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Beckett Schaeffer

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Message· · Sujet: You don't know what you've got until it's gone. You don't know what you've got until it's gone. EmptyLun 15 Avr - 21:41

@Charlotte Lancaster
2 mars 2019



I thought I kept you safe and sound, I thought I made you strong. But something made me realize that I was wrong

Une autre journée, une autre déception. Le terme était faible pour représenter l’étau acéré dans lequel le cœur de Beckett se trouvait enfermé depuis qu’il était rentré, depuis qu’il avait fait un pas dans sa direction, depuis qu’il avait mis sa honte de côté suffisamment longtemps pour traverser la ville et retourner dans la maison qu’il considérait sienne. Son foyer. L’incident – tel qu’il était le seul à appeler ainsi, le reste des témoins privilégiant le terme « pétage de câble » - de la clinique l’avait conduit à l’isolement forcé, parce qu’il avait l’esprit empli d’une haine dont il ne parvenait à se défaire, une épée de Damoclès trônant au-dessus de sa tête et qui menaçait de l’empaler au moindre faux pas, à la première contrariété. Un peu plus d’une année s’était écoulé depuis la dernière fois où il avait ressenti une colère aussi viscérale, qui suintait par tous ses pores, qui transperçait l’ensemble de son organisme, qui sortait presque physiquement de ses yeux, d’ordinaire prompts à la douceur et à la bienveillance. Il était incapable d’expliciter quelle partie de cette « bagarre de bac à sable » mettait son esprit sens dessus dessous. Le retour de Thorn dans sa vie ? Le fait de l’avoir vu planter ses griffes acérées dans la fragile chair de Charlotte ? L’emprise qu’il possédait sur le seul individu capable de modifier son rythme cardiaque par sa simple présence ? Le renouvellement de sa propre crainte de se voir enfermé derrière des barreaux de prison ? L’ordonnance restrictive obtenue par la direction de la clinique afin qu’il ne puisse plus y mettre les pieds pendant six mois reconductibles ? La liste était tellement longue qu’à chaque fois qu’il y songeait, ses poings se refermaient dans une rage souvent mal contenue ; ses jointures étaient d’ailleurs bleuies par les ecchymoses d’avoir frappé trop de murs et autres objets inanimés. Il était une boule de colère depuis qu’il avait franchi les portes automatiques de l’établissement médical. Il portait encore sur lui les résidus de honte qui accompagnaient les tests effectués pour s’assurer que l’injection « accidentelle » reçue ne lui avait pas transmis de maladie particulière. Malgré des centaines de rapports sexuels, jamais il ne s’était senti aussi sali par le risque de contracter quelque chose. Il restait persuadé, et il était bien le seul dans ce cas, qu’il était la victime de ce fâcheux événement ; s’il était, en effet, l’homme qui avait jeté la première pierre, il était, sans la moindre hésitation possible, celui qui avait le plus perdu.

Cela faisait tout juste deux semaines qu’il n’avait pas vu son fils, et le visage joufflu de ce dernier lui manquait. Celui de Charlotte également. Il avait fui cette dernière dans les premiers jours pour ne pas avoir à affronter son regard, parce qu’au fond il savait qu’il avait mal agi et n’aurait pas dû se mêler de ce qui ne le regardait pas – même si, à ses yeux, l’existence de Charlotte passait avant la sienne, qu’elle était sa meilleure amie, sa mère, sa sœur, la mère de son fils, la seule femme dont il avait besoin malgré tout l’amour qu’il portait à la gent féminine – mais surtout parce qu’il avait au fond de lui cette étincelle de doute, cette incertitude d’être celui dont elle prendrait le parti dans cette mascarade. Il avait côtoyé une jeune femme rayonnant de bonheur, souriant du matin au soir, répandant sa chaleur tout autour d’elle malgré les épais nuages sombres qui la surplombaient perpétuellement. Il n’était pas la cause de sa jovialité, William l’était, et cela le rongeait de l’intérieur. Comment un être aussi abject était-il parvenu à mettre le grappin sur son soleil ? L’entendement était dépassé, et de très loin. Et pourtant, cela n’était pas la nouvelle la plus ahurissante de l’année.

Il entendit d’abord le cliquetis d’une clé dans la serrure, puis le claquement d’une porte, enfin le soupir de soulagement de celle qui libérait ses petons après une rude journée de travail. Les doigts de sa main gauche se refermaient avec nervosité sur le bout de papier cartonné tandis que ceux de la droite malmenaient les poils d’une barbe mal entretenue. Il accorda à la blondinette le temps de lâcher un cri de surprise en le voyant installé dans la pénombre de la salle à manger, puis ses phalanges se rouvrirent pour laisser le faire-part de remerciement glisser sur le bois brut de la table. Le coin sur lequel s’étalait le dessin d’une croix stylisée était désormais chiffonné mais les lettres étaient toujours lisibles : Charlotte, et Harry, étaient remerciés pour « leur soutien et leurs marques de sympathie à la suite du décès de Bradford Lancaster, père aimant et mari fidèle ». Rendu muet par le flot d’émotions – rancœur, plaisir de la voir, déception d’avoir été trahi par sa Personne, soulagement, colère – qui l’envahissait, il se contenta de relever un regard vide dans sa direction, vide de toute trace d’humanité, mais se remplissant peu à peu d’un voile humide qui lui brouilla momentanément la vue. Le temps sembla suspendu sur un fil tendu au-dessus d’un gouffre sans fond. Les deux meilleurs amis se fixaient, l’un comme l’autre conscient que la moindre parole pourrait semer la zizanie dans leur relation, qu’un mot de travers pourrait faire s’effondrer à jamais leur équilibre précaire. « Pourquoi ? » Malgré sa propension à gâcher tout ce qu’il effleurait, qu’aucun n’ignorait, Charlotte décida de laisser la main à Beckett. Grave erreur de jugement. Devant son manque de réaction, sans doute la belle cherchait-elle ses mots, pour ne pas jeter de l’huile sur le feu, Bee tapa violemment du poing sur la table et se releva dans un même mouvement. « Tu as viré masochiste, maintenant ? Tu es devenue complètement conne du jour au lendemain ? » Il attrapa le faire-part, en fit une boule qu’il garda jalousement dans sa poigne. « Qu’est-ce qui t’est passé par la tête pour décider d’aller rendre un dernier hommage à ce salopard ? Tu as besoin que je te rappelle qu’il a ruiné ta vie ? Qu’il t’a fait plus de mal que quiconque sur cette putain de planète ? Qu’est-ce qui ne tourne pas rond chez toi ?! » Jamais, en six années d’amitié, il ne s’était adressé à elle de la sorte. Pas une seule insulte n’avait échappé à ses lèvres depuis leur première rencontre, même en guise de plaisanterie. « C’est cet enculé de Thorn qui t’a retourné le cerveau ? Tu as un vrai don pour choisir tes hommes, hein ? » La corde s’était rompue sous leurs pieds et Beckett était désormais en chute libre, sans l’avoir encore réalisé.

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Message· · Sujet: Re: You don't know what you've got until it's gone. You don't know what you've got until it's gone. EmptyDim 12 Mai - 14:18

Pendant des années et même durant les premiers mois passées avec leur enfant, Beckett avait représenté la personne la plus importante de son existence, celle sur laquelle elle savait qu’elle pouvait toujours compter, celle en qui elle pouvait placer une confiance aveugle sans y réfléchir à deux fois, celle qui veillerait toujours sur elle et inversement. Après des premiers instants difficiles pour des raisons évidentes relatives aux circonstances de sa naissance et plus encore de sa conception, Harry avait fini par entrer dans son cœur pour devenir sa priorité mais qu’elle partageait toujours avec Bee. Il était tout pour elle et elle était persuadée que rien, ni personne ne pourrait jamais les séparer. Elle était tombée amoureuse, elle s’était mariée, elle avait été détruite par sa propre famille mais le grand blondinet avait toujours été ce fil rouge, cette ligne de vie qui lui avait maintenue la tête hors de l’eau. Elle ne s’imaginait pas vivre sans lui, ne pas le voir chaque jour au matin de l’autre côté de la table du petit déjeuner, de ne pas l’embrasser pour lui souhaiter bonne nuit et de faire de jolis rêves. La fidélité, que ce soit en amour ou en amitié, était un élément essentiel pour Charlotte et une fois qu’elle accordait cette dernière, cela devait durer pour toute la vie. Lorsqu’elle avait été trahie cependant, elle perdait toute confiance dans l’auteur et cela également pour toute la vie. La fin d’année n’avait pas été une période facile pour la jeune réceptionniste en dépit de toute sa bonne volonté. Elle avait toujours à cœur de sourire et d’être positive dans les moments les plus sombres de son existence, confirmant que les lumières les plus éclatantes venaient souvent de l’obscurité. Mais progressivement, ces ténèbres s’étaient répandues dans ces veines et elle ne devait son salut qu’à son entourage.

Outre l’anniversaire du viol qui avait métamorphosé son existence dans tous les sens du terme, semant de multiples embûches sur son parcours de vie, elle avait dû faire face à de nombreuses épreuves : les problèmes de santé de Harry qui n’avaient de cesse de se cumuler malgré l’attention du personne hospitalier, le départ de Marley qui l’impactait moins que Bee mais lui arrachait une partie d’elle-même, la révélation douloureuse et difficile de ces problèmes à William, la disparition soudaine de Bee de son existence et le décès de son bourreau. Contre toute attente et contrairement à ce qu’elle aurait pu penser, cette mort prématurée, même si amplement méritée, ne l’avait pas soulagée. Au contraire, une angoisse sourde s’était étendue sur son cœur, tel l’ombre d’un oiseau de mauvais augure. Cette mort n’impactait pas seulement l’existence de sa mère qui perdait là son double et sa moitié ou l’esprit de Charlotte qui perdait celui dont elle partageait les gênes et bien plus encore mais également et surtout conditionnait l’existence de Bee. Elle avait désormais peur pour lui. Et le fait qu’il disparaisse quasiment du jour au lendemain n’avait pas arrangé les choses. Ce n’est qu’ultérieurement qu’elle apprit la raison de cette disparition soudaine, la laissant quelque peu estomaquée et dans l’incompréhension totale. Tout d’abord par des rumeurs à l’hôpital puis par confirmation auprès de William, l’amère victime du tempérament violent de son meilleur ami. Sans réfléchir et par réflexe, elle avait pris son parti en premier, ne pouvant, ne voulant pas croire qu’il ait agressé gratuitement celui qui était alors le petit ami de la jeune femme. Cette attaque de Bee distilla une méfiance dans le cœur de la jeune femme à l’encontre de l’infirmier mais qui se tut rapidement sous les battements du myocarde à chaque fois qu’elle le voyait. Elle ne pouvait cependant croire qu’il s’agissait de simple jalousie. Les choses avaient toujours été claires entre eux et même si Marley n’était plus en ville, elle savait au fond d’elle-même que sa présence perdurait dans le cœur du blondinet. Elle avait tenté de joindre ce dernier mais avait fini par abandonner, s’inquiétant en silence, craignant pour la santé mentale de son meilleur ami mais incapable d’en parler avec qui que ce soit. Elle avait attendu qu’il réapparaisse. Elle avait continué d’avancer comme elle pouvait, prenant des décisions, celles-ci se révélant bonnes ou mauvaises. Mais comment pouvait-elle les prendre sans la présence de celui qui était l’essence même de son existence ?

La journée avait été longue et s’il n’y avait eu son petit ami pour lui remonter le moral et l’aider à traverser cette dernière, les choses auraient été bien plus compliquées encore. Comme si tout Windmont Bay s’était donné le mot pour venir à la clinique, passer ses nerfs sur la réceptionniste, les médecins râlant, les regards en coin des uns et des autres. Charlotte n’était clairement pas de la meilleure humeur qui soit, sans compter ces talons qui la faisaient souffrir énormément et qui entraînèrent un soupir de soulagement lorsqu’elle les retira. Posant ses affaires sur la table basse, elle sursauta et poussa un léger cri de surprise en voyant la silhouette de son meilleur ami sur leur canapé, l’observant le regard froid et de mauvaises, très mauvaises vibrations émanant de lui. Elle ne l’avait pas vu dans cet état depuis tellement longtemps. Si longtemps que cela lui rappelait de mauvais souvenirs. La main sur le cœur comme pour calmer ce dernier, elle ouvrit la bouche pour lui dire combien il lui avait fait peur et où était-il donc passé mais les mots se bloquèrent dans sa gorge lorsqu’il s’adressa à elle en premier. Les sourcils froncés, elle ne comprit pas tout de suite ; du moins, jusqu’à ce que son regard se pose sur le carton de remerciement adressé par sa génitrice. Immédiatement, son sang se figea, de la glace parcourant ses veines. Elle savait qu’il n’allait pas apprécier, qu’elle se soit rendue à l’enterrement de celui qui lui avait causé tant de peine, que le fait qu’elle ne connaissait pas réellement la raison pour laquelle elle s’y était rendue. Elle n’avait pas d’explication, ne sachant pas pourquoi. William avait également tenté de l’en dissuader. Au moins, la volonté de protéger la jeune femme était une chose qui unissait deux des personnes les plus importantes de son existence. Mais, semblable à elle-même, elle n’en avait fait qu’à sa tête. Au fond d’elle-même, elle avait bien une petite raison pour sa présence aux adieux définitifs à son père mais elle ne pouvait la formuler à haute voix, moins encore à Bee qui n’accepterait pas. Lorsque ce dernier se mit à lui hurler dessus, elle recula, les larmes montant à ses yeux, tête basse et rentrée dans les épaules, tel un animal blessé. Elle ne comprenait pas cette agression aussi soudaine, ces mots qui blessaient gratuitement. Elle avait conscience qu’elle n’aurait pas du. Ce n’est pas comme si c’était ce qu’elle voulait mais elle n’avait pas tellement eu le choix. Les mots firent d’autant plus mal qu’ils venaient de Bee. Commet pouvait-il lui parler de cette manière ? Comment pouvait-il prononcer ces mots ?

La colère remplaça cependant la blessure à vif des paroles prononcées par son meilleur ami qu’elle ne reconnaissait pas en cet instant précis. Bien sûr, ce n’était pas la première fois qu’elle le voyait en colère. Ils avaient déjà tant traversé ensemble. Mais c’était bien la première fois que cette colère était dirigée contre elle. C’était peut être la raison pour laquelle elle s’était contentée d’encaisser sans réagir, de fuir son regard et de ne pas répondre, honteuse une fois de plus. Comme lorsque son père l’avait violé, ne pouvant empêcher une partie d’elle-même de se persuader qu’elle l’avait peut être cherché. Mais l’attaque vis-à-vis de son petit ami, celui qui avait été là de manière inconditionnelle ces dernières semaines, était la goutte d’eau. « C’est une plaisanterie ? » Elle reprenait du poil de la bête, les traits fermés et vrillant son regard dans celui de Bee. « Tu pètes littéralement un câble à l’hôpital en tabassant William gratuitement. Tu disparais pendant deux semaines sans que je puisse savoir ce qu’il t’ait passé par la tête. Et tu réapparais du jour au lendemain en me faisant une leçon de morale, en m’insultant et en m’hurlant dessus ? » Le volume de sa voix augmentait au fur et à mesure des larmes de colère qui noyait son regard, la mettant hors d’elle. « Comment oses-tu m’ordonner de faire ci ou de ne pas faire ça ? A ton avis, pourquoi j’ai été à cet enterrement ? Tu crois que j’ai oublié les raisons pour lesquelles il s’est retrouvé dans le coma à la base ? Tu crois que j’avais vraiment envie de le revoir, de lui rendre un dernier hommage ou de voir son visage à elle alors que j’essaie de les rayer de mon existence ? Tu crois que c’est si facile que ça ? Qu’est-ce que tu en sais de ce que je traverse ? De comment je vis les choses ? De ce que je fais pour tenter de me reconstruire ? Comment oses-tu essayer de détruire l’équilibre précaire que je commence à retrouver ? » Elle hurlait à son tour dessus maintenant, s’étant rapprochée de lui, le repoussant. Elle lui en voulait d’être parti alors qu’il avait juré d’être toujours là. Elle ne voulait pas le perdre mais plus les mots sortaient de sa bouche, plus elle avait l’impression que l’inéluctable arrivait vers ce résultat. Elle se mettait rarement en colère mais lorsqu’elle se mettait dans cet état, elle savait parfaitement appuyer là où ça fait mal. Perfide, elle ajouta : « Parce que tu n’as plus Marley, je dois être aussi malheureuse que toi ? C’est ça ? »

Spoiler:
 

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Message· · Sujet: Re: You don't know what you've got until it's gone. You don't know what you've got until it's gone. EmptyLun 17 Juin - 19:08

Un peu perdu sur le campus malgré les deux semaines écoulées depuis la rentrée universitaire, Beckett se trimballait avec son sac à dos, trouvant tout juste ses salles de cours assez vite pour ne pas arriver avec trop de retard. Il était originaire d’une petite ville et même si l’université publique de Portland n’était pas la plus imposante en terme de superficie, c’était suffisant pour le désorienter. Il était presque prêt à abandonner, lui qui n’était guère l’homme battant qu’il deviendrait dans un avenir aux antipodes de celui espéré ; il s’était installé sur un banc pour manger son sandwich au beurre de cacahuète quand une silhouette vint lui faire de l’ombre. La voix claire le tira de sa torpeur, la main tendue l’invita à le suivre et le sourire enjôleur l’accompagna durant les six années qui s’écoulèrent à la suite de cette rencontre. Charlotte s’était fait un nid douillet dans l’existence du grand blond paumé et lui avait offert les armes pour affronter un destin incertain, qu’il jeta au feu de son plein gré, mais jamais elle ne lui tourna le dos malgré les nombreux dérapages qu’il rencontra. Elle était son point d’ancrage, plus lumineuse que n’importe quel phare, sa moitié, son âme sœur, celle pour qui elle avait été prêt à tout. Celle pour qui il avait tout fait. Il cligna des paupières, soufflé par les paroles acerbes qu’elle envoyait dans sa direction, et le sourire de son visage poupin s’évapora comme un doux songe disparaît lorsque le réveil se met à sonner.  « Gratuitement ? » répéta-t-il avec la même ferveur, bien que Charlotte ne lui laissât guère le champ libre pour rétorquer, tant elle était emprisonnée dans une tornade de fureur sans doute bien méritée. Il n’y était pas allé de main morte, il n’avait pas pris de gant, il s’était laissé guidé par sa colère sans questionner la place de la démarcation entre le raisonnable et la folie. Il avait plongé à pieds joints dans l’instabilité et il s’y retrouvait embourbé, la blondinette enfonçant sa tête dans les sables mouvants de sa stupidité. Il avait envie de lui hurler tout le mal que William avait pu lui faire, de mettre son visage sur les anecdotes qu’il lui avait racontées à l’époque, de ce moment horrible passer derrière les barreaux à cause de ce sale flic véreux. Mais cela n’aurait pas lieu d’être, et cela n’avait désormais plus la moindre importance car, l’agressant ainsi à son tour, il avait revêtu le masque de la culpabilité. Pour elle aussi, il était l’homme à abattre. Il remarqua une brèche, une seconde d’arrêt dans son discours endiablé, et s’y engouffra le temps d’un bref : « Je ne t’ai pas sentie très inquiète durant ces deux semaines d’absence, alors ne fais pas ta putain d’hypocrite avec moi ! » Proche de William, elle avait dû avoir un bon retour de la part de cette enflure, il refusait donc de culpabiliser pour son silence radio. Aucun meilleur ami ne méritait d’être abandonné de la sorte.

Ses poings frêles cognaient contre sa poitrine et il reculait à chaque coup, emporté par la puissance de sa détestation plus que par sa force physique. Il planta néanmoins ses pieds dans le sol, opposant une résistance quitte à ce qu’elle se fasse mal contre son torse, lorsqu’elle franchit à son tour la ligne rouge. « Tu oses me traiter d’égoïste ? » Le qualificatif n’était pas sorti d’entre ses lèvres mais le sous-entendu était plus qu’évident. « Je me suis battu avec William pour toi, pour te protéger de cet être abject parce que tu mérites le meilleur et qu’il ne l’est pas, qu’il ne le sera jamais. Parce que je pense même qu’il est avec toi par intérêt et non par amour. » Il aurait dû ajouter que cela ne signifiait pas qu’elle était indigne d’être aimée, bien au contraire, mais aucun propos positif ne semblait en mesure de s’extirper d’entre ses dents serrées. Il voulait faire souffrir autant qu’il était en train de le faire, et c’était le pire sentiment du monde. « Tu m’accuses d’avoir tabassé ton père à mort alors que c’était le geste le plus noble que j’ai jamais fait pour toi ? Tu aurais préféré que je le laisse profiter de toi, te détruire à petit feu ? C’est ça qui te pèse sur la conscience depuis tout ce temps quand tu poses les yeux sur moi ? ‘Putain de merde, mon meilleur ami est un fou furieux qui a tué mon père par amour.’ Par amour, Charlotte, j’ai fait tout ça parce que je t’aime et que je refuse que le monde te fasse du mal. Quand je recommence à prendre ta défense mais que ça t’empêche de baiser, là, tout de suite, je suis le pire criminel sur Terre ? Devine quoi, ma belle, tu ne peux pas choisir ce que je fais ou ne fais pas pour toi, je ne suis pas ton chevalier servant que tu mènes à la baguette, ton toutou qui remue la queue et dit amen à tout. Je fais ce que je sais être juste, et tant pis si ça te déplaît, car je te protègerai peu importe ce qu’il m’en coûtera. » Elle l’avait choisi comme meilleur ami, elle devait assumer. Ses yeux lançaient des éclairs et, à eux deux, ils auraient pu être en mesure de créer le pire orage jamais connu dans l’Oregon depuis deux siècles. « Je suis malheureux parce que j’ai dû dire adieu à Marley, oui, entre autres, mais tu veux que je te rappelle que je l’ai perdu à cause du boulot que je fais pour payer les factures ? Pour prendre soin de toi et de ton dégénéré de fils ?! » Hors de son corps, il entendit ces trois derniers mots comme un simple spectateur, et son sang se figea en même temps que les traits de son visage. Cette fois-ci, il la sentait bien, la chute libre, et il essayait tant bien que mal de se raccrocher à une paroi mais rien ni personne ne pouvait arrêter sa descente aux enfers. Il leva une main hésitante vers le menton de Charlotte qu’il attrapa entre ses doigts. « Je suis désolé, je... Je ne le pense pas... J’aime Harry... » Sa rage s’était tue et sa voix était désormais emplie de tremolos. « Je t’aime, toi, plus que tout... » Il se pencha en avant pour poser son front contre celui de sa meilleure amie, avec une poigne un peu trop forte pour lui laisser l’opportunité de fuir. Encore une grave erreur de sa part. « Si tu veux quelqu’un pour baiser, je suis là, tu n’as pas besoin de cet enfoiré de Thorn. Tu n’as pas besoin de ta famille. Je suis le seul dont tu as besoin... » Sauf que personne n’avait besoin d’un individu aussi pitoyable, il en prenait conscience, avec l’infime espoir que Charlotte succombe à son regard de chien battu et lui pardonne toutes les idioties qu’il venait de balancer sous le coup d’une colère mal placée. « J’ai besoin de toi, » ajouta-t-il dans un murmure qui fut emporté par les pleurs de Harry, sans doute réveillé par les cris de ses « parents ». Il était de toute manière trop tard, il ne possédait hélas pas le pouvoir de remonter le temps pour annuler tout ce qui venait d'être dit. Il l'avait perdue, il pouvait le lire dans son regard qu'il peinait à soutenir.

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Dernière édition par Beckett Schaeffer le Dim 18 Aoû - 19:06, édité 1 fois
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Message· · Sujet: Re: You don't know what you've got until it's gone. You don't know what you've got until it's gone. EmptyDim 18 Aoû - 13:17

En regardant son existence en arrière, personne n’avait jamais revêtu une importance aussi forte que celle que revêtait et aurait dû continuer de revêtir celui qui avait été son meilleur ami, son frère de cœur, son âme sœur. Pas son ex-mari. Pas ses parents. Pas même son propre fils. Et c’était sans doute la raison pour laquelle la colère, voire la haine, qu’elle ressentait à son encontre en ce moment précis était sans égal. Ils ne s’étaient jamais disputés. Ils n’avaient jamais eu un mot plus haut que l’autre malgré toutes les fois où il n’avait eu de cesse de lui faire la morale quand elle avait pris le risque de retomber sous le charme d’un ex. Elle ne lui avait jamais crié dessus, même pas pour obtenir la télécommande quand son émission de cuisine favorite commençait. Il avait toujours existé entre eux une symbiose bienfaisante et qui lui permettait de retrouver son petit havre de paix à ses côtés. Un cocon de bonheur qui avait volé en éclat quand le blondinet avait écrasé le point sur son petit ami. « Gratuitement, oui. » Sa réponse claqua dans les airs, aussi glaciale que les eaux dans lesquelles avait sombré le Titanic et où sombrait fatalement leur relation. A une autre période de sa vie, elle n’aurait sans doute pas réagi ainsi. Après tout, ce n’était certainement pas la première fois que Bee se battait avec l’un de ses flirts ou même petits amis. Mais généralement, il s’agissait de la faute dudit flirt ou petit ami, ce dernier ayant eu une parole ou un geste déplacé à l’encontre de la blondinette. Elle aurait dû prendre son parti, comme elle le faisait toujours et comme Bee le faisait toujours de manière réciproque. Elle n’était cependant pas d’humeur cette fois-ci. Sa relation avec William était différente de celle avec ses ex, à l’exception peut être de celle avec Drew. Elle s’en rapprochait tout du moins et peut être que cela lui faisait un peu peur, peut être qu’ils allaient trop vite et qu’elle allait foncer droit dans le mur avec sa tendance à choisir des personnes qui n’étaient pas faites pour elle. Mais cette fois-ci, elle voulait décider par elle-même. Cette fois-ci, elle ne voulait pas que Bee s’implique et l’empêche de commette des erreurs, si erreur il y avait. Peut être qu’elle avait enfin trouvé le bon après tout. Celui de ces contes de fée qu’elle lisait en cachette de sa mère. Celui des films romantiques qu’elle regardait lors de ses soirées pyjamas chez ses copines. Celui qu’elle avait recherché sans se l’avouer en enchaînant les conquêtes il fut un temps. Celui qu’elle avait fini par abandonner quand deux des hommes les plus importants de sa vie l’avaient ruiné à tout jamais, chacun à sa manière. Alors Bee, celui qu’elle aimait le plus au monde, celui dans lequel elle avait une confiance aveugle, ne pouvait pas lui retirer ça.

Elle avait ses torts, même si le reconnaître était quelque chose d’insupportable pour elle. Incapable d’en placer une lors de la violente diatribe de Bee à son encontre, où elle savait qu’il marquait des points, elle ouvrit cependant la bouche pour répliquer alors que son sang commençait à bouillonner en elle et que milles mots durs se bousculer pour sortir de sa bouche et s’entrechoquaient avec ceux de son meilleur ami. Milles mots qui moururent cependant à la fin du discours du grand blond. Les lèvres légèrement entrouvertes de surprise, le souffle court et l’esprit comme ailleurs, elle était comme déconnectée de son propre corps lorsqu’elle observa sa main se soulever et claquer bruyamment contre la joue de Bee. Elle n’avait jamais levé la main sur lui. Elle ne l’avait jamais giflé mais le coup était parti avant même qu’elle n’analyse ce qu’elle était en train de faire. Le regard glacial en dépit des larmes qui perlaient dans ses grands yeux bleus, elle sentait son cœur ralentir comme si une bise hivernale prenait possession de son corps. « Sors. » Elle avait répondu d’un bref murmure à peine audible et qu’il n’entendit manifestement pas puisque, se rendant compte de ce qu’il venait de dire, il commença immédiatement à s’excuser et à tenter d’apaiser la furie qui était en chemin, ce qu’il savait parfaitement. Ils se connaissaient par cœur. Bee plus que quiconque savait comment elle était lorsqu’on la blessait, même lorsque cela était mérité. La rancune l’envahissait alors et à l’instar d’une fée bien trop petite pour ressentir autre chose, c’était la seule et unique émotion qui la guidait. Elle ne pardonnait jamais et pouvait continuer à tenir rancœur à quiconque l’aurait blessé, ne serait-ce que pour quelque chose de futile. « Sors. » répéta-t-elle à nouveau mais en vain. Bee ne l’avait pas entendu ou avait fait mine de ne pas l’entendre, comme si de rien était. Elle tenta de réprimer le violent frisson qui l’envahit lorsqu’il saisit son menton et posa sa tête contre son front et cessa de respirer, rentrant en elle-même. La dernière fois qu’elle avait réagi de cette manière, se recroquevillant mentalement pour se persuader qu’on ne la touchait pas, elle avait donné naissance à Harry, son « dégénéré de fils » quelques mois plus tard. Ne réagissant pas, semblable à une statue de marbre, l’air vint cependant à lui manquer quand il lui proposa de la baiser. Elle se retrouvait encore dans cette chambre sombre où elle avait beau se débattre, où elle avait beau dire non à répétition, rien n’y faisait.

Les pleurs de Harry résonnant à l’étage et grésillant via le baby phone lui permirent cependant de sortir de sa torpeur. Revenant à elle, la jeune réceptionniste repoussa pour de bon son meilleur ami, ou plutôt son ancien meilleur ami désormais. Il avait eu des gestes, tenu des propos qu’elle ne pouvait effacer, qu’elle ne pouvait pardonner. Jamais. La mâchoire crispée, elle se recula, l’empêchant de la toucher ou de tenter de la récupérer. C’était trop tard et les paroles qu’elle prononça étaient alors plus fermes et définitivement sans appel. « Je veux que tu sortes de ma maison. » Si elle avait peu avoir des pistolets à la place des yeux, il aurait été fusillé sur place bien plus sûrement que n’importe quel résistant sous le canon allemand. « Je veux que tu sortes non seulement de ma maison mais également de ma vie Beckett. » Elle ne l’avait plus appelé comme ça depuis les premiers instants de leur rencontre sur ce banc entre deux cours qui semblait désormais appartenir à une ancienne vie qu’elle enterrait désormais. « Ne t’approche plus de William. Ne t’approche plus de moi et surtout… » Ses pupilles avaient pris la teinte d’un océan en colère, aussi sombres et dangereuses que ses profondeurs les plus abyssales. « … ne t’approche plus de mon fils. » Le divorce était consommé plus sûrement et irrémédiablement que celui de papier. « Pars et ne reviens plus. Je ne veux plus jamais te revoir, tu m'entends ? » lui cracha-t-elle une dernière fois avant de le pousser pour se rendre à l’étage et prendre son fils dans ses bras, tentant de calmer ses pleurs en le rassurant. Dans le baby phone toujours grésillant dans le salon, sa voix parvenait de manière robotique, presque métallique : « Chut, maman est là. Maman sera toujours là pour toi, mon ange. »

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With you and I, it's something different. I'm enjoying it cautiously I'm battle scarred; I am workin' oh-so hard to get back to who I used to be. When I'm so close to being yours, won't you stay with me, please? 'Cause near to you, I am healing but it is taking so long. I  only know that I am better where you are.
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