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 « that's just the way it goes » w/ liam.

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Message(#) Sujet: « that's just the way it goes » w/ liam. Dim 7 Fév 2010 - 22:54


ALANNAH PARKER & LIAM STANFIELD
THAT'S JUST THE WAY IT GOES


On m'avait dit qu'il était là. Je le savais depuis des jours. Mais je refusais d'y croire. Du moins tant que je ne l'avais pas vu de mes propres yeux. Et pourtant, je n'avais rien fait pour. Je faisais exprès de venir soit trop tard, soit trop tôt pour ne pas le trouver. Ainsi, j'pouvais dire à quiconque de mes amies qui m'affirmerait qu'il était bel et bien en ville que je ne l'avais pas trouvé à l'hôpital. Sauf que ma 'preuve' n'était plus valable dès que je précisais l'heure à laquelle j'avais visité le Baptist Hospital.
Mes allée-retours inutiles continuaient, jour après jour. J'attendais d'être prête à vraiment le revoir. Parce que je savais que ça viendrait d'un coup, comme toujours. Et ce jour-là finit par arriver au bout d'environ une semaine.

J'étais assise dans mon canapé. La télévision était allumée mais j'y faisais à peine attention. Je tenais entre mes mains mon mug rempli de café chaud. Je rapprochai mon nez de la tasse et humai l'irrésistible odeur qui me faisait toujours le même effet. Je savourai encore quelques instants la chaleur dans mes mains et l'arôme de mon café puis pris une gorgée. Et ce fut à cet instant que ça me frappa. C'était aujourd'hui. Ma décision était prise : aujourd'hui je choisirais l'heure idéale et irait faire un tour au Baptist Hospital. Je saurais alors s'il était revenu ou pas.
Je m'empressai de finir mon café. Ensuite, j'attrapai le combiné du téléphone et tapai le numéro que j'avais noté sur un post-it depuis quelques jours mais que je composai pour la première fois.
« Baptist Hospital, j'écoute ? »
« Bonjour!* » dis-je d'une voix nasale.
« Bonjor médéme. Moa pas parler biennn français.* Parlez-vous Anglais, s'il vous plaît ? »
Son français était terrible. Au moins ça passerait à coup sûr si je me faisais passer pour une française qui habite à OG.
« Oui oui. Excusez-moi, j'oublie toujours que je ne vis plus en France! » répondis-je.
« Il n'y a aucun soucis. Vous avez besoin de renseignements ? »
« Oui. Je voudrais savoir quand est-ce que le docteur Stanfield sera là ? »
« Le Docteur Stanfield est déjà là. Qui est-ce qui le demande ? »
Et je raccrochai le téléphone.

Je montai en vitesse les escaliers. Ne portant que des chaussettes à mes pieds, je manquai de me prendre la plus belle gamelle de ma vie. Heureusement que j'avais pu retrouver mon équilibre. Une fois en haut, je fis en sorte de prendre une douche rapide. Et alors que je mettais mon vieux jeans Levis, mon pull en V noir et mes baskets, mes cheveux commençaient déjà à sécher. Je les avais déjà démêlés du coup je me contentai de lisser ma frange et d'un peu sécher le reste. Je pris rapidement mon sac-à-main noir d'hier et mes clés. Et je quittai sans plus attendre la maison.
Sauf que ma Volvo Berline refusa de démarrer. Non mais quel coup bas! D'toutes façons, pas le temps de me prendre la tête. Prendre un taxi me prendrait moi de temps.
Trouver un taxi n'a pas du tout été dur. Je montai vite fait et donna l'adresse au chauffeur. J'espérais de tout coeur qu'aucun embouteillage ne viendrait nous attarder et pour une fois, mes prières furent entendues.
Et j'arrivai enfin, une fois encore. Sauf que cette fois-ci était la bonne. Il était là. Mais je n'avais pas encore décidé si j'allais lui parler ou non. Il fallait que je le vois en tout cas.
J'entrai discrètement, un peu perdue. Je demandai donc à la première infirmière que je vis où trouver le département Neurologie et elle m'éclaira. Je réussis à trouver le bon chemin. Sauf que les couloirs du département étaient presque déserts.
Toute personne qui croyaient à ces histoires de "signes envoyés par le destin" me dirait que là c'en était un. Mais vu que je ne croyais pas, je ne mis pas fin à ma recherche. Au contraire. Les patients étaient les seuls à qui je pouvais poser des questions sans que cela n'éveille le moindre soupçon. Je me mis donc à la tâche et commençai par interroger un homme bien âgé, assis pas très loin.
« Excusez-moi Monsieur? Savez-vous où puis-je trouve le docteur Stanfield ? »
« Si c'est le neurologue que vous cherchez et bien il est allé quelque part par là-bas. Puis il est allé à gauche. Ou alors il est allé à droite ? Je ne sais plus trop. »
« Et bien merci, je vais aller voir. » le remercia-je, un sourire aux lèvres.
Pauvre bonhomme. Ses indications n'étaient pas fiables mais c'était ça où rien. Parce qu'il n'y avait aucun patient à part lui dans ce département. Je suivis donc la direction que m'avait montré le monsieur et décidai de tourner à gauche. Liam n'y était apparemment pas. Je continuai d'avancer quand même dans le couloir, histoire de bien m'assurer qu'il n'était pas là avant de faire demi-tour. Une fois bien sûre que les lieux étaient "Liam free", je décidai de vérifier de l'autre côté. Et alors que je me retournais, ça m'a frappé, au sens littéral. Je venais d'entrer en collision avec quelque chose. Oui plutôt quelqu'un. Parce qu'aux dernières nouvelles, les objets ça ne se déplaçait pas.


Dernière édition par Alannah C. Parker le Lun 8 Fév 2010 - 14:03, édité 2 fois
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Message(#) Sujet: Re: « that's just the way it goes » w/ liam. Lun 8 Fév 2010 - 0:59


    « J'ai les résultats de vos examens. » Comme toujours, son ton semblait légèrement froid, mais tous les médecins savaient qu'ils se devaient d'agir ainsi afin de garder la face et de ne pas s'affaler devant les patients.
    « C'est pas trop tôt! Vous allez me donner quelques bons aspirines pour ma migraine et me laisser rentrer chez moi, maintenant? » demanda-t-elle en posant le regard sur une femme médecin qu'elle ne connaissait pas.
    « Je vous présente le docteur Penfield. Elle... Elle est oncologue. »
    « Vous pourriez pas parler anglais? Je ne comprends rien aux termes médicaux. »
    « Vous avez une tumeur, madame Johnson. »
    « Un cancer? »
    « On ne peut pas vous le dire, pour l'instant. Nous devons faire d'autres examens pour le confirmer. »
    « Rien ne dit que c'est cancéreux. Une tumeur bénigne pourrait être retirée sans trop de dommages cérébraux. »
Ils avaient dû user de beaucoup de patience afin de lui faire accepter ces nouveaux examens, surtout qu'elle avait déjà dû se soumettre à un scanner cérébral ainsi qu'à une prise de sang. Lorsque Liam quitta la salle de sa patiente en laissant la femme en compagnie du médecin, il poussa un soupir de découragement. Les jours comme celui-là, il aurait préféré demeurer au lit. Il s'était d'ailleurs couché très tard, après quelques verres de vodka et un nombre un peu moins élevé de dossiers à vérifier. Par chance, il n'avait pas eu de mal à s'endormir, l'alcool le détendant et l'éloignant de tous ses soucis actuels. C'était amorphe et endormi qu'il avait fait irruption dans l'aile de neurologie après avoir déposé Leah à l'école. Par chance, il n'était pas de garde aux Urgences ce jour-là parce qu'il n'aurait pas été de bonne compagnie. Déjà que ses propres patients avaient dû payer les frais de son manque d'enthousiasme et l'annonce d'un cancer à une femme qu'il suivait depuis un moment ne faisait rien pour arranger les choses.

Lorsqu'il passa devant le secrétariat, on l'avertit qu'une femme avait téléphoné pour lui, mais qu'elle n'avait pas laissé de nom et qu'elle avait raccroché. Liam ne s'en formalisa pas outre mesure. Ce n'était pas la première fois qu'on tentait de le rejoindre à l'hôpital et si ça avait été important, elle aurait laissé un numéro où la joindre. Il haussa simplement les épaules comme quoi cette information ne lui était pas utile et il fit face aux sourcils froncés de la secrétaire qui ne semblait pas le reconnaître. Il comprit que les muscles de son propre visage n'avaient pas beaucoup travaillé aujourd'hui et il se força à lui faire un petit sourire qui sembla la rassurer. Liam se décida d'ailleurs à conserver ce sourire sur son visage, surtout lorsqu'il croisa dans le couloir un jeune garçon qui avait l'âge de Leah. Liam l'avait rencontré il y avait quelques jours alors qu'il devait passer quelques examens et ils s'étaient bien amusés. Du moins, Liam lui avait fait oublier l'espace d'un moment qu'il était malade et que lui-même était un médecin. Dès qu'il le voyait, son sourire revenait parce qu'il ne pouvait pas se permettre d'être aussi malheureux alors que ce petit garçon n'atteindrait sans doute jamais l'âge adulte puisqu'il était atteint de sclérose en plaques, une maladie rare chez les enfants de son âge. Dans quelques années, sans doute, vu l'évolution de sa maladie, il risquait de ne plus pouvoir se déplacer qu'en fauteuil roulant et Liam était navré de ne pouvoir pas faire grand chose pour lui. La vie était ainsi faite.

Quelques blagues, quelques coups de poings et même un petit jeu de poignée de main qu'ils faisaient à chaque fois qu'ils se voyaient, ça allait parfois jusqu'à vingt fois par jour, plus tard, Liam avait retrouvé une parcelle de sa bonne humeur et souhaita bonne chance au gamin lorsqu'une infirmière l'entraîna en riant dans une petite salle. Lorsqu'il passa devant le bureau de l'un de ses collègues, celui-ci lui fit signe de venir le retrouver.
    « Quand tu auras deux minutes, j'aurais des papiers à te faire signer. La paperasse habituelle des externes... »
    « Ils sont où, tes papiers? Si tu les as ici, j'ai deux minutes! »
    « Juste là... »
    « La petite Cooper a l'air de vouloir faie des progrès, non? »
    « Attends, tu ne la côtoies que depuis une semaine... C'est toujours comme ça avec elle! »
Rigolant tous les deux, Liam resta une bonne quinzaine de minutes dans son bureau avant de finalement se diriger vers la porte, à reculons, écoutant la dernière histoire du neurologue en secouant la tête. Il eut un léger signe de tête en riant et fit quelques pas, le nez plongé dans le dossier de l'étudiante qu'il lui avait donné en même temps. Il en échappa ses feuilles lorsqu'il percuta quelqu'un et eut tout juste le temps de la rattraper avant qu'elle ne s'étale sur le sol.
    « Je suis vraiment désolé, je ne regardais pas où... »
Brusquement, il n'avait pu terminer sa phrase. Il avait cligné des yeux afin de s'assurer qu'il n'était pas en train de rêver, mais apparemment, la jeune femme qui se tenait devant lui était bel et bien celle qui avait fait chavirer son corps de nombreuses années auparavant. Alannah. Celle qu'il n'avait jamais cessé d'aimer. La mère de sa fille. Celle à qui il ne pardonnerait jamais, sans doute. Il mit un temps fou avant de se rendre compte qu'il la tenait dans ses bras et il la relâcha un peu abruptement sans doute, muet d'étonnement, de surprise et de colère. Qui était-elle pour revenir le chercher ici huit ans après? Elle pensait qu'il serait heureux de la revoir, peut-être? Elle n'avait fourni que de vulgaires explications qui ne tenaient même pas debout pour justifier son départ et non, il n'était pas heureux de la revoir. Après toutes ces années, elle avait changé, bien sûr, mais elle était reconnaissable entre toutes. Ses cheveux, ses yeux, son visage... Visage qu'il avait tant aimé embrasser et caresser. Ce temps-là était révolu.

Il reprit ses esprits et passa une main sur son visage, persuadé que la jeune femme n'était qu'une illusion. Pourtant, lorsqu'il lui fit face de nouveau, elle était toujours là. Il avait désormais perdu le sourire qui avait été si difficile à gagner au cours de cette foutue journée.
    « Tu sais à quel point j'aime les surprises. Si tu voulais savoir si j'étais encore en vie t'avais qu'à appeler, je te l'aurais dit. »
Son ton abrupt laissait présager de son état d'esprit et tout était mélangé dans sa tête. Il n'avait pas pensé au fait qu'il puisse la blesser et sincèrement, si elle pouvait être blessée par ses paroles, tant mieux. Il n'avait pas cherché à atténuer leur sens et il 'avait pas cherché à la ménager non plus. Son visage impassible laissait toutefois poindre une once de colère. Elle n'avait pas le droit de se trouver là. Il ne savait pas où elle était ces huit années durant, mais il savait que sa place était là-bas et non ici.
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Message(#) Sujet: Re: « that's just the way it goes » w/ liam. Lun 8 Fév 2010 - 19:19


Il y eut de la douleur. Une qui était physique, parce que nom d'un chien, ça faisait mal de se prendre quelqu'un en plein dans la visage. Et là, il y eut cette voix que je reconnaîtrais parmi mille autres, même si je ne le voulais pas. S'il n'y avait eu que la voix, ça aurait pu être moins pire. Sauf qu'il y avait aussi eu le contact.

Ça s'était passé rapidement. Et en quelques secondes je me retrouvai dans ses bras, le souffle coupé. Son visage était aussi vide que le mien, peut être plus. Parce qu'en fin de compte, je m'attendais à le voir plus qu'il ne s'y attendait. Ce qui me laissait perplexe d'ailleurs. Personne ne lui avait donc dit que j'étais retournée à Ocean Grove depuis à peu près neuf mois ? N'avait-il pas cherché à me retrouver ? Mais en y pensant, pourquoi l'aurait-il fait ? De un, je l'avais quitté. Je l'avais laissé avec un enfant à sa charge et m'étais enfuie sans réelles explications. Et de toutes façons, il était sûrement passé à autre chose. Mais n'empêche. Ne s'était-il jamais dit que ça serait bien de retrouver la mère de sa fille ? Remarque, je n'avais laissé aucun indice sur où j'étais partie. Mais il savait que j'aimais Paris, il aurait dû se douter que j'y étais partie. Ou pas.

Mon rappel à la réalité arriva lorsqu'il me lâcha sans prévenir. On aurait dit que j'étais une chose brulante tant son mouvement avait été brusque. Je réussis cependant à reprendre mon équilibre sans trop de mal. J'étouffais pour je ne sus quelle raison puis réalisai que j'avais oublié de respirer.
J'aurais dû me douter que ça serait dur de le revoir. Je n'étais peut être plus amoureuse de lui mais être là, en face de lui, n'était pas du tout chose facile. Parce qu'à chaque fois que je le regardais, je me remémorais le pire souvenir de toute ma vie. Je revoyais l'ahurissement teinté sur son visage. Et plus encore, la douleur que j'avais lu ce jour-là dans ses yeux.
Il n'avait pas vraiment changé. C'était pratiquement le même Liam que j'avais laissé mais en plus âgé - chose tout à fait normale - en version moins souriant et plus... dur. La douleur de huit ans en arrière avait au moins disparu. Mais elle semblait avoir céder sa place à de la colère et de la froideur. Celui qui se trouvait en face de moi à cet instant-là n'était pas celui que j'avais connu, celui que j'avais aimé. Et c'était de ma faute s'il était devenu ainsi. Encore une chose à ajouter dans la liste des dégâts que j'avais causé. Une liste qui promettait d'être longue. Vas-y, éclate-toi conscience, prends note.

« Tu sais à quel point j'aime les surprises. Si tu voulais savoir si j'étais encore en vie t'avais qu'à appeler, je te l'aurais dit. »

Son ton était sec. Et je ne sus quoi répondre. Ses mots étaient blessants et je n'arrivais pas à croire ce que je venais d'entendre. Jamais il ne m'avait parlé ainsi. Ni sur ce ton, ni avec des mots pareils. Ça me faisait mal, c'était un fait. Mais je n'avais pas à lui en vouloir pour cela. J'étais la source de ce comportement. Et je m'en voulais. Je m'en voulais à un point qu'il n'imaginait même pas. Je détestais ce qu'il était devenu. Je l'avais brisé. Et maintenant il avait tous les droits de me détester, de me faire souffrir à son tour. Tout en lui me disait que me revoir était la dernière chose qu'il avait souhaité. Son visage, ses yeux, sa voix, ses gestes et maintenant. Il m'en voulait, il me haïssait. Et je lui en donnait le droit.
J'aurais voulu crier, pleurer. J'aurais voulu tout annuler, tout reprendre à zéro. Mais aucun retour en arrière n'était possible. Il fallait donc faire avec et me concentrer sur la raison de ma venue ici. Ma fille.
Je chassai toute trace de mes vrais sentiments de mon visage - bien que j'étais sure qu'il avait pu lire une once de douleur dans mes yeux - puis de ma voix. Il fallait faire preuve d'autant de courage dont j'étais capable.

« Ecoute. Liam. Que tu veuilles le croire ou pas, je suis désolée. Je suis réellement et profondément désolée pour tout. Et je ne suis pas là pour remuer le couteau dans la plaie. Je veux juste... ma fille. »

Et j'attendis sa réaction qui ne tarda pas à arriver.
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Message(#) Sujet: Re: « that's just the way it goes » w/ liam. Mar 9 Fév 2010 - 0:52

La douleur qu'il pouvait lire dans le regard d'Alannah aurait pu le persuader qu'il avait tout faux et qu'elle regrettait peut-être ses gestes passer, mais ce ne fut pas le cas. Comment pouvait-elle simplement regretter? Ou... Si elle regrettait, pourquoi avait-elle laissé passer huit longues années avant de revenir? Ça n'avait aucun sens. Elle pouvait regretter, mais elle n'avait pas eu le courage de faire face à ses responsabilités de longues années auparavant et elle l'avait abandonné. Le simple fait de repenser soudainement à cette soirée lui donnait le haut le coeur alors qu'il se rappelait comme si c'était hier de l'état de profonde détresse dans lequel il avait été plongé de nombreux mois après sa disparition. Elle n'avait pas idée à quel point il avait cru que la vie s'acharnait sur lui alors qu'elle devait être de à l'autre bout du pays ou même, de l'autre côté de la planète. Il avait tout bonnement cru que le ciel lui tombait sur la tête, que tous les Dieux du monde étaient contre lui et que la Terre avait cessé de tourner. C'était son petit bonheur qui était attaqué. Sa famille. Sa vie. Elle n'avait aucune idée de ce qu'il avait du endurer alors qu'on lui demandait toujours comment elle allait et qu'il se devait de répondre qu'il n'en savait rien. C'était vrai. Elle aurait pu mourir d'un accident de voiture qu'il n'en aurait jamais rien su. Bien sûr, il avait été particulièrement attentif, les premiers mois, afin de s'assurer qu'il ne lui était rien arrivé, mais il avait finit par laisser tomber ses recherches et ses envies soudaines de la protéger. Si elle avait quitté le pays, il ne pourrait jamais savoir comment elle allait. Il avait gardé espoir qu'elle revienne, mais il s'était rapidement fait une raison. On avait dû l'aider par contre. Lui dire «Ça ne sert à rien de s'accrocher, Liam, tu dois tourner la page.» ou même «Ta fille a besoin de toi, vieux, arrêtes de penser à elle!» pour qu'il finisse par comprendre qu'il devait passer à autre chose, que l'attendre à jamais ne lui serait d'aucune aide.

La revoir n'avait pas été dans ses projets et il avait espéré qu'elle serait partie suffisamment loin pour ne plus oser revenir dans sa vie ou même dans la vie de Leah. Il avait attendu en vain, des mois, des années, et il s'était rendu à l'évidence. Elle ne reviendrait pas. Jamais. Il avait alors recommencé à vivre. Étrangement peut-être puisqu'il était tiraillé entre la fin de ses études, sa fille et tout le reste, mais il avait finit par la classer dans la catégorie souvenirs afin de ne plus espérer son retour. Il en était même venu à la conclusion qu'il ne voulait plus qu'elle revienne, qu'il ne pourrait pas lui pardonner ce qu'elle avait fait et qu'il valait mieux qu'elle reste à l'écart de leurs vies. C'était mieux pour tout le monde. Pour Alannah. Pour lui. Pour Leah. Pour tout le monde. Des tonens de choses lui passaient par la tête alors qu'Alannah se tenait devant lui, comme un fantôme du passé revenu pour le hanter. On ne lui avait rien dit de son retour. Il faut dire que Liam n'était revenu que depuis un peu plus d'une semaine et qu'il avait suffisamment eu de choses à s'occuper pour ne pas oser faire attention aux ragots, mais il espérait que ses amis n'étaient pas au courant. De toute façon, on lui aurait dit qu'elle était en ville qu'il ne les auraient même pas cru. D'ailleurs, il n'aurait même pas essayé de la retrouver. Il n'avait rien à lui dire. Il l'avait rayée de sa vie un point c'est tout.

Malgré les années, il était encore surpris de savoir qu'il pouvait voir comment elle se sentait simplement en la regardant et en analysant ses gestes et ses paroles. Et même si elle semblait réellement désolée, les paroles qu'elle prononça lui firent l'effet d'une bombe et il s'insurgea.
    « Ta fille. TA fille? Tu te rends compte de ce que tu viens de dire? Comment peux-tu encore prétendre que ce soit ta fille alors que tu ne l'as pas vue depuis huit ans? Tu ne serais même pas capable de la reconnaitre! » Il avait haussé le ton, énervé, alors que ses propres paroles étaient une véritable torture. « Ça fait longtemps que tu as perdu le statut de mère, Aly'... »
Cette fois, on pouvait sans doute ressentir de la pitié dans ses paroles, comme s'il aurait réellement aimé qu'il en soit autrement. Elle était jeune, il y a neuf ans, il en était conscient, mais il était jeune aussi et elle lui avait laissé un bébé sur les bras sans même lui donner la possibilité de la retrouver. Elle n'avait pas seulement abandonné Leah, elle l'avait abandonné lui. Sans une explication valable, elle était partie. Il aurait voulu se retenir puisqu'il savait bien que ses paroles étaient vraiment blessantes sans doute, mais il n'arrivait tout simplement pas à faire comme si de rien n'était. Elle voulait sa fille? C'était insensé. Réellement insensé. Elle ne l'avait jamais revue depuis qu'elle était partie, jamais. Et elle revenait dans l'espoir de retrouver le bonheur familial qu'ils avaient des années auparavant? Foutaises!
    « Je ne veux pas que tu la vois, Aly'. Je ne peux pas, tu comprends? C'est hors de mes forces. »
Il s'était légèrement reculé et ses paroles semblaient déterminées. Il ne voulait même pas qu'elle sache à quoi la petite ressemblait. Il ne voulait pas que Leah la connaisse. Ils vivaient bien, tous les deux, c'était mieux comme ça.
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Message(#) Sujet: Re: « that's just the way it goes » w/ liam. Mar 9 Fév 2010 - 20:03


« Ta fille. TA fille? Tu te rends compte de ce que tu viens de dire? Comment peux-tu encore prétendre que ce soit ta fille alors que tu ne l'as pas vue depuis huit ans? Tu ne serais même pas capable de la reconnaitre! Ça fait longtemps que tu as perdu le statut de mère, Aly'... »

Il avait raison. Et ça faisait mal. Pas seulement parce qu'il le disait. Mais parce qu'il avait tout juste. J'en étais consciente, je le savais. Mais me l'entendre dire par quelqu'un d'autre que moi rendait la chose plus concrète. Et même s'il ne savait pas toute la vérité, j'avais fait la plus grosse erreur de ma vie en abandonnant ma fille. Sauf que huit ans auparavant, je croyais que c'était la meilleure chose à faire. Je croyais que je prenais la décision la plus viable pour nous trois. Je pensais que me détacher serait plus facile. Et que j'en souffrirais moins. Parce que oui, j'avais été égoïste. J'avais principalement pensé au mal que ça me ferait sans penser une piètre seconde aux conséquences de mon départ. Et en fin de compte, j'étais tout sauf gagnante et le blâme me revenait.

« J... » commençai-je en même temps qu'il prit la parole sauf qu'il ne s'arrêta pas pour autant. Quelle ironie du sort. Des années auparavant, il m'aurait laissé parler mais pas aujourd'hui. Je devinai que dans la liste des choses que j'avais perdu était le respect qu'il avait pour moi.
Cela me prit quelques secondes pour me rendre compte de ce qu'il venait tout juste de me dire. Il... il ne voulait pas que je la vois ? Je ne pus me contenir longtemps et éclatai d'un coup, au contraire de ce que j'aurais voulu.

« De quel droit te permets-tu de dire cela, franchement Liam ? Si j'avais su que ça nous mènerait ici, à cet instant-là, crois-moi je n'aurais jamais agi comme je l'ai fais ! Que veux-tu que je te dise de plus hein ? Que je m'en veux à mort de l'avoir abandonné ? Que je serais prête à tout pour la ré-avoir ? Car oui, je ferai tout ce qui est dans mon possible. J'ai fait une erreur, une grosse erreur. Mais ce qui est fait est fait, il n'y a pas de retour en arrière qui soit possible alors j'essaie de faire comme je peux. Je veux être là pour elle, je veux être là quand elle aura besoin de moi. Elle a le droit de savoir que j'existe ! »

Je réalisai trop tard que les larmes coulaient sur mon visage. Les traitresses. Pendant ces huit dernières années j'avais essayé de pleurer parce qu'on disait que ça libérait. Mais rien. Et c'était maintenant qu'elles décidaient de se montrer. Et comme si ce n'était pas assez de pleurer devant lui, il fallait qu'il y ait aussi des témoins qui nous observaient sans même prendre la peine d'essayer d'être discrets.
Sans jeter un regard derrière moi, je m'enfuis comme une gamine et me réfugiai dans les toilettes des dames que je retrouvai heureusement rapidement. Je n'aurais pas du venir ici. Je n'étais pas prête. Mon instinct m'avait trahi une fois de plus comme il l'avait fait des années en arrière. Mais peut être que c'était le meilleur que je pouvais faire face à lui ?
Je me mis en face des miroirs pour observer mon reflet. Les larmes coulaient toujours et je me trouvais pathétique. Je ne voulais absolument pas perdre le contrôle de mes émotions. Du moins pas devant lui, pas devant toutes ces personnes. Mais ça m'avait trop mal. Il ne voulait pas que je la vois. Il ne voulait pas qu'elle me connaisse. Savait-il seulement l'importance qu'est une fille aux yeux de sa mère - même si cette dite mère s'était jusque là montré indigne ? J'étais revenue et j'étais là. N'était-ce pas suffisant pour prouver que je voulais réparer mon erreur ? Et puis. De quel droit voulait-il l'empêcher de me voir, de me connaître ? Elle déciderait elle-même si elle voulait de moi ou pas. Ce n'était pas le choix de Liam, c'était son choix à elle toute seule.
Il m'avait retrouvé. Je l'entendais appeler mon nom de l'autre côté de la porte mais je ne sortis pas. Je m'installai contre la porte comme pour la bloquer bien que j'étais sûre qu'il n'entrerait pas. Je sortirais quand je le voudrais et non quand il me l'ordonnerait.
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Message(#) Sujet: Re: « that's just the way it goes » w/ liam. Mer 10 Fév 2010 - 3:20


Liam ne s'était pas rendu compte à quel point ses paroles pouvaient blesser Alannah et il avait même poursuivit afin de s'assurer qu'elle avait comprit. Il ne voulait plus d'elle dans sa vie et il ne voulait pas plus d'elle dans la vie de Leah. C'était comme ça. Comment pourrait-il ne serait-ce que dire à sa fille que sa mère était revenue et qu'elle souhaitait la voir? Elle ne lui avait pas vraiment posé de questions ou si elle l'avait fait, elle n'avait jamais insisté et Liam avait pu aisément se défiler de cette corvée désagréable. Mais il savait bien qu'un jour, elle demanderait à avoir des informations. Ce serait normal, mais il n'était pas en état de les lui donner. Et il n'avait pas du tout envie qu'elle revienne dans sa vie. La voir, toutes les semaines, tous les mois, alors qu'il se pose encore tellement de questions, ce serait trop dur.

Surpris et surtout bouche-bée par les propos de la jeune femme, il n'eut pas le temps de la retenir lorsqu'elle tourna les talons et partit en courant. Il avait bien vu les larmes couler sur ses joues, il avait bien vu qu'elle semblait réellement désolée et qu'elle voulait rattraper le temps perdu, mais Liam savait que ce ne serait jamais possible. Il aurait pu tenter de la réconforter en lui disant que ce n'était pas grave, mais l'envie n'y était pas. La voir dans cet état lui brisait le coeur, mais il savait qu'il devait être dur. Dur et fort pas seulement pour lui. Il devait l'être pour sa fille également. Elle était trop jeune pour se défendre et décider d'elle-même si elle voulait voir sa mère. Non, il ne pouvait pas lui mettre ce poids-là sur les épaules. D'ailleurs, la petite était déjà suffisamment en colère contre lui, il préférait éviter les sujets épineux. D'ailleurs, ce ne fut qu'en repensant aux paroles d'Alannah qu'il comprit réellement le sens de ses propos. Elle était prête à tout pour revenir dans la vie de Leah. Prête à tout... Il sentit soudainement son coeur se serrer. Avait-elle le droit de revenir comme ça après huit ans et exiger de la revoir? Elle avait fait une grosse erreur, elle l'avait elle-même dit, mais ça ne changeait rien au fait que l'erreur était faite et qu'elle ne pourrait plus jamais revenir en arrière. Les regrets c'était bien, mais ça ne voulait pas dire qu'on pouvait faire tout ce qu'on voulait en se disant que ce n'était pas grave et que les autres nous pardonneraient. Liam ne lui pardonnait pas son départ et il ne savait pas s'il le ferait un jour.

Il était demeuré quelques instants pétrifié de stupeur et ne s'était pas aperçu qu'on avait épié leur conversation et leurs gestes et qu'Alannah était maintenant dans les toilettes. Il vit la porte des toilettes se refermer sans réagir tout de suite et lorsqu'il le fit, il ramassa d'abord les feuilles qui étaient tombées au sol sous le choc et les glissa dans le dossier qu'il emmena avec lui en faisant signe aux quelques curieux de se disperser, qu'il n'y avait rien à voir. Il appela la jeune femme par son prénom dès qu'il fut de l'autre côté de la porte et hésita. Devait-il entrer quand même? C'était une situation d'urgence. Avait-il le droit de violer l'intimité des femmes histoire de rattraper celle qui lui avait bousillé sa vie huit ans plus tôt? Celle pour qui il n'avait jamais vraiment cessé d'avoir des sentiments? Il appuya son front contre la porte en se mordant la lèvre, ne sachant que dire pour qu'elle sorte des toilettes et qu'elle lui fasse face. Pourtant, la colère grondait encore et il savait que les paroles de la jeune femme avaient eu ce but-là.
    « Alannah... Sors de cette putain de salle de bain! » Il avait gardé son front contre la porte, les yeux fermés, tentant de contenir sa respiration afin de ne pas laisser la panique l'envahir. « Comment t'as pu...? Hein? Comment t'as pu? »
Les poings fermés, il savait que ses mots pouvaient porter à confusion. Comment avait-elle pu les quitter? Comment avait-elle pu revenir? Comment avait-elle pu ne pas donner de nouvelles pendant huit ans? Toutes ces questions hantaient son esprit alors qu'il y a huit ans, il n'avait même pas eu le temps de lui dire au revoir et de comprendre. La retrouver dans les couloirs de l'hôpital alors qu'il ne savait même pas qu'elle existait encore, c'était de la pure torture.
    « On a réussi à se débrouiller sans toi, Aly'. Ce n'a pas toujours été facile, mais maintenant que c'est fait, tu n'as pas le droit de venir la bouleverser! On vit bien, tous les deux. Elle n'a plus rien du bébé que tu connaissais! Tu... »
n'as pas le droit... Pourtant, ces paroles ne furent pas dites alors qu'il essuyait rapidement une larme, une seule, qui avait coulé sur sa joue. Une larme de colère, de frustration ou de réelle tristesse, il n'aurait su le dire. Il se rendait compte à quel point sa vie était sur le point de changer et il n'aimait pas ça. Ses mains tremblaient alors qu'il devait serrer les poings pour ne pas que ça paraisse. Toute son âme et tout son corps réclamait une bonne dose de whisky, mais il était sur ses heures de travail et il ne pouvait pas se permettre de prendre de l'alcool. Oh... Il ne respectait pas toujours les règles et s'il en avait eu à sa portée, sans doute se serait-il soulagé, mais ce n'était pas le cas. Une goutte d'alcool, un verre... ou deux. Peu lui importait, mais il en avait besoin. La nouvelle, le choc de la revoir et sa présence ici, à Ocean Grove, alors qu'il venait de rentrer de Jacksonville, c'était un trop gros coup à avaler et il ne savait pas comment gérer tous les sentiments contradictoires qui s'entrechoquaient dans sa tête.
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Message(#) Sujet: Re: « that's just the way it goes » w/ liam. Ven 12 Fév 2010 - 13:40


Je l'entendis me demander de sortir. Sa voix était toute proche. Il se trouvait tout près de la porte.

« Comment t'as pu...? Hein? Comment t'as pu? »

Comment avais-je pu quoi ? M'enfermer dans ces fichues toilettes ? Faire une scène devant tous ces gens qui le connaissaient ? Ou alors d'être partie il y a huit ans ? Il y avait tellement de choses que je n'aurais pas dû faire que je ne compris pas ce qu'il me reprochait exactement cette fois-ci.
Ce ne fut que quand il reprit la parole que je compris. C'était pour mon retour qu'il m'en voulait. Alors il aurait préféré que je reste dans mon coin ? Que je continue de vivre comme une fugitive du passé ? Que dans dix ans je regrette de ne pas avoir été là pour ma fille ? Qu'elle me déteste quand elle aurait appris que j'existais mais que je n'avais pas cherché à la connaître ? Sauf qu'il n'en était pas question, quoiqu'il en pense. Je ne voulais pas être cette mère-là et je voulais qu'il le comprenne. Parce que si jamais j'étais cette mère-là, le blâme ne me reviendrait pas seulement à moi mais à lui aussi. Plus grande, Leah se dirait qu'elle aurait dû savoir plus tôt. Ou alors elle se contenterait de souffrir en silence ? Je n'en savais rien, je ne savais rien d'elle, je ne pouvais donc pas prévoir sa réaction. Mais de toutes façons, ça ferait quelque chose en elle, tôt ou tard. Quelque chose de mauvais. Et je refusais de lui infliger quelque chose de pareil. Et je n'étais pas la seule.

« Et tu lui diras quoi quand elle te posera des questions sur moi, hein ? Tu feras quoi quand elle aura besoin d'une personne qui ne lui voudrait que le meilleur au monde mise à part toi ? Parce que les amies, c'est pas toujours aussi sincère qu'une mère. Et que feras-tu le jour où tu verras qu'elle va mal mais que tu ne comprendras pas ce qui se passe ? Dis-moi ce que tu feras Liam et dis-moi sincèrement si ça sera jamais assez. Dis-moi si tu crois qu'à ce moment-là tu ne te dirais pas "Et si... ?". »

Je me tus pendant quelques secondes pour reprendre mon souffle et lui laisser un court instant de réflexion puis je repris :

« Je ne demande pas la lune, je veux juste qu'elle sache que je suis là. Que je puisse lui parler, la connaître. Si elle ne veut pas de moi, je comprendrais. Mais je veux qu'elle ait le choix, qu'elle ait le droit de choisir de me connaître et non pas que tu lui imposes ton choix à toi. »

Je refermai mes yeux qui me brûlaient comme jamais et essayai d'imaginer un monde où il aurait dit oui, où il m'aurait compris. Je me voyais parler à Leah - elle avait dans mon esprit une image floue, je ne savais pas à quoi elle ressemblait - qui m'acceptait après tout, qui aimait me parler. Elle m'aimait, tout simplement, et elle me pardonnait. Liam quant à lui avait moins de rancoeur envers moi dans cette vie-là. Tout allait mieux. Mais ce n'était qu'un futur alternatif que j'imaginais. Un futur qui me semblait tellement palpable mais que je savais pourtant bien loin de la réalité.

« On veut tous deux la même chose pour elle Liam. On veut qu'elle ait une belle vie. Alors il faut me donner ma chance. Je ne te demande pas de le faire pour moi mais pour elle. Ne laisse pas notre histoire ruiner sa vie veux-tu ? »

Sans m'en rendre compte, ma voix avait diminué et mes derniers mots ne furent qu'un murmure qu'il put à peine entendre. Les larmes menaçaient de reprendre de plus belle mais je refusai de les laisser couler. Je retins mon souffle, alors que j'attendais qu'il dise quelque chose. L'attente se faisait longue et j'espérais que ce silence était bon signe.
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Message(#) Sujet: Re: « that's just the way it goes » w/ liam. Dim 14 Fév 2010 - 3:05


Les paroles de la jeune femme lui parvenaient de l'autre côté de la porte et Liam gardait son front appuyé contre celle-ci, les yeux fermés alors qu'il secouait la tête à chacune de ses paroles. Il n'aimait pas ce qu'elle lui disait. Il avait l'impression d'être dans un mauvais soap américain où il était celui qui perdait tout. Il n'avait jamais vraiment regardé ce genre d'émissions, mais il en connaissait déjà l'histoire grâce à - ou plutôt à cause de - sa mère qui ne cessait de lui en raconter des bouts. Sans même connaître les personnages, il en comprenait aisément le fil. Et il avait la désagréable impression d'en faire partie en ce moment, comme si tout ce qui se passait soudainement devant ses yeux n'était qu'un vilain cauchemar. Il pinça même son avant-bras afin de s'assurer qu'il était bien réveillé et il dut faire face à la réalité, aussi fracassante soir-elle. Alannah était enfermée dans la salle de bain et elle refusait d'en sortir. Ses paroles lui déchirèrent le coeur toutefois alors qu'il fronçait les sourcils, tentant de garder son calme, en vain.
    « Bien sûr, tu te permets de parler de sincérité? C'est toi qui est partie sans même donner d'explications! C'est toi qui l'a abandonnée et tu oses prétendre avoir été sincère? J'essaie de faire de mon mieux, d'accord? Si elle me pose des questions, je vais y répondre. Je ne lui mentirai pas. Apparemment, y'a pas que toi qui peut être sincère. »
Bien évidemment, le ton sarcastique qu'il avait employé précisait qu'il ne pensait pas du tout ce qu'il avait dit concernant l'honnêteté d'Alannah. Selon lui, elle était loin de satisfaire à l'idée qu'il se faisait d'une personne sincère et il n'avait pas hésité pour le lui dire, même si cela pouvait la blesser. Il n'en avait rien à faire et si elle en était blessée, tant mieux puisque ce serait toujours plus facile de se détacher d'elle complètement si elle le détestait. Son poing vint frapper la porte plutôt violemment alors qu'il tentait vainement de respirer profondément pour faire taire la petite voix dans sa tête qui lui disait de partir. Ses mains tremblaient et quelques gouttes de sueur perlèrent sur son front alors qu'il l'essuya du revers de la main dans un geste un peu trop brusque sûrement qui témoignait de son anxiété.

Il laissa la jeune femme parler sans l'interrompre, déchiré. Il savait qu'une présence féminine manquait à sa fille, mais il n'osait pas l'admettre. Alannah avait semé le doute dans son esprit et pourtant, il ne voulait pas l'écouter et il était loin de penser qu'elle était la femme de la situation. Leah avait peut-être besoin d'une présence féminine, d'accord, mais ce n'était pas obligatoire que ce soit elle qui s'en charge. Et puis, elle avait déjà son enseignante à l'école et les mère de ses amies à qui elle pouvait parler si jamais ça lui manquait. Et il était là, lui. Il ne pouvait pas prétendre jouer au père parfait et il ne le prétendrait jamais, mais il avait été là, lui, contrairement à d'autres.
    « Parce que tu penses que tu lui manques? Parce que tu penses que sa vie est ruinée? Je te l'ai déjà dit. On se débrouille très bien sans toi. Elle ne peut pas regretter quelque chose qu'elle n'a pas connu tout comme tu ne peux pas affirmer être une mère sans en avoir endossé le rôle. »
Il s'était finalement reculé de la porte et avait posé son dos contre le mur froid ce qui lui fit un bien fou. Il passa une main sur son front en tentant de calmer sa respiration et poussa un soupir, se rapprochant de la porte afin de s'assurer qu'Alannah pouvait l'entendre.
    « Leah n'est pas en âge de faire un choix judicieux, c'est normal que je m'interpose. Je préfère qu'elle s'imagine la mère que tu pourrais être plutôt qu'elle s'aperçoive que tu l'as volontairement quittée. »
Évidemment, Liam pouvait prétendre agir dans l'intérêt de sa fille, mais cela l'arrangeait bien, au fond, puisqu'il ne désirait pas voir la jeune femme revenir dans sa vie. Elle lui avait déjà fait suffisamment de mal comme ça et même si cela pouvait paraître égoïste, il n'avait pas envie de revenir sur sa position. Elle aurait dû l'avertir qu'elle revenait, au moins. Il aurait peut-être pu se préparer, discuter avec sa fille, se faire à l'idée, quoi! Non, elle préférait arriver sans prévenir, tout comme elle était partie sans prévenir. Décidément, la communication ne semblait pas être son fort.

Étourdi, Liam laissa sa tête se poser contre le mur afin de se calmer un peu. Il ne pouvait pas s'empêcher d'imaginer que la jeune femme était de retour simplement pour reprendre les droits sur ce qu'elle avait perdu. Elle avait fait ses choix! Elle était partie et elle n'avait pas le droit de revenir et de lui demander des comptes. Comment avait-il pu croire que sa vie serait désormais plus simple? Il avait quitté Ocean Grove pour Jacksonville et en revenant, il avait cru que tout rentrerait dans l'ordre. Il avait cru que sa fille ne lui en voudrait plus et qu'elle finirait par lâcher l'affaire dès qu'elle retrouverait ses anciens amis, mais apparemment, rien n'allait être simple...
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Message(#) Sujet: Re: « that's just the way it goes » w/ liam. Dim 14 Fév 2010 - 10:50


Quand il me parla de sincérité, je ne bronchai pas bien que je ne pus me retenir de ressentir un déchirement atroce, dans mon coeur. Parce que ça faisait mal ce qu'il disait. Surtout que c'était la triste et cruelle vérité. Sauf que je n'étais pas prête à réfléchir à cette partie-là de mon passé. Je n'avais pas encore l'intention de justifier mon départ. Et je n'avais aucune envie d'y penser. Pour le moment, tout ce qui comptait c'était Leah, dans le présent.

Je sentis la situation m'échapper alors que j'avais cru quelques minutes avant que je l'avais bien en main. Liam doutait de mes capacités à être une bonne mère. Et à un certain moment, il n'avait pas été le seul. Moi aussi j'en avais douté. Mais je m'étais résolue à foncer, à essayer. Sauf qu'il ne voulait même pas me donner une chance. Je croyais pourtant qu'on avait tous droit à une seconde chance ?

« Mais oui. Il vaudrait mieux qu'elle passe sa vie à se demander ce que sa vie aurait pu être si sa mère avait été là, à chaque haut, à chaque bas. Ou alors tu vas lui trouver une mère de remplacement c'est ça ? Mais oui, elle l'adorera ça. Et elle vivra heureuse jusqu'à la fin de temps, c'est ça. Mais réveille-toi Liam. Je ne pense pas à aujourd'hui, je ne pense pas à demain. Je pense à son futur moi! Même si elle sera peinée aujourd'hui, elle irait peut être mieux après. Parce que de toutes façons, la vérité, elle la saura un jour ou l'autre. Et quand elle la saura, ce n'est pas à moi seule qu'elle en voudra mais à toi aussi parce que tu la lui aurais caché. »

Il avait ouvert le bal du sarcasme et ce fut difficile d'y résister. Car le sarcasme était une si belle arme pour lutter contre les larmes. On faisait passer l'idée, sans pour autant la dire directement ce qui m'arrangeait parfaitement.

« Et tant qu'on y est. Qu'est-ce que tu lui raconté comme histoire à mon sujet, Monsieur-Sincérité ? »

Je m'imaginai les pires scénarios qui étaient tous bien loin de la vérité.
Des scènes se balançaient et s'enchaînaient dans ma tête représentant Liam qui à chaque fois annonçait une chose différente. Du « Ta mère est morte. » au « Ta mère est disparue sans laisser de trace. », tout y passa, tout. Tout sauf la vraie version de l'histoire. Je n'arrivais pas à l'imaginer la lui raconter. D'après ce que j'avais jusque là vu et entendu, il ne lui aurait pas raconté quelque chose qui pourrait laisser croire que j'étais possible à joindre ou que je pourrais revenir. Il lui aurait donc raconté quelque chose de radical. Comme peut être... la vérité.
Tout se mêlait dans ma tête au point que je me contredisais dans mes raisonnements. Il fallait que je respire et que je me vide la tête pour me concentrer sur sa réponse et sur ce que j'allais dire.

Je gardai le silence pendant quelques secondes pour me donner le temps de réfléchir. Je retournai la situation de part et d'autre pour essayer d'y trouver une solution. Une solution qui pourrait nous convenir tous deux parce qu'il était clair que ni lui ni moi n'allions lâcher prise. Et ce fut à cet instant que ça me vint à l'esprit. Une idée lumineuse. Je savais qu'il y avait des risques mais c'était la seule option que m'offrait mon esprit confus et qui pourrait faire que Liam accepte que je connaisse ma fille. Pourquoi n'y avais-je pas pensé depuis le début ?
Je me rinçai et séchai rapidement le visage. Puis je revins vers la porte, la déverrouillai assez lentement mais bruyamment pour le prévenir de s'éloigner de la porte et en sortis ma tête.

« Un compromis, ça te dit ? » lançai-je d'une voix neutre.

Fini les larmes et la faiblesse en face de lui. Si je voulais ma fille, j'allais devoir jouer toutes mes cartes. Et quand on joue, pas de place pour les sentiments. C'est comme ça que ça se passe. Mais j'allais devoir faire attention à mes yeux. De vrais traitres ces deux-là.
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Message(#) Sujet: Re: « that's just the way it goes » w/ liam. Mar 16 Fév 2010 - 3:30


Liam s'était mordu la lèvre pour ne pas crier ou pour ne pas défoncer la porte de la salle de bain alors qu'elle parlait de mère de remplacement et de conneries de ce genre-là. Ne savait-elle donc pas qu'il n'avait jamais trouvé personne pour la remplacer auprès de Leah et qu'il ne cherchait pas à le faire? Il y avait bien eu quelques femmes, bien sûr, mais jamais ça n'avait duré. Ce n'étaient que de très courtes relations et Liam refusait de faire entrer une femme dans la vie de sa fille. Il savait pertinemment que Leah avait été trop jeune pour se rappeler sa mère et il ne voulait pas qu'elle souffre si jamais ça ne fonctionnait pas et qu'ils se séparaient. Il la connaissait; elle s'y attacherait bien trop vite et c'était mauvais pour elle. Ce serait la même chose avec Alannah et le problème était là, lui pendant au bout du nez. Elle l'avait abandonnée une fois, elle pourrait bien la quitter encore et la petite était déjà suffisamment difficile à vivre, ce n,était vraiment pas la peine de lui rajouter cette trahison sur les épaules. Il ne savait pas comment réagir face à ces reproches de sa part. Lui reprochait-elle d'être un mauvais père parce qu'il ne voulait pas que sa fille souffre d'un possible futur départ précipité sans qu'elle ne sache pourquoi comme lui-même avait souffert il y a huit ans? Alannah avait déjà prouvé qu'elle pouvait disparaître, c'était un fait réel, une affirmation basée sur une réalité tout aussi douloureuse.

Il n'osa pas répondre à sa question alors qu'elle était encore enfermée dans les toilettes, ayant peur de s'emporter ou qu'elle ne comprenne pas bien l'état dans lequel il était sans doute. Pourtant, sa seconde question le fit légèrement rire, comme s'il était heureux de voir qu'elle avait tout faux et qu'elle pensait avoir encore une place dans le coeur de sa fille alors qu'il n'en était rien.
    « Elle n'a pas posé de questions. Du moins, elle n'a jamais été insistante donc je pouvais me défiler. Et tu sais quoi? Si elle me le demandait, je lui raconterais la vérité. De toute façon, j'en suis pas à une crise près... »
Il avait précisé cette dernière phrase davantage pour lui-même que pour elle et il se maudit d'avoir laissé les mots quitter sa bouche. C'était normal qu'ils se disputent, non? Leah grandissait, elle tentait de soumettre ses opinions peut-être abruptement, mais au moins, elle ne se laissait pas marcher sur les pieds. C'était Liam qui avait du mal à prendre sur lui pour lui refuser ce qu'elle demandait lorsqu'il n'était pas d'accord. Il n'y avait jamais rien eu de grave, bien sûr, sinon sans doute aurait-il été catégorique dans sa décision, mais c'était toujours des petites demandes qui, une fois mises ensemble, faisaient de grosses demandes.

Lui-même avait des doutes sur sa capacité à être un bon père et le simple fait qu'Alannah ose prétendre qu'il ne faisait pas tout comme il le fallait alors qu'il faisait de son mieux avec ce qu'il avait le piquait à vif. Lorsqu'il eut conscience qu'elle s'apprêtait à sortir, il s'éloigna de plusieurs pas, sachant à quel point cette nouvelle rencontre s'avérerait difficile. Parler à une porte semblait plus facile, moins compromettant pour Liam. Lorsqu'elle lui proposa un compromis, il la regarda comme si elle était un fantôme. Un compromis? De quel droit osait-elle demander ne serait-ce qu'une infime partie de ce qu'il avait? Ils n'étaient pas mariés et en l'abandonnant elle avait abandonné sa fille avec lui. Liam ne lui devait rien.
    « Parce que tu penses que j'ai des comptes à te rendre? Leah est MA fille, d'accord? Tu n'as plus rien à voir avec elle, Alannah, essaie de te rentrer ça dans le crâne! »
Il avait haussé le ton alors qu'il posait son regard dans celui, bleu et profond, de la jeune femme. Il avait toujours eu l'impression s'y perdre et ecore aujourd'hui, cette sensation n'était pas disparue avec le temps. Elle avait pleuré, toutefois. Il en était presque certain. Il fit un pas vers elle, mais s'arrêta soudainement alors qu'il reprenait contenance et qu'il la défiait du regard.
    « Personne ne pourra jamais remplacer une mère, une vraie, Aly'. La seule qui le pouvait, c'était toi et tu nous a largement fait payer ma... Qu'est-ce que je devais payer, hein? Une erreur dont je n'ai pas conscience? » Les sourcils froncés, il était pathétique alors qu'il semblait, encore une fois, lui demander des explications. T'es huit ans en retard, mon vieux, lui disait une petite voix dans sa tête alors qu'il gardait son calme et qu'il haussait les épaules en serrant entre ses doigts le dossier de la jeune étudiante. « C'aurait été plus difficile de dire la vérité, peut-être? Si tu m'avais dit que tu ne m'aimais plus, j'aurais été choqué, triste, furieux même. Mais je me serais fait à l'idée. Mais non. Encore des mensonges et des non-dits... Je ne veux pas que Leah ait à subir ça, tu comprends? »
Il avait fait un nouveau pas vers elle, mais son ton s'était radouci désormais. Il ne voulait surtout pas attirer tous les curieux dans le couloir non plus, même s'il n'en avait rien à faire qu'on les juge. Il s'appuya contre le mur une nouvelle fois en serrant les poings pour les empêcher de trembler et ce fut dans un murmure qu'il s'adressa à elle, dépassé par les évènements alors qu'il aimait bien en avoir le contrôle.
    « C'était quoi, ton compromis? »
Ça ne voulait pas dire que tout était gagné pour elle. Il ne la laisserait pas avoir ce qu'elle voulait peu importe ce que cela pouvait lui en coûter.
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Message(#) Sujet: Re: « that's just the way it goes » w/ liam. Mar 16 Mar 2010 - 11:52


J'attendais impatiemment qu'il me demande de quoi s'agissait mon compromis. Je faisais donc en sorte de m'empêcher de répondre à ce qu'il me lançait et me contentai de prendre sur moi. Chaque mot, chaque intonation, chaque regard me frappait comme une foudre. Les regrets qui m'avaient empoisonnée la vie jusque là ne voulaient plus rien dire. Ce n'était rien comparé à cette confrontation. Et pourtant je le laissais faire, je le laissais me blesser quitte à me détruire à jamais. Il en avait le droit, il ne faisait que me rendre la pareille. Et le plutôt il évacuerait sa colère, le plutôt on pourrait réellement discuter. En espérant que sa colère finisse. Sauf qu'il arriva à un point où il dit l'impardonnable à mes yeux. Et une fois qu'il dit ça, mon compromis je le laissai tomber. Tout comme je laissai tomber ma décision de ne pas me laisser aller.

« Attend. Laisse-moi rire une seconde, veux-tu ? ... Espèce... d'idiot! Tu... tu crois que c'était parce que je ne t'aimais plus ? Tu crois vraiment ça ? »

Je sentis une boule dans ma gorge que je ne sus comment éliminer mise à part en disant la vérité. Mais pas en son intégralité.

« Et non, non je ne comprends pas. Tu n'as pas le droit de me juger après tant d'années. Je suis partie parce que justement je t'aimais! Je t'avais fait une faveur en partant, à toi comme à Leah. Tu n'aurais pas voulu m'avoir à tes côtés si j'étais restée. Et je n'aurais pas pu rester plus longtemps en faisant semblant. Je n'aurais pas pu continuer à faire semblant de bien aller. Tu sais que j'aurais pu prendre Leah et m'enfuir en pleine nuit, sans que tu le saches. Mais non, je te l'ai laissé. Je te l'ai laissé parce que j'avais confiance en toi. Parce que je savais que tu t'occuperais d'elle mieux que je n'aurais pu le faire. J'étais incapable de prendre en charge un enfant, je n'avais que dix-neuf ans, Liam! Il y a neuf mois, j'ai réalisé que j'étais prête. Prête pour être là pour ma fille. Prête à subir peu importe quel accueil que tu me réservais. Sauf que tu n'étais pas là. Et là nous voici mais c'est trop. Trop, Liam. Et puis... et puis... laisse tomber. Je savais que c'était une mauvaise idée de venir te parler aujourd'hui. Une très mauvaise idée. Mais je l'ai fais. J'ai joué la carte de l'honnêteté et je suis venue te voir. Mais apparemment, ça a servi à rien. Sauf qu'à présent tu sais au moins que je ne suis pas partie parce que je ne t'aimais plus. »

Tout le long de ma tirade, j'avais tenu son regard. Ma vue était un peu brouillée par les les larmes qui coulaient mais ça m'importait peu. Il avait cru que j'étais partie parce que je ne l'aimais pas et je ne pouvais le laisser croire cela. J'aurais dû lui dire toute la vérité il y a huit ans. Je devrais la lui dire maintenant. Mais s'il avait passé ses dernières années à croire que j'avais tout quitté juste parce que je ne l'aimais pas, il ne pourrait pas supporter le fardeau que je me devais encore de garder.
Et non seulement le présent me faisait souffrir, voilà que le passé venait me narguer. Des souvenirs affluaient. De parfaits souvenirs que je ne m'étais pas autorisé à me remémorer durant ces dernières années mais qui ne pouvaient pas ne pas faire surface à cet instant. Je revis le jeune homme dont j'étais follement amoureuse. Celui qui me donnait l'impression que tout était possible. Celui qui - au risque de paraître naïve - me donnait des ailes. Il m'avait offert l'amour que je n'avais jamais vécu mais dont les livres m'avaient toujours donné envie. Sauf que j'avais tout gâché. Et maintenant nous en étions là. Et il fallait que je trouve le courage de m'en aller à présent. Il fallait que je parte, avec dignité, la tête haute. Même si j'avais honte de moi après tout.
J'étais confuse et il me fallait du temps pour réarranger mes idées, loin de Liam. Je n'allais pas m'enfuir encore une fois, non. Je ne fuirais plus. J'allais faire face à peu importe ce qui allait arriver. Et que j'aille mieux ou pas en fin de compte, je chercherais comment approcher ma fille. J'aurais essayé du côté de Liam, il aurait été prévenu. Qu'il ne m'en veuille pas plus tard si jamais j'arrive à mes fins.
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Message(#) Sujet: Re: « that's just the way it goes » w/ liam. Jeu 18 Mar 2010 - 3:12


« C'était quoi, alors? Hein, c'était quoi? »
Énervé, Liam avait hurlé sur elle. Il s'était avancé vers elle, furieux, alors qu'elle affirmait qu'elle n'était pas partie parce qu'elle ne l'aimait plus. Pendant toutes ces années, c'est ce qu'il avait cru et il ne pouvait tout simplement pas la croire. Elle essayait de l'amadouer. Elle essayait de le calmer, mais ça ne fonctionnait pas parce qu'il savait que c'était faux. Elle ne pouvait pas avoir une autre raison! C'était impossible, on ne quittait pas quelqu'un qu'on aimait. C'était la seule raison valable et elle tentait de lui dire le contraire. Il écoutait ses paroles en secouant légèrement la tête, n'osant même pas prendre conscience qu'elle semblait sincère. Elle avait toujours été une habile menteuse et même s'il l'avait toujours cru, même si elle était la seule à qui il avait fait aveuglément confiance, il se rendait compte à quel point elle l'avait berné. Il aurait dû s'en douter. Il n'avait jamais fait confiance à personne d'autre qu'à lui et dès qu'il osait baisser la garde, on le frappait dans le dos. Décidément, il avait eu tout faux du début à la fin, sur toute la ligne. Non seulement elle ne l'aimait plus, mais elle lui avait menti délibérément et il ne pouvait plus le supporter.

Paniqué, furieux, tremblant, il saisit le bras de la jeune femme et la plaqua un peu trop violemment sur le mur sans doute. Des larmes de fureur coulaient maintenant sur ses joues alors qu'il tentait en vain de reprendre le contrôle.
« Quelle carte de l'honnêteté? À quoi ça sert que je le sache maintenant? Quand on ment, on ment jusqu'au bout, sinon ça n'en vaut pas la peine! »
Il avait serré son bras beaucoup plus fort qu'il ne l'avait voulu au départ et son corps la serrait contre le mur afin de l'empêcher de se débattre. Il se fichait bien de savoir si ses yeux étaient humides à cause de ce qu'il lui disait ou parce qu'il lui faisait mal. Et sincèrement, s'il pouvait lui faire mal, autant physiquement que mentalement... Il... Qu'était-il en train de faire? Il n'avait jamais usé de violence, jamais! Il avait toujours préféré utiliser les mots pour régler les problèmes et le voilà qui perdait totalement le contrôle. Comme figé, sans la relâcher tout de suite toutefois, son regard soutenait le sien. Elle était toujours aussi belle et ses yeux, toujours aussi bleus. Pourtant, les doigts de Liam enserraient le poignet de la jeune femme avec force et il ne comprenait pas pourquoi il la trouvait belle à cet instant. Elle venait de bousiller sa vie. Elle revenait sans demander l'avis de personne et elle espérait être bien accueillie. Elle s'était attendue à quoi? À un «Bienvenue» écrit en gros caractère sur une pancarte avec des ballons et des fleurs?

Se reculant en relâchant soudainement son bras, prenant conscience de l'erreur qu'il venait de commettre, il ouvrit la bouche en secouant la tête légèrement, les mots demeurant dans sa gorge sans qu'il ne puisse les énoncer. Lorsqu'il réussit à parler, il avait déjà fait quelques mètres, à reculons, les mains toujours tremblantes alors qu'il serrait les poings.
« Je n'ai même pas envie de connaître ta version de l'histoire. Tu dois être heureuse, t'auras pas besoin d'inventer une connerie à me faire avaler! »
Tournant les talons sans même lui jeter un dernier regard, il se mordit la lèvre et se rendit jusqu'à son bureau en y lançant presque le dossier qu'il avait gardé dans l'une de ses mains tout ce temps là. Les pages étaient d'ailleurs plutôt fripées. Il passa une main nerveuse et surtout paniquée sur son visage alors qu'il n'osait pas croire ce qu'il venait de faire. Ses mains tremblantes le firent froncer les sourcils alors qu'il ressentait encore plus profondément ce qui lui manquait. L'alcool. Il balança l'agrafeuse au sol alors que c'était l'objet qui lui tomba sous les mains en premier. C'était une bien mauvaise idée puisque les agrafes se répartirent un peu partout dans son bureau. Tant pis, il ramasserait un autre jour. Il prit toutefois la peine d'appeler la voisine afin qu'elle passe chercher Leah. Elle avait apparemment comprit que quelque chose n'allait pas, mais elle ne posa pas de questions. Il posa sa tête fortement contre le mur froid de son bureau et cela sembla lui faire du bien un petit moment. Il avait besoin de boire. Un besoin pressant de boire.
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Message(#) Sujet: Re: « that's just the way it goes » w/ liam. Jeu 18 Mar 2010 - 4:08


Je ne m'y attendais pas. Je ne m'y serais jamais attendue. Autant qu'à la facette violente que je n'aurais jamais cru existante chez Liam qu'au fait qu'il ne me croyait pas. Car c'était bien clair qu'il pensait que je lui mentais.
Il me faisait mal. Et pourtant je ne me débattais. Et pourtant je gardais le silence. Je me contentais de laisser couler les larmes de ces huit dernières années. J'avais peur. Logiquement, j'aurais dû avoir peur de ce qu'il aurait pu me faire. Mais non. J'avais peur d'avoir tout fait foirer. S'il ne m'avait pas cru alors que je disais vrai, me croirait-il un jour ? Et aussi terrifiant qu'il en avait l'air lorsqu'il me regarda dans les yeux, la seule chose que je vis ce fut cette étrange lueur de... je ne sais quoi que je lus dans ce regard qui me rassura. La rage était là mais il y avait un quelque chose d'autre. Un quelque chose qui avait fait qu'il me libère et recule. De la pitié peut être? Peu importe ce que c'était, ça m'avait possiblement sauvé. Mais je m'en contre-fichait. Parce que sa dernière réplique fut bien claire, j'avais tout fichu en l'air. Il ne me croirait plus jamais.
La situation m'avait échappé. Non, en fait, je ne l'avais jamais eu en main. Peut être si j'étais revenue il y a quelques années, ça aurait été tout autre. Mais ce n'était pas le cas. Le destin avait décidé que c'était ainsi qu'il fallait que ça se passe. Ça aurait été trop généreux de sa part de me donner ce que je voulais facilement. Il allait falloir que je travaille pour l'avoir, que je souffre encore. Parce qu'assise à présent sur le sol des toilettes du Baptist hospital je me rendais compte que rien dans la vie ne va comme on l'a prévu. Rien. Plus jeune j'avais prévu que plus tard j'épouserais Liam. Que je porterai ses enfants. Échec. Quand je m'étais enfui laissant derrière moi la seule personne qui ait donné un sens à ma vie j'avais prévu d'oublier mon passé, de refaire ma vie. Échec. Quand j'ai quitté Paris, j'avais prévu de revenir ici, faire face à ce que j'avais fui et récupérer ma fille. Échec. Sauf que je ne voulais pas que ce dernier plan soit un échec. Pourquoi dois-je encore en accumuler ? Je veux pour une fois réussir. Jusque là j'ai pu revenir en ville, relier avec mes anciens amis. Même ma meilleure amie que j'avais tant blessé en partant sans prévenir avait fini par me pardonner. Pourquoi n'aurais-je pas le droit à ma chance avec ma fille qui ne me connaissait même pas ? Mon premier essai d'aujourd'hui a peut être été un échec mais tout n'a pas à être un échec.
Je venais de me contredire, j'en avais conscience. Mais je refusais d'accepter un autre échec sans avoir encore et encore essayé. Je n'allais pas laisser ce qui venait de se passer m'empêcher de me battre du mieux que je pourrais, pour au moins connaître ma fille. La voir. Lui parler.
J'avais cru que dire une part de la vérité m'aiderait. Qu'être honnête avec l'homme que j'avais autrefois aimé serait la solution. Mais non, biensûr que non. Il l'a dit lui même, quand on ment, on ment jusqu'au bout, sinon ça n'en vaut pas la peine. En fin de compte il aurait raison, parce que dès cet instant je devenais son ennemi. Il me voulait manipulatrice et menteuse ? Il n'allait pas être déçu. Il est temps de sécher tes larmes Alannah, pensai-je à moi-même, the show must go on.

THE END
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