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 1591 lemon street ; IT'S NOT OVER UNTIL LIFE SAYS IT IS.

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Pamela Auber
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Message(#) Sujet: 1591 lemon street ; IT'S NOT OVER UNTIL LIFE SAYS IT IS. Jeu 21 Jan 2010 - 19:06



it's not over until life says it is (...)
▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬

▬ Micaela &Pride ▬



C’était comme si chaque fois qu’ils avaient enfin réussi à se dire au revoir, la vie avait fait le choix égoïste de les réunir à nouveau. Une sorte de force supérieure et incontestable se sentait d’humeur joueuse sans laisser le choix à Micaela, ni à Pride qui tentaient en vain d’arrêter de se torturer. Ils avaient beau se déchirer, se détester, s’en vouloir ou s’adorer ils ne pouvaient ni être ensembles ni se séparer définitivement. Ils ne pouvaient qu’être là à errer l’un autour de l’autre pour se faire un peu plus de mal chaque fois, à se détester de tenir tant l’un à l’autre et au final à essayer de prendre le dessus pour épargner leurs sentiments. Il avait fallu que Pride emménage à Ocean Grove, puis que Micaela tombe sur lui le soir de son braquage et finalement c’était une grossesse qui les unissait pour le restant de leurs jours. La Mexicaine avait bien l’intention de garder le bébé, avec ou sans lui. Alors ainsi elle ne pourrait jamais cesser de voir Pride dans les yeux de son enfant, et si Pride préférait lui tourner le dos, lui ne pourrait jamais totalement oublier avoir un enfant. Ils étaient condamné sans aucune possibilité d’amélioration apparente.

La jeune femme avait longtemps hésité, elle était restée indécise quelques semaines quant à l’avenir de cet enfant. Qu’avait-elle à lui offrir, si ce n’est un père en prison et une famille limitée à elle et Damon? Pouvait-elle même prétendre à devenir mère, en était-elle capable? Pouvait-elle rendre ce bébé heureux? Comment s’en sortirait-elle avec tous ces trucs de mère quand elle-même n’avait pas connu grand-chose de l’amour d’un mère? Chaque question avait assommé Micaela qui doutait de tout mais surtout d’elle-même et pourtant, sans qu’elle ne s’en rende compte elle était tombée amoureuse de ce bébé. Le plus lentement du monde une évidence s’était imposée à elle, la chose seule qui serait réellement au dessus de ses forces serait de ne pas le garder. Alors elle doutait toujours et elle avait peur, encore plus qu’avant mais elle devait le garder, ou du moins elle ne pouvait pas l’assassiner. Elle avait longuement songé à l’adoption -parfois elle y pensait encore aujourd’hui- mais la libération miraculeuse de Pride rendait cette idée plus difficile. Si elle n’était pas sûre de vouloir élever un enfant, c’était d’abord et surtout parce qu’elle trouvait ça égoïste de sa part quand elle était persuadée de ne rien avoir à lui offrir. Mais plus le temps passait, plus elle aimait l’idée d’être mère. Une fois encore la vie se montrait bien décidée à faire ce qu’elle voulait. Elle n’était pas sûre de le vouloir puis elle en était tombée amoureuse, elle n’avait pas même un père présent à lui offrir puis Pride était finalement libéré … Ce serait quoi ensuite, Pride qui voudrait garder l’enfant? A croire que parfois, il est vraiment inutile de luter.

Maintenant qu’il était de nouveau libre, Micaela devait la vérité à Pride. Elle imaginait que cette idée de bébé ne lui plairait pas, qu’il l’enverrait balader encore. Après tout, qui veut d’un enfant avec une femme qui « n’est qu’un jeu »? Mais au moins elle voulait avoir la conscience tranquille, ne pas avoir de remords. Alors qu’elle marchait lentement jusqu’au porche de Pride, Micaela eut une désagréable impression de déjà vu en chassant les flashbacks de la dernière fois où elle était partie le trouver chez lui. C’était un souvenir douloureux, décuplé par le flot d’émotion qu’elle avait déjà du apprivoiser ces derniers temps. Elle ne voulait pas y penser, juste régler cette histoire et oublier le passé.
Quand elle arriva au pas de sa porte, elle hésita un instant. La Mexicaine avait longtemps cherché la meilleure manière de le lui dire sans lui tomber brusquement dessus, mais rien n’y faisait et même à quelques secondes du moment fatidique, son esprit était toujours aussi vide. Alors elle bascula sa tête en avant et posa un main sur son ventre avant de frapper à porte. Ca y est, elle ne pouvait plus faire marche arrière.

« Bonjour. Je peux entrer ? » demanda-t-elle sur un ton calme mais qu’elle aurait voulu plus serein. Cette fois ci au moins, elle lui avait dit bonjour, et elle ne l’avait pas non plus agressé de bon matin. C’était déjà ça de gagné. Pride se poussa pour lui céder la place d’entrer et Micaela lui adressa un sourire mal a l’aise en passant la porte. Alors qu’elle le suivit jusqu’au salon, le rythme cardiaque de la jeune femme s’emballa, essayant toujours en vain de trouver une entrée en matière à peu près potable. « Je pense que tu devrais t’assoir … vraiment. » souffla-t-elle quand il se tourna vers elle en l’interrogeant du regard. Maintenant elle y était, elle devait tout cracher alors qu’elle n’avait pas la moindre idée de sa réaction. Micaela prit une profonde respiration, puis se lança nerveusement. « J’ai cherché comme te dire ça pendant un bon moment, mais ça n’a pas été très productif alors je suis désolée si l’annonce est un peu brusque. Je suis enceinte. » Elle resta silencieuse un instant. « Et si tu en doutes, c’est bien toi le père. J’en suis certaine. » L’un était choqué, l’autre soulagée de sa confession.

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Message(#) Sujet: Re: 1591 lemon street ; IT'S NOT OVER UNTIL LIFE SAYS IT IS. Ven 22 Jan 2010 - 0:09

    *bip bip* ... Non pas maintenant, pas encore. Ce bip incessant agressant ses oreilles d'une sonnerie ne signifiant qu'une chose ; celle d'un ordre venant du supérieur, le faisait agir tel un être zombifié prompt à obéir aux ordres, et ce quelque soit le travail demandé. Car il les voyait partout, chaque nuit dans ses songes, derrières ses paupières closes, au creux de ses pensées qu'il voulait éviter ; ces horreurs le rendant si inhumain et dépossédé d'un coeur qui ne battait plus. Le jeune étudiant n'était plus que sombre et ténébreux jeune homme au visage impassible, le sourire envolé se faisant trop rare et le regard carnassier dont la lueur amusée et joueuse s'était éteinte. Cette impressionnante froideur venant étoffer son aura charismatique parachevait ces effluves dangereuses qu'il portait en un parfum épicé ; Pride avait beau travailler pour les autorités, il y avait en cet homme cette figure de prédateur dissimulé mettant mal à l'aise. De son regard de loup noir, il dardait le monde comme il jouissait d'une arrogance certaine ; d'une prestance majestueuse et olympienne, voire d'une lueur meurtrière. L'ombre menaçante qu'il était devenu planait au-dessus de sa propre vie ; le petit génie, visiblement, était passé à côté de tout. Et, feintant de vivre sans avoir vraiment de but, il avait fini par se complaire dans ce pouvoir qu'on lui avait offert sur un plateau d'argent, en échange de quelques conditions qui n'avaient plus rien de vertueuses. Aussi, ce fut affublé d'une coupure venant mordre la joue de son visage que Pride sortit de son bolide à la robe rouge étincelante, passant le seuil du portail et de la demeure de l'ancien trio, les yeux rivés sur le message qu'il venait de recevoir. La porte ainsi refermée derrière sa silhouette se dessinant dans le clair-obscur des lieux, la voix incandescente du jeune homme résonna alors sans trouver de réponse, comme il se dirigeait vers la cuisine visiblement déserte.

