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 You don't know what you've got until it's gone.

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a man on fire × a violent desire

Beckett Schaeffer

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Message· · Sujet: You don't know what you've got until it's gone. You don't know what you've got until it's gone. EmptyLun 15 Avr - 21:41

@Charlotte Lancaster
2 mars 2019



I thought I kept you safe and sound, I thought I made you strong. But something made me realize that I was wrong

Une autre journée, une autre déception. Le terme était faible pour représenter l’étau acéré dans lequel le cœur de Beckett se trouvait enfermé depuis qu’il était rentré, depuis qu’il avait fait un pas dans sa direction, depuis qu’il avait mis sa honte de côté suffisamment longtemps pour traverser la ville et retourner dans la maison qu’il considérait sienne. Son foyer. L’incident – tel qu’il était le seul à appeler ainsi, le reste des témoins privilégiant le terme « pétage de câble » - de la clinique l’avait conduit à l’isolement forcé, parce qu’il avait l’esprit empli d’une haine dont il ne parvenait à se défaire, une épée de Damoclès trônant au-dessus de sa tête et qui menaçait de l’empaler au moindre faux pas, à la première contrariété. Un peu plus d’une année s’était écoulé depuis la dernière fois où il avait ressenti une colère aussi viscérale, qui suintait par tous ses pores, qui transperçait l’ensemble de son organisme, qui sortait presque physiquement de ses yeux, d’ordinaire prompts à la douceur et à la bienveillance. Il était incapable d’expliciter quelle partie de cette « bagarre de bac à sable » mettait son esprit sens dessus dessous. Le retour de Thorn dans sa vie ? Le fait de l’avoir vu planter ses griffes acérées dans la fragile chair de Charlotte ? L’emprise qu’il possédait sur le seul individu capable de modifier son rythme cardiaque par sa simple présence ? Le renouvellement de sa propre crainte de se voir enfermé derrière des barreaux de prison ? L’ordonnance restrictive obtenue par la direction de la clinique afin qu’il ne puisse plus y mettre les pieds pendant six mois reconductibles ? La liste était tellement longue qu’à chaque fois qu’il y songeait, ses poings se refermaient dans une rage souvent mal contenue ; ses jointures étaient d’ailleurs bleuies par les ecchymoses d’avoir frappé trop de murs et autres objets inanimés. Il était une boule de colère depuis qu’il avait franchi les portes automatiques de l’établissement médical. Il portait encore sur lui les résidus de honte qui accompagnaient les tests effectués pour s’assurer que l’injection « accidentelle » reçue ne lui avait pas transmis de maladie particulière. Malgré des centaines de rapports sexuels, jamais il ne s’était senti aussi sali par le risque de contracter quelque chose. Il restait persuadé, et il était bien le seul dans ce cas, qu’il était la victime de ce fâcheux événement ; s’il était, en effet, l’homme qui avait jeté la première pierre, il était, sans la moindre hésitation possible, celui qui avait le plus perdu.

Cela faisait tout juste deux semaines qu’il n’avait pas vu son fils, et le visage joufflu de ce dernier lui manquait. Celui de Charlotte également. Il avait fui cette dernière dans les premiers jours pour ne pas avoir à affronter son regard, parce qu’au fond il savait qu’il avait mal agi et n’aurait pas dû se mêler de ce qui ne le regardait pas – même si, à ses yeux, l’existence de Charlotte passait avant la sienne, qu’elle était sa meilleure amie, sa mère, sa sœur, la mère de son fils, la seule femme dont il avait besoin malgré tout l’amour qu’il portait à la gent féminine – mais surtout parce qu’il avait au fond de lui cette étincelle de doute, cette incertitude d’être celui dont elle prendrait le parti dans cette mascarade. Il avait côtoyé une jeune femme rayonnant de bonheur, souriant du matin au soir, répandant sa chaleur tout autour d’elle malgré les épais nuages sombres qui la surplombaient perpétuellement. Il n’était pas la cause de sa jovialité, William l’était, et cela le rongeait de l’intérieur. Comment un être aussi abject était-il parvenu à mettre le grappin sur son soleil ? L’entendement était dépassé, et de très loin. Et pourtant, cela n’était pas la nouvelle la plus ahurissante de l’année.

Il entendit d’abord le cliquetis d’une clé dans la serrure, puis le claquement d’une porte, enfin le soupir de soulagement de celle qui libérait ses petons après une rude journée de travail. Les doigts de sa main gauche se refermaient avec nervosité sur le bout de papier cartonné tandis que ceux de la droite malmenaient les poils d’une barbe mal entretenue. Il accorda à la blondinette le temps de lâcher un cri de surprise en le voyant installé dans la pénombre de la salle à manger, puis ses phalanges se rouvrirent pour laisser le faire-part de remerciement glisser sur le bois brut de la table. Le coin sur lequel s’étalait le dessin d’une croix stylisée était désormais chiffonné mais les lettres étaient toujours lisibles : Charlotte, et Harry, étaient remerciés pour « leur soutien et leurs marques de sympathie à la suite du décès de Bradford Lancaster, père aimant et mari fidèle ». Rendu muet par le flot d’émotions – rancœur, plaisir de la voir, déception d’avoir été trahi par sa Personne, soulagement, colère – qui l’envahissait, il se contenta de relever un regard vide dans sa direction, vide de toute trace d’humanité, mais se remplissant peu à peu d’un voile humide qui lui brouilla momentanément la vue. Le temps sembla suspendu sur un fil tendu au-dessus d’un gouffre sans fond. Les deux meilleurs amis se fixaient, l’un comme l’autre conscient que la moindre parole pourrait semer la zizanie dans leur relation, qu’un mot de travers pourrait faire s’effondrer à jamais leur équilibre précaire. « Pourquoi ? » Malgré sa propension à gâcher tout ce qu’il effleurait, qu’aucun n’ignorait, Charlotte décida de laisser la main à Beckett. Grave erreur de jugement. Devant son manque de réaction, sans doute la belle cherchait-elle ses mots, pour ne pas jeter de l’huile sur le feu, Bee tapa violemment du poing sur la table et se releva dans un même mouvement. « Tu as viré masochiste, maintenant ? Tu es devenue complètement conne du jour au lendemain ? » Il attrapa le faire-part, en fit une boule qu’il garda jalousement dans sa poigne. « Qu’est-ce qui t’est passé par la tête pour décider d’aller rendre un dernier hommage à ce salopard ? Tu as besoin que je te rappelle qu’il a ruiné ta vie ? Qu’il t’a fait plus de mal que quiconque sur cette putain de planète ? Qu’est-ce qui ne tourne pas rond chez toi ?! » Jamais, en six années d’amitié, il ne s’était adressé à elle de la sorte. Pas une seule insulte n’avait échappé à ses lèvres depuis leur première rencontre, même en guise de plaisanterie. « C’est cet enculé de Thorn qui t’a retourné le cerveau ? Tu as un vrai don pour choisir tes hommes, hein ? » La corde s’était rompue sous leurs pieds et Beckett était désormais en chute libre, sans l’avoir encore réalisé.

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