Partagez
 

 memory lane

Aller en bas 

Emerson Moore

messages : 947
name : Olivia
face + © : fionn whitehead + lunaeye
multinicks : aj, chad, harper, jax, lydia, orlando, parker, zoya
points : 198
age : 23
♡ status : trying to let people in
work : sound and light at the local performance hall
home : small appartement on pioneer oak

— boom, butterfly effect.
how we met :
rp status (fr/en) : (open) sami, norrie

memory lane Empty
Message· · Sujet: memory lane memory lane EmptyMer 3 Juil - 15:37

NORRIE + EMERSON
Memory lane, we're here again, back to the days
And I'll remember you always
So much has changed
Now it feels like yesterday I went away

@Norrie Regbo

Il était étrange, ce phénomène par lequel un seul mot pouvait faire naitre un lien ténu entre deux personnes qui, en d’autres circonstances, n’auraient sans doute pas prêté attention l’un à l’autre. C’était ce qu’Emerson se disait en remontant la route sur son vieux vélo d’occasion. Il n’aurait jamais rencontré Norrie Regbo, qui pourtant vivait à Windmont Bay, ou presque. Ils ne fréquentaient pas les mêmes cercles, n’avaient pas le même rythme de vie, et pourtant, quelque chose les liait. Un fil presque transparent, qui partait du cœur de l’un et allait s’accrocher à l’autre et inversement. Un mot. Un mot qui faisait un écho douloureux chez Emerson, qui lui froissait l’âme et le ramenait à un temps qui lui paraissait à la fois proche et lointain. Le rodéo – car c’était bien ce mot-là qui avait créé une étincelle entre Norrie Regbo et lui – il avait été une source de joie intense pour le gamin du Wyoming, avant de devenir son pire cauchemar. Il aurait dès lors dû fuir ce contact, s’éloigner du jeune homme qui tentait de remettre sa propriété sur pieds après la destruction violente de l’un de ses bâtiments – Emerson l’avait appris via l’un de ses collègues qui connaissait vaguement l’histoire des Regbo – mais c’était comme une démangeaison, un besoin de se frotter à la douleur et c’était donc sans grande hésitation que le jeune Moore avait approché le fan du rodéo.
Un mot pour créer le lien, quelques mots échangés pour l’affermir et, enfin, un moment convenu pour se retrouver, dans un autre lieu, sans tout ce monde pour entrecouper leur conversation. Pour autant, Emerson ne savait pas trop ce qu’ils allaient se dire en se revoyant sur la propriété du jeune Regbo, mais ça ne l’avait pas empêché d’enfourcher son vélo pour rejoindre Norrie. Il partait de son expérience avec Sami pour se convaincre qu’il suffisait qu’il donne un peu plus du sien pour préparer un terrain fertile à l’amitié. Peut-être que ça ne mènerait nulle part, peut-être que Norrie Regbo était bien parti pour devenir l’un de ses amis, Emerson n’en savait rien mais il était prêt à essayer. Après tout, ils avaient au moins un point en commun : un amour – plus ou moins lointain, selon chacun – pour le rodéo.
Emerson parvint à l’endroit indiqué, aperçut la boîte aux lettres au nom de la famille qui vivait sur la propriété et il passa devant, poursuivant sa route jusqu’à atteindre le cœur du ranch, où une maison de belle taille se découpait, tandis qu’à proximité, se trouvaient une grange et des écuries. Un bref sentiment de mélancolie étreignit le cœur d’Emerson au souvenir de la ferme où il avait grandi et il songea qu’elle ne devait plus être identique à son souvenir. Un chose, au moins, avait disparue, il en avait la certitude, mais il chassa cette pensée quand il freina pour s’arrêter. Il descendit de vélo et l’appuya contre une barrière, sans prendre la peine de l’attacher – 1) qui viendrait lui voler une bécane pareille et 2) qui viendrait jusqu’ici pour la voler. Il s’avança ensuite, guettant une silhouette, avec une impression de déjà-vu. L’été précédent, en effet, il avait fait une incursion semblable chez les Harsha, ce qui avait semé la graine de retrouvailles inopinées. C’était, dès lors, de bon augure, n’est-ce pas ? songea le jeune homme en se dirigeant instinctivement vers les écuries. Il se retrouva dans la large entrée du bâtiment et l’endroit lui sembla bien vide – et triste – et il rompit le silence d’une voix mal assurée :
- Bonjour ? Il y a quelqu’un ?
Peut-être que Norrie avait oublié sa venue. Il avait fort à faire, après tout. Emerson se mordit la lèvre inférieure, hésitant à se diriger vers la maison, puis il décida de s’aventurer dans l’écurie. Il dépassa les boxes vides et rejoignit le premier équidé – et seul rescapé – qu’il aperçut : un animal qui n’avait pas l’air de la première jeunesse, ce qui fit naitre un sourire tendre sur les lèvres du garçon qui s’approcha du cheval, en soufflant :
- Hé, mon beau… Tu es tout seul ?
Il passa la main sur le chanfrein du cheval et ferma les yeux un instant, revisitant des sensations de sa jeunesse, grâce à ce seul contact.

