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Tomas Varga

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Message· · Sujet: Things we all left unsaid. Things we all left unsaid. EmptySam 23 Mar - 16:37

Things we all left unsaid
@brandon rose.

Il posa les mains sur ses hanches et laissa sa tête tomber en arrière, le temps d’une longue expiration, le temps de vider complètement ses poumons. Il sentait son cœur amoché battre fort dans sa poitrine nue ; il fermait les yeux pour l’écouter, se laissant bercer par ses battements réguliers, par les pulsations des jugulaires dans son cou, qui se répétaient, synchrones, étourdissantes, dans ses oreilles. Chaque muscle de son corps brûlaient, chacun de ses muscles tiraillaient, mais Tomas appréciait cette douleur, émancipatrice, rédemptrice. Il aimait pousser son corps jusqu’à ses limites, et au-delà même, jusqu’à ne plus pouvoir, jusqu’à sentir les premières signes d’épuisement, jusqu’à ce que chaque respiration devienne la plus libératrice des sensations. Il avait un sourire sur le bout des lèvres, une satisfaction sur son visage ruisselant. Il leva les bras au-dessus de sa tête, faisant quelques pas sur la pointe des pieds pour amplifier les effets des étirements qu’il exécutait ; il fit tourner sa tête dans un mouvement circulaire, avant d’étirer ses quadriceps en attrapant chacune de ses jambes par l’arrière et coller ses pieds, l’un après l’autre, sur ses fesses. Un mécanisme huilé qu’il reproduisait après chaque séance, machinalement, comme un rituel.
Il était vidé, mais le vide qu’il ressentait était un vide bienfaisant, salutaire, un vide qu’il désirait par dessus tout ; ce vide était la raison pour laquelle Tomas s’était perdu dans les effets addictifs de l’exercice physique, depuis ces six dernières années, depuis son premier pas à Windmont Bay. Soulever aveuglément des poids, courir obstinément sur un tapis, passer de machines en machines pendant des heures, ou frapper dans des sacs suspendus … le sport était la seule façon qu’il avait pour vivre, pour sortir de sa tête, pour arracher l’anxiété qui s’accrochait à lui, pour tuer le temps. Ces séances interminables, ces séances quasi quotidiennes, la boxe, la musculation, tout n’était qu’un moyen de le soulager, de l’apaiser.
En s’épuisant ainsi, il oubliait que lui et sa mère étaient toujours au même stade, que lui et sa mère n’avaient pas avancé depuis qu’ils s’étaient installés ici. Il oubliait que la confiance qui avait pu exister entre lui et sa mère était perdu, probablement à jamais. Il oubliait à quel point il avait été naïf de croire que sa mère croyait en sa guérison, que sa mère croyait sincèrement qu’il était sauvé des démons de ses anciennes addictions, celles qui avaient pollué son sang et ses sens, celles qui venaient sous forme de petites cailloux jaunâtre, à l’apparence inoffensive. En s’entraînant, il oubliait qu’il avait envoyé sa grand-mère à l’hôpital. Il se libérait de toutes ces images négatives et des souvenirs d’une autre époque pouvaient alors ressurgir : cette maison, baignée dans le soleil, une partie de base-ball avec son frère dans le jardin, Liam qui dit à son petit-frère de continuer à jouer, même avec les genoux tout ensanglantés après une vulgaire chute ; un ciel bleu infini ; sa mère, une cigarette entre les doigts, le visage illuminé par un fou rire ; la chaleur sur sa peau et l’espoir plein la tête. Ce qu’il voyait, les endroits qu’il visitait à nouveau, ce qu’il ressentait n’était pas très différent des effets du crack. Le crack le faisait rêver. Plus il en prenait, plus il rêvait. Plus il rêvait, plus il voulait continuer à prendre du crack, malgré l’épuisement, malgré le cœur qui palpite, malgré la brûlure dans ses poumons. Plus il prenait du crack et plus il ne voyait qu’un homme dans sa vie, le seul dont il avait besoin. Chaque inhalation avait creusé le fossé entre lui et sa mère, entre lui et son frère, entre lui et lui-même. Faire du sport l’aidait à oublier que le crack lui manquait. Quelquefois.
Il tendit les mains jusqu’à attraper la pointe de ses pieds, faisant courir ses doigts le long de ses jambes tendues jusqu’à atteindre l’objectif visé. En règle général, il était toujours le premier à arriver, ou le dernier à partir, ou les deux. C’était ici que quiconque prétendait le connaître et était à sa recherche se devait de venir en premier.
Ce soir-là, il n’y avait que lui et un autre garçon. Un garçon qu’il avait vu venir un peu plus souvent, ces derniers temps. Un garçon avait qui il avait déjà échangé quelques mots. Il s’en approcha et contourna le banc sur lequel le garçon était couché, plongeant les mains dans les poches de son short, s’armant d’un sourire qu’il voulait amical, mais qui pouvait très bien ressembler à une grimace tellement être amical n’était plus un concept très familier.
— Comment ça va, aujourd’hui ?, dit-il en s’intéressant aux poids des haltères accrochés à la barre que Bran tenait entre ses mains.

