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Lydia Winters

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Message· · Sujet: ignorance is bliss ignorance is bliss EmptyJeu 16 Mai - 9:23

TOMMY + LYDIA
@Tommy Winters

Il était un peu plus de midi quand Lydia retrouva le porche familier de la maison qui l'avait vue grandir. Sa matinée, elle l’avait passée à errer dans les couloirs et les chambres, la mine défaite, subissant une nausée qui ne voulait décidément pas passer ni même s’atténuer. Il y avait longtemps qu’elle ne s’était pas sentie aussi mal et l’insomnie qui l’avait tenue éveillée une bonne partie de la nuit ne devait pas y être étrangère. À force d’entendre Robin geindre, la veille, elle avait senti ses nerfs s’user et un grondement furieux lui broyer le ventre. Elle se sentait coupable d’éprouver une telle colère à l’encontre de sa fille qui n’avait même pas deux ans mais depuis que celle-ci était arrivée dans sa vie, tout était chamboulé et Lydia ne parvenait pas à reprendre pied. C’était donc d’une humeur maussade, toujours en proie à une sorte d’écœurement, qu’elle s’était rendue au Majestic. Son état n’y était pas passé inaperçu – non pas qu’elle ait cherché à faire bonne figure d’une quelconque manière – et quand elle avait déclaré ne pas se sentir bien, des sourires narquois étaient venu écarter les lèvres de deux de ses collègues. Elles n’avaient pas eu besoin de le dire tout haut pour savoir ce qu’elles pensaient : tu n’es pas bête au point de t’être faite mettre en cloque une seconde fois, quand même ? Elles n’avaient sans doute pas osé émettre le moindre commentaire, toutefois, car elles connaissaient le tempérament de l’adolescente qui avait rejoint leur équipe quelques mois plus tôt. Sa manager avait cependant fini par avoir pitié d’elle, visiblement, puisqu’elle l’avait renvoyée chez elle en suggérant qu’elle rattrape ses heures un autre jour, quand ça irait mieux. Lydia ne s’était pas fait prier, elle en avait marre des regards pleins de sous-entendus et de son estomac rebelle. Elle voulait juste s’effondrer dans son lit et dormir jusqu’à demain.
La première chose à laquelle elle songea en poussant la porte, c’était que la maison avait de grandes chances d’être vide. Oliver et Bethany devaient être à l’école, Chase au boulot, Tommy aussi, peut-être, à moins qu’il ne soit avec Sami, qui était enfin parti, maintenant qu’il avait à nouveau un toit au-dessus de sa tête qui n’implique pas de le partager avec une fratrie majoritairement composée d’adolescents – Chase compris, vu son degré de maturité. Lydia bénéficiait rarement de cet avantage d’avoir la maison pour elle seule et le fait que Robin soit pour une fois à la crèche lui permettrait peut-être d’arriver à trouver ce sommeil du juste qui lui faisait défaut depuis si longtemps.
Un tintement dans la cuisine fit toutefois éclater sa bulle rêveuse et la demoiselle soupira bruyamment en abandonnant son sac dans le couloir. Elle accrocha sa veste et réalisa que la voix qui provenait de la pièce du fond était celle de Tommy et qu’il n’était pas seul.
- Il n’y a donc jamais moyen d’avoir une minute tranquille, dans cette fichue baraque ? marmonna Lydia en s’avançant lentement vers la porte ouverte.
Sa curiosité naturelle la poussa à profiter de l’avantage de ne pas avoir été repérée pour évaluer la situation. Selon l’interlocuteur de Tommy, elle pourrait choisir de s’éclipser vers sa chambre sans avertir de son retour ou de prendre la poudre d’escampette, le cas échéant, si elle ne voulait vraiment pas voir quiconque. Silencieuse comme un chat, elle vint se glisser à la lisière de la porte et elle jeta un coup d’œil furtif dans la cuisine pour constater qu’en réalité Tommy était seul, au téléphone. Il lui tournait le dos, si bien qu’elle aurait pu passer rapidement pour rejoindre les escaliers et aller trouver refuge dans sa chambre mais quelque chose dans le ton de son frère la stoppa net et elle s’adossa au mur, l’oreille tendue, pour écouter le sujet de sa conversation.
Si, d’abord, ce fut la perplexité qui lui entailla le cœur, ce fut rapidement une colère sourde qui la gagna et alors que ses poings se refermaient et se serraient, que son muscle cardiaque partait au triple galop et qu’une boule se formait dans sa gorge, elle se mit à trembler de tout son corps. Incapable de rester silencieuse plus longtemps, elle se détacha du mur et se posta dans l’embrasure de la porte, sa nausée oubliée, pour lui donner des airs de furie.
- C’est une PUTAIN de blague, n’est-ce pas ? s’écria-t-elle soudainement, pour capter l’attention de Tommy.
Juste assez de temps pour le fusiller du regard et se gorger machinalement de l’effet de surprise. Elle aurait aimé pouvoir claquer la porte de la cuisine, juste pour donner encore plus d’effet à son explosion, mais le geste aurait été ridicule parce qu’il aurait fallu qu’elle s’avance dans la pièce pour la claquer sur elle. Alors, à la place, elle tourna les talons et monta les escaliers quatre à quatre, pour fermer brutalement la porte de sa chambre dans son sillage.
Elle avait à nouveau la nausée mais, cette fois, elle savait que ça n’avait rien à voir avec la fatigue d’une nuit d’insomnie.

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Message· · Sujet: Re: ignorance is bliss ignorance is bliss EmptyJeu 23 Mai - 22:04

Posé devant les plaques électriques, Tommy prépara un plat de pâtes pour le repas du soir, qu'il ne partageait probablement avec personne vu l'ambiance actuelle à la maison. Ollie jouait au roi du silence depuis qu'il avait, enfin, pris son courage à deux mains pour lui avouer la vérité à leur sujet, et se refusait à adressé le moindre mot à son ainé. Père. Quelques jours plus tard, il avait pris soin d'en parler à Beth avant qu'elle ne l'apprenne autrement que de sa bouche, et la cadette avait assez mal pris la nouvelle - comme il avait pu s'en douter -, même si Tommy n'était pas certain de comprendre ses raisons. Quelles qu'elles soient, elles étaient probablement justifiées. Le pompier n'avait pas encore pris le temps d'en parler aux ainés, mais Lydia était rarement présente, quant à Chase, il n'avait jamais été son interlocuteur favori et se posait rarement à table avec eux pour diner. Chacun réchaufferait donc sa part indépendamment, avant de s'isoler. Tommy, lui, passerait sans doute la soirée chez Sami. Le pompier avait beau avoir conscience que sa présence à la maison était préférable en ce moment, il savait aussi qu'il ferait face à des portes de chambres fermées et les pièces de vie complètement vide - ce qui, pourtant, était un luxe chez les Winters. Un long soupire s'échappa de ses lèvres en observant le prénom de Kate s'afficher sur son téléphone, à la fois soulagé de pouvoir s'adresser à celle qu'il considérait comme son double, et dépité à l'idée de lui faire le topo de la situation.
Le téléphone calé entre son épaule et son oreille, Tommy commença par prendre des nouvelles d'elle et des bébés qu'elle s'apprêtait à accueillir - il ne s'était toujours pas fait à l'idée qu'elle serait maman dans quelques semaines, moins encore de jumelles -, gratta des informations sur sa nouvelle cohabitation avec le futur papa, avant d'en venir au bilan de sa propre situation. S'il savait qu'il était en tord de A à Z, qu'il avait bien trop tardé avant de se libérer de ce secret qui avait toute son importance pour Ollie, une partie de lui avait toujours espéré que ça ne changerait pas grand chose. Tomy l'avait élevé depuis le jour un - deux, en réalité -, et s'il s'était parfois dédouané de ses responsabilités face à cette ribambelle de gamins dont personne ne semblait se soucier, il n'en avait pas moins l'impression d'avoir fait son maximum. Tout du moins n'aurait-il pas mieux fait avec le titre de père, ayant toujours mis Oliver et Bethany à parts égales.
La voix perçante de l'ainée lui fit éloigner le téléphone de son oreille, tournant sur lui-même pour lui faire volte-face. Ses lèvres s'ouvrirent sur le coup de la surprise, sans parvenir à dire quoi que ce soit, voyant déjà Lydia quitter son champs de vision en furie. « Merde! Fais chier. » Tommy eut la sensation qu'un bloc de béton lui tombait sur l'estomac, se passa la main sur le visage en poussant un long soupire. « Kate, j'te rappelle. » Il raccrocha sans plus de détails, sans même penser au fait qu'il pouvait possiblement inquiéter Duggan au passage sur les raisons qui le poussait à couper court à leur conversation si brutalement. Il gravit les escaliers en une demi seconde à peine, marquant une pose devant la chambre de l'intéressée les yeux dirigés vers le ciel. Personne n'allait lui venir en aide, il le savait. Tommy n'avait d'ailleurs aucune croyance religieuse et ignorait d'où lui venait ce réflexe ridicule de s'en remettre aux cieux quand rien n'allait. Il frappa à la porte, n'attendit pas de réponse avant de l'entre-ouvrir pour passer sa tête. Le fait est qu'il n'avait aucune idée de quoi lui dire, maintenant qu'elle avait capté l'essentiel. « J'allais t'en parler, mais je voulais le faire en aparté. » Une légère moue pris place sur ses lèvres, avant d'entrer entière et refermer la porte derrière lui, restant appuyé contre celle-ci pour observer sa petite soeur. Il allait le faire. Rapidement. Seulement il ne s'était pas sentit d'enchaîner les révélations, pas après avoir encaissé les réactions d'Oliver, puis de Beth. Le fait qu'ils s'étaient à peine croisé avec Lydia avait suffit à le retarder, ce qui, il devait bien l'admettre, l'avait arrangé. « Ollie ne le sait que depuis quelques jours. » Il ajouta, comme si cela pouvait justifier ces quinze années de silence, les leçons de morales qu'il avait pu lui faire lorsqu'elle s'était retrouvée enceinte à quinze ans, ou le fait qu'elle soit l'une des dernières à le découvrir.

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Message· · Sujet: Re: ignorance is bliss ignorance is bliss EmptyMar 28 Mai - 10:55

Elle n’était plus fatiguée. Elle avait l’impression qu’un courant électrique la traversait tandis que son cerveau travaillait à toute allure, cherchant à rassembler les pièces d’un puzzle géant dont il lui manquait l’essentiel du tableau. Il avait suffi de quelques bribes pour la mettre sens dessus dessous et son cœur battait comme si elle venait de courir un marathon – ou de faire une chute vertigineuse. Le silence d’Oliver trouvait tout à coup une raison, même si Lydia l’avait associé aux aléas de l’adolescence. N’était-elle pas, elle-même, prompte à faire la tête, à refuser d’adresser la parole à ses frères et sœurs quand ceux-ci l’agaçaient (souvent, donc) ? Elle n’avait pas cherché à connaitre la cause du mutisme de son frère – ah ! elle devait cesser de l’envisager comme tel, il n’était pas son frère, il était son cousin ! – sans doute parce qu’elle était trop centrée sur ses propres problèmes pour s’intéresser à ceux de sa fratrie. D’ailleurs, est-ce qu’un seul d’entre eux se souciait de ses états d’âme ? Non, aucun ! Chacun vivait son petit drame personnel dans son coin et voilà le résultat ! Lydia se sentait écartée, indigne d’une quelconque confiance. Pourquoi Tommy ne le lui avait-il jamais dit ? Pourquoi n’avait-il pas craché le morceau lorsqu’elle lui avait avoué qu’elle était enceinte ? Elle se sentait leurrée, lésée. Elle ne savait même pas expliquer sa rage si ce n’est qu’elle la sentait irradier dans chacun de ses organes, tandis qu’elle marchait dans sa chambre, cherchant un exutoire, un objet sur lequel déverser ce trop plein d’émotions contre lequel elle ne pouvait rien et qui lui retournait la tête.
Le coup à la porte la fit sursauter, même si elle ne fut pas surprise que Tommy l’ait suivie. Elle s’éloigna le plus possible de la porte, les bras croisés sur sa poitrine, et fixa son ainé, sans chercher le moins du monde à cacher sa fureur et son désarroi. Plus que tout, elle était déçue de l’apprendre de la sorte, comme si ce qu’elle pouvait ressentir à pareille nouvelle importait peu. Mais elle ne pleurerait pas, elle se le jurait. Se pinçant les lèvres, elle dévisagea Tommy avec l’impression d’avoir un inconnu face à elle. N’était-ce pas ce qu’il était au final ? Un étranger, un menteur. Leur ancre depuis toutes ces années ? Quelle bonne blague ! Il n’avait même pas été fichu d’assumer qu’il avait un fils.
- Quand, Tommy ? Quand tout le monde l’aurait appris ? Pourquoi suis-je la dernière à qui tu envisageais d’en parler ?
Sa voix frôlait l’hystérie, elle en avait parfaitement conscience. Elle avait l’impression de péter un câble et remerciait l’heure du jour qui empêchait les autres d’assister à son incapacité à se contrôler.
- Merci, je suis peut-être qu’une pauvre idiote qui se fait mettre en cloque à quinze ans mais ça, je l’avais bien compris !
Elle enfonçait ses ongles dans ses paumes, chacun de ses muscles lui faisait mal tant elle était tendue, mais toute son attention était portée sur son frère :
- Pourquoi, Tommy ? Pourquoi as-tu attendu tout ce temps ?  Pourquoi as-tu décidé que maintenant était un bon moment pour te confesser ?
Comme s’il y avait un moment idéal pour révéler un tel secret, songea-t-elle avec amertume.
- Non. En fait, j’en ai rien à faire de pourquoi tu l’as fait, ajouta-t-elle, consciente de son égoïsme. Comment as-tu pu ? Comment as-tu pu me regarder me débattre avec tout ça, avec Robin, sans rien dire ? Tu ne crois pas que j’aurais eu besoin de savoir que je n’étais pas toute seule ? Tu ne penses pas que ça m’aurait fait du bien de savoir que tu avais traversé la même chose et que tu t’en es pas trop mal sorti ? Mais non. C’était mieux de me faire passer pour une irresponsable, hein ?
Elle se frotta machinalement la joue et réalisa qu’elle n’avait pas tenu sa promesse : les larmes roulaient librement sur ses joues rougies par l’émotion.
- Putain, à quoi ça sert qu’on soit une famille si c’est pour être aussi nul pour communiquer ? Mais sans doute que tu t’en fiches, hein ? Tu as ton amoureux, tu es heureux alors tu te dis, allez, pourquoi pas foutre en l’air l’ambiance générale en balançant un pavé dans la mare ?
Lydia serra les dents. Elle ne s’était plus sentie aussi chamboulée depuis des mois. Mais c’était comme si la rancœur, la solitude, le chagrin, l’incompréhension, débordaient et ravageaient tout sur leur passage.
- Ça t’avance à quoi, maintenant ? Pourquoi tu l’as fait passer pour notre frère, toutes ces années ? Tu avais honte ? Tu as d’autres choses à annoncer ? Un mariage ? Un futur déménagement ? Tu comptes embarquer ton gamin pour vivre heureux en famille avec Sami et les autres n’ont qu’à se débrouiller ?
S’il avait eu honte d’avouer être père, d’un garçon aussi surprenant et attachant qu’Oliver, quelles autres choses cachait-il encore, en effet ?

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Message· · Sujet: Re: ignorance is bliss ignorance is bliss EmptyDim 16 Juin - 16:18

De toute la fratrie, Tommy avait su dés que l'envie de faire son mea culpa s'était pointée, que Lydia serait celle dont la réaction risquait d'être la plus violente. Elle était, de manière générale, la personne dont le caractère était le plus affirmé - pour rester poli - dans la famille, et avait surtout traverser la même chose que lui, sans qu'il ne puisse réellement lui en parler. Se confier à Lydia n'aurait pas été juste, pas alors qu'Oliver lui-même ignorait tout de la vérité, n'ayant jamais pensé une seule seconde que la mascarade mise en place légalement - il était, aux yeux de la loi, son fils - cachait en fait la vérité sur la nature de leur lien.
Le visage en furie de sa petite soeur confirma les craintes de Tommy, regrettant à la seconde de ne pas lui avoir laissé quelques minutes de plus pour ingurgiter la nouvelle avant de la rejoindre. Au fond, qu'aurait changé ce court laps de temps ? Rien. Il ouvrit la bouche à sa première question, avant de la refermer. S'il avait la réponse sur le bout de la langue, le pompier savait aussi que celle-ci n'arrangerait absolument rien à la situation et ne ferait que la mettre un peu plus en colère. Pourtant, parmi toutes les erreurs qu'il avait pu commettre, il n'estimait pas que l'ordre dans lequel il avait choisi de leur en parler en était une - celle de se faire prendre au téléphone avant d'avoir une chance de se poser avec elle, oui.
Il n'eut pas le temps de réponde à sa première tirade, à laquelle il n'avait pas réponse quoi qu'il en soit, que Lydia enchainait à nouveau, amenant sa propre grossesse à l'avant de la conversation. « T'étais pas toute seule. » Il dit une première fois, par certain que le son de sa voix lui parvienne par dessus la sienne, avant de hausser le ton à son tour. « T'as jamais été seule, Lydia, arrête ! T'as pas idée de ce que c'est d'être seul, on a tous été là pour toi dés lors que tu as décidé de la garder, même si t'as pas été foutue d'assumer ta décision ensuite ! » L'heure n'était pas aux reproches, mais sur le coup de la colère, Tommy ne pesait pas ses mots, réagissant à blanc à ce qu'elle pouvait lui balancer. « J'ai pas eu mon mot à dire sur ce bébé, pas plus que je n'ai eu le soutient de qui que ce soit en âge de réagir avec maturité ! T'avais pas encore trois ans et Rosie n'en avait déjà plus rien à foutre de toi, Beth avait quelques mois, Chase n'écoutait déjà plus personne. Tu crois que j'ai demandé à me retrouver avec trois gamins en bas-âge à quinze ans ? Alors oui, j'ai fait l'énorme connerie de ne pas assumer que j'étais en partie responsable de la situation, mais ça m'a pas empêché d'être là. » Avait-il fuit la maison en laissant les deux nouveaux nés hurler jusqu'à épuisement, incapable de gérer la situation ? A maintes reprises. Pour son bien, pour leur bien aussi. Les nerfs à vifs, épuisé, Tommy avait souvent été proche de devenir violent, préférant dans ces cas là claquer la porte en priant que rien ne leur arriverait pendant ce temps. Il avait fait son sac plusieurs fois également, prêt à mettre les voiles loin de Windmont Bay en laissant tout derrière lui, sans jamais avoir la force d'abandonner la meute, quand bien même les trois-quart n'était pas de sa responsabilité. « T'aurais voulu quoi, au juste ? Que je me barre avec Ollie et vous remette au système ? Parce que crois-moi, ça m'aurait facilité la vie ! » Si élever un gamin en pleine adolescence restait compliqué, il n'en était rien comparé à quatre. Tommy était conscient que ça ne justifiait en rien son mensonge, qu'en grandissant il avait eu à maintes reprises l'occasion de tout leur révéler sa paternité, sachant que la pilule serait mieux passée il y a quelques années, mais il s'était empêtré dans ce mensonge sans savoir comment en sortir sans y perdre leur confiance au passage.
Il ne put s'empêcher de froncer les sourcils lorsqu'elle mentionna Sami et leur bonheur, sa mâchoire venant se crisper face à cette critique qui n'avait, à ses yeux, rien à faire dans cette conversation. « Si j'avais voulu me casser d'ici, j'aurais pas attendu que vous soyez foutu de débarrasser votre propre assiette pour le faire. » A quoi bon se barrer, maintenant qu'ils étaient tous indépendants quatre-vingt pour cent du temps ? Certes, l'idée d'emménager un jour sous le même toit que Sami lui avait déjà traverser l'esprit, quand bien même ils n'étaient ensembles que depuis moins d'une année, mais Tommy avait toujours été clair sur le fait qu'il serait le dernier à quitter le vingt-six pioneer oak. Prenant une bonne inspiration, il se passa les mains sur le visage dans un soupire avant de reporter son attention sur Lydia et ses joues rougies, qui lui serra le coeur. « J'ai pris une décision à la con il y a quinze ans Lydia, et je me suis enfoncé dans cette merde sans savoir comment m'en sortir sans faire exploser cette famille. » Il n'attendait pas d'elle une totale compréhension face au choix qu'il avait pu faire à l'époque, pas plus qu'il ne s'attendait à ce que sa petite soeur lui pardonne sous peu d'avoir mentit pendant aussi longtemps. Tommy cherchait juste à donner son point de vue, et lui peindre le tableau dans lequel il s'était retrouvé, au même âge qu'elle lorsqu'elle avait découvert sa grossesse.

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Message· · Sujet: Re: ignorance is bliss ignorance is bliss EmptyDim 23 Juin - 17:45

Elle n’était pas sûre de vouloir connaître les réponses à ces questions qu’elle ne se posait même pas un quart d’heure plus tôt. Comment le monde pouvait-il se renverser ainsi en si peu de temps ? Elle le savait, pourtant. Il suffisait d’une erreur, d’un instant d’inattention, d’un moment de vulnérabilité et la vie basculait. Comme lorsqu’un test annonçait une grossesse en cours. Elle aurait voulu se foutre de tout ça, ne pas éprouver cette rancune et cette sensation de n’être pas digne de confiance – même si, au fond, elle savait qu’elle n’avait rien fait pour mériter un tel traitement. À toujours jouer cavalier seule, à faire comme si appartenir à cette famille lui importait peu, elle avait été naturellement écartée des décisions importantes, des nouvelles essentielles. Ça n’en rendait pas moins la constatation amère et douloureuse. Ça lui comprimait la poitrine, ce sentiment d’injustice. Ça lui donnait envie de tout foutre par terre ou de balancer quelque chose à la tête de Tommy. Ou de hurler. Elle l’aurait sans doute fait si elle en avait eu l’énergie, elle se contrefoutait que les voisins les prennent pour des fous, leur réputation n’était plus à faire, grâce à la génération dont ils étaient issus. Mais les aigus de sa voix, ils resteraient confinés à cette chambre, ils resteraient entre eux car, Lydia le savait, rien de ce qui pourrait être dit ne pourrait être rattrapé et il n’y avait pas pire moment qu’un tel déversement sous le coup de la colère. Et sa colère, elle enflait avec chaque réponse de Tommy. Pourtant, elle ne pouvait détacher son regard de lui, elle le dévisageait comme si elle était face à un étranger, à moins qu’elle cherche quelque chose à quoi se raccrocher, pour ne pas sombrer complètement.
Les traits de l’adolescente se froissèrent alors que Tommy lui répliquait qu’elle n’était pas seule, qu’elle ne l’avait jamais été. Qu’en savait-il ? avait-elle envie de lui cracher à la figure. Il n’était pas dans sa tête, il ne pouvait pas se douter de la solitude qui y régnait, qui l’écartait de tous, même de sa propre famille.
- Parce qu’on ne peut pas être seul dans une foule? s’exclama-t-elle, abasourdie. Ce n’est pas parce que vous m’avez aidée que je me suis sentie soutenue pour autant !
Elle ne pouvait nier qu’elle ne s’en serait pas sortie s’ils n’avaient pas été tous là pour prendre le relais, pour s’occuper de Robin quand elle s’en sentait incapable – c’est à dire souvent. Mais elle n’en avait pas moins ressenti le poids, elle n’avait été qu’un fardeau pour eux tous et elle ne supportait pas de le sentir à ce point. Pourtant, qu’aurait-elle pu demander d’autres ? Qu’ils aient l’air ravi de composer avec une décision qui lui avait appartenu et qu’elle aurait dès lors dû assumer jusqu’au bout ?
- J’ai cru que je pourrais m’en sortir! se défendit-elle, incrédule. Jusqu’à ce qu’elle naisse, j’étais persuadée que—
Elle se tut en comprenant qu’il ne parlait pas de Robin mais d’Oliver. Elle ne releva même pas l’allusion au fait que sa mère n’en avait rien eu à foutre d’elle, elle avait fait le deuil de cette relation depuis longtemps. Toutefois, les mots émanant de la bouche de Tommy la firent ciller. Que pouvait-elle répondre à cela ? Elle était en tort, elle le savait, mais ça ne signifiait pas pour autant qu’elle acceptait ce sort.
- Ah, donc parce que c’est à cause de nous que tu as menti, maintenant ? C’était plus facile d’assumer ça si on était tous frères et sœurs ? C’est complètement débile!
Lydia se retint de dire des mots qu’elle ne pensait pas. Elle était pourtant vivement tentée de répliquer qu’ils n’étaient sans doute pas très différents des gosses du système, aussi déséquilibrés qu’eux, aussi voués à aller nulle part qu’elle l’était maintenant. Mais ça aurait été terriblement injuste parce qu’elle savait que si cette famille tenait ensemble, ce n’était certainement pas grâce à elle ou à Chase. C’était Tommy le ciment des Winters, la fondation d’une génération titubante. Peut-être que Beth et Oliver s’en sortiraient mieux. Peut-être pas. Elle ne voulait de tout manière pas y songer à cet instant précis.
Quant au changement imperceptible dans la réaction de Tommy lorsqu’elle invita Sami dans la conversation, il provoqua une pointe de jubilation dans le coeur en déroute de la jeune fille-mère. Elle voulait blesser Tommy comme il l’avait blessée en l’excluant du secret, en permettant qu’elle l’apprenne de cette manière. Elle ne répondit pas immédiatement à sa dernière remarque, préférant le considérer dans un silence lourd de reproches.
- Eh bien, on peut dire que c’est un échec total, sur ce coup-là, hein? ironisa-t-elle avec un petit reniflement. Si c’est de la compassion que tu attends de moi, tu peux toujours courir.
Elle songea que ça aurait pu être le moment qu’elle attendait, celui où elle ferait preuve d’assez de maturité pour que Tommy et elles puissent parler en adultes. Mais elle n’était qu’une boule de nerfs hérissée de lames tranchantes. Il n’y avait que de l’acidité en elle, à cause de cette impression d’avoir été trahie, leurrée.
- Je m’en fous de la raison pour laquelle tu as menti. Tu aurais dû assumer jusqu’au bout. Je n’arrive pas à croire que tu aies fait ça, toi le valeureux sauveur de cette famille en perdition!
La jeune femme eut un léger ricanement, plein d’amertume et de cynisme. Elle aurait voulu savoir où était la mère d’Oliver mais elle-même n’avait jamais voulu évoquer le père de Robin et elle craignait qu’en mentionnant l’un, on en vienne à l’autre. Une part d’elle voulait comprendre l’origine de son mensonge mais sa fierté brûlée à vif la reléguait à ce mur derrière lequel elle tentait de se cacher depuis des mois.
- Mais ne t’inquiètes pas. L’irresponsable officielle, la digne fille de sa mère, a trouvé un job et va économiser pour déménager. Tu n’auras qu’à foutre Chase dehors après, il est assez grand pour se débrouiller et comme ça tu n’auras plus tous ces tracas.
Au fond, c’était peut-être l’issue inévitable. Peut-être qu’ils n’avaient fait illusion que parce qu’ils avaient l’impression d’être tous dans le même bateau. Mais force était de constater qu’ils vivaient chacun dans une galaxie différente et que les années ne faisaient que les éloigner les uns des autres.

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