hell to the liars

Afin de valider votre fiche et pour participer au concept même du forum, il est important que votre personnage possède toujours un ou plusieurs secrets. Et si vous aidiez Agnes Baker à propager ses rumeurs ? Par l'achat de rumeurs dans notre boutique, vous pouvez vous prêter au jeu des commérages. Ou vous pouvez opter pour les SMS anonymes, plus personnels.
wb bulletin
No. 1 Si vous souhaitez montrer votre soutien à FS,
vous pouvez voter pour les top-sites et/ou faire un petit
tour dans notre pub bazzart.
No. 2 L'aventure FS vous tente mais vous avez peur de vous
lancer ? N'hésitez pas à nous faire part de vos demandes
/idées/doutes dans la partie aide à la création . Plusieurs
pré-liens et mini-liens sont également disponibles.
home sweet home

Filthy Secret est un forum city avec un système de secrets. Il n'y a pas de lignes imposées, pas de pression (un rp par mois nous parait raisonnable). Pas de recensement, des mps seront envoyés pour s'assurer que l'envie et la motivation sont toujours présentes avant de procéder à la libération de l'avatar et suppression du compte. Les doublons de prénom (et de nom - sauf si affiliation) ainsi que les initiales dans les pseudos sont interdits.

Partagez
 

 Don't let the sun go down on me.

Aller en bas 
a man on fire × a violent desire

Beckett Schaeffer

messages : 2386
name : corpsie.
face + © : j. lowden x ©me & justjacklowden.
multinicks : isaac, marnie, oliver, peter, tony.
points : 2774
age : 27 {11.06}
♡ status : bee looking for honey.
work : (trying to stop) selling pleasure and drugs, somewhat dad, hanging in there.
home : Charlotte & Harry's.

— boom, butterfly effect.
how we met :
rp status (fr/en) : s1 : chamarley - s2 : marley, jesse, shiloh (callum)

Don't let the sun go down on me. Empty
Message· · Sujet: Don't let the sun go down on me. Don't let the sun go down on me. EmptyLun 29 Juil - 17:00

@Marley Denbrough - Portland, 28 juillet 2019

Too late to save myself from falling, I took a chance and changed your way of life, but you misread my meaning when I met you, closed the door and left me blinded by the light

Un coup d’œil glissé en direction de l’écran noir et blanc (ou plutôt gris et vert) du vieux téléphone quasi antique qu’il tenait dans sa main gauche, suivi d’un second regard coulé vers le smartphone sur lequel s’étalait la carte du voisinage informa Beckett qu’il était parvenu à destination. L’endroit lui était familier, un air de déjà-vu insistant restait en sa compagnie tandis qu’il patientait dans la queue avant de rentrer, sans le quitter lorsqu’il pénétrait l’établissement. Ce n’était guère la première fois qu’il fréquentait les lieux, il connaissait à peu près tous les bars de Portland, et s’y était rendu tantôt pour des soirées entre amis, tantôt pour le travail ; cette bâtisse, pourtant, rassemblait plusieurs critères et ce ne fut qu’une fois à l’intérieur que l’intégralité des souvenirs, accompagnés de toutes les sensations qui allaient avec, lui revinrent en plein visage. C’était ici qu’un an et quelques semaines auparavant, il avait fait la rencontre de Marley. Beaucoup d’eau avait coulé sous les ponts, des événements joyeux puis fâcheux avaient ponctué la chronologie de leur histoire, qui avait pris fin récemment, d’abord sous l’impulsion du petit brun, puis sous celle de Beckett qui y avait mis un point final afin d’abréger leurs souffrances respectives.  Une plantureuse quinquagénaire au bras en 2018, seul avec les poches pleines en 2019, les temps avaient changé, Schaeffer aussi. A l’époque, il n’était pas père de famille. A l’époque, il n’était jamais tombé amoureux. A l’époque, il n’avait jamais eu le cœur brisé en un millier de morceaux. Aujourd’hui, malgré les épreuves, il était toujours aussi stupide qu’au cours de cette période de sa vie. Ses choix laissaient à désirer, son tempérament n’était nullement apaisé, ses relations demeuraient de plus en plus douteuses. Cependant, le Beckett qui saluait Luca, le barman, en commandant une pinte de bière, ne regrettait qu’une infime partie de ces treize derniers mois. Il avait beau se trouver à une place peu enviable, il n’aurait pas changé son passé proche, car il l’avait vécu avec intensité et honnêteté. Revenir en arrière aurait signifié dire adieu à des leçons de vie précieuses. L’une d’elles aurait dû lui intimer de faire demi-tour et quitter ce bar malgré le rendez-vous convenu avec « Bob », une vingtaine de minutes plus tard, mais l’idiot n’en fit rien.

Ce ne fut pas l’air d’une chanson connue, ni la voix du chanteur, qui firent se dresser les poils sur ses bras, recouvrant sa peau d’une chair de poule peu en phase avec la chaleur ambiante. La gorgée de bière se coinça dans son œsophage et une toux mal placée manqua de le faire recracher une partie de sa pinte. Ce n’était pas vrai, il ne se pouvait... « Putain... » marmonna-t-il, le coin des lèvres bon à être essuyé sur la manche de sa chemise sombre. De toutes les représentations possibles durant le court laps de temps que durait sa présence sur les lieux, il fallait que ce fût lui, cet ange de malheur, qui prît possession de la scène. Peu enclin au gaspillage, il termina son verre aussi rapidement qu’il le put, mais ce ne fut pas suffisant, car il sentit le regard perçant lui glaçer les sangs, de l’autre bout de la salle. Il ne pouvait décemment pas rester dans le même espace que l’homme qu’il avait éconduit un mois plus tôt, surtout après avoir laissé sans réponse les nombreux messages que ce dernier lui avait envoyés. Il laissa un généreux billet sur le comptoir et prit la poudre d’escampette, jusqu’à une ruelle adjacente, à l’abri des regards indiscrets, si ce n’était pour le jeune couple qui s’embrassait derrière les poubelles du bar. Il terminait tout juste le SMS à destination de « Bob » qu’un raclement de gorge capta son attention. « Tu peux éviter de monter sur tes grands chevaux, ce n’est pas pour toi que je suis venu jusqu’ici. » Alors pourquoi sa poitrine se gonflait-elle du désir de courir vers lui et de l’étreindre jusqu’à les priver tous deux d’air ? « D’ailleurs, si tu pouvais carrément éviter de traîner dans les parages, ça arrangerait mes affaires. J’attends un client, vois-tu... » Il était conscient qu’il venait d’énoncer deux mots fatals pour Marley, qui haïssait plus que tout quand Beckett lui rappelait sa condition d’escort. Ce qu’il ignorait toutefois ce soir était le fait que sa clientèle ne viendrait pas le rencontrer pour du sexe ; non, ils avaient rendez-vous avec le petit sachet qu’il conservait soigneusement dans la poche avant gauche de son jean. Sa voix de comédien était cassante, non pas parce qu’il souhaitait faire du mal à l’infirmier – grand dieu non, il en avait déjà assez fait comme ça – mais bien pour le faire fuir. Il refusait de montrer à Marley la déchéance dans laquelle il était tombé et qui l’avait fait passer de prostitué quasi innocent à dealer de drogues dures. Les sables mouvants dans lesquels il s’était enlisé étaient sans fin, toutefois il ne concernait que lui et lui seul. Le grand blond détourna la tête, renifla bruyamment pour se donner consistance, et remercia l’obscurité ambiante de dissimuler l’éclat de tristesse qui brillait dans ses yeux.

_________________
Have I the courage to change?
I'm walking uphill, both ways it hurts. I bury my heart here in this dirt. I hope it's a seed, I hope it works. I need to grow, here I could be closer to light, closer to me.


Dernière édition par Beckett Schaeffer le Ven 9 Aoû - 23:22, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

Marley Denbrough

messages : 1650
name : nausicaa.
face + © : harry treadaway + © corpsie & drownedintofiction.
multinicks : eckart • jeremiah • lulu • giacomo • winnie • keane • alvin.
points : 2318
age : 31.
♡ status : never put your happiness in someone else's hands.
work : male nurse.

— boom, butterfly effect.
how we met :
rp status (fr/en) : off ▬ bee - shiloh - bee/cha.

Don't let the sun go down on me. Empty
Message· · Sujet: Re: Don't let the sun go down on me. Don't let the sun go down on me. EmptySam 3 Aoû - 19:05

« Pourquoi ? »
« Pourquoi tu as fait ça ? »
« Tu tiens si peu à moi ? »
« Réponds bordel... »
« Tu le fais exprès ? »
« Ah donc c’est officiel, tu as décidé de m’ignorer ? »
« Tes couilles sont si lourdes à porter que ça t’empêche de me répondre ? »
« Ou c’est justement parce que tu es occupé à les vider à cet instant que tu ne daignes pas me parler ? »
« Tu n’es qu’un connard ! »
« Tu me manques. »
« Putain Beckett, réponds-moi ! »
« Je suis désolé, okay ? »
« Tu ne peux pas juste décider de disparaître comme ça. »
« Tu avais promis de prendre soin de moi… »
« Tu m’abandonnes comme tous les autres. »
« Tu as raison, je ne mérite rien de plus que ton silence. »
« Je ne suis qu’une merde. »
« Je te déteste mais je me déteste bien plus encore. »


Les yeux rivés sur son smartphone, il fit glisser la longue discussion avec Beckett – si on pouvait d’ailleurs appeler cela une conversation compte tenu de l’absence de réponse de la part du blondinet – et soupira à la lecture de certains messages qui sonnaient particulièrement désespérés. Le ridicule de l’échange, ou plutôt du monologue de Marley, atteignait cette fois-ci des sommets ; il n’avait visiblement besoin de l’aide de personne pour se ridiculiser seul. Son index faisait défiler les innombrables messages, sans doute y en avait-il une petite cinquantaine, mais il s’interrompit avant même d’arriver au dernier et verrouilla son portable qu’il rangea dans la poche arrière de son jean sombre. Les textos avaient été envoyés de manière quasi-quotidienne sur une période de deux semaines en juillet, l’humiliation était immense, il ne se reconnaissait pas et se dégoûtait presque. Devoir ainsi ramper aux pieds d’un homme qui ne voulait plus être mis en relation avec lui, c’était tout bonnement pathétique. Beckett lui avait indiqué ne plus souhaiter le voir, ni même lui parler, et pour la toute première fois depuis qu’il connaissait le jeune homme, ce dernier tenait sa parole et allait jusqu’au bout de ce qu’il avait annoncé. Si l’information avait fait le tour de sa petite caboche bien remplie, il se refusait à totalement y croire, encore aujourd’hui et comme tous les autres jours, il espérait secrètement voir le prénom de son ancien compagnon s’afficher sur l’écran de son téléphone. Un appel, un message, au stade où il en était, il acceptait toute forme de communication ; même une insulte le satisferait en partie car cela sous-entendrait qu’il pensait un minimum à lui, lui aussi. Contraint et forcé de se faire une raison, il avait toutefois fini par réaliser que sa relation avec Schaeffer était définitivement terminée. Le gentil et attentionné Beckett n’était plus, à croire que lui aussi s’était finalement lassé du jeune infirmier, comme tous finissaient par le faire à un moment donné. Une fatalité qui ne le réjouissait pas et qui l’entraînait malgré lui vers des travers plus moroses que d’habitude.

Bien que son salaire était plus important maintenant qu’il travaillait sur Portland, ses dépenses hebdomadaires et mensuelles, quant à elles, avaient inexplicablement augmentées. Il prétendait ne pas se l’expliquer et pourtant il connaissait très bien la raison de ses problèmes d’argent actuels. Il avait mis de côté cette partie de sa vie durant de nombreux mois car le cœur n’y était plus, désormais il répondait davantage à un besoin financier qu’à un réel désir de se trouver dans ce bar à jouer des morceaux connus. Assis sur un haut tabouret, la scène lui appartenait, tandis qu’il grattait les cordes de cette guitare qu’il avait longuement songé à offrir à Beckett pour son anniversaire ; malheureusement cela n’avait pu se faire car ils avaient rompu avant la date de l’événement. Tant pis, cela lui offrait aujourd’hui la possibilité de jouer devant un public peu réceptif, qui écoutait les accords et le son de sa voix comme s’il s’agissait d’un fond sonore lancé par les propriétaires des lieux, mais cela avait le mérite de lui apporter une certaine somme d’argent. Cette rémunération ne resterait guère longtemps entre ses mains ce soir car il comptait la dépenser sitôt sorti de ce bar, mais elle était suffisante pour payer sa dose de la soirée. Peu motivé, il n’y mettait pas tellement du sien et lorsqu’il balaya du regard l’assemblée présente dans la pièce, il loupa une note en reconnaissant une tête blonde accoudée au comptoir. A en juger par l’attitude fuyante de l’individu, il avait clairement dû remarquer sa présence lui aussi. Étrangement, et même si une douleur oppressante lui compressait la poitrine, il ne fut pas le moins du monde étonné par sa réaction. Il l’observa quitter les lieux avec une discrétion toute relative et termina sa chanson comme si rien ni personne n’était venu perturber ce moment. Il prit ensuite le temps de se calmer en « coulisses » et resta assis de longues minutes, à fixer le mur blanc défraîchi qui lui faisait face. « Merde... » souffla-t-il en vidant sur la table basse un petit sachet de cocaïne. Il sniffa rapidement la petite rangée de poudre qu’il venait de soigneusement aligner puis rassembla précipitamment ses affaires en réalisant qu’il était en retard. Il venait de consommer le reste de sa dose, de ce fait, il ne pouvait se permettre de louper le rendez-vous fixé avec ce nouveau dealer qu’il ne connaissait pas. Il arriva en courant dans la ruelle étroite et sombre et ralentit en découvrant la haute silhouette de Beckett qui se tenait là. Pourquoi était-il encore dans les parages ? Pour quelqu’un qui venait de le fuir, il n’était pas parti très loin. « Je... » commença-t-il, interloqué et blessé par sa manière de s’adresser à lui. « Rassure-toi, je ne suis pas là non plus pour tes beaux yeux. Et contrairement à ce que tu penses sans doute, je ne t’ai pas suivi jusqu’ici. » Les paroles de ses nouveaux collègues lui revenaient alors en mémoire. Nombreux étaient ceux qui s’étaient étonnés de la situation, lui demandant pour quelle raison il s’obstinait à ce point à s’encombrer d’un mec plus jeune que lui et de toute évidence immature. Quand il l’entendait lui parler avec si peu de respect, il comprenait où il voulaient en venir en disant cela. « Après les motels miteux, tu donnes maintenant rendez-vous à tes clients dans des ruelles glauques ? Qui paie pour de tels services ? » dit-il en lui adressant un regard empli de dégoût. « Je comprends mieux désormais pourquoi il n’a pas été difficile de te convaincre de me rejoindre dans les toilettes du bar, ce jour là. » Ce même bar dans lequel il venait de jouer avait eu le privilège de connaître leur premier et bref rapport sexuel ; une rencontre dont il se souvenait encore parfaitement. « C’est peut-être ce que je devrais faire après cette conversation gênante d’ailleurs, sucer le premier venu. Qu’est-ce que tu en penses ? J’imagine que ce sera toujours moins cher que les tarifs exorbitants que tu appliques pour une prestation pourtant médiocre. » Les effets de la cocaïne se faisaient progressivement ressentir dans son organisme. Les pupilles légèrement dilatées, une sensation de bien-être profond l’envahit alors, bientôt suivie par une excitation euphorique sortie de nulle part. Ce sentiment de puissance totale lui donnait des ailes et l’incitait à s’affirmer toujours plus. « Enfin bref, » conclut-il en soupirant de façon exagérée. Il sortit son téléphone portable et composa rapidement un message à l’attention du dealer : Tu es où ? Je suis au point de rendez-vous mais je te vois pas. C’est possible d’ajouter trois grammes à ma commande ? J’ai l’argent sur moi.  « Je suis bien là, tu veux pas dégager ? J’attends quelqu’un moi aussi, » reprit-il en relevant la tête vers le grand blond qui était toujours planté là.

_________________

--- How did I manage to lose me?
I'm done hating myself for feeling. I'm done crying myself awake. I've gotta leave and start the healing.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
a man on fire × a violent desire

Beckett Schaeffer

messages : 2386
name : corpsie.
face + © : j. lowden x ©me & justjacklowden.
multinicks : isaac, marnie, oliver, peter, tony.
points : 2774
age : 27 {11.06}
♡ status : bee looking for honey.
work : (trying to stop) selling pleasure and drugs, somewhat dad, hanging in there.
home : Charlotte & Harry's.

— boom, butterfly effect.
how we met :
rp status (fr/en) : s1 : chamarley - s2 : marley, jesse, shiloh (callum)

Don't let the sun go down on me. Empty
Message· · Sujet: Re: Don't let the sun go down on me. Don't let the sun go down on me. EmptySam 10 Aoû - 0:06

Comment cela pouvait-il lui arriver, encore une fois, à lui ? Le destin n’était-il pas en mesure de lui accorder un break loin des drames ? Son quotidien était déjà rendu compliqué par des choix de vie hasardeux et mauvais, mais il fallait par-dessus le marché lui rappeler à quel point il n’était qu’une merde qui se mettait les meilleures choses de sa vie à dos. Il estimait pourtant avoir payé son dû, il revenait du dixième sous-sol, il avait remonté tant bien que mal la pente jusqu’à recouvrer un équilibre précaire, grâce à d’autres décisions encore plus stupides que ses précédentes – si, cela était possible. Il passa une main nerveuse sur son menton tandis que Marley l’enfonçait sous un tas de reproches et de virulents sarcasmes visant à le blesser. Les fléchettes atteignirent à plusieurs reprises la cible qu’était son cœur, rougeoyant de douleur lorsque le musicien se décida enfin à passer le relais. Cependant, Beckett n’avait plus envie de surenchérir ; il avait mis les choses à plat afin de ne pas avoir à revivre ce genre de scènes intenables, parce qu’il refusait de faire souffrir et de souffrir plus longtemps pour une relation qui ne méritait pas tant de larmes de leurs parts. « Heureusement que je t’avais demandé de ne pas monter sur tes grands chevaux, hein ? » railla-t-il. Marley était tombé si bas qu’il remettait en cause les performances sexuelles du grand blond, après tout ce qu’ils avaient partagé ? Il n’arrivait pas à être crédible, dans sa colère intense, et ce ne fut pas ce qui heurta le plus Schaeffer. Les mots faisaient mal, toutefois la façon dont il les crachait était le plus insupportable dans cette ruelle, plus encore que l’odeur de pisse chaude qui ressortait à chaque coup de vent. « Tu serais étonné de savoir le nombre de personnes qui sont prêtes à signer un chèque à trois chiffres pour que je les baise dans des endroits semblables à celui-ci. Il y a bien des gens qui ont payé pour les fausses notes que tu as faites sur scène… » Beckett essayait de se mettre à son niveau, sauf qu’il ne pouvait se résoudre à attaquer sous la ceinture, lui, car Denbrough était trop fragile, et qu’il n’était tout bonnement pas aussi méchant que ça. Il aimait encore trop Marley pour le blesser de façon irrémédiable. Une partie de lui, enfouie dans sa poitrine, souhaitait croire que leur histoire n’était qu’en stand-by, qu’il suffisait d’une étincelle pour les rassembler à nouveau. La majorité de son être, en revanche, avait conscience qu’il ne fallait pas espérer se voir appeler « le petit ami de Marley » à nouveau. Leur rencontre fortuite et les propos désagréables échangés abondaient en ce sens.

Il baissa la tête sur son téléphone de travail qui vibra dans sa main. « Tu es bien ici ? Dans une ruelle glauque ? Et c’est moi le raté, après ? » Il se concentra à nouveau sur le SMS qu’il relut puis leva la tête pour regarder autour de lui. Il leva son index à destination de Marley, pour le faire patienter de la manière la plus condescendante qui fut, et répondit à son client : Tu as dû te tromper de club, je ne te vois pas, c’est la ruelle à gauche de l’entrée. Il releva ensuite la tête lorsqu’un « ding » se fit entendre à moins de trois mètres de lui. Beckett Schaeffer était loin d’être bête, il était doté de facultés intellectuelles qui lui avaient permis d’entrer à l’université, et à y valider deux années, cependant il était paradoxalement assez long à la détente lorsqu’il s’agit des choses logiques de la vie. L’évidence avait parfois du mal à s’imposer à sa cervelle de blond – comme aimait lui rappeler Marley, comme si la couleur de ses cheveux le définissait en tant qu’homme. Le silence pesant entre les deux individus rendait l’atmosphère encore plus difficile à supporter, pourtant l’escort à moitié recyclé en dealer de drogues le fit s’éterniser lorsqu’il envoya, sans attendre de réponse au préalable, un message à son client. Deux petits points d’interrogation, rien d’autre, pas un mot, pas une lettre. Un questionnement. Qui se transforma en réponse tandis qu’il voyait Marley en train de jeter un œil à son téléphone. « Putain de merde, ne me dis pas que… » Les insultes, les coups, les remarques désobligeantes, il pouvait les encaisser. Il était capable de soutenir n’importe quels sévices corporels, même ceux qui auraient pu entraîner la mort dans d’atroces souffrances. Mais pas ça. Il refusait d’y croire. « Marley, non… » Cette fois, il n’y avait plus aucune trace d’ironie ou de sarcasme dans sa voix brisée, seulement une infinie tristesse qui trouva écho dans la larme de crocodile qui s’installa dans le creux de son œil droit. C’était clair comme de l’eau de source, Marley Denbrough était : « Bob. Je suppose que c’est comme ça que je devrais t’appeler, plutôt, hein ? » Il s’avança de quelques pas dans sa direction, afin d’obtenir la possibilité de détailler son visage, ce qui lui était impossible jusqu’alors. L’évidence lui sauta davantage aux yeux quand il remarqua ses traits tirés et ses yeux cernés de rouge, de manière si prononcée qu’il ne pouvait s’agir que de fatigue ou de déprime. Beckett regretta dans la seconde avoir accepté de remplacer l’autre revendeur pour  cette soirée en particulier ; il avait annulé un rendez-vous avec une cliente habituelle pour ces conneries. Il aurait souhaité se trouver n’importe où plutôt que dans cette ruelle. Même si, d’un autre côté, il était certainement celui qui avait le plus besoin d’être présent pour Marley à cet instant. « De la cocaïne, Marley, tu es sérieux ?! » Il n’avait plus aucun droit de juger les faits et gestes de son ex-petit-ami, pourtant, il ne s’en priverait pas. « Qu’est-ce qui se passe dans ta tête pour te détruire de la sorte ? » L’hôpital se foutait un peu de la charité, mais il était trop tard pour reculer.

_________________
Have I the courage to change?
I'm walking uphill, both ways it hurts. I bury my heart here in this dirt. I hope it's a seed, I hope it works. I need to grow, here I could be closer to light, closer to me.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

Marley Denbrough

messages : 1650
name : nausicaa.
face + © : harry treadaway + © corpsie & drownedintofiction.
multinicks : eckart • jeremiah • lulu • giacomo • winnie • keane • alvin.
points : 2318
age : 31.
♡ status : never put your happiness in someone else's hands.
work : male nurse.

— boom, butterfly effect.
how we met :
rp status (fr/en) : off ▬ bee - shiloh - bee/cha.

Don't let the sun go down on me. Empty
Message· · Sujet: Re: Don't let the sun go down on me. Don't let the sun go down on me. EmptyVen 16 Aoû - 1:08

Il le savait indéniablement blessant, oui, il connaissait cette facette de sa personnalité. Après les innombrables altercations par lesquelles ils étaient tous les deux passés, le Beckett acerbe et grossier n’avait désormais plus aucun secret pour lui. En son for intérieur, il aurait aimé pouvoir faire l’impasse sur ce détail, hélas les faits étaient bel et bien là, les mots avaient franchi la bouche du blondinet, la sentence tombait une nouvelle fois. Ils se déchiraient mutuellement, excellaient étrangement dans cette discipline et, en l’état actuel des choses, ne pouvaient pas faire grand-chose pour changer la donne. D’emblée, ils s’étaient lancés sur une pente sinueuse et il lui semblait maintenant difficile voire inconcevable de rebrousser chemin pour se sortir un minimum de ce magnifique bourbier. « Tu ne... » souffla-t-il avant de déglutir bruyamment, incapable de prononcer la moindre parole supplémentaire. Peut-être était-ce la fatigue physique qui se faisait ressentir et influençait indirectement ses réactions, dans tous les cas Marley se répétait intérieurement la réponse du jeune homme et en venait à chaque fois à la même conclusion ; la méchanceté de Beckett battait ce soir des records. La vérité était laide et le père de famille savait précisément à quel endroit appuyer pour faire le plus de mal. Il avait beau lui-même l’insulter et critiquer sa prétendue profession, la réalité le frappait uniquement lorsque son ancien compagnon ripostait en retour. Cette arrogance qu’il maîtrisait sur le bout des doigts, la suffisance de ses paroles impitoyables, l’infirmier n’avait aucune chance de sortir indemne de ce cruel duel. « Pour que tu les baises... » murmura-t-il pour lui-même sans vraiment s’en rendre compte, secouant lentement la tête de gauche à droite. Pourquoi faisait-il l’étonné ? Il était pourtant évident que tout le monde paierait pour les services de Beckett Schaeffer, ce témoignage n’apportait aucune nouveauté dans leurs vies. De toute évidence, chacun était autorisé à obtenir un petit bout de son homme, tous, à l’exception de lui. « Après un long mois de silence total, je suis ravi d’avoir droit à de telles paroles élogieuses de ta part… Merci. Oui, merci Beckett. » Merci de faire de ma vie un tel enfer. Merci de m’apporter une joie incommensurable pour mieux me la retirer par la suite. Merci de m’avoir laissé tomber comme la dernière des merdes peuplant cette planète. Sans doute estimait-il ne plus être responsable du « cas Marley » et de son nombre impressionnant de problèmes. Il refusait désormais d’être associé au petit bout d’homme abîmé qu’il était ; pouvait-il seulement l’en blâmer ?

Dans un état second, il ne comprit pas immédiatement pour quelle raison Beckett commençait à s’agiter nerveusement. Il écouta sa tirade puis baissa les yeux sur son téléphone portable avant de se mettre à rire nerveusement. « Non ? C’est toi mon dealer ? » L’intonation de sa voix était devenue plus légère tandis qu’il se passait une main dans les cheveux. « C’est dingue. » On décernait à présent un semblant d’enthousiasme malvenu dans ses paroles. Il se mit alors à remuer sa main devant le visage de son interlocuteur dans de grands gestes exagérés, grimaçant et soupirant à chaque fois qu’il ouvrait la bouche pour s’exprimer. « C’est bon, tu as fini ? » Il frotta ses yeux rougis et cernés puis passa sa main à plusieurs reprises sous son nez, geste accompagné de petits reniflements. « Je ne suis pas là pour écouter tes conneries, je sais ce que tu penses de moi, nous sommes déjà passés par là. Bref, tu as la marchandise ? » Question idiote car il ne se trouverait pas face à lui s’il était venu les mains vides. « Si tu as un peu plus que prévu, ça m’arrangerait… Je vais en avoir besoin pour me remettre de la situation. » Ses mots pouvaient laisser entendre qu’il prenait leur position délicate à la rigolade alors qu’il n’en était rien. La douleur ressentie était si grande qu’il éprouvait le désir de la crier haut et fort. Cependant, rien ne sortait, comme si le mélange de cocaïne et d’alcool l’empêchait d’agir comme la version sobre de lui-même l’aurait fait. Ce soir, à ce moment précis, il lui en voulait terriblement. Bien que faisant des choix de vie plus que douteux, il n’était pas dans ses habitudes de faire preuve d’une insouciance totale. Pourtant, son ex-petit-ami était l’unique responsable de sa consommation anticipée. Ses projets étaient simples, il devait se produire sur la petite scène de ce bar si cher à son cœur, récupérer la dose de poudre blanche commandée et rentrer chez lui pour savourer cette détente bien méritée. Il avait réagi bêtement en mettant de côté sa propre sécurité, par sa faute, il avait pris des risques inconsidérés et se mettait tout seul en danger à la simple perspective de reprendre la route une fois la transaction achevée. La faim commençait à le tourmenter, il plaça de ce fait une main sur son ventre douloureux – depuis combien d’heures n’avait-il rien avalé de consistant ? – avant de s’asseoir à même le sol, en tailleur. « Je vais me poser là, » ajouta-t-il alors que son postérieur avait déjà rencontré le macadam. Son regard azur et terne se dirigea ensuite vers le couple toujours enlacé plus loin et dont l’échange salivaire ne semblait pas vouloir prendre fin. « Ce sont les clients que tu devais voir ? » demanda-t-il d’une voix douce en fixant les jeunes gens. Son discours n’était pas très cohérent, il donnait même l’impression d’avoir oublié où il se trouvait actuellement, le contexte qui l’avait conduit à se poser dans cette ruelle sombre et odorante ainsi que leur précédente conversation. En proie à une fatigue soudaine, il se mit à pousser de longs gémissements plaintifs tandis qu’il tirait la peau de son visage vers le bas. « Tu as de l’eau sur toi ? » Il ne prit pas la peine d’attendre sa réponse et fouilla dans les poches de son jean pour en sortir un petit flacon étiqueté. « A la tienne, » murmura-t-il avec une tristesse non dissimulée avant d’avaler deux petits cachets qu’il avait fait glisser dans le creux de sa main. Il s’agissait d’antidépresseurs qu’il prenait occasionnellement, une fois toutes les trois semaines, alors que les gélules devaient être ingurgitées quotidiennement. En quittant Seattle pour s’installer à Windmont Bay, il avait laissé derrière lui le psychiatre qui le suivait depuis de nombreuses années. Par conséquent, il avait dès lors cessé de consulter un professionnel, l’une des plus grosses erreurs commises depuis qu’il vivait ici. Il en avait conscience mais ne fournissait aucun réel effort pour améliorer la situation. Quand il sentait une forme de détresse l’envahir et laisser place à une agonie silencieusement déchirante, il se jetait sur son traitement dans l’espoir de voir la douleur s’échapper. Prisonnier de sa petite bulle d’angoisses diverses, il se recroquevilla sur lui-même et entoura ses jambes de ses bras maigrichons, comme pour se mettre à l’abri. « Quand je t’ai sucé dans ces toilettes le jour de notre rencontre, je ne pensais pas à l’avenir, à ce qui pouvait se passer demain... » De fines larmes roulèrent le long de ses joues rougies par l’émotion. « Je me contentais de peu. Je me contentais de ce que je méritais, rien de plus qu’un plan cul dans les WC d’un bar ordinaire. Je ne pensais pas que ma petite vertu me ferait gagner le gros lot. Toi. » Il se gratta l’avant-bras de manière convulsive en cherchant désespérément à capter son regard. « Tu vas me donner ma dose, hein ? »

_________________

--- How did I manage to lose me?
I'm done hating myself for feeling. I'm done crying myself awake. I've gotta leave and start the healing.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
a man on fire × a violent desire

Beckett Schaeffer

messages : 2386
name : corpsie.
face + © : j. lowden x ©me & justjacklowden.
multinicks : isaac, marnie, oliver, peter, tony.
points : 2774
age : 27 {11.06}
♡ status : bee looking for honey.
work : (trying to stop) selling pleasure and drugs, somewhat dad, hanging in there.
home : Charlotte & Harry's.

— boom, butterfly effect.
how we met :
rp status (fr/en) : s1 : chamarley - s2 : marley, jesse, shiloh (callum)

Don't let the sun go down on me. Empty
Message· · Sujet: Re: Don't let the sun go down on me. Don't let the sun go down on me. EmptyVen 23 Aoû - 16:08

L’espace d’un instant, Beckett se demanda s’il s’agissait d’une mauvaise blague, d’un coup monté par des connaissances communes qui avaient jugé rigolo de les faire se retrouver dans une situation aussi cocasse que déprimante ; puis l’idée qu’il s’agissait d’une mise en scène tragique organisée par Marley pour le forcer à reprendre contact émergea entre ses deux oreilles. Il avait en effet laissé une vingtaine de messages sans réponse, au moins autant d’appels sans jamais prendre la peine d’écouter son répondeur – il ne souhaitait pas flancher à cause du son de sa voix -  et il connaissait le caractère têtu de l’infirmier. Il aurait poussé l’astuce beaucoup trop loin, si tel était le cas, puisque Marley revêtait avec un peu trop de zèle le costume de l’accro aux drogues dures. Tout dans son langage corporel laissait suinter le malaise ressenti. Malgré la pénombre qui amoindrissait toute visibilité, Bee était en mesure de voir la peau du trentenaire en feu, le rouge injecté dans ses yeux, la sueur le long de ses tempes. Denbrough ne jouait pas la comédie. « Je n’ai rien, » mentit-il, tandis que le sachet brûlait désormais l’intérieur de la poche de son jean. Mais ses mots se perdirent dans la nuit, sans trouver d’oreille attentive. Lui-même n’avait bu qu’un seul verre au cours de sa soirée, car il lui était important de conserver les idées claires lorsqu’il faisait une vente, il n’avait pas envie de perdre sa concentration alors qu’il était question de grosses sommes d’argent, cela n’avait rien à voir avec ses occupations habituelles, qu’il maîtrisait de A à Z. Il s’en voulut d’être en pleine possession de ses moyens, car il n’aurait aucune possibilité d’ôter ces images de son esprit. Leur histoire l’avait amené plus d’une fois à voir son cœur se briser à cause de disputes, de propos violents échangés sous le coup de la colère, mais cette fois c’était différent. Il avait physiquement mal de voir Marley souffrir de la sorte. A plusieurs reprises, il se retint de le prendre dans ses bras, de s’accroupir à ses côtés pour le serrer contre sa poitrine. A plusieurs reprises, il parvint à taire cette voix qui lui hurlait de faire quelque chose pour réconforter l’homme de sa vie. S’il avait eu un semblant de jugeote, pourtant, il aurait pu empêcher Marley d’ajouter encore plus de merdes dans son organisme, mais il était le témoin inutile de sa descente aux enfers. « Qu’est-ce que tu fous, putain ? » marmonna-t-il, encore une fois s’adressant à un mur dénué d’ouïe.

Il évoluait dans un monde nocturne fait d’alcool et de drogues, même s’il n’était lui-même pas un très gros consommateur de l’un ou l’autre, il avait vu plus d’une connaissance sniffer de longues lignes de poudre blanche, s’injecter des produits tendancieux dans les veines, malgré cela, il ignorait ce qui était attendu de lui à cette seconde. Que pouvait-il faire pour venir en aide à Marley ? La question qui le paralysait était encore plus insidieuse : avait-il envie de venir en aide à Marley ? S’il le laissait là, dans sa putain de ruelle, il était sûr et certain d’être débarrassé de lui, qu’il comprendrait enfin que tout espoir était vain, qu’ils n’étaient plus rien l’un pour l’autre. S’il le laissait là, Schaeffer officialiserait enfin leur rupture pure et nette. S’il le laissait là, Beckett en mourrait car il était incapable de lui tourner le dos. Lorsque le petit brun se mit à soliloquer sur les débuts de leur relation, et tous les malheurs qu’elle lui avait apportés, le dealer du soir plia les genoux et s’accroupit à côté de lui. Il glissa une main timide dans ses cheveux, qui tinrent en arrière grâce à sa transpiration et il regarda un moment le mouvement ainsi créé, avant de croiser les yeux de la biche perdue qui s’accrochait inutilement à lui. Il déglutit bruyamment et hocha la tête. « Il faut que j’aille la chercher, je ne garde jamais rien sur moi quand je ne connais pas le client… » Il n’avait pas envie de le laisser, même une seconde, car il avait peur de ne pas le retrouver à son retour. « Il faut que tu m’attendes ici, que tu ne bouges pas, d’accord ? J’ai laissé tout ce qu’il te faut à l’intérieur, à la consigne… » Il passa le revers de sa main le long de sa joue, s’adressant avec lui avec calme afin de ne pas le faire fuir. Il esquissa un sourire qui promettait qu’il allait revenir, se remit debout, demanda au couple de servir à quelque chose et de surveiller l’individu bourré, puis il disparut à l’intérieur du bar. Trois minutes furent suffisantes pour accomplir son affaire et il revint, non pas avec la précieuse poudre réclamée par Marley, mais avec deux petites bouteilles d’eau. Dans l’entrefaite, le couple s’était tiré sans demander son reste. Sans le prévenir de son retour, il s’approcha de l’infirmier, ouvrit un bouchon et renversa le contenu de la première bouteille sur le crâne du junkie. Il ignorait si cela fonctionnait pour la drogue, mais ça avait déjà aidé des amis à lui à se désintoxiquer rapidement d’un trop plein d’alcool. Le temps que Marley s’habituait à son état humide, Beckett attrapa l’une des poubelles qui trainaient là, la retourna, puis il posa ses mains de part et d’autres des épaules de Denbrough pour le remettre debout, toujours sans lui demander son accord, puis l’installa sur le siège de fortune. « Bois ! » Il leva l’index de son autre main pour lui intimer de ne pas essayer de rouspéter ou de l’insulter. « Comment est-ce possible d’être aussi con ? Tout gâcher alors que tu as un bon taf, des amis, ta vie devant toi ? » Plus d’une fois, il l’avait traité d’immature, ce qui était sans doute vrai, mais ce soir, les rôles étaient inversés. Il fouilla dans sa poche, tira le petit sachet et l’exhiba sous son nez. « Tu ne l’auras pas tant que tu n’auras pas bu au moins la moitié de cette putain de bouteille. » Si c’était trop pour Marley et qu’il venait à vomir sur ses chaussures, Beckett aurait tout gagné, car il l'aurait libéré d'une partie des merdes qu’il avait ingurgitées. Sauf qu’il offrait là son troisième mensonge de la soirée. En effet, quand une quantité satisfaisante de liquide fut avalée par Marley, Bee ouvrit le petit contenant sous les yeux écarquillés de son client mystère, et déversa le tout entre eux, les particules blanches se liant dans la petite brise estivale avant de disparaître dans la nuit. « Tu pensais vraiment que j’allais cautionner ton état ? Pour qui, ou quoi, tu me prends, Marley ?! »

_________________
Have I the courage to change?
I'm walking uphill, both ways it hurts. I bury my heart here in this dirt. I hope it's a seed, I hope it works. I need to grow, here I could be closer to light, closer to me.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

Marley Denbrough

messages : 1650
name : nausicaa.
face + © : harry treadaway + © corpsie & drownedintofiction.
multinicks : eckart • jeremiah • lulu • giacomo • winnie • keane • alvin.
points : 2318
age : 31.
♡ status : never put your happiness in someone else's hands.
work : male nurse.

— boom, butterfly effect.
how we met :
rp status (fr/en) : off ▬ bee - shiloh - bee/cha.

Don't let the sun go down on me. Empty
Message· · Sujet: Re: Don't let the sun go down on me. Don't let the sun go down on me. EmptyJeu 19 Sep - 16:22

Sous l’influence de stupéfiants, Marley n’était plus lui-même. Ou peut-être était-ce totalement l’inverse ? Et si la cocaïne l’aidait indirectement à acquérir une forme ultime de lucidité sur lui, sur la vie de manière générale et sur tous les maux qui le rongeaient de l’intérieur ? Visiblement impuissant, l’infirmier conserva sa position assise et observa le mouvement de la silhouette qui venait tout juste de s’accroupir devant lui. Il ne réalisait pas bien la situation ni pour quelle raison ces yeux d’un bleu déstabilisant le fixaient de la sorte, comme s’ils cherchaient à poignarder son âme par le biais d’une tromperie, une douceur feinte destinée à le manipuler. Pourquoi était-il là ? Pourquoi se tenait-il dans cette ruelle odorante ? L’espace d’une petite fraction de seconde, le monde autour d’eux consentit à se mettre en pause, le temps pour les deux hommes de se regarder, de se contempler, de se jauger du regard, de s’apprécier, de se juger, de se maudire mutuellement, de constater les dégâts commis par leurs innombrables ruptures directes comme indirectes. Si Beckett ne donnait pas l’impression d’en pâtir physiquement – son mal étant intérieur et discret – le petit brun souffrait cruellement de cet éloignement constant et douloureux entre eux. Battant très lentement des cils, son attention approximative fut concentrée sur le jeune escort qui lui expliquait la suite des événements et son obligation de le laisser seul un moment pour aller récupérer sa dose laissée en lieu sûr. Abruti par la drogue, il ne sentit pas le subterfuge pointer le bout de son nez, pourtant il était évident, Schaeffer ne pouvait pas passer d’une violence verbale à une douceur délicate sans aucune raison apparente. « Okay… J’attends, » murmura-t-il d’une voix fatiguée en hochant faiblement la tête, pas trop non plus car la terre tournait suffisamment comme cela. Son visage inclina instinctivement du côté de la main qui venait d’effleurer sa joue et demeura ainsi plusieurs secondes avant de se rendre finalement compte qu’il était déjà parti. « Je vais mourir, » souffla-t-il tristement en regardant autour de lui. Le départ précipité du couple à qui une mission avait été confiée était probablement dû à ses paroles morbides, ou bien était-ce ses spasmes incontrôlés mêlés à ses gestes anormaux qui les avaient fait partir ? Dans tous les cas, il se trouvait désormais seul avec lui-même et cela ne semblait guère le perturber davantage, habitué à faire fuir son entourage, il ne s’en formalisait aucunement. A en juger par le désespoir de sa propre existence, il s’agissait ni plus ni moins d’une suite logique, il méritait cette place, ce trône accablant fait de chagrin et d’idées noires qui l’accueillerait très prochainement lui et son esprit torturé, qui n’attendait qu’une seule chose, la fin de toute cette souffrance.

Perdu dans ses pensées impétueuses, il ne remarqua le retour de Beckett qu’à l’instant où le contenu d’une bouteille entière fut déversé sur sa tête. La surprise fut grande, il poussa par ailleurs un cri qui résonna dans toute la ruelle avant de lever un regard rempli d’incompréhension vers son ancien compagnon. La respiration haletante, il n’eut même pas le courage de se débattre lorsque le blondinet le manipula physiquement, comme un vulgaire pantin, pour l’installer sur une poubelle. Pour qui se prenait-il ? De quel droit osait-il le sermonner de la sorte ? Ne pensait-il pas en avoir suffisamment fait jusqu’à présent ? Une nouvelle fois, il le contraignait à une énième humiliation et il n’était même pas autorisé à se prononcer sur le sujet. Il prit possession de la bouteille d’eau d’un geste rageur et but plusieurs longues gorgées, non pas pour lui obéir ni même pour lui faire plaisir, mais pour répondre favorablement au chantage proposé. « J’en ai vraiment marre de toi... » fit-il remarquer en refermant le bouchon. « J’en peux plus. » En avait-il sa claque du bel étalon qui lui faisait face ou ses paroles se référaient-elles simplement à sa condition physique ? Lui-même l’ignorait et le doute était permis. Tremblotant de froid alors que la chaleur étouffante de juillet écrasait tout l’Oregon, ses yeux clairs le détaillèrent longuement avant de se remplir de larmes salées qui lui brouillèrent aussitôt la vue sous les particules de poudre blanche déversée dans l’air. « Pourquoi t’as fait ça, putain ? POURQUOI ? » cria-t-il de toutes ses forces en le repoussant brusquement de ses deux mains posées sur ses épaules. « J’en avais besoin ! » Sans juger la distance entre ses pieds et le sol, il sauta à terre et manqua de tomber en se réceptionnant d’une mauvaise manière. Il prit appui sur la poubelle en grimaçant, probablement à cause de cette sensation de brûlure qui irradiait désormais toute sa cheville droite, et se frotta nerveusement le torse de son poing fermé. « Fais partir la douleur, » geignit-il sans pour autant s’adresser à quelqu’un en particulier. Il repoussa une nouvelle fois Beckett et tendit son bras devant lui comme pour le maintenir à une distance suffisante et l’empêcher d’approcher. « Pour qui je te prends ?! » reprit-il avec retard, retrouvant temporairement le fonctionnement de ses facultés intellectuelles. « C’est à moi que tu demandes ça ? » Il secoua négligemment la tête. « C’est à moi que tu demandes ça ? » répéta-t-il, incrédule. « Tu m’ignores, m’effaces complètement de ta vie, prétends en avoir quelque chose à faire de moi ce soir, et tu oses me demander un truc pareil ? » Il frotta vigoureusement ses yeux rougis par la cocaïne et les larmes pour tâcher d’y voir clair mais cela semblait compromis. « Dis-moi ce que je t’ai fait qui puisse mériter tout ça... » déglutit-il douloureusement. Victime de petits soubresauts, il inspira et expira longuement pour parvenir à s’exprimer correctement. « Pourquoi tu ne veux pas que j’aille mieux ? Pourquoi tu ne me laisses pas oublier ? » Le nez plein, il renifla bruyamment et baissa la tête, découragé. « J’étais prêt à tout pour toi, Beckett Schaeffer, tout, y compris à y laisser ma santé mentale. Et pour quoi, au final ? » Les larmes inondaient son visage déjà rendu humide par l’eau qu’il avait reçu. En échange d’un avenir meilleur – et surtout possible – avec lui, il aurait tout donné. Échanger son maigre confort, régresser, revenir en arrière avant même la finalisation de sa transition, il s’était senti prêt à s’abandonner totalement pour mieux renaître à ses côtés. Cette pensée ne l’avait pas effrayé car il avait mis en lui cette confiance totale qui lui faisait aujourd’hui défaut, il savait son homme – du moins ce qu’il en restait – capable de l’épauler jusqu’au bout et de l’accompagner dans chacune de ses étapes personnelles. Où diable était passé cet homme parfait en qui il avait jadis cru ? « Je veux rentrer, » dit-il en se passant une main sous le nez. « Je vais rentrer, » reprit-il aussitôt. « Je pense que la situation est suffisamment claire pour tous les deux, » constata-t-il d’une voix épuisée, évitant avec soin de croiser son regard. Anéanti, il secoua la main pour mettre un terme à cette conversation qu’il ne se sentait désormais plus en mesure de tenir et s’éloigna à grandes enjambées avant de sortir de sa poche ses clés de voiture qui tombèrent maladroitement au sol.

_________________

--- How did I manage to lose me?
I'm done hating myself for feeling. I'm done crying myself awake. I've gotta leave and start the healing.


Dernière édition par Marley Denbrough le Ven 1 Nov - 12:27, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
a man on fire × a violent desire

Beckett Schaeffer

messages : 2386
name : corpsie.
face + © : j. lowden x ©me & justjacklowden.
multinicks : isaac, marnie, oliver, peter, tony.
points : 2774
age : 27 {11.06}
♡ status : bee looking for honey.
work : (trying to stop) selling pleasure and drugs, somewhat dad, hanging in there.
home : Charlotte & Harry's.

— boom, butterfly effect.
how we met :
rp status (fr/en) : s1 : chamarley - s2 : marley, jesse, shiloh (callum)

Don't let the sun go down on me. Empty
Message· · Sujet: Re: Don't let the sun go down on me. Don't let the sun go down on me. EmptyVen 4 Oct - 15:12

Ils auraient pu célébrer récemment l’anniversaire de leur rencontre. Ils auraient pu avoir une bonne raison de se perdre dans les bras l’un de l’autre une nouvelle fois pour se remémorer les hauts et les bas traversés. Ils auraient dû tenir le cap, contre vents et marées, pour continuer de concert, main dans la main, leurs chemins de vie. Mais non. L’incident à la clinique avait rompu le dialogue et avait brisé ce merveilleux quelque chose qui les unissait, et qui avait déjà été mis à mal par le passé, toujours à cause d’une tierce personne qui essayait de s’immiscer entre eux. L’épée de Damoclès que Thorn avait positionnée au-dessus de sa tête blonde était trop menaçante, Beckett se savait sur une corde raide et c’était, en partie, pour cette raison qu’il avait dû refuser à Marley cette troisième chance, ce nouveau galop d’essai pour parvenir à établir une relation solide et durable. Sa vie actuelle était plus chaotique que jamais – et cela voulait dire beaucoup – et il ne pouvait se résoudre à entraîner avec lui un individu aussi fragile que l’infirmier. Il avait cru bien faire. Il avait été persuadé de se sacrifier pour une bonne raison. Il avait, une fois n’était pas coutume, eu tort. Les efforts déployés pour conserver une stature un minimum noble, pour ne pas s’effondrer devant l’état déplorable de son aimé, lui demandaient une énergie qu’il ne possédait plus ; sa taille imposante et ses épaules larges n’étaient que poudre aux yeux, il se sentait à cet instant terriblement faible, impuissant, et la paupière de son œil droit se mit à remuer frénétiquement sous le coup d’une poussée d’angoisse. Il avait le sentiment qu’un événement affreux allait se produire, qu’il allait perdre Marley d’une manière bien trop définitive à son goût. « Tu n’es pas le seul, » murmura-t-il en réponse au mur de colère installé en face de lui. Il se dégoûtait lui-même et n’avait pas attendu Denbrough pour douter de sa propre personne. Les hurlements du trentenaire lui arrachèrent le cœur comme autant de griffes acérées s’en seraient pris à une carcasse, sa douleur émotionnelle se faisait physique et il grimaça quand il fut contraint de reculer d’un pas par les coups de l’infirmier. Il le repoussait dans ses gestes, dans ses propos, mais Beckett n’était pas disposé à le laisser gagner cette bataille. Il refusait de porter le chapeau de l’être vile et mesquin qui l’abandonnerait à son triste sort. Il ne le ferait plus. Schaeffer profita de la brume dans lequel l’esprit de son interlocuteur se trouvait, qui le rendait tristement volubile, et attrapa dans la sienne la main qu’il tendait pour l’éloigner de lui. Il frotta son poignet avec délicatesse, sa tête opinant du chef à chacune de ses paroles, aussi virulentes furent-elles. Il n’était, pour l’heure, pas capable de l’interrompre car il avait perdu la faculté d’émettre le moindre son. Marley avait réussi l’exploit de lui couper le sifflet.

Il rompit le contact physique lorsque les éclats de voix se turent, pour éviter d’être à nouveau rejeté, et il déglutit bruyamment. Il se sentit enfin capable d’articuler des réponses, toutefois Marley passait déjà à autre chose en titubant pour repartir vers une destination qu’il ne risquait pas d’atteindre. Il le suivit d’abord des yeux puis le bruit métallique du trousseau tombé au sol le remit en mouvements. Le cœur aussi lourd que ses jambes qu’il peinait à faire traîner, il le rattrapa, se pencha pour récupérer les clés, et posa sa paume dans le dos du drogué. « La situation est claire, oui. Tu ne vas pas bien, Marl’. Tu ne peux pas reprendre la route comme ça… Si je suis la dernière personne au monde que tu souhaites voir, ce soir, alors traite-moi comme un individu lambda, comme un vulgaire passant qui veut te venir en aide. » Il n’avait pas besoin d’être Bee, il devait simplement être une main tendue, pour le relever et pour l’emmener en sécurité. Et ça, Schaeffer savait faire. Il était sans aucun doute l’être le plus altruiste présent dans ce quartier, à cette heure, et le seul en mesure de raccompagner l’infirmier chez lui. Il était nécessaire pour Marley de faire la part des choses et d’accepter cette vérité, au risque de finir dans le fossé et de ne jamais revoir la lumière du jour. « Je sais que tu souffres, que tout ton corps te fait mal, alors laisse-moi t’aider. » Il avait envie de pénétrer ses main à l’intérieur de sa poitrine pour arracher à son organisme toutes les merdes qu’il venait d’ingurgiter. « Je disparaîtrais complètement une fois que tu seras au chaud dans ton lit, si c’est ce que tu veux… » Il leva la tête et reconnut la voiture à quelques mètres de là, donc il s’y dirigea pour entraîner le petit brun à sa suite. Il ne céderait pas, il ne serait plus un fantôme dans le quotidien de Marley Denbrough, et ce même si ça lui tailladait l’âme que d’être témoin de sa déchéance.

Dans un silence pesant seulement rompu par leurs respirations bruyantes, ils se mirent en route. Sur cette route qu’il connaissait par cœur, entre Portland et Windmont Bay, et la mémoire de Beckett se mit en ébullition, partagée entre deux temporalités. Le souvenir de leur première nuit, durant laquelle il s’était retrouvé derrière ce même volant, à parcourir ce même trajet, avec un Marley à moitié endormi lui revint en vagues d’émotions. Il aurait pu en sourire, car ces images étaient belles. Sauf qu’à cette époque-là, son visage était éclairé d’un sourire béat et non baigné de larmes. Lorsque le trafic nocturne de la métropole fut loin derrière eux, que le chauffeur fut assuré d’avoir actionné le verrouillage central des portières, il se racla la gorge pour, enfin, jouir de son droit de réponse. « Je suis désolé. Je suis sincèrement désolé de ne pas avoir répondu à tes messages, à tes appels de détresse. Je pensais que c’était pour le mieux, qu’il fallait que tu te débarrasses de ma toxicité. Si j’avais pu prévoir que je te retrouverais dans cet état, je t’aurais couvé comme une putain de mère poule, quitte à t’asphyxier. » Peut-être que c’était ce à quoi Marley aspirait, au fond. Il était du genre à convoiter la présence de la Grande Faucheuse. « Je veux ton bonheur, avec ou sans moi, c’est la seule chose que tu mérites, mais tu gâches toutes tes chances de le trouver en t’accrochant à un mec comme moi ! Je ne suis pas bon, et tout l’amour que je te porte ne pourra jamais changer ma nature profonde. Regarde ce que j'ai contribué à faire de toi ?! » Il lui ferait toujours du mal, qu’il en soit conscient ou non, et il ne pouvait plus se permettre une telle chose. Il effaça une larme sous son œil d’un revers de la main. Malgré ces réalisations sur les côtés négatifs de leur couple, dont il était le plus grand responsable, il ne pouvait imaginer une existence sans lui. Marley était son passé proche, son présent incertain, son futur fantasmé. « Je suis paumé, Marl’, je ne sais plus ce que je dois faire pour réparer ce que j’ai cassé… » La jeunesse de ses années transparut dans sa voix cassée, lointaine. Marley n’était pas le seul à requérir une main tendue, ce soir, Beckett était aussi perdu que lui.

_________________
Have I the courage to change?
I'm walking uphill, both ways it hurts. I bury my heart here in this dirt. I hope it's a seed, I hope it works. I need to grow, here I could be closer to light, closer to me.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

Marley Denbrough

messages : 1650
name : nausicaa.
face + © : harry treadaway + © corpsie & drownedintofiction.
multinicks : eckart • jeremiah • lulu • giacomo • winnie • keane • alvin.
points : 2318
age : 31.
♡ status : never put your happiness in someone else's hands.
work : male nurse.

— boom, butterfly effect.
how we met :
rp status (fr/en) : off ▬ bee - shiloh - bee/cha.

Don't let the sun go down on me. Empty
Message· · Sujet: Re: Don't let the sun go down on me. Don't let the sun go down on me. EmptyVen 1 Nov - 15:26

Beckett pouvait bien faire le joli cœur et le bercer de douces paroles – destinées à le rassurer lui seul – le mal était fait, il ne pouvait hélas pas revenir sur ses actions ou tout ce qu’ils avaient pu se cracher au visage mutuellement. Il le connaissait suffisamment pour savoir que le jeune homme agissait de la sorte dans l’espoir de se racheter une bonne conduite et ainsi pouvoir dormir sur ses deux oreilles sans craindre d’être pointé du doigt dans l’éventualité où son ancien compagnon ne parviendrait pas à regagner son domicile ce soir. Schaeffer n’était pas de ceux qui regrettaient leurs mauvaises actions, bien au contraire, le blondinet avait davantage tendance à s’enfoncer toujours plus dans ses négligences quitte à endosser le rôle du parfait coupable. « Te traiter comme un individu lambda ? » reprit-il à sa suite, étouffant un petit rire nerveux au passage. « C’est toi qui excelles dans ce domaine, pas moi. Je suis désolé de te l’apprendre mais pour ma part, j’en suis incapable. » L’escort n’était pas n’importe qui, il ne pouvait pas vulgairement le traiter comme un simple passant qui souhaitait lui venir en aide. Sa manière d’interagir avec le monde extérieur était bien souvent critiquée mais aujourd’hui, Beckett prouvait une nouvelle fois qu’il évoluait dans un environnement qui lui était propre ; lui aussi vivait dans une bulle de confort qui l’éloignait parfois de la réalité. « Non, Beckett, tu ne sais pas. Tu ne sais pas ce que ça fait d’être moi ni même de ressentir ce que j’éprouve à cette seconde précise, épargne-moi donc tes paroles à l’eau de rose… » Il se raidit légèrement en réalisant avec retardement la présence dans son dos de la main imposante de celui qu’il appelait encore son homme quelques mois auparavant, et avança un peu plus vite comme pour éviter indirectement son contact, sans montrer ouvertement que cette promiscuité le dérangeait. « Oh oui, bien sûr, c’est à moi qu’incombe une telle décision. De mieux en mieux, » soupira-t-il fortement en faisant le tour de sa voiture. « Soulage-toi de la manière que tu penses la plus juste mais tu es celui qui a disparu du jour au lendemain. Si tu désires recommencer après ce soir, ne te gêne surtout pas ! » Il prit une profonde inspiration puis s’installa côté passager avant de claquer fermement la portière derrière lui. « Je rêve. Le mec veut simplement un véhicule pour conduire son petit cul blanc jusqu’à Windmont Bay en fait, » grommela-t-il pour lui-même avant d’être rejoint dans l’habitacle.

Le jeune père prit la responsabilité de les ramener tous les deux entiers et pour la toute première fois de la soirée, Marley consentit à lui accorder un minimum de sa confiance, au moins là-dessus. Le mélange de cocaïne et d’antidépresseurs ingurgité plus tôt commençait progressivement à faire effet, ses yeux bleus picotaient à tel point qu’il lui était compliqué de les conserver ouverts. Posant son front contre la fenêtre, il observa distraitement le paysage défiler sur cette route mal éclairée. C’est à ce moment précis que le conducteur de la voiture choisit de s’exprimer, tandis que le cocktail explosif qu’il avait avalé l’entraînait vers des contrées éloignées, le rendant presque amorphe. Contraint de l’écouter, il le laissa dire ce qu’il avait à dire sans l’interrompre et se montra en partie docile. Il était question ici de Marley, il n’était pas dans la nature de ce petit bout d’homme de rester muet, même à moitié endormi, il trouverait la force de se défendre jusqu’au bout. Alors qu’il se redressait sur son siège, ses premières paroles le firent secouer la tête malgré lui tandis qu’il grimaçait à la simple idée de le croire lorsqu’il prétendait être désolé. Ses tripes l’incitaient à hurler MENTEUR mais une délicatesse insoupçonnée dans son for intérieur lui intimait de garder son calme face à la situation. A force de lui avoir répété que c’était le cas, Beckett pensait visiblement être l’unique responsable de tous ses maux, passés comme futurs, le plus gros problème qu’il rencontrait au quotidien, alors qu’il n’en était rien. Le plus grand ennemi de Marley était et restera à jamais Marley. « Quoi ? Finalement le Marley dépressif et suicidaire te manque ? Il te convenait davantage, peut-être ? Tu n’aimes pas ce que tu vois aujourd’hui ? » Il n’avait pourtant pas le sentiment d’avoir changé d’une quelconque manière, l’autodestruction faisait partie de son processus habituel de guérison, du moins il en était persuadé, peu importait la méthode employée. Son ton était inconsciemment agressif, comme à son habitude il était sur la défensive, pour mieux se protéger, pourtant il ne demandait qu’à retrouver ce qu’ils avaient jadis obtenu, ne serait-ce que temporairement. Il n’avait besoin que d’une seule chose, la tendresse démesurée de Beckett. Sans elle, il n’était plus qu’une enveloppe vidée de tout espoir et tournée vers la noirceur du monde actuel. Il était persuadé que le jeune escort était le bon pour lui. Mais était-il seulement le sien en retour ? Cela lui coûtait énormément d’en arriver à un tel raisonnement, cependant il en doutait de plus en plus. « Tu ne peux pas réparer ce qui a été cassé... » souffla-t-il avec fatalité mais calme, choisissant volontairement de ne pas l’accuser directement dans ses propos. Tournant la tête vers lui, il se surprit à se perdre un court instant dans la contemplation de son profil parfait et esquissa un léger sourire à la fois nostalgique et triste, peiné de le voir lui aussi dans un tel état de détresse intérieure. Avec du recul, il regrettait de ne pas avoir convenablement profité des nombreux moments passés ensemble, jugés continuellement insuffisants par Denbrough. Cette manie qu’il avait de le fixer alors que le moment ne s’y prêtait pas, comme s’il lui était impossible de détacher ses yeux de lui, cette tendance à constamment poser ses mains sur lui, même avec la meilleure des volontés il ne tenait guère plus de quelques minutes sans le faire. Tous ces petits détails qui avaient formé leur quotidien lui manquaient cruellement ; le simple fait de regarder un film ensemble représentait parfois une épreuve bien compliquée. Ce souvenir le fit sourire davantage tandis qu’il se mordillait le coin de la lèvre inférieure. Comment en étaient-ils arrivés là ? Leur complicité passée avait de toute évidence disparue, laissant place à deux étrangers qui avaient bien du mal à retrouver les codes pour interagir ensemble. « Ta place n’est pas ici, » murmura-t-il. « Ta place est auprès de ton enfant. Cela te demande déjà bien assez de travail au quotidien pour t’en coltiner un second... » Les routes étaient désertes à cette heure avancée de la nuit, raison pour laquelle ils arrivèrent déjà à destination. « Je peux m’occuper de moi-même. » Il mentait comme un arracheur de dents, il était un assisté et en avait pleinement conscience. Beckett entreprit alors de garer la voiture et, une fois la manœuvre achevée, l’infirmier s’empressa de sortir du véhicule, certes maladroitement. « Regarde, je tiens sur mes deux jambes, tu peux partir. » Son équilibre était approximatif, à défaut d’avoir un corps en pleine possession de ses moyens, il avait néanmoins le sentiment d’avoir retrouvé une bonne partie de ses capacités intellectuelles. Il contourna la voiture en gardant une main en appui dessus, au cas où, et rejoignit son ancien compagnon de l’autre côté dans l’espoir de récupérer ses clés. « Je suis retourné voir un psy, » lâcha-t-il avec une simplicité déconcertante. « Enfin, tu me diras... » Cela faisait désormais deux longues années qu’il n’était plus suivi et le résultat était catastrophique. « Il a fallu que tu me détruises intégralement pour que je me décide à le faire. J’imagine que des remerciements s’imposent ? » dit-il avec une insolence involontaire. Il s’agissait ni plus ni moins que d’une tentative douteuse et boiteuse destinée à dédramatiser et apaiser un minimum la situation. Posant son postérieur contre le capot de sa voiture, il plongea son regard bleuté dans le sien et l’observa avec intensité, incapable de déterminer quelle était la suite logique à cette conversation dénuée de sens. Plus il se perdait dans ses yeux expressifs, plus la douleur présente dans sa poitrine se faisait oppressante. La durée de leur éloignement le faisait douter ; comment avait-il occupé ces longs mois loin de lui ? Il l’imaginait poursuivre son activité d’escort et cela faisait naître en lui une angoisse qui en venait à obstruer ses voies respiratoires. Prenant de grandes inspirations, il rompit finalement le contact visuel et baissa la tête, rongé par une forme de culpabilité nouvellement acquise. Ils n’étaient plus ensemble, ils ne formaient plus ce magnifique nous, ils ne se devaient plus rien. Si le respect avait fui les deux jeunes hommes, la fidélité, elle aussi, devait désormais se trouver bien loin à l’heure qu’il était ; même si elle n’avait, d’une certaine manière, jamais fait partie de leur relation. Pouvait-il seulement se targuer d’être irréprochable de son côté ? Une incertitude régnait autour de ces nombreuses semaines passées à intoxiquer son organisme. La drogue lui faisait parfois perdre la mémoire, à court terme, et il gardait peu de souvenirs de ces soirées durant lesquelles il s’oubliait totalement. Avait-il offert les services de sa bouche charnue ? S’était-il adonné à des jeux charnels avec un ou plusieurs inconnus ? Hélas, il l’ignorait lui-même.

_________________

--- How did I manage to lose me?
I'm done hating myself for feeling. I'm done crying myself awake. I've gotta leave and start the healing.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé




Don't let the sun go down on me. Empty
Message· · Sujet: Re: Don't let the sun go down on me. Don't let the sun go down on me. Empty

Revenir en haut Aller en bas
 
Don't let the sun go down on me.
Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
F I L T H Y S E C R E T :: around windmont bay :: The World-
Sauter vers: