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Emerson Moore

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Message· · Sujet: nothing heals the past like time nothing heals the past like time EmptyLun 13 Mai - 10:02

SAMI + EMERSON
Don’t let go too soon,
but don’t hold on too long.

@Sami Harsha

Les minutes défilaient et les danseuses ne semblaient pas pressées d’abandonner leurs loges. D’où il était, occupé à finir de ranger le matériel dans la salle, Emerson pouvait entendre la douce mélodie de leurs conversations animées, entrecoupée d’éclats de rires. À chaque fois qu’il entendait ceux-ci, cela lui rappelait le chant joyeux des cascades et il ne pouvait s’empêcher de sourire, le menton pressé contre sa clavicule, pour qu’on ne se demande pas pourquoi il avait cette moue idiote sur les lèvres. Cela lui rappelait l’insouciance de l’enfance – même s’il n’en avait pas bénéficié longtemps. Ça lui rappelait aussi la sensation d’être écarté de cette joie de vivre étincelante, comme si rien ne pouvait assombrir leur humeur, même si c’était moins douloureux qu’autrefois. Aujourd’hui, ce n’était plus qu’un vague sentiment de mélancolie qui lui étreignait le cœur mais ne lui faisait plus mal. Il avait tourné la page, il avait clos le chapitre, il était dans un roman complètement différent, à présent.
Enfin, le frottement des pas des demoiselles sembla se mouvoir et, au bout de quelques secondes, les cinq retardataires émergèrent du couloir, sac à l’épaule, joues roses, cheveux soigneusement peignés après l’effort et si une pensée traversa l’esprit du jeune Moore au moment où il leur jeta un coup d’œil, par réflexe, ce fut qu’elles avaient l’air bien différentes des anges et oiseaux gracieux qu’elles étaient sur scène, avec leurs vêtements de tous les jours qui les faisaient revenir sur terre et leur rendait forme humaine.
- Au revoir, Emerson, s’exclama l’une d’elles, l’une des plus âgées, en lui adressant un signe de la main et un sourire agréable.
- Bonne soirée, répliqua-t-il, non sans se maudire de sentir ses joues s’empourprer, invariablement, ce qui fit glousser les demoiselles.
L’écho se répercuta encore quelques secondes dans la salle – et dans la tête du jeune homme embarrassé – puis finit par s’éteindre, le laissant seul avec ses pensées. Il était content que la journée se finisse, il était content que Sami lui ait proposé de passer chez lui, ça lui changeait ses habitudes et, ces dernières semaines, Emerson ressentait de plus en plus ce besoin de s’extraire d’une routine qui commençait à l’ennuyer, ce qui était paradoxal puisqu’il l’avait ardemment cherchée, pendant des années. Mais les temps changeaient, les gens évoluaient et le moineau prisonnier de sa cage thoracique n’aspirait qu’à prendre son envol.
Après avoir éteint toutes les lumières et verrouillé les différentes portes, Emerson récupéra son vélo à l’entrée et prit la direction de Pioneer Oak, son chemin habituel. Toutefois, au lieu de s’arrêter au niveau de son petit immeuble, il poursuivit sa route durant quelques minutes encore et ralentit à l’approche de la maison où son ami avait élu domicile après l’incendie de son foyer précédent. Le jeune homme attacha son vélo à un poteau puis alla sonner tout en se défaisant de son sac pour y récupérer la bouteille de Champagne qu’il avait achetée plus tôt dans la journée.
- Salut !, lâcha-t-il quand la porte s’ouvrit puis, en tendant la bouteille avec un sourire un peu penaud. Désolé, il faut sans doute la mettre un peu au frais, elle est restée dans mon sac une bonne partie de l’après-midi.
Il se pinça les lèvres et haussa légèrement les épaules.
- Je suis content de te voir. Et de voir que tout s’arrange pour toi.
Le jeune homme se demanda si Sami allait lui présenter son compagnon, s’ils vivaient ensemble et sans doute trop de questions qui lui assaillirent l’esprit et qu’il chassa vivement. Il verrait bien. Pour le moment, il voulait passer un moment avec son ami, et retrouver la douce sérénité de leurs dernières rencontres.

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Message· · Sujet: Re: nothing heals the past like time nothing heals the past like time EmptyMer 15 Mai - 15:33

À l'intérieur de la maison nouvellement remise à neuf et habitée, Sami s'agita d'une pièce à l'autre, pour s'assurer que tout soit à peu près rangé. Il ne pouvait promettre un appartement digne d'un de ceux qui servaient d'exposition, n'aurait sans doute pas voulu renvoyer une telle image qui ne correspondait pas à ce qu'il était et à ce côté sensiblement bordélique qu'il avait gardé de ses années adolescentes. Mais dans l'idée qu'Emerson puisse vouloir visiter, il préférait offrir un aperçu avantageux de l'endroit dans lequel il avait mis tant d'efforts pour parvenir à l'améliorer et le faire sien. Son inspection se termina dans sa chambre. D'un regard circulaire, il l'examina et tomba sur le t-shirt de Tommy dans lequel il avait dormi la veille, qui traînait au bout du lit. Son mouvement rapide l'attrapa et, le portant un bref instant à son nez pour humer l'odeur du pompier, il le glissa ensuite sous son oreiller et recommença à observer l'endroit. Ça ne ressemblait pas à ce qu'il avait, avant. Volontairement, il avait décidé de ne pas refaire exactement la même décoration – déjà parce que la majorité des meubles n'avaient guère survécu à l'incendie qui s'était propagé chez lui – pour ne pas avoir l'impression de continuer à vivre dans la bulle de souvenirs qui avait éclaté ce jour-là. Un mal pour un bien, peut-être. Si la culpabilité le rongeait toujours d'une certaine façon, avoir parlé à Tommy de ce qu'il cachait depuis près de quatre ans maintenant lui avait permis de sentir sa poitrine s'alléger un peu, et d'exorciser le poids qui enserrait ses entrailles. Il se sentait mieux, même si l'après direct avait été difficile à gérer, avec les vagues de souvenirs qui remontaient à la surface, en plus de tout ce qu'il avait dû faire suite au feu qui s'était déclaré. Et pourtant, cette fois, grâce à Tommy et ce malgré les problèmes qui lui étaient arrivés par-dessus la tête, Sami ne s'était pas noyé, et une certaine fierté découlait de ce fait. Il avait su mener sa barque à travers tout ça pour en arriver à un moment où, ravi quant à cette idée, il allait montrer son nouveau chez lui à un garçon qui, au fil des mois, était devenu un de ses amis les plus proches. D'un pas rapide, il descendit les escaliers quatre à quatre lorsque la sonnette retentit dans la petite maison du 8, Pioneer Oak. Son sourire s'étendit sur ses lèvres à la vision d'Emerson derrière la porte, alors que cette dernière s'ouvrait. Le regard baissé vers la bouteille qui lui était tendue, il la prit entre ses doigts et inspecta un instant l'étiquette, haussant les sourcils avec un air amusé. « Tu me sors le grand jeu, Moore ? » Avec un regard complice, Sami donna une rapide tape sur l'épaule du garçon, toujours peu à l'aise avec le contact physique, et se décala de légèrement pour le laisser entrer. « Je suis content que tu sois là aussi. Et de pouvoir te montrer comment c'est ici ! » Peut-être qu'un peu de sa fierté se ressentait sur son visage, dans son expression ou dans ses gestes, alors que d'un mouvement de bras il désigna l'intérieur. Ça n'était pas très grand, mais largement suffisant pour lui, et pour les moments que Tommy passait ici aussi. Le salon et la cuisine ouverte étaient accolés, une table dans un coin de la pièce pour servir de salle à manger, quand bien même la majorité des repas se faisaient sur le canapé et la table basse. Des étagères de livres, de DVD, de comics, de produits dérivés de la pop culture et quelques vieux vinyles s'étendaient sur tout le mur du fond et, accrochées çà et là, parmi les photos de ses proches qu'il avait voulu installer également (sa famille, Tommy, Mila, pour la plupart), quelques affiches en lien avec ses groupes préférés, ses films ou ses séries qu'il affectionnait particulièrement. Au fond de la pièce, une porte permettait d'accéder à la chambre d'amis – prise au cas où, plus que par nécessité réelle, et dans laquelle il entreposait ce qu'il n'avait pas su mettre ailleurs. Sur l'un des côtés du salon, les escaliers qui menaient à la mezzanine trônaient, et permettaient l'accès à la salle de bains et à sa chambre. Sami avait fait de l'endroit son cocon, à sa façon. Il s'éloigna quelques secondes d'Emerson pour mettre la bouteille de champagne au frigo, puis reporta à nouveau son attention sur lui. « Je pensais qu'on pouvait commander des pizzas ? Ou autre chose, comme tu préfères. Je ne voulais pas me risquer à cuisiner. » Il grimaça un peu à l'idée, ses tentatives culinaires finissant majoritairement à la poubelle après avoir arraché un air de dégoût à ses cobayes, sauf quand il se contentait de la plus grande simplicité. Et puis, au-delà de ça, Sami n'avait jamais été très attiré par la cuisine. « Tu veux visiter ? C'est pas très grand, en soi, mais quand même. » Un petit sourire lancé à son ami, il glissa ses mains dans les poches de son jean, et haussa légèrement les épaules.

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Message· · Sujet: Re: nothing heals the past like time nothing heals the past like time EmptyDim 19 Mai - 15:55

Et dire qu’avant leur rencontre inopinée de l’été dernier, Emerson avait à peu près fait une croix sur son amitié avec Sami. À aucun moment il n’avait blâmé le jeune homme de l’avoir écarté, même si ça avait été douloureux. Il avait compris le besoin de son compagnon de faire le tri dans son cercle, de ne garder que ceux qu’il estimait essentiels à son bien-être. Emerson s’était juste fait une raison et avait continué sa vie sans chercher à compter Sami parmi ses amis – sans toutefois l’en effacer non plus. Il verrait ce que l’avenir leur réservait, s’était-il dit, et il avait plutôt bien fait puisque moins d’un an après leurs retrouvailles, ils avaient dépassé le stade de confiance qu’ils avaient avant la mort de Theo. Le décès du jeune homme n’avait pas vraiment de lien avec ces changements, en soi. C’était plutôt un chemin intérieur que chacun avait parcouru de son côté, comme deux voies parallèles, jusqu’à ce qu’un jour, les lignes se courbent légèrement et permettent à leurs routes de se croiser à nouveau. Depuis, Emerson avait confié à Sami bien plus de choses qu’il n’avait jamais confié à quiconque, et loin de l’effrayer, ces aveux lui avait libéré la cage thoracique d’un poids considérable. Ça l’avait aidé à avancer et ça leur avait permis de renouer. Emerson voulait croire que l’avenir leur réservait désormais le meilleur et c’est fort de cette assurance qu’il était venu sonner chez le jeune Harsha.
- Je n’y connais pas grand-chose mais il paraît que les bonnes nouvelles se fêtent au Champagne, répliqua le jeune homme avec un sourire un peu embarrassé et un haussement d’épaules. Et pour être franc, je n’y ai jamais goûté, je me suis dit que ça serait l’occasion.
S’il songea un instant que Sami aurait peut-être préféré la garder pour une plus grande occasion qu’une soirée passée avec lui, elle lui échappa presque aussitôt. Autrefois, il se serait peut-être laissé assaillir de tels doutes jusqu’à ce qu’ils le rongent. Plus maintenant. À présent, il voulait savourer chaque instant qui lui était donné de vivre aux côtés de ses amis et ce soir en faisait partie.
Emerson laissa tomber son sac dans un coin et s’avança un peu dans la pièce, levant le nez et jetant un regard circulaire pour voir la pièce principale dans son ensemble. Il se débarrassa de sa veste pendant que Sami disparaissait dans une pièce voisine avec la bouteille et la posa sur le dossier d’une chaise. Il s’approcha ensuite des étagères, une curiosité naturelle le poussant à vouloir découvrir l’univers du jeune homme par le biais de ces objets qu’il avait choisi de mettre en valeur, qu’il s’agisse de livres ou de portraits des siens. Un fin sourire se dessina ses lèvres en découvrant des visages qu’il avait déjà entraperçus par le passé, sans faire le lien avec Sami. Il se souvint vaguement avoir vu certaines de ces personnes lors de la fête organisée à la caserne des pompiers. La Kissing Booth, ce jour-là, avait fait sensation, et un sourire mélancolique arqua les lèvres d’Emerson à ce souvenir. Tant de choses avaient changé, depuis lors.
Lorsque Sami reprit la parole et le tira de sa contemplation, Emerson se tourna vers lui et hocha la tête:
- Pizza, c’est parfait. Qui peut y résister?
Il s’écarta des étagères, oubliant de demander si l’homme qui apparaissait sur plusieurs clichés était celui qui lui avait redonné goût à la vie. Cela semblait évident, il suffisait de voir le sourire qui illuminait le visage de Sami lorsqu’il partageait l’affiche.
- Avec plaisir, oui ! Je me suis permis de jeter un coup d’oeil, comme avant-goût, dit-il sur un ton d’excuse en désignant le mur duquel il s’était détourné.
Il revint vers Sami et déclara maladroitement :
- Cela n’a pas dû être simple, de devoir rebondir. Tu as pu sauver quelques trucs de ton ancien logement?
Emerson savait de quoi il parlait. Il était parti de chez lui, sans rien en dehors de quelques vêtements et photographies. Le reste, c’étaient des souvenirs ancrés dans sa mémoire. Des souvenirs qui ne pouvaient plus prendre racine nulle part et qu’il devait cultiver seul. Il regrettait parfois de ne pas avoir emporté davantage d’objets personnels mais il savait que ceux-ci n’auraient fait que le ralentir et, à l’époque, il voulait juste couper sa vie en deux : le Wyoming, d’une part, et le reste de sa vie de l’autre. Depuis, il avait eu le loisir de se trouver de nouveaux objets de valeur mais ça n’était plus pareil et en dehors de quelques photos d’Alex, il n’avait pas grand-chose. Il n’avait jamais aimé être pris en photo de toute manière, et s’était bien gardé de commencer à Windmont Bay. Là où la plupart des gens avaient un compte Mazebird, Emerson s’était toujours tenu à l’écart des réseaux sociaux. Comme une volonté de disparaître. Ou de ne pas être retrouvé. Pourtant, en voyant les souvenirs de Sami affichés ainsi, il réalisait que ça faisait partie de la vie. Encore une fois, il lui semblait revenir à l’éternel tourment de garder tout le monde à distance. Volontairement ou non. Une sorte d’instinct de préservation qui n’avait pas lieu d’être quand il était en compagnie de Sami Harsha.

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Sami Winters

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Message· · Sujet: Re: nothing heals the past like time nothing heals the past like time EmptyDim 26 Mai - 0:43

Il avait l'impression que des soirées comme celle qu'ils s'apprêtaient à passer ensemble, Sami n'en avait pas expérimentées depuis... bien longtemps. À partager un bout de son intimité avec un ami qui n'était pas Mila, une soirée en face à face dans la discrétion de son chez lui, et le cœur plus léger que ce à quoi il était accoutumé. C'était étrange de se projeter dans une ambiance comme celle-ci, et plaisant en même temps. Comme une page qu'il tournait, qui lui montrait qu'il parvenait au bout de sa reconstruction sur bien des points lorsqu'ils retrouvaient des habitudes qu'il connaissait avant que son monde ne lui ai donné l'impression de s'écrouler autour de lui. En ouvrant la porte et en découvrant le visage d'Emerson, c'était tout naturellement que le sourire de Sami se dessina sur le sien, et qu'il lui fit signe d'entrer chez lui ; là où il prenait encore un peu ses marques, après avoir fait de la maison un endroit capable de lui ressembler, et où il apprenait surtout à vivre seul certains soirs où Tommy n'était pas en mesure de le rejoindre – qui lui donnaient l'impression de ne pas être l'unique personne à vivre ici, tant la présence du pompier avait imprégné les murs de la bâtisse, et que ça n'était pas tout à fait normal qu'il n'y ait que Daniel et lui. À la remarque d'Emerson, il sentit son sourire se faire d'autant plus présent et le détailla un instant. « J'apprécie l'attention. C'est une bonne idée, que t'as eue, merci. » Il leva un peu la bouteille dans la direction du garçon, et lui adressa une œillade qui se voulait complice – bien qu'il ne soit pas sûr que le résultat soit celui escompté, malgré tout. « Il y a des premières fois à tout. Et puis oui, ça te donne l'occasion de le faire. » Phrase clichée au possible, mais après tout, ne disait-on pas que ça partait toujours d'une vérité ? Il haussa légèrement les épaules vers lui et le laissa faire quelques pas dans l'entrée (slash salon slash salle à manger slash cuisine) de la maison, avant de se diriger vers le frigo pour y déposer ladite bouteille, profitant au passage pour remplir les gamelles du bouledogue, dont les griffes claquaient sur les escaliers en bois, trahissant la curiosité du chien quant à l'invité du soir qu'il ne reconnaissait sans doute pas – pourquoi aurait-il pris la peine de bouger, autrement. Rapidement, Sami laissa la pièce derrière lui et rejoint Emerson au salon, esquissant un petit sourire en le voyant regarder les étagères, les posters, les photos accrochées au mur et qui relataient de partie de sa vie qu'il essayait de mettre en valeur ; il avait pris la décision de ne se montrer que les bons souvenirs, ceux qui pesaient positivement dans sa vie et lui permettait de garder la tête hors de l'eau lorsque les choses se compliquaient. Sortant son téléphone de sa poche, il ouvrit l'application de livraison et le tendit à Emerson, désignant sa main d'un mouvement de menton. « Tiens, choisi la tienne pour commencer. » Tout en s'approchant de lui, l'espace réduit entre eux, il laissa son regard glisser là où celui du jeune Moore avait probablement dû s'arrêter avant qu'il ne revienne vers lui, sourit doucement. « Je t'en prie, vas-y. Mais j'imagine que tu connais de vue la plupart des gens sur les photos ? » Il y avait sa mère et son père, à leur dernier anniversaire de mariage ; les yeux dans les yeux, et l'air plus amoureux que jamais, qui le faisait toujours un peu rêver au fil des années – peut-être tenait-il de là ses élans romantiques, après tout ? Puis Mila, parfois seule et parfois avec lui, à des soirées, des sorties diurnes, des occasions particulières ou absolument banales. D'autres membres de sa famille, d'autres de ses amis dispersés çà et là, pour ceux dont il avait des photos. Et, trônant majoritairement sur le mur, Tommy. Seul, avec lui, prit sur le fait ou faisant mine de poser, sans jamais vraiment se prendre au sérieux. Il désigna rapidement du doigt les différents clichés. « Mes parents, Mila, ma meilleure amie, Miles, un de mes plus vieux amis. Et là c'est Tommy. » Il arqua un sourcil, regarda vers Emerson. « Je sais pas si je t'avais déjà montré une photo de lui ? J'en ai posté quelques-unes sur Mazebird (euphémise pour dire que son compte s'était transformé en page fan lorsqu'ils se sont montrés au reste de la ville, en début d'année), mais je suis pas sûr que t'en aies un ? » Sans qu'il ne le réalise sur le coup, son sourire grandit un peu plus à son évocation. « Normalement il dort là ce soir, tu le croiseras peut-être. » Ah, sentez sans mal sa fierté à cette idée, encore une fois. S'éloignant de l'étagère pour se diriger vers la porte de la chambre d'ami et commencer la visite, il haussa légèrement des épaules en prenant un air moins enjoué. « Pas grand-chose. Les pièces de vie ont pris feu avant que les pompiers ne puissent tout éteindre, j'ai rien pu récupérer dedans. J'ai deux ou trois meubles de ma chambre que mon père a retapés et que j'ai récupéré. Après c'était majoritairement mes vêtements, et les choses importantes que je gardais là. » Un arrière-goût un peu amer glissa dans sa bouche au souvenir du dossier de Theo qui figurait parmi les rescapés de l'incendie. Il soupira doucement, sans détailler plus que ça, et haussa les épaules à nouveau. « Un mal pour un bien, dans un sens. » Il avait certes perdu des choses qui n'étaient pas retrouvables autrement, mais il ne voulait pas s'attarder sur un deuil matériel plus que de raison. Retrouvant un peu son sourire alors qu'il poussait la première porte pour laisser à Emerson l'occasion de voir ce qu'il y avait derrière, il le détailla. « Et toi, alors ? C'en est où en ce moment ? »

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Message· · Sujet: Re: nothing heals the past like time nothing heals the past like time EmptyMer 29 Mai - 21:59

Emerson n’éprouvait pas une once de jalousie pour Sami et son bonheur. Il méritait, après tout, de sourire à nouveau. Il aurait pourtant été aisé pour le garçon isolé de contempler les photographies et de les comparer au vide de ses armoires. Il aurait été si facile d’envier son ami au lieu de se réjouir pour lui mais le jeune Moore n’avait de place que pour un sentiment : l’espoir que dans les prochains mois, il puisse lui aussi s’épanouir au milieu de gens à qui il tenait, en qui il avait confiance. Il réalisa qu’il n’avait jamais vraiment invité quelqu’un chez lui, pas de façon intentionnelle en tout cas, la plupart du temps. Cela s’était fait de façon spontanée et les visiteurs qui s’étaient aventurés dans son appartement avaient dû remarquer à quel point il était spartiate mais, surtout, combien il manquait de vie, dépourvu qu’il était de témoignages affectifs. Même lorsqu’il était avec Alexandrine, il n’avait jamais pris la peine d’imprimer des photos pour les encadrer, pour les afficher, pour pouvoir sourire en passant devant eux, en souvenir du moment où elles avaient été prises. Mais il n’avait jamais pris le pli de donner corps aux quelques clichés qu’il possédait, ils étaient restés enfermés dans les appareils divers qui les avaient capturés. Parfois, Emerson se demandait s’il n’avait pas peur de mettre davantage de lui dans son logement mais, quand il y songeait, en fait, il ne savait pas quoi mettre. Son enfance ne serait jamais dévoilée par le biais d’un événement marquant – un anniversaire, un week-end de camping dans la forêt, une sortie au concours de rodéo dans la ville voisine – et il ne se sentait pas assez proche des gens qu’il côtoyait pour prendre la pose avec eux. Nulle part, donc, on ne pourrait le voir dans les bras de quelqu’un. Ç’aurait pu être triste, sans doute, mais il n’en éprouvait aucune douleur. Parce que c’était la vie, d’un côté, et parce qu’il ne désespérait pas de voir la situation changer, un jour ou l’autre.
- Tu ne vas pas me trucider si je prends une pizza hawaïenne ? plaisanta-t-il, faisant référence au débat qui animait certaines personnes dès qu’il était question d’associer l’ananas à la pizza. Je plaisante, je suis un garçon classique.
Il choisit une pizza romana puis rendit l’appareil à son propriétaire et reporta son attention sur les étagères qu’il étudiait auparavant. Emerson hocha la tête. Cela faisait à présent quatre ans qu’il habitait Windmont Bay et il reconnaissait la plupart des gens qu’il croisait dans la rue, même s’il était incapable de leur associer un nom. Il pouvait même presque se targuer de repérer les nouveaux venus, uniquement parce qu’ils ne lui évoquaient rien. Il était presque devenu un meuble, constata-t-il d’un air amusé alors qu’il écoutait son ami faire les présentations en énumérant les protagonistes des photographies. Un sourire vint chatouiller les lèvres de l’invité quand Sami prononça le prénom de son petit ami, alors qu’il pouvait sentir tout l’amour qui se lovait dans ces quelques lettres. Se mordillant la lèvre, il s’approcha à nouveau de l’étagère et fit mine d’étudier plus attentivement le jeune homme en question.
- Je vois que tu les aimes beaux, grands et bien bâtis, plaisanta Emerson avec un gloussement, avant de secouer la tête. Je ne me souviens pas que tu m’en aies montré une mais son visage ne m’est pas inconnu.
Emerson aurait cependant été incapable de dire où il l’avait vu – à l’exception, et c’était sans doute là qu’il l’avait aperçu, de la fête à la caserne des pompiers. A moins que ça soit du temps de Theo, quand il évoluait en périphérie du cercle d’amis de ce dernier. Une chose était certaine, en tout cas, il n’avait pas vu les photos que Sami avait postées sur Mazebird.
- Non, je n’en ai pas, confirma Emerson sans chercher à épiloguer sur la question.
Les gens qui échappaient à la mode Mazebird se faisaient de plus en plus rares et étaient parfois vus comme des extraterrestres. Certains, pourtant, devaient résister comme lui, non ? Il ne pouvait pas être le seul à avoir ses raisons de ne pas vouloir s’afficher en ligne. De toutes façons, pensa-t-il brièvement, cela revenait au même qu’avec son appartement : il ne savait pas trop ce qu’il aurait pu y poster. Des courtes vidéos des concerts pour lesquels il assurait le son et la lumière ? Des photos de Cameron accompagnées de messages cryptiques ou mélancoliques ? Des paysages qui lui rappelaient le Wyoming ?  S’il essayait d’y songer le moins possible, ce n’était clairement pas pour en faire étalage au regard de tous. En attendant, puisqu’il ne cédait pas à l’idée de se créer un compte, il ne regardait pas davantage celui des autres.
- C’est vrai ? Cool! s’exclama le jeune Moore, sincèrement enthousiaste à l’idée de rencontrer l’homme qui rendait son ami heureux.
Emerson suivit Sami tandis que celui-ci se dirigeait vers une porte et le questionna sur l’incendie qui avait ravagé son domicile précédent. Invariablement, la moindre évocation d’un tel feu faisait frissonner le jeune homme mais il n’y avait aucune curiosité malsaine derrière son interrogation. Il écouta la réponse de Sami puis demanda :
- Est-ce qu’ils savent ce qui l’a déclenché ?
Il n’aurait pas dû embêter Sami avec ces questions – qu’il aurait d’ailleurs sans doute pu réserver à Tommy, histoire d’avoir un sujet de conversation, mais le pompier n’aurait peut-être pas envie d’évoquer son travail quotidien avec un garçon curieux.  
- C’en est où ? Comment ça? Rien n’a vraiment changé depuis la dernière fois...
Sa vie amoureuse était toujours aussi plate. Il y avait bien eu une rencontre singulière avec une danseuse sexy mais Emerson ne pouvait pas vraiment la qualifier d’avancée quelconque. Quant au reste, il voguait au rythme de ses horaires décalés, entre répétitions de troupes locales et passages d’artistes à Windmont Bay.

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Message· · Sujet: Re: nothing heals the past like time nothing heals the past like time EmptyMer 5 Juin - 0:01

C'était un retour à la normal dans sa vie qui s'était enclenché quelques mois plus tôt, et qui prenait un peu plus de sens ce soir, avec Emerson chez lui, et cette absence de poids entre eux qu'avait causé au début, du moins aux yeux de Sami, la mort de leur point commun. Cette impression avait disparu pour ne laisser place qu'à l'opportunité de mieux se connaître et de laisser une amitié saine faire sa place entre les deux, depuis plusieurs mois, et jusque-là Harsha ne s'était pas rendu compte qu'il avait aussi besoin de ça pour retrouver son équilibre sur tous les points. Il s'était ouvert un peu plus face à Emerson et avait ressenti les bienfaits naissants dans la réciprocité entre eux dans une situation comme celle-ci. Alors ça lui paraissait naturel, ce soir, de le voir déambuler chez lui, quand d'autres auraient pu lui laisser la sensation qu'ils n'étaient pas tout à faits à leur place entre les murs de sa maison. C'était le genre de choses plaisantes, qu'il voulait continuer à expérimenter. Arquant un sourcil à la question du garçon, Sami lui lança un regard en biais avec un air un peu amusé. « Te trucider, non. Pour ce qui est de te juger, par contre, je ne peux te faire aucune promesse à ce sujet. » Une petite moue se dessina sur son visage, comme en guise d'excuses qui n'étaient pourtant pas nécessaires, avant de reprendre ce léger sourire qui s'était déjà dessiné au détour de ses lèvres, laissant Emerson finaliser son choix avant de récupérer le téléphone entre ses doigts pour faire le sien, laissant son ami reprendre son observation des étagères tout en réfléchissant un instant. Il savait d'avance qu'il ne parviendrait pas à terminer une pizza tout seul, son appétit tardant toujours à reprendre, lui, un rythme normal ; s'il ne sentait plus de nausées le prendre à chaque repas comme il y a encore quelques mois, les choses ne s'étaient toujours pas remises totalement en place, lui lançant ce léger désamour de l'heure des repas. Après une réflexion rapide, il opta pour une pepperoni supplément fromage, dont la majeure partie reviendra à Tommy lorsqu'il arrivera chez lui un peu plus tard, ayant choisi en fonction des goûts du pompier plutôt que des siens directement. Une fois la commande finalisée et confirmée par la pizzeria, il reporta toute son attention sur Emerson, et fit les présentations par l'intermédiaire des photos des personnes faisaient partie intégrante de sa vie, cette même sphère qu'il avait gardée près de lui au cours des événements difficiles qu'il avait vécus. La remarque du jeune Moore sur le physique de Tommy lui arracha un léger rire et, désigna du doigt une des photos accrochées, il lança un regard à Emerson. « Et avec un beau sourire. Le tout mélangé c'était ma faiblesse, je n'ai pas pu résister à ça. » Il roula des yeux après un nouveau coup d'œil à la photo où Tommy affichait un grand sourire, comme s'il s'agissait d'une plaisanterie quand, pourtant, il n'y avait aucun mensonge dans ce qu'il affirmait. C'était le genre de choses qu'il se plaisait à répéter à Tommy, inlassablement, et qu'il ferait jusqu'à ce que son petit ami n'en puisse plus de son déballage verbal. « C'est l'un des pompiers à la caserne, tu dois sans doute le connaître de là. Je me rappelle que tu étais au Kissing Booth l'année dernière, et il faisait partie des organisateurs, tu l'as sûrement croisé. » Sami n'avait pas vraiment envie d'évoquer les possibles commérages qui avaient tourné lorsqu'il s'était séparé de Shiloh – comme le fait qu'il avait eu vent d'une rumeur propagée par Agnès sur le fait qu'elle l'aurait harcelé après coup, ce qu'il ne jugeait pas totalement faux au souvenir des sms qui lui donnaient une envie royale de rouler des yeux à l'époque –, et qui pouvaient participer à ce qu'Emerson savait de lui, peut-être. Et puis, d'une certaine façon, il se disait qu'il ne devait sans doute pas faire partie de ces gens en ville qui prêtaient une oreille attentive à ce que l'on pouvait dire sur les uns et sur les autres – l'idée le rassurait un peu, ayant lui-même souffert des rumeurs à son sujet pendant de trop longs mois. Se contentant d'acquiescer à la réponse du brun quant à Mazebird, il ne développa pas plus, comprenant le manque d'attrait de ce genre d'application pour certaines personnes. S'il s'en servait auparavant comme un endroit où stocker un peu de ce qu'il ressentait, lui donnant l'impression de vider partiellement son sac sans avoir à raconter en détail sa vie à quelqu'un qui n'y porterait peut-être pas grand intérêt, il s'était rendu compte ces derniers mois que la plupart de ses posts récents ne tournaient qu'autour de Tommy, et s'était demandé à quel moment exactement il était devenu aussi niais, lui qui ne l'avait jamais été à ce point. Son sourire s'agrandit un peu plus à la réaction d'Emerson quant à la possibilité qu'il rencontre Tommy ce soir et, revenant sur le sujet des photos, Sami les désigna du pouce par-dessus son épaule. « Il manque encore quelques personnes que je voulais rajouter, dont toi, mais je me suis rendu compte qu'on avait aucune photo ou quoi. » Il lui lança une œillade rapide, sans trop savoir comment il réagirait à sa remarque, et pris la direction de la chambre d'amis pour commencer la visite de la maison un peu plus en détail – quand bien même il se contenta d'ouvrir la porte pour laisser Emerson regarder à l'intérieur s'il le désirait, continuant la conversation en même temps. « Un problème électrique dans l'appartement de ma voisine, qui a du coup provoqué le feu qui s'était propagé rapidement jusqu'au mien. J'ai eu de la chance dans le fait qu'ils retrouvent Daniel dans l'incendie, il était resté là-bas quand j'étais parti chez mes parents. » Il se pencha doucement en avant pour attraper le bouledogue qui les suivait depuis qu'il était descendu les rejoindre dans ses bras et glisser ses doigts sous son menton, pour le plus grand contentement du chien. « Et pour le matériel, je n'ai rien perdu d'irremplaçable. » Une partie de lui avait été soulagée, après le feu, d'avoir eu l'idée de déplacer de chez lui à ses parents les souvenirs que, s'il ne voulait plus les garder chez lui à chaque instant, il était incapable de les jeter pour autant, et qu'il savait qu'ils ne pourraient être échangés contre d'autres ; principalement les affaires qu'il avait préservées après la mort de Theo. « Il n'y a rien eu de nouveau ces derniers temps ? » Il demanda à Emerson, penchant un peu la tête sur le côté dans l'attente de sa réponse, le chien toujours lové entre ses bras.

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Message· · Sujet: Re: nothing heals the past like time nothing heals the past like time EmptyLun 1 Juil - 20:30

Il avait l’impression qu’il n’avait jamais été doué pour se faire des amis. Ça n’était que maintenant qu’il apprenait à mieux connaître Sami qu’il réalisait le vide qu’il avait laissé de ce côté-là. Enfant, il était trop « garçon manqué » pour s’entendre avec les filles de son âge et les autres garçons n’étaient pas intéressés par lui, ils ne voulaient pas jouer avec une « fille », aussi douée soit-elle pour grimper aux arbres, pour s’écorcher les genoux ou pour dévaler les pentes à vélo. Ses amis, Emerson avait l’impression de les avoir eus grâce à Cameron, son frère aîné, bien plus doué pour se faire apprécier, sans doute parce qu’il était bien dans sa peau, fort de cette confiance désinvolte qu’offre la jeunesse. Le jeune Moore songea brièvement, et avec une certaine amertume, que cette jeunesse, elle était depuis longtemps décomposée, grignotée par les vers, la seule preuve qu’elle avait existé étant une pierre tombale qui rappelait qu’un jeune homme dénommé Cameron Moore avait vécu là. Emerson se demanda si quelqu’un prenait soin du coin herbeux où Cameron reposait désormais, peut-être une nana avec qui il était sorti et qui pensait à lui avec mélancolie, peut-être que seule leur mère venait régulièrement changer les fleurs, mais peut-être que personne n’y allait plus trop. Après tout, sept ans avaient passé, les gens avaient eu le temps de se lasser, d’oublier, de remiser le souvenir pour ne le sortir qu’en de rares occasions où il faisait bon d’évoquer Cameron et ses prouesses au rodéo. Après ça, quand il était parti, Emerson avait eu quelques amis, des gens dont il s’était senti très proche parce qu’ils étaient présents à un moment essentiel de sa vie, où des changements radicaux s’opéraient. Exit la gamine du Wyoming qui s’infiltrait dans les camions pour avaler les kilomètres, bienvenue au garçon qui voulait renaître de ses cendres et, surtout, faire le deuil de son frère. Ces gens-là, aussi intimes avaient-ils été par certains moments, avaient disparu dans les méandres de ses pérégrinations et Emerson avait abandonné l’idée de garder contact avec eux. La distance et les aléas de la vie aidant, il avait relégué ce chapitre au passé pour se concentrer sur celui que représentait Windmont Bay. Là où il pourrait repartir sans traîner dans son sillage l’image hantée de son frère en souffrance, là où il n’aurait pas à évoquer son enfance à danser sur le fil du rasoir, à ne pas savoir de quel côté pencher, faute de repère, faute de modèle. Sami était en quelques sortes cette porte ouverte sur un nouvel avenir : un futur où l’amitié creusait son nid et ne disparaissait pas au coin d’une année, au loin sur une route. Et ça lui faisait du bien, au jeune Moore, d’avoir trouvé cette stabilité. Car il n’en doutait pas une seule seconde : cette amitié naissante, non, renforcée, était faite pour durer et il voulait croire à sa solidité, malgré sa relative nouveauté – ou plutôt redécouverte.
- Et un beau sourire, approuva Emerson avec un léger hochement de la tête, sachant qu’un sourire pouvait faire toute la différence.
Il repensa au sourire canaille de Cameron, cet arc tiré vers le bas quand il ne savait pas garder son sérieux, ou lorsqu’il éclatait de rire après s’être vautré, le visage plein de poussière, l’oeil pétillant d’une poussée d’adrénaline. Un soupir gonfla la poitrine d’Emerson et il chassa l’image de son frère. À l’évocation du Kissing Booth de l’année précédente, ce fut un autre sourire qui vint s’imprimer sur sa rétine. Un autre sourire canaille, un sourire qu’il avait embrassé, dans un élan bravache qui marquait cette journée inoubliable. Il se souvenait vaguement des autres participants mais l’événement avait eu un tel succès que l’ensemble était comme trouble. Maintenant qu’il avait vu à quoi ressemblait Tommy, toutefois, il ne manquerait pas de le remarquer la prochaine fois qu’il le croiserait, à jamais associé à la lueur étincelante qui illuminait le regard du jeune Harsha.
- Sûrement, mais ça remonte à quelques mois maintenant et il y avait du monde.
Emerson se demanda si Sami s’inquiétait à chaque fois que son petit ami était de garde. Une pointe lui perçait-elle constamment la poitrine à chaque fois qu’il pensait que les choses pouvaient mal tourner, comme le jeune Moore avait pu l’éprouver vis-à-vis de Cameron à chaque fois qu’il s’installait sur un dos large et nerveux ? Peut-être qu’il tâchait de ne pas y penser. À ce stade, Tommy devait être un pompier chevronné, il ne prendrait pas des risques inutiles.
- Oh… Je ne suis pas très photogénique de toute manière. Je n’aime pas me voir en photo, grimaça Emerson à l’évocation d’une photographie où il apparaîtrait.
Pourtant il s’était énormément pris en photo, à une époque, presque chaque jour, même, juste pour pouvoir assister aux changements, discrets au quotidien mais qui marquaient une différence si on les prenait à distance. Ce n’était néanmoins pas la même chose que des clichés souvenirs de moments heureux, d’événements marquants. La conversation vogua toutefois vers d’autres horizons alors qu’ils évoquaient l’incendie qui avait mené à cette nouvelle installation. Emerson abandonna son coup d’oeil circulaire pour se concentrer sur Sami puis sur le chien, miraculé de l’accident. Un sourire attendri vint caresser les lèvres d’Emerson au tableau touchant du bonheur évident du chien à être l’objet de pareille attention. Emerson pouffa de rire et gratta l’oreille de Daniel avant de laisser retomber son bras.
- Tant mieux. Ça reste dommage mais tant que tu retombes sur tes pieds, c’est le principal.
Après ce que Sami avait vécu, il aurait pu, après tout, être fragilisé et s’effondrer face à ce nouveau coup du sort, mais Emerson était heureux de le voir prendre la chose avec tant de simplicité. Quant à la question de Sami, elle lui fit secouer la tête et hausser brièvement les épaules :
- Non, rien de neuf, c’est plutôt calme de mon côté. Mais je ne m’en plains pas. Au fond, j’ai toujours voulu une vie calme, me poser quelque part et me faire une place, dit-il avant de se mordiller pensivement la lèvre en songeant à ce que ce genre de réponse pouvait impliquer.
Que sa vie n’avait pas toujours été de tout repos, qu’il ne s’était pas senti à sa place avant, où qu’il soit. Aussi ajouta-t-il, pour donner le change :
- Et puis, avec ce rythme de vie décalé, ces lumières et ce volume sonore, ça me fait du bien d’être dans une bulle à part.
Il ne savait pas trop qui il essayait de convaincre le plus – lui ou Sami. Quelques mois plus tôt, il avouait sa profonde solitude et voilà qu’il présentait la chose comme si elle était ce qu’il avait constamment recherché. Il aurait juste voulu avoir les deux : la sérénité et l’intimité. Pour l’instant, il n’en avait qu’une mais il savait qu’elle était en grande partie due à la conversation qu’ils avaient eue à l’Arc Light et il sourit à Sami à ce souvenir. Un sourire reconnaissant, un sourire apaisé.
- Mais je suis ouvert à tout, si tu connais quelqu’un, dit Emerson avec un sourire ironique qui laissait largement deviner qu’il s’agissait d’une plaisanterie. Si Tommy a un collègue avec un sourire à tomber ou si tu travailles avec une jolie projectionniste avec qui je pourrais aller voir des films gratuitement, je sortirai volontiers de mon terrier.
Emerson se laissa aller contre le chambranle de la porte, quelque peu embarrassé d’avoir laissé échapper sa blague, puis il se redressa et changea de sujet :
- Tu crois que le Champagne est frais, maintenant ? s’enquit-il en enfonçant les mains dans ses poches. Ou tu préfères qu’on attende de voir si Tommy vient pour l’ouvrir?
Il espérait que l’alcool ne lui ferait pas dire d’autres bêtises mais, d’un autre côté, il était avec Sami. Il était avec un ami, et cette seule pensée le réconforta.

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Sami Winters

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Message· · Sujet: Re: nothing heals the past like time nothing heals the past like time EmptyVen 26 Juil - 23:56

Depuis longtemps, Sami n'avait plus laissé personne entrer dans sa petite bulle pour venir s'y faire une place. Il en avait fermé l'accès, gardant jalousement ses proches près de lui et se convainquant lui-même qu'il n'avait besoin de personne d'autre au tableau de son existence. Que les relations pouvaient évoluer, oui, comme celle qu'il entretenait avec Tommy en était la meilleure des preuves – celle qui faisait se targuer son cœur d'une pointe de fierté qu'il ne cherchait pas à dissimuler à l'évocation de cette dernière –, mais qu'il n'avait pas besoin d'en former de nouvelles, ou de laisser éclore celles qu'il avait gardées à distance après la perte de son ex petit ami. Pourtant, la présence d'Emerson chez lui ce soir lui prouvait l'inverse de ces affirmations, et lui donnait envie de se satisfaire de l'idée qu'il avait eu de ne pas trouver de justesse face à ce sujet. Quelques mois avaient suffi pour que, de presque inconnu, Moore prenne une place plus importante dans la vie de Sami, parvienne à le faire se sentir à l'aise auprès de lui – ce qui n'était pas anodin, Harsha n'étant pas le meilleur pour les échanges sociaux, et tendant à les éviter au maximum –, et lui donner l'envie d'ouvrir un peu plus sa bulle pour laisser une nouvelle personne s'y glisser. Il y avait, dans l'approche qu'il le laissait prendre et qu'il engendrait lui-même auprès du garçon, la preuve d'une confiance qu'il avait en lui, et qui lui donnait envie d'en découvrir un peu plus sur le garçon qui foulait les planches de sa maison ce soir, parvenant à agrandir un peu plus le sourire sur les lèvres de Sami alors qu'il acquiesçait à la remarque du projectionniste sur le sourire de Tommy, et l'espace d'un instant, Sami se perdit à nouveau dans la contemplation de la photo en question, comme il lui arrivait souvent de se perdre aussi dès qu'il était question d'observer les traits de l'homme qui partageait sa vie. Des moments d'absence s'imposaient à lui alors que ses yeux détaillaient un visage qu'il connaissait déjà par cœur, et une fois n'étant pas coutume, il lui fallut une courte poignée de secondes pour reporter toute son attention sur son invité du jour, réfléchissant un instant à sa réponse quant au Kissing Booth avant de finir par acquiescer à son tour. « Oui, c'est vrai. Et puis, j'imagine qu'en y faisant pas particulièrement attention, ça n'est pas la première chose qui revient à l'esprit. » Il haussa un peu des épaules à son affirmation. Lui-même ne se rappelait clairement pas de tous les visages qu'il avait croisés alors l'année dernière, de toutes les personnes à qui il avait peut-être pu adresser un ou deux mots, sans plus, et qu'il croisait sans doute encore. Les pompiers présents, il ne les connaissait que parce qu'il avait appris à en savoir un peu plus à leur sujet par le biais de Tommy, mais c'était tout. Un petit sourire éclaira de plus belle le visage d'Harsha à la réponse quant à l'idée d'une photo d'Emerson parmi les personnes déjà présentes sur les murs du salon et, haussant innocemment les épaules, il se contenta de souffler : « on aura peut-être quand même l'occasion d'en prendre une à un moment. » Il comprenait, en soi, le fait de ne pas aimer se voir en photo ; lui-même n'était pas le plus grand fan de l'acte un tantinet narcissique, et n'appréciait de se voir que lorsqu'il n'était pas seul sur le cliché, ne voyant pas l'intérêt de collectionner les photos de soi-même seul çà et là. Peut-être que l'idée d'être accompagné parviendrait à donner à Emerson l'envie d'en prendre une, à son tour ? Il ne se tracassait malgré tout pas spécialement de l'idée, laissant simplement couler pour l'instant. Quand la question tourna autour de l'incendie et de la façon dont Sami vivait l'événement, il retint malgré tout un soupir à l'idée des choses qu'il avait pu perdre, bien que purement matérielles, et des sommes dépensées pour pouvoir s'assurer un nouveau lieu de vie. Malgré tout, il préférait voir ça d'un œil plus positif, se concentrer sur les bons points dans le malheur vécu, comme le fait qu'il était encore en mesure de porter son chien dans ses bras. « Oui, au moins j'ai pu vivre chez les Winters un moment avant de savoir remettre de l'ordre dans tout ça et de pouvoir emménager ici. On va dire que le sort m'a donné le coup de pression qui me manquait quand je pensais à déménager depuis quelque temps. » Son demi-sourire trahissait sans doute un peu l'arrière-goût qu'il gardait par rapport à toute cette histoire mais, peu désireux de se faire plaindre sur tout ça, surtout maintenant que le pire était passé de ce côté-ci. Il garda cette même expression sur son visage en voyant les doigts d'Emerson caresser l'oreille d'un Daniel, satisfait de toute l'attention qui lui était désormais donnée, et releva son regard vers le visage du garçon ensuite, écoutant avec attention ce qu'il lui disait, acquiesçant parfois lentement pour montrer qu'il prêtait une oreille attentive à ce qu'il disait. Son sourire, doucement, s'étendit un peu plus, alors qu'il souffla : « il y a quand même eu du changement depuis novembre, alors. Je me rappelle que la solitude ne te paraissait pas aussi plaisante à ce moment-là, c'est une bonne chose que tu aies changé de point de vue sur la question. » Il se retint de rajouter que peut-être était-ce la preuve qu'il avançait dans la direction qu'il désirait : réussir à trouver son confort dans sa relation avec soi-même, c'était sans doute la preuve qu'il acceptait mieux sa situation, et qu'il était alors plus apte à accepter que quelqu'un, par la suite, vienne s'ajouter à l'équilibre qu'il construisait autour de lui. Un rire lui échappa, sincère et doux, loin d'être moqueur, alors qu'il se perdait déjà dans ses réflexions, dressant une liste mentale des personnes qu'il connaissait. « De ce que j'ai vu, il n'y a pas un sourire à la caserne capable de rivaliser avec celui de Tommy, et je suis encore le seul projectionniste du Arc Light, mais je te promets d'y réfléchir. » Ce qu'il fit, presque instantanément, faisait un tableau de pour et de contre pour chaque personne qui l'entourait, de près ou de loin. Il se dit que la douceur qu'il gardait en tête lorsqu'il pensait à Iris pourrait peut-être aller avec celle qu'il associait aussi à Emerson. Que peut-être il pourrait s'intéresser à Shiloh, aussi – mais l'idée fut tout aussi vite écartée, rayée et raturée à plusieurs reprises de son esprit. Et, finalement, ses sourcils finirent par s'arquer. « Mais, tu n'étais pas proche de Bee ? » Il lui semblait, effectivement, les avoir aperçus en train de discuter lors de ce fameux Kissing Booth, quand bien même il n'avait jamais rien su de cette histoire. « Peut-être que ça pourrait le faire. C'est le meilleur ami de Tommy. » Et son ex, se retint-il d'ajouter, peu désireux de s'étendre sur la courte relation qu'il avait entretenue onze ans auparavant avec Schaeffer, et les souvenirs qu'il en gardait – surtout après avoir argumenté avec ferveur auprès de Tommy lorsque ce dernier l'avait appris, affirmant qu'il y avait prescription après autant de temps écoulé, et si peu passé ensemble, dont la majorité à se prendre le bec. « Après, je ne sais pas trop la nature de votre relation... » Une petite moue, sans doute un peu gênée, pris place sur son visage, avant qu'il ne la chasse pour passer à la question d'Emerson, reposant les quatre pattes du chien au sol, malgré le mécontentement de ce dernier de ne plus être au centre de la conversation entre les deux. « On peut boire un verre, déjà, si tu veux. Par contre, je ne crois pas avoir de coupe à champagne chez moi. » Il fronça doucement le nez, réfléchissant un instant à cette possibilité, avant de se rendre compte qu'il n'avait effectivement pas, sans doute, le matériel nécessaire. « On se contente de verres classiques, donc ? » Certains auraient sans doute roulé des yeux en voyant la scène qui s'apprêtait à se dessiner entre eux, mais sincèrement, Sami n'en avait pas vraiment grand-chose à faire.

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Message· · Sujet: Re: nothing heals the past like time nothing heals the past like time EmptySam 3 Aoû - 11:46

Emerson regrettait parfois de ne pas avoir un(e) ami(e) d'enfance. Quelqu'un qui l'ait toujours connu, pas seulement avant et après, comme aimaient à l'exprimer certaines personnes, mais tout au long de son existence, de sa petite enfance à l'adolescence puis, plus tard, l'âge adulte et qui sait, pourquoi pas, jusqu'à un âge avancé de vieillesse? Mais ce ne serait jamais le cas. Quoi qu'il fasse, où qu'il soit, il y aurait toujours des années sans amitié forte et s'il n'essayait pas enfin de tisser un lien plus serré avec quelqu'un, s'il ne laissait pas de place à la confiance, Emerson savait qu'il pourrait encore se passer des années qu'il regretterait ensuite. Il voulait que les choses changent et qu'elles le fassent maintenant. Il ne voulait pas atteindre la trentaine et se dire qu'une nouvelle décennie avait filé sous ses yeux sans qu'il ne tende la main pour saisir celle de quelqu'un d'autre. Quelques mois plus tôt, Emerson avait évoqué cette personne comme étant un compagnon de vie, mais il réalisait maintenant qu'il devait commencer par les bases et cela consistait à s'ouvrir à quelqu'un d'autre, un ami, pour ne plus associé sa solitude à son célibat mais à son manque de connexion à autrui. Et quand il envisageait la chose avec Sami comme exemple, Emerson se disait que ce n'était peut-être pas insurmontable. Il lui paraissait en effet si simple d'ouvrir son coeur au jeune homme, de lui confier des choses qu'il n'avait jamais dites personnes et de le laisser gardien de ses secrets. Ce ne serait pas aussi simple avec tout le monde mais Emerson ne voulait plus envisager les choses en ne voyant que les difficultés, il voulait voir les opportunités de changement, il voulait voir la lueur, l'espoir, et ne pas s'ancrer dans ce qui pouvait tourner mal. Après tout, jusqu'ici, avait-il rencontré quelqu'un qui l'ait mis mal à l'aise? La réponse lui venait aisément: ni Alex, ni Beckett, qui étaient les deux seules personnes avant Sami à qui il avait avoué son secret, n'avaient mal réagi. Chacun à leur manière, ils lui avaient permis de prendre racine à Windmont Bay, de s'y sentir mieux, moins seul. Et comme on le disait: jamais deux sans trois, et Sami était venu s'ajouter à la liste de confidents. Emerson ne regrettait rien. C'était la constatation qu'il avait noirci l'horizon de ses peurs qui le rassura sur le chemin qui lui restait à parcourir. S'il laissait une chance aux autres, il serait peut-être déçu, mais il pressentait que ce serait plutôt le contraire et que les risques étaient beaucoup moins élevés que ce qu'il redoutait. Après, le reste viendrait peut-être naturellement. Peut-être qu'en gagnant en confiance en lui et en son entourage, il ouvrirait la porte à autre chose et, là, il pourrait rencontrer une personne qui le rendrait aussi heureux que Sami et Tommy se rendaient heureux - et qu'il espérait rendre aussi heureux. Homme ou femme, Emerson ne voulait pas y réfléchir, sachant qu'une complicité immédiate ne dépendait pas du sexe de la personne, mais de la couleur de son âme. Il aimait voir la chose comme ça, comme il aimait imaginer un gris iridescent pour sa propre âme, quelque chose qui se refléterait différemment selon l'angle des rayons qui le caresseraient, glissant du gris au rose, au bleu, au vert émeraude - comme l'ondoiement de teintes sur la peau d'un serpent ondulant, quelque chose d'envoûtant, d'hypnotisant.  
Emerson se contenta d'acquiescer en silence, avec un léger sourire, quand Sami ne perdit pas l'espoir de le faire apparaitre sur une photo. Peut-être qu'un moment s'y prêterait, effectivement, et peut-être que dans l'effervescence du moment, Emerson n'éprouverait pas cette pointe de réticence à prendre la pose. Cela aussi faisait partie des choses qui pouvaient apporter un peu de joie: retomber sur un cliché, y associer un moment unique, un souvenir précis, et savoir qu'il suffisait de retrouver ce portrait pour y penser. Combien de moments aurait-il souhaité immortaliser et qui ne survivaient plus que dans sa mémoire? Tant d'instants de joie avec Cameron: autour d'un feu de camp, à chanter faux en grattant la vieille guitare de leur père; le visage radieux, brandissant un trophée après avoir émerveillé les foules en battant un record longuement tenu par un autre champion de rodéo; les joues rosies de plaisir quand une jolie fille s'était approchée de lui pour tatouer sa peau d'une trace de rouge à lèvres. Emerson aurait pu convoquer un milieu de souvenirs comme ceux-là, mais aucun qui ne l'ait suivi jusqu'ici. Peut-être qu'il restait quelques preuves de cette jeunesse fauchée quelque part dans un album dans sa ferme natale, mais Emerson n'avait rien pris avec lui quand il était parti. Juste quelques affaires - des vêtements, surtout, et toutes ses économies - et une unique photographie de leur famille: son père, guindé; sa mère, avec son sourire figé; son frère qui offrait la vue de ses dents parfaites en un sourire éblouissant; et lui, Emerson, déséquilibré par le bras qui avait atterri sur ses épaules pour être attiré vers Cameron. C'était tout ce qu'il restait des Moore, aujourd'hui.
- En espérant que je ne me voile pas simplement la face, répondit Emerson avec un léger sourire doux-amer.
Cela, il ne pourrait le découvrir qu'après coup, quand il aurait eu le temps d'analyser les derniers événements ou mois de sa vie, comme ça avait été le cas depuis l'été précédent. Parfois, il avait l'impression que les choses avaient commencé à dégringoler à partir de cette fameuse Kissing Booth, mettant en branle des choses qu'il ne comprenait même peut-être pas encore. Mais Emerson préférait prendre les choses avec philosophie, surtout qu'il ne regrettait pas vraiment ce qu'il s'était passé - ce jour-là et ensuite. C'était un enchainement de circonstances qui l'avaient pris au dépourvu mais n'était-ce pas précisément ce qu'était la vie? Un enchainement de choses imprévues sur lesquelles peu de gens avait le contrôle. Que ce soit lui ou Sami et ce qui s'était passé dans sa vie depuis la mort de Theo.
- Tu n'es pas objectif, de toute façon, répliqua Emerson à propos du sourire qu'aucun ne pouvait rivaliser.
Il secoua la tête, heureux de voir son ami l'être, et baissa les yeux vers le sol avant de les relever à la mention du grand blond. Déstabilisé, Emerson fronça légèrement les sourcils, ignorant encore tout des connexions entre les uns et les autres - qu'ils soient meilleurs amis ou anciens amants - et se demandant comment le jeune Harsha était au courant du bref rapprochement qu'il y avait eu entre son sauveur et lui. De la manière dont il en parlait, cependant, Emerson devina que Beckette et Sami se connaissaient et il haussa donc les épaules, sans manquer de sentir le léger rougissement qui teinta ses joues:
- Proche est sans doute un bien grand mot. Il m'a sauvé la mise à plusieurs reprises, dit-il vaguement avant de découvrir le lien avec Tommy. Moi non plus. Je pense qu'on a été... en phase... pendant un instant mais ça n'était que ça. Un instant.
Emerson esquissa un sourire. Un trait dans sa maigre expérience amoureuse. Un trait qui avait suffi à bouleverser sa vie, mais il doutait que la réciproque ait été la même pour le meilleur ami de Tommy.
Le jeune homme se détacha du chambranle et acquiesça:
- Tu crois que ça change quelque chose au goût le verre dans lequel c'est servi? Un verre classique fera amplement l'affaire.
L'essentiel, de toute manière, Emerson le savait, c'était la personne avec qui il pourrait boire ce verre, qui n'aurait pas du tout eu la même saveur s'il avait dû le boire seul chez lui.
- Je commence à avoir une faim de loup. J'espère que la pizza arrive bientôt, même si c'est peut-être un blasphème de boire du Champagne en mangeant de la pizza, plaisanta-t-il. Du coup, tes verres classiques éviteront de faire de nous des hérétiques.
Il aimait la tournure imprévue et simple de leur soirée et discussion. Quelques mois plus tôt, il aurait sûrement été un peu inquiet de passer du temps en compagnie de Sami mais leur tête-à-tête dans la salle de projection avait effacé toute trace de malaise. Désormais, il savait qu'il ne redouterait pas de partager des choses - heureuses ou non - avec son ami, même si des choses resteraient plus dures à évoquer que d'autres. Mais ils avaient le temps, songea Emerson en suivant Sami à la cuisine. Il voulait le croire, en tout cas.

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Message· · Sujet: Re: nothing heals the past like time nothing heals the past like time EmptyMar 20 Aoû - 12:40

Sami n'avait jamais eu un grand nombre d'amis, au cours de sa vie. Petit gamin plus timide qu'il n'était réellement solitaire, il s'est habitué, année après année, à se contenter d'aimer peu de personnes à la fois, ce qui ne faisait que dupliquer l'affection qu'il leur portait. D'abord majoritairement accompagné des animaux adoptés par ses parents, qui lui donnaient un peu moins l'impression d'être un enfant unique dans la petite famille qu'ils formaient tous les trois, il dut faire un travail sur lui-même pour apprendre à s'ouvrir un peu plus aux autres, passer au-delà de sa peur d'ouvrir la bouche quand des gens qu'il ne connaissait pas étaient autour de lui, et ainsi commencer à nouer des liens. Ça n'avait pas été chose aisée, et très vite il s'était détourné de l'idée, une fois quelques personnes s'étant mises à graviter autour de lui. Ça lui suffisait, pourquoi chercher plus loin ? Le reste s'était fait naturellement, comme avec Emerson. Une approche orchestrée par Theo, puis une séparation causée par la mort de ce dernier et voilà que, bientôt deux ans après le décès de Carmichael, ils se retrouvaient à attendre ensemble un dîner qui prenait un peu trop son temps, tout en se racontant des tranches de vie. La présence calme du garçon avait quelque chose de plaisant, d'agréable aux yeux d'Harsha, et à mesure qu'ils passaient du temps ensemble, se découvraient un peu plus et se rapprochaient, il avait conscience qu'il aurait pu passer à côté de quelque chose s'ils ne s'étaient pas (re)trouvés il y a quelques mois de ça. Et, plus il connaissait le jeune Moore, plus il se prenait à lui souhaiter ce qu'il pouvait bien espérer ; trouver sa moitié, sa connexion avec autrui dont il lui avait déjà parlé lors de leur tête-à-tête du mois de novembre. Il le méritait. « C'est pas le genre de question auquel on a une réponse sur l'instant, de toute façon... Mais oui, j'espère aussi que ça n'est pas ça, ou que si c'est le cas, tu le réaliseras uniquement parce que tu seras dans une meilleure situation par la suite. » C'était sans doute dit maladroitement, mais Sami n'avait pas la maîtrise réelle des mots dans de telles circonstances, et ne savait pas vraiment faire illusion de ce côté-là ; il espérait simplement qu'Emerson comprenne où il voulait en venir, et se targua de ne pas trop en douter pour l'instant. « On n'est jamais vraiment objectif quand on est amoureux, de toute façon, si ? » Il haussa les épaules. Ça n'avait pas tant d'importance, finalement, l'objectivité ou non de ce qu'il ressentait dans ce genre de cas. Il avait pris la résolution – plus ou moins consciemment – d'arrêter de sur-analyser tout ce qui était en rapport à ça, comme il le faisait il y a encore un an (à se demander s'il était normal de penser à telle chose, d'en ressentir une autre, de se retrouver à vivre le manque d'une personne en couple avec quelqu'un d'autre, de sentir son ventre se tordre d'un mélange d'appréhension et de hâte à l'idée de le voir, son cœur battre plus vite en sa présence, jusqu'à finalement se sentir apaisé auprès de lui – tout ça, toutes ces questions, avaient tourné en boucle de longues semaines dans l'esprit de Sami, peut-être suffisamment pour l'user au point qu'elles n'aient plus leur place dans leur quotidien). « Je connais Beckett... assez bien, je pense. Ça ne m'étonne pas tellement qu'il t'ait sauvé la mise. » Même s'il lui tapait bien souvent sur les nerfs, Sami n'avait pas placé de marque rouge sur le nom du meilleur ami de Tommy, et savait reconnaître lorsqu'il faisait bien les choses. « Pourquoi ça n'est jamais allé plus loin ? Si tu me permets de demander. » Il cherchait à comprendre pour se faire une meilleure image de la relation entre les deux, et peut-être de la façon qu'Emerson avait d'aborder les choses de son côté, s'il se trouvait à essayer de l'aider dans sa quête de connexion. Il s'offrait quelques cartes en plus entre les mains, si jamais le garçon acceptait de répondre. « Il paraît que pour certaines boissons, ça change effectivement quelque chose... On le saura bien vite si c'est le cas pour le champagne ou non, cela dit. » Avec désinvolture, il haussa les épaules et se dirigea dans la cuisine, sortit deux verres des plus banals, attrapa la bouteille de champagne qui reposait dans le frigo, et se tourna vers Emerson en sortant son téléphone de sa poche et en le déverrouillant. « On ne devrait plus attendre que quelques minutes, je pense. L'application dit que le livreur devrait bientôt être là. » Son ventre à lui ne criait pas famine ; à croire que son repas de midi, aussi léger ait-il pu l'être, lui avait largement suffi pour le combler jusqu'à la fin de la journée. Posant l'appareil sur le comptoir, il tendit la bouteille vers Moore et lui lança un demi-sourire. « Tu t'essayes à l'ouvrir, pour ta première fois à en boire ? Je vais envoyer un message à Tommy pour lui demander à quelle heure il pense venir. » C'était un plaisir simple qu'ils partageaient, finalement. Deux personnes, un moment ensemble, et la possibilité de divaguer vers des sujets ou d'autres au bon gré d'une conversation qui, aussi étonnamment pouvait-il être avec deux personnes comme eux, ne s'étaient pas essoufflée de façon maladroite depuis l'arrivée d'Emerson entre les quatre murs du 8, Pioneer Oak. Sami trouvait facile de parler à Emerson. De se confier sur des choses et d'autres, de ne pas chercher à mettre de filtre ou de point à ses discours, tout comme il était aisé de l'écouter en retour quand il ressentait le besoin de s'étendre sur quelque chose. En confiance, pour l'instant autant que pour la suite, il observa son ami avec un sourire doux.

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Message· · Sujet: Re: nothing heals the past like time nothing heals the past like time EmptyJeu 22 Aoû - 21:33

A la réponse pleine de sagesse de Sami, Emerson se borna à un hochement, comme une poupée qui dodeline de la tête, un léger sourire aux lèvres. Il n’avait pas envie d’embêter plus longtemps son ami avec ses points d’interrogations, ses réticences et ses craintes. C’étaient des choses qu’il devait apprendre à affronter seul et le jeune homme se dit qu’au vu de tout ce qu’il avait pu traverser jusque-là, il devrait pouvoir arriver à surmonter cette épreuve. N’avait-il pas, après tout, débarqué dans une ville où il ne connaissait personne, après des jours de voyage, alors qu’il n’avait jamais quitté son Etat natal jusqu’à ce moment fatidique ? N’avait-il pas dû se fondre dans une vie qui ne lui correspondait pas, uniquement parce qu’il savait que les gens ne comprendraient pas – ses parents plus que quiconque ? Ce n’était même pas qu’il n’avait pas envisagé une seule seconde de leur parler de ce qu’il ressentait. A plusieurs reprises, il avait même ouvert la bouche pour la leur balancer, sa vérité, mais il s’était alors rappelé des grimaces que faisait son père devant la télévision, pour peu qu’on y parle d’homosexualité, les remarques condescendantes de sa mère qui ne comprenait pas qu’on puisse refuser ce que la nature avait fait. Qu’auraient-ils dit, alors, s’il leur avait dit ? Emerson n’y songeait plus depuis longtemps, à ces hypothétiques aveux. Il avait clos ce chapitre et tout ce qu’il contenait, n’en gardant que des fragments épars. Ça n’était pas nécessaire de remuer le couteau dans la plaie, ce qui était fait était fait et rien de ce qu’il pourrait dire ou faire ne ramènerait Cameron, n’effacerait son enfance troublée ou la solitude qui l’avait suivi tout au long des années. Tout ce sur quoi il pouvait se concentrer était l’avenir et l’océan de promesses qu’il contenait. Alors il laissa cette conversation s’éteindre doucement, préférant revenir à des sujets plus agréables : le sourire de Tommy, le bonheur évident de Sami, par exemple.
- Ce serait un non-sens d’être objectif quand on est amoureux, confirma Emerson.
C’était un sentiment universel, qui touchait presque tout le monde, qui enivrait, qui métamorphosait, et pourtant, il n’y avait rien de plus unique que l’amour qu’un individu portait à un autre. Chaque manifestation de cette émotion était belle, chaque personne avait le droit de l’éprouver – lui compris, il réalisait à peine qu’il s’était inconsciemment convaincu du contraire pendant trop longtemps. Alors bien sûr qu’il était impossible d’observer cette chose si fragile et si solide à la fois, si incroyable, avec un œil objectif. L’amour rendait heureux, l’amour rendait aveugle, n’était-ce pas ce qu’on disait ?
Quant au fait qu’ils en viennent à parler de Beckett Schaeffer, Emerson ne sut dire si c’était inopiné ou non. Il était étrange, en tout cas, d’avoir une relation commune insoupçonnée. Pourtant, Emerson le savait : il n’aurait pas dû être si surpris. Parce que Windmont Bay était une petite ville et que par conséquent, les chances de se connaitre étaient accrues, mais aussi parce qu’il lui avait semblé que le grand blond était quelqu’un de populaire, alors bien sûr que ça devait multiplier encore les chances qu’il ait touché plus que sa vie à lui. Le jeune Moore écouta son ami évoquer son sauveur et il hocha la tête. Il avait en effet l’air d’être le genre à prendre des risques pour les autres et s’il le faisait déjà pour un type qu’il connaissait à peine, qu’est-ce que ça devait être pour ses amis ? Quant à savoir pourquoi ça n’avait jamais été plus loin, Emerson fit mine d’y réfléchir un instant avant de hausser les épaules.
- Je ne sais pas trop. Il s’est passé un truc et puis… je ne sais pas. Silence radio. Peut-être que je m’attendais à ce qu’il reprenne contact le premier, peut-être que j’aurais dû faire un pas vers lui. Je me suis d’abord dit qu’il avait peut-être eu ce qu’il voulait et que ça se finissait là. On ne se connaissait pas trop, après tout, même si le courant passait bien. Mais en y réfléchissant un peu, j’ai cru comprendre qu’il n’avait pas une vie très… simple.
Emerson se pinça les lèvres, pensif, puis avoua :
- Je n’étais pas très fier de la façon dont j’ai agi à l’époque, non plus. J’avais une copine et dès que j’ai rencontré Beckett, j’ai eu l’impression d’avoir la tête retournée… Alors je me dis que c’était peut-être aussi bien comme ça. Il s’est passé ce qui devait se passer et pour le reste, après, je n’ai plus été embêté alors il n’avait plus de raisons de jouer le superhéros.
En réalité, Emerson n’avait même pas pris la peine d’analyser autant la situation bancale jusqu’à ce qu’elle émerge au détour de cette conversation. Pendant une semaine ou deux, il avait eu l’impression d’être la nana qui attend un appel de son coup d’un soir, puis il était passé à autre chose. Il n’avait pas eu d’attente particulière au sujet de Beckett, même s’il devait avouer regretter ne plus avoir de nouvelles de ce dernier. Mais après autant de mois, il se voyait mal le contacter, alors il choisit l’autre option possible :
- Il va bien ?
La nouvelle de l’arrivée prochaine du livreur ravit Emerson dont le ventre sembla vouloir répondre d’un grondement éloquent. Le jeune homme émit un gloussement et posa la main sur son estomac avec une grimace embarrassée.
- Je crois qu’il t’a entendu.
Emerson eut une moue hésitante quand Sami proposa qu’il ouvre la bouteille mais finit par accepter la mission. Il approcha la bouteille de lui et arracha la collerette. Il entreprit ensuite de dévisser le muselet d’un geste appliqué et posa les déchets sur la table avant de tirer prudemment sur le bouchon. Et tout en s’attelant à la tâche, le jeune homme s’exclama :
- Quelle responsabilité, quand même. Je ne voudrais pas être le premier visiteur à avoir la malchance de briser quelque chose chez toi!
Il persévéra, cependant, les yeux légèrement plissés de concentration, jusqu’à ce que qu’un POP ! caractéristique perce l’air – et que le bouchon aille ricocher contre le plafond avant d’atterrir quelque part dans la pièce en quelques rebonds.
- Oh, merde ! s’exclama Emerson quand une fontaine de mousse blanche s’échappa du goulot et lui coula sur la main.
Il se précipita vers l’évier et attendit que l’évasion se calme tout en suçotant ses doigts arrosés.
- J’espère que ça ne porte pas malheur, ça ? dit-il sur un ton semi-interrogatif. Je crois que c’est bon, approche les verres.
Voilà qui était un excellent moyen de fêter l’emménagement de Sami dans son nouveau foyer mais également de donner le coup d’envoi officiel de leur amitié retrouvée. Du moins ce fut comme ça qu’Emerson le vécut et son sourire devait certainement le confirmer.

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Message· · Sujet: Re: nothing heals the past like time nothing heals the past like time EmptyVen 1 Nov - 1:07

Sa vie voyait s'opérer de grands changements ces derniers mois, cette dernière année. Entre le couple qu'il formait désormais avec Tommy, leur mariage qui avait été le point de départ officiel de leur relation, l'évolution de leur histoire, l'incendie de son appartement, et les différents aléas qu'avaient subis ses relations aux autres, il avait vu son quotidien bousculé, prendre une autre forme, bien plus plaisante que celle à laquelle il s'était tristement habitué suite à la mort de Theo, malgré les passages à vide qu'il avait pu avoir au cours de cette période. Au travers de sa « renaissance » par étapes, il s'était frayé un chemin jusque-là où il en était aujourd'hui et, dans le même temps, avait laissé les autres se faire leur place – la trouver ou la retrouver –, avec parmi eux : Emerson. Emerson et les conversations qui glissaient avec une facilité qu'il ne connaissait d'ordinaire pas avec d'autres personnes que Tommy, Mila ou Nate. Emerson, et la simplicité des moments partagés avec lui qui était justement la raison pour laquelle ils devenaient particuliers. Comme ce soir. Les sujets divaguaient, se suivaient, se mélangeaient pour passer de l'un à l'autre avec une fluidité qui n'était probablement le fort d'aucun des participants à la conversation en temps normal – mais peut-être que c'était ça, au final, la normalité, et qu'il leur fallait juste trouver les bonnes personnes pour pouvoir la voir se mettre en place. En constatant que son ami préférait laisser mourir celui des questions qu'il se posait, Sami ne chercha pas à creuser plus loin, préférant l'idée qu'il garde entre ses mains la possibilité d'y revenir plus tard ou non, lorsque l'envie ou le besoin se ferait ressentir. Remettant de côté la curiosité ressentie par rapport au garçon qui lui faisait face, qu'il découvrait pas à pas à mesure qu'ils se voyaient et s'ouvraient à l'autre, laissant simplement les mots glisser, Sami se laissa porter par le sujet suivant qui, sans qu'un doute ne soit possible sur la question, faisait partie de ses favoris. « Je suis d'accord. Je n'ai pas envie de me réveiller un matin et de voir Tommy de la façon dont la plupart des gens doivent le voir, sans avoir ce genre de sentiment pour lui, mais qui est probablement plus objective que la mienne. Ou de la façon dont moi-même je pouvais le voir avant. » Il haussa des épaules, sans trop savoir s'il était clair ou non dans ce qu'il voulait dire. Il ne s'était jamais senti complètement aveuglé par ses sentiments pour le pompier, justement parce qu'il le connaissait déjà avant. Il l'avait vu de cette façon dont il préférerait ne pas le revoir, dénuée de l'intérêt amoureux qu'il lui portait et de tout ce que cela représentait autour de ce seul point. Une façon que beaucoup verraient comme « objective », quand lui dirait pourtant, pour pousser le débat un peu plus loin, qu'il avait fini par objectivement tomber amoureux du pompier.
Quant à Emerson et Beckett, Sami n'avait jamais vraiment su ce qu'il y avait pu avoir entre eux, à l'époque où il lui semblait les avoir vus se rapprocher. Il pensait bien connaître l'un alors, se voilait probablement la face – ça n'était pas quelques semaines partagées pendant l'adolescence qui lui permettait de se targuer de connaître quelqu'un, encore moins lorsque le fil des années les fit s'éloigner et se prendre le bec plus souvent qu'une sympathie mutuelle ne fut éprouvée –, et savait alors qu'il ne connaissait presque rien de l'autre, incapable de se dire qu'il pouvait deviner quoi que ce soit de ce qu'il pensait ou ressentait – encore aujourd'hui, il ne se permettrait sans doute pas de telles allusions. Curieux d'en savoir plus, Sami déposa sur celui qui était devenu son ami un regard peut-être un peu trop empli d'attente, écouta comme à son habitude les propos du garçon avec une attention particulière. « Je n'ai pas eu de vrai contact ou discussion avec lui depuis un sacré moment, mais ce que j'ai pu entendre et comprendre ce que tu dis. Ça n'est pas toujours facile pour Beckett, je crois. » Il n'avait que des échos de sa vie, principalement par le biais de Tommy, et n'était pas sûr de comprendre tout ce qui la composait ; mais au moins savait-il que Schaeffer ne pouvait pas se complaire d'une existence pleine de facilités, et que ça n'était probablement pas quelque chose de nouveau. Les paroles d'Emerson le firent réfléchir. Vu la façon dont sa propre histoire d'amour avait commencé, il ne se voyait pas le blâmer d'avoir trouvé un attrait en quelqu'un d'autre que la personne qui partageait sa vie à l'époque, histoire de ne pas se placer comme l'hôpital se foutant de la charité. « Tu sais... j'ai envie de te dire que ce sont des choses qui arrivent. » Il soupira doucement, se sachant manquer d'objectivité sur la question. « Quand on a commencé à se voir de cette façon, Tommy et moi, il était en couple. Et même si j'ai grandement conscience de ce que ça peut provoquer chez la personne délaissée... je me vois mal te blâmer pour ça. Ça s'est fait comme ça, c'est tout. » Peut-être que s'il croyait en Dieu, Sami finirait en enfer d'avoir été l'un des facteurs de la mort d'un couple au profit de celui qu'il vivait aujourd'hui. Mais même cette idée ne parvenait pas à faire renaître la culpabilité qu'il avait parfois ressenti au début. L'envie de poser des questions un peu plus indiscrètes à Emerson ne prit pas le pas sur le respect qu'il avait pour la vie privée du garçon ; pourtant, une part de lui avait envie de savoir si ce qu'il s'imaginait, par le biais de ses paroles, était ce qu'il s'était passé. Il n'en fit rien, se tut simplement sur ce point, et haussa des épaules. « Je n'ai pas de certitudes sur ça, donc je pense que tu ferais mieux de demander à Tommy quand il nous rejoindra. De nous deux, il est clairement le plus à même de te répondre. » Il se demandait quand même à quoi ça aurait pu ressembler, un couple formé par Emerson et Bee. Prenant quelques courtes secondes pour observer le jeune homme sans faire plus de commentaire, il esquissa un demi sourire en entendant son ventre gargouiller, haussant des épaules. « Un ventre affamé répond toujours aux remarques sur la nourriture. » Main tendue vers lui avec la bouteille au bout, il insista d'un bref mouvement pour que Moore la prenne et que, pour la première fois de sa vie, il savoure le moment – délicat et maladroit – d'ouvrir sa première bouteille de champagne. « J'ai été le premier à briser quelque chose chez moi, fais juste attention à ce que tu vises. » Avec un clin d'œil qui se voulait complice, il observa en silence les mouvements d'Emerson, et les efforts qu'il mettait dans la simple idée d'ouvrir la bouteille de champagne qu'il avait lui-même ramenée. Haussant les sourcils au « pop » significatif qui perça le silence contestable de la cuisine, il observa Daniel lever ses fesses pour partir à la recherche du bouchon perdu, alors qu'il laissa lui-même échapper un petit rire. « Beau boulot. » Puis, il secoua doucement la tête et tendit un torchon pour qu'il puisse s'essuyer les mains. « C'est le genre de chose qui arrive quand tu secoues trop. » Sans réaliser dans un premier temps le double sens possible de ses paroles, il écarquilla légèrement les yeux, sentant ses oreilles rougir doucement sous la gêne qui s'était un peu emparée de lui, et se mit à espérer qu'Emerson ne saisisse pas la subtilité salace de ses mots. Le laissant en charge de la bouteille, Sami rapporta les verres et les tendit tour à tour. « Je ne pense pas... tu n'as rien cassé. » Tendant le premier verre rempli à Emerson et récupérant le second pour lui, Sami leva le champagne et observa son ami avec un sourire. « On trinque à quoi, alors ? »

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Message· · Sujet: Re: nothing heals the past like time nothing heals the past like time EmptyLun 11 Nov - 11:36

Les victoires de Cameron se fêtaient toujours bruyamment. Lorsqu’il remportait la compétition, lorsqu’il battait un record, la soirée se finissait généralement chez les Moore, où l’alcool coulait à flot, la musique résonnait sur les plaines désertes qui cernaient la propriété. C’était un retour en fanfare, enivrant, à grands coups de klaxons et de cris assourdissants. Ils n’avaient même pas besoin de boire, l’adrénaline suffisait à enflammer tout le monde. Emerson se souvenait de ces moments heureux, si différents de celui qu’il passait à l’instant avec Sami. Il se retrouvait coincé sur la banquette arrière du truck, il devait se tordre le cou pour voir les garçons qui se tenaient debout ou assis sur la plateforme arrière et qui imitaient des champs indiens à chaque fois qu’ils croisaient un véhicule. Ils hululaient la victoire et il arrivait que leur père fasse une légère embardée pour jouer un tour à Cameron. Déséquilibré durant une seconde, ce dernier reprenait bien vite pied et donnait un grand coup sur le toit de l’habitacle. Cette boutade n’était qu’une secousse pour un garçon qui passait ses heures perdues à chevaucher des animaux indomptables. Emerson se souvenait de l’engouement qui lui enveloppait le coeur et qui étirait ses lèvres en un sourire ravi, tandis qu’il observait la joie évidente et éclatante de Cameron. Pourtant, à cet instant précis, le jeune homme se disait qu’il préférait de loin la douce sérénité de ce moment-ci, où le danger n’était pas fêté comme une victoire, où c’était le bonheur qui faisait irradier son ami.
- De toute façon, je ne crois pas qu’on puisse être objectif vis-à-vis de quelqu’un. On peut peut-être l’être à propos d’une situation mais d’une personne? Quelqu’un qui ne connait pas Tommy ne peut pas davantage l’être que toi. Et ceux qui le connaissent doivent forcément le voir à travers leurs propres sentiments, leur propre relation avec lui. Je trouverais ça triste qu’on puisse être objectif à propos de quelqu’un. Chacun est différent pour chacune des personnes qui le côtoient.
Voilà qu’il se remettait à philosopher sur des choses qui lui échappaient sans doute, mais Emerson n’avait pas pu s’empêcher de laisser glisser son opinion. Cameron avait sûrement été une personne différente pour lui que pour ses parents ou ses amis, il en allait de même pour ses parents, pour Sami, pour Beckett et pour tous ceux qu’ils croisaient au quotidien. Et n’était-ce pas rassurant? De se dire que ce n’était pas parce qu’une personne ne vous aimait pas que vous ne pouviez pas être aimé? Que rien n’était gravé dans le marbre? Que tout pouvait changer? La preuve: la relation de Sami et Tommy avait évolué au fil du temps, passant de l’amitié à l’amour. Sami aurait-il pu prédire, quelques années plus tôt, que la simple évocation de son amant l’illuminerait de la sorte? Alors Emerson en était persuadé, l’objectivité n’avait pas sa place dans les relations humaines et c’était pour le mieux.
Un sourire un peu gondolé glissa sur les lèvres d’Emerson quand Sami lui déclara que c’étaient des choses qui arrivaient. Il hocha la tête, peu convaincu, parce qu’il était certain qu’il aurait dû résister, qu’Alex n’avait pas mérité qu’il se comporte de cette façon avec elle. Avait-il eu peur de rompre en ne sachant rien de ce qui se profilait à l’horizon? A vrai dire, il n’avait même pas songé à cette alternative parce qu’à aucun moment il n’avait vraiment envisagé quoi que ce soit avec Beckett. Il avait la sensation d’avoir su, dès le départ, que ce serait une chimère, un essai sans lendemain, ce qui aurait dû l’aider à ne pas céder à ce qui ronronnait en lui. Au final, ces deux relations s’étaient terminées et s’il regrettait la tournure que les choses avaient prises, Emerson ne pouvait pas non plus dire qu’il y pensait encore vraiment aujourd’hui.
- La personne délaissée doit sûrement voir les choses d’un autre oeil… Mais au moins vous vous êtes trouvés. Moi, j’ai l’impression d’avoir tout gâché pour rien. Enfin, je me dis que dès l’instant où j’ai été tenté et que je n’avais même pas vraiment envie de résister, il valait mieux que ça se termine. Pour elle, pour nous. Ce n’était pas juste. C’était lui manquer de respect et elle ne méritait pas ça.
Emerson haussa les épaules. Ils pouvaient refaire le monde autant qu’ils le voulaient, cela ne changerait pas ce qui était arrivé et le jeune Moore avait depuis longtemps appris à s’adapter aux circonstances de la vie. Comme avec Cameron. Sa mort avait été un déchirement, mais c’était arrivé et il n’avait rien pu y faire.
- Oui, peut-être que je ferai ça, sourit Emerson, sans avoir la certitude de vouloir aborder l’affaire Beckett avec le petit ami de Sami, quand bien même leurs rôles avaient été semblables, même si les issues avaient été très différentes pour l’un et pour l’autre.
L’ouverture de la bouteille lui permit cependant de délaisser le sujet délicat de ce qui s’était produit l’été précédent pour se concentrer sur sa nouvelle tâche, mais Emerson ne put réprimer un gloussement à la remarque de son ami. Il était toutefois trop concentré sur le torchon qui lui servait à sécher ses doigts arrosés pour remarquer l’embarras du jeune homme. Les deux verres se remplirent du liquide pétillant et le jeune Moore posa la bouteille sur le plan de travail avant d’attraper l’un des verres et de le lever solennellement.
- A ton nouveau chez toi? A notre amitié? A la pizza qui va arriver? A tout ça à la fois? Je suis sûr que je peux encore trouver d’autres raisons.
A l’amour. Au bonheur retrouvé. A l’avenir plein d’opportunités. A tout ce qui pouvait leur passer par la tête, à cet instant précis. A cette première fois où il pouvait goûter du Champagne, ce qu’Emerson ne manqua pas de faire avec une petite gorgée. Il laissa les bulles lui envahir la bouche puis glisser le long de son oesophage et prit de faux airs de connaisseurs, les yeux au plafond, comme s’il se concentrait sur chaque sensation.
- Mmmh, c’est bon, non? demanda-t-il, incertain.
Le jeune homme but une seconde gorgée, comme pour vérifier, et sursauta lorsque la sonnette résonna dans la maison.
- Ah! Les pizzas!
Poussé par sa faim de loup, Emerson se dirigea vers la porte d’entrée et l’ouvrit pour découvrir un grand brun dont le scooter ronronnait à quelques mètres de là.
- La commande de Sami est arrivée, annonça le livreur avec un sourire.
- Thanks god, j’ai une faim de loup, s’exclama Emerson en adressant un clin d’oeil à son ami.
- Je ne crois pas que Dieu ait quoi que ce soit avoir avec ça, mais bonne dégustation quand même, plaisanta l’autre en leur laissant les pizzas.
Emerson referma la porte sur celui dont il ignorait le nom mais qui n’était autre que Chad Siringo, et se tourna vers Sami:
- Mon estomac va enfin cesser de gronder toutes les deux minutes.
L’odeur qui se dégageait des cartons était délicieuse et Emerson se fichait pas mal, désormais, de faire preuve de mauvais goût en buvant du Champagne avec une pizza.

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Keeping it locked away, a secret on every page. But now you're getting close, feels like a dragon's breath. Fire against my chest, burning through the snow. I can't hide it from you. In ultraviolet, you see through.
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