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Zachary Allen

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Message· · Sujet: blame it on me (dillon) blame it on me (dillon) EmptyMar 12 Mar - 23:15

Zachary était arrivé à l’aube sur le court de tennis et il n’arborait pas le sourire qui avait orné son visage durant tout le tournoi d’Acapulco. Il était même passablement énervé. Chargé comme une mule d’objets en tous genres comme s’il préparait une saison entière à forte intensité, il ruminait en silence dans le froid matinal de l’Oregon. Il ne comprenait pas sa protégée. Elle était partisane d’un pas en avant, trois en arrière. Elle ne faisait pas de sacrifices, ou si elle en faisait, elle craquait tout aussitôt. La native de la Vista semblait craquer à la moindre tentation. Quand ce n’était pas la nourriture sucrée ou grasse, c’était la boisson et le monde la nuit. Ca ne devait certes pas être marrant de se plier aux exigences de son coach, mais on n’a rien sans rien. Elle lui avait fixé un objectif qui était maintenant imminent, celui de remporter le tournoi d’Indian Wells, théâtre de sa décadence l’année précédente et hôte cette année, d’une supposée renaissance. Sauf qu’à moins d’une semaine du début du tournoi, la petite poupée blonde s’éparpillait. Voilà qu’il apprenait la veille qu’elle s’était adonnée à une sortie exceptionnelle – sans l’aviser évidemment – pour sombrer dans ses travers alcooliques et festifs qui lui avaient valu des remarques acerbes sur les réseaux sociaux, tandis que certains journalistes de bas étages avaient cru bon de tagguer le compte du coach qui avait longuement hésité avant de lui envoyer un message acéré comme les crocs d’un prédateur se refermant sur sa proie. Il lui en voulait de gâcher les efforts colossaux qu’il avait fournis ces derniers temps. Parce que pour lui convenir, l’homme âgé de trente-cinq ans avait durci son propre entrainement pour tenter de se mettre à niveau de la belle dans la fleur de l’âge. Et puis elle avait osé lui dire que gagner le Masters 1000 c’était tout ce qu’elle souhaitait. C’est là que le bât blesse. Elle ne devait pas savoir ce qu’elle voulait, à moins qu’elle l’ait berné pour un caprice de demi-star. Ou bien qu’elle avait besoin de conflit pour se surpasser et ça faisait trop longtemps qu’ils ne s’étaient pas écharpés. Le coach avait lâché du lest avec le temps, et à présent il le regrettait. Installant tout son matos, elle serait heureuse d’apprendre qu’elle ne toucherait pas à la raquette de tennis aujourd’hui, ou du moins pas directement. Au moins, il serait à même de juger l’état de sa motivation. Si elle ne lui prouvait pas qu’elle n’était à Windmont Bay que pour atteindre son objectif, il lui rendrait son argent et retournerait aussi sec à sa petite vie bien rangée auprès de son épouse qui même si elle ne disait pas grand-chose, n’appréciait pas cette relation privilégiée qu’entretenaient la joueuse de tennis et son coach. Il avait volontairement annulé l’entrainement de la veille au soir pour le déplacer au petit matin, chose que la jeune femme abhorrait tant elle n’était pas matinale. Plus de gentillesses. Elle le payait pour qu’il fasse son travail et lui permette d’atteindre son objectif, pas pour lui payer des glaces chez Salt & Straw. Quand cette dernière arriva, il ne lui accorda ni signe de tête, ni sourire. Il se contenta de prendre son sifflet, de le passer autour du coup, un chronomètre dans la main gauche et vérifia par des pas bien mesurés si les distances entre les plots étaient exactes. Quand il releva la tête et constata qu’elle avait pris sa raquette, il lui dit simplement : « Tu peux aller la poser sur le banc, tu n’en auras pas besoin aujourd’hui. » Il avait même décommandé le joueur qui s’était proposé pour taper la balle avec elle. Un grand dadais d’une vingtaine d’années, le genre de gamin qui serait surement une énième distraction pour la jeune Carver, plus qu’une aide précieuse. Aujourd’hui, elle allait éliminer tout ce qu’elle avait pu ingurgiter jusqu’à ce qu’elle retienne la leçon, et si Zachary n’était pas enchanté à l’idée de la pousser dans ses derniers retranchements, il voulait lui montrer qu’ils étaient tombés d’accord sur un plan et qu’il comptait s’y tenir. Si elle n’était pas contente, elle pouvait toujours le congédier. Maintenant que tout était en place, il s’approcha d’elle, toujours ce même regard dénué d’émotions sur le visage, ce qui en était presque dérangeant. « Je vais mettre les choses au clair une dernière fois avant de commencer. J’en ai rien à foutre du salaire que tu me donnes. Je m’investis pour un projet, projet dont l’issue est imminente. Si j’ai accepté, c’est parce que j’aimais le challenge, mais j’ai horreur de l’échec. Tes soirées beuverie ou orgie, tu peux t’y adonner une fois que j’ai rempli mon objectif. Mais c’est la dernière fois que tu dénigres mon travail. Je n’hésiterais pas à te lâcher au pire moment si tu continues avec tes stratégies de handicap. Si ça te convient pas, tu me le dis tout de suite et je me casse. » Il était dur dans ses propos et s’il avait tissé un lien particulier avec Dillon au fil du temps, il ne transparaissait en rien à ce moment-même. Et pourtant, sa réaction était bien une preuve d’affection.

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Message· · Sujet: Re: blame it on me (dillon) blame it on me (dillon) EmptyVen 15 Mar - 11:36

Zachary and Dillon part IV
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Il allait se marier.
Et elle avait appris la nouvelle de manière tout à fait fortuite (un scroll sur la page facebook de son père, intuitif durant une nuit d’insomnie – cinq jours auparavant).
Il n’avait même pas eu la décence de le lui annoncer, probablement trop occupé à vivre d’amour et d’eau fraîche comme le jeunot qu’il n’était plus depuis deux décennies.
C’était l’horreur : une rechute inattendue ; comme une crise nocturne qui n’avait pas eu lieu depuis plusieurs mois (depuis Zachary Allen, pour être plus précise).
Gérer les situations de stress relevait d’un tour de force et elle n’avait, hélas, pas réellement appris à se désembourber seule, comme une grande.
Car, autour d’elle un essaim d’abeilles ouvrières grouillait et se pliait généralement à la moindre de ses exigences ( pour les beaux yeux des benjamin franklin, couleur verte garantie sans transfert sur la paume (mais, assurément transférable sur un compte bancaire en quelques secondes)).
Elle s’était servie un verre de jus de pomme puis, avait mis la main sur le combiné téléphonique antédiluvien qu’Ania affectionnait comme une relique religieuse censée assurée fertilité ou prospérité. Elle avait composé le numéro de son père et constaté qu’elle n’avait – décidément – pas les couilles de verbaliser sa colère (elle aurait été davantage susceptible de la traduire en acte de démence passagère). C’était à trois heures et vingt neuf minutes du matin qu’elle avait décidé de passer à l’acte.
Après plus de deux heures d’inspection photo-par-photo d’un phénomène qu’elle n’avait pas eu le déplaisir d’expérimenter en vingt quatre ans de vie à la surface de la croûte (un éternuement et  elle aurait foutu en l’air mohorovicic  et sa discontinuité) , elle avait vite, très vite, abandonné l’option diaporama.
La flaque de dégoût était suffisamment profonde pour s’assurer une transition vers le qualificatif de fosse : à trois heures et trente minutes du matin, elle avait déjà plongé tête la première et s’enfonçait dans les profondeurs froides et inhospitalières de ladite fosse.
Marty était un sacré petit cachottier ; elle lui accordait bien cela. Il avait si bien caché son jeu mais, peut-être simplement qu’elle avait été stupide, distraite, trop aspirée par ses objectifs, heureuse d’avoir marqué son retour à Acapulco, drapée du sentiment d’avoir fait un excellent choix en plaçant ses espoirs en la personne de son coach qu’elle n’avait pas vu l’insidieux s’installer, cela avait sûrement été progressif.
Avait-elle perdu cette perspicacité qui la caractérisait ou avait-elle cessé de s’intéresser à la vie de ceux qui comptaient pour elle, au point de n’être obnubilée que par ce qui pouvait bien lui arriver ?  
Le Canada tenait du dérapage. Mais, elle se souvenait à peine de ce qui avait été fait durant les quarante-huit heures qu’il avait duré (elle se souvenait d’Alfie, d’un motel crade et des billets de car qu’ils avaient acheté). Elle se répétait sans cesse qu’elle voulait se découvrir : Dillon Carver mais elle était persuadée qu’il n’y avait qu’à travers les autres qu’elle se sentait capable de le faire.
Parce que, disait-on, leurs attitudes constituaient des miroirs reflétant l’image de nous-mêmes – et cela avait le don de la faire rire, putain, si seulement elle pouvait apprendre d’icônes célèbres qui, malgré leurs erreurs, ne perdaient ni de leur attrait, ni de leur sagesse.
Ce qui n’était pas son cas car, son coach n’avait pas hésité à mordre (passant outre les aboiements préliminaires) – répondant aux trolls et refusant de lui accorder le bénéfice du doute. Elle ne redoutait pas autant la confrontation avec Allen – leur relation était cadrée, non, celle dont elle avait la trouille c’était celle qui prendrait place entre son père et elle.
La jeune femme éprouvait tant de rancœur envers Marty. Pour ne pas avoir accepté le déplacement jusqu’au Mexique, il était bien trop occupé à visiter les Everglades avec sa nouvelle conquête-future-épouse-gros-caillou-à-l’annulaire-preuve-à-l’appui !
Lorsqu’elle se présenta sur le court, ses cheveux habituellement attachés en queue de cheval haute – ce jour là nattés et visiblement noyés sous une couche d’huile nourrissante, des cernes de la taille du Nebraska sous les yeux, le teint livide – signes criards d’une énième nuit blanche passée à s’autodétruire devant un écran d’ordinateur : la couleur était annoncée. Elle avait fait le déplacement, sommée là par son entraîneur mais elle n’avait ni envie de suer, ni – finalement-  envie d’être là. Et, Zach n’avait quant à lui pas réellement envie d’être chaleureux – elle ne pouvait guère lui en vouloir, il avait certainement des raisons d’être en rogne contre elle. Avec seulement une heure et demi de sommeil dans la fiole, elle ne représentait à cet instant là qu’une énorme éponge émotionnelle susceptible de dégorger à la moindre vacillation pressionnelle.
Aussi, elle ne broncha pas lorsqu’il lui fit comprendre qu’elle n’allait pas utiliser sa raquette, elle attendit quelques instants que des explications suivent mais finit par s’exécuter.  Ce qui la fit tiquer, en revanche, fut le discours dont il lui fit part  une fois à quelques centimètres d’elle. Elle serra les mâchoires et se mordit l’intérieur de la joue, bras le long de son corps – elle refusa de serrer les poings, elle aurait été amenée à montrer à quel point les mots du trentenaire étaient durs, trop durs à encaisser à une heure aussi matinale, pour celle qui portait déjà toutes ses émotions à fleur de peau. Non.
- Tu es exactement comme tous les autres – siffla-t-elle, esquissant quelques pas en arrière pour s’éloigner le plus possible de lui – et elle s’accroupit faisant mine de lacer ses chaussures ; des mains dont elle s’efforça de cacher les tremblements. Une fois chose faite, elle se releva et compta jusqu’à trois avant de lui faire face à nouveau, un sourire aux lèvres. Puisqu’on est là, ne perdons pas de temps.
Elle était prête à endurer. Elle, était, juste.

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Dernière édition par Dillon Carver le Jeu 21 Mar - 11:31, édité 1 fois
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Message· · Sujet: Re: blame it on me (dillon) blame it on me (dillon) EmptyMar 19 Mar - 17:32

Dillon avait un caractère bien trempé. Ca, il l’avait remarqué depuis le début, depuis le premier instant où leurs regards s’étaient croisés. Et plus il avait passé de minutes à ses côtés, et plus il avait considéré qu’elle n’avait pas tant de caractère que ce que son attitude laissait à penser. La jeune femme faisait le dos rond au moindre reproche, craquait sous la pression pour ensuite blâmer les autres de son propre comportement. Ca trahissait une basse estime de soi et si Zachary n’était pas psychologue, il avait essayé de disséquer chacune de ses réactions pour tenter de saisir la personnalité de la petite blonde. Il ne possédait pas toutes les informations pour ce faire. Il avait tenté diverses approches : l’habituelle froideur légendaire et l’impassibilité qui le caractérisaient tant, une approche plus sympathique basée sur la récompense, ou encore quelque chose de plus spontané qui venait sur le moment, mais rien n’avait poussé la princesse des courts à se livrer un peu plus, à se montrer telle qu’elle l’était vraiment. Les résultats sportifs étaient au rendez-vous. Elle avait atteint les quarts de finale à Acapulco et Zachary avait été fier de cette performance qui aurait probablement été perçue comme inespérée pour les amateurs de tennis. Mais il connaissait sa joueuse, il savait qu’elle avait de la ressource, qu’elle était capable de plus que ce qu’elle le pensait. Mais elle ne le voyait pas toujours. Elle semblait croire que ses résultats n’étaient dus qu’à la méthode de son coach alors qu’il n’avait fait que lui donner un peu plus confiance en elle pour qu’elle se sente capable de battre d’autres joueuses, oubliant l’épisode malheureux d’Indian Wells 2018. Cependant, au fur et à mesure que ce même-tournoi approchait, il craignait qu’elle cherche à se trouver des excuses et se mettre dans de mauvaises conditions à sa réussite. Après tout, le souvenir de la blessure était encore très présent et elle n’avait repris la compétition qu’il y a peu. Il y avait un monde entre Acapulco et un Masters 1000. La jeune femme réagit à peine à ses instructions, au sujet de la raquette. En revanche, il remarqua un changement d’attitude notable à sa gueulante. Ce qui l’étonna, c’est qu’elle ne s’emporta pas. Etrangement, la joueuse lui apparaissait comme drainée de toute passion qui l’animait d’ordinaire. Il arqua un sourcil aux seules paroles qu’elle daigna prononcer, l’interrogeant : « Comme les autres ? Dis-moi ce que c’est être comme les autres tiens, ça m’intéresse ! Et si tu es pas contente t'as tous les pouvoirs princesse Carver! » Il croisa les bras sur son torse, un air goguenard sur le visage. Comment pouvait-elle le comparer à son précédent coach ? Aussi, il crut bon de se défendre : « Je ne suis pourtant pas allé démarcher une autre joueuse. Au contraire, je me suis efforcé de redorer ton image toute la journée d’hier. Je suis là aujourd’hui à changer tout ce que j’avais prévu parce que t’es pas fichue de rester focalisée sur TON objectif. » Première chose. Mais il n’en avait pas fini avec tout ce qu’il avait à lui dire. La mise au point n’était visiblement pas suffisante. « Tu crois vraiment que j’ai envie de te faire cracher aujourd’hui ? T’étais sensée taper la balle avec un type du coin, apparemment doué, mais tu ne me laisses pas le choix. La discipline te mène au sommet, pas les excès. » Le tennis professionnel c’était comme tout autre sport : marche ou crève. Il n’y avait pas la place pour les joueurs peu concentrés sur leurs objectifs. Ceux-là n’atteignaient pas le top 10 mondial. Elle était surement bien placée pour le savoir. Elle affichait un sourire faux qui traduisait si bien ce trop plein d’émotions qu’elle cherchait à intérioriser, et ça inquiétait le coach qui cherchait un moyen de la faire parler. « C’est facile de te cacher derrière ce masque. Tu prétends que tout va bien mais non. C’est friable. La preuve, tes lacets étaient faits. Alors vas-y, libère-toi. Dis-moi ce qui te chagrine. Je ne suis pas devin. » Il pensait que ça avait à voir avec Indian Wells, qu’elle craignait tant de ne pas réussir qu’il était nécessaire de se flageller d’entrée. Il ne pensait à rien d’autre parce qu’il avait beau savoir qu’il était très facile de l’ébranler, il ne connaissait pas tous les détails de sa vie. Une fois de plus, Zachary tentait de se mettre à son diapason, de lui convenir. Comme il avait pu le faire en l’invitant à manger une glace malgré son régime particulier. Elle l’avait sommé de s’ouvrir un peu plus, de lui parler de lui, mais Allen rechignait à le faire tant qu’elle ne serait pas prête à en faire de même. Ils étaient une équipe, il n’était pas contre elle. Au final, elle était sa propre ennemie et mieux valait se débarrasser de l’intempestif pour ne pas anéantir ses chances de battre Wozniacki, Kerber, Halep et la grande Serena.

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Message· · Sujet: Re: blame it on me (dillon) blame it on me (dillon) EmptyLun 25 Mar - 17:10

Zachary and Dillon part IV
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Elle faisait sûrement partie de ces gens-là.
Ceux qui prenaient les choses tellement à cœur  qu’ils barguignaient à la moindre embûche, se déversant en reproches, la faute n’était jamais la leur.
Dillon Carver n’était pas une princesse guerrière comme la dépeignaient encore ces campagnes publicitaires auxquelles elle avait un jour prêté sa frimousse (sourcils agréablement arqués, fierce eyes dans une attitude vorace et atrabilaire, un modèle comportemental pour quiconque rêvait de revêtir les robes en tissu extensible pour la modique somme de 70 dollars).
Quiconque escomptait percer dans le sport, se devait d’arborer d’audacieuses rayures qu’une virgule  rendait aussitôt dispendieuses : wear it like a warrior, wear it like Dillon Carver.
Le sourire au peroxyde de carbamide ne rendait tout ce charlatanisme que plus invraisemblable et grotesque. Tous ceux qui la regardaient avec admiration se confrontaient à une forme délétère d’anthropomorphisme (la déité était médiatique, contrefaite et foutrement fadasse dans son ensemble). Rutger disait que c’était une étape à franchir, une bagatelle  obligatoire :  ‘tu comprends, il s’agit de les mettre dans la poche’. ‘Les’ faisait office d’article défini désignant les « followers » - des moutons en quête d’identité. C’était elle, le mouton en quête d’identité – et elle n’avait toujours pas réalisé qu’elle était la sienne. Puisqu’elle s’autorisait à prendre exemple sur des références contentieuses.
Son père en faisait parti. Peut-être que même Zachary Allen se révélerait – à terme, une référence contentieuse à laquelle elle regretterait d’avoir été associée. - NOTRE objectif – glissa-t-elle lorsqu’il lui spécifia qu’il n’était pas allé démarcher une autre pouliche à entraîner, comme s’il aurait été capable de mener à bien cette entreprise, pff. Quelle autre joueuse prendrait le risque d’engager un repris de justice n’ayant comme références que des heures stériles passées à entraîner une équipe de ballerines incapables de lancer ou d’attraper une balle (ce qu’auraient su faire une meute de chiens sauvages) ? Zvonareva et encore, elle avait toujours eu beaucoup trop de bon sens pour se laisser attendrir par une fossette au menton et un parler rustaud !
Elle sentit la colère décupler en elle et tournoyer entre son épiderme et son hypoderme, menaçant de s’extraire à travers les pores pour enrober le trentenaire et le malmener jusqu’à ce qu’il étouffe. Il y avait dans leur échange quelque chose de beaucoup trop intense pour celle qui ne demandait qu’à fuir. Acapulco avait éveillé la rage qui sommeillait en elle, la faim inextinguible qui l’avait toujours habité sur un court, centre de toutes les attentions : c’était l’effet de masse, un grésillement perceptible qui influait sur le moindre battement d’son coeur couard. La tenniswoman leva les yeux sur lui, ils roulèrent dans leurs orbites et le fixèrent, recouverts d’un quelque chose d’injurieux, d’irrévérencieux. Elle poussa un long soupire, accorda au silence le droit de s’installer – des nanosecondes d’hésitation : dire ou ne pas dire, se taire ou omettre. - Tu es exactement comme tous les autres : tu dis que tu comprends mais tu n’as pas la moindre idée de ce qui se passe dans mon crâne. Comme s’il n’y avait que le tennis qui puisse compter à mes yeux – Monty comptait, il comptait tant et il n’avait pas l’air de le savoir, de vouloir l’inclure dans sa vie comme elle l’avait si souvent inclus dans la sienne. Elle avait cessé d’être son centre de gravité – quelque part entre le country club et les wimbledon jr. Comme ça, comme à l’instant où sa mère poussait son dernier soupire et confiait la chair de sa chair entre les bras de son époux. L’indian Wells approchait, ses cavalcades étaient perceptibles depuis Windmont Bay, sous la semelle des tennis qu’elle portait et dont elle n’avait jamais eu besoin de renforcer les lacets. - Jesuisentraindeleperdre ! Siffla-t-elle, aboyant plusieurs décibels au dessus de ses habitudes, esquissant un ample mouvement de bras – chassant l’air autour pour le renouveler et – pourquoi pas – le rendre moins difficile à inspirer. Il a refusé mon invitation à Acapulco parce qu’il paradait avec sa gonzesse quelque part en Floride !   Elle n’allait pas faire des excès parce qu’elle était stressée, après son accident, elle avait saisi pourquoi elle avait été si négligente. Commettre une erreur une seconde fois tenait de la bêtise – on pouvait difficilement la traiter de stupide. Pas lorsque, comme il le lui avait fait savoir, elle détenait tous les pouvoirs. Mais, Zach n’était pas son psy – elle en payait déjà un - , c’était de sa faute, insister pour que les choses soient dites : il fallait qu’elle arrête ses conneries de gamine cinglée – et qu’elle relève la tête. Avant qu’il ne fasse comme Monty : couper tout lien. Elle détourna le regard puis haussa les épaules. - C’est juste trop de choses à gérer pour moi en même temps. Ça me fait craquer.

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Message· · Sujet: Re: blame it on me (dillon) blame it on me (dillon) EmptyMar 26 Mar - 23:23

