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Chad Siringo

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Message· · Sujet: we are the world made small we are the world made small EmptyVen 19 Juil - 12:51

CLARISSA + CHAD
Together in our house, in the firelight,
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@Clarissa Siringo

Chad avait zigzagué dans tout Windmont Bay, rendant visite à des demeures trois fois plus grosses que la sienne quand il s’était rendu dans les beaux quartiers, frappant aux portes de petits appartements dans lesquels, il en était sûr, il devait faire bon vivre (seul, sans une panoplie complète de frangins et frangines aux caractères aussi différents les uns que les autres). Mais en un sens, Chad le savait, se retrouver isolé avec lui-même, sans le brouhaha constant qui animait sa maison, ça lui aurait fichu le bourdon, au bout de quelques semaines. Il l’avait bien vu quand il était parti, quand il avait squatté des motels pas chers où il s’était effondré après s’être enivré dans des bars peu recommandables. En réalité, il n’aurait échangé pour rien au monde son foyer dysfonctionnel. C’était celui dans lequel il avait grandi, celui auquel il s’était adapté, celui sans lequel il se sentait incomplet. Leur famille était faite de paradoxes et d’incohérences totales mais c’était ainsi et Chad n’aurait (é)changé ses frères et sœurs pour rien au monde. Il n’empêchait qu’il avait quelque peu envié les modes de vie qu’il avait entraperçus dans l’entrebâillement d’une porte, dans le grondement des conversations qui allaient bon train en arrière-plan, dans les odeurs qui s’échappaient de l’intérieur. Il avait vu toutes sortes de visages, plus ou moins familiers ; plus jeunes ou plus vieux ; plus sombres ou plus souriants ; pressés ou ayant apparemment envie de discuter avec le livreur de pizza. Chad s’était adapté à chaque rythme, à chaque humeur et il retournait vers la pizzéria avec quelques pourboires en poche et la perspective d’une paie bienvenue.
- Tiens, mon lapin, c’est pour toi ! lui annonça la fille du propriétaire en poussant trois cartons de pizza sur le comptoir, appuyant son cadeau d’un clin d’œil complice.
Elle savait ce que c’était de grandir dans une famille nombreuse, elle savait à quel point une pizza gratuite pouvait être perçue comme un cadeau tombé du ciel et il la remercia d’un sourire avant de se pencher pour l’étreindre gauchement par-dessus le comptoir.
- On se voit mercredi, comme d’habitude, lui dit-il en guise de bonne nuit et il retourna à son scooter pour le dernier voyage vers le canapé des Siringo, où il comptait bien se vautrer en fixant l’écran de télévision, sans vraiment se soucier de ce qui s’y passait.
Un quart d’heure plus tard, il poussa la porte de la maison et, vu l’heure avancée de la soirée, se contenta d’écouter, à l’affût du moindre bruit qui lui indiquerait qui était là et ce qu’il fabriquait. Mais la maison semblait bien silencieuse, songea-t-il en se débarrassant maladroitement de sa veste et de ses chaussures. Les plus jeunes devaient sans doute être au lit – quoi qu’il ait un doute à propos de Clarissa qui ne rendait jamais compte de ses allées et venues, malgré son jeune âge. Celle-ci leur donnerait du fil à retordre, ne pouvait-il s’empêcher de se dire et comment s’en étonner quand on voyait les modèles qui lui avaient été offerts ? Mais d’habitude, il y avait toujours quelqu’un pour s’activer en cuisine ou de la lumière sur la véranda pour indiquer que sa mère y fumait son énième paquet de cigarettes. Il était toutefois impossible, selon lui, qu’il soit vraiment seul dans la baraque et il s’avança dans le couloir en jetant des coups d’œil dans les pièces voisines pour essayer de localiser quelqu’un. Il finit par trouver Clarissa sur le porche qui donnait sur le jardin – si on pouvait appeler jardin ce coin d’herbe criblé de mauvaises herbes et un drôle de sourire lui écorcha les lèvres alors qu’il lui lançait :
- J’ai le diner. Je vais en mettre une partie dans le frigo. Tu veux un coca?
Si ç’avait été Cooper ou Cyrus, il aurait proposé une bière. Il n’aurait pas été étonné que son adolescente de sœur ait déjà trinqué son premier verre alcoolisé, les vices étant bien ancrés chez les Siringo, mais ça ne voulait pas dire qu’il allait céder à une mauvaise idée. Il rangea son butin dans le frigo, prêt à parier qu’à son retour, le porche serait déserté – c’était une tendance qui s’était fâcheusement installée depuis son retour, une sorte de révolte silencieuse pour lui faire payer sa fuite, un moyen de l’écraser de culpabilité, comme s’il n’en souffrait déjà pas suffisamment, derrière son éternel sourire. Pourtant, en revenant, il eut l’heureuse surprise de constater que Clarissa était toujours à la même place et il s’installa donc près d’elle, posant entre eux un coca et une bière ainsi que le carton de pizza ouvert, qui diffusait une délicieuse odeur de fromage fondu et de sauce tomatée.
- Qu’est-ce que tu fais ? s’enquit-il, prudemment, sans vouloir avoir l’air de s’immiscer dans sa vie.
C’était la première fois qu’il se trouvait vraiment seul avec sa cadette sans que cette dernière ait subitement mieux à faire ailleurs. Il n’avait pas manqué de le remarquer, il ne manquerait pas non plus de profiter de cette compagnie ce soir.
- Je peux avoir une clope ? demanda-t-il, esquissant un sourire pour lui assurer qu’il ne jouerait pas le rôle du frangin normal, celui qui aurait dû lui dire qu’elle était un peu jeune pour s’encrasser les poumons de la sorte.
Ce soir, il voulait être cool. Il voulait amadouer sa petite sœur, même en se doutant que ce ne serait pas une mince affaire.

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Clarissa Siringo

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Message· · Sujet: Re: we are the world made small we are the world made small EmptyVen 19 Juil - 19:45

CHAD + CLARISSA
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C'était qu'une soirée comme une autre, comme celles qu'elle passait lorsque l'été n'avait pas encore pointé le bout de son nez, lorsqu'elle avait encore cours mais qu'elle prenait un malin plaisir à passer ses nuits dehors, à rentrer à deux heures du soir passé après avoir passé une bonne partie de sa soirée à taguer un mur qui se trouve dans un quartier malfamé, seule, ses écouteurs au volume max dans les oreilles. Ce genre de nuits qui ont tendance à l'amuser, à la divertir mais qui au final lui permettent de bien se rendre compte d'à quel point elle est seule, là-dehors ou ici, dans cette maison dans laquelle ils sont tous serrés, comme des inconnus qui fréquentent une auberge de jeunesse. C'est l'impression qu'elle en a, Clarissa, de leur foyer. Elle y ouvre les yeux et se réveille, elle sort quand elle est prête : soit pour aller zigzaguer à droite et à gauche, soit pour aller en cours quand elle en a la motivation, puis elle rentre quand elle en a envie. Elle rentre, elle se couche puis elle repart. C'est un cercle vicieux, un cycle infernal bien ennuyeux qui ne s'arrêtera probablement jamais. On parle souvent de sa maison, de son foyer comme un bel endroit, le meilleur sur Terre. Celui où on peut se recueillir, passer du bon temps... c'est pas du tout le cas de Clarissa qui se croit peut-être bien trop à l'hôtel. Un hôtel où elle vit avec des gens qui ne la connaissent pas. Mais... est-ce qu'elle peut leur en vouloir pour ça ? Pas spécialement. Après tout, c'est bien elle qui les repousse un par un lorsqu'ils font un pas vers elle, lorsqu'ils essayent de prendre soin d'elle à chaque fois qu'elle ajoute une nouvelle connerie à cette pile qui ne fait qu'accroître.

Elle a bien conscience qu'elle devrait se calmer, Clarissa. Du moins essayer, mais c'est pas si facile de se comporter normalement, d'essayer d'être comme les autres. De se coucher à 21 heures comme une poule, de plus sortir le soir ou même de se mettre à apprendre ses cours, une habitude qu'elle a perdu il y a bien longtemps. C'est à ce quoi elle était en train de réfléchir, assise sur leur porche qui donne sur leur merveilleux jardin qui... ne ressemble pas vraiment à un jardin. Un truc de plus qui les fait passer pour des voisins qu'on aime pas fréquenter.

La maison était silencieuse, aussi silencieuse qu'elle avait l'habitude de l'être à une heure aussi tardive. Tous étaient assoupis, et ceux qui ne l'étaient pas étaient à l'extérieur. Clarissa était sûrement la seule à ne pas avoir la tête plongée dans son oreiller, elle aimait bien se poser dans un coin de la maison après être rentrée. À l'intérieur s'il fait mauvais temps, à l'extérieur s'il ne fait pas trop froid. Elle a la plupart du temps une clope au bec et son téléphone à la main, deux choses auxquelles elle est peut-être un peu trop attachée.
Elle lâcha un soupir avant d'entendre la porte d'entrée lentement s'ouvrir. Elle ne ressentait même pas le besoin de tourner la tête puisqu'elle savait très bien de qui il s'agissait. Chad, l'un des seuls qui a lui aussi l'habitude de rentrer à ces heures tardives à cause du travail. Chad dont elle n'a pas entendu la voix pendant près de six mois, Chad qui les a laissés en plein dans la merde au moment où ils avaient sûrement le plus besoin de lui, surtout Cody. Chad qui pense qu'à sa gueule, Chad que Clarissa a passé les derniers jours à éviter le plus possible.

Elle ne lui répondait pas, elle se contentait simplement de brièvement se retourner pour le regarder, prête à se redresser et à écraser sa cigarette pour s'éclipser avant de le voir là, accompagné de ses trois pizzas et des quelques canettes encore fraîches avec lesquelles il était rentré. Raclement de gorge, elle avait le ventre vide et l'odeur de fromage s'était déjà mis à remplir toute la cuisine et commençait à se dissiper dans sa direction, à l'extérieur. Entre sa fierté ou sa faim, Clarissa savait qu'est-ce qu'elle devait choisir... Elle rangea donc la main avec laquelle elle était sur le point de se redresser sur sa jambe, puis vit assez rapidement son frère la joindre sur le porche, s'asseyant à ses côtés après avoir posé la pizza et leur canette respective entre eux deux. "Je fume avant d'aller me coucher..." Clari soupirait simplement, elle avait déjà plongé sa main gauche dans la poche de son short pour se saisir de son paquet de cigarettes presque vide et attrapait son briquet de sa main droite. pour les lui tendre en même temps, l'objet de ses futurs problèmes aux poumons coincé entre les lèvres. Elle tirait un peu dessus puis finit par en écraser les cendres sur le porche avant de la jeter dans l'herbe. "Faudrait peut-être que quelqu'un se mette à tondre... Tu m'étonnes que le voisin est pas venu nous souhaiter un bon 4 juillet." Elle soufflait, elle savait bien qu'ils ne renvoyaient pas la meilleure des images à leurs voisins mais... ça la dérangeait quand même un peu. Elle était habituée aux critiques, aux fausses rumeurs, mais ça l'énervait un peu qu'on les fasse passer pour cette famille un peu trop décalée des autres... ce qu'ils étaient, dans un sens. "Ça a été, ta soirée, toi... ?"

De ses doigts finis à l'odeur de tabac, elle saisissait un bout de pizza délicatement, veillant à ne pas faire couler de sauce sur ses fringues puis elle commença à manger silencieusement. Elle appréciait qu'il ait fait l'effort de leur ramener un repas (que les autres mangeraient forcément le lendemain), qu'il ait payé ou non, mais elle lui en voulait énormément bien qu'elle ne lui ait jamais dit, bien trop occupée à l'esquiver, à disparaître à chaque fois qu'il entre dans la pièce. "J'ai imité la signature de maman sur une feuille d'autorisation de sortie pour Cody. Un truc au zoo, ou je sais pas trop quoi... Il lui faudra vingt balles." Elle saisissait une autre part de pizza avant de l’engouffrer en un rien de temps. C'était pas spécialement important, mais elle sentait quand même le besoin de lui dire. Pour instaurer un semblant de conversation, mais aussi pour lui montrer qu'elle n'était pas cette gamine qui ne pensait qu'à elle comme elle aimait le montrer. Cody, ce pré-ado avec qui elle partage sa chambre, sûrement le seul des Siringo avec qui elle s'entend à merveille. Elle le protège toujours, c'est plus fort qu'elle... à un tel point où il lui arrive même d'aller menacer des gosses devant l'école primaire, mais ça, c'est un secret qu'ils partagent.

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Chad Siringo

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Message· · Sujet: Re: we are the world made small we are the world made small EmptyMer 24 Juil - 18:17

Au fur et à mesure des naissances, Chad avait eu l'impression de se détacher un peu plus des derniers nés. Quand ça n'était qu'eux six - Crystal, Candace, Caleb, les jumeaux et lui - cela avait semblé normal. Ils étaient déjà un peu trop nombreux pour cette barraque mais la vie tenait plus ou moins la route: leur père avait un job à peu près stable, leur mère se faisait virer régulièrement mais elle ne vivait pas encore aux crochets de ses enfants. Ce n'était que plus tard, quand les aînés avaient commencé à être en âge de travailler, de ramener un salaire supplémentaire en ajustant leurs journées avec des jobs dénués d'intérêt - les jumeaux avaient pendant longtemps livré les journaux, mais Chad soupçonnait qu'il s'agissait surtout d'une course poursuite à travers les rues de Windmont Bay, avec, à la clé, celui qui livrerait le plus de journaux et le plus rapidement; Candace s'était tournée vers le tutorat en aidant des gamins plus jeunes, puisqu'elle semblait être la seule à aimer l'école dans la tribu; lui, il avait travaillé quelques temps avec Caleb à l'Arc Light, à s'empiffrer de pop corn pendant que les jeunes de son âge s'engouffraient dans les salles - qu'elle s'était laissée aller à observer des périodes de plus en plus longues entre deux jobs. Et puis, ce n'était pas comme si elle s'était arrêtée de pondre - comme diraient certaines commères, d'un air narquois, le nez retroussé, la lèvre arquée. Chad aimait Cash, Clarissa et Cody, pourtant, mais il y avait comme une distance entre eux, comme s'ils faisaient partie d'une autre génération de Siringo - Cash, c'était évident, était plus réservé; Clarissa était la plus indépendante et Cody... Non, Cody ce n'était pas pareil, tout le monde avait dû apprendre à signer pour communiquer avec Cody, sa surdité les avait rapprochés au lieu de les éloigner. La mort de Caleb, si elle ne lui avait pas démontré qu'il fallait qu'il fasse un effort avec ses cadets, avait provoqué suffisamment de chaos pour que Chad, au retour de son exil, constate à quel point il considérait les siens de plus en plus étrangers. Et il ne le supportait pas.
D'où son approche ce soir, prudente, amicale, pour amadouer Clarissa. Ou tenter, en tout cas.
Il se concentra pourtant sur sa bouteille, qu'il décapsula d'un geste qui dénotait l'habitude. Il porta le goulot à ses lèvres et but deux longues gorgées en regardant au loin, la broussaille du jardin et le ciel qui les surplombait, picoré d'étoiles. Une pensée fugace, celle que Caleb était l'une d'elles et qu'il les observait de son perchoir céleste, son sourire cynique aux lèvres, traversa l'esprit de Chad et la bière se fraya un passage douloureux dans sa gorge soudainement serrée. Il ne fallait pas qu'il pense ainsi, il n'avait jamais cru au Ciel, au Paradis, ou quoi que ce soit qui ait trait à Dieu. Il ne croyait qu'en la terre qu'ils foulaient, le lit où il dormait et les quelques êtres humains qui composaient son foyer - et Rufus, bien sûr. Alors il laissait Caleb là où il était, qu'il repose en paix, qu'il ne se soucie surtout pas d'eux: ils s'en sortiraient. Quoi qu'il arrivait, ils s'en sortiraient. Parce qu'ils étaient des Siringo et qu'on ne se débarrassait pas si facilement d'eux.
Chad reporta son attention sur Clarissa et la dévisagea un instant, une lueur presque malicieuse dans le regard. Elle lui apparaissait comme un chat sauvage, prêt à souffler à la moindre maladresse, à donner un coup de griffes, si nécessaire - des estafilades sans danger mais tout de même douloureuses, qui piqueraient longtemps après que la peau ait été entamée. Oui. Si Clarissa était un chat, libre comme l'air, Cash était un caméléon qui se fondait dans le décor afin de ne pas être vu et Cody serait un chien fou, qui japperait de joie à chaque fois qu'il voyait quelqu'un. L'image le fit rire et il posa sa bouteille pour attraper l'offrande - de paix ? -  de sa soeur.
- Merci, tu gères. Je la fumerai après avoir mangé, dit-il en glissant la cigarette derrière son oreille.
Il se servit ensuite une part de pizza et souffla précautionneusement dessus tandis que Clarissa dirigeait la conversation vers leur jardin en friche. Il y a une éternité, cela avait fait partie des corvées partagées, la tonte du gazon, mais quelque chose avait dû les détourner de cette tâche, à moins que le fait qu'ils ne passent pas d'après-midi en famille sur cette parcelle de terre qui était la leur était un facteur de cet abandon. Ce n'était clairement pas dans leurs priorités quand la moitié de leur baraque tombait en ruine mais s'ils avaient davantage passer de temps ensemble, là dehors, avec un barbecue ou n'importe quelle excuse pour se retrouver, peut-être que leur jardin ne serait pas l'illustration parfaite de leur famille qui tombait en miettes.
- Oui, sans doute, concéda Chad d'un air absent. Peut-être que ça nous inciterait plus à rester dehors... ensemble...
Sans la moindre certitude, évidemment. Mais Chad se sentait prêt à tenter le coup, incertain que sa tentative fonctionne - pourquoi feraient-ils un effort pour lui qui était parti sans rien dire durant des mois entiers? Mais pourquoi pas essayer? Pour Caleb. Pour ce qu'il restait de leur famille. Pour raccommoder les liens plutôt que les laisser s'effilocher avec le temps.
- Néanmoins, je ne crois pas que ça soit le jardin qui rebute tant les voisins. Et est-ce qu'on a vraiment envie de se taper les plaintes de Mrs Calway? Ou le ventre bedonnant de Mr. Jenkins? Avec ses poils qui lui sortent de partout?
Il désigna ses oreilles et son nez, dans l'espoir de faire sourire Clarissa.
- Ouais, comme d'habitude quoi... Merde.
Chad écarta les jambes au moment où un peu de sauce tomate glissa de sa part de pizza et il s'empressa d'en mordre un bout pour limiter les dégâts. Il se lécha les doigts en écoutant l'adolescente puis hocha la tête, ne cillant même pas à la mention de la fraude: ils avaient depuis longtemps appris à se débrouiller seuls, sans l'aide de celle qui leur avait donné le jour.
- Je laisserai l'argent sur le comptoir.
Il avait confiance en ses frères et soeurs, il savait qu'ils ne sauteraient pas sur cet argent facile qu'ils empocheraient en filant en douce. Ils avaient beau être pauvres, ils n'étaient pas des voleurs - pas entre eux, du moins, Chad ne savait pas ce qu'il se passait en dehors de leurs murs mais s'en fichait pas mal. Il fallait composer avec ce que la vie leur donnait, après tout.
- Et toi, alors? Ta journée? Qu'est-ce que tu as fait de beau, maintenant que la prison est en pause?
Cela ne l'aurait pas étonné qu'elle fasse l'école buissonnière mais, là encore, il n'était pas là pour faire la leçon - et était bien le dernier à pouvoir dire quoi que ce soit quand Angel et lui avaient passé leur enfance à faire le mur et à éviter le plus possible les salles de classe.
- Une sortie avec des potes? Vous allez à la plage de temps en temps?
Il réalisa qu'il ne savait vraiment pas à quoi Clarissa occupait ses journées et cette constatation lui comprima le coeur. Et si elle se droguait? Et si elle faisait des conneries? Il doutait cependant qu'elle partage ce genre de choses avec lui, et il se demanda si Cody savait des choses qu'il ignorait - et qu'il pourrait lui soutirer. En attendant, il ne pouvait qu'écouter sa soeur et partir du principe que ce qu'elle lui disait était la vérité.

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