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 finding each other won't solve a thing

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Robbie Ripley

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Message· · Sujet: finding each other won't solve a thing finding each other won't solve a thing EmptyMar 27 Aoû - 17:28

@Emerson Moore. Lire ce nom avait eu le même effet que de se retrouver sur le bord d’une falaise, le vide le défiant en contrebas, l’attendant à bras ouverts. Le même effet qu’une décharge d’adrénaline injectée par surprise, se diffusant à une vitesse folle, accélérant un cœur stupéfait, dilatant des pupilles incrédules. Il n’avait pas réfléchi très longtemps. Il avait sauté dans le vide, évidemment. Sans savoir à quoi s’attendre, sans être sûr de quoi que ce soit. Emerson Moore. Il avait vu ce nom par hasard, imprimé en lettres minuscules sur un dépliant qu’il avait attrapé, pour tuer le temps, sur le comptoir de la station service où lui et le couple qui l’avait pris en stop, il y a déjà deux jours, s’étaient arrêtés. Il avait vu ce nom, en lettres grises se distinguant à peine, qui avait brûlé ses rétines et l’avait laissé pantois. Ahuri. Un nom du passé qu’il ne pouvait éviter. L’Alaska devrait attendre. Lorsqu’il avait reposé le dépliant, Windmont Bay était devenue sa nouvelle destination. Il ne savait pas encore ce qu’il y ferait. S’il chercherait Emerson, s’il chercherait à lui parler, ou simplement à l’entrapercevoir. Il ne savait pas si c’était une bonne idée, mais cela n’avait pas une grande importance ; les mauvaises idées, les mauvais choix, les mauvaises directions étaient sa marque de fabrique.
Windmont Bay. 5 miles. En-dessous du nom de la ville, sur la pancarte, se trouvait la devise de l’Oregon. Et sa traduction, qui l’aida à comprendre la locution latine. « Alis volat propriis ». Robbie n’avait pas pu s’empêcher de sourire et de s’imaginer qu’il avait devant les yeux la réponse à plusieurs des questions qu’il voudrait probablement poser à Emerson, la première étant « qu’est-tu devenue ? ». Alis volat propriis. C’était la réponse qu’il pourrait également donner, si Emerson lui demandait ce qu’il était devenu : il a volé de ses propres ailes. Une réponse qui aurait un goût amer dans sa bouche, surtout s’il devait la donner devant la petite sœur de Cameron. Sur la route, Robbie avait eu le temps de penser à chacune des questions qu’il poserait, aux histoires qu’il raconterait. Il avait eu le temps d’hésiter, sans pour autant faire marche arrière. Il voulait s’approcher le plus possible d’Emerson avant de se décider. Avancer ou reculer.
Ou ne rien faire. Ne rien faire d’autre qu’attendre, rongé par cette appréhension, par cette peur, au fond de lui, de replonger dans un monde qu’il avait quitté il y a plusieurs années et dans lequel il n’avait plus rien à faire. Par cette peur de revoir Cameron dans les traits de sa sœur. Par cette peur de ne pas la reconnaître, ou qu’elle ne le reconnaisse pas. Par cette peur que ces retrouvailles ne servent à rien d’autre qu’ouvrir d’anciennes blessures. Il ne savait pas combien de temps il continuerait à passivement attendre que quelque chose se passe. Que Emerson apparaisse de l’autre côté de la rue, que leur regard se croise et que les souvenirs réémergent et produisent leurs effets.
C’était son troisième jour à Windmont Bay. C’était son troisième jour à replier la tente qu’il plantait chaque soir depuis son arrivée sur la plage et à prendre la direction du centre de la ville, pour trouver un bout de mur près de la salle de spectacles, celle qu’il avait découvert dans ce dépliant et dans laquelle Emerson travaillait, et attendre. C’était tout ce qu’il pensait pouvoir faire, car c’était tout ce qu’il avait : un nom et une adresse, trouvés dans un vieux dépliant, maintenant plié dans la poche arrière de son pantalon. Sac de voyage sur le dos, look vagabond comme deuxième peau, Robbie traversait Windmont Bay vers la salle de spectacles, accrochant les regards suspects des passants, fixant le sien sur Bailey, sa chienne, partie en reconnaissance à quelques mètres devant lui. Il était habitué aux regards, mais ceux les plus réprobateurs et critiques ne faisaient plus que rouler sur lui.  Il s’arrêta devant un café et siffla en direction de Bailey. Elle se retourna instantanément, comme d’autres personnes autour de lui qui le jugèrent d’un coup d’œil.
– Reste là, dit-il en tendant la main vers Bailey, qui s’était rapprochée de lui, pour gratter l’arrière de son oreille avant d’entrer dans le café. Sa chienne obéit en tirant la langue et en fixant son maître, changeant de position pour se poser derrière la porte du café lorsque ce dernier y pénétra, avant d’être distraite par un cycliste qui passa à toute vitesse, qu’elle entreprit de suivre aussitôt.
Quand Robbie sortit du café quelques minutes après, un gobelet fumant entre ses doigts, Bailey avait disparu.

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Emerson Moore

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Message· · Sujet: Re: finding each other won't solve a thing finding each other won't solve a thing EmptySam 7 Sep - 15:15

Emerson n'avait pas prévu de retourner à la salle ce matin-là. Peut-être que c'était le destin qui lui jouait un tour. En vérité, c'était surtout le fait qu'il avait laissé en plan la fin de son rangement, la veille, parce qu'il n'avait pas eu le courage de terminer. Il était tard, il était fatigué, l'endroit serait fermé demain, il avait décidé de rentrer plus tôt en se promettant de rattraper sa désertion le lendemain, quand il serait reposé et à nouveau en forme. Il avait la clé, après tout, il pouvait aller et venir à sa guise et ce n'était pas la première fois qu'il abandonnait la tâche pour la reporter au lendemain. Il aimait même retourner sur les lieux quand il n'y avait personne, être l'unique fantôme qui hantait l'endroit, entendre ses pas solitaires résonner dans l'espace vide, voir la paix qui régnait là où l'effervescence avait embrasé la foule, la veille, ou les applaudissements avaient assourdi le public et faire naitre des sourires ravis sur les visages des comédiens qui avaient donné leur coeur et leur âme à leur performance. C'était comme si Emerson pouvait convoquer les lumières et les sons en filigrane et en sourdine, cligner des yeux et faire disparaitre les souvenirs. Et puis il lui arrivait de s'asseoir simplement avec un instrument dans les mains, pour jouer des morceaux au hasard de sa mémoire et de ses envies. Il avait ses préférences - une guitare électrique d'un rouge magnifique, la vieille batterie, la basse gris métallisé ou encore le piano qui était sans doute aussi vieux que l'infrastructure mais qui jouait toujours aussi bien. Il était l'âme, l'ancêtre, de la salle de spectacle.
C'était en pensant à lui que le jeune homme s'était levé. La perspective de retrouver les touches polies par des centaines de doigts lui avait embaumé l'esprit pendant qu'il s'enfilait un bol de céréales et un café trop sucré, et des notes muettes résonnaient à ses oreilles au moment où il s'était habillé - un jean usé, un t-shirt gris sous un pull kaki, des vieilles converses à la couleur indéfinissable - jusqu'au moment où il avait mis son écouteurs pour entendre une véritable mélodie, avant d'enfourcher son vélo et de prendre la direction de son lieu de travail.
Dix minutes. C'était la moyenne qu'il lui fallait pour parcourir la distance entre les deux points. Parfois douze ou treize, quand la circulation l'obligeait à zigzaguer entre les voitures, à ralentir ou à prendre un détour pour éviter un carrefour encombré. Tard le soir, s'il lui prenait l'envie de battre un record, il lui arrivait de le faire en sept minutes. Aujourd'hui, ça lui prendrait sûrement plus longtemps - s'il arrivait seulement à destination. Car alors qu'il dévalait une rue puis prenait un virage à droite pour emprunter l'une des artères principales de Windmont Bay, Emerson fut surpris par l'apparition soudaine d'un chien. Le jeune homme poussa une exclamation de surprise, ses roues oscillèrent dangereusement mais il avait l'habitude des obstacles soudains et il retrouva rapidement sa stabilité, s'écartant de l'animal qui agitait la queue, effaçant tout sentiment de danger de l'esprit d'Emerson. Tout en continuant à pédaler, le jeune Moore jeta un regard par-dessus son épaule. Par réflexe, pour s'assurer que sa brusque déviation n'avait pas créé d'incident, que le chien s'était contenté de rester là où il était et, oui, tout au fond de lui, sans s'en rendre vraiment compte, parce que quelque chose avait frémi en voyant la race de l'animal. Mais à ce moment-là, ça n'avait été qu'un froissement de la mémoire parce que des chiens comme celui-là, il devait en exister des centaines de milliers, parce qu'il n'y avait aucune raison qu'il pense que ce chien-là, précisément, appartenait à quelqu'un qu'il avait connu, dans sa jeunesse, dans un autre monde. Dans une autre vie.
Mais comme le jeune cycliste put le constater rapidement, le chien n'aspirait pas à rester à sa place car il se mit à lui courir après et, quand il le rattrapa, à galoper à sa hauteur, la langue pendante lui donnant une drôle d'expression souriante, tandis qu'il semblait vouloir lui parler à coups de jappements et d'aboiements joyeux.
- Allez, va-t-en! s'exclama Emerson pour le réprimander. Retourne d'où tu viens, ne me suis pas!
Il n'obtint qu'une protestation canine qui le força à ralentir et à s'arrêter pour mettre un pied à terre. Il ne pouvait pas continuer à s'éloigner avec ce chien à ses trousses, son maitre allait se demander où il était et paniquer en ne le voyant nulle part.
- Je n'ai rien pour toi, retourne là-bas, dit-il encore, sans grande conviction, parce qu'il voyait bien qu'il intéressait fortement l'animal, et quand celui-ci sauta sur lui et le déséquilibra, Emerson ne put réprimer un rire, amusé par la bonhomie de la bête à quatre pattes. Hé, doucement, tu vas me faire tomber!
Emerson le repoussa mais son geste n'avait aucune autorité et se transforma rapidement en caresse sur la tête.
- Tu aimes ça, hein, canaille? gloussa-t-il en lui grattant l'oreille puis le menton. Tu as une bonne tête, tu me rappelles quelqu'un...
Mais c'était impossible. Sept années s'étaient écoulées, la chienne de Robbie ne devait sans doute plus être de ce monde. Combien de temps vivait en effet cette race? Huit ans? Neuf? Peut-être dix? Bailey était un tout jeune chien à l'époque mais tout de même. Et puis même si elle vivait encore, elle ne serait pas ici, à Windmont Bay. Elle parcourrait encore les sentiers des forêts qui environnaient leur petite ville du Wyoming, elle plongerait peut-être dans la rivière, aux endroits où l'eau était assez calme pour se baigner, elle se prélasserait sur la terrasse ou dans la cour, à l'ombre d'un arbre, à faire des rêves de chien.

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Message· · Sujet: Re: finding each other won't solve a thing finding each other won't solve a thing EmptySam 7 Sep - 22:11

Bailey avait disparu. Sans espoir de la retrouver d’un simple coup d’œil, Robbie laissa tout de même traîner son regard autour de lui, avant de soupirer et d’épouser de ses lèvres le gobelet avec lequel il venait de sortir du café derrière lui. Bailey fuguait assez souvent, pour revenir toujours assez rapidement, bien qu’elle pouvait de temps à autre disparaître pendant plusieurs heures, voir une journée entière, avant de revenir de la façon la plus désinvolte qu’il soit. Il ne s’inquiétait plus de ces disparitions soudaines. Il connaissait assez Bailey pour savoir qu’elle ne causerait aucun problème, sauf si on voulait lui en créer. Tout le monde n’était pas enchanté par son regard pétillant et son esprit joueur, qu’elle n’avait jamais perdu depuis ses premiers pas hésitants. Ses tentatives de communication n’étaient pas tous interprétées de la bonne façon, et Bailey se retrouvait quelquefois dans des situations qu’elle n’avait pas voulues mais qu’on lui imposait par peur et incompréhension. Il n’y avait rien de plus insupportable, pour Robbie, que de retrouver Bailey derrière les barreaux d’une cage, au milieu des dizaines de chiens hurlant leur détresse, ou dans le coffre d’une voiture de police, à devoir écouter les leçons d’officiers de police pensant pouvoir lui apprendre comment éduquer son chien. Son collier rouge ne portait pas plus d’information que son prénom, gravé sur un petit médaillon, aussi âgé qu’elle et oxydée par les années passées autour de son cou. On n’y lisait plus que « .ail.y », mais c’était suffisant pour indiquer qu’elle n’était pas un chien errant, même si certaines situations lui prouvaient qu’il était quelque fois un peu trop naïf.
Il prit une nouvelle gorgée de café et arrêta une passante.
– Excusez-moi. Vous auriez vu un chien ? Fauve ?
Un haussement d’épaules en guise de réponse, ponctué par un regard agacé. Ses bottines presque usées, ses vêtements qui ne payaient pas de mine, dénichés dans des friperies, sa peau léchée par le soleil, toutes ces heures passées sur les routes du Sud et de l’autre côté du mur encore inachevé. Il n’inspirait pas la confiance, même avec ses yeux d’un marron intense, même avec ses traits plaisants, qui ne pouvaient être que trompeurs. Il se tourna vers la jeune femme qu’il venait d’aborder ; il aurait pu la remercier pour son aide, attirer l’attention vers lui, déplorer l’état de ce monde, déplorer ces hommes et ces femmes qui jugent d’une fraction de seconde, mais il l’avait trop souvent fait ces dernières années et n’avait jamais rien obtenu de satisfaisant. Robbie se contenta de secouer la tête.
Est-ce que Windmont Bay était à l’image de cette femme ? Peu avenante, peu accueillante, inhospitalière, hautaine ? Il n’avait qu’une chose à faire. Apercevoir la sœur de Cameron, lui parler, peut-être, si c’était possible – s’il n’était pas déchiré par les souvenirs douloureux, en d’autres mots. Juste l’entrevoir et lire, inscrits sur son visage, toutes les années qui s’étaient écoulées. Il n’avait qu’une chose à faire, et cette chose était simple, mais pour qu’elle se réalise, il avait besoin que les planètes s’alignent et lui instillent un peu de chance. Il venait de passer deux jours ici, mais aujourd’hui serait probablement le dernier, même si le premier n’aurait pas dû être suivi du second, s’il s’était écouté. Oui, peut-être qu’il serait encore là demain, mais il savait qu’il ne resterait pas plus longtemps. Il croyait au destin, et peut-être que cela faisait de lui un fol idiot, et il était en train de se convaincre que, s’il était censé revoir Emerson, cette dernière aurait apparu bien plus tôt. Peut-être que leurs retrouvailles n’étaient pas censées se produire ? Peut-être qu’Emerson Moore de Windmont Bay n’était pas celle qu’il pensait connaître et que son homonyme, homme ou femme, était déjà passé devant lui sans que le passé ne vienne lui arracher le cœur ? Il ne savait pas ce quel scénario il préfèrerait, quel scénario il favoriserait, s’il en était l’auteur. Le premier ? La rencontre, les émotions, les rires ? Les pleurs ?, puis la gêne, le remords ? Ou le second, sans histoire, sans incident ?
Il entendit les jappements d’un chien, peut-être à une centaine de mètres de là où il se trouvait, et reconnu Bailey. Elle était probablement assise devant un arbre en train de fantasmer sur un écureuil, avec qui elle aimerait certainement jouer, ou en train de se faire embêter par des gamins, ou encore en train d’apprécier un modèle particulier de voiture ; Bailey aimait avec une passion sans borne les vieux modèles, ceux qui vrombissaient telles des bêtes caverneuses, et qu’elle appréciait pourchasser jusqu’à l’épuisement, sans raison particulière. La fatigue s’emparait d’elle plus rapidement avec les années qui s’étaient accumulées, mais à huit ans, Bailey pouvait se montrer encore affreusement endurante et toujours débordante d’une énergie venant d’ailleurs.
Il suivit les jappements, jetant son gobelet vide tout en marchant, attirant un regard étonné, parce qu’avec sa dégaine, on ne pouvait s’attendre qu’à ce qu’il jette ses déchets dans le caniveau, ou sur les pelouses. Les aboiements de Bailey n’étaient pas aussi proches qu’il le pensait, et la centaine de mètres estimée se transforma en deux cents. Il tourna à une intersection et découvrit sa bête sauvage en train d’importuner un cyclise, pied à terre, qui tentait de repousser une Bailey un peu trop entreprenante.
Robbie se mit à sourire. Il aimait Bailey, et il la comprenait parfaitement pour savoir qu’elle s’était probablement entiché en un regard du garçon et qu’elle lui demandait simplement de remonter sur sa selle et d’oser lui proposer une course pour lui faire mordre la poussière. Bailey disposait d’un charme évident, et, encore à une dizaine de mètres de son chien et de l’inconnu, Robbie ne fut pas étonné de voir que le garçon s’était mis à la caresser et qu’elle appréciait tout particulièrement ce geste d’attention. Robbie se mit tout de même à trottiner, le regard posé sur sa chienne, son barda se balançant sur son dos et attirant rapidement l’attention de Bailey, dont les mouvements de la queue se firent encore plus frénétiques lorsqu’elle aperçut son compagnon de route. Elle ne bougea pas pour autant, comme si elle voulait lui montrer sa récente proie.
– Hey, ma vieille, t’étais passée où encore ?, dit-il en arrivant à la hauteur de Bailey, qui se mit sur ses pattes arrières pour essayer d’atteindre le visage de son maître et lui lécher les joues, comme à son habitude, s’aidant de ses pattes avant pour le forcer à baisser les épaules.
Sans regarder l’inconnu, il s’excusa :
– J’espère qu’elle vous a pas trop embêté, dit-il, poliment – parce que, oui, même avec sa dégaine de vagabond, Robbie maîtrisait le vouvoiement et les règles de politesse. Elle voulait juste s’amuser, finit-il en se redressant. Il sourit en voyant la gueule de sa chienne, la langue pendue sur un côté, les yeux pétillants. Il lui caressa à son tour derrière les oreilles et l’attrapa par le collier alors qu’il fit un pas pour commencer à s’éloigner, l’invitant à le suivre et à dire adieu au garçon, vers qui Robbie jeta enfin un regard.
Avant de se paralyser.
Bailey jappa à nouveau, comme pour lui dire « je te l’avais dit, mon ami, mais Robbie ne comprenait pas tout le temps le langage de sa chienne. Il se perdit dans le regard et l’expression des yeux de l’inconnu, qui le laissa profondément mal-à-l’aise, comme si le vert de ses yeux était une teinte qu’il connaissait que trop bien. Peut-être que c’était le même vert que les plaines du Wyoming, au printemps ? Peut-être qu’il n’était que séduit par le garçon, comme il l’était par tous les beaux garçons ? Bailey jappa encore une fois et le tira de ses pensées. Il déporta son regard vers elle, qui aboya à nouveau.
– Grrbruuubruu, grogna-t-il, comme il le faisait lorsqu’il commençait à s’agacer ; des sons incompréhensibles qui sortaient de sa bouche et qui étaient sa marque de fabrique. Bailey sautillait sur place.
– Va falloir se calmer, ma fille, dit-il en restant là, immobile, et comme figé : il voulait tourner la tête et regarder le garçon, juste une nouvelle fois, pour ressentir une nouvelle fois ce malaise que le vert de ses yeux avait produit en lui. Mais il n’osa pas. Ou il ne pouvait pas. Il sentait un fantôme le regarder, pas loin de lui, et son regard le perçait, l’intimidait. Il savait où il avait vu ce vert. L’inconnu avait le même regard que Cameron Moore, et pour cela, il ne pourrait jamais lui pardonner, du moins temps que l’inconnu hanterait ses pensées ces prochains jours. Robbie venait de comprendre que partir à la recherche d’Emerson n’avait pas été une bonne idée. Il venait de se laisser complètement sabordé par un regard familier, comment réagirait-il face à la sœur de Cam, comment ferait-il pour rester les pieds sur terre et ne pas tomber en arrière ? Robbie venait de décider que cette journée serait sa dernière à Windmont Bay, et qu’il se remettrait en route vers l’Alaska aujourd’hui.

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Message· · Sujet: Re: finding each other won't solve a thing finding each other won't solve a thing EmptySam 14 Sep - 22:02

Une vague de nostalgie l’emporta vers un autre temps, un autre lieu. Il caressait toujours la tête du chien dont la langue pendante et les yeux vitreux trahissaient le bonheur intense d’être gratté de la sorte, mais son esprit était ailleurs, à près de 2000 kilomètres de là et le souvenir était presque aussi palpable que s’il datait de la veille. C’était pourtant un soir qui remontait à neuf ans, lors d’un été particulièrement chaud. Il se souvenait du moteur qui ronronnait, des éclats de voix des garçons qui embarquaient leurs affaires dans le camion. Il étalé dans sa chambre, le bas de sa robe remonté jusqu’à son ventre, les membres écartés en étoile de mer, à savourer la caresse faussement fraîche que les pales du ventilateur lui envoyaient. Les yeux clos, un vague sourire aux lèvres, il somnolait depuis une heure, se gardant bien de descendre car il savait que dès l’instant où il pointerait le bout de son nez dans le salon, sa mère l’enverrait faire la vaisselle. Or il faisait trop chaud pour plonger les mains dans l’eau chaude savonneuse et pour s’agiter pour tout essuyer, il avait décrété que ça serait pour le lendemain. Au moment où le rire de Robbie avait éclaté dans l’air, il s’était redressé, les sens en alerte. Il lui avait fallu quelques secondes pour comprendre la raison de cette agitation soudaine: la bande empruntait le camion pour passer le week-end dans les montagnes avoisinantes. Il pouvait déjà se figurer le feu de camp, les sacs de couchage pour dormir à la belle étoile, les plongeons du haut des rochers dans la rivière. Pourquoi personne ne l’avait-il averti? En deux secondes, il avait été sur ses pieds, il s’était précipité dans sa penderie et avait sorti son sac à dos rapiécé où il avait fourrer un jean, un short et deux t-shirt, ainsi qu’un pull épais, au cas où la nuit était fraîche. Il avait ensuite dévalé les escaliers, manquant de bousculer sa mère au passage. Celle-ci lui avait dit de revenir mais il ne l’avait pas écoutée, il avait déboulé dans la cour au moment où Cameron balançait la tente dans le coffre du pick-up. Il s’était esclamé: Attendez, j’arrive parce que chaque année, la bande l’emmenait, il participait à ces jeux sans conséquences, il faisait cuire les saucisse au-dessus des flammes et il ne rechignait même pas à faire la vaisselle, tellement heureux de pouvoir accompagner son frère et ses amis. Cette fois, pourtant, Cameron s’était avancé vers lui pour l’arrêter et il avait déclaré, un peu embarrassé, qu’il ne pouvait pas les accompagner. Pas cette fois. Emerson se souvenait n’avoir pas compris pourquoi il était subitement évincé de leur cercle fermé. Son regard désorienté s’était porté vers la voiture où les garçons attendaient. Il avait aperçu Robbie et son coeur s’était mis à cogner plus vite. Pourquoi? Le sourire de Cameron avait été tordu, gondolé, il avait marmonné une vague excuse mais Emerson avait su qu’elle était bidon, que le problème, c’était que l’adolescence avait commencé son oeuvre et que s’il n’était qu’un enfant, l’été précédent, il était devenu un être gênant. Son visage s’était empourpré et il avait pincé les lèvres, humilié d’être ainsi laissé derrière. Cameron s’était excusé et lui avait ébouriffé les cheveux en lui assurant qu’ils seraient de retour à la fin du week-end. Ouais, ça me fait une belle jambe…, avait songé le gamin en voyant son frère tourner les talons pour rejoindre le pick-up côté conducteur. Les visages des autres garçons s’étaient presque aussitôt désintéressés de son sort malheureux et le moteur avait vrombi. La portière de Cameron avait claqué, celle de l’autre côté était encore restée ouverte, le temps que leur chien les rejoigne d’un bond joyeux. Emerson n’avait jamais autant détesté l’animal que ce jour-là. Il ne savait même pas pourquoi il y pensait parce que le chien qui grondait de bonheur sous sa paume n’avait rien à voir avec la vieille carne de ses parents. Sans doute parce que la bête lui rappelait Robbie et que Robbie le ramenait forcément à cette période trouble où il découvrait l’amertume des premiers émois amoureux non partagés. Car pour l’ami de son frère, il n’avait été qu’une gamine maigrichonne qu’on voulait bien trimballer tant qu’elle avait l’air d’un tomboy mais qu’on s’empressait de remiser au placard dès qu’elle montrait les premiers signes de la puberté.
Ses doigts accrochèrent le collier et sans savoir pourquoi, instinctivement, Emerson baissa les yeux vers celui-ci, prêt à rire de sa propre bêtise, prêt à être soulagé d’un doute insidieux qui se répandait dans ses veines, bien malgré lui. Le désarroi froissa ses traits quand la pulpe de son pouce passa sur les lettres creusées dans le médaillon. AILY. A peu de chose près… Le jeune homme déglutit et força un sourire. C’était absurde. Ce n’était pas Bailey.
Mais quand un mouvement attira l’attention d’Emerson, le doute ne fut plus permis.
Sonné par la vue, croyant encore à un mirage, Emerson vacilla et crut bien, durant une seconde, que son corps allait le lâcher et qu’il allait s’effondrer sur le trottoir. Pourtant, si c’était son esprit qui lui jouait un tour, il était particulièrement doué: parce que ce n’était pas le Robbie de son souvenir qui approchait, c’était un homme qui lui ressemblait, marqué par les huit années qui les séparaient depuis qu’ils s’étaient vus pour la dernière fois. Rendu muet par le choc, Emerson contempla le propriétaire du chien comme s’il voyait un fantôme - ce qui, en soi, n’était pas si éloigné de la vérité. Le coeur au bord des lèvres, Emerson avait l’impression de l’entendre raisonner dans tout son corps. Des étincelles scintillaient devant son regard abasourdi et il contempla les retrouvailles entre le canidé et son maître, peinant à réaliser que la chance infime qu’une telle chose puisse se produire était bien là, devant ses yeux hagards. Emerson déglutit, redoutant le moment où Robbie lèverait les yeux vers lui. Car pour le moment, son attention était centrée sur son chien et le choc visuel n’avait pas encore eu lieu. Emerson se tenait raide sur son vélo, attendant l’instant fatidique avec appréhension - mais aussi une autre sensation qu’il n’aurait su définir. Inquiétude? Impatience? Excitation? Robbie allait-il le reconnaître ou son regard allait-il passer sur lui comme s’il était un parfait un inconnu? Mais n’était-ce pas ce qu’ils étaient, l’un pour l’autre? De parfaits inconnus, perdus de vue depuis une éternité. Depuis la mort de Cameron Moore.
Robbie lui jeta enfin un regard et se figea. Emerson fut incapable de bouger, d’esquisser le moindre geste, ni pour sourire, ni pour lui assurer que Bailey ne l’avait pas importuné. Il avait l’impression d’avoir été privé de toute faculté d’élocution et ne parvenait qu’à regarder le garçon qui lui faisait face et qui ressuscitait une vie entière, une vie enfouie, une vie reléguée au passé. Emerson pouvait entendre les saccades de son coeur et avait même l’impression qu’on pouvait voir chaque battement à travers la peau fine de son torse, comme si son muscle cardiaque remodelait les os de sa cage thoracique pour trahir son trouble. Robbie l’avait reconnu. Du moins Emerson le crut-il à la façon dont son crush d’adolescence le dévisageait. Il l’avait forcément reconnu. Non? Baily brisa l’instant d’un jappement et Emerson sortit de sa transe, clignant des paupières avant de porter son poignet à ses tempes dégoulinantes de sueur. L’effort qu’il avait produit en pédalant, à coup sûr… A moins que l’apparition incroyable d’un fantôme de son passé y soit pour davantage? La chienne avait également détourné l’attention de son maître et celui-ci ne semblait plus vouloir le regarder. L’avait-il reconnu? Emerson eut la nausée à l’idée que Robbie refuse de le regarder à nouveau. Mais il devait savoir. Il ne pouvait pas laisser l’instant lui (leur) échapper, si? Déglutissant avec peine, Emerson pesa le pour et le contre, chercha les mots adéquats, en vain. Il descendit de son vélo, avec l’impression que son corps l’abandonnait, jambes flageolantes, mains tremblantes, gorgée nouée, ventre retourné et coeur au bord de l’infarctus. Et sans savoir où il trouva la force de braver sa tétanie, le jeune homme souffla:
- Attends…
Robbie n’avait pas bougé, mais c’était comme si Emerson avait senti l’urgence de la situation: s’il ne parlait pas maintenant, l’autre s’échapperait-il à nouveau de sa vie? Pourtant, jamais il ne lui parut aussi dur d’extraire un mot de sa gorge. Que pouvait-il dire à un homme qu’il n’avait pas vu depuis des années?
- Elle--elle n’a rien fait de mal, balbutia Emerson, la voix rauque, alors que ce n’était pas du tout ce qu’il souhaitait dire au jeune Ripley. Bailey n’a rien fait de mal, ajouta-t-il, le regard dardé sur Robbie.
Bailey avait même permis leurs retrouvailles, en un sens. La chienne agita la queue et Emerson réalisa que prononcer son nom avait dénoué quelque chose, sans qu’il ne sache quoi exactement. Tout ce qu’il sut, ce fut que la question suivante lui échappa avec moins de difficultés:
- Qu’est-ce que tu fais ici?
Il y avait deux réponses possibles: soit c’était un hasard complet et incompréhensible, soit Robbie était venu à sa recherche, sans avoir la moindre idée de qui il recherchait en réalité.

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Keeping it locked away, a secret on every page. But now you're getting close, feels like a dragon's breath. Fire against my chest, burning through the snow. I can't hide it from you. In ultraviolet, you see through.
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Robbie Ripley

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Message· · Sujet: Re: finding each other won't solve a thing finding each other won't solve a thing EmptyHier à 19:13

Il avait été désarçonné par ce regard, qui lui avait semblé si familier que son cœur s’était presque détaché. Comment réagirait-il face à la sœur de Cameron ? Comment ferait-il pour rester les pieds sur terre et ne pas tomber en arrière ?, comment ferait-il face à Emerson, en chair et en os ? Comme réagirait-il face aux souvenirs qui referaient surface ? Face au rire de Cam, qu’il entendrait à nouveau, comme s’il n’avait jamais cessé de l’entendre ; face à la voix de son meilleur ami, qu’il entendrait également à nouveau, alors qu’il en avait pourtant oublié la mélodie – il se rappelait distinctement le jour où il avait réalisé, un matin, en se réveillant, qu’il avait perdu la voix de Cam, qu’il ne s’en rappelait plus le timbre, qu’il ne s’en rappelait plus les vibrations, qu’il l’avait tout simplement oubliée, comme si la mémoire qu’il avait de l’aîné Moore se consumait, à petit feu, de son esprit qui, pourtant, ne voulait pas s’en séparer. Robbie se posait toutes ces questions, et plein d’autres, au point où il était tellement occupé à tenter de leur apporter des réponses alambiquées que le jeune homme avait complètement passé sous silence ce que son instinct tentait de lui dire. Ce n’était pas un regard faussement familier. C’était un regard familier. Celui d’Emerson Moore.
Il était accroupi, occupé à caresser Bailey, qui lui exprimait sa propre affection en léchant son oreille avec une dévotion toute particulière, tout en déviant quelques fois de sa cible et en s’égarant dans son cou, avant de rectifier la trajectoire manu milatari. À chaque seconde qui filait, Robbie remettait les pièces du puzzle à leur place. Le regard familier. L’excitation de Bailey. D’autres éléments venaient soudainement le frapper. La voix. La voix était différente, mais elle n’était pas totalement étrangère, et les quelques mots que l’inconnu avait prononcé avait une résonance qui le frappait seulement maintenant. Les traits. Les traits de son visage C’était impossible, pensa-t-il, mais Robbie avait compris ces dernières années que rien ne l’était réellement, et il avait rencontré un grand nombre de personne qui le lui avait démontré. Il se perdait dans ses pensées, et il remerciait intérieurement Bailey de lui donner une raison de ne pas lever les yeux vers le garçon. Il ne savait pas ce qu’il l’en empêchait. Peut-être la réponse qu’il lirait dans le regard de l’autre s’il s’y plongeait attentivement ? Est-ce que c’était Emerson qu’il avait devant lui ?
Il était incapable de répondre à cette question et la trouvait d’autant plus farfelu à force d’y penser. Emerson avait toujours été un garçon manqué, un tomboy qui passait son temps libre à suivre les pas de son frère et à traîner avec ses amis. Une fille qui n’était pas comme les autres, et dont il avait eu l’impression, à quelque reprise, qu’elle lui jetait des regards trahissant des sentiments naissants et fuyant lorsque Robbie se retournait vers elle. Il se rappela de ses joues prenant des colorations rosées lorsqu’il lui parlait. Il n’y avait pas donné tellement d’importance. Tout cela l’avait amusé, plus qu’autre chose. Pour lui, Emerson était cette fille. La sœur de Cam. C’était elle qui était imprimée dans sa mémoire. C’était elle qu’il voyait sourire et sauter dans la rivière en imitant Robbie, Cameron et leurs amis. Le garçon qu’il avait devant lui ne pouvait donc pas être Emerson. C’était d’une logique imparable. Mais rien n’était impossible.
Attends.
La voix de l’inconnu le tira violemment de ses pensées. Il continua à lui parler, bafouillant quelques mots, avant de prononcer le prénom de sa chienne. Bailey. Est-ce que Robbie l’avait déjà prononcée ? Il ne s’en rappelait plus. Est-ce que le garçon avait eu la chance de regarder son collier et d’y déchiffrer le prénom de Bailey ? Peut-être. AILY. Il n’y avait que deux lettres qui manquaient et qui avaient laissé derrière elles des indices de leur présence. Peut-être.
Il se redressa et osa un regard vers le garçon, sans savoir vraiment quoi penser. La vérité était réellement là. Devant lui. Et Emerson le lui confirma : – Qu’est-ce que tu fais ici ?
Sa réaction fut incontrôlée.
– Putain …, lâcha-t-il en levant les bras et en posant les mains derrière sa tête. C’était bien elle. Emerson. Lui ? Combien de temps réellement était passé depuis qu’il avait quitté le Wyoming ? Depuis qu’elle … qu’il avait quitté le Wyoming ? Il avait prévu de poser une question à la sœur de Cameron : qu’est-ce qui a changé dans ta vie ? Robbie voulait savoir quel sens avait pris la vie d’Emerson, de celle qu’il avait quitté. Il ne s’attendait pas à ce qu’un de ces changements soit aussi radicale.
– … c’est bien toi, conclut-il, les mains toujours derrière sa tête, comme si elle menaçait de tomber tellement il était sonné.
Il ne savait pas vraiment quoi ressentir. Il ne savait pas vraiment comme réagir. Il était choqué, mais le choc qu’il éprouvait n’était pas un mauvais choc. Il était dérouté. Stupéfait. Bouche bée, complètement interdit par cette annonce soudaine : le garçon qu’il avait devant lui était Emerson Moore.
Il le dévisagea davantage. Il l’étudia du regard, le regardant de la tête jusqu’aux pieds, toujours l’air stupéfait, découvrant une posture, un regard, des pommettes familières, découvrant derrière ce costume de garçon – qui n’était pas qu’un costume – Emerson Moore. Il n’arrivait pas y croire, ni à former des mots, il ressentait simplement toutes les émotions qui s’accumulaient en lui et qui finirent par imploser.
Il baissa ses bras, s’avança vers le garçon et posa ses mains sur des joues, comme si les huit années qui venaient de s’écouler n’avaient été que quelques minutes, quelques heures, un simple détail qu’il venait de balayer en comblant la distance entre eux deux. Comme s’ils ne s’étaient jamais perdu de vue.
– Oh mon Dieu, c’est toi !, s’écria-t-il en inspectant à nouveau le visage d’Emerson, laissant les paumes de ses mains glisser sur ses mâchoires et ses doigts se perdre là où naissait son cou.
Robbie était Robbie. Robbie était excité par cette révélation, il était excité par ces retrouvailles, il était complètement assourdi par la présence d’Emerson qu’il avait trouvé, alors qu’il avait pris la décision, quelques minutes plus tôt, d’arrêter d’attendre qu’elle … qu’il ! apparaisse. Il ne savait pas vraiment quoi dire, alors il se contenta de le tirer vers lui et de l’enlacer amicalement, comme si, à nouveau, les huit dernières années n’avaient été qu’un détail. Bailey dansait autour d’eux, essayant de capter leur attention.
– Emerson Moore !, dit-il en se détachant de lui et en plongeant son regard dans le sien. Il se rappela soudainement de sa question, et ce fut à son tour de lui dire d’attendre, alors qu’il fit glisser son sac le long de son bras. Il le posa par terre et s’agenouilla, cherchant dans les poches extérieures le dépliant qui l’avait amené jusqu’ici, avant de se rappeler qu’il l’avait mis dans la poche de son jean. Il se releva, fourra la main dans une des poches arrières, et y extirpa le flyer qu’il tendit vers Emerson.
– J’ai trouvé ton prénom dans ce dépliant. Pas très loin d’ici. Dans une station service. Me suis dit que j’allais tenter ma chance. Et …, il leva les mains vers Emerson. Et te voilà !.
Il reprit son souffle, il reprit ses esprits et, dans un calme olympien qui tranchait avec l’excitation d’il y a quelques secondes, se contenta de dire :
– Je suis tellement content de te voir ! Même si … même si t’as bien changé ! On a plein de choses à se dire, j’imagine.

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