    « Clyde ? Clyde, on a un autre contrat. »

    Aucune réponse ne vint dès lors en écho, par ailleurs lorsqu'il tendit un peu plus l'oreille, Pride put profiter du silence pesant et inhabituel plombant la demeure visiblement vide. Dans un soupir las, le jeune homme alla se servir un verre de whisky, geste automatique dans lequel il noyait inconsciemment ses déboires qu'il souhaitait dissimuler. Car les plaies visibles sur le visage du jeune homme pouvaient cicatriser bien vite, quand les blessures du coeur quant à elles ne semblaient jamais vouloir se renfermer : les Enfers ne l'effrayaient pas, dernière issue qui lui était destiné, car il était persuadé y être déjà. Un javelot enfiellé perçait perpétuellement son myocarde décédé, qu'il pouvait entendre saigner malgré toutes les ruses qu'il s'employait à mettre en oeuvre pour demeurer sourd à son propre palpitant... En vain. Car s'arracher le coeur était une opération facile mais délicate ; à la douleur s'ajoutait la honte de la douleur, alors tue par cet homme taciturne mais au regard dissimulant trop de maux inavoués. Son verre à la main empli d'un liquide ambré, Pride se dirigea dans le salon dans lequel il avisa son reflet alors croisé dans un maudit miroir : avisant dès lors la coupure profonde dans un autre soupir glacé, le jeune homme ne trouva d'autre geste automatique que de plaquer une cigarette entre ses lèvres désirables et de l'allumer d'un geste habitué et vif. La nicotine pour combler un manque, l'alcool pour enflammer les sens et ses sentir exister, le regard trop dur pour endormir le palpitant... La fumée voluptueuse vint s'infiltrer dans ses poumons se réjouissant du nuage toxique, son corps ne vivant plus visiblement que d'auto-mutilation jouissive en un contrôle qui lui était absolu. Ce furent néanmoins quelques coups frappés à la porte qui le sortirent de sa léthargie ; posant alors son verre sur une commode, le jeune homme se dirigea vers cette dernière, l'ouvrant alors d'un geste confiant qui gagna en prestance lorsqu'il la reconnut : la silhouette de Micaela se tenait sur le seuil, radieuse et pourtant tellement détestée. Car l'amour non réciproque qu'il éprouvait pour cette femme finissait peu à peu à se muer en poison venant plomber ses veines, bien plus encore que ces substances illicites auxquelles il devenait dépendant. Pour autant et malgré tout, il fut incapable de la chasser.

    « Bonjour. Je peux entrer ? » Un simple hochement de tête en guise de réponse sérieuse, et le jeune homme laissa la demoiselle entrer sans étrangement se poser de questions. Plus de deux mois déjà qu'ils ne s'étaient pas revus, Pride savourant sa liberté retrouvée depuis quelques jours seulement, et pourtant il semblait toujours charmé par le parfum vanillé de la délicieuse princesse Mexicaine.... Désagréablement charmé ; de l'amour à la haine, la frontière était ténue, surtout lorsque le venin amoureux était dévastateur. L'amenant néanmoins au salon, sa cigarette toujours aux lèvres, Pride avisa le visage hésitant de Micaela, s'apercevant que quelque chose semblait la travailler.

    « Quelque chose ne va pas ? » demanda-t-il d'un murmure bas non sans froncer les sourcils.
    « Je pense que tu devrais t’assoir … vraiment. »
    « J'ai le coeur suffisamment bien accroché. » ironisa-t-il sans un sourire.
    « J’ai cherché comme te dire ça pendant un bon moment, mais ça n’a pas été très productif alors je suis désolée si l’annonce est un peu brusque... » Jamais, il ne daigna détourner son regard de la jeune femme dont l'aveu semblait lui brûler la gorge ; les yeux ambrés de Pride se teintèrent alors d'appréhension et d'inquiétude, dans une lueur pourtant si bien dissimulée derrière son masque de froideur lorsque le verdict tomba. « Je suis enceinte. »

    Son coeur alors, loupa un battement ; lui qui le pensait mort le sentait alors revivre sous une impulsion douloureuse. Cet aveu alors inattendu lui coupa littéralement la respiration malgré son visage inexpressif et glacé, baissant alors le regard, Pride écrasa sa cigarette à peine consumée, dans un "okay" trouble trahissant son incapacité à pouvoir répondre quelque chose sur le tas. Lui, devenir père ? Avec de surcroît la femme habitant son coeur et dont aucune parcelle de ces sentiments nobles n'était dès lors réciproque, fallait-il vraiment que le dieu des païens, des salauds émérites ou qu'en savait-il encore, ne vienne le punir de la sorte... Déglutissant difficilement, quelques mots cruels allèrent franchir la barrière de ses lèvres comme il reprenait constance : de qui ?. Néanmoins Micaela fut alors plus rapide, coupant le jeune homme dans son élan.

    « Et si tu en doutes, c’est bien toi le père. J’en suis certaine. »
    « Je ne peux pas être un bon père, ça aussi j'en suis certain. » mentit-il alors aussitôt.

    Toujours en proie à se sentir néanmoins plus vivant malgré cet aveu tombant de nulle part, la gorge de Pride se bloqua un instant, encore sous le choc de la nouvelle, comme il finit par tourner le dos à la demoiselle, posant alors son regard pensif à travers la large baie vitrée. Durant de longues secondes paraissant sans doute interminables pour Micaela qui supportait dès lors le silence de Pride, ce dernier se mit à repenser brièvement à leurs dernières étreintes portant le doux anagramme d'éternité ; deux mois s'étaient écoulés depuis ce qu'il pensait être des adieux.

    « Et... Ta décision ? Tu ne vas pas le garder, si ? » demanda-t-il de son éternel murmure suave en détournant légèrement les yeux vers la demoiselle.
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Message(#) Sujet: Re: 1591 lemon street ; IT'S NOT OVER UNTIL LIFE SAYS IT IS. Ven 22 Jan 2010 - 2:51



« Okay » Voila qui était beaucoup mieux que ce à quoi elle s’était attendue. Pour une première réaction, elle n’avait pas à se plaindre. Mais cette simplicité, l’absence d’attaque n’était que le fruit d’un surprise désarmante alors il ne fallait crier victoire trop vite. La pression qui Micaela accumulé ces dernières semaines retombait lentement, soulageant ses épaules d’un poids éreintant. Pour Pride, c’était certainement l’effet inverse. Elle retrouvait une rythme cardiaque normal et régulier pendant que son cœur à lui devait lui faire quelques faux bonds. « Je ne peux pas être un bon père, ça aussi j’en suis certain » Micaela fronça les sourcils en signe d’incompréhension. « Je ne peux pas (…) » ses pensées se dirigeaient vers ces quelques mots sans vouloir s’en détacher. Ce n’était pas l’émission d’un refus ou d’une répulsion fulgurante qu’elle était si sûre de venir trouver. Non c’est simple un « Je ne peux pas ». La suite de sa phrase avait aussi trouvé refuge dans son esprit avec une importance toute particulière, mais elle n’était pas aussi forte que ces premiers mots selon Micaela. L’étonnement se lisait sur les traits de son visage, dans ses yeux aussi et elle croisa les bras en échappant un fin soupir. Elle passa quelques secondes à méditer sur l’idée dérangeante qu’elle s’était trompée, jusqu’à ce qu’elle ne soit ramenée à elle par le bruit froissé de mouvements. Pride ne disait plus rien et semblait bien décidé à laisser ce silence inconfortable s’installer. C’était légitime, aussi fort soit-il dans l’art de la discipline et de l’apprivoisement des sentiments il devait bien avoir besoin de quelques instants pour encaisser le coup. Micaela en profita alors pour le détailler. Les traits de sa silhouette, elle les connaissait par cœur, son odeur aussi et sa voix elle était sûre de ne jamais l’oublier. Mais il y avait quelque chose de nouveau et désagréable en lui. Certes cette cicatrice tranchant sa joue n’était pas étrangère à ce sentiment de nouveauté, mais c’était bien plus. Il n’avait plus cette aura attirante et dangereuse à la fois qui le caractérisait. Une chaleur rassurante dans la propre idée de se brûler les ailes. Il était froid, il glaçait le sang. Il n’y avait plus que l’odeur angoissante du danger. La Mexicaine se sentit soudainement mal à l’aise, elle frissonna en resserrant un peu plus l’étreinte autour de son buste. Pour un homme qui venait de retrouver sa liberté, il dégageait toute la froideur et la désillusion d’un condamné à mort. Son regard se riva alors sur le sol de la pièce, il s’y réfugia même.

