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 nothing heals the past like time

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Emerson Moore

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Message· · Sujet: nothing heals the past like time nothing heals the past like time EmptyLun 13 Mai - 10:02

SAMI + EMERSON
Don’t let go too soon,
but don’t hold on too long.

@Sami Harsha

Les minutes défilaient et les danseuses ne semblaient pas pressées d’abandonner leurs loges. D’où il était, occupé à finir de ranger le matériel dans la salle, Emerson pouvait entendre la douce mélodie de leurs conversations animées, entrecoupée d’éclats de rires. À chaque fois qu’il entendait ceux-ci, cela lui rappelait le chant joyeux des cascades et il ne pouvait s’empêcher de sourire, le menton pressé contre sa clavicule, pour qu’on ne se demande pas pourquoi il avait cette moue idiote sur les lèvres. Cela lui rappelait l’insouciance de l’enfance – même s’il n’en avait pas bénéficié longtemps. Ça lui rappelait aussi la sensation d’être écarté de cette joie de vivre étincelante, comme si rien ne pouvait assombrir leur humeur, même si c’était moins douloureux qu’autrefois. Aujourd’hui, ce n’était plus qu’un vague sentiment de mélancolie qui lui étreignait le cœur mais ne lui faisait plus mal. Il avait tourné la page, il avait clos le chapitre, il était dans un roman complètement différent, à présent.
Enfin, le frottement des pas des demoiselles sembla se mouvoir et, au bout de quelques secondes, les cinq retardataires émergèrent du couloir, sac à l’épaule, joues roses, cheveux soigneusement peignés après l’effort et si une pensée traversa l’esprit du jeune Moore au moment où il leur jeta un coup d’œil, par réflexe, ce fut qu’elles avaient l’air bien différentes des anges et oiseaux gracieux qu’elles étaient sur scène, avec leurs vêtements de tous les jours qui les faisaient revenir sur terre et leur rendait forme humaine.
- Au revoir, Emerson, s’exclama l’une d’elles, l’une des plus âgées, en lui adressant un signe de la main et un sourire agréable.
- Bonne soirée, répliqua-t-il, non sans se maudire de sentir ses joues s’empourprer, invariablement, ce qui fit glousser les demoiselles.
L’écho se répercuta encore quelques secondes dans la salle – et dans la tête du jeune homme embarrassé – puis finit par s’éteindre, le laissant seul avec ses pensées. Il était content que la journée se finisse, il était content que Sami lui ait proposé de passer chez lui, ça lui changeait ses habitudes et, ces dernières semaines, Emerson ressentait de plus en plus ce besoin de s’extraire d’une routine qui commençait à l’ennuyer, ce qui était paradoxal puisqu’il l’avait ardemment cherchée, pendant des années. Mais les temps changeaient, les gens évoluaient et le moineau prisonnier de sa cage thoracique n’aspirait qu’à prendre son envol.
Après avoir éteint toutes les lumières et verrouillé les différentes portes, Emerson récupéra son vélo à l’entrée et prit la direction de Pioneer Oak, son chemin habituel. Toutefois, au lieu de s’arrêter au niveau de son petit immeuble, il poursuivit sa route durant quelques minutes encore et ralentit à l’approche de la maison où son ami avait élu domicile après l’incendie de son foyer précédent. Le jeune homme attacha son vélo à un poteau puis alla sonner tout en se défaisant de son sac pour y récupérer la bouteille de Champagne qu’il avait achetée plus tôt dans la journée.
- Salut !, lâcha-t-il quand la porte s’ouvrit puis, en tendant la bouteille avec un sourire un peu penaud. Désolé, il faut sans doute la mettre un peu au frais, elle est restée dans mon sac une bonne partie de l’après-midi.
Il se pinça les lèvres et haussa légèrement les épaules.
- Je suis content de te voir. Et de voir que tout s’arrange pour toi.
Le jeune homme se demanda si Sami allait lui présenter son compagnon, s’ils vivaient ensemble et sans doute trop de questions qui lui assaillirent l’esprit et qu’il chassa vivement. Il verrait bien. Pour le moment, il voulait passer un moment avec son ami, et retrouver la douce sérénité de leurs dernières rencontres.

