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Jax Beauchamp

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Message· · Sujet: sometimes home isn’t four walls and a roof, it is two eyes and a heartbeat sometimes home isn’t four walls and a roof, it is two eyes and a heartbeat EmptyJeu 25 Juil 2019 - 20:20

BRAN + JAX
I want an ocean view, somewhere
As long as I’m next to you, I don’t care
I don’t wanna live my life in circles
I just wanna find an empty road
Let’s get away from here, let’s go

@Brandon Rose
24.05.2019

Jax filait sur la route, au volant de son antique camion. Il pouvait ainsi avaler les kilomètres sans s'en rendre compte, ce qui était un atout quand on savait qu'il passait parfois plusieurs jours d'affilées hors de Windmont Bay, à parcourir les autoroutes monotones de cet Oregon qu'il avait appris à aimer. S'il avait postulé pour ce poste, c'était à la base pour fuir sa ville d'accueil et tout ce qu'elle recelait de souvenirs - liés à Bran, évidemment. Disparaître pendant des jours lui permettait de s'abrutir dans des motels, calé contre des oreillers qui sentaient un peu le moisi, une bière à la main, en s'abreuvant d'émissions aussi nulles les unes que les autres et devant lesquelles il finissait par tomber de sommeil - un sommeil généralement sans rêve, anesthésié par l'alcool. Mais sa vie avait changé, entre-temps, puisque son amant lui était revenu et, dès lors, ses responsabilités étaient devenues un poids. Quitter Windmont Bay équivalait à abandonner Bran, encore et encore et Jax ne pouvait le nier: à chaque retour, il craignait que l'impudent ait changé d'avis, ait retrouvé ses esprits, ait une nouvelle lubie qui ne l'inclurait pas. A chaque fois, il avait été détrompé par le sourire radieux qui l'accueillait, par les bras qui l'enlaçaient, pas les lèvres qui comblaient le manque avec avidité et, à chaque fois, Jax s'était senti comblé. C'était le retour en arrière bienvenu, tant espéré, mais en encore mieux. Désormais, il n'était plus question que Bran s'en aille à l'autre bout du pays, il restait à Windmont Bay et si Jax redoutait qu'il finisse par s'y ennuyer, à tourner en rond comme un tigre dans sa cage, il laissait au gamin le choix de sa destinée. Plus jamais il ne l'inciterait à faire quelque chose contre son gré, même si cela semblait être une belle opportunité. Plus jamais il ne voulait passer des mois sans savoir ce qu'il avait fait pour mériter d'être écarté de la sorte. En soi, il ne le savait toujours pas mais avait sciemment - et peut-être naïvement - occulté ce détail, préférant prendre ce qui lui était donné plutôt que de regarder l'ombre floue qui tremblait dans la périphérie de son esprit. Brandon Rose était assez intelligent et mature pour savoir ce qu'il voulait faire, qui était-il pour lui dire le contraire?
Jax filait sur la route mais aujourd'hui il n'était pas seul. A sa droite, son amant était confortablement installé - la notion de confort étant relative et perçue très différemment par l'un et par l'autre, mais au moins avait-il cessé de se plaindre de la rusticité de l'engin qui avait fait toutes les guerres et tenait toujours la route - et Jax lui jetait des coups d'oeil réguliers, souriant, qu'il croise son regard ou non, sentant son coeur se comprimer de tendresse quand le fauteur de trouble somnolait, la tête appuyée contre la vitre. Le voyage avait été plus ou moins improvisé, les étapes vaguement épinglées sur une carte - direction Sacramento, San Francisco, le parc national de Yosemite et puis après ils verraient. Ils ne voulaient pas s'embarrasser de détails, ils voulaient profiter de ces quelques jours de congé pour être ensemble, loin de Windmont Bay, à se noyer dans des décors magiques, dans une région plus ensoleillée. Ils s'étaient disputés sur les lieux où ils s'arrêteraient - Jax maintenait que la manière façon de profiter de ce voyage serait avec une tente, ce qui avait naturellement provoqué une grimace de dégoût chez le gosse de riche. Ils étaient arrivés au compromis suivant: ils emmenaient le matériel de camping de Jax, mais ne l'utiliseraient que s'il n'y avait pas d'autres alternatives, et si Jax avait bien été tenté de faire en sorte de devoir faire une étape dans un coin paumé, sans le moindre hôtel à petites étoiles, il avait chassé cette idée mesquine. Il voulait profiter de leur tête-à-tête, sans se soucier de l'argent, pour une fois. Et s'ils revenaient ruinés - ce qui ne manquerait pas, avec les goûts de luxe du jeune Rose - eh bien, ils se nourriraient de pâtes. Il ferait toutes les concessions possibles si cela pouvait rendre heureux son amant comme sa seule présence le rendait lui heureux. Et c'était précisément ce qu'il se disait alors qu'il jetait un nouveau coup d'oeil vers son copilote, esquissant un sourire quand il le vit tourner la tête à son tour.
- Alors? Pas trop le mal des transports dans mon vieux tacot? le taquina l'ouvrier en tendant la main pour presser la cuisse de Bran, dans un geste moqueur et affectueux.
Jax se mordit la lèvre inférieure puis soupira en se laissant aller contre son siège. Ils venaient de dépasser un endroit appelé Sims, dans le comté de Shasta et longeaient plus ou moins le fleuve Sacramento. Ils n'en étaient à peu près qu'à la moitié de leur premier objectif mais Jax aurait pu parcourir le monde entier si cela signifiait rouler sur des routes désertes, dans des terres sauvages, accompagné du garçon qu'il aimait et qu'il ne voulait plus jamais perdre.

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Message· · Sujet: Re: sometimes home isn’t four walls and a roof, it is two eyes and a heartbeat sometimes home isn’t four walls and a roof, it is two eyes and a heartbeat EmptyDim 4 Aoû 2019 - 4:28

Sous ses paupières closes, les poussières de lumière étaient insaisissables. Les points minuscules s’échappaient à chaque fois que Bran croyait en avoir attrapé un, juste à la force de son esprit. Il essayait, encore et encore, de les saisir au vol. Parfois, les lucioles disparaissaient d’un coup. La chaleur du soleil faisait place à la fraîcheur de l’ombre et Bran savait, sans ouvrir les yeux, qu’ils avaient quitté les larges routes pour d’autres plus sinueuses, celles qui les emmenaient dans les profondeurs de la forêt de la Californie. Et dans ces moments-là, plus frais et plus lents, il s’endormait sans même s’en rendre compte, bercé bien malgré lui par le ronronnement tranquille du camion de Jax (et pourtant, Bran maintenant qu’il aurait fallu envoyer ce débris à la casse). Et quand il fermait les yeux, il ne rêvait pas, pas tout à fait. Il flottait entre deux eaux, pas tout à fait éveillé, pas tout à fait endormi, parfaitement heureux d’être là. Il avait Jax à côté de lui et ça lui suffisait. Dans l’habitacle silencieux (après une dispute qui avait menacé de faire imploser leur couple, ils en étaient venus à la conclusion qu’il ne fallait pas allumer la radio, les goûts de Bran étant de toute évidence trop avancés pour être appréciés par Jax), Bran se reconstruisait tout un monde de bruits légers et de sensations nouvelles. Il essayait de deviner, d’anticiper les mouvements de son amant sur le volant, de comprendre sa routine, d’attribuer des notes de musique à chaque bruissement qu’il percevait. Il essayait de savoir à quel moment Jax allait tourner la tête pour toujours rencontrer son regard et lui sourire. Ou même lui tirer la langue lorsqu’il le méritait.
Ils n’avaient sans doute jamais été aussi libres qu’à cet instant de leur vie, lancés sur cette route, en silence l’un à côté de l’autre. Et Bran se lovait dans la tiédeur de cet affranchissement, la tête appuyée contre la vitre, les yeux clos. Il n’avait rien devant lui. Tout était derrière, ses échecs, ses réussites, ses erreurs. Il ne savait pas encore que certaines d’entre elles le rattraperaient, c’était inévitable, indispensable, même, mais pour le moment, il se laissait emporter loin d’elles. La fuite était douce, le complice idéal. Braquage du siècle.
En attendant, le voleur qu’il était somnolait comme un bienheureux contre la vitre côté passager, enfoncé dans le siège qui n’était plus de première jeunesse mais qui accueillait moelleusement son corps à moitié recroquevillé. Bran était peut-être en guerre contre ce camion (il maintenait qu’ils auraient dû prendre - voler - la Range Rover de son père, mais Jax avait refusé sans qu’il ne comprenne un traître mot de son argumentation) mais ce dernier ne lui rendait pas sa haine. Le camion de Jax, avec l’appartement de ce dernier, était l’endroit où ils passaient le plus de temps tous les deux et Bran y avait apposé sa marqué, peu à peu, sans même le vouloir. Quelques semaines plus tôt, en laissant traîner sa main dans le compartiment de la porte passager, il avait retrouvé une vieille paire de lunettes de soleil datant de l’été d’avant. D’avant tout ça, d’avant leur séparation, d’avant leurs retrouvailles. C’était si loin, tout ça et pourtant si vivace dans sa tête, si vrai et proche encore. Mais les lunettes de soleil poussiéreuses étaient restées dans le camion. Il y avait eu un peu de lui dans ce camion pendant ces quelques mois de silence et quelque part, Bran avait un peu moins mal, juste un peu moins, quand il pensait à son amoureux seul dans cet habitacle, fuyant tout ce qu’il pouvait de lui.
Qu’importe ce qu’ils fuyaient désormais, ils étaient ensemble.
Perdu dans un demi-rêve, Bran ouvrit brièvement les yeux et se sentit soudain balloté de tous les côtés. Sa tête vint taper légèrement contre la vitre et ce fut assez pour le tirer des bras de Morphée. Si c’était encore ce foutu carburateur qui faisait des siennes, c’était terminé, il descendait de ce fichu camion et il prenait Jax en otage par sit-in non-violent jusqu’à ce que l’ouvrier accepte de le laisser appeler un Uber. Bougon d’avoir été réveillé, Bran tourna la tête vers son amant pour lui faire savoir que son permis était révocable à tout moment mais la main de ce dernier sur sa cuisse le poussa à considérer avec prudence ce qu’il allait dire. Somnolant encore à moitié, la marque de la vitre imprimée à son visage, Bran fit clignoter ses paupières et il se passa une main sur le visage pour faire disparaître les traces de sa sieste, sans succès. Un coup d’oeil dans le rétroviseur lui apprit qu’il avait l’air d’un moineau décoiffé, sa tête dépassant du col du sweat-shirt qu’il avait emprunté (décrété sien) à Jax. La vision lui tira un reniflement agacé et il reporta son attention boudeuse sur son petit ami. « Tu me tortures, Beauchamp. » grommela-t-il d’une voix rauque, les sourcils froncés, encore tout engourdi de son demi-sommeil. Où étaient-ils ? Quelle heure était-il ? Depuis combien de temps étaient-ils lancés sur la route ? Désorienté, Bran battit des cils tout en se redressant. Forêt d’un côté, fleuve de l’autre, plus ou en moins contrebas et devant eux, l’inconnu, le rêve, la Californie. « On s’arrête, dis ? » demanda-t-il plaintivement. Il avait faim, il avait soif et surtout, il avait envie que Jax lâche son précieux volant pour lui donner toute l’attention qu’il méritait. Dans les replis du sweat-shirt trop grand pour lui, il finit par retrouver son téléphone et pianota quelques instants sur son clavier, juste le temps de trouver un endroit digne de ce nom et qui conviendrait à ses sensibilités délicates. Pas question de camper en pleine nature comme Jax le préconisait. « Tiens, là, regarde ! Ils disent qu’il y a un lac ! Et des cabines ! » Bran ne précisa pas qui « ils » étaient (une review Google Maps datant d’il y a plus de deux ans, totalisant un vote à deux étoiles seulement) et releva vers Jax des yeux habités d’une lueur triomphale. « On sera tout seuls, en plus, allez. » ajouta-t-il d’une voix câline et pleine de promesses, levant la main pour effleurer la joue rugueuse de son amant.

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Message· · Sujet: Re: sometimes home isn’t four walls and a roof, it is two eyes and a heartbeat sometimes home isn’t four walls and a roof, it is two eyes and a heartbeat EmptySam 10 Aoû 2019 - 10:55

Si Jax avait opté pour la fuite, à la base, en changeant d'orientation et en devenant chauffeur-livreur, il y avait trouvé des avantages. Certes, la solitude était pesante, il était encore plus seul qu'à Windmont Bay où il pouvait au moins retrouver ses deux meilleurs amis mais au moins les souvenirs ne l'aveuglaient pas à chaque fois qu'il croisait un endroit où il avait été avec Bran (ou même où il l'avait seulement aperçu, et ils étaient nombreux, ces lieux où le gamin s'était imprimé, bien avant même qu'ils ne se découvrent, bien avant qu'ils ne soient attirés l'un par l'autre, bien avant qu'ils tombent amoureux). Mais c'était surtout une certaine sérénité (un leurre, il le savait à présent qu'il s'embarquait sur ces mêmes routes, accompagné de son amant cette fois) qui l'avait accueilli. Finalement, ç'avait peut-être été davantage un abrutissement qu'autre chose, à force de voir les paysages défiler, changer tout en restant les mêmes, qu'il s'agisse de champs qui quadrillaient l'horizon ou les forêts épaisses qui tapissaient sa terre d'exil. Jax en était venu à apprécier cette absence de vie, cette confrontation à la civilisation humaine qui se bornait à un faisceau anonyme de phares au petit matin ou à la soirée tombante. Il ne croisait des gens que lorsqu'il s'arrêtait dans ces bicoques qui ne servaient que des burgers sans saveur et des frites ramollies, contraint et forcé parce que rouler toute la journée n'aurait pas été avisé. Alors à chaque fois qu'il fatiguait, noyé dans les kilomètres, Jax se garait sur un parking et trouvait un tabouret, s'accoudait à un comptoir et commandait le menu le moins cher en suivant vaguement le programme qui était diffusé à la télévision - et dont le son était généralement coupé, si bien qu'il devait se fier aux images et aux sous-titres ou fixer les chanteurs qui dansaient ou se mettaient en scène dans leurs clips vidéo.
Ce qui avait davantage été une échappatoire était devenu une liberté, peut-être parce qu'il conduisait son propre camion et non l'un de ceux arborant le logo de la société qui l'employait, mais surtout parce qu'il n'était plus seul, parce qu'il se laissait bercer par le silence, parce qu'il se laissait réchauffer par la présence voisine. Bran avait beau somnoler, il envahissait l'espace et l'esprit du conducteur, il habitait ses pensées - que ça soit en ravivant les souvenirs (seulement ceux qui amenaient un sourire sur les lèvres de Jax) ou en incarnant un futur tout à fait incertain mais dans lequel Jax voulait croire. Il ne voulait plus envisager un avenir où Bran et lui ne seraient pas ensemble. Le perdre une première fois avait été un enfer mais il avait bien fallu qu'il s'y fasse, se persuadant qu'il ne pouvait pas compter sur quelques mois idylliques alors qu'il avait vécu sa vie sans l'impudent. Il n'avait alors été qu'un grain de sable qui était venu enrayer un quotidien bien huilé, monotone, sans doute, mais dans lequel Jax se complaisait parce qu'il y trouvait son compte. Il avait fallu qu'il croise la route de Bran et surtout qu'il percute son monde pour comprendre que se borner au minimum syndical - exister n'était pas vivre, il l'apprendrait rapidement au contact de l'adolescent flamboyant - n'était plus une option. Désormais, envisager une vie où Bran ne serait qu'un étranger qu'il ne pouvait approcher n'était plus possible. Il avait pris trop de place, il s'était inscrit partout en l'ouvrier. Et l'ouvrier en demandait toujours plus.
Cette aventure improvisée en était la preuve. Il ne voulait pas seulement partager son appartement, ses repas et son lit avec son amant. Il voulait une escapade, des jours en dehors du monde, des jours dans leur univers à eux. Il ne redoutait même pas qu'ils puissent finir par se taper sur le système, même si une dispute avait déjà éclaté au sujet de ce qui pouvait passer ou non à la radio, parce qu'un conflit aussi puéril était sans danger, un moyen de se bousculer, comme ils avaient toujours su si bien le faire. Leur marque de fabrique. Pousser l'autre, se moquer gentiment de lui, se réconcilier d'un sourire, d'un baiser. Le paradis. C'était le seul programme établi par Jax, le reste ne serait qu'une succession de décisions prises sur le moment, de choix inopinés. Prendre à gauche ou à droite. Dormir ici ou là. Se gaver et trouver un endroit où faire la sieste. Il ne demandait pas plus, l'ouvrier de la scierie.
Jax rit quand Bran grommela et il se dit qu'il l'aimait comme ça aussi: boudeur, fidèle à son statut de gosse de riche qui n'attendait rien moins que le meilleur du confort. Bran était aussi beau les cheveux ébouriffés, les yeux encore ensommeillés, le visage froissé que lorsqu'il apparaissait en conquérant, parfaitement coiffé, le regard acéré, les lèvres ourlées d'un sourire vainqueur, diffusant son assurance autour de lui comme s'il s'agissait d'un parfum qui lui était propre. Un parfum qui avait toujours enivré Jax.
- J'attends toujours que tu lui présentes des excuses dignes de ce nom, répliqua simplement le jeune homme en tapotant le tableau de bord comme s'il s'agissait de la tête d'un fidèle compagnon à quatre pattes. Ne l'écoute jamais, il n'y entend rien quand il s'agit de camion. Tu es solide, tu tiens la route, tu ne m'as presque jamais fait faux bond. Je prendrai soin de toi jusqu'à ce que la mort nous sépare.
Celle de son vieux camion, évidemment, pas la sienne, Jax n'aspirait qu'à vivre une longue et paisible vie en compagnie du gamin ronchon qui faisait battre son coeur.
- A ce rythme-là, on arrivera à peine à San Francisco qu'il faudra faire demi-tour pour être de retour à temps.
Il n'avait pu prendre que quelques jours car sa demande avait été trop tardive et qu'il avait fallu trouver quelqu'un pour le remplacer. Mais Jax n'était pas déçu pour autant. Bientôt, l'été serait à nouveau là et ils pourraient à nouveau passer des heures sur la plage, au coin d'un feu de camp improvisé. Jax s'y prendrait à l'avance et il demanderait un congé de trois semaines, chose qui ne lui était plus arrivée depuis... Jamais, en réalité. Ce serait la première fois qu'il prendrait une pause aussi longue en quatre années qu'il travaillait à la scierie. Cette constatation lui laissa un goût étrange dans la bouche, entre amertume et soulagement. N'était-ce pas la preuve que sa vie prenait un nouveau tournant?
Jax jeta un bref coup d'oeil en direction de Bran lorsque celui-ci annonça la proximité d'un lac et de cabines où ils pourraient faire une halte. L'ouvrier vérifia l'heure qu'il était: trois heures et demi de l'après-midi, trop tôt selon lui pour s'arrêter lorsqu'il pouvaient encore couvrir quelques centaines de kilomètres avant de trouver un endroit pour dormir, mais il commençait à avoir des fourmis dans les jambes et il leur suffirait de rattraper le temps perdu (bien qu'il ne puisse pas réellement qualifier la moindre minute passée avec Bran comme perdue) le lendemain. Il ne voulut toutefois pas céder de façon trop évidente et il attrapa le téléphone du jeune Rose d'un geste vif, jeta un bref coup d'oeil à la page indiquée pour voir à quelle distance se trouvait ce fameux lac, puis il balança l'appareil sur le siège arrière, où il atterrit entre leurs bagages.
- Nouvelle règle, décréta le jeune homme d'un ton railleur. Plus de téléphone jusqu'à nouvel ordre, c'est-à-dire en cas d'extrême urgence.
Il aurait bien moins de difficultés à s'y tenir que Bran, il le savait. Une lueur malicieuse illumina son regard alors qu'il tournait la tête en feignant de mordre les doigts qui venaient effleurer sa joue.
- Ne me parle pas comme ça, tu sais que je n'y résiste pas.
Un rictus lui arqua la lèvre alors qu'il poursuivait encore quelques minutes avant de prendre la sortie puis de prendre la direction du lac. Jax ne connaissait pas la région mais les mois passés sur les routes lui avaient appris à s'y retrouver comme s'il était doté d'un GPS interne. Au bout d'un moment, des panneaux indiquèrent la direction des cabines localisées par Bran et il les suivit docilement jusqu'à arriver aux abords du lac et d'apercevoir le toit des cabines, à une cinquantaine de mètres de là.
- Heureux, Monsieur Anti-camping? demanda Jax en immobilisant le camion sur le parking où ses roues crissaient sur le gravier, avant d'éteindre le moteur. Tu sais qu'il y a encore plus d'insectes près de l'eau qu'en forêt, hein?
Dernière boutade qui, il le savait, ne ferait pas changer d'avis le gosse de riche qui était aussi entêté que lui. Mais maintenant qu'il voyait l'eau calme du lac et les reflets des montagnes sur celui-ci, Jax ne regrettait pas d'avoir obéi. Il n'aspirait plus qu'à balancer leurs affaires dans l'une des cabines avant d'aller découvrir les alentours.

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Message· · Sujet: Re: sometimes home isn’t four walls and a roof, it is two eyes and a heartbeat sometimes home isn’t four walls and a roof, it is two eyes and a heartbeat EmptyMer 14 Aoû 2019 - 4:04

Si Bran avait conscience d’être capricieux ? Oui. Regrettait-il de l’être ? Non. Il en avait assez que les mains de Jax passent plus de temps à serrer ce stupide volant plutôt que de lui caresser les cheveux, et sa patience (ainsi que sa tolérance au fait de ne pas être le central total et complet de l’attention) avait été atteinte, d’autant plus que Jax jouait avec ses nerfs à lui préférer ostensiblement son stupide camion. « Présenter mes excuses ? » s’offusqua-t-il, outré d’être mis au même niveau que le tacot cahoteux dans lequel ils risquaient leur vie chaque seconde. « Ta mort qui risque d’arriver plus tôt que prévu si tu ne gardes pas les yeux sur la route. » siffla-t-il entre ses dents, conscient que Jax le faisait exprès mais incapable de résister aux provocations de son amoureux - peut-être parce qu’ils avaient perdu trop de temps à être tristes, à être sérieux.  À moins que Jax ne cherche vraiment à le rendre fou ? Non content de parler à son camion, Jax le privait de la seule pièce de technologie qu’il avait amené avec lui pour leur aventure. « Non ! Jax ! » Impuissant, Bran ne put qu’être le témoin désespéré de la chute puis de la disparition de son téléphone sous l’amas de bagages qu’ils avaient emporté. Il en regretta presque sa valise remplie uniquement de maillots de bain et considéra, horrifié, la gravité de cette pensée. Jax et ses manières frugales déteignaient sur lui ; or, l’inverse ne semblait pas être vrai et ce fut un Bran terrorisé par la perspective de se muer en un bûcheron mal dégrossi qui se mit à bougonner dans sa barbe inexistante. « Sérieusement ? Le problème, c’est que ta notion d’extrême-urgence ne commence qu’à partir du moment où je perds une jambe. » Un tas d’images effrayantes (araignées, branches qui bougeaient un peu trop vite, vent qui soufflait trop fort, des touristes en sandales-chaussettes) défila devant ses yeux. Il lança un regard plaintif vers la banquette arrière mais son portable avait bel et bien disparu entre les bagages (pour une raison qui restait mystérieuse, Jax avait tenu à apporter sa tente quand Bran avait décrété qu’il préférerait encore dormir sur un tapis de clous) et il se retourna vers son petit ami, bras croisés et pli boudeur sur le front. Pli qui disparut pourtant bien vite lorsque Bran réalisa que Jax avait quitté la route pour suivre celle du fameux lac. Oubliant momentanément le deuil de son téléphone, il se redressa, les deux mains sur la plage avant et laissa le paysage se dérouler devant eux. « San Francisco peut aller se rhabiller. » déclara-t-il, pinçant gentiment la cuisse de Jax pour lui signifier qu’il avait gagné, encore une fois. « Je te fais confiance, tu dois avoir des techniques pour les repousser. » répliqua-t-il sereinement à propos des insectes. Fasciné par la beauté du lieu, il ouvrit la portière et descendit du vieux tacot - qui les avait vaillamment transporté jusqu’à cet oasis, il devait bien le reconnaître. En guise de remerciement, et parce que Bran avait vu Jax le faire (et qu’il trouvait ça stupidement adorable), il flatta la portière fermée avant de faire quelques pas sur le gravier qui se mua bientôt en un sol plus doux. Impatient, il se retourna et vint chercher Jax qui descendait à son tour. « Viens. » souffla-t-il en entremêlant ses doigts à ceux de Jax. Les bagages, la voiture, la cabine pouvaient attendre.
Viens. C’était son nouveau mot d’ordre, ce viens chuchoté et intime. C’était plus une invitation qu’un ordre, comme s’il doutait à chaque fois que Jax veuille bien le suivre dans ses lubies, comme s’il avait peur que désormais, l’ouvrier y songe à deux fois avant de plonger la tête la première dans leur histoire. Alors Bran, pour conjurer la possibilité, camouflait ses incertitudes et les transformait en mots doux pour mieux aller les semer au coin de la bouche de Jax. Jax qu’il entraînait sur la plage du lac et à qui il lâcha la main, mais pas sans auparavant avoir gratifié l’ouvrier d’un baiser dans le cou. « On va être si bien. » ronronna-t-il, ignorant complètement les mises en garde pourtant justifiées de son petit ami. Tant pis pour les bestioles et autres bêtes, il était certain que son chevalier servant le protègerait de tout ça et il ne voyait que l’étendue scintillante, les montagnes aux cimes enneigées et… le ponton en bois situé au large du lac. Un sourire qui ne valait rien de bon caressa l’ourlet délicat de ses lèvres et Bran s’écarta soudain de son petit ami, passant du chaton docile à la panthère en quelques secondes. « On parie que je te ratatine, Beauchamp ? » Les bras croisés et l’attitude conquérante, il désigna du menton la structure qui semblait être posée à la surface de l’eau, à une soixantaine de mètres au large. Il ne lui avait pas fallu une minute pour trouver de la compétition là où un autre n’aurait vu qu’un innocent moyen de s’amuser sur l’eau. Chassez le naturel et chez Bran, il revenait au galop… et au centuple. « Si tu gagnes, fine. Je jouerai au parfait petit campeur. J’apprendrai à faire du feu et à faire rôtir des écureuils, c’est ça que tu fais, non ? » Le menton relevé dans une expression de défi fanfaron, Bran s’approcha tout près de Jax, les mains plantés sur ses hanches et l’oeil pétillant. Il n’y avait personne autour d’eux et c’était tant mieux, car l’idée diabolique qui venait de naître dans la caboche dorée de Brandon Rose nécessitait d’avoir Jax Beauchamp pour lui tout seul. « Si je gagne, eh bien… » Sans pudeur, Bran vint faire glisser ses doigts sur la ceinture de son petit ami, retraçant la frontière entre la peau et le tissu. Il suivit sa main du regard alors qu’elle s’aventurait vers des latitudes plus audacieuses puis releva les yeux, ses prunelles aussi bleues que le lac. Et parce qu’il savait que Jax se montrait toujours sensible à ce genre d’arguments, il mordit dans son propre sourire et se hissa sur la pointe des pieds pour déposer un baiser papillon au coin de sa bouche. « Je conduis ton camion pour le reste du voyage. Et on écoutera ma musique. » souffla-t-il tout contre les lèvres de son amant. Sans prévenir, sa main quitta l’endroit où elle s’était pourtant confortablement installée et Bran s’écarta d’un pas vif, ôtant son tee-shirt dans un geste souple qui trahissait l’habitude de ce genre de mise à l’épreuve. « Top départ, Beauchamp, tu prends du retard ! » lança-t-il tout sourire, à moitié emberlificoté dans son short qui achevait sa descente sur ses jambes bronzées. Ses baskets et ses chaussettes connurent le même abandon et en quelques minutes à peine, il se retrouva dans l’eau jusqu’aux chevilles, vêtu seulement d’un boxer noir. « Oooh, c’est froid. Froid, froid, froid. » psalmodia-t-il alors qu’il continuait à avancer dans l’étendue d’eau glacée, obnubilé par l’idée de creuser la distance entre lui et son petit ami. Pieds gelés ou pas, Bran allait gagner la course et alors que l’eau lui arrivait à peine aux cuisses, il plongea complètement, tête la première vers la victoire et le fond de galets. Le froid lui coupa le souffle, la tête lui tourna, mais il tint bon, il avait vu pire, lui, l’ancien capitaine de l’équipe d’aviron d’Edgewater. Il resta sous l’eau jusqu’à ce que ses poumons le brûlent un peu trop fort et il jaillit de l’eau avec force, cherchant Jax du regard pour le trouver encore trop loin à son goût. Bran se passa une main dans ses cheveux désormais trempés et dégagea son front. « Attrape-moi si tu peux ! » lança-t-il, avant de se relancer à l’assaut de la plate-forme flottante encore trop lointaine pour qu’il puisse déclarer victoire.

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Jax Beauchamp

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Message· · Sujet: Re: sometimes home isn’t four walls and a roof, it is two eyes and a heartbeat sometimes home isn’t four walls and a roof, it is two eyes and a heartbeat EmptyHier à 18:05

Qu'y avait-il de plus exaltant qu'avoir cette nature sauvage qui vous cernait, cette vie à ciel ouvert, cette liberté de mouvement ? Jax l'ignorait, mais s'arrêter au bord de ce lac, cela lui donna l'impression que ses poumons s'ouvraient, que son coeur s'allégeait et que son âme s'apaisait. Et, oui, évidemment, la présence de l'impudent à ses côtés n'y était pas étrangère. Que faisaient-ils, l'an passé, à cette période ? Un sourire vint écorner les lèvres de Jax. Il n'avait pas besoin de réfléchir très longtemps. C'était un soir de mai que Bran était venu chez lui, qu'il avait réchauffé des pizzas et ensuite... Une onde délicieuse gronda dans le ventre de l'ouvrier. Cette première fois avec Bran, elle l'avait marqué, elle avait éclipsé toutes ses expériences précédentes. Il n'avait pas cru que ça serait pareil que de coucher avec des inconnus dans un coin sombre mais il n'avait pas imaginé cette communion, cette félicité à ne faire qu'un, bien au-delà d'une fusion des corps, ç'avait été une fusion des âmes. Jax préférait s'arrêter à ce chapitre, faire abstraction de la dispute du gymnase qui avait éclaté quelques semaines après seulement. Ils n'avaient été faits que de hauts et de bas - des hauts vertigineux à en faire perdre le souffle à Jax, des bas qui l'avaient assommé et désorienté. Alors Jax ne pouvait s'empêcher de se dire qu'il était dans une courbe ascendante, idyllique, à faire battre son coeur à cent à l'heure, à lui faire croire que tout était possible, que l'amour et la vie pouvaient se résumer à ce bonheur intense, mais qu'une pente pouvait tout aussi bien suivre. Un mot de travers, un élément extérieur qui serait décidé à les contrarier et à les séparer. Il ne voulait pas y penser, il voulait rester dans l'instant présent, il ne voulait pas assombrir le ciel de ses craintes, mais ça restait dans un coin de sa tête, invariablement. Ils ne savaient apparemment pas faire dans la demi-mesure, après tout. Jax finit cependant par chasser ce trouble pour se concentrer sur le paysage et sur son compagnon, dont les grognements le faisaient sourire et ne lui donnaient qu'une envie: l'attraper par le cou et le serrer contre lui, avec force, jusqu'à l'étouffer, pour que son coeur batte contre le sien, pour que sa chaleur vienne faire fondre ses peurs.
- Parfois c'est ta langue, que j'aimerais couper, lui avait-il lâché quand Bran s'était offusqué que son appareil atterrisse avec une telle désinvolture sur la banquette arrière.
Il avait failli lui dire que tant qu'il ne perdait pas autre chose, ça lui allait mais il n'eut sans doute pas besoin de le préciser à haute voix pour que son amant comprenne la signification de son sourire en coin. Il aimait quand ils se chamaillaient de la sorte, ça n'avait aucune réelle conséquence, ça n'égratignait pas leur amour encore fragile, ça ne le faisait pas douter à chaque instant d'une rechute possible. Alors il voulait bien que Bran l'assaille de ses récriminations si ça restait sur ce ton-là, il voulait bien qu'il le martyrise en le pinçant autant qu'il le voulait, pour autant qu'il garde cette humeur taquine et légère. Elle lui allait bien, et elle faisait du bien à l'ouvrier. Les yeux clairs du jeune homme ne manquèrent pas de remarquer le geste discret mais éloquent du jeune Rose et si un sourire vint chatouiller les lèvres de Jax, celui-ci s'abstint de faire la moindre esquisse victorieuse. A la place, il inspira longuement l'air frais, qui lui paraissait si pur, loin de la ville, perdu au milieu des montagnes.
Viens.
Jax abandonna la contemplation rêveuse du paysage pour resserrer les doigts autour de ceux de Bran et obéir. Il ne le dit pas, parce qu'il avait un peu peur de la réaction du jeune homme, mais Jax aurait voulu dire qu'il le suivrait n'importe où. Il suffirait qu'il souffle ce mot magique - viens - et les jambes de Jax s'actionneraient et suivraient le mouvement, qu'ils aillent vers un paradis perdu ou un enfer sur terre. Tant qu'ils étaient à deux, Jax voulait bien tout affronter.
- Mmh mmh, concéda-t-il devant l'assurance de son petit ami, réprimant l'envie de lui dire qu'ils seraient encore mieux s'ils dormaient à la belle étoile, lovés dans les bras l'un de l'autre, à fixer le ciel picoré d'étoiles et l'immensité qu'il représentait - de leur amour, des possibilités qui s'offraient à eux.
Car si Jax n'avait jamais eu beaucoup d'ambitions, s'il n'aspirait pas à être riche, à monter les échelons de son entreprise, il pouvait sans mal se perdre dans des idées folles dès qu'il s'agissait de Bran. Une maison à eux. Un bout de terre, à Windmont Bay ou pas loin. Un chien, à coup sûr. Et l'assurance qu'ils ne devraient plus jamais être séparés. Il ne pensait pas à un enfant, c'était trop abstrait, trop absurde, pas parce qu'ils ne pourraient jamais en avoir un qui soit leur mélange à eux, mais parce qu'il ne se voyait pas père. Parce qu'il n'aurait pas su comment l'élever. Peut-être était-ce parce qu'il était encore trop jeune, ou son histoire avec Bran encore trop bancale, à moins que ça soit l'ombre d'un père tyrannique et violent. Peu importait, cependant, parce que ce n'était pas ce à quoi pensait Jax à ce moment précis, il n'y aurait pas eu de place pour son géniteur. Pas ici, pas maintenant, pas alors qu'un bouclier invisible les isolait de la réalité, pas alors que la terre semblait avoir chassé la race humaine pour les laisser seuls, maitres de leur petit univers à eux.
L'écart soudain de Bran surprit Jax qui posa sur lui un regard décontenancé. Bran désigna quelque chose au loin et Jax aperçut le ponton qui flottait sur le lac. Il ne tarda évidemment pas à saisir l'idée et il prit un air faussement blasé en revenant à son amant.
- Tu triches. Ce n'est pas équitable, répliqua-t-il, écoutant toutefois l'objet du marché. Tu dois être drôlement sûr de toi pour parier un truc pareil, ironisa-t-il en croisant les bras sur son torse.
Il laissa le trublion l'approcher, intrigué par l'air qu'il arborait et le sous-entendu qu'il laissa planer. Le piège était là, à la frontière des lèvres de Bran et Jax plissa les paupières, sans chercher à dissimuler son air soupçonneux. Un rire lui échappa en entendant la seconde proposition et il secoua la tête:
- Quand t'as une idée dans la tête, tu l'as pas ailleurs, hein ?
S'il ne doutait pas vraiment que la proposition soit sérieuse, Jax fut tout de même surpris par la rapidité avec laquelle Bran se déshabilla et il fronça les sourcils, indigné:
- Hé! Pas si vite! Ce n'est pas comme ça que ça doit se passer! Il faut qu'on soit à égalité et que--
Mais autant parler à un mur puisque le garnement était déjà à l'eau. Jax laissa échapper un juron et se débarrassa maladroitement de son t-shirt, de ses chaussures et de son pantalon avant de courir dans le sillage de Bran. Il plongea dans un élan bien moins grâcieux que celui de Bran mais fut délicieusement électrisé par la fraicheur mordante de l'eau et quand il émergea, quelques mètres plus loin à peine - il n'avait clairement pas le souffle de son jeune compagnon - il vit que ses chances de gagner la course étaient très réduites. Ce fut l'air fanfaron et sûr de sa victoire de Bran qui le revigora et il marmonna:
- Tu vas voir, sale petit frimeur.
... avant de prendre une grande inspiration et d'entamer le crawl le plus soigné qu'il ait jamais nagé. Il s'employa à réduire la distance qui le séparait de son concurrent mais chaque fois qu'il jetait un regard en avant, il avait l'impression que ses efforts étaient vains ou tout du moins voués à l'échec puisque le ponton se rapprochait à chaque respiration. Ses muscles peu entrainés tremblèrent sous la pression que Jax leur soumettait mais au moins le jeune homme eut-il la satisfaction de voir la distance entre son amant et lui diminuer. Il se força à ne pas sourire, de peur de boire la tasse ou de se déconcentrer mais quand il arriva à hauteur des jambes de Bran, il décida de tricher un peu, lui aussi. D'une poussée plus hardie, il dévia légèrement vers l'autre nageur, mais plutôt que d'essayer de le dépasser, il attrapa l'élastique de son boxer et Bran, avançant toujours comme une fusée, lui facilita la tâche: en deux secondes, Jax se retrouva avec un bout de tissu noir entre les doigts et si cela lui fit perdre quelques précieuses secondes dans la course, il reprit sa nage.
Même s'il perdait, il aurait au moins la satisfaction de savoir qu'un Bran à poil pataugeait dans le lac. Et ça n'était pas rien.

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