Zachary se demandait pourquoi il prenait les choses à cœur dans cette histoire. Il pourrait tout aussi bien prendre le fric qu’elle lui filait joyeusement et faire comme s’il ne savait rien. Si elle échouait, elle le congédierait – pensant s’être trompée sur son compte – et ils n’en parleraient plus. Pourtant, le voilà en train de se creuser la tête comme s’il était de nouveau sur les bancs de l’université à trouver la solution à un problème qui n’est pas de son ressort. Les soucis de la joueuse ont un écho bien antérieur à leur rencontre, il en a conscience. Alors pourquoi malmener ses méninges pour une jeune femme qui visiblement a tout autant de talent que ce qu’elle est à fleur de peau. Elle n’a pas de rigueur et pourtant elle s’efforce de suivre la sienne. Pour combien de temps ? Ce n’est pas le premier dérapage, et celui-ci est hors de contrôle de l’ancien détenu. D’ordinaire, il n’aurait même pas pris la peine de chercher à savoir ce qui clochait, d’ordinaire il aurait pris ses affaires et serait rentré chez lui pour bricoler, retrouvant son petit train de vie qui lui suffisait depuis deux ans maintenant. Il y avait une raison qui le poussait pourtant à tenir bon, s’accrocher : c’est que lui n’avait jamais atteint son objectif, ses rêves à cause d’une erreur, d’un choix malencontreux. Il ne souhaitait pas qu’elle connaisse le même sort que lui, parce qu’à présent, la connaissant un petit peu mieux, il savait qu’elle s’autodétruirait. Elle avait besoin d’un cadre, d’un soutien, Dillon. Visiblement elle n’en avait pas l’habitude. « Y a du mieux, tu te sens concernée ! » Il l’applaudit même cyniquement pour lui montrer qu’il se fiche bien des mots employés, seule son attitude lui importe, et elle ne lui convient pas. Zachary, si cette collaboration venait à flancher, il quitterait le monde du sport pour de bon. Il n’irait ni taper à la porte des clubs de NCAA, encore moins faire la cour à des joueuses de tennis. Il ouvrirait probablement sa boite de travaux à domicile et il vivrait petitement sans demander son reste. Depuis la prison, il est bien moins patient, bien moins à l’écoute des petits maux de la vie. Peut-on le blâmer quand on sait qu’il n’a côtoyé que la crème des criminels pendant dix ans. Ca change un homme. Il abhorre la situation dans laquelle sa joueuse le met. Il n’est pas psychothérapeute, le versant social de la médecine ne lui a jamais plu ; en revanche la neurologie oui, mais un cerveau communique sans parler, et c’est ce qu’il appréciait. Il s’emporte lui aussi en s’avançant vers Dillon, parce qu’elle semble le blâmer d’un comportement qu’il est sûr de n’avoir jamais adopté car il n’avait jamais plaint la pauvre Carver. « A quel moment j’ai dit que je comprenais ?! Je peux pas comprendre un truc que tu ne me dis pas, que tu fais dans mon dos et après tu parles de confiance ! » Elle lui reprochait de la fliquer fût un temps, alors il avait lâché du lest. Au final, s’il lui tend la main, elle lui prend le bras. Donner une ouverture à la princesse de la Vista, c’est la voir défoncer la porte. « Je suis pas dans ta tête. » Qu’il lui répète, parce qu’elle a tendance à croire qu’il est capable de lire en elle comme dans un livre ouvert. S’il a été capable de percevoir certaines choses dans son comportement, il y a bien des événements dont il ignore tout et qui pèsent lourd dans l’équation. Toutefois, il se rend compte qu’elle mélange tout ; sa vie privée a bien trop de poids pour qu’elle puisse mener à bien son objectif trop ambitieux. Elle s’emporte et elle n’a même pas besoin de préciser, il sait qu’elle parle inévitablement de son père. Ses cris, ils replongent Zachary dans un lointain passé, qui après la mort de sa mère n’avait plus jamais vu son père à un seul de ses matchs de football. La seule excuse qu’il lui avait donnée était qu’il ne cautionnerait pas de voir son fils signer son arrêt de mort. L’intention était peut-être louable, mais on ne peut blâmer un enfant de souhaiter voir la fierté dans les yeux de ses parents. Il se souvenait du visage de son père qui s’était détourné de lui quand il était rentré avec une arcade ouverte, saignant abondamment sur son visage d’adolescent. Et puis, évidemment, il se souvient avoir demandé de l’aide à son père alors en garde à vue et les mots au bout du fil : ‘Mon fils est mort’. Si à l’époque ça l’avait touché, il avait tiré un trait sur cette relation à tout jamais. Aussi, il jugeait qu’un père qui n’avait pas de temps pour son enfant ne méritait pas qu’on se tracasse pour lui : « S’il n’a pas de temps à t’accorder alors il ne vaut pas la peine que tu t’infliges. » Il crut bon de partager sa propre expérience, comme si elle pouvait se retrouver en lui. « Ca fait presque treize ans que j’ai pas vu le mien. Et de toute façon, il ne venait jamais à mes matchs. » Il ne s’en portait pas plus mal. Son seul regret c’était de ne plus voir sa mère dans les tribunes. « Tu joues pour toi, pas pour qui se trouve dans le public. Si ce n’est pas le cas alors tu devrais réfléchir à ce qui te fait vraiment plaisir pour toi et toi seule. » Il était grand temps qu’elle prenne la mesure de ce dans quoi elle s’engageait et surtout pour qui le faisait elle. Si son ton était ferme, il eut de la peine pour elle qui encore une fois battait en retraite, agissait comme si de rien était. Il préféra une fois de plus lui donner franchement le fond de sa pensée. « Hey. C’est normal de craquer et ça arriverait peut-être moins si tu te servais de ta bouche pour parler. Et si ce que je te demande c’est trop, on peut aussi revoir les objectifs. Mais là encore, je ne peux pas deviner sans communication. » Peut-être finirait-elle par comprendre qu’il n’était pas son ennemi après tout.

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Message· · Sujet: Re: blame it on me (dillon) blame it on me (dillon) EmptyVen 19 Avr - 18:54