Le silence était tombé avec une lourdeur assommante, et le mutisme de Pride avait le don de déconcerter Micaela qui ne savait plus vraiment ou donner de la tête. Peut-être était-elle de trop, peut-être voulait-il de la solitude ou espérait-il qu’elle ne lui ai jamais rien avoué. Micaela songea alors à partir. Elle ne voyait pas l’intérêt de rester plantée là derrière lui alors qu’il n’avait visiblement pas l’intention de parler à nouveau. Elle lui avait fait part de la situation, il pouvait en faire ce qu’il voulait maintenant, du moins une fois qu’il aurait eu les idées claires. Elle fit donc un pas de recul, dans un bruit sourd elle entama de reprendre la direction de la porte. Et alors qu’elle s’apprêtait à lancer une quelque phrase soulignant son départ, il la jeune femme dans son élan. « Et … Ta décision? Tu ne vas pas le garder, si? » demanda-t-il dans un de ses éternels murmures. Micaela releva les yeux pour regarder son profil se dessiner à contre jour et haussa les épaules.
« Je ne vais pas avorter. » Dit-elle avec calme. Depuis cette étrange soulagement qui avait opéré quelques secondes plus tôt elle se sentait plus apte à évoquer cet enfant sans que son corps tout entier plie sous l’angoisse et le doute. Une pointe de dégout voila son regard alors que dans un geste maternel elle faisait glisser sa main sur son ventre. L’idée d’avorter, de tuer, n’était pas envisageable. Elle ne l’était plus en tous cas, c’était trop tard. « Mais je ne suis pas sûre d’avoir mieux à lui offrir qu’une famille d’adoption. » termina-t-elle avec une pointe de regret dans la voix. Son regard se planta à nouveau dans les yeux inexpressifs de ce nouveau Pride. Si elle ne l’avait pas connu, sans doute se serait-elle sentie désarmée face à ce colosse impassible. Mais elle avait été habituée à cette attitude, à sa carapace protectrice. Alors entre un violent rejet et son indifférence jouée, elle préférait encore l’indifférence. Micaela avança alors de nouveau de quelques pas, dans une ignorance totale de sa réaction et de ses prochaines paroles. Tout ce qu’elle avait prédit jusqu’à lors était clairement tombé à l’eau, donc maintenant elle nageait dans le flou et la découverte de chaque instant. Ses prunelles brunes se posèrent alors à nouveau sur sa plaie et la jeune femme réprima un élan trop affectif pour les règles silencieuses qu’avaient impliqué leurs adieux. Elle figea sa main qui avait bougé de quelques centimètres alors qu'elle aurait aimé pouvoir poser ses doigts sur sa joue et effleurer délicatement sa blessure comme si elle avait eu le cœur de Pride au bout des doigts, et lui dire combien elle regrettait que tout ait toujours été si compliqué. Mais Micaela ne fit rien de tout ça, elle détourna aussitôt ses yeux trop révélateurs en sentant son sang venir rougir ses propres joues. Les au revoir, les adieux, les limites étaient des choses simples en elles-mêmes, alors pourquoi devenaient-elles si complexes à respecter et anormalement douloureuses dès qu’il était question de Pride ?

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Message(#) Sujet: Re: 1591 lemon street ; IT'S NOT OVER UNTIL LIFE SAYS IT IS. Ven 22 Jan 2010 - 11:09

    Bien sûr qu'il ne pouvait pas être un bon père ; sur quel modèle s'appuyer et comment en devenir un soit même lorsque l'on savait que rien de bon, dans le fond, ne demeurait en vous. Jamais, Pride n'avait pensé à cette éventualité, éternel insouciant qu'il était malgré ses multiples conquêtes, il n'avait jamais su se projeter dans l'avenir ni s'imaginer donner naissance à des enfants qu'il ne pourrait pas combler. Là était sa certitude, mais c'était paradoxalement sans compter sur ses instincts protecteurs bien trop forts pour être dissimulés ; la facette cachée de Pride sous son armure de plomb demeurait sans doute bien plus adoucie qu'il ne le laissait paraître. Cette hargne de vaincre et cette soif de victoire, mêlés à ces combats ardus qu'il avait dû mener lui-même étant gamin pour trouver sa place et ne pas crever la bouche ouverte dans la jungle des ghettos, avaient contribué à aviver cette flamme ardente brûlant en lui et le rendant plus combattif que jamais. En somme le prédateur qu'il était savait protéger sa meute plus que quiconque, avec virulence mais aussi violence monstre si cela en était nécessaire. Malgré cette figure froide qu'il arborait en présence de Micaela, se faisant pourtant plus séducteur venimeux avec ses jolies proies, cette flamme ne s'était pas éteinte, bien que l'annonce de la nouvelle avait été rude. Les minutes de silence précédant l'aveu de la Mexicaine et la réaction presque irréelle et trop calme de Pride, lui étaient indispensables pour reprendre ses esprits, analyser la situation, sortir de cet Enfer. L'envie même de lui intimer d'avorter lui prenait les tripes avec virulence : c'était un don du ciel que d'avoir un enfant avec la femme aimée, se transformant vite en cauchemar dantesque lorsque les sentiments n'étaient pas partagés. Tiraillé entre un amour destructeur lui sommant de garder cet enfant ne serait-ce que pour garder un lien l'unissant à elle, et de le maudire à jamais, souhaitant qu'il ne voit aucunement le jour puisqu'il demeurait le fruit d'un sentiment non consumé, Pride hésitait encore. Pour autant, il voulait l'oublier elle ; se sentant d'aplomb pour passer à autre chose, ne plus penser à elle et reprendre enfin son souffle par manque d'oxygène qu'elle lui avait volé : il se sentait véritablement capable de tourner la page, mais seulement si l'enfant porté en son ventre finissait par mourir dans l'oeuf.

    « Je ne vais pas avorter. » Un soupir s'échappa des lèvres du jeune homme dont le regard ambré s'était tourné de nouveau vers la large baie vitrée. Le soleil narguant le ciel azuré, contrastait de trop avec les ténèbres brumeuses de son esprit. Pride hocha alors négativement la tête, perdu dans ses pensées ; si elle avait décidé de le garder, il ne pouvait se résoudre à reconnaître l'enfant, toujours perdu dans cette quête d'enfin oublier Micaela et de passer à une autre histoire. Moins destructrice, moins venimeuse, et lui rendant son sourire, bien que trop sombre et mutin. « Mais je ne suis pas sûre d’avoir mieux à lui offrir qu’une famille d’adoption. » Pride étouffa un très bref rire froid, cynique et désabusé, comme il sentait Micaela se rapprocher alors sans que lui même ne bouge, son regard perdu sur les buissons du jardin. Le jeune homme conservait son sourire en coin qui n'avait rien de très chaleureux, mais bien de désenchanté ; hochant de nouveau négativement la tête, Pride tourna enfin ses obsidiennes vers la jeune femme, prêt à livrer des aveux sur son passé que nul ici, excepté Alabama, ne pouvait connaître.

    « Une famille d'adoption ? » répéta-t-il froidement amusé. Cet enfant allait-il retracer le même chemin que le sien en commençant à marcher ainsi bien trop tôt dans ses propres pas ? C'était là une issue que Pride refusait, alors que lentement, son regard glaçant se radoucit d'une étrange lueur non pas pour elle, mais pour les confessions amères qu'il s'apprêtait à livrer. « Regarde-moi Micaela, je ne suis même pas né Berrington, j'ai passé mon adolescence dans un monde qui n'était pas le mien, entre gamins de riches et écoles privées, et ça ne m'a pas rendu meilleur. Si j'étais resté avec mon alcoolique de mère qui a fini par crever comme un rat dans sa propre cuisine, avec un père absent probablement sorti de taule aujourd'hui parce que cette foutue justice ne donne que quinze ans derrière les barreaux pour des putains d'affaires de viol, peut-être que ma voie aurait été différente. » Pride marqua alors une pause, tentant de réguler l'acidité trop crue de ses paroles alors qu'il ne daignait pas la lâcher du regard, avant de reprendre d'une voix plus troublante mais ironique. « Tu veux vraiment qu'il suive mes traces ? Quelle magnifique entrée dans cette putain de vie : être adopté comme son père et finir par... » Pride se stoppa alors, prenant conscience qu'il allait bien trop loin dans ses aveux, il finit par soupirer avant de se calmer et de reprendre un timbre bien plus posé et résigné. « Ce n'est pas seulement se sentir bien qui peut compter pour un gamin, c'est aussi ne pas se sentir rejeté. Je n'ai jamais compris ces parents qui abandonnaient leurs enfants... » De nouveau, un silence s'installa, lorsqu'il tourna une nouvelle fois son regard sur la fenêtre dans jamais vraiment fixer le paysage matinal et semblant idyllique. « Alors ne soit pas hypocrite avec ce gamin avant qu'il ne soit né. Ou tu avortes, ou tu le gardes et tu lui trouves un père compétent... Un type bien, sorti de Princeton, qui gagne bien sa vie et qui adore les mômes autant que les labradors et les dîners en famille. » finit-il par dire avec sincérité, dans un sourire amusé étrangement plus chaleureux quoique résigné.
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Message(#) Sujet: Re: 1591 lemon street ; IT'S NOT OVER UNTIL LIFE SAYS IT IS. Ven 22 Jan 2010 - 21:06



« Regarde-moi Micaela, je ne suis même pas né Berrington, j'ai passé mon adolescence dans un monde qui n'était pas le mien, entre gamins de riches et écoles privées, et ça ne m'a pas rendu meilleur. Si j'étais resté avec mon alcoolique de mère qui a fini par crever comme un rat dans sa propre cuisine, avec un père absent probablement sorti de taule aujourd'hui parce que cette foutue justice ne donne que quinze ans derrière les barreaux pour des putains d'affaires de viol, peut-être que ma voie aurait été différente. » Micaela le regardait sans décrocher la moindre parole, elle était troublée par sa révélation et le ton amère de sa voix faisait couler un vif poison en ses veines. L’inattendu, encore et toujours. Jamais elle n’avait imaginé que Pride n’était pas de ce monde, qu’il avait eu un passé si sombre. Mais à défaut de compatir, la Mexicaine sentit son lien avec le jeune homme se resserrer étroitement. Elle fronça alors les sourcils malgré son regard qui s’attendrissait au fur et à mesure que les mots de Pride venaient prendre place en son esprit. « Tu veux vraiment qu'il suive mes traces ? Quelle magnifique entrée dans cette putain de vie : être adopté comme son père et finir par (…) Ce n'est pas seulement se sentir bien qui peut compter pour un gamin, c'est aussi ne pas se sentir rejeté. Je n'ai jamais compris ces parents qui abandonnaient leurs enfants... » A ses paroles, Micaela secoua nerveusement la tête en total désaccord avec lui. A ses yeux, l’adoption n’était pas synonyme de condamnation, bien au contraire. Dieu seul sait dans quelle misère elle se trouverait aujourd’hui si sa mère n’avait pas fait l’impossible pour la sortir de ce que l’on peut difficilement nommer son ancienne vie. La fin des paroles de Pride sonna comme une attaque aux oreilles de Micaela qui commençait déjà à perdre le calme qu’elle avait gagné. Une nouvelle fois ils semblaient vouer à l’affrontement mais elle refusa de se laisser tomber dans ce cercle vicieux une nouvelle fois. Alors elle ne dit rien, et laissa lentement le silence s’installer pour chasser les idées noires qui venaient embrumer son esprit. Cependant, Pride n’avait pas encore terminé de déverser son venin alors il mit fin à ce court moment de répit : « Alors ne soit pas hypocrite avec ce gamin avant qu'il ne soit né. Ou tu avortes, ou tu le gardes et tu lui trouves un père compétent... Un type bien, sorti de Princeton, qui gagne bien sa vie et qui adore les mômes autant que les labradors et les dîners en famille. » Micaela le regarda incrédule, se demandant s’il avait simplement conscience d’être au moins aussi hypocrite qu’elle dans cette histoire. C’était bien beau de venir lui faire la morale, mais n’était-il pas lui aussi en train d’abandonner son enfant? « Lui trouver un père compétant » avait tout l’air de ne pas l’impliquer lui-même dans cette histoire. Micaela soupira en sentant son sang bouillir en lui montant à la tête mais elle était décidée à ne pas s’énerver, parce que pour la première fois il n’était pas question d’eux, mais d’une vie qu’ils avaient engendré. Alors cette discussion ne devait pas devenir un règlement de comptes, ni une multitude de petites attaques et de jugements. Ca avait bien commencé pourtant, mais ils était visiblement impossible pour Pride d’être sincère sans en faire payer le prix par ses répliques tranchantes. A croire que sa sincérité même était une arme. Ils avaient un mal fou à n’être que deux sans se déchirer, comment allaient-ils faire maintenant qu’ils devraient être trois?

« Je serai sans doute en train de me vendre pour quelques pesos et un peu de coke quelque part au fin fond du Mexique si je n’avais pas été adoptée. » Dit-elle la gorge serrée. Ses parents n’étaient pas morts quand elle était enfant comme elle le laissait à croire à tout le monde, la vérité était bien plus sombre que ça. Sa mère était morte l’année dernière suite à une overdose mettant fin à une longue vie de prostitution. Et son père n‘avait jamais été qu‘un point d‘interrogation. Alors ce monde, ces belles maisons, les pères compétents, la richesse … Ce n‘était pas son monde non plus, mais ça l‘avait sauvée. Une confession pour une autre, une façon implicite de lui faire comprendre qu‘elle ne partageait pas son avis. « Mais je ne te comprends pas. Tu ne veux pas que cet enfant soit rejeté en se faisant adopter alors que toi-même tu refuses d’être son père... Micaela marqua une pause. Et puis j’ai épuisé mon stock d’autres pères plus compétents, je vais sans doute devoir vendre ma maison d’ici peu et je ne suis même pas sûre de pouvoir être une mère. » Le ton de Micaela n’avait rien d’une attaque, elle mettait ses pulsions de côté et sa voix commençait à trembler sous l’émotion. La Mexicaine laissa tomber ses épaules en passant ses mains sur son visage pour se redonner du courage. La plus part de ses revenus partait dans le remboursement des dettes de sa mère, et ses possibilité de promotion dans sa carrière étaient plus que limitées, alors en plus du reste, Micaela redoutait aussi le coût qu’aurait l’éducation d’un enfant dont elle était maintenant sur qu’elle serait le seul parent. « J’essaye d’imaginer ma vie avec cet enfant, mais je vois un gamin qui se demandera pourquoi ses amis ont deux parents présents alors que lui n’a qu’une mère, qui elle aussi n’est pas bien présente puisqu’elle travaille pour deux personnes … Et c’est pas ce que je veux donner à mon enfant, mais je refuse de passer par l'avortement. » La jeune femme soupira longuement en sentant son cœur se tordre douloureusement. C’était plus qu’elle n’avait jamais eu l’intention de lui dire, alors elle détourna vivement son regard en se mordant déjà les doigts.

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Message(#) Sujet: Re: 1591 lemon street ; IT'S NOT OVER UNTIL LIFE SAYS IT IS. Sam 23 Jan 2010 - 21:49

    La sincérité du jeune homme ne se voulait en rien tranchante ou nocive, pour autant l'on pouvait sentir dans la pièce cette tension palpable se mêlant à cette atmosphère encensée et apaisante ; chaque mot échappé de ses lèvres n'était que confession qu'il n'avait jamais faite à aucune autre personne, et Pride ignorait encore que ses aveux seraient donnés alors en échange d'autres paroles vraies de la part de Micaela. Lui qui pourtant ne parlait jamais de son passé, avait fait abstraction sur les ténèbres de ses souvenirs car un être vivant était en jeu : certes pas désiré, mais pas encore mis à mort. Il ne voulait guère se tirailler l'esprit à se dire qu'un enfant sur cette Terre, la chair de sa chair, viendrait à marcher sur ses traces. Et peut-être même que les parents adoptifs en seraient ses voisins, le voyant condamné à croiser le regard déchiré du bambin à la recherche de ses racines... Avorter était pour Pride la solution la moins hypocrite, le garder pour eux, l'issue la plus douloureuse. Sans doute était-ce la première fois qu'ils se confiaient l'un à l'autre de la sorte, excepté peut-être cette fameuse nuit où le jeune homme avait fait présent à la belle demoiselle d'un collier somptueux qu'elle lui avait rendu. Et puis plus rien ; une dispute sur le seuil de sa porte, des adieux faits dans le plus grand des hasards avant sa cavale, des retrouvailles succinctes, des sentiments trop forts naissant dans la poitrine de Pride qui avait repoussé Micaela ce jour de grande dispute pour la préserver. Il n'ignorait pas néanmoins que sa personnalité et sa façon d'être demeuraient trop sombres pour être compris : son armure de glace impossible à percer le mettait à l'abri de ses sentiments, mais de ce fait le jeune homme passait à côté de bien trop de choses. Vivre et survivre, deux concepts bien différents dans l'esprit de Pride qui préférait égoïstement la deuxième solution. Suite à ses aveux qu'il lâcha sans tressaillir ni même dramatiser, lui qui avait horreur des dramaturges nauséeux, son regard se tourna vers Micaela dont les pupilles luisaient également de cette envie de confession sincère et non forcée. Un silence s'installa un instant, avant que la voix de la Mexicaine ne s'élève alors.

    « Je serai sans doute en train de me vendre pour quelques pesos et un peu de coke quelque part au fin fond du Mexique si je n’avais pas été adoptée. » Première surprise pour le jeune homme qui néanmoins ne cilla pas, attentif malgré le coup encaissé : même dans leur façon de penser sur ce sujet délicat, il avait fallu que leurs chemins soient différents. Certes l'adoption de Pride l'avait sauvé lui aussi, mais pas de la même manière que la jeune demoiselle ayant visiblement échappé à une destinée terrible. « Mais je ne te comprends pas. Tu ne veux pas que cet enfant soit rejeté en se faisant adopter alors que toi-même tu refuses d’être son père... » Pride hocha alors négativement la tête, d'un mouvement imperceptible avant de poser ses prunelles tiraillées sur l'immense fenêtre. Il ne refusait pas de le devenir, il craignait pour son coeur au bord de l'apoplexie en reconnaissant l'enfant : se déclarer père du bambin conçu avec la femme aimée, et après ? La voir papillonner avec un autre sans doute, à l'en rendre fou de jalousie, fou d'amour, fou de passion criminelle... Laissant néanmoins parler la jeune femme, Pride ne l'interrompit pas, écoutant ses aveux si semblables des siens et pourtant empruntant une voie différente. « Et puis j’ai épuisé mon stock d’autres pères plus compétents, je vais sans doute devoir vendre ma maison d’ici peu et je ne suis même pas sûre de pouvoir être une mère. » Sur cette vérité amère plus qu'inattendue, le jeune homme posa de nouveau son regard sur la belle demoiselle, observant son profil délicat se dessinant dans le clair-obscur. Il ignorait jusqu'ici les problèmes d'argent de cette dernière, bien décidé soudain à l'aider dans ce sens, qu'elle le veuille ou non, que ce soit de manière discrète, brumeuse voire... mafieuse. Et dans un souffle qu'il prit, prêt à lui murmurer en retour le plus sérieusement du monde qu'il était prêt à braquer d'autres banques seulement pour elle, Pride se stoppa, raisonnable et posé, l'écoutant encore et toujours, toute la nuit s'il le fallait. « J’essaye d’imaginer ma vie avec cet enfant, mais je vois un gamin qui se demandera pourquoi ses amis ont deux parents présents alors que lui n’a qu’une mère, qui elle aussi n’est pas bien présente puisqu’elle travaille pour deux personnes … Et c’est pas ce que je veux donner à mon enfant, mais je refuse de passer par l'avortement. »

    « Je t'aime. » Le silence tomba suite à cet aveu tranchant et fin comme un couperet. Serrant un instant la mâchoire sous l'envolée de ses mots murmurés dans une passion tendre, il ne put néanmoins renchérir aussitôt, lui qui n'était guère habitué à ce genre de paroles trop directes et issues avec force de son palpitant. Gardant ses prunelles sauvages et ambrées sur la fenêtre, Pride se refusait à accrocher le regard de Micaela, pas encore, pas maintenant. « Je t'aime et c'est pour cela que je ne peux pas me résigner à reconnaître cet enfant. Ce n'est pas que je ne le veux pas, c'est que je ne peux pas. » Ses yeux fixant un point invisible quelque part sur le sol verdoyant du dehors, le jeune homme était parti sur une avancée qu'il n'avait jamais cru possible. Lui qui s'était abstenu à ne jamais lui en faire part, était en train de déclarer sa flamme dans la plus grande douleur qui soit, conformément aux terribles paroles qui allaient suivre. « Mais ce n'est pas réciproque. C'est pour ça que je t'évite, que je t'ai toujours repoussée lorsque je te sentais plus proche, je ne voulais pas souffrir. Et maintenant... » murmura-t-il calmement en fronçant les sourcils, pensif, marquant une légère pause. « Maintenant que tu es enceinte, tu me demanderais d'être le père... Pour que je sois là, à te voir tous les jours, et souffrir en voyant ton regard dans les yeux de cet enfant ? » levant alors ses yeux ambrés sur Micaela, le jeune homme gardait néanmoins sa prestance dans un parfum envoûtant avant de continuer dans un murmure suave. « Garde-le, je veillerais de loin à ce que tu ne manques de rien, financièrement parlant. Mais ne me demande pas ça Micaela. » Un silence de nouveau, comme Pride sentit le regard de cette dernière le dévisager dans une stupeur légitime. Esquissant alors un léger sourire en coin, touchant et pourtant assuré, il renchérit alors. « Ne me regarde pas comme ça... Un coeur qui n'a jamais été brisé n'est pas un coeur. »

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Message(#) Sujet: Re: 1591 lemon street ; IT'S NOT OVER UNTIL LIFE SAYS IT IS. Dim 24 Jan 2010 - 1:02