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Brandon Rose

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Message· · Sujet: Re: Things we all left unsaid. Things we all left unsaid. EmptyDim 19 Mai - 17:37

La vie redevenait douce.
Pas tout à fait comme avant - parce que rien ne serait jamais comme avant, Bran le savait, dans sa chair - mais différemment. Il ne se levait plus la tête dans le brouillard et le coeur au bord des lèvres. Il avait la force de s’extirper de ses draps le matin. Il ne pleurait plus seul la nuit. Oh, il pleurait toujours mais les bras de Jax étaient là pour le protéger. Il respirait à nouveau l’odeur du garçon qu’il aimait. Sa peau se frottait à nouveau à la sienne. Il s’endormait à nouveau dans ses bras. Et même si son retour demandait quelques réajustement, ça n’avait pas d’importance. Il était là où il devait être. Home.
Reprendre le chemin de son existence l’avait fait revenir à la salle de sport. Habitué à celle d’Edgewater, s’habituer à celle de Windmont, plus modeste. Grand seigneur, Bran avait décidé qu’il pouvait faire l’impasse sur les serviettes en coton bio et l’absence de bouteilles d’eau Fiji tant qu’il pouvait avoir l’impression, pendant quelques heures, de revenir aux sources. Il avait été toujours été bon, à la salle. Pousser de la fonte, courir pendant des heures avec l’esprit vide et la sensation du devoir accompli, ça lui plaisait. Il avait l’impression que ça remettait tout en place à l’intérieur de lui alors que quelques mois plus tôt, une tornade avait balayé son intérieur. A chaque poids qu’il rajoutait sur l’haltère, à chaque kilomètre artificiel avalé, il reprenait le contrôle de ce corps qui lui avait été arraché par des mains sales et mal intentionnées. Et peu à peu, avec les mains de Jax et les siennes, il se remodelait une identité, une chair.
Une chair qui, à cette seconde, était au supplice. Allongé sur un banc de presse, les yeux fixés sur le plafond, Bran regrettait amèrement les vingt-cinq kilos qu’il avait ajoutés à son haltère. Autrefois, un poids pareil aurait été un jeu d’enfant ; aujourd’hui, il souffrait à chaque poussée mais il serrait les dents et continuait. Il n’y avait qu’en se dépassant qu’il pourrait mettre ce qui s’était passé derrière lui. Courir plus vite. Repousser plus fort. C’était ce qu’il voulait. Qu’importe les cheveux qui collaient à ses tempes, la sueur qui lui brûlait les yeux et la brûlure de ses biceps. Chaque cellule semblait lui supplier d’arrêter et pourtant, il persistait, obstiné, insensible à la supplique de son corps. Concentré, il n’entendit même pas que quelqu’un arrivait derrière lui. En revanche, il ne put ignorer la question qu’on lui posait - s’il y avait bien une chose qui n’avait pas changé chez Bran, c’était cette faculté à transformer n’importe quelle interaction en preuve évidente de sa supériorité (fictive ou avérée). « Pas trop mal. » répondit-il, le regard toujours fixé sur le plafond. Ses tempes bourdonnaient et la sueur lui coulait le long du dos. Il jeta un coup d’oeil furtif au garçon qui s’était approché ; ce fut son erreur et tout à coup, ses bras lâchèrent. L’haltère lui retomba dessus, stoppée à la dernière minute par le barre de sécurité. « Et merde ! » Si proche du but… Bran poussa un profond soupir et ferma les yeux, ramenant ses mains sur son visage pour masquer sa frustration. Il voulait se dire qu’il allait y arriver, que ce n’était pas grave de ne pas y arriver du premier coup mais c’était aussi loin que possible de qui il était et un grognement lui échappa. Il écarta les doigts et rouvrit les yeux. Derrière le masque, il observa le visage du garçon qui était toujours là et poussa un profond soupir. « Ugh. Ok, j’ai eu de meilleurs jours. » admit-il en se redressant lentement. Son maillot était trempé de sueur et son short collait à ses cuisses comme s’il s’était versé un seau d’eau dessus. L’autre n’avait pas vraiment l’air en meilleur état que lui. Bran mit quelques secondes à le reconnaître : c’était ce garçon qui semblait être toujours là quand il arrivait et qui repartait toujours après lui, qu’importe le jour. Ce mec aurait pu lui arracher la tête avec une main, nota-t-il, impressionné. Un sourire espiègle lui étira la bouche : rien que pour embêter Jax, il se promettait de mentionner les muscles de cet inconnu. « Je te pose pas la question, je sais que t’as pas ce genre de problèmes. » lança Bran dans le même temps qu’il enlevait son débardeur pour s’éponger le front avec.

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Message· · Sujet: Re: Things we all left unsaid. Things we all left unsaid. EmptyMar 18 Juin - 17:34

Il voyait bien que le garçon peinait à soulever les poids.
Tomas le regardait d’un air amusé, un sourire discret naissant sur ses deux lèvres, alors que, d’un coup d’œil, il compta vingt-cinq kilogrammes de fonte sur l’haltère que le garçon tenait entre ses mains. Il testait ses limites, ou il tentait de les repousser, il ne savait pas très bien ce que Bran – c’était par ce prénom qu’il l’avait entendu se présenter, il y a quelques jours – essayait de se prouver, ou de prouver aux personnes autour de lui. Peut-être qu’il avait simplement sur-estimé ses capacités, et qu’il subissait les conséquences de son erreur de jugement. Tomas s’en fichait bien ; ce qu’il gardait de la scène qui se déroulait sous ses yeux, c’était la détermination qu’il lisait sur le visage du garçon, cette même détermination qui l’avait mené jusqu’ici et sans laquelle il n’aurait certainement pas réussi à sortir des abysses dans lesquelles il s’était perdu. Soulever avec obstination des poids, courir aveuglément sur un tapis, s’épuiser contre un sac de frappe... le sport l’avait aidé à se libérer de ses addictions. Le sport l’avait aidé à se transformer, à se métamorphoser, à devenir quelqu’un qu’il ne reconnaissait pas dans un miroir, lui qui n’avait jamais été qu’un grand gamin maigrichon. Il avait changé, depuis ces dernières années, et cela lui apportait un semblant de réconfort. Il était fier. Il pensait toujours, quelques fois, que tout ce travail était vain, que changer physiquement n’allait pas l’aider à tourner complètement la page. Que modeler son corps était inutile. Que toute cette sueur versée n’avait été qu’une stupide lubie. Que tout ça n’avait été que du temps perdu. Il continuait toujours à penser ces choses, même s’il commençait à calmer ces voix parasites, qu’il ne pourra jamais taire éternellement. Dans son regard, il voyait toujours le Tomas d’avant, celui qu’il voulait oublier, mais qui continuera toujours à le suivre comme son ombre.
Il haussa un sourcil lorsqu’il lui répondit que tout allait bien ; tout allait bien, en apparence, mais Tomas observait le langage de son corps, ses bras qui tremblaient d’une façon presque imperceptible, la sueur qui perlait sur son front, la mâchoire serrée qui soulignait le visage du garçon. Il continua à le regarder, toujours d’un air amusé subtilement dissimulé – ses yeux devaient certainement le trahir, mais cela n’avait aucune importance. Il fit un pas en avant lorsqu’il vit les bras du garçon flancher, jetant sa serviette sur son épaule et se préparant à rattraper l’haltère, qui fut finalement retenue par la barre de sécurité. Puis il se mit à sourire franchement lorsque le garçon soupira longuement et avoua son échec, avant de secouer la tête lorsqu’il lui dit que lui n’avait jamais ces problèmes.
– Ça arrive à tout le monde. Ça m’arrive aussi, dit-il en le regardant ôter son débardeur et l’utiliser comme serviette pour éponger son visage. Il l’observa quelques secondes. T’as pas tant de boulot à faire. Enfin, c’est clairement pas la première fois que tu t’entraînes. Ça faisait longtemps que t’avais arrêté ? Il ne lui avait suffi que d’un regard pour en arriver à cette conclusion.
Il recula de quelques pas pour récupérer le reste de ses affaires qu’il avait laissées derrière lui. Il jeta un œil à l’heure, puis balaya la salle du regard : il n’y avait plus que lui et Bran. La seconde partie de sa journée pouvait commencer.
– Bouge pas, dit-il d’un air détaché, en se dirigeant lentement vers les vestiaires, revenant quelques minutes après, un balai sous le bras, un chiffon dans la main droite, un vaporisateur dans l’autre. Maintenant que tout le monde était parti, son job était de nettoyer les machines et de faire disparaître toute trace de sueur.
– Tu peux rester encore un peu, si tu veux. Ça me fera de la compagnie,, dit-il dans un demi-sourire. L’arrangement avec le boss était simple : il pouvait passer autant de temps qu’il voulait sur les machines, sans payer un dollar, à condition que la salle soit impeccable le lendemain matin. Ce n’était pas toujours un travail agréable, mais ça lui permettait de s’occuper et de se vider la tête.

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Message· · Sujet: Re: Things we all left unsaid. Things we all left unsaid. EmptyMar 23 Juil - 3:12

Les vieux réflexes revenaient au galop. Il avait oublié à quel point les choses pouvaient être faciles quand on n’avait pas la tête dans la brouillard et le coeur en dérive, et Bran se glissait à nouveau dans la peau du garçon d’airain, sans peur et sans reproche. C’était facile de briller et s’il avait capté son reflet dans le miroir à cet instant précis, il aurait presque pu jurer avoir vu un fantôme, celui de Brandon Rose un an plus tôt, invincible, scintillant, la peau nacrée et les prunelles couleur mer tropicale. Mais son regard avait changé - et la façon dont il regardait la vie, aussi. Il y a un an, Brandon Rose n’aurait pas adressé un regard à ce garçon et son short de seconde main visiblement rescapé d’une âpre bataille contre le programme de lavage à l’eau froide. Bran, juste Bran, était un peu différent. (Mais il restait intraitable : salle ou pas, il fallait avoir du style et clairement, il ne fallait pas trop en demander aux gym bros de Windmont Bay.)
N’empêche qu’il observait ce garçon du coin de l’oeil depuis quelques temps maintenant et Bran lui trouvait une allure curieuse. Un peu comme si une ombre avait pris des couleurs. Il était discret mais étrangement remarquable et la curiosité de Bran prenait le pas sur sa fierté de s’être ridiculisé devant l’inconnu. Si on y réfléchissait bien, c’était d’ailleurs la faute de garçon s’il avait raté ses dernières flexions et de ce fait, il lui devait bien une petite séance de décorticage en bonne et due forme. Quand bien même pour le moment, c’était plutôt l’athlète mystérieux qui prenait les devants, livrant par la même occasion une analyse (trop) pertinente des performances de Bran qui croisa les bras sur son torse encore humide. Lui aussi, il pouvait rouler des mécaniques. « Cinq mois. Mais je vais tout regagner, tu vas voir. » annonça-t-il, la nuque bien droite, alors qu’on ne lui avait rien demandé. Il allait voir, ils allaient tous voir, il leur prouverait à tous qu’il pouvait les faire, ses cinquante push-up d’affilée et tout ça avec le sourire.
Sans que Bran ne s’en soit aperçu, la salle s’était vidée et il ne restait plus qu’eux au milieu des machines encore fumantes de testostérone et de sueur. Avec un autre garçon, un tas d’idées lui serait venu en tête, certaines plus praticables (logistiquement, physiquement) que d’autres mais Bran se força à ne pas sortir son portable. Jax était sur la route, l’absence était déjà difficile, leur dynamique encore trop électrique, trop à vif après son absence pour se risquer à rouvrir les plaies, à provoquer une faim dévorante quand ils étaient au régime sec tous les deux. Il se concentra - malgré tout ce qu’il lui coûtait de ne pas savourer la réaction de Jax s’il recevait une photo de lui torse nu en short de sport - plutôt sur l’inconnu et s’installa sur un banc de presse lorsqu’il lui adjoignit de ne pas bouger. « Ça risque pas. » le rassura Bran. Non seulement ses jambes n’étaient plus capables de le porter nulle part, mais loin de lui l’idée de toucher quoi que ce soit dans cette salle. Thank you, next. Pourtant, il se demandait bien ce que le garçon pouvait aller fouiller du côté des vestiaires et ne le lâcha pas du regard, curieux, tandis qu’il étendait son tee-shirt bien à plat sur ses genoux pour le faire sécher.
L’autre revint presque aussi vite qu’il était parti, chargé comme une mule. Bran haussa un sourcil circonspect et se laissa légèrement aller en arrière, les mains enfoncées sur la surface collante du banc de presse. Si le garçon comptait sur lui pour nettoyer, il se fourrait le doigt dans l’oeil. « C’était ton plan depuis le début ? Me recruter pour la basse besogne ? » lâcha-t-il. Et au même moment, oui, au moment exact où les mots quittaient sa bouche, Bran en réalisa la bêtise. Il considéra le garçon en face de lui, sa peau plus foncée et l’identité lointaine qui se lisait en filigrane sur les traits de son visage, puis il se considéra, lui, blond, les yeux bleus dont parlaient toutes les chansons et tous les romans, la couleur de sa propre peau. C’était peut-être passé inaperçu aux yeux de l’autre, peut-être pas : dans tous les cas, Bran se sentit idiot. « Enfin, je ne voulais pas dire que… Enfin, je ne pensais pas… » balbutia-t-il. Mais ça ne servait à rien. Il n’avait rien à dire pour sa défense ; même Brandon Rose savait lorsqu’il fallait battre en retraite et admettre qu’on avait été un crétin indélicat. « Les cinq mois de pause ont clairement contribué à l’oxydation de mes neurones. » concéda le garçon en se relevant, une jambe après l’autre, lentement. « Je n’ai jamais fait le ménage de ma vie, d’accord ? Je ne sais même pas à quoi ça sert. » confessa-t-il, boudeur, en désignant le vaporisateur dans la main de l’inconnu. Puis dans l’extension naturelle de son geste, il ouvrit la main pour récupérer l’un des trois ustensiles, tel un personnage de roman devant un choix cornélien.

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