_________________
Keeping it locked away, a secret on every page. But now you're getting close, feels like a dragon's breath. Fire against my chest, burning through the snow. I can't hide it from you. In ultraviolet, you see through.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
outlook not so good

Norrie Regbo

messages : 647
face + © : powers, olivia.
multinicks : trent, tomas, robbie
points : 268
age : twenty-seven (04/07)
♡ status : start a new game ?
work : regbo orchard, works a lot to try to keep his farm afloat
home : regbo orchard, just a mile from wb.

— boom, butterfly effect.
how we met :
rp status (fr/en) : dahlia, harper, emerson, jude

memory lane Empty
Message· · Sujet: Re: memory lane memory lane EmptyJeu 4 Juil - 8:59

Norrie détestait oublier qu’une balafre ponctuait, comme une longue virgule rougeoyante, le côté de sa tête. Il détestait oublier son existence, particulièrement lorsqu’il prenait son crâne entre ses mains et qu’il y plongeait ses ongles, comme à chaque fois qu’il était agacé ; ceux de sa main droite s’enfoncèrent dans sa cicatrice, et il lâcha un grognement de douleur, ce qui l’irrita davantage.
– Tu veux vraiment tout arrêter ? Et on fait quoi après ? Tu vas travailler où ? Tu supportes plus aucun effort. Et moi ? Tu veux que j’aille toquer aux écuries des Harsha ? Jamais. Il lâcha un nouveau grognement devant la mine résigné de son père, qui venait de lui confier qu’ils devraient peut-être tout abandonner. Ne pas reconstruire les serres, vendre les terres, ne rien garder à part la maison et la grange.
– Écoute, dit-il en reprenant son calme et en avançant sa chaise pour se rapprocher de son père. Il se gratta le côté droit du crâne, qui le démangeait, prenant soin de ne pas gratter à nouveau sa cicatrice. L’incendie, ça n’a pas été qu’une mauvaise chose. On avait une super assurance, et avec l’argent qu’on a touché, on peut enfin commencer à respirer de nouveau. Je vais reconstruire les serres, une, ou deux, pas trois comme avant. Je vais reconstruire, et on va repartir à zéro. Okay ? Il écarquilla les yeux, comme pour essayer de lui montrer toute la logique qu’il y avait dans ses mots, mais son père gardait le même visage refermé. Julius Regbo était l’homme le plus obstiné qu’il connaisse : il n’y avait que sa mère qui arrivait à le raisonner.
– L’argent de l’assurance couvre même pas tes frais médicaux, Norrie. On reçoit des courriers de la banque tous les jours. Le regard de Norrie se planta machinalement sur la pile de lettres sur le comptoir, derrière son père. C’est une connerie de penser qu’on peut relancer la ferme, pas après l’accident, pas après l’incendie.
Norrie soupira, hochant la tête avec insistance à destination de son père.
– C’est ce que maman aurait essayé de faire. Elle se serait battue, elle, souffla-t-il avec exaspération, plantant par défiance son regard dans celui de son père, dans lequel il vit toute la colère que ses quelques mots avaient provoquée. Son père leva son doigt et le pointa vers Norrie ; il était prêt à le sermonner, prêt à s’emporter, prêt à éclater de rage, Norrie le savait, il pouvait le voir. Son père réagissait toujours de la même façon lorsque quelqu’un mentionnait sa femme, en particulier lorsque Norrie le faisait pour tenter de gagner un débat. À demi assis, à demi relevé sur sa chaise, son père le menaçait toujours du doigt, balbutiant des mots incompréhensibles, avant de se taire et de se figer lorsque Marigold entra dans la cuisine. Elle les regarda, un à un, sans dire un mot, lançant son regard autoritaire sur son père puis sur son frère, leur intimant l’ordre d’arrêter de se disputer.
