleur, ce confort, cette absence totale d’angoisse. Il voulait retrouver sa sérénité et sa félicité. Il voulait juste pouvoir rester là, front contre front, corps pressés, souffles mêlés. Et quand, sous ses doigts, il perçut les larmes qui roulaient sur les joues de Bran, Jax les effaça. Avec ses pouces, avec ses lèvres. Comme s’il voulait boire son chagrin, le faire sien, lui faire oublier ses malheurs, persuadé de pouvoir tout supporter si ça permettait de faire retrouver à l’autre son sourire canaille, son regard vif, ses mots vibrants.
- Arrête… Arrête, lui souffla Jax en secouant imperceptiblement la tête.
Il ne voulait pas qu’ils parlent de pardon, il voulait effacer les mois écoulés, les mots échangés, le temps perdu, le monde autour d’eux. Il n’opposa toutefois pas de résistance quand Bran le repoussa et l’ouvrier rouvrit les paupières, le regard voilé, les lèvres rougies, la respiration altérée. Ses mains restèrent cependant arrimées au visage de son amant et Jax l’observa, attendant la suite, la redoutant un peu, mais il ne voulait pas avoir peur de l’avenir. Aux mots murmurés, l’ouvrier répondit d’un simplement hochement de la tête, pour signifier qu’il l’avait entendu, qu’il le croyait. Que pouvait-il dire d’autre ? Il n’avait jamais été très doué avec les mots, des moments comme celui-ci n’arrangeaient rien. Mais le silence n’oppressait pas Jax Beauchamp – sauf celui que lui avait opposé Bran au cours de l’automne précédent – et il attendit, sans jamais quitter Bran une seule seconde des yeux. Son corps finirait par se remettre de cette tornade, s’apaiser, se réhabituer à cette proximité. Pour l’instant, toutefois, il savourait chaque seconde de leur étreinte, conscient des cabrioles que faisait son cœur dans le coffre de sa cage thoracique. Il ne referma pas les yeux au moment où Bran l’embrassa à nouveau, se focalisant sur le délice qu’était la langue du jeune homme contre la sienne, contre ses lèvres. Il resserra légèrement l’étau de ses bras quand une vague gronda en lui puis expira lentement en relâchant l’enfant des roses et du soleil. Un frisson lui parcourut la peau quand la paume de Bran effleura la sienne et la sensation familière – là, ce bonheur timide, cette passion folle, cet amour irréductible – se propagea dans son bras.
Viens avec moi.
Comment résister ? songea Jax, sans bouger. Malgré la proximité des ouvriers, malgré le camion qui allait trahir qu’il n’était pas parti, comme il aurait dû le faire. Il aurait dû se soustraire à la prise de Bran, suggérer d’aller garer le camion plus loin dans la rue, à l’abri des regards curieux. Mais il ne voulait – ne pouvait – pas rompre leur proximité. Pas immédiatement. Pas avant d’avoir eu le droit d’y croire un peu plus. Alors l’ouvrier suivit Bran. Peu importe où ils allaient, tant qu’ils étaient à deux, non ? Il trouverait une excuse, une parade, pour expliquer son retard dans la livraison. Mais pour l’instant, il ne voulait pas lâcher la main de Bran. Il prêta à peine attention au décor – il était déjà venu à une soirée, il lui semblait, mais peut-être qu’il se trompait, peut-être qu’il avait s’agi d’une autre demeure de gosse de riche, qu’est-ce qu’il s’en foutait, là, tout de suite – il grimpa les marches, les membres fébriles, les yeux rivés aux épaules encore luisantes du coureur. Il ne sembla se reconnecter avec la réalité que lorsqu’il se retrouva dans une chambre inconnue.
Jax sembla alors retrouver ses esprits et il cligna des paupières en passant en revue la pièce – le lit défait, les affaires qui n’étaient pas rangées, les indices que c’était là l’univers de Bran. Quelque peu perplexe, désorienté, l’ouvrier tressaillit en sentant les bras l’enlacer et baissa les yeux vers le garçon qui avait hanté ces jours et ses nuits, le fantôme avait été relégué dieu sait où et les traits du jeune homme avaient retrouvé leur netteté, leur beauté affolante. Le regard de Jax cilla à l’aveu de Bran et, instinctivement, Jax passa les bras autour de ses épaules, comme s’il voulait le protéger de ce monde qui lui avait fait du mal. Et même si ne pas savoir lui faisait encore un mal de chien, Jax accepta son silence d’un acquiescement :
- D’accord…
Il aurait voulu lui relever le menton, plonger son regard dans le sien, mais il ne voulait pas sonder son âme en peine, il voulait que Bran se confie quand il se sentirait prêt à le faire. Mais quand celui-ci entreprit d’ôter son haut, Jax sentit une onde lui traverser le corps et il déglutit, se sentant rougir de façon incontrôlable. Bran percevait-il les battements erratiques, là, sous sa peau ?
- Qu’est-ce que… qu’est-ce que t’entends par là ? Parce que les interprétations peuvent être multiples… demanda Jax, la voix rauque, un brin de sourire aux lèvres.
Evidemment, son attirance était toujours là, intacte, et il ne fallait pas grand-chose pour que Bran démarre un feu de forêt chez son amant. Mais Jax n’était pas là pour ça, il était là pour lui, pour être à ses côtés au quotidien, pour ne plus le voir traverser ce brouillard seul – et, plus égoïstement, ne plus avoir à le traverser seul non plus.
Du bout des doigts, il caressa l’épaule de Bran puis se pencha pour la frôler de ses lèvres, ses mains glissant vers les hanches du jeune homme.
- Moi aussi, je veux juste être avec toi…, lui murmura-t-il en l’enlaçant.
C’était tout ce qu’il avait toujours demandé. Il avait cru ne pas être trop gourmand mais les derniers mois avaient inscrit le doute dans chacune de ses pensées et dans chaque filet d’espoir qu’il avait nourri à propos de leur histoire.

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Brandon Rose

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Message· · Sujet: Re: how do you go back to being strangers with someone who has seen your soul ? how do you go back to being strangers with someone who has seen your soul ? EmptyHier à 12:31

Il ne voulait plus penser, Bran. Il ne voulait plus laisser la peur gagner. Elle lui avait trop pris. Trop souvent, dans sa vie, il avait été lâche. Aujourd’hui, alors qu’il avait face à lui le garçon qu’il aimait, il voulait être courageux. Il voulait porter son coeur en étendard et tant pis s’il était criblé de flèches, cabossé, exsangue. Au moins, il n’était pas brisé. Et pourtant, Bran avait cru le contraire. Il avait posé la main sur son torse et n’avait entendu que le vide de sa cage thoracique se répercutant sur les parois de son crâne. Il avait bien cru qu’il se laisserait emporter par l’abîme, que le trou à l’intérieur allait finir par l’engloutir tout entier, qu’il allait disparaître. Mais il était là aujourd’hui, bien vivant, le coeur battant à cent à l’heure, plus présent que jamais face à Jax Beauchamp qu’il dévorait des yeux. Il osait à peine croire que leurs lèvres s’étaient retrouvées et qu’ils s’étaient touchés. Et pour la première fois depuis des mois, effleurer un autre corps ne le faisait pas bondir. L’idée de toucher une autre peau lui faisait tourner la tête, mais cette fois pour les bonnes raisons, et il rêvait de se glisser contre celle de Jax. Il voulait le retrouver, tout entier et le goûter, du bout des doigts, du bout de la langue. Il n’aurait jamais pu cesser de l’aimer même s’il l’avait voulu. Il frissonna lorsqu’il sentit les doigts de Jax glisser sur son épaule pour ensuite laisser place à ses lèvres. Bran ferma les yeux et bascula légèrement la tête en arrière, le coeur prêt à éclater pour ce garçon qui savait toujours comment lui faire entrevoir les étoiles. C’était si bon de retrouver ses mains rugueuses et tendres contre lui, si délicieux de sentir leurs corps se rapprocher. Comment avait-il pu croire qu’il pourrait vivre sans un jour lui revenir ?
Bran rouvrit les yeux et sourit. Il ne pouvait pas s’empêcher, malgré les larmes qui menaçaient toujours de lui dévaler les joues et la sensation d’avoir perdu trop de temps qui tentait de lézarder son bonheur solaire. Jax voulait être avec lui, juste avec lui, aussi. C’était tout ce qui comptait, tout de suite et maintenant. C’était tout ce dont il voulait se soucier à l’instant. Tant pis s’ils ne faisaient pas les choses dans l’ordre. Peut-être auraient-ils dû avoir une discussion sérieuse, jeter les bases d’une nouvelle relation mais avaient-ils été une seule fois raisonnables ? Ce n’était pas leur genre et Bran n’avait pas envie de changer aujourd’hui. Qu’ils restent fous. Qu’ils restent inconscients, déraisonnables, incompréhensibles. C’était comme ça qu’ils s’aimaient le mieux. C’était leur amour à eux, à deux. « Tu veux que je te montre toutes les interprétations, c’est ça ? » demanda-t-il en relevant les yeux, malicieux. Entre les bras de Jax, Bran avait l’impression de revenir à la vie, d’avoir de nouveau le droit d’être cette canaille trop arrogante pour son propre bien. Il voulait le séduire à nouveau, le voir tremblant et fébrile comme le soir de leur première fois.
Il voulait juste être avec lui.
Leurs lèvres se trouvèrent à nouveau tandis que Bran faisait remonter ses mains pour faire glisser la fermeture éclair du bleu de travail de Jax, lentement. Et alors que ses mains effectuaient le chemin inverse, il sentait la force de ce corps plus éprouvé que le sien, il pouvait effleurer ses lignes sèches et musclées sous le tee-shirt trempé de sueur qu’il fit remonter centimètre par centimètre. Et lorsque Jax lui apparut enfin dénudé, encore à moitié dans son bleu de travail, Bran eut comme envie de se mettre à genoux, comme s’il était entré dans une église. Ce qu’il avait envie de faire à son amant à cet instant précis, n’était pas tellement différent de l’adoration que les fidèles mettaient dans leurs prières. Silencieux, la gorge serrée, il laissa ses yeux caresser la peau scarifiée et remonta jusqu’à l’emplacement du coeur, ses doigts empruntant le même chemin. C’est là qu’elle se trouvait, la seule différence avec avant. Une rose qui s’épanouissait là, timide, prenant racine au-dessus d’une cicatrice. Comme si elle naissait de la souffrance. Pour mieux l’effacer, aurait voulu croire Bran, mais lorsqu’il repensait à tout ce qui les avait séparés, il n’en était pas certain. A nouveau, il sentit les larmes affluer mais il ne leur permit pas de couler alors qu’il effleura timidement, comme s’il n’était pas sûr d’en avoir la permission, le dessin sur la peau abîmée. Lui aussi, il voulait se tatouer Jax partout sur le corps. Peut-être pas à l’encre, mais il connaissait d’autres façons de le faire et il déposa un baiser papillon sur la petite rose avant de relever des yeux humides vers son compagnon. Il avait trop de choses à lui dire alors il se contenta de l’évidence. « Je t’aime, Jax. Je t’aime tellement. » murmura-t-il alors que leurs mains s’entrelaçaient. Lentement, Bran recula, les entraînant vers le lit défait. Et lorsque ses jambes heurtèrent le rebord, Bran lâcha les mains de Jax et se laissa tomber sur le matelas. L’ouvrier le surplombait de toute sa force, de toute sa hauteur et Bran se mordit la lèvre, les joues rouges. Il avait toujours aimé ce rapport de force entre eux. Jax qui était plus fort, plus grand, plus âgé, plus expérimenté. Leurs corps si différents qui s’épousaient si parfaitement, chaque interstice, chaque creux rempli l’un par l’autre. Les mois d’absence déferlaient sur Bran comme une vague et pourtant il leva une main tremblante. « Attends. » croassa-t-il, la gorge sèche. Toute malice avait disparu dans son regard, remplacée par une intimité qui n’appartenait qu’à eux.
Sans ciller, sans rompre une seule fois la connexion de leurs regards, il ôta le reste de ses vêtements, ses chaussures bien sûr, mais surtout son short qu’il fit glisser sur ses jambes avec des mains tremblantes, puis son caleçon trop serré qui libéra une promesse ardente. Son corps encore humide de la course, ses tempes brûlantes, son coeur qui battait comme une horloge fracassée, ses cuisses qui scintillaient à cause de la sueur, son ventre en feu, il l’offrait tout ça à Jax, sans compromis. « C’est pour toi. Tout. » balbutia-t-il, submergé par le désir, par l’émotion de se retrouver à nouveau dans cette position. Ce n’était pas seulement les retrouvailles de leurs deux corps ; non, c’était aussi la répétition de cette promesse qu’ils s’étaient faite. Et pas seulement la promesse qu’ils s’étaient faite tous les deux le soir du bal de promo ou à l’aéroport, non, c’était cette promesse du destin qui existait entre eux depuis le début, sans même qu’ils n’en aient encore conscience, qui les dépassait et qu’ils ne pouvaient pas toujours comprendre. Ils étaient l’un à l’autre, bien avant d’avoir pu choisir. Ils n’avaient pas le choix et Bran ne cherchait pas à en avoir d’autre. Tout ce qu’il voulait dans cette vie, il l’avait devant lui. « Je suis à toi. J'ai envie de toi. » murmura-t-il, la voix hachée, presque brisée par l’envie d’être avec Jax, l’envie d’être sien à nouveau et d’oublier tout ce qui avait pu les tenir loin l’un de l’autre.

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