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 if love is fire, then make me burn.

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Angel Gutierrez

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Message· · Sujet: if love is fire, then make me burn. if love is fire, then make me burn. EmptySam 24 Aoû 2019 - 19:16


parker & angel

Angel regardait sa caravane brûler.
Son Zippo dans la main, il frottait machinalement le mécanisme et faisait apparaître et disparaître une petite flamme qui venait mourir au bout de ses doigts. C’était avec le briquet, vestige de son passage dans l’armée, qu’il avait mis le feu à la maison roulante. Il avait procédé de façon étrangement méthodique : éparpiller ce qui prendrait mieux feu aux quatre coins du minuscule espace, siphonner l’essence chez le scooter du voisin, attendre la tombée de la nuit pour éloigner sa caravane du reste du trail Park, là où le feu ne gagnerait pas le reste des maisons roulantes ni le système électrique qui permettait aux rebuts de Windmont Bay de survivre misérablement, juste assez pour qu’ils restent parqués sur le terrain vague.
Angel avait vécu la majeure partie de sa vie ici, sur cet hectare de terre sale. Il ne se souvenait pas d’avant. S’il avait des souvenirs d’enfance qui étaient heureux, il ne parvenait pas à les convoquer. Il n’y avait que la mémoire meurtrie de cette arrivée à Windmont Bay. Il y avait une salissure, une blessure qui ne disait pas son nom mais qui était là, dans un recoin dans son esprit, et qui empoisonnait tout le reste.
Toute une vie sur ce bout de terre râpé et voilà qu’elle parfait en fumée. Les flammes jaunes et vertes se détachaient sur le ciel noir, et il sentait leur chaleur sur son visage. Chaque crépitement, chaque bout de tôle qui fondait et s’écrasait au sol faisait du bien. Alors qu’il regardait son enfance, son adolescence, toute cette vie chaotique et violente, être avalée par le feu, il se disait qu’au final, la solution avait toujours été là. Il n’avait juste jamais trouvé le courage ni l’envie auparavant. Mais maintenant qu’il n’avait plus aucune raison de rester, à quoi bon ? Il ne reviendrait pas à Windmont Bay. Il avait suffisamment roulé sa bosse ici. Il ne pouvait pas brûler sa réputation comme il le faisait pour sa caravane - ce qui certainement ne ferait qu’aggraver son cas, car il était à peu près sûr que ses (ex?) voisins allaient appeler les flics. Il partait avec panache avec une dernière bêtise. Petit con jusqu’au bout. Où irait-il ensuite ? Pas d’idée, pas de plan, juste l’inconnu, la fuite. Il ferait du stop jusqu’à Portland. Se ferait un peu de fric d’une manière ou d’une autre. Il descendrait ensuite vers la Californie. Ou peut-être pas, d’ailleurs, peut-être qu’il foncerait toutes routes ouvertes vers le Grand Nord qu’il n’avait jamais vu. C’était l’occasion. Aucunes attaches. Aucunes chaînes. Il était seul dans sa liberté, et c’était peut-être bien la seule façon d’être vraiment libéré. Il alluma une cigarette. Il allait rester là et regarder brûler cette saloperie jusqu’au bout, toute la nuit s’il le fallait. Il voulait voir la structure être réduite en cendres et qu’au petit matin, seule une charogne subsiste. Il ne voulait plus rien de cette chose.
La nuit était fraîche et humide mais le feu prenait, ronflant comme s’il avait été allumé au creux d’une cheminée familiale. Angel considérait avec intérêt les volutes de cendres et de braises voleter autour du brasier. C’était joli ; il avait toujours aimé regardé les choses brûler, et il s’absorba dans sa contemplation. Il ne pensait pas à Parker, non. Il voulait croire qu’en brûlant ce qui le reliait encore à Windmont Bay, il mettait aussi feu à ses souvenirs et il espérait qu’au matin, son esprit soit également plein de cendres. Puis il les ramasserait et il les jetterait au vent. Il redonnait tout au vent. Là où de toutes façons, sa parodie d’histoire avec Parker O’Brien avait toujours appartenu. Dans le néant. L’inexistence.
Oui, c’était mieux comme ça. Tout brûler, tout détruire.
Une partie de la structure de la caravane s’effondra et Angel s’écarta. Mieux valait s’éloigner, jugea-t-il, dans une logique de soldat et il recula sur une dizaine de mètres pour se dissimuler derrière quelques buissons, là où il ne pourrait pas être vu (ni accusé), son regard toujours rivé sur les flammes qui se faisaient de plus en plus hautes, de plus en plus belles.

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Parker O'Brien

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Message· · Sujet: Re: if love is fire, then make me burn. if love is fire, then make me burn. EmptyJeu 29 Aoû 2019 - 14:50

Parker détestait quand c’était son tour. Il ne savait même pas pourquoi il avait laissé cette stupide habitude s’installer. Si Johnson voulait bouffer son burger, il n’avait qu’à aller le chercher lui-même, pourquoi devait-il s’en charger une fois sur deux ? Johnson lui avait dit, l’œil torve, le sourire goguenard, que s’enfiler quelques saletés ne lui ferait pas de mal, il était trop maigrichon, il fallait qu’il se remplume. A chaque fois, Parker avait la même réaction : il détournait la tête et roulait des yeux, les bras croisés sur son torse, comme un gamin boudeur. Il n’en voulait pas de ces repas de fast-food dégoulinants de sauce, ni leurs frites molles, ni leurs boissons pétillantes qui lui donnaient mal au ventre. Et pourtant, chaque semaine, il se tapait au moins une fois le comptoir du petit établissement pour commander le menu maxi de son collègue, pendant que ce dernier mâchonnait un chewing-gum, le cul scotché au siège de leur véhicule. C’était son tour et il énumérait un choix qui n’était pas le sien d’une voix mécanique, l’air blasé. Quelle image ils donnaient à leur uniforme, vraiment, ça n’était pas pour ça qu’il s’était lancé dans cette voie. Ça n’était certainement pas pour être le larbin de Johnson. Et pourtant. Parker paya et attrapa le sachet en papier qui commençait déjà à gondoler sous la chaleur et à se tacher de gras, là où une auréole luisante commençait à s’étendre, avant de sortir du fast-food – le genre qu’on trouvait en bord de route, où tous les conducteurs de poids lourds échouaient à un moment de la journée ou de la nuit, à une poignée de kilomètres de Windmont Bay. Ils auraient pu aller au Mickey’s mais Parker refusait catégoriquement de s’y rendre et Johnson avait fini par lui concéder ce détail.
L’air encore chaud de la journée cueillit Parker alors qu’il se dirigeait vers leur véhicule de fonction et son regard intercepta une lueur au loin. Une lueur rougeoyante. Une lueur qui n’était pas le coucher de soleil, le jeune policier le savait. Une lueur qui tirait la sonnette d’alarme depuis quelques mois, depuis que des incendies avaient commencé à faire souffler un vent de panique sur leur petite ville côtière. Une lueur, aussi, qui fit germer un mauvais pressentiment dans le cœur du jeune homme. Car il pouvait pointer précisément l’origine de cette lueur et une terreur indicible se répandit dans ses veines. Un frisson lui parcourut la peau et il eut l’impression que tous les poils de son corps se dressaient, en alerte maximale. Il ne réalisa ce qu’il faisait que dix minutes plus tard, alors que Johnson s’énervait à sa droite, l’enjoignant à ralentir. Il n’avait aucun souvenir du sachet encore chaud qui s’écrasait au sol, de ses pieds qui s’activaient, de la portière qui claquait au son de l’indignation de son coéquipier – Hé ! Mon burger ! – ni des crissements de pneus lorsqu’il avait amorcé un demi-tour nerveux sous le regard interrogateur des clients de l’établissement. Il ne retrouva ses esprits qu’au moment où il vit les flammes qui montaient haut, léchant le ciel, envoyant dans toutes les directions des étincelles qui ressemblaient à des lucioles. Parker, bon sang, qu’est-ce que tu crois que tu fais, là ? La voix, un grognement sur le siège passager. Ne comprenait-il pas ? Ne voyait-il pas ? Le danger ? Le feu ? La bicoque qui était réduite en cendres sous leurs yeux ? C’est un boulot de pompier, ça, qu’est-ce que tu espères faire ? Il y avait une patrouille en route ! On était plus près, avait envie de répliquer Parker, mais pour ça il aurait fallu que son esprit se détache du tableau effrayant qui s’offrait à eux.  Mais au moment où la décision avait été prise, il n’avait aucune idée qu’un appel avait déjà été lancé, que les pompiers s’activaient à monter dans leur camion, que ses collègues convergeaient vers l’incendie, eux aussi. Il n’avait eu qu’une chose à l’esprit : un visage, un prénom, une silhouette, une émotion vive.
Et c’était ça qui l’amenait à stopper brutalement la voiture de police. Le moteur émit une plainte mais Parker ne l’écoutait pas davantage que le sermon de Johnson. Le cœur en plein naufrage, l’œil hagard, il tituba hors de la voiture et se dirigea vers la caravane. Il ne remarqua même pas qu’elle n’était plus à la même place, il ne voyait que la fumée noire, le brasier interne, les flammes qui s’échappaient des fenêtres. L’air brûlant lui piquait les yeux – à moins que ça soit l’image d’un corps inerte, caressé par les flammes. D’abord, le prénom lui échappa comme un souffle incrédule, comme s’il n’osait pas réveiller son amant endormi. Puis, alors que ses pas le rapprochaient de la fournaise, Parker l’appela d’une voix plus forte, écorchée, désespérée.
- ANGEL !
Il hurla et n’obtint aucun retour. Se pouvait-il qu’il ait mis le feu à son logement avant de partir ? Ou l’incendie était-il accidentel, se trouvait-il coincé sous la tôle fondue, brûlé au troisième degré ou étouffé par la fumée ? Parker savait qu’il fallait attendre les pompiers, qu’ils étaient plus aptes à contrôler la fournaise, mais si Angel était à l’intérieur, encore vivant, les minutes n’étaient-elles pas précieuses, vitales ? Ce fut cet instinct-là que le jeune policier décida de suivre. Parce qu’il ne pouvait vivre dans un monde où il aurait laissé le voyou crever dans les flammes. Il ne pouvait vivre dans un monde où Angel ne serait plus là pour le tourmenter.
Alors, comme un homme pour qui la damnation n’avait plus de secrets, qui ne réfléchissait plus à sa propre sécurité, Parker s’avança encore en trébuchant, ignorant les vociférations de son collègue, les yeux accrochés à cette porte à laquelle il avait frappé, plus d’un an plus tôt. Les larmes roulaient librement sur ses joues mais il ne s’en rendit même pas compte, alors qu’il grimpait les deux petites marches. Il n’avait jamais été aussi proche du logement d’Angel, qui n’avait jamais voulu qu’il s’approche de sa caravane. Il avait défendu son territoire avec une hargne que Parker n’avait jamais comprise. Désormais, il n’y avait plus rien à préserver. Tout s’effritait, tout fondait. Un jappement de douleur s’échappa des lèvres de Parker au moment où le métal bouillant lui mordit la paume et s’il fut légèrement déséquilibré, le blond ne recula pas pour autant. Si Angel était à l’intérieur, il fallait qu’il le sorte de là. Si Angel mourait… Il ne pouvait y songer. Alors il tira une seconde fois sur la poignée et un souffle d’air brûlant le gifla, le faisant suffoquer au moment où il tenta un nouvel appel. Ça puait, ça sentait le roussi, songea-t-il, sans réaliser que c’étaient ses cheveux et ses sourcils. Il ne s’en souciait pas, de toute manière.
Sa vie était à l’intérieur de cette caravane transformée en bûcher. Il n’avait même pas peur de la perdre. Il l’aurait donnée, sans hésitation, si ça pouvait sauver Angel. C'était tout ce qu'il demandait.
Le ciel ne pouvait-il donc pas être de son côté, pour une fois?

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What am I supposed to do without you? Is it too late to pick the pieces up, too soon to let them go? Do you feel damaged just like I do? Your face it makes my body ache, it won't leave me alone. You're in my head, always. I just got scared away. I'd rather choke on my bad decisions than just carry them to my grave. You're in my head, always, always, always.
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Angel Gutierrez

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Message· · Sujet: Re: if love is fire, then make me burn. if love is fire, then make me burn. EmptyJeu 12 Sep 2019 - 4:19

Le crépitement des flammes venait lui lécher jusqu’au visage. Il se tenait assez loin pour ne pas cramer avec le reste, assez près pour sentir la fournaise lui chauffer les joues. Et Angel regardait, hypnotisé par l’effondrement, littéral et métaphorique, de ce qu’il avait jour appelé sa maison. Maison. Home. Foyer. Le concept lui échappait. Y avait jamais eu de foyer derrière cette porte de tôle, jamais eu de cookies qui l’attendaient sur le comptoir d’une cuisine existante, jamais eu de maman aux petits soins qui l’aurait conduit au foot, jamais de père pour lui apprendre à se servir d’un tournevis ou lui prêter sa voiture quand il aurait eu l’âge. Il avait grandi dans le vide et l’absence, et ça avait fait de lui quelqu’un d’également vide et absent, en retrait du monde, en conflit permanent avec tout ce qui pouvait lui rappeler ce qu’il n’avait pas.
Go home, Angel. Il les avait entendu des milliers de fois, ces trois mots échappés du souffle fatigué d’un surveillant, de son assistante sociale - du temps où il y en avait encore une -, de ses rares amis. Go home, Gutierrez, c’était ce que son sergent lui avait dit avant de sauter sur une mine, go home, c’était ce qu’on lui avait dit au bureau des vétérans quand ils avaient été incapables de lui trouver une place pourtant gagnée à feu et à sang, au prix de ce qui lui restait de stabilité. J’ai pas ça, avait-il répondu en toute franchise, I have no home, mais personne n’avait voulu le croire. Personne ne l’avait écouté parce que forcément, il était Angel Gutierrez. Il mentait comme il respirait. Il ne savait pas ce qu’il disait. Jamais on n’aura aussi mal porté un prénom, avait-il même entendu une fois.
Sombrait-il dans le pathos ? Etait-il dramatique, là, à regarder cette foutue caravane brûler ? Si c’était le cas, alors Angel s’en fichait bien.
C’était qui il était, après tout.
Le garçon qui se fichait de tout.
Le garçon sans attaches, sans crépuscules ni lendemains.
Le garçon qui n’avait besoin de personne, et surtout pas d’un policier qui avait joué les infiltrés pour mieux le trahir. C’était Parker qu’il sacrifiait sur ce bûcher quelque part, ou alors pas tout à fait Parker mais son souvenir. Sa possibilité, aussi, celle à laquelle Angel avait cru de tout son être. Avec Parker, home n’était plus un concept vague, ça devenait une réalité tangible. Home prenait corps, celui du policier, et devenait le rempart contre lequel Angel pouvait se pelotonner comme un gamin. Home, c’était passer sa main dans les cheveux blonds, caresser le velours de sa peau de pêche, se noyer dans un bleu de glace. Home, home, home.
Il avait si bête d’y croire. Les garçons comme lui n’avaient pas de maison et n’en créaient pas avec un autre garçon. Les garçons comme lui brûlaient des caravanes et disparaissaient dans la nuit, sans rien dire, le coeur béant, les yeux secs, les cheveux pleins de fumée.
Il n’allait pas partir tout de suite, en revanche. Il voulait voir toute cette foutue caravane brûler jusqu’à la dernière cendre et y passerait la nuit, s’il le fallait. Le ciel prenait la couleur du sang derrière le brasier et Angel se rappelait des images de guerre ayant exactement la même teinte. Orange sanguine. Sur ce ciel, la guerre paraissait presque sucrée.
Il savait que bientôt, les badauds se rassembleraient autour du bûcher. Il doutait que ses voisins tentent d’éteindre le feu - il avait stratégiquement déplacé la caravane pour éviter toute propagation de l’incendie - mais il savait que les flics viendraient. Et les pompiers aussi, et Angel avait hâte de voir leurs beaux camions rutilants dérouler leurs tuyaux et leurs échelles pour asperger le désastre. Mais pour le moment, la roulotte continuait de cramer. La fumée, noire et âcre, bouillonnait à la verticale et se détachait sur le ciel couleur rose rouge. Angel profitait du spectacle.
Du moins, il en profita jusqu’à ce qu’il entende les premières sirènes. Ça, c’était une voiture du WBPD, il aurait reconnu le cri strident n’importe où. Un sourire de chacal lui trancha un visage autrement impassible et il fourra ses mains dans ses poches, comme le sale gamin qu’il était. Il baissa les yeux un instant et creusa la terre avec son pied. Il avait envie de casser des choses. D’être un sale petit délinquant, une fois encore, de leur donner raison à tous et puis de disparaître pour toujours. Ce serait si doux de partir au petit matin et d’abandonner tout ça derrière lui.
Il entendit des bruits de voiture et des portières qui claquent mais ne releva pas tout de suite la tête. Quelle importance ? Ce n’est pas comme si les flics allaient voler à son secours. Il était même à moitié persuadé qu’ils allaient faire demi-tour, trop ravis d’avoir été débarrassés d’un énième déchet. Non, ce ne fut que lorsqu’il entendit son prénom qu’il leva enfin les yeux.
ANGEL !
Son prénom. Crié avec l’énergie du désespoir.
Par la même voix qui l’avait bannie.
Non. Il était en train d’halluciner, se convainquit-il, alors que la scène se déroulait pourtant sous ses yeux écarquillés. La voiture de police arrêtée en plein milieu du terrain vague. Les sirènes qui continuaient de hurler. Et lui. Parker O’Brien qui hurlait son prénom, qui s’approchait trop près, beaucoup trop près de la caravane, Parker qui allait faire une bêtise s’il continuait. Angel, toujours immobile, se passa une main sur le visage comme pour bien s’assurer qu’il ne rêvait pas, que le manque de sommeil ne commençait pas à lui jouer des tours. Mais non, c’était bien Parker et ce dernier s’élançait vers la porte de la caravane. « Mais qu’est-ce que tu fous, putain ? » Angel ne savait pas à qui son murmure s’adressait. À Parker qui avait perdu la raison, à son collègue dont la large masse restait enfoncée dans le siège du copilote ou à lui-même qui restait planté-là alors que le jeune policier risquait sa fichue vie ? Mais putain, Parker avait-il abandonné toute faculté de réflexion ?
Il ne pouvait pas rester là à rien faire. Pas alors que son policier plongeait la tête la première dans un piège qui ne lui était pas destiné. Tant pis s’il se faisait pincer, tant pis si les flics de Windmont Bay le décrétaient coupable de tout, Angel n’avait pas le choix. En deux pas souples et rapides, il sortit de sa cachette et avança vers la caravane en proie à des flammes de plus en plus violentes. Désespéré, il vit Parker avancer à l’intérieur du brasier et il s’approcha encore. « Parker ! » Au même moment, une vitre latérale de la caravane explosa sous l’effet de la chaleur, projetant un millier d’éclats translucides et Angel se protégea de son bras.
Comme si dire le prénom de son amant proscrit avait réveillé la violence des flammes, comme si elles savaient, au final, de qui elles portaient le nom. « Parker ! » cria-t-il encore, la voix rauque, les yeux humides de fumée. Dire son nom faisait mal.
Il ne pouvait plus être prudent. Tant pis s’il se faisait mal ; il ne pouvait pas laisser Parker faire un pas de plus à l’intérieur de la fournaise. Tout en se défaisant de sa veste de cuir rapiécée, Angel avala les quelques mètres qui le séparaient du taudis en feu et il gravit les deux marches pour se projeter dans l’habitacle dévoré.
Parker était là, au beau milieu du brasier.
Leurs regards se croisèrent peut-être une seconde, peut-être deux. Juste le temps de réaliser qu’ils étaient bien là tous les deux. Juste le temps de réaliser que les joues de Parker étaient baignées de larmes et que ses yeux bleus étaient troubles, ce qu’Angel ne pouvait pas supporter. Puis la réalité se rappela à lui quand un craquement sinistre lui indiqua qu’une autre partie du toit était prête à s’effondrer sur eux, amas de métal brûlant prêt à les transpercer. « T’es complètement malade ! Sors de là, putain ! » hurla-t-il à l’attention de son ex-amant et sans lui laisser la chance de répliquer, Angel fit un pas vers lui, l’entoura de sa veste pour la protéger des flammes et le tira à sa suite. La fumée autour d’eux devenait de plus en plus sombre et toxique à chaque respiration, Angel le sentait. Il fallait qu’ils sortent.
Avec une autorité qui ne s’improvisait pas, qui était là, il passa son bras autour des épaules de Parker et le guida brutalement jusqu’à la sortie qui n’avait jamais paru aussi loin, elle qui semblait pourtant si proche dans la cabine exiguë et mal aménagée de la caravane. « Faut qu’on se tire de là. » siffla-t-il entre ses dents. Sans douceur, Angel poussa le policier au-dehors et tant pis si l’argousin trébuchait sur les marches qui rendaient l’âme. Lui, il les sauta carrément et retrouva une terre plus ferme que le plancher de la caravane qui menaçait de s’écrouler d’une seconde à une autre. Mais Angel ne regardait même plus la roulotte en flammes. Non, il n’avait d’yeux que pour Parker qu’il tira encore plus loin de la fournaise et qu’il secoua par les épaules dès qu’il fut sûr qu’ils étaient hors de danger. « T’es malade. T’es complètement malade, O’Brien. T’aurais pu te tuer. » balbutia-t-il, le coeur prêt à exploser et les tempes bourdonnantes. « T’aurais pu te tuer. » répéta-t-il comme s’il prenait conscience de la vérité de ces mots, des conséquences qu’il n’osait même pas imaginer. Le regard flou, le souffle court, Angel observa le visage abîmé mais en vie, en vie, en vie, du policier.
Et comme il n’y tenait plus, il le prit dans ses bras. Pour le serrer fort. Et ne jamais le relâcher.

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