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Stella Kahnwald

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Message· · Sujet: family portrait family portrait EmptyMer 17 Juil - 21:14

BRAN + STELLA
@Brandon Rose

Elle ne s'était pas attendue à retrouver ses marques si aisément. En plus de quinze ans qu'elle avait déserté son rôle de mère et sept qu'elle n'avait même plus mis les pieds à Windmont Bay, préférant se dissimuler derrière des médias impersonnels - cartes postales quand elle se sentait d'humeur créative (ce qui était rare), sms quand l'envie lui prenait de rappeler à son rejeton qu'elle existait (généralement quand elle avait un verre dans le nez ou des résidus de poussières de fée sur la lèvre supérieure), message vocal inintelligible quand elle était vraiment loin - la ville aurait dû changer. Mais qu'est-ce qu'elle croyait? C'était Windmont Bay, bon sang! Une terre d'exil où on envoyait les filles récalcitrantes, une sorte de couvent à grande échelle, pour tuer dans l'oeuf toute tentative de liberté ou de rébellion. Une moue méprisante lui retroussait le nez quand elle pensait qu'elle avait failli s'enliser dans une petite vie bien rangée où certes l'argent ne manquait pas mais où l'ennui, à coup sûr, l'aurait complètement abrutie. Alors, non, elle ne regrettait pas son départ, ses manquements à ses devoirs maternels, sa vie de débauche. Quant à savoir pourquoi ce retour inopiné, elle inventerait sans doute une excuse bidon pour chaque nouvel interlocuteur, avec pour message subliminal: go fuck yourself.
Rien n'avait bougé. Si ce n'est que l'Arc Light et le Davey's avaient subi des dégâts considérables, chacun à un moment différent, chacun victime d'un mal naturel (?) distinct. En passant devant le cinéma qui avait accueilli nombre de ses rendez-vous galants, Stella s'étaient remémoré des moments plus ou moins glorieux. En observant le bar local, elle s'était rappelée les fois où elle s'était présentée avec une fausse carte d'identité à peine crédible mais elle s'était tapé l'un des barmen et elle avait bu à l'oeil. A l'époque, elle n'hésitait pas à s'enfiler les bières qui avaient toutes le même goût. Ce n'était que plus tard, quand elle avait pu goûter au parfum raffiné du vin qu'elle avait réalisé son erreur. Ah, souvenirs de jeunesse, si lointains et si proches à la fois!
Mais c'était un autre lieu qui l'attirait comme un aimant aujourd'hui. Un de ces lieux où elle avait paradé, silhouette svelte qui offrait ses longues jambes aux yeux des garçons de son lycée, quand elle n'en avait qu'un dans le collimateur. Elle aurait pu se demander ce qui la poussait à vouloir retourner dans l'univers de Jacob Rose - qu'elle n'avait d'ailleurs pas averti de son retour, sûre et certaine qu'elle était que la nouvelle ne tarderait pas à lui parvenir - si cela l'avait intéressée. A moins qu'elle sache, au fond, qu'elle voulait retrouver ce pouvoir qu'elle ressentait à l'époque, cette impression d'invincibilité, cette assurance que personne ne pouvait la museler et que ce qu'elle voulait, elle l'obtenait. Une saveur qu'elle n'avait plus jamais vraiment retrouvée, même après qu'elle soit partie, alors que le monde entier lui ouvrait les bras et qu'elle n'avait qu'à choisir sa prochaine destination grâce au chèque conséquent que lui avait refourgué son ex-mari.
