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Angel Gutierrez

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Message· · Sujet: if love is fire, then make me burn. if love is fire, then make me burn. EmptySam 24 Aoû - 19:16


parker & angel

Angel regardait sa caravane brûler.
Son Zippo dans la main, il frottait machinalement le mécanisme et faisait apparaître et disparaître une petite flamme qui venait mourir au bout de ses doigts. C’était avec le briquet, vestige de son passage dans l’armée, qu’il avait mis le feu à la maison roulante. Il avait procédé de façon étrangement méthodique : éparpiller ce qui prendrait mieux feu aux quatre coins du minuscule espace, siphonner l’essence chez le scooter du voisin, attendre la tombée de la nuit pour éloigner sa caravane du reste du trail Park, là où le feu ne gagnerait pas le reste des maisons roulantes ni le système électrique qui permettait aux rebuts de Windmont Bay de survivre misérablement, juste assez pour qu’ils restent parqués sur le terrain vague.
Angel avait vécu la majeure partie de sa vie ici, sur cet hectare de terre sale. Il ne se souvenait pas d’avant. S’il avait des souvenirs d’enfance qui étaient heureux, il ne parvenait pas à les convoquer. Il n’y avait que la mémoire meurtrie de cette arrivée à Windmont Bay. Il y avait une salissure, une blessure qui ne disait pas son nom mais qui était là, dans un recoin dans son esprit, et qui empoisonnait tout le reste.
Toute une vie sur ce bout de terre râpé et voilà qu’elle parfait en fumée. Les flammes jaunes et vertes se détachaient sur le ciel noir, et il sentait leur chaleur sur son visage. Chaque crépitement, chaque bout de tôle qui fondait et s’écrasait au sol faisait du bien. Alors qu’il regardait son enfance, son adolescence, toute cette vie chaotique et violente, être avalée par le feu, il se disait qu’au final, la solution avait toujours été là. Il n’avait juste jamais trouvé le courage ni l’envie auparavant. Mais maintenant qu’il n’avait plus aucune raison de rester, à quoi bon ? Il ne reviendrait pas à Windmont Bay. Il avait suffisamment roulé sa bosse ici. Il ne pouvait pas brûler sa réputation comme il le faisait pour sa caravane - ce qui certainement ne ferait qu’aggraver son cas, car il était à peu près sûr que ses (ex?) voisins allaient appeler les flics. Il partait avec panache avec une dernière bêtise. Petit con jusqu’au bout. Où irait-il ensuite ? Pas d’idée, pas de plan, juste l’inconnu, la fuite. Il ferait du stop jusqu’à Portland. Se ferait un peu de fric d’une manière ou d’une autre. Il descendrait ensuite vers la Californie. Ou peut-être pas, d’ailleurs, peut-être qu’il foncerait toutes routes ouvertes vers le Grand Nord qu’il n’avait jamais vu. C’était l’occasion. Aucunes attaches. Aucunes chaînes. Il était seul dans sa liberté, et c’était peut-être bien la seule façon d’être vraiment libéré. Il alluma une cigarette. Il allait rester là et regarder brûler cette saloperie jusqu’au bout, toute la nuit s’il le fallait. Il voulait voir la structure être réduite en cendres et qu’au petit matin, seule une charogne subsiste. Il ne voulait plus rien de cette chose.
La nuit était fraîche et humide mais le feu prenait, ronflant comme s’il avait été allumé au creux d’une cheminée familiale. Angel considérait avec intérêt les volutes de cendres et de braises voleter autour du brasier. C’était joli ; il avait toujours aimé regardé les choses brûler, et il s’absorba dans sa contemplation. Il ne pensait pas à Parker, non. Il voulait croire qu’en brûlant ce qui le reliait encore à Windmont Bay, il mettait aussi feu à ses souvenirs et il espérait qu’au matin, son esprit soit également plein de cendres. Puis il les ramasserait et il les jetterait au vent. Il redonnait tout au vent. Là où de toutes façons, sa parodie d’histoire avec Parker O’Brien avait toujours appartenu. Dans le néant. L’inexistence.
Oui, c’était mieux comme ça. Tout brûler, tout détruire.
Une partie de la structure de la caravane s’effondra et Angel s’écarta. Mieux valait s’éloigner, jugea-t-il, dans une logique de soldat et il recula sur une dizaine de mètres pour se dissimuler derrière quelques buissons, là où il ne pourrait pas être vu (ni accusé), son regard toujours rivé sur les flammes qui se faisaient de plus en plus hautes, de plus en plus belles.

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Parker O'Brien

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Message· · Sujet: Re: if love is fire, then make me burn. if love is fire, then make me burn. EmptyJeu 29 Aoû - 14:50

