hell to the liars

Afin de valider votre fiche et pour participer au concept même du forum, il est important que votre personnage possède toujours un ou plusieurs secrets. Et si vous aidiez Agnes Baker à propager ses rumeurs ? Par l'achat de rumeurs dans notre boutique, vous pouvez vous prêter au jeu des commérages. Ou vous pouvez opter pour les SMS anonymes, plus personnels.
wb bulletin
No. 1 Si vous souhaitez montrer votre soutien à FS,
vous pouvez voter pour les top-sites et/ou faire un petit
tour dans notre pub bazzart.
No. 2 L'aventure FS vous tente mais vous avez peur de vous
lancer ? N'hésitez pas à nous faire part de vos demandes
/idées/doutes dans la partie aide à la création . Plusieurs
pré-liens et mini-liens sont également disponibles.
No. 3 Les sujets de la première saison qui sont encore dans
la partie flashback et qui n'ont pas reçu de réponses depuis
un certain temps ont été archivés. Pour les autres, vous avez
encore un mois (jusqu'à la prochaine maintenance) pour les
clôturer.
home sweet home

Filthy Secret est un forum city avec un système de secrets. Il n'y a pas de lignes imposées, pas de pression (un rp par mois nous parait raisonnable). Pas de recensement, des mps seront envoyés pour s'assurer que l'envie et la motivation sont toujours présentes avant de procéder à la libération de l'avatar et suppression du compte. Les doublons de prénom (et de nom - sauf si affiliation) ainsi que les initiales dans les pseudos sont interdits.

Partagez
 

 sometimes home isn’t four walls and a roof, it is two eyes and a heartbeat

Aller en bas 
it's all butterflies and roses

Jax Beauchamp

messages : 4477
name : Olivia
face + © : harris dickinson (@ faustine )
multinicks : chad, emerson, harper, lydia, parker, stella, tobias, zoya
points : 948
age : 25
♡ status : in love and happy with brandon rose again
work : on the road (delivering driver)
home : a small appartement in a shitty neighborhood

— boom, butterfly effect.
how we met :
rp status (fr/en) : (open) billie, trent, bran/jesse

sometimes home isn’t four walls and a roof, it is two eyes and a heartbeat Empty
Message· · Sujet: sometimes home isn’t four walls and a roof, it is two eyes and a heartbeat sometimes home isn’t four walls and a roof, it is two eyes and a heartbeat EmptyJeu 25 Juil - 20:20

BRAN + JAX
I want an ocean view, somewhere
As long as I’m next to you, I don’t care
I don’t wanna live my life in circles
I just wanna find an empty road
Let’s get away from here, let’s go

@Brandon Rose
24.05.2019

Jax filait sur la route, au volant de son antique camion. Il pouvait ainsi avaler les kilomètres sans s'en rendre compte, ce qui était un atout quand on savait qu'il passait parfois plusieurs jours d'affilées hors de Windmont Bay, à parcourir les autoroutes monotones de cet Oregon qu'il avait appris à aimer. S'il avait postulé pour ce poste, c'était à la base pour fuir sa ville d'accueil et tout ce qu'elle recelait de souvenirs - liés à Bran, évidemment. Disparaître pendant des jours lui permettait de s'abrutir dans des motels, calé contre des oreillers qui sentaient un peu le moisi, une bière à la main, en s'abreuvant d'émissions aussi nulles les unes que les autres et devant lesquelles il finissait par tomber de sommeil - un sommeil généralement sans rêve, anesthésié par l'alcool. Mais sa vie avait changé, entre-temps, puisque son amant lui était revenu et, dès lors, ses responsabilités étaient devenues un poids. Quitter Windmont Bay équivalait à abandonner Bran, encore et encore et Jax ne pouvait le nier: à chaque retour, il craignait que l'impudent ait changé d'avis, ait retrouvé ses esprits, ait une nouvelle lubie qui ne l'inclurait pas. A chaque fois, il avait été détrompé par le sourire radieux qui l'accueillait, par les bras qui l'enlaçaient, pas les lèvres qui comblaient le manque avec avidité et, à chaque fois, Jax s'était senti comblé. C'était le retour en arrière bienvenu, tant espéré, mais en encore mieux. Désormais, il n'était plus question que Bran s'en aille à l'autre bout du pays, il restait à Windmont Bay et si Jax redoutait qu'il finisse par s'y ennuyer, à tourner en rond comme un tigre dans sa cage, il laissait au gamin le choix de sa destinée. Plus jamais il ne l'inciterait à faire quelque chose contre son gré, même si cela semblait être une belle opportunité. Plus jamais il ne voulait passer des mois sans savoir ce qu'il avait fait pour mériter d'être écarté de la sorte. En soi, il ne le savait toujours pas mais avait sciemment - et peut-être naïvement - occulté ce détail, préférant prendre ce qui lui était donné plutôt que de regarder l'ombre floue qui tremblait dans la périphérie de son esprit. Brandon Rose était assez intelligent et mature pour savoir ce qu'il voulait faire, qui était-il pour lui dire le contraire?
Jax filait sur la route mais aujourd'hui il n'était pas seul. A sa droite, son amant était confortablement installé - la notion de confort étant relative et perçue très différemment par l'un et par l'autre, mais au moins avait-il cessé de se plaindre de la rusticité de l'engin qui avait fait toutes les guerres et tenait toujours la route - et Jax lui jetait des coups d'oeil réguliers, souriant, qu'il croise son regard ou non, sentant son coeur se comprimer de tendresse quand le fauteur de trouble somnolait, la tête appuyée contre la vitre. Le voyage avait été plus ou moins improvisé, les étapes vaguement épinglées sur une carte - direction Sacramento, San Francisco, le parc national de Yosemite et puis après ils verraient. Ils ne voulaient pas s'embarrasser de détails, ils voulaient profiter de ces quelques jours de congé pour être ensemble, loin de Windmont Bay, à se noyer dans des décors magiques, dans une région plus ensoleillée. Ils s'étaient disputés sur les lieux où ils s'arrêteraient - Jax maintenait que la manière façon de profiter de ce voyage serait avec une tente, ce qui avait naturellement provoqué une grimace de dégoût chez le gosse de riche. Ils étaient arrivés au compromis suivant: ils emmenaient le matériel de camping de Jax, mais ne l'utiliseraient que s'il n'y avait pas d'autres alternatives, et si Jax avait bien été tenté de faire en sorte de devoir faire une étape dans un coin paumé, sans le moindre hôtel à petites étoiles, il avait chassé cette idée mesquine. Il voulait profiter de leur tête-à-tête, sans se soucier de l'argent, pour une fois. Et s'ils revenaient ruinés - ce qui ne manquerait pas, avec les goûts de luxe du jeune Rose - eh bien, ils se nourriraient de pâtes. Il ferait toutes les concessions possibles si cela pouvait rendre heureux son amant comme sa seule présence le rendait lui heureux. Et c'était précisément ce qu'il se disait alors qu'il jetait un nouveau coup d'oeil vers son copilote, esquissant un sourire quand il le vit tourner la tête à son tour.
- Alors? Pas trop le mal des transports dans mon vieux tacot? le taquina l'ouvrier en tendant la main pour presser la cuisse de Bran, dans un geste moqueur et affectueux.
Jax se mordit la lèvre inférieure puis soupira en se laissant aller contre son siège. Ils venaient de dépasser un endroit appelé Sims, dans le comté de Shasta et longeaient plus ou moins le fleuve Sacramento. Ils n'en étaient à peu près qu'à la moitié de leur premier objectif mais Jax aurait pu parcourir le monde entier si cela signifiait rouler sur des routes désertes, dans des terres sauvages, accompagné du garçon qu'il aimait et qu'il ne voulait plus jamais perdre.

_________________

But if love is fire, then I'll burn for you.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
— i was fireproof.

Brandon Rose

messages : 2875
name : capricorns
face + © : froy — ©lempika.
multinicks : angel, tate, rufus, connor, atticus.
points : 3232
age : 19.
♡ status : w/ the love of his life.
work : sports coach @ windmont bay campus.
home : w/ jax, on pioneer oak.

— boom, butterfly effect.
how we met :
rp status (fr/en) : jax, trent, tomas, stella, bliss, jesse&jax.

sometimes home isn’t four walls and a roof, it is two eyes and a heartbeat Empty
Message· · Sujet: Re: sometimes home isn’t four walls and a roof, it is two eyes and a heartbeat sometimes home isn’t four walls and a roof, it is two eyes and a heartbeat EmptyDim 4 Aoû - 4:28

Sous ses paupières closes, les poussières de lumière étaient insaisissables. Les points minuscules s’échappaient à chaque fois que Bran croyait en avoir attrapé un, juste à la force de son esprit. Il essayait, encore et encore, de les saisir au vol. Parfois, les lucioles disparaissaient d’un coup. La chaleur du soleil faisait place à la fraîcheur de l’ombre et Bran savait, sans ouvrir les yeux, qu’ils avaient quitté les larges routes pour d’autres plus sinueuses, celles qui les emmenaient dans les profondeurs de la forêt de la Californie. Et dans ces moments-là, plus frais et plus lents, il s’endormait sans même s’en rendre compte, bercé bien malgré lui par le ronronnement tranquille du camion de Jax (et pourtant, Bran maintenant qu’il aurait fallu envoyer ce débris à la casse). Et quand il fermait les yeux, il ne rêvait pas, pas tout à fait. Il flottait entre deux eaux, pas tout à fait éveillé, pas tout à fait endormi, parfaitement heureux d’être là. Il avait Jax à côté de lui et ça lui suffisait. Dans l’habitacle silencieux (après une dispute qui avait menacé de faire imploser leur couple, ils en étaient venus à la conclusion qu’il ne fallait pas allumer la radio, les goûts de Bran étant de toute évidence trop avancés pour être appréciés par Jax), Bran se reconstruisait tout un monde de bruits légers et de sensations nouvelles. Il essayait de deviner, d’anticiper les mouvements de son amant sur le volant, de comprendre sa routine, d’attribuer des notes de musique à chaque bruissement qu’il percevait. Il essayait de savoir à quel moment Jax allait tourner la tête pour toujours rencontrer son regard et lui sourire. Ou même lui tirer la langue lorsqu’il le méritait.
Ils n’avaient sans doute jamais été aussi libres qu’à cet instant de leur vie, lancés sur cette route, en silence l’un à côté de l’autre. Et Bran se lovait dans la tiédeur de cet affranchissement, la tête appuyée contre la vitre, les yeux clos. Il n’avait rien devant lui. Tout était derrière, ses échecs, ses réussites, ses erreurs. Il ne savait pas encore que certaines d’entre elles le rattraperaient, c’était inévitable, indispensable, même, mais pour le moment, il se laissait emporter loin d’elles. La fuite était douce, le complice idéal. Braquage du siècle.
En attendant, le voleur qu’il était somnolait comme un bienheureux contre la vitre côté passager, enfoncé dans le siège qui n’était plus de première jeunesse mais qui accueillait moelleusement son corps à moitié recroquevillé. Bran était peut-être en guerre contre ce camion (il maintenait qu’ils auraient dû prendre - voler - la Range Rover de son père, mais Jax avait refusé sans qu’il ne comprenne un traître mot de son argumentation) mais ce dernier ne lui rendait pas sa haine. Le camion de Jax, avec l’appartement de ce dernier, était l’endroit où ils passaient le plus de temps tous les deux et Bran y avait apposé sa marqué, peu à peu, sans même le vouloir. Quelques semaines plus tôt, en laissant traîner sa main dans le compartiment de la porte passager, il avait retrouvé une vieille paire de lunettes de soleil datant de l’été d’avant. D’avant tout ça, d’avant leur séparation, d’avant leurs retrouvailles. C’était si loin, tout ça et pourtant si vivace dans sa tête, si vrai et proche encore. Mais les lunettes de soleil poussiéreuses étaient restées dans le camion. Il y avait eu un peu de lui dans ce camion pendant ces quelques mois de silence et quelque part, Bran avait un peu moins mal, juste un peu moins, quand il pensait à son amoureux seul dans cet habitacle, fuyant tout ce qu’il pouvait de lui.
Qu’importe ce qu’ils fuyaient désormais, ils étaient ensemble.
Perdu dans un demi-rêve, Bran ouvrit brièvement les yeux et se sentit soudain balloté de tous les côtés. Sa tête vint taper légèrement contre la vitre et ce fut assez pour le tirer des bras de Morphée. Si c’était encore ce foutu carburateur qui faisait des siennes, c’était terminé, il descendait de ce fichu camion et il prenait Jax en otage par sit-in non-violent jusqu’à ce que l’ouvrier accepte de le laisser appeler un Uber. Bougon d’avoir été réveillé, Bran tourna la tête vers son amant pour lui faire savoir que son permis était révocable à tout moment mais la main de ce dernier sur sa cuisse le poussa à considérer avec prudence ce qu’il allait dire. Somnolant encore à moitié, la marque de la vitre imprimée à son visage, Bran fit clignoter ses paupières et il se passa une main sur le visage pour faire disparaître les traces de sa sieste, sans succès. Un coup d’oeil dans le rétroviseur lui apprit qu’il avait l’air d’un moineau décoiffé, sa tête dépassant du col du sweat-shirt qu’il avait emprunté (décrété sien) à Jax. La vision lui tira un reniflement agacé et il reporta son attention boudeuse sur son petit ami. « Tu me tortures, Beauchamp. » grommela-t-il d’une voix rauque, les sourcils froncés, encore tout engourdi de son demi-sommeil. Où étaient-ils ? Quelle heure était-il ? Depuis combien de temps étaient-ils lancés sur la route ? Désorienté, Bran battit des cils tout en se redressant. Forêt d’un côté, fleuve de l’autre, plus ou en moins contrebas et devant eux, l’inconnu, le rêve, la Californie. « On s’arrête, dis ? » demanda-t-il plaintivement. Il avait faim, il avait soif et surtout, il avait envie que Jax lâche son précieux volant pour lui donner toute l’attention qu’il méritait. Dans les replis du sweat-shirt trop grand pour lui, il finit par retrouver son téléphone et pianota quelques instants sur son clavier, juste le temps de trouver un endroit digne de ce nom et qui conviendrait à ses sensibilités délicates. Pas question de camper en pleine nature comme Jax le préconisait. « Tiens, là, regarde ! Ils disent qu’il y a un lac ! Et des cabines ! » Bran ne précisa pas qui « ils » étaient (une review Google Maps datant d’il y a plus de deux ans, totalisant un vote à deux étoiles seulement) et releva vers Jax des yeux habités d’une lueur triomphale. « On sera tout seuls, en plus, allez. » ajouta-t-il d’une voix câline et pleine de promesses, levant la main pour effleurer la joue rugueuse de son amant.

_________________

-- can I go where you go? can we always be this close forever and ever?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
it's all butterflies and roses

Jax Beauchamp

messages : 4477
name : Olivia
face + © : harris dickinson (@ faustine )
multinicks : chad, emerson, harper, lydia, parker, stella, tobias, zoya
points : 948
age : 25
♡ status : in love and happy with brandon rose again
work : on the road (delivering driver)
home : a small appartement in a shitty neighborhood

— boom, butterfly effect.
how we met :
rp status (fr/en) : (open) billie, trent, bran/jesse

sometimes home isn’t four walls and a roof, it is two eyes and a heartbeat Empty
Message· · Sujet: Re: sometimes home isn’t four walls and a roof, it is two eyes and a heartbeat sometimes home isn’t four walls and a roof, it is two eyes and a heartbeat EmptySam 10 Aoû - 10:55

Si Jax avait opté pour la fuite, à la base, en changeant d'orientation et en devenant chauffeur-livreur, il y avait trouvé des avantages. Certes, la solitude était pesante, il était encore plus seul qu'à Windmont Bay où il pouvait au moins retrouver ses deux meilleurs amis mais au moins les souvenirs ne l'aveuglaient pas à chaque fois qu'il croisait un endroit où il avait été avec Bran (ou même où il l'avait seulement aperçu, et ils étaient nombreux, ces lieux où le gamin s'était imprimé, bien avant même qu'ils ne se découvrent, bien avant qu'ils ne soient attirés l'un par l'autre, bien avant qu'ils tombent amoureux). Mais c'était surtout une certaine sérénité (un leurre, il le savait à présent qu'il s'embarquait sur ces mêmes routes, accompagné de son amant cette fois) qui l'avait accueilli. Finalement, ç'avait peut-être été davantage un abrutissement qu'autre chose, à force de voir les paysages défiler, changer tout en restant les mêmes, qu'il s'agisse de champs qui quadrillaient l'horizon ou les forêts épaisses qui tapissaient sa terre d'exil. Jax en était venu à apprécier cette absence de vie, cette confrontation à la civilisation humaine qui se bornait à un faisceau anonyme de phares au petit matin ou à la soirée tombante. Il ne croisait des gens que lorsqu'il s'arrêtait dans ces bicoques qui ne servaient que des burgers sans saveur et des frites ramollies, contraint et forcé parce que rouler toute la journée n'aurait pas été avisé. Alors à chaque fois qu'il fatiguait, noyé dans les kilomètres, Jax se garait sur un parking et trouvait un tabouret, s'accoudait à un comptoir et commandait le menu le moins cher en suivant vaguement le programme qui était diffusé à la télévision - et dont le son était généralement coupé, si bien qu'il devait se fier aux images et aux sous-titres ou fixer les chanteurs qui dansaient ou se mettaient en scène dans leurs clips vidéo.
Ce qui avait davantage été une échappatoire était devenu une liberté, peut-être parce qu'il conduisait son propre camion et non l'un de ceux arborant le logo de la société qui l'employait, mais surtout parce qu'il n'était plus seul, parce qu'il se laissait bercer par le silence, parce qu'il se laissait réchauffer par la présence voisine. Bran avait beau somnoler, il envahissait l'espace et l'esprit du conducteur, il habitait ses pensées - que ça soit en ravivant les souvenirs (seulement ceux qui amenaient un sourire sur les lèvres de Jax) ou en incarnant un futur tout à fait incertain mais dans lequel Jax voulait croire. Il ne voulait plus envisager un avenir où Bran et lui ne seraient pas ensemble. Le perdre une première fois avait été un enfer mais il avait bien fallu qu'il s'y fasse, se persuadant qu'il ne pouvait pas compter sur quelques mois idylliques alors qu'il avait vécu sa vie sans l'impudent. Il n'avait alors été qu'un grain de sable qui était venu enrayer un quotidien bien huilé, monotone, sans doute, mais dans lequel Jax se complaisait parce qu'il y trouvait son compte. Il avait fallu qu'il croise la route de Bran et surtout qu'il percute son monde pour comprendre que se borner au minimum syndical - exister n'était pas vivre, il l'apprendrait rapidement au contact de l'adolescent flamboyant - n'était plus une option. Désormais, envisager une vie où Bran ne serait qu'un étranger qu'il ne pouvait approcher n'était plus possible. Il avait pris trop de place, il s'était inscrit partout en l'ouvrier. Et l'ouvrier en demandait toujours plus.
Cette aventure improvisée en était la preuve. Il ne voulait pas seulement partager son appartement, ses repas et son lit avec son amant. Il voulait une escapade, des jours en dehors du monde, des jours dans leur univers à eux. Il ne redoutait même pas qu'ils puissent finir par se taper sur le système, même si une dispute avait déjà éclaté au sujet de ce qui pouvait passer ou non à la radio, parce qu'un conflit aussi puéril était sans danger, un moyen de se bousculer, comme ils avaient toujours su si bien le faire. Leur marque de fabrique. Pousser l'autre, se moquer gentiment de lui, se réconcilier d'un sourire, d'un baiser. Le paradis. C'était le seul programme établi par Jax, le reste ne serait qu'une succession de décisions prises sur le moment, de choix inopinés. Prendre à gauche ou à droite. Dormir ici ou là. Se gaver et trouver un endroit où faire la sieste. Il ne demandait pas plus, l'ouvrier de la scierie.
Jax rit quand Bran grommela et il se dit qu'il l'aimait comme ça aussi: boudeur, fidèle à son statut de gosse de riche qui n'attendait rien moins que le meilleur du confort. Bran était aussi beau les cheveux ébouriffés, les yeux encore ensommeillés, le visage froissé que lorsqu'il apparaissait en conquérant, parfaitement coiffé, le regard acéré, les lèvres ourlées d'un sourire vainqueur, diffusant son assurance autour de lui comme s'il s'agissait d'un parfum qui lui était propre. Un parfum qui avait toujours enivré Jax.
- J'attends toujours que tu lui présentes des excuses dignes de ce nom, répliqua simplement le jeune homme en tapotant le tableau de bord comme s'il s'agissait de la tête d'un fidèle compagnon à quatre pattes. Ne l'écoute jamais, il n'y entend rien quand il s'agit de camion. Tu es solide, tu tiens la route, tu ne m'as presque jamais fait faux bond. Je prendrai soin de toi jusqu'à ce que la mort nous sépare.
Celle de son vieux camion, évidemment, pas la sienne, Jax n'aspirait qu'à vivre une longue et paisible vie en compagnie du gamin ronchon qui faisait battre son coeur.
- A ce rythme-là, on arrivera à peine à San Francisco qu'il faudra faire demi-tour pour être de retour à temps.
Il n'avait pu prendre que quelques jours car sa demande avait été trop tardive et qu'il avait fallu trouver quelqu'un pour le remplacer. Mais Jax n'était pas déçu pour autant. Bientôt, l'été serait à nouveau là et ils pourraient à nouveau passer des heures sur la plage, au coin d'un feu de camp improvisé. Jax s'y prendrait à l'avance et il demanderait un congé de trois semaines, chose qui ne lui était plus arrivée depuis... Jamais, en réalité. Ce serait la première fois qu'il prendrait une pause aussi longue en quatre années qu'il travaillait à la scierie. Cette constatation lui laissa un goût étrange dans la bouche, entre amertume et soulagement. N'était-ce pas la preuve que sa vie prenait un nouveau tournant?
Jax jeta un bref coup d'oeil en direction de Bran lorsque celui-ci annonça la proximité d'un lac et de cabines où ils pourraient faire une halte. L'ouvrier vérifia l'heure qu'il était: trois heures et demi de l'après-midi, trop tôt selon lui pour s'arrêter lorsqu'il pouvaient encore couvrir quelques centaines de kilomètres avant de trouver un endroit pour dormir, mais il commençait à avoir des fourmis dans les jambes et il leur suffirait de rattraper le temps perdu (bien qu'il ne puisse pas réellement qualifier la moindre minute passée avec Bran comme perdue) le lendemain. Il ne voulut toutefois pas céder de façon trop évidente et il attrapa le téléphone du jeune Rose d'un geste vif, jeta un bref coup d'oeil à la page indiquée pour voir à quelle distance se trouvait ce fameux lac, puis il balança l'appareil sur le siège arrière, où il atterrit entre leurs bagages.
- Nouvelle règle, décréta le jeune homme d'un ton railleur. Plus de téléphone jusqu'à nouvel ordre, c'est-à-dire en cas d'extrême urgence.
Il aurait bien moins de difficultés à s'y tenir que Bran, il le savait. Une lueur malicieuse illumina son regard alors qu'il tournait la tête en feignant de mordre les doigts qui venaient effleurer sa joue.
- Ne me parle pas comme ça, tu sais que je n'y résiste pas.
Un rictus lui arqua la lèvre alors qu'il poursuivait encore quelques minutes avant de prendre la sortie puis de prendre la direction du lac. Jax ne connaissait pas la région mais les mois passés sur les routes lui avaient appris à s'y retrouver comme s'il était doté d'un GPS interne. Au bout d'un moment, des panneaux indiquèrent la direction des cabines localisées par Bran et il les suivit docilement jusqu'à arriver aux abords du lac et d'apercevoir le toit des cabines, à une cinquantaine de mètres de là.
- Heureux, Monsieur Anti-camping? demanda Jax en immobilisant le camion sur le parking où ses roues crissaient sur le gravier, avant d'éteindre le moteur. Tu sais qu'il y a encore plus d'insectes près de l'eau qu'en forêt, hein?
Dernière boutade qui, il le savait, ne ferait pas changer d'avis le gosse de riche qui était aussi entêté que lui. Mais maintenant qu'il voyait l'eau calme du lac et les reflets des montagnes sur celui-ci, Jax ne regrettait pas d'avoir obéi. Il n'aspirait plus qu'à balancer leurs affaires dans l'une des cabines avant d'aller découvrir les alentours.

_________________

But if love is fire, then I'll burn for you.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
— i was fireproof.

Brandon Rose

messages : 2875
name : capricorns
face + © : froy — ©lempika.
multinicks : angel, tate, rufus, connor, atticus.
points : 3232
age : 19.
♡ status : w/ the love of his life.
work : sports coach @ windmont bay campus.
home : w/ jax, on pioneer oak.

— boom, butterfly effect.
how we met :
rp status (fr/en) : jax, trent, tomas, stella, bliss, jesse&jax.

sometimes home isn’t four walls and a roof, it is two eyes and a heartbeat Empty
Message· · Sujet: Re: sometimes home isn’t four walls and a roof, it is two eyes and a heartbeat sometimes home isn’t four walls and a roof, it is two eyes and a heartbeat EmptyMer 14 Aoû - 4:04

Si Bran avait conscience d’être capricieux ? Oui. Regrettait-il de l’être ? Non. Il en avait assez que les mains de Jax passent plus de temps à serrer ce stupide volant plutôt que de lui caresser les cheveux, et sa patience (ainsi que sa tolérance au fait de ne pas être le central total et complet de l’attention) avait été atteinte, d’autant plus que Jax jouait avec ses nerfs à lui préférer ostensiblement son stupide camion. « Présenter mes excuses ? » s’offusqua-t-il, outré d’être mis au même niveau que le tacot cahoteux dans lequel ils risquaient leur vie chaque seconde. « Ta mort qui risque d’arriver plus tôt que prévu si tu ne gardes pas les yeux sur la route. » siffla-t-il entre ses dents, conscient que Jax le faisait exprès mais incapable de résister aux provocations de son amoureux - peut-être parce qu’ils avaient perdu trop de temps à être tristes, à être sérieux.  À moins que Jax ne cherche vraiment à le rendre fou ? Non content de parler à son camion, Jax le privait de la seule pièce de technologie qu’il avait amené avec lui pour leur aventure. « Non ! Jax ! » Impuissant, Bran ne put qu’être le témoin désespéré de la chute puis de la disparition de son téléphone sous l’amas de bagages qu’ils avaient emporté. Il en regretta presque sa valise remplie uniquement de maillots de bain et considéra, horrifié, la gravité de cette pensée. Jax et ses manières frugales déteignaient sur lui ; or, l’inverse ne semblait pas être vrai et ce fut un Bran terrorisé par la perspective de se muer en un bûcheron mal dégrossi qui se mit à bougonner dans sa barbe inexistante. « Sérieusement ? Le problème, c’est que ta notion d’extrême-urgence ne commence qu’à partir du moment où je perds une jambe. » Un tas d’images effrayantes (araignées, branches qui bougeaient un peu trop vite, vent qui soufflait trop fort, des touristes en sandales-chaussettes) défila devant ses yeux. Il lança un regard plaintif vers la banquette arrière mais son portable avait bel et bien disparu entre les bagages (pour une raison qui restait mystérieuse, Jax avait tenu à apporter sa tente quand Bran avait décrété qu’il préférerait encore dormir sur un tapis de clous) et il se retourna vers son petit ami, bras croisés et pli boudeur sur le front. Pli qui disparut pourtant bien vite lorsque Bran réalisa que Jax avait quitté la route pour suivre celle du fameux lac. Oubliant momentanément le deuil de son téléphone, il se redressa, les deux mains sur la plage avant et laissa le paysage se dérouler devant eux. « San Francisco peut aller se rhabiller. » déclara-t-il, pinçant gentiment la cuisse de Jax pour lui signifier qu’il avait gagné, encore une fois. « Je te fais confiance, tu dois avoir des techniques pour les repousser. » répliqua-t-il sereinement à propos des insectes. Fasciné par la beauté du lieu, il ouvrit la portière et descendit du vieux tacot - qui les avait vaillamment transporté jusqu’à cet oasis, il devait bien le reconnaître. En guise de remerciement, et parce que Bran avait vu Jax le faire (et qu’il trouvait ça stupidement adorable), il flatta la portière fermée avant de faire quelques pas sur le gravier qui se mua bientôt en un sol plus doux. Impatient, il se retourna et vint chercher Jax qui descendait à son tour. « Viens. » souffla-t-il en entremêlant ses doigts à ceux de Jax. Les bagages, la voiture, la cabine pouvaient attendre.
Viens. C’était son nouveau mot d’ordre, ce viens chuchoté et intime. C’était plus une invitation qu’un ordre, comme s’il doutait à chaque fois que Jax veuille bien le suivre dans ses lubies, comme s’il avait peur que désormais, l’ouvrier y songe à deux fois avant de plonger la tête la première dans leur histoire. Alors Bran, pour conjurer la possibilité, camouflait ses incertitudes et les transformait en mots doux pour mieux aller les semer au coin de la bouche de Jax. Jax qu’il entraînait sur la plage du lac et à qui il lâcha la main, mais pas sans auparavant avoir gratifié l’ouvrier d’un baiser dans le cou. « On va être si bien. » ronronna-t-il, ignorant complètement les mises en garde pourtant justifiées de son petit ami. Tant pis pour les bestioles et autres bêtes, il était certain que son chevalier servant le protègerait de tout ça et il ne voyait que l’étendue scintillante, les montagnes aux cimes enneigées et… le ponton en bois situé au large du lac. Un sourire qui ne valait rien de bon caressa l’ourlet délicat de ses lèvres et Bran s’écarta soudain de son petit ami, passant du chaton docile à la panthère en quelques secondes. « On parie que je te ratatine, Beauchamp ? » Les bras croisés et l’attitude conquérante, il désigna du menton la structure qui semblait être posée à la surface de l’eau, à une soixantaine de mètres au large. Il ne lui avait pas fallu une minute pour trouver de la compétition là où un autre n’aurait vu qu’un innocent moyen de s’amuser sur l’eau. Chassez le naturel et chez Bran, il revenait au galop… et au centuple. « Si tu gagnes, fine. Je jouerai au parfait petit campeur. J’apprendrai à faire du feu et à faire rôtir des écureuils, c’est ça que tu fais, non ? » Le menton relevé dans une expression de défi fanfaron, Bran s’approcha tout près de Jax, les mains plantés sur ses hanches et l’oeil pétillant. Il n’y avait personne autour d’eux et c’était tant mieux, car l’idée diabolique qui venait de naître dans la caboche dorée de Brandon Rose nécessitait d’avoir Jax Beauchamp pour lui tout seul. « Si je gagne, eh bien… » Sans pudeur, Bran vint faire glisser ses doigts sur la ceinture de son petit ami, retraçant la frontière entre la peau et le tissu. Il suivit sa main du regard alors qu’elle s’aventurait vers des latitudes plus audacieuses puis releva les yeux, ses prunelles aussi bleues que le lac. Et parce qu’il savait que Jax se montrait toujours sensible à ce genre d’arguments, il mordit dans son propre sourire et se hissa sur la pointe des pieds pour déposer un baiser papillon au coin de sa bouche. « Je conduis ton camion pour le reste du voyage. Et on écoutera ma musique. » souffla-t-il tout contre les lèvres de son amant. Sans prévenir, sa main quitta l’endroit où elle s’était pourtant confortablement installée et Bran s’écarta d’un pas vif, ôtant son tee-shirt dans un geste souple qui trahissait l’habitude de ce genre de mise à l’épreuve. « Top départ, Beauchamp, tu prends du retard ! » lança-t-il tout sourire, à moitié emberlificoté dans son short qui achevait sa descente sur ses jambes bronzées. Ses baskets et ses chaussettes connurent le même abandon et en quelques minutes à peine, il se retrouva dans l’eau jusqu’aux chevilles, vêtu seulement d’un boxer noir. « Oooh, c’est froid. Froid, froid, froid. » psalmodia-t-il alors qu’il continuait à avancer dans l’étendue d’eau glacée, obnubilé par l’idée de creuser la distance entre lui et son petit ami. Pieds gelés ou pas, Bran allait gagner la course et alors que l’eau lui arrivait à peine aux cuisses, il plongea complètement, tête la première vers la victoire et le fond de galets. Le froid lui coupa le souffle, la tête lui tourna, mais il tint bon, il avait vu pire, lui, l’ancien capitaine de l’équipe d’aviron d’Edgewater. Il resta sous l’eau jusqu’à ce que ses poumons le brûlent un peu trop fort et il jaillit de l’eau avec force, cherchant Jax du regard pour le trouver encore trop loin à son goût. Bran se passa une main dans ses cheveux désormais trempés et dégagea son front. « Attrape-moi si tu peux ! » lança-t-il, avant de se relancer à l’assaut de la plate-forme flottante encore trop lointaine pour qu’il puisse déclarer victoire.

_________________

-- can I go where you go? can we always be this close forever and ever?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
it's all butterflies and roses

Jax Beauchamp

messages : 4477
name : Olivia
face + © : harris dickinson (@ faustine )
multinicks : chad, emerson, harper, lydia, parker, stella, tobias, zoya
points : 948
age : 25
♡ status : in love and happy with brandon rose again
work : on the road (delivering driver)
home : a small appartement in a shitty neighborhood

— boom, butterfly effect.
how we met :
rp status (fr/en) : (open) billie, trent, bran/jesse

sometimes home isn’t four walls and a roof, it is two eyes and a heartbeat Empty
Message· · Sujet: Re: sometimes home isn’t four walls and a roof, it is two eyes and a heartbeat sometimes home isn’t four walls and a roof, it is two eyes and a heartbeat EmptyDim 18 Aoû - 18:05

Qu'y avait-il de plus exaltant qu'avoir cette nature sauvage qui vous cernait, cette vie à ciel ouvert, cette liberté de mouvement ? Jax l'ignorait, mais s'arrêter au bord de ce lac, cela lui donna l'impression que ses poumons s'ouvraient, que son coeur s'allégeait et que son âme s'apaisait. Et, oui, évidemment, la présence de l'impudent à ses côtés n'y était pas étrangère. Que faisaient-ils, l'an passé, à cette période ? Un sourire vint écorner les lèvres de Jax. Il n'avait pas besoin de réfléchir très longtemps. C'était un soir de mai que Bran était venu chez lui, qu'il avait réchauffé des pizzas et ensuite... Une onde délicieuse gronda dans le ventre de l'ouvrier. Cette première fois avec Bran, elle l'avait marqué, elle avait éclipsé toutes ses expériences précédentes. Il n'avait pas cru que ça serait pareil que de coucher avec des inconnus dans un coin sombre mais il n'avait pas imaginé cette communion, cette félicité à ne faire qu'un, bien au-delà d'une fusion des corps, ç'avait été une fusion des âmes. Jax préférait s'arrêter à ce chapitre, faire abstraction de la dispute du gymnase qui avait éclaté quelques semaines après seulement. Ils n'avaient été faits que de hauts et de bas - des hauts vertigineux à en faire perdre le souffle à Jax, des bas qui l'avaient assommé et désorienté. Alors Jax ne pouvait s'empêcher de se dire qu'il était dans une courbe ascendante, idyllique, à faire battre son coeur à cent à l'heure, à lui faire croire que tout était possible, que l'amour et la vie pouvaient se résumer à ce bonheur intense, mais qu'une pente pouvait tout aussi bien suivre. Un mot de travers, un élément extérieur qui serait décidé à les contrarier et à les séparer. Il ne voulait pas y penser, il voulait rester dans l'instant présent, il ne voulait pas assombrir le ciel de ses craintes, mais ça restait dans un coin de sa tête, invariablement. Ils ne savaient apparemment pas faire dans la demi-mesure, après tout. Jax finit cependant par chasser ce trouble pour se concentrer sur le paysage et sur son compagnon, dont les grognements le faisaient sourire et ne lui donnaient qu'une envie: l'attraper par le cou et le serrer contre lui, avec force, jusqu'à l'étouffer, pour que son coeur batte contre le sien, pour que sa chaleur vienne faire fondre ses peurs.
- Parfois c'est ta langue, que j'aimerais couper, lui avait-il lâché quand Bran s'était offusqué que son appareil atterrisse avec une telle désinvolture sur la banquette arrière.
Il avait failli lui dire que tant qu'il ne perdait pas autre chose, ça lui allait mais il n'eut sans doute pas besoin de le préciser à haute voix pour que son amant comprenne la signification de son sourire en coin. Il aimait quand ils se chamaillaient de la sorte, ça n'avait aucune réelle conséquence, ça n'égratignait pas leur amour encore fragile, ça ne le faisait pas douter à chaque instant d'une rechute possible. Alors il voulait bien que Bran l'assaille de ses récriminations si ça restait sur ce ton-là, il voulait bien qu'il le martyrise en le pinçant autant qu'il le voulait, pour autant qu'il garde cette humeur taquine et légère. Elle lui allait bien, et elle faisait du bien à l'ouvrier. Les yeux clairs du jeune homme ne manquèrent pas de remarquer le geste discret mais éloquent du jeune Rose et si un sourire vint chatouiller les lèvres de Jax, celui-ci s'abstint de faire la moindre esquisse victorieuse. A la place, il inspira longuement l'air frais, qui lui paraissait si pur, loin de la ville, perdu au milieu des montagnes.
Viens.
Jax abandonna la contemplation rêveuse du paysage pour resserrer les doigts autour de ceux de Bran et obéir. Il ne le dit pas, parce qu'il avait un peu peur de la réaction du jeune homme, mais Jax aurait voulu dire qu'il le suivrait n'importe où. Il suffirait qu'il souffle ce mot magique - viens - et les jambes de Jax s'actionneraient et suivraient le mouvement, qu'ils aillent vers un paradis perdu ou un enfer sur terre. Tant qu'ils étaient à deux, Jax voulait bien tout affronter.
- Mmh mmh, concéda-t-il devant l'assurance de son petit ami, réprimant l'envie de lui dire qu'ils seraient encore mieux s'ils dormaient à la belle étoile, lovés dans les bras l'un de l'autre, à fixer le ciel picoré d'étoiles et l'immensité qu'il représentait - de leur amour, des possibilités qui s'offraient à eux.
Car si Jax n'avait jamais eu beaucoup d'ambitions, s'il n'aspirait pas à être riche, à monter les échelons de son entreprise, il pouvait sans mal se perdre dans des idées folles dès qu'il s'agissait de Bran. Une maison à eux. Un bout de terre, à Windmont Bay ou pas loin. Un chien, à coup sûr. Et l'assurance qu'ils ne devraient plus jamais être séparés. Il ne pensait pas à un enfant, c'était trop abstrait, trop absurde, pas parce qu'ils ne pourraient jamais en avoir un qui soit leur mélange à eux, mais parce qu'il ne se voyait pas père. Parce qu'il n'aurait pas su comment l'élever. Peut-être était-ce parce qu'il était encore trop jeune, ou son histoire avec Bran encore trop bancale, à moins que ça soit l'ombre d'un père tyrannique et violent. Peu importait, cependant, parce que ce n'était pas ce à quoi pensait Jax à ce moment précis, il n'y aurait pas eu de place pour son géniteur. Pas ici, pas maintenant, pas alors qu'un bouclier invisible les isolait de la réalité, pas alors que la terre semblait avoir chassé la race humaine pour les laisser seuls, maitres de leur petit univers à eux.
L'écart soudain de Bran surprit Jax qui posa sur lui un regard décontenancé. Bran désigna quelque chose au loin et Jax aperçut le ponton qui flottait sur le lac. Il ne tarda évidemment pas à saisir l'idée et il prit un air faussement blasé en revenant à son amant.
- Tu triches. Ce n'est pas équitable, répliqua-t-il, écoutant toutefois l'objet du marché. Tu dois être drôlement sûr de toi pour parier un truc pareil, ironisa-t-il en croisant les bras sur son torse.
Il laissa le trublion l'approcher, intrigué par l'air qu'il arborait et le sous-entendu qu'il laissa planer. Le piège était là, à la frontière des lèvres de Bran et Jax plissa les paupières, sans chercher à dissimuler son air soupçonneux. Un rire lui échappa en entendant la seconde proposition et il secoua la tête:
- Quand t'as une idée dans la tête, tu l'as pas ailleurs, hein ?
S'il ne doutait pas vraiment que la proposition soit sérieuse, Jax fut tout de même surpris par la rapidité avec laquelle Bran se déshabilla et il fronça les sourcils, indigné:
- Hé! Pas si vite! Ce n'est pas comme ça que ça doit se passer! Il faut qu'on soit à égalité et que--
Mais autant parler à un mur puisque le garnement était déjà à l'eau. Jax laissa échapper un juron et se débarrassa maladroitement de son t-shirt, de ses chaussures et de son pantalon avant de courir dans le sillage de Bran. Il plongea dans un élan bien moins grâcieux que celui de Bran mais fut délicieusement électrisé par la fraicheur mordante de l'eau et quand il émergea, quelques mètres plus loin à peine - il n'avait clairement pas le souffle de son jeune compagnon - il vit que ses chances de gagner la course étaient très réduites. Ce fut l'air fanfaron et sûr de sa victoire de Bran qui le revigora et il marmonna:
- Tu vas voir, sale petit frimeur.
... avant de prendre une grande inspiration et d'entamer le crawl le plus soigné qu'il ait jamais nagé. Il s'employa à réduire la distance qui le séparait de son concurrent mais chaque fois qu'il jetait un regard en avant, il avait l'impression que ses efforts étaient vains ou tout du moins voués à l'échec puisque le ponton se rapprochait à chaque respiration. Ses muscles peu entrainés tremblèrent sous la pression que Jax leur soumettait mais au moins le jeune homme eut-il la satisfaction de voir la distance entre son amant et lui diminuer. Il se força à ne pas sourire, de peur de boire la tasse ou de se déconcentrer mais quand il arriva à hauteur des jambes de Bran, il décida de tricher un peu, lui aussi. D'une poussée plus hardie, il dévia légèrement vers l'autre nageur, mais plutôt que d'essayer de le dépasser, il attrapa l'élastique de son boxer et Bran, avançant toujours comme une fusée, lui facilita la tâche: en deux secondes, Jax se retrouva avec un bout de tissu noir entre les doigts et si cela lui fit perdre quelques précieuses secondes dans la course, il reprit sa nage.
Même s'il perdait, il aurait au moins la satisfaction de savoir qu'un Bran à poil pataugeait dans le lac. Et ça n'était pas rien.

_________________

But if love is fire, then I'll burn for you.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
— i was fireproof.

Brandon Rose

messages : 2875
name : capricorns
face + © : froy — ©lempika.
multinicks : angel, tate, rufus, connor, atticus.
points : 3232
age : 19.
♡ status : w/ the love of his life.
work : sports coach @ windmont bay campus.
home : w/ jax, on pioneer oak.

— boom, butterfly effect.
how we met :
rp status (fr/en) : jax, trent, tomas, stella, bliss, jesse&jax.

sometimes home isn’t four walls and a roof, it is two eyes and a heartbeat Empty
Message· · Sujet: Re: sometimes home isn’t four walls and a roof, it is two eyes and a heartbeat sometimes home isn’t four walls and a roof, it is two eyes and a heartbeat EmptyDim 25 Aoû - 23:30

Bran aimait Jax de tout son être. L’amour qu’il éprouvait pour l’ouvrier le dépassait. Mais en amour comme à la guerre, rien n’était juste. Les quelques précieuses secondes qu’il avait gagné en partant sans prévenir seraient déterminantes dans la victoire, c’était ce que Coach lui avait toujours répété. Alors il nageait, demandant toujours plus à ses muscles, le souffle court, la vue brouillée. Il n’avait qu’un objectif : cette fichue plate-forme, qui se rapprochait et s’éloignait en même temps, et qu’il lui fallait absolument atteindre avant son petit ami. Car s’il perdait, il imaginait sans mal les heures de torture que lui réservait Jax, à base de fabrication de silex et autres outils rudimentaires pour chasser leur propre nourriture. Non, il ne pouvait pas l’accepter. Il était prêt à beaucoup par amour, mais certainement pas à tuer un raton-laveur de ses propres mains. Revigoré par la vision terrifiante de la malheureuse bête en train de griller au-dessus d’un barbecue artisanal, Bran accéléra.
Mais ce à quoi il ne s’attendait pas, c’était que Jax ait réussi à le talonner.
La trahison vint sans que Bran ne puisse l’anticiper. Il sentit la main traîtresse, la fraîcheur de l’eau et tout à coup, voilà, il était nu au beau milieu du lac.
Jax allait payer.
Un grondement rageur lui échappa et Bran décida d’être tactique. Il attendit que Jax le rejoigne et sans prévenir, vira vers lui, visage à moitié englouti tel un requin qui cherchait sa proie. « Viens là, toi. » Avec une autorité inhabituelle, il attrapa son amant par le poignet et l’entraîna derrière lui. Ironiquement, la plate-forme était à bout de bras désormais et Bran plaqua l’ouvrier contre la paroi de bois. Et pour faire bonne mesure, il coinça les deux poignets de Jax entre ses doigts,. Le traître était à sa merci et il allait payer, oh que oui. « Tu as triché, Beauchamp. » Ses doigts autour des poignets de Jax resserrèrent leur prise sur la peau humide. Là, coincé entre la plate-forme et lui, l’ouvrier ne pourrait pas lui échapper. Un sourire semblable à celui d’une panthère vint effleurer la bouche de Bran et il ne lâcha pas son petit ami une seconde. Pour une fois, il était celui qui avait l’avantage de la force et du terrain et la sensation était grisante. Il aimait que Jax soit plus vieux, plus expérimenté, plus fort que lui mais aujourd’hui… « Tu sais ce qu’on leur fait, aux tricheurs ? » Le murmure se perdit entre les clapotis de l’eau. Au-dessus d’eux, le soleil faisait briller les gouttes d’eau qui se perdaient entre leurs cils et serpentaient sur leurs peaux, et Bran, lèvres entrouvertes, souffle court d’avoir nagé vite, fixait l’une d’entre elles, posée délicatement sur la lèvre inférieure de Jax. C’était comme si elle avait déposée là par un peintre - et le nom du tableau aurait très bien pu être Le baiser, car Bran ne résista pas longtemps à venir goûter la bouche de son amant. Du bout de la langue d’abord, tout doucement, les mains enchaînant toujours solidement les poignets de son amant, puis de tout son corps, et quelque part entre les deux, son rire résonna entre les bruits d’eau et le chant lointain des insectes (qu’il tolérait pour le moment, car il était amoureux, heureux et surtout loin de la terre ferme). Il était bien, là. Doucement, il se détacha mais resta proche de son amant, son nez caressant le bout de celui de Jax. Est-ce que c’était ça, l’amour ? Avait-il trouvé la solution tout seul, mettant fin à l’énigme ? Est-ce que c’était ça, le bonheur, ce qui flambait dans le creux de son ventre dès qu’il croisait le regard de Jax ? Peut-être bien. Mais Bran ne voulait pas prendre plus de risques qu’il ne l’avait déjà fait. Il ne voulait plus interroger le destin. Il le laissait faire ; tentait même de lui faire confiance, car qui d’autre que les étoiles auraient pu le mener à Jax ?
Au lieu de ça, Bran se demandait combien de temps Jax tiendrait sous ses assauts répétés. Il connaissait suffisamment l’ouvrier pour savoir ce qui déclenchait automatiquement une réaction (généralement suivie par la reddition consentante de Bran) mais l’avantage d’être Brandon Rose, c’était de renouveler constamment son répertoire dans le domaine. « Si tu voulais me déshabiller à ce point, il suffisait de demander. I’m easy, baby. » ronronna-t-il et le provocateur accompagna sa pique d’une tendre morsure, là, à l’angle parfait et délicieux de l’épaule et du cou. Et plutôt que de s’écarter trop vite, il resta là, parsemant la peau humide de baisers. Dans le cou de Jax se déployèrent bientôt des fleurs roses et violettes, plantées avec application par un jardinier auquel son nom de fleur garantissait un certain talent dans l’éclosion de telles variétés. Leurs ventres s’effleuraient sous l’eau et Bran, par jeu, par malice, se rapprocha encore. Un frisson naquit la base de sa nuque et se déroula lentement le long de son dos. L’eau était fraîche mais Bran n’avait, bizarrement, plus froid alors que son nez caressait celui de Jax et que ses jambes effleuraient avec douceur celles de l’ouvrier. Et encore moins lorsqu’il malmenait la lèvre inférieure de Jax d’un coup de dent taquin.
Cependant, tout à coup, sans prévenir et alors que ses lèvres étaient consciencieusement reparties à l’assaut du cou de Jax, Bran s’écarta d’un coup de jambe mesuré. « Je te libère. » sifflota-t-il, sans donner plus d’explications à l’ouvrier et se laissa couler lentement, stoppant juste au moment où son visage était à moitié submergé. De là où il était, à un mètre peut-être de Jax, il observa son petit ami, souriant sous l’eau, ses yeux aussi bleus que le lac. C’était ça, le bonheur.
Et le bonheur, c’était aussi… de gagner son pari.
À une vitesse qu’il ne devait qu’aux centaines d’heures d’entraînement qu’il avait enchaînées au lycée, Bran se précipita sur la petite échelle qui permettait de monter sur la plate-forme. Qu’importe qu’il soit nu comme un vers et que d’éventuels plaisanciers puissent le surprendre à bord de leur canoë, il se hissa sur le ponton flottant et esquissa une petite danse victorieuse. Nu et glorieux, il décocha un sourire éblouissant à Jax et lui souffla un baiser narquois. « J’ai gagné ! » Fier de son coup, Bran lança un regard panoramique à son nouveau royaume et prit confortablement place sur son trône de bois plat. Avec une grâce de chaton audacieux, il s’allongea sur la plate-forme et ronronna quand son dos heurta en douceur le bois chauffé par une journée de soleil. Cet arrêt inopiné n’aurait pas pu mieux tourné à son avantage, songea-t-il, et c’est avec une délectation certaine qu’il passa ses mains derrière sa tête et offrit son corps à la chaleur de l’après-midi. Il ne doutait pas que Jax allait le rejoindre et lui faire payer sa fanfaronnade, mais pour l’instant, il savourait sa victoire. « Quelle playlist tu voudras écouter en premier ? Summer ’00 vibes ? Oh, et je ne sais pas si je te l’ai dit, mais je ne sais pas conduire avec une boîte de transmission manuelle. Je suppose qu’il va falloir désosser ton précieux tacot… » pérora-t-il, de toute évidence très content de lui.

_________________

-- can I go where you go? can we always be this close forever and ever?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
it's all butterflies and roses

Jax Beauchamp

messages : 4477
name : Olivia
face + © : harris dickinson (@ faustine )
multinicks : chad, emerson, harper, lydia, parker, stella, tobias, zoya
points : 948
age : 25
♡ status : in love and happy with brandon rose again
work : on the road (delivering driver)
home : a small appartement in a shitty neighborhood

— boom, butterfly effect.
how we met :
rp status (fr/en) : (open) billie, trent, bran/jesse

sometimes home isn’t four walls and a roof, it is two eyes and a heartbeat Empty
Message· · Sujet: Re: sometimes home isn’t four walls and a roof, it is two eyes and a heartbeat sometimes home isn’t four walls and a roof, it is two eyes and a heartbeat EmptyDim 22 Sep - 16:20

Il était moins aisé de nager avec un objet encombrant roulé dans sa paume mais Jax s’évertua à ne pas perdre trop de vitesse et poursuivit ses efforts. Le ponton grossissait à vue d’oeil et il pouvait voir les nervures qui sillonnaient le bois usé et humide, le caoutchouc luisant des bouées qui lui permettait de flotter et la solitude de l’objet lui sembla sans équivoque. Il se balançait au rythme des remous de l’eau, des vagues timides que les deux corps en approche provoquaient. Jax l’imaginait sans mal battu par les vents, brillant tristement dans la nuit noire qu’une pleine lune viendrait éclairer de son faisceau. Il put presque voir en accéléré les gens qui en prenaient possession la journée pour mieux l’abandonner le soir - comme ils allaient eux-mêmes le faire. Il voyait une fille étendue sur le dos, il voyait des adolescents faisant des acrobaties, provoquant des splashes tout autour d’eux, tandis que leurs rires ricochaient sur l’eau jusqu’aux rives. Il voyait des garçons se bousculer pour se pousser à l’eau, il voyait un groupe de trois ou quatre filles, assises côtes à côtes à bavarder. Tout cela lui apparut en une poignée de secondes et il se vit aussitôt perché sur la structure, avec Bran, ajoutant leur tableau à tous ceux qui étaient déjà passés et ceux qui devaient encore venir. Il était si distrait par ses pensées qu’il tressaillit quand tout à coup Bran fut sur lui. Il sentit les doigts du trublion autour de son poignet et il se laissa entraîner, grisé bien malgré lui par l’autorité dont faisait preuve son jeune amant. Jax ne put s’empêcher de sourire et il se laissa guider, plus parce qu’il était curieux de la suite qu’autre chose. Le monstre de bois fut tout à coup prêt à l’engloutir, du moins fut-ce l’impression que Jax eut avant qu’il sente la surface rugueuse contre ses omoplates. Essoufflé, des gouttes roulant sur son visage, Jax ne chercha même pas à se soustraire à la poigne, se contentant de battre des jambes pour rester à la surface, ses yeux clairs rivés à ceux de Bran.
- Tu as commencé, dit-il simplement, un léger rictus aux lèvres, conscient de la puérilité de leur attitude, entre jeu et provocation.
Il se contenta de secouer la tête, de droite à gauche. Qu’est-ce qu’on faisait, aux tricheurs, qu’il puisse le faire à Bran, lui aussi, tiens? Une onde délicieuse traversa la grand corps fatigué et Jax répondit aux lèvres, sans quitter du regard le visage si près du sien. Il ne savait pas si c’était d’embrasser Bran qui captait toute son attention ou s’il ne savait tout simplement pas faire deux choses en même temps mais l’ouvrier oublia de battre des pieds et coula de quelques centimètres jusqu’à ce que l’eau fraîche lui caresse le menton, le rappelant à l’ordre. Bran rit et Jax sourit, se demandant un instant ce qu’ils fichaient avant de rejeter la question. Peu importe ce qu’ils fabriquaient. Ils étaient ensemble, au beau milieu de nulle part, il pouvait deviner le corps nu tout près du sien et tous ses sens étaient en alerte, aiguisés par les éléments naturels, par la course folle, par le contact de la peau de son petit ami contre la sienne.
- Tu ne te serais pas arrêté pour me faire plaisir, objecta Jax en se passant la main sur le visage pour chasser les gouttes qui continuaient à perler aux pointes de ses cheveux pour mieux rouler et rejoindre leurs soeurs.
Jax gronda doucement en sentant les dents du garnement pincer sa peau. L’effet fut instantané, accentué par l’effleurement de leurs ventres et de leurs jambes et s’il n’avait pas craint de les faire couler comme une pierre, il aurait enroulé ses bras autour des hanches de Bran pour combler les derniers centimètres et le sentir tout contre lui. Il avait le coeur qui cognait contre ses os et aurait pu rester des heures ainsi, plus ou moins accroché au ponton, du bout des doigts, en se concentrant sur la bouche qui le taquinait. C’était si bon que lorsque l’autre s’écarta soudainement, l’ouvrier poussa un gémissement de frustration.
- Ce n’était pas nécessaire, tu pouvais continuer, répliqua-t-il, sans pour autant réprimer l’envie de se passer la paume là où, il le savait, il garderait des marques éloquentes - mais il s’en fichait éperdument.
Il observa ensuite la vivacité avec laquelle Bran s’élança vers l’échelle métallique pour grimper sur son podium et le suivit des yeux jusqu’à ce qu’il le domine de toute sa hauteur. Jax ne put s’empêcher de rire, tant la victoire était rendue ridicule par le fait que Bran était dans son plus simple appareil. Se tournant pour faire face à la structure de bois, Jax se laissa doucement couler puis, d’une puissante impulsion, il sortit de l’eau et atterrit sur les fesses sur le bord du ponton, faisant dangereusement tanguer celui-ci sous son poids. Tel un chien mouillé, l’ouvrier secoua la tête et des gouttelettes s’éparpillèrent autour de lui. Il se passa à nouveau les mains sur le visage et quand il se tourna vers Bran, celui-ci s’était allongé, fier de son coup monté, et souriait comme le trublion qu’il était. Il le laissa fanfaronner un instant puis rapatria ses jambes sur la plate-forme, roulant à moitié, se déplaçant comme une araignée, pour venir surplomber le gamin trop sûr de sa victoire.
- Tu n’as pas été très clair par rapport à la règle qui départage le gagnant et le perdant. Techniquement, je suis arrivé le premier, puisque tu m’as plaqué au bois et j’y était accroché bien avant que tu montes pour faire ta danse ridicule…
Jax ne doutait pas un instant que Bran allait démonter un à un ses arguments mais il s’en fichait. Il s’installa sur Bran, de manière à l’empêcher de rouler ou de s’esquiver, et glissa les mains le long de ses bras repliés jusqu’à sceller leurs paumes, rejouant l’autorité à sa manière, les doigts entremêlés, les yeux plongés dans les lagons azurés de son amant.
- Alors je propose qu’on coupe la poire en deux: soit je continue à conduire et tu mets ton horrible musique, soit je te laisse conduire mais tu m’épargnes tes playlists. Deal?
Il remua légèrement sur les hanches de Bran, juste pour le taquiner et baissa les yeux vers la perfection du corps de son bel éphèbe.
- Jeez, à chaque fois que je crois être habitué à toi, tu trouves un moyen de me détromper.
L’ouvrier libéra les mains de Bran et se redressa, se dégageant pour rouler aux côtés du jeune homme avec un soupir. Allongé sur le dos, il balaya le ciel du regard, cherchant les petits moutons de coton qui s’étaient perdus dans l’immensité qui les surplombait. Parfois, tout cela le faisait sentir tout petit, insignifiant, un grain de poussière dans l’univers.
Et puis il suffisait qu’il cherche la main de Bran, comme à cet instant, et qu’il la serre entre ses doigts, pour savoir qu’il n’était plus seul.

_________________

But if love is fire, then I'll burn for you.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
— i was fireproof.

Brandon Rose

messages : 2875
name : capricorns
face + © : froy — ©lempika.
multinicks : angel, tate, rufus, connor, atticus.
points : 3232
age : 19.
♡ status : w/ the love of his life.
work : sports coach @ windmont bay campus.
home : w/ jax, on pioneer oak.

— boom, butterfly effect.
how we met :
rp status (fr/en) : jax, trent, tomas, stella, bliss, jesse&jax.

sometimes home isn’t four walls and a roof, it is two eyes and a heartbeat Empty
Message· · Sujet: Re: sometimes home isn’t four walls and a roof, it is two eyes and a heartbeat sometimes home isn’t four walls and a roof, it is two eyes and a heartbeat EmptyLun 7 Oct - 3:46

Allongé sur le ponton, les mains derrière la tête, Bran contemplait le ciel immense. Il attendait la contre-attaque de Jax qui n’allait pas tarder, il le savait. Il avait commis le crime de lèse-majesté : au royaume de Jax Beauchamp, critiquer son carrosse revenait à déclarer la guerre. Mais l’ouvrier l’avait bien cherché et Bran ne pouvait pas nier qu’il éprouvait un plaisir certain à titiller la patience de Jax Beauchamp. Il voulait juste savoir jusqu’où il pouvait aller, jusqu’où Jax tolérerait ses manigances avant de lui rappeler qui dominait ici - et non, qu’importe ce que Bran pouvait bien raconter, il était rarement en position de négocier.
Ce qui ne le dérangeait pas outre mesure.
Comme prévu, le ponton tangua sous le poids de son amant et le ciel fut remplacé par la vision d’un Jax trempé qui asseyait soudain tout son poids sur les hanches de Bran. Le garçon ne bougea pas, leva même les yeux dans un air de défi. Jax avait sans doute raison sur les termes de leur pari mais Bran n’avouerait jamais, qu’il soit contraint et forcé. À la place, fidèle à lui-même, il tenta de gagner à la déloyale, arqua son dos pour que son bassin ondule entre les cuisses de son amant mais visiblement, Jax était bien décidé à lui faire payer sa trahison. Mais Bran ne s’avouait pas vaincu et releva le menton, fier comme un coq. « Oh, techniquement, mmh ? Tu veux gagner sur un détail, Beauchamp ? Où est ton honneur ? » Il haussa un sourcil provoquant et tenta à nouveau de bouger mais Jax s’installa totalement sur lui, ses mains emprisonnant les siennes. Le monde s’effaça au profit de leur combat de regards et Bran ne cilla pas, sourire narquois, sourcils froncés, lèvre mordue dans le vain espoir de distraire son amoureux et ainsi regagner sa liberté. Sur ses hanches, la pression du corps de Jax était délicieusement distrayante. Bran aurait voulu pouvoir se redresser, venir capturer les lèvres de son amoureux, lui murmurer tout un tas de choses impertinentes à l’oreille tandis que sa main venait se glisser dans le boxer humide pour réchauffer ce qui se trouvait à l’intérieur mais il était bel et bien prisonnier. Et Jax semblait prendre plaisir à le torturer, tant dans le corps que dans l’esprit et Bran n’eut pas d’autre choix que de capituler. « Deal, deal. » gémit-il. Il ne savait plus s’il faisait référence à leur compétition idiote ou aux mouvements tendancieux, et Bran leva des yeux implorants vers son petit ami qui finit par lui rendre sa liberté - non sans que Bran y ait un peu laissé de sa dignité.
Il aurait pu profiter du moment pour escalader Jax et reprendre ses droits. Il aurait pu venir se frotter contre lui, sans pudeur, lui montrer toute l’ampleur de l’effet qu’il lui faisait. Ils auraient fait l’amour sur ce ponton, auraient ramassé quelques échardes au passage et ça leur aurait fait un souvenir, un parmi d’autres. Mais Bran resta sur le dos, seul son regard tourné vers Jax qui lui observait le ciel et pour une fois, ne lui prêtait pas attention. Il réalisait que ça lui suffisait aussi, ces moments-là, où ils étaient simplement à côté l’un de l’autre, juste là, sans qu’il n’y ait forcément plus qu’un baiser innocent, une caresse timide. La main de Jax vint chercher la sienne et Bran frissonna lorsque leurs doigts s’effleurèrent. Il repensa à un temps où il n’osait même pas regarder dans la direction de Jax, un temps où il rêvait de venir effleurer le creux de son cou sans jamais oser faire le premier pas. Ils étaient si loin de ça, désormais.
Il observa le ciel pendant un moment. Des nuages effilochés poursuivaient tranquillement leur course au-dessus d’eux, et Bran se demanda où ils partaient, où ils allaient. Il se demandait si quelque part, ailleurs, très loin d’ici, deux garçons se tenaient aussi la main et regardaient le ciel, frissonnant légèrement sous la caresse de la brise. Bran considéra le ciel, si clair qu’il aurait presque pu être un miroir. « Tu crois qu’il y un autre Bran et un autre Jax, quelque part ? Dans une autre dimension ? » demanda-t-il soudainement, les yeux grands ouverts sur l’immensité cristalline. Si le ciel était un miroir et qu’un autre monde identique au leur existait, le Bran avait-il réussi à trouver son Jax ? Il ne voulait pas imaginer un monde - surtout pas après tout ce qui s’était passé - où ce n’était pas possible. Pour s’amuser, il tenta d’imaginer à quoi pouvait ressembler ce Bran alternatif : il était le jardinier exubérant et Jax un prince dans sa tour d’argent, et seul un véritable baiser d’amour pouvait le délivrer de la malédiction dont il était forcément affligé. Et bien entendu, Bran n°2 (car il était l’original, no questions asked) parvenait à déposer ses lèvres contre celles du beau prisonnier. Et ils obtenaient leur Happily ever after.
Doucement, Bran approcha la main de l’ouvrier de sa bouche et déposa un baiser sur chaque phalange abîmée. Il aimait les mains de son amant, leur douceur qui existait non pas dans la peau mais dans les gestes, il aimait les choses que Jax savait faire avec et qui ne se disaient pas tout haut. Il aimait être le réceptacle de leurs caresses quand il savait qu’elles pouvaient se montrer impitoyables. Il aimait Jax, tout simplement, mais il n’avait pas envie de froisser le doux silence qui s’était installé entre eux pour le lui dire. À la place, il se rapprocha de son amant jusqu’à ce que leurs épaules finissent par s’effleurer et il roula sur le côté. De là où il était, il pouvait observer le visage de Jax autant qu’il le voulait, d’assez près pour en capturer tous les détails, et était dans la position idéale pour laisser sa main vagabonder sur le torse encore constellé de gouttes d’eau. Bran savait que l’amour rendait aveugle. Mais muet ? C’était quelque chose qu’il n’avait jamais encore expérimenté. Avant d’approcher timidement la joue de Jax pour la retracer de ses doigts, il essaya de prendre la photo de cet instant, de ce visage caressé par le soleil. Les yeux de Jax avaient la couleur de l’eau du lac. Ce à quoi il pensait, Bran aurait été bien incapable de le dire et il opta pour ne pas déranger son petit ami dans sa contemplation du ciel. Il se contenta de faire glisser ses doigts sur le contour escarpé de cette mâchoire, de caresser le creux du cou puis de suivre la trajectoire délicate des clavicules qui le mena directement au coeur, là où la petite rose soupirait à chaque respiration de son amant. Bran posa sa main sur elle. Sous sa paume, chaque battement de coeur de Jax lui donnait l’impression que la fleur prenait racine.
Comme un enfant, Bran s’agrippa au corps de son amant, remonta une jambe pour mieux s’accrocher, et il vint enfouir son visage dans le creux du cou de Jax. Tant pis pour sa nudité exposée aux yeux de tous. Ils n’auraient qu’à détourner les yeux ou trouver un autre ponton, car il ne bougerait pas d’un millimètre. Parfaitement à son aise, Bran ferma les yeux et laissa échapper un petit ronronnement de contentement. « Ne me laisse pas m’endormir, surtout. » murmura-t-il, sa voix déjà plus qu’un souffle contre l’oreille de son amant.

_________________

-- can I go where you go? can we always be this close forever and ever?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
it's all butterflies and roses

Jax Beauchamp

messages : 4477
name : Olivia
face + © : harris dickinson (@ faustine )
multinicks : chad, emerson, harper, lydia, parker, stella, tobias, zoya
points : 948
age : 25
♡ status : in love and happy with brandon rose again
work : on the road (delivering driver)
home : a small appartement in a shitty neighborhood

— boom, butterfly effect.
how we met :
rp status (fr/en) : (open) billie, trent, bran/jesse

sometimes home isn’t four walls and a roof, it is two eyes and a heartbeat Empty
Message· · Sujet: Re: sometimes home isn’t four walls and a roof, it is two eyes and a heartbeat sometimes home isn’t four walls and a roof, it is two eyes and a heartbeat EmptyLun 14 Oct - 20:16

Une étrange sérénité enveloppa l’ouvrier. Ce devait être cet endroit, perdu au milieu de nulle part, où la seule trace de civilisation semblait être ce ponton qui les balançait doucement au rythme de l’eau. Ce devait être la température idéale de cette fin de mai - la fraicheur du printemps s’effaçant lentement au profit d’une chaleur bienvenue qui ne faisait encore qu’annoncer l’été à venir. Un été qu’il passerait à nouveau avec Bran (du moins Jax chassait-il toute perspective inverse). Ce devait être le silence qui les cernait. Il n’était pas pesant, il soulageait, il apaisait. Ce devait être la magie de la nature environnante. Entre autres. Mais Jax Beauchamp savait que cette combinaison n’était renforcée que parce qu’à sa gauche, il entendait la respiration de Bran, que parce qu’il n’avait qu’à se décaler un peu pour que leurs épaules ne se contentent plus de s’effleurer. Un demi-centimètre et Jax pourrait sentir la chaleur traverser l’épiderme de son amant pour le pénétrer. Jax savait qu’il se sentait mieux (qu’il était heureux) depuis que son petit ami lui était revenu mais il ne découvrait à quel point que maintenant, alors que rien, aucun élément extérieur, ne pouvait venir gâcher leur entente, leur complicité et leur amour. Et rien que pour ça, le jeune homme serait bien resté éternellement sur ce ponton, même s’il devait finir par être frigorifié dès que la nuit tomberait. Mais ils avaient quelques heures devant eux et il savait qu’il était inutile de se raccrocher à un moment pour le faire durer le plus longtemps, d’autres instants surviendraient, ils ne supplanteraient pas celui-ci, il n’y aurait pas de compétition, ils s’ajouteraient aux autres événements qui avaient traversé leur histoire et ils pourraient l’évoquer avec un sourire mélancolique. Tu te souviens de cette course au lac, où tu as fini à poil? Jax souriait déjà à cette idée mais il chassa bien vite ce songe éveillé. Il voulait profiter de chaque seconde de paix qui leur était donné. Qui savait, en effet, ce que leur réservait l’avenir? Si Beauchamp avait bien retenu une leçon, dans sa vie, c’était que tout était éphémère, le bonheur comme le malheur, et qu’il fallait s’accrocher à ce qu’on pouvait pour ne pas se noyer. Aujourd’hui, c’était à la main de son amant qu’il s’arrimait. Demain, ce soir, la prochaine heure, serait une autre histoire.
En attendant, il savourait sa victoire, arrachée à demi-mots à Bran. Une demi-victoire aussi, sûrement, mais Jax s’en fichait. Quelques mois plus tôt, il n’aurait sans doute pas opposé le moindre résistance, laissant l’autre gagner mais Bran n’avait pas seulement comblé le trou béant qu’était sa solitude, il lui apprenait, chaque jour, à se défendre, à ne pas se laisser écraser par les obstacles, à ne pas accepter tout ce qui lui tombait sur le coin de la figure comme si c’était tout ce qu’il méritait. Quelle aurait été sa vie s’il avait su ces choses avant? Aurait-il défié son père? Aurait-il cessé d’attendre que l’orage passe? Aurait-il été au devant du danger, quitte à le regretter? Bran était peut-être un sale gosse de riche, trop impétueux pour son bien, mais il était redoutable, bien davantage que son amant taciturne. L’ouvrier avait peut-être eu la force brute pour lui, mais il n’avait jamais bénéficié d’un esprit combatif. Il subissait, il arquait le dos, il détournait le regard. Alors peut-être qu’il se fourvoyait, peut-être qu’il n’éprouvait tout cela que parce qu’il savait son père hors d’état nuire, enterré six pieds sous terre, mais c’était en découvrant que son géniteur n’était pas éternel que Jax avait laissé échapper un dernier soupir. Bran avait ouvert la porte de la cage dans laquelle le garçon au corps et à l’âme couturés tournait en rond sans même s’en rendre compte et ce n’était qu’en regardant l’immensité du ciel que Jax réalisait à quel point sa vie s’était métamorphosée au cours de l’année écoulée. Alors regrettait-il les déchirures, les brûlures, la rupture? Evidemment, mais il ne voulait plus s’appesantir dessus, il voulait se concentrer sur l’horizon. Avec la main de Bran dans la sienne.
Tu crois qu’il y a un autre Bran et un autre Jax, quelque part? Dans une autre dimension?
La question, invariablement, fit rire Jax, même s’il ne répondit pas immédiatement. Ses sourcils se froncèrent légèrement, laissant deviner sa perplexité face à une telle idée, mais il la laissa fondre en lui et s’immiscer dans chaque recoin de son être. Le regard perdu au loin, Jax cligna des paupières et finit par pousser un profond soupir.
- Non. Je ne crois pas, finit-il par dire, l’air grave, laissant planer un instant le silence avant de tourner la tête en sentant les lèvres du jeune homme sur ses phalanges. Parce qu’il n’y a qu’un Bran, ajouta-t-il avec un sourire malicieux, comme s’il avait pressenti le piège, inexistant pourtant, de l’interrogation de son amant.
Mais s’il existait vraiment un autre Bran et un autre Jax - et pourquoi pas deux, trois, ou plus, alors? - il espérait qu’ils expérimentaient des moments comme celui-ci, paisibles, sereins, dépourvus de la moindre pression extérieure. Ils le méritaient sûrement autant que son Bran et lui, après les mois qui venaient de filer à une allure folle.
La tête penchée, Jax observa les traits divins de son petit ami et sentit indéniablement son coeur s’affoler au contact des doigts de celui-ci sur sa peau. La main de Jax vint machinalement se poser sur celle de Bran quand il recouvrit la rose tatouée de sa paume fraîche et il la serra doucement, lui transmettant par la même occasion des mots muets, des mots que seul l’impudent pouvait comprendre et comme pour répondre à cet élan amoureux, il sentit le corps voisin se rapprocher. Jax délogea le bras qui était coincé entre eux pour pouvoir le passer autour des épaules de Bran et il pressa une seconde  le bras du jeune nageur avant de remonter la main dans ses mèches humides. Ses lèvres trouvèrent naturellement le chemin de la tempe du garçon et s’il bougea légèrement, ce fut uniquement pour mieux se loger dans le creux du corps de Bran, comme s’ils avaient été fabriqués expressément pour toujours se combler l’un l’autre, dans tous les sens du terme.
- Promis, répondit simplement Jax avec un sourire indéchiffrable.
Il ne savait pas exactement ce qu’il promettait.
Rien de précis et tout à la fois.
Il voulait bien promettre n’importe quoi pourvu qu’ils restent éternellement lovés l’un contre l’autre et que rien ne vienne troubler leur bonheur retrouvé.
Ils avaient bien mérité un peu de repos, non?
Et si Bran finissait tout de même par s’endormir, Jax se laisserait éternellement bercer par les battements légers de son coeur contre le sien.

THE END.

_________________

But if love is fire, then I'll burn for you.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé




sometimes home isn’t four walls and a roof, it is two eyes and a heartbeat Empty
Message· · Sujet: Re: sometimes home isn’t four walls and a roof, it is two eyes and a heartbeat sometimes home isn’t four walls and a roof, it is two eyes and a heartbeat Empty

Revenir en haut Aller en bas
 
sometimes home isn’t four walls and a roof, it is two eyes and a heartbeat
Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» (discussion) Ocean Home
» AN EXCLUSIVE INTERVIEW WITH MARIE FLORE LINDOR-LATORTUE
» Avez vous la slacking attitude ?
» HoMe XI - Traduction intégrale
» ⊹ we might not make it home, tonight.

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
F I L T H Y S E C R E T :: around windmont bay :: The World-
Sauter vers: