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 an echo lost in space

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Chad Siringo

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Message· · Sujet: an echo lost in space an echo lost in space EmptyJeu 28 Mar - 15:40

KELLEY + CHAD
@Kelley Larkin

Il avait ramassé les petits morceaux de roche tout le long du chemin entre chez lui et la falaise. Il ne les avait pas choisis minutieusement mais plutôt au fil du hasard, de l’attrait d’une couleur ou d’une texture. Il en avait éprouvé la douceur ou la rugosité et avait fait mine de les nettoyer avec la pulpe de son pouce. Au fil des kilomètres, il avait senti ses muscles se réchauffer et sa paume recueillir toujours plus de trésors ridicules. Le temps qu’il arrive à l’endroit où il avait vu Caleb vivant pour la dernière fois, sa jambe l’élançait et son cœur lui pesait.
Chad n’était pas revenu ici depuis ce soir-là. Il ne savait pas trop à quoi il s’était attendu, à ce que quelque chose ait changé au moins, un détail qui trahirait que le monde se souvenait qu’une vie s’était éteinte à cet endroit. Il chercha des fleurs, une quelconque trace de deuil et finit par trouver un triste bouquet dont les fleurs pendaient misérablement. Le jeune Siringo se demanda à quand remontait le dernier passage d’une personne qui avait connu Caleb et qui était cette personne. Peut-être Rufus. Peut-être l’un de ses frères. Mais l’offrande chagrinée n’était pas l’œuvre de Rufus.
Parce que Rufus aurait su où la placer.
Alors le jeune homme paria pour Cody ou Cash. Il imaginait mal les jumeaux s’être amusés à confectionner un bouquet à partir de fleurs sauvages. Un fin sourire écorna les lèvres de Chad qui baissa les yeux sur sa main ouverte. Lui, il n’apportait que des cailloux, c’était encore plus pathétique. Il se laissa glisser sur une pierre plate, non loin de l’extrémité de la falaise, et il compta les bijoux rocailleux. Vingt-deux. Pour les vingt-deux années pendant lesquelles Caleb avait fait partie de leur clan. Il songea distraitement qu’il aurait dû en prendre une dernière. Il ne savait jamais s’il fallait compter avec l’âge ou s’il fallait ajouter une année en plus pour celle qui avait été entamée. Qu’est-ce que ça changeait ? Rien. Au final, son frère était toujours mort et il ne lui manquait pas moins.
Une à une, Chad lança ses trouvailles en direction de l’horizon. Elles iraient s’écraser dans l’eau ou atterriraient quelque part sur un sol dur, parmi leurs semblables. Il ne préféra pas se demander s’il restait quelque chose de Caleb là en bas. Arrivé au dernier éclat de roche, le jeune homme le contempla plus longuement puis il répéta son geste dérisoire.
Le ciel commençait à s’assombrir mais Chad n’esquissa pas le moindre geste pour s’en aller et, à la place, il alluma une cigarette qu’il fuma lentement, en expulsant la fumée vers le haut, vers le ciel qui virait aux tons chauds avant que ceux-ci ne soient engloutis par une teinte plus froide, plus obscure et il fallut que le froid de ce début de printemps vienne l’assaillir pour que Chad se décide enfin à quitter son poste. Il se redressa comme un vieil homme courbaturé, l’air glacial lui ayant raidi les membres, et entreprit de faire la route en sens inverse.
Il n’avait toutefois pas envie de retrouver le chaos chez lui, ni d’aller au Mickey’s Dinner – depuis qu’il y travaillait, l’endroit avait beaucoup perdu de son attrait. Le choix à Windmont Bay étant beaucoup plus restreint que dans une ville comme Portland ou les autres endroits où Chad avait erré ces derniers mois, le jeune homme se dirigea instinctivement vers le Good times at Davey’s. Il aurait sans doute pu aller voir du côté du Majestic mais il n’avait pas envie d’en faire une habitude. Ça n’était pas vraiment dans ses prix, sur le long terme, et puis ce n’était pas parce que Rufus y travaillait qu’il devait s’y réfugier constamment. Alors Chad descendit la rue principale et s’approcha de l’entrée du bar ancestral, en se disant qu’à cette heure-ci, l’endroit serait plutôt calme.
Toutefois, alors qu’il s’apprêtait à pousser la lourde porte pour retrouver la chaleur réconfortante des lieux, Chad entraperçut une silhouette et si, au premier regard, il ne lui semblait pas reconnaitre l’autre, un second coup d’œil le laissa perplexe puis interloqué. Une certaine gêne l’envahit mais sachant qu’il ne pouvait plus faire comme s’il ne l’avait pas vu, Chad s’écarta du seuil du Davey’s et dévisagea Kelley :
- J’ai une étrange sensation de déjà vu…, dit-il sur un ton qui se voulait drôle mais qui manqua sans doute son but. Tu ne m’as pas suivi, au moins ?
Il laissa un léger rictus lui tordre la bouche et il tendit la main pour saluer le jeune Larkin.

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Kelley Larkin

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Message· · Sujet: Re: an echo lost in space an echo lost in space EmptyJeu 18 Avr - 15:14

Il avait l'esprit occupé, sans même savoir à quoi il pouvait l'être réellement. Après un court passage à New York dans le cadre de son travail, Kelley était revenu depuis quelques heures dans sa ville d'adoption, mais qu'il ne pouvait imaginer n'être que temporaire. Plus il passait du temps ici, plus toute sa personne semblait vouloir lui crier qu'il appartenait à Londres bien plus qu'à Windmont Bay. C'était peut-être une passade. Une phase, quelque chose comme ça, il n'en savait trop rien. Mais son moral n'était plus au beau fixe comme il avait pu l'être ces derniers temps, et Larkin ne parvenait pas à mettre la main sur la raison de cette baisse, ni à réellement comprendre quand est-ce qu'elle avait commencé sa descente dans son esprit. Ça n'était pas une question de fatigue ; sur ce point, il s'en sortait plutôt bien et n'avait pas à se plaindre. Ça n'était pas non plus une surcharge de travail : il avait toujours su gérer ce qu'il avait à faire, possédant un calme quasi total quand il était question de professionnalisme et autres histoires du genre. Mais quelque chose n'allait pas, pourtant. Sa vie personnelle... si elle n'était pas parfaite (elle ne l'était jamais, mais il n'en voulait pas ainsi, pensant sincèrement que l'ennui aurait pu le prendre à la gorge bien plus rapidement qu'il n'en aurait fallu pour le dire alors), il n'avait pas à s'en plaindre non plus. Ils ne s'étaient pas promis monts et merveilles, avec Dulce. Simplement un peu de bon temps et, du moins dans l'esprit de Kelley, l'opportunité de faire confiance à quelqu'un tout en étant sur la même longueur d'onde. Ils avaient laissé tomber l'amitié pure et dure pour se lancer dans une autre aventure tous les deux, et il avait eu le sentiment qu'il ne pouvait pas se tromper réellement en faisant ça : ils se connaissaient suffisamment pour aborder ça d'une manière confiante, et Kelley avait appris à ne pas se fier aux remarques qu'on pouvait lui faire à l'idée qu'il fréquentait une femme de quinze ans son aînée. Évidemment, ça ne convenait pas à tout le monde, et plusieurs personnes avaient réussi à trouver un moyen de le lui dire. Mais son insouciance par rapport à ça avait commencé à se faire la malle quelques jours plus tôt, et peut-être était-ce là la raison de cette baisse de moral dont il faisait preuve : le message d'Avery avant qu'elle ne parte en Californie avait réussi à provoquer chez lui plus qu'un simple froncement de sourcils, et faire naître quelques questionnements qui avaient pris en ampleur depuis qu'il était revenu ici, et que son mental n'était plus totalement concentré sur la mission qui l'avait envoyé à l'autre bout du pays. Malgré le voyage de près de cinq heures pour revenir ici, Kelley ne se posa pas à la maison de Raphaël à son retour. Il y laissa simplement sa valise, sans vraiment prendre la peine de retirer sa veste une fois arrivé, et se dirigea vers l'unique bar de la ville, poussé par l'envie de boire un verre malgré sa solitude. Dans un soupir, il se laissa tomber au comptoir et commanda un verre, qu'il porta à ses lèvres à peine fut-il arrivé face à lui, sa carte bleue tendue vers le barman pour lui laisser l'opportunité d'encaisser. Il soupira. Le léger goût de caramel dans son whisky n'apaisa pas grand-chose, pas plus que la brûlure de l'alcool qu'il sentit glisser le long de sa gorge et jusque dans son œsophage, et Kelley laissa simplement son regard glissé sur l'endroit. Quelques minutes seulement furent nécessaires avant qu'il ne finisse par se mêler à une conversation qui attira son attention, se lançant dans un débat qui paraissait déjà sans fin avec des gens dont il ne connaissait rien, mais ça n'importait pas vraiment. Il perdit rapidement le fil du temps qui s'écoula, et finalement, le besoin de fumer une cigarette se fit plus fort que l'envie de continuer le débat qui avait depuis bien longtemps vrillé d'un point à un autre. Kelley attrapa son paquet, soupira et s'excusa auprès de ses comparses d'un soir, puis se dirigea vers la porte du bar, où il croisa un regard qui ne lui semblait pas tout à fait inconnu, mais sur lequel il ne parvint pas à remettre un nom ou un souvenir dans les premières secondes. Le garçon le repéra aussi, et à la façon dont son expression changea, Kelley su qu'ils se connaissaient vraiment. Fronçant légèrement les sourcils, il lui fallut une brève poignée de secondes avant de réaliser, et de se rappeler. Leur rencontre, leurs discussions, le déroulement de la soirée qu'ils avaient passée ensemble. Kelley pinça légèrement des lèvres, ne sachant pas vraiment comment il était censé réagir face à lui. Il s'arrêta pourtant à son niveau et, baissant les yeux vers la main qu'il lui tendait, il afficha un demi rictus en entourant ses doigts des siens. « C'est peut-être un coup du destin. » Sourcil arqué, il lui lançant un regard en biais et relâcha sa main pour montrer son paquet de cigarettes. « T'en veux une ? » Aussi étrange était le fait de retomber sur Chad ici, quand il pensait qu'il ne le reverrait plus après leur temps passé ensemble, Kelley ne voulait pas faire l'impoli. Et, poussé par une curiosité qui parvint à surplomber la gêne qu'il ressentait, il voulait tenter de comprendre pourquoi, destin ou non, ils s'étaient retrouvés encore une fois au détour d'un bar.

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Chad Siringo

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Message· · Sujet: Re: an echo lost in space an echo lost in space EmptyVen 26 Avr - 22:14

Une image floue lui revint. Un bar, pas très différent du Davey’s, parqué sur le bord d’une route, quelque part. Un endroit bourré d’inconnus, de gars aux gros bras, de nanas aux styles très prononcés – presque des clichés, aurait dit Chad, si le quartier où il avait grandi n’avait pas précisément recelé de ces personnages haut en couleurs qui, à défaut d’avoir de l’argent à dépenser, trouvaient d’autres moyens de se fringuer et de se nourrir. Un lieu où il n’était dès lors pas dépaysé, se souvenait-il avoir songé en poussant la porte de l’enseigne. Une bicoque anonyme où personne ne saurait le chagrin qu’il portait sur ses épaules, ni la culpabilité qui lui courbait le dos à l’idée d’avoir abandonné sa fratrie (et Rufus) dans son sillage. Sans prévenir. Sans leur dire au revoir, ni où il allait, ni pour combien de temps. Lui-même ne l’avait pas su à l’époque. Tout ce qu’il avait senti au fond de ses os, c’était qu’il devait mettre les voiles, partir, peu importe où pourvu qu’il n’ait pas à revoir des coins familiers où la mémoire se rappellerait à lui. Or, à Windmont Bay, tout lui rappelait Caleb.
Fuir ne lui avait cependant pas permis d’oublier son frère, ni d’en faire le deuil plus aisément. Loin des siens, loin de son meilleur ami, il s’était senti isolé, démuni, oppressé par le poids qui pressait ses côtes et son coeur. Tout était de sa faute, avait-il ressassé, un verre après l’autre, une nuit après l’autre. Seule la décoration variait – et encore, à peine – ainsi que les protagonistes de la scène qui évoluaient autour de lui comme des silhouettes indistinctes, des voix inintelligibles. Il s’était contenté d’acquiescer à la bouteille qui suggérait qu’on lui remplisse son verre, de hocher la tête à la claque compatissante qu’on lui assénait sur l’omoplate pour lui signifier qu’il était peut-être temps de rentrer, de la secouer quand on lui proposait d’appeler un taxi. Ça allait, il n’était jamais loin de l’endroit où il échouait, avait-il assuré à chaque fois – et il ne mentait pas, il n’aurait pas eu la force de chercher à des kilomètres à la ronde un endroit où se réfugier.
Et puis au milieu de la masse mouvante, un visage s’était dessiné plus nettement.
Un coup du destin, suggéra Kelley, ce qui fit sourire Chad, qui ne croyait aucunement à une telle notion. On ne pouvait s’y raccrocher que lorsqu’on était chanceux, que les autres n’avaient rien à vous envier ou qu’un bonheur incandescent venait réchauffer votre coeur. Or, la chance n’avait jamais semblé être du côté des Siringo et ils étaient plutôt ceux qui avaient à envier le reste du monde. Quant au bonheur, existait-il seulement encore lorsqu’on vous arrachait l’un de vos frères, un garçon parti trop tôt pour qui vous éprouviez un amour fraternel infini ? Chad ne pouvait croire que le destin s’acharne autant sur sa famille. Et pourtant. À part Candace, qui semblait en bonne voie de ne pas répéter les erreurs de leurs parents, lequel d’entre eux pouvait-il espérer changer complètement de vie ? Mais Chad n’aspirait pas à changer de vie. Il voulait juste qu’on lui rende Caleb. Et ce triste souhait, malheureusement, personne ne pouvait l’exaucer.
- Je veux bien, ouais..., accepta Chad, même s’il avait davantage envie de boire et qu’il en avait fumé une là-haut, près de l’endroit où il avait perdu une partie de son âme.
Le jeune Siringo prit une cigarette et la glissa entre ses lèvres avant de l’allumer en approchant d'une main tremblante son briquet. Il le tendit ensuite à Kelley, bien conscient que le jeune homme en avait sûrement un, puis s’adossa au mur rugueux et froid du bar.
- Rassure-moi : je ne suis pas fou, tu n’es pas du coin, n’est-ce pas ? J’ai grandi ici et je crois connaître à peu près tout le monde, au moins de vue.
Il tenta bien de se rappeler quelque confession du soir où ils s’étaient rencontrés mais l’abus de l’alcool de ce soir-là ne l’aidait pas vraiment à faire le tri. Certains aspects étaient plus vifs que d’autres. Et, surtout, Chad le savait : s’il avait su qu’il risquait de revoir Kelley ailleurs, il ne se serait sûrement pas laissé aller à certains débordements. C’était l’attrait de l’inconnu d’un bar, voué à s’effacer dans la nébulosité de son esprit imbibé qui l’avait incité à déverser son âme sur le comptoir. À présent, Chad regrettait d’avoir été si faible, si prompt à parler de choses qui lui hantaient le coeur. Aussi observa-t-il un instant le jeune Larkin, les yeux légèrement plissés, essayant de lire la moindre réminiscence dans son regard. En vain. Il ne connaissait pas ce gars, comment pouvait-il espérer entrevoir quoi que ce soit ?
- Je ne garde qu’un très vague souvenir de ce soir-là. J’étais bien… pété, dit-il, comme pour jauger la réaction de Kelley, avant de tirer une bouffée de cigarette. J’espère que je n’ai pas été trop lourd...
A nouveau, un sourire creux vint ourler ses lèvres, entre sarcasme et malaise.
- Je crois que je te dois quelques bières, aussi, ajouta-t-il sur le ton de la plaisanterie.
À coup sûr, vu ses poches percées, il avait dû boire quelques pintes sur le dos de son compagnon d’un soir. Et comme pour prouver qu’il était prêt à éponger sa dette, Chad sortit quelques billets froissés de sa poche et compta la somme – il était, évidemment, loin d’être riche, il ne fallait pas se leurrer, mais sa première paie venait de tomber et il avait de quoi payer un verre ou deux à Kelley.
Si seulement celui-ci désirait passer un moment avec lui.
Après tout, la première expérience l’avait peut-être dissuadé de s’embarrasser de la présence d’un Siringo. Ça n’aurait pas surpris Chad et, en vérité, il n’en aurait pas voulu au jeune homme de chercher une échappatoire.

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Message· · Sujet: Re: an echo lost in space an echo lost in space EmptyVen 3 Mai - 17:16

Il se rappelait de lui. Pas nécessairement bien, pas nécessairement sans mal non plus, mais le souvenir était là malgré tout, quelque part dans un recoin de sa mémoire, flouté par l'alcool qui lui embrumait les capacités cognitives. Dans un coin paumé mais pas si loin d'ici, au détour d'un motel et d'un bar, ils avaient partagé pintes et confessions dont il n'était pas spécialement fier, ayant balancé ses états d'âme et autres questionnements sur le bois du comptoir dans une facilité qui ne lui ressemblait pas et largement aidée par les effluves enivrés qui les entouraient. Ah, cette soirée n'était pas restée dans les annales de sa mémoire, disparaissant peu à peu pour le laisser, le lendemain, seul avec son mal de crâne et les questions qu'il s'était posé, à tenter de reconstruire entre souvenirs et moments rêvés la conversation qu'ils avaient tenue la veille. En vain. Kelley n'avait jamais réussi à replacer tout ce qu'ils s'étaient dit, encore moins à savoir comment il était atterri sans égratignure dans la chambre du motel où il avait trouvé refuge pendant ses quelques jours de perdition. Des choses et d'autres l'avaient poussé, comme ce soir, à vouloir s'éloigner un peu et se noyer partiellement dans l'oubli. Il avait décidé de prendre sa voiture et de rouler, d'aller faire un tour sur des routes dont il n'était pas familier – la conduite à droite, par exemple, était, pour lui, une idée de merde –, jusqu'à atterrir dans ce coin dont il n'était même pas certain du nom, pas plus qu'il ne l'était de l'emplacement en repartant. Et, dans son désespoir passager et accentué par les verres qu'il avait enchaînés et levés à la santé de qui voulait prendre son toast, il avait trouvé un compagnon de déroute dont il redécouvrait les traits avec une précision que l'ivresse n'était pas (encore) venue mettre à mal. Chad Siringo. Il se rappelait de son nom maintenant que le garçon était face à lui, se rappelait aussi qu'il était un peu plus jeune que lui, et pour le reste de la conversation, il se demandait si ce qui lui revenait en mémoire était un fait avéré ou juste les perditions de son esprit décomposé par l'abus d'alcool, qui tentait de ne reformer plus qu'un avec lui-même ; en vain, encore une fois. Désignant l'extérieur d'un signe de tête après qu'il ait accepté de partager une cigarette avec lui, Kelley laissa son dos s'écrouler contre le mur du bar, glissa entre ses lèvres l'une de ses sèches et montra à ce compagnon retrouvé le briquet qui glissait entre ses doigts lorsqu'il lui proposa le sien, le remerciant malgré tout d'un mouvement de menton. La roulette craqua sous son pouce et, la flamme vacillante au bout de la cigarette, il inspira profondément, la petite voix d'Avery lui soufflant à l'esprit plus qu'à l'oreille qu'il était vraiment temps qu'il arrête de fumer. D'une pichenette mentale, il l'envoya dans un coin de sa tête et enfuma cette idée d'une nouvelle taffe, avalée avec profondeur avant d'être recrachée de plus belle. Un sourire au coin des lèvres à la question qui lui était posée, Kelley haussa distraitement des épaules. « Born and raised, ma vie tout entière s'est déroulée sur les pavés de cette ville. » Si son accent ne trahissait pas suffisamment sa taquinerie, les souvenirs de la soirée le feraient peut-être : il se rappelait avoir confié à Chad, comme un secret qui n'en était pourtant pas un du tout, que son cœur appartenait à Londres, à l'Angleterre, et que son passage aux États-Unis n'était rien d'autre, à ses yeux, qu'une étape parmi tant d'autres sur son chemin. Roulant légèrement des pupilles, il secoua un peu la tête. « Je suis là depuis quelques semaines. Mois, à tout casser. Rassuré quant à ta sanité ? » Il jeta un regard en biais au garçon, sans se défaire de ce même sourire qu'il arborait jusque-là. Ça n'était pas un échange parfaitement simple et naturel. Quelque chose traînait dans l'air et il se disait que Chad aussi le ressentait, probablement. Comment était-on censé réagir face à quelqu'un à qui on avait exposé une si grande partie de nous dans l'optique de plus le recroiser ? Parce que là était la condition muette à leur échange, comme un accord tacite passé parce qu'ils en avaient tous les deux besoin : ils ne se reverraient, après cette soirée, plus. Pas d'échange de numéro, d'adresse, de promesse de rester en contact parce que ça aurait pu gâcher tout ça. Et pourtant, comme un foutage de gueule soufflé en pleine figure, ils se retrouvaient face à l'autre, sans parvenir à se rappeler les confessions qu'ils avaient pu faire cette nuit-là, susceptibles de ressurgir dans la conversation à un moment ou à un autre. « Moi qui espérais que tu me rappelles quelques petites choses qui m'échappent encore, j'ai l'impression que mes espoirs se sont envolés d'un coup. » Il laissa entendre un rire sans réellement amusement, pinça un bref instant des lèvres et tira à nouveau sur sa cigarette, fermant une poignée de secondes les yeux avant de les reposer sur lui et de secouer la tête, refusant d'un geste de la main la proposition. « C'est bon, t'en fais pas. Ne te sens pas obligé de boire un autre verre avec moi à cause de ça. » Mais Kelley ne voulait pas paraître impoli, malgré les sous-entendus que l'on pourrait lire entre ses paroles, et il n'en prit conscience que trop tard. Souriant un peu vers Chad, il haussa finalement des épaules. « Mais si tu veux on devrait pouvoir trouver une table à l'intérieur, et voir jusqu'où on risque de s'épancher cette fois. » Une dernière fois, il inspira l'ultime bouffée de sa cigarette et écrasa le mégot contre le cendrier mural, avant d'enfoncer ses mains dans ses poches, avant de souffler sa fumée et l'aveu d'un des quelques souvenirs qui lui restaient de cette soirée : « tu pourras me dire ce qu'il en est de ton meilleur ami, comme ça. » Il lança un clin d'œil dans sa direction.

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Chad Siringo

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Message· · Sujet: Re: an echo lost in space an echo lost in space EmptyDim 5 Mai - 19:05

Chad n’avait jamais aimé se confier. Il avait pourtant assez de frères et sœurs pour pouvoir espérer trouver une oreille attentive mais, justement, puisqu’ils vivaient les mêmes épreuves que lui au quotidien, pourquoi auraient-ils voulu, en plus de les subir, les entendre dans la bouche de leur aîné ? Et puis, depuis une décennie, il avait eu Rufus, Rufus qui avait ses propres problèmes – et pas des moindres – et qui connaissait assez les Siringo pour savoir que la vie n’était pas toujours rose dans la demeure familiale, mais qui écoutait tout de même. Non pas que les deux garçons évoquent réellement ce qui les hantaient mais ils savaient qu’ils pouvaient compter sur l’autre, en cas de besoin. Or, en désertant, Chad avait également perdu cet équilibre-là. Pour la première fois seul face à ses choix, il avait dû les assumer, il avait eu tout le loisir de les analyser et avait été incapable de s’en dépêtrer. Sa décision de partir n’était pas rationnelle, elle était instinctive – vitale, aurait-il même été prêt à assurer, s’il avait été dans son genre d’user de ces grands mots. Sans Rufus et les siens, Chad avait pu réaliser à quel point il avait besoin des uns et des autres, quand bien même il se plaignait davantage de sa fratrie qu’autre chose. Il avait regretté, l’espace de quelques heures, sa fuite vers le néant, et puis il s’était persuadé à nouveau qu’il lui était nécessaire de faire une pause, de ranger les Siringo dans un coin de sa tête… et de se noyer dans le seul remède qu’il avait trouvé à l’époque : l’alcool. C’était absurde, c’était un poison lent qui s’insinuait dans ses veines, qui chassait Caleb de ses souvenirs, qui anéantissait en réalité des pans entiers de sa mémoire, et qui ne durait que jusqu’à la prochaine cuite. C’était en apparence innocent, ça rapprochait temporairement du type assis sur le tabouret voisin, ça donnait le sentiment que tout était plus flou, mais ça n’empêchait pas la réalité de revenir sonner à la porte, tout sourire, pour vous rappeler que, elle, elle ne vous avait pas oublié. Chad se demanda si c’était ce qui se passait à l’instant avec Kelley. Tiens, tu te souviens du type à qui tu as raconté des choses que tu n’avais jamais dites à personne ? Le gars au sourire confiant qui avait dû t’écouter parler d’une voix pâteuse, évoquer de parfaits inconnus pour lui, et qui ne t’avait pas envoyé chier, pour quelque sombre raison ? Eh bien, le revoilà. Si tu croyais t’être délesté d’un poids auprès d’un parfait inconnu, sans qu’on te remette sous le nez tes mots maladroits et pathétiques, c’est raté. Un sourire désabusé fit frémit les lèvres de Chad. Le temps d’une soirée, Kelley avait été une sorte de Rufus – mais un Rufus à qui il avait raconté des choses que même au vrai Rufus, il n’avait jamais dites – et le jeune homme commençait à redouter d’en avoir dit bien plus que ce dont il se souvenait.
Alors que Kelley lui répondait en le taquinant, le faisant douter quelques secondes pendant lesquelles Chad eut un air confus, le déserteur se souvint de bribes de leur conversation. Il n’était pas le seul à s’être confié à un parfait inconnu, Kelley lui avait dessiné d’autres horizons, lui avait permis de ne pas se focaliser uniquement sur ses propres problèmes – ce qu’il avait pourtant sans doute dû faire, à un moment ou un autre, il en était à peu près certain. Il aurait voulu recoller les pièces du puzzle, savoir avec précision ce qu’il avait offert en pâture à son interlocuteur et ce qui était resté dans le secret de son cerveau embrumé.
- En partie, lui répondit Chad, avec un sourire de travers, qui tirait vers le rictus.
Il secoua la tête et fuma, comme pour se prémunir de dire une autre bêtise. Malgré tout, il ne put s’empêcher de se demander ce qu’il fabriquait, ici, à Windmont Bay, d’entre tous les endroits où il aurait pu se rendre – et par extension, Chad se dit que parmi tous les pauvres hères esseulés qu’il avait pu croiser durant sa déchéance, il avait fallu qu’il s’ouvre à un mec qui allait, quelques mois plus tard, débarquer dans sa ville natale et, ainsi, le forcer à considérer ses confessions – et à en regretter certaines. Chad ne put toutefois réprimer un léger rire à la remarque de son compagnon et il haussa les épaules, incapable de détromper Kelley :
- Là, tout de suite, ça me paraît compromis mais qui sait, peut-être que ça va revenir petit à petit.
Le jeune Siringo se rassura en se disant que comme Kelley ne connaissait pas les protagonistes de son quotidien, qu’il ait pu parler de Crystal ou d’une autre nana n’aurait pas changé grand-chose à ce qu’il comprenait de la situation. À coup sûr, Caleb avait dû occuper une bonne partie de la discussion, puisqu’il était la raison principale de sa fugue vers l’inconnu. Il avait forcément dû mentionner Rufus et la culpabilité qui lui retournait le ventre à l’idée d’être parti sans prévenir personne. Il avait dû confier à quel point il était perdu ou comme l’avenir lui semblait désormais gris, sans son frère pour l’éclairer de ses phrases sarcastiques, de son humour grinçant et de sa douceur indéniable.
- Non, ce n’est pas ce que je voulais dire..., se défendit Chad, maudissant sa maladresse, mais, déjà Kelley poursuivait et le jeune homme le considéra avec d’acquiescer. D’accord. Mais je ne t’emmerderai pas avec mes histoires, cette fois, promis.
Surtout, Chad regrettait les oreilles indiscrètes qui pourraient traîner au Davey’s. N’importe quel natif de Windmont Bay saurait qu’il y avait des langues de vipère partout, et qu’il ne faudrait pas grand-chose pour que cela arrive à la reine des harpies, la vieille Agnes Baker. Chaque ville devait sans doute avoir sa Mrs Baker mais comme Chad n’avait jamais vraiment résidé ailleurs, il n’en était pas certain. Il avait parfois l’impression qu’il n’y avait que leur petite ville pour produire une personne qui ne semblait presque vivre que pour ces rumeurs qu’elle insinuait ici et là, et qui ne tardaient pas à faire le tour de la ville. Peu importe les efforts fournis pour ignorer les bavardages, ils arrivaient toujours, d’une manière ou d’une autre, aux oreilles de chacun. Et Chad ne voulait pas que ce qu’il avait pu dire à un parfait inconnu, hors de Windmont Bay, puisse venir lui asséner un coup de couteau entre les omoplates.
Chad imita son compagnon et écrasa sa cigarette et se frotta les mains, prêt à aller s’enfiler quelques bières pour retrouver cet état qui le déconnectait de sa misérable réalité, mais la dernière remarque de Kelley le fit sursauter et Chad le contempla quelques secondes, avant qu’un sourire embarrassé ne vienne tordre les coins de sa bouche. Portant les mains à ses yeux pour appuyer ses paumes sur ses paupières closes, le jeune homme gronda, incrédule, puis il écarta les doigts et observa Kelley à travers ceux-ci :
- Et moi qui espérais encore ne pas avoir été jusque-là. J’avais secrètement misé sur le fait que tu aurais pu zapper les élucubrations d’une épave de comptoir...
Chad laissa retomber ses mains le long de son corps et soupira :
- Qu’est-ce que j’ai dû être chiant...
Le jeune homme secoua la tête, dépité d’avoir ouvert une boite qu’il avait verrouillée avec vigilance, toutes ces années, seulement pour mieux la déverser aux pieds d’un étranger. Mais que pourrait faire Kelley de ces informations ? Il n’y avait aucune raison qu’il veuille lui nuire et encore fallait-il encore en être capable en dévoilant les sentiments si longtemps étouffés. Mais Chad n’avait aucune idée de la réaction qu’aurait Rufus s’il apprenait que leur amitié n’était pas aussi innocente qu’il y paraissait, du côté Siringo. Il ne pouvait pas perdre son meilleur ami à cause d’un feu qu’il ne parvenait pas à éteindre, malgré le temps qu’il avait passé à le piétiner.
- Tu ne veux pas t’infliger une soirée comme celle-là une deuxième fois. Et de toute manière, je suis bien trop sobre pour m’enfoncer dans ce puits sans fond.
Chad lui adressa une grimace embarrassée et poussa la porte du Davey’s, invitant le jeune Larkin à le suivre d’un coup de menton.
- La première tournée est pour moi. Aucune protestation ne sera acceptée, l’avertit Chad.
Puis, quelques minutes plus tard, quand ils furent installé à une table, plus ou moins isolée, des verres pleins devant eux, Chad se permit de poser la question qui le taraudait depuis qu’il avait posé les yeux sur Kelley :
- Alors, qu’est-ce qui t’amène à Windmont Bay ? Si ce n’est pas moi… et si ce n’est pas indiscret?
Recentrer la conversation sur Kelley. Un moyen comme un autre de ne pas avoir à évoquer Rufus et le trouble qu’il provoquait chez lui. Une façon d’essayer de se rappeler tout ce dont ils avaient pu parler le soir de leur rencontre.
Parce qu’ils avaient eu largement le temps de parler de tout et de rien, vu les nombreuse heures qu’ils avaient passées ensemble.

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Message· · Sujet: Re: an echo lost in space an echo lost in space EmptyJeu 9 Mai - 0:10

C'était une chose étrange que de se retrouver face à la personne à qui il avait confié bien des choses, dans l'optique qu'il ne recroiserait plus sa route, ne reverrait plus son visage et n'aurait, par conséquent, jamais besoin d'assumer les confidences faites au détour d'un verre ou d'un autre, qu'il avait depuis longtemps arrêté de compter. Cette soirée n'était jamais censée remonter à la surface comme elle le faisait ce soir ; elle aurait dû se perdre dans les méandres de sa mémoire jusqu'à se faire totalement oublier, comme un moment de perdition passager et de plus en plus lointain. Tout à chacun a besoin de vider son sac à un moment donné, et il s'était avéré que cette nuit-là l'un et l'autre avaient probablement ressenti avec la même force cette nécessité, les ayant poussés à partager verres et états d'âme face à quelqu'un supposé redevenir un total inconnu une fois l'ivresse passée et le mal de crâne pour les ramener à pieds joints dans la réalité. Kelley aurait sans doute pu dire qu'il n'avait pas « signé pour ça », se retrouver comme ça confronter à l'épanchement émotionnel dont il avait fait preuve pendant cette soirée. Il ne fuit pourtant pas face à Chad, lorsque l'un et l'autre se sont reconnus, sans même savoir pourquoi, au lieu d'esquiver la gêne pouvant naître d'un nouvel échange – d'autant plus s'il était sobre, cette fois –, il mit un pied dans le plat et proposa une cigarette au garçon. La sienne dansa entre ses lèvres, agitée par ses paroles qui avaient sans doute plus vocation à combler les possibles blancs qui pourraient apparaître entre eux plus qu'à animer une conversation profonde et pleine de sens comme celle qu'ils avaient sans doute entretenue ce soir-là, et dont les souvenirs avaient majoritairement déserté la mémoire de Larkin. L'air confus qu'il afficha lui arracha un petit rire, taquin encore, alors qu'il secoua doucement la tête pour appuyer le fait qu'il ne s'agissait que d'une boutade ; l'effet escompté n'était pourtant pas aussi marqué que celui obtenu comme réponse, et une part de lui était presque fière de sa bêtise, alors qu'il continuait de tirer sur sa cigarette. « Tu m'excuseras, mais je doute pouvoir faire mieux pour ton cas, pour l'instant. » Un bref haussement d'épaules faussement résigné vint ponctuer sa réponse, face au rictus offert par Chad. Un instant, il laissa son esprit dériver un peu plus et se demander pourquoi quelconque force supérieure avait voulu que la dernière personne à qui il se soit sincèrement confié se retrouve à vivre depuis toujours dans la ville où il avait atterri, celle-là même qu'il ne parvenait toujours pas à voir comme une maison, un refuge, et dans laquelle il ne restait que pour Avery – parce qu'autrement, il aurait bien plus aisément pris la direction d'un airbnb à Portland, que dans une petite ville comme Windmont Bay, dont la réputation résonnait bien plus par rapport aux enlèvements d'enfants qu'autre chose. Une petite moue se dessina au détour de ses lèvres à la réponse bien décevante (mais loin d'être surprenante, quand il se rappelle – à peu près – de leur état) de Chad quant aux souvenirs disparates qu'ils avaient l'un et l'autre. « Tu penses que si on recommence à boire ensemble, comme par magie l'alcool va faire remonter à la surface des parties de notre dernière soirée ? » Il rit doucement, autant par rapport à la stupidité de sa remarque qu'au côté presque habituel qu'on pourrait comprendre dans sa façon d'en parler ;  comme s'il était régulier pour eux de se retrouver et de déverser leur cœur face à l'autre pour éviter un surplus et une noyade. À la suite, Kelley se contenta de faire un signe de la main à son interlocuteur pour lui signaler que c'était bon, qu'il n'avait pas de soucis à se faire par rapport à ses propos ; ça n'était pas dirigé contre lui, ça n'était pas non plus une remarque qu'il voulait être désagréable. Un demi-sourire apparut au détour de ses lèvres, soulevant leurs commissures à la réponse qu'il lui offrit. « Dommage, j'aurais bien aimé en savoir plus, peut-être. » Est-ce qu'ils retomberaient vraiment dans cette ambiance particulière qu'il avait sûrement fallu la dernière fois, pour qu'ils s'épanchent autant face à l'autre ? Est-ce qu'ils arriveraient à refaire la même chose une deuxième ? Et surtout : est-ce que c'était vraiment ce qu'il voulait ? Cette ville n'inspirait pas la plus grande des confiances à Kelley, et il avait cette peur qu'une oreille indiscrète puisse se tendre un peu trop dans leur direction pour écouter les confidences qu'ils pourraient être amenés à se faire s'ils partaient dans une telle optique. Et dans un instinct de conservation poussé par sa pudeur naturelle quant à ses émotions, il n'avait aucune envie de prendre ce risque, juste au cas où. Pour autant, il ne savait pas où l'échange de ce soir serait en mesure de l'amener, et prenait peut-être déjà cette direction en proposant un nouveau vers – ou deux, ou trois, ou il ne savait pas encore combien – à Chad. Tout en écrasant sa cigarette dans le cendrier mural, il lança un regard en biais en direction du garçon et lâcha sa petite remarque par rapport au peu de souvenirs qu'il gardait de la dernière fois, et de cet élan amoureux dont il avait pu faire preuve par rapport à un... Rupert ? Ruben ? Rufus ! Du moins, lui semblait-il qu'il s'appelait ainsi. Un pouffement de rire lui échappa à la réaction qu'il obtint face à ça, secouant légèrement la tête en pinçant un peu des lèvres. « Tu sais, j'ai plus de souvenirs des tiennes que des miennes, et je ne suis pas à l'abri que ta mémoire t'offre un aller-retour dans tes souvenirs de cette nuit-là pour que tu redécouvres tout ce que j'ai bien pu te dire. Et laisse-moi te prévenir, je ne te promets pas que chaque chose qui pourrait te revenir soit très reluisante. » Comme tout à chacun, Kelley avait ses secrets. Et face à ça, il avait également la peur d'en avoir un peu trop dit sur ces choses peu reluisantes qu'il pourrait vouloir cacher, quelconque erreur de jeunesse qu'il voulait laisser derrière lui. S'il plaisanta à ce sujet, il n'avait pourtant pas de réelle envie d'en rire, ne sachant pas jusqu'à quel point sa langue avait-elle bien pu se délier ; pas trop loin, l'espérait-il encore. « Et tu n'étais pas chiant, étonnamment. Du moins, dans mes souvenirs, mais c'est vrai que je ne peux pas promettre qu'ils soient très vrais, donc... On verra ce que ça donne ce soir. » Ce qui semblait, pour Chad, être un gros secret dans son existence, n'avait pour Kelley pas grande importance, à bien y regarder : il ne connaissait pas vraiment le garçon, ne voyait pas à quoi ressemblait celui dont il était épris, et en ça, ça facilitait les choses pour la personne qui se tenait en face de lui quant à l'idée de s'étendre sur ses sentiments, probablement. Tout comme il avait peut-être pu parler de ses proches, lui aussi. De son père, de sa sœur, de ses amis, confiant ce qu'une partie de lui pouvait avoir eut envie de dire sur des points essentiels dans son existence, et qui n'avaient, pour Chad, pas plus d'importance que la météo de l'autre côté du pays, ou la vie d'un inconnu croisé dans la rue ; ce qu'ils étaient. Sans plus réfléchir à ça, laissant les interrogations sur le trottoir, il suivit Chad à l'intérieur du bar et lâcha un soupir amusé à sa remarque. « Très bien, si tu insistes, je m'incline. » Il leva ses paumes vers lui en signe de bonne foi et le laissa faire, jusqu'à finir installé à une table presque calme dans le brouhaha ambiant, ses doigts enroulés autour de son verre et son regard rivé sur son vis-à-vis. D'humeur un peu joueuse, il réunit toutes les compétences théâtrales en sa possession et baissa les yeux, mimant un air gêné. « C'est marrant que tu me demandes ça... » Doucement, il pinça des lèvres puis les humecta un peu. « Je voulais justement te retrouver, par rapport à la soirée qu'on avait passé. Essayer d'en savoir plus, faire passer ça pour un coup du destin, chercher à comprendre pourquoi j'avais réussi à t'en dire autant, sans même me rappeler de ce que je t'ai dit exactement. » Il haussa légèrement les épaules, lui lança un regard embarrassé quelques secondes et finit par rire un peu, portant son verre à ses lèvres pour en boire une gorgée. « Plus sérieusement. Je travaille en collaboration avec une galerie d'art à Portland, pour gérer avec eux l'exposition temporaire qui a été mise en place. Et ma sœur vit à Windmont Bay depuis quelque temps, c'est pour ça que j'ai emménagé ici. » Il ne développa pas plus sur le fait que certains de ses amis s'étaient également retrouvés ici, par l'étrange force des choses qui les avait fait se rejoindre tous au même endroit de la sorte, dans un coin perdu de l'Oregon. « Et toi, alors ? Pourquoi tu n'as jamais quitté cette ville ? » Parce qu'évidemment, il lui renvoya la balle, n'oubliant pas vers où il avait de prime abord envisagé de mener la conversation.

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Chad Siringo

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Message· · Sujet: Re: an echo lost in space an echo lost in space EmptyVen 17 Mai - 9:35

C’était une étrange sensation. Jamais Chad ne s’était senti aussi mis à nu face à un inconnu. S’il s’avérait être le genre de gars qui s’adaptait à tous les environnements et n’avait aucun mal à sympathiser avec les autres, il y avait tout de même une certaine distance, un périmètre de sécurité qui n’était ouvert qu’à un nombre très restreint de personnes. Des gens qui, au fil du temps, s’étaient montrés dignes de confiance, permettant au jeune Siringo d’ouvrir la porte un peu plus grand. Jamais, par contre, il n’avait été face à ce type de situation et il ne savait trop comment se comporter avec Kelley. Effacer leur rencontre était impossible, tout comme il ne pourrait noyer les aveux imbibés qu’il avait vomis sur le comptoir ce soir-là. Ç’avait été une délivrance, sur le moment, mais à présent, l’idée que cet inconnu sache des choses aussi enfouies l’angoissait quelque peu. D’autant plus qu’il n’était pas sûr de l’étendue de ses confessions et qui elles avaient pu toucher. Comme il ne pouvait cependant faire machine arrière, il lui faudrait prendre le moment tel qu’il était, en essayant de s’assurer que cela ne changerait rien, en espérant ne pas retomber dans cette spirale infernale qui l’avait mené à cette rencontre. Jusqu’ici, toutefois, Kelley n’avait rien fait pour lui inspirer de la méfiance – seule la mention de son meilleur ami l’avait ébranlé. Il n’avait qu’à éluder la question ou agir comme s’il avait exagéré ce soir-là. C’était dans ses cordes, il en était certain.
L’alcool avait-il le pouvoir de faire remonter les souvenirs de cette soirée embuée ? lui demanda Kelley et Chad haussa les épaules, sceptique :
- Peut-être… Mais est-ce qu’on veut vraiment revivre ça ? demanda-t-il en se mordant l’intérieur de la joue.
Il était à peu près certain que non. Il y avait une raison, après tout, pour qu’ils en soient arrivés à une telle déchéance. Quelles circonstances joyeuses, en effet, poussaient deux étrangers à se confier l’un à l’autre comme si c’était leur dernière nuit sur terre et qu’ils voulaient partir l’esprit clair ? De son côté, en tout cas, c’était comme ça qu’il avait perçu les heures passées en compagnie de Kelley. Peut-être qu’il n’en allait pas de même avec l’autre et le jeune Siringo prit le temps de le considérer un instant en tentant vainement de recoller les morceaux épars de sa mémoire. Mais il abandonna bien vite. Et puis, la mention de Rufus, même sans le nommer précisément, était venue parasiter ses pensées. Le visage du garçon dansa devant ses yeux et fit vibrer le cœur de Chad, bien malgré lui.
Par quelle magie en était-il venu à libérer ce secret si longtemps jalousement gardé ? Il fallait qu’il soit vraiment loin pour avoir atteint ce stade où il avait exposé quelque chose qu’il cherchait à préserver à tout prix. Quant à la curiosité à demi dévoilée de son compagnon de beuverie, Chad ne s’en offusqua pas. Les drames et dilemmes des autres n’étaient-ils pas plus fascinants que de devoir s’affairer à ranger son propre foutoir ? Ce fut la raison pour laquelle le jeune homme chercha à recentrer la conversation sur Kelley.
- M’as-tu confessé un meurtre ? plaisanta Chad avec un léger rictus. Si tel est le cas, le seul fait que j’aie été complètement bourré me disqualifierait pour être pris au sérieux. Tu n’as pas à te faire de souci là-dessus.
Il faillit ajouter qu’avec la réputation de son père, emprisonné et soi-disant innocent, personne n’accorderait le moindre crédit à son témoignage. Il ne se retint que parce qu’il ne se rappelait plus s’il avait mentionné son taulard de géniteur et qu’il ne voulait pas donner du grain à moudre à l’autre quand il s’était déjà bien trop exposé.
Alors peut-être qu’il aurait mieux valu qu’il prenne congé du jeune Larkin avant de s’embourber encore plus. Pourtant, au contraire, ils se retrouvèrent bientôt assis, dans un autre bar, dans une autre ville, bien moins ivres que la première fois. Et, à nouveau, Chad constata à quel point il était étrange de se trouver face à un gars qui savait peut-être des choses sur lui que d’autres ne savaient pas – au moins une, en tout cas, et pas des moindres.  Toutefois, comme s’il reprenait ses marques aux côtés du jeune homme qu’il ne connaissait finalement ni d’Eve ni d’Adam, Chad se détendit et ne se hérissa pas au ton et à l’insinuation, taquine et provocatrice, comme la première, et un sourire écorcha les lèvres du natif qui répliqua, ironique :
- Ce n’est pas de la blague, hein, quand on parle de l’humour anglais !
Il secoua la tête et émit un gloussement avant de porter son verre à ses lèvres. Cela ne lui déplaisait pas de se trouver face à ce genre de tempérament. Il lui rappelait un peu le ton pince-sans-rire que Caleb pouvait employer. Il arrivait à son frère de dire les pires horreurs, d’un air si sérieux, qu’immanquablement, ses interlocuteurs le fixaient, interloqués, presque choqués, avant de réaliser qu’il n’en pensait pas un mot. L’évocation muette de son cadet troua la poitrine de Chad mais la suite de la réponse de Kelley l’aida à ne pas sombrer dans le désespoir et il se raccrocha aux mots de ce dernier avec intérêt.
- Une galerie d’art ? C’est cool ! Quel en est le sujet ? s’enquit Chad avant de hausser les épaules à l’interrogation de Kelley. Je ne sais pas. Ce n’est pas l’envie qui manque mais je ne vois pas où j’irais. Toute ma vie est ici. Mes frères et mes sœurs…
Il faillit poursuivre sur sa lancée mais un sourire naquit sur ses lèvres à la place, tandis qu’il jetait un coup d’œil amusé à son interlocuteur. Il avait bien failli tomber dans le piège en évoquant Rufus mais il opta pour une déviation et poursuivit :
- Et puis, faut pas se leurrer. Quand on a pas de diplôme et que des petits boulots de merde sur son cv, ça n’incite pas vraiment à croire qu’on s’en sortira mieux ailleurs. Ici, au moins, j’ai un toit au-dessus de ma tête, un frigo plein et des jobs qui me permettent de joindre les deux bouts.
Chad avait bien conscience de la morosité du tableau. Il aurait pourtant pu parler de l’effervescence presque constante chez lui, des tempéraments opposés qui entraient en collision, provoquant un feu d’artifices qui faisait presque trembler les fondations de la vieille baraque qui avait vu une génération de Siringo grandir. Mais cela aurait signifié parler de Caleb, parler de ce qu’il s’était passé, avouer le trou béant qu’il avait laissé dans son sillage et l’impression que, d’une façon ou d’une autre, son départ avait fragilisé l’équilibre déjà précaire de son clan. La moue pensive, Chad dessina quelques traits sur la buée de son verre, puis une question, bien différente, lui effleura l’esprit et le fit tressaillir. Se penchant tout à coup en avant, un sourire désabusé aux lèvres et une lueur cynique dans le regard, Chad demanda :
- Au fait… me fous pas ton poing dans la gueule mais il faut que je te pose la question…
Ses doigts tapotèrent nerveusement la surface fraiche du verre et Chad se mordit l’intérieur de la joue avant d’interroger Kelley, d’une voix assez basse pour que les tables voisines ne l’entendent pas mais assez forte pour que Kelley capte ses mots du premier coup :
- Ce soir-là, toi et moi… est-ce qu’on a… ?
Il n’alla pas au bout de sa phrase, certain que le jeune homme comprendrait l’allusion. Ça ne l’aurait pas étonné qu’il y ait eu un rapprochement, même s’il n’en gardait aucun souvenir. Il n’avait même pas besoin d’alcool pour se laisser emporter par les coups d’un soir. C’était la beauté du célibat, après tout. Et pendant ces quelques heures d’évasion, il pensait moins à Rufus et à tout ce qu’il désirait faire avec lui.

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Message· · Sujet: Re: an echo lost in space an echo lost in space EmptyVen 17 Mai - 13:05

Est-ce que le karma, ou quelconque connerie du genre, avait décidé de se foutre de lui en le remettant sur la route de celui auprès de qui il s'était épanché plus que nécessaire, peut-être plus qu'il ne l'aurait dû aussi, maintenant sobre et en malheureuse mesure d'assumer la soirée précédente ? Ce genre de question pourrait lui tourner en tête encore et encore à la recherche d'une réponse qui lui conviendrait, mais il doutait de pouvoir en trouver une à un moment donné et préféra laisser les interrogations inutiles de côté pour se concentrer sur les faits, et la personne qui était là, face à lui, et porteuse de certaines choses dont il ignorait encore l'ampleur. Non, vraiment, ce genre de torture mentale n'était guère nécessaire et, portant son attention complète sur Chad pour essayer de reformer ce puzzle flou et bordélique, plus inquiet dans ce qu'il avait pu raconter que ce qu'il avait bien pu entendre ce soir (cette nuit) là. La question du garçon à son insinuation quant au retour des souvenirs lui arracha un petit sourire, et d'un haussement d'épaules, Kelley fit s'envoler tout le drame de sa propre répartie, balancée sur un ton peut-être un peu trop léger. « Je préfère éviter de remettre ce genre de soirée trop longtemps, ça m'ennuierait de mourir d'une cirrhose dans la fleur de l'âge. Je ne sais pas si ça semble étonnant ou non, mais je n'ai pas l'habitude de ne garder aucun souvenir comme là, ou presque. » Peut-être que les dernières soirées du genre, qu'il avait alors enchaînées à vitesse grand V jusqu'à presque perdre pied avant de se remettre dans le droit chemin – était-il seulement réellement droit à un moment donné, vu les excès qu'il avait continué à faire à l'époque ? –, dataient de l'université. Il avait, depuis, ralenti le rythme trop soutenu qu'il avait alors, et perdu l'habitude ne pas se souvenir de tout lorsque le jour venait le tirer de son sommeil comateux. Il était vrai que ça n'était pas le genre d'habitude qu'il était désireux de reprendre ; sa vie ne lui permettait pas un tel rythme, ses obligations le tirant à l'inverse des soirées et des amusements. Et peut-être vieillissait-il pour penser ainsi, mais c'était le genre de chose qui lui convenait, de ne plus se mettre la tête à l'envers trois, quatre, cinq fois par semaine, et de se contenter d'occasions dispersées çà et là désormais. Ce soir, qui plus est, le besoin d'en arriver à un tel stade ne se faisait pas ressentir, contrairement à celui de leur rencontre. L'envie, par conséquent, ne suivait pas non plus, et à en juger par les réactions de Chad, la réciproque était partagée. Au moins pourraient-ils se rappeler réellement de l'autre lorsque le soleil se lèvera sur la petite bourgade de l'Oregon. « Peut-être. Je t'ai dit : je ne me rappelle pas, il répondit en se mordant doucement la lèvre inférieure. Mais au moins tu t'es discrédité toi-même, ce qui serait rassurant pour moi si je t'avais effectivement confié quelque chose de ce genre. J'imagine que je peux te faire confiance du coup, de façon un peu bringuebalante mais quand même. » Il se doutait bien que le doute ne planait aucunement face à ce pseudo-aveu qui n'avait rien de tel ; comme à son habitude, Kelley voulait simplement se jouer un peu de la conversation, malgré la conscience qu'il avait du fait que ça puisse particulièrement taper sur le système de ses interlocuteurs. Ajoutez à son visage un sourire entendu et arrogant, et vous obtenez la parfaite panoplie de tête à claques que Kelley Larkin peut offrir... pour son plus grand plaisir. Fort heureusement, ça ne semblait pas déranger Chad outre mesure, lorsqu'ils se posèrent à nouveau dans un bar, face à face cette fois, dans une intimité plus grande offerte par la table plus que par le comptoir contre lequel ils s'étaient laissés aller cette nuit-là. Ses doigts enroulés autour de sa bière, il ne détourna pas le regard du visage de Siringo, lâcha un léger rire en mimant un soupir. « Décidément, notre réputation nous précède j'ai l'impression. » Sa réaction le rassurait quant à ce qu'il pouvait ou non se permettre auprès du garçon qui partageait, une fois de plus, sa soirée. Il ne prenait pas la mouche pour un rien, et quelque chose souffla à Kelley qu'il était probable que ce simple fait fût une des raisons qui le poussèrent, dans l'indiscrétion d'un bar dont il ne se souvenait même plus, à engager la conversation avec lui. La gêne s'envola alors doucement, permettant de trouver une certaine aisance sur laquelle il n'allait pas cracher, même si elle n'était pas encore complète ; rien que quelques verres ne sauraient gommer, cela dit. « Ils veulent exposer un artiste contemporain, qui s'avère être un de mes amis proches. Il travaille en ce moment sur la vision de l'homme à travers le prisme de la société, et à quel point elle peut être déformée et erronée par rapport à celle que l'on devrait avoir. Thème devenu classique dans l'art, mais il l'aborde d'une manière intéressante. Si tu veux venir jeter un coup d'œil à l'occasion, je peux te donner l'adresse. » Un sourire au coin des lèvres face à l'intérêt qu'il portait à ce qu'il lui disait, Kelley acquiesça finalement lorsque Chad lui expliqua les raisons, avant de prendre un air légèrement taquin face à lui. « Tes frères et tes sœurs... et ton meilleur ami, je me trompe ? » L'esquive tentée par l'américain l'avait fait rire doucement, et peut-être n'était-ce que dans l'élan d'un malin plaisir qu'il en rajoutait une couche, mais Kelley était d'humeur, ce soir, à taquiner un peu plus que la normale. Il espéra simplement qu'il n'avait laissé filtrer aucun détail de son existence sur lequel il était possible de le taquiner également, car certains sujets qu'il avait pu aborder ou non ne permettraient aucunement de faire s'agrandir le rictus qu'il arborait. « Et est-ce que tu y es heureux, à Windmont Bay ? Parce qu'à partir de là... ça peut aussi être une raison suffisante de ne pas aller voir si l'herbe est plus verte ailleurs, tu ne crois pas ? Si tu trouves ton compte ici, c'est tout ce qui importe. » Son compte, à lui, il le trouvait à quelques cinq mille miles de là, et en même temps tout près de lui. Son regard s'attarda à nouveau sur le garçon, tentant de déchiffrer ce qu'il ne lui disait pas plus que ce qu'il lui confiait, quand bien même il n'avait pas spécialement à faire ça : ils ne se connaissaient pas, et aucunement il ne pouvait prétendre arriver à comprendre les non-dits d'un quasi-inconnu (il n'y arrivait, de toute façon, pas). Et les non-dits, dans tous les cas, avaient sans doute une raison de le rester. Un nouveau soupir passa la barrière de ses lèvres et, secouant la tête, Kelley défit une de ses mains de sa bière, pour commencer à l'avancer vers celle de Chad, avait de se stopper dans son élan et de rire doucement. « Non. Du moins, pas à ma connaissance, mais tu sais tout aussi bien que moi qu'elle n'est pas très fiable. » Il porta son verre à sa bouche, le délesta d'une gorgée, et s'humecta les lèvres avant de hausser des épaules. « Le fait qu'on ne se soit pas réveillés dans le même lit est, cela dit, un bon indice de ce qui a pu ne pas se passer entre nous cette nuit-là. » Son nez se fronça légèrement. « A moins que tu n'aies su te relever et rentrer de ton côté après coup, mais j'en douterais. » Il eut presque envie de rajouter qu'il n'était pas de ce bord, mais l'alcool avait déjà réussi à le faire se perdre entre les draps de Raphaël, une fois, quelques années plus tôt, alors peut-être que cet argument n'était plus tellement valable depuis, quand bien même l'expérience n'avait jamais été réitérée.

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Chad Siringo

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Message· · Sujet: Re: an echo lost in space an echo lost in space EmptyDim 19 Mai - 17:31

Il savait qu’il prenait un risque. Sa question pouvait être mal reçue, leur drôle de dynamique s’en voir altérée, mais quelque chose lui indiquait que puisque Kelley savait le taquiner, il pouvait poser une question à peu près légitime en contre-partie. À coup sûr, l’Anglais devait déjà s’être réveillé sans souvenir d’une soirée passée. Il devait bien avoir eu quelques histoires d’un soir, avec sa belle gueule. C’était dommage, il est vrai, de se dire qu’il avait pu se passer un truc entre eux et n’en garder aucun souvenir. Aussi, la réponse du jeune homme, quelle qu’elle soit, n’indiquerait rien à Chad. Soit il y avait effectivement eu une étreinte furtive et il n’avait malheureusement aucune réminiscence de celle-ci. Soit il ne s’était rien passé et cela l’étonnait parce que l’alcool pouvait le rendre très entreprenant. Soit, dernière option, Kelley mentait dans un sens ou dans l’autre et, dans les deux cas, Chad était incapable de découvrir la vérité. Au final, du coup, ça n’avait pas d’importance ce qui avait pu se passer ou non. Seules importaient les paroles échangées et ce qu’elles pouvaient impliquer dans leurs vies futures.
- Pour ce que j’en sais, on a le temps avant la cirrhose. Si tu voyais les pauvres types qui sont mes voisins. Ils vivent toujours et, pourtant, ils lèvent très souvent le coude.
Qu’est-ce que ça disait du milieu duquel il était issu ? Mais Chad savait que c’était assez évident. S’il n’en avait pas dit un mot la fois où ils s’étaient rencontrés – ce dont il doutait sincèrement – ses vêtements élimés et loin d’être à la dernière mode pouvaient aisément le trahir. Chez les Siringo, on allait plus souvent fouiner dans les boutiques de seconde-main que dans les enseignes clinquantes des centres commerciaux. Surtout les garçons. Ses sœurs étaient sans doute plus portées sur la mode que lui. À quoi bon, de toute façon, se ruiner pour des fringues qui seraient dépassées la saison suivante ? De plus, vu les jobs qu’il avait trouvés, Chad n’avait pas besoin d’être mis à son avantage : à la plonge, chez Mickey’s, personne ne le voyait, et quand il livrait des pizzas, il n’intéressait pas les clients qui n’ouvraient leur porte que pour lui tendre un billet froissé et récupérer leur carton chaud. Mais un mec qui travaillait dans une galerie d’art, forcément, ça devait en jeter un max, songea Chad avec un petit sourire presque moqueur. Ajoutez à cela l’accent chic et toutes ces dames devaient tomber raide dingue de son interlocuteur.
- Ouais, j’imagine..., répliqua Chad, sans chercher à le convaincre.
La confiance, c’était une notion bien vague pour lui. Il y en avait, aussi, de différents degrés. Il ne faisait pas forcément toujours confiance à ses frères et, pourtant, il les aurait suivi n’importe où, les yeux fermés. Par ailleurs, il avait une confiance aveugle en Rufus et pourtant il lui cachait l’essentiel. Alors, vraiment, à quoi pouvait on se fier ? se demandait le jeune Siringo, d’un air désabusé. Il ne se sentait toutefois pas de philosopher comme il n’avait sûrement pas manqué de le faire la première fois et préférait se cantonner à des choses terre-à-terre.
La galerie de Kelley fut donc l’échappatoire parfaite et Chad l’écouta distraitement, n’ayant jamais été très attiré par l’art en général. Il n’avait jamais compris comment certains pouvaient y trouver toute une symbolique sur base du choix d’une couleur en particulier ou d’une ombre plus ou moins longue. Ça avait toujours eu le don de le laisser perplexe, comme pour les vagues souvenirs qu’il avait de ses cours de littérature, qui subissaient le même genre d’analyse tirée par les cheveux. Il passerait sans doute pour un bouseux qui n’y comprenait rien s’il le confessait à Kelley, aussi ravala-t-il ses pensées.
- Mmmh, okay. Ça pourrait être cool. Et peut-être que ça pourrait intéresser l’une de mes sœurs.
Envisageait-il déjà un moyen de  se racheter auprès de Candace en lui parlant d’un événement qui, elle, l’intéresserait sûrement ? C’était la seule, jusqu’à présent, à avoir été au-delà de la simple obtention de son diplôme de base – ce que lui-même n’avait pas eu, ayant abandonné à quelques mois de la remise du bout de papier qu’il jugeait inutile. À quoi pourrait lui servir l’université ? Il était certain que Candace ne manquerait pas de lui déverser toutes sortes d’arguments en faveur de hautes études, mais lui, l’école, cela l’avait tout simplement emmerdé. Bien sûr, il aurait préféré trouver un emploi moins usant et rébarbatif que celui de laver des assiettes à longueur de journée et de courir aux quatre coins de Windmont Bay pour livrer des pizzas mais les Siringo apprenaient très jeunes que la vie n’était pas vraiment de leur côté et Chad avait fait avec.
- Ouais. Et mon meilleur ami, capitula partiellement Chad avec un demi-sourire. Tu l’as dit toit-même, non ? Ta sœur vit dans le coin ? Est-ce que tu serais venu te perdre ici si tu n’y connaissais personne?
Le raisonnement était peut-être un peu abrégé mais Chad savait ce qu’il voulait dire. C’était déjà assez dur de s’en sortir quand on était entouré de ses proches alors pourquoi aller accentuer les difficultés en se retrouvant tout seul dans une ville peuplée d’inconnus ? Chad y avait momentanément goûté, uniquement parce qu’il voulait échapper à Windmont Bay, mais l’expérience ne l’avait pas incité à continuer. Sans les siens, il s’était senti isolé, affaibli, comme un animal écarté de sa meute ou de son troupeau, qu’un prédateur ne manquerait pas de repérer pour en abréger les souffrances. Il n’avait pas d’ennemis, Chad, mais il ne voyait pas l’intérêt d’être malheureux dans son coin quand il pouvait l’être avec ses frères et sœurs et, oui, souffrir en silence en dissimulant ses sentiments vis-à-vis de son meilleur ami.
- Oui, sans doute. Je ne crois pas être malheureux. Est-ce que ça veut dire que je suis heureux ?
Chad émit un gloussement, se moquant de lui-même. Voilà qu’il se mettait à poser de grandes questions auxquelles personne n’aurait de réponse si ce n’était lui. Il secoua la tête. Il n’avait aucune idée de ce qui le rendrait vraiment heureux. Il avait bien conscience que sa vie serait autrement moins frustrante s’il pouvait étaler son attirance pour Rufus et que celle-ci soit réciproquée mais comme il était hors de question qu’il tente le diable et se prenne une claque en pleine gueule, il en était toujours au même point. L’argent, peut-être, pourrait aider à améliorer leur train de vie mais est-ce que cela leur apporterait le bonheur pour autant ? Et puis, Chad n’était pas sûr que ses frères et sœurs et lui aient la même conception de ce bonheur qui leur filait entre les doigts. S’il demandait à Crys, il aurait sûrement une réponse bien différente de celle de Chester ou Cody.
Sa question, si elle parut saugrenue au premier abord (mais il était persuadé qu’elle ne l’était pas tant que ça), permit cependant de dévier à nouveau la conversation vers un sujet moins épineux – quoique. Le garçon dévisagea Kelley, cherchant un détail, quelque chose dans le regard ou dans les traits, qui démentirait la réponse du jeune homme. Mais il paraissait assez sûr de lui ou en tout cas sincère sur ce point.
- Oui, ça tient la route si on a seulement attendu de trouver un lit, plaisanta Chad avant de lui adresser un clin d’oeil canaille pour lui assurer qu’il ne prenait pas la  question au sérieux, puis il revint au jeune Larkin et à la raison de sa venue à Windmont Bay. A propos de ta sœur : elle vit depuis longtemps ici ? Peut-être que je la connais ? Je ne prétends pas connaître vraiment chaque habitant mais j’en connais pas mal, quand même. Note que si elle a le même accent que toi, j’imagine que je l’aurais remarquée.
Chad fit mine de réfléchir, guettant une demoiselle qui, d’une façon ou d’une autre sortirait du lot. En vain. Il était à peu près certain qu’il ne connaîtrait pas davantage la jeune femme qu’il n’avait connu Kelley avant qu’ils se rencontrent dans ce bar obscur.

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Kelley Larkin

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Message· · Sujet: Re: an echo lost in space an echo lost in space EmptyVen 7 Juin - 1:01

Ce qui ne devait être que l'étalage sentimental désespéré de deux hommes trop ivres le temps d'une soirée prenait une tournure toute autre – quoique, peut-être pas si diamétralement opposée – maintenant qu'ils avaient les coudes posés sur une table, un alcool encore léger devant eux, et que leurs langues commençaient déjà à se délier doucement, apprenant à apprivoiser l'idée de possibles connaissances accumulées dans un coin noyé et embrumé de leur cerveau mutuel. Quelques plaisanteries volèrent entre eux comme pour chercher à détendre une atmosphère malgré tout un peu bancale, et Kelley sentait peu à peu ses muscles se décrisper, son sourire se faire plus sincère, et son intérêt grandir pour la personne qui lui faisait face. Il avait toujours su s'intéresser à l'Autre ; peut-être même était-ce là l'une des raisons de son amour pour l'Art sous toutes ses formes, l'idée de pouvoir voir au travers d'une œuvre la façon dont quelqu'un qui ne lui ressemblait pas voyait le même monde dans lequel ils vivaient tous, à différentes époques. Il aimait apprendre à connaître ces personnes qui lui faisaient face, à jauger du temps qu'elles passeraient dans sa vie ; quelques heures, jours, mois, années, ou une existence entière, la dernière catégorie possédant un prix d'or et l'assurance d'une loyauté sans bornes, sans fin, sans aucune limite. Il aimait découvrir les histoires qui lui étaient encore inconnues, jusqu'à sentir sa lassitude parfois prendre le dessus dans certains cas, ce qui n'était pas encore celui de Chad et de leur conversation. « Mais c'est le résultat de l'entraînement de toute une vie, ça. Si on essayait de suivre leur rythme avec l'état actuel de nos corps, je suis sûr que l'on dépérirait à vue d'œil et que l'on afficherait aux yeux du monde un spectacle des plus pitoyables. » Un léger rire lui échappa, alors qu'il secoua doucement la tête comme pour juger lui-même de l'absence de nécessité à continuer sur cette idée. Son regard s'arrêta à plusieurs reprises sur le visage de Chad, cherchant à comprendre dans la définition de ses traits ce qui avait pu le pousser à ouvrir son cœur – le supposait-il, une légère boule au ventre à l'idée de ce qu'il avait pu ou non raconter au garçon –, au-delà de l'alcool ingéré ce soir-là. Semblant incapable de trouver une réponse qui lui convenait, il laissa dans un coin de son esprit cette idée, jugeant qu'il pourrait toujours y revenir plus tard lorsque plus de cartes seraient disposées entre ses mains pour qu'il puisse les abattre et comprendre un peu mieux le dérouler de leur première soirée partagée. Doucement, Kelley fronça le bout du nez à la réponse des plus vagues que Chad lui offrit, mais ne chercha pas plus loin. Il ne le connaissait pas assez et n'avait toujours pas atteint l'aisance suffisante pour se permettre de le faire développer sur un sujet qui ne semblait pas être celui avec lequel il était le plus en accord. Dans une retenue inculquée par ses parents, lui apprenant à se tenir dans les moments nécessaires – et pour lui, il s'agissait d'un de ceux-là, dans lequel ils se trouvaient tous les deux –, il laissa le sujet dériver et parla de la galerie d'art avec laquelle il travaillait en ce moment, détaillant avec un peu trop de ferveur la collection temporaire qu'ils tentaient tous de mettre en place, depuis plusieurs longues semaines maintenant. « Ou si l'art ne t'intéresse pas, tu peux aussi me le dire. Promis, je ne jugerai pas, par contre je ne peux pas faire de même avec le fait que je n'essaierai pas de convaincre avec quelques verres en plus et sans doute un peu trop d'insistance d'à quel point c'est nécessaire dans notre vie. » Levant son verre comme pour officialiser ses propres mots, il le porta ensuite à ses lèvres et bu une gorgée, glissant sa langue sur sa lèvre inférieure pour ensuite venir cueillir les quelques gouttes tombées au détour de leur descente. L'Art était une partie tellement intégrante de sa vie que tout à chacun gravitant autour de lui se trouvait, à un moment donné, prit au piège – agréable ou non selon les gens – d'une conversation animée par lui principalement au sujet de la pratique, des formes, des significations et de la beauté de l'infini qu'il trouvait dans le domaine, alors que ses yeux se mettraient à briller de la passion ressentie par l'anglais. Mais encore une fois, sa retenue inculquée l'empêcha d'aller plus loin pour l'instant, respectant les limites de l'intérêt de son interlocuteur uniquement parce qu'ils ne se connaissaient pas assez pour que l'inverse se produise si tôt dans la soirée. Un petit sourire empreint d'une dose de fierté se dessina sur les lèvres de Kelley a l'admission de Chad quant à la présence de son meilleur ami comme une raison de la sienne toujours entre les rues pavées de Windmont Bay. Le retour de la question qui lui revint provoqua un haussement de sourcils chez l'anglais, se demandant l'espace d'un instant pourquoi il faisait le lien ainsi, avant de se trouver idiot de se poser cette question. « Mes deux meilleurs amis vivent aussi ici, à croire que les anglais aiment voyager en groupe pour coloniser plus facilement. » Il esquissa un petit sourire, avant de soupirer légèrement. « Mais je ne serais pas venu me terrer ici s'il n'était pas question d'Avery. J'ai l'habitude de voyager loin, mais quand il est question de vivre quelque part je préfère rester près de ma sœur. » La décision d'Avery de venir s'installer ici pour jouer dans Wicked avait été déterminante pour Kelley dans celle de faire de même que son aînée. Comme un gamin collé aux basques de son point de repère, il avait voulu garder cette proximité qu'ils avaient – presque, à l'exception des années passées sans qu'ils ne soient dans la vie de l'autre et de leurs débuts difficiles – toujours eue. Même si Owen était ici depuis un moment maintenant, même s'il savait que Poppy avait une partie de ses racines plantées dans la terre oréganaise, il n'aurait pas abandonné sa Londres tant aimée si ça n'avait pas été pour elle. Haussant un peu les sourcils, Kelley se demanda un instant si, même si son avis était demandé de façon plus ou moins détournée – ça pouvait tout aussi bien être une simple question rhétorique –, il était bon pour lui de le donner, avant de se pencher un peu en avant sur la table et de mêler ses doigts entre eux, joignant ses mains autour de son verre. « Non. Ne pas être malheureux ne veut pas dire être heureux, si tu l'étais, tu ne te poserais pas la question. » Il le regarda dans les yeux en disant ça, puis laissa un sourire pincé se glisser sur ses lèvres avant de secouer un peu la tête et de reposer son dos contre le dossier derrière lui. « Mais ça n'est que mon avis, et peut-être ai-je trop lu pour être totalement à même de donner ce genre de réponse. Ou bien, personne n'est réellement en mesure de le faire. » Il n'avait jamais vu le bonheur comme une constante dans la vie de tout à chacun, ou du moins, pas nécessairement. Parfois, il ne s'agissait que de piques aléatoires d'instants de joie qui permettaient de rendre heureux, et il se disait que les bouddhistes n'avaient sans doute pas tort dans leur idée du Nirvana ; il fallait être particulièrement sage pour atteindre un bonheur constant, pur et sincère, que seul l'émerveillement pouvait sans doute provoquer. D'un sujet pouvant être vu comme lourd de sens, ils passèrent en un clignement d'yeux à un autre, bien plus en légèreté vu la façon dont il était abordé. Un rire sincère résonna dans la gorge de Kelley, qui planta son regard dans celui de Chad. « Je n'ai eu aucune douleur le lendemain. Et toi ? Je pense que ça peut répondre à la question, lit ou pas dans l'équation, du fait que je doute sérieusement de nos capacités mentales et motrices pour utiliser du lubrifiant en étant aussi alcoolisés. » Le sexe n'était pas un sujet tabou à aborder, pour lui, aussi en parlait-il avec une certaine aisance, malgré le peu de temps depuis lequel il connaissait son interlocuteur. Haussant les sourcils avec un air amusé, il lança un regard curieux au garçon. « Tu parles de sexe puis tu enchaînes sur ma sœur ? On t'a déjà dit que tu étais plutôt étrange, comme spécimen ? » Il pouffa doucement, puis esquissa un sourire un peu plus large. « Elle est actrice et chanteuse, elle joue dans l'adaptation de Wicked à Portland. Blonde, yeux marron, chauds. Attends. » Il attrapa d'un mouvement fluide son téléphone dans sa poche, le déverrouilla et commença à chercher dans ses photos, ne nécessitant pas beaucoup de temps avant qu'il ne puisse en trouver une où ils étaient tous les deux, prise quelques jours plus tôt.

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Message· · Sujet: Re: an echo lost in space an echo lost in space EmptyMar 16 Juil - 11:16

Chad ne put s’empêcher de se demander, pendant un instant, ce que penserait Rufus s’il le voyait là, attablé avec un inconnu, dans leur bar fétiche. S’il savait aussi qu’il avait confié à cet inconnu une chose (des choses ?)  qu’il ne lui avait jamais avouée(s) durant ces longues années d’amitié. Serait-il jaloux ? Déçu ? Indifférent ? Il savait que lui, si la situation avait été inversée, aurait éprouvé une vive brûlure à la vue de ce tête-à-tête, peu importe ce qu’il y avait derrière – dans ce cas-ci, une soirée trop arrosée, souvenir nébuleux dont quelques bribes resurgissaient péniblement, mais qui n’indiquait rien de particulier. Il n’avait pourtant pas le sentiment de trahir son meilleur ami. Ça n’avait rien à voir. Il ne savait même pas ce qu’ils fichaient, là, à quel jeu ils jouaient, à essayer de raviver des heures perdues alors qu’il valait peut-être mieux qu’ils les aient oubliées. Elles l’auraient certainement été si leurs chemins ne s’étaient pas à nouveau croisés. Etait-ce le destin qui se foutait de sa gueule ? Etrangement, pourtant, la situation n’était pas désagréable – si on excluait le fait que Kelley sache qu’il en pinçait (euphémisme) pour son meilleur pote. Mais que pourrait faire le jeune homme de cette information qui, finalement, ne l’intéressait que parce qu’il pouvait taquiner son interlocuteur avec celle-ci ? Chad était pareil. S’il avait un si bon filon, il en aurait sans doute usé et abusé, mais c’était autre chose d’être le centre de la cible des allusions et des plaisanteries.
- Amen, se contenta de lâcher Chad avec un sourire cynique.
Peut-être qu’il avait ça dans le sang, contrairement à Kelley. Chez les Siringo, l’alcool n’était pas une denrée rare. C’était elle, en partie, qui avait mené le père de Chad derrière les barreaux – lui non plus ne semblait pas se souvenir de ce qu’il s’était passé le soir de l’incident qui l’avait conduit en prison, même s’il clamait son innocence – c’était elle qui avait fait de son grand-père paternel un vieil homme incontinent et rustre – paix à son âme. Avec ces modèles, Chad savait qu’il aurait dû se tenir aussi loin que possible de toute liqueur mais l’attrait était trop fort et, surtout, c’étaient les effets sur son corps qu’il recherchait. S’il l’avouait au jeune Larkin, cependant, Chad craignait de voir se peindre une moue dégoûtée sur ses traits et, bizarrement, il tenait à ce que leur échange ne se ternisse pas. Alors il garda ses arguments pour lui-même et se contenta d’apprécier le goût amer de la bière sur sa langue.
- J’y connais rien, c’est tout. J’aurais l’impression de passer pour un demeuré si je n’apprécie pas à sa juste valeur ton exposition, avoua-t-il avec une grimace et une haussement d’épaules.
A quoi bon feindre le contraire ? Alors que Candace poserait sûrement les bonnes questions, serait fascinée par les émotions qu’une peinture pouvait transmettre quand Chad ne voyait qu’un tableau plus ou moins bien dessiné – et plus le style semblait absurde, moins Chad se sentait concerné. Il préférait un portrait plus vrai que nature qu’un décor qui ne se raccrochait à rien qu’il connaisse. Trop terre-à-terre, peut-être ? Trop con, lui aurait sûrement rétorqué Caleb avec un sourire en coin dont il avait le secret.
Caleb.
La mort du garçon avait-elle été abordée lors de la soirée brumeuse qu’il avait passé avec Kelley ? Forcément. Ce devait être la première chose qui avait été évoquée, la raison principale qui poussait Chad à se noyer dans l’alcool pour oublier la douleur du manque, de l’absence. Mais avait-il parlé des circonstances ? Avait-il illustré la chute de son frère ? La façon dont il avait cru qu’il allait s’évanouir, comme si tout son sang avait quitté son corps ? Son cœur qu’il voulait vomir avec l’alcool avalé ce soir-là ? La toux provoquée par le choc et l’aspiration ratée quand il avait tiré à leur joint ? A ce souvenir, Chad ferma brièvement les yeux, comme s’il était pris d’un vertige. Mais il était assis, les pieds bien ancrés au sol du Davey’s.
S’il n’y entendait rien à l’art, Chad comprenait par contre l’attachement que pouvait représenter un membre de sa famille. Lui non plus n’aurait pas aimé vivre loin des siens – il avait essayé, ça n’avait pas été une réussite. Ils avaient beau lui apparaitre comme un fardeau, des fois, il ne pouvait se figurer une vie où les Siringo seraient dispersés aux quatre coins de la ville, et encore moins de l’Etat ou du continent (non pas qu’ils aient les moyens d’aller bien loin). Et d’un autre côté, combien de temps pensait-il que cela allait encore durer ? Un jour où l’autre, chacun mènerait sa vie : les jumeaux réaliseraient peut-être leurs rêves de voyages, Candace deviendrait une éminente dieu-sait-quoi, Crys élèverait sa propre petite famille, Cash, Clarissa et Cody suivraient leur propre volonté et lui, dans tout ça ? Serait-il le mec scotché à sa vie misérable, coincé dans ses sentiments ? Car Rufus aussi finirait par changer de voie, trouverait quelqu’un et s’éloignerait et, dans ce cas, que lui resterait-il ? L’interrogation lui donna envie de boire. Et comme il avait précisément le remède entre ses doigts, il but deux longues gorgées de bière avant de murmurer d’un air distrait :
- Avery…
Comme si c’était la seule chose qu’il avait retenue de la réponse de Kelley. Il faillit lui demander si elle était aussi jolie que lui était beau (et peut-être son sourire le laissa-t-il transparaître) mais la conversation dévia vers les questions existentielles de la vie, celles auxquelles il n’aimait pas songer d’habitude et vers lesquelles il semblait pourtant voguer dès lors qu’il était en compagnie de l’Anglais.
- Qu’est-ce qu’on s’en fout, de toute manière, hein ? répliqua Chad avec un sourire tordu. Même quand on est heureux, c’est éphémère. C’est pareil avec la douleur. Elle s’estompe et disparaît au bout d’un moment. L’être humain semble être doué pour oublier ou pour s’accommoder de ce qui lui arrive.
Il prenait sa famille pour exemple muet mais il l’imaginait au sens plus général aussi. Partout dans le monde, des gens mouraient de faim, dans des catastrophes naturelles, sous le joug de leurs pairs, et eux, ils étaient là, frôlant la douce ébriété qui fait dire n’importe quoi. Leur discussion ne résoudrait rien et c’était tout juste si elle apaiserait quoi que ce soit quand elle semblait plutôt raviver les blessures internes, récentes ou plus lointaines. Mais ça n’était peut-être que lui qui s’apitoyait sur son sort, qu’en savait-il ? Kelley avait l’air d’être un mec stable, qui savait ce qu’il voulait dans la vie – et peut-être qu’en un sens, Chad lui enviait cela, même si cela pouvait n’être qu’une apparence. Il ne savait après tout rien du garçon qui lui faisait face et pouvait donc se tromper sur toute la ligne.
- Pas même une migraine atroce ? Parce que moi, elle m’a bien assommée. Je crois que j’ai comaté jusqu’à tard dans la soirée du lendemain, se rappela Chad avec un sourire gondolé. Mais OK, pas de sexe sur la liste. Noté. Dommage.
Il sourit pour montrer qu’il plaisantait, pour éviter un malaise inutile, et but une autre gorgée. Dans l’état d’ivresse où il était, de toute manière, Chad n’était pas sûr qu’il aurait pu être très performant, à moins que ça soit pour finir ronflant, affalé sur un lit, paumé dans un sommeil sans rêves – et donc sans douleur. Pas de Caleb. Pas de falaise. Pas de cœur au bord des lèvres. Pas de Rufus pour hanter son esprit à la dérive.
- Tu as attisé ma curiosité, qu’est-ce que tu veux ? J’essaie de l’imaginer et je n’arrive qu’à voir une version de toi avec une robe. Il va falloir me la présenter pour m’ôter ce tableau étrange de la tête.
Mais il ne serait visiblement pas nécessaire d’en arriver là – et s’il était du genre frangin protecteur, il ne voudrait sans doute pas présenter Avery à un mec qu’il connaissait à peine et qui s’était déversé sur lui sans retenue – puisque la demoiselle était célèbre et que Kelley lui montrait un portrait d’eux deux.
- Tu te fous de moi. C’est un montage ! s’exclama Chad avant d’écarter les doigts pour zoomer sur le visage de la jeune femme. Elle est canon, y a pas à dire. Oups ! Je ne suis peut-être pas censé penser ça tout haut ?
Il s’adossa à sa chaise et soupira :
- Eh bien, tu vois, je serais bien plus branché par l’idée d’aller voir la pièce de ta sœur que d’être un gros nul à l’une de tes expositions. Tu m’en veux pas, au moins ?
Chad sonda le regard de Kelley et se demanda ce qui le poussait à faire preuve d’une telle audace. Peut-être était-ce l’alcool. Peut-être était-ce le soulagement de savoir que quelqu’un, sur cette fichue planète, connaissait au moins un de ses secrets – et pas des moindres. Peut-être était-ce simplement cette complicité naturelle qui avait surgi de nulle part.

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Kelley Larkin

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Message· · Sujet: Re: an echo lost in space an echo lost in space EmptyVen 26 Juil - 23:54

Il n'avait aucune idée de ce qu'il y avait à tirer de ce qu'ils étaient en train d'échanger, une nouvelle fois. Tout comme il n'en avait probablement eu aucune la première fois qu'ils s'étaient rencontrés. Le déballage de sentiments n'avait probablement eu lieu que parce qu'ils étaient persuadés, l'un comme l'autre, de ne jamais revoir le garçon qui avait partagé leur soirée et une partie de leur nuit, à qui ils avaient confié bien des choses, privées pour la plupart à n'en pas douter, et pourtant ce soir encore ils étaient là, un verre devant eu, une table entre eux, et de nouveau ils commençaient doucement à laisser couler leurs paroles au gré des gorgées de bière ou autres alcools plus forts et des conversations qui les entouraient et qu'ils n'écoutaient pas. Toute l'attention de Kelley était portée sur Chad, sur les petites bribes de lui qu'il pouvait découvrir un peu mieux encore au milieu de ce qu'il lui disait, de son choix de mots et tout ce qu'il s'ensuivait. Se contentant d'un petit sourire au « amen » cynique qu'il lança, il ne creusa pourtant pas plus loin pour ce qu'il pouvait y avoir derrière. Détaillant le garçon, il chercha à se rappeler quelques petites choses qui peut-être ne lui étaient pas encore revenues de leur précédente nuit partagée ; quand bien même la désigner de cette façon lui donnait l'impression que certaines choses s'étaient passées, alors qu'en toute logique, non. Ça l'intriguait, tout ça. Savoir qu'ils s'étaient dit des choses dont ils ne gardaient pas de trace en mémoire, que peut-être il y avait eu dans toutes les confessions de l'un et l'autre des choses que personne d'autre ne savait ; il avait cru comprendre que c'était effectivement le cas pour Chad, que sans doute aucun de ses proches n'était au courant de ses sentiments pour son meilleur ami, et justement se demandait-il ce qu'il avait bien pu lui confier en échange de cette information, quel genre d'aveu il avait pu lui faire, parce que son esprit était bien incapable de lui faire se souvenir de ce qu'il avait pu lui-même dire. Le menton posé dans la paume de sa main, son coude sur le bois de la table, il laissa son regard glissé sur le visage de Chad, écoutant ce qu'il avait à dire sur l'art et la raison pour laquelle il ne souhaitait pas spécialement se rendre à la galerie. « Tu sais, c'est le genre de chose qui s'apprend, si jamais tu voulais tenter le coup. Et ne pas s'y connaître en arts ne veut pas dire que t'es un demeuré. Mais si c'est pas le cas... J'attends de boire un peu plus pour devenir chiant par rapport à ça, histoire d'avoir une excuse à ça. » Son sourire s'agrandit notablement sur son visage à cette remarque, se doutant bien qu'il ne risquait pas d'en réchapper si le sujet de l'art était à nouveau évoqué au cours de la soirée, avec quelques verres de plus pour se mêler à son sang. Quand quelque chose l'intéressait particulièrement, il ne pouvait s'empêcher de laisser entendre une diarrhée verbale à ce sujet, s'étendant de longues minutes se transformant souvent en heures sur ça. Mais il pouvait comprendre que tel n'était pas le cas de tout à chacun ; que certaines personnes n'avaient pas la sensibilité nécessaire auprès de l'art pour pouvoir y trouver un intérêt tel que celui qu'il avait pour.
En entendant le prénom de sa sœur dans la bouche de Chad, Kelley arqua doucement un sourcil pour toiser le garçon. Il se demanda pourquoi il ne s'arrêtait que sur ce détail dans la liste des choses qu'il avait pu lui dire quelques secondes plus tôt, se contenta de répondre : « Avery, oui » en continuant de l'observer un bref instant, ressentant cette petite pointe de... jalousie, peut-être ? Instinct protecteur ? Il n'avait jamais mis de nom dessus, se contentant de la ressentir de temps en temps dans sa poitrine, quand on semblait porter trop d'attention à sa sœur ; alors même que son compagnon de soirée ne l'avait encore jamais vu, le poussant à réaliser qu'il était peut-être un peu stupide de réagir comme ça. Ne développant pas plus, il se porta sur la question du bonheur et réfléchit un instant à la réponse à donner, avant de trancher dans un sens plutôt que d'un autre, partageant son avis sur la question. Une petite moue se pointa sur son visage à la réponse offerte par Siringo, haussant des épaules. « Et alors ? Le caractère éphémère des choses ne les rend pas moins belles. Si on part dans un débat philosophique, alors c'est normal que tout soit éphémère, puisque nous-mêmes le sommes. Notre bonheur ne peut pas nous survivre, dans tous les cas. Et puis, au moins, on garde toujours l'opportunité d'une telle quête, qui est le but d'une vie pour certaines personnes. Ça n'est pas plus mal. » Il porta sa bière à ses lèvres, bu quelques lampées, et la reposa avant de s'humecter les commissures de la bouche. « Et je ne pense pas que grand monde se plaindra que la douleur le soit aussi. Pour ce qui est de notre talent pour l'adaptation, c'est ce qui nous a permis de durer autant d'années, alors Dieu soit loué pour ça. Amen. » Il leva son verre en direction de Chad, esquissa un demi-sourire pour lui indiquer que tout n'était pas à prendre à cœur dans ce qu'il venait de lire. C'était simplement le genre d'élucubrations dans lesquelles il se plaisait à se lancer quand l'opportunité de le faire se présentait à lui, comme ce soir ; comme la première nuit aussi, sans doute, et une pensée émue fut adressée à Chad de ce soir-là, qui eut à supporter ce genre de choses. Un rire, finalement, le secoua doucement alors qu'il haussa de nouveau les épaules, laissant son dos retomber contre son dossier et soupirant un peu. « Je parlais de douleurs disons, sexuelles. Heureusement, la migraine n'en est pas une, même si du coup j'aurais bien utilisé le premier sujet pour faire partir le deuxième au réveil. » Mouvant ses doigts au rythme de sa phrase, faisant mine de réfléchir avec un peu plus d'intensité qu'il n'était nécessaire de le faire, avant de retrouver sa posture habituelle. Finalement, il releva la fin de réponse de Chad et arqua un sourcil, le sourire du garçon trouvant un écho sur son propre visage, alors qu'il pencha légèrement la tête sans le quitter des yeux. « Dommage, tu dis? » Il hocha un peu la tête, prit une nouvelle longue gorgée de sa bière et, dans son regard, se mit à briller une étincelle plutôt fière. « J'aurais été vexé que tu penses à ton meilleur ami pendant, de toute façon. » Ses dents blanches dévoilées dans un sourire un peu plus grand encore, la taquinerie perdue dans le son de sa voix, il laissa la remarque en suspens, n'allant pas jusqu'à dire que, peut-être, lui aussi aurait eu quelqu'un d'autre en tête si les choses avaient pris cette direction après leur discussion qui semblait probablement interminable. Arquant un sourcil à la nouvelle réponse de Chad quant à Avery, il le toisa avec un peu plus d'intensité. « C'est parce qu'on n'a pas couché ensemble que tu veux jeter ton dévolu sur elle ? Sache que je ne suis pas très fan de cette idée. » Il avoua avec une petite moue, buvant un peu plus de sa bière presque vide en sortant son téléphone pour, malgré tout, lui montrer une photo de sa sœur, terminant ensuite son verre d'une traite. Le claquant sur la table, il tendit la main pour récupérer le téléphone en pouffant un peu de rire. « On se calme, Don Juan. Je ne suis pas là pour jouer les entremetteurs entre ma sœur et toi, si tu permets. » Il rangea l'appareil dans sa poche et glissa ses doigts sur la pinte, rajoutant en baissant un peu les yeux. « Et puis, elle a déjà eu droit à des hommes qui sont sortis avec elle alors qu'ils avaient des sentiments pour quelqu'un d'autre. J'ai pas vraiment envie que ça lui arrive à nouveau. » Pointant du doigt vers lui, il ajouta : « concentre-toi sur ta target. » Cette fois, son sourire ne se tinta pas de taquinerie ou autres, seulement d'une amitié sincère – si tant était que l'on pouvait appeler ça ainsi. Posant ses paumes sur la taille, il se leva et sorti son portefeuille, avant de désigner leurs boissons respectives. « Même chose ? Ou je te prends autre chose ? »

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Chad Siringo

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Message· · Sujet: Re: an echo lost in space an echo lost in space EmptySam 3 Aoû - 10:04

S'il n'avait pas croisé Kelley, quelques minutes plus tôt, il serait probablement occupé à siroter sa seconde bière au comptoir, à vaguement discuter avec le barman, un mec qui avait été au lycée avec lui, ou un voisin de tabouret. Il serait l'un de ces pathétiques saoulards qu'il apercevait en compagnie de son père quand il partait à sa recherche parce que ça faisait deux jours qu'il n'avait pas dormi à la maison - en omettant soigneusement que son père était semblable à la compagnie qu'il recherchait. Chaque fois que Chad avait localisé son paternel, c'était le même schéma: il discutait de sujets complexes, de sa voix pâteuse (il pouvait s'agir de politique ou d'économie, des choses auxquelles il n'entendait rien mais ça ne l'empêchait pas de disserter dessus jusqu'au bout de la nuit, qu'il obtienne la moindre réponse de son interlocuteur ou non), l'index souvent levé, comme pour s'assurer qu'il captait bien l'attention de l'autre, l'oeil hagard, déconnecté de toute réalité. Chad détestait ce tableau. Il préférait se figurer son père chez eux à la maison, à taquiner son épouse, à essayer de la faire asseoir sur ses genoux, ce qui la faisait immanquablement glousser d'indignation. Mais ça, c'était un souvenir lointain, d'enfance, quand Chad n'avait pas encore dix ans. Tout changerait au milieu de son adolescence, avec l'accident, et si le jeune homme savait que ce n'était pas la seule chose qui avait conduit son père à la boisson - après tout, c'était dans leurs gènes - ç'avait été le petit caillou qui avait créé l'altération, puis l'avalanche. Il avait fallu que d'autres soucis viennent assombrir l'humeur de son père (la conclusion étant la naissance de son fils sourd, ce que Chad ne considérait pas comme un souci mais comme un ajustement) mais Chad savait précisément à quel moment les choses avaient commencé, et c'était il y a douze ans. Dès lors, Chad ne pouvait s'empêcher de se le demander: combien de drames lui faudrait-il pour devenir comme son père? Cela commençait-il avec la mort de Caleb? Qu'est-ce qui l'attendait ensuite? Il ne préférait pas le savoir; cette simple pensée le déprimait et quand il déprimait, il disait des conneries.
Comme le soir où il avait rencontré Kelley.
Mais regrettait-il de s'être épanché? Un peu, sans doute. Cela lui avait sûrement fait du bien, sur le moment, il ne savait plus trop. Tout ce qu'il savait, c'était qu'il ne voulait plus offrir ce triste spectacle au jeune homme. Le Chad qu'il avait rencontré ce soir-là n'était pas le véritable Chad. Il n'était que l'ombre de ce dernier. La part de lui qui se désespérait de ne savoir où il allait; le reste du temps, le jeune Siringo s'accommodait après tout sans problème de cette errance. Tant qu'il avait sa famille, tant qu'il avait Rufus, que pouvait-il demander de plus?
- Ouais, mais qu'est-ce que ça m'apporterait dans la vie ? Je veux dire, ça me fera pas gagner de l'argent de savoir identifier un peintre ou un courant artistique. Or, je crois qu'il est assez évident que chez moi, on croule pas sous le fric. Sans vouloir te vexer, l'art, ça me donne juste l'impression d'être un luxe pour les gens qui ont le temps d'aller à des expos...
Il s'en voulut un peu, peut-être que son ton pourrait paraitre mordant alors que ce n'était aucunement son intention. Mais il le pensait sincèrement: il ne voyait pas trop ce qu'il ferait à mater un tableau, pas plus qu'il ne voyait ses frères et soeurs évoluer dans ces salles froides et impersonnelles réservées aux intellectuelles - il n'avait aucune idée, en même temps, qu'il y avait deux artistes parmi les siens. S'il avait su que Clarissa taggait les façades de Windmont Bay et que Cash avait le talent nécessaire pour se faire un nom dans la bande dessinée, peut-être aurait-il approché le sujet d'un autre oeil.
- Jeez, est-ce que tu crois que notre discussion était aussi déprimante, la dernière fois? ironisa Chad en secouant la tête. L'éphérémité de nos vies, ça me rappelle juste qu'on a une date de péremption.
Et que certains mouraient bien trop jeunes.
Chad soupira et fit tourner la bière dans son verre avant d'ajouter:
- Je n'ai pas envie de parler ou de penser à la mort...
Kelley allait sans doute le trouver bien moins drôle s'ils continuaient sur cette voie. Note qu'il n'était pas certain que le jeune homme apprécie non plus le changement de sujet quand celui-ci dévia vers sa frangine. Mais Chad suivit son mouvement et leva mollement son verre. Il haussa les épaules, un sourire revenant faire frémir le bord de ses lèvres quand Kelley releva le mot qui soulignait sa déception, sans sembler se vexer. Mais quand le jeune Larkin fit allusion à Rufus qui aurait pu s'immiscer entre eux durant leur hypothétique étreinte, Chad inspira longuement puis émit un petit sifflement amusé:
- Tu ne vas pas lâcher l'affaire, hein? Je ne crois pas que j'aurais été en mesure de penser à lui, de toute manière. Pas avec ce taux d'alcoolémie dans le sang.
Après tout, ne s'abrutissait-il pas dans l'alcool pour précisément chasser les fantômes de Caleb et Rufus? Mais peut-être qu'il se leurrait. Il ne savait en effet pas les propos qu'il tenait lorsqu'il avait tant abusé de la boisson que sa mémoire était trouée comme un gruyère. Et sil ne se souvenait pas de tout ce qu'il avait pu dire à Kelley ce soir-là, n'était-ce pas la preuve qu'il se leurrait? Il avait parlé de ses sentiments refoulés. A un parfait inconnu. Il ne pouvait donc clairement pas se fier à son esprit imbibé.
- Hé, ce n'est pas ce que j'ai dit, se défendit Chad en levant les mains, comme si cela allait l'innocenter.  Plus un mot sur ta frangine, promis.
Chad n'avait pas envie de se mettre le jeune homme à dos. Ils ne se connaissaient pas, bien sûr que sa remarque - une plaisanterie, vraiment - pouvait être mal interprétée. Si un mec avait eu le même genre de commentaire à propos de l'une de ses soeurs, il n'aurait sûrement pas apprécié, bien qu'il n'ait jamais eu à jouer les protecteurs avec Crys, elle se défendait très bien toute seule; Candace, quant à elle, était bien trop absorbée par ses ambitions pour ne serait-ce que regarder autour d'elle et Clarissa était encore une gamine à ses yeux - mais peut-être avait-il tort de la considérer ainsi.
- Fair enough, abdiqua le jeune homme quand Kelley expliqua les mésaventures amoureuses de sa soeur. C'était pour rire, de toute manière, hein? Je ne suis pas un prédateur, je n'ai pas envie de me jeter sur tout ce qui bouge pour noyer ma frustration!
Après, on pouvait aussi se dire qu'il n'avait jamais entretenu une véritable relation avec quiconque - garçon ou fille - et qu'il n'était pas donc très fiable. Mais Chad se laissait aller au gré des rencontres et ses escapades se résumaient souvent à une nuit parce que c'était ce que lui et sa partenaire éphémère - encore ce mot - voulaient. Il n'avait jamais eu le déclic avec ses histoires passées et peut-être que Rufus était comme une ombre qui l'empêchait de s'arrêter sur quelqu'un, de laisser une chance à une rencontre de devenir davantage, mais le jeune Siringo n'était pas en état d'analyser ce qui le freinait et ne préférait pas inciter Kelley à lui rappeler cette attirance à sens unique qui parasitait son amitié avec Rae.
- Mmmh, même chose, même si ce n'est probablement pas avisé.
Mais qu'entendait-il par-là? Qu'il ne voulait pas que la soirée se finisse avec un oeil au beurre noir parce qu'il aurait lâché une maladresse supplémentaire? Qu'il aurait mieux valu qu'il s'arrête là tout court, parce qu'il ne voulait pas prendre la même voie que son père? N'était-ce pas trop tard pour s'en soucier, cependant? Ce soir, certainement.
Quand Kelley revint, Chad l'accueillit avec un sourire ennuyé:
- Hé. Tu sais que je plaisantais, hein? Pour ta soeur, c'était pas malin, je l'avoue, je suis désolé. Mais même à propos de ce qui ne s'est pas passé l'autre soir. Je ne sais pas pourquoi j'ai dit ça. Je dis que des conneries, la plupart du temps, les gens qui me connaissent au quotidien le savent, ils ne prennent pas ce que je dis au sérieux, lui assura-t-il avec un haussement d'épaules.
Quant à l'affaire Rufus, il ne voyait aucune issue. Il devait faire le deuil de quelque chose qui ne se ferait pas, mais là où il était plus facile d'accepter la disparition de Caleb, puisqu'elle était tristement palpable, réelle, il en allait tout autrement de ses sentiments pour quelqu'un qu'il voyait presque tous les jours.

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Message· · Sujet: Re: an echo lost in space an echo lost in space EmptyMer 28 Aoû - 14:46

Un air curieux prit place sur le visage de Kelley aux affirmations lancées par son compagnon de route, ce soir. Doucement, il s'humecta les lèvres et les laissa s'étirer en un demi-sourire, écoutant les arguments que Chad avancé quant à l'art et le peu d'intérêt qu'il pouvait représenter pour lui, et pour ses besoins, hochant distraitement de la tête en le laissant terminer son laïus. Probablement paraissait-il emphatique dès lors qu'il évoquait le sujet. On l'imaginait pompeux, chiant, parce que la plupart du temps les gens ne savait pas le laisser s'étendre sur ce qu'il voulait, et faire naître en eux un début d'intérêt pour quelque chose qu'ils s'imaginaient complètement inutile – quand lui vivait pour ça, pour l'art, qu'importe la forme, le média, qu'importe la façon dont il lui était présenté. « Je gagne ma vie grâce à l'art. » Il haussa les épaules, glissa le bout de son index sur le rebord de sa pinte. « Reconnaître des tableaux, des artistes, ou des courants artistiques me permet de vivre confortablement sans avoir à dépendre de ce que mes parents ont bâti avant moi. » Son sourire laissa transparaître l'absence de vexation ressentie face à ce que lui disait Chad ; pourquoi devrait-il s'offusquer d'une pensée commune à bien trop de personnes de toute façon ? Au moins laissait-il une place ouverte au débat, et ça suffisait à éveiller l'esprit de Kelley Larkin et à lui faire avoir un sourire en coin. « Je comprends ton point de vue, cela dit. On ne gagne pas de l'argent facilement grâce à ça, il faut persévérer et trouver les bons filons, mais une fois que t'es dedans... c'est confortable. » La passion était ce qui l'avait guidé jusque-là, mais peut-être aussi parce qu'il avait eu l'assurance financière de l'empire Larkin, de l'aristocratie dont descendaient ses parents derrière lui. Avery et lui avaient tous deux eu la liberté de choix tendue par le champ des possibles étendu à leurs pieds, parce qu'ils avaient le luxe de faire ce qu'ils aimaient, et non pas ce qu'ils devaient faire pour survivre. L'art n'était pas la voie évidente pour les gens aux moyens limités, et il le savait. Peut-être paraissait-il hautain alors, à vouloir les convaincre de ses bienfaits et de son utilité ? Mais il ne pouvait s'en empêcher, de vouloir ouvrir les yeux sur son premier grand amour. Un léger rire lui échappa finalement, alors qu'il tenta une fois de plus, vainement, de se replonger dans les souvenirs flous et incertains (voire, pour la grande majorité, inexistants) de la première soirée passée en tête à tête. « C'est probable. Ça expliquerait pourquoi tu ne m'as jamais rappelé après notre premier date ! Ou bien on a justement parlé de dates de péremption et tu as conclu que j'avais déjà atteint la mienne. » Peut-être n'était-ce qu'une tentative d'humour pour alléger un peu les cœurs, alors qu'il se rendait compte de la mine en berne de Chad, à mesure que la conversation évoluait sur quelque chose d'un peu trop philosophico-morbide ; même lui, en soi, pourrait se passer des tristes constats comme celui-ci. Levant son verre vers lui, il haussa une épaule et tenta de sortir son plus beau sourire. « Alors restons du côté des vivants ce soir. Dans tous les sens du terme, si on peut s'éviter de finir comme des zombies dénués de tout bon sens. » Un léger rire traversa la barrière de ses lèvres roses, alors qu'il but une nouvelle gorgée de sa bière, approchant déjà dangereusement de la fin de son verre ; ce qui signifiait que deux choix s'offraient à lui : la raison et le fait de rentrer chez lui, ou la possibilité de prolonger un échange qui maintenait son intérêt à flot et lui permettait d'avoir envie d'en découvrir plus sur la personne avec qui il avait décidé de passer une nouvelle soirée. « Tu m'as parlé de lui avec un taux d'alcoolémie élevé... ça veut bien dire que tu étais en mesure de penser à lui. » Il taquinait, il taquinait, mais il tentait en même temps de ne pas aller trop loin dans ses remarques. Des histoires d'amour avortées avant même de pouvoir exister, Kelley en avait connu, avait été témoin de quelques-unes, et celle-ci lui donnait un peu la même impression que les autres qu'il avait pu observer, de près ou de loin. De nouveau, un petit air amusé se dessina sur les lèvres de Larkin, sans trop pouvoir être perçu comme s'il prenait vraiment les choses à la plaisanterie ou non ; quand il s'agissait de sa sœur, le sujet était sensible, et il n'était guère toujours en mesure de plaisanter là-dessus, lui-même le savait. Il ne rajouta rien, alors, quand Chad promit de ne plus évoquer Avery, car peut-être était-ce mieux ainsi ? Il savait qu'il ne plaisantait pas toujours par rapport à son aînée, et il n'avait guère envie de voir l'ambiance se dégrader entre eux si les plaisanteries de Siringo finissaient par ne plus faire naître de sourire au détour de son visage. Il expliqua malgré tout les histoires d'amour inégales d'Avery – se sentit un peu contre son droit de le faire, mais peut-être le garçon méritait-il au moins de savoir pourquoi Kelley pouvait prendre la mouche sur ce sujet –, et finit par poser une main sur son cœur, mimant un long soupir de soulagement. « Je suis ravi de savoir que je suis une exception et pas juste une autre conquête que tu aurais aimé rajouter à ton tableau de chasse. Je me sens un peu plus spécial, maintenant, ça a un côté agréable. » Sa plaisanterie parvint à faire naître sur ses propres lèvres un sourire plus large, et souffler un peu sur le désagrément d'imaginer quelqu'un qu'il ne connaissait pas vraiment vouloir être mis en contact avec sa sœur, uniquement parce qu'il la trouvait à son goût. Si la compagnie du jeune homme lui apparaissait comme agréable, il ne savait pas de quoi il était fait lorsqu'il venait à se lancer dans une histoire de couple, et ne savait pas non plus s'il était quelqu'un de confiance à qui laisser l'opportunité de séduire – ou non – sa sœur. Se redressant pour quitter la table quelques minutes le temps de commander, il lança à Chad un sourire dont il ne savait pas trop lui-même s'il le voulait complice ou doux. « J'aime à croire que deux bières ne suffiront pas à nous mettre dans le même état que la dernière fois. » Au bout d'un instant assez court, il revint à la table, deux pintes à la main, et en déposa une devant Chad avant de retrouver le confort approximatif de son propre siège, et d'entourer le verre de ses doigts, détaillant avec curiosité l'air ennuyé du jeune garçon. « Je sais, oui, tu me l'as déjà dit. » Un petit sourire prit place sur ses traits, avant qu'il ne laisse passer un soupir malheureux. « Déçu de voir que je ne te fais pas l'effet que je pensais, par contre. » Son regard bleu retrouva celui de Chad, brillant d'un éclat qui signifiait bien qu'il ne faisait rien d'autre que de plaisanter, lui aussi. « Désolé si ma réaction t'a mis mal à l'aise. J'ai tendance à me méfier des gens qui pourraient tourner autour d'elle, elle n'a pas connu que des bonnes personnes. » Il haussa doucement les épaules, reléguant le sujet à plus tard – ou à jamais, plus probablement. Faisant tinter sa bière contre celle de Siringo, il en but une gorgée, la garda peut-être une ou deux secondes en bouche avant de l'avaler. « Je ne sais pas si cette fois on gardera tous les souvenirs de cette conversation, mais j'aime assez ce que je découvre à ton sujet, Siringo. » Un nouveau sourire, et une nouvelle gorgée de bière.

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Message· · Sujet: Re: an echo lost in space an echo lost in space EmptySam 14 Sep - 16:36

Parfois, Chad se demandait si sa famille n’était pas maudite dès le départ, sans savoir à quand remontait la malédiction. Un ancêtre Siringo s’était-il attiré les foudres d’une sorcière qui avait jeté un sort sur ses descendants? Cela expliquait-il les difficultés de chacun des membres de sa famille à s’en sortir? Certains y mettaient plus d’énergie que d’autres, évidemment. Il admirait les efforts de Cali à vouloir quitter ce terrain propice à la déchéance, il se disait souvent qu’un espoir subsistait avec les suivants: les jumeaux avaient de l’ambition, à leur manière, les plus jeunes n’étaient pas encore complètement paumés. Ils n’étaient pas comme lui, voilà ce qu’il voulait dire. Le mec qui se laissait flotter et suivait le courant sans se débattre, comme si son existence était dessinée depuis longtemps et qu’il ne servait à rien d’essayer de sortir des lignes tracées. L’attirance qu’il ressentait pour son meilleur ami? Un mal à endurer pour ne pas le perdre car à aucun moment Chad n’avait envisagé lui ouvrir son coeur pour révéler ce qui y était soigneusement verrouillé depuis de nombreuses années. Il ne pouvait pas perdre Rufus, Chad en était encore plus sûr aujourd’hui, alors qu’il avait perdu son frère, l’âme dont il s’était senti la plus proche sur cette foutue planète. Quant à l’inexorabilité de sa pauvreté et de son manque de perspectives d’avenir? Il y était habitué, depuis le temps, ça n’était qu’un détail, insignifiant, aisément remisé au placard. Mais il n’attendait pas de Kelley qu’il le comprenne, il était évident qu’ils appartenaient à deux univers opposés et qu’ils ne devaient leur rencontre qu’à un hasard facétieux. La preuve la plus évidente? Leur approche totalement différente de l’art - ce que Chad continuerait obstinément à considérer comme un luxe de riches, quoi qu’en dise son interlocuteur.
- Ouais… Mais à ce que j’ai pu comprendre, tu viens d’un milieu qui te permet de prendre ce risque…
Loin d’être une critique, Chad évoquait la chose comme une évidence. S’il avait vécu dans une maison comme celle des Siringo, il n’aurait sans doute pas envisagé un choix de carrière risqué, il aurait opté pour de l’argent facile, qui ne requière pas de tabler sur un coup de bol. Et il éleva légèrement la main, paume vers le haut, quand Kelley sembla lui donner un argument supplémentaire. Personne ne se lançait dans pareille entreprise quand il était sans le sou, c’était beaucoup trop précaire et s’il fallait du temps pour s’établir dans un domaine aussi sélectif, les gens comme Chad n’en avaient pas. La passion ne suffisait pas, le jeune Siringo en était persuadé. Après, il était content si Kelley s’épanouissait dans un boulot qui lui tenait à coeur, mais tout le monde n’avait pas cette chance. Quant au fait que Chad n’y voyait aucun intérêt, c’était secondaire, une question de goût, rien de plus. Le jeune homme savait que même plein aux as, il ne perdrait pas son temps dans des galeries, à regarder des oeuvres qui ne lui parlaient aucunement. Il préférerait sans doute voyager, assurer ses arrières, rendre sa vie actuelle plus douce, même si, évidemment, il ne préférait pas imaginer ce monde hypothétique - encore un truc de pauvre: à quoi bon se faire du mal en rêvant à quelque chose qui n’existait pas?
-  Aye, répliqua Chad, légèrement ironique, en écorchant l’accent écossais.
Sa famille avait sûrement des origines très variées mais celle-là, a priori, n’en faisait pas partie.
- Ouais, ça va, j’abdique. Je l’ai dans la peau, qu’est-ce que tu veux?
La reddition semblait peut-être trop aisée mais Chad n’avait aucun argument à opposer au jeune homme. S’il avait réussi à le saouler en lui parlant de ses sentiments étouffés pour son meilleur ami, comment espérait-il minimiser ceux-ci maintenant? Tout l’humour du monde ne parviendrait sans doute pas à effacer ce qui restait de ce premier soir où ils s’étaient balancés leur vie dans l’ébriété du moment. Apparemment, en tout cas, malgré le flou artistique de leur conversation, Rufus avait marqué l’esprit de son interlocuteur, et il venait hanter cet échange, sans la moindre concession. Chad n’avait aucune chance d’échapper à ce souvenir.
- Ouais, ouais, c’est ça, rajoutes-en une couche, grimaça Chad en froissant le nez en secouant la tête. Putain, cet accent que tu as, quand même, c’est incroyable. Je n’avais jamais parlé à un Anglais avant, c’est quelque chose!
C’était un truc que les mecs comme lui entendaient à la télévision ou au cinéma, jamais dans la vraie vie. Il devait l’admettre, ça avait quelque chose de sexy, mais il était hors de question qu’il en fasse part à Kelley.
Chad hocha la tête, aimant à croire la même chose, et il laissa Kelley aller chercher la tournée suivante, méditant sur leurs paroles jusqu’à ce que ce dernier revienne, les mains pleines.
- Oui, mais je préfère insister. T’es un mec cool, je ne voudrais pas créer de malaise inutile, répliqua Chad avant de constater que, visiblement, il n’y avait pas de malaise. Fronçant légèrement les sourcils, un frémissant lui chatouillant le bord des lèvres, Chad s’exclama: Et quel effet est-ce donc? Tu joues avec mes sentiments? Tu voudrais que je bave devant ta belle gueule alors que je n’ai aucune chance?
Son sourire insinuait la plaisanterie mais il était sans doute moins doué que son interlocuteur en la matière. Peut-être que Kelley était affublé de l’un de ces défauts de gosse de riche: tout devait tourner autour d’eux, tout le monde devait les aduler et/ou tomber en pâmoison devant leur perfection innée. Après tout, il avait beau avoir la conversation facile et agréable, il n’en restait pas moins un être humain, avec ses atouts et ses défauts, et Chad savait pertinemment que le milieu dans lequel chacun grandissait influençait grandement la vision qu’il avait sur le monde. Il n’y avait qu’à voir leur approche opposée de l’art: une passion pour l’un, un passe-temps de luxe pour l’autre. Il était sans douce difficile pour Kelley de se mettre au niveau d’un mec sans le sou, tout comme il était impossible pour Chad d’imaginer l’assurance que pouvait éprouver l’autre en général. Qu’est-ce qui faisait qu’ils s’entendaient si bien, alors, eux qui venaient de monde si différents?
- Je ne t’en veux pas. J’ai des frangines, je devrais savoir que c’est con d’insinuer des trucs pareils, même pour rire.
Chad haussa les épaules, avec une nonchalance factice, avant de boire à son verre, tout en observant d’un air absent le jeune homme en face de lui. Un sourire glissa toutefois ses lèvres à la confession de Kelley.
- Ah ouais? T’avise pas de tomber amoureux, mon coeur est déjà pris, tu le sais, dit-il en portant la main à son torse, comme pour couvrir ledit coeur.
Mais pour le protéger de quoi? La vie lui avait déjà asséné tous les coups possibles. Chad laissa retomber sa main et soupira, en secouant légèrement la tête:
- Mais je te retourne le compliment. J’avoue que je ne le pensais pas en te revoyant devant l’immeuble, j’ai plutôt eu un sursaut de panique. Chad grimaça puis poursuivit: Mais je crois avoir compris que je pouvais compter sur ta discrétion? Peu importe ce que j’ai dit l’autre soir?
Ils ne s’étaient pas fait de promesse, la dernière fois. Parce qu’ils étaient sûrement trop ivres ou persuadés de ne jamais se revoir. Mais puisqu’il s’avérait qu’ils vivaient dans la même ville, peut-être valait-il mieux y remédier, même de façon symbolique.
- Tout ça restera entre nous?
Et comme pour conclure le pacte, Chad se redressa sur sa chaise, posa le coude sur la table et tendit la main à Kelley, son regard, étrangement sérieux, plongé dans celui de son interlocuteur. Peut-être que ça amusait Kelley de le taquiner au sujet de Rufus, mais pour Chad, il s’agissait de beaucoup plus.

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Have you ever wished you could rewind, pick up all the pieces of the life you left behind ? Have you ever lived on borrowing time, knowing your mistakes are chasing you down from behind ? But, don't hold me, cause I am falling back down and I wouldn't wanna see you hit the ground. But little darling you found my heart in the lost and found but the scars they still follow me around.
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