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Tobias Shaw

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Message· · Sujet: they say all good boys go to heaven they say all good boys go to heaven EmptyLun 19 Aoû - 21:41

TATE + TOBIAS
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@Tate Vega

L'office allait bientôt commencer et comme chaque dimanche, Tobias était posté à l'entrée de l'église de son père. Les portes étaient grandes ouvertes pour laisser entrer le flot d'habitants et Tobias les saluait un à un en leur tendant le programme hebdomadaire, comme il le faisait depuis sa plus tendre enfance. Aussi loin que remonte sa mémoire, il avait toujours eu cette tâche hautement importante d'accueillir les gens à leur arrivée. La plupart étaient des habitués, évidemment, et il leur souhaitait le bonjour en les appelant chacun par leur nom. Il se penchait légèrement en avant, en une sorte de révérence polie, devant les doyens de la paroisse. Il esquissait des sourires embarrassés aux jeunes de son âge et aux plus jeunes, obligés d'accompagner leurs aînés mais qui ne manquaient pas de se payer la tête du fils du pasteur. Tobias y était habitué, il y prêtait une attention mesurée, recevant leurs moues moqueuses avec un sourire un peu blasé. Il ne savait pas combien de temps il allait encore accepter de se plier à cette tradition, surtout maintenant que sa foi était si bancale qu'elle menaçait de partir en poussières au prochain souffle de vent. Et puis, ça l'embêtait aussi que les gens aient l'impression de tout savoir de lui, qu'ils se permettent des réflexions, uniquement parce qu'ils avaient été témoins de son évolution, depuis l'âge tendre où il était bien peigné par sa mère, en passant par la phase embarrassante où sa voix avait mué et puis maintenant qu'il était un adulte et qu'on s'attendait, plus ou moins explicitement, à ce qu'il prenne plus clairement un chemin dans le sillage de son père. Oh, comme ils seraient tous déçus, le jour où il secouerait la tête, refusant de jouer une mascarade qui ne l'amusait plus du tout. Quant à savoir quand ce jour viendrait, Tobias n'en avait aucune idée. Les jours, les semaines et les mois défilaient, devenant vite des années, et il se balançait toujours d'un pied sur l'autre. Il lui faudrait sans doute une poussée, un déclic, pour oser s'opposer à son père mais pour l'instant, il faisait profil bas et assumait ce rôle qu'on lui avait assigné depuis sa naissance.
Il guettait Juliet, évidemment. Un réflexe, un instinct qui ne le quitterait peut-être jamais, songeait-il parfois. Ils avaient été si proches si longtemps - et l'étaient encore, même s'ils n'étaient plus ensemble - qu'il ne pouvait imaginer une vie où le minois de la jeune femme ne serait plus présent au quotidien. Ah, comme son père avait été déçu quand il avait appris qu'ils n'étaient plus ensemble. Tobias avait pu voir la ride au coin de ses lèvres, amère, un peu hautaine, qui laissait deviner ce qu'il pensait: pourquoi ça ne m'étonne même pas ? Lui qui avait épousé sa petite amie de toujours - ils s'étaient rencontrés sur les bancs de l'église alors qu'il avait quatorze ans et elle douze, ils avaient commencé à sortir ensemble quand son père en avait dix-huit et sa mère seize, mariés deux ans plus tard pour donner naissance à leur premier chérubin un an plus tard, un vrai conte de fée digne des années cinquante - avait sûrement espéré une histoire semblable pour son fils. C'était sans compter sur la modernité de la jeunesse et le fait qu'ils ne pouvaient pas jouer avec des sentiments plus fraternels qu'autre chose. Tobias n'était pas malheureux de ce célibat, il aurait juste préféré que son père cache un peu sa désapprobation et sa déception mais c'était sans doute trop demander.
Bonjour, jeune homme. La voix chevrotante tira Tobias de sa contemplation rêveuse - il fixait les fissures sur la porte opposée, s'étant perdu alors que plus personne n'avait passé le seuil de la paroisse depuis une bonne minute - et celui-ci secoua la tête et esquissa un sourire ennuyé:
- Pardon, Madame Romeyn. Voici le programme de ce dimanche, dit-il sur un ton d'excuse en lui tendant la feuille.
La dame à l'âge honorable le remercia et il aurait juré que l'étincelle de malice qui brillait dans son regard aurait pu la rajeunir de vingt ans. Amusé, Tobias la suivit des yeux alors qu'elle s'avançait dans l'allée principale, courbée en deux, appuyée sur sa canne, et qu'elle s'arrêtait à chaque rangée pour parler à la personne assise en bout de file. Elle connaissait sûrement tout le monde dans cette église, elle avait peut-être même vu ce vieux monsieur qui bégayait alors qu'il n'était qu'un gamin en culottes courtes.
Une ombre s'étira sur les vieilles pierres, annonçant l'arrivée d'un nouveau fidèle et Tobias se tourna vers l'extérieur pour l'accueillir. Il se figea, toutefois, en découvrant la (très) haute silhouette qui s'avançait vers l'entrée et sans qu'il sache pourquoi, son cœur fit un saut vertigineux dans sa cage thoracique. Hypnotisé par la vision de cet inconnu - Tobias l'aurait remarqué s'il était déjà venu, il en était certain - il resta à le contempler un instant, la bouche entrouverte, avant de réaliser l'air stupide qu'il devait avoir. Secouant la tête pour se remettre les idées en place, Tobias sortit de sa torpeur et tendit une feuille au nouveau venu:
- Bonjour. Bienvenue. Souhaitez-vous le programme du jour ?
Il avait pris sa voix d'automate et heureusement sa main ne tremblait pas alors qu'il avait le bras tendu en direction de l'étranger. Mais il ne pouvait détourner son regard de son visage, avec l'impression d'avoir été foudroyé sur place, voué à rester pétrifié dans cette position jusqu'à la fin des temps.

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Tate Vega

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Message· · Sujet: Re: they say all good boys go to heaven they say all good boys go to heaven EmptyLun 26 Aoû - 22:12

Tate contemplait l’église de pierre d’un air circonspect, les mains dans les poches, sa haute silhouette faisant de lui un paria tout désigné. Son immobilité solide lui avait déjà attiré les regards agacés de certains participants qui devaient jouer des coudes pour se frayer un chemin entre les autres fidèles et cet espèce d’arbre humain, immense et sévère, qui continuait de fixer l’église en pierre. Lui, il avait passé son enfance à vénérer pieds nus le Seigneur dans les champs de coton, là où la maison du Seigneur s’ouvrait toute entière sous le ciel, sans barrières ni toiture, et où la pluie coulait sur les pécheurs pour les laver de la poussière et des tourments de leurs âmes, celles qu’ils remettaient au pasteur Vega dans l’espoir que ce dernier se fasse l’intermédiaire entre la terre et les hautes instances célestes. Avec ses enfants, en tout cas, il ne s’était jamais fait plus l’intermédiaire qu’entre sa main et son ceinturon, songea Tate en se massant machinalement le cou et sortant par la même occasion de son immobilité. Il trouvait ça étrange, cette église avec quatre murs et une toiture de fer forgé. Ses parents n’auraient pas apprécié. Mais ils étaient morts depuis longtemps dans l’incendie de leur temple de polystyrène. Et Tate, lui, était toujours là. Devant l’église de Windmont Bay. Immobile, vacillant comme un saule malmené par le vent.
Allait-il entrer, se laisserait-il prendre au piège ou aurait-il le courage de faire demi-tour ? Il détestait l’église mais elle faisait partie de lui. Il avait appris à lire - laborieusement, sinueusement - en déchiffrant l’Ancien Testament, une version ancienne, la seule que son père autorisait pour le prêche. Souvent, il entendait le paternel se lamenter sur son illumination trop tardive. Si seulement il avait découvert Dieu plus tôt, répétait-il, il aurait pu donner à ses six rejetons des noms inspirés de ceux des compagnons christiques. Malheureusement pour lui, Eddie Vega avait forniqué dans l’impureté avant de trouver la grâce et tous ses gosses étaient nés de sa Marie-Madeleine personnelle, tous affublés de prénoms plus triviaux et laïcs les uns que les autres. Tate, parce qu’il était le premier, était donc le plus coupable aux yeux du paternel qui avait tenté maintes fois de le renommer - Isaiah, Saul, Josiah, Uriah et autres patronymes dégotés au fin fond des Ecritures, mais Tate n’avait jamais répondu qu’à ces quatre lettres païennes. Il était qui il était, point.
Une petite dame le bouscula du bout de sa canne et Tate baissa les yeux pour s’excuser, machinalement à nouveau. Il regarda la minuscule petit vieille se presser sur son système à trois pattes et ce fut peut-être la motivation qu’il lui fallait car il se mit en branle, son corps immense prenant enfin vie devant ce parvis pavé. Il avançait sans vraiment y penser, parce qu’il l’avait fait des centaines de fois auparavant et il se contenta d’observer ce qui se passait autour de lui pour tenter de réparer un semblant de familiarité. Il y avait bien longtemps qu’il ne s’était plus mêlé de ces affaires-là et si marcher était évident, se diriger l’était beaucoup moment. Il ne savait pas où il devait aller, ce qu’il était sensé faire. Lui, il s’asseyait généralement sur de la terre battue ou sur une botte de foin, la tête écrasée de chaleur, en attendant que son père ne se décide enfin à monter sur scène. Il se demanda si c’était la même chose ici, si le pasteur était aussi charismatique et tyrannique, mais il fut arrêté net dans sa réflexion lorsqu’il perçut une voix qui s’adressait à lui. À sa grande surprise, il ne lui fallut pas baisser les yeux trop longtemps pour en trouver l’origine. Dix centimètres de moins, grands yeux couleur chocolat, l’interrupteur humain lui tendait aimablement un programme et Tate, pour la seconde fois, s’immobilisa complètement. Il se racla même la gorge, gêné d’être pris sur le fait de son ignorance totale. « Du jour, huh ? » Il prit le papier que lui tendait le garçon, le déplia et le parcourut attentivement des yeux. Entrez et vous serez sauvés. Venez et vous serez aimés. Ouvrez votre coeur à Dieu. Plutôt constant comme programme, songea Tate, qui se demanda alors pourquoi le garçon précisait qu’il s’agissait de celui de ce jour précis. C’était toujours pareil. Toujours les mêmes ficelles, toujours faire croire à ceux qui étaient dans l’assemblée qu’ils étaient spéciaux, élus, préférés. Toujours faire croire que le programme du jour était exceptionnel, forcément, parce que les fidèles l’étaient tout autant.
Dans des encarts visiblement réalisés avec le premier logiciel de collage venu, des photos du pasteur et de sa famille forcément parfaite avaient été collées. Le visage du garçon, un peu plus jeune, lui sauta aux yeux. En-dessous du cliché s’étalait son prénom et une citation obscure de la Bible que Tate n’aurait pas su replacer même si son père avait reparu, sa ceinture à la main. Tate releva lentement les yeux vers le visage juvénile et croisa les bras. Il avait pris sa décision, plus par intérêt soudain pour ce fils de pasteur que pour le sermon qui les attendait. « Et j’suppose que t’as pas de place sur tes bancs pour quelqu’un de mon gabarit, Tobias. » Il appuya volontairement sur le prénom tout juste appris, mais ne sourit pas, ne tendit pas la main. Tate ne fit rien d’autre que de fixer attentivement le garçon dont le prénom tintait de façon trop familière, à une syllabe près.

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Message· · Sujet: Re: they say all good boys go to heaven they say all good boys go to heaven EmptySam 7 Sep - 19:48

Il ne savait pas ce qui faisait marteler son coeur comme ça. La haute stature? La mâchoire anguleuse? Le regard sombre? L’air impénétrable? Un peu de tout cela ensemble? L’esprit de Tobias ne criait pas au danger ni au démon, il ne tirait la sonnette d’alarme que parce que ses sens avaient été activés. Ce n’était plus une surprise, pas comme au début, quand il avait commencé à douter de son orientation. Il avait appris, depuis, qu’il pouvait être attiré par les deux, les filles et les garçons. Au départ, Tobias avait surtout eu peur qu’on puisse conclure que sa rupture avec Juliet était directement liée à son intérêt pour le même sexe, alors que cette curiosité naissante n’y était pour rien, dans leur séparation. Elle n’avait été qu’une suite logique de leur attachement, indéniable certes, mais aussi fraternel. Depuis lors, Tobias avait eu tout le loisir de s’interroger, de laisser son regard s’arrêter sur d’autres corps, d’imaginer ses lèvres sur celles d’un autre, de laisser les idées prendre des libertés. Tant que ça ne restait que des rêveries éveillées, il ne faisait de mal à personne, n’est-ce pas? Ni à ses parents, ni à ses amants créés de toutes pièces à partir de portraits de magazines ou de visages croisés au hasard de ses errances. Il chassait les gens qu’il connaissait, de peur qu’on voie sur son visage les divagations qui avaient germé dans son esprit. Mais il savait déjà, bizarrement, qu’il ne pourrait les bannir, ces traits ensorcelants, cette silhouette gigantesque qui lui donnait l’impression d’être privé de soleil, de lumière et d’air.
La sensation n’était pas désagréable, pourtant. Elle sortait Tobias de sa cachette, elle l’exposait à tout ce qu’il cherchait tant. Elle ne le poussait pas à détourner les yeux mais, au contraire, à imprimer chaque détail dans sa mémoire pour pouvoir les rejouer plus tard. La seule raison pour laquelle il camoufla son trouble, c’était parce qu’il ne voulait pas créer de malaise auprès de l’inconnu. Alors Tobias se réfugia dans son personnage, celui qu’il incarnait depuis l’enfance: le fils du pasteur, poli, avenant. Transparent.  
- Oui, du jour, confirma Tobias avec une drôle de moue, un peu ironique, qui aurait à coup sûr hérissé son paternel. C’est vrai que ça peut sembler être toujours la même chose, c’est la même base, après tout. Mais mon père s’évertue à ce que chaque messe soit unique, je peux vous l’assurer.
Il en savait quelque chose, il avait vu le pasteur de Windmont Bay s’arracher les cheveux, lire en faisant les cent pas, les assommant de ses textes pour avoir leur avis - mais aussi bien sa mère que sa soeur et lui s’accordaient à dire que ses choix étaient toujours judicieux et parfaits. Pourquoi personne n’osait dire le contraire, Tobias l’ignorait. Son père n’était pas quelqu’un de violent ou d’agressif, mais il émanait de lui cette autorité implacable qui dissuadait quiconque de lui tenir la tête - sans doute était-ce la raison principale pour laquelle Tobias ne s’était jamais opposé à lui. La seule fois où il l’avait fait, il avait perdu sa confiance à jamais et il en subissait encore le contrecoup aujourd’hui. Alors, peut-être était-ce plus tôt la conséquence de ses actes qui l’obligeait à baisser la tête, plutôt que la peur réelle de son père. Il ne voulait plus jamais voir cette déception brûlante lui embraser les pupilles, il ne voulait plus jamais ressentir une telle honte.
La perplexité se refléta un instant sur les traits du jeune Shaw quand l’autre lui parla avec une telle familiarité, et en l’appelant par son prénom, de surcroît. Si la première question qui lui vint à l’esprit fut forcément comment connaissez-vous mon nom?, la réponse lui vint presque aussitôt: sans doute parce qu’il était le fils du pasteur, plus sûrement parce que son prénom était imprimé une bonne centaine de fois par semaine sur les flyers comme celui que le géant tenait à la main. Tobias avait toujours détesté voir sa photo dans le fascicule, mais son père n’en démordait pas et refusait de remplacer cet espace par autre chose. Il était fier de sa famille et ne le cachait pas. Peut-être que le cliché disparaîtrait subitement, le jour où Tobias lui donnerait le coup de grâce en annonçant qu’il n’avait plus la foi. Mais ça n’était pas le moment d’envisager cette hypothétique issue, il fallait s’occuper du nouveau venu, pour lui donner envie de revenir, pour qu’il se sente le bienvenu entre les murs de la maison du Seigneur que son père présidait. Alors Tobias répondit, en se tournant vers l’intérieur pour observer les silhouettes qui, peu à peu, s’installaient et comblaient les rangées de banc de bois.
- Techniquement, le mieux serait le premier rang mais ce sont des places prisées et je doute que les habitués acceptent de céder leur place. Ils ont l’âme charitable, mais il ne faut pas exagérer.
Tobias prit conscience du cynisme de sa remarque mais feignit de ne pas l’avoir remarqué et il haussa les épaules:
- Je serais toi, j’opterais pour les extrémités extérieures. Tu pourras étendre tes jambes vers l’allée latérale et mon père n’en saura rien. Je doute qu’il apprécierait de voir des longues jambes tendues dans l’allée centrale…
Le jeune homme eut un petit sourire et remarqua un signe lointain de sa mère. Il fallait fermer les portes. Une fois celles-ci closes, plus personne n’entreterait ou ne sortirait tant que le service ne serait pas terminé - les paroissiens savaient à quoi s’en tenir, personne n’osait pousser la porte quand celle-ci était fermée, sous peine d’être transpercé par un regard désapprobateur du pasteur local.
- On va commencer, je dois fermer les portes.
C’était la dernière chance pour le pauvre hère d’échapper au sermon dominical et le sourire équivoque de Tobias pouvait être pris pour une invitation à aller s’asseoir… ou pour une mise en garde.

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Tate Vega

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Message· · Sujet: Re: they say all good boys go to heaven they say all good boys go to heaven EmptyDim 8 Sep - 15:47

Tate aurait voulu ne pas se reconnaître dans ce garçon. Ça aurait sans doute rendu la suite des choses plus facile et ça lui aurait également évité des ennuis mais hey, il ne fallait pas se leurrer, il était fait pour ça et il ne fallait pas aller contre la nature des choses. Est-ce que ce n’était pas ce que son propre père racontait dans tous ses sermons ? Laissez Dieu venir à vous ! Il a votre vie entre Ses mains ! Obéissez-lui ! Si c’était là un moyen de mettre sa vie sur pilote automatique, alors Tate s’y pliait volontiers. Il acceptait sereinement le fait que rien ne se passerait comme prévu. De toutes façons, il n’avait pas grand-chose d’autre à faire, paumé dans cette ville, loin de ce qu’il avait un jour pu appeler chez lui. Ça aussi, un leurre. Il n’avait de foyer nulle part. Même Gail. Même Kaneka. Du vent et de la poussière, comme lorsqu’il était enfant et que ses parents ne restaient jamais assez longtemps au même endroit pour apprendre le nom des villes.
C’était ironique, tout de même, de se pointer là, devant cette église. Il avait beau avoir essayé de se débarrasser de son enfance déglinguée, il y revenait malgré tout, comme marqué au fer rouge, marqué par le ceinturon de son timbré de père. Et plus ironique encore de tomber sur ce gamin au nom trop douloureusement familier, ce gamin qui jouait parfaitement le rôle du fils de pasteur. Tate en connaissait les répliques par coeur et il aurait pu prédire chaque mot qui sortait de la bouche du garçon. Ces mots-là, il les avait ânonnés pendant des années, gamin poussiéreux et nu-pieds pour attirer la compassion des vieilles dames du Sud qui l’invitaient alors à entrer dans leurs belles demeures crémeuses et sucrées. Il en avait bouffé, du cake à la banane et du pudding au citron, au nom de Jésus. Plus jamais.
Pas démonté par l’attitude de chien de garde que lui offrait Tate, Tobias continuait - étonnamment - de parler et le routier croisa les bras, tentant de déchiffrer qui se cachait derrière ce premier de la classe. Il en avait croisé, des pages défroqués et de grenouilles de bénitier - à voir de quel côté Tobias penchait le plus. Ils ont l’âme charitable, mais il ne faut pas exagérer. La remarque ne tomba dans l’oreille d’un sourd et Tate tendit l’oreille, son intérêt soudain piqué. Se pourrait-il qu’ils se soient trouvés, eux, les deux fils de pasteur ? Possible. Bien possible. Mais il était encore trop tôt pour le dire et le géant resta de marbre, véritable statue de pierre alors même que Tobias l’invitait aimablement à aller s’asseoir avec les autres à l’intérieur. Plutôt mourir, répondit-il en pensée. Au lieu de ça, il posa les yeux sur Tobias et la fixa, sans ciller, jusqu’à ce qu’il ait terminé son petit laïus de propagande. Jolis yeux, nota-t-il et pour un peu, il aurait presque cru que la croix de la façade allait se détacher pour lui tomber dessus et le punir de penser un truc pareil.
« Right. » lâcha-t-il à la place après un silence trop long pour être tout à fait confortable. Lui, ça ne le dérangeait jamais de ne pas parler, il n’avait pas grand-chose à dire de toutes façons, mais il savait que la plupart des gens détestaient ça. Mmh. Il avait envie de mâchonner quelque chose, un brin d’herbe ou un chewing-gum, tout à coup. Quand il était gamin, ce genre de digression se payait cher. « Entre nous, Tobias… » À nouveau, il appuya sur le prénom du garçon, sans le regarder toutefois. Son regard était rivé sur la façade de l’église et notamment la croix qui surplombait la façade. D’un pas lent et lourd, Tate s’approcha des portes de l’église et dépassa Tobias à qui il mit un coup d’épaule accidentel. Généralement, ça suffisait à faire comprendre même aux plus audacieux que ce mètre quatre-vingt-quatorze venait avec tout le packaging additionnel. Le routier planta sa haute silhouette devant les portes de la petite église (dont il faisait quasiment la taille, d’ailleurs) et considéra l’intérieur d’un coup d’oeil : chignons serrés, chapeaux élégants, tous assis en rang d’oignons, prêts à écouter pendant trois heures le fameux pasteur leur promettre l’enfer et le paradis, la salvation et les flammes. La sensation de déjà-vu heurta Tate comme une vague ; il ne lui en fallut pas plus pour prendre sa décision - et la prendre pour Tobias. « Je me fiche un peu de ce que ton daron a à dire. » lança-t-il sans s’émouvoir. Avec des gestes mesurés, Tate brandit ses bras de chaque côté et attrapa les portes. Et sans absolument aucun effort, il les repoussa, les faisant grincer légèrement mais sans non plus déclencher un vacarme qui lui attirerait forcément les regards courroucés des ouailles. Il perçut bien la mine interloquée de la femme du pasteur qui faisait asseoir les derniers arrivants et lui sourit de travers avant de finalement faire claquer les portes une bonne fois pour toutes.
Beaucoup mieux.
Tate marqua une pause, les paumes à plat contre le bois abîmé des portes et jeta cette fois un regard en biais à Tobias. « Et je pense que toi, c’est pareil. » Il plissa les yeux et se redressa lentement, comme une souche d’arbre qu’on tenterait de pousser à la verticale. À nouveau, il domina Tobias de dix bons centimètres et le défia, silencieusement mais pas inconsciemment, de le contredire. Ouais. Bien ce qu’il pensait. « Tu leur diras que tu as fait ton Bon Samaritain avec moi. Ça vaut bien une messe. » expliqua-t-il comme s’il ne venait pas de prendre le malheureux gamin en otage. Il ne sourit pas, n’expliqua pas plus son geste et croisa les bras, dardant sur Tobias un regard couleur fumée. Bon, et lui, qu’est-ce qu’il allait faire maintenant ?

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