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Eason Harjo

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Message· · Sujet: escape [r] escape [r] EmptyLun 22 Juil - 12:57


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@thalia hoaxley

thalia & eason

L’astre diurne rougeoyant, surpiquant la voûte depuis son point d’observation qu’il occupait depuis qu’il avait atteint les limites nord de son ascension ,  diffusait de vifs rayons qui se réfléchissaient sur le capot  de la camionnette contre laquelle il avait troqué son pick-up (contre lequel sa Jeep Grand Wagoneer avait été troquée au lendemain de son arrivée dans cette ville). Windmont Bay, Oregon.
Engoncé derrière le volant, sous ce cagnard de plomb, il ne se sentait pourtant pas spécialement à l’abri d’un largage intempestif d’ogive, comme renvoyé direct derrière le pare-brise d’un fourgon blindé, sur une route rocailleuse irakienne. Cinq kilomètres au sud de la province de Ninive.
Les lunettes de soleil chaussées ne servaient pas plus à protéger sa rétine – dont l’intégrité avait été en de maintes occasions testée depuis qu’il avait atteint l’âge adulte – qu’à planquer l’anxiété qui ne quittait jamais les cercles cupriques, derrière lesquels il n’était pas impossible d’apercevoir les éclats éparses d’une âme atomaire.  Un souffle léger s’engouffrait depuis la fenêtre dont la vitre n’était abaissée qu’à mi niveau ; dans l’habitacle hurlait  country hits, chaîne radio sur laquelle était diffusé le dernier titre de Randy Houser, à un volume qu'on aurait difficilement situé sur l'échelle de perception humaine.
Eason Harjo ne prêtait à cet instant là – cinq minutes avant sa pause café et dix avant de s’immobiliser devant la baraque où était destinée sa prochaine livraison – aucune oreille aux paroles d’une chanson qui aurait, peut-être à un autre moment (un moment plus opportun, un moment où il n'aurait pas eu l'impression de se trimbaler l'coeur au bord des lèvres) trouvé écho en lui ; ses pensées embroussaillées n’auraient pas été contre un peu d’ménage.
Qu'une armée de cisailles tranche, sarcle, dégrossisse les touffes d'idées corrompues. Il n'aurait pas fait dans la finesse et il n'avait jamais été homme à déclamer des vers, à apprécier le lyrisme d'un monde qui à ses yeux ne méritait probablement pas de verser dans la praline; il avait dû réapprendre.
Il avait dû se ré-insérer.
Il avait dû se re-découvrir.
Autrement dit: il avait dû faire avec.
Pas vraiment l'emplacement géographique idéal pour un épanouissement personnel.
Pas seulement le siège conducteur d'une bagnole de fonction, pas seulement le gobelet de café industriel servi par une enseigne censée promouvoir le commerce équitable, pas dans ces interstices de quiétude où il lui arrivait parfois de se retrouver coincé (le terme aurait été 'renaître' mais il était persuadé qu'il était mort en même temps que Stosic et ,bien avant cela, en même temps que Bill).
C'était ça, l'expression théologique du prédestinianisme; s'il avait été tout sauf agnostique. 
Il s'était brûlé la langue au premier contact avec la décoction ébène et avait juré entre ses dents (goddammit !) , avant de s'enfoncer dans la jungle organisée d'une banlieue typiquement américaine; le côté arcadien de l'endroit lui inspira une étrange sensation. C'était dérangeant. C'était insidieux.
Il vivait pourtant dans un quartier qui ressemblait à celui-là.
L'animal sauvage ressentit  malgré cela une irrépressible envie de se tirer au plus vite; c'était de ces moments où d'instinct, la dérobade semblait appropriée. Appropriée pour qui ? Pour quoi ? C'était juste .
Un insecte nuisible accroché à ses cordes vocales.
Il s'étira - bras visant un ciel distant, de telle sorte que les pans de son t-shirt remontèrent, laissant entrevoir la peau située en dessous de son nombril,  lorsqu'il claqua la portière avant, puis  il entreprit d'ouvrir celle qui renfermait les cartons dans l'emplacement caractérisant le coffre.
D'un revers de poignet, il essuya les perles de sueur qui s'étaient formées sur son front durant l'effort. Il se tenait derrière la transpalette, les deux premiers  cartons d'un ensemble constitué d'un total de quatre déposés dessus, sur le palier d'une maison au jardin méticuleusement entretenu dont il fut surpris à admirer les rosiers lorsque la porte s'ouvrit sur un visage qu'il avait croisé de manière bien trop furtive,  au comptoir d'un dive bar. - Livraison pour Miss Hoaxley - son expression se voulut placide, et ses lunettes de soleil , s'il les avait porté, auraient permis de planquer l'étincelle qui s'était mise à briller au milieu des éclats d'âme; celle-là avait répondu à sa jumelée à l'instant où elles s'étaient croisées.
Elles s'étaient reconnues, dans ce partage d'information, dont l'homme aurait aimé nier l'existence pour le bon déroulement de sa mission. 

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Dernière édition par Eason Harjo le Lun 22 Juil - 17:34, édité 1 fois
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Thalia Hoaxley

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Message· · Sujet: Re: escape [r] escape [r] EmptyLun 22 Juil - 17:09

Enfin son nouveau lit allait arriver ! Thalia avait cassé les lattes du précédent en se jetant un peu trop violemment sur son lit : son énergie avait compensé son petit corps, et voilà qu'elle était dans le besoin d'en acheter un nouveau. Habitant toujours chez ses parents dans sa chambre d'adolescente - qu'elle avait bien sûr re-décorée en chambre d'adulte depuis - c'était là le premier meuble qu'elle achetait avec son propre salaire. Elle aurait pu en parler à ses parents, ces derniers ne lui auraient pas refusé l'argent nécessaire, mais la belle aimait l'idée d'être une femme indépendante. La prochaine étape était de s'installer seule mais elle n'était pas encore prête psychologiquement à quitter le cocon familial, elle était bien là où elle était. Là où c'était embêtant, c'était au niveau de ses conquêtes : la plupart du temps elle allait chez eux et non le contraire, fort heureusement ses parents étaient amenés à se déplacer régulièrement pour le travail et elle avait donc souvent la maison pour elle toute seule. C'était le cas aujourd'hui, par exemple, ce qui ne l'arrangeait pas forcément car elle avait reçu un message pour la prévenir que la livraison de son lit aurait lieu aujourd'hui et elle n'aurait pas les bras de ses parents pour l'aider à l'installer. Tant pis, elle devrait demander au livreur de s'en occuper, quitte à lui laisser un pourboire généreux.
Quand la sonnette retentit dans la demeure, Thalia trépigna comme une petite fille excitée au soir de Noël. « J'arrive ! » Hurla-t-elle à l'intention de l'homme derrière la porte d'entrée, toujours fermée, alors qu'elle dévalait les escaliers qui reliaient le rez-de-chaussée au premier et seul étage de la maison de famille. Elle ouvrit la porte avec un grand sourire, qu'elle perdit tout de suite en reconnaissant l'identité du livreur. « Eason ?! » La belle enchaînait parfois les relations sans lendemain, mais là où certains ne s'embêtaient pas à retenir les noms de leurs conquêtes, elle imprimait chaque visage et chaque prénom qu'elle rencontrait. Heureusement qu'il était le livreur et savait donc à qui il livrait ce lit, autrement elle se serait vexée s'il s'était avéré qu'il avait oublié son prénom. « C'est marrant de se retrouver comme ça. » Visiblement elle était la seule à trouver ça drôle, mais peu importe. « Comment tu vas ? Vas-y, entre. » Elle ouvrit la porte pour le laisser passer, comme si elle accueillait chez elle un vieil ami. Elle sembla alors se rappeler qu'il était là pour une raison précise et elle jeta un coup d'oeil aux pièces détachées qui devaient probablement former son lit. « Euh... Ma chambre est à l'étage. Tu veux de l'aide à tout monter ? » Elle n'était pas sûre de servir à grand chose avec ses petits bras mais c'est l'intention qui compte, n'est-ce pas ? « J'ai aussi besoin d'aide pour monter le lit, je sais pas si c'est compris dans la livraison, je peux rajouter de l'argent si besoin. Ou payer en nature. » Elle s'essaya à un clin d'oeil, elle se voulait séductrice quand en réalité elle n'avait pas particulièrement envie de retenter l'expérience - il l'avait satisfaite, il n'y avait aucun doute là-dessus, et si l'occasion devait se présenter à nouveau elle ne dirait sûrement pas non, mais elle ne faisait pas partie de ces filles qui collaient les basques de chaque mec qui passait dans leur lit. « Détends-toi, c'est de l'humour ! Je vois que tu ne passais pas forcément une mauvaise soirée quand on s'est rencontrés mais que c'est l'expression naturelle de ton visage. » Elle ne faisait que le taquiner mais ce n'était peut-être pas la bonne tactique, elle devait éviter de le faire fuir avant que son meuble ne soit installé.

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Message· · Sujet: Re: escape [r] escape [r] EmptyLun 22 Juil - 18:44

C’était une bestiole volumineuse, il l’a senti s’agiter , tirant vigoureusement sur ses plis vocaux, si bien qu’il eut – les premières secondes d’une œillade qui lui sembla durer un temps anormalement long – bien du mal à formuler une phrase construite.
Une phrase grammaticalement correcte, surtout.
N’impliquant pas les mots « putain.de.merde », « fais chier,  c’est bien ma chance, ça ».
Eason Harjo  se situait sur la gamme de l’overthinking, pas de l’overtalking. Et encore, ses phases étaient contextuelles ; car le plus souvent, on le disait ‘easy going’ - c’était l’éducation qu’il avait reçu, les principes et valeurs qu’il avait réussi à intégrer, les croyances auxquelles il prêtait attention.
Il était très  peu causant.
Ce qui n’était hélas pas le cas de son interlocutrice, mademoiselle Hoaxley.
Thalia Hoaxley.
Pour un amoureux des plantes ; il était difficile d’en porter le nom et d’espérer qu’il en oublie votre existence. Mais, s’il avait su que derrière ce patronyme là se cachait la gonzesse un poil trop bavarde qu’il lui était arrivé de...niquer dans les chiottes sales d’un bar fréquenté par des vagabonds, situé au croisement de chemins paumés, il aurait sûrement trouvé une esquive plausible, tout pour se soustraire à cette situation gênante pour laquelle il n’avait jamais reçu aucune préparation. Contrairement à la jeune femme, il n’avait ,pour sa part, pas saisi le comique de leurs ‘retrouvailles’ et aurait plutôt interprété l’avalanche d’actes et de décisions les ayant amené à se revoir comme l’expression de cette loi obtuse d’emmerdement maximum.
Il l’observa silencieusement, sur le palier, poignées d’une transpalette entre ses mains ; attendant qu’elle s’efface pour qu’il puisse déplacer les cartons à l’intérieur, réitérer le voyage camion-maison une seconde fois et fuir une bonne fois pour toute le réservoir à migraine qu’elle représentait à ses yeux.
Il l’avait su au moment où il s’était glissé dans la cabine, plaquant son corps au dessus du réservoir de ces WC en porcelaine vitrifiée nettoyés une seule fois par jour ; il n’avait pas tenu compte de la crasse, des graffitis salaces qui décoraient la porte et les murs, les traces suspectes ou même la norme, la morale, toutes ces choses communautaires qui codifiaient les comportements humains. Toutes ces choses qu’il avait dû ré-apprendre, redécouvrir. - Bien - fit-il, la réponse aurait mérité d’être nettement plus étoffée : par exemple, s’il avait été socialement apte, il aurait dit « je vais bien ; il fait un peu chaud. Et toi, comment tu vas ? ».
C’était la réponse socialement acceptable.
Parce qu’il fallait parler de soi, parce qu’il fallait parler des autres ; faire semblant d’en avoir quoi que ce soit à cogner.
Est-ce qu’elle allait bien ? Elle trépignait et papillonnait des paupières, elle avait tout l’air de quelqu’un qui aurait disserté sur ‘la beauté du monde’ si lui avait été donnée l’occasion ou était-elle simplement en train de faire un AVC ?
A dire vrai, la réponse ne l’aurait pas intéressé.
Il avait une seule et unique mission depuis le début : livrer le meuble et partir.
Cet enchaînement de faits aurait dû se faire de manière fluide. En pénétrant dans le hall, desservant un salon et entre autres  – une cuisine, il remarqua surtout le silence qui régnait, les jeux de lumières et d’ombres sur les meubles, la moquette sur le parquet.
Et Thalia, péniblement sonore, farfouillant entre les cartons.
- Je m’en occupe - lança-t-il, passant outre la remarque grivoise qu’elle lui fit , les tentatives lamentables d’humour auxquelles il avait déjà été confronté; il n’avait pas prévu de monter les pièces à l’étage, pas plus qu’il n’avait prévu d’aider qui que ce soit à les assembler.
Eason avait du pain sur la planche,  d’autres livraisons l’attendaient. Une clientèle qui n’aurait pas hésité à se plaindre du mauvais service s’il ne pointait pas à l’heure  désignée. Il jeta un coup d’oeil au registre qu’il avait tendu à la jeune femme – par dessus une épaule, il n’y avait qu’un client, un restaurateur. Peut être que cela pouvait attendre le lendemain. Mais, d’un autre côté, il n’avait aucune envie de supporter les pirouettes verbales de la jeune femme. Il se situait au beau milieu d’une disjonction entre deux propositions où il n’était pas futé de s’embourber. - Prends les devants, je te suis – lâcha-t-il, la voix distordue par l'effort, alors qu'il se relevait, muni  du premier carton qui pesait une tonne.
Lorsque ses yeux se posèrent sur le séant de Thalia, il se souvint que ce soir là,  ça n'était clairement pas son sens de l'humour qui avait fait pencher la balance en sa faveur. Arrivé en haut des escaliers, il marqua une courte pause.- Ta chambre ?  

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Message· · Sujet: Re: escape [r] escape [r] EmptyMar 23 Juil - 19:21

Quand ils s'étaient rencontrés, Eason n'avait pas été très loquace. Aujourd'hui, alors qu'il se pointait à sa porte pour lui livrer son tout nouveau lit, il ne disait pas grand chose non plus et son visage ne l'invitait pas vraiment à engager la conversation : toute personne normalement constituée aurait accepté la livraison et refermé la porte au lieu de se cogner contre un mur - pas Thalia. Du peu qu'elle savait du jeune homme - c'est-à-dire pas grand chose voire rien du tout - elle avait deviné qu'il était tout son contraire sur le plan émotionnel et qu'elle ne tirerait rien de lui si elle ne forçait pas un peu. Elle aurait pu laisser tomber mais il devait l'aider à monter son lit et elle ne voulait pas passer tout ce temps dans un silence de plomb alors qu'ils pourraient en apprendre tant l'un sur l'autre si seulement il se montrait un peu plus ouvert à la conversation. Sans compter que Thalia ne se rendait jamais avant de s'être battue, ressentant ce besoin viscéral de se créer des amis dès qu'elle rencontrait de nouvelles personnes alors que tout le monde n'avait pas forcément envie de lui adresser la parole. Comme Eason, visiblement. « Wow, quelle loquacité. C'est comme ça avec tout le monde ou tu réserves ce traitement aux filles que t'as déjà sautées ? » Son langage légèrement vulgaire aurait pu faire deviner une certaine rancoeur à son égard mais c'était tout le contraire ; Thalia faisait simplement la conversation pour essayer de comprendre un peu plus le personnage. Certes il n'avait pas été très bavard non plus quand ils s'étaient rencontrés - et donc avant qu'il ne la saute - mais les circonstances avaient été bien différentes et dans un contexte alcoolisé il n'y avait pas vraiment besoin de se parler pour assouvir ses besoins les plus animaux.
Suite à ses directives, Thalia embarqua un carton - le plus léger - et se mit à monter les escaliers pour guider l'homme jusqu'à la pièce concernée. Elle entra dans sa chambre, déposa le carton et attendit qu'il ait fini de tout monter pour se mettre à défaire les emballages. « Relax, je ne vais pas te faire d'avances. Je sais que les lits, c'est pas ton truc. » Une nouvelle boutade en référence à leurs ébats dans les toilettes crasseuses d'un bar. Thalia n'était pas très fière de lui avoir sauté dessus avant même d'atteindre une chambre mais ça restait un bon souvenir et elle espérait que, malgré son air dépressif affiché constamment sur son visage, Eason avait lui aussi pris son pied. « Par contre va falloir me guider, je sais pas du tout comment on monte un lit. » Les travaux manuels, ce n'était pas vraiment son truc ; elle avait toujours eu deux mains gauches, dans tous les domaines, malheureusement Eason ignorait que la laisser l'aider était inviter la catastrophe à se joindre à la fête.

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Message· · Sujet: Re: escape [r] escape [r] EmptyMar 23 Juil - 21:23

Il l’a suivi jusqu’à sa chambre, déposa le premier carton, avisa du coin de l’œil le seul objet décoratif qui possédait un intérêt à ses yeux : un pot, dans lequel avaient été plantées des iris. Cette fleur  qui avait hérité son nom de la mythologie grecque référait à la messagère des Dieux, favorite de Junon ; ces fleurs étaient bleues, elles étaient le symbole de l’amour tendre,  naïf, innocent.
Tout le contraire donc des ébats qui avaient eu lieu entre eux ; tout le contraire de tout ce qui avait pu avoir lieu entre Dulce et lui, à Studio City.
Il avait toujours été très peu loquace.
Avec Bill, c’était au sens de l’observation qu’on accordait le plus d’importance.
Il pouvait se passer des jours, des semaines même sans qu’il n’y en ait un qui parle, sans qu’ils n’aient eu besoin d’exprimer par le verbe ce qu’ils étaient parfaitement capables de formuler par les gestes.  Par leurs regards. Par les liens ténus qu’ils entretenaient ; cet indicible qui possédait plusieurs langages.
Il ne s’était pas senti vexé puisque c’est exactement ce qui avait toujours été dit de lui. Comme un adjectif, ce qualificatif réducteur qu’il avait appris à accepter, avec lequel il avait toujours vécu. Ce qui était le plus agaçant, en revanche, c’était de considérer qu’il n’existait jamais que des extrêmes, sans qu’un juste milieu ne se distingue.
Considérer Eason peu loquace, sans même présumer que son rapport à l’autre aurait pu avoir une quelconque incidence sur son comportement, relevait de l'erreur. La nature du rapport qu’il avait eu avec Thalia, sexuel, expéditif, marqué par son côté périssable, avait réduit à néant tout éventuel rapprochement spirituel, ou du moins un qui ait impliqué un investissement émotionnel pas anodin.
Il dévala les escaliers, jeta un regard à la porte, puis un autre au jet de lumière qui filtrait depuis l’étage ; il entendit des pas, des éclats de voix (probablement les soliloques de la jeune femme, mortifiée d’être en compagnie d’un tel tombeau?). Il considéra à nouveau la fuite puis ouvrit la porte pour s’occuper de déplacer les dernières pièces depuis la camionnette, garée sous un chêne, à la maison. Il fit le trajet hall d’entrée-chambre deux fois de suite avant de rejoindre la jeune femme. Lorsqu’il hésita à retirer sa chemise, laissant place uniquement au t-shirt qu’il portait en dessous, la remarque dont le gratifia Thalia faillit lui soutirer un sourire.
Il avait cédé à une pulsion, c’est tout.
C’était de la colère, de la frustration, elles avaient pris la forme de baisers, les rythmes d’un cœur situé sous ceinture ; il y avait eu cet empressement, une urgence capitale.  Aucune femme ne méritait l’indifférence. Et bien qu’il n’ait éprouvé aucun mal à bander, sentimentalement parlant, la jeune femme ne lui faisait aucun effet. - Les lits c’pas mon truc – répéta-t-il, faisant  allusion à ce qu’elle lui avait dit. Comment aurait-il su comment en assembler un ?
Il s’était accroupi pour l’aider à déballer, tirant sur le scotch, le carton, le papier à bulles. Il y avait une notice et à moins d’avoir un sacré retard mental, l’entreprise ne devait pas être difficile à réaliser. - Elles n’aiment pas trop l’eau et préfèrent la lumière. Lorsqu’il intercepta son regard, il signala le pot d’iris. La soucoupe déborde et elles sont placées dans l’obscurité. Y’a de la place vers la fenêtre et une terre gorgée d’eau pourrait leur être fatale. C’était sûrement la phrase la plus longue à laquelle elle ait eu droit jusque là. Il se releva, se saisit d'un tournevis qu'il avait récupéré dans son véhicule et après avoir pris une profonde inspiration, consentit à entamer une conversation. - En règle générale, j'évite de recroiser les femmes que je saute; il avait insisté sur le mot femme car celui qu'elle avait employé lui avait fortement déplu. Excuse que je n'en sois pas particulièrement ravi. Il haussa les épaules. Pourtant, me semble pas que tu t'sois plainte de mon manque de verve.

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Dernière édition par Eason Harjo le Sam 27 Juil - 22:51, édité 1 fois
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Message· · Sujet: Re: escape [r] escape [r] EmptyMer 24 Juil - 17:41

Thalia lui laissa un peu de répit, le temps de monter tous les bouts dans sa chambre. À part le premier qu'elle avait emporté avec elle en montant les escaliers pour montrer à son livreur la pièce concernée - sa chambre - la belle n'avait pas réitéré l'opération et l'avait laissé faire le reste, jugeant que sa présence dans ses pattes ne feraient que l'embêter davantage. Il lui avait lui-même dit qu'il s'en occupait, façon polie de lui dire de rester à sa place et de le laisser faire son boulot, alors elle n'allait pas insister. Quand enfin tous les cartons furent dans sa chambre, la jeune femme s'occupa à défaire les emballages dans une hâte non dissimulée ; il lui en fallait peu pour qu'elle soit excitée comme une puce, et l'idée de dormir dans un tout nouveau lit, bien moelleux, ce soir, était suffisant. Prête à y mettre du sien alors qu'elle n'avait jamais entrepris quelconques travaux manuels, Thalia s'annonça débutante mais motivée à apprendre auprès son interlocuteur. La référence à leur nuit passée ensemble, comme elle l'avait fait quelques secondes plus tôt, la fit sourire et lui réchauffa le coeur : peut-être n'était-il pas si morose, finalement. « Est-ce un trait d'humour que j'entends dans ta voix ? » Elle était naïve, oui, mais pas stupide, et elle savait bien que si quelconque humour il y avait eu dans sa remarque, il relevait plus de l'ironie que de la bonne blague pour la faire marrer. Peu importe, Thalia voulait qu'il se débride et c'était déjà un premier pas. Sa surprise fut encore plus grande quand il ouvrit à nouveau la bouche pour lui adresser la parole, lui délivrant alors sa phrase la plus longue depuis leur rencontre. Interdite, la belle mit quelques secondes à comprendre qu'il parlait de ses fleurs et porta son regard sur l'objet de leur conversation. Une légère grimace vint déformer les traits de son visage alors que l'homme soulignait tout ce qu'elle faisait de mal à sa plante. Elle se leva du sol sur lequel elle s'était lâchement assise et alla prendre le pot pour le déplacer à l'endroit qu'il lui avait indiqué ; elle sourit, fière d'elle, et se retourna vers Eason à la recherche de son approbation. « C'est bien, comme ça ? » Il fallait qu'elle suive ses conseils concernant l'eau mais ce n'était pas le moment ; au lieu de ça, elle alla se rasseoir à sa place de prédilection, lui laissant le loisir de lire la notice. « Je ne suis pas totalement irresponsable, tu sais, je sais m'occuper des autres. J'ai une chienne, que je traite bien mieux que ces pauvres fleurs. » Elle ne savait pas pourquoi elle se sentit obligée d'ajouter ce détail alors qu'il ne lui avait absolument rien demandé - elle ne voulait simplement pas qu'il la prenne pour une petite fille sotte qui faisait n'importe quoi. Quand il passa à un autre sujet, Thalia prit sur elle pour rester silencieuse jusqu'à ce qu'il ait fini de parler, ne voulant pas l'effrayer alors qu'enfin il commençait à agir comme si elle était dans la même pièce que lui. « Oui, je peux le comprendre, mais ce n'est pas comme si j'étais l'une de ces filles qui attendent tout un après. » Mais comment pouvait-il le savoir, alors qu'ils ne s'étaient pas parlés ni vus depuis ce fameux soir ? Elle aurait très bien pu mal réagir, l'insulter de tous les noms pour ne pas l'avoir rappelée ; mais Thalia appréciait ces one night stand et ne s'en cachait pas. « Non, tu as raison, mais c'est pas vraiment ta conversation qui m'intéressait à ce moment-là. » Et elle lui adressa un clin d'oeil qui se voulait joueur, dans l'espoir de lui décocher un sourire - tentative ratée. « Je suis bavarde. » Sans blague. « N'y vois pas un intérêt particulier, je suis simplement curieuse comme je peux l'être avec tout le monde. » Qu'il n'aille pas croire qu'elle était folle de lui juste parce qu'ils avaient passé un moment privilégié ensemble, elle le voyait comme les autres, ni plus ni moins.

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Message· · Sujet: Re: escape [r] escape [r] EmptySam 27 Juil - 23:21

Eason avait eu un chien, lui aussi.
Neptune.
Il affectionnait les promenades, rongeait les os de poulet et collait sa langue gluante sur la joue du jeune Eason à chaque fois qu’une occasion lui était donnée. Puis, un jour – au retour d’une virée en centre ville , Neptune ,laissé au campement, avait disparu. Il ne l’apprit que bien plus tard, son fidèle compagnon avait été renversé par un poids lourd, sa dépouille ,à peine reconnaissable,  avait été découverte par Bill qui avait inventé toute cette histoire de fugue pour épargner les sentiments d’un gamin trop sensible.
Bill était un excellent conteur.
Bill était amérindien, appartenait à la culture creek, et Eason était son fils. Il n’avait pas les traits typés (étonnement  WASP pour un peau rouge)  mais personne n’avait jamais osé questionner à voix haute leur lien de parenté (à quoi se serait-il exposé, ce quelqu’un indéterminé?)
Bill était aussi un excellent être humain.
Ce qui n’était pas son cas ; Eason Harjo avait eu un chien,  avait eu une femme, avait fait la rencontre de l’amour d’sa vie mais ,à chaque fois , avait été incapable de s’accrocher à ce qu’il avait, incapable de dire ce qui devait être dit, incapable d’accepter ‘sa chance’.
Il connaissait les plantes, il s’en occupait avec tendresse, il s’occupait d'elles bien mieux qu’il ne s’occupait d’ceux qui appartenaient clairement à la même espèce que lui et qui, parfois, auraient dans certaines conditions pu faire la différence. Thalia Hoaxley parlait beaucoup. C’était un moulin à paroles, ils n’étaient pas compatibles.
Comme chiens et plantes n’étaient pas comparables.
Le tournevis cruciforme ,qu’il tenait dans sa main, s’imbriqua à la perfection à la vis fournie dans le kit ; et alors que la jeune femme continuait clairement sa chute libre, il entreprit d’associer la première planche à la seconde, comme l’indiquait la notice. A cette vitesse là, les premiers chants du jour résonneraient à l’instant où le meuble prendrait forme. Il ne voulait prendre aucun risque.
Pas plus celui de traîner   - et finalement, celui d’apprécier la compagnie de la jeune femme – que celui d’en  dévoiler plus qu’il ne faudrait. Qu’y avait-il de bon à évoquer la vie ? Sa vie d’avant ? Toutes, ses, vies, d’avant. Il avait eu autant de vies qu’un matou. Et présentait autant de traces qu’un bout de bitume. - Je ne suis pas intéressant, souffla-t-il, s’appliquant à effectuer des cercles dans le sens des aiguilles d’une montre, orientant son regard tantôt sur les iris, bien mieux situées dorénavant, tantôt sur le meuble en devenir, autrement dit : partout sauf sur Thalia Hoaxley.
Elle avait marqué la ‘reprise’. L’après Dulce.
L’instant où il s’était mis un coup à l’arrière-train pour s’obliger à remonter en selle. Oublier qu’elle lui avait préféré un gonze marié, ennuyeux : un set présentant une maison de cent cinquante mètres carrés avec jardin en fond de parcelle, clôture et Honda Civic garée dans l’allée. C’était sa lutte intérieure , Thalia Hoaxley.
Ou son expression défigurée. Son ‘fuck you very much, Tulipe reexvadere’. Il faillit arguer qu’elle pouvait se tirer de là et le laisser travailler tranquille ; qu’elle n’avait aucun soucis à se faire, il n’avait jamais volé d’sa vie et qu’il n’allait pas commencer là, pas besoin qu’elle reste et qu’elle essaye. Mais, il se ravisa, ravala la goulée d’air, les premières lettres d’un mot commençant par a. Arrête, pas amour, peut-être amer. Le seul réel problème de Thalia Hoaxley, c’est qu’elle avait couché avec lui. Qu’il avait couché avec elle. Pas avec Lloyd. Et qu’il avait aimé ça. - T’es toujours aussi utile ? Même lorsque tu travailles ? Hôtesse de l’air, c’est bien cela ? - bribe d’une conversation creuse et succincte, présentations sommaires et quelques gorgées d’un alcool pas terrible, vite remplacées par un goût de baies sur ses papilles. Il se risqua à lever le regard vers elle.


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Thalia Hoaxley

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Message· · Sujet: Re: escape [r] escape [r] EmptyVen 2 Aoû - 12:37

N'importe qui aurait baissé les bras, aurait abandonné, après toutes ces tentatives ratées d'entamer une conversation avec un mur. Mais Thalia n'était pas n'importe qui et n'avait jamais abandonné, se faisant parfois violemment envoyer chier pour qu'elle comprenne enfin le message de laisser tranquille la personne qu'elle importunait. Cette fois-ci ne dérogerait pas à la règle : s'il voulait se débarrasser d'elle, il allait devoir montrer les crocs. Ça ne lui faisait pas peur, Thalia serait vexée pendant quelques minutes puis s'en remettrait, reprendrait son quotidien avec son nouveau lit et irait embêter quelqu'un d'autre. Elle ne prenait jamais rien trop personnellement, ce n'était vraiment pas son genre ; à quoi bon s'en faire pour des personnes qui n'avaient aucune importance dans sa vie ? Eason était un bon coup et peut-être que si l'occasion se présentait à nouveau un jour elle ne dirait pas non, mais à part ça ils n'avaient rien en commun et ne plus jamais le revoir de sa vie ne lui ferait ni chaud ni froid - même s'ils savaient tous les deux que ça n'arriverait pas, ne pas se revoir, dans une aussi petite bourgade que Windmont Bay il était impossible de ne pas croiser les gens que l'on connaissait. « Je trouve ça triste. » Remarqua-t-elle quand il lui avoua qu'il n'était pas intéressant. Peut-être disait-il ça pour la faire reculer, la faire taire, mais Thalia décida de le prendre au premier degré car peut-être le pensait-il vraiment, et elle prenait à coeur son devoir de lui prouver le contraire. « Par expérience, j'ai appris que ce sont ceux qui se trouvent les moins intéressants que le sont le plus. » Il ne lui avait rien demandé mais elle continuait de parler, d'expliquer le fond de sa pensée - Thalia ne retournait pas sa langue sept fois dans sa bouche avant de prendre la parole, ne réfléchissait pas dans son coin avant de choisir ce qu'elle partagerait avec l'assemblée : elle n'avait aucun filtre et disait à haute voix tout ce qui lui passait par la tête, parfois pour le plus grand bonheur mais souvent pour le plus grand malheur de ses interlocuteurs. Elle avait bien compris qu'Eason se trouvait dans la catégorie des malchanceux, mais ce n'était pas pour autant qu'elle allait le laisser tranquille. « Quelqu'un qui se la raconte et qui parle trop de lui, ça m'ennuie presque. » Thalia, elle préférait tirer les vers du nez, obtenir des miettes d'information à assembler pour se faire, petit à petit, un portrait plus précis de la personne qui l'intéressait à l'instant T.
La belle feignit s'intéresser aux objets devant elle, à la notice qu'elle attrapa pour la balayer du regard sans vraiment la lire avant de la reposer au sol comme si elle avait tout compris. Elle attrapa des choses dont elle ignorait complètement l'appellation, les tournait et les retournait dans ses mains avant de faire subir la même chose à une autre pièce, comme une enfant incapable de se concentrer ou de faire ce qu'on lui demandait - non qu'Eason lui ait demandé quoi que ce soit. « Je t'ai dit que je ne m'y connaissais pas mais que j'étais prête à aider. Quelque chose me dit que tu improvises, toi aussi, sinon tu m'aurais déjà dit quoi faire. » Elle haussa les épaules et lui adressa un sourire innocent quand il croisa son regard - ce coup d'oeil fut si furtif qu'il ne l'avait peut-être même pas vu. « Hmmm, l'hôtesse de l'air c'était une autre. » Elle ne faisait que le taquiner en évoquant une fille fictive ; peut-être bien qu'il avait l'habitude d'enchaîner les filles, de confondre les noms et les activités, ou peut-être qu'elle était une exception et que ça expliquait pourquoi il semblait si mal à l'aise face à elle, ne sachant pas comment gérer un coup d'un soir que l'on est, par définition, censé ne jamais revoir. Ell se fichait pas mal qu'elle soit une parmi tant d'autres ou tout le contraire, le résultat était bien le même pour elle. « Je travaille dans une maison de disque. Agent artistique. » Rajouta-t-elle précipitamment, comme pour prouver quelque chose à un interlocuteur qui n'en avait de toute façon rien à faire. Elle ne voulait pas qu'il sache qu'elle n'était qu'une assistante pour le moment, qu'elle passait la plupart de ses journées à servir le café et à faire des allers-retours entre le bureau et le pressing - non, elle préférait prétendre que ses rêves étaient déjà devenus réalité, car ils le deviendraient, un jour. « Et toi, tu fais quoi dans la vie ? » Demanda-t-elle, réellement intéressée. Il l'avait dit lui-même, ils n'avaient pas vraiment parlé le soir où ils s'étaient rencontrés, et elle n'avait pas le souvenir de le lui avoir demandé, encore moins qu'il ait partagé l'information de lui-même.

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Eason Harjo

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Message· · Sujet: Re: escape [r] escape [r] EmptyJeu 15 Aoû - 13:17


Eason était passé maître dans le dés-assemblage, dans la destruction ; fut un temps où son uniforme et lui portaient un message de mort, semaient terreur et désolation.
Il aurait été capable d’utiliser le tournevis entre ses mains de bien des manières ; il était fort probable que selon les conjectures, il en fasse une arme. On lui avait appris où viser, avec quelle intensité frapper, combien de temps prendrait le processus de mort, à quelle vitesse le corps se viderait de son sang, combien de minutes devrait durer l’attente.
Un tournevis et quelques planches ; des bouts de métal pour former un ensemble. Il lui était arrivé de dormir à même le sol, les lits de camp représentaient parfois des objets de luxe dont les soldats pouvaient se passer : dans les endroits hostiles de Karbala, à l’abri de ruines de villes décimées par les bombardements, à la recherche d’un tyran.
Il avait cessé d’être intéressant à l’instant où pour la première fois d’sa vie il avait tiré une balle et qu’elle était allée promptement se loger dans le crâne d’un insurgé. Qu’y avait-il d’intéressant chez celui qui avait été suffisamment stupide pour croire aux boniments d’un gouvernement principalement motivé par un captieux désir de vengeance ? Les conflits intérieurs, menés sur des fronts éplorés, une souffrance solitaire qu’un esprit d’équipe louangeait.
Il avait été bien des choses  mais jamais il s’était donné le droit de construire, de fabriquer. Ou , du moins, lorsque pris de folie il s’était senti capable de changer le monde, en commençant par changer sa vie, il n’avait rien trouvé de mieux que d’attraper son sac noir.
Il avait appris la fuite.
Il avait appris l’amour lâche. Puis, Tulipe lui avait appris l’amour inconditionnel, l’amour vibrant et passionnel. L’abandon. Il n’y avait qu’à ses côtés qu’il oubliait toutes ses vies d’avant. Et cette vie là, celle qu’il avait eu auprès d’elle, aussi courte fut-elle, il devait se résoudre à l’oublier ; à la dés-assembler.
Thalia Hoaxley avait raison. Les coins de ses lèvres se retroussèrent, ça n’était pas encore un sourire. Il avait connu beaucoup de femmes mais, il ne s’était jamais laissé convaincre, jamais laissé encaserner : il n’avait pas couché avec autant de femmes qu’on aurait pu le croire. Il était de ces hommes maladivement fidèles.
Son affection n’appartenait qu’à une seule femme. Il avait été marié, il avait sincèrement aimé sa femme mais, il y avait eu Lloyd avant et , putain de merde, son cœur était maladivement fidèle, oui.
Même dans ce bar là, ce soir là, lorsque Thalia était venue s’asseoir, lorsqu’elle avait engagé la conversation, lorsqu’il avait cru apercevoir , au fond d’ses yeux marrons, cette liberté qu’il avait connu en Oklahoma, sur toutes ces routes infréquentables. Il avait cru voir des envies de mutinerie s’élever entre les paillettes dorées de ses iris. Il avait ressenti l’indocile nécessité de l’effleurer. Et , il était arrivé à ses fins, pour combler un manque. Elle y était si bien arrivée, qu’il en avait été déçu. - Celle qui se cache derrière les grands noms – c’était dans un entrepôt de tournage qu’il avait été ingénieur lumières, il savait ce que c’était que de travailler dans l’ombre, pour qu’une personne tire tout le profit d’un travail d’équipe. Peut-être que depuis le début de leur discussion, c’était la première fois qu’il avait l’impression de la comprendre. Ce n’est pas évident ? - demanda-t-il, lorsqu’il fut questionné sur ses activités. Elle s’était enquis de savoir ce qu’il faisait au temps présent, pas ce qu’il faisait autrefois (dont il ne parlait pratiquement jamais) ou bien ce qu’il avait rêvé de faire. Les gens n’éprouvaient aucun intérêt à connaître les ambitions des uns, ils se complaisaient des éléments de surface ; l’art de ne pas trop s’impliquer émotionnellement. Et ça lui convenait. Je n’ai pas l’habitude d’être réquisitionné pour monter des lits - il ne l’avait jamais fait jusque là. Il dormait sur un matelas. Lorsqu’il partait camper, dans un sac de couchage où à l’arrière de son pick-up. Il n’avait pas besoin de toutes ces choses matérielles, il avait grandi sans. C’était un enfant sauvage à qui il avait fallu apprendre à vivre en société.
Parfois, il avait encore du mal à se satisfaire des règles. Comme celles qui régissaient les coucheries supposées être uniques et qui donnaient lieu à des retrouvailles pareilles. - Je ne voudrais pas que tu le prennes mal - c'était un rustre mais pas un goujat. Mais, je ne vois pas où est-ce que tu veux en venir ? A quoi elle jouait ? Tu sais très bien qu'une fois que ce lit sera assemblé, on ne sera pas amenés à se revoir. Il repartirait, il sortirait de ce décor pour retourner dans le sien, calmement, sans faire de bruit. Alors, ne te sens pas obligée. J'avancerais plus vite si tu ne t'embêtais pas à me parler. Dès que ses mots résonnèrent, il eut presque envie de les effacer, de faire en sorte qu'aucune onde n'ait jamais percuté les objets environnants. Je veux dire: je ne suis vraiment pas intéressant. Je suis sûre qu'il y a mieux à faire , dans cette grande maison, que d'essayer de me percer à jour.

 

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