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Sami Harsha

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Message· · Sujet: Re: nothing heals the past like time nothing heals the past like time EmptyMer 15 Mai - 15:33

À l'intérieur de la maison nouvellement remise à neuf et habitée, Sami s'agita d'une pièce à l'autre, pour s'assurer que tout soit à peu près rangé. Il ne pouvait promettre un appartement digne d'un de ceux qui servaient d'exposition, n'aurait sans doute pas voulu renvoyer une telle image qui ne correspondait pas à ce qu'il était et à ce côté sensiblement bordélique qu'il avait gardé de ses années adolescentes. Mais dans l'idée qu'Emerson puisse vouloir visiter, il préférait offrir un aperçu avantageux de l'endroit dans lequel il avait mis tant d'efforts pour parvenir à l'améliorer et le faire sien. Son inspection se termina dans sa chambre. D'un regard circulaire, il l'examina et tomba sur le t-shirt de Tommy dans lequel il avait dormi la veille, qui traînait au bout du lit. Son mouvement rapide l'attrapa et, le portant un bref instant à son nez pour humer l'odeur du pompier, il le glissa ensuite sous son oreiller et recommença à observer l'endroit. Ça ne ressemblait pas à ce qu'il avait, avant. Volontairement, il avait décidé de ne pas refaire exactement la même décoration – déjà parce que la majorité des meubles n'avaient guère survécu à l'incendie qui s'était propagé chez lui – pour ne pas avoir l'impression de continuer à vivre dans la bulle de souvenirs qui avait éclaté ce jour-là. Un mal pour un bien, peut-être. Si la culpabilité le rongeait toujours d'une certaine façon, avoir parlé à Tommy de ce qu'il cachait depuis près de quatre ans maintenant lui avait permis de sentir sa poitrine s'alléger un peu, et d'exorciser le poids qui enserrait ses entrailles. Il se sentait mieux, même si l'après direct avait été difficile à gérer, avec les vagues de souvenirs qui remontaient à la surface, en plus de tout ce qu'il avait dû faire suite au feu qui s'était déclaré. Et pourtant, cette fois, grâce à Tommy et ce malgré les problèmes qui lui étaient arrivés par-dessus la tête, Sami ne s'était pas noyé, et une certaine fierté découlait de ce fait. Il avait su mener sa barque à travers tout ça pour en arriver à un moment où, ravi quant à cette idée, il allait montrer son nouveau chez lui à un garçon qui, au fil des mois, était devenu un de ses amis les plus proches. D'un pas rapide, il descendit les escaliers quatre à quatre lorsque la sonnette retentit dans la petite maison du 8, Pioneer Oak. Son sourire s'étendit sur ses lèvres à la vision d'Emerson derrière la porte, alors que cette dernière s'ouvrait. Le regard baissé vers la bouteille qui lui était tendue, il la prit entre ses doigts et inspecta un instant l'étiquette, haussant les sourcils avec un air amusé. « Tu me sors le grand jeu, Moore ? » Avec un regard complice, Sami donna une rapide tape sur l'épaule du garçon, toujours peu à l'aise avec le contact physique, et se décala de légèrement pour le laisser entrer. « Je suis content que tu sois là aussi. Et de pouvoir te montrer comment c'est ici ! » Peut-être qu'un peu de sa fierté se ressentait sur son visage, dans son expression ou dans ses gestes, alors que d'un mouvement de bras il désigna l'intérieur. Ça n'était pas très grand, mais largement suffisant pour lui, et pour les moments que Tommy passait ici aussi. Le salon et la cuisine ouverte étaient accolés, une table dans un coin de la pièce pour servir de salle à manger, quand bien même la majorité des repas se faisaient sur le canapé et la table basse. Des étagères de livres, de DVD, de comics, de produits dérivés de la pop culture et quelques vieux vinyles s'étendaient sur tout le mur du fond et, accrochées çà et là, parmi les photos de ses proches qu'il avait voulu installer également (sa famille, Tommy, Mila, pour la plupart), quelques affiches en lien avec ses groupes préférés, ses films ou ses séries qu'il affectionnait particulièrement. Au fond de la pièce, une porte permettait d'accéder à la chambre d'amis – prise au cas où, plus que par nécessité réelle, et dans laquelle il entreposait ce qu'il n'avait pas su mettre ailleurs. Sur l'un des côtés du salon, les escaliers qui menaient à la mezzanine trônaient, et permettaient l'accès à la salle de bains et à sa chambre. Sami avait fait de l'endroit son cocon, à sa façon. Il s'éloigna quelques secondes d'Emerson pour mettre la bouteille de champagne au frigo, puis reporta à nouveau son attention sur lui. « Je pensais qu'on pouvait commander des pizzas ? Ou autre chose, comme tu préfères. Je ne voulais pas me risquer à cuisiner. » Il grimaça un peu à l'idée, ses tentatives culinaires finissant majoritairement à la poubelle après avoir arraché un air de dégoût à ses cobayes, sauf quand il se contentait de la plus grande simplicité. Et puis, au-delà de ça, Sami n'avait jamais été très attiré par la cuisine. « Tu veux visiter ? C'est pas très grand, en soi, mais quand même. » Un petit sourire lancé à son ami, il glissa ses mains dans les poches de son jean, et haussa légèrement les épaules.

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Message· · Sujet: Re: nothing heals the past like time nothing heals the past like time EmptyDim 19 Mai - 15:55

Et dire qu’avant leur rencontre inopinée de l’été dernier, Emerson avait à peu près fait une croix sur son amitié avec Sami. À aucun moment il n’avait blâmé le jeune homme de l’avoir écarté, même si ça avait été douloureux. Il avait compris le besoin de son compagnon de faire le tri dans son cercle, de ne garder que ceux qu’il estimait essentiels à son bien-être. Emerson s’était juste fait une raison et avait continué sa vie sans chercher à compter Sami parmi ses amis – sans toutefois l’en effacer non plus. Il verrait ce que l’avenir leur réservait, s’était-il dit, et il avait plutôt bien fait puisque moins d’un an après leurs retrouvailles, ils avaient dépassé le stade de confiance qu’ils avaient avant la mort de Theo. Le décès du jeune homme n’avait pas vraiment de lien avec ces changements, en soi. C’était plutôt un chemin intérieur que chacun avait parcouru de son côté, comme deux voies parallèles, jusqu’à ce qu’un jour, les lignes se courbent légèrement et permettent à leurs routes de se croiser à nouveau. Depuis, Emerson avait confié à Sami bien plus de choses qu’il n’avait jamais confié à quiconque, et loin de l’effrayer, ces aveux lui avait libéré la cage thoracique d’un poids considérable. Ça l’avait aidé à avancer et ça leur avait permis de renouer. Emerson voulait croire que l’avenir leur réservait désormais le meilleur et c’est fort de cette assurance qu’il était venu sonner chez le jeune Harsha.
- Je n’y connais pas grand-chose mais il paraît que les bonnes nouvelles se fêtent au Champagne, répliqua le jeune homme avec un sourire un peu embarrassé et un haussement d’épaules. Et pour être franc, je n’y ai jamais goûté, je me suis dit que ça serait l’occasion.
S’il songea un instant que Sami aurait peut-être préféré la garder pour une plus grande occasion qu’une soirée passée avec lui, elle lui échappa presque aussitôt. Autrefois, il se serait peut-être laissé assaillir de tels doutes jusqu’à ce qu’ils le rongent. Plus maintenant. À présent, il voulait savourer chaque instant qui lui était donné de vivre aux côtés de ses amis et ce soir en faisait partie.
Emerson laissa tomber son sac dans un coin et s’avança un peu dans la pièce, levant le nez et jetant un regard circulaire pour voir la pièce principale dans son ensemble. Il se débarrassa de sa veste pendant que Sami disparaissait dans une pièce voisine avec la bouteille et la posa sur le dossier d’une chaise. Il s’approcha ensuite des étagères, une curiosité naturelle le poussant à vouloir découvrir l’univers du jeune homme par le biais de ces objets qu’il avait choisi de mettre en valeur, qu’il s’agisse de livres ou de portraits des siens. Un fin sourire se dessina ses lèvres en découvrant des visages qu’il avait déjà entraperçus par le passé, sans faire le lien avec Sami. Il se souvint vaguement avoir vu certaines de ces personnes lors de la fête organisée à la caserne des pompiers. La Kissing Booth, ce jour-là, avait fait sensation, et un sourire mélancolique arqua les lèvres d’Emerson à ce souvenir. Tant de choses avaient changé, depuis lors.
Lorsque Sami reprit la parole et le tira de sa contemplation, Emerson se tourna vers lui et hocha la tête:
- Pizza, c’est parfait. Qui peut y résister?
Il s’écarta des étagères, oubliant de demander si l’homme qui apparaissait sur plusieurs clichés était celui qui lui avait redonné goût à la vie. Cela semblait évident, il suffisait de voir le sourire qui illuminait le visage de Sami lorsqu’il partageait l’affiche.
- Avec plaisir, oui ! Je me suis permis de jeter un coup d’oeil, comme avant-goût, dit-il sur un ton d’excuse en désignant le mur duquel il s’était détourné.
Il revint vers Sami et déclara maladroitement :
- Cela n’a pas dû être simple, de devoir rebondir. Tu as pu sauver quelques trucs de ton ancien logement?
Emerson savait de quoi il parlait. Il était parti de chez lui, sans rien en dehors de quelques vêtements et photographies. Le reste, c’étaient des souvenirs ancrés dans sa mémoire. Des souvenirs qui ne pouvaient plus prendre racine nulle part et qu’il devait cultiver seul. Il regrettait parfois de ne pas avoir emporté davantage d’objets personnels mais il savait que ceux-ci n’auraient fait que le ralentir et, à l’époque, il voulait juste couper sa vie en deux : le Wyoming, d’une part, et le reste de sa vie de l’autre. Depuis, il avait eu le loisir de se trouver de nouveaux objets de valeur mais ça n’était plus pareil et en dehors de quelques photos d’Alex, il n’avait pas grand-chose. Il n’avait jamais aimé être pris en photo de toute manière, et s’était bien gardé de commencer à Windmont Bay. Là où la plupart des gens avaient un compte Mazebird, Emerson s’était toujours tenu à l’écart des réseaux sociaux. Comme une volonté de disparaître. Ou de ne pas être retrouvé. Pourtant, en voyant les souvenirs de Sami affichés ainsi, il réalisait que ça faisait partie de la vie. Encore une fois, il lui semblait revenir à l’éternel tourment de garder tout le monde à distance. Volontairement ou non. Une sorte d’instinct de préservation qui n’avait pas lieu d’être quand il était en compagnie de Sami Harsha.

