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 n°1500, Lemon Street ▬ gee baby, i'm getting closer.

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Message(#) Sujet: n°1500, Lemon Street ▬ gee baby, i'm getting closer. Mar 2 Mar 2010 - 21:30

GEE BABY, I'M GETTING CLOSER

STARRING MILLA CARRAGHER AND JOE COTTON.





Milla Carragher. Pour tout le monde, une co-présentatrice en passe de devenir une véritable icône du petit écran. Pour moi, une cible désirable et idéale d'expertise. A comprendre : la proie parfaite. Convoitée et sous le regard de tous, mon petit jeu aurait du rapidement couper court mais au contraire, ce fut tout l'inverse qui se produisit. Carragher était une « star » maintenant (ou du moins le serait-elle bientôt) et toutes les « stars » avaient leur lot de déséquilibrés leur collant au train. Ce n'était même pas inquiétant, c'était plutôt le gage de garantie indiquant que vous étiez devenu « quelqu'un ». Même moi j'ai quelques obsédés qui m'écrivent constamment : des étudiants fascinés par mon travail et rêvant de ne serait-ce qu'obtenir le tiers de ma carrière, des femmes ivres de passion pour des fantasmes qu'elles ne réaliseront certainement jamais avec moi, des hommes démoralisés par mon incroyable faculté de productions architecturales … Sauf que eux, ils ne me veulent aucun mal ; c'est peut-être ça la principale différence d'avec la « relation » que j'entretiens depuis plusieurs semaines avec Milla Carragher.

Le jour J était finalement arrivé. Rencontre, confrontation, appelez-cela comme vous le souhaitez, moi je l'appellerait « connexion ». C'était ça : j'allais enfin pouvoir me connecter physiquement à cette femme qui subissait depuis des jours mes caprices. Lettres incessantes, toujours de plus en plus directes et angoissantes, jamais signées. Je ne connaissais pas son ressentit face à mon manège : peut-être n'en dormait-elle pas la nuit, peut-être s'en fichait-elle comme de l'an grec. Quoiqu'il en soit, j'allais enfin obtenir mes réponses. Face au miroir de ma chambre à coucher, boutonnant la chemise bleu pétrole siglée des initiales d'une compagnie de plomberie de Miami, j'observai mon allure. J'étais pas mal. Pas mal pour un plombier frauduleux, cela s'entend. Évidemment, j'étais au courant de tout : quelques jours plus tôt, j'appris sans grand mal (après tout, en passant plusieurs heures par jour à épier les allers-venus de la présentatrice, il était encore bien heureux que ce genre d'informations me parvienne) qu'elle était victime d'une fuite et qu'elle devait attendre la fin du week-end pour recevoir l'aide propice. La tenue de professionnel que je portais sur les épaules avait donc été impunément payée au noir à un type employé à la laverie de la boîte de plomberie la plus fréquemment appelée en cas de problème de tuyauterie. Méticuleux jusqu'au moindre détail, j'avais donc laissé poussé ma barbe trois jours durant et la casquette que je vissais sur mes cheveux blonds m'offraient une discrétion certaine face aux possibles caméras de surveillance que pouvaient contenir la demeure de Carragher. J'aimais peut-être prendre des risques, mais pas les plus idiots. Je ne pouvais pas risquer d'être reconnu par un voisin ou que mon image soit capturée par une vidéo qui me mettrait en péril. Milla ne me connaissait pas, elle ne m'avait jamais croisé, je pouvais donc aisément me faire passer pour le plombier que je ne deviendrait jamais. Mieux encore : si elle me rencontrait plus tard dans ma véritable identité d'architecte de renom, je pourrais aisément nier en bloc, la tromperie, le camouflage et le mensonge n'étant clairement pas mes points faibles. Ainsi, cinq minutes plus tard, je claquai la porte derrière moi et traversai mon jardin, respirant profondément l'air d'une victoire imminente flottant autour de moi. Je grimpai enfin dans la fourgonnette que j'avais spécialement louée pour l'occasion et qui contenait les outils nécessaires à l'attirail de n'importe quel plombier puis mis le cap vers Lemon Street, rue voisine de la mienne. Sans mal, je me garai au numéro 1500 et descendit du véhicule pour chercher la mallette qui était rangée dans le coffre. Sans lever le menton, je fonçai ensuite vers le perron après avoir jeté un coup d'œil sadique à la petite boîte aux lettres qui avait tant servi à mes courriers inquiétants. Éclaircissant ma voix, j'appuyai sur la sonnerie à trois reprises, imitant de cette façon l'impatience des professionnels payés à l'intervention. La porte finit par s'ouvrir et, de ma main libre, je portai un doigt sur la visière de ma casquette en guise de salut. « M'dam, bien le bonjour. Je suis votre plombier et je me languis de vous venir en aide. »
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Message(#) Sujet: Re: n°1500, Lemon Street ▬ gee baby, i'm getting closer. Lun 8 Mar 2010 - 19:32


Etre une présentatrice télé n’était pas de tout repos, même quand on officiait dans une ville telle que Miami, qui n’avait rien à voir avec New-York ou même Los Angeles. Evidemment, on commençait à vous reconnaître partout – mais ça, ça avait été habituel pour Milla à l’époque de sa gloire model-ienne anglaise. On vous enviait ; par conséquent le léchage de bottes était un art que l’on se devait de savoir démasquer. Pire encore, on vous harcelait, de loin – « puis-je avoir un autographe ? et un autre pour ma grand-mère, elle adore vos cheveux » – ou de près. C’était ça le plus flippant, bien qu’une personne comme Milla n’avait pas pour habitude de se laisser facilement effrayé. Elle était partie de chez elle à 18 ans sans un sou en poche, avait affronté les requins du mannequina londonien puis new-yorkais et en était ressorti fièrement vainqueur, pourquoi se soucier de quelques lettres dérangeantes ? Elles se faisaient de plus en plus insistantes, et nombreuses. La paranoïa commençait alors à faire partie intégrante du mode de vie de la jeune présentatrice télé. Au lieu de partir de chez elle sans fermer à clé le temps d’aller chercher une canette de soupe à l’autre bout de la rue, Milla branchait le système de sécurité. Quand elle se déplaçait en voiture, elle vérifiait d’abord qu’il n’y avait pas d’intrus sur la banquette arrière ou dans le coffre. Mis à part ces quelques habitudes qu’elle avait prises à la suite d’une discussion avec le vendeur d’une boutique d’espionnage du centre ville, Milla n’avait rien changé à son mode de vie. Elle ne s’était pas rendue à la police, non plus. Les médias se seraient bien trop vite empressés de se saisir de l’affaire, porter plainte serait alors peut-être venu compromettre le succès du B&C show. L’anglaise n’avait d’ailleurs mis personne d’autre au courant de ces intrusions dans sa vie. Elle ne voulait pas paraître faibles ni être prise pour une paranoïaque chronique. Pire, on aurait pu penser à un choc postromantique, du à la mini prise d’otage dont elle avait été victime quelques semaines plus tôt. Bref, Milla Carragher n’était pas prête d’avouer ses faiblesses de si tôt, quelque que soit leur provenance.

Depuis l’avant-veille, en plus d’une nouvelle lettre anonyme et d’une déprogrammation d’un invité de son show – maudit soient les Oscars – Milla du faire face à une fuite d’eau. Son lavabo de salle de bain était inutilisable, au risque de pourrir encore plus le bois du meuble auquel il était fixé. L’agence de plomberie à laquelle elle faisait toujours appel lui assura qu’un technicien viendrait avant le week-end et, malgré les protestations poussées de la jeune femme, la date demeura inchangée, « faute de personnel ». La moitié du quartier fut au courant de l’incompétence de cette agence moins d’une heure plus tard, quand l’anglaise entretint un débat agité avec sa voisine de gauche, dont le fils était lui-même plombier. «Envoyez-le moi !» supplia une Milla qui ne pouvait pas vivre en se lavant les dents dans une cuisine, « ‘Parti faire fortune à Charlotte » répondit sa voisine, pas plus navrée que ça. Comprenez que ce fut avec une délivrance de tous les diables que la jeune femme accueilli celui qui s’annonça être le plombier, sans se méfier une seconde. «C’est au premier, suivez-moi» le dirigea-t-elle, pressée d’enfin pouvoir se faire un masque d’algues en bonne et due forme. «Vous pensez en avoir fini dans combien de temps ?»

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