Désormais, plus rien ne la liait à lui, si ce n'est un adolescent qui partageait leurs traits et sang. Et c'était peut-être ça qu'elle voulait vérifier: qu'elle pouvait fouler ce territoire hanté sans ressentir le poids du passé sur ses épaules. Et c'était d'un pas souple et déterminé qu'elle filait entre les courts, son regard glacé parcourant les sportifs du dimanche qui frappaient leur balle comme s'ils se prenaient pour des champions. A croire que les gens qui fréquentaient ce genre de club n'évoluaient jamais. Elle aurait pu faire un cliché mental de ce qu'il avait été vingt ans plus tôt et ça n'aurait pas été très différent du spectacle qui s'offrait à elle aujourd'hui.
Sauf qu'elle ne venait plus pour conquérir l'inaccessible mais pour s'en purger. Elle se dirigea vers la petite terrasse où les gens allaient boire un verre après l'effort, pour s'échanger les derniers potins, et faillit poursuivre sans s'arrêter. Mais son regard accrocha un mirage et Stella ralentit, les sourcils légèrement froncés, pensant à une hallucination. Ce devait forcément en être une car Jacob Rose approchait la quarantaine, même avec toute la chirurgie qu'il pouvait s'offrir, il n'y avait pas moyen qu'il puisse avoir gardé ses traits d'adolescent. Pourtant, c'était comme une décalcomanie, et la jeune femme s'arrêta près du grillage pour contempler le garçon qui suait sur le court.
Puis elle réalisa qu'il ne s'agissait pas de Jacob Rose mais qu'on en était pas loin. Sa première pensée, absurde, fut de se dire qu'il était impossible que ce jeune homme soit Brandon - dans sa tête, il avait toujours douze ou treize ans, comme la dernière fois qu'elle l'avait vu - mais il n'y avait pas de doute. Il était le portrait craché de son père, ce qui n'était plus un compliment venant de Stella Kahnwald. La déserteuse fut tentée de faire demi-tour avant que son fils ne l'aperçoive, mais elle savait que ces retrouvailles - même dans sa tête, ce mot suintait l'ironie - devraient arriver tôt ou tard et elle avait l'avantage de ne pas être complètement prise au dépourvu, il fallait qu'elle en joue. Stella s'approcha donc du grillage et mit les mains en porte-voix avant de s'écrier:
- OUH! R-O-S-E! Le roi du tennis!
Elle singea les cheerleaders dont elle s'était foutue quand elle était adolescente - et une paria que ces demoiselles en uniforme considéraient d'un air dégoûté parce que le capitaine de football avait eu le malheur de céder à ses oeillades aguicheuses (qu'est-ce qu'elle y pouvait si la dinde de meneuse n'avait pas su le garder en laisse?) -, applaudit puis laissa retomber ses mains pour laisser le gamin qui lui avait déchiré les entrailles accuser le contrecoup de cette apparition soudaine.

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Message· · Sujet: Re: family portrait family portrait EmptyDim 11 Aoû - 19:51

Depuis sa dispute avec son père au sujet du « larbin » qui lui avait « retourné le cerveau » et fait de lui « une répugnante petite folle », les vivres lui avaient été coupés, la Range Rover confisquée et l’accès au country club, interdit. Bien entendu, Bran avait considéré ces interdictions pour mieux les ignorer totalement et il s’était garé sur la place VIP de Jacob Rose, l’énorme 4x4 rutilant au soleil, à quelques mètres à peine du Windmont Bay Country Club. Il était entré dans le lobby, ses lunettes de soleil sur le bout de son nez bronzé et constellé de tâches de rousseur et quand le réceptionniste avait tenté tant bien que mal de lui expliquer que son accès premium avait été révoqué, Bran ne s’était pas démonté. Relevant ses lunettes, l’enfant terrible avait considéré le réceptionniste et lui avait décoché un sourire éclatant, tout en lui promettant de provoquer un scandale d’une magnitude si gigantesque et incontrôlable que le pauvre homme finirait par regretter d’avoir eu ne serait-ce que l’idée ridicule et fort déplaisante de venir au monde. La menace, couplée à celle d’appeler Jacob Rose à qu’il serait sans doute très intéressant d’expliquer pourquoi l’accès du club était refusé à son fils unique et chéri, avait eu son petit effet et Bran profitait désormais du court le plus agréable depuis deux heures déjà. Bien entendu, il savait que la trêve ne serait que de courte durée. C’était sans doute la dernière fois qu’il mettait les pieds ici avant que son père ne s’aperçoive de la supercherie et qu’il doive désormais aller faire du tennis sur les courts publics, avec toute la plèbe incapable de manier une raquette, alors il en profitait. Seul sur le court, il avait préféré enclencher la lanceuse de balles et se battait contre un adversaire imaginaire, chaque coup plus puissant, plus rageur que le précédent.
Qu’est-ce que tu comptes faire de ta vie, Brandon ? Jouer les fées du logis comme une petite tantouze ?
Dans sa tête, la balle allait s’écraser avec une grâce particulièrement satisfaisante sur le nez aquilin de son père.
Quitte à être pédé, tu aurais pu en choisir un qui sait s’habiller.
Toujours dans sa tête, la balle entrait en collision avec l’entrejambe de son paternel.
Tu me déçois. Tu m’as toujours déçu.
Victoire par KO. La dernière balle achevait de mettre son père à terre et cerise sur le gâteau, lui éclatait toutes ses dents refaites à prix d’or au Brésil.
Dans la réalité, la lanceuse de balles ne lui envoyait plus rien et Bran battit des paupières. Ses tempes bourdonnaient et il sentait son polo blanc lui coller au dos. L’espace d’un instant, il aurait voulu appeler Jax, lui dire de le retrouver derrière le country club et le laisser faire ce qu’il voulait de son corps et de son esprit, le laisser le disloquer, l’éreinter, centimètre par centimètre. Mais l’ouvrier avait d’autres choses à faire et suffisamment subi les sautes d’humeur et sa rage du petit prince pour que Bran n’en rajoute aujourd’hui. Il fallait qu’il puisse se défouler autrement.
Et comme si le hasard avait joué aux dés avec le destin, l’occasion se présenta d’elle-même. Un cri attira l’attention de Bran et il tourna la tête, surpris. L’épellation des quatre lettres de son nom le ramenait en arrière, à Edgewater, où il avait l’habitude que chaque lettre de son patronyme soit crié environ trois fois par jour pour une raison x ou y. Mais au lieu de reconnaître une camarade ou pire - Aspen - il s’immobilisa lorsqu’il reconnut Stella Kahnwald.
« Maman ? » Maman.
Le mot lui avait échappé. Dans sa bouche, il sonnait creux, vidé de son sens. Maman. Voilà un mot qu’il n’avait pas prononcé depuis des années. Sept ans, précisément, depuis que Stella avait une fois de plus décidé d’entrer et de sortir de sa vie comme un courant d’air. Toute une vie s’était écoulée depuis. Toute une vie qu’elle avait manqué.
Bran ne parlait jamais de Stella. Il ne pensait jamais à elle. Il n’en avait pas besoin : quelle importance aurait bien pu avoir la jeune femme dans sa vie, elle qui ne s’insérait nulle part, pièce ronde dans un puzzle carré, elle qui ne voulait rien avoir à faire avec lui de toutes façons ? Les doigts de Bran se crispèrent légèrement autour du manche de la raquette. Sans un mot, dans un geste souple et gracieux, il pointa sa raquette en direction du panneau accroché à la grille. Members only. « Problème de vue ? » offrit-il avec un sourire aussi délicat qu’un coup de griffe. Avec une nonchalance calculée, Bran ramena sa raquette et la posa sur ses épaules, les bras relevés pour la maintenir en place. « À ton âge, je peux comprendre. » ajouta-t-il, parfaitement à l’aise dans le rôle du fils perfide. Du perfide tout court, car pour être fils, il fallait déjà avoir une mère et ce n’était pas son cas. Son sourire s’esquinta légèrement et une lueur mauvaise brilla dans les prunelles glacées, identiques à celles qu’il transperçait à travers le grillage.

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Message· · Sujet: Re: family portrait family portrait EmptyJeu 15 Aoû - 18:03

Elle l'ignora complètement - si tant est qu'on puisse ignorer une manifestation si évidente d'angoisse - ce battement de cœur qui résonna comme un glas lorsque le garçon tourna la tête dans sa direction. Comme si ça ne suffisait pas, une pointe s'enfonça dans son ventre, une sorte de réminiscence d'une sensation oubliée, lointaine, enterrée depuis belle lurette: cet attrait fou que le père avait exercé sur elle, dès le premier regard. Il n'avait pas été question d'amour, Stella le savait maintenant - d'ailleurs, elle n'était même pas certaine d'avoir aimé qui que ce soit jusqu'ici - mais d'un instinct plus primaire, vif, ancré en elle. Elle ne croyait pas aux âmes sœurs, évidemment, mais si elle avait dû essayer d'expliquer ce tourbillon qui l'avait emportée, elle imaginait que c'était cette illusion qui s'en serait le plus rapprochée. Elle qui contrôlait sa vie - ou en était sincèrement persuadée, en tout cas - avait perdu la tête à cause de cet imbécile. Et voilà qu'elle revivait, à vingt ans d’intervalles, cette émotion indéfinissable. Mais elle mourut presque aussitôt. Parce que Stella s'était jurée que plus jamais on ne l'y reprendrait et parce qu'il s'agissait de son fils, évidemment. Rien que ça, ça anéantissait le reste et Stella fut ravie d'être de ces personnes au visage de marbre, que rien ne laissait filtrer et le trouble passager se noya donc dans l'instant, tandis qu'elle observait ce garçon, sa chair. Un inconnu.
Il ne fallait pas vraiment être devin pour deviner ce qui glissa sur les lèvres de Bran et Stella ne chercha même pas à réprimer le dégoût et le mépris que ce mot lui inspirait. Son sourire polaire prit une teinte jaune désagréable et son nez se froissa. Qu'est-ce qui lui prenait donc? Pourquoi ce mot avait-il fusé alors qu'elle n'avait jamais fait le moindre effort pour l'être, sa mère? N'en avait-il pas, une petite maman qui s'était chargée de soigner ses écorchures et sécher ses pleurs? Celle qui avait été là tout au long de sa vie - et que Stella, au fond, avait toujours haïe. Pourtant, qu'espérait-elle en laissant son gosse à son ex-mari? Qu'il l'élève seul? Était-ce la punition qu'elle avait cherché à lui infliger? Elle n'avait même pas pensé si loin. Il n'en restait pas moins qu'elle ne comprenait pas cette exclamation instinctive qui, heureusement, se borna à un mouvement de lèvres lointain, le son se noyant dans l'air.
Stella attendit, considérant que la balle était toujours dans le camp de la réplique de Jacob Rose. Elle aurait voulu qu'il ne lui rappelle pas tant ses erreurs passées mais c'était comme si on la provoquait en lui foutant celles-ci sous les yeux. Impossible, alors, de ne pas se demander ce qu'elle fichait là, ce qui lui avait pris de permettre une telle collision. Il finit par désigner un panneau et la jeune femme tourna lentement la tête pour y lire les quelques mots éloquents. Et? Depuis quand elle s'arrêtait à ce genre de détails? Ne la connaissait-il donc pas? Non, techniquement non, mais cela, il aurait pu le déduire, tout de même. Pour la première fois en sept ans, elle entendit la voix de son fils - une voix plus grave, une voix de ce qui aurait pu être un homme si elle ne l'avait pas considéré comme un gamin. Et même celle-ci semblait un copie de celle de Jacob Rose. Tout comme la remarque qui suivit et qui ne fit qu'étirer les lèvres de Stella en un sourire carnassier, qui n'avait rien de charmeur.
- Je m'attendais à un peu mieux de ta part. T'en prendre à l'âge d'une femme pour la rabaisser, c'est très petit.
Pas de chance pour Bran, elle n'avait jamais été complexée par son âge - sans doute parce que celui-ci ne l'avait jamais entravée, ne l'avait jamais empêchée de faire quoi que ce soit. Mais après, pourquoi s'en étonnait-elle? Il était la copie conforme de son père, il était donc naturel qu'il use des mêmes bassesses.
- Mais j'imagine que ça ne devrait pas m'étonner. La pomme ne tombe jamais loin de l'arbre et c'est du Jacob Rose tout craché.
Elle ne pouvait pas savoir que Bran s'était disputé avec son père, ni à quel sujet. Mais Bran n'ignorerait pas l'insulte déguisée et si elle avait pu, Stella aurait désintégré le nabot sur place. A la place, elle lui offrit ce sourire indéchiffrable qu'elle offrait à tous ceux qui lui donnaient envie de bailler et elle haussa les épaules:
- Je ne te dérange pas plus longtemps, si c'est tout ce que tu trouves à me dire. Ciao!
Et comme elle l'avait fait toutes ces années, elle tourna les talons comme si cela ne lui coûtait rien d'abandonner son fils dans son sillage - ce qui avait été plus ou moins vrai. Sauf que cette fois, ce n'était qu'un coup de bluff.
Parce que quelle autre raison que Bran avait pu la pousser à revenir s'enliser à Windmont Bay?

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