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Dillon Carver

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Message· · Sujet: life is a crazy ride [r] life is a crazy ride [r] EmptyVen 16 Aoû - 16:58

Gaelan and Dillon, part II
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@gaelan springer

- Dieu du ciel, Springer. Dérides-toi un peu. Il est hors de question que je me fasse photographier en compagnie d’un grumpy cat D-lister – fit-elle savoir, hair-flip d’expert et eye-rolling parfaitement chorégraphiés, tandis qu’elle se débarrassait de ses  talons pour poser ses pieds sur le tableau de bord du 4x4 loué pour l’occasion. Véhicule au volant duquel se trouvait son sparring-partner .
Le rôle de chauffeur lui sied à merveille ; silencieux et méticuleux, pas un seul panneau de signalisation ne lui échappait, pas une démarcation ne se voyait abusée.
C’était un excellent conducteur ; Dillon n’aurait malheureusement pas pu en dire autant de ses compétences sociales.
 Une singulière atmosphère régnait , combinaison des titres rock qui retentissaient depuis les baffles encastrées aux quatre coins de l’habitacle et de respirations machinales, des sons  dont  la jeune femme  se serait bien passée.
C’était quelque chose de pouvoir compter sur une playlist magistrale ou une conversation intarissable ; enclouée entre une portière et un mec pas franchement causant, elle n’avait eu d’autres options depuis que la voiture avait démarré qu’osciller entre sommeil et état de veille relatif, certaine qu’à la prochaine halte qu’ils feraient elle se précipiterait sous les roues du premier camion remorque qu’elle croiserait (afin de mettre fin à ce trajet qui n’avait été jusque là qu’une douce torture). C'en était une toute autre que d'être obligée de se satisfaire de conditions pour lesquelles elle aurait catégoriquement refusée de signer. - Avant de t'indigner, je tiens à préciser que j'ai prévenu toute l'équipe que tu viendrais et qu'il était hors de question qu'on cherche à te soutirer une interview. Depuis qu'il avait insisté à mettre les points sur les 'i', elle savait à quoi s'en tenir avec lui; ils n'étaient rien d'autre que des partenaires de jeu, qu'une transaction de nature purement financière  liait pour le meilleur comme pour le pire (ou du moins, 'pour' ce que le contrat qu'il avait consenti à signer stipulait).
A chaque fois qu'un objectif avait le malheur d’apparaître dans leur champ de vision, la tenniswoman avait eu le déplaisir de voir le grand gaillard convulser comme l'aurait fait une gerbille sur le point de faire un arrêt cardiaque.
C'était l'approche qu'il avait choisi et elle n'avait rien trouvé de mieux que de lancer un "AMEN" - c'était Dillon Carver, observant les règles du compromis, acceptant de céder à ce qu'elle avait interprété comme un caprice - mais qui au fond, elle le savait, n'était qu'une façon féroce de protéger une vie privée, un entourage, ceux qui comptaient aux yeux de Gaelan. Une façon de se protéger elle-même, contre toutes les spéculations qu'une photo les mettant en scène aurait pu créer. Elle n'avait pas de temps à consacrer aux questions concernant l'état déplorable de sa vie amoureuse (une fourmilière dans laquelle elle aurait aimé foutre un grand coup d'pied).  
Après le battage médiatique qui avait suivi l'atterrissage forcé de son avion elle s'était vu approchée par un nuage de journalistes. L’événement - dont elle avait informé  la Carver Nation-  avait généré une augmentation de son influence et c'est donc sans surprise qu'elle avait reçu deux jours auparavant un appel de son agent, pour lui faire part d'une offre. Suite à quoi elle avait été démarchée  via la messagerie privée de son compte instagram  par l’imprésario d'un chanteur country relativement célèbre, elle s'était alors vue proposer le rôle du love interest de Chris Lane dans le prochain clip qui serait tourné à deux pas d'Amarillo, Texas.
Elle se saisit d'une bouteille de Gatorade à moitié entamée et tiède, dont elle but une gorgée, avant d'ajuster le dossier de son siège, l'inclinant à quarante cinq degrés. Ses fesses, à peine vêtues, collaient désagréablement sur le cuir et même si elle avait insisté pour que les fenêtres restent grandes ouvertes - qu'était un road trip sans la partie 'cheveux au vent' ?- , elle devait avouer qu'il faisait une de ces chaleurs...elle aurait facilement pu cuir un oeuf au plat sur le capot de la Jeep. - Combien de fois vais-je devoir te répéter que je n'avais pas d'autre solution ? Ma conduite est rouillée, quant à Zachary, après La Vista  - et son commentaire déplacé sur Devan, surtout - je préfère qu'il se remette de ses émotions .Elle n'allait tout de même pas se lancer dans le délayage de tout ce qui avait dit et tout ce qui avait été fait; d'autant que Springer et elle n'étaient clairement pas potes (et que vu comment les choses évoluaient, elle avait plus de chance de trouver une alliée en Garbine). Elle possédait hélas des antécédents du genre, il ne fallait pas aller chercher bien loin, il suffisait d'orienter son attention sur l'ancienne acolyte du joueur qui la flanquait. Fut un temps où ces deux là, assis côte à côte, auraient fait le pitch d'un roman policier. - Il ne te reste que quelques miles avant de pouvoir jouir de ton temps comme il te plaira. Tu ne seras même pas obligé d'assister au tournage, je suis sûr qu'il y a plein de choses à visiter à Amarillo; une pelote de poussières géante ou une vieille fabrique de whisky elle releva ses lunettes de soleil sur le sommet de son crâne avant d'orienter ses billes azurées dans la direction du jeune homme. ou tu pourras relire pour la millième fois un d'ces Dan Brown comme le cliché romantique du joueur de tennis intello dont les minettes raffolent - ajouta-t-elle, sourire gouailleur aux lèvres. Ça va être l'éclate totale.     

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Message· · Sujet: Re: life is a crazy ride [r] life is a crazy ride [r] EmptyMar 20 Aoû - 0:41

Le gamin de Seattle lève les yeux au ciel et rétorque à la remarque de Carver. « Pourtant tu ne dis jamais rien à ton cher coach quand il est silencieux. » Au volant d’un 4x4 plutôt récent, Gaelan se demandait encore pourquoi il avait accepté. Il avait été ok pour taper la balle avec elle, pas pour faire chauffeur ou toute autre tâche. Il ne comprenait pas cet acharnement dont elle faisait preuve à toujours lui répéter qu’il devait sourire alors qu’elle était au courant de sa situation. Déjà, il avait fait l’effort de jouer avec elle, de supporter son coach qui visiblement ne comprenait rien au tennis et n’avait de cesse de comparer la situation à un match de football et il aurait juste voulu qu’on lui fiche la paix et qu’on le laisse faire ce qu’il savait de mieux, jouer au tennis. Il avait mis la radio, mais il ne l’écoutait même pas. C’était juste histoire d’éviter un silence gênant entre la petite blonde et le grand blond qui avait reculé son siège au maximum pour avoir de la place pour ses longues jambes. Ca faisait un moment qu’il roulait en direction du Texas, près d’une journée pour être précis, voire même deux puisqu’ils avaient fait de nombreuses haltes. Ils avaient successivement traversé l’Oregon, l’Idaho, l’Utah, le Wyoming et le Colorado et Dillon trouvait encore quelque chose à redire. Il n’était pas très enchanté à l’idée de rouler autant alors qu’un trajet en avion aurait été effectué en moins de 5 heures. Evidemment, il avait fallu qu’elle et son coach se plantent avec un ULM et il devait se coltiner le trajet le plus pénible qui soit. L’annonce qu’elle venait de lui faire avait eu l’effet d’une bombe. Le gamin aux cheveux longs retourna vivement la tête pour la toiser du regard : « Il est hors de question que je me pavane devant les photographes. Faire le chauffeur passe encore, mais là tu m’en demandes beaucoup ! » Il se fichait bien qu’elle ait averti tout le monde et qu’elle les avait sommés de ne pas l’interviewer. Il n’était pas à l’aise avec cette idée. Gaelan avait déjà dû prendre sur lui lorsqu’il avait été littéralement alpagué alors qu’il sortait du court pour savoir s’il était un sparring régulier de la joueuse ou s’il reprenait la compétition. Evidemment, la question était restée sans réponse ayant maugréé qu’un vulgaire son pour s’excuser. Tout de suite, on avait commencé à reparler de lui dans les journaux et sur les sites sportifs spéculant sur la date d’un retour. Quant aux magazines people, on lui prêtait déjà une idylle avec Dillon, mais il n’avait heureusement pas eu à s’en charger. Tout ça avait amené une situation qu’il avait évitée jusqu’à présent : le téléphone de sa sœur sonnait à répétition et affichait les mots : ‘Home’, ‘Mom’ et ‘Dad’. Il n’avait pas décroché, il ne s’en sentait pas capable. Essayant avec force de ne pas s’emporter par tous ces événements qui le stressaient outre mesure et provoquaient chez lui un sentiment d’insécurité, il avait décidé de prendre sur lui et de ne pas raconter ses tracas à qui que ce soit. Comme d’habitude. Il avait accepté sans rechigner d’amener la petite princesse à bon port, se convainquant qu’il passerait au Big Texan Steak Ranch pour tenter de manger leur fameux steak de deux kilos et ses accompagnements en moins d’une heure pour se le voir offrir alors qu’elle ferait ses affaires avec le fameux Eric Lane ou peu importe comment il s’appelait. Mais elle ne semblait pas l’entendre ainsi. Springer pouffa de rire, alors qu’il ne supportait plus la chaleur qu’il faisait dans le Colorado et qu’il décida de remonter les vitres, mettant la climatisation à 20°C sans demander la permission. « Il a pas vraiment l’air d’être celui qui a besoin de se remettre de ses émotions. Vous avez couché ensemble que tu l’évites ? » Simple déduction, elle qui ne jurait que par lui avait insisté pour que ce soit Springer le chauffeur. Finalement, il semblait qu’elle lui laissait quartier libre et il en fut soulagé. Il ne connaissait personne au Texas, mais ce n’était pas plus mal il aurait tout le loisir de se cacher dans un musée. A cette pensée, il capta le regard de la jeune femme qui se permit de faire une remarque qui ne pouvait pas être plus exacte et le surprit. « …Comment tu sais que je lis du Dan Brown ?! » Il en était interloqué. Il reporta son attention sur la route et prit presque la mouche soudainement, agacé qu’elle puisse le dépeindre de la sorte. « Et de quoi tu me parles ? C’est toi qui es censée prétendre une romance avec Abbey Lane, pas moi. » Et comme pour boucler la boucle, le gamin revint sur sa toute première remarque au sujet de son manque d’amabilité : « Et si t’es pas contente t’as qu’à prendre des leçons de conduite ! » Au moins, il avait prononcé quelques mots.

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Message· · Sujet: Re: life is a crazy ride [r] life is a crazy ride [r] EmptyVen 23 Aoû - 19:03

Gaelan and Dillon, part II
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@gaelan springer

 
Quel vrai trou de balle songea-t-elle ; évidemment, les clichés avaient la vie dure et ce n’était pas Gaelan qui allait se montrer moralement neutre, incapable d’être manipulé par quoi que ce soit – comme par exemple les idées préconçues et les blagues subversives faciles (clap clap clap, talkin' 'bout flipping her bitch switch).
Seulement, Dillon qui avait peut-être osé le poser sur un piédestal bien distinct – celui qui n’avait été occupé jusque là que par Candace et par Mila, était pourtant loin de s’attendre à cette remarque là ‘vous avez couché ensemble pour que tu l’évites‘ - prodigieusement agressive . Elle n’avait pas pipé mot à l’instant où – dans le seul but de discuter la prépotence de ce qu’elle avait suggéré (d’un ton qui possédait malheureusement tout de la sommation)  il avait fermé les fenêtres et lancé la climatisation, elle en avait fait de même lorsqu'il avait suggéré que la relation qu'elle entretenait avec son coach ne devait pas seulement être d'ordre professionnel et ce pour la seconde fois (ce qui laissait penser qu'il faisait une réelle fixette  soit sur le lien qu'elle avait avec Zach, soit sur Zach , soit sur elle - et que le ciel lui en soit témoin, elle préférait  largement encore qu'il cultive une lubie envers son entraîneur !). Pas plus qu'à l'instant où il l'avait accusé de devoir prétendre fréquenter un chanteur country de seconde zone  mais qu'il se permette de lui répondre avec autant d 'irrévérence, c'était tout bonnement à croire qu'il oubliait qui était la sculpturale blonde hyper douée en tennis qui signait tous ses maudits chèques ?! - Tu ne pourrais pas être plus différent de Zachary, t'aurais de nombreuses leçons à apprendre auprès de lui - notamment concernant la politesse et  - un certain sens de la gratitude dont il faisait preuve d'un manque cruel.
A qui fallait-il s'adresser pour les réclamations du genre ? Après cinq états traversés en la ""charmante"" compagnie du nouvellement baptisé 'trou de balle', Dillon rêvait de l'étrangler - et elle était certaine que dans ce seul habitacle, sept objets différents pouvaient arranger ses fantasmes morbides. Mais, n'avait-elle pas besoin d'un chauffeur après tout ? La première concession avait été qu'elle accepte de taper la balle à ses côtés - enfin, contre lui, la seconde avait été qu'elle accepte de se réduire à une relation de travail se situant à dix milles kilomètres et demi des concepts kantiens basiques pour se retrouver le cul collé au siège en cuir d'une voiture de location. Et si elle n'avait pas survécu à un crash d'avion quelques semaines auparavant, elle se serait rendue à Amarillo en un clin d'oeil et n'aurait pas eu à supporter le manque évident de loquacité de