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Emerson Moore

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Message· · Sujet: nothing heals the past like time nothing heals the past like time EmptyLun 13 Mai - 10:02

SAMI + EMERSON
Don’t let go too soon,
but don’t hold on too long.

@Sami Harsha

Les minutes défilaient et les danseuses ne semblaient pas pressées d’abandonner leurs loges. D’où il était, occupé à finir de ranger le matériel dans la salle, Emerson pouvait entendre la douce mélodie de leurs conversations animées, entrecoupée d’éclats de rires. À chaque fois qu’il entendait ceux-ci, cela lui rappelait le chant joyeux des cascades et il ne pouvait s’empêcher de sourire, le menton pressé contre sa clavicule, pour qu’on ne se demande pas pourquoi il avait cette moue idiote sur les lèvres. Cela lui rappelait l’insouciance de l’enfance – même s’il n’en avait pas bénéficié longtemps. Ça lui rappelait aussi la sensation d’être écarté de cette joie de vivre étincelante, comme si rien ne pouvait assombrir leur humeur, même si c’était moins douloureux qu’autrefois. Aujourd’hui, ce n’était plus qu’un vague sentiment de mélancolie qui lui étreignait le cœur mais ne lui faisait plus mal. Il avait tourné la page, il avait clos le chapitre, il était dans un roman complètement différent, à présent.
Enfin, le frottement des pas des demoiselles sembla se mouvoir et, au bout de quelques secondes, les cinq retardataires émergèrent du couloir, sac à l’épaule, joues roses, cheveux soigneusement peignés après l’effort et si une pensée traversa l’esprit du jeune Moore au moment où il leur jeta un coup d’œil, par réflexe, ce fut qu’elles avaient l’air bien différentes des anges et oiseaux gracieux qu’elles étaient sur scène, avec leurs vêtements de tous les jours qui les faisaient revenir sur terre et leur rendait forme humaine.
- Au revoir, Emerson, s’exclama l’une d’elles, l’une des plus âgées, en lui adressant un signe de la main et un sourire agréable.
- Bonne soirée, répliqua-t-il, non sans se maudire de sentir ses joues s’empourprer, invariablement, ce qui fit glousser les demoiselles.
L’écho se répercuta encore quelques secondes dans la salle – et dans la tête du jeune homme embarrassé – puis finit par s’éteindre, le laissant seul avec ses pensées. Il était content que la journée se finisse, il était content que Sami lui ait proposé de passer chez lui, ça lui changeait ses habitudes et, ces dernières semaines, Emerson ressentait de plus en plus ce besoin de s’extraire d’une routine qui commençait à l’ennuyer, ce qui était paradoxal puisqu’il l’avait ardemment cherchée, pendant des années. Mais les temps changeaient, les gens évoluaient et le moineau prisonnier de sa cage thoracique n’aspirait qu’à prendre son envol.
Après avoir éteint toutes les lumières et verrouillé les différentes portes, Emerson récupéra son vélo à l’entrée et prit la direction de Pioneer Oak, son chemin habituel. Toutefois, au lieu de s’arrêter au niveau de son petit immeuble, il poursuivit sa route durant quelques minutes encore et ralentit à l’approche de la maison où son ami avait élu domicile après l’incendie de son foyer précédent. Le jeune homme attacha son vélo à un poteau puis alla sonner tout en se défaisant de son sac pour y récupérer la bouteille de Champagne qu’il avait achetée plus tôt dans la journée.
- Salut !, lâcha-t-il quand la porte s’ouvrit puis, en tendant la bouteille avec un sourire un peu penaud. Désolé, il faut sans doute la mettre un peu au frais, elle est restée dans mon sac une bonne partie de l’après-midi.
Il se pinça les lèvres et haussa légèrement les épaules.
- Je suis content de te voir. Et de voir que tout s’arrange pour toi.
Le jeune homme se demanda si Sami allait lui présenter son compagnon, s’ils vivaient ensemble et sans doute trop de questions qui lui assaillirent l’esprit et qu’il chassa vivement. Il verrait bien. Pour le moment, il voulait passer un moment avec son ami, et retrouver la douce sérénité de leurs dernières rencontres.

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Message· · Sujet: Re: nothing heals the past like time nothing heals the past like time EmptyMer 15 Mai - 15:33

À l'intérieur de la maison nouvellement remise à neuf et habitée, Sami s'agita d'une pièce à l'autre, pour s'assurer que tout soit à peu près rangé. Il ne pouvait promettre un appartement digne d'un de ceux qui servaient d'exposition, n'aurait sans doute pas voulu renvoyer une telle image qui ne correspondait pas à ce qu'il était et à ce côté sensiblement bordélique qu'il avait gardé de ses années adolescentes. Mais dans l'idée qu'Emerson puisse vouloir visiter, il préférait offrir un aperçu avantageux de l'endroit dans lequel il avait mis tant d'efforts pour parvenir à l'améliorer et le faire sien. Son inspection se termina dans sa chambre. D'un regard circulaire, il l'examina et tomba sur le t-shirt de Tommy dans lequel il avait dormi la veille, qui traînait au bout du lit. Son mouvement rapide l'attrapa et, le portant un bref instant à son nez pour humer l'odeur du pompier, il le glissa ensuite sous son oreiller et recommença à observer l'endroit. Ça ne ressemblait pas à ce qu'il avait, avant. Volontairement, il avait décidé de ne pas refaire exactement la même décoration – déjà parce que la majorité des meubles n'avaient guère survécu à l'incendie qui s'était propagé chez lui – pour ne pas avoir l'impression de continuer à vivre dans la bulle de souvenirs qui avait éclaté ce jour-là. Un mal pour un bien, peut-être. Si la culpabilité le rongeait toujours d'une certaine façon, avoir parlé à Tommy de ce qu'il cachait depuis près de quatre ans maintenant lui avait permis de sentir sa poitrine s'alléger un peu, et d'exorciser le poids qui enserrait ses entrailles. Il se sentait mieux, même si l'après direct avait été difficile à gérer, avec les vagues de souvenirs qui remontaient à la surface, en plus de tout ce qu'il avait dû faire suite au feu qui s'était déclaré. Et pourtant, cette fois, grâce à Tommy et ce malgré les problèmes qui lui étaient arrivés par-dessus la tête, Sami ne s'était pas noyé, et une certaine fierté découlait de ce fait. Il avait su mener sa barque à travers tout ça pour en arriver à un moment où, ravi quant à cette idée, il allait montrer son nouveau chez lui à un garçon qui, au fil des mois, était devenu un de ses amis les plus proches. D'un pas rapide, il descendit les escaliers quatre à quatre lorsque la sonnette retentit dans la petite maison du 8, Pioneer Oak. Son sourire s'étendit sur ses lèvres à la vision d'Emerson derrière la porte, alors que cette dernière s'ouvrait. Le regard baissé vers la bouteille qui lui était tendue, il la prit entre ses doigts et inspecta un instant l'étiquette, haussant les sourcils avec un air amusé. « Tu me sors le grand jeu, Moore ? » Avec un regard complice, Sami donna une rapide tape sur l'épaule du garçon, toujours peu à l'aise avec le contact physique, et se décala de légèrement pour le laisser entrer. « Je suis content que tu sois là aussi. Et de pouvoir te montrer comment c'est ici ! » Peut-être qu'un peu de sa fierté se ressentait sur son visage, dans son expression ou dans ses gestes, alors que d'un mouvement de bras il désigna l'intérieur. Ça n'était pas très grand, mais largement suffisant pour lui, et pour les moments que Tommy passait ici aussi. Le salon et la cuisine ouverte étaient accolés, une table dans un coin de la pièce pour servir de salle à manger, quand bien même la majorité des repas se faisaient sur le canapé et la table basse. Des étagères de livres, de DVD, de comics, de produits dérivés de la pop culture et quelques vieux vinyles s'étendaient sur tout le mur du fond et, accrochées çà et là, parmi les photos de ses proches qu'il avait voulu installer également (sa famille, Tommy, Mila, pour la plupart), quelques affiches en lien avec ses groupes préférés, ses films ou ses séries qu'il affectionnait particulièrement. Au fond de la pièce, une porte permettait d'accéder à la chambre d'amis – prise au cas où, plus que par nécessité réelle, et dans laquelle il entreposait ce qu'il n'avait pas su mettre ailleurs. Sur l'un des côtés du salon, les escaliers qui menaient à la mezzanine trônaient, et permettaient l'accès à la salle de bains et à sa chambre. Sami avait fait de l'endroit son cocon, à sa façon. Il s'éloigna quelques secondes d'Emerson pour mettre la bouteille de champagne au frigo, puis reporta à nouveau son attention sur lui. « Je pensais qu'on pouvait commander des pizzas ? Ou autre chose, comme tu préfères. Je ne voulais pas me risquer à cuisiner. » Il grimaça un peu à l'idée, ses tentatives culinaires finissant majoritairement à la poubelle après avoir arraché un air de dégoût à ses cobayes, sauf quand il se contentait de la plus grande simplicité. Et puis, au-delà de ça, Sami n'avait jamais été très attiré par la cuisine. « Tu veux visiter ? C'est pas très grand, en soi, mais quand même. » Un petit sourire lancé à son ami, il glissa ses mains dans les poches de son jean, et haussa légèrement les épaules.

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Message· · Sujet: Re: nothing heals the past like time nothing heals the past like time EmptyDim 19 Mai - 15:55

Et dire qu’avant leur rencontre inopinée de l’été dernier, Emerson avait à peu près fait une croix sur son amitié avec Sami. À aucun moment il n’avait blâmé le jeune homme de l’avoir écarté, même si ça avait été douloureux. Il avait compris le besoin de son compagnon de faire le tri dans son cercle, de ne garder que ceux qu’il estimait essentiels à son bien-être. Emerson s’était juste fait une raison et avait continué sa vie sans chercher à compter Sami parmi ses amis – sans toutefois l’en effacer non plus. Il verrait ce que l’avenir leur réservait, s’était-il dit, et il avait plutôt bien fait puisque moins d’un an après leurs retrouvailles, ils avaient dépassé le stade de confiance qu’ils avaient avant la mort de Theo. Le décès du jeune homme n’avait pas vraiment de lien avec ces changements, en soi. C’était plutôt un chemin intérieur que chacun avait parcouru de son côté, comme deux voies parallèles, jusqu’à ce qu’un jour, les lignes se courbent légèrement et permettent à leurs routes de se croiser à nouveau. Depuis, Emerson avait confié à Sami bien plus de choses qu’il n’avait jamais confié à quiconque, et loin de l’effrayer, ces aveux lui avait libéré la cage thoracique d’un poids considérable. Ça l’avait aidé à avancer et ça leur avait permis de renouer. Emerson voulait croire que l’avenir leur réservait désormais le meilleur et c’est fort de cette assurance qu’il était venu sonner chez le jeune Harsha.
- Je n’y connais pas grand-chose mais il paraît que les bonnes nouvelles se fêtent au Champagne, répliqua le jeune homme avec un sourire un peu embarrassé et un haussement d’épaules. Et pour être franc, je n’y ai jamais goûté, je me suis dit que ça serait l’occasion.
S’il songea un instant que Sami aurait peut-être préféré la garder pour une plus grande occasion qu’une soirée passée avec lui, elle lui échappa presque aussitôt. Autrefois, il se serait peut-être laissé assaillir de tels doutes jusqu’à ce qu’ils le rongent. Plus maintenant. À présent, il voulait savourer chaque instant qui lui était donné de vivre aux côtés de ses amis et ce soir en faisait partie.
Emerson laissa tomber son sac dans un coin et s’avança un peu dans la pièce, levant le nez et jetant un regard circulaire pour voir la pièce principale dans son ensemble. Il se débarrassa de sa veste pendant que Sami disparaissait dans une pièce voisine avec la bouteille et la posa sur le dossier d’une chaise. Il s’approcha ensuite des étagères, une curiosité naturelle le poussant à vouloir découvrir l’univers du jeune homme par le biais de ces objets qu’il avait choisi de mettre en valeur, qu’il s’agisse de livres ou de portraits des siens. Un fin sourire se dessina ses lèvres en découvrant des visages qu’il avait déjà entraperçus par le passé, sans faire le lien avec Sami. Il se souvint vaguement avoir vu certaines de ces personnes lors de la fête organisée à la caserne des pompiers. La Kissing Booth, ce jour-là, avait fait sensation, et un sourire mélancolique arqua les lèvres d’Emerson à ce souvenir. Tant de choses avaient changé, depuis lors.
Lorsque Sami reprit la parole et le tira de sa contemplation, Emerson se tourna vers lui et hocha la tête:
- Pizza, c’est parfait. Qui peut y résister?
Il s’écarta des étagères, oubliant de demander si l’homme qui apparaissait sur plusieurs clichés était celui qui lui avait redonné goût à la vie. Cela semblait évident, il suffisait de voir le sourire qui illuminait le visage de Sami lorsqu’il partageait l’affiche.
- Avec plaisir, oui ! Je me suis permis de jeter un coup d’oeil, comme avant-goût, dit-il sur un ton d’excuse en désignant le mur duquel il s’était détourné.
Il revint vers Sami et déclara maladroitement :
- Cela n’a pas dû être simple, de devoir rebondir. Tu as pu sauver quelques trucs de ton ancien logement?
Emerson savait de quoi il parlait. Il était parti de chez lui, sans rien en dehors de quelques vêtements et photographies. Le reste, c’étaient des souvenirs ancrés dans sa mémoire. Des souvenirs qui ne pouvaient plus prendre racine nulle part et qu’il devait cultiver seul. Il regrettait parfois de ne pas avoir emporté davantage d’objets personnels mais il savait que ceux-ci n’auraient fait que le ralentir et, à l’époque, il voulait juste couper sa vie en deux : le Wyoming, d’une part, et le reste de sa vie de l’autre. Depuis, il avait eu le loisir de se trouver de nouveaux objets de valeur mais ça n’était plus pareil et en dehors de quelques photos d’Alex, il n’avait pas grand-chose. Il n’avait jamais aimé être pris en photo de toute manière, et s’était bien gardé de commencer à Windmont Bay. Là où la plupart des gens avaient un compte Mazebird, Emerson s’était toujours tenu à l’écart des réseaux sociaux. Comme une volonté de disparaître. Ou de ne pas être retrouvé. Pourtant, en voyant les souvenirs de Sami affichés ainsi, il réalisait que ça faisait partie de la vie. Encore une fois, il lui semblait revenir à l’éternel tourment de garder tout le monde à distance. Volontairement ou non. Une sorte d’instinct de préservation qui n’avait pas lieu d’être quand il était en compagnie de Sami Harsha.

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Message· · Sujet: Re: nothing heals the past like time nothing heals the past like time EmptyDim 26 Mai - 0:43

Il avait l'impression que des soirées comme celle qu'ils s'apprêtaient à passer ensemble, Sami n'en avait pas expérimentées depuis... bien longtemps. À partager un bout de son intimité avec un ami qui n'était pas Mila, une soirée en face à face dans la discrétion de son chez lui, et le cœur plus léger que ce à quoi il était accoutumé. C'était étrange de se projeter dans une ambiance comme celle-ci, et plaisant en même temps. Comme une page qu'il tournait, qui lui montrait qu'il parvenait au bout de sa reconstruction sur bien des points lorsqu'ils retrouvaient des habitudes qu'il connaissait avant que son monde ne lui ai donné l'impression de s'écrouler autour de lui. En ouvrant la porte et en découvrant le visage d'Emerson, c'était tout naturellement que le sourire de Sami se dessina sur le sien, et qu'il lui fit signe d'entrer chez lui ; là où il prenait encore un peu ses marques, après avoir fait de la maison un endroit capable de lui ressembler, et où il apprenait surtout à vivre seul certains soirs où Tommy n'était pas en mesure de le rejoindre – qui lui donnaient l'impression de ne pas être l'unique personne à vivre ici, tant la présence du pompier avait imprégné les murs de la bâtisse, et que ça n'était pas tout à fait normal qu'il n'y ait que Daniel et lui. À la remarque d'Emerson, il sentit son sourire se faire d'autant plus présent et le détailla un instant. « J'apprécie l'attention. C'est une bonne idée, que t'as eue, merci. » Il leva un peu la bouteille dans la direction du garçon, et lui adressa une œillade qui se voulait complice – bien qu'il ne soit pas sûr que le résultat soit celui escompté, malgré tout. « Il y a des premières fois à tout. Et puis oui, ça te donne l'occasion de le faire. » Phrase clichée au possible, mais après tout, ne disait-on pas que ça partait toujours d'une vérité ? Il haussa légèrement les épaules vers lui et le laissa faire quelques pas dans l'entrée (slash salon slash salle à manger slash cuisine) de la maison, avant de se diriger vers le frigo pour y déposer ladite bouteille, profitant au passage pour remplir les gamelles du bouledogue, dont les griffes claquaient sur les escaliers en bois, trahissant la curiosité du chien quant à l'invité du soir qu'il ne reconnaissait sans doute pas – pourquoi aurait-il pris la peine de bouger, autrement. Rapidement, Sami laissa la pièce derrière lui et rejoint Emerson au salon, esquissant un petit sourire en le voyant regarder les étagères, les posters, les photos accrochées au mur et qui relataient de partie de sa vie qu'il essayait de mettre en valeur ; il avait pris la décision de ne se montrer que les bons souvenirs, ceux qui pesaient positivement dans sa vie et lui permettait de garder la tête hors de l'eau lorsque les choses se compliquaient. Sortant son téléphone de sa poche, il ouvrit l'application de livraison et le tendit à Emerson, désignant sa main d'un mouvement de menton. « Tiens, choisi la tienne pour commencer. » Tout en s'approchant de lui, l'espace réduit entre eux, il laissa son regard glisser là où celui du jeune Moore avait probablement dû s'arrêter avant qu'il ne revienne vers lui, sourit doucement. « Je t'en prie, vas-y. Mais j'imagine que tu connais de vue la plupart des gens sur les photos ? » Il y avait sa mère et son père, à leur dernier anniversaire de mariage ; les yeux dans les yeux, et l'air plus amoureux que jamais, qui le faisait toujours un peu rêver au fil des années – peut-être tenait-il de là ses élans romantiques, après tout ? Puis Mila, parfois seule et parfois avec lui, à des soirées, des sorties diurnes, des occasions particulières ou absolument banales. D'autres membres de sa famille, d'autres de ses amis dispersés çà et là, pour ceux dont il avait des photos. Et, trônant majoritairement sur le mur, Tommy. Seul, avec lui, prit sur le fait ou faisant mine de poser, sans jamais vraiment se prendre au sérieux. Il désigna rapidement du doigt les différents clichés. « Mes parents, Mila, ma meilleure amie, Miles, un de mes plus vieux amis. Et là c'est Tommy. » Il arqua un sourcil, regarda vers Emerson. « Je sais pas si je t'avais déjà montré une photo de lui ? J'en ai posté quelques-unes sur Mazebird (euphémise pour dire que son compte s'était transformé en page fan lorsqu'ils se sont montrés au reste de la ville, en début d'année), mais je suis pas sûr que t'en aies un ? » Sans qu'il ne le réalise sur le coup, son sourire grandit un peu plus à son évocation. « Normalement il dort là ce soir, tu le croiseras peut-être. » Ah, sentez sans mal sa fierté à cette idée, encore une fois. S'éloignant de l'étagère pour se diriger vers la porte de la chambre d'ami et commencer la visite, il haussa légèrement des épaules en prenant un air moins enjoué. « Pas grand-chose. Les pièces de vie ont pris feu avant que les pompiers ne puissent tout éteindre, j'ai rien pu récupérer dedans. J'ai deux ou trois meubles de ma chambre que mon père a retapés et que j'ai récupéré. Après c'était majoritairement mes vêtements, et les choses importantes que je gardais là. » Un arrière-goût un peu amer glissa dans sa bouche au souvenir du dossier de Theo qui figurait parmi les rescapés de l'incendie. Il soupira doucement, sans détailler plus que ça, et haussa les épaules à nouveau. « Un mal pour un bien, dans un sens. » Il avait certes perdu des choses qui n'étaient pas retrouvables autrement, mais il ne voulait pas s'attarder sur un deuil matériel plus que de raison. Retrouvant un peu son sourire alors qu'il poussait la première porte pour laisser à Emerson l'occasion de voir ce qu'il y avait derrière, il le détailla. « Et toi, alors ? C'en est où en ce moment ? »

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Message· · Sujet: Re: nothing heals the past like time nothing heals the past like time EmptyMer 29 Mai - 21:59

Emerson n’éprouvait pas une once de jalousie pour Sami et son bonheur. Il méritait, après tout, de sourire à nouveau. Il aurait pourtant été aisé pour le garçon isolé de contempler les photographies et de les comparer au vide de ses armoires. Il aurait été si facile d’envier son ami au lieu de se réjouir pour lui mais le jeune Moore n’avait de place que pour un sentiment : l’espoir que dans les prochains mois, il puisse lui aussi s’épanouir au milieu de gens à qui il tenait, en qui il avait confiance. Il réalisa qu’il n’avait jamais vraiment invité quelqu’un chez lui, pas de façon intentionnelle en tout cas, la plupart du temps. Cela s’était fait de façon spontanée et les visiteurs qui s’étaient aventurés dans son appartement avaient dû remarquer à quel point il était spartiate mais, surtout, combien il manquait de vie, dépourvu qu’il était de témoignages affectifs. Même lorsqu’il était avec Alexandrine, il n’avait jamais pris la peine d’imprimer des photos pour les encadrer, pour les afficher, pour pouvoir sourire en passant devant eux, en souvenir du moment où elles avaient été prises. Mais il n’avait jamais pris le pli de donner corps aux quelques clichés qu’il possédait, ils étaient restés enfermés dans les appareils divers qui les avaient capturés. Parfois, Emerson se demandait s’il n’avait pas peur de mettre davantage de lui dans son logement mais, quand il y songeait, en fait, il ne savait pas quoi mettre. Son enfance ne serait jamais dévoilée par le biais d’un événement marquant – un anniversaire, un week-end de camping dans la forêt, une sortie au concours de rodéo dans la ville voisine – et il ne se sentait pas assez proche des gens qu’il côtoyait pour prendre la pose avec eux. Nulle part, donc, on ne pourrait le voir dans les bras de quelqu’un. Ç’aurait pu être triste, sans doute, mais il n’en éprouvait aucune douleur. Parce que c’était la vie, d’un côté, et parce qu’il ne désespérait pas de voir la situation changer, un jour ou l’autre.
- Tu ne vas pas me trucider si je prends une pizza hawaïenne ? plaisanta-t-il, faisant référence au débat qui animait certaines personnes dès qu’il était question d’associer l’ananas à la pizza. Je plaisante, je suis un garçon classique.
Il choisit une pizza romana puis rendit l’appareil à son propriétaire et reporta son attention sur les étagères qu’il étudiait auparavant. Emerson hocha la tête. Cela faisait à présent quatre ans qu’il habitait Windmont Bay et il reconnaissait la plupart des gens qu’il croisait dans la rue, même s’il était incapable de leur associer un nom. Il pouvait même presque se targuer de repérer les nouveaux venus, uniquement parce qu’ils ne lui évoquaient rien. Il était presque devenu un meuble, constata-t-il d’un air amusé alors qu’il écoutait son ami faire les présentations en énumérant les protagonistes des photographies. Un sourire vint chatouiller les lèvres de l’invité quand Sami prononça le prénom de son petit ami, alors qu’il pouvait sentir tout l’amour qui se lovait dans ces quelques lettres. Se mordillant la lèvre, il s’approcha à nouveau de l’étagère et fit mine d’étudier plus attentivement le jeune homme en question.
- Je vois que tu les aimes beaux, grands et bien bâtis, plaisanta Emerson avec un gloussement, avant de secouer la tête. Je ne me souviens pas que tu m’en aies montré une mais son visage ne m’est pas inconnu.
Emerson aurait cependant été incapable de dire où il l’avait vu – à l’exception, et c’était sans doute là qu’il l’avait aperçu, de la fête à la caserne des pompiers. A moins que ça soit du temps de Theo, quand il évoluait en périphérie du cercle d’amis de ce dernier. Une chose était certaine, en tout cas, il n’avait pas vu les photos que Sami avait postées sur Mazebird.
- Non, je n’en ai pas, confirma Emerson sans chercher à épiloguer sur la question.
Les gens qui échappaient à la mode Mazebird se faisaient de plus en plus rares et étaient parfois vus comme des extraterrestres. Certains, pourtant, devaient résister comme lui, non ? Il ne pouvait pas être le seul à avoir ses raisons de ne pas vouloir s’afficher en ligne. De toutes façons, pensa-t-il brièvement, cela revenait au même qu’avec son appartement : il ne savait pas trop ce qu’il aurait pu y poster. Des courtes vidéos des concerts pour lesquels il assurait le son et la lumière ? Des photos de Cameron accompagnées de messages cryptiques ou mélancoliques ? Des paysages qui lui rappelaient le Wyoming ?  S’il essayait d’y songer le moins possible, ce n’était clairement pas pour en faire étalage au regard de tous. En attendant, puisqu’il ne cédait pas à l’idée de se créer un compte, il ne regardait pas davantage celui des autres.
- C’est vrai ? Cool! s’exclama le jeune Moore, sincèrement enthousiaste à l’idée de rencontrer l’homme qui rendait son ami heureux.
Emerson suivit Sami tandis que celui-ci se dirigeait vers une porte et le questionna sur l’incendie qui avait ravagé son domicile précédent. Invariablement, la moindre évocation d’un tel feu faisait frissonner le jeune homme mais il n’y avait aucune curiosité malsaine derrière son interrogation. Il écouta la réponse de Sami puis demanda :
- Est-ce qu’ils savent ce qui l’a déclenché ?
Il n’aurait pas dû embêter Sami avec ces questions – qu’il aurait d’ailleurs sans doute pu réserver à Tommy, histoire d’avoir un sujet de conversation, mais le pompier n’aurait peut-être pas envie d’évoquer son travail quotidien avec un garçon curieux.  
- C’en est où ? Comment ça? Rien n’a vraiment changé depuis la dernière fois...
Sa vie amoureuse était toujours aussi plate. Il y avait bien eu une rencontre singulière avec une danseuse sexy mais Emerson ne pouvait pas vraiment la qualifier d’avancée quelconque. Quant au reste, il voguait au rythme de ses horaires décalés, entre répétitions de troupes locales et passages d’artistes à Windmont Bay.

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Message· · Sujet: Re: nothing heals the past like time nothing heals the past like time EmptyMer 5 Juin - 0:01

C'était un retour à la normal dans sa vie qui s'était enclenché quelques mois plus tôt, et qui prenait un peu plus de sens ce soir, avec Emerson chez lui, et cette absence de poids entre eux qu'avait causé au début, du moins aux yeux de Sami, la mort de leur point commun. Cette impression avait disparu pour ne laisser place qu'à l'opportunité de mieux se connaître et de laisser une amitié saine faire sa place entre les deux, depuis plusieurs mois, et jusque-là Harsha ne s'était pas rendu compte qu'il avait aussi besoin de ça pour retrouver son équilibre sur tous les points. Il s'était ouvert un peu plus face à Emerson et avait ressenti les bienfaits naissants dans la réciprocité entre eux dans une situation comme celle-ci. Alors ça lui paraissait naturel, ce soir, de le voir déambuler chez lui, quand d'autres auraient pu lui laisser la sensation qu'ils n'étaient pas tout à faits à leur place entre les murs de sa maison. C'était le genre de choses plaisantes, qu'il voulait continuer à expérimenter. Arquant un sourcil à la question du garçon, Sami lui lança un regard en biais avec un air un peu amusé. « Te trucider, non. Pour ce qui est de te juger, par contre, je ne peux te faire aucune promesse à ce sujet. » Une petite moue se dessina sur son visage, comme en guise d'excuses qui n'étaient pourtant pas nécessaires, avant de reprendre ce léger sourire qui s'était déjà dessiné au détour de ses lèvres, laissant Emerson finaliser son choix avant de récupérer le téléphone entre ses doigts pour faire le sien, laissant son ami reprendre son observation des étagères tout en réfléchissant un instant. Il savait d'avance qu'il ne parviendrait pas à terminer une pizza tout seul, son appétit tardant toujours à reprendre, lui, un rythme normal ; s'il ne sentait plus de nausées le prendre à chaque repas comme il y a encore quelques mois, les choses ne s'étaient toujours pas remises totalement en place, lui lançant ce léger désamour de l'heure des repas. Après une réflexion rapide, il opta pour une pepperoni supplément fromage, dont la majeure partie reviendra à Tommy lorsqu'il arrivera chez lui un peu plus tard, ayant choisi en fonction des goûts du pompier plutôt que des siens directement. Une fois la commande finalisée et confirmée par la pizzeria, il reporta toute son attention sur Emerson, et fit les présentations par l'intermédiaire des photos des personnes faisaient partie intégrante de sa vie, cette même sphère qu'il avait gardée près de lui au cours des événements difficiles qu'il avait vécus. La remarque du jeune Moore sur le physique de Tommy lui arracha un léger rire et, désigna du doigt une des photos accrochées, il lança un regard à Emerson. « Et avec un beau sourire. Le tout mélangé c'était ma faiblesse, je n'ai pas pu résister à ça. » Il roula des yeux après un nouveau coup d'œil à la photo où Tommy affichait un grand sourire, comme s'il s'agissait d'une plaisanterie quand, pourtant, il n'y avait aucun mensonge dans ce qu'il affirmait. C'était le genre de choses qu'il se plaisait à répéter à Tommy, inlassablement, et qu'il ferait jusqu'à ce que son petit ami n'en puisse plus de son déballage verbal. « C'est l'un des pompiers à la caserne, tu dois sans doute le connaître de là. Je me rappelle que tu étais au Kissing Booth l'année dernière, et il faisait partie des organisateurs, tu l'as sûrement croisé. » Sami n'avait pas vraiment envie d'évoquer les possibles commérages qui avaient tourné lorsqu'il s'était séparé de Shiloh – comme le fait qu'il avait eu vent d'une rumeur propagée par Agnès sur le fait qu'elle l'aurait harcelé après coup, ce qu'il ne jugeait pas totalement faux au souvenir des sms qui lui donnaient une envie royale de rouler des yeux à l'époque –, et qui pouvaient participer à ce qu'Emerson savait de lui, peut-être. Et puis, d'une certaine façon, il se disait qu'il ne devait sans doute pas faire partie de ces gens en ville qui prêtaient une oreille attentive à ce que l'on pouvait dire sur les uns et sur les autres – l'idée le rassurait un peu, ayant lui-même souffert des rumeurs à son sujet pendant de trop longs mois. Se contentant d'acquiescer à la réponse du brun quant à Mazebird, il ne développa pas plus, comprenant le manque d'attrait de ce genre d'application pour certaines personnes. S'il s'en servait auparavant comme un endroit où stocker un peu de ce qu'il ressentait, lui donnant l'impression de vider partiellement son sac sans avoir à raconter en détail sa vie à quelqu'un qui n'y porterait peut-être pas grand intérêt, il s'était rendu compte ces derniers mois que la plupart de ses posts récents ne tournaient qu'autour de Tommy, et s'était demandé à quel moment exactement il était devenu aussi niais, lui qui ne l'avait jamais été à ce point. Son sourire s'agrandit un peu plus à la réaction d'Emerson quant à la possibilité qu'il rencontre Tommy ce soir et, revenant sur le sujet des photos, Sami les désigna du pouce par-dessus son épaule. « Il manque encore quelques personnes que je voulais rajouter, dont toi, mais je me suis rendu compte qu'on avait aucune photo ou quoi. » Il lui lança une œillade rapide, sans trop savoir comment il réagirait à sa remarque, et pris la direction de la chambre d'amis pour commencer la visite de la maison un peu plus en détail – quand bien même il se contenta d'ouvrir la porte pour laisser Emerson regarder à l'intérieur s'il le désirait, continuant la conversation en même temps. « Un problème électrique dans l'appartement de ma voisine, qui a du coup provoqué le feu qui s'était propagé rapidement jusqu'au mien. J'ai eu de la chance dans le fait qu'ils retrouvent Daniel dans l'incendie, il était resté là-bas quand j'étais parti chez mes parents. » Il se pencha doucement en avant pour attraper le bouledogue qui les suivait depuis qu'il était descendu les rejoindre dans ses bras et glisser ses doigts sous son menton, pour le plus grand contentement du chien. « Et pour le matériel, je n'ai rien perdu d'irremplaçable. » Une partie de lui avait été soulagée, après le feu, d'avoir eu l'idée de déplacer de chez lui à ses parents les souvenirs que, s'il ne voulait plus les garder chez lui à chaque instant, il était incapable de les jeter pour autant, et qu'il savait qu'ils ne pourraient être échangés contre d'autres ; principalement les affaires qu'il avait préservées après la mort de Theo. « Il n'y a rien eu de nouveau ces derniers temps ? » Il demanda à Emerson, penchant un peu la tête sur le côté dans l'attente de sa réponse, le chien toujours lové entre ses bras.

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Emerson Moore

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Message· · Sujet: Re: nothing heals the past like time nothing heals the past like time EmptyLun 1 Juil - 20:30

Il avait l’impression qu’il n’avait jamais été doué pour se faire des amis. Ça n’était que maintenant qu’il apprenait à mieux connaître Sami qu’il réalisait le vide qu’il avait laissé de ce côté-là. Enfant, il était trop « garçon manqué » pour s’entendre avec les filles de son âge et les autres garçons n’étaient pas intéressés par lui, ils ne voulaient pas jouer avec une « fille », aussi douée soit-elle pour grimper aux arbres, pour s’écorcher les genoux ou pour dévaler les pentes à vélo. Ses amis, Emerson avait l’impression de les avoir eus grâce à Cameron, son frère aîné, bien plus doué pour se faire apprécier, sans doute parce qu’il était bien dans sa peau, fort de cette confiance désinvolte qu’offre la jeunesse. Le jeune Moore songea brièvement, et avec une certaine amertume, que cette jeunesse, elle était depuis longtemps décomposée, grignotée par les vers, la seule preuve qu’elle avait existé étant une pierre tombale qui rappelait qu’un jeune homme dénommé Cameron Moore avait vécu là. Emerson se demanda si quelqu’un prenait soin du coin herbeux où Cameron reposait désormais, peut-être une nana avec qui il était sorti et qui pensait à lui avec mélancolie, peut-être que seule leur mère venait régulièrement changer les fleurs, mais peut-être que personne n’y allait plus trop. Après tout, sept ans avaient passé, les gens avaient eu le temps de se lasser, d’oublier, de remiser le souvenir pour ne le sortir qu’en de rares occasions où il faisait bon d’évoquer Cameron et ses prouesses au rodéo. Après ça, quand il était parti, Emerson avait eu quelques amis, des gens dont il s’était senti très proche parce qu’ils étaient présents à un moment essentiel de sa vie, où des changements radicaux s’opéraient. Exit la gamine du Wyoming qui s’infiltrait dans les camions pour avaler les kilomètres, bienvenue au garçon qui voulait renaître de ses cendres et, surtout, faire le deuil de son frère. Ces gens-là, aussi intimes avaient-ils été par certains moments, avaient disparu dans les méandres de ses pérégrinations et Emerson avait abandonné l’idée de garder contact avec eux. La distance et les aléas de la vie aidant, il avait relégué ce chapitre au passé pour se concentrer sur celui que représentait Windmont Bay. Là où il pourrait repartir sans traîner dans son sillage l’image hantée de son frère en souffrance, là où il n’aurait pas à évoquer son enfance à danser sur le fil du rasoir, à ne pas savoir de quel côté pencher, faute de repère, faute de modèle. Sami était en quelques sortes cette porte ouverte sur un nouvel avenir : un futur où l’amitié creusait son nid et ne disparaissait pas au coin d’une année, au loin sur une route. Et ça lui faisait du bien, au jeune Moore, d’avoir trouvé cette stabilité. Car il n’en doutait pas une seule seconde : cette amitié naissante, non, renforcée, était faite pour durer et il voulait croire à sa solidité, malgré sa relative nouveauté – ou plutôt redécouverte.
- Et un beau sourire, approuva Emerson avec un léger hochement de la tête, sachant qu’un sourire pouvait faire toute la différence.
Il repensa au sourire canaille de Cameron, cet arc tiré vers le bas quand il ne savait pas garder son sérieux, ou lorsqu’il éclatait de rire après s’être vautré, le visage plein de poussière, l’oeil pétillant d’une poussée d’adrénaline. Un soupir gonfla la poitrine d’Emerson et il chassa l’image de son frère. À l’évocation du Kissing Booth de l’année précédente, ce fut un autre sourire qui vint s’imprimer sur sa rétine. Un autre sourire canaille, un sourire qu’il avait embrassé, dans un élan bravache qui marquait cette journée inoubliable. Il se souvenait vaguement des autres participants mais l’événement avait eu un tel succès que l’ensemble était comme trouble. Maintenant qu’il avait vu à quoi ressemblait Tommy, toutefois, il ne manquerait pas de le remarquer la prochaine fois qu’il le croiserait, à jamais associé à la lueur étincelante qui illuminait le regard du jeune Harsha.
- Sûrement, mais ça remonte à quelques mois maintenant et il y avait du monde.
Emerson se demanda si Sami s’inquiétait à chaque fois que son petit ami était de garde. Une pointe lui perçait-elle constamment la poitrine à chaque fois qu’il pensait que les choses pouvaient mal tourner, comme le jeune Moore avait pu l’éprouver vis-à-vis de Cameron à chaque fois qu’il s’installait sur un dos large et nerveux ? Peut-être qu’il tâchait de ne pas y penser. À ce stade, Tommy devait être un pompier chevronné, il ne prendrait pas des risques inutiles.
- Oh… Je ne suis pas très photogénique de toute manière. Je n’aime pas me voir en photo, grimaça Emerson à l’évocation d’une photographie où il apparaîtrait.
Pourtant il s’était énormément pris en photo, à une époque, presque chaque jour, même, juste pour pouvoir assister aux changements, discrets au quotidien mais qui marquaient une différence si on les prenait à distance. Ce n’était néanmoins pas la même chose que des clichés souvenirs de moments heureux, d’événements marquants. La conversation vogua toutefois vers d’autres horizons alors qu’ils évoquaient l’incendie qui avait mené à cette nouvelle installation. Emerson abandonna son coup d’oeil circulaire pour se concentrer sur Sami puis sur le chien, miraculé de l’accident. Un sourire attendri vint caresser les lèvres d’Emerson au tableau touchant du bonheur évident du chien à être l’objet de pareille attention. Emerson pouffa de rire et gratta l’oreille de Daniel avant de laisser retomber son bras.
- Tant mieux. Ça reste dommage mais tant que tu retombes sur tes pieds, c’est le principal.
Après ce que Sami avait vécu, il aurait pu, après tout, être fragilisé et s’effondrer face à ce nouveau coup du sort, mais Emerson était heureux de le voir prendre la chose avec tant de simplicité. Quant à la question de Sami, elle lui fit secouer la tête et hausser brièvement les épaules :
- Non, rien de neuf, c’est plutôt calme de mon côté. Mais je ne m’en plains pas. Au fond, j’ai toujours voulu une vie calme, me poser quelque part et me faire une place, dit-il avant de se mordiller pensivement la lèvre en songeant à ce que ce genre de réponse pouvait impliquer.
Que sa vie n’avait pas toujours été de tout repos, qu’il ne s’était pas senti à sa place avant, où qu’il soit. Aussi ajouta-t-il, pour donner le change :
- Et puis, avec ce rythme de vie décalé, ces lumières et ce volume sonore, ça me fait du bien d’être dans une bulle à part.
Il ne savait pas trop qui il essayait de convaincre le plus – lui ou Sami. Quelques mois plus tôt, il avouait sa profonde solitude et voilà qu’il présentait la chose comme si elle était ce qu’il avait constamment recherché. Il aurait juste voulu avoir les deux : la sérénité et l’intimité. Pour l’instant, il n’en avait qu’une mais il savait qu’elle était en grande partie due à la conversation qu’ils avaient eue à l’Arc Light et il sourit à Sami à ce souvenir. Un sourire reconnaissant, un sourire apaisé.
- Mais je suis ouvert à tout, si tu connais quelqu’un, dit Emerson avec un sourire ironique qui laissait largement deviner qu’il s’agissait d’une plaisanterie. Si Tommy a un collègue avec un sourire à tomber ou si tu travailles avec une jolie projectionniste avec qui je pourrais aller voir des films gratuitement, je sortirai volontiers de mon terrier.
Emerson se laissa aller contre le chambranle de la porte, quelque peu embarrassé d’avoir laissé échapper sa blague, puis il se redressa et changea de sujet :
- Tu crois que le Champagne est frais, maintenant ? s’enquit-il en enfonçant les mains dans ses poches. Ou tu préfères qu’on attende de voir si Tommy vient pour l’ouvrir?
Il espérait que l’alcool ne lui ferait pas dire d’autres bêtises mais, d’un autre côté, il était avec Sami. Il était avec un ami, et cette seule pensée le réconforta.

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