Micaela était persuadée qu’ils ne pourraient jamais être totalement sincères l’un envers l’autre, que tout deux avaient des instincts d’autoprotection beaucoup trop puissants pour laisser filtrer une quelque marque de faiblesse. Et, parce qu’elle avait encore cette matinée douloureuse en mémoire, celle où elle avait impulsivement fait preuve de jalousie et d’attachement, la Mexicaine était venu trouver Pride avec l’intime intention de ne pas se laisser submerger par ses émotions, de garder le contrôle de la situation sans dévoiler plus de failles qu’il était nécessaire. C’était certain, jamais elle n’avait eu plus de raisons ou d’envie de se montrer réfléchie et distante avec Pride. Et pourtant … Ses résolutions étaient lamentablement tombées à l’eau, Micaela avait avoué bien plus que quelques sentiments à l’égard de Pride, c’étaient les grandes lignes de son passé tumultueux et ses démons présents qu’elle lui avait servi sur un plateau d’argent avec toute la bienveillance qu’elle était capable de réunir. Comme une sorte de nouvelle étape, comme une avancée, ces aveux laissaient une appréhension certaine à la jeune femme qui se confrontait à l’inconnu en empruntant un chemin glissant et hasardeux, mais qu'elle empruntait de son plein gré, étrangement. Alors, suite à ses confession, elle avait détourné le regard pour ne pas affronter les yeux perçants de Pride ni les attaques qu’elle le pensait prêt à lancer. Là encore, elle était bien loin du compte. Leur discussion prenait une tournure aussi inattendue qu’inespérée.

« Je t'aime. » Le cœur de Micaela se souleva, il fit un tel bond dans sa poitrine qu’elle se sentit basculer légèrement en avant, bouche bée. « Je t'aime et c'est pour cela que je ne peux pas me résigner à reconnaître cet enfant. Ce n'est pas que je ne le veux pas, c'est que je ne peux pas. » Son regard vide s’échoua sur Pride pendant un instant, alors qu’elle se répétait silencieusement ce qu’il venait de lui dire pour se persuader de ne pas avoir échappé le sens réel de sa phrase. Son corps s’était figé dans un frisson si vif et transperçant qu’il en fut douloureux, et son cœur en déroute la poussait dans ses plus profonds retranchements, là où elle avait soigneusement enfermé ses sentiments pour Pride, ceux qui l’avaient anéantie une année plus tôt. « Mais ce n'est pas réciproque. C'est pour ça que je t'évite, que je t'ai toujours repoussée lorsque je te sentais plus proche, je ne voulais pas souffrir. Et maintenant... » Où trouvait-il l’aplomb d’affirmer ça, pire encore comment avait-il trouvé la force de s’en convaincre alors que c’était elle qui était venue se trahir devant sa porte, aux aurores, en lui reprochant la non-exclusivité de leur relation, alors que c’était elle qui était repartie la queue entre les jambes et les larmes aux yeux. « Maintenant que tu es enceinte, tu me demanderais d'être le père... Pour que je sois là, à te voir tous les jours, et souffrir en voyant ton regard dans les yeux de cet enfant ? » Plus il parlait, plus en ressentait l’effet d’un poids abstrait sur sa poitrine et sa respiration. Elle essayait de se calmer à coup de longues et profondes inspirations, mais chacune était plus difficile à prendre que la précédente. C’était toute la rancœur qu’elle avait entretenu pendant une année qui s’effritait, sa carapace la plus efficace pour que ses sentiments les plus réels n’arrivent jamais à regagner son cœur tombait en poussière. Cet amour et cette souffrance, elle avait vainement espéré qu’il les manifeste par le passé, elle l’avait espéré à s’en crever le cœur alors les entendre maintenant ne la soulageait pas, c’était cruellement douloureux. Le regard de Micaela trahissait toute sa surprise, elle était choquée à l‘extérieur alors qu‘à l‘intérieur elle avait l’impression que son cœur fondait, attaqué par des espoirs venimeux qui revenaient à la vie. « Garde-le, je veillerais de loin à ce que tu ne manques de rien, financièrement parlant. Mais ne me demande pas ça Micaela. » lança-t-il alors comme si c’était une solution envisageable alors qu’il reposait enfin son regard sur elle. « Ne me regarde pas comme ça... Un cœur qui n'a jamais été brisé n'est pas un coeur. » Micaela étouffa alors un rire nerveux, alors que les sonorités silencieuses de sa voix et l’expression de son visage trahissaient une fulgurante envie de fondre en larmes. C’était le travail acharné d’une femme blessée qui tombait en ruines, une page difficilement tournée qui revenait narguer son cœur endolori, alors a défaut de savoir quoi faire, les nerfs de Micaela lâchaient, semant le trouble le plus total dans son esprit.

« Je me fiche de ton argent, j’en veux pas si tu n’es pas là avec. » murmura-t-elle en retrouvant un calme apparent. Tout, ou rien. Ils s’étaient déjà essayé aux demies mesures et le résultat était catastrophique. Son esprit était troublé, elle n’arrivait plus à se concentrer sur une seule idée et chaque fois qu’une nouvelle lui venait, elle se sentait sombrer un peu plus. « J’ai fais tout ce qu’il était possible de faire pour arrêter d’espérer que tu me dises ça Pride… Elle se stoppa alors, sa voix tremblait trop pour qu’elle puisse continuer, alors elle souffla un coup puis reprit: J’ai tourné la page, pas parce que ce n’est pas réciproque mais pour épargner mon cœur. » Justement, la Mexicaine sentait ce dernier refaire des siennes à chaque fois qu’elle ouvrait la bouche. « Et tu … tu reviens un an après … Je m’y étais fais pourtant… J’avais plus besoin de toi ! haleta-t-elle sur un flot d’émotions trop puissant pour qu’elle le gère; ... Maintenant, j’ai l’impression que tout s’écroule, que j’ai décidé de m’aimer plus que toi pour rien … Ca me tue, ça fait aussi mal de tout renier que de tout voir renaître … » La voix de Micaela s’enrailla jusqu’à ne plus vouloir sortir, alors elle détourna ses prunelles jusque là plantées dans celles de Pride. Un sourire sans consistance se dessina sur les lèvres de Micaela qui passait une nouvelle fois sa main sur son visage.

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Message(#) Sujet: Re: 1591 lemon street ; IT'S NOT OVER UNTIL LIFE SAYS IT IS. Dim 31 Jan 2010 - 0:00

    Son rire nerveux lui arracha un battement du coeur, lui qui pourtant le pensait mort depuis tant de mois, le voyait se contorsionner sous une douleur cuisante malgré son regard qui ne semblait plus s'illuminer d'autant d'émotions d'autrefois. Sa lueur narquoise et séductrice s'y logeait toujours, mais aujourd'hui la solennité de leurs aveux rendait ses prunelles plus fauves et moins vivantes. Serrant la mâchoire, le jeune homme se demanda un instant, un seul, s'il était finalement véritablement payant de se livrer avec tant de fougue et de véritable amour... puisque visiblement il ne recevait que des réactions qu'il prenait pour méprisantes, et qui le poussaient à stopper quelques trop longues secondes la course de son myocarde endormi. Jamais plus, il ne se laisserait aller aux affres de l'amour, tourner la page pour mieux repartir, pour ne plus avoir à ressentir pareilles peines ; c'était du moins ce que Pride envisageait, n'ignorant pas que dans les faits, cela serait plus difficile. L'incompréhension semblait régner entre les deux anciens amants baignés dans la confusion la plus totale : la communication entre eux avait été si longuement coupée qu'ils ne parvenaient plus à se comprendre, tant les mêmes regards s'interprétaient différemment, tout autant que leurs mots qui néanmoins demeuraient à la base similaires. Ils ne parlaient plus le même langage, avaient perdu de cette complicité joueuse qu'ils possédaient autrefois, s'étaient laissés allés dans les méandres de la distance souffreteuse et de l'obstination à ne pas vouloir comprendre l'autre. Ainsi, finalement, se terminait leur idylle : rien de très glorieux et encore moins de romantique. Ils n'étaient là que pour débattre d'une vie, celle qu'ils avaient donné, entre un aveu trop inattendu tombant comme un couperet et une distance voulue évidente. Leur ultime façon de ne plus échouer, au moins sur ce domaine, était alors de se mettre au moins d'accord sur la destinée de cet enfant dont leurs opinions semblaient encore diverger sur son avenir...

    « Je me fiche de ton argent, j’en veux pas si tu n’es pas là avec. » fit-elle enfin après quelques secondes plongées dans un mutisme total et tendu. « J’ai fais tout ce qu’il était possible de faire pour arrêter d’espérer que tu me dises ça Pride…J’ai tourné la page, pas parce que ce n’est pas réciproque mais pour épargner mon cœur. » Le jeune homme arrogant détourna un instant le regard dans un soupir s'échappant de ses lèvres rouge cerise ; il n'y avait là ni mépris ni exaspération, mais la douleur d'entendre dire concrètement, que bien évidement le cruel maître du jeu ici n'était autre que lui. Son attitude, ses regards, ses jeux malsains, cette nuit de tendresse, ce présent somptueux, et cette façon tortionnaire de la renier, de lui certifier qu'elle n'avait jamais rien été à ses yeux, si ce n'était qu'un simple jouet. Bien sûr qu'il avait été trop loin, et par ailleurs Pride ne se vantait pas de vouloir récupérer la femme qu'il avait bien trop blessé ; son aveu amoureux n'avait été murmuré avant tout que dans le but de clarifier la situation, et de s'exprimer avec sincérité, pour une fois. « Et tu … tu reviens un an après … Je m’y étais fais pourtant… J’avais plus besoin de toi ! … » Le coeur du jeune homme s'agita sournoisement, de colère froide et d'incompréhension, au même titre que l'emportement soudain de Micaela. Au bord de ses lèvres désirables se logeaient d'autres paroles cuisantes et cyniques : qu'il était désolé d'être là dans sa vie, d'être revenu pour chambouler la sienne, qu'il se serait bien passé lui aussi de toute cette retombée fatigante pour leurs nerfs et leurs myocardes. Pride s'abstint néanmoins, s'efforçant de garder pour lui sa peine trop venimeuse, laissant parler la demoiselle tout en demeurant silencieux. Car finalement, il ne pensait pas ce qui lui trottait alors en tête, trop amoureux sans doute, pris au dépourvu également, entre colère et peine, le simple songe véritable lui traversant l'esprit était encore d'embrasser la belle Mexicaine. C'est alors qu'il tourna son regard d'ambre vers cette dernière, ses prunelles brillant d'une lumière plus troublante encore, prêt et envieux de lui déposer un baiser, dans un geste dont il voulait ignorer les conséquences, jusqu'à ce que la belle demoiselle ne finisse alors d'aller au bout de ses pensées. « ... Maintenant, j’ai l’impression que tout s’écroule, que j’ai décidé de m’aimer plus que toi pour rien … Ca me tue, ça fait aussi mal de tout renier que de tout voir renaître … »

    « Je comprends. » mentit-il alors, se stoppant dans son esquisse discrète de vouloir embrasser la princesse mexicaine, la lueur envoûtante de son regard doré s'éteignant pour un éclat plus neutre malgré son léger sourire. Bien sûr qu'il ne comprenait pas, mais le brun ténébreux acceptait néanmoins la requête de la belle demoiselle : ne rien voir renaître. Ces derniers mots avaient été la cause de l'interruption de son geste qui se serait vue toute aussi inattendu, dans le seul but de respecter le bon vouloir de Micaela. Et hochant alors distraitement la tête tout en se plongeant dans une réflexion qui n'avait rien d'aisée, il continua alors d'un murmure suave et bas. « Pas d'avortement, puisque tu ne le veux pas. Pas d'adoption, puisque je ne le veux pas non plus. » continua-t-il d'un ton étrangement calme et posé. « Je m'en remets donc finalement à la dernière solution. On garde l'enfant, et je reste avec toi. » Se devant de respecter les confessions de la belle demoiselle, Pride rajouta alors dans un murmure épicé : « On ne renie rien, et rien n'aura à renaître. Je serais là pour toi, tu peux même habiter ici le temps que tu veux si l'envie te dit, Micaela... Des sortes de... parents divorcés en somme. Enfin je suppose. » finit-il par dire avant de l'aviser d'un sourire tendre.
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Message(#) Sujet: Re: 1591 lemon street ; IT'S NOT OVER UNTIL LIFE SAYS IT IS. Mar 2 Fév 2010 - 3:48



Les émotions de Micaela retombèrent doucement, elle se sentit devenir plus légère et son esprit s’éclaircissait à nouveau. Elle posa alors ses yeux sur Pride avec un lueur nouvelle, comme si soudainement elle avait tout comprit, comme si elle n’avait plus envie de le détester. Son visage était devenu neutre, calme. Après tout ils avaient toujours basé leur relation sur des batailles : d’abord lorsque Pride voulait faire céder Micaela, puis ils avaient tous deux décidé de se livrer au jeu dangereux de la séduction, c’étaient brûlés les ailes lors d’une tendre nuit pour reprendre les armes ensuite. Ils s’étaient toujours battu l’un pour l’autre, mais avec de mauvaises raisons. Il était peut-être temps de grandir, d’arrêter de se comporter comme des enfants apeurés l’un de l’autre, parce qu’il fallait bien avouer que ça ne leur avait pas réussit. Pas le moins du monde. La Mexicaine se repassa le film des dernières secondes dans sa tête, cette fois-ci avec un œil dénué d’émotion trop envahissante, en tentant de capter ce qui aurait pu lui échapper. La déclaration de Pride n’était plus un réveil brutal et douloureux mais une confession qu’elle imaginait extrêmement couteuse. Elle soupira alors, las de son impulsivité et maudissant le destin de leur avoir tracé un chemin si vicieux. Elle l’avait aimé aussi, mais au mauvais moment, tout comme Pride maintenant. Ils étaient incapables de s’aimer simplement, comme si une loi cosmique qui ne s’appliquait qu’à eux les prédestinait à y perdre plus qu’ils n’y gagneraient en se laissant porter par des élans amoureux. Puis elle nota que le regard de Pride s’était étrangement illuminé pendant qu’elle lui parlait, un détail qu’elle avait passé à la trappe, trop aspirée par ses propres ressentiments. Pour sûr, Micaela ne se sentait plus le cœur à ignorer les sentiments de Pride ou à continuer de n’accepter que sa vision des choses. Quoi qu’il se passerait avec ce bébé, qu’ils naisse ou non, qu’ils l’élèvent ou pas, les deux adultes devaient se réapprendre l’un l’autre pour éviter de se détruire totalement. La jeune femme se redressa en reprenant le contrôle d’elle-même, plus confiante et moins ébranlée.

C’est alors qu’elle fut extirpée de ses songes par la voix de Pride. « Je comprends. » Commença-t-il en perdant cette lueur intrigante qui animait ses yeux bruns. La Mexicaine s’étonna de cette réponse, qu’ils se comprennent, c’était bien une première. Mais elle hocha la tête comme pour exprimer sa gratitude, ce n’était peut-être pas vrai, mais elle devinait qu’il essayait de ne pas envenimer la situation. « Pas d'avortement, puisque tu ne le veux pas. Pas d'adoption, puisque je ne le veux pas non plus. » Micaela resta pendue à ses lèvres en attendant la suite. Une brise de calme soufflait entre les deux amants, surprenant Micaela qui comprenait que Pride changeait d’approche face à la situation délicate. Elle garda le silence sans quitter le jeune homme des yeux. Son regard était si intense qu’elle semblait sonder l’âme de Pride avec application. « Je m'en remets donc finalement à la dernière solution. On garde l'enfant, et je reste avec toi. » Le visage de Micaela se voila de culpabilité. « On ne renie rien, et rien n'aura à renaître. Je serais là pour toi, tu peux même habiter ici le temps que tu veux si l'envie te dit, Micaela... Des sortes de... parents divorcés en somme. Enfin je suppose. » Ces propos appuyèrent un peu plus son impression d’être fautive. N’était-elle pas entrain de le condamner à rester près d’elle alors qu’il avait clairement émit le souhait de ne pas avoir à le faire. Une moue gênée se dessina alors sur les traits fins de la Mexicaine qui fit quelques pas de recul pour prendre appui contre le dossier du canapé. Il était clairement entrain de se sacrifier pour elle, et en plus de prendre sur lui, il lui offrait plus qu’elle n’avait osé espérer de sa part. Le « Je t’aime » de Pride prenait une dimension noble et humaine, elle découvrait un homme qui lui proposait son toit à ses dépends, quelqu’un qui faisait quelques concessions chères à son cœur pour son bien. La métisse sourit alors discrètement, visiblement touchée.

« Tu es entrain de te sacrifier ... » Dit-elle à voix haute pour rendre les faits plus réels. Son regard jongla entre Pride et l’ensemble du salon en imaginant quelques secondes comment les choses se passeraient si elle emménageait ici. « Et ça me touche vraiment, mais est-ce que tu en as envie? » demanda-t-elle sur un ton hésitant. « Enfin, je ne veux pas te forcer à être là si tu penses que c’est mauvais pour toi… » Elle laissa sa phrase en suspens pour reposer ses yeux sur Pride, lui adressant un regard résigné mais fort en émotions. « … on y a déjà assez perdu, et ça ne nous a pas franchement réussit. Alors si vraiment tu ne veux pas avoir à rester, à élever cet enfant, tu n’es pas obligé. » Dit-elle en perdant doucement le sourire qu’elle avait. Un sacrifice pour un autre, une solution pour une autre. Micaela prenait les sentiments de Pride en compte pour la première fois, alors elle envisageait de garder cet enfant seule, de trouver des solutions. Il le fallait bien. Sans détacher son regard de Pride, la Mexicaine lui fit signe de s’approcher, de la prendre dans ses bras, juste parce qu’elle avait besoin de se sentir soutenue et qu’elle devinait que lui aussi. Là aussi pour la première, elle avait l’impression nouvelle de pouvoir compter sur lui.

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Message(#) Sujet: Re: 1591 lemon street ; IT'S NOT OVER UNTIL LIFE SAYS IT IS. Jeu 18 Fév 2010 - 0:00

    L'atmosphère oppressante s'était relachée au profit d'une lueur tamisée plus douce et sereine chargeant l'air ambiant ; l'aveu de cet enfant à venir demeurait toujours un choc dans son esprit de libertin corrompu, néanmoins le paradoxe de Pride faisait qu'il accueillait également la nouvelle d'un oeil attendri, une fois la surprise quelque peu amère passée. Bien sûr, rien ne serait simple, rien ne l'avait jamais été par ailleurs, et il était à prévoir que leur futur serait parsemé sans doute d'autres obstacles nébuleux ; pour autant pour mieux protéger l'enfant à naître, il leur fallait tout reconstruire. Tenter d'oublier le passé, les brefs moments de tendresse, les trop grands instants de déception et d'âpreté, et surtout il lui fallait taire son palpitant envers cette femme aimée et passer à autre chose. La tâche s'avèrerait d'être ardue, mais vitale pour le bien de leur relation ; mieux valait éloigner des deux anciens amants cette atmosphère chargée de tensions et trop oppressante s'ils voulaient aller de l'avant. L'aveu amoureux de Pride ayant dès lors franchi la barrière de ses lèvres, il pouvait à présent avec soulagement penser à passer à autre chose sans s'attendre à recevoir de retour de la part de Micaela, là n'était d'ailleurs pas son but. Changeant alors d'avis afin de faire ainsi plus de concessions, le jeune homme se plia plus ou moins à la volonté de la future mère, d'une maturité qu'on ne lui aurait jamais soupçonné ; avait-il vraiment le choix , après tout. Car plutôt qu'envenimer la situation, mieux valait jouer en faveur du bien-être de l'enfant, quand bien même Pride aurait ardemment souhaité ne pas avoir à croiser le regard du futur bambin lui rappelant sans doute les traits de la douce Micaela. Certes en un sens, il se condamnait ainsi à rester à ses côtés, et là se déployait tout l'amour du jeune homme en faveur de la Mexicaine ; s'il avait mis enceinte une autre demoiselle, Pride n'aurait eu que des paroles acerbes et l'abandon facile, et pourtant ce fut tout le contraire qui se produisit néanmoins. Restant avec cette dernière, il lui proposa quelques suppositions à l'amiable, ne réalisant pas véritablement encore qu'il allait être père. Allait-il avoir ses yeux, ses mimiques, son sourire, aurait-il les mêmes lueurs charmeuses que son père au sein de ses prunelles charbonneuses... Autant de question que Pride ne se posait pas encore, ne réalisant guère que le ventre de la jeune femme s'arrondirait bientôt afin d'accueillir un bambin.

    « Tu es entrain de te sacrifier ... »
    « Non je ne le suis pas. » mentit-il sans trop savoir pourquoi, trop habitué sans doute à ériger une carapace cuirassant son coeur et son esprit à chaque remarque soufflée à son encontre.
    « Et ça me touche vraiment, mais est-ce que tu en as envie? » répliqua la jolie brune, connaissant sans doute un peu trop l'escroc pour comprendre que son mensonge n'avait rien de froid, mais avait été soufflé pour mieux se protéger de lui-même. « Enfin, je ne veux pas te forcer à être là si tu penses que c’est mauvais pour toi… »

    Le jeune homme posa son regard pensif et sombre sur un point invisible au mur. Se sentait-il forcé ou non, là était en vérité toute la véritable question s'imposant à son esprit trouble. Certes en un sens, Pride ne se sentait nullement obligé de faire de telles propositions amères à son coeur pour mieux alléger l'avenir de l'enfant, mais sa décision était à double tranchant. Ne souhaitant pas revenir sur ses dires, Berrington ne dit finalement mot, et reporta ses rétines fauves mais sereines sur Micky lorsqu'elle reprit la parole.

    « … on y a déjà assez perdu, et ça ne nous a pas franchement réussit. Alors si vraiment tu ne veux pas avoir à rester, à élever cet enfant, tu n’es pas obligé. »

    Bien sûr qu'ils avaient tout perdu, sans doute un peu trop. Leur jeu dangereux leur avait brûlé les ailes et rongé l'âme par le biais de la perfidie qu'ils s'étaient imposés. Pride n'ignorait d'ailleurs pas tout le mal qu'il avait pu infliger à Micaela ce jour où elle était apparue sur le seuil de la porte, scandant alors à la jeune femme avec cruauté qu'elle n'avait été rien d'autre qu'un jouet. Mensonge éhonté pour mieux se protéger et qui finalement l'avait en parti conduit à sa déchéance actuelle. La jeune femme alors lui fit signe de s'approcher d'elle dans un élan quémandeur affectif, chose que fit alors Pride sans un mot mais un bref sourire, peut-être forcé, mais tout du moins charmeur, avant de la prendre dans ses bras d'une étreinte seulement amicale. La proximité physique trop explicite serait de toute évidence à proscrire, puisque pour le jeune homme, le mieux était encore de tourner la page pour mieux reconstruire des bases saines.

    « Je ne reviendrais pas sur ma décision. » murmura-t-il alors de sa voix basse et grave .
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