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Sami Harsha

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Message· · Sujet: Re: nothing heals the past like time nothing heals the past like time EmptyAujourd'hui à 0:43

Il avait l'impression que des soirées comme celle qu'ils s'apprêtaient à passer ensemble, Sami n'en avait pas expérimentées depuis... bien longtemps. À partager un bout de son intimité avec un ami qui n'était pas Mila, une soirée en face à face dans la discrétion de son chez lui, et le cœur plus léger que ce à quoi il était accoutumé. C'était étrange de se projeter dans une ambiance comme celle-ci, et plaisant en même temps. Comme une page qu'il tournait, qui lui montrait qu'il parvenait au bout de sa reconstruction sur bien des points lorsqu'ils retrouvaient des habitudes qu'il connaissait avant que son monde ne lui ai donné l'impression de s'écrouler autour de lui. En ouvrant la porte et en découvrant le visage d'Emerson, c'était tout naturellement que le sourire de Sami se dessina sur le sien, et qu'il lui fit signe d'entrer chez lui ; là où il prenait encore un peu ses marques, après avoir fait de la maison un endroit capable de lui ressembler, et où il apprenait surtout à vivre seul certains soirs où Tommy n'était pas en mesure de le rejoindre – qui lui donnaient l'impression de ne pas être l'unique personne à vivre ici, tant la présence du pompier avait imprégné les murs de la bâtisse, et que ça n'était pas tout à fait normal qu'il n'y ait que Daniel et lui. À la remarque d'Emerson, il sentit son sourire se faire d'autant plus présent et le détailla un instant. « J'apprécie l'attention. C'est une bonne idée, que t'as eue, merci. » Il leva un peu la bouteille dans la direction du garçon, et lui adressa une œillade qui se voulait complice – bien qu'il ne soit pas sûr que le résultat soit celui escompté, malgré tout. « Il y a des premières fois à tout. Et puis oui, ça te donne l'occasion de le faire. » Phrase clichée au possible, mais après tout, ne disait-on pas que ça partait toujours d'une vérité ? Il haussa légèrement les épaules vers lui et le laissa faire quelques pas dans l'entrée (slash salon slash salle à manger slash cuisine) de la maison, avant de se diriger vers le frigo pour y déposer ladite bouteille, profitant au passage pour remplir les gamelles du bouledogue, dont les griffes claquaient sur les escaliers en bois, trahissant la curiosité du chien quant à l'invité du soir qu'il ne reconnaissait sans doute pas – pourquoi aurait-il pris la peine de bouger, autrement. Rapidement, Sami laissa la pièce derrière lui et rejoint Emerson au salon, esquissant un petit sourire en le voyant regarder les étagères, les posters, les photos accrochées au mur et qui relataient de partie de sa vie qu'il essayait de mettre en valeur ; il avait pris la décision de ne se montrer que les bons souvenirs, ceux qui pesaient positivement dans sa vie et lui permettait de garder la tête hors de l'eau lorsque les choses se compliquaient. Sortant son téléphone de sa poche, il ouvrit l'application de livraison et le tendit à Emerson, désignant sa main d'un mouvement de menton. « Tiens, choisi la tienne pour commencer. » Tout en s'approchant de lui, l'espace réduit entre eux, il laissa son regard glisser là où celui du jeune Moore avait probablement dû s'arrêter avant qu'il ne revienne vers lui, sourit doucement. « Je t'en prie, vas-y. Mais j'imagine que tu connais de vue la plupart des gens sur les photos ? » Il y avait sa mère et son père, à leur dernier anniversaire de mariage ; les yeux dans les yeux, et l'air plus amoureux que jamais, qui le faisait toujours un peu rêver au fil des années – peut-être tenait-il de là ses élans romantiques, après tout ? Puis Mila, parfois seule et parfois avec lui, à des soirées, des sorties diurnes, des occasions particulières ou absolument banales. D'autres membres de sa famille, d'autres de ses amis dispersés çà et là, pour ceux dont il avait des photos. Et, trônant majoritairement sur le mur, Tommy. Seul, avec lui, prit sur le fait ou faisant mine de poser, sans jamais vraiment se prendre au sérieux. Il désigna rapidement du doigt les différents clichés. « Mes parents, Mila, ma meilleure amie, Miles, un de mes plus vieux amis. Et là c'est Tommy. » Il arqua un sourcil, regarda vers Emerson. « Je sais pas si je t'avais déjà montré une photo de lui ? J'en ai posté quelques-unes sur Mazebird (euphémise pour dire que son compte s'était transformé en page fan lorsqu'ils se sont montrés au reste de la ville, en début d'année), mais je suis pas sûr que t'en aies un ? » Sans qu'il ne le réalise sur le coup, son sourire grandit un peu plus à son évocation. « Normalement il dort là ce soir, tu le croiseras peut-être. » Ah, sentez sans mal sa fierté à cette idée, encore une fois. S'éloignant de l'étagère pour se diriger vers la porte de la chambre d'ami et commencer la visite, il haussa légèrement des épaules en prenant un air moins enjoué. « Pas grand-chose. Les pièces de vie ont pris feu avant que les pompiers ne puissent tout éteindre, j'ai rien pu récupérer dedans. J'ai deux ou trois meubles de ma chambre que mon père a retapés et que j'ai récupéré. Après c'était majoritairement mes vêtements, et les choses importantes que je gardais là. » Un arrière-goût un peu amer glissa dans sa bouche au souvenir du dossier de Theo qui figurait parmi les rescapés de l'incendie. Il soupira doucement, sans détailler plus que ça, et haussa les épaules à nouveau. « Un mal pour un bien, dans un sens. » Il avait certes perdu des choses qui n'étaient pas retrouvables autrement, mais il ne voulait pas s'attarder sur un deuil matériel plus que de raison. Retrouvant un peu son sourire alors qu'il poussait la première porte pour laisser à Emerson l'occasion de voir ce qu'il y avait derrière, il le détailla. « Et toi, alors ? C'en est où en ce moment ? »

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