Son père se rassit, reprenant une mine résigné. Norrie se leva, faisant grincer la chaise qu’il replaça sous la table, avant de passer à côté de Marigold en lui ébouriffant les cheveux et en murmurant un merci, du bout des lèvres, de façon presque inaudible.
Il regarda l’heure sur sa montre et se dirigea vers le couloir, puis sortit de la maison, descendant les quelques marches du perron. Il regarda autour de lui. Pas signe de son rendez-vous, pensa-t-il, avant que ses yeux ne tombent sur un vélo posé contre une barrière, à l’entrée de la ferme. Il se retourna et remarqua, au loin, que la porte des écuries était ouverte. Il s’y dirigea, d’un pas décidé. Norrie y trouva Emerson, qui s’avançait vers Bug. Le jeune homme tendit une main pour caresser l’équidé, qui ne montrait aucune signe de crainte devant l’inconnu qui s’était approché de lui.
– Il capte toujours toute l’attention, ce vieux Bug. Norrie s’était appuyé contre l’encadrement de l’entrée. Les bras croisés sur son torse, il lança un sourire à destination d’Emerson. Désolé si t’attends depuis longtemps ; j’étais avec mon père, continua-t-il en restant dans la même position, regardant Bug qui demandait toujours plus de caresses en cherchant la main d’Emerson avec ses naseaux.
– Dis-moi …, il s’avança de quelques pas. C’est quoi ton nom de famille, déjà ?, demanda-t-il ; il lui avait bien semblé que le jeune homme s’était présenté comme étant Emerson Moore, il y a quelques jours – il n’y avait pas de doute sur le prénom, mais Norrie n’était pas aussi sûr de lui à propos du nom de famille. Leur conversation avait été brève, lorsqu’ils s’était rencontrés et que le mot « rodéo » les avait rapprochés. Plus il y avait réfléchi, plus il lui avait semblé improbable que le garçon s’appelle réellement Moore ; il s’était donc convaincu qu’il s’était trompé et qu’il avait mal entendu. Pourtant, sa curiosité avait été piqué dès qu’il avait entendu les sons sortir de la bouche du garçon. Et si cet Emerson était bien de la famille de Cameron Moore, un cowboy dont Norrie avait été secrètement fan, bien que les deux avaient le même âge ? Il avait vu ce Cameron Moore monter plusieurs fois, et le constat était sans appel : ce cowboy avait un talent monstre, un talent que Norrie n’égalerait jamais. C’était comme s’il avait réalisé le mythe du Centaure, qu’il  devenait  un avec n’importe laquelle monture qu’il chevauchait. Norrie se rappelait très bien la première fois où il avait vu Cameron Moore entrer en compétition ; depuis ce jour, le jeune Regbo n’avait eu plus qu’un seul objectif : le battre, un jour. Mais ce jour ne viendrait jamais. Au lieu de surpasser le cowboy, Norrie avait connu un destin similaire : piétiné par son ambition, brisé par sa passion. Lui avait la chance d’être encore vivant, même s’il devait porter les traces de son échec aux yeux de tous. Cameron avait connu une fin similaire : Norrie avait épluché les journaux du Wyoming en ligne pour essayer de collecter des informations, jusqu’au jour où il était tombé sur un article glaçant. Un seul mot l’avait convaincu qu’il avait peut-être à faire à un membre de la famille de Cameron Moore : rodéo. Les yeux d’Emerson s’étaient agités, Norrie s’était engouffré dans la brèche, et tous deux avaient convenu de se retrouver à nouveau.
– Tu serais pas … de la famille de Cameron Moore, par hasard ?, osa-t-il en finissant de combler l’espace entre eux. Il tendit la main vers Bug et le caressa à son tour, lui grattant la joue, puis la nuque. Peut-être qu’Emerson était un signe du destin. Norrie n’avait jamais renoncé au rodéo, même s’il avait dit le contraire à ses médecins et à son père. Peut-être que le rodéo revenait vers lui. Peut-être que c’était la raison de leur rencontre : lui rappeler que pour lui, il y avait toujours de l’espoir.