Kairos, dieu de l'éducation et des minettes en chaleur intellectuelles à deux balles qui traînait des bouquins de Dan Brown dans son sac de sport à chaque entrainement. Il lui avait demandé comment elle le savait ? Comme quelqu'un à qui on aurait demandé : et le ciel, il est d'quelle couleur ?! Bleu, bon sang, merde, elle avait des yeux comme tout le monde (parfois, ses yeux se montraient un peu hardis et fixaient, dévisageaient, s'aventuraient sur des terrains néfastes comme il s'aventuraient à cet instant un peu trop longuement sur le profil de l'ex joueur professionnel). Elle fit à nouveau glisser ses lunettes de soleil sur son nez, c'était soit ça soit les minutes qui allaient suivre verraient leur 'discussion' se transformer en l'acte avant entracte d'une comédie musicale surcotée. Mais, alors, quel rôle jouerait-elle ? Elle préférait s'éloigner d'une réflexion intensive, parce qu'elle était fortement capable d'y passer des heures et alors Gaelan Springer aurait gagné.
Devait-elle le laisser remporter cette partie officieuse ? Accepter qu'il urine allègrement sur des semaines à essayer d'instaurer un climat optimal à son épanouissement - enfin, à leur épanouissement. Parce que , bon, ils faisaient partis de la même équipe (elle avait encore beaucoup à apprendre, comme par exemple à ne plus être la vedette du duo qu'elle formait avec son sparring-partner. Car des deux, c'était sans aucun doute lui la rockstar des terrains de tennis...et il aurait conservé ce statut si particulier s'il n'avait pas posé un lapin monumental à Nishikori à Monte Carlo. Si Nola n'avait pas perdu le plus grand match de sa vie). Cette pensée lénifia considérablement sa colère, l'obligeant à détourner son regard, pour l'orienter vers les paysages défilant à travers les vitres du véhicule. - En tout cas, c'est bien la dernière fois que je ferais appel à toi comme chauffeur, tu conduis comme un papy en pleine poussée d'arthrite. Tu sais que tu ne dépasseras pas la limitation de vitesse si tu faisais un tout petit peu plus pression sur la pédale ? Dillon avait conscience de ne pas non plus être facile à vivre - et c'était surprenant qu'il arrive encore à suivre le rythme. - La Forteresse digitale était pas mal - lança-t-elle, faisait référence à l'un des livres écrits par l'auteur mentionné plus tôt. Elle était blonde, elle faisait du tennis en niveau professionnel et pouvait ajouter 'tourner dans des clips' à sa longue liste d'éléments réprobateurs; ça ne faisait pas d'elle une coquille vide, ni une poupée gonflable. T'es toujours sur le qui-vive. Parfois, on dirait que t'as peur d'ton ombre ou juste de faire face constata-t-elle, poussant un soupire. Mais, s'il y a bien un truc que le crash m'a appris, c'est qu'il est hors de question que je vive avec des regrets. Et, heureusement que Zach était avec moi. C'était Dillon Carver, la version updatée qui s'adressait au gars, là, derrière le volant. I just don't buy that shit anymore.

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Gaelan Springer

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Message· · Sujet: Re: life is a crazy ride [r] life is a crazy ride [r] EmptyMar 27 Aoû - 23:34

Gaelan n’était absolument pas jaloux de la relation que Carver entretenait avec Allen. Au fond, il s’en fichait bien pas mal, mais il ne supportait pas cette façon qu’elle avait de l’aduler et de le mentionner à chaque fois qu’elle s’adressait à lui. Il n’avait pas besoin qu’elle dresse un portrait élogieux de l’entraineur de football à chaque fois qu’elle ouvrait la bouche. Il s’en fichait bien. Il avait un rapport cordial avec l’entraineur – qui de toute façon, ne lui demandait pratiquement rien si ce n’est parfois de ralentir un peu la cadence tant il se plaisait à épuiser la joueuse qui faisait l’essuie-glaces en fond de court avant de la terminer sur une amortie impossible à atteindre. Ca le faisait rire de la voir s’époumoner et de râler parce qu’il se plaisait à la malmener et au moins, un sourire se dessinait pendant quelques secondes sur son visage triste, comme un pied de nez à sa dépression massive. Mais la boutade – et simple question – de Springer eut le don d’agacer Dillon qui une fois de plus, dès qu’on touchait à son très cher coach, sortait les griffes. Selon Gaelan, elle ferait mieux de faire ça sur le court plutôt que de dépenser de l’énergie inutilement. Soupirant face à la réaction de son employeur, il leva les yeux au ciel, sans accorder un seul regard à la jeune femme, restant concentré sur la route tant la fatigue se faisait sentir. « S’il savait jouer au tennis, t’aurais pas besoin de moi, alors lui aussi il a des choses à apprendre. On dirait un petit toutou qui remue la queue dès que tu le vois. C’est d’un pathétique… » Il ne voyait pas pourquoi il la ménagerait. Après tout, il pensait tout haut que le problème de Dillon c’était que personne ne lui disait clairement les choses, tout le monde prenait des gants, de crainte de la vexer. Lui ne l’avait jamais fait, il ne voyait pas pourquoi il allait changer ses habitudes. D’ailleurs, elle qui était convaincue que Zachary était la personne qui la connaissait le mieux, n’avait pas passé la moitié de la saison avec son coach. Si ça se trouve, elle le virerait comme un malpropre si elle n’atteignait pas ses objectifs rapidement. Il y avait une nette tension entre eux, et il avait beau faire des efforts, il voyait bien que ça ne fonctionnait pas. Tout l’irritait chez la jeune femme du Nebraska. Elle se permettait de critiquer quand elle était loin d’être un modèle, elle exigeait tout – bien que généreuse dans sa paie, ce qui ne lui donnait pas le droit de se comporter comme une princesse – sans jamais faire le moindre effort, et par-dessus le marché, ses remarques acerbes la rendaient de moins en moins attrayante malgré sa plastique fort avantageuse. Selon Gaelan, elle ferait mieux de faire du mannequinat comme Eugénie Bouchard ou Ana Ivanovic, là on s’occuperait d’elle comme une princesse, mais on l’empêcherait de manger des burgers. Le gamin de Seattle crut halluciner alors qu’elle se permit de critiquer sa conduite, et il mit un grand coup de frein brusque. « Ah ouais ?! » Choqué qu’elle puisse lui dire une telle chose alors qu’il s’était mis en tête de la rassurer en adoptant une conduite raisonnable, il se permit de le lui faire remarquer, avant d’appuyer sur l’accélérateur jusqu’à ce que son pied touche le plancher, voyant le cadran afficher une vitesse de pointe de 200km/h près à lui en faire voir de toutes les couleurs. « Tu vois je m’étais dit que comme tu avais flippé ta race dans l’avion que t’avais pas besoin d’adrénaline supplémentaire, mais soit. » Elle voulait de la conduite sportive, elle allait en avoir. Il se mit à doubler les voitures devant lui les unes après les autres, prit un virage serré, bouillonnant de l’intérieur. Il finit par ralentir un tant soit peu, conscient qu’il n’avait pas besoin de se faire arrêter par les flics, si loin de chez lui. « Pas mon préféré. » Qu’il répondit alors qu’elle lui parlait de la Forteresse Digitale. Il se garda cependant bien de lui dire qu’Anges et Démons et Origine faisaient partie de ses favoris. Et puis comme si elle voulait le pousser à bout, la joueuse de tennis fit une nouvelle remarque assassine, cherchant ensuite à lui faire de la psychologie à deux balles, et cette fois il quitta momentanément la route des yeux pour la fusiller d’un regard noir. « Oui je suis sur le qui-vive Carver ! T’es pas la seule à qui il arrive des trucs ok ?! Comme tu le sais puisque t’as mis les pieds dans le plat, j’ai perdu ma PETITE SŒUR, il y a un an. Donc excuse-moi de pas respirer la joie de vivre ! » Il criait parce qu’il en avait plus qu’assez qu’elle ne se contente pas juste de leur accord et qu’elle le fasse ressasser son passé qui l’étouffait chaque jour un peu plus. Puisqu’elle se permettait de le piquer au vif, Springer n’hésita pas à lui rappeler qu’ils ne venaient pas du même monde. « Tu ne sais pas ce que c’est toi. T’es fille unique. Ma vie tournait autour d’elle depuis mes six ans. Je jouais au tennis pour elle, pas par plaisir. » Contrairement à toi, avec ton père qui cédait à tous tes caprices. Il prit la direction d’une aire d’autoroute, se mordant la joue tant il était énervé, et il lui signala alors qu’il arrêtait la voiture et qu’il sortait en trombe. « Je vais m’arrêter là, j’ai besoin de faire une pause. » Il refusait de lui montrer qu’elle l’avait touché. Il s’engouffra dans la boutique de la station-service, où il acheta des sucreries et des paquets de chips, espérant la faire taire de la sorte. Mais quand il sortit, il ne retourna pas à la voiture, il alla se poser à l’arrière du bâtiment pour souffler, ou il allait finir par l’étriper.

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