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 going into it blindly

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Cash Siringo

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Message· · Sujet: going into it blindly going into it blindly EmptyMar 12 Nov - 12:44

eden & cash

Cash regardait la grande aiguille trotter autour du cadran à une vitesse qui lui semblait exagérément lente. Plus il la fixait, plus elle lui paraissait se moquer de lui, jusqu’à pousser son jeu vicieux et ridicule et se stopper, le temps d’une seconde, avant de reprendre sa course normale après quelques cillements d’yeux du garçon. Sa tête reposait contre sa main, ses doigts s’emmêlant volontairement dans ses boucles, ses paupières lourdes menaçant de se fermer sous l’hypnose de l’horloge qu’il scrutait. Son autre main tenait distraitement un stylo, qu’il avait utilisé pour dessiner des petites grenouilles bondissant sur son cahier, grimpant le long d’un roseau, ou flânant sur un nénuphar en fleur. Il avait peu dormi, cette nuit, sans qu’il soit capable d’en expliquer la raison, sans qu’il soit réellement intéressé pour en trouver la cause. L’effet de l’astre lunaire, sans doute, peut-être, ou une autre chose scientifiquement peu fondé. Il s’en fichait ; il avait passé ses longues minutes d’insomnie à regarder Lydia dormir, paisiblement, son bras tombant dans le vide du côté du lit, puis à s’occuper en silence de ses grenouilles, les attrapant l’une et l’autre dans leur terrarium. Il les avait ramenées avec lui sur son lit de fortune, jouant avec elles, les regardant bondir sur la couette, les rattrapant avant qu’elles ne puissent sauter sur Lydia ou Robin.
La sonnerie annonçant la fin de la matinée l’arracha de ses pensées, dans lesquelles Cash s’était embourbé au point d’en oublier tout l’intérêt qu’il avait porté, ces dernières minutes, à la course folle de la trotteuse rouge. Il redressa sa tête et passa une main dans ses bouclettes brunes, refermant ensuite son feutre, regardant les ratures et traits désordonnés qu’il avait dessinés sur son cahier – sans doute s’était-il endormi quelques secondes, sans que l’information n’atteigne ses membres, et qu’il avait continué à crayonner sur la feuille déjà peuplée de grenouilles exotiques. Il ferma son cahier et livre de sciences – il était en avance sur ses cours et n’arrivait pas à se concentrer depuis maintenant plusieurs jours –, les glissa sous son bras et sortit de la salle de classe en attrapant son sac à dos.
Les couloirs étaient bondés et bruyants, comme à l’accoutumée ; il suivit la commotion sans prêter attention à ce qu’il se passait autour de lui, se dirigeant vers son casier où il posa ses affaires de sciences après l’avoir déverrouillé d’une main. Il attrapa le sandwich qu’il avait préparé et enroulé de papier aluminium à la hâte ce matin et le fourra dans son sac. Ses yeux se posèrent sur son carnet de dessin que son repas de midi venait de rejoindre et il sourit. Il avait attendu toute la matinée pour s’isoler et dessiner loin des regards curieux. Il ne mangeait que rarement à la cantine du lycée, préférant se réfugier dans la salle de théâtre, lorsqu’elle était libre, pour grignoter à la hâte et se plonger dans son carnet de dessins. Quelquefois, il troquait la salle de théâtre pour celle de musique où il empruntait une guitare et travaillait les derniers accords qu’il avait appris. Il chérissait ces moments de solitude, immergé dans son monde, dans son univers, loin du raffut de la salle de restauration, loin du chaos Siringo, un stylo ou une guitare comme seuls compagnons.
Cash ne dessinait plus autant que d’habitude maintenant que Lydia et Robin s’étaient installées dans sa chambre et ses disparitions méridiennes étaient pratiquement quotidiennes depuis, sauf lorsque ses deux salles de prédilections étaient occupées, qu’il profitait d’un rayon de soleil pour s’asseoir sur les tribunes du stade du lycée ou qu’il décidait de se sociabiliser et de rejoindre ses quelques amis à la cantine.
Son estomac manifesta son impatience et Cash repensa au sandwich qu’il avait préparé ce matin – deux tranches de pain de mie, les seules survivantes, légèrement rassies, qu’il avait badigeonnées de beurre de cacahuète, ou du moins ce qu’il restait du pot après les attaques des autres Siringo. Il fouilla dans ses poches, en extirpa quelques pièces, et se dirigea vers les distributeurs automatiques. Il regarda la chute dans le vide d’un paquet de chips, puis d’une cannette de soda, qu’il récupéra dans le bac avant de s’engager dans le couloir menant à la salle de théâtre.
Elle était vide, et, à sa grande satisfaction, il réalisa que des dizaines de coussins avaient été laissés par terre, le long d’un mur. Il s’y laissa tomber, un sourire aux lèvres, ajustant les oreillers derrière son dos avant d’ouvrir son sac et d’attraper son sandwich. Il ouvrit le paquet de chips et en disposa quelques-unes entre les tranches de pain avant de croquer énergiquement, enfonçant en même temps sa main libre dans son sac pour s’emparer de son carnet de dessins. Il détacha le feutre, fit défiler les pages jusqu’à en trouver une vierge de tout croquis, et sourit.
Les pages blanches étaient un pur délice pour lui.

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Eden Lace

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Message· · Sujet: Re: going into it blindly going into it blindly EmptyVen 15 Nov - 4:07

Appuyé contre un casier qui ne lui appartenait pas, les bras croisés, Eden observait ses camarades vaquer à leurs occupations. Cours d’anglais, de maths, de sciences. Périodes de vi(d)e et de plein, pleurs étouffés et rires forcés. Eden leur prêtait une attention toute relative. En trois ans, depuis sa sortie de l’église, il était passé par une dizaine d’établissements scolaires différent. Alors si au début, observer ses pairs avait constitué une activité des plus divertissantes, il en était désormais lassé. Tous les lycées avaient les mêmes dynamiques, les mêmes groupes, les mêmes personnages. C’était comme une pièce de théâtre, au fond, non ? C’était ce que sa professeure d’anglais aurait voulu qu’il dise. Manque de chance pour elle : c’était son cours qu’Eden était justement en train de sécher, préférant largement s’intéresser aux coulisses. Une cohorte de cheerleaders en uniforme passa devant lui et l’une d’entre elle accrocha son regard. Il hocha la tête et elle battit des paupières en réponse.
C’était joli, un battement de paupière. Comme un battement de coeur, en plus doux.
Éperonné, Eden suivit la cheerleader du regard jusqu’à ce qu’elle disparaisse à l’angle du couloir. Il aimait la façon que sa jupe avait de voleter à chacun de ses pas.
Une sonnerie retentit et un nouveau flot d’étudiants jaillit des salles de classe, engloutissant la cheerleader, déversant ses nouveaux visages dans les méandres du lycée. Eden se tendit : si tout se passait bien, il devrait apparaître dans trois… deux… un…
Bingo.
Ce fut les cheveux qu’il aperçut en premier, cette masse noire de boucles qui surplombait la population lycéenne de cinq bons centimètres, lui y compris. Puis la foule compacte se dissipa peu à peu et il put enfin voir Cash dans toute son entièreté. Le garçon ouvrit son casier et sourit. Eden fronça les sourcils. C’était ça qui l’intéressait.
Quelque part sous lui, quelqu’un se racla la gorge timidement et Eden baissa les yeux pour tomber sur une minuscule freshmen aux joues cramoisies. Elle bafouilla quelque chose comme you’re blocking my locker, mais Eden ne bougea pas. Il n’en avait pas encore terminé avec Cash et il se contenta de relever les yeux vers lui. Le garçon était en train de fermer son casier. Sans voir Eden, il lui tourna le dos et s’enfonça dans la marée humaine de lycéens affamés. Mais il ne voulait pas être le garçon qui était pris sur le fait. Il attendit encore un peu, jusqu’à ce que Cash disparaisse presque de son champ de vision, et décroisa enfin les bras lorsque le garçon faillit disparaître. Sans un regard pour la malheureuse freshmen, Eden reprit son sac qui reposait entre ses pieds et il se fraya un chemin à travers la foule. Peu à peu, les couloirs se vidèrent. Le silence reprit ses droits. Bientôt, il n’y eut plus personne si ce n’est Cash et l’ombre qui le suivait, patiemment, en silence. Sans se montrer une seule fois, Eden traça les pas de Cash jusqu’à la salle de théâtre et il attendit que le garçon y entre pour parcourir les quelques mètres qui le séparaient encore de la porte refermée. Précautionneux, Eden se hissa sur la pointe des pieds pour jeter un coup d’oeil à travers la vitre dans la porte. Cash était seul et il aurait menti s’il avait dit qu’à cette vision, son ventre ne s’était pas dénoué. Il aurait détesté le trouver avec quelqu’un d’autre. C’était Cash qui l’intéressait aujourd’hui. Personne d’autre. C’était le cas depuis son premier jour à Windmont High. Il lui avait juste fallu l’opportunité. Et il l’avait trouvée.
Il n’avait eu qu’à sécher le cours d’anglais.
Et forcé le hasard, juste un peu.
Sans s’annoncer, sans toquer, Eden poussa la porte de la salle de théâtre et la referma soigneusement derrière lui. S’il avait pu, il aurait mis un panneau « do not disturb » mais aucun accessoire du genre ne s’y prêtait, à son grand regret. Il se délesta de sa veste et de son sac, qu’il posa sur une chaise qui ployait déjà sous le poids de diverses boîtes remplis de guirlandes et autres fioritures de scènes et approcha de Cash, les mains dans les poches, presque nonchalant, comme s’il s’était retrouvé là totalement par hasard. Comme s’il ne préparait cette rencontre depuis des jours, dans le secret le plus total.
Il ne dit rien. Ne demanda pas à Cash si les coussins à côté de lui étaient déjà pris ou s’il attendait quelqu’un. Sans un mot, Eden s’assit avec précaution à côté du du dessinateur et se pencha légèrement vers lui. Leurs épaules s’effleurèrent mais Eden jugea sa proximité nécessaire pour que Cash le remarque - ce qui était, au final, le but de tout cet exercice. En attendant, poliment intéressé et le menton dans la main, il regardait les personnages naître sous les coups de crayon, curieux de voir quelle histoire le garçon allait bien pouvoir lui raconter.

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Message· · Sujet: Re: going into it blindly going into it blindly EmptyMar 19 Nov - 18:46

Cash regardait la feuille vierge de son carnet de dessin, défiante et presque hautaine face au feutre que le garçon s’amusait à faire tourner autour de ses doigts dans un exercice de jonglerie que son petit frère, Cody, jalousait tellement lorsqu’il en était le spectateur. Il ne savait pas quoi faire d’autre avec ce feutre et avait besoin de se distraire de cette situation qui le frustrait profondément – il avait attendu toute la matinée pour se réfugier dans la salle de théâtre, pour, au final, se laisser surprendre et mater par une inspiration qui lui faisait défaut. I’ll just have to wait, se disait-il, restant optimiste, bien qu’un peu résigné, persuadé que le blocage se résoudrait de lui-même, qu’attendre était le seul remède. Rapidement, dans un long soupir dans lequel confluait toute sa frustration, son attention se détacha de la page blanche et se porta sur la danse que son feutre effectuait en passant et repassant entre ses doigts, un mouvement à la fluidité parfaite qu’il avait maîtrisé, inconsciemment, après des années passées à dessiner, et qu’il était bien incapable d’apprendre à Cody, malgré son insistance.
Après quelques minutes d’égarement, il stoppa la course folle de son feutre qu’il posa dans son carnet avant de le refermer et de le jeter nonchalamment sur un coussin, à côté de lui. Il coupa un morceau de son sandwich au beurre de cacahuète avec ses doigts et croqua dedans, passant ensuite le bout de sa langue sur ses lèvres pour en déloger d’éventuelles miettes rebelles. Cash n’arrivait plus à dessiner comme avant. Il jeta un œil sur son carnet qu’il fit glisser à côté de lui avec sa main libre, tout en mordant dans son sandwich, et l’ouvrit là où il avait laissé son feutre. Il tourna paresseusement les dernières pages qu’il avait utilisées. I just love facing a blank sheet of paper and drawing whatever comes into my mind. C’était ce que Cash disait simplement lorsqu’il expliquait sa passion débordante pour le dessin. Mais ces derniers jours – ou plutôt dernières semaines –, Cash n’avait dessiné que des grenouilles, Robin ou Lydia, dont il avait commencé un portrait qu’il devait encore finir. D’aucuns diraient qu’ils étaient parfaits, mais Cash y voyait des traits poussifs et grossiers. Il devait se l’avouer : il se forçait depuis quelque temps et il détestait ce sentiment, qu’il combattait en tentant de provoquer son inspiration, à défaut d’une intervention salutaire du destin. Il en avait assez d’attendre. Dans un soupir, il reposa le carnet de dessin sur ses genoux et entreprit de terminer le portrait de Lydia, tout en continuant de grignoter avec sa main libre, ses doigts attrapant à l’aveugle chips et surplus de beurre de cacahuète qui dépassait de ce qu'il restait de son sandwich.
La porte de la salle de théâtre s’ouvrit alors soudainement, avant de se refermer – le tout en une fraction de seconde pendant laquelle Cash fut frappé par l’intrusion surprise, et pendant laquelle le temps sembla être suspendu. Il eut besoin de ce moment de flottement pour mettre un nom sur la silhouette qui venait de pénétrer dans la salle : Eden Lace.
Il posa son regard sur l’intrus, tout en léchant à la hâte le bout de ses doigts pour effacer les traces de beurre de cacahuète qui avait coulé le long de ses phalanges, avant de passer la paume de sa main sur ses lèvres.
Cash s’était laissé convaincre, en début d’année, d’être parmi les élèves qui étaient chargés de prendre sous leurs ailes les nouveaux arrivants en senior year, dès leur premier jour. Sur le papier, l’engagement était ambitieux. Mais dans la réalité, ce n’était rien d’autre qu’une visite rapide du lycée, d’un échange de numéro agrémenté d’un « call me if you need anything », avant de les abandonner à leur sort dans la nature sauvage de Windmont High. Cash avait fait visiter le lycée à Eden, ils avaient échangé leur numéro et il lui avait dit de l’appeler si jamais il en avait besoin – il avait tout fait comme le service de la vie scolaire le lui avait demandé, même si Cash aimait dévier légèrement de la feuille de route traditionnelle et mettre un peu d’humour dans les visites qu’il réalisait, en donnant son opinion sur les professeurs qu’il croisait ou sur les installations du lycée.
Mais depuis, il lui semblait, alors qu’il observait le garçon faire glisser son sac à dos de son épaule et d’ôter sa veste, qu’il posa dans le même calme qui avait présidé son entrée soudaine, qu’il ne se passait pas un jour sans qu’il croise, de près ou de loin, Eden Lace, Cash se contentant de sourire lorsque leur regard se croisait à l’improviste, ou de le regarder distraitement au détour d’un couloir. Ce n’était peut-être qu’une fausse impression. Le simple fruit du hasard. Ou de son imagination.
Cash regardait Eden. Il le regardait, avec insistance, un air interrogateur installé sur ses traits. Est-ce qu’Eden comptait dire quelque-chose ? Puis : why the fuck ne disait-il rien ? Cash n’avait aucune réponse. Il restait donc passablement hébété et coi, incapable de comprendre le comportement d’Eden, ce qu’il faisait dans la salle de théâtre, ou ce qu’il attendait de lui. Il ne savait pas quoi faire, comme avec cette fichue page blanche tout à l’heure, alors il se contentait d’observer le garçon.
Eden s’installa à côté de lui et posa son regard sur le carnet de dessin, encore ouvert sur les genoux de Cash qui, ne sachant toujours pas comment réagir, poussa par instinct son sandwich et le paquet de chips pour faire un peu plus de place à Eden, avant de comprendre qu’il n’était pas celui qui encombrait l’autre. À quoi s’amusait Eden ? Il n'en savait rien.
Leurs épaules se frôlèrent, un contact qui eut l'effet d'une éraflure, et Cash, prenant seulement conscience à ce moment de la proximité de leurs corps sur ces coussins et de la gêne qui affluait en lui, se décala de quelques centimètres. Cette même gêne, cette scène, profondément confondante, imposèrent un sourire sur ses lèvres, autant forcé qu'amusé.
– T’as besoin de quelque chose ?, demanda-t-il alors, haussant un sourcil, impatient d'obtenir une réponse, si toutefois il en existait une, qui lui échappait en toute évidence.
– Je sais pas ... si je peux t'aider, dis-moi. Tu t'es perdu ? C'est la salle de théâtre, on a pas vraiment le droit d'y être, donc ... continua-t-il, sans terminer sa phrase, laissant à Eden le soin de la terminer. « Donc peut-être que tu devrais y aller » était la fin à laquelle Cash pensa.
Il suivit le regard d’Eden, qui était posé sur son carnet. Il le referma lentement, laissant à nouveau le feutre à l’intérieur en guise de repère.
– J’ai du mal, ces derniers jours, dit-il, comme s’il ressentait le besoin de s’expliquer sur la mauvaise qualité du portrait qu’il était en train de finaliser (Lydia méritait beaucoup mieux – il savait qu’il pouvait faire beaucoup mieux), tout en se décalant à nouveau légèrement, repositionnant un coussin derrière son dos. Il se pencha pour attraper le restant de son sandwich et cala le paquet de chips contre sa jambe afin de finir son déjeuner.
– J'étais en train de manger aussi ..., conclut-il, laissant à nouveau son camarade terminer sa phrase. Il lui jeta un regard furtif, avant de se concentrer sur son casse-croûte, qui lui sembla infiniment insipide, mais dans lequel il se força à croquer. Eden était mystérieux, il en avait eu un avant-goût lors de la visite de Windmont High, et il avait depuis entendu bien trop de rumeurs sur son passé, dans lesquelles il n'avait pas eu le temps de faire le tri. Il espérait simplement, pensa-t-il bêtement – et son idiotie le fit sourire –, qu'il n'allait pas sortir un couteau de nulle part pour le poignarder.

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Message· · Sujet: Re: going into it blindly going into it blindly EmptyDim 1 Déc - 18:35

Eden aimait regarder. Le monde autour de lui était un immense écran au travers duquel il pouvait observer le film de la vie à distance respectueuse. Comme s’il n’avait pas sa place au milieu de toute cette agitation gracieuse, comme s’il ne rentrait dans aucun rôle : ni celui du jeune premier, ni celui de l’amant, ni celui du fils aimé. Cash, en revanche, était son personnage préféré. L’innocent, le bel ange. Oh, il était parfait et Eden suivait le moindre de ses gestes avec un intérêt fasciné. L’obsession avait commencé dès leur première rencontre qui l’avait laissé frustré. Ça ne pouvait pas simplement se terminer comme ça, il lui en fallait plus. Il voulait tout connaître de Cash et du mystère de ses yeux noirs. Même sa voix, si singulière, lui donnait des frissons et le clouait sur place, même lorsque c’était pour l’interroger. Oh non, Eden ne se laisserait pas chasser si facilement. « Non. » répondit-il simplement. Il n’avait besoin de rien, si ce n’est de Cash et de son existence ; qu’il continue à dessiner, à respirer devant lui, à être là devant lui. Eden ne lui demandait rien de plus si ce n’est la possibilité de l’observer là, au plus près. Au corps à corps, presque. Peut-être était-il trop proche de Cash, d’ailleurs, pour que ce soit confortable ? Peut-être qu’il lui faisait peur, réalisa Eden, et il fronça les sourcils lorsque Cash se mit à balbutier, à lui proposer même de quitter la pièce. Prudemment, il recula. S’il y avait un message, il l’avait compris ; s’il n’y en avait pas, il venait de se tirer une balle dans le pied. « Je ne suis pas perdu. » murmura-t-il sans regarder le garçon qui hantait ses pas. Il était exactement là où il voulait être, aurait-il voulu dire à Cash, mais il avait suffisamment observé le garçon pour savoir qu’il ne pouvait se montrer aussi audacieux. Cash n’était pas un garçon comme les autres. Il ne pouvait pas l’approcher comme il approchait les autres - d’un coup, tranchant comme la lame de son couteau, celui qui reposait au fond de sa poche.
Pendant quelques secondes encore, il put observer le portrait qui naissait sous le coup de crayon du garçon. Un visage, celui d’une fille qui lui disait vaguement quelque chose parce qu’il l’avait déjà vue parler avec Cash à la sortie du lycée. Il la détestait, bien évidemment, et maintenant encore plus depuis qu’il pouvait constater qu’elle occupait une place de choix dans le carnet - et donc dans la vie - de Cash. Qui était-elle ? Que signifiait-elle ? Quel rôle jouait-elle dans leur film ? Eden ne voulait pas lui consacrer tant d’importance et pourtant, elle était là, elle s’infiltrait, elle s’immisçait entre Cash et lui. Il ne pouvait pas le tolérer. Quelque chose - n’importe quoi - devait être fait pour l’empêcher de continuer. Il observa les grandes mains du garçon refermer le carnet et pendant quelques longues secondes, les yeux d’Eden restèrent posés sur la longue infinité de ces doigts. Il tenta de calculer la circonférences des mains une fois refermées autour de quelque chose - son cou, peut-être ? - mais les maths n’avaient jamais été son fort (une pratique satanique, de toutes façons, c’était ce que le Père leur répétait souvent lors de ses sermons). Il releva les yeux et rencontra la douceur de sa mâchoire, la jonction de l’oreille et de ses boucles noires qu’il aurait voulu entortiller autour de son doigt. Il voulait passer toute sa main dans cette masse de boucles folles, la voir disparaître, s’enfoncer complètement. « Change de modèle, peut-être. » suggéra-t-il d’une voix égale, sans sourire, pour montrer à Cash qu’il était parfaitement sérieux. Choose me.
Il poserait pour Cash. Il se dévêtirait s’il le fallait, se laisserait observer à son tour sous toutes les coutures. Il acceptait de dévoiler ses secrets, ceux qui avaient été inscrits sur sa peau par la morsure d’une boucle de ceinture ou d’une gifle. Le Père n’était pas tendre avec lui.
Il serait tendre avec Cash, si seulement le garçon lui en laissait la possibilité.
Oh oui, il lui ferait des choses, des choses terriblement douces.
Cash n’était pas le garçon qu’on malmène, qu’on intimide. Eden en avait déjà rencontré, des garçons comme ça, et il n’était pas intéressé. Rares, de toutes façons, étaient celles et ceux qui pouvaient marcher longtemps dans les limbes de sa mémoire sélective. Cash régnait en maître depuis qu’il l’avait rencontré quelques semaines plus tôt, chassant les derniers vestiges d’autres aventures dont il se souvenait à peine désormais. « Je n’ai pas faim. » répondit-il simplement alors que Cash entamait son sandwich. Le garçon ne lui avait pas vraiment proposé à manger mais Eden ne voulait pas prendre le risque de devoir repartir. Il voulait rester là. Toute l’après-midi, s’il le fallait.
Le silence tomba à nouveau sur eux et Eden jugea qu’il pouvait se mettre à l’aise à son tour. Cash ne lui avait pas explicitement demandé de partir, non ? Alors il pouvait bien rester là et montrer qu’il ne comptait aller nulle part. Lentement, il déplia ses jambes et les étendit devant lui. S’il avait été sûr de sa tactique, il aurait donné un petit coup de pied dans la chaussure de Cash. À la place, Eden jeta un coup d’oeil au carnet refermé qui reposait toujours sur le coussin entre eux. C’était par là qu’il fallait commencer, il le sentait. C’était un risque, certes, mais un risque qu’Eden était capable de prendre. Sans prévenir, avec des gestes attentifs et autoritaires, il se saisit du carnet et le rouvrit là où le visage en filigrane le narguait. Il jeta un regard à Cash puis revint à l’inconnue. « Pourquoi tu la dessines ? » finit-il par demander. Pourquoi elle et pas lui ? Quel pouvoir pouvait-elle bien bien posséder pour que Cash couche son visage sur le papier ? Il avait bien vu à quel point le garçon souriait dès qu’il ouvrait son carnet. Et à ce moment-là, quelque chose se tordait dans le ventre d’Eden. Était-ce le dessin ou bien le sujet de son art qui illuminait ainsi Cash ? Aurait-il le même sourire si c’était lui que le garçon investissait sur le papier ? Ou bien était-ce réservé à celle qu’il devait désormais considérer comme sa rivale ?

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