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- Peut-être – s’entendit-elle lancer, fixant le filet qui bougeait soumis aux vibrations (les molécules d’air qui se mettaient elles aussi en mouvement), l’esprit ailleurs. A la Vista. Dans les Everglades.
A Acapulco. Au Country Club. Le jour où elle avait pour la première fois réussi à faire du vélo. Les cris d’encouragement de Monty étaient encore aussi vifs que toutes les fois qui avaient précédé ‘l’allée, le vieux chêne, le court’ et celles qui avaient suivi la chute depuis les hauteurs.
Ses applaudissements résonnaient sans cesse, réconfortants et fondamentaux:
- A la Vista
-  Au Country Club
- Aux wimbledon jr
- A l’Indian Wells, l’année précédente.
Elle jouait non seulement pour elle, parce qu’elle voulait se battre et elle n’estimait pouvoir le faire qu’à l’aide d’une raquette – c’était son art, l’expression d’un certain idéalisme (le genre à ne répondre à aucune définition), mais elle le faisait surtout pour tous ceux et toutes celles qui rêvaient ,comme elle, de quitter l’ennuie d’une ville. D’une vie.
Avant que la vie (succession aléatoire d’assimilation, régénération et renouvellement – d’erreurs en tout genre, de choix stupides, de résultats surprenants) n’enlève une à une les paillettes glamours larguées là par les médias : jusqu’à ce que Vie (parabole illustration d’une morale) ne vienne lui foutre un énorme pain dans la gueule.
Pain dans la gueule ou chute littérale depuis son mètre soixante : si peu, pourtant si dévastateur (un mètre soixante lâche et sournois). Son incohérence , un certain ‘lack of character’ lui offrait une échappatoire azimutée : à l’image des songes enfantins qu’elle avait un jour cultivé. Il y avait des jours où elle se savait digne d’un chemin auréolé – comme Venus, Serena. D’autres où elle craignait de n’être que la prochaine Zvonareva : une étoile tombée du ciel, directement dans les marécages, engloutie aussi vite, dans un anonymat particulièrement triste. Pourquoi pensait-elle à Mila, debout face à Zachary, sur ce court là, à cette heure là, alors qu’il énonçait truisme après truisme sans éprouver la moindre sympathie (ou bien n’éprouvait-il pas  tout son contraire : un profond égoïsme qui l’aurait poussé à l’encourager à attraper le premier téléphone cellulaire  lui tombant sous la main, pour se déverser en allocutions pleines d’afféteries dignes d’un gamin pauvre, du Montmartre parisien ( peint par un faussaire yankee ‘fangirlant’ sur Poulbot, son esprit foisonnait d’illustrations du genre et semblait ne répondre qu’à des signaux lacrymaux)). ‘Are you gonna cry or boss up ?’ - Je ne veux pas que tu penses que je suis une petite chose fragile ou que je faiblis à la moindre épreuve ou que je devrais tout abandonner parce que d’une je ne sais pas qui je suis, de deux je ne sais pas ce que je veux ou que même si j’ai l’impression de le savoir, que je clame haut et fort le savoir, je ne le sais pas, je ne sais rien – c’était une logorrhée, made in ‘nuit-blanche’ et syndrome de la larme-pas-facile-du-tout. Mais, elle ne rêvait pas, non, sa voix tremblait bel et bien, ses jambes en faisaient autant : le spectacle était édifiant. Cela aurait sûrement donné du grain à moudre au paparazzi qui la filait parfois en quête de photos croustillantes (« gamin, un sportif en crise , ça peut t’rapporter gros »).
Elle aurait été moins pondérée (seigneur, l’était-elle?!), si l’attention du concierge qui s’était invité durant leur échange – visible du coin de l’oeil et qui ‘faisait mine’ de passer la serpillière -  était réellement reportée sur la surface archi foulée du sol qu’il semblait vouloir rendre aussi propre que celui d’la salle Sixtine du Vatican.
Les cris d’encouragement étaient encore si vifs.
Si elle fermait les yeux et se concentrait fort, c’était comme si elle pouvait le percevoir, assis là, ‘Go, Dillon. Go, my sweet child’. Et elle donnerait tout et elle le ferait avec le sourire aux lèvres, et elle s’abandonnerait complètement. Quitte à tomber. - Quand ? - souffla-t-elle, après quelques secondes de silence. Oui, elle voulait réellement le savoir. Quand est-ce que ça cessera de compter ? Quand est-ce que son absence cessera d’être aussi vigoureuse ? Il fait si froid, sans lui – avoua-t-elle, croisant le regard de son coach. Elle lui avait dit, au tout début, ha, « « au tout début » », qu’elle envisageait de faire le ménage mais, l’expression ‘repartir sur de bonnes bases’ n’incluait à l’époque pas de se défaire de la toute première base : Monty. - Tu sais, tu fais bien de ne pas être dans ma tête,en ce moment, ça n’est pas un coin hospitalier.

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Zachary Allen

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Message· · Sujet: Re: blame it on me (dillon) blame it on me (dillon) EmptyDim 21 Avr - 13:50

Parfois Dillon le déroute. Il faut dire que depuis treize ans, il a fréquenté un milieu bien plus masculin et que les émotions, il ne sait pas totalement les gérer. Sa petite sœur était bien jeune la dernière fois qu’il l’avait vue, il n’avait donc pas pu expérimenter des états d’âme et ça le désarçonnait quelque peu. Devan était bien différente de Dillon et s’il s’efforce de chercher à lui venir en aide, il peine à être plus empathique que ce qu’il ne l’est déjà. Il y a beaucoup d’inconnues dans l’équation. Il l’observe perdre son regard dans le vide, divaguer, comme si elle ne pouvait plus s’ancrer dans la réalité. Il détourne le regard, se demandant s’il fait bien de la pousser à bout ce matin par un entrainement physique. Au fond, il regrette presque de l’avoir bousculée. Elle l’attendrit, et il n’aime pas ça. Il s’était forgé un mur pour ne plus se laisser berner par le côté social de l’humanité, et voilà qu’une joueuse de tennis le met à mal par sa souffrance intérieure, bien réelle et qui fait écho à du vécu chez le trentenaire. La différence entre eux, c’est qu’il n’avait jamais eu besoin de reconnaissance de ses pairs. Tout ce qu’il voulait c’était jouer au football parce qu’il aimait ce sport et les valeurs véhiculées par ce dernier, malgré le danger que ça amenait aussi de par les grosses blessures et commotions cérébrales. Elle était déboussolée la pauvre gamine de la Vista, et c’était la première fois qu’il ne savait pas comment gérer la situation. Quand elle se met enfin à parler, elle déverse un flot de paroles qui n’a ni queue ni tête mais qui confirment une chose : elle ne fera aucune préparation physique aujourd’hui car son esprit est ailleurs, impossible de se concentrer. « Je vais te dire un truc : si j’ai accepté de t’aider pour ton projet c’est parce que je t’en crois capable, alors je ne crois pas que tu sois fragile. Les mecs que j’entrainais le sont. Mais tu ne peux pas tout gérer non plus. Si tu as la tête au conflit familial, tu n’auras pas la tête au tennis. Ton identité, tu la construis toute ta vie, donc ne te tracasse pas avec ça, personne ne sait qui il est. » Lui-même ne savait pas vraiment qui il était. Autrefois le gendre parfait, futur médecin, quarterback hors pair, il était à présent un repris de justice sorti depuis près de trois ans et qui s’était mis à entrainer une joueuse de tennis alors que sa femme n’appréciait guère. Mais lui ne se posait pas toutes ces questions existentielles, il se contentait de mener sa vie et de voir jusqu’où il irait. Il lui rappelle inévitablement qu’à trop s’attarder sur le regard des autres, elle perd confiance en elle. Il y aura toujours des gens qui chercheront à l’enterrer ou qui ne lui accorderont pas l’attention qu’elle souhaite. « Ne t’attache pas à ce que les gens pensent de toi. Et tu peux être tranquille, tu sauras toujours ce que je pense. » Mais aussi incongru que cela puisse paraitre, il ne peut plus rester de marbre face à ce triste spectacle qu’elle lui offre, en totale perdition face à ses émotions. Il s’approche d’elle et la prend dans ses bras, dans un geste un peu hâtif, comme s’il pensait que les gestes valaient mieux que les mots dans son cas. Il remarqua le concierge qui semblait plus intéressé par ce qui se passait que par son travail, alors Allen lui fit signe de déguerpir, qu’il n’y avait rien à voir. Le coup de blues de la jeune Carver était loin d’être terminé et il se rendait compte que malgré ses vingt-quatre ans, elle n’avait pas eu le temps de grandir, qu’elle était encore une enfant. Ce besoin d’amour constant le traduisait. Peut-être devrait-il outrepasser sa position et chercher à en parler au patriarche Carver, mais il n’était pas sûr que ça aide la jeune femme. Elle lui demanda mine de rien si ça allait la faire souffrir encore longtemps. Chaque être étant différent, il n’avait pas de réponse toute faite alors il haussa les épaules en s’éloignant d’elle, se libérant de leur étreinte. « J’ai pas la réponse. Rien ne t’empêche d’avoir une relation moins fusionnelle avec ton père pour éviter de souffrir aussi. » Ca traduisait un manque affectif, mais ça ne ferait que la blesser. « Je crois, que tu devrais lui dire tout ça. Peut-être qu’il le comprendrait, plutôt que t’auto-détruire. » Le problème de Dillon résidait dans son manque perpétuel de communication. Il fallait lui tirer les vers du nez sans cesse. Alors qu’elle avouait qu’il valait mieux ne pas être dans sa tête, le coach sourit à demi et lui répondit très rapidement sans vraiment s’entendre le dire : « J’y mettrais de l’ordre si tu me laissais y rentrer. Peut-être que je peux réparer deux-trois trucs. »

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Message· · Sujet: Re: blame it on me (dillon) blame it on me (dillon) EmptyDim 21 Avr - 16:05

Zachary and Dillon part IV
but the mirror is distorted


C’était Zachary Allen, ses joggings , sa dad-haircut, sa fossette au menton ; c’était aussi sa taille, le soutien dans son regard, son attitude protectrice, c’était surtout Monty à plusieurs centaines de kilomètres d’elle, en compagnie d’une autre et un diamant de plusieurs carats accroché au doigt d’une nana qui ne ressemblait pas du tout à sa mère (rousse, pulpeuse, au sourire ravageur).
Une expression fortuite.
C’était aussi l’étreinte du géant, la chaleur émanant de ses bras autour d’elle et les battements de son organe noble perceptible par l’oreille plaquée contre son torse et qui , elle en était quasi certaine, ressemblaient à des paroles susurrées à partir d’une langue morte : ça prendra le temps que ça prendra. Ça prendra le temps que ça prendra, Dillon, mais ça finira par arriver.
C’était un sentiment étrange éclot d’une pensée insolite et qui, plus l’accolade durait, plus il se voyait arrosé abondement : d’espoir, de croyance.
Rutger était parti, Monty partait mais ça n’était pas si grave, non, non puisque Zachary Allen contenait, remplissait, il encerclait courageusement l’ennemie insidieuse, l’étouffant par sa simple présence.
Carver eut nettement moins froid, tout à coup, et elle aurait aimé rester là des heures et des heures, pour se donner l’impression d’être contenue, d’être comprise, d’être supportée, d’être favorisée face à n’importe quelle rousse de l’univers. Même si ladite rousse arborait un bonnet E, pratiquait le roller et portait excessivement bien le legging léopard (et les faux ongles pointus).  
Elle eut l’impression de pouvoir faire le poids, ailleurs que sur un court sur le bitume et la terre ferme, dans cette réalité un peu flippante qui suggérait que tout ne tournait pas qu’autour d’elle. Qu’il fallait qu’elle cesse de se comporter comme cette femme-enfant qu’elle avait mis en sourdine durant les vingt quatre premières années de sa vie pour s’inscrire dans un contexte manquant cruellement de légèreté, ravivée après la catastrophe de l’indian wells.
STOP. Lorsqu’il s’éloigna  et qu’elle leva les yeux vers lui – peut-être pour s’accrocher au bleu de ses iris comme à un appui infaillible- la chaleur communiquée ne la quitta pas, elle resta autour d’elle, l’enveloppant comme une seconde peau, comme s’il s’était évertué – s’engageant sur un terrain instable – à lui filer un peu de cette carapace qu’il avait arboré jusque là.
L’accolade comme un transfert de données, de biens, de cran. Le concierge avait disparu, ils n’étaient plus que deux, sur un pied d’égalité.
Quels avaient été ses mots ? Feedback émotionnel et  no filters, bien sûr. Pourtant, si elle était des deux la plus volubile, elle n’exprimait pas plus ses ressentis que celui qui avait fait de la taule. La joueuse songea au type de père que son coach ferait, s’il lui arrivait d’avoir des enfants, s’il serait comme Monty – un peu paumé mais réconfortant et solide- , s’il se comporterait différemment ? S’il serait gaga de sa progéniture, découvrant la paternité d’un œil affolé ? - Tu ne chercherais pas à adopter, à tout hasard ? Questionna-t-elle, arquant un sourcil avant d’observer le matériel déposé à quelques mètres d’eux, peu encline à en faire usage.  - Tu pourrais faire un père formidable – tout portait à croire le contraire mais Dillon avait l’instinct pour ces choses là, Monty disait qu’elle tenait cette faculté du côté de sa mère et elle n’avait jamais eu le coeur de lui dire qu’elle était loin d’avoir de l’instinct, autrement, peut-être aurait-elle fait de meilleurs choix ? - Tu sais, le Canada et ce qui s’est passé là-bas ? C’était parce que je suis pas très douée pour mener à bien mes entreprises toute seule. Le véhicule que j’ai acheté : un modèle électrique ecofriendly est tombé en panne sur une aire d’autoroute, alors que je visais La Vista. Et le reste, bien qu’appartenant aujourd’hui à l’histoire, n’est que le résultat d’un très mauvais concours de circonstances. Elle tenait à ce qu’il sache que jamais, jamais elle n’avait eu l’intention de tout foutre en l’air et qu’elle n’avait pas une seule fois perdu de vue ses objectifs. Leurs objectifs. - T’inquiète pas pour moi, Papa-Bear, sans même le savoir, tu as réparé pas mal de choses : ici fit-elle, désignant sa tête, mais également ici  - ajouta-t-elle, désignant cette fois-ci sa poitrine. Elle lui en était reconnaissante : qu'il ait accepté le défi, qu'il se soit laissé attendrir.
Maintenant, je crois que j’ai un coup de fil à passer. Merci, Zach. Elle s'éloignait déjà en direction de son sac. Hé, Zach ? Je pense que j'ai beaucoup de chance de t'avoir trouvé.
Et elle eut ce sourire mutin, elle se rendit compte à quel point ils avaient fait du chemin depuis leur premier jus de goyave.

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Message· · Sujet: Re: blame it on me (dillon) blame it on me (dillon) EmptyVen 26 Avr - 13:36

La question que lui posa Dillon le prit au dépourvu. La question des enfants était assez épineuse dans le couple Allen. Zach et Devan n’étaient pas d’accord sur ce point, et les années passaient pour lui sans jamais remettre en question la décision de sa femme. L’adoption était une option, mais pas aux yeux de sa femme. Devan avait ses raisons et il les comprenait, sauf que parfois, l’envie dépassait le respect des décisions des autres et il les remettait en question. Toutefois, il ne s’imaginait pas la perturber et la contrarier dans ses choix parce qu’il avait d’autres désirs. C’était le problème d’un couple avec une différence d’âge. Il sait que Carver parle d’elle quand elle lui suggère l’adoption, mais il pourrait tout juste être son grand-frère, ils n’ont pas tant d’écart que cela. Ca le fait gentiment sourire en tout cas, parce qu’il sent bien que la jeune femme a instauré un lien fort entre eux et que le temps passé à s’écharper juste pour le plaisir est terminé maintenant qu’ils sont tournés vers l’objectif de la demoiselle. Avec des hauts et des bas, évidemment. Mais il est persuadé qu’elle saura mettre de l’ordre dans sa vie. La petite blonde de la Vista a toujours cette façon particulière de l’attendrir et lui rappelle inévitablement sa petite sœur, Elizabeth. Autrefois, il passait le plus clair de son temps à essayer d’être un grand-frère exemplaire pour elle, l’encourageant dans tout ce qu’elle entreprenait, cédant à la plupart de ses caprices – et c’était parfois le ressenti qu’il avait avec Dillon. Il lui permettait des choses qu’il n’avait jamais permises aux joueurs de football de l’Université de Portland. « J’ai une petite sœur, des fois tu me la rappelles… » Qu’il se vit lui dire sans pour autant répondre à la question sur les enfants qui était peut-être plus complexe encore que celle douloureuse de ne plus jamais avoir eu de nouvelles de sa sœur à son entrée dans un pénitencier. Il hausse alors vaguement les épaules, histoire de banaliser ce sujet, et de passer à autre chose : « Je ne sais pas si j’aurais des enfants un jour. » Il ne précise ni s’il en veut ou s’il peut en avoir, il se contente de botter en touche, persuadé que Dillon comprendrait puisqu’il avait toujours respecté son silence à plusieurs de ses questions. Finalement, elle lui apporte des réponses sur ce qui s’est malencontreusement passé quelques jours auparavant. Il apprécie son honnêteté. Il l’écoute sans l’interrompre. Il veut bien croire à ce qu’elle lui raconte, mais il ne peut s’empêcher de réaliser que Dillon ne sait pas dire non et qu’elle cède très vite à la tentation sous la pression. Il tente de chercher un moyen pour que cela cesse, mais il ne peut pas non plus la changer en intégralité. Elle fait probablement déjà son possible. Mais comme elle le dit, si elle n’arrive pas à mener à bien ses entreprises, elle peut compter sur des personnes de confiance. Or, elle n’en a appelé aucune et surtout pas lui. Alors, il le lui rappelle, qu’il a beau n’être que son employé, il est là pour servir ses intérêts. « Je ne suis peut-être que ton coach, mais si tu m’avais appelé, je serais venu te chercher. » Dans sa vieille Buick, il aurait laissé en plan tout ce qu’il avait à faire. Elle est reconnaissante et s’il l’entend dans ses mots, dans sa voix, il le perçoit aussi dans son attitude. Ils en ont fait du chemin. Les meilleures équipes se rencontrent dans des moments opportuns, parfois les plus aberrants. Dillon est en passe de devenir une joueuse grandiose, il en est persuadé, mais également une personne d’exception. Tandis qu’elle souhaite passer un appel, probablement à son père, il acquiesce pour lui donner sa bénédiction et il lui avoue honnêtement : « T’es pas la seule à avoir eu de la chance. Je suis content de travailler pour toi. Allez file, va passer ton coup de fil, je vais ranger tout ça. » Il n’est pas de ceux qui vous gratifieront de beaucoup de compliments, de jolis mots résonnant comme un poème, mais Zachary est convaincu qu’en acceptant de bosser pour la joueuse de tennis, il a pris une bonne décision, voire la meilleure pour lui. Il la laisse partir, et entreprend de ranger un a un les plots disposés et rassemble son matériel qui n’aura servi que de décor à une séance encore plus importante pour le duo.
TOPIC TERMINE

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