_________________

I never dreamed the sea so deep,
The earth so dark; so long my sleep,
I have become another child.
I wake to see the world go wild.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

Emerson Moore

messages : 947
name : Olivia
face + © : fionn whitehead + lunaeye
multinicks : aj, chad, harper, jax, lydia, orlando, parker, zoya
points : 198
age : 23
♡ status : trying to let people in
work : sound and light at the local performance hall
home : small appartement on pioneer oak

— boom, butterfly effect.
how we met :
rp status (fr/en) : (open) sami, norrie

memory lane Empty
Message· · Sujet: Re: memory lane memory lane EmptyDim 14 Juil - 21:39

L'instinct le portait naturellement vers ces animaux qu'il aimait tant. Il était apaisé par leur force tranquille, leur bonté patiente, leur affection communicative. Emerson repensait aux chutes qui lui avaient écorché les genoux - et cassé un poignet quand il avait six ans -, aux coups de tête involontaire quand les animaux ne contrôlaient pas leur approche, à la chaleur du corps contre lequel il avait veillé quand une jument piétinait, sentant la naissance toute proche. Il se souvenait de la peau qui vibrait sur le flanc, de la queue qui lui effleurait le bras, du museau qui venait le bousculer lorsqu'il s'occupait d'un étalon qui voulait qu'il lui fiche la paix. C'était ce flot de sensations et de sentiments qui le caressaient et l'étreignaient alors qu'il murmurait des mots doux à cet animal qu'il n'avait jamais vu auparavant mais avec lequel il se sentait une connexion immédiate - illusoire, peut-être, naissant d'un besoin vibrant de retrouver une trace de son enfance. Emerson fermait les yeux et pouvait sentir sa maison autour de lui, entendre le cliquetis des outils de son père, le ronflement lointain de la rivière qui battait les rochers, le chant des oiseaux sauvages et le souffle du chat de sa mère qui se hérissait à son passage. Lui aussi, il avait laissé quelques griffes sur les jambes nues de l'enfant qu'il avait été autrefois, quand il n'appréciait pas d'être dérangé dans sa sieste par les deux gosses Moore qui dévalaient les escaliers pour fuir leurs responsabilités - Cameron avec quelques longues enjambées d'avance sur son cadet. Une nostalgie profonde lui étreignit le ventre et pourtant Emerson savait qu'il ne regrettait pas son départ. Il avait vécu dans une pièce de théâtre jusqu'à ce qu'il quitte le Wyoming et prenne les rênes de son existence en mains. Il avait dit adieu à la grange, aux chevaux, à ce qu'il était, à ce qu'il ne serait jamais. Tout ça parce que Cameron avait perdu la vie. Si Cameron n'avait pas été victime de cet accident, les choses auraient-elles tourné favorablement pour Emerson? Ce dernier préférait ne pas y songer. A quoi bon se noyer de 'et si ?' dont il ne connaîtrait jamais la valeur?
La vie était rude dans le Wyoming, comme partout où les gens vivaient de leurs terres. Le jeune Moore l'avait presque oublié et il ne se douta pas des malheurs qui assaillaient cette ferme-ci, ces écuries désertées, ce bout de terre à la dérive. Il ne savait pratiquement rien du garçon qui bataillait contre son propre père et son destin qui avait basculé, qui aurait pu finir dans le même état que Cameron. Il n'était là que pour retrouver un bout de son âme qu'il pensait avoir oublié quelque part, enterré avec les fragments épars de son coeur d'enfant solitaire, en rébellion avec ce qu'on lui dictait, avec ce qu'on lui imposait, parce que c'était ce que la société attendait et entendait. Il avait fallu qu'il vole de ses propres ailes pour découvrir que le monde ne se résumait pas à son coin de prairie natal, que les paroles de son père n'étaient pas évangile, que la rigueur maternelle n'était pas la seule chose à laquelle il pouvait aspirer. Il lui avait fallu voir plus grand, découvrir d'autres modes de fonctionnement, d'autres personnalités, tout en couleurs et en énergies diverses, pour qu'Emerson comprenne que l'univers était vaste et qu'il n'était pas malade. Néanmoins, retrouver ce bout d'antan était aussi douloureux que réconfortant et il se laissa aller à apprécier le contact de l'équidé... et rouvrit les yeux au son de la voix de Norrie, qu'il reconnut, sans qu'elle lui soit encore familière.
Le retour dans le passé avait été bref et c'était peut-être mieux ainsi, songea Emerson en tournant la tête vers le propriétaire des lieux. La main caressant toujours le large museau du dénommé Bug, Emerson s'écarta légèrement, craignant d'avoir outrepassé ses droits en s'approchant de l'animal sans demander la permission. Mais il n'avait pas pu résister à l'attrait que le cheval avait sur lui et il esquissa un sourire au jeune Regbo.
- Non, je viens d'arriver, répondit Emerson avec un haussement d'épaules en reportant son regard sur Bug pour admirer ses longs cils et ses yeux tendres et intelligents. Je ne voulais pas m'aventurer si loin mais je ne sais pas... c'était comme un appel.
La confession embarrassée fit naître un sourire sur ses lèvres et il finit par laisser retomber sa main le long de son corps avant d'émettre un son qui oscillait entre le rire et le soupir quand le large museau le bouscula, visiblement peu satisfait par le peu d'attention qui lui avait été offerte. Mais à la question de Norrie, Emerson quitta Bug des yeux pour ce concentrer sur son interlocuteur. Incertain de la raison pour laquelle le jeune Regbo l'interrogeait au sujet de son nom de famille, Emerson le jaugea, une pointe de méfiance vrillant ses yeux clairs. Pourquoi cela l'intéressait-il? Ne voyant toutefois pas de raison de refuser de répondre, Emerson haussa les épaules:
- Moore.
Son front se barra d'une ride soucieuse et il s'efforça de chasser l'ombre de son esprit. La question était innocente, lui-même avait été interpelé par ce nom à la drôle de consonance lorsque Norrie s'était présenté mais il n'avait pas poussé la réflexion plus loin. Pourtant, il pressentait que la question du jeune homme n'était pas totalement innocente et il attendit que ce dernier aille au bout de sa pensée.
Il ne s'attendait cependant pas à ce que le nom de son frère vienne sur le tapis et Emerson eut l'impression que son coeur coulait comme une pierre au fond de sa poitrine. Les traits du jeune homme se figèrent et il fut incapable de répondre, d'abord, ayant l'impression que son teint avait pris celui des cendres, comme le goût qui lui avait collé la langue au palais le jour de l'accident de Cameron. Emerson hésita sur la réponse à lui donner. Il fut tenté de prétexter que Moore était un nom plutôt commun mais il ne se sentait pas la force de mentir et prit donc le temps de se recomposer un visage plus ou moins neutre, espérant maîtriser sa voix avant de répondre:
- Oui... On était de la même famille, dit-il, usant sciemment de la forme imparfaite.
Car à présent, tout cela lui semblait appartenir à une autre dimension. La mort rompait-elle leur lien fraternel ? Avait-il le droit de renier celui qui avait été son modèle, son meilleur ami pendant si longtemps - même si Cameron avait ses propres meilleurs amis et que ça ne l'incluait pas ? Une relation comme ça pouvait-elle être à sens unique et rester valide? Emerson n'en savait rien, préférait peut-être ne pas savoir.
- Pourquoi ? Tu le connaissais ? se força-t-il à demander, pour ne pas laisser le silence l'enliser dans son chagrin purulent.
Mais la chose lui paraissait tellement improbable. Comment quelqu'un d'ici, en Oregon, aurait-il pu connaître son frère, qui n'avait jamais quitté le Wyoming que pour se rendre à des compétitions de rodéos dans les États voisins ? Et puis Emerson comprit le lien et son coeur se comprima d'autant plus.
C'était Cameron, ou la silhouette en filigrane de ce dernier, qui avait provoqué l'étincelle entre eux.
Et il n'avait rien vu venir.

_________________
Keeping it locked away, a secret on every page. But now you're getting close, feels like a dragon's breath. Fire against my chest, burning through the snow. I can't hide it from you. In ultraviolet, you see through.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé




memory lane Empty
Message· · Sujet: Re: memory lane memory lane Empty

Revenir en haut Aller en bas
 
memory lane
Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Wisteria Lane - Desperate Housewives RPG
» There's no remedy for memory ~ R.S.
» Akai Getsu
» Lost my memory [Natheeghan]
» Memory-Make, la question du jour!

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
F I L T H Y S E C R E T :: around windmont bay :: The World-
Sauter vers: