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 AIDEN & PANAMEE •• « 2 garçons, 1 fille, 3 possibilités »

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Message(#) Sujet: AIDEN & PANAMEE •• « 2 garçons, 1 fille, 3 possibilités » Dim 7 Fév 2010 - 18:21

& &

« Le passé, c'est notre seule promenade
et le seul lieu où nous puissions échapper à nos ennuis quotidiens,
à nos misères, à nous-mêmes. »

    Enfant, on s’imagine des tas d’histoires. On rêve de la vie que l’on aura quand l’on sera grand. Après tout, c’est vrai, quel gamin n’a jamais rêvé de devenir un grand sportif ou un pompier ou encore un cosmonaute. Moi, je rêvais de construire des maisons. Enfin d’être architecte quoi. Je dessinais plein de maisons, des dessins que j’offrais à ma mère qui les gardait et les affichait sur le frigo avec fierté. J’étais un gamin plein de vie, ce genre de gosse qui court sans cesse dans tous les sens, incapable de rester en place. Un gamin rêveur et tète en l’air. Rien ne laissait présager qu’un jour, je deviendrais cet être sans cœur et autodestructeur, cet être qui ne croyait plus en rien, qui vivait dans le passé, qui n’avait plus aucun rêve, si ce n’est celui de fermer les yeux pour ne plus jamais les rouvrir, de fermer les yeux et d’oublier, une bonne fois pour toute tous les démons de son passé. Je n’avais plus rien à voir avec le gamin rêveur qui courrait partout, plus rien à voir avec ce gosse plein de vie. J’en étais même devenu le parfait opposé, errant sans but et sans raison. Comme l’ombre de moi même, un être abject, qu’aucune de mes anciennes connaissances ne reconnaissait. Pour ceux que je n’avais pas exclus de ma vie, ou qui ne m’avait pas exclu de la leur. Mais, je m’en fichais, j’avais volontairement tiré un trait sur le jeune homme rêveur que j’avais été. En toute conscience, voulant simplement oublier. Voulant simplement me fermer au monde, ne plus ressentir la moindre peine, ni la moindre douleur. Un voile s’était abattu sur mon âme cette nuit là, la nuit où tout avait basculé. Depuis, je n’avais plus vraiment était capable de faire preuve d’une réelle humanité. Comme si j’avais simplement appuyé sur le bouton ‘off’ censé contrôler les émotions humaines. Ou plutôt, comme si elle avait appuyé sur ce bouton. Car après tout, c’était pour elle que j’avais fait cela. C’était pour elle que j’avais… Enfin bref, pour elle, j’étais prêt à tout, même au pire.

    Assis devant l’écran de mon ordinateur portable, je secouais la tète, comme pour chasser son souvenir, chasser l’image de son visage, l’image de son sourire qui, même après tant d’années hantait encore mes songes. Je m’étais marié après l’avoir perdu elle, sans jamais être capable d’aimer mon épouse comme je l’avais aimée elle, d’un amour sans retour, pour l’oublier, pour passer à autre chose, tirer un trait définitif sur le passé. Devenant un autre homme. Un mari. Une nouvelle fois, je tentais de me concentrais sur mon écran, sur cette page blanche devant moi, mon rapport ne m’inspirant pas autant que mes pensées négatives. Je décidais alors de cliquer sur la petite croix rouge en haut de l’écran. A quoi bon se forcer à travailler quand le cœur n’y était pas ? J’avais de longues nuits d’insomnie devant moi pour avancer ce dossier. J’ouvrais alors une page web, cliquant sur le lien de mes favoris me dirigeant vers le site de la BBC. Un avocat se doit de se tenir informer de ce qu’il se passe dans le monde non ? Non, ce n’était pas par curiosité si j’allais fureter sur ce site. Je faisais la même chose depuis près de six ans. Furetant à la recherche d’une information qui ne voulait pas se révéler. Attendant qu’elle vienne me libérer de mes secrets. C’était devenu une obsession. Comme un besoin. M’assurer que jamais je ne lirais d’articles concernant… Mais soudain, je le vis. Une brève dans la marge, sur la gauche de l’écran. Rien de bien important. Juste quelques lignes dans la rubrique chiens écrasés. Ma main se mit alors à trembler tandis que les secondes s’égrenaient sans que je ne m’en rende compte. Mon doigt, suspendu dans le vide, au dessus de la souris, semblait refuser l’ordre que lui dictait mon cerveau, refusant de cliquer sur le fameux lien. Et pourtant, je me le devais. Un simple clic. De quoi avais-je peur après tout ? La brève lue quelques jours auparavant ne m’avait fait ni chaud, ni froid. Pourtant, ce qu’il y était écrit était bien pire que cet article que je m’apprêtais à lire. Pourquoi ce voile de froideur et d’impassibilité s’était il levé, laissant place à l’anxiété et à la peur. Je tentais de me ressaisir mais, rien n’y faisait, une vague de chaleur venait de m’envahir. Le stress. Et pourtant, mon doigt s’abattit sur la souris et le curseur appuya sur le mot ‘Michigan’ tandis que je m’efforçais de ne pas lire le reste du titre du sujet. Une nouvelle page s’ouvrir alors devant moi, une photo à l’appui. Une grimace se figea sur mon visage tandis que d’un geste vif, j’envoyais la petite souris noire valdinguer contre un mur. Cela ne calma pas mes nerfs, ni même ma rage. Pourtant, je savais que ce jour finirais par arriver. Je me levais d’un bond, prêt à jeter l’ordinateur valser, lui aussi, contre un mur mais, je me retins alors que la chaise tombait en arrière, faisant un bruit sourd sur le sol. Une idée venait de me traverser l’esprit. Mon regard tournoya autour de moi, se posant sur ce que je cherchais, l’imprimante. Je ne mis pas bien longtemps avant de la relier à mon ordinateur. Puis, sans perdre une minute, je me servis du touchpad pour cliquer sur l’icone représentant une petite imprimante. La machine en question se mit à émettre un petit bruit désagréable puis, une feuille de papier en glissa. Je la saisissais sans grande conviction, soudainement calmé et, bien plus serein. Puis, je poussais un léger soupir avant de parcourir l’article du regard. Une nouvelle vague de fureur s’empara de moi mais, au lien de la laisser me submerger, j’attrapais mes clés sur la table basse et sortais de la maison.

    Bizarrement, le trajet jusqu’à l’hôpital me sembla bien plus long que d’habitude tandis que mes mains devenaient de plus en plus moites sur le volant. J’appréhendais la discussion que je voulais pourtant avoir, ainsi que les retrouvailles que cela signifiaient. Panamee m’avait bien fait comprendre qu’elle ne voulait plus jamais me revoir, plus jamais rien avoir à faire avec moi. Cette idée, ce souvenir, réveilla une nouvelle vague de colère en moi et, alors que je venais à peine de me garer sur le parking public de l’hôpital, j’assenais un violent coup de poing contre le volant de ma voiture de sport. Puis, je laissais mon regard glisser sur le coté, le morceau de papier, cet article tant redouté se trouvait là, sur le siège passager. J’hésitais un instant puis, m’en emparais avant de sortir du véhicule en prenant bien soin de le fermer derrière moi. Je ne mis pas bien longtemps avant de rejoindre le hall de l’hôpital, puis l’accueil. Là, j’adressais un large sourire à la blondinette assise derrière le bureau puis, demandais d’une voix douce. « Je viens voir Panamee McCawley s’il vous plait ! » La jeune femme me dévisagea un instant puis demanda à son tour « Vous avez rendez vous ? » Voila, je commençais à perdre patience mais, je n’en montrais rien, me contentant de répondre « Non, c’est une amie de longue date, j’espérais pouvoir lui parler quelques instants ». La blondinette m’adressa un sourire puis, attrapa un téléphone « Attendez, je vais l’appeler monsieur… votre nom s’il vous plait ! » Je posais ma main sur le combiné à mon tour, le lui arrachant presque des mains. « C’est une surprise, je préfère ne pas qu’on la prévienne, vous comprenez ?! » Je lui adressais alors mon sourire le plus charmeur puis, la voyant hésiter, je fis une petite moue triste. La jeune femme ne résista pas d’avantage et finit par répondre « Montez au service neurologie, ils sauront vous indiquer où elle se trouve ! » Je remerciais alors la jeune femme avant de m’engouffrer dans un ascenseur pour me diriger dans le fameux service qu’on m’avait indiqué.

    A croire que la chance était de mon coté -pour une fois-, des que les portes s’ouvrir, je pus l’apercevoir parler avec une infirmière, je restais alors en retrait quelques instants, jusqu’à ce que ladite infirmière s’éloigne puis, je me précipitais vers Panamee. Là, sans lui laisser le temps de réagir, je la saisis vivement par le bras pour l’entrainer à l’écart, sans même écouter ses protestations. Puis, en continuant de l’ignorer, je plaquais l’article imprimé quelques instants auparavant sous son nez, histoire qu’elle puisse contempler par elle même ce merveilleux article. Je souriais alors d’un large sourire que l’on aurait pu qualifier de sadique avant d’ajouter. « Je crois qu’il faut qu’on parle mon cœur ! »


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Message(#) Sujet: Re: AIDEN & PANAMEE •• « 2 garçons, 1 fille, 3 possibilités » Dim 7 Fév 2010 - 20:54

Earlier in the day


Tout deux dans le lit comme deux amants, elle dormait à poings fermés aux côtés de son petit ami - qui lui s'amusait à lui toucher les cheveux, le regard pendu vers le visage de la belle brune. Panamee se mit alors à ouvrir un oeil et le referma immédiatement en voyant l'homme qui lui souriait ; sans qu'elle n'eut le temps de répliquer, elle sentit l'énorme masse masculine entrain de l'enjamber. Riant aux éclats d'un rire coquin, elle sortit alors de son sommeil en soupirant et levant les bras au dessus de sa tête ; la demoiselle regardait d'un air séduit le jeune Thomas qui faisait la moue avant de crier dans toute la chambre.

    « - Aujourd'hui vous êtes à moi Panamee Tristen McCawley ! » disait le beau blond en fouinant sa tête contre sa nuque.
    « - Et en quel honneur vous appartiendrai je monsieur Thomas ? », regardant les yeux tueurs du garçon, elle placarda ses deux mains sur le visage de l'homme ; l'incitant à descendre vers le matelas en lui chopant ses lèvres. Roulant sur le lit, elle fut à deux doigts de glisser sur la couette et de tomber à terre - mais le roulement inverse de la part de Duncan, l'empêcha de se faire mal au coccys. Son unique jour de congé. Quarante huit heures de garde avait précédé la semaine ; et le jeune brun commençait à s'impatienter, trouvant le travail de la chirurgienne encore plus entreprenant que ses gestes matinaux. Elle sentit alors la main de son homme venir à la rencontre de sa culotte au moment où son bipeur sonna, se mordant doucement la lèvre alors qu'ils avaient cessé leurs enfantillages ; elle zieuta le regard fusillant du garçon avant de porter sa main contre la boîte noire : code noir, salle 137 service N. « Je suis vraiment désolée... » marmonnait la demoiselle en contemplant son homme qui maugréait à voix basse, toujours au dessus de sa copine. La bouille que tirait Duncan la désolait profondément, se doutant bien de ses difficultés à passer des journées avec lui - elle déposa le bipeur sur sa commode et attrapant le jeune homme par le dos, elle eut un petit sourire avant de s'exclamer d'une manière espiègle.« Je suis vraiment désolée mais ça attendra » ; et d'un coup, elle tira son petit ami jusqu'à se retrouver en position de dominante, les yeux emplis de malice alors qu'il souriait du caractère de cette dernière.
    « - J'aime quand tu joues ta rebelle Pan. », et d'un coup - il s'agrippa à elle avec un air attendri ; cherchant l'ouverture du soutien gorge de la demoiselle. Elle entendit encore le bip sonore de son appareil et comprit alors que c'était important - tapant sur le bipeur pour le faire cesser ; elle le rebrancha que vingt minutes plus tard, alors que Duncan n'en avait pas fini avec elle.
    « - Dun, il faut vraiment que j'y aille maintenant, je vais me faire virer avec tes conneries. », et tout en tentant de se rhabiller, elle sentait la résitance du garçon qui la plaquait au matelas avec ce même sourire et cette moue d'enfant ; mais le poussant gentiment sur le côté, elle attrapa ses sous vêtements et cherchait ses habits en soupirant ; une main contre le front en tentant de se rappeler où ils avaient pu les jeter.


Now on FS


Arrivée à l'hôpital dans les heures du midi, elle avait frôlé la mort en tentant de griller un feu rouge - mais s'était rabattue au dernier moment, pleurant au volant et tentant de se remettre de ses émotions. Puis, d'une allure d'escargot, elle s'était garée devant les camions d'urgence ; accourant jusqu'à son service en passant par les escaliers, et enfilant ses gants pour le bloc opératoire. Panamee avait eu la chance de croiser son supérieur, Liam K. Stanfield, qui lui avait assuré des remontrances de la part du département ; et n'osant rien dire face à l'homme, elle se contenta de grogner à voix basse et de pénétrer à l'intérieur de la pièce en rejoignant ses collègues.

    « - On vous attendait plus McCawley, encore les pleurs du petit ? » s'interrogea l'un de ses collègues.
    « - Ce ne sont pas vos affaires. » rouspétait la jeune mère qui n'aimait pas qu'on s'immisce dans sa vie.
    « - Je demandai juste ça comme ça. Et puis je suis concerné, c'est mon intervention, et qui plus est, vous êtes en retard »
    « - Vous voulez vraiment le savoir, j'avais besoin de me faire sauter par mon copain, vous vous sentez mieux maintenant Johnson ? » - avait elle annoncé sur un ton indifférent et monotone au sujet de ses collègues avant de planter le scalpel dans le cortex cérébral de son patient endormi ; coupant court à la discussion qui s'annonçait à son sujet. Une ambiance morbide s'émanait de la salle d'opération, et regardant tour à tour les personnes présentes dans la pièce ; elle se sentait coupable de cette tension et tentait de remettre tout dans l'ordre. « Veuillez m'excusez, je suis à cran en ce moment. » Et tous hôchèrent la tête en signe de compréhension. Panamee finit à l'aide des autres son intervention - échangeant quelques mots avec quelques uns, elle avait finalement refermé le cortex cérébral avec facilité, retirant la minuscule tumeur qui avait plongé dans le coma le jeune patient trentenaire.


Sortant du bloc en prenant soin de jeter ses gants dans la poubelle appropriée, elle retira son masque du visage et lança un profond soupir une fois avoir atteint l'extérieur de la pièce ; cherchant dans sa blouse la fiche du patient à remettre au responsable. Elle scruta un moment les points non éclaircis par le docteur Johnson et lui tendit sans rien dire, un petit sourire échangé avant de prendre chacun leurs routes ; faisant en sorte de ne pas emprunter le même chemin. Fouillant dans sa poche une nouvelle fois, elle en tira son bipeur qui n'avait plus rien à signaler ; s'apprêtant à partir rejoindre son fils & Duncan, elle contemplait le nombre d'appels en absence qui s'élevait à trois. Tous de son petit ami actuel. Tapant le numéro direct de la ligne de son petit copain, elle n'eut qu'à attendre la troisième sonnerie pour l'entendre au fond du téléphone - et s'avançant alors vers le bout du couloir où se trouvait les ascenseurs, elle répondait à son interlocuteur.

    « - Dis moi que tu m'apelles pour me dire que tu as fini de t'occuper de tes patients et que tu peux t'occuper de moi à présent. » entendait la demoiselle dans l'autre bout du combiné.
    « - J'ai fini. » annonçait la belle brune en un soupir de satisfaction, glissant son portable contre son épaule pour le faire tenir ; alors qu'elle raccrochait sa queue de cheval en avançant à grands pas. Elle regardait les alentours en tournant à un virage, aperçevant alors le monte charge qu'elle devait prendre pour rejoindre l'accueil et sortir du Baptist Hospital. Récupérant le téléphone en main, elle eut un petit sourire en écoutant les dires de l'homme qui parlait ; et alors qu'il lui annonçait qu'il faisait le rot de son fils, elle entendit l'énorme bruit dans son mobile. « Je te laisse t'occuper de Oliver, ne me le tue pas si tu veux pas avoir affaire à moi. » rajoutait la jeune mère en coupant la conversation alors qu'il s'apprêtait à rétorquer.


Elle était à quelques mètres de l'ascenseur, un sourire fin sur ses lèvres alors qu'elle pensait à se recoucher pour la journée - elle fut interceptée par une voix provenant de derrière, et fit demi-tour de son buste en contemplant l'infirmière qui lui courrait après dans le couloir. Mandias Lincoln, put lire la jeune mère sur le badge qui s'annonçait. Reposant ses iris sur la demoiselle qu'elle n'avait jamais eu l'occasion de croiser dans les couloirs, elle eut un petit sourire franche ; lui annonçant qu'elle devait se dépêcher en montrant du pouce l'ascenseur derrière elle - mais cette dernière ne semblait pas vouloir l'entendre.

    « - Votre interne le brun, aux yeux verts... » disait la jeune blonde en gesticulant sur ses chaudes, et là, Panamee comprit immédiatement et ne put s'empêcher de hausser un sourcil.
    « - Vous voulez dire, Dexter ? », elle s'attendait déjà à une déclaration de la part de cette dernière, et marchant doucement à reculons ; elle vit le hochement de Mandias qui rougissait.
    « - Tout à fait, il est - enfin je veux dire par là que j'aimerai bien savoir si... », elle balbutiait sous les regards compréhensifs de la chirurgienne qui voulut pouffer de rire, et s'arrêtant un moment avant de partir pour de bon, elle coupa la parole à la jeune infirmière en récitant tout le glossaire qu'elle connaissait sur son interne - outre le fait qu'elle le trouvait d'un ennui et d'une mocheté sans égal.
    « - Il devrait être avec l'urgentiste Lancaster aujourd'hui. Il aura ses 21 ans d'ici deux semaines ; et comme cadeau je vous conseillerai de lui acheter le dernier jeux vidéo sorti sur PS3, c'est un vrai geek. Au plaisir Mandias. », et tournant les talons, elle l'entendit faire de même.


Baissant la tête et marchant tête baisse, elle sentit une pression sur son bras et redressa immédiatement le visage vers son agresseur - Merde. Elle tenta de lever le bras pour dégager celui de Lucas, mais il lui bloquait totalement la circulation sanguine, cherchant à lui briser le peu de biceps qu'elle avait. La demoiselle se mit alors à rouspeter après le garçon qui l'entraînait ailleurs, elle essaya de ralentir la cadence en freinant de ses pieds ; mais ce dernier la poussa un peu plus vers un coin avant de se positionner en face d'elle. N'osant même pas le regarder, et se faufilant sur le côté pour s'échapper - elle vit l'immense main du jeune brun venir contre le mur, lui bloquant totalement un éventuel passage. Panamee eut la vive intention de planter son regard dans le noir de ses iris, mais il ne cherchait même pas à la regarder ; placardant une affiche contre son nez avec un sourire narquois. Elle se décomposa et perdit tout sens de l'humour, transpirant à grosses gouttes face à l'annonce ; elle lisait en sautant des lignes le papier qu'il venait de lui tendre avec cette marque sarcastique sur les lèvres.

    « - Je crois qu’il faut qu’on parle mon cœur ! » crut elle entendre de la bouche de son ancien ami. Elle paniquait et suffoquait - n'étant tout de même pas clostrophobe ; elle ne supportait pas de ne pas être en position de force, et l'annonce qu'il lui avait montré augmentait son angoisse. En toute indifférence, il lui avait parlé comme à une inconnue - alors qu'elle tentait de comprendre son attitude désinvolte, cherchant une pointe d'amitié dans ses pupilles alors qu'elle s'était promise de le haïr depuis ce soir là. Elle eut un sursaut tout au long du corps, contemplant ailleurs que en face d'elle puisqu'il ne semblait pas prêt à la regarder ; elle tentait de se calmer et de respirer normalement. Atteinte de troubles de comportement, elle redoutait une crise - et Lucas le savait, ce genre de petits sauts d'humeur où elle comptait le nombre de lignes sur une autoroute, il les connaissait. Meuglant des mots incompréhensibles dans sa bouche, elle reprit bientôt une faible respiration dite dans la norme ; et plantant ses yeux noirs dans ceux du jeune homme, elle le dévisagea d'un air dédaigneux en tentant de le repousser.
    « - On a plus rien à se dire Lucas. » marquait la demoiselle à regret, après tout ; c'était son ami. Mais les circonstances en avaient voulu autrement, et alors qu'elle venait de lui parler - le surnom qu'il lui avait donné retentissait dans ses oreilles, alors qu'il lui souriait d'un air sadique voir sadomasochiste. Elle se mit soudainement à froncer les sourcils avec l'envie subtile de le giffler en pleine face - cherchant de l'aide dans les alentours - elle se mit à bouger dans tous les sens en gueulant vers Lucas, lui demandant à ce qu'il la lache. Elle mit soudainement ses mains sur son torse beaucoup plus développé que précédemment, et le poussa contre le mur d'en face en se tenant devant lui ; plaquant alors les bras du jeune homme contre le mur. « Et je t'interdis de m'appeler mon coeur, compris ? » Voyant enfin les iris foncés du garçon qui viraient au noirs, elle savait qu'elle allait se faire prendre par le jeune homme - une bonne baffe dans la figure au pire. Prête à la recevoir, elle avait finalement laché son emprise sur Lucas espérant le voir calmé, mais le contraire se produisit ; et elle se vit projetter contre le mur durant lequel elle se tenait en premier. Accusant le choc comme elle le pouvait, elle avait de fins yeux emplis de larmes face au garçonnet ; et sans aucune force, ne voulant pas le rejeter, elle avait fixé de ses pupilles larmoyantes - le regard hargneux du garçon. « Qu'est ce qui te prend Lu... » marmonnait la jeune mère en laissant glisser ses larmes le long de ses joues, tapant doucement contre la poitrine de ce dernier en lui faisant comprendre qu'il n'aurait jamais dû revenir - et que quelque part, elle avait déjà lu ce papier mais qu'elle n'y croyait pas, n'espérait et préférait ne pas y croire.
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Message(#) Sujet: Re: AIDEN & PANAMEE •• « 2 garçons, 1 fille, 3 possibilités » Lun 8 Fév 2010 - 20:22


2 GARÇONS, 1 FILLE, 3 POSSIBILITÉS

lucas n. hawkins, panamee mccawley & aiden lancaster

vaeltaa & weareinevitable @ LJ

- Lancaster, salle 6, vite.
- On a quoi ?, répondit le jeune urgentiste en attrapant une blouse vert turquoise et en emboîtant le pas à Richardson, sous-chef des urgences. Saisissant une paire de gants en latex à l’entrée de la salle 6, il les enfila, tandis que son supérieur répondit d’une voix impatiente :
- Accident de voiture. La voiture de la victime a fait un tonneau et elle a été écrasée sous son poids – la cage thoracique est grièvement atteinte, la victime a perdu beaucoup de sang.
Aiden acquiesça et suivit son supérieur près de la table d’opération. Richardson fit un rapide bilan aux médecins attroupés autour de la victime, une jeune femme dans un sale état, après avoir fait la liste des chirurgiens, médecins et infirmiers qui feraient l’opération. Tracy Williams, 26 ans… Il résuma la situation rapidement, tandis qu’Aiden focalisait son attention sur le visage mutilé de ladite Tracy. Sa survie dépendait à présent de lui... Comme à chaque fois qu’il devait effectuer quelque chose de délicat, il sentit sa gorge et son estomac se serrer sous l’effet de la pression.
- Scalpel. La voix était ferme, cependant, tout comme les gestes effectués par le jeune homme et l’équipe qui l’assistait.


Il était passé treize heures lorsqu’Aiden émergea de la salle d’opération, en compagnie de ses collègues, l’air épuisé mais un sourire qui en disait long sur la situation s’étirant sur ses fines lèvres. Une fois de plus, il avait réussi – ou plutôt, dirait-il, ils avaient réussi. Une vague de fierté à l’égard de son équipe s’empara de lui lorsqu’il vit une infirmière transporter Tracy, inconsciente mais dans un bien meilleur état, vers une chambre dans un lit d’hôpital. N’importe quel chirurgien spécialisé serait venu à bout de l’opération sans une hésitation et probablement sans un problème, Aiden n’avait pas la prétention de dire le contraire, et cela ne lui posait aucun problème. Sa spécialisation n’était pas la chirurgie mais la médecine d’urgence, qui comportait des réflexes bien différents de ceux adoptés lors d’une opération prévue des semaines à l’avance. Les opérations chirurgicales n’étaient pas ce qu’il faisait le plus souvent et avec le plus de plaisir, mais il s’en sortait bien, en partie grâce à ses collègues qui lui étaient d’une grande aide à chaque fois. Aiden n’avait encore aucun échec grave à son actif et comptait bien continuer dans cette voie, à sauver le plus de vies possibles.

Mais en attendant, c’était surtout son propre estomac qu’il devait sauver. En général, étant dans un département proche de l’entrée principale de l’hôpital, il quittait le bâtiment pendant sa pause pour filer à la sandwicherie du coin pour y prendre de quoi se nourrir. À chaque fois, il pensait à prendre la salade préférée de Panamee, et il filait alors vers l’hôpital pour lui déposer son lunch et, lorsque son horaire le lui permettait, il restait manger avec elle, échangeant les dernières nouvelles avec son amie. Ce petit rituel était installé entre les deux jeunes adultes depuis des mois et Aiden n’y manquait jamais. Aujourd’hui, cependant, c’était le jour de congé de Pan, ce qui signifiait qu’il n’aurait pas à se dépêcher pour tout faire dans un timing serré comme d’habitude. Il s’apprêta à retrouver Dexter, l’interne de Panamee qui, étrangement, était parfois à la charge du jeune homme lorsque la neurologue n’était pas là, pour lui dire qu’il s’absenterait l’espace d’une demi-heure, mais le trouva en pleine discussion avec une jeune femme blonde qu’il ne connaissait pas. Aiden fronça les sourcils – il n’était pas du genre à être chiant avec ses internes et était connu comme étant l’un des résidents les plus « cool » de l’hôpital, mais quand même, il ne fallait pas abuser de sa patience. Dexter était censé remplir des dossiers pour Panamee, or, il ne portait rien dans ses bras. Aiden n’allait pas le réprimander parce qu’il s’était accordé une pause pour discuter avec quelqu’un, mais à en juger par l’absence de dossier dans ses mains, cette pause pourrait durer encore un bon bout de temps.

- Dexter ? Je serais surpris si vous aviez déjà terminé de remplir les dossiers que le docteur McCawley vous a confiés, lança Aiden d’une voix égale, comme si ce n’était pas la première fois qu’il faisait la remarque à l’interne mais qu’il s’était lassé de prendre un ton sévère. Il posa ensuite le regard sur la jeune blonde qui accompagnait Dexter, et reconnut son uniforme d’infirmière. Il lui dit, d’une voix amusée : Vous ne devriez pas perturber les internes comme ça, l’hôpital va finir paralysé. Son ton n’avait rien d’agressif, on ne pouvait même pas dire qu’il lui adressait vraiment un reproche. Et pourtant, l’infirmière s’empourpra jusqu’à devenir rouge tomate.
- Je… je suis désolée, le docteur McCawley m’a dit que je pouvais trouver Dexter ici, je ne voulais pas…
- Que racontez-vous ?, l’interrompit Aiden sans même réfléchir, le docteur McCawley ne travaille pas aujourd’hui.
- Pourtant, je viens de lui parler…, bredouilla l’infirmière, visiblement terrorisée mais aussi perplexe face au comportement du jeune homme.
- Ah… Je… Dexter, terminez-moi ces dossiers, et bipez Pana… le docteur McCawley quand vous aurez terminé, d’accord ? Je sors manger, vous savez comment me contacter s’il y a le moindre problème, dit Aiden sur un tout autre ton où on percevait une excitation mal dissimulée. Il sourit à l’interne et à l’infirmière avant de tourner les talons et de se diriger vers la sandwicherie pour y acheter son menu habituel.


Une vingtaine de minutes plus tard, Aiden était de retour, un sac en plastique à la main. Il monta directement à l’étage du département neurologie, espérant y trouver Panamee rapidement. Il lui restait moins d’une demi-heure avant de reprendre son service et il voulait discuter un peu avec la jeune mère, comme à son habitude. Il s’attendait cependant à devoir fouiller dans les moindres recoins de l’hôpital pour trouver une trace de son amie, étant donné qu’elle n’était pas du genre à rester au même endroit pendant des heures. À l’inverse d’Aiden, elle était une petite boule de nerfs surexcitée en permanence – du moins, c’est ainsi que le jeune urgentiste la percevait. Et il aimait beaucoup cet aspect de son caractère, en partie parce qu’il contrastait autant avec son calme à lui. Leurs caractères, si différents et pourtant si complémentaires, donnaient naissance à de nombreuses petites taquineries et autres chamailleries qui ne partaient souvent que d’un simple petit sarcasme bien envoyé. Ils agissaient en vrais gamins, et pourtant, parfois, leurs conversations étaient de celles que l’on oublie jamais – celles qui nous donnent du baume au cœur, qui nous confortent dans notre confiance envers l’autre, et qui renforcent l’amitié. Parfois, une simple phrase ou même un simple mot suffisait à signifier à l’autre que malgré les disputes débiles, l’amitié était bel et bien présente, ancrée en leur cœur. Parfois, il y avait ces moments où ils avaient besoin de signifier leur présence auprès de l’autre, que ce soit en ayant une paire de bras toujours ouverte pour l’autre ou en apportant une salade soi-disant bio tous les midis.

Il y a aussi ces moments où l’on a besoin de l’autre. Et un de ces moments était en train de se dérouler précisément lorsqu’Aiden franchit la porte coulissante de l’ascenseur, s’apprêtant à déambuler pendant des heures dans le département où travaillait Panamee. Et c’est alors qu’il l’aperçut, plaquée contre un mur par un homme qu’il ne connaissait pas. Il n’y avait rien de romantique dans l’étreinte, rien de sensuel – la violence était plus que palpable. Aiden vit avec horreur des larmes couler le long des joues de son amie, et fut momentanément incapable de réagir alors que tout son corps semblait lui crier de courir au secours de la jeune mère. Il ne l’avait vue pleurer que très rarement – à vrai dire, la fois qui l’avait le plus marqué par les larmes de Panamee datait de près d’un an, alors qu’il rentrait tout juste de son expédition à Haïti. Des retrouvailles d’abord joyeuses, qui furent rapidement suivies par des sanglots et des aveux de rupture de la part de la jeune femme. Un sentiment de rage s’était alors emparé d’Aiden, qui avait senti une envie de casser la figure de Duncan lui démanger les doigts. Mais il n’avait rien fait, s’était contenté de consoler son amie alors qu’il tentait de réprimer sa haine à l’égard de celui qui avait osé la blesser. Jamais il ne s’était permis de dire du mal de Duncan, car il savait que Panamee l’aimait, mais le regard du jeune homme en disait long lorsqu’elle évoquait son petit ami (ou, plutôt, à l’époque, son ex-petit ami). Pas une insulte à l’égard de Duncan n’était sortie de la bouche d’Aiden au long de ces longs mois. Mais depuis cette fois où il avait vu la jeune femme en proie à une crise de larmes, il s’était promis de ne plus laisser personne lui faire de mal.

Lorsque cette pensée et cette résolution lui revinrent en mémoire, Aiden sembla soudainement reprendre conscience de la situation. Son absence n’avait duré que quelques secondes, tout au plus, et pourtant, il eut l’impression d’avoir réfléchi pendant une éternité alors que ce n’était pas exactement ce qu’il était censé faire en ce moment. Voir Panamee pleurer et se battre vainement contre cet individu qui la tenait plaquée contre le mur déchirait le cœur d’Aiden, qui se précipita pour s’interposer.

- Hé !, cria-t-il à l’attention du jeune homme, qui tourna la tête vers l’urgentiste. Qu’est-ce qui vous prend ? Aiden n’était pas aussi grand que son adversaire, mais il avait l’avantage de l’effet de surprise. De plus, ils se trouvaient dans un lieu public et le cri d’Aiden semblait avoir alerté deux ou trois personnes qui passaient par là. Elles s’arrêtèrent l’espace de quelques secondes avant de reprendre leur chemin. Sous le coup de la surprise, l’inconnu avait lâché Panamee, et Aiden se dépêcha de s’approcher d’elle pour s’assurer qu’elle n’avait rien. Tu vas bien, Pan ? Qu’est-ce qui s’est passé ? , l’interrogea-t-il à voix basse, avec ce ton rassurant et apaisant qu’il utilisait souvent lorsqu’elle était sur les nerfs, mais cette fois-ci, elle ne semblait pas en état de répondre. Une nouvelle fois, Aiden sentit son cœur se serrer en regardant les larmes perler au coin des yeux de son amie, et une bouffée de colère s’empara de lui. Tournant le regard vers celui qui avait plaqué Panamee contre le mur quelques minutes lus tôt, il reprit, d’une voix enrouée par l’énervement : Non mais c’est quoi ce bordel ? C’est quoi votre problème ? On ne vous a jamais appris à vous tenir ?


Peut-être que l’individu en face de lui était ceinture noire de judo, ou médaille d’or en boxe. Il n’en avait rien, et n’était pas intéressé par les risques qu’il pourrait encourir. Il n’avait pas réfléchi avant de parler et savait qu’il y avait de grandes chances que l’inconnu réagisse mal, mais il ne s’en inquiétait pas pour le moment. Peut-être que le fait qu’ils étaient dans un hôpital, de surcroît fréquenté, n’y était pas étranger. Et puis, si les choses se gâtaient, au moins, ils n’auraient pas besoin d’une ambulance.
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Message(#) Sujet: Re: AIDEN & PANAMEE •• « 2 garçons, 1 fille, 3 possibilités » Mer 10 Fév 2010 - 21:48

    Tout se passa si vite. Tellement vite. Je perdis le contrôle de la situation, le contrôle de mes gestes. Ma main enserrant le bras de Panamee, son regard plongé dans le miens, sa façon de se débattre, de vouloir partir, de vouloir s’éloigner de moi, comme si tout avait été de ma faute. Sa façon de me regarder comme si j’étais le méchant de l’histoire. Alors que, tout ce que j’avais fait, c’était pour elle. Uniquement pour elle. Et elle le savait, elle l’avait toujours su. J’étais incapable de la regarder, incapable de plonger mon regard dans le sien, ayant trop peur de ce que j’y lirais, ayant trop peur des mots qui pourraient sortir de ma bouche si jamais je me laissais aller à contempler son visage, si je m’autoriser à plonger les yeux dans son regard. Ayant trop peur que ma fragilité ne ressurgisse de derrière cette carapace d’impassibilité et de froideur que j’avais mis tant d’années a construire et qu’Erin avait déjà ébranlée en me foutant à la porte. Ayant trop peur de craquer, de me mettre a paniquer, d’avouer que derrière ce visage froid et haineux que j’affichais se cacher un jeune adolescent totalement paniqué à la simple vue de la photo représentée sur cet article. Je ne voulais pas la regarder car je ne voulais pas que je le souvenir me submerge, je ne voulais pas craquer, céder. Je savais que je n’étais pas aussi fort et dur que je voulais bien le faire croire à tout un chacun. Je n’étais rien d’autre qu’un être humain écorché vif par une nuit lointaine dont le souvenir voulait éclater dans ma tète. Je voulais crier, hurler, rappeler à Panamee que je n’étais pas le méchant de l’histoire, qu’elle n’avait aucune raison de me haïr, de me repousser comme elle l’avait fait et continuerait à le faire si je ne la mettais pas devant le fait accompli comme je le faisais en cet instant. J’avais besoin d’elle. Besoin d’en parler avec elle, besoin de ne plus me sentir seul et désemparé, besoin qu’elle me dise ce que je devais faire à présent. Sa haine n’était rien d’autre qu’une injustice, une douloureuse injustice. « On a plus rien à se dire Lucas. » Je savais pertinemment que j’aurais du m’attendre à cette réaction de sa part. Je m’y étais d’ailleurs préparé. Enfin, je le pensais. Mais, il n’en était rien. Ces quelques mots me déchirent un peu plus le cœur. Me rappelant une ancienne blessure qu’elle m’avait déjà infligée quelques années auparavant. Le jour où elle m’avait dit que nous n’avions plus rien à nous dire, qu’elle préférait que l’on ne se voit plus, que ce serait trop difficile et pénible pour elle. Oui, ce jour là déjà, elle avait brisé mon cœur. Ce cœur d’adolescent qui l’aimait plus que n’importe qui d’autre, ce cœur de gosse qui poussait tout mon être à n’agir que pour elle. Elle y avait planté un couteau, elle y avait laissé une marque, une cicatrice pas totalement refermée. Et aujourd’hui, ce couteau, elle l’agitait dans la plaie, prononçant les mêmes mots que ce jour là. Mais, elle se trompait. Elle se trompait totalement, nous n’avions jamais eu tant de choses à nous dire, nous n’avions jamais eus autant de raisons de parler. Et j’en avais besoin, plus que de n’importe quoi au monde. Le sourire sadique qui s’était dessiné sur mes lèvres se transforma peu a peu en un rictus mauvais alors que je la fusillais du regard et que mon étreinte sur son bras se refermait d’avantage. Elle commença alors à s’agiter, à hurler pour que je la lâche mais, je ne m’exécutais pas. Je ne l’écoutais d’ailleurs plus vraiment, la colère assourdissant tout autour de moi. C’est alors que je sentis ses mains contre mon torse, que je sentis sa frêle force me faire reculer alors que, surpris, je ne réagissais pas. « Et je t'interdis de m'appeler mon coeur, compris ? »Je fronçais alors les sourcils, plantant fermement mon regard dans le siens. Oubliant le monde alentour, oubliant où je me trouvais, étant obsédé par une seule chose, la colère que je ressentais. Déterminé à une chose, à ce qu’elle m’écoute enfin. A ce qu’elle se souvienne de ce qu’elle avait fait de moi car, soyons honnête, le monstre que je suis devenu, c’est à elle que je le dois.

    Elle dut lire ce changement d’humeur dans mon regard car, elle me lâcha sans toutefois me lâcher du regard. D’un geste vif, je la poussais alors en arrière. Son corps alla cogner contre le mur en face alors que je m’avançais vers elle, menaçant et déterminé. « Qu'est ce qui te prend Lu... » Sa voix était tremblante, cassée. Ses yeux, emplis de larmes. Mon cœur, en mille morceaux. Et pourtant, je me sentais insensible à sa douleur comme elle l’était à la mienne. Elle cognait contre mon torse tandis que je la tenais fermement par les épaules, l’immobilisant presque totalement, ignorant ses mains contre mon torse, ignorant ses coups et ses larmes. Les mêmes larmes m’avaient détruit cette nuit là, me conduisant à commettre l’irréparable, je ne me ferais pas prendre deux fois au même piège. La coupant alors au beau milieu de sa question, j’avais prononcé quelques mots d’un ton dénué de compassion. « Ce qui me prend hein ? Mais rien du tout voyons princesse. » J’approchais lentement mon visage du siens avant d’ajouter avec ironie « Princesse, cela te convient elle mieux madame sainte nitouche ? » La haine ne faisait qu’enfler en moi alors que je la plaquais d’avantage contre le mur pour l’empêcher de bouger les bras puis, appuyant mon avant bras droit à la base de sa gorge, j’avais repris, sans attendre de réponse de sa part. « Ce qui me prend c’est que cette fois, tu vas m’écouter, je ne suis plus un pantin dont tu te sers pour éviter les emmerdes et ensuite le jeter comme si de rien n’était. Cette fois, tu… »

    « Hé ! Qu’est-ce qui vous prend ? » Une voix masculine attira mon attention, me conduisant à tourner la tète vers un jeune homme se dirigeant vers Panamee et moi. Je dévisageais l’individu qui marchait vers nous d’un pas précipité tandis que, prenant soudainement conscience de la situation et de la douleur que je devais causer à celle que j’avais, un jour, aimée, je me dégageais d’elle, relâchant la pression que j’exerçais contre son corps. Une fois à notre hauteur, le jeune homme sembla s’inquiéter, plus que de raison, pour la jeune médecin, ce qui me fit lever les yeux au plafond. « Tu vas bien, Pan ? Qu’est-ce qui s’est passé ? ». Je n’allais pas la tuer non plus, c’était à peine si je ‘avais touchée. Pas de quoi paniquer comme ca. N’attendant même pas qu’elle réponde à la question, je pris la peine de répondre pour elle. « Tu as cru que c’était tes affaires petit ? Vas jouer ailleurs. ». Ce dernier se retourna vers moi, visiblement énervé. « Non mais c’est quoi ce bordel ? C’est quoi votre problème ? On ne vous a jamais appris à vous tenir ? » Je fis mine d’avoir peur, ouvrant de grands yeux ronds, levant les mains devant moi tel un coupable tout en affichant un large sourire accompagné d’un petit rire amusé. « Wouhou, je vois que cette chère Panamee a trouver un nouveau super héros prèt à voler à son secours et lui éviter les problèmes, c'est qu'elle est douée pour amadouer les gens cette... enfin bref, je vais tacher de me tenir et d'éviter toute grossiéreté ! » Je poussais un léger soupir las, secouant lentement et négativement la tète, bizarrement amusé par la situation, me reconnaissant presque en lui, avant d’ajouter d'un ton bien plus menacant, perdant brutalement confiance. « Ecoutes, je te conseille de bouger de là et d’oublier cette nana avant de t’attirer des problèmes avec toutes tes questions ! » Penchant légèrement la tète sur le coté, je poussais un nouveau soupir, teinté d’agacement et d’impatience.
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Message(#) Sujet: Re: AIDEN & PANAMEE •• « 2 garçons, 1 fille, 3 possibilités » Ven 12 Fév 2010 - 17:09

    « - Ce qui me prend hein ? Mais rien du tout voyons princesse. » entendait elle à travers les lèvres de Lucas, tremblant de tout son corps. Elle ne l'avait pas revu depuis un bout de temps, et aujourd'hui ; il se permettait de la menacer et de jouer à l'ironie - ce qu'elle n'aurait jamais eu l'occasion de voir, cinq ans en arrière. Tapant sans cesse sur le torse bombé du jeune homme, elle cherchait à se dégager de l'emprise du garçon qui la tenait à présent par les épaules ; peut être un peu trop fortement à son goût. Lorsqu'il empoigna les omoplates de la jeune mère, elle crut entendre ses os se briser à chaque reserrement de phalanges ; crispant le visage jusqu'à en pleurer. Le ton employé ne fit qu'accentuer ses larmes le long de son visage - cherchant le regard sombre et noir de ce dernier, elle se fondait à présent contre le mur tel un poster ; alors qu'il agrippait toujours son corps de ses mains. « Princesse, cela te convient elle mieux madame sainte nitouche ? », elle faisait une mine totalement déboussolée. Secouant doucement la tête négativement au nom de 'princesse', elle ne remarquait pas la hauteur du danger dans laquelle elle se mettait en le contredisant - pensant certainement le connaître, ou connaître son attitude. Mais jamais, au grand jamais le Lucas qu'elle avait connu se serait permis de la tenir comme il le faisait présentement. Son visage était à quelques millimètres du sien, et elle perdit peu à peu la parole ; n'osant même plus sortir de syllabes sous l'effet que lui produisait le garçon : violent et impulsif. Elle se permit cependant de détourner le regard de son ancien ami ; tournant la tête sur le côté pour ne pas avoir à rencontrer les lèvres du brun, et regardant alors le bout du couloir où personne ne daignait s'aventurer. « Ce qui me prend c’est que cette fois, tu vas m’écouter, je ne suis plus un pantin dont tu te sers pour éviter les emmerdes et ensuite le jeter comme si de rien n’était. Cette fois, tu… » A ce moment là, elle ne comprit plus grand chose. Jetant un oeil au jeune Hawkins qui venait de forcer contre sa silhouette ; elle se retrouva plaquer totalement contre le mur blanc de l'hôpital, ne pouvant même plus broncher ou bouger un seul de ses membres. Les yeux rivés vers le sol, elle sentit la pression de son bras contre sa gorge et ne put respirer pendant les secondes qui suivirent ; bafouillant alors son prénom.
    « Tu me fais m...l, Luc.. » tentait elle de dire sans bouger, partant tout d'un coup dans ses pensées au moment où elle croisa les yeux sombres et intenses qui la fusillaient du regard.


Flashback


Début de vacances, au nombre de cinq vieux amis bostoniens et autres ; elle avait pris le chemin du grand parc d'attraction du Michigan, au côté de Lucas Hawkins qui lui souriait d'un air galant en regardant à travers la vitre. Voiture garée et étudiants de sortie - elle s'était rapidement dirigée vers les montagnes russes malgré les réticences de certains, pour finir dans un stand de jeu où ses yeux s'éblouirent sous l'énorme peluche hippopotame.

    « - Waaawouh, le super hippopo ! »
    « - Tu le veux ? » entendit elle.
    « - Tu n'y arriveras pas. », Panamee se retourna en direction de l'une de ses amies qui haussait les épaules, main dans les poches, avec cette allure de défaitiste qu'elle haïssait. Scrutant l'arnaqueur derrière son stand, elle tira de son sweet un vieux dollar enfoui qu'elle lui tendit.
    « - Une partie s'il vous plaît. »


Cinq minutes plus tard, la jeune brune marmonnait que le jeu était truqué - et que le vendeur était la cause de sa défaite. Marchant dans l'allée principale, elle crut entendre un pas de course singulier : se retournant jusqu'à entendre Lucas qui prononçait son prénom, un énorme animal rempli de poils qui se balançait sous son bras. Un immense sourire sur les lèvres de la demoiselle qui tapait des mains, elle venait de reconnaître l'étoffe qu'elle avait crisé toute l'après midi ; et que l'homme avait à l'évidence réussi à avoir par on-ne-sait quelle manière.

Flashback


A deux doigts de suffoquer et de tomber dans les vapes, elle entendit un bruit sourd provenant de l'autre bout du couloir ; mais ses yeux ne pouvaient voir que 90° - et elle n'apercevait pas la vision de l'homme qui les interpellait. Cherchant à bouger la tête, elle se fit soutenir par le bras de Lucas, et ne chercha plus à remuer quoique ce soit. Elle se contentait de contempler son agresseur, un léger sourire d'espoir sur ses lèvres, cherchant de la peur sur le visage du jeune Hawkins, qu'elle ne trouvait pas.

    « - Hé ! Qu’est-ce qui vous prend ? » Finalement, cette voix elle la reconnaissait que trop bien. Aiden était dans les parages elle en était à peu près sûre ; et pourtant, elle n'était pas si heureuse de le voir. L'impulsivité de celui qui embrochait sa gorge l'effrayait - et elle flippait à présent pour le physique de l'urgentiste ; qu'il se fasse embrocher à son tour, par exemple. C'est alors qu'elle sentit l'emprise de Lucas qui se deserrait au fur et à mesure de la venue du médecin, cherchant à reprendre sa respiration par de petits souffles (malgré le fait qu'il ne l'ait pas étranglé pour autant) ; et tourna instinctivement son regard triste vers l'autre brun inquiet. Massant sa nuque d'un geste calme, Panamee n'osait même plus regarder son ancien ami qui venait de tenter de l'étrangler ; mais fixait d'un air fuyard les iris de Aiden qui se trouvait à présent à ses côtés. D'un signe de la tête, elle lui avait tout d'abord demandé de continuer son chemin - mais contrairement à ce qu'elle pensait, elle le vit s'arrêter près d'elle et l'interroger sur son état mental. « Tu vas bien, Pan ? Qu’est-ce qui s’est passé ? »
    « - Tu as cru que c’était tes affaires petit ? Vas jouer ailleurs. » Et, elle détournait encore son regard vers l'interlocuteur ; le Lucas qui menaçait ouvertement son collègue sans se soucier du lieu où il était - elle eut tout d'un coup un regard noir en sa direction qui ne semblait pas l'effrayer pour autant. Soupirant profondément, elle eut mal au coeur de le voir parler de cette manière ; un mal qui se dissipa rapidement en entendant Aiden reprendre la parole à son tour.
    « - Non mais c’est quoi ce bordel ? C’est quoi votre problème ? On ne vous a jamais appris à vous tenir ? » Il n'aurait jamais dû dire ça, des yeux de détresse rivés sur la blouse blanche de son collègue ; d'immenses pupilles qui l'incitaient à déguerpir avant de se manger une droite. Un faible signe de la main qui voulait le pousser à partir et à faire demi-tour - elle le vit autant têtu qu'elle l'était et ne put que retenir un faible sourire, malgré les circonstances pitoyables dans laquelle allait tourner la conversation.
    « - Wouhou, je vois que cette chère Panamee a trouver un nouveau super héros prèt à voler à son secours et lui éviter les problèmes, c'est qu'elle est douée pour amadouer les gens cette... enfin bref, je vais tacher de me tenir et d'éviter toute grossiéreté ! », entendait elle dans la bouche de Lucas qui se mettait à parler de ses dons de soit disant 'séduction', qu'elle n'avait pas. Elle arquait un sourcil dans sa direction comme pour comprendre le dialogue qu'il venait de lancer - elle se reprit entrain de lâcher une profonde expiration ; se plaquant d'elle même contre le mur en croisant les bras : la conversation n'allait jamais se terminer. « Ecoutes, je te conseille de bouger de là et d’oublier cette nana avant de t’attirer des problèmes avec toutes tes questions ! » reprit il en posant ses iris sur la demoiselle qui angoissait à l'idée de rester seule à ses côtés.
    « - OK. Tout va bien, Aiden. » mentit elle à son collègue alors que ses jambes tremblaient sous ses pieds, elle détournait son regard pour ne pas avoir à reconnaître ses mensonges ; et plantant ses iris sur Lucas, elle reprit une nouvelle fois la parole. « Aiden je te présente Lucas, Lucas je te présente Aiden. Enchanté, merci pour les connaissances ; maintenant si vous le voulez bien - je ne travaille pas aujourd'hui... » Oui, Panamee faisait tout pour détendre l'atmosphère au maximum alors que cette marque à la gorge l'irritait - apeurée du déroulement. Elle se précipita alors de choper par le bras son collègue, cherchant une excuse pour partir de l'ambiance morbide qui traînait autour de sa tête. La demoiselle qui pleurait toujours au bord de ses prunelles, se dégagea alors de Lucas dans un soupir effrayé ; et s'apprêtait à s'enfuir. « Et le mieux pour moi serait de partir. » enchaînant la demoiselle en s'évitant ses propres problèmes, tentant alors de reprendre la route avec Aiden à ses côtés - sans se douter une minute de ce que ferait son ancien ami face à sa phrase de départ.
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Message(#) Sujet: Re: AIDEN & PANAMEE •• « 2 garçons, 1 fille, 3 possibilités » Jeu 18 Fév 2010 - 2:00

Aiden ne savait pas dans quoi il s’était embarqué. Sans doute était-ce pour cela que le seul sentiment qu’il ressentait était de l’agacement, et même de l’énervement. L’inquiétude s’était atténuée en voyant que Panamee n’avait rien et qu’apparemment, l’homme qui se trouvait en face de lui ne comptait pas faire de nouveau scandale en plein milieu d’un hôpital. Aiden n’avait pas peur de l’individu qui le toisait avec mépris et indifférence, après tout, que risquait-il ? Peut-être faisait-il quelques centimètres de moins que son adversaire mais il savait se défendre, et surtout, il savait que rien ne pourrait prendre de trop grosses proportions dans un endroit aussi fréquenté que celui-ci. Non, il était tout simplement énervé par l’homme dont il ignorait toujours le nom. Que ce soit son comportement envers Panamee ou envers Aiden, ce n’était rien qui plût à l’urgentiste. Il ne laissa rien paraître de son énervement, sachant que c’était la meilleure chose pour exciter davantage son rival. Il ne voulait pas montrer que le comportement agaçant de l’inconnu lui donnait envie de passer à la vitesse supérieure. Il avait ce talent inné qui lui permettait de masquer ses émotions lorsqu’il en avait besoin – même si, de toute évidence, son animosité était toujours visible sur son visage. Aiden ne cherchait pas à arborer un visage joyeux et souriant, mais il savait que s’énerver davantage n’était pas une option recommandable. Cependant, la réponse hautaine et moqueuse du jeune homme agaça un peu plus Aiden, qui n’avait pas envie de jouer les diplomates hypocrites pendant longtemps. « Tu as cru que c’était tes affaires petit ? Vas jouer ailleurs. » Aiden arqua un sourcil et laissa échapper un sourire sarcastique à l’entente de ces propos. Apparemment, il était tombé sur quelqu’un qui ne se prenait pas pour de la merde.

- En général, quand quelqu’un se fait agresser dans les couloirs de cet hôpital, je considère ça comme mes affaires, oui, répliqua-t-il froidement et d’une voix indifférente, comme pour montrer qu’il ne comptait pas entrer dans son petit jeu et répondre à ses provocations. Du coin de l’œil, il vit l’air terrifié et désapprobateur de Panamee mais l’ignora. Il avait compris qu’elle voulait le mettre en garde mais ce n’était pas le moment de se défiler et de donner une autre occasion à l’homme de se moquer un peu plus de lui.


« Wouhou, je vois que cette chère Panamee a trouver un nouveau super héros prèt à voler à son secours et lui éviter les problèmes, c'est qu'elle est douée pour amadouer les gens cette... enfin bref, je vais tacher de me tenir et d'éviter toute grossiéreté ! » Aiden fronça les sourcils, n’appréciant pas le fait que son adversaire ait sous-entendu une insulte à l’égard de son amie. « Ecoutes, je te conseille de bouger de là et d’oublier cette nana avant de t’attirer des problèmes avec toutes tes questions ! » Une fois de plus, Aiden ignora la réaction frénétique de Panamee, tentant juste d’assimiler ce qu’il venait d’entendre. À en croire ce que disait l’inconnu, Panamee serait en train de le manipuler et il ferait mieux de l’oublier. Foutaises, se dit-il aussitôt. Panamee était bien trop gentille et amicale pour que ce soit de la manipulation. Il la connaissait depuis plus d’un an, maintenant, et il l’aurait remarqué si elle s’était mise à le manipuler. D’ailleurs, pourquoi le ferait-elle ? Elle savait déjà que par amitié, il ferait énormément pour elle. Elle n’avait qu’à être sincère et cela suffisait à Aiden. À moins que… l’aurait-elle manipulé depuis le début ? Aiden n’en savait rien, mais il n’arrivait pas à y croire. Leur rencontre avait été bien trop singulière et leur relation avait évolué de manière beaucoup trop subtile et progressive pour qu’elle ait envisagé dès le début de tout simplement l’amadouer, comme l’avait dit l’inconnu. Aiden ne pouvait même pas imaginer cette option, tout simplement parce qu’il savait que Panamee n’était pas comme ça – et de toute façon, ce n’était pas la chose dont il devait se préoccuper maintenant. La situation était bien trop délicate pour se lancer dans des réflexions profondes au sujet de la sincérité de sa relation avec Panamee. Au pire, il la questionnerait plus tard – mais non, qu’allait-il penser ? Pourquoi la questionner alors qu’il connaissait déjà la réponse et qu’il savait déjà qu’elle était entièrement sincère avec lui ? Personne ne pouvait mentir ou jouer assez bien la comédie pour faire gober une telle fausse amitié à Aiden. Non, il suffisait d’y réfléchir pour s’en rendre compte : l’homme en face de lui cherchait tout simplement à le déstabiliser. Et de toute évidence, il détestait Panamee, ce qui influençait son jugement. Après tout, s’il n’avait pas de problème avec elle, pourquoi l’aurait-il plaquée contre un mur avec comme seul but celui de l’étouffer ? Aiden se ressaisit, toute cette méditation n’ayant pris qu’une fraction de seconde, il réussit à la faire passer inaperçue. Que devait-il dire, à présent ? Difficile de garder toute son attention focalisée sur ce qui se passait lorsqu’on sentait le regard vrillant de Panamee sur soi. Que voulait-elle, quel message voulait-elle tant faire passer ?

- Pas besoin de conseils, et surtout, pas besoin de monter sur tes grands chevaux. Je suis juste venu éviter que tu l’étrangles complètement, alors si ça c’est suffisant pour m’attirer des problèmes…, répondit Aiden, fixant l’homme en face de lui avec cette même indifférence. Feinte, évidemment. Il ignorait totalement quelle tournure la situation allait prendre et c’était un sentiment qu’il détestait. Ne pas avoir le contrôle sur la situation, ne pas savoir ce qui allait se passer, c’était quelque chose d’extrêmement stressant et désagréable – sans doute était-ce le médecin en lui qui créait de tels sentiments. Soudain, Panamee prit la parole, et Aiden posa instantanément son regard sur elle. Un bref soulagement s’empara de lui lorsqu’elle confirma à voix haute qu’elle allait bien, même s’il se doutait bien que ce n’était pas la vérité – au moins, elle était en état de s’exprimer normalement. « Aiden je te présente Lucas, Lucas je te présente Aiden. Enchanté, merci pour les connaissances ; maintenant si vous le voulez bien - je ne travaille pas aujourd'hui... » Ainsi donc, il s’appelait Lucas. Aiden dévisagea le jeune homme pendant quelques instants, écoutant à peine la suite de la phrase de Panamee. Décidant de jouer le jeu que Panamee avait instauré pour détendre un tant soit peu l’atmosphère, Aiden répondit : Eh bien, enchanté, Lucas, je sens qu’on est bien partis pour s’entendre. C’était stupide et inutile, et il le savait. L’ironie était cependant toujours utile pour Aiden lorsqu’il était mal à l’aise, mais ça, seuls ses proches et ceux qui le connaissaient assez bien le savaient.


Si Aiden avait été stupide et naïf, du moins, plus naïf qu’il ne l’était par nature, il se serait dit que tout irait bien maintenant et qu’il n’y avait plus rien à craindre pour qui que ce soit. L’adrénaline de la scène de départ était retombée, ça ne faisait aucun doute. À moins d’avoir un sérieux problème ou une très bonne raison, Lucas ne s’en prendrait plus à Panamee de manière violente – et cogner Aiden dans un lieu public relèverait d’une pure stupidité. Les choses semblaient s’être apaisées, si l’on faisait abstraction de l’atmosphère de plomb qui régnait entre les trois adultes. Mais se borner à cette impression serait faire preuve de bêtise et de rien d’autre, car il ne fallait pas être un génie pour deviner que les choses étaient loin d’être finies. Lucas n’en resterait pas là, du moins, c’était le sentiment qu’avait Aiden lorsqu’il regarda ses prunelles sombres. Une lueur loin d’être rassurante y brillait, et elle semblait gagner de l’éclat lorsque Panamee lança maladroitement une dernière phrase. « Et le mieux pour moi serait de partir. » Aiden ne savait pas pourquoi, ni comment il eut ce pressentiment, mais il se rendit compte que cette phrase, au lieu d’atténuer la tension et de boucler la boucle, ne ferait que jeter de l’huile sur le feu. Difficile d’anticiper les réactions d’un inconnu, mais à en juger par le peu qu’il connaissait et qu’il avait vu de Lucas, ce genre de phrase était le stimulus parfait pour déclencher à nouveau la guerre, ou peu importe comment il faudrait appeler la scène qui venait de se dérouler. Il ne la laisserait pas filer, et Aiden le savait. Sans doute était-ce pour ça qu’il ne bougea pas d’un poil, même lorsqu’il sentit la petite main de Panamee lui saisir le bras, avec une force négligeable pour l’urgentiste. Il aurait pu la suivre et la mettre à l’abri, et pourtant, il ne le fit pas. Comme si son cerveau était déconnecté de son système nerveux et ne pouvait plus actionner ses jambes. Il était là, tout simplement. Il attendait la réaction de Lucas, imminente et inquiétante comme un ciel sombre qui annonçait une tempête particulièrement violente. Grosse erreur, Aiden. Tu aurais dû bouger, quitte à mettre ta fierté de côté et passer pour un lâche.

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AIDEN & PANAMEE •• « 2 garçons, 1 fille, 3 possibilités »

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