Parker détestait quand c’était son tour. Il ne savait même pas pourquoi il avait laissé cette stupide habitude s’installer. Si Johnson voulait bouffer son burger, il n’avait qu’à aller le chercher lui-même, pourquoi devait-il s’en charger une fois sur deux ? Johnson lui avait dit, l’œil torve, le sourire goguenard, que s’enfiler quelques saletés ne lui ferait pas de mal, il était trop maigrichon, il fallait qu’il se remplume. A chaque fois, Parker avait la même réaction : il détournait la tête et roulait des yeux, les bras croisés sur son torse, comme un gamin boudeur. Il n’en voulait pas de ces repas de fast-food dégoulinants de sauce, ni leurs frites molles, ni leurs boissons pétillantes qui lui donnaient mal au ventre. Et pourtant, chaque semaine, il se tapait au moins une fois le comptoir du petit établissement pour commander le menu maxi de son collègue, pendant que ce dernier mâchonnait un chewing-gum, le cul scotché au siège de leur véhicule. C’était son tour et il énumérait un choix qui n’était pas le sien d’une voix mécanique, l’air blasé. Quelle image ils donnaient à leur uniforme, vraiment, ça n’était pas pour ça qu’il s’était lancé dans cette voie. Ça n’était certainement pas pour être le larbin de Johnson. Et pourtant. Parker paya et attrapa le sachet en papier qui commençait déjà à gondoler sous la chaleur et à se tacher de gras, là où une auréole luisante commençait à s’étendre, avant de sortir du fast-food – le genre qu’on trouvait en bord de route, où tous les conducteurs de poids lourds échouaient à un moment de la journée ou de la nuit, à une poignée de kilomètres de Windmont Bay. Ils auraient pu aller au Mickey’s mais Parker refusait catégoriquement de s’y rendre et Johnson avait fini par lui concéder ce détail.
L’air encore chaud de la journée cueillit Parker alors qu’il se dirigeait vers leur véhicule de fonction et son regard intercepta une lueur au loin. Une lueur rougeoyante. Une lueur qui n’était pas le coucher de soleil, le jeune policier le savait. Une lueur qui tirait la sonnette d’alarme depuis quelques mois, depuis que des incendies avaient commencé à faire souffler un vent de panique sur leur petite ville côtière. Une lueur, aussi, qui fit germer un mauvais pressentiment dans le cœur du jeune homme. Car il pouvait pointer précisément l’origine de cette lueur et une terreur indicible se répandit dans ses veines. Un frisson lui parcourut la peau et il eut l’impression que tous les poils de son corps se dressaient, en alerte maximale. Il ne réalisa ce qu’il faisait que dix minutes plus tard, alors que Johnson s’énervait à sa droite, l’enjoignant à ralentir. Il n’avait aucun souvenir du sachet encore chaud qui s’écrasait au sol, de ses pieds qui s’activaient, de la portière qui claquait au son de l’indignation de son coéquipier – Hé ! Mon burger ! – ni des crissements de pneus lorsqu’il avait amorcé un demi-tour nerveux sous le regard interrogateur des clients de l’établissement. Il ne retrouva ses esprits qu’au moment où il vit les flammes qui montaient haut, léchant le ciel, envoyant dans toutes les directions des étincelles qui ressemblaient à des lucioles. Parker, bon sang, qu’est-ce que tu crois que tu fais, là ? La voix, un grognement sur le siège passager. Ne comprenait-il pas ? Ne voyait-il pas ? Le danger ? Le feu ? La bicoque qui était réduite en cendres sous leurs yeux ? C’est un boulot de pompier, ça, qu’est-ce que tu espères faire ? Il y avait une patrouille en route ! On était plus près, avait envie de répliquer Parker, mais pour ça il aurait fallu que son esprit se détache du tableau effrayant qui s’offrait à eux.  Mais au moment où la décision avait été prise, il n’avait aucune idée qu’un appel avait déjà été lancé, que les pompiers s’activaient à monter dans leur camion, que ses collègues convergeaient vers l’incendie, eux aussi. Il n’avait eu qu’une chose à l’esprit : un visage, un prénom, une silhouette, une émotion vive.
Et c’était ça qui l’amenait à stopper brutalement la voiture de police. Le moteur émit une plainte mais Parker ne l’écoutait pas davantage que le sermon de Johnson. Le cœur en plein naufrage, l’œil hagard, il tituba hors de la voiture et se dirigea vers la caravane. Il ne remarqua même pas qu’elle n’était plus à la même place, il ne voyait que la fumée noire, le brasier interne, les flammes qui s’échappaient des fenêtres. L’air brûlant lui piquait les yeux – à moins que ça soit l’image d’un corps inerte, caressé par les flammes. D’abord, le prénom lui échappa comme un souffle incrédule, comme s’il n’osait pas réveiller son amant endormi. Puis, alors que ses pas le rapprochaient de la fournaise, Parker l’appela d’une voix plus forte, écorchée, désespérée.
- ANGEL !
Il hurla et n’obtint aucun retour. Se pouvait-il qu’il ait mis le feu à son logement avant de partir ? Ou l’incendie était-il accidentel, se trouvait-il coincé sous la tôle fondue, brûlé au troisième degré ou étouffé par la fumée ? Parker savait qu’il fallait attendre les pompiers, qu’ils étaient plus aptes à contrôler la fournaise, mais si Angel était à l’intérieur, encore vivant, les minutes n’étaient-elles pas précieuses, vitales ? Ce fut cet instinct-là que le jeune policier décida de suivre. Parce qu’il ne pouvait vivre dans un monde où il aurait laissé le voyou crever dans les flammes. Il ne pouvait vivre dans un monde où Angel ne serait plus là pour le tourmenter.
Alors, comme un homme pour qui la damnation n’avait plus de secrets, qui ne réfléchissait plus à sa propre sécurité, Parker s’avança encore en trébuchant, ignorant les vociférations de son collègue, les yeux accrochés à cette porte à laquelle il avait frappé, plus d’un an plus tôt. Les larmes roulaient librement sur ses joues mais il ne s’en rendit même pas compte, alors qu’il grimpait les deux petites marches. Il n’avait jamais été aussi proche du logement d’Angel, qui n’avait jamais voulu qu’il s’approche de sa caravane. Il avait défendu son territoire avec une hargne que Parker n’avait jamais comprise. Désormais, il n’y avait plus rien à préserver. Tout s’effritait, tout fondait. Un jappement de douleur s’échappa des lèvres de Parker au moment où le métal bouillant lui mordit la paume et s’il fut légèrement déséquilibré, le blond ne recula pas pour autant. Si Angel était à l’intérieur, il fallait qu’il le sorte de là. Si Angel mourait… Il ne pouvait y songer. Alors il tira une seconde fois sur la poignée et un souffle d’air brûlant le gifla, le faisant suffoquer au moment où il tenta un nouvel appel. Ça puait, ça sentait le roussi, songea-t-il, sans réaliser que c’étaient ses cheveux et ses sourcils. Il ne s’en souciait pas, de toute manière.
Sa vie était à l’intérieur de cette caravane transformée en bûcher. Il n’avait même pas peur de la perdre. Il l’aurait donnée, sans hésitation, si ça pouvait sauver Angel. C'était tout ce qu'il demandait.
Le ciel ne pouvait-il donc pas être de son côté, pour une fois?

