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Brandon Rose

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Message· · Sujet: i don't want you to go, i don't really wanna fight. i don't want you to go, i don't really wanna fight. EmptyLun 11 Nov - 3:52

bran & jax.
No cameras catch my muffled cries
I counted days, I counted miles
To see you there
To see you there
And now the storm is coming, but
It's you and me
That's my whole world

@taylor swift, miss americana and the heartbreak prince.


home in 10min. cant wait to see u.
god i thought about u all day.
be naked!!!

C’était la meilleure partie de sa journée. Claquer la portière de sa Jeep derrière lui, dire adieu au lycée et à ces idiots de deuxième année qui ne parvenaient pas à aligner un pied devant l’autre sans trébucher (pratique, lorsqu’ils avaient une compétition d’athlétisme à gagner dans deux mois si le lycée voulait s’assurer de pouvoir financer le reste de l’équipement sportif), sortir son portable et envoyer un message à Jax. Dans les secondes qui suivaient, il recevait invariablement une réponse, le plus souvent pointant son manquement flagrant à une quelconque tâche ménagère. Mais au moins, Bran savait que Jax l’attendait. Il était là. Tous les soirs, il retrouvait son amoureux parce qu’ils vivaient ensemble, parce qu’ils étaient tangibles et réels, ce n’était plus une fantaisie ni l’histoire tragique du prince et de son jardinier, ils étaient passés à autre chose, quelque chose de mieux, d’encore plus doux. Jax était son foyer. Sa famille. La seule dont il avait besoin, les seuls bras qu’il voulait retrouver. Il jeta son portable sur le siège à côté de lui et fit vrombir le moteur de la Jeep sur le parking des profs. Au-dessus de lui, le ciel d’hiver tombait déjà, rose et bleu, et il prit ça comme un signe. Rentrer vite, retrouver sa moitié bleue, se lover dans ses bras pour que leurs peaux prennent la couleur des rêves.
Il avait le coeur étrangement léger. Peut-être parce qu’on était vendredi soir et qu’il n’avait pas à se lever pour aller enseigner à des gamins dégingandés comment enfiler leurs maillots à l’endroit. Peut-être que parce que c’était la première fois depuis des semaines qu’il se sentait bien, vraiment bien, débarrassé de ce brouillard qui avait repris dès les premiers mois d’automne. Ça faisait un an et les rêves avaient recommencé. Les sueurs froides, les vertiges, les souvenirs-éclairs qui lui vrillaient le crâne et l’obligeaient à tirer un coup de sifflet sur le terrain. Le malaise, indicible et étrange, qui lui courait le long de la nuque et s’entortillait autour de son crâne, pressant contre ses tempes. Il avait fait de son mieux pour que Jax ne remarque rien. De toutes façons, il ne lui avait toujours rien dit ; la raison de leur rupture était un secret que Bran avait décidé de taire, pour eux. Il était revenu, non ? Jax n’avait pas besoin de savoir, pas besoin d’être touché, sali parce qui s’était passé ce soir de novembre sur le campus de Yale. C’était son problème à lui. Et puis, il allait mieux, non ? Il avait tu ses angoisses et cherché une solution. Et il avait trouvé, et il ne sursautait presque plus lorsqu’une main étrangère l’effleurait par inadvertance. Tout allait bien. Tout irait bien. Il avait survécu une première fois. Il allait surmonter le reste. Tant qu’il avait Jax à ses côtés, il pouvait tout faire. Même sans le lui dire.
Il se gara devant le petit immeuble qui était désormais son foyer et il bondit hors de l’habitacle, pressé de retrouver la chaleur confortable du petit appartement de Jax - de leur appartement, désormais, quand bien même la personnalisation de l’espace demeurait un sujet encore sensible pour le jardinier, ce que Bran ne parvenait franchement pas à comprendre - honestly, n’était-il pas tenu pour acquis qu’il était l’artiste des deux ? Il avait bien tenté de présenter ses grands projets à Jax (par le biais d’une présentation Powerpoint constituée de 102 slides) mais ce dernier s’était révélé insensible et de mauvaise volonté et Bran s’était promis de repasser à l’attaque, cette fois-ci à un moment plus opportun et où il était quasiment certain d’obtenir une réponse positive de la part de son petit ami (sous la douche, sa main glissant sans merci vers les latitudes les plus sensibles du corps de l’ouvrier). Ce soir, pourtant, il se promettait de laisser son amant respirer et il gravit les marches quatre à quatre, pressé de retrouver la mine renfrognée. « Babe ! Il y a du nouveau dans l’histoire du prof d’anglais qui ne veut pas quitter sa femme pour la prof de chimie. S’ils ne font pas quelque chose rapidement, je la contacte moi-même. » lança-t-il en entrant, se rappelant soudainement les développements de la saga qui passionnait l’ensemble du corps professoral et dont Jax était spectateur (victime) collatéral. Bran laissa tomber son sac dans l’entrée, ôta ses chaussures et déboula dans la minuscule cuisine, celle-là même qui avait accueilli leur premier rendez-vous. Tout sourire, les joues roses, il débarqua dans l’espace étroit où était généralement occupé son petit ami mais haussa un sourcil surpris en le voyant assis, la mine sombre. Quelque chose se noua dans le creux de son ventre. « Jax ? » osa-t-il d’une petite voix. Puis il baissa les yeux vers les mains de son amant - et cette fois-ci, c’est son coeur qui coula au fond de ses entrailles, à pic, arraché de sa cage thoracique par une main glacée.
Jax les avait trouvées.
Deux petits flacons en plastique orange, l’étiquette arrachée, remplacée par deux mots tracés au feutre noir (anxiety pills). Son remède-miracle contre le brouillard. Ses 0.010mg d’euphorie apaisée. Le secret de son sommeil sans rêves, sans mains qui se permettaient de parcourir son corps sans qu’il ne le veuille pas. Son erreur fatale, sa faiblesse aussi. « C’est pas ce que tu crois. » murmura-t-il dans un souffle. Mais qu’est-ce que Jax était censé croire ? Qu’il avait une explication rationnelle, qu’il pouvait justifier de la raison pour laquelle il avait choisi de ne pas lui dire qu’il prenait ces pilules jour après jour ? Il connaissait son amoureux, Bran : toujours à imaginer le pire, à croire que son bonheur allait lui échapper des mains. Mais il fallait qu’il comprenne, il fallait qu’il le croie, quand il lui dirait que c’était pour lui, pour eux qu’il prenait ces médicaments. Pour quoi d’autre, sinon ? « Où est-ce que tu les as trouvées ? » Comme si ça allait changer quelque chose. Comme s’il ne venait pas de briser, à nouveau, la confiance de Jax. Comme s’il n’avait pas planté une épine empoisonnée dans la chair de son propre couple.

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Jax Beauchamp

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Message· · Sujet: Re: i don't want you to go, i don't really wanna fight. i don't want you to go, i don't really wanna fight. EmptySam 23 Nov - 17:47

Jax avait passé les trois derniers jours sur les routes en songeant que chaque voyage lui devenait plus insupportable. C’était pourtant sa faute: c’était lui qui avait voulu changer de poste, trouver quelque chose qui lui permette de fuir Windmont Bay, pour y passer moins de temps à se morfondre. C’était avant que Bran lui revienne évidemment. Il avait pris une décision sans réfléchir à l’avenir, ne cherchant qu’à fuir son quotidien, et il en subissait les conséquences à présent. Chaque fois qu’il recevait son plan de route, il rechignait à partir, à laisser Bran derrière lui, même s’il savait qu’il le retrouverait à son retour. C’était plus fort que lui, il ne pouvait s’empêcher d’imaginer le pire, que les choses puissent se répéter et que la distance et l’absence aient permis au trublion de s’éloigner à nouveau. Il n’y avait aucune logique à ce mode de pensée puisqu’il avait toujours retrouvé son amant où il l’avait laissé. Il aurait dû noyer l’angoisse, se défaire du pessimisme qui stagnait en lui. En vain. C’était toute une gymnastique mentale de reléguer dans un coin les scénarios sombres et défaitistes. Il devait se faire à l’idée que leur couple tenait la route, qu’ils ne feraient plus les mêmes erreurs, qu’ils grandissaient à chaque épreuve, qu’ils forgeaient la base solide d’un couple prêt à tenir face à toutes les tempêtes. Et c’était précisément ce qu’il avait fait en parcourant les derniers kilomètres qui le séparaient de Windmont Bay.
Arrivé à l’appartement qu’il partageait désormais avec son amant, Jax éprouva un plaisir serein à retrouver le lieu familier: son odeur, sa chaleur… et, oui, le désordre auquel Bran l’avait habitué. Toutes ses remontrances et reproches n’avaient pas l’air de fonctionner pour éduquer le gosse de riche qui devait avoir eu l’habitude qu’une femme de ménage passe dans son sillage pour ramasser ses affaires. C’était cependant un mal dont le chauffeur routier s’accommodait allègrement parce que tant qu’il régnait un joyeu bordel dans son logement, cela voulait dire que Brandon Rose y avait vécu à son propre rythme et c’était bien la seule chose que Jax Beauchamp demandait.  Il ne put toutefois s’empêcher de pousser un grondement en voyant les affaires éparpillées et les assiettes empilées, mais décida de ne pas s’atteler au rangement immédiatement. Il rêvait d’abord d’une bonne douche brûlante pour délasser ses muscles et chasser la fatigue accumulée.
Ce ne fut donc qu’une demi-heure plus tard qu’il entreprit de faire la vaisselle, de ranger les assiettes et de jeter un oeil à l’état du frigo. Comme celui-ci était encore bien garni, le jeune homme poursuivit sa mission fée du logie en ramassant les quelques vêtements abandonnés, les jetant dans la salle de bain au fur et à mesure et termina en avisant le sac de sport de Bran, jeté dans un coin du hall. Jax s’installa ensuite près de la machine à laver et tria les vêtements en différents tas à ses pieds. Il extirpa les affaires de sport du nouveau coach de Windmont Bay et les lança sur l’une des piles. Ce fut à ce moment-là que des objets non identifiés sautèrent d’un repli ou d’une poche et roulèrent sur le carrelage pour interrompre leur course en heurtant la porte. Perplexe, Jax se pencha et ramassa ce qui s’avérait être un flacon orange - qui ne lui disait déjà rien qui vaille, mais à ce stade, il laissait encore le bénéfice du doute à son amant. Il le tourna pour lire les deux mots qu’aucune dyslexie n’aurait pu confondre, pourtant.
Et Jax ne comprit pas. Ni d’où provenait ces médicaments, ni pourquoi Bran les avait en sa possession. Les avait-il confisquées à l’un de ses élèves? Pourquoi avalerait-il des pilules contre l’anxiété? Il allait bien. Jax savait qu’il allait bien. Ils allaient bien. Depuis des semaines, des mois. Depuis qu’ils s’étaient retrouvés. Ils n’avaient certes jamais abordé leur rupture, le comportement de Bran restait un mystère mais Jax n’avait jamais osé l’interroger. Par lâcheté, il le savait. Tant que l’ouragan de l’automne passé restait enfermé dans un placard, ils n’avaient pas à évoquer des souvenirs douloureux et cela convenait parfaitement à l’ouvrier. Seulement, il devait bien se résoudre, en manipulant le flacon, à revoir sa vision des choses et quand, quelques instants plus tard - deux minutes? cinq? dix? combien de temps resta-t-il à fixer ces mots ténébreux? - son téléphone annonça un message, Jax le sortit d’un geste lent pour découvrir les mots joyeux de Bran. Rien ne laissait présager quoi que ce soit entre leurs lignes. Jax préféra ne pas répondre. Il aurait tout le loisir de réagir lorsque Bran débarquerait, d’ici une dizaine de minutes.
En attendant, Jax remplit une première fois la machine et lança le programme. Puis il embarqua ses trouvailles et alla s’installer à la table de la cuisine. L’étiquette avait été arrachée et il lui était impossible de déterminer ce que contenaient les flacons. Alors il attrapa son téléphone et lança une recherche. Anxiety pills. Il parcourut les premiers liens, avec la désagréable sensation que quelque chose lui parcourait les veines, incapable de chasser le souvenir de sa mère qui suivait le traitement inefficace contre son cancer. La voix de Bran s’éleva dans l’appartement - une voix qui, en d’autres circonstances, aurait hérissé sa peau d’une impatience mal contenue - et Jax ferma les pages puis reposa son portable, face contre la table, avant de croiser les bras et de fixer l’encadrement où allait apparaitre le garçon qu’il aimait, d’une seconde à l’autre.
La silhouette s’immobilisa et l’interrogation perça dans le ton de Bran. Pour seule réponse, Jax poussa les deux flacons devant lui. Jax ne le regardait pas vraiment, pas encore, pas à ce moment-là, mais il releva les yeux quand Bran lui assura que ce n’était pas ce qu’il croyait.
- Et qu’est-ce que je crois, selon toi? demanda-t-il, la voix rauque, en reprenant l’un des flacons pour tourner l’étiquette vers Bran. Je sais lire.
Il reposa l’objet léger qui pesait pourtant trop lourd entre ses doigts et se prit la tête dans les mains, les coudes sur la table. Où est-ce que tu les as trouvées? Jax soupira. Quelle importance? Mais visiblement, ça en avait pour Bran et l’ouvrier n’avait aucune envie d’être accusé de fouiller dans ses affaires.
- Je voulais faire la lessive. C’est tombé quand je triais. Je ne fouinais pas.
Mais pourquoi se justifiait-il? C’aurait été le moment de faire remarquer à Bran que s’il faisait de temps en temps les tâches ménagères, ça n’arriverait pas. Il n’aurait pas à tomber sur ses secrets. Il n’aurait pas à remettre en question les dernières semaines (mois?) de leur relation. Il n’aurait pas à se demander ce qu’il avait manqué d’autre. Il n’aurait pas à se dire qu’il était un sombre crétin de n’avoir rien remarqué, rien su.
- Pourquoi as-tu besoin de prendre ces cachets? Qu’est-ce qui t’angoisse à ce point? Je t’ai trop foutu la pression en te demandant de te secouer et de trouver un job?
Il ne pouvait toutefois s’imaginer que cela se résume à ça. Bran ne se laisserait pas démonter parce que son petit ami réclamait un peu plus d’équilibre financier. Alors il craignait sincèrement la réponse de Bran. Parce qu’il se doutait que quelle que soit celle-ci, il ne la verrait pas venir. Et il se sentait particulièrement démuni face à cette brume opaque qui auréolait à présent son amant.

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Message· · Sujet: Re: i don't want you to go, i don't really wanna fight. i don't want you to go, i don't really wanna fight. EmptyDim 8 Déc - 4:02

Pendant quelques secondes, Bran crut qu’il pouvait encore sauver les meubles. Il allait trouver quelque chose de délicieusement impertinent à dire, Jax ne pourrait pas s’empêcher de rire et ils mettraient tout ça derrière eux. Ils commanderaient une pizza parce que c’était vendredi soir et que ni l’un ni l’autre n’avait le courage de se mettre à cuisiner. Bran insisterait pour regarder un film forcément fabuleux et Jax capitulerait sur la promesse d’un baiser.
Mais rien de tout ça n’allait arriver, pas vrai ? 
Pas quand la voix de Jax taillait aussi profondément dans la chair de Bran.
Je sais lire.
Bran eut l’impression de s’être pris une gifle. Il se rapetissa tout autour de son coeur qui battait comme celui d’un fou furieux. Je sais que tu sais lire, aurait-il voulu répondre mais Jax ne lui laissa pas le temps de balbutier une réponse, qui, de toutes façons, ne serait pas entendue, pas comme Bran l’aurait désiré en tout cas. Jax était livré tout entier à son doute et Bran ne pouvait que rester planté là, à subir les conséquences de ses choix désastreux. C’était sa faute si Jax lui sautait au visage comme un animal blessé, sa faute si soudain leur petit appartement était sombre, étouffant. Et tout à coup, Bran ressentait justement l’envie d’avaler l’un de ces cachets. Il avait l’impression de ne plus voir clair, de vaciller. Il sombrait et le sol s’ouvrait sous ses pieds. « Non… Non, ça n’a rien à voir. » se défendit-il. Il ne pouvait pas détacher les yeux du flacon posé sur la table. Il lui aurait suffi d’étendre le bras pour récupérer son bien mais il savait que Jax ne le laisserait pas faire. Pas tant qu’il aurait reçu une explication qui tenait la route, qui ne sonnait pas comme le mensonge que Bran cherchait désespérément à faire sortir de sa bouche d’habitude bien plus loquace. Il ne voulait pas, il ne pouvait pas dire à Jax pourquoi il avait besoin (oui, besoin) de ces médicaments. La vérité restait emmurée quelque part au fond de lui, enterrée au plus profond de sa honte et de sa peine. Il ne pouvait pas imaginer prononcer les mots en face de Jax. Ce soir, alors qu’il regardait son amant jeter un regard si triste sur le flacon orange, Bran réalisait que le mensonge, il se l’était aussi raconté à lui-même. Ce n’était pas la colère de son amant qu’il craignait, ni son dégoût. C’était sa peine, celle qu’il avait lue dans ses yeux lorsque Jax était venu le voir jusque dans cette petite chambre de Yale et qu’il avait guillotiné leur relation sans explication. C’était la douleur dans sa voix écorchée lorsqu’il l’avait sauvé de Tanner et ramené chez lui, sans poser de questions, sans exiger de récompense. Bran ne supportait pas de voir Jax malheureux. C’était physique, instinctif, primaire. Et par-dessus tout, il refusait l’idée d’être à nouveau la cause des yeux éteints de son amant. Il ne pouvait pas supporter l’idée d’être le coupable et pourtant, il recommençait, encore et encore. Tout ça pour ne pas avoir à regarder la vérité en face : il n’était qu’un petit con égoïste. Ce n’était pas Jax qu’il protégeait, au final.
C’était lui. Lui et juste lui.
Il ne voulait pas faire face. Ni à Jax, ni à ses blessures, ni à la haine, la rage et la peine qui prenaient tout, qui l’étranglaient parfois dans les moments les plus inattendus, qui obscurcissaient les ciels les plus purs et les jours les plus doux.
Il voulait oublier, juste oublier. S’il te plaît, laisse-moi oublier.
Pour une fois, Bran restait silencieux, incapable de parler. La vision de Jax et du flacon entre ses doigts parvenait à le réduire au plus absolu des silences. Il ne savait pas quoi dire, ni comment le dire. Il lui semblait que tout son esprit hurlait mais il aurait été incapable de traduire la violence de la tempête par des mots. À la place, il approcha doucement de la petite table de la cuisine. Jax et lui y avaient leurs places attitrées, celles qu’ils avaient prises lorsqu’ils avaient partagé leur premier repas dans cet appartement. Le voir assis là, seul à cette table qui semblait plus petite que jamais, fêlait le coeur de Bran comme jamais encore auparavant. C’était le revers d’être en couple, vraiment, d’aimer aussi fort que Jax et lui s’aimaient. La souffrance était désormais aussi intime que la joie. Et ça faisait mal.
Bran prit place, faisant racler la chaise sur le carrelage de la cuisine. Dans le silence de l’appartement (d’habitude toujours animé d’une imitation du dernier morceau pop à la mode de la part de Bran), tout semblait résonner plus fort et Bran avait l’impression que son coeur allait exploser. Qu’il allait tomber là, sur le sol de la cuisine et qu’il allait devoir en ramasser les morceaux comme des bouts de verre éparpillés si Jax ne relevait pas bientôt les yeux vers lui. Regarde-moi. S’il te plaît. « Jax, s’il te plaît. » Craintivement, il alla chercher la main de son amant. Comme toujours, le contact de la peau de Jax fit crépiter le bout de ses doigts. Oh, qu’est-ce qu’il n’aurait pas donné pour tout balayer, là, d’un coup ? Juste pour prendre Jax dans ses bras, lui promettre que tout irait bien, lui dire d’effacer cette inquiétude qui barrait son front et voilait ses yeux ? Mais il connaissait Jax, Bran. Il ne se laisserait pas si facilement cajoler. Il avait la tête solide et les épaules droites, les pieds bien ancrés dans le sol. Et au final, n’était-ce pas ce qu’il aimait tant chez son petit ami ? La certitude de pouvoir se glisser entre ses bras au plus noir de la nuit, la fermeté sévère de son étreinte quelques fois, sa manière de toujours le remettre à sa place. Jax le protégeait. Ses bras étaient une forteresse, son amour un bouclier. « Je vais bien. Tout va bien, je t’assure. » murmura-t-il, butant sur les mots. Sa voix tremblait. Il savait ce que Jax allait lui dire. S’il allait si bien, pourquoi prendre ces satanés cachets ? Pourquoi lui cacher ? « J’ai juste… Ça m’aide parfois, c’est tout. » Et Bran réalisait alors que son argumentation était bancale, car il ne pouvait convoquer aucune explication qui tenait la route. Il s’emmêlait les pinceaux, se contredisait à chaque fois qu’il ouvrait la bouche et rien ne pouvait venir le sauver, pas même sa répartie sans pitié. Au moment où il en avait le plus besoin, sa verve légendaire lui faisait défaut, sa capacité à baratiner son monde foutait le camp. Comme si quelque part, au fond de lui, il savait qu’il était temps de laisser saigner la vérité partout sur leur petite table.

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Message· · Sujet: Re: i don't want you to go, i don't really wanna fight. i don't want you to go, i don't really wanna fight. Empty

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