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Too young, too dumb, you got me changing. I broke your heart, but now we're healing. Don't misunderstand me, I know we had it rough, sorry I made you feel like you wasn't enough. I'm sorry 'bout the times I let you down. Something about you makes me wanna switch it up.
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Angel Gutierrez

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Message· · Sujet: Re: if love is fire, then make me burn. if love is fire, then make me burn. EmptyJeu 12 Sep - 4:19

Le crépitement des flammes venait lui lécher jusqu’au visage. Il se tenait assez loin pour ne pas cramer avec le reste, assez près pour sentir la fournaise lui chauffer les joues. Et Angel regardait, hypnotisé par l’effondrement, littéral et métaphorique, de ce qu’il avait jour appelé sa maison. Maison. Home. Foyer. Le concept lui échappait. Y avait jamais eu de foyer derrière cette porte de tôle, jamais eu de cookies qui l’attendaient sur le comptoir d’une cuisine existante, jamais eu de maman aux petits soins qui l’aurait conduit au foot, jamais de père pour lui apprendre à se servir d’un tournevis ou lui prêter sa voiture quand il aurait eu l’âge. Il avait grandi dans le vide et l’absence, et ça avait fait de lui quelqu’un d’également vide et absent, en retrait du monde, en conflit permanent avec tout ce qui pouvait lui rappeler ce qu’il n’avait pas.
Go home, Angel. Il les avait entendu des milliers de fois, ces trois mots échappés du souffle fatigué d’un surveillant, de son assistante sociale - du temps où il y en avait encore une -, de ses rares amis. Go home, Gutierrez, c’était ce que son sergent lui avait dit avant de sauter sur une mine, go home, c’était ce qu’on lui avait dit au bureau des vétérans quand ils avaient été incapables de lui trouver une place pourtant gagnée à feu et à sang, au prix de ce qui lui restait de stabilité. J’ai pas ça, avait-il répondu en toute franchise, I have no home, mais personne n’avait voulu le croire. Personne ne l’avait écouté parce que forcément, il était Angel Gutierrez. Il mentait comme il respirait. Il ne savait pas ce qu’il disait. Jamais on n’aura aussi mal porté un prénom, avait-il même entendu une fois.
Sombrait-il dans le pathos ? Etait-il dramatique, là, à regarder cette foutue caravane brûler ? Si c’était le cas, alors Angel s’en fichait bien.
C’était qui il était, après tout.
Le garçon qui se fichait de tout.
Le garçon sans attaches, sans crépuscules ni lendemains.
Le garçon qui n’avait besoin de personne, et surtout pas d’un policier qui avait joué les infiltrés pour mieux le trahir. C’était Parker qu’il sacrifiait sur ce bûcher quelque part, ou alors pas tout à fait Parker mais son souvenir. Sa possibilité, aussi, celle à laquelle Angel avait cru de tout son être. Avec Parker, home n’était plus un concept vague, ça devenait une réalité tangible. Home prenait corps, celui du policier, et devenait le rempart contre lequel Angel pouvait se pelotonner comme un gamin. Home, c’était passer sa main dans les cheveux blonds, caresser le velours de sa peau de pêche, se noyer dans un bleu de glace. Home, home, home.
Il avait si bête d’y croire. Les garçons comme lui n’avaient pas de maison et n’en créaient pas avec un autre garçon. Les garçons comme lui brûlaient des caravanes et disparaissaient dans la nuit, sans rien dire, le coeur béant, les yeux secs, les cheveux pleins de fumée.
Il n’allait pas partir tout de suite, en revanche. Il voulait voir toute cette foutue caravane brûler jusqu’à la dernière cendre et y passerait la nuit, s’il le fallait. Le ciel prenait la couleur du sang derrière le brasier et Angel se rappelait des images de guerre ayant exactement la même teinte. Orange sanguine. Sur ce ciel, la guerre paraissait presque sucrée.
Il savait que bientôt, les badauds se rassembleraient autour du bûcher. Il doutait que ses voisins tentent d’éteindre le feu - il avait stratégiquement déplacé la caravane pour éviter toute propagation de l’incendie - mais il savait que les flics viendraient. Et les pompiers aussi, et Angel avait hâte de voir leurs beaux camions rutilants dérouler leurs tuyaux et leurs échelles pour asperger le désastre. Mais pour le moment, la roulotte continuait de cramer. La fumée, noire et âcre, bouillonnait à la verticale et se détachait sur le ciel couleur rose rouge. Angel profitait du spectacle.
Du moins, il en profita jusqu’à ce qu’il entende les premières sirènes. Ça, c’était une voiture du WBPD, il aurait reconnu le cri strident n’importe où. Un sourire de chacal lui trancha un visage autrement impassible et il fourra ses mains dans ses poches, comme le sale gamin qu’il était. Il baissa les yeux un instant et creusa la terre avec son pied. Il avait envie de casser des choses. D’être un sale petit délinquant, une fois encore, de leur donner raison à tous et puis de disparaître pour toujours. Ce serait si doux de partir au petit matin et d’abandonner tout ça derrière lui.
Il entendit des bruits de voiture et des portières qui claquent mais ne releva pas tout de suite la tête. Quelle importance ? Ce n’est pas comme si les flics allaient voler à son secours. Il était même à moitié persuadé qu’ils allaient faire demi-tour, trop ravis d’avoir été débarrassés d’un énième déchet. Non, ce ne fut que lorsqu’il entendit son prénom qu’il leva enfin les yeux.
ANGEL !
Son prénom. Crié avec l’énergie du désespoir.
Par la même voix qui l’avait bannie.
Non. Il était en train d’halluciner, se convainquit-il, alors que la scène se déroulait pourtant sous ses yeux écarquillés. La voiture de police arrêtée en plein milieu du terrain vague. Les sirènes qui continuaient de hurler. Et lui. Parker O’Brien qui hurlait son prénom, qui s’approchait trop près, beaucoup trop près de la caravane, Parker qui allait faire une bêtise s’il continuait. Angel, toujours immobile, se passa une main sur le visage comme pour bien s’assurer qu’il ne rêvait pas, que le manque de sommeil ne commençait pas à lui jouer des tours. Mais non, c’était bien Parker et ce dernier s’élançait vers la porte de la caravane. « Mais qu’est-ce que tu fous, putain ? » Angel ne savait pas à qui son murmure s’adressait. À Parker qui avait perdu la raison, à son collègue dont la large masse restait enfoncée dans le siège du copilote ou à lui-même qui restait planté-là alors que le jeune policier risquait sa fichue vie ? Mais putain, Parker avait-il abandonné toute faculté de réflexion ?
Il ne pouvait pas rester là à rien faire. Pas alors que son policier plongeait la tête la première dans un piège qui ne lui était pas destiné. Tant pis s’il se faisait pincer, tant pis si les flics de Windmont Bay le décrétaient coupable de tout, Angel n’avait pas le choix. En deux pas souples et rapides, il sortit de sa cachette et avança vers la caravane en proie à des flammes de plus en plus violentes. Désespéré, il vit Parker avancer à l’intérieur du brasier et il s’approcha encore. « Parker ! » Au même moment, une vitre latérale de la caravane explosa sous l’effet de la chaleur, projetant un millier d’éclats translucides et Angel se protégea de son bras.
Comme si dire le prénom de son amant proscrit avait réveillé la violence des flammes, comme si elles savaient, au final, de qui elles portaient le nom. « Parker ! » cria-t-il encore, la voix rauque, les yeux humides de fumée. Dire son nom faisait mal.
Il ne pouvait plus être prudent. Tant pis s’il se faisait mal ; il ne pouvait pas laisser Parker faire un pas de plus à l’intérieur de la fournaise. Tout en se défaisant de sa veste de cuir rapiécée, Angel avala les quelques mètres qui le séparaient du taudis en feu et il gravit les deux marches pour se projeter dans l’habitacle dévoré.
Parker était là, au beau milieu du brasier.
Leurs regards se croisèrent peut-être une seconde, peut-être deux. Juste le temps de réaliser qu’ils étaient bien là tous les deux. Juste le temps de réaliser que les joues de Parker étaient baignées de larmes et que ses yeux bleus étaient troubles, ce qu’Angel ne pouvait pas supporter. Puis la réalité se rappela à lui quand un craquement sinistre lui indiqua qu’une autre partie du toit était prête à s’effondrer sur eux, amas de métal brûlant prêt à les transpercer. « T’es complètement malade ! Sors de là, putain ! » hurla-t-il à l’attention de son ex-amant et sans lui laisser la chance de répliquer, Angel fit un pas vers lui, l’entoura de sa veste pour la protéger des flammes et le tira à sa suite. La fumée autour d’eux devenait de plus en plus sombre et toxique à chaque respiration, Angel le sentait. Il fallait qu’ils sortent.
Avec une autorité qui ne s’improvisait pas, qui était là, il passa son bras autour des épaules de Parker et le guida brutalement jusqu’à la sortie qui n’avait jamais paru aussi loin, elle qui semblait pourtant si proche dans la cabine exiguë et mal aménagée de la caravane. « Faut qu’on se tire de là. » siffla-t-il entre ses dents. Sans douceur, Angel poussa le policier au-dehors et tant pis si l’argousin trébuchait sur les marches qui rendaient l’âme. Lui, il les sauta carrément et retrouva une terre plus ferme que le plancher de la caravane qui menaçait de s’écrouler d’une seconde à une autre. Mais Angel ne regardait même plus la roulotte en flammes. Non, il n’avait d’yeux que pour Parker qu’il tira encore plus loin de la fournaise et qu’il secoua par les épaules dès qu’il fut sûr qu’ils étaient hors de danger. « T’es malade. T’es complètement malade, O’Brien. T’aurais pu te tuer. » balbutia-t-il, le coeur prêt à exploser et les tempes bourdonnantes. « T’aurais pu te tuer. » répéta-t-il comme s’il prenait conscience de la vérité de ces mots, des conséquences qu’il n’osait même pas imaginer. Le regard flou, le souffle court, Angel observa le visage abîmé mais en vie, en vie, en vie, du policier.
Et comme il n’y tenait plus, il le prit dans ses bras. Pour le serrer fort. Et ne jamais le relâcher.

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Parker O'Brien

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Message· · Sujet: Re: if love is fire, then make me burn. if love is fire, then make me burn. EmptyVen 27 Sep - 22:21

Ce n’était pas sa vie qui défilait devant ses yeux alors qu’il portait son bras à son visage pour protéger son nez et sa bouche, comme si ça allait lui permettre de respirer dans la fumée âcre. C’étaient ces instants volés à celle-ci. Dissimulés aux yeux de tous, lovés dans le creux de son coeur et de sa mémoire. C’étaient les faisceaux rouges, bleus, verts, orange qui balayaient la piste plongée dans l’obscurité. C’étaient les ombres furtives des corps à demi-nus qui dansaient en périphérie de son champ de vision alors que son regard était rivé à un seul garçon, comme si tous les autres avaient cessé d’exister ou n’étaient que des mannequins disposés là pour faire croire que la salle était comble. C’étaient leurs reflets multiples dans une attraction, des dizaines d’Angel qui le cernaient, qui l’enveloppaient. C’étaient la pluie qui battait son parebrise alors qu’il bravait la tempête pour venir chercher son amant, parce qu’il ne pouvait supporter l’idée de le savoir seul dans sa caravane alors que le chaos régnait dehors. C’étaient des dizaines de ces moments passés à deux, enlacés, à refaire un destin qui n’avait jamais été de leur côté. C’était injuste que ça leur soit tombé dessus. C’était injuste qu’il ait fallu toutes ces années pour qu’ils se rencontrent enfin, vraiment. C’était injuste qu’il faille toujours que ce soit une situation de crise pour qu’il trouve le courage de jouer les superhéros. Pourquoi n’avait-il pas pu avoir cette bravoure insensée lorsqu’Angel lui faisait des promesses chez Marceline’s? Il était cependant trop tard pour songer à cela, même s’il avait l’impression de n’avoir fait que ça depuis leur rupture. Tout ce qui passait en flash devant ses yeux, c’était le sourire d’Angel, éblouissant car d’une rare pureté quand il se laissait aller à offrir autre chose que son sourire de canaille. Tout ce que l’esprit de Parker retenait, c’était la sensation des bras du voyou qui l’enserraient. Quant à la chaleur qui l’enveloppait et le faisait suffoquer à cet instant précis, elle n’était en rien comparable avec celle qui émanait du corps voisin lorsqu’ils étaient cachés sous les couvertures ou assis côte à côte à siroter un café. Et c’était ça qui accaparait l’esprit du jeune policier alors qu’il s’avançait dans ce lieu interdit, dont il avait été banni. Pourtant, Parker y aurait passé des journées entières si Angel le lui avait permis. A la place, il découvrait l’endroit en flammes, incapable de se figurer à quoi ressemblait l’intérieur avant, quand son occupant s’y endormait.
- Angel…
Sa voix s’enroua et il toussa, balayant les lieux de ses yeux larmoyants. Il n’y voyait rien. Il n’y avait que de la fumée. Des objets carbonisés ou à moitié fondus. Et ce son assourdissant. Jamais il n’aurait cru qu’un incendie puisse être aussi bruyant mais autour de lui, ce n’était que plaintes du bois et du métal, des crépitements qui ressemblaient à des applaudissements d’encouragements. Allez, Parker, cherche-le, semblaient-il lui dire alors que le garçon vacillait et cherchait une silhouette, tout en souhaitant ne rien trouver. Car si Angel n’était pas ici, c’était qu’il était sauf et alors tout irait bien, il n’y aurait pas à s’en faire.
Quelque chose lui frôla le coude et il sentit la morsure d’une brûlure. Instinctivement, Parker se frotta la manche et sentit les braises poursuivre leur chute. Puis quelque chose vola en éclat et le policier se protégea la tête. Il était devenu fou. Il fallait forcément l’être pour avoir plongé dans la fournaise, et pour entendre des voix. Ce devait être Johnson qui le traitait encore de tous les noms mais Parker s’en foutait. Qu’il crie, qu’il hurle, qu’il l’invective. Qu’il répète à tous qu’il l’avait prévenu, qu’il n’y était pour rien si ce gamin avait complètement perdu la tête. Parker ne le blâmait pas, parce qu’il n’en avait plus rien à faire de lui et de ses burgers à la con, de ses remarques ironiques et de ses sourires équivoques. S’il ressortait de cet enfer, il dirait qu’il voulait changer d’équipier, qu’il ne voulait plus être avec cet incapable qui se bornait au minimum syndical. S’il ressortait en une pièce, il se promettait d’arrêter de se morfondre et de geindre. Il se reprendrait en main, il suivrait tous les conseils de Thalia, elle serait fière de lui. Et Angel aussi. S’il retrouvait un jour l’air libre, ce qui lui paraissait toujours moins probable au fil des secondes qu’il passait à étouffer, désorienté, perdu dans le passé, comme si ça l’aidait à affronter le danger alors qu’au contraire, il diminuait ses chances de s’en sortir. Mais honnêtement, il était si désespéré qu’il n’avait même plus envie d’en réchapper si Angel n’était plus là - mort dans l’incendie ou évaporé comme la fumée.
Il pleurait en regardant tout autour de lui et il ne savait pas si c’était le chagrin ou la fumée, ou les deux.  Il ne savait pas davantage si ce qu’il voyait était réel ou le fruit de son imagination que son cerveau asphyxié parvenait encore à former. Car tout à coup, Angel était là et Parker se figea, craignant de cligner des paupières et de le voir disparaître. Le prénom du garçon se forma sur ses lèvres mais sa gorge n’émettait plus le moindre son. Mais s’il était incapable de parler, il n’avait pas été rendu sourd par le vacarme et il entendit la voix du vaurien voler au-dessus des gémissements de la tôle. Il ne pouvait pas l’avoir inventé, ça, si? Tétanisé, Parker ne parvint qu’à secouer la tête. Il n’était plus capable de faire le moindre mouvement, il était pratiquement certain de s’être fait dessus, mais tous ses sens ne semblaient plus répondre correctement, ils étaient aussi paumés que son esprit et ce fut donc uniquement par réflexe et parce qu’Angel prit les commandes qu’il actionna ses jambes. Il avait l’impression que ses semelles collaient au sol, comme si la caravane cherchait à le retenir, ou simplement parce que le sol fondait, victime de la chaleur épouvantable qui les cernait. Subitement, le sol disparut, tout disparut et Parker perdit l’équilibre, se vautrant de tout son long au bas des marches, suffoquant, n’y voyant plus rien tant ses yeux étaient irrités par la fumée. Mais c’était de l’air qui s’infiltrait péniblement dans ses poumons, un air délicieux, bien qu’il soit encore affreusement chaud. Aveugle, complètement désorienté, Parker rampa comme il put, s’écartant maladroitement des flammes. Il sentit des bras solides l’aggriper et le tirer à l’écart - des bras qui ne pouvaient appartenir qu’à Angel, jamais Johnson n’aurait eu la force de le déplacer, même s’il était maigrichon, comme il aimait à le lui faire remarquer au moins trois fois par semaine.
La fournaise s’éloigna mais Parker avait l’impression de ne plus avoir la moindre maîtrise de son corps. L’adrénaline l’avait maintenu en alerte tant qu’il errait dans les flammes mais maintenant que le danger était écarté, il réalisa qu’il tremblait comme une feuille, et quand les mains qui l’avaient secouru se mirent à le secouer, les larmes du jeune homme redoublèrent.
- Je suis désolé, je suis désolé, croassa-t-il, avec l’impression que la fumée glissait encore dans ses poumons, mais c’était sa gorge qui était horriblement irritée et qui lui donnait l’impression que chaque mot devait lui être arraché.
Pourtant, il continua sa litanie, ne sachant pas lui-même à quoi il faisait allusion. A sa récente folie qui l’avait fait courir dans les flammes alors qu’il se savait impuissant à sauver le voyou? Aux paroles qui continuaient à le hanter et qu’il aurait voulu pouvoir effacer? Au mal qu’il lui avait fait parce qu’il avait trop peur du bonheur ?
- Je suis désolé, sanglota-t-il en sentant les bras se refermer autour de lui. Je suis désolé.
Il s’accrocha au grand corps qui lui avait tant manqué ces derniers mois et il se mit à pleurer pour de bon, le nez enfoui dans le creux de son épaule, l’enlaçant maladroitement. Son odeur familière était presque effacée par celle du feu qui avait failli les engloutir mais Parker décelait les traces de ce confort qui lui avait redonné vie durant plusieurs saisons et il ne voulait plus jamais en être délogé.
- Ne pars pas, ne me laisse pas. Je suis désolé.
Car il le sentait, tout au fond, que c’était le but de ce carnage, de ce dernier feu d’artifices. Un adieu à la Gutierrez. Sauf que Parker ne pouvait pas lui dire adieu, ni même au revoir. Il ne supporterait pas cette ville sans Angel. Il ne supporterait pas sa vie sans Angel.
- J’ai besoin de toi, tu me manques. Je ne voulais pas te faire du mal, je ne peux pas continuer sans toi. Pardonne-moi, je t’en supplie.
Parker avait conscience d’être pathétique, tout comme il se doutait que les gens qui s’étaient approchés pouvaient l’entendre et le voir s’accrocher à Angel, mais il s’en fichait. Angel était là pour entendre ses regrets, son désespoir, il n’était plus un fantôme qui hantait Windmont Bay et c’était tout ce dont Parker avait besoin à ce moment précis. Il était si heureux de le sentir, en chair et en os, qu’il ne prêtait même pas attention à la douleur de ses mains brûlées, de ses poumons en feu, de ses membres tremblants et de son coeur qui palpitait comme les flammes derrière eux.
Le monde pouvait partir en cendres, pour ce qu’il en avait à faire, tant qu’on le laissait là, entre les bras de l’homme qu’il aimait, et sans lequel il ne pouvait vivre. C’était une certitude, à présent.

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Angel Gutierrez

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Message· · Sujet: Re: if love is fire, then make me burn. if love is fire, then make me burn. EmptyDim 20 Oct - 0:48

Hors de question qu’il lâche Parker. Pas après l’avoir cru mort pendant une seconde, pas après l’avoir vu se laisser avaler par les flammes, un brasier qu’il avait lui-même allumé. Et n’était-ce pas là toute leur dynamique ? Angel avait foutu le feu au monde entier, Parker s’y était jeté en sacrifice, et ils avaient brûlé, brûlé, brûlé, jusqu’à ce qu’ils finissent calcinés, en cendres, prêts à s’éparpiller aux quatre vents, après l’ultime autodafé. Car c’était bien ça, au final, le but d’Angel: tout rejeter au feu, à la cendre, ne rien garder de Parker ni de sa vie ici, à Windmont Bay. Il laissait tout à la nuit. Il n’avait juste pas prévu que Parker viendrait jouer les pompiers suicidaires. Il resserra son étreinte autour de son policier, incapable de faire autre chose, de bouger autrement que si c’était pour le garder contre lui. Son coeur lui déchirait la cage thoracique mais tant pis, il aurait mal de cette douleur qui lui faisait tant de bien. Parker, Parker, Parker, disait chaque battement.
Je suis désolé. Je suis désolé.
Non, il ne voulait pas entendre ça, pas maintenant. Il voulait juste continuer à le serrer dans ses bras et à absorber les larmes qui coulaient à gros bouillon sur les joues d’albâtre. Il voulait calmer les tremblements qui secouaient les épaules frêles et le protéger du reste. Que le reste brûle autour d’eux, que le feu les encercle, mais Angel ne le lâcherait pas. Ils étaient deux naufragés, deux garçons perdus dans un monde qui se fichait des gens comme eux, et c’était assez qu’ils se soient trouvés. Qu’importe que Parker ait eu trop peur de le comprendre, Angel s’en fichait. Il était là maintenant, son petit policier, à sa place : entre ses bras. « Cariño. » murmura-t-il, la voix rauque de fumée, sa gorge plus qu’un champ de bataille tapissé de verre pilé. Son coeur vrilla lorsque Parker le supplia de ne pas partir. Il lui semblait qu’il revenait tout à coup à la réalité après des mois d’hallucination. Partir ? Le laisser ? Ne plus le voir, ne plus pouvoir le toucher ? Prendre le risque de revenir à Windmont Bay des années plus tard pour découvrir que ce qu’il avait espéré et rêvé pour eux, le policier l’avait réalisé avec un autre ? Non, il ne pouvait pas l’imaginer. Il en avait la tête qui tournait, le coeur au bord des lèvres, bouillonnant de rage. Parker était à lui.
Brutalement, Angel relâcha la prison de ses bras pour encadrer le visage de Parker et il verrouilla leurs regards. « Jamais, tu m’entends ? Jamais. » Il était là, pour toujours, où Parker le désirait, où il voulait qu’ils aillent. Qu’ils restent à Windmont Bay ou qu’ils partent, ça n’avait plus aucune importante. Angel avait saccagé le tiers de son existence parce qu’il n’avait pas compris que sa destinée était d’aimer Parker O’Brien de tout son être. Peut-être était-il trop optimiste, peut-être était-ce l’adrénaline qui inondait ses veines, peut-être allait-il se casser la gueule une fois encore, ça ne serait pas une première. Peut-être que Parker allait de nouveau lui tirer une balle en plein coeur mais alors qu’il tenait son policier entre ses mains et qu’il se noyait en lui, Angel balayait le reste. Il mettait les derniers mois entre parenthèse, il éteignait la rage. « J’suis là. J’vais nulle part, t’entends ? J’suis là et j’te laisse pas. » siffla-t-il entre ses dents comme si quelque part, un destin moqueur tentait de remettre son amour en cause. Parce qu’il l’aimait, son policier, malgré tout, envers et contre tous. Il l’aimait comme on embrasse le pistolet avant de mourir, comme l’essence aime une allumette. Avant, il n’aurait pas su faire. Mais maintenant que Parker lui était revenu, il avait un but, un devoir. Il ne pouvait plus être l’ange exterminateur, celui qui dégoupillait son coeur comme on fait sauter une grenade.
Et pourtant, bien sûr qu’il avait encore mal. Les mots de Parker, il les avait ressassés pendant des mois, décortiqués chacun d’entre eux en espérant trouver une réponse, un espoir, quelque chose qui lui permette de comprendre pourquoi le policier l’avait mis à mort sans sommation. Il avait bu son désespoir jusqu’à ce plus rien n’ait de goût, dormi sur le bitume pour avoir mal autre part que dans le trou béant de son amour piétiné, s’était livré aux mains vengeresses de la nuit pour qu’elles le prennent et l’entraînent au fin fond du ravin. Plusieurs fois, ces derniers mois, il avait espéré ne pas se réveiller, finir dans un fossé ou disparu, envolé à jamais. Son nom aurait fait les titres du journal du coin. Local disaster ends up like he deserved to, alone in a ditch. Il fantasmait sur le visage de Parker au moment où il lirait la nouvelle, se rendait ivre des regrets imaginaires du policier. Mais aujourd’hui, il réalisait son erreur. Parker se souciait de lui. Parker était là. Parker, Parker, Parker.
Dans une caresse frénétique et tremblante, il effleura les tempes humides du policier comme pour l’ausculter. Il ne voyait aucune blessure visible, mais des années à faire le chien de guerre lui avait appris que les coups les plus vicieux étaient ceux qui ne se voyaient pas. Combien de temps Parker avait-il passé dans la caravane enfumée ? Avait-il inhalé le plastique brûlé ? Il recula d’un pas pour mieux jauger l’ensemble, nota les mains brûlées et les coupures partielles. À nouveau, la peur viscérale, affûtée comme une lame, lui trancha les entrailles. « Refais plus jamais une connerie pareille, t’entends ? Plus jamais. » intima-t-il d’une voix métallique, les yeux brillant d’une lueur dangereuse. C’était un ordre et une menace, et tant pis si en la proférant, il retombait un instant dans ses travers. « Joue plus avec ta vie comme ça, cariño. T’as pas le droit. Tu peux pas me faire ça. » ajouta-t-il en reprenant le visage de son amant entre ses mains. Et cette fois-ci, parce que tout son corps le demandait et que c’était le seul moyen de rester en vie à cette seconde précise, Angel vint écraser sa bouche contre celle du policier. Le baiser avait le goût de la fumée et du chaos, puis celui du sang, aussi, car sa peau déjà malmenée ne résista pas à la collision. Tant pis. Il embrassait Parker. Il rallumait le brasier, agitait le drapeau blanc sur le champ de bataille. Sa langue força le passage, tant pis si on les voyait, il envoyait le monder entier se faire foutre, les flics les premiers. Ses mains glissèrent, vinrent se plaquer dans le dos de Parker pour le rapprocher de lui et le baiser dura encore de longues secondes. Derrière eux, un feu d’enfer brûlait tandis qu’au loin, les sirènes (pompiers et police confondus) commençaient à retentir. Le coeur au bord de l’explosion, il finit par lâcher les lèvres de son amant pour venir coller son front au sien, les yeux fermés, le vertige l’emportant sur le reste. « Te quiero, cariño. Te quiero. » souffla-t-il, serein et désespéré, malstrom d’émotions, d’interrogation. Le bruit des sirènes se rapprochait comme un glas et Angel se redressa, conscient qu’il ne leur restait plus que quelques minutes avant qu’il ne se retrouve à terre, menotté, la tête sous la botte d’un officier. Sans laisser paraître son inquiétude, Il détailla Parker du regard et lui caressa la lèvre inférieure du bout du pouce, parvenant même à conjurer un sourire au coin de sa propre bouche. « Il te faut un médecin, cariño. » Sans attendre de réponse ni même de protestation, Angel attira Parker contre lui et scruta le terrain autour d’eux. À quelques mètres de là était planté un type en uniforme - le partenaire de Parker, qui avait sans doute été témoin de leur échange désespéré - et Angel agita un bras. « Eh ! Qu’est-ce que tu fous ? C’est pas le moment de faire griller des saucisses, cabrón! » De son autre bras, celui qui entourait les épaules de Parker, il resserra sa prise autour du petit policier. Comme pour lui dire qu’il était là, maintenant, et qu’il s’occupait de tout.

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Message· · Sujet: Re: if love is fire, then make me burn. if love is fire, then make me burn. EmptyLun 28 Oct - 10:51

Elle était étrange, cette sensation. Celle d’être de retour chez lui. Parker ne l’avait jamais expérimentée. Il avait vécu dans des dizaines de foyers, il avait eu autant de chambres, il avait même sa propre pièce désormais, dans une maison qu’il partageait avec l’une de ses collègues. Et pourtant, aucun de ces lieux ne lui réchauffait le coeur comme maintenant, aucun ne le soulageait comme à cet instant précis. Il y avait une douceur à être étreint avec une telle force, frôlant la douleur. Mais Parker voulait bien qu’Angel lui brise les os si cela signifiait qu’il pouvait rester là, dans ses bras, pour les années à venir. Il y avait un bonheur indicible, une joie féroce, à sentir toute la réalité de ce garçon qui lui avait tant manqué ces derniers mois. C’était sans doute la familiarité, l’intimité de ce contact qu’il n’avait finalement jamais eu auparavant, avec personne. Il ne pouvait imaginer trouver cela ailleurs que là, et cela ne fit que redoubler ses sanglots, alors qu’il réalisait à quel point le manque avait été profond, viscéral, que ça lui avait fait peur, oui, mais que c’était ce qui lui donnait l’impression d’être en vie. N’était-ce pas ce qu’il avait recherché toute son existence, sans le nommer? Il avait refoulé ce besoin d’avoir quelqu’un, de compter sur quelqu’un, de dépendre de quelqu’un, mais c’était à présent la seule chose à laquelle il aspirait. Il voulait garder Angel dans sa vie, il ne pouvait imaginer un quotidien sans son sourire canaille, sans sa brutalité maladroite, sans sa franchise désarmante. Le destin les avait peut-être mis chacun d’un côté de la barrière mais ils étaient passés au-dessus et, désormais, Parker ne se soucierait plus que son amant puisse avoir un passé sulfureux, un casier gorgé de méfaits plus ou moins alarmants. Ce n’était pas ce qui définissait Angel Gutierrez. Ce qui faisait qu’il était lui, c’était ce coeur battant à un rythme infernal, cette voix sourde qui n’arrivait pas à noyer ses sentiments, cette âme déchirée qui complétait si parfaitement celle d’un policier esseulé. C’était ce garçon qui usait de sa langue chaude pour transmettre sa tendresse et son affection et Parker ne put réprimer un gémissement douloureux à l’entente de ces quelques syllabes qu’il ne pensait pas aimer autant. Si Angel l’appelait ainsi, cela signifiait qu’il lui pardonnait, n’est-ce pas? Qu’il passait l’éponge sur les souvenirs douloureux, qu’il remisait sa colère et sa déception au placard?
Le monde autour d’eux s’était effacé. Les flammes rugissaient encore, les voix ricochaient, les silhouettes floues évoluaient autour d’eux mais Parker ne voyait qu’Angel, n’entendait qu’Angel. Les yeux brouillés, les joues lézardées de larmes et de suie, il fixa son amant qui lui faisait une promesse dont Parker ne douterait pas. Angel Gutierrez ne faisait pas dans la parole en l’air, Angel Gutierrez était d’une sincérité affolante, le policier le savait. Les magouilles noyaient peut-être cette vérité étincelante mais Parker avait côtoyé le jeune homme d’assez près pour savoir mesurer l’importance et l’intensité de ces mots-là. Sa lèvre trembla, il déglutit avec peine mais il hocha imperceptiblement la tête, dans l’étau des paumes du voyou. Il ne douterait plus jamais de sa vérité, il ne rejetterait plus jamais ses aveux, ses tentatives. Il ne ferait plus rien pour le détourner de lui, parce qu’il savait ce que c’était, la vie sans Angel, et il n’en voulait plus.
Le jeune homme n’arrivait plus à émettre un son, tant les sanglots obstruaient sa gorge déjà irritée par la fumée épaisse de l’incendie. Il aurait voulu parler, pourtant, ne plus s’arrêter. Lui confier tout ce qu’il avait sur le coeur, à quel point il lui avait manqué, comme il n’avait eu de cesse de penser à lui, de regretter ses paroles désastreuses. Qu’il l’aimait. Il lui avait fallu du temps pour cerner ce flot continu qui lui irriguait les veines, pour traduire la frénésie de ses battements de coeur, il lui avait fallu le perdre pour comprendre qu’il ne se complaisait pas dans une relation qui l’enivrait, que ça ne se résumait pas à ça. Qu’il s’agissait de bien plus que ça. Et si les mots ne franchissaient pas ses lèvres sèches, il espérait que son regard trahissait ce qui l’habitait. Pas seulement le soulagement de l’avoir retrouvé, pas seulement la culpabilité qui le rongeait, mais ce qui s’était invariablement ancré en lui, si profondément qu’il ne s’en était pas rendu compte jusqu’à ce qu’il blesse la (seule) personne à qui il tenait le plus. A défaut de pouvoir parler, Parker se laissa ausculter, des larmes silencieuses sillonnant toujours ses joues maculées de poussière. Il baissa les yeux pour constater les dégâts, ses paumes brûlées dont il n’avait qu’à peine deviné la douleur, tant il était focalisé sur Angel. Mais en regardant ses plaies, ce fut comme si l’élancement se réveillait et Parker grimaça. La voix de son amant le ramena cependant à la réalité et il releva les yeux vers lui, le regard trouble, interloqué:
- Je n’ai pas réfléchi. J’étais à l’intérieur avant même de réaliser. L’idée que tu sois dedans, en danger…
Il ne s’agissait pas de bravoure, Parker le savait. Cela relevait davantage d’un instinct, d’une volonté de protéger, d’un besoin de tout mettre en oeuvre pour sauver Angel. Il n’aurait pas pu rester là, à regarder la caravane partir en fumée, en imaginant le jeune homme piégé à l’intérieur. Pouvait-il le concevoir, ça? Il aurait pu reprocher à Angel son acte inconsidéré qui avait mené à cette situation qui avait failli leur coûter la vie à tous les deux, mais l’heure n’était pas aux récriminations, il n’y avait de place que pour leurs retrouvailles. Mais Parker ne pouvait promettre de ne jamais refaire une chose aussi folle, sachant que si le danger s’approchait d’Angel, il réagirait de manière aussi irréfléchie.
Le policier fut incapable de savoir si Angel lut sa réponse dans son mutisme, s’il dut la suite à ce silence éloquent mais lorsque les lèvres du pyromane désespéré se pressèrent avec violence contre les siennes, Parker en oublia tout de son dilemme, des mois qui s’étaient écoulés et des témoins qui les cernaient. Il abandonna ses dernières réserves, il laissa son corps prendre le relais. Ses muscles lui donnèrent l’étrange sensation de se raidir et de se détendre à la fois, alors qu’il se laissait aller dans l’étreinte. Ses jambes semblèrent céder sous lui et Parker se raccrocha aux épaules solides d’Angel. Un goût métallique lui envahit la bouche, mais le jeune homme n’y prêta pas attention. Un gémissement lui échappa au contact de la langue du voyou, caresse accueillie avec volupté. Les bras enroulés autour de la nuque d’Angel, les mains instinctivement écartées de tout contact qui puisse aviver la douleur des brûlures, Parker répondit à ses lèvres, comme un assoiffé s’abreuverait à une oasis. Les sirènes assourdissantes n’étaient qu’un chuchotement lointain. Le temps pouvait s’arrêter, là, comme ça. Parker ne demandait pas davantage. Il n’aspirait même pas à ce que la souffrance le laisse en paix, si cela lui garantissait qu’Angel continuerait à le soutenir et à l’étreindre comme il le faisait là. Il ne se serait sans doute pas arrêté avant de longues heures - ou que quelqu’un les sépare, lassé de ce spectacle - mais Angel se chargea d’interrompre le baiser et pressa son front contre le sien. Le souffle court, le coeur au bord des lèvres, Parker ferma les paupières et se concentra sur ce geste doux et fort. C’était comme s’ils connectaient leurs âmes, front contre front, souffles mêlés, coeurs battant au même rythme.
Il ne fallait pas être un as des langues pour comprendre ce que lui murmurait Angel et Parker se laissa encore un peu plus aller dans l’étreinte, des nouvelles larmes perlant au bout de ses cils. Il aurait voulu répondre, lui dire qu’il l’aimait aussi, mais sa gorge s’était à nouveau verrouillée et tout ce qu’il pouvait faire, c’était hocher la tête, en espérant qu’Angel sache, par télépathie, que ses sentiments étaient partagés, qu’il ne leur était plus permis d’en douter, après tout ça. Dévasté d’être une fois de plus un pantin désarticulé, incapable d’émettre le moindre son, incapable de confier ce qui lui brûlait le coeur, Parker déglutit et dévisagea Angel.
- Je vais bien, mentit Parker, qui aurait dit n’importe quoi pour ne pas être séparé d’Angel.
Il n’avait pas la lucidité du jeune homme quant à la suite de la soirée. Il flottait encore dans l’instant présent et il se laissa fondre contre la silhouette solide du garçon qui n’avait même plus un toit au-dessus de sa tête, comme il finissait de fondre et se délabrer dans le dos du policier.
Les paroles d’Angel le livrèrent cependant à la réalité et, le menton toujours lové dans le creux du cou de son amant, Parker vit ses collègues approcher. Sauf qu’il ne les voyait plus comme ses collègues, quand bien même ils portaient un uniforme identique à cet instant. Parker voyait la menace, même si c’était insensé, et son coeur s’affola alors qu’il se raidissait et s’accrochait à Angel avec l’énergie du désespoir.
- Non. Laissez-le. Laissez-nous, s’exclama-t-il, souhaitant presque qu’ils retournent dans la fournaise, où personne ne viendrait les importuner.
Mais les policiers se rapprochaient tandis que les pompiers partaient à l’assaut de la caravane incendiée. Parker agita la main dans un geste ridicule, comme si cela allait les chasser.
- Je gère la situation, ajouta-t-il un peu plus fort.
Il aurait pourtant fallu être naïf pour croire qu’il maitrisait quoi que ce soit, rien qu’à voir la façon dont il tremblait dans les bras d’Angel. Et sans doute avait-il perdu toute crédibilité lorsqu’il s’était jeté la tête